‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 88 sur 281 · COQU · texte numérisé non relu

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S. Grégoire le Grand exprime la même pensée {Ub. moral, ai. Jn Job).

6° 11 est eniin le symbole du juste, selon Bédé, I parce que, dans la nuit de cette vie, le juste reçoit par la foi l'intelligence et la vertu qui le Tout crier vers Dieu, afin de hâter l'aurore du grand jour : Emilie lucem tuam el veritatem luatn • {Pialm. nu. 5).

COQUILLAGES (swiolb cbb«tikh). — On a souvent observé dans les tombeaux des chrétiens et des martyrs des coquillages marins ou autres, entiers ou rompus (Boldelti. p. 512. fîg. ti5), fixés à l'extérieur des loculi, et ils ont la forme du buccin. Placés dans de telles conditions, ils pourra ent être du nombre des objets que les prem ers cl ret ens Liaient dans le mor ler des loatl comme moyen de reconna sance On en distingue de dif ferentes espèces dans les bas-rel efs d un eu eux sarcophage du Vat can (Bottan tav xu ] ou sent reprèsen èes d verses scènes de pèche scènes que nous reprodu sons c On a de ces coqu liages exécutés en pierres fnes et des lampes ».pulcrales en métal qu en affectent la forme ou en ont de sculptés sur leur d sque (V Bartol Ant laeern parle m flg 23) Des fa Is absolument analogues se sont révèles dans les sépultu es de la Gaule A s des coquilles de 1 magon ont et, trouvera dan Je sarcophage de S Eutrope a Saintes découvert en 18U et H Letronne prouve que leur nIroducUoD n a pu être 1 effet du hasard (V Re eue t de p ecet re latvttà la reeoHuanceducorpt de S Eulrope p 81) on en a trou-

pulture mero ng enne du c mel ère de > cq et H 1 abbé Codiet en a rei cont -e un grand notibre d exemples dans ses fomties {Normand eiûJiten a e pass m) notamment près de D eppe al ter eu d un tombeau du temps de Lharlemajj e

Tout nous porte à penser que l'intention des fidèles a été de faire de cel objet un symbole de la résurrection. La coquille est la tombe, demeure momentanée que l'homme doit abandonner un jour. Un sarcophage de Harseille [Hillin. Nidi de la Fr. pi. Lvui. i) offre, au lieu de la coquille, le limaçon lui-même. Et ici, pour expliquer l'antiquité, nous devons invoquer les monuments du moyen âge, où, comme on sait, les mêmes types sont souvent reproduits, avec des développements qui eo rendent la signification ^as claire. Ainsi

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N. le comte Aug. de Baslard (BtUleL de$ comités M. ardiéoL etc. 1850. p. 173) donne la copie de Tigneltes des treizième et quinzième siècles, oà, à côté de la réêurrection de Lazare^ est figuré un limaçon sortant de sa coquille ; et ce double sujet se voit également dans la collection d'anciens manuscrits liturgiques, rassemblés par les ordres de Louis UY, sur un codex du quinzième siècle, il faut observer que la coque des limaçons trouvés dans les tombeaux de la Gaule est très-grande : c'est ïBelix ponuUia^ Tescargot vulgaire. Or, chez nous, aucune coquille n*est plus propre à symboliber la résurrection. En effet, le mollusque qu'elle renferme en bouche l'entrée avant Thiver avec un êpiphragme calcaire d'une assez forte consistance, qu'il ne brise qu'au retour du printemps. Cet opercule naturel représente le couvercle du cercueil qui doit être enlevé au jour de la résurrection.

ECCLESLC. — V. lart. Clergé,

CORPOAAL. — Les écrivains ecclésiastiques désignent sous le non de corporale , ou de corpa^ ralU palla, le linge qu'on étend sur l'autel pour y déposer les saintes espèces pendant la célébration de la messe. Le corporal est de toute antiquité dans rfglise latine aussi bien que dans TÉglise grecque. S. Isidore de Damiette rappelle d'un mot grec qui a la sigoiûcation générale de linceul, et dit qu'il est la figure du linceul dont Joseph d'Arimathie ensevelit le corps du Sauveur ; il le désigne encore par les mots ad camem (L. i. epist. iiù. —Cf. Tbiers. ÂuUU, p. 156), comme touchant immédiatement la chair sacrée de Jésus-Christ, mais contre Fopinion d autres auteurs qui nomment ainsi la première nappe de l'autel. Dans S. Isidore de Péluse (L. i. ep. 123), il est appelé -n lufTov, du verbe tîXcu, involvo, < j'enveloppe, » parce qu'on le relevait sur les saintes espèces. Les Grecs déposent aussi sur le corporal, au milieu de l'autel, le livre des saints Évangiles.

Pour ce qui est de TÉglise latine, il parait qu*avant S. Sylvestre, qui siégeait en 514, le corporal n'était pas toujours de lin, mais quelquefois d*éloffe. Car ce fut ce pape qui en fîxa la matière, et ordonna qu'il ne serait ni de soie, ni de quelque autre étoffe teinte, par la raison que le corps de Notre -Seigneur fut enseveli dans un linceul trèsblanc, dont le corporal est la figure. Celte disposition est dans les actes du deuxième concile de Rome que l'on croit avoir été tenu sous S. Sylvestre en 524. Constituit, dit Ânastase (In Sylvest.), ut Mcri/iciian altaris non in serico, neque in panno tincto celdfraretur^ nisi iantum in lineo ex terra fTocreato, sicul corpus Domini nostri Jesu Cfuitli n Undone lineo et numdo sepultum fuit.

Les corporaux étaient autrefois beaucoup plus grands qu'ils ne sont aujourd'hui : ils couvraient Tautel tout entier, et même pendaient de chaque cèté, de façon qu'avec leurs pans relevés on pût

couvrir tous les pains, souvent très-nombreux, à raison de la foule des communiants. Leur ampleur était telle, qu'elle exigeait l'oflice de deux diacres pour les étendre et les replier (Ordo Rom. tit. Ord. proceu. apud Mabillon), Les proportion» des corporaux furent peu à peu réduites, lorsque l'usage des messes privées s'introduisit dans rÉglise. L'ordre romain contient trois oraisons pour la bénédiction des corporaux.

COULEURS (STMBOUSMB des) dans les monuments CHRÉTIENS ET DANS LES RITES DE l'ÉOLISB. — De

tout temps on attacha aux couleurs un sens symbolique. Dieu lui-même, dans l'Ancien Testament, avait prescrit la couleur des tentes des tabernacles, celle des vêtements des prêtres et des lévites pendant l'action du sacrifice. Le christianisme s'est inspiré de cet exemple. Les Pères se sont appliqués à interpréter le sens symbolique des couleurs rappelées dans les divines Ëcrilures, et les chrétiens de toutes les époques se sont conformés à ces interprétations, soit dans les peintures des catacombes et les mosaïques de leurs temples, soit dans leurs ornements sacrés, dont la couleur varie selon les différentes solennités. S. Charles appelle ces couleurs les hiéroglyphes des secrets du ciel, et Baronius les regarde comme très-utiles pour exciter la piété des fidèles.

L — Le blanc. Réunion de tous les rayons lumineux reflétés sans altération, le blanc est la couleur symbolique qui convient principalement à la vérité, tinctura veritatiê, dit S. Clément d'Alexandrie (Pedag. I. ii. c. 10). C'est pour cela qu'il est attribué :

1* A Dieu le Père, qui est la vérité par essence, la vérité immuable, unique : aussi, dans la vision de Daniel (cap. vn. 9), l'ancien des jours parait-il en habits blancs comme la neige, et avec des cheveux blancs comme la laine la plus pure.

C'est parce qu'elle est blanche et brillante en même temps, que la manne est représentée comme le symbole de la parole de Dieu (Origen. HomiL vu. /n Exod,) : Manna est verbum Dei; quid enim candidius^ quid splendidius eruditione divina ? Dans le même sens, S. Grégoire de Nysse appelle la vérité évangélique, lilium sermonis (HomiL xvi In Cantic.), • le lis du discours >. S. Bernard se sert aussi de cette figure (Serm. lxx. In Canlic.) : c La vérité est réellement un lis, dont le parfum anime la foi, et dont l'éclat éclaire l'intelligence, » vere lilium est veritas, cujus odor animal fidem^ splendor intellectum illuminât,

2* A Jésus-Christ. Bien que, dans l'usage ordinaire de la vie, le Sauveur se servit probablement de vêtements vulgaires, il est en blanc quand il parait comme Dieu ; ainsi, sur le Thabor (Marc, u. 2), devant Pilate (Lue.xxm. 11), dans la vision de S. Jean au commencement de son Apocalypse (f. 13). Les monuments le représentent en blanc quand il enseigne ; exemples : un fond de coupe donné par Buonarruoli (Vetr. p. 35. tav. v. fig. 3), les antiques mosaïques de Téglise des Saints-

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Cosme-el-Damien (Ciampini. VeL monim, ii. tab. xvi), de Sainte-Agathe alla Suburra à Home (Id. i. tav. Lxxvii), de la chapelle de i>aint-Âquilin dans réglise Saint-Laurent à Milan (Âllegranza. Monum. Milan, p. 12), etc., en un mot, dans tous les monuments où il parait comme maître de la vérité, soit au milieu des docteurs de la loi, soit au milieu de ses apôtres. U sera blanc le trône où le Fils de Dieu siégera pour juger les hommes au dernier jour : Vidi Ihronum, dit S. Jean {Âpoc. xx. 11), magnum, candidum, et sedentem super eum,

3' Aux anges. C'est avec des vêtements blancs que nous les montrent : 1* les saintes Écritures dans les différentes apparitions de ces intelligences célestes dont elles font mention ; tels étaient : Tange qui vint soutenir Judas Macchabée contre Lysias (2 Macch.xi. 8), celui qui se montra à Daniel sur les rives du Tigre, ceux qui annoncèrent aux pasteurs la naissance du Sauveur, aux Maries sa résurrection, et aux apôtres, sur le mont des Olives, son futur avènement comme juge des vivants et des morts (Act, i. 10); 2" les monuments, entre autres les peintures et les mosaïques de la basilique Libérienne et de Sainte-Agathe à Rome, de Saint-Michel et de Saint-ViUl à Ravenne, et ailleurs (Y. Ciampini. Vet monhn, passim).

La raison quen donne S. Denys TAréopagite {De cœlest. hierarch. cap. xv. p. 164. edit. Colon.), c*est qu'ils sont semblables à Dieu : significare existimo Deiformas.

4* Aux saints en général. Par leurs œuvres, ils furent sur la terre des images vivantes de Jésus- Christ, et celte heureuse transformation s'est complétée dans le ciel (2 Cor, vnt. 18). Dans le grand arc de la basilique de Saint-Paul hors des murs, on voit un grand nombre de personnages vêtus de blanc qui apportent des couronnes au pied du trône divin (Ciampini. Vet. monim, i. 231). Les uns, qui ont la tète nue, représentent, selon toute apparence, les Saints venus du paganisme ; les autres, qui ont la tète voilée, sont les Saints du judaïsme. On peut voir le même fait dans les mosaïques de 1* Église d'Aix-la-Chapelle bâtie par Charlemagne en 802 (Ciamp. Vet, mon. ii. tab. xLi) et dans celle de Siaint-Yilal de Ravenne déjà citée.

50 Aux prêtres dans les fonctions sacrées. Dans Tancienne loi, le grand prêtre Aaron portait une tunique, une ceinture et une tiare blanches ; il en fut de même dès le principe pour les pontifes et les prêtres chrétiens : c^est ce que prouve, surtout pour le quatrième siècle, Renoît XIV dans son traité De sacrif. misiœ (p. 51. c. iv. § 2), d'après Tautorité de S. Grégoire de Tours, de Fortunat et de S. Isidore de Se ville. Plus tard, lorsque d'autres couleurs furent admises pour les ornements sacrés, le blanc fut toujours conservé pour Taube, l'amict, et même pour la planète, le pluvial, etc., aux fêtes de la Nativité, de TÉpiphanie, de Pâques, de la Toussaint, de la Chaire de Saint-Pierre à Aotioche et à Rome, de celle de

Saint-Jean-Baptiste, etc. (V. l'art. Vêlements des ecclésiastiques dans les fonctions sacrées).

6' Aux catéchumènes, qui portaient des robes blanches pendant les huit jours qui suivaient leur baptême (V. l'art. Aubes baptismales),

7* Au souverain pontife, qui est le représentant de Jésus-Christ sur la terre et l'infaillible dépositaire de la vérité ; aux grandes solennités, on ornait de draperies blanches la chaire où s'asseyait l'évêque pour annoncer la vérité divine

H* Chez les premiers chrétiens , comme chez les Juifs, on enveloppait de linges blancs la tète et les membres des morts. Dans un fond de vase antique (Buonar. tav. vu. fig. 1), Lazare ressuscité par Notre-Seigneur est enveloppé d'une draperie d'argent, tout le reste est doré. C'est ainsi que le ménologe de Basile représente les corps de S. Philaréte (a décembre) et de S. Adauctus (it octobre)* Nous trouvons encore la preuve de ce fait dans Sulpice Sévère {Vit. S. Martini), et surtout dans le poète Prudence :

Candore niteiilia claro Prxtendere linlea raos est.

(In exeq. defuncti, v. 49. t. i. p. 72.edit. Parra.).

Le blanc est donc le symbole de la veniez dans Dieu par essence, dans l'honime par commuoication.

II. — Le rouge. Par sa ressemblance avec le feu, le rouge est le symbole de l'amour ardent et actif. Notre-Seigneur est appelé par l'épouse du Cantique candidus et rubicunâus (v. 10) : candidui, en tant qu'il est flls du Père étemel, candorlucit œlernœ {Sap. vn. 26), et splendor glcriœ Pairit (Hebr. i. '^)\rubicundus, parceque, de lui comme du Père, procède le divin amour. C'est pour cette raison que les monuments, tels que les mosaïques de Saint-Paul hors des murs (Ciamp. F«^ mon. i.tnb. Lxvni), de Saint-André in Barbara (Id. i. uiivij, de Sainte-Agathe in Suburra (Id. i. uxvii), elc, nous le montrent vêtu, tantôt d'une tunique, tantôt d'un pallium rouges, tantôt de Tun et de l'autre, parce qu'il" y est représenté dans quelqu'un des actes de son amour infini, comme dans le dernier où il confère à ses apôlres la mission de porter dans le monde entier le feu sacré de la doctrine : Ignem veni mittere in terram, et qiùd volo nisi ut accendatur? (Luc. xn. Ad), Le monogramme du Christ, comme rappelant son ardente charité pour les hommes, était brodé au sommet du labarum de Constantin sur un morceau de pourpre (Prudent, i. Contr, Symm.) ; la croix était souvent peinte en rouge, en mémoire du sang de l'agneau divin dont ce signe auguste avait été arrosé (Scaliger.ap. Du Cange. Inf. £vi numismat. p. 153) ; cet usage parait avoir été spécial aux Occidentaux : au temps de Bédé {Hist. Angl. t. c. 16), le saint sépulcre était peint en blanc et en rouge, comme ayant servi d'asile au ceps de celui qui est par essence vérité et amour.

Parmi les anges que nous trouvons peints sur les monuments chrétiens, entre autres sur la

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