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deux colombes el deux agneaux sur la gemme du P. Garrucci, el sur un verre représentant d«n époux (Buonarr. VetH. xiui. 3), entre lesquels s'élève une colonne supporlant une couronne. La couronne, composée de dilTérenlea fleurs, signifierait, d'après le savant (lorentin, les enfuis nés ou i naître du mariage, et qui sonl la couronne des parents, et, selon S. Clément d'Alexandrie, ]n Heurs du mariage ; mais la colonne, à laquelle est toujours attachée une idée de solidité, Teprêsenterait les enfants mâles, qui sont les colonnes de h maison (Arlemid.l. u.c. 10. ap.Bunnarr.fof.JaiNf.). H. Le Blant {Op. et loc. cit.] signale, et il est, croyons-nous, le premier â le faire, sur des sarcophages d'Arles où est retracé le passage d<> la mer Bouge, la colonne lumineuse, reconnaissable lui flammes qui couronnent son chapiteau, précédai les Israélites après leur délivrance. Nous avousremarqué le même fait sur un sarcophage d'Aii, et l'inspection du monument lui-même est absolument nécessaire, car la planche de Hillin, asseï défectueuse, ne reproduit pas les flammes (Hillin, Midi de la Fr. pi. l. 3).
GOLUM VINARTUIH. — 1. — L'usagedepsser le vin, particulièrement quand il sorlail de pressoir, était [rès-fréquent dans l'anliquilÉ.el primitivement on se servait pour cela de sacs el de corbeilles de jonc. Celle opéralion s'appelail einum ca*lrare (Pline, iti. 4. iiv. 33. u. i?), el le vin qui l'avait subie, vinum Mccofum, Pour l'usage de la table, on avait des passoires propnnienl diles, en métal, et Alhénée (1. n) en allesle l'eiisteiice chei les Égyptiens et les Grecs.
Voici comment cet instrument était mis «n œuvre '. on pl.içail d'abord la coupe snr son pied ou sa base (Gruter. ivi, 13), el, sur la coupe elleroëme, le eolum dont le fond était percé de \n^ extrêmement lins et rapprochés. On voit au musif Bourbon de Naples beaucoup d'objets de celte serif provenant de Pompéi (Mua. Borbon. t. ii. tab, 6Ut, Philippe Venuli donne aussi le dessin d'un dmii nnarium en tète de sa disserlalion sur celle matière, à laquelle nous faisons plus d'un emprunt {Saggidi diuert.dell' aead.diCorUma. 1. 1. p. 80).
It n'est pas sans intérêt de remarquer ici tu passant que Wolre-Seigneur fait allusion i la caitume ancienne de passer le vin, quand il dit di'« pharisiens : excolantes culicem, camelum attrm gluiientet (Mallh. Km. 21); comme si, complios de leur hypocrisie, leurs cola laissaient passer les chameaux et retenaient les moucherons.
On disait aussi eolum nivarium, ou Mcau Mimriut (Hartial, xiv. 104), parce qu'on melUil i>ii ces passoires de la neige, au travers de Jaquellf le vin. en passant, se rafraldiissail, ce qui était plus nécessaire chei les anciens que dans les temps modernes, parce qu'ils conservaient ordinairement le vin, non point dans des caves, mais dans la pnri!'' supérieure de leurs maisons.
11. — L'Église adopta dés le principe cet inslrumenl dans sa liturgie : c'est ee que pwvï un
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três-anden glossaire cité par Du Gange (Gap. De wis argenieis), Tenuti (op. laud.) rappelle à ce sujet un document de 470. L'ordre romain porte : Arckidiacomu ... mmit amulampontificis cum vhto de mbdiaconOj et refundit super eohmt in caïicem^ c l'archidiacre prend de la main du sous-diacre Vamula du pontife pleine de yin. quMl verse dans le calice k travers le colum, » Et un peu après : Ârdndiaeonus.... accipiens calicem ab acolyto,ar' ckidiaamo apportei vinum, per colum (Ap. Macri. ad \oc. Colatorium). Il est très-souvent fait mention de cet instrument dans les Vies des papes par Anastase le Bibliothécaire ou ses continuateurs. Léon m, pape en 795 (Anastas. in Léon. ///. p. 197. edit. MedioL), donna à l'église de Sainte-Suzanne, où il avait été ordonné prêtre, vasa colatoria argenUa deawrata pens. lib, vi. une. m. Sergius II \Ui) offre à la basilique de Saint-Pierre : Colatorium de argentOy quod in sacro utiHar officio deauratum unum (Anastas. p. 230). Enfin Benoit III (^55) fait don au monastère des saints martyrs Sergius et Bacchus des objets suivants : Calices de argento purissimû duoSy et patenam unam, colatorium unum.
Nous reproduisons ici un instrument de ce genre que Blanchini donne dans ses notes à Anastase (In S. \]rhaman)
COLTSËE, AMPHITHEATRE FLAYIEN
(nuoinoss cbbctieiines du). — I. — Projeté par Auguste, commencé par Yespasien, ce somptueux monument fut achevé par Titus, qui, au dire de Cassiodore (Lib. v. variar. Epist. 45), y dépensa tout un fleuve de richesses, divitiarum profuso fwnine. D fut inauguré Tan 80 de notre ère et dédié par le fils à son père, sous le titre d'amphithéâtre Flavien, du nom de la famille Flavia, qui était la leur. En mémoire de cet événement, le sénat fit frapper des médailles, au revers de l'am- I*i!béâtre Flavien, à l'effigie de Yespasien, de Titus et aussi de son frère Domitien, qui, en sa qualité de Gésar, avait pris part à l'inauguration
du monument (V.
ces médailles dans Cohen, Monnaies impér, t. i. p. 359, et dans Marangoni, Anfiteatro Flavio, frontispice) *, les dates hypatiques de ces pièces correspondent exactement avec celles de sa dédicace. Yoici celle de Titus.
On ne sait pas au juste à quelle époque cet amphithéâtre reçut le nom de Golysée. C'est au huitième siècle, dans la vie du pape Etienne IV (Lib, ^ontif. In SUpk. iv. t. u n 224, n. 275), que
pour la première fois se rencontre cette dénomination à propos du tribun Gracilis que quelques Garopaniens, ayant à se venger de lui, traînèrent au Colosseum, où ils lui arrachèrent les yeux et lui coupèrent la langue. Quelle en est l'origine? Les uns y voient une allusion à la statue colossale de Néron érigée au milieu du stagnum de cet empereur, et sur l'emplacement duquell'amphithéâtre Flavien fut bâti, comme nous l'apprend Martial (Epigr, u. Spectacuî,) :
Hic ubi conspicui venerabilis amphitheatri Erigitur moles, stagna Meronis erant.
Selon d'autres, et c'est l'avis de Maffei (lib. i. cap. 4)^ ce nom lui viendrait de cette masse colossale qui, en dépit des injures du temps et des barbares, Goths, Lombards, etc., qui tour à tour ont saccagé Rome, présente aujourd'hui encore aux regards étonnés du voyageur la plus majestueuse ruine de cette ville et de l'Italie entière.
Le nom de l'architecte du Golysée n'est pas parvenu jusqu'à nous. Ni Martial, qui porta l'admiration pour ce monument jusqu'à le mettre au-dessus des sept merveilles du monde antique, ni aucun des écrivains de ce siècle ne nous Font fait connaître. Un tel silence est bien fait pour nous surprendre, surtout de la part du poêle qui vécut sous Yespasien et ses fils, et dut certainement connaître l'artiste dont l'œuvre lui inspirait un si grand enthousiasme, et qui, à raison même de celte œuvre, dut jouir d'une éclatante notoriété. Notre étonnement redouble encore, quand nous voyons ce même Martial (Epigr. 48. lib. vn) prodiguer les éloges les plus hyperboliques à un autre architecte, Rabirius, qui avait bâli sur le Palatin un merveilleux palais pour Domitien« Gomment se fait-il qu'il n'ait pas voulu immortaliser aussi le nom de l'architecte de l'amphithéâtre Flavien? Il y a là un mystère dont tous les savants qui ont écrit sur cet étonnant monument se sont préoccupés à bon droit. D'une omission si étrange plusieurs ont cru pouvoir conchu'e que cet architecte était chrétien, et que, en haine du nom du Christ, les écrivains contemporains auraient voulu, de propos délibéré, le priver de la gloire que son œuvre lui eût faite aux yeux de la postérité. La conjecture est ingénieuse sans doute et n'a, en soi, rien que d'assez plausible. Malheureusement elle ne se base sur aucun document de quelque valeur. Le seul que Ton cileà l'appui est une inscription portant qu'un certain Gaudentius, qui avait construit un théâtre, fut reconnu comme chrétien et, en récompense de ce travail (le Golysée), condamné à mort par Yespasien (Y. Marangoni. Anfit..Flav, p. 18). Mais ce prétendu monument ne soutient pas les regards de la critique, tant ses formules sont étrangères au style et aux usages de l'épigraphie chrétienne. Au surplus, l'inscription fût-elle authentique et le fait qu'elle énonce fût-il constaté par d'autres documents, ce qui n*est pas, il resterait à prouver qu'il s'applique à l'architecte du Golysée.
Bien qu'il soit fort connu, nous ne croyons pas
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pouioir nous dispenser de donner ici un croqub du monument dans son 6lat aciuel.
H. — Nous ■
D'aTons pïs à
battre un lion dans l'amphilhéftlre de cette ville qu'il avait reslauré.
Daremberg et Saglio. auquel nous renvoyons le lecteur. Nous devons noua allachcr uniquement aux truditions chrétiennes qui s'y rapportent, et nous abordons celte tiche sans plus de préambule.
On ne sait pas au juste i quelle époque et en quel lieu on commença à eiposer les chrétiens aux bétes dans les a m pli i théâtre s. S. Paul nous dit de lui-même (Ep. ad Cor. t. c. 15) qu'il avait lutté i Éplièse contre les bëtes : Ad beitiat pagaavi Ephesi. Hais il est probable , comme l'an'irme S. Jean (airjsostome (Cf. Baron, an. 55), que Tapdtre parle ici métaphoriquement, entendant |>ar bêles des hommes portant des cœurs d'animaui féroces : Hominei ferinat habenlei ûnimoi. C'est aussdans un sens Oguré que S. Ii^nace d'Anlioche (Epitt. ad Roman.) écrivait aux Romains : ■ De la Syrie jusqu'à Rome, je combats contre les bètes sur terre et sur mer, encbajoé nuit et jour à dix léopards, c'est-à-dire à des soldais qui me pardent : pugno ad bettia*.... tigatug cum deeem Uo~ pardi*. hoc eit militibut ijui me autodiunl. H est vrai que Nicépliore Callisle {Hitt. 1. ii) prend les paroles de S. Paul à la lettre; mais il avait puisé cette histoire dans des livres apocryphes et sans autorité. Cependant nous savons par le témoignage d'auteurs très-graves et par le martyrologe romain (23 sept.) qu'une disciple de ce même apêtre, Ste Thècle, fut, sousrempiredeNéron,exposéeaux lions en Lycaonie, et que ces animaux la respectèrent.
Pour ce qui est de l'amphitliéàlre de Rome, objet spécial de cette étude, on peut snpposer avec beaucoup de raison que c'est sous Comilien, frère de Titus, que l'on commença à y exposer les chrétiens. On sait en effet par Suétone que ce monstre de cruauté y donna un grand nombre de combats de gladiateurs et de bètes féroces, qu'il fit périr beaucoup de ceux qui embrassaient la foi du Christ et que l'on confondait vulgairement avec les Juifs, qui in moret Judœorum traniibant, comme s'exprime Dion Cassius {Hûi. lib. lvxu). L'histoire nous a conservé le récit d'une de ces immolations r c'est celle d'Accilius Glabrïon, qui fut consul en 93 avec Trajan (Baron. Ad h. an.). Domitien le ùt venir à Albano et l'obligea à com-
évêque martyr semble le supposer, lorsque, dans sa lettre aux Romains, il les tupplie de ne point empêcher par leurs prières son triomphe, comme ils l'avaient fait pour d'autres, que les bêtes féroces n'avaient osé toucher, ne, ticut aliorum martyrum, non audeant corpui aliingere. On doit même tenir pour à peu près certain que, toutes les fois que les actes des maityrs portent qu'ils furent exposés aux bêtes, ce fut invariablement ail Colysée. En effet, les ampiiithénlres de César et de Statilius Taurus avaient élé détruits par le feu sous Néron, et celui dit Caiirente, aux Esquilles, Irès-restreint, et situé à une grande distance de la ville, ne pouvait admettre des spectacles de cette sorte, auxquels accouraient de grandes multitudes. Au surplus, il est avéri; que, depuis la construction du Colysée, les jeux et les combats de gladiateurs et de bêles féroces n'eurent jamais lieu ailleurs, si ce n'est, en de très-rares circonstances, au Cireu* maximut (V. fioulenger. De venat. circi et amphîtlieatr. c. 10. — Cf. Harangoni. op. laud. p. 20).
111. — Quoi qu'il en soit, nous allons donner la série des martyrs que nous savons avec certitude avoir été exposés aux bètes dans ramphitliéâlre Flavien. Il en est beaucoup d'aulres sans doute dont le souvenir s'est perdu.
1* S. Ignace, évèque d'Antioche. A son passage dans cette ville, en se rendant en Arménie, Trajan. après avoir interrogé ce saint, porta contre lui cette sentence (Ruinarl. Acl. liac. S. Ignat. edit. Veron. p. 7) ; tgnatmm prœcipimta, in te ipto dicenUm circumferre crucifixuin , vinetum a militibiu, m magnant Romam duci, cibum bettiarwn in ipecfaculum phbit (idurum. C'est l'an 107 de notre ère, sous le consulat de Surra et de Senecion, que cet héroïque évèque fut exposé au Colysée, à la fin des spectacles solennels qui s'y célébrèrent le 20 décembre, sous le nom de Sigillaria. Selon le déiiir qu'il en avait exprimé lui-même, il fut dévoré par deux lions, qui ne laissèrent de son corps que les os les plus durs : ces précieuses reliques furent recueillies par ses disciples qui l'avaient accompagné à Rome et transportées à Anliocbe.
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Le martyrologe romain enregistre la fête de S. Ignace au 1" février.
S* Toute une noble famille romaine, Ëustaclie, Théopislesa femme, Agapius et Théopiste leurs fils. Ëastache avait été, sous Titus, commandant de la caTalerie, et, sous Trajan, il avait obtenu le triomphe pour les victoires qu*il avait remportées sur reuœmi, en qualité de général d*armée. G*est sous Hadrien qu'il fut exposé, avec sa famille, aux bêles, qui, oubliant leur férocité, les laissèrent intacts. lais, pour avoir raison de ces généreux chrétiens, l'empereur les condamna à être brûlés vifs dans le Tentre d'un taureau de bronze {MartyroL R. 20 sept. — Ada op. Svrium, eodem die),
3' Sous Sévère Alexandre, en 228, Ste Martine, noble vierge romaine. Le préfet de Rome, Illpien, la livra aux bêtes et voulut assister en personne à ce cruel spectacle. Les actes ( Ap. Bosio) disent que, la sainte ayant été conduite au milieu de Tarène, on làclia contre elle un lion, puis plusieurs autres ; mais, au même instant, un grand coup de tonnerre se Ql entendre, qui jeta l'épouvante dans le peuple, et les lions, comme de doux agneaux, se couchérent à ses pieds. Martine, se tournant alors vers le préfet, i exhorta à reconnaître la puissance du Créateur, à qui les bêtes elles-mêmes prêtaient obéissance; et pendant qu'elle parlait ainsi, les lions lui prodiguaient leurs caresses. Mais, attribuant ces prodiges à la magie, le tyran ordonna à ses satellites de faire rentrer les lions dans leurs cffrceret et de reconduire Martine en prison. Mais la multitude, à la vue d'un si merveilleux spectacle, s*écrie tout d'une voix que grande était la vertu du Christ qui opérait de si grandes choses (V. Intup. MartyroL R.et Vtuardi, 1 jan.).
4* Une scène analogue et non moins émouvante se passa sous le même règne au martyre d'une autre vierge romaine, également distinguée par sa naissance. Cette vierge s'appelait Tatiana, et le peuple voyant les lions se prosterner à ses pieds somma Ulpien de mettre fin à ses tourments. Mais ie magistrat conte la condamna à être déchirée sur Veadewn, et le lendemain lui fit trancher la tète hors de la ville (MartyroL R. i'Ijan,).
5* Ste Prisque, aussi vierge romaine. Le card. Baronius soutient, dans ses notes au martyrologe romain (18 jan.) que cette Prisca n'est pas celle qui avait été baptisée par S. Pierre el qui aurait survécu à Néron, et même à Claude V% et qu'il ressort de toutes les circonstances relatées dans ses actes que son martyre eut lieu sous Claude II, dit le Gothique, Tan de Jésus-Christ 271. Ce qu'il y a de certain, c'est que, respectée par les bêtes féroces, elle eut la tète tranchée. Ferrari, dans son catalc^ae {CataL M. ItaL Cf. Marang. p. 22), OKotionne expressément le Colysée comme ayant été le théâtre de son martyre.
6* Du temps de ce même Claude II, deux cent soixante soldats anonymes furent condamnés d'à- ^^otii à l'extraction du sable hors de la porte Salaria, puis conduits à l'amphithéâtre, où tous périrent Percés de flèches : Quoajuêsit primo Claudine, pro
AKTIQ. CHRLT.
Chrisli nomine damnatos extra portant Salariant arenant fodere, deinde in amphitheatro militum Mgittis interfici (MaHyroL R. i. Mart). Ces paroles rectifient l'erreur qui s'éktit glissée dans les actes enregistrés par Surius au 14 février, erreur reproduite par Pierre de Natalibus dans son catalogue (lib. m. cap. 162), et supposant que ce supplice eut lieu dans un amphithéâtre de la voie Salaria, où il est avéré qu'il n'y eut jamais d'amphithéâtre. Jusiit Claudius, dit ce dernier, ut foras muros viœ Salariœ in amphitheatro mitterentur.
7' Les SS. Symphronius, Olympius, Theodulus et Exuperius, sous les empereurs Yalérien et Gailien, après avoir subi différents tourments, furent conduits à la statue du Soleil en avant de l'amphithéâtre, et comme ils refusèrent de sacrifier à cette divinité, ils furent attachés à des pièces de bois et brûlés vifs : c'est ce que nous apprennent les actes de S. Etienne, pape et martyr, dans Surius, au 2 août.
8* Nous avons maintenant à mentionner deux nobles personnages, Abdon et Sennen, amenés de Perse pour servir au triomphe de Tempereur Déce. Conduits enchaînés, mais couverts de leurs vêtements d'or ornés de pierres précieuses dans le temple de la déesse Tel lus, leur cause fut jugée sous la présidence du préfet Yalérien. Sur leur refus de sacrifier aux divinités de l'empire, on les amena le lendemain à Tamphithéâtre Flavien. Là, on les sollicita derechef d'adorer la statue du Soleil. Hais Yalérien les ayant trouvés plus constants que jamais dans leur foi, les condamna à être flagellés avec lesplumbalœMnières garnies de plomb. On les traîna ensuite dans l'arène dépouillés de leurs vêtements, et Yalérien fit lâcher sur eux quatre ours; mais ces animaux se couchèrent à leurs pieds, semblant vouloir les garder plutôt que leur nuire. Le préfet, furieux attribuant le fait à la magie, ordonna à des gladiateurs de pénétrer dans l'arène et de les tuer à coups de lance; il fit ensuite traîner les cadavres hors de l'amphithéâtre devant le simulacre du Soleil, afin de frapper les fidèles de terreur, et ils y restèrent trois jours exr posés. Le sous - diacre Quirinus, dont Thabitation était près de l'amphithéâtre, recueillit leurs restes dans une caisse de plomb et les ensevelit dans sa maison, où ils restèrent jusqu'au temps de Constantin. Us furent alors transférés au cimetière de Pontien, sur la voie de Porto. Us sont aujourd'hui sous le maitre-autel de la basilique de S. Marc (Ex act. S. Laur. ap. Sur. iOaug.). Le couronnement de ces martyrs par Notre-Seigneur est peint à fresque dans la troisième chambre de ce cimetière, lieu de leur seconde sépulture (V. cette fresque à l'art. Abdon et Sennen).
9' S. Jules, sénateur romain. Il fut mis à mort à coups de bâton, et son corps fut traîné dans l'amphithéâtre, où il resta exposé jusqu'à ce qu'il fût dévoré par les chiens. Après quelques jours, les fidèles enlevèrent ses restes clandestinement et les ensevelirent sur la voie Aurélia (Ex act. S. Etueb: et Socior. ap. Sur. t. nr. — MartyroL R. 19 aug.).
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10* S. Alexandre, é?éque d'une ville incertaine, ayant été amené à Rome par les ordres de Tempereur Antonin, après difierenls tourments, fut livré aux bêles dans ramphilbéÂtre; mais comme ces animaux le laissèrent intact, il eut la tète tranchée sur la voie Claudia avec Herculanus, soldat converti par lui à la foi chrétienne (MartyroL R. 21 êepL).
11* S. Marinus, fils d'un sénateur romain, fut livré aux bêtes dans ce même amphithéâtre sous Tempereur Carin en 284. Un lion Tembrassa légèrement, sans lui faire aucun mai, et un léopard, couché devant lui, léchait ses pieds avec tendresse. On dut avoir recours à d^autres supplices pour ôter la vie à ce saint jeune homme (MartyroL R. 26 dec,).
12"* S. Potitus fut amené de Sardaigne à Rome sous Tempereur L. Verus, vers Tan 168. Introduit dans ramphithéâtre en présence de Tempereur, il fut suspendu à ïeculeu*^ et là on lui attaqua les flancs avec des torches ardentes. On lâcha ensuite contre lui des bêles féroces qui ne lui firent aucun mal. li fut enfin envoyé à Ascoli, ville de la Fouille, où il eut la tête tranchée (V. MartyroL R. \Zjan.),
\y S. Ëleutère, évêque en Illyrie, fut, sousTempereur, Iladrien exposé d*abord à une lionne, puis à un lion dont il ne reçut que des marques d affection. L'empereur, plus cruel que les bêtes féroces, lui fit trancher la tête {AcL ap. Sur, — MartyroL 18 apriL).
14* Les SS. Vitus, Modestuset Crescentia. Ayant eu connaissance des miracles opérés par S. Vitus, Diodélien le fit venir à Rome, afin qu^il délivrât du démon une de ses filles. La délivrance opérée, Tempereur voulut contraindre le saint à renier le Christ; mais, ayant échoué dans ses tentatives, il le fit exposer aux bêles dans Tamphithéâtre avec ses compagnons : c'est la version du martyrologe d'Usuard, au 15 janvier : Circumstante populo, in amphitheatro 8isluntur;eU après avoir subi diverses tortures, ils furent enfin mis à mort. De Tensemble des circonstances relatées dans leurs actes, Papebroeck conclut (Bolland. Ad. h, d.) que le martyre de ces saints eut réellement lieu à Rome, bien que d'autres prétendent que, enlevés par un ange, ils furent transportés en Lucanie, où ils rendirent leur âme à Dieu.
15* Ste Doria, la fiancée de Chrysante, selon l'opinion de quelques critiques, et en particulier de Martinelli (Roma ex ethen. sacra^ p- 58), fut exposée aux lieux infâmes dans les forniceê de Famphilhéàtre, où sa pudeur fut protégée par un lion échappé du stade. Toutefois les actes (Sur. 28 oct,) disent que ce lupanar était une maison : Domum ubi illa erat et precabatur, supplex leo, qui a sta'^ dio fugeratj ingressus te in medio extendit. Ce qu'il y a du moins de certain, c'est que ces lieux \ïï-iàmeSjturpitudinisloci, étaient à l'enlourdu cirque et dans d'autres lieux destinés aux spectacles publics (Y. Baron. NoL ad 21 jan,). Et, qu'il y en ait eu en particulier à l'amphithéâtre Flavien, c'est ce que nous savons par le témoignage de Lamde, qui, à propos des infamies de Caracalla,
écrit ce qui suit : Fertur una die ad omnei circi et theatri et amphitheatri, et omnium urbi* loconm meretricet, tectui cucuUone mullonicOf ne agnotceretur, ingreuus.
16* S. Almachius ou Telemacus est le dernier martyr qui ait arrosé de son sang l'amphithéâtre de Rome. Car, bien que Constantin et après lui son fils Constance, eussent interdit par une loi les corn* bats de gladiateurs, ces jeux cruels furent rétablis plus tard, et ils se célébraient encore en 404, sous l'empire d'Ilonorius. Le saint moine Télémaque vint de l'Orient à Rome, dans l'intention de les arrêter ou tout au moins de les éteindre dans son propre sang. Et en effet, lorsque, aux calendes de janvier, l'amphithéâtre était rempli, il s'introduisit au milieu des gladiateurs et flétrit avec une sainte audace ces cruautés païennes. Mais le préfet Alipius, qui était présent, ordonna aui gladiateurs qu'il avait voulu séparer de le mettre à mort (Baron. Ad. hune an. et not. ad M. R. ijan.]. Ce fut alors qu'ilonorius porta une loi plus rigoureuse et définitive contre ces sanglants spectacles.
17* Avec moins de certitude, d'autres marlvrs pourraient être cités comme ayant souffert dans ce même amphithéâtre. Le nombre en fut grand assurément : nous sommes en droit de le conclure de ce célèbre passage de l'Apologétique de Terluilien (il) : f Si le Tibre monte jusqu'aux murailles, si le Nil ne monte pas sur les champs qui fenvironuent, si le ciel tarit, si la terre s'ébranle, si la famine, si la contagion paraissent, aussitôt on crie: Aux lion* les chrétiens!
IV. — Nous n'avons pas, on le comprend, à entreprendre lexamen critique de toutes les circonstances de ces martyres : nous les rapportons telles qu'elles sont consignées dans les sources respectables où nous avons puisé. Le seul fait essentiel à constater pour notre objet, c'est que le Colysée fut le théâtre de ces passions.
Deux circonstances seulement sont à noter ici qui s'appliquent à tous les martyrs immolés dans les amphithéâtres : c'est d'abord qu'ils n'étaient amenés que lorsque les jeux touchaient à leur lin; et la raison en est que, comme ils se laissaient immoler sans résistance, leur mort expédîtive ne pouvait procurer au peuple-roi aucune de ces émotions qu'il venait chercher à ramphithéâtre et qu'il trouvait dans le spectacle des combats des gladiateurs et des condamnés à mort contre les bêtes féroces. Cette circonstance nous est révélée par les actes de S. Ignace : Ad amphitheairum dudvi est.,., fine spectaculorum imminente. 11 en fut de même à Smyrne pour S. Polycarpe, au témoignage de S. Jérôme (De scriptor. eccles.). Comme le peih pie demandait à grands cris qu'un lion fût lâche contre le saint évêque, le proconsul Philippe répondit que cela ne lui était pas permis, attendu que les jeux étaient terminés.
Le second fait que nous devons constater, c est qu'ils étaient exposés devant l'autel de Jupiter Ur tialis, érigé au milieu de l'arène : c'est le sens qu'il
COHM
eOHH
est naturel d'attribuer à ces mots des actes de S. Ignace : iuxto templum exposHus est,
COmneXORATION des morts (fâtb).
- Y. Tari. FêUs immobileê, IX, 2*.
CœiMUBlION. — I. — Dans les premiers siècles, les rites qui accompagnaient la communion différaient d*une manière assez notable de ceux qui sont aujourd'hui en usage.
Après la bénédiction de Févèque, laquelle suivait immédiatement Toraison dominicale, le diacre appelait le peuple à la communion par ces paroles : AUtndamus, • soyons attentifs ! » Alors le prêtre 00 le célébrant : Sancta Mnclûj • les dioses saintes aux saints ! » A qnoi le peuple répondait par les acclamations suivantes : Ûniu êanclus, unus Domifuu Jena-Chriêttu in glariam Dei Patrù; henedic" tut in sœctda : amen, • un saint, un Seigneur Je* sus-Christ, dans la gloire de Dieu le Père : béni dans les siècles : amen! » Gloria in altissimis Deo; et in terra pax; in hominibus bona voluntoi. Hotanna fUio David! Benedictui qtd venit in nomine Domini, Dem Dominus, et apparuU nobis : hosanna înaltitsimis! « Gloire dans les hauteurs à Dieu! et sur la terre, paix ; dans les hommes bonne tokmté! hosanna au fils de David! fiéni qui vient au nom du Seignenr, Dieu-Seigneur lui-même, et qui nous est apparu : hosanna dans les hauteurs ! > S. Cyrille de Jérusalem {Catech. mystag. v. 16) mentionne clairement cette formule, et explique qu'elle suivait Toraison dominicale; et S. Chrysoitome (Bom. xvii. In Uebr.) compare ici le diacre aa héraut des jeux olympiques, avec celte différence cependant que celui-ci interpellait chacun en particulier pour savoir si quelqu*un Taccusait d'être escbive ou voleur ; tandis que le diacre exhortait tous les assistants en général à s'éprouver eux-mêmes, les choses saintes ne devant être données qu*aux saints !
Alors venait la fraction du pain eucharistique, instituée par Jésus-Christ lui-même, et toujours retenue par TÉglise. Tous les Pères en font mention comme précédant la distribution; mais elle ne se Msait pas au même moment de la messe dans toutes les Églises. U parait que chez les Grecs elle avait lieu aussitôt après la consécration , tandis qu'ailleurs on ne rompait les pains qu*au moment de les distribuer. Les Latins divisaient chaque pain en trots particules, les Grecs en quatre. Les Orientaux pratiquaient deux fractions, la première avant la consécration, en trois parties, au moment où le prêtre prononce le mol fregit; la seconde, plus proprement appelée fraction et où chacune des trois particules se subdivisait en plusieurs, avait lieu avant Toraison dominicale, après la lecture des diptyques (V. Selvaggio. iv. 84). Les Mozarabes divisaient Thostie en neuf parts, avec l'intention de signifier par chactme d'elles un des mystères de la ^ de Jésus-Christ, ainsi énumérés par Mabillon [lUurg. Gallic. \. i. c. 2. S 12) : c La conception,
corporatio; la nativité ; la circoncision ; l'apparition (sans doute la transfiguration) ; la passion; la mort; la résurrection; la gloire; le règne, i»
Après la fraction, la mixtion, marquée dans toutes les plus antiques liturgies, et mentionnée par les conciles (Tolet. iv. can. 17. — Arausic, i. an. 441. can. 17).
Après l'appel sancta sanctis, chacun venait recevoir l'eucharistie dans l'ordre de son grade, ordre qui était à peu près celui que prescrivent les CanstituUons apostoliquet (vin. 13). L'évêque la prenait le premier, et après lui les prêtres, et le reste du clergé, et les ascèles. Puis venaient les femmes, les diaconesses d'abord, les vierges, les veuves, et les enfants ; et enfin tout le peuple assistant au saint sacrifice. Le texte des ConstilutioM apoHoliques semble supposer que l'évêque seul distribuait l'eucharistie au peuple et au clergé. Mais la pratique de la plupart des Églises n'est pas conforme à cette institution. S. Justin {ApoL n) atteste que, de son temps, la consécration était faite par l'évêque, nuis que l'office de distribuer les pains consacrés appartenait aux diacres. En général cependant, dans les âges suivants, l'usage commun était que l'évêque ou le prêtre, après avoir consacré, administraient l'espèce du pain, l'administration du calice étant laissée aux diacres (V. Cyprian. De laptis, p. 132). Cela n'empêchait pas que, soit avec la permission des évoques, soit pnr nécessité, les diacres ne distribuassent quelquefois l'un et l'autre. Observons cependant que deux restrictions étaient sévèrement apportées par les Pères à ce droit : la première, que les diacres ne donnassent jamais la communion aux prêtres {Concil. Nicœn, can. xvin) ; la seconde, qu'ils ne la distribuassent pas même au peuple, un prêtre étant présent, si ce n'est dans le cas d'une urgente nécessité, et par l'ordre du prêtre.
Quant au lieu où se recevait la sainte communion, la discipline des différentes Ëglises n était pas uniforme. L'Église d'Espagne n'admettait à l'autel que les prêtres et les diacres, les clercs inférieurs dans l'intérieur du chœur, et le peuple aux cancels (Concil. Tolet. iv). De même chez les Grecs il n'était permis qu'aux prêtres et aux diacres d'entrer dans le sanctuaire pour communier. Les uns et les autres avaient excepté de cette règle l'empereur, auquel le concil in Trullo confirma ce privilège d'après une ancienne tradition (Concil, Trull, can. txiz). En Italie, nous voyons S. Ambroise lui refuser ce honneur : d'où l'on peut conclure que les Église de cette contrée tinrent fortement à l'ancienne discipline sur ce point. La coutume opposée s'établit dans les Gaules : le second concile de Tours, qui défend d'admettre le peuple dans le chœur des chantres, ouvre aux laïques et même aux femmes, selon l'ancien usage, y est-il dit, le sancta sanctorum pour prier et pour communier (V. Mabillon. Liturg. Gallic, n. 5. 24. — Greg. Turon. ix. 3.). Enfin les Orientaux, particulièrement les Égyptiens, comme les Gaulois, paraissent avoir laissé aux laïques l'entrée libre dans le anctuaire ; Valois le conclut
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des lettres de S. Denys TAréopagite (Not. ad
Euseb. Tn. 9).
On se demande dans quelle attitude et avec quels signes extérieurs d*adoration les premiers chrétiens recevaient la sainte eucharistie. Ils communiaient tantôt debout, tantôt à genoux. Pour la première manière, nous avons le témoignage de S. Chrysostome (Homil. xxxi. !n natal, Chrisli)^ qui exhorte les communiants à se prosterner devant Tautel ; et encore la pratique générale de prier à genoux aux jours de stations; car si cette posture humiliée était exigée pour la pnère en général, elle devait Têlre plus encore pour la communion. Quant à la seconde, elle ressort de textes anciens fort nombreux (Dionys. Alex. ap. Etueb. loc. laud, — Chrysost. HomiL xx In Cor,), Ainsi s'explique ce mot fréquent dans les liturgies, particulièrement dans les Constitutions apoêloliques (vui. 12) : Erecti ad Dominum stemus ! 11 est probable que la même disciphne existait chez les Occidentaux; mais on manque de preuves positives à cet égard. Ce qui est certain, c'est que, parmi nous, les prêtres seuls ont conservé Tusage de communier debout. Il faut observer néanmoins que, alors même qu'ils communient debout, ils témoignent leur respect pour la sainte eucharistie en inclinant profondément le corps et la tête. Accedit, dit S. Cyrille de Jérusalem (Catech. v) et ad sanguinis poculum non extendent manum, sed pronus, atque adonUioniSt venerationisque ritu dicens : Amen.
En présentant au fidèle la sainte eucharistie, le prêtre prononçait une formule qui a subi dans le
lurs des temps de nombreuses modifications. Au
ommencement, cette formule n^était autre prob;iblement que celle que nous ont transmise les Constitutions apostoliques (vin. 1 3), car nous n'avons pas pour cet objei de document antérieur. lie prêtre disait : Corpus Christi; le fidèle, Amen. Le diacre en présentant le calice : Sanguis Christi, ailleurs : Calix Chrisii, calix salutis; le communiant : Amen. Nous retrouvons les mêmes formules dans le livre sacramentaire (iv. 5) attribué à S. Amhroise. Ce Père la répète dans un ouvrage qui est sûrement de lui (De initiand. c. ix). Que le peuple fût dans l'usage de répondre amen après avoir reçu les deux espèces, c'est ce qu'attestent S. Augustin (Contr. Faust, xu. 10), S. Jérôme (xlii. Ad TheophiL), S. Léon le Grand (vu. Dejejun. septimi mensis), un j;rand nombre d'autres. Nous en avons encore une preuve mémorable dans ce fait, que le pape Corneille reproche (Ap. Euseb. vi. 43) à Novatien d'en être venu à ce degré d'audace que de persuader à ses partisans de dire au moment de la réception de riiostie, au lieu de l'amen consacré par la tradition, ces paroles impies : Je ne retournerai pas à Corneille. > Au temps de S. Grégoire le Grand, la formule en question était devenue déjà plus explicité ; elle avait pris la forme déprécatoire : Corpus Domini nostri Jesu Christi conservet animan tuam (Joan. Diac. In vit. Greg, M. l n), « que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ conserve ton âme. » Au siècle de Charlemagne et d'Alcuin (Alcuin. De
offic), elle se rapprocha encore de celle qui est en usage aujourd'hui : Corpus Domini noslri iua Christi custodiat te (aujourd'hui animan tuam) in vitam œternam.
Autrefois le peuple ne recevait pas le corps de Notre-Seigneur dans la bouche ; mais les hommes le recevaient dans la main droite nue, croisée sur la gauche (Augustin. Contr. Pannen. 1. u. c. 7. — Concil. quinisext. can. 101. — Cyrill. llierosol. Catech. mystag. v), les femmes sur un linge blanc appelé dominicale (V. ce mot), après quoi chacun le portait à sa bouche. }Ious aimons à mettre sous les yeux du lecteur les paroles de S. Cyrille de Jérusalem : f En approchant de la communion, approche non point avec les mains étendues..., mais avec la gauciie comme une sorte de siège sous la droite, qui doit recevoir un si grand roi (Num. 18). » Ste Perpétue, dans le récit de sa célèbre vision, fait allusion au même usage : Accepi juncli$ manibus (Ruinart. p. 3!2).
Outre les innombrables témoignages qui nou$ font connaître cette pratique liturgique, nous sommes heureux de pouvoir citer un intéressant monument trouvé à Autun en 1839. C'est une inscription grecque métrique du deuxième ou du troisième siècle : "ExAit, nivt XaÉùv, îxOùv Ix^y i:9ù.xaat;, c prends, mange et bois, tenant î/.Où; dans tes mains. » (Y. Tart. Poisson.)
Pour ce qui est du précieux sang, nous savons que l'usage s'établit de le prendre ou de l'aspirer du calice à l'aide d'une espèce de chalumeau, calamus^ syphon, d'or ou d'argent. Mais il serait dilïicile d'assigner lorigine de ce rit, si respectueux pour la sainte eucharistie. Dans le principe, il parait que les communiants approchaient directement leurs lèvres du bord du calice dit ministériel, que leur présentait le diacre en le tenant par les deux anses dont il était muni. Le P. Secchi a risqué, dans sa dissertation sur le corps du martyr Sabinien, l'opinion que beaucoup des verres historiés des catacombes auraient été des calices à F usage des fidèles, et dans lesquels le diacre aurait versé à chacun quelques gouttes du vin consacré. Ce système, qui, il faut l'avouer, aurait besoin d'être plus solidement appuyé, répondrait à bien des objections relatives aux nombreuses profanations auxquelles le précieux sang devait être exposé au temps de la communion sous les deux espèces.
II. — Dans les temps de persécution, les fidèles qui assistaient à la célébration des saints mystères, au sein des catacombes et en d^autres lieux secrets, après avoir communié, recevaient encore d'autres particules consacrées qu'ils emportaient dans leurs maisons, et avec lesquelles ils se communiaient eux-mêmes, toutes les fois qu'ils éprouvaient le besoin de retremper leur foi, et surtout quand ils avaient à se préparer au martyre. Nous avons ici le témoignage de S. Justin (Apol. n), de Tertuliien (Ad uxor. n. 5), de S. Cyprien (De lapsis...,), de S. Basile (Epist. gclxxxix. Ad Cassariam pàtriciam). Le texte de ce dernier Père, comme preuve que cet usage était encore en vigueur au quatriàae
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siècle, du moins chex 1rs Grecs, est bon à citer : c A Alexandrie et en Egypte en général, chacun, même parmi les laïques, a ordinairement dans sa maison la communion , xctvovtxv, et, quand il le veut, il se communie de lui-même. »
Voici, d'après la Vie de S. Luc le Solitaire, les cérémonies que, consulté par lui, l'archevêque de Corinthe lui avait prescrites comme devant accompagner la communion domestique. Nous empruntons cette citation au cardinal Bona (Rer. liturg» D. 17) : • S'il y a un oratoire dans la maison, on place le vase qui contient l'eucharistie sur Fautel; s'il n'y a pas d'oratoire, sur une table très-propre; déployant ensuite un petit voile (semblable au do' minicale sans doute), vous placerez sur ce voile les saintes particules ; vous brûlerez de l'encens, vous chanterez le trisagion (Y. ce mot) et le symbole ; puis, après avoir fait trois génuflexions pour l'adorer, vous prendrez religieusement le corps de Jésus- Christ. 1 C'était là, on le comprend, le rit normal, et il s'observait toutes les fois que la chose était possible. Tel n'était point le cas des fidèles habitants des maisons où vivaient des païens, d'une femme, par exemple, unie à un mari idolâtre : la communion se faisait alors avec !« plus grand secret et sans aucun appareil, comme le recommande Tertuiiien (loc. laud.) : • Que ton mari ne sache pas ce que tu goûtes secrètement avant toute nourrilare. i
Quant à ceux qui, pour cause de maladie ou d'obstacle quelconque, n'avaient pu assister à la liturgie, la sainte communion leur était portée par les diacres, ou même par un clerc inférieur, témoin Tacolyte Tarsicius, qui fut martyrisé par les païens, pour n'avoir pas voulu leur livrer le corps du Sauveur qu'il portait (Martyrol. Rom, die aug, 18). On la confiait aussi aux laïques en cas de nécessité : ainsi un prêtre malade, comme nous le savons par Eusèbe (Hisl. ceci, vi. 27) chargea un enfant de la porter au pénitent Sérapion qui se trouvait in extremis. Cet exemple prouve deux dioses : c'est qu'il n'était pas permis aux pénitents d'avoir la sainte eucliarislie chez eux, et en sec4)nd lieu que les prêtres l'avaient toujours dans leur maison, afin de pouvoir à toute heure l'administrer aux malades. On pourrait en conclure encore, ce qui du reste est parfaitement avéré d'ailleurs, que, pendant les trois premiers siècles, Teucharistie n'était point réservée dans les lieux, églises ou oratoires quelconques, où s'accomplissait la liturgie. 11 était aussi permis aux fidèles, comme nous l'apprenons de S. Grégoire le Grand (Dial. ni. 36), de la porter avec eux en voyage.
Les clercs, comme les simples fidèles, portaient la sainte eucharistie, ordinairement suspendue à leur cou, tantôt dans des linges que S. Ambroise appelle orarta, ou dans des vases d'or, d'argent, de bois, d'argile. Il n'est pas sans quelque probabilité que la petite custode dont nous donnons le dessin à l'article £nco//>ûi ait servi à cet usage. C'est l'avis de Bottari et de Pellicia (De poliL EccL t. m. p. 20). Le passage suivant de S. Jérôme (Epist. ad
Rustic, c. XX) ne permet guère de douter qu*on ne se servit même quelquefois pour porter le corps de Notre-Seigneur de petits paniers d'osier, et de fioles de verre pour porter le précieux sang : iYihil illo dilius qui corpus Domini portât in vimineo canistro, et sanguinem in vitrOy « rien de plus riche que celui qui porte le corps du Seigneur dans une corbeille d'osier, et son sang dans un vase de verre. » On voit dans les catacombes des peintures qui semblent être la traduction de ce texte : ce sont des cistes allongées au-dessus desquelles se montrent des pains incisés en croix, tandis qu'au travers du treillis on dislingue une fiole pleine de vin rouge (V. le dessin de cet objet à Fart. Eucharistie).
Dans les maisons, on conservait la sainte eucharistie en des vases proportionnés à la fortune de chacun, et que S. Cyprien, dans son livre De lapsis, désigne sous le nom générique d'arca. 11 raconte l'histoire c d'une femme qui, ayant voulu ouvrir avec des mains indignes son arche, arcam suam, où était renfermé le corps du Seigneur, sanctum Domini, en fut empêchée par une fiamme qui s'échappa du vase. » Nous pouvons nous faire une idée juste de ces vases eucharistiques par une boite en forme de petite tour, surmontée d'une colombe, laquelle est sculptée à côté d'une orante sur un sarcophage du cimetière du Vatican (Bottari. tav. xix). Et cette interprétation est rendue plus probable encore par la présence, de l'autre côté de la femme en prière, de volumes liés ensemble et debout, double sujet qui rappelle absolument l'usage où l'on était d'avoir dans le sanctuaire des basiliques deux espèces de tabernacles dont l'un renfermait l'eucharistie et l'autre les livres saints (V. la figure de cet objet à l'art. Colomhe eucharistique,
\\\, — Bien que Notre-Seigneur eût institué l'eucharistie le soir, et distribué son corps et son sang à ses apôtres après souper, toutes les Églises ont cru néanmoins devoir, par respect pour ce divin aliment, le prendre avant toute autre nourriture. S. Augustin [Epist, ad Januar.) voyait une inspiration du Saint-Ksprit dans cet accord unanime des Églises fondées chez des nations si différentes de mœurs et de caractères, sur un point de discipline qui n'avait été ni prescrit dans l'Écriture, ni réglé dans un concile : « Il a plu au Saint-Esprit, dit ce Père, pour honorer un si grand sacrement, que le corps du Seigneur entrât dans la bouche du chrétien avant toute autre nourriture. » Tertuiiien (loc. laud.), S. Cyprien (Epist. Lxin), Basile (Homil. Dejejun.), S. Grégoire de A'azianze (Orat. xl), S. Chrysostome et les autres Pères ont présenté cette pratique comme le résultat d'une tradition reçue et observée partout, à quelques exceptions près. Ainsi, par exemple, nous apprenons de l'historien Socrale (Hist. ceci. v. 22) que les Égyptiens, voisins d'Alexandrie, et c«ux de la Thébaïde, s'assemblaient le samedi, et qu'au lieu de participer aux saints mystères à jeun, comme les autres chrétiens, ils n'offraient et ne