DANI
pv le P. Gamioâ [Yebi. m. 13), représente cette histoire avec cette intéressante circonstance que le Rédempteur est flguré derrière Daniel, qui, sur le point de présenter la pâtée mortelle au dragon sortant d'une caverne, se retourne vers le Sauveur doDt il est la figure et de qui il attend sa force en cette circonstance critique, comme le dragon est la figure du serpent infernal.
2* La mort du dieu des Babyloniens valut au prophète d'être pour la seconde fois précipité dans la fosse aux lions {Ihid. v. 50), où il demeura six jours sain et sauf : et c'est là le sujet que reproduisent sans cesse les peintures et les sculptures des catacombes et en général les monuments de tout genre de Faiitiquité chrétienne. Les premiers dirétiens s*étant interdit, comme nous aurons souvent Toccasion de le remarquer, toute représentation directe des souffrances et de la passion du Rédempteur, s'en dédommageaient par des allégories et des images symboliques destinées à leur rappeler ces douloureux mystères, et celleci est une des plus saisissantes (V. Hieron. In /»aim.ivi).Elle avait aussi pour but de retracer à leurs yeux le symbole de la résurrection, dont Tespéranœ les soutenait au milieu des épreuves (Hieron. In Zach. ii). La figure d'ILibacuc, apportant des aliments au prophète par Tordre de Dieu (Dan. HT. 32-33), manque rarement de compléter le tableau tracé par le texte sacré, et, dans un beau sarcophage du musée du Latran, on le voit même suspendu par les cheveux à la main de Tange, selon le récit du texte sacré :
< L*ange du Seigneur le prit par le haut de la
tête, et, ie tenant par les cheveux, il le porta avec la vitesse et Tactivité d'un esprit jusqu'à Babylone, où il le mit au-dessus de la fosse aux lions » (Ibid. 55).
Le sujet, représenté dans cette dernière con* dilion, se voit aussi sur une tombe de Brescia (Odorici. Monum. di Breicia.— CL Le Blant dans le tome xixv des Mém. des antiquaires de France, p. 77). La main de range émerge du ciel figuré par sept étoiles, <t le prophète offre à Daniel un pain et un poisson, double symbole de Teucharistie. Voici cette sculpture.
Tous les bas-reliefs et toutes les peintures, si nous eu exceptons deux ou trois, font voir Daniel dans on état de nudité complète. Pour trouver une déro- ^tioo à cet usage, Émeric David descend jusqu'au dixième siècle, où le ménologe de Basile présente ^ prophète vêtu. Nous pouTons, si je ne m'abuse, ^ renoQotrer des exemples à des époques beau- ^ plus reculées. Dans deux fresques du cime-
tière de PrisciUe, qui ne doivent pas dépasser le sixième siècle, Daniel parait déjà avec une espèce d'écharpe, laquelle, tombant de l'épaule sur le flanc gauche et se rabattant sous le bras droit, vient remplir l'office de la feuille de figuier qui se voit dans les représentations d'Adam et d'Eve près de l'arbre de la science (Bottari. t. clxvii-glxx). Celte intéressante circonstance se remarque aussi dans la figure d'Habacuc du bas-relief de Brescia reproduit ci-dessus. On le voit aussi, dans un fragment de sarcophage d'un style bien meilleur que celui de ces fresques et sans doute plus ancien qu^elles (Id. cxcv), muni d'une ceinture disposée absolument comme celle qu'on donne communément au Sauveur en croix. Nous l'observons vêtu de la tunique ceinte et de la penida relevée sur les bras et retombant avec grâce par derrière, et de plus avec une chaussure montante, sur un trèsancien sarcophage de Raveune décrit par Ciampini (Vet. mon. ii. p. 7. tab. m). Le même prophète parait encore vêtu d'une tunique à manches dans un médaillon de bronze de la collection du Vatican, où il n'est ni assis, selon le récit du livre saint, êedens in medio leonum (Dan. xiv. 59), ni deboul, &elon le type ordinaire, mais à genoux (Bottari. ii. p. 26). — Un bas-relief d'un assez bon style, et probablement antérieur aux monuments des catacombes, trouvé à Djémila eu Algérie, et publié pnr le commandant de la Mare (Hev. archéoL vi* au. p. 196), fait voir Daniel coiffé du bonnet phrygien , couvert d'un vêtement collant qui se prolonge jusque sous les pieds et forme chaussure, et sur lequel il porte un large manteau. Le sujet est ici fragmenté : la partie où devrait se trouver l'un des lions manque; mais l'autre est traitée avec une certaine perfection.
Il ebt vêtu d'une tunique exomide dans une fresque tout à fait primitive du cimetière de DomillUe (V. de' Rossi. Bullet 1865. p. 42). C'est le plus ancien exemple connu de ce type. Pour que ce personnage fût plus en évidence, l'artiste a eu l'ingénieuse idée de le placer sur un monticule.
Daniel dans la fosse aux lions est toujours vu de face, en attitude d'oraison, c'est-à-dire les bras étendus et quelquefois élevés vers le ciel, ainsi que les yeux (Ciampini. Vet. mon. loc. laud.). Deux lions seulement sont à ses côtés, bien que le texte sacré en mentionne sept. Le poète Dracontius (De Dec. 1. m. vers 185) décrit cette scène, sans doute d'après les peintures qu'il avait vues et qui sont celles que nous avons encore, ainsi que le fait observer son éditeur Arevalo (Àdnot. in h. 1.) :
S«va Danielem rabies atque ira leonum
Non tetigisse pium, cui desUnat insuper escam
Magna Dei pielas jejuno utroque leone.
Près de Daniel se trouve presque toujours, comme nous lavons dit plus haut, Habacuc lui présentant des pains croisés ou decussati, ordinairement placés dans un vase (Bottari. tav. xlix et pauim) -, quelquefois on ne voit aux mains de ce personnage qu'un panier anse (Id. Lxxxa et