DIEU
DIMA
9* iVoos citerons enfin une pierre gravée du Mms, où se voit Téglise de cette ville entre ses «ieux patrons, S. Gervais et S. Protais, et surmontée d un nuage d'où sort la main de Dieu avec cette inscription : i>Eiiera (SaggidelV Àcâdem. di Cor^ tona. t. VII. 41. tav. ix).
II. — Ce que nous venons de dire de la représenla(ion de Dieu le Père sous le symbole de la main , s'applique en général aux monuments des quatre premiers siècles, où elle a élé exclusive de toute autre. Dans les siècles suivants, comme on Ta vu par plusieurs monuments cités plus haut, ce symiwle continua à être en usage sans doute ; mais nous ne saurions adhérer à Topinion de la plupart des savants, Émeric David et Raoul Rochette par exemple, qui, par une distraction difficile à expliquer, reportent jusqu'au neuvième siècle les premiers essais de représentation de Dieu le Père sous forme humaine. Nous avons deux sarcophages, l'un du cimetière de Lucine, l'autre de celui de Sainte-Agnès {Bol tari. tav. li. Lxxxvn), et qui ne paraissent guère postérieurs au quatrième siècle (Y. Brunati. Disseri. BihL et Annale» philos, chrét, i. XXI. p. 565), où le Seigneur figuré par un vieillard, ou un homme d'âge mûr, assis sur un rocher ou sur un siège recouvert d'une draperie, reçoit les offrandes d Abel et de Gain, et un troisième (Boli-m. tav. ixxiix] qui le montre, toujours selon le
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même type, mais debout, ordonnant à Moïse de"^ ^ tacher sa chaussure pour s'approcher du buisson ardent. D'autres bas-reliefs des catacombes (Bottari. tav. ixxxiv. lxxxvii. uxxix) le représentent sons les traits d'un jeune homme (ce qui dénote la jeunesse éternelle, attribut essentiel de la Divinité), au moment où il condamne Adam et Eve au travail (Gen, m. 16. 17). Il remet à Adam des épis pour marquer que la nature de son travail consistera à cultiver la terre, et à Eve un agneau dont elle devra filer la laine, et qui est le symbole des soins domestiques qui seront son apanage et celai de son sexe.
11 y a au cimetière de Pontien (Bottari. tav. xlv)
une fresque représentant les martyrs Abdon et Sennen couronnés par une figure en buste sur un nuage. C'est à tort qu'on a cru voir dans ce personnage Dieu le Père, et, par une distraction inexplicable, nous étions nous-mème tombé dans cette erreur {Diction, l'* édit.). Celte tète entourée du nimbe cruciforme ne peut être que celle de Jésus-Christ.
Les trois personnes divines sont représentées sur un beau sarcophage trouvé depuis peu à Saint- Paul hors des murs de Rome (Y. ce monument et son explication à l'art. Sarcophages. Y. aussi l'art. Trinité).
DIMANCHE. — I. — La substitution du dimanche au sabbat des Juifs, comme jour de repos et de prière, eut lieu huit jours après la résurrection du Sauveur arrivée « le lendemain du snbbat», prima sabbati. Jésus trouva ses di.-ciples réunis, erant discipuli inius (Jonn. xx. 26), pour célébrer cette glorieuse octave, qui fut dès lors appelée le jour du Seigneur (Apocal, i. 10) : «Je fus, dit S. Jean, ravi en esprit le jour du Seigneur, die dominica. » Après l'ascension, ils continuèrent à se rassembler avec leurs premiers disciples, « le jour d'après le sabbat, » una sabbati (Act. xx. 7), pour la fraction du pain, et pour les collectes (1 Cor. XV. 1. 2). Les successeurs des apôtres furent fidèles à cette tradition, et, au milieu même du feu le plus vif de la persécution, les martyrs ne se laissaient distraire de la célébration du dimanche par aucun péril ou obstacle (Y. Act. MM. ap. Baron. Ad an. 303. n. 24. 43. 45. 46).
Le dimanche fut toujours regardé dans l'Église comme une commémoration de la résurrection du Sauveur (Justin. Apol. n), ce qui en a fait à proprement parler « le jrur du Seigneur », dies dominica, inaspoi hm^ivxH. De là vient que chez les Grecs, et quelquefois même chez les Latins, le jour de Pâques est appelé (ap. Suidam) le « grand dimanche », pLe-jpâXifj X05iax^ OU 'AvaaTaéoiao;. Il fui aussi nommé le huitième jour par S. Justin (Ibid.), S. Ignace, martyr (Ad Magnes, ix), et S. Irénée (Ap. Fabric. Bibl. grœc). S. Ignace le proclame (Ibid.) le roi et « le prince de tous les jours t :
PaotXt^a rud Sirarcv iraaûv rûy -nacpûv (Suicer. t. i.
p. 183). Néanmoins, pour se conformer au langage reçu et le seul intelligible aux païens, les Pères ne dédaignèrent pas de lui laisser parfois son ancien nom de « jour du soleil », dies solis, rmepa HAior (/n«cr. ap. Le Blant. t. i. p. 355) ; et S. Ambroise (Serm. lxi) donne une explication plausible de cette licence apparente : • Le Sauveur, dit-il, comme le soleil levant, ayant secoué les ténèbres des enfers, surgit brillant de son tombeau. » Nous avons une inscription de Tan 403 (De' Rossi. i. p. 225. n. 529), où ce jour est désigné par son nom chrétien, dib dominica. C'est, croyons-nous, le premier exemple qui se rencontre sur les marbres datés, et ces exemples sont encore rares jusqu'à la fin du sixième siècle.