CONC
communiaient que sur le soir, après avoir mangé. Mais ceci était tout à fait spécial à ces peuples.
Ifous devons dire cependant que, dans les Églises de quelques nations, on crut que, pour imiter plus exactement Teiemple de No(re*Seigneur à la dernière cène, on devait, au moins le jeudi saint, souper avant de participer aux saints mystères. Cet usage parait avoir été assez commun en Afrique, car un concile de Carthage tenu en 397 (can. 43), qui interdit, en thèse générale, de célébrer autre* ment qu'à jeun, excepte cependant de cette règle le jour où annuellement se célèbre la cène du Seigneur. Celte ordonnance était devenue nécessaire,^ parce que quelques prêtres, et peut-être même des évêques, se fondant sur Tusage du jeudi saint, prenaient la liberté d'en user de même quand ils célébraient les obsèques d*un mort sur le soir.
Il parait que le même abus s'était aussi glissé dans les Gaules, puisque nous le voyons condamné par quelques-uns de nos conciles ; mais, ce qui est très-remarquable, c'est que Texception du jeudi saint s'y trouve toujours notée et confirmée. Ainsi le second concile de Mâcon (can. vi. an. 385) défend aux prêtres» sous peine de déposition, de traiter les divins mystères après avoir bu ou mangé ; mais, s'autorisant du concile de Carthage dont il cite le canon que nous avons rapporté plus haut, il autorise à célébrer le jeudi saint après avoir soupe. Celui d'Auxerre (an. 578. can. xix) avait déjà fait la même défense, et déclaré en outre qu'il n'est pas permis aux prêtres, ni aux diacres, ni aux sous- diacres, d'assister à la messe, ni de demeurer dans l'église où on la célébrait, après avoir mangé ou bu. La seconde partie delà défense était motivée sur l'obligation où étaient en ce temps-là les prêtres et les autres ministres de communier à la messe qu*ils étaient tenus d'entendre.
Dans la suite, mais à une époque qu'il serait difficile de déterminer, la coutume abusive de communier le jeudi saint sans être à jeun cessa complètement et spontanément, la piété des ecclésiastiques et du peuple les portant à renoncer d'eux-mêmes à une exception peu respectueuse pour la sainte eucharistie.
COIMPUES. — V. l'art. Office divin, III.
CONCILES. — I. — Il s'agit seulement ici des formes et des rites qui précédaient et accompagnaient la tenue des conciles dans l'antiquité chrétienne : le reste est du domaine de la théologie et du droit canon.
L'ancienne discipline de l'Église voulait que les conciles ou synodes fussent toujours inaugurés par la prière, le jeûne et d'autres œuvres religieuses, mais surtout par l'invocation du Saint-Esprit (V. Catalano. Prolegom. in ConciL), Cette discipline du jeûne se trouve fréquemment mentionnée dans les conciles de Tolède.
Ordinairement les assemblées ecclésiastiques, et notamment les conciles, ne se célébraient pas
ailleurs que dans l'église : c'est ce qu'établissent les actes d'un grand nombre d'entre eux. Ainsi, le second concUe général fut tenu à Coostantinople, dans l'oratoire des Saints-Pantaléon-et-4lariDos, martyrs, lequel reçut depuis le nom de Concordia, parce que, au témoignage de S. Jean de Damas (Tract, ni De tact, imaqin,), cent cinquante évêques y furent unanimes à condamner les erreurs de Macedonius. Ëphèse vit le troisième concile oecuménique rassemblé dans l'église de celte ville consacrée à Marie mère de Dieu, et qui, pour ce motif, fut surnommée Mariana. A Chalcédoine, le quatrième concile universel se tint dans la magnifique basilique de Sainte-Euphémie, dont Évagre (Hiêt eccL 1. n. c. 3) nous a laissé la description, ainsi que le récit des mirades de la sainte, et surtout des gouttes de sang qui coulaient de ses reliques. Nous voyons clairement, par les actes de cette sainte assemblée, que les Pères étaient assis en avant des cancels de l'autel, lieu que Libérât (/n Bretiar, c. xm) appelle tecretonimi, prenant de là occasion de désigner aussi sous le nom de ucreiaria chacune des sessions qui s'y tinrent. Que l'usage ait existé d'installer les conciles dans \e&secretaria des basiliques (V. l'art. Secretarim], c'est ce que démontre clairement le cardinal fiaronius, sous l'année 451 , par plusieurs exemples, soit de l'Église d'Afrique, où tous les conciles de Carthage furent tenus dans ces conditions, soil pour l'Église romaine, sous le pape S. Martin, et pour d'autres Églises encore.
II. r- Nous apprenons de Théodore Studite, célèbre écrivain du huitième siècle, que la coutame était, dans les anciens synodes, d'exposer à tous les yeux l'image auguste du Sauveur.
Nous devons signaler ici une autre pratique non moins touchante que vénérable, qui a beaucoup de rapport avec la précédente, et qui s'observait dans tous les conciles généraux. Avant l'ouverture des séances, on plaçait le livre des Évangiles, qui est le type de Jésus-Christ parlant aux hommes, sur un trône couvert de riches draperies, d'où il semblait présider la sainte assemblée, anie poiitis in medio sacrosandis et venerabihlna Evangeliis, et lui rappeler que ses jugements devaient être dictés par la justice : rectum judicim judicaU. S. Cyrille d'Alexandrie, qui présida le concile d'Éphèse au nom du pape S. Célestin, écrit ces belles paroles dans sa lettre apologétique à l'empereur Théodose : < Le saint synode assemblé dans l'église qui s'appelle maria, ihstrva le CHRIST COMME SON CHEF; OU effet, le vénérable ÉTangile était placé sur un irômb sacré, insinuant ceci aux oreilles des prêtres saints (les Pères du concile) : jugez un juste jugement, justom jcwcr« juDiCATE !» Il en fut de même aux conciles de Chalcédoine et de Conslantinople,.et au deuiieme de Micée, comme nous l'apprenons de Tarasms, patriarche de Constantinople, écrivant aupapewdrien : t Sur le trône saint, le saint EvangUe était déposé, criant à nous tous, hommes sacrés qui nous étions réunis : Jugez un jtuie ;«^-
OONC — \
wunll • Celte importule pratique fut observée iTM oon moins de t^ duta les conciles de l'Ëglùe occideutale. Nous le savons certainement pour le concile d'Aquitée, en 381, contre les iriens. Dtns une eitiorlation aui éTêqueii Caisanl partie de celte sainte assemblée, S. Ambroise leur rappelle que « l'£?angjle est présent, «insi que les épitres de S. Paul et lotîtes les écrilures ■ , evanflitm pTŒienx est et apotlolm, omnet scriptwiE fmtlo nnf (Ambros. 0pp. 3. n, p. 7861. 11 en fut de même au premier de Lalran, sous Uartin I"; au deuxième >ous Zacharie; au troisième du Valicaa, sous Jean lUI; à celui de Ferrare. soit de Florence, lequel aTiit commencé à lUIe, sous Eugène IT, et dans tous les autres, nous voyons iMijoors la même vénération témoignée aui saints Enngiles.
Et I Église «llachait tant d'importance à ce solennel usage, qu'elle voulut en Gxer la mémoire dins ses ntonumenls, comme un perpétuel enseigDtineni pour les peuples. Kous en citerons pour exemple la mosaïque de la coupole de S;iint-Jean in Fonte, c'est-ii-dire du baptistère de Ravenne, moDumenl du milieu du cinquième siècle, où ce iiles(rq>ré9enlé. (On sait que des conciles fo-
9 — CONfi
rent quelquefois tenus dans des baptistères qui eux-mêmes étaient souvent de belles et spacieuses basiliques.) On y voit un luggettui soutenu par quatre colonnes, sur lequel est déposé le livre des Évangiles ouvert. De chaque c6lé est figurée, dans une niche de Torme absid.de, une <'haire épiscopale, ce qui n'est nutre chose que la représentation abrégée ou hiéroglyphique d'un concile. Voici le sujeld'aprésCiampini(r«l.inonttR. t. t.tab.uivii).
Nous donnons maintenant Timage réelle d'une de ces assemblées délibérantes, telle que nous ta trouvons dans une très-ancienne peinture publiée pnr le cardinal Camille de Maiimis (V. Anastas. Vit. Rom. Pontif. I. ni. p. ixui, proleg.).
llin de donner une forte impulsion à leur zèle P°<ir la défense et le maintien de la doctrine or- "i^xe, et de repousser les mauvaises influences ^'eussent tenté de se Taire jour dans ces saintes "isemblèes, les Pérès des concdes voulaient déli- '*''er en présence des saintes retiques, et faisaient placer an milieu d'eux les corps des martyrs et ■te conresseurs qu'on apportait des villes voisine. On sait qu'au concile de Reims, tenu sous Léon II, le corps de S. Rémi fut «posé sur l'autel i t) vue de tous les Pères. On plaçait aussi dans »* conciles les images des Satnis, comme un nou-
vel encouragement à bien faire. Nous connaissons cet usage par le témoignage du pape Grégoire II (Bpisl. Il Ad Léon. haur. iconoctatt).
III. — On produisait encore dans les conciles les œuvres des Pères de l'Église, ainsi que les canons des anciens conciles, afin de pouvoir en lire les passages relatifs aux objels divers des délibérations. Rien de plus fréquent que ce rit et celte discipline : nous en voyons, entre autres, l'application d;ms Taclion dixième du sixième concile général, où, conire les monolhélites, il fut donné lecture des livres des Pères de l'Église enseignant 13*