‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 94 sur 281 · DELL · texte numérisé non relu

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Léon Rénier, noies à l'ouvrage de M. Perret, vol. vr. 1 S, Chrysoslome condamne dans ces dernières p. 178). I paroles la coutume païenne, qui s'était conlinuée

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parmi les chrétiens, d'avoir de ces pleureuses gagées, dont la première s'appelait chez les Romains prxfica, parce qu'elle était préposée aux autres pour leur donner le signal et le ton de leurs lamentations mercenaires.

Un autre usage païen, c'était de réitérer ce deuil le troisième, le septième et le neuvième jour, appelé novemdiale. Quelques-uns y ajoutaient encore le vingtième, le trentième et le quarantième jour, à chacun desquels se rattachaient des idées superstitieuses. Il est intéressant de voir comment S. Augustin réprimande les fidèles de son temps au sujet de ces restes de superstitions auxquels ils s'étaient livrés [QuœêL clxxh In Gêna.) : « Je ne sais si quelqu'un des Saints a jamais vu dans les Écritures des traces de la célébration du deuil de neuf jours, que les Latins appellent novemdiales. C'est là une pratique propre aux gentils, et dont je ne saurais trop détourner les chrétiens. » Il y avait cependant une coutume chrétienne qui consistait à continuer et h répéter les offices funèbres pour obtenir le repos aux âmes des défunts, et celle-ci, loin d'être blâmée, était encouragée par les Pères ; car elle émanait de l'initiative de FËglise elle-même. Ainsi, dans une lettre qui se trouve parmi celles de S. Augustin (epist. ccl\ ni), Evodius, après avoir décrit les honorables funérailles qui avaient été faites à un pieux jeune homme, ajoute : « Pendant trois jours, nous avons loué le Seigneur par des hymnes sur son tombeau, et, le troisième jour, sous

AVO>S OFFERT LES SACr.EDENTS DE LA RÉDEMPTION.

En adoptant certaines pratiques de l'antiquité, l'Église ne manque jamais de les vivifier par l'esprit chrétien : c'est ce que nous rencontrons à chaque pas dans l'étude de nos antiquités, et ici en particulier. V auteur des Consliiviions apostoliques, diaprés les vieilles traditions dont il est, comme on sait, l'orgaoe, fixe des offices funèbres au troisième jour, et encore au neuvième et au quarantième, mais il a soin d'en donner la raison. Nous ne saurions nous dispenser de citer ce beau passage (I. vm. c. 112) : « Pour ce qui regarde les niorts, que le troisième jour soit célébré par des psaumes, des leçons et des prières, en mémoire de celui qui est ressuscité le troisième jour ; de même le neuvième jour, en considération de ceux qui restent et de ceux qui ne sont plus; encore le quarantième jour, conformément au type ancien, car le peuple de Dieu pleura Moïse quarante jours ; enfin, le jour anniversaire, pour leur mémoire, • Nous savons par S. Jean de Damas {De his qui in fide moriuniur)

que cette discipline fut depuis retenue par les Grecs. Il n'existe pas de preuve qu'il en fût de même chez les Latins. Mais l'usage s'établit bienlùl partout de célébrer les mémoires des morts pendant sept jours, et, en certains lieux, d'yrevcnirie trentième : c'est ce qu'on appelait 1 ofiice s^ptiinum et tricenarium.

Pendant les sept jours de deuil, les gens de la maison ne paraissaient point au dehors. Cet usage parait venir des Juifs, car si nous en croyons Buxtorf (Lexic. Chaldaic. Talmud,,., ad v. LuclX les Juifs, pendant sept jours, restent enfermés à la maison, nu-pieds, ils pleurent, ne roangeol point leur propre nourriture, mais celle que leur envoient leurs parents et amis, principalement des œufs, qui leur sont un symbole de la mort, laquelle, imitant la volubihté de l'œuf, qui &»( rond, frappe ses coups tantôt d'un côté, lanlùt de l'autre.

Le même principe chrétien qui réprouvait les manifestations immodérées de douleur, soit par des pleurs, soit par la tristesse du visage, ne les proscrivait pas moins dans les vêtements : « Comme la mort de l'homme chrétien, dii Cyprien [De nwrlalii.), n'est autre chose que sa translation dans le ciel, il ne convient pas de prendre des liabib noirs, alors que lui-même a revêtu des vèlemeHts blancs. » 11 faut dire cependant que d'autres Pères ne poussaient pas si loin la sévérité : les uns, regardant la chose comme indilférente, laissaient à chacun pleine liberié à cet égard; d'antres, sans blâmer précisément le port des vêtements Uigubre>, pensaient qu'il était plus di^ne de la force et de la philosophie chrétiennes de les quitter apn'> un laps de temps plus ou moins court. S. Jêiwie (Ëpist. XXXIV. Ad Julian,) loue Julien de ce que après avoir supporté d'un visage serein U murl de sa femme et celle de ses deux filles, il ovait changé ses habits de deuil le quarantième jour lie leur mort, doitnilionis carum.

Les Pères eurent encore à s'élever contre plusieurs pratiques superstitieuses qui s'étaient glissées parmi les chrétiens à la faveur deTif^uorance. Telle était l'onction du corps par un prêtre, avant qu'il fût confié à la terre. Ceci parait avoir été surtout introduit par certains hérétiques dits archoniici. Telle était encore la coutume de saluer le mort, ou de lui faire ses adieux, probablement par le baiser de paix, abus que condamna un concile d'Auxerre du sixième siècle, ainsi que celle bien plus blâmable encore de donner aux morts la

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siiole eucharistie. Celle dernière profanation avait liea en Afrique du temps de S. Augustin, et elle fut condamnée au troisième concile de Gartbage (cao. Ti), auquel ce Père prit part.

DUCONESSES. — L'institution des diaconesses remonte au temps des apôtres (Zeigler. Ùe iiaconis et diaconissis veL EccL xix), comme 00 le voit dans l'Ëpitre de S. Paul aux Romains (in. 4). Elles sont appelées irpioSuTt^i;, «entores, par le concile de Laodicée (can. xi), et par S. Epipbaoe (Hœret, Lxxn. n. 4), parce qu'on ne choisissait pour cet office que de vieilles veuves. On eiigeail qu^elles fussent veuveê, mères ; âgées de ^Marante ans au moins, qu'elles n'eussseni été mariées qu'une fois (Tertull. De virgin. et lib. Ad taor. c. 7).

Leurs principales fonctions étaient : i' de présider les vierges et les autres veuves de TÉglise {Consi. aposL lu. 7) ; 2* de garder la porte par laquelle les femmes entraient à Téglise, ou au mafrofieiim(ld. XV. 19. — V. Fart. Afa/roneiim); 3^ d'instruire les catéchumènes de leur sexe; 4* d'assister i*évéque pour le baptême des femmes et de faire à sa phce les onctions sur les parties du corps autres que le front (Id. m. 1 5, — Concil. Carlh. iv. H ); 5' de prendre soin des femmes pauvres et malades lEpiph. loc, laud. — llieron. ep, n Ad Nepotian,) ; 6* enfin, d*ètre présentes aux conversations secrètes de révéque, des prêtres et des diacres avec les femmes (Epiph. Hœres. lxxix). Dans les temps de persécution , les évêques leur confiaient des missions secrètes, et les envoyaient servir les martyrs dans les prisons, toutes les fois qu'ils ne pouvaient pas pnidenmient y envoyer les diacres (ConsL apott. lu. 19).

^ous avons, dans les Constitutions apostoliques, sous le nom de Barlhélemi (lib. vni. cap. 19 et 20), une formule de bénédiction des diaconesses : nipt ^txxsvtoor.;, BapttoXcitr.u ^tâf aÇt;, De diaconissayCOnSr tituiio Batiholomei, Nous traduisons pour les lecteurs peu familiarisés avec le grec : « Quant aux diaconesses, voici ce que je constitue, moi Barlhélemi : Avêque, tu lui imposeras les mains, en présence du presbytère, et aussi des diacres et des diaconesses; et tu diras : Dieu éternel, Père de Notre-Seigneur Jésus -Christ, créateur de rhomme et de la femme, qui avez rempli du Saint-Esprit Marie (Ejcod, xv. 20), Debora (Judic, iT. 4), Anne (Luc. u. 56), et Holda (iv Reg. ixji. 14) ; qui n'avez pas dédaigné de faire naître d'une femme votre Fils unique (Pseudo-Ignat. ad Antioch. 12); qui, dans le tabernacle du témoignage et dans le temple , avez établi* des femmes gardiennes de vos saintes portes; veuillez aussi regarder aujourd'hui votre servante ici présente, choisie pour le ministère (de diaconesse) ; et donnez-lui le Saint-Esprit; et purifiez-la de toute souillure de la chair et de l'esprit (II Cor. vu. 1) ; afin qu'elle exerce dignement l'office qui lui est confié, pour votre gloire et celle de votre Christ ; avec lequel, gloire et adoration à

vous, et au Saint-Esprit, dans les siècles. Amen. § Au deuxième siècle, quelques diaconesses, non contentes de ces attributions, émirent la singulière prétention de remplir dans le culte chrétien l'office qu'exerçaient les vestales dans celui des idoles, c'est-à- dire d'encenser autour de l'autel et de toucher les vases sacrés, comme les vestales brûlaient de l'encens et tenaient le simpulum dans les sacrifices. Il fallut toute la sévérité des premiers pasteurs pour réprimer un tel abus, et le pape Sotère, qui siégeait en 173, rendit à ce sujet un décret qui est resté dans le droit (Can. Sacraias, xxm dist.) : « Sotère pape, à tous les évêques d'Italie (Epist, xu). 11 a été rapporté au siège apostolique que des femmes consacrées à Dieu, soit des religieuses, se permettaient, chez nous, de toucher les \ases sacrés et les saintes pâlies : qu'une telle pratique soit pleine d'abus et digne de répression, c'est ce qui n'est douteux pour aucLU homme sage. En conséquence, nous voulons, en vertu de l'autorité de ce saint-siége, que toutes ces choses soient radicalement supprimées, et cela le plus tôt possible; et de peur que cette peste ne se répande davantage, nous ordonnons qu'elle soit au plus tôt bannie de toutes les provinces.

La discipline des jiiglises orientales parait avoir été moins sévère. La formule de consécration que nous avons donnée plus haut suppose comme une sorte d'ordination pour les diaconesses dans l'Eglise grecque en général ; et nous savons, en effet, par le témoignage de divers auteurs et de plusieurs rituels cités par Jean Morin (De sacr. ordin. 6. 5. exerc. 10) que, entre autres cérémonies, on leur remettait en main le calice, afin qu'elles prissent elles-mêmes le précieux sang ; mais elles le replaçaient aussitôt sur l'autel, sans le présenter à aucune autre personne. Elles avaient chez les Syriens des pouvoirs plus étendus, car, dit le même auteur, « il est permis (dans cette Eglise spéciale) aux diaconesses, non-seulement de recevoir le calice de la main du prêtre, mais encore, en l'absence de celui-ci et des diacres, d'administrer l'eucharistie à leurs sœurs dans les monastères, et même aux enfants, pourvu qu'ils n'aient pas atteint leur cinquième année. Elles ont encore le pouvoir d'essuyer et de laver les vases sacrés. »

Renaudot (Lilurg. orient. 2. n. p. 125) atteste cependant n'avoir rien observé de semblable dans la discipline de l'Église d'Alexandrie; ce n'es*pas, à notre avis, une raison pour rejeter le sen liment de Morin, basé sur de si imposantes et s* nombreuses autorités.

L'ordre des diaconesses subsistait encore en Orient au commencement du huitième siècle, mais on ne sait pas au juste à quelle époque il disparut tout à fait. La plupart des jîiglises latines l'avaient déjà abandonné au cinquième siècle, et au dixième elles n'en connaissaient plus même le nom (Zeigler. op. laud. xix. 35 36. 37).

On voit, dans certains carrefours des cata-< combes, des sièges taillés dans le tuf et

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lout semblables aux chaires épiscopales, mais qiii, à raison de leur position, ne peuvent être confondues avec elles. On regarde comme probable qu^ils ont servi aux diaconesses, que plusieurs fresques de ces cimetières présentent assises sur des sièges semblables (Cavedoni. Ragguaglh crit. délie art. Criêt. p. 9). On croit reconnaître deux diaconesses, portant des aliments aux pauvres fidèles, dans deux femmes peintes au fond d*un arcosolium du cimetière de Saint-Hermès, ayant à la main Tune un plateau, Tautre un panier rempli de fruits ou de pains (D*Agincourt. Architecture, pi. xu. n. 16). Mais il est plus probable que ce sont de simples images décoratives.

Les collecteurs d*inscriptions nous ont conservé un grand nombre d*èpitaphes de diaconesses. Nous trouvons dans le Musœum Veranense de MafTei (p. 179) le tituluê d'une diaconesse nommée daciANA, laquelle était sœur du prêtre victorirvs et de plus prophètesse.

•ACUia DUCOlfISSA QTC. y. AR. XUXV. M. III ET. FTIT. r. PALMATI COS ET. SOROn. TICTOBINI PREbBR ET. MVLTA PBOPHETATIT CVM PLACCA ALTMSA V. A. XV. DEP. IN. PACE. III. ID. AVC.

Nous ne devons pas dissimuler cependant que ce tUuluê est fort suspecté par les savants.

Fabretti (758, 639) transcrit une inscription votive à S. Paul où une diaconesse intervient avec son frère diacre : dometivs duc||... vna

CVM AURA II DUC. EIV8 GERMAKA HOC VOTVM BBATO PAVLOOPTVLERVHT.

En voici une autre, qui se place sous la date certaine de Tan 539 (Murât ori. p. 424. vi) :

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