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sobordonnés à levèque de rSglise mabMce, tant pour Texercice de kur pouvoir que pour leur institution même, el obligés de lui rendre compte de leur gestion. C'est Torigine des curés (V. Tart.
U. ~ L'empire romain était divisé en provinces et en diocèses. La province se composait des villes de toute la région soumise à l'autorité d'un magistrat suprême, résidant dnns la métropole : ce magistrat était ordinairement un préteur, un proconsul ou un autre fonctionnaire du même rang et de la même dignité.
Le territoire du diocèse était encore plus vaste, il embrassait plusieurs provinces, et sa métropole était la résidence d*un magistrat d'un ordre supérieur, dont la juridiction s'étendait sur tout le diocèse: il recevait les appellations et revisait les Closes qui lui étaient soumises de toutes les villes de son territoire. Ce magistral s'appelait quelquefois éparque, ou vicaire de l'empire romain ; celui d'Alexandrie portait le titre tout spécial de préfet impérial , prœfectus augustalis. Les savants sont dinsés sur la question de savoir à quelle époque remonte cette division. Ils pensent néanmoins unanimement que la division par provinces est plus ancienne que celle par diocèses. Celle-ci ne date que de Constantin ; la première, selon quelquesuns, remonterait jusqu'au temps de Vespasien ; d'autres l'estiment plus ancienne encore, el la croient contemporaine de la première constitution de r£^ise.
Quoi qu^il en soit, il est certain du moins que le premier établisseoieot de la juridiction mélropolilaioe et patriarcale fut calqué sur cette double division civile de l'empire. Cbaque métropole devint la résidence d'un évèque dont la juridiction spirituriie s'étendit sur toute la province, et qui Rçut le titre de métropolitain ou de primat, en sa qailité d'évéque principal de la province tout entière. Piartoot le siège de cet évèque fut attaché à U métropole civile, excepté en Afrique où te titre de primat était ordinairement attribué au plus anrien évèque de la province.
Eo second lieu, dans chaque ville principale, résidence d'un vicaire de l'empire, ou du moins dans la plupart, l'Église établit un exarque ou patriarche, auquel était attribuée la juridiction la plus étendue après celle du pape.
Ceci ressort avec la dernière évidence de la comparaison de la constitution ecclésiastique avec la constitution de l'empire. Ce parallèle a été dressé avec la plus grande justesse dans une notice de l'empire, rédigée, selon l'opinion commune, vers le temps d'Arcndius et d'Iloiiorius, el <iui a pour litre : Nolitia dignitalum utriusque tMpem, OrientU scilicei el Occideniu^ iiltra Arcadii Hononiipie tempera (Genevae. 1623). L'empire y est divisé en treize diocèses sous quatre préfets du prétoire, et en cent vingt provinces à peu près.
!)ous ne possédons pas une notice de l'Église remontant A une 'si haute antiquité; car celle de Léon le Sage (V. Bingham. m. p. 376) est beau- I
coup plus récente. Cependant si Ton compare les fragments qui nous restent des actes et des souscriptions des anciens conciles avec celte notice de Tempire, et ces deux classes de documents avec la notice postérieure de l'Église, on verra clairement que, comme l'empire, l'Église fut divisée en diocèses et en provinces. Elle plaça un exarque ou un patriardie à peu près dans diaque diocèse, et un métropolitain ou un primat dans chaque province. On peut voir dans Bingham (1. ix. c. I. § 6) un tableau comparatif qui présente l'appréciation de la division de l'Église telle qu'elle dut être sur la fin du quatrième siècle (V. les art. Métropolitain, Patriarche y Primat, Exarque, Évèque^ Pape).
DIPTYQUES (AiwTux*). — I. — Ce mot est composé de ^i;, « deux fois, » et irrûavc», «je plie, • et, dans l'antiquité, il désignait, d'une manière générale, tous les objets qui se pliaient en deux. Homère (Odyiê. N. vers 224) nomme ainsi un vêtement double. S. Augustin (1. xv Contr. Faust, c. 4) appelle diptyque de pierre les tables du Décalogue; et S. Ambroise (Hexameron, 1. v. c. 8), en parlant de la coquille bivalve de l'huitre, dit que ce mollusque < ouvre son diptyque aux rayons du soleil », contra solis radioê diptychum illud suum aperit. On fut donc naturellement amené à docner le môme nom à une sorte de livre composé de deux tablettes qui, unies d'un côté par une charnière, se repliaient l'une conlre l'autre ; et cette dénomiualion variait suivant le nombre de tablettes ou de plis dont le livre se composait : ^iirn>x«, « diptyques, » 'pîirTvx*» * triptyques, » irivrâirTuxA, « pentaptyques, » et après le nombre cinq, ircXuirruxA) < polyptyques. » Les diptyques étaient donc des espèces de pugillaires à deux panneaux, bipatenêpugillar, dit Ausone (Epigr. cxlvi), disposés intérieurement de façon à recevoir de récriture ou de la peinture. On les appela encore tablettes portatives, manuelles, ou éphémérides.
Les diptyques étaient d'ivoii'e, de bois ou de métal, quelquefois d'ardoise, de membranes ou de papyrus; il y en a eu d'or et d'argent. Les anciens y écrivaient leurs notes courantes, leurs affaires domestiques, et pour ne pas oublier ce (ju ils contenaient, ils portaient ceslableltes suspendues par une bandelette à la main ou à la ceinture. Les riches en avaient fait une affaire de luxe *.
ils portaient avoc ostentation des pugillaires, comme aujourd'hui on porte des montres et autres bijoux. Wiltheim [Dipt, Leod, Append. p. 17; reproduit un diptyque de cette sorte composé de cinq tablettes d'ivoire, trois pour recevoir l'écriture, et les deux extérieures pour servir de couverture. On voit aussi dans son ouvrage des figures tenant
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à la main des diptyques ou des pugillaires. Ces objets se trourenl qitelquerois ligure sur les [ombeaui. comme atlribuls de profession (Y.Doldelli. p. 351; elPabretli, p. 200).
Les anciens y écrivaienl aussi leurs lellres : après avoir uni ensemble deux tablettes d'égale grandeur, on en garnissait l'inliTieur avec de la cîre, sur laquelle on traçait avec le style des caractères. Voii'i, d'après Botlari (1, Fionlitp.) un fond de tasse de verre ofi est rejiréseiilé un iwitricicn écrivant avec un stsie dans un de ces pu<;i1l»ires. Ce monument, dont il importe peu de rechercher l'origine, vient ici St propos comme extmpk Pélagie envoya a S Non nus une lettre de cette sorte, Iranrmitit diplychum tabtilarum, et Jocquc fîiaere la mpporle lDulauloni;dans les Yiei dtt Père» (l i) Les pugiliaires con tenant une corres pondance ctaieni en suite scellés du sceau de la personne qui les envoyait.
Les diplyque<i étaient au nombre des objets que les anciens avaient cou tume d'offrir à leurs .imis comme apopliorèles ou élrennes au commencement de l'année
[V. l'an. Éfrainei] les consuls et aussi du on les préteurs, tes questeurs et les aulres magis Irais romains se faisuent surtout remarquer par ce genre de libéntlitts ils en oUraient a 1 em pereur, aux membres eminenU du seiial à leurs parenis, à leurs amis ils en distribuaient aussi au peuple pour se concilier <^-i fiveur surtout Il l'occasion des jeu\ et des spectacles par lesquels ils inauguraient leur entrée en charge (V 1 irt Élrennei]. On ne sait pas au juste 1 quelle époque remonte un tel usage pour les magistrats Le plus •incien diptyque consulaire qui nous ail été con serve est attribué a Slilicon et à 1 an 405 (Du Cange, Gloii. Giœc ad voc 4 b-j/ ■•)
Les faces extéiieures des diptyque^ étaient ornées de figures diverses, et le plus souvent de l'image même du personnage qui les distribuait. S'il élait consul, il y paraissait avec la robe consulaire, le sceptre, la mappa, elc , et présidant les jeux du cirque représentés au-dessous de lui, comme on peut le voir dans le diptyque de Basile (Buonarruoti. Yelri. in fin.). Il est vraisemblable que les préleurs et les questeurs avaient aussi leurs diptyques, mais aucun ne nous a été conservé.
11. — Après ces préliminaires obligés, nous abordons notre tSche, qui est d'étudier l'origine ou plu-
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lAl l'inlroduction des diptyques dans le eiille de r Église primitive.
Or il y a ici deux questions, une queslion Ih turgique, et une question archéologique, qui d^ mandent â èlre traitées séparément. La première a pour objet une pratique de la liturgie chrétienne, sans analogue dans l'antiquité païenne; la seconde. l'applicalion i cette même pratique de l'initrumenl purement profane dont nous avons essayé de dérinir la nature et les principaux usages chez les an-
1 (l|]E"Tioi LiTunciguE — \ — On peut avec Sihg (De iliplijch p 5) définir les diplrques et clesiastiqiies < Des labiés publiques qui dins la pnmilitf f.glise se li'^iHil du haut de I ambon pen dant le saint aai ficâ et qui contenaient les noms de olfrants ceui d6 magistrats siipè-
/ des bamt' marin ou confesseurs d enllii ceux des fidèles morts din» li loi de I Ijna ilîii de marquer | h cette réunion de per sonnes lelient^mil de communion et d amour qui unit ensemble tous les membres de Itglise liiomphante souffnnle et mili-
On 1 donne lux dipUques sacrés différents noms exprimant sous toutes ses fices leur destination !i3si Si)-m . tablettes sacrées » (Et «1 ronat tub Nmna] afin iùm (Du tange) ihwt«» '" -1 [iio ma *ir-jx« ( tablettes OU dipliquesiiiTStiques (Suicer Tha eccl ) » nilleurs ttxttmm-a^ i'iri)t^t • catalogues eccksiisliques > (Coteter Noaum eccl (.Fœc t ii p 205 edil hris I6ii) Ou les nomma quelquefois iibn anniverum « cUitœ matiiciila Ither civenfium ou «te C "*' nali De diltm degli anlicht p 35)
Dans le principe, alors que le nombre des fidéieétait encore restreint, les diptyques ecclésiastiqiie> ne se composaient que de deux feuilles, et c'étaient des diptyques proprement dits. D'un cMè étaieiH inscrits les noms des vivants, de l'aulre ceux des morts. Plus lard, le nombre deceuxquiy(te»aienl prendre place s'étani beaucoup accru, on dut multiplier les feuilles, de parchemin probablement ;el«i continua néanmoins k les appeler diptyques, panx que toutes ces feuilles étaient renfennées dans deux tablettes d'ivoire seulement, lesquelles à l'intérieur présentaient une surface plane, afin qu'on
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pût focilement soit les enduire de cire, soit y adapter des membranes.
L'origine des diptyques ecclésiastiques peut être filée au deuxième siècle, si toutefois, comme l*ont soutenu plusieurs auteurs graves (V. Goar. Not. ad m. S. Joan. Chrysost. p. 123), elle ne remonte pas aux temps apostoliques. Car S. Cyprien atteste que Tusage en était universel dans l'Église au troisième siècle. Le fait est établi du moins d'une manière indubitable pour le quatrième, car on sait qu'alors S. Jean Ghrysostome fut exclu par plusieurs des diptyques de l'Église. Cet usage s'est coDservé chez les Latins jusqu'au douzième sièrle, et chez les Grecs jusqu'au quinzième (Donati. 1». 79).
B. —Quelques écrivains, entre autres Du Cange et Allan (De coTuens. eccL 1. m. c. 15), divisent les diptyques ecclésiastiques en trois classes, d'autfes en deux seulement. Nous adopterons la divi- ^ion qui est indiquée dans la définition de Salig i supra).
\. Dipi^es des baptisés. C'étaient, à proprement parler, les fastes de TÉglise, puisqu'on y inscnvait jour par jour les noms de ceux qui devenaient ses enfants parle baptême. Salig pense que L était une imitation des fastes civils où les noms des nouveaux citoyens étaient portés. Parmi les nombreux titres honorifiques qui furent donnés aux premiers chrétiens, figure celui d'Israélites mystiques., c'est-à-dire citoyens de la Jérusalem céleste comme les Israélites l'étaient de la Jérusalem terrestre. Et en effet S. Paul avait dit (Galat. iT. 26) : 4 Cette Jérusalem qui est en haut est une cité libre, et elle est notre mère, » ilta atUem, quœ tursum est Jérusalem^ libéra est; quœ est mater nostra,
2. Diptyques des vivants. Les principales classes de personnes qui y étaient mentionnées sont : le souverain pontife régnant, les patriarches, les évèques, les prêtres, les offrants, les bienfaiteurs de rËglise, les clercs de tous les ordres, les empereurs, les rois, les impératrices et les reines, et les autres personnages considérables. On y ajoutait les nwDs de quelques-uns des assistants, pour représenter le peuple dont il était impossible de nommer tous les individus. Tous les fidèles étaient ensuite compris dans une mention générale, comme le fait observer Âlcuin, à propos de ces paroles du canon : Metnento, Domine, famulorum., . . (Ap.fialuz. Capitul. reg. Franc, t. ii. p. 735). Les noms n'étaient point insérés pêle-mêle ; il y avait une colonne ou un feuillet particulier pour chaque chisse de personnes (Noris. Diss. hist. loc. laud.). A ces diverses séries de noms venaient se joindre les titres des conciles, des quatre grands conciles oecuméniques surtout, afin de témoigner du respect que l'on professait pour ces saintes assemblées, aussi bien que pour les constitutions dont elles ont doté l'Église. On croit que cet usage prit naissance au temps de Justin l" (Donati. p. 57).
Les plus anciennes liturgies, ainsi que les diptyques primitifs qui sont arrivés jusqu'à nous (Fio-
rentini. Vet» occid. martyrol. admon. ii), prouvent qu'on y insérait aussi le nomade la Ste Vierge, ceux des martyrs et des autres Saints. On a cru voir dans ce fait l'origine des calendriers, des martyrologes» des canonisations (V. ces trois mots). Donati pense (p. 64) que ceux des diptyques où étaient inscrits les noms des martyrs ont donné naissance aux calendriers, et ceux-ci aux martyrologes, beaucoup plus modernes dans l'Église, et que les diptyques des Saints ont produit les hagiologes ou légendes, car le diptyque est plus ancien que tous les calendriers, et les calendrierb plus que tous les martyrologes.
3. Diptyques des morts. On y inscrivait en première ligne les noms de tous les évèques qui avaient gouverné TÉglise où le diptyque devait être lu, et qui avait laissé un nom intact sous le rapport de la doctrine et des mœurs. On connaît une célèbre chasuble de Ravenne dont le clavus ou pallium était orné de médaillons représentant en peinture la série des évoques de Vérone (Mauri Sarti. De vet. casula diptych. Faventiae. 1753) ; et cette chasuble fut appelée chasuble diptyque, sans doute à raison de ce catalogue (les noms sont inscrits au bas des portraits). Du Cange estime cependant (Gloss. lat. ad h. v.) que le nom de diptyque fut quelquefois donné aux chasubles en général, parce qu'elles s'ouvrent et se plient en deux parties (V. plus bas, n. IV).
On y ajoutait quelquefois les évoques étrangers, qui avaient laissé une grande réputation de sainteté. C'est à ce litre que le nom de S. Martin est inscrit dans la plupart des liturgies de l'Occident. Après les évèques étaient mentionnés les prêtres, puis les diacres, les clercs de tout ordre, et enfin les laïques et les femmes.
Après la proclamation des noms par le diacre, le célébrant récitait l'oraison appelée pour ce motif oralio post nomina, ou super diptycha. Mais il faut observer que la formule n'était pas la même pour les évèques que pour le commun des fidèles. Pour tous, le célébrant, selon la liturgie dite de S. Marc (Renaudol. Lit. orient. \. c. p. 150)/ priait en ces termes : Horum omnium animabus dona requiem, Dominator Domine Deus noster, in sanctis tuis tabernaculis, • Aux âmes de tous ceux-ci donnez le repos, notre Maître et Seigneur, dans vos saints tabernacles. »
Mais, quand il s'agissait des évèques, ou d'autres personnages illustres par leur sainteté, le peuple répondait : M» «i. xwpWf gloria tïbiy Domine. C'est ce qui arriva au cinquième concile oecuménique, où, après la proclamation des noms de Macedonius, de Léon le Grand et d'Euphémius, les fidèles s'écrièrent tout d'une voix : Glona tïbiy Domine. C'était un hommage public à leurs vertus, selon renseignement de S. Denys TAréopagite (De eccl. hierarch. c. m).