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qu'il y a en Jésus-Christ deux ?o1ontés et deux opérations.
Dans sa lettre cent-douzième (1. ?ii) à Syagrius, évêque d^Autun, S. Grégoire ordonna que les évêques souscriraient dans le même ordre où ils siégeaient.
Au premier concile de Nicée et au premier de Gonstantinople, les éyèques ne mirent que leur nom avec celui de leur siège, comme: • Alexandre d'Alexandrie, Eustache d'Antioche; t à celui de Gonstantinople : f Timothée d'Alexandrie, Cyrille de Jérusalem. » Un peu plus lard, les évèques commencèrent à faire suivre leur nom de la formule Dei gratta ou Dei miêeratione^ comme au concile d'Sphèse : « Acace, par la miséricorde de Dieu, évêque du siège de Milet, » et à celui de Chalcédoine : « Seleucus, par la grâce de Dieu, évêque de la métropole d'Amasie. » Quelques-uns même, par un sentiment de singulière modestie et d'humilité, ajoutaient à leur titre d'évêque iesépithètes de humbles ^ minimes, indignes. G est ce qui se vit au deuxième concile général. Dans les cinquième, sixième et septième, tous les évêques qui ne signent pas Dei miseratione ou Dei gralia, se disent indignes ou pécheurs.
lY. — Autrefois on présentait les décrets des conciles même aux évêques absents, afin qulls les souscrivissent : cette coutume fut généralement suivie dans les premiers temps de TÉglise, même avant le concile de Nicée. En effet, quand Alexandre, patriarche d'Alexandrie, et Osius eurent condamné les blasphèmes d'Ari us et approuvé Tusage du mot omousios, ils promulguèrent leurs décrets par une lettre encyclique, provoquant les suffrages des évêques absents.
Les quatre premiers conciles généraux furent reçus comme les quatre Évangiles, et consignés dans les diptyques sacrés. Cette inscription des synodes aux diptyques de TËglise eut lieu, pour la première fois, selon la juste observation de Baronius, au concile de Gonstantinople, tenu en 518, sous le pontificat d'Uormisdas, et sous le règne de Tempereur Justin : c'est ce qu'attestent les actes de ce même concile.
Ces diptyques, contenant l'inscription des conciles, étaient lus du haut do Tambon, par levêque ou par quelque autre qu'il avait délégué à cet effet, et cela pendant la célébration de la messe. Nous connaissons celte circonstance par la lettre ou libelle des évêques, présenté, à Gonstantinople, au pape Agapet, lequel libelle est rapporté dans l'action du concile de Gonstantinople, sous Mennas (App. L'dbb. t. V. édit. Paris, p. 50).
Les conciles, tant généraux que particuliers, furent quelquefois représentés dans les églises par la peinture ou retracés dans des inscriptions. Ainsi, les six premiers conciles généraux se voyaient autrefois figurés en peinture dans l'église de Gonstantinople et dans l'ancienne Yaticane. Parmi les peintures et les inscriptions d'une rare élégance qui décoraient l'église de Bethléem, figuraient les arguments de quelques conciles géné-
raux et particuliers : au milieu était le pupitre soutenant le livre des Évangiles, et d'un côté l'encensoir, de Tautre un candélabre et la croix (Quaresmius. Elucidât, terrœ sanctœ, t. ii. I. 6. cap. 13).
CONFESSEURS (culte des). — c La paix a aussi ses couronnes, destinées aux vainqueun qui, dans les diverses conditions de la vie, savent terrasser l'ennemi du salut, dit S. Gyprien (De zelo et livore, vers, fin, 0pp. edit. Oxon. p. 157). Avoir subjugué la volupté, c'est la palme de la continence. Avoir résisté à l'envie et à Tinjustioe, c'est la couronne de la patience. C'est triompher de l'avarice que de mépriser l'or. Le triomphe de la foi, c'est de supporter les adversités présentes dans la confiance d'un avenir meilleur. Celui qui dans la prospérité sait se préserver de l'orgueil, acquiert la gloire de l'humilité. Celui qui se livre à la douce inclination de secourir les pauvres, s'assure la rétribution du trésor céleste. Celui qui ne connaît pas la vengeance, mais se montre constamment bienveillant et débonnaire envers ses frères, celui-là est décoré du prix de la dilection et de la paix. Nous courons tous les jours dans ce stade des vertus, et, sans intermission de temps, nous arrivons à ces palmes et à ces couronnes de la justice. »
C'est sur ces principes que s'est fondée l'Église pour associer aux honneurs qu'elle rend aux martyrs tous ceux de ses enfants qui se sont sanctifiés par des vertus plus modestes et sans l'effusion de leur sang. Elle appelle ceux-ci confasewn, parce que, eux aussi, par le mérite et Téclat de leurs œuvres, ils ont à leur manière rendu témoignage à la religion du Christ. Ils furent même quelquefois considérés comme de vrais martyrs et en reçurent le nom. S. Grégoire de Nazianze le donne à S. Basile (Orat. Delaud. ips. v. uOpp* orai.w], S. Chrysostome à Euslache d'Antioche (Opp. t. n. p. 606) ; S. Paulin de Noie à S. Félix : cœle$Um naclus sine sanguine martyr honorem, • martyr sans refTusiou du sang. » (Poem. xiv. C/irm.ni.v. 4). Plus tard, nous retrouvons cette qualification attribuée par S. Grégoire le Grand à S. Zenon de Vérone (Dialog. \, ni. cap. 19), et par S. Metron â Roterius, évêque de la même ville (BoUand. 2. ii« irait, p. 306), etc.
Mais enfin la distinction entre les martyrs de sang et les martyrs de volonté fut consacrée par l'adoption définitive pour ces derniers du titre de CONFESSEURS. Cette distinction se trouve déjà nettement exprimée dans une inscription de Milan du quatrième siècle, que nous reproduisons dV près le Bulletin archéologique de M. De* Rossi (Bullelt. an. 4864. p. 30).
KT A DOMMO CORONATI SVNT BR4TI COKFSSSORBS COMITES MARTTRORVM (tic) ATRELITS DI0GEMB8 COMrBSSOK BT ▼ALERU rBLICiaSIMA. BIBl. Ilf DBO nCBRTRT.
11 est établi par ce précieux monument que Dio-
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gènes était oonfessear et compagnon des martyrs, et qa*il se prépara, de son vivant, à lui et à sa femme, mi tombeau près des reliques de ceux qui avaient succombé dans la persécution.
Le culte des confesseurs a été en usage dans l'Église depuis le quatrième siècle. C'est depuis lors que leurs noms furent insérés dans les diptyques, et leurs fêtes célébrées (Florentin. Ad. vet. moHyrol. -^ Cf. Donati. DtUtct. p. 60) : f Dés que les chrétiens cessèrent d'être vexés par les persécuteurs et commencèrent à mener une vie paisibie, peu à peu s'introduisit dans l'Église uni- Terselle la coutume d'inscrire dans les diptyques sacrés, sous le titre de confesteurs, ceux qui aiaient brillé par leur sainteté, sans cependant avoir remporté la palme du martyre, comme ayant confessé, par de rudes combats contre les Ticas, Notre-Seigneur Jésus-Christ, le vrai législateur. 1
Nous savons par S. Jérôme qu'Hilarion célébrait avec ses frères des vigiles sacrées pendant la nuit précédant le jour anniversaire de la mort de S. Antoine. Hibrion, à son tour, eut aussi dés le quatrième siècle sa fête, qui était célébrée avec solennité et pompe par les habitants de la Palestine (Soiom. Hiêt. eccL m. 14). Le solitaire de Bethléem parle avec éloge d'une femme nommée Constantia, qui passait les nuits près du tombeau de ce même anachorète.
0 est avéré que dès lors on élevait des temples aux confesseurs; car Thumilité de S. Antoine s'étant effrayée de la perspective d'un tel honneur, il ordonna à ses disciples de cacher ses restes, < de peur que Pergamius, riche personnage qui deneoraît en ces lieux, n'enlevât son corps et ne le portât dans sa viUa pour lui élever un marly^ rhm, f — ne martyrium fabricaretur (V. S. Jérôme, (Entres choisies par Collombet, t. vi. p. 90 et 598). Le mot de marfyrmm, employé ici par i>. Jérôme» indique assex que les sanctuaires élevés sur les tombeaux des confesseurs n'avaient pas diantre nom que les basiliques recouvrant la dépouille mortelle des martyrs (Y. l'art. Confessio), Théodoret raconte {Hist, eccl. m) d'un anachorète nommé Marcien, et Sozomène (Hist eccl, vni. 19) du confesseur Nilamon, qu'aussitôt après leur mort les peuples circonvoisins leur érigèrent des temples, et commencèrent dès lors à célébrer chaque année le jour de leur déposition.
C'est donc par erreur que, à la suite de Marténe {De aiU, EccL rit xxx. 3) et de fiona (Rer, l^g.i. 15), plusieurs auteurs ont avancé que S. Martin de Tours avait été, au début du cinquième siècle, le premier Saint non martyr à obteair le culte public de TËglise. Au reste, le calendrier édité par le P. Fronteau, et datant au plus tard du temps du pape Libère, mentionne la [été de S. Sylvestre (Y. Prœnotata ad kalendar. t<tiid. cap. iv), qui était mort avant S. Martin. >foilà poor rOccident. Quant à TËglise orientale,
nous savons que S. Philogone était honoré à Antio-
che du temps de S. Chrysostome, qui nous en a
laissé pour preuve une homélie, prononcée le jour de la fête de ce confesseur, le 20 décembre. II est donc bien établi que, dès le début du quatrième siècle, les confesseurs furent honorés d'un culte public dans l'une et l'autre Église (Y. Culte des saints j Canonisation^ Diptyques j etc.).