CURE
-de S. Matthieu : c Voici votre Roi qui vient à vous plein de mansuétude, assis sur une ânesse (xxi. 5). t
L*usage de la cuiller pour la communion existe aussi cliez les Coptes, les Éthiopiens, les Syriens, les Jacobiles et les Nestoriens. comme il est aisé de le voir dans les Liturgies orientales données par Aenaudot.
Les Grecs attribuent Torigine de cet usage à S. Chrysostome. Il n'est pas douteux qu'elle remonte à une époque très-reculée ; car, comme il n*est pas une Église en Orient qui n'ait conservé cette pratique, il s'ensuit qu'elle existait avant la division de ces Églises. Et la chose ressort évidemment des Canons apostoliques , (jui se placent à une époque antérieure à l'origine des schismes ; on y trouve une constitution qui ordonne que le dia- <:re distribue en présence de l'évoque la communion au peuple, non pas comme font le prêtre et l'évèque, mais selon la forme adoptée pour les ministres, c'est-à-dire avec la cuiller, X«6î^i, co- Meari. L'histoire de Sle Marie Égyptienne nous offre un touchant exemple de l'usage qui nous occupe : c'est la communion administrée à celle célèbre pénitente par le saint abbé Zosime. S. Sophrone de Jérusalem raconte (De Maria Egyptiaca, ■c. xxi) que, c après avoir déposé dans un petit calice une particule du corps immaculé et du sang précieux de Jésus-Christ, Zosime se dirigea vers les rives du Jourdain, afin de dblribuer à Marie les dons vivifiants des divins mystères. » Nous avons, sur un très-ancien diptyque grec publié par Paciaudi {Antiquit. christ, pi. en regard de la page 389), la représentation de ce fait si intéressant.
On ne saurait méconnaître les divers personnages de la scène, car leurs noms sont inscrits derrière leur personne : 'o^'a^icç Zwffijwç, "h ^'a^i* Mapîx. Zosime, tenant de la main gauche le calice, présente de la droite, avec une cuiller, les saintes espèces à Marie, qui les reçoit sur ses mains croisées, selon l'ancien usage.
Les Liturgies orientales contiennent toutes des formules de bénédiction pour le XaSiç, qui était regardé comme un vase sacré (Y. Renaudot. Liturg. orient, i. p. 329).
L'usage de la cuiller pour la communion fut toujours étranger aux Églises d'Occident. Il est fait mention dans le cérémonial romain (lib. n. 34) d'une cuiller d'or, mais elle ne servait au pape que pour mettre l'eau dans le calice. Quelques documents cités par Du Cange (Gloss, latin, ad h. v.) supposent néanmoins que Ton se servait, au moyen
âge et dans certaines Églises, d une cuiller d'argent pour placer sur la patène les pains à consacrer et pour verser le vin du scyphus dans le calice.
CUPELL4. — Un marbre des catacombes offre un exemple, qui sans doute ne dut pas être unique, du mot cupella employé pour désigner un tombeau ou loculus où reposaient deux cadavres d'enfants. Voici l'épitaphe, fort curieuse, bien que fourmillant de solécismes et d'incorrections de toute sorte : ego secvkda fegi cepelu bone {| muorie fi-
UBN MEEM SEGVN || DrNEM QVB RECBSSIT IN FIDEM {{ CTl PRATREV 8VH UVRElf || TIVM U PAGE RECESSBRVND (UaUT*
chi. p. 114), « Secunda a fait cette cupella à ses deux enfants de bonne mémoire, Secundina, qui mourut néophyte, el Laurent, qui, avec sa sœur, tré passa dans la paix, » c'est-à-dire dans le sein de l'Église par le baptême (V. l'art. Inpace). Dors du christianisme, il n'existe pas d'exemple du diminutif cupella ; mais on en connaît plusieurs du mot cvpA désignant une urne cinéraire murée dans une niche de colombaire (V. Doni. class. xi. C. — Gruler. 845). (Y. l'art. Loculus,)
GURfiS. — Dans les premiers siècles, le peuple chrétien était gouverné immédiatement par les évèques (Justin M. Apolog. ii. — Can. apost. c. xtj. Mais lorsque le nombre des fidèles eut pris un certain développement, on bâtit dans les bourgs des églises rurales {Can. apost. can. xxxvij, auxquelles un prêtre ou un diacre étaient attachés, et l'évèque continuait à administrer seul sa ville épiscopale. Telle fut la discipline au quatrième ou au cinquième siècle en Orient (Alhanas. ApoL ii. Ad imp. Constaniium. — Epiphan. Hcer. uviii. 4. — ConciL Sardic. c. vm) ; elle est plus ancienne encore en Occident, car S. Gyprien (1. i. Epitt. tui et alib.) mentionne déjà les clercs de la tnlle.
Dans les grandes villes, outre la cathédrale. il y eut, dès le quatrième siècle, d'autres églises, ayant leur propre prêtre ou leur diacre, ft cela en Orient [Alhanas. Epist. ad solitar.) comme à Rome (Anastas. In Siric.), Jusqu'au cinquième siècle, les fonctions de ces curé^ ou cardinaux se réduisaient à distribuer au peuple de leur paroisse l'instruction religieuse, et à informer l'évèque de tout ce qui intéressait le gouvernement de l'Église. Car jusque-là l'administration des sacrements et la liturgie du sacrifice n'avaient lieu que dans l'église cathédrale (Athanas. Apol. ii.Ad tm/7.)Lors donc que le Bibliothécaire Anastase (InMarcellum\ dit que Marcellus, au commenr.ement du quatrième siècle, établit vingt-cinq titres dans Rome, pour l^" baptême et la pénitence de ceux qui se convertissaient du paganisme : propter baptismum eipos^tentiam, cela doit s'entendre seulement de Tinstruction préparatoire à ces sacrements. Dans l'Ëglise grecque elle-même ïinslrudion pour la pénitence, ^i^aox*^**» fut confiée aux prêtres-cardinaux (Chrysost. ap. Thomas. F. et N. Eccles. discip. t. n. p. 5) ; l'évèque leur déléguait le simple pouvoir de signifier la pénitence aux fidèles de
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ear paroisse, et aussi les excommunications émanées de Tautorité épiscopale (Conc. Antioch, c. yi. d ^okam, in hune can,),
iu commencement du cinquième siècle, le nombre des fidèles s*étant beaucoup augmenté, de telle sorte que la cathédrale ne pouvait plus suffire à tout, l'usage s*introduisit peu à peu de distribuer la sainte eucharistie dans les titres de la ville. Après la célébration de la liturgie, Tévèque envoyait par des diacres le saint sacrement aux titulaires ou curés, et ceux-ci l'administraient à leurs ouailles (Iimoc. 1. Episl. I ad Décent.), C'est certainement dans ce sens qu'il faut entendre le passage d'Ànastjseoù il parle du « pain », fermerUum, que d'après une constitution de S. Sirice (Ànast. In Siric, «1) les prêtres- cardinaux devaient recevoir de Tévêque pour célébrer la messe. Blanchi ni {Not. in Ânasi. in Vit. Siric.) prouve par de nombreuses et irréfutables autorités qu*il s'agit ici de la sainte eucharistie que les prêtres des différents titres de la ville devaient recevoir de leur évèque. Une inscription récemment découverte à Vienne (Isère), parmi les actes de piété du prêtre Marinus, loue surtout son assiduité à distribuer aux peuples la sainte eucharistie (Le Blant. n. 421). hoc iàcet in
TmVLO SAGBÀ QVI MYSTI || CA SEMPER DIVISrT POPVLIS.
De même, jusqu'à l'époque dont nous parlons, les évêques déléguèrent peu à peu aux curés le pouvoir de réconcilier les pénitents dans le cas de nécessité, et les hérétiques en danger de mort, mais seulement en l'absence de Tévêque (Conc, Carthag.ui. c. 52-56. — Conc. Araus. i. c. 1); d'excommunier les fidèles de leur paroisse (Qieron.
Epiêt. ad Heliod. — Augustin. Epist. cclv), en vertu d'une sentence de l'èvèque ; de visiter les malades, et de ;leur administrer le sacrement de l'extrêmeonction (Innoc. I. Epist. vm. Ad episc. Eugub.) ; de bénir les maisons privées, tant à In ville qu'à la campagne (Conc. Rejense. an 479). Déplus, comme ils s'étaient mis à célébrer dans leurs propres églises la liturgie psalmodique (V. l'art. Liturgie), il leur appartenait de choisir les psahtiistes, soit les clercs chantres (Concil. Carthag» iv. c. 10); et dès le septième siècle ils augmentaient ou diminuaient à leur gré le nombre de leurs clercs, selon les rentes de leurs églises (Concil. Etnerit.Sin.Q66, c. 18), car ils avaient besoin du concours d'un certain nombre de clercs, attendu que dès le sixième siècle ils célébraient dans leurs propres titres la liturgie du sacrifice dans son intégralité. Bien plus, ils disaient quelquefois deux messes, l'une dans leur propre église, l'autre dans quelque oratoire compris dans la circonscription de leur paroisse; et cela pour satisfaire à la multitude des fidèles. Dès lors les évêques, regardant décidément les curés comme les coopérateurs de leur œuvre épiscopale (Concil, Aquisgr. u. 5), leur Uvrèrent l'instruction des clercs attachés à leur titre, et placèrent sous leurs ordres les prêtres de leur paroisse, pour tout ce qui concernait la liturgie (Capit. Car. Magn. 1. v. c. 49. 50) et l'inhumation des morts (Uincmar. Rem. Capit. t. u. c. 49). Mais nous devons clore ici cette étude, qui a déjà dépassé les limites de l'antiquité proprement dite (Y. les art. Titres et Paroisse).
BALMATIQUE. — La dalmatique est un vêtement sacré (Georgii. lAturg. Roman, pontif. 1. 1. c. 2i) en usage dans l'Église depuis la plus haute antiquité. Les Romains l'avaient empruntée aux Dalcnates, et adopté comme vêtement de distinction dés le deuxième siècle. L'Église l'adopta à son tour. Yisconli pense (De apparat, i/hiss. l III. c. 25) que l'application de ce vêtement aux usages ecclésiastiques a précédé S. Sylvestre, et André Du Saussay est du même avis (Panopl. episc. l VI. c. 5 et 4). On sait, en effet, que S. Cyprien était vêtu de la dalmatique quand il alla au martyre. La dalmatique était tràs-ample, se prolongeait jusqu'aux talons ; elle avait de larges manches descendant jusqu'au coude seulement ; elle était toujours blanche dans le principe. On l'orna depais de bandes de pourpre des deux côtés de la poitrine (Isid. Hisp. Orig. 1. xn. c. 21). On peut voir des dalmatiques à peu prés conformes au type primitif dans plusieurs mosaïques des basiliques romaines (Ciampini. Vet. mofiim. n. lab. xxu-xlvii
et alibi.), et mieux encore dans un verre à fond d'or donné par Boldelti (CinUt. p. 202), lequel fait voir un personnage agitant un flabellum autour de la tête d'un enfant assis sur les genoux de sa mère (V. ce verre à l'art. Mariage, II). Ici la dalmatique est richement ornée, et a sur les épaules des callîctdœ renfermant une petite croix. Nous ne pouvons rien citer de plus ancien en ce genre. Un bas-relief de l'église de Santa Maria délia Yalle à Gividale, en Frioul, monument du huitième siècle, représente des personnages vêtus de dalmatiques qui ne s'éloignent pas de cette forme primitive (Y. Mozzoni. Tav.cronol. sec. vni. p. 96).
La dalmatique fut de toute antiquité l'un des vêtements du souverain pontife quand il ofBciait pontificalement. Jean Diacre ( Vit. S. Greg. c. 84) fait mention de la dalmatique de S. Grégoire le Grand. (Y. en outre les ordres u et m. et iv.) De bonne heure, les papes furent dans l'usage de la décerner aux évêques, comme une distinction et une récompense; ceux-ci en faisaient quelquefois la demande
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au saint-siége, soil pour eux^nèmes, soit pour leun diacres, dont tes fonctions étaient des plus importantes dans la primitive Ëglise. C'est ce qui semble du moins ressoiiir d'une lettre du pape Z.-tch3rie à Austroberl, évêque de Vienne {Bibiiotk. net. Floriac. par^ ni. Lugdun. 1605} : Dalmatieam «libu* vetlrtM mitimu*, ul quia Eccletia nuira ab kac udt âoctrinam pdei percepil, et morem habilla laetidotalÎM, ab illa etiam percipiat deeorem konorii. Ici l'enfoi de la daimatiqueest représenté comme un gage de communion d'une Église particulière avec l'Église romaine. C'est pour un motir analogue que S. Grégoire l'accorda à S. Arey. évéque de Gap et à son archidiacre (Greg. Iib th. epist. 113. ind. »). On voit par tà que dans la Gaule, tant que la lilui-gie gallicane fut en vigueur, c'est-à-dire jusqu'à Hadrien I", les diacres n'nsiient pas, sans un privilège du souverain pontife, de la dalmatique, mais seulement de Taube et de l'élole {V. Karténe. Anecdot. t. v. p. 90). k celte époque, elle était l'insigne spécial des diacres de l'Église romaine, qui paraissi-nt l'avoir reçue du pape S. Sfliestre pour reinplacer le colobium.
Hais jusqu'au cinquième siècle il semble qu'elle ait été réservée aux évèques et aux prêtres ailleurs qu'à Rome, où les diacres la portaient. Le pape Symmaque l'accorda aux diacres de l'Église d'Orléans (Kit. Caraor.ylrWal. i, c. 21. — Cf. Pelliccia. I. p. SOI), et ce n'est qu'au sixième siècle que l'usage eu Tut accordé généralement à tous les diacres.
Les évèqups ont conservé la coutume de porter la dalmatique sous la chasuble à la messe pontillcale (V. Giampini. De tacr. œdif. tab. iv. — Sujet gracéà notre art. Chamble), et des prêtres, dit Valfrid Slrabon {De reb. eccl. c, xiiv) se crurent autrefois en droit d'en faire autant, sans qu'on voie qu'ils aient été pour cela Improuvés soil par le pape, soit par les évéques [Boquiilot. Liliug. de la mette, p. 116).
Dans les monuments antiques, la dalmatique est souvent attribuée à des personnages quelconques et même à des femmes, comme vêlement com- mun; et il n'est
pas rare qu'on la confonde, soit avec la simple lunique, soit avec le colobium. tn voici un exemple, tiré d'-une fresque du cimetière des Saints -Harcellin et -Pierre inler duc* JQun» (Bosio.
Rom.toU.p.m).
Le colobium et la dalmatique sont des tuniques lalares; mais la dalnutîqqe a de larges manclies, la tunique ordinaire des manclies étroites, ut le co'obittm ou n'eu apas
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du tout, ou n'en a que de trés-conrlei, decendaDi jusqu'au coude tout au plus (Y. Hubenius, De rc vettiar. passim, et les gravures de notre art. Cdlobium).
DANIEL. — l'histoire de Daniel eft une i< celles que les premiers chrétiens ont le plus souvent reproduites sur leurs monuments de lout genre.
1* On sait que ce prophète avait empoisooDé le dragon des Babjloniens (Dan. juv. 33), le serpent sacré qui était adoré, non-seulement par ce peuple, mais aussi par les Égyptiens, les Tïriens.fl d'autres nations encore, au rapport d'BérodHe (I. n. 41 et it>). Et nous devons signaler tout d'abord les monuments, asseï rares, qui se rippoi^ lent i ce premier sujel. C'est en premier lieu un sarcophage du cimetière du Vatican [Bollari. Ut. III. — Cf. Aringhi. i. 289). On y voit Daniel, tHu de la tunique et du pallium, et debout devant un autel d'où s'élèvent des flammes, et présenlaot des deux mains étendues, au dragon qui s'enl«t au!our d'un arbre placé derrière cet autel, us espèces de gâteaux qu'il avaii composés avec de la poix, de la graisse et de la cire (Dan. m. 36|,ilin de tuer le dieu, ainsi qu'il s'était engagé à le Uire. aani épie et tant bdion (vers. S,')).
Celte composition est d'un goût sj pivet si conforme aux meilleures traditions de l'art antique, qu'elle a fait supposer au docteur Labus qu'elle n'a pu être conçue que par un artiste cluélien du troisième siècle, lequel dut en emprunter le type au revers d'une médaille de Commode, représefr tant un serpent entourant un arbre des replis de son corps, tandis qu'on lui on're des Ibalîoiis sur un autel. Le même sujet se trouve sur un sarcophage de Vérone (tlaffei. Ymma iliutir. part. lu. p. 54), mais avec quelques variantes : ici le serpeni n'est pas enroulé autour d'un arbre. Il parait sortir d'un temple. eu avant duquel est un autel- L'o sarcophage d'Arles (Husée, n. 17) montre la scène d'une manière un peu diiïérenle. Daniel est représenté avant le fait -, il élève la main droite vers il ciel, en signe d'invocation sans doute, et le serpent est derrière lui, au pied d'un autel.
Un fond de coupe, publié pour la première fois