X1V-XV
Aus. Vas. II, pl. cxxiv ; R. Rochelle, Mon.
placée masque en partie l’inférieure16. Enfin le motif peut se combiner avec celui de la frange, que celle-ci soit audessus11 ou au-dessous18 des lambrequins. Les lamelles arrondies sont rares dans la première partie du vc siècle19, mais elles apparaissent avant l’an -400 sur un certain nombre de monuments. On les trouve arrondies ou de forme ovale, surperposées en deux 20 ou même trois 11 rangées successives. Elles alternent avec des lames rectangulaires, de couleur différente, ou figurées comme telles sur les vases peints22. On encore elles se combinent avec elles et une suite de ptéryges carrés pend d’une rangée de plaques foliolées 23 .
XXL Telle était l’armure prise de face. Nous avons déjà vu que, sur les côtés, son aspect était généi'alement différent et nous en avons fait pressentir la raison : il fallait que sur les lianes l’armure fût tout particulièrement souple et se prêtât, sans gène aucune, à tous les mouvements du corps. C’est pourquoi nous rencontrons sur ce point des écailles24 ou de grandes lamelles rectangulaires23 ayant toute la hauteur des cuirasses et jouant librement les unes sur les autres. Les charnières représentées sur une peinture de vase étaient sans doute .plus rigides26, mais la
série de rectangles incisés que nous trouvons à cet endroit de la cuirasse sur l’une des statues d’Éginc (fi g. 4534) devait, sans doute, remplir le même office27 : des courroies passaient par les orifices ainsi ménagés et fermaient l’armure en lui permettant de suivre les mouvements du torse.
XXII. Un assez grand nombre de représentations qui montrent la cuirasse de dos ou de profil, la font voir pourvue d’un couvrenuque. Xénophon parle aussi d’un hausse-col protégeant la gorge et au besoin le bas du visage28. On ne l’a reconnu sur aucun monument29. Dans une peinture du British Muséum30 (fig. 4535), le yuaXov postérieur apparaît beaucoup plus court que la pièce d’avant : sa terminaison supérieure est marquée par un bord pointillé entre les deux pointes du couvre-nuque. Celui-ci est fixé par la base et seulement par sa partie médiane :
inéd. pl. XX. — 17 Collignon, Sculpt. gr. II, p. 40G, fig. 215 (sarcophage d'Alexamlre). — 18 Gerhard, Aus. Vas. III, pl. clxvi; Carapanos, Dodone, pl. lix. — 19 Exceptions signalées dans Benndorf, Gjôlbaschi, p. 11G-7, p. 237, note 4; Wien. Vorlegebl. 1888, pl. vi, 1, etc. — 20 Coll. Jacobsen, pl. xx, B, p. 31 (archaïstique) ; Gerhard, Aus. Vas. II, pl. xi.vr, 1 (dans le premier rang alternent des motifs de damier) ; Gaz. archéol. 188G, pl. xxxi. — 21 Collignon, Sculpt. gr. II, p. 377, fig. 196 (stèle d'Aristonaulès). — 22 Masner, Samml. ant. Vas. p. 55, 346, fig. 29. — 23 Collignon, Sculpt. gr. Il, p. 378, fig. 197 (stcle de Prokleidès et Proklès). — 24 Gerhard, Auserl. Vas. III, pl. clviii. — 25 Gerhard, Ibid. IV, pl. cclxviu, 1 ; IV, pl. cclxix, 2 (.Vus. Greg. H, pl. lxxxi). — 20 Journ. hell. stml. XVII, 1897, pl. vi. — 27 Collignon, Sculpt. gr. I, p. 292, fig. 144. — 28 Xcn. Equit. 12, 2. — 29 Le gorgerin de forme lunaire publié par Stephani (C. rend., 1877, p. 20, pl. n, 2) est jusqu'à présent un exemple unique ; voir cependant une statuette, Rev. archéol. 1897, pl. xvii, xvm. — 30 Walters, Vas. Brit Mus. Il, fig. 35, p. 27 = B, 541, p. 254. Cf. la fig. 4530.
Fig
• J .c 4535. — Cuirasse couvre-nuque.
LO R
les deux ailes qui se rabattent à droite et à gauche peuvent ainsi passer au-dessus du yûaXov, tandis que l’attache médiane, cachée par la bande décorée, ne se meut qu'avec la cuirasse. De cette manière, non seulement la région placée sous les aisselles est défendue par les deux rabats, mais les mouvements du haut du corps et des bras ne sont nullement entravés. En haut, le contour du couvre-nuque suit la ligne des épaules avec une petite bordure en saillie en bas du cou. On a prétendu 1 que cette pièce était rarement employée. L'armure, à dire vrai, était complète sans elle, mais, si nous en constatons rarement la présence, cela tient, sans doute, à ce que les combattants ne sont presque jamais figurés de telle manière que leur nuque puisse être aperçue. Il faut, pour cela, ou qu'ils soient accroupis, comme sur le vase de Londres ou sur la coupe de Sosias (fig. 4530, 4535), ou qu’ils soient en train de mettre leur armure 2, ou qu’ils se présentent debout et de profil. Rarement ils sont vus de dos3 ou dans des engagements de guerre qui découvrent leur nuque *. Or, lorsqu'ils sont représentés dans ces positions, les monuments de bonne époque les montrent le plus souvent avec le couvre-nuque. On l’aperçoit derrière l'épaule d’Achille dans la figure 4528, quoique •le héros s’y présente de face; il est très visible dans une statuette de bronze gréco-étrusque (fig. 4536)® et dans
une autre trouvée à Agrigente6.
On le retrouve sur les bas-reliefs de Pergame 7 et 'jusque sur les monnaies d’Euainetos 8. Son ornementation est des plus simples, elle se compose d’une ou de deux bandes avec pointillé 9. Celle de la cuirasse, au-dessous de lui, est semblable10. Elle est quelquefois, on l’a vu (fig. 4530), mais rarement, composée d’écailles juxtaposées 11 .
XXIII. Les monuments figurés nous ont permis d’étudier les deux types principaux de l’armure grecque, la cuirasse à gouttière et la cuirasse à lambrequins. Les textes ajoutent peu à leurs renseignements. Ils nous parlent à plusieurs reprises de la spolas, armure de cuir attachée aux épaules12, qui ne se confond pas avec la cuirasse de métal que portaient les cavaliers 13. C’est peut-être celle qu’on remarque sur des stèles funéraires attiques et sur quelques vases peints [équités, p. 765] . Il est d’ailleurs possible que la spolas fût un justaucorps de cuir, analogue à celui que nous ont déjà fait connaître les peintures des 4rases corinthiens. Quant aux hémithorakia (demi-cuirasses u) inventées par Jason de Phères 13 et employées par Alexandre 16, nous ne savons aucunement en quoi elles consistaient. Nous
l Jahrb. I, 205. — 2 Gerhard, Aus. Vas. IV, pl. cci.xi s (Mus. Greg. II, pl. lxxxi.) ■ — 3 Jahrb. 1892, p. 09; Gerhard, Aus. Vas. IV, pl.ccLXvm, 1 ; Ibicl. III, pl. ccxvu (Jahn, Vasens. 903, p. 290, 291). — 4 Gerhard, Aus. Vas. II, pl. cxl\iii. — 6 Micali, L’Italie avant les Romains , pl. xxx de l’édit, française; la statuette vue de face a été donnée plus haut (fig. 1649, p. 1254). Voir aussi plus bas, la fig. 4541. — 6 Rev. archéol. 1897. pl.xvn el xvm. — 7 Décadrachmes de Syracuse, cf. Svoronos, Jahrb. 1, 205. — 8 Ibid. — 9 Gerhard, Aus. Vas. IV, pl. cclxviii, 1 ; Ibid. II, pl. cxlviii (le bord supérieur du pa^ov empiète sur les pointes latérales). — 10 Monum. XI, pl. xiv, xv (oves). — il Gerhard, Aus. Vas. III, pl. clxxxvii ( Vas. Brit. Mus. E 258, III, p. 195-6). — 12 Poil. On. 1, 434; 7, 70; Xen. An. 3, 3, 20. — 13 Xen. An. 3, 4, 48; Equit. 12; cf, Plutarch. Phil. 6. — 14 Poil. On. 1, 134; 7, 155; 10, 142.
— 15 Poil. On. 1, 134. —16 Polyaen. 4, 3, 13. —17 Poil. 4, 12; 10, 29; 11, 11.
— 18 Poil. On. 1, 134. — 19 Thuc. 4, 34, et schol. — 20 Jl. II, 529 ; II, 830; Alcae.
Fig. 4536. — Cuirasse avec couvre nuque.
ignorons de même ce qu’étaient les thor r
Polybe17, corps d’armée intermédiaire entre la (le
les troupes légères. Les armures ijxtpaAmot ** son, ,n8eel les plastrons garnis de rouelles que nous étudi "Uèlre '
loin (§XXXI). Les'cuirasses de feutre, connues seul SplUS
par un passage obscur de Thucydide, étaient portéT6"1 les Lacédémoniens à Sphactérie 19, mais nous ne c,T ^ sons ni la composition exacte du tissu [coactilia1 m"a,S' ! clant combien de temps il fut en usage. Les auteurs,', a T1' de cuirasses de lin20. Celles des Argiens étaient renci! mées. Les Carthaginois s’en servaient à la guerre, et C e î peut-être par eux qu’elles furent introduites en ItalJa Ces cuirasses furent, dit-on, employées pour la chasse S On assure même que la dent des animaux s brisait contre leurs plis serrés ; mais on ne voit guère comment ces justaucorps d’étoffe pouvaient protéger contre les bêtes fauves, et les essais tentés par les modernes22 semblent avoir été très peu concluants en ce sens. La cotte de mailles, il àlù ueuv23, faites de chaînons entrelacés est mieux connue et nous verrons que les Romains et plusieurs peuples de l’antiquité en ont fait usage, mais il n'est pas sûr que les Grecs l’aient connue, du moins à l’époque classique : leurs monuments n’en offrent aucun exemple certain et le <rrpe7TTbç ytrwv homérique u semble avoir un tout autre sens2®.
XXIV. Ils connaissaient, en revanche, fort bien la cuirasse écaillée, faite de plaquettes cousues et se couvrant les unes les autres. Nous en avons déjà vu (fig. 4530, 4536) de représentées sur les monuments : les textes et les fragments conservés permettent de nous en faire une idée plus précise. Les écailles pouvaient, nous le savons, être de plusieurs sortes et faites de plusieurs matériaux. Pausanias parle d’une cuirasse aaupcojjtaTixoç, consacrée sur le versant de TAci’opole, près de l’Asklépieion, et composée avec l’écaille provenant de sabots de cheval Des restes de ces armures sont venus jusqu’à nous. Telle est la cuirasse Scythe de Romni 21 . Les Rarbares faisaient, nous dit-on, grand usage de ces lamelles de corne-'. Les cottes de fer venaient vraisemblablement des Assyriens . les Perses29, et plus tard les Parthes30, durent les recevoir de la vallée de l'Euphrate. Les plaques de métal étaient, cousues sur du cuir 31 ou sur de la toile Les tonnes de la Russie méridionale, le tertre des Sept-Here^ e tumulus de Kertch, la nécropole de Nymphaeon, es en virons deNicopol en ont livré un grand nonibr< <L l1 mens, dont la doublure était même conservée, n - ^ quités du Bosphore Gimmérien montrent 1 nl''^ ^ étaient fixées ces plaques : trois trous perces < n rectangle permettaient de les attacher à 1 aùh n l ^ et vers le bas, du côté arrondi de la languette, un ^ empêchait de se relever sous le choc [caianiiia^ ^ têtes des clous étaient rabattues sur la lann ■ ques, ainsi maintenues, étaient rectangulaii < '
■ • • H H II Ànlh0'
fr. SC, I (Anthol. Borgk-Hillcr, 4” éd.) ; Paus. I, 21- 7 ! H“° j c.
gr. XIV, 73 = Suid. s. v. ’r,«..ç 5 M£T*9eU; Corp. inscr. a ■ - ^ «g. 3;
1874. p. 183. — 21 Annali d. Jst. 1874, p. 257 et s- ’ j0p0ulO'''roloS'
x d, fig. 6, 10; Ilelbig, Die Italiker in d, Pocbene, p. 08. - inn l)f"!sc"’ Mini, des savants étr. Acad, des Inscr. I, 1844, p. 337 c — ^ ^ Reic|,el, p. 8. — 23 Poil. On. I, 134. — 24 [loin. II. V, 113; XXI, ■ • „n'.Tolstoï-R‘i"ach; Waffen. p. 101 et sq. - 20 Pans. I, 21, 5-6. - 27 2 (O-***
Antiq. de la Russie mirid. p. 208. — 23 ' ^ ’ren^llS) )8'4.P# 1
Sar mates <
en 358 ap. Autres exemples dans steP,,am’ l8-<bpJi3'
— 29 Her. 7, Gl. — 30 Kondakoff, l. c. p. 350.
1874, p. 22 2. — 32 Kondakoff, l. C- p. 208. — 33 Kon “ ^ ’Rcjnacli) Dosph. Cim. pl. xxvii, 4-C ; Ibid. pl. xxvn, 3 (p. .4, ‘ - ’ ^ q c. 1874, p. 222 ; 1876, p. 113-5. — 34 Antiq. Dosph. C im. p ■ x
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• «rieurs généralement abattus. Elles pouvaient lésant*111'' forme d’écaiHes de poisson, et se superpoavoir aussi < ^ (]lernéeg5 Je cdté concave des ménisques
f en '.'“"nuCTS la droite et tantôt vers la gauche Le fer tredoré comme chez les Perses2 et au tombeau Pe Mwères où une lame d’or enveloppait le noyau d6S V , » on’ a trouvé dans les nécropoles de la Russie jnéUilliqu ■ d ces écailles doublées et dorées.
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Il étant à la fois plus souple et plue résistant.
XVV En dehors de ces fragments, un nombre limite de pninssès entières est venu jusqu’à nous. Nous les avons ipjvccs pour la fin, parce que, sauf une exception, elles ne sont pas sûrement helléniques et qu’elles ne reproduisent exactement aucune des deux armures que nous wons distinguées. Si l’on devait les rattacher a 1 une d’entre elles, ce serait de la cuirasse à gouttière qu elles procéderaient, mais sans le relèvement du yuocÀov au bord inférieur. C’est la preuve qu'il n’y eut pas abandon de la première forme au profit du perfectionnement nouveau, mais transformation insensible du type primitif. Parmi ces cuirasses, les deux exemplaires archaïques d’Olympie occupent le premier rang. Ce sont des plaques dorsales, des sujets incisés y représentent une scène
1 ig. 4537. — Cuirasse grecque de bronze à sujets incisés.
y expliquée, mais sans grand rapport avec la forme de armure et du corps, comme on le voit par celle qui est ici reproduite (flg. 4537) 8 ; une bordure en relief y marque le contour des épaules. Un exemplaire de Cassel est jecon '*e spirales simples, semblables à celles qui ornent a surface, des cuirasses à gouttière0. Les autres, dont cljaueoup de musées possèdent des exemplaires, serattasir n - 'l ces m°dèles primitifs : elles sont généralement djjpes et sans surcharge d’ornements (fig. 4538) 7 . Ces
rnariUi"! '■ ^ armures se ferment sur le côté et d’une ou 1 ^3lU identique : sur les bords sont ménagés h un certain nombre d’anneaux dans lesquels
1 '• P. 273 TcIS,r'/Pl' ll"2’ 15-c> 19-20. — 2 Her. 9, 22, 2. — 3 KonilakolT, G rendus, )U7(; 1S7®> P'; "> 15-0, p. 113. — 4 Kondakoff, l. c. p. 273,
P- *2', Ouruy /JiJ ,*3’ 2’ BulL corr ■ helL 1883> P1- "! Anzeig. 1889, dur). 7 Fig ’4H:js " 1 ! '* Grecs’ h P- 256, etc. — 6 Anzeig. 1889, p. 178, (ig. (Pin- "lls- heidn. Yorzeit 1 musi^e de Karlsruhe, d'après Lindcnschmit, Alterth.
' lli p. 137-8; au Irè • p ®c*lumac*ier> ^r°nz. Karlsruhe, T II, pl. xni. 15, pl.xxm iW6> P- 350 ; i, Pim-Jn” "j!’ au Louvre ; à Londres, Walters, Bronz. Brit. Mus. ^lelo, dorée) ; àp0In(, * nnis’ C'U. andeemet. of Etrur. II, p. 103 (cuirasse d’Or- ’Pt xxi) ; j, g ,. ’ 0 L'g-Toulain, Mus. de Home, II, p. 321-2) = Mus. Grcg.
’ ncder|c*>s, Klein. Kunst. II, 1023, 1024. — « Pans. 10,
passaient des lanières : la plaque correspondante étant disposée de même et généralement de manière àce que les
anneaux alternent ou s’entre-croisent, rien n’était
Fig. 4538. — Cuirasse grecque ou étrusque de bronze.
plus facile que d’assujettir solidement les deux yuaXa. Des agrafes, Trepovat8, ou une charnière pouvaient d ailleurs remplir le même office.
XXYI. Nous plaçons à la suite des cuirasses grecques celles des statues dites loricatae ou thoracatae 0 qui en sont dérivées et dont on voit revêtues les images des empereurs romains, celles de Mars et d’autres dieux guerriers. Avant de les décrire en détail., notons brièvement les caractères communs à tous les exemplaires. Sur la plaque allongée, couvrant le corps jusqu’aux hanches, était souvent nouée la ceinture souple ( cinctorium ) avec son Ilot relevé10. Les lambrequins s’attachaient au bas de la ligne courbe qui terminait en bas 1 armure, comme sur la cuirasse à musculature modelée des Grecs. On distingue parfois, sous ces lambrequins, une cotte de toile plissée adhérente à la cuirasse. Aux deux épaules, un ou plusieurs rangs de languettes ou lambrequins ou des manches très courtes, généralement frangées, tenaient également au plastron de métal. Les ornements les plus divers étaient prodigués sur la cuirasse. Les statuettes de bronze qui en sont revêtues sont fréquemment 11 incrustées d’argent ou de cuivre mat. Il devait en être de même dans la réalité, car les statues de pierre, revêtues du même costume, gardent les traces d’une polychromie vive et variée 12. Ces différentes teintes juxtaposées correspondaient à celles qui étaient obtenues sur les exemplaires de luxe par les procédés de l'incrustation, de l’émail ou de la niellure [chrysographia]. Nous étudierons successivement dans ces cuirasses les reliefs du buste, les épaulières et les lambrequins.
XXVII. En haut du torse, le gorgoneion, que la cuirasse grecque des temps classiques avait déjà connu, rappelle presque invariablement l’égide13, devenue un emblème de la puissance souveraine [aegis, p. 103etsuiv.]. Au-dessous du gorgoneion, rien n’est plus fréquent que de rencontrer des animaux fantastiques, affrontés ou groupés. Les griffons, que l’art hellénistique représentait si volontiers,
26, 5 (Lesehè). — 9 Plin. H. nat. XXXIV, 10 (18); XXXVII 9, 3. — 10 Clarac, pl. 912, 2318 a; 916, 2318 d; 933, 2374 ; 936 b, 2449 b; 936 i>, 2418 b; 949, 2441 et 2442, etc. Voy. aussi cingulum, (ig. 1502; il y en a deux sur un relief de la Piazza di Pielra, Bull, arclt. comun. di Borna, VI, 1878, pl. u-iu, p. 24 et suiv. — H Babelon-Blancliot, Bronz. Bibl. Nat. 192, p. 86 ; Murray, Portfolio, p. 95, fig. 39 (= Walters, Bronz. Brit. Mus. 798, pl. xxm, p 144). — 12 Statue d’Auguste, de Prima Porta, voir p. 1312, note 30 ; Notiz. d. scavi, 1899. p. 255-6 (statue de Fano d’Ombrie). — 13 Sur un exemplaire, la tète de Nepune entre deux dauphins remplace la tète do Méduse; Matz-Duhn, Ant. Bildwrke in Bom. I, p. 388, 1349.
LOU
s’opposent en paires, les tètes en arrière ou retournées l’une vers l'autre, une patte de devant levée, la gueule généralement ouverte et menaçante1. Ils sont séparés, le plus souvent, par une palmette 2 ou une simple fleur3, un candélabre ou un thymiaterion *. Au-dessous paraît souvent un aigle, tenant la foudre dans ses serres, et les ailes éployées 5. Parfois les légendes hyperboréennes sont rappelées et illustrées. Deux Arimaspes combattent deux griffons 8. D’autres êtres fantastiques, tels que les pégases \ les dragons 8 et les hippocampes, seuls ou montés par des Néréides 9, remplacent parfois les griffons. D’autres représentations, plus rares, sont mythologiques, voire même allégoriques. La centauromachie10, ou des légendes empruntées à l’enfance de Jupiter11, en fournissent les sujets. Certains motifs sont plus compliqués. La présence simultanée de Minerve, de la Terre portant un fruit, et de l’Océan, sur une armure du palais Colonna12, est moins une flatterie qu’un rébus ingénieux, de même que le quadrige et le dieu couché d’une statue de Naples13. Deux marbres d’Athènes, trouvés dans le gymnase d’Hadrien, sont décorés d’allégories relativès à l’Iliade et à l'Odyssée11. D’autres représentent
des divinités ou des personnifications de villes, telles 'que Cyrène15, ou Dolichenus entre deux taureaux ,e. Parfois des animaux , spécialement consacrés à certains dieux, en remplacent l’image, tels que le taureau pour Dolichenus 17 et, pour Jupiter, l'aigle l8.
La Victoire est très fréquemment représentée sur les cuirasses impériales. Elle apparaît quelquefois seule, comme motif central et entourée d’emblèmes divers 19, ou comme Tauroctone, sacrifiant le bœuf en signe de triomphe 20. Mais, le plus souvent, les Victoires sont au nombre de deux, elles volent ou s’avancent vers le milieu du buste. On les voit portant une couronne et un candélabre, groupées autour d'un thymiaterion21, portant un vexillum 22, ou elles tiennent dans leurs bras des boucliers 23. D’autres fois on les voit occupées à construire un trophée21, ou entourant Minerve ou le Palladium (fig. 4539 et voir imperium, fig. 3988'25). Des allégories font allusion aux guerres impé-
i S. Reiuacli, Ripert . p. 586, 6; Ibid. p. 585, 1, etc. — 2 MatzPu lin, 1, p. 392, 1359. — 3 Id. I, p. 388, 1349 ; Clarac, pl. 2112, 839. — 4 Matz- Duhn, I, p. 386, 1343; Helbig, Mus. Rom. 648; Ibid. 718 (II, p. 6 = Clarac, pl. 936 e, 2449 b); S. Reinach, Ripert. p. 575, 4; Clarac, pi. 916, 2396 c; pl. 954, 2448 ; pl. 958, 2463; cf. C. rendus, 1864, p. 125-6. — 5 Matz-Dulm, I, p. 388, 1348 ; p. 389-390, 1353 ; p. 390, 1354 ; S. Reinach, Ripert. p. 587, 4 ; p. 574, 8.- 6 Clarac, pl. 924 (cf. Malz-Dulm, IV, 2); 2354 a ; pl. 936 a, 2420 b (Helbig-Toutain, II, 720, p. 7; Zoega , Bassir. 109; Roscbcr, Lexik. s. v. Grijps , p. 1776; S. Reinach, Iiépert. p. 585, 2. — 7 Bonncr Studien, pl. i, 2. — 8 S. Reinach, Ripert, p. 577, 8.
— 9 Arch. Zeit. 1873,29; S. Reinach, Iiépert. p. 586,4, p. 587, 1, p. 584, 4 (Mus. Nan. pl. ccxxu). — 10 Expid . de Morée, 111, pl. xvm, 1. -- U Clarac, pl. 840c, 2112 (Curètes frappant du bouclier); Overbeck, Kunstmytli. pl. iv-v, p. 337, 20.
— 12 Matz-Duhn, I, p. 391, 1357. — 13 Clarac, pl. 933, 2374, — U Cawadias, rpUxT4, p. 236-7, 311-2; Alh. Mitth. 1889. pl. xiv, p. 160; -E?. 'Açx- 1892, p. 241. — 15 Sonner Sfud.pl. m, 2. — 16 S. Reinach, Ripert, p. 586. 1. — 17 Id., Br. figurés, n0 34, p. 53-5. — 18 Id. Ripert, p. 586, 585 ; p. 576, 6. — 1® Clarac, pl. 944, 2420. — 20 Matz-Duhn, I, p. 392, 1361, — 21 Id. 1, p. 386, 387, 1345 (= S. Reinach, Ripert, p. 576, 4); Ibid. p. 584, 7 ; Clarac, pl. 356; pl. 973,
lou
riales. Sur une statue de Lucius Voru« i-, v , .
A ut v icioiro tn
la palme et la corne d’abondance se Hppcc ’ Lnanl ! trophées, auprès desquels un Barbare vaincu es| U* 1 nouille ; en bas, une femme couchée, portant (|(!s • ^ I représente la Terre28. Sur une statue de Salone 'T*' I Barbares sont enchaînés de part et d’autre du tr ’i • 1
Ou bien, au lieu des deux prisonniers, une femme r'"'' I et un captif sont adossés au poteau triomphal28 \ 'i'!'1 'V° une femme barbare à genoux porte la main à uV|MS pliée qui se dresse au-dessus d’une tiee dVwJ0' I au-dessous, un entant nu est accroupi29. L’allusion I plus manifeste encore dans la statue d’Auguste trouvé I
cà Prima Porta. On y voit [imago, fig. 3974], entre aubes !
motifs, un Barbare remettant des enseignes à Mars Ultor30 C’est la représentation d’un fait historique récent la victoire qui avait effacé la honte de la défaite de Crassus I et rendu à Borne les aigles prises par les Parthes.
XXVIII. Les épaulières des cuirasses impériales ont généralement la forme et le mode d’attache des armures helléniques. Tout au plus peut-on relever deux ou trois exceptions. Sur quelques bustes les pattes paraissent fixées par devant et il semble qu’on les rabattait par derrière31, mais ce peut être une illusion et un simple motif ornemental. Ailleurs, le rabat se fixe, sans nœud ni cordelette, à un bouton ou une saillie du plastron32: nous avons déjà rencontré en Grèce ce mode d’attache, j Sur un bas-relief de la Piazza di Pietra, les épaulières, au lieu d’être éloignées l’une de l’autre et de former entre elles un angle aigu, sont rapprochées, verticales et parallèles 33 ; elles descendent du cou, non des épaules, et ne conservent plus que la forme, et non le rôle, des anciens rabats rectangulaires. Le décor de ces pièces est moins varié que celui des yûaXa, et à peine plus riche que celui des armures grecques de l’époque classique. On y trouve avec la tête de lion31 et le masque de Gorgone, qui nous sont déjà connus, des foudres Jj, des Victoires jouant de la trompette38.
XXIX. Les lambrequins sont disposés d’une manière plus compliquée et plus richement décorés. Nous ne pouvons songer à distinguer les différentes manières don I ils s’attachaient au bas de la cuirasse. Le trophée dit e| Marius qui est reproduit figure 4534, porte cinq ran^l superposés, deux de lambrequins à coins arrondis, u“ el
languettes rectangulaires, et deux de cordelettes l'iane,:l^ J
Ailleurs, des lambrequins rectangulaires et a inilbCa’°„ surmontent deux épaisseurs de lamelles a bout Ailleurs encore, les plaques sont suspendais ‘ ^ écailles arrondies et posées sur une sorte de tu 1 1(^.g de toile ou d’étoffe38. Les écailles supérieures on P>
.. - . pl. 936 A, 2459 CJ i
2509 ; pl. 936 b, 2449 b (Helbig-Toutain, 11, p. __ 22 Malz-Dubn,
pl. 936 B, 2386 a (Ilelbig, II, p. 5, 713) ; pl. .964, 2‘M' 2447. ReiuA
I, p. 392, 1360. — 23 Id. I, p. 391, 1355. — 24 Clarac, p • ’ ’ 9l6 2504 a;
Ripert, p. 587, 2 et 5 ; p. 584, 3 (Mus. Nan. pl. ccxxi) ; C arai’g.s __ 2:, Clarac. pl. 981, 2507 ; Babelon-Blanchet, Br. Bibl. Nat. 685, p. - ’ ^ pl, n, 2:
pl. 964, 2479 (Helbig-Toutain, I, p. 118, 184) 1 Hübncr » f|])l^ri
Bonnsr Studien, pl. ni, 2; Visconti, Mus.Pio. cl(-™w ’ . ’xoutain, P- l4,'!’ 2" édit. 1899, p. 814, n. 49. — 26 Clarac, pl. 957, 246- ( o , 3Se ; Babclon- 217).- 27 Reinach, Ripert, p. 584, 2; cf. Clarac, pl. %4, (351 (= i:,ar,cJ Blanchct, Br. Bibl. Nàt. 685, p. 297, 8. — 28 [^bie-Toutein, P- 59, ’ '
pl. 965 , 2480). — 29 Matz-Duhn, I, p. 391,
cf. I)on,a'
pl. 965, 2480). — 20 Matz-uunn, I, p. oui, . „1. 71 ; * ,
= Monam. VI- VII, pl. i.xxxiv, 3 ; Rayet, Mon. de l art an iq- - ■
zewski, dans Strena Belbigian. p. 52 ; Courbaud, Le -, 214. — 11 h0.
historiques, p. 67 ; E. Michon, Bull, de la Soc. des An ‘9 ■
Reinach, Pierres gravées, pl. vin, p. 18 (1, 0)- 1 i.e(, Bf- Ü'01' j.
corn, di Sonia, VI, t878, pl. u-„, p. 24. - 34 Babe on;Bknche ^ ^
, o ! 33 flllM- “rcl'' 32 Ibid. 1, »• „ nul’
Rom a
- 35 s. Reinach, Ripert, p. 585. — 36 Ibid, 23M- , ,,.
, VI, 1878, pl. P. 24 et suiv. - 38 Rev. archéol. , I
Lcm
' double épaisseur
Un fragment de statue colossale BV„. ' nt étaient disposées ces franges qui,
montre bien comi prochées, devaient bien défends épaisses e ^ ^ infinité de motifs décorent les *• coolr!,leSJles ornements, il faut citer les rosettes •, plWoes; “ le," casques*, les boucliers*. Parmi les les f®*®,/ „„ peut relever les tètes de lion',
|mas'lucs i ,l, J * ,Irophylactiques ou des.symboles, les lepU'fTre8 de panthère*, de bouc-, de bélier-, lèlCS ? ? de taureau13, d'aigle». D’autres sont alléd'élephant , comme les masques scem-
'g0rteie têTes d’Ammon-, de Pan barbu», deCha- Kf! /s ou les gorgoneions ». A. de Ridder. r' NXV En pâlie, nous trouvons d’abord l’armure de
|Cuir. En Étrurie, elle est ■ représentée sur des monu- ■ments très anciens (t. II, f fi.r 18341 20. On y rencontre
Fig. 4540. — Cuirasse étrusque.
Fig. 4544. — Cuirasse étrusque.
ensuite la cuirasse à gouttière 21 et toutes les variétés de l’armure grecque, la cuirasse et la cotte couvertes d écailles
(Voir fig. 4336) 22, la cuirasse de deux pièces ( Voir tîg. 4538) reproduisant la musculature du torse23, la cuirasse à épaulières et à lambrequins découpés dans le cuir et couverts de plaques de métal, sur plusieurs rangs, quelquefois montant jusqu’au milieu de la poitrine (fig. 4540) 24 . La statue de bronze connue sous le nom de Mars de Todi23 offre le ■jr. u une cuirasse à épaulières, lambrequins et couvreentièrement faite der lanières serrées, cerclées de nièr T1 leS maintiennent (fig. 4541). Toutes les maélmp' ' " in^‘r ^es divisions de la cuirasse qui ont été | Bes f*iez ^es Grecs ont été employées par les Étrus-
I * Gt. Clarac, ni oqp. . g,K(,
I p. 102 ■ 3 1-459 0, — 2 Doublet-Gauckler, Mus. de Constantine, pl. x,
-5|d. j) ~ 1Z;, hn’ b P- 3", 1354; p. 390, 1354 a. - 4 ld. 1, p. 391, 1355.
1,48 ;p. 389 "ir, 34 ~ 6 ld- ’’ P- 391- «355. - 7 ld. I, p. 391, 1357; p. 388,
~ 8 Malz-Duhn V P T*' 1333 ; P' 300’ ‘3^4 ; p. 391, 1355; Clarac, p. 964, 2481.
ld' 1 1> 391 ’ f-'..390’ ’334' — 9 W. I, p- 388, 1348 (= Clarac, pl. 974, 2504). ~ 12 M. F p ' 39’, - 11 ld. I, p. 391, 1357; p. 389, 1353; p. 390, 1354.
'-'Md. I.V.3K9 “• r 13 ld- b P- 388, 1348 (= Clarac, pl. 974, 2504). *)ulln. 1, p. 389 U n '2’ T 13 Bul1- corr ■ llel1- xv, 1891, p. 392, fig. 3. — 1» Malzlilis); Malz-Dul,,, I ' ~~ 17 W- b P' 39‘L 1361 a. — 18 'E*. 'Açx. 1892, p. 241 (Po- — $ Ingliirami, mJ' 1335' ~~ 19 Walters, Bronz. Brit. Mus. 338, p. 52.
«o. lC3 fl !' wsc/ii, p. 0, pl. a; Micali, Mon. ant. pour l'hist. de Ptzxn, — 22 U 0")"’!S' P1’ x,v> - de 1 édit, franc. 1824. — 21 Micali, O. I. 2» éd.
’ *r ‘ xx,« xx,x et xxxix. — 23 Les cuirasses citées p. 1311,
t.vr»a ri’
LOR
qaes 26 et ils paraissent les avoir encore compliquées. On remarque quelquefois sur la poitrine des guerriers une plaque carrée diversement ornée2', qui est peut-être le KO’.pototpûXa^ dont il sera question plus loin(§§ XXXI, XXXII) et, suspenduàla ceinture, un tablier en demi-cercle, le plus souvent couvert d’écailles, pour la défense du ventre». La figure 4542 reproduit un fragment en terre cuite trouve à Chiusi 20 ; le tablier y est placé au-dessus d’un quadruple rang de lamelles de cuir découpé; il est attaché a une large ceinture sur laquelle une lame de métal semble être fixée par des boulons. La ceinture des cuirasses étrusques est souvent d’une très grande hauteur et renforcée par des plaques et des clous à tète plus ou moum épaisse30. Sur une urne sculptée du musée de Chiusi 11
elle est ornée de personnages.
XXXI. Dans l’Italie du Sud, l’armure est moins compliquée. Nous nous contenterons de rappeler d’abord un vète-
Fig. 4543. Fig- «44.
Cuirasses avec pectoral.
ment qu’on a pu voir ailleurs [barbari, tîg. 793), sorte de justaucorps de cuir, orné de bandes verticales et serré par une ceinture, qui n’est pas, à proprement parler, une cuirasse32. Mais ce sontbien des cuirasses que portent (fig. 4543)
les guerriers, vraisemblablement Samnites , représentés dans les peintures d’un tombeau de Paestum33, et dont on retrouve les analogues sur des vases peints de 1 Italie méridionale 34 ; ces cuirasses enveloppent le torse et se prolongent en avant Fig. 4545. — Pectoral de bronze.
de manière à protéger le ventre; elles paraissent faites de cuir ou d une
note 7, proviennent d’Étrurie ou do l'Italie méridionale. - 24 Micali, Monum. incd Flor. 1844, pi. XII. — 23 Mus. etr. Gregor. I, pl.xuv. — 26 II suffit de rappeler les nombreuses figures gravées sur les miroirs, les cisles, ou sculptées sur les urnes cinéraires. — 27 Brunn, Bilievi d. urne etrusche, Rome, 1870, pl. uz, 26; ixvi, 1; I.xviii, 1; Ingliirami, Mus. Cliius. II, pl. exu; Micali, O. I. pl. xxx. 1 28 Inghirami, L. I. ; Brunn, O. I. LVI, 18 et LXV, 35 [gikgulom, fig. 1487], 29 Milani, Studi e materiali , 1900, I, p. 148. — 30 Micali, Ital. an. les Boni., pl. sxxiu. Sur une terre cuite de la collection Castellani, Rome, 1884, pl. ix, n® 488, les plaques sont peintes en noir et les tètes des clous en rouge. — 31 Mus. Chius. pl XM. 32 Millin, Peint, de rases , II, pl. l, p. 71-2 ; Arch. Zeit. 1877, pl. xx (cratère de Vienne, coll. Lamberg). — 33 Monum. d. Istit. VIU, pl. xxi. — 34 Millin, q i ii pi, JXX; Mus. Borbon. VI, pl. xxxix; Tiscbbcin, Coll, of engravings, V, pl. i.x, i xix.
LOR
étoffe épaisse île couleur foncée, sur laquelle se détache en clair un plastron carré modelant la poitrine. Celui-ci est fixé aux épaules et sur les côtés par des courroies. La même armure, un peu moins large et en forme de cœur, au lieu d’être carrée, se voit (fig. 45-44) sur une statuette de bronze trouvée en Sicile 1 ; le plastron est orné ou renforcé de trois disques en bosse. Une cuirasse semblable (fig. 4545), venant d’Apulie, est conservée au Musée de Karlsruhe 2 : le plastron, à peu près triangulaire, échancré au cou, est orné de trois bossettes circulaires et bordé de petits trous qui ont servi à la fixer sur un rembourrage. Quatre plaquettes rectangulaires, reliées par des agrafes au bord de l'arme, étaient rabattues sur les épaules et sur les flancs. Les représentations d'armures semblables sont fréquentes sur les vases peints de l’Italie méridionale3; on ne les rencontre pas ailleurs, ni en Étrurie, ni sur les monuments romains. On peut se demander cependant si le pectoral (dont on doit aussi rapprocher des cuirasses à plaque carrée centrale figurées sur des monuments étrusques1) n’est pas le xapôiotpéXa; dont parle Polybe8, qui fut adopté par l’armée romaine.
XXXII. Nous connaissons mal le costume le l’armée romaine primitive. On sait que, d’après la constitution de Servius Tullius, les citoyens de la première classe, à qui leur fortune ne permettait pas d’entrer dans la cavalerie, portaient, dans l’infanterie, une armure complète ; la cuirasse en faisait nécessairement partie. Nous ne savons comment elle était faite. Tite-Live dit0 qu’elle était de bronze. Celle de cuir était d’ailleurs en usage chez les Romains, le nom, lorica , commun à toutes les cuirasses, l’atteste suffisamment, soit que celle-ci fût faite d’un assemblage de lanières découpées se superposant l’une à l’autre, comme l’indique Varron7, et pareille à quelques-unes des cuirasses que nous avons vues en usage chez les Grecs et chez les Étrusques (Voiries fig. 4540, 4541), soit qu’elle
enveloppât le corps tout d’une pièce comme celles des guerriers du tombeau de Paestum dont un est plus haut dessiné (fig. 4543) ; et la plaque carrée que l’on remarque sur la poitrine pourrait être le xapoio^û- Xafj que, d’après Polybe 8,les hastati , les principes elles triarii ajoutèrent à leur cuirasse : cette plaque était de bronze et de trois quarts de pied en hauteur et en largeur. La cuirasse de cuir ne parait pas avoir jamais été abandonnée : elle fait partie du costume d’un légionnaire de la fin du Ier siècle ap. J.-C., dont l’effigie a été conservée [legio, fig. 4414] ; on l’y voit
' Au Louvre, Longpérier, Bronzes antiq. u. 93. — 2 Schumacher, Bronz. v. Karlsruhe, pl. un, 1 4, p. 138, 713. Voir aussi Walters, Bronz. Brit. Mus. p. 350, 2845 (Ruvo). — 3 Fiorelli, Vasirinven. a Cuma, pl. xii ; Milliu, O. I. I, pl. xi.î ; Tischbein, O. I. V, pl. i.xix et c; Walters, Vas. Brit. Mus. IV, F 197, p. 101 ;
F 241, p. 115, 116; F 242, pl. ne, 2, p. 116; cf. p. 20, préf. ; Boem. Mittheil. 1896, p. 266. — 4 v. p. 1312, note 1. — S VI, 23. — 6 I, «. — 7 Ling. lat. V, 116.
— 8Z. — 9 Sur ce point, cf. Hübner, Hermes 1881, p. 307. — 10 Frflbner, Col.
Iraj. pl. xxvii, xxxi, lxvii, etc. ; voir encore aeou-a, fig. 18; équités, fig. 2748, 2749.
— il Voir aussi le tombeau J un signifer au Musée de Bonn, Lindenschmit,
Fig. 4546. — Cuirasse de cuir, u' siècle ap. J.-C.
LOR
munie d’épaulières, d’où deux rangs de lanj,.,.
descendent sur le haut des bras, des lanièr découpJ couvrent aussi le haut des cuisses0. Au uoI^.S]eml)lill)1es contre de nombreux exemples de la cuirassé]6’ 0nren’ les colonnes et les arcs triomphaux : elle ' ' CU'r’ % des cavaliers (fig. 4546), par des troupes de pLprl?e'#Il armées et par des officiers de différents grades^T Mais ce n’est pas celle qu’on y observe le PU, ment. La cuirasse de l’infanterie légionnaire est d -! e<ÏUem' ' celle que les antiquaires modernes ont appelée i m"'11'8 connaître le nom ancien, lorica segmentatà (v J remarque d’abord dans cette armure, c’est une lames de fer12, se superposant de telle façon qtie in ï inférieur de l’une couvre le bord supérieur de l'autre 1 assez flexibles pour se prêter aux mouvements du cor J Les unes, enserrant la taille et le bas de la poitrine peu-' vent s’ouvrir à l’aide de charnières placées, au milieu da dos (fig. 4547); les autres, couvrant les épaules, soi fixées devant et derrière par des boutons. Mais ces lamesne constituent pas à elles seulesla cuirasse, elles s’appliquent sur un corselet de deux pièces, lesquelles se joignent sur la
Cuirasse de l’infanterie romaine, 11“ siècle ap. J.-C.
poitrine, où elles sont attachées par des boucles, et sont munies de charnières, derrière le dos, qui leur permettent de s’écarter. C’est ce qu’on voit nettement dans les figures! 4547, 4548, tirées des bas-reliefs de la colonne Trajane11. On peut reconnaître qu’il s’agit de simples soldats, daprès les travaux auxquels sont souvent occupés ceux qu’on voit ainsi armés. On ne saurait dire, dans léta actuel de nos connaissances, à quel moment précis cett cuirasse fut adoptée pour le miles gregarius.
D’autres cuirasses continuaient à être portées dans I même temps : d’abord la lorica de cuir, comme on ucu de le voir (fig. 4546); puis des cuirasses tout en me j ou en métal recouvrant une enveloppe do mir
d’étoffe résistante. ,
XXXIII. La cuirasse droite, de deux pièces, le ^ oioç des Grecs, à épaulières et lambrequins, ^ l'a vue figurée sur des monuments de la 1M put rénistique14, s’est conservée chez les Romains, servée aux officiers qui exerçaient un ^m-iout à
ment, aux tribuni , aux legati [legio, lig-11- ' ’ ^ poDl l 'imperator : c’est celle que porte (fig- j’jmiau
tius Ahenobarbus, sur la frise de 1 autel, uuj
. ^ 3aiinids^,|
Alterth. unser. heiiln. Vorzeit, I, H> 6. 1 ,.ue |(- mél*'
Denkmaeler , p. 2055). - «2 M. A. Millier a bien aW I ^ p. 01*
être le fer, eu s'appuyant sur des lextes anciens ( rorl.eis conte*11*11’ suiv.). Ajoutez Isid. Or. XVIII, 13 : « Lorica solis c,rc , xn et — 13 D’après la photographie : voir Cichorius, Traj. • , 2066. [ J
Frôhner, Col. Traj. p. 82, et A. Muller, dans Baumeis cr, ■ Naples K '
haut les fig. 1492, 4415, 4416, 4418. - » Statuette du Musée ^ ^ fig. 2762); mosaïque de Fompéi (fig. 43521), ^as IC von Pergamon , II, pl. xliii, xlv, xlviî.
LOR
I Fjg. 4549. - Cuirasse d'un imperator, i" siècle av. J.-C.
LOR
aui fut dédié dans la deuxième moitié Musée du Louvre: i . et nous la voyons se perpétuer K r siècle av. • » la fin de l’Empire 2 (Voir
balteuSj fig. 775). Les statues des empereurs dites loricatae nous l’ont fait connaître dans tous ses détails (Voir §§ XXVI et suiv.).
On la retrouve traitée avec plus de simplicité dans les bas-reliefs des colonnes de Trajan et de Marc-Aurèle et sur les autres monuments où l’empereur est représenté en action, dans, son costume de guerre3 :
là sa cuirasse ne diffère en rien de celles de l’état-major qui l’entoure.
Elle est unie. Les lambrequins consistent en lanières de cuir, plaquées de métal et frangées; tous les officiers, y compris les centurions, en portaient de semblables, attachés
I « cuirasse de cuir ordinairement couverte «l'écailles.
II „ous reste à parler de ces cuirasses à écaillés ainsi que
des cottes de mailles.
Les unes et les autres furent portées par les Romains sous la République et sous l’Empire.
XXXIV. La cuirasse ou cotte de mailles, faite de chaînons de fer ou de bronze (ex anulis ferrea tUllica \ Qwpaxeç i\ àXu- (tscov6) engagés les uns dans les autres, nous est connue par quelques Fragment d'une colle de mailles. déblÛS enCOl’C Subsistants et par d’assez nombreux monuments où elle est représentée. La Dgure 4550 reproduit un fragment trouvé à Mayence, avec
beaucoup d’objets romains, et conservé au musée de cette ville6; la figure 4551, quelques maillons appartenant au Musée de Kiel 7 ; on en remarquera la rivure. Les maillons s’appelaient Kami 8. Leur enchaî- - pas toujours simple comme dans l’exern-
Ln^ V ' 11 a S°US ^eS y°ux • ds pouvaient s’insérer l’un C\ lre par un double ou triple anneau [cf. câtena, r ” ■ dnfi. par analogie avec les lisses ( licia ) où
Fig. 4550. ■
Chaînons d'une cotte de mailles.
nement n’était n a s e pai d’où.
I* Olarac. MUSl:„ »
Voit le dipi, ' *C' ccxx,i cccxtii; Furlwangler, Intermeasi , 1890, p. -40.
slaiiiç co|ossa^ ■ )"' 11 aonorius [cingulum, fig. 1502], C’est colle qu’on voit sur la iVodosc ei „ « a' ° a’ (lans luqiielle on a reconnu successivement Constantin, 3 Voir par excm u *’iac''us' Voir Friedlander, Arch. Zeitvng, 1860, n. 136. P'- 'ii; Frô]nu>r r ' ',as''’c*’ef du Musée du Capitole, Bartoli, Admiranda Rom. Selon Varrôn dl ^ XXXVI> LYI, lxxxvi et s. — 4 Varr. Ling. lat. V, Fergain(^ AhPrl, ' ' lUl lles Uaulois ; comp. les cottes de mailles des bas-reliefs I circu<'s ferre!, J /' ,a"S Per9<™°n, II, 44, 46 ; cf. Isid. Or. XV11I, 13 : « Lorica
I fkidn v, ' ™lexl& ». " -
,!,i Vor;ei I \ i > 'V ' h 133. — 6 Lindenschmit, Alterth. uns. «J'*"’ î), fragment e' i''’ V°lr enco,,e ^id. 2 (c= Bonstetten, Antig. Suiss. I (l"a0'iiiinoi/ ""nxp trouvé à Avenches. — 1 Lindensclimit, Tracht und
l'O/H // , Li»vuu3. îmititusuimu, * '
eeres ■ “raunschw. 1882, pl. xit, 12. — 8 Serv. ad Virg. A en.
entre le fil, dans le tissage des étoffes [tela], les expressions bilix et trilix appliquées à la trame de métal ( loricam consertam hamis auroque trilicem 9). C’est une cotte de ce genre que portent, sur le monument déjà cité10 du Louvre, les cavaliers (fig. 4552), probablement de la cohorte prétorienne, qui assistent à la cérémonie des suovetaurilia ; leur costume et leurs armes sont ceuxque Polybe 11 décrivait déjà un siècle auparavant. La lorica hamis conserta se retrouve sous l’Empire, figurée sur le tombeau d’un porte-enseigne t2, elle se rencontre fréquemment sur les bas-reliefs des colonnes et des arcs triomphaux u.
XXXV. La cuirasse à écailles ( lorica squamis conserta ou concatenata^), était faite d’écailles de fer, de bronze ou de corne ; des écailles en os sont conservées au Musée de Naples is. Celles-ci sont liées les unes aux autres au moyen de fils de métal passant par des trous placés en haut, de chaque côté; cette attache n’est pas visible quand les lames sont réunies, le bord inférieur de chaque rangée couvrant le bord supérieur de la rangée suivante (fig. 4553).
On peut voir ail-
leiirs[CATAPHRACTA]
des écailles disposées d’une manière analogue, porvenant des tombeaux de la Russie méridionale. Les lames pouvaient être aussi cousues ou rivées sur du cuir, ou sur une autre étoffe consistante, et toujours posées en imbrication, comme les écailles d un reptile ou celles d’un poisson. On a vu que les Grecs avaient déjà des termes spéciaux, XetuSwtôç, cpoXiowTÔç, pour distinguer les cuirasses, suivant que les écailles ressemblaient davantage à celles d un serpent1” ou à celles d’un poisson17. Les Romains en avaient un autre, lorica plumata , qu’un historien applique18 aux armures d’écailles dont les Sarmates se couvraient tout entiers,
III, 466 : « hamis catenis vo circulis siguiûcat ». — 9 Virg. Acn. III, 467 ; de même V, 231 ; XII, 375; Sil. Ttal. II, 401; V, 140. — 10 Voir note 1. — u VI, 23.-18 Lindènschmit, Alterth. I, 4, 6, 1. - *3 FrOlmer, Col. Traj. pi. xeix et passim ; Petersen, Marcussaille ; Barloli, Arcus r et. p. 43 (voir galeà, fig. 3468). — H On trouve l’épithète squamosa (Prudent. Bamart. 423), mais squamata, aussi bien que hamata, n'a été appliquée à lorica que par les modernes. Isidore, Or. XVIII, 13, 2, dil simplement « squama, ex laminis ferreis aul acreis concatcnata ». — 13 Mus. Barbon. V, pl. xxix, 5. — m Cf. Prud. L. I.; Ovid. Met. III, 63. — n Isid. L. I. : « in modum squamae piscis ». Lucullus portait une cuirasse ooIiSutoî à Tigranocerte Plut. Luc. 28. Voir pour celle de Flaminius à Trasimène, Sil. liai. V 140. — 18 Justin . XLI, 2 ; de même Virg. Aon. XI, 770 : « pellis ahenis in plumam squamis auro conserta »
Fig. 4552. — Cotte de mailles, ier siècle av. J.-C.
LO R
LOU
Fig. 4554. — Cuirasse à écailles.
eux et leurs chevaux, et qui convient également à des cuirasses figurées sur les monuments, dont les écailles, ii nervure médiane, imitent les plumes d’un oiseau. Nous en donnons pour exemple celle d’un des trophées dits de Marius, datant probablement du temps de Domilien 1 (fig. 4554) ; cette cuirasse est sans épaulières, mais garnie de lambrequins très ornés comme on en voit aux cuirasses impériales. Du reste, dans plusieurs de leurs portraits, les empereurs sont revêtus de la cuirasse à écailles 2.
11 semble qu’elle ait été portée par des officiers de tous grades ; car, tandis que les monuments du n° siècle montrent, comme on l’a dit plus haut, la cuirasse qu’on , est convenu d’appeler seg-
mentata, seule à l’usage des légionnaires, la cuirasse à écailles fait partie de l'armure des centurions sur la pierre de leurs tombeaux [legio, p. 1071] et sur d’autres monuments 3 (fig. 4555) ; elle appartient aussi à des signiferi , à des cavaliers, auxiliaires ou légionnaires équités, fig. 2735, 2741] 4, en tout cas aux cavaliers prétoriens; car on sait, par le témoignage de Dion Cassius 5, que les prétoriens eurent la cuirasse à écailles (ôuipaxaç toù; XeTuowToùç) jusqu’au règne de Macrin, qui les en débarrassa sous prétexte de les rendre plus légers dans le combat. La cuirasse cependant resta en usage au me et au ive siècle : Végèce 6 semble l’appeler indifféremment lorica eicataphractu. Le même auteur dit 7 que les soldats amollis du Bas-Empire'ne demandaient qu’à être soulagés du poids de la cuirasse et qu’ils ne la portèrent plus à partir du règne de Gratien.
Les cuirasses écaillées que l’on voit longtemps après sur des monuments du Bas-Empire et de Byzance ne sont pas seulement un souvenir de l’ancienne armure romaine, elles appartiennent aussi bien à l’armure des Barbares de l’Orient et du Nord [cataphracti], que les Romains connaissaient depuis longtemps pour l’avoir vu porter par
l Helbig, Führer, 2e éd. 1899, I, p. 259. — 2 Par exemple Septime Sévère, Mus. du Capitole , n» 59 ; Gordien Pie, au Louvre, Mongez, conogr. pl. i.nr, U. 3 s. Bartoli, Y et. arcus, p. 26 ; Frôlmer. Col. Traj.passim. — '* Petersen, Marcussaüle, pl. xi, xv, ix, etc. — 5 LXXV1II, 37. — 6 II, 14 et la.
— 7 ], 20. — 8 On les voit déjà sur la colonne Trajane. — 9 Voir sur ce sujet J. Bekker, Grabschrift eines rôm. Panzerreiteroffisiers, Francf. 1868, p. 20 et suiv.
— 10 Herodol. II, 47; Aeschyl. Sept. 32; Diod. Sic. XVII, 44; Caes. Bell. gall. V,
40; VII, 72; Tacit. Hist. IV, 37 ; Veg. IV, 23; cf. Hesycli. O.içat • itùçyoç.. 7-wptxtov ; Etym. magn. et Suid. s. v. - 11 Ath. Math. éd. Wescher, p. 6. —12 Diod. Sic. XIV,. 51. — 13 Autour d'un terrain réservé, Amm. Marc. XXIV, p.32; autour d un tombeau, Corp. inscr. lut. ; cf. Promis, Vocab. lat. di architettura, p. 124. 1 1 ■
8 cl 9. — 15 Poil. Onom. I, 145. — 1® Hesycli. ...a^a.pSo^ti'i.a.i. — Biblio¬
graphie. Demmin, Die Kriegswaffen in ihrer histor. Entwiclclung, 2e éd. 1885; Hermann-Droysen, Heerwesen und Kriegsfürung d. Grieehen, 1889, p. 4 et suiv. ; Hübner, Augustus Marmorstatue des Derliner Muséum (1868, 28' Winckelmannsprogramm); Donner Studien, Ayfsaetzc B. Kekulé gewidmet, 1890 (v. Rohden); A Miiller Stud. : Lehre d. Bewaffnung rôm. Legionar. in Philologue, XL,p 221
Fig. 4555. — Cuirasse à écaiUes.
des auxiliaires qui combattaient à côté d’ prirentdans l’armée une importance toujours * * 01 XXXVI. On a aussi appelé Qwpobuo^ ravinur’^ 1 donnée quelquefois aux éléphants [elepu as tut
Par extension, les mots ôwpodj, etopobeuv, . '
loricula ont été appliqués à toutes sortes d’ou\r ^ défense d’un lieu fortifié, murs, remparts, parapei^V6 sades ou mantelets qui protégeaient les machiiK-^ i assiégeants 10 ou derrière lesquels manœuvraient J gés 11 ; et aussi au pavoi de la gabie servant de posteàB marins au haut d’un mât [carchesium, p. 92o n pujs 1 appela lorica tout mur, toute barrière formant clôture n*1 Vitruve 14 appelle lorica l’enduit dont une murailleest revêtue.
©■/)p«î est le nom de la pièce circulaire du moyeu dans laquelle s’engagent les rayons d’une roue15. C’est aùssila I sertissure d’une pierre servant de cachet10. E. Saguo LORICARIUS. @ojPaxo7tûiôç L Fabricant de cuirasses La fabrication des cuirasses (OwpaxoTtoîa) 2 dans l’antiquité formait une branche particulière de l’industrie • elli était florissante à Athènes 3. On voit quelles en étaientles règles et les difficultés par une conversation de Socrate avec Pistias, ouvrier d’Athènes connu pour y exceller1, Quoiqu’on vendit des cuirasses toutes faites, il était bon de prendre mesure lorsqu’on voulait qu’elles fussent parfaitement adaptées à la conformation du client, et c’était justement par son habileté à saisir les proportions du corps et à les rendre dans ses ouvrages que Pistias surpassait ses confrères. Chez les Romains, il y avait des fabricae loricariae attachées au service des armées*. Sous le Bas-Empire, lorsqu’on créa les monopoles et les fabriques impériales, il y eut des fabricae loricariae et clibanariae , entre autres à Autun, à Crémone, à Mantoue, à Antioche, à Nicomédie et à Césarée0. G. Lafaye.
LORUM. 'Ip-àç. Courroie. — Nous ne pouvons que renvoyer aux articles où sont expliqués les usages auxquels les courroies étaient employées chez les anciens (Voil aussi corrigia]. Les principales acceptions du mot danj
les textes sont les suivantes :
1° Rênes, guides pour conduire les chevaux iiabenaej j 2° Laisse de chien5. Nous en avons des exemples assa nombreux sur les monuments où sont i <']■■
chasseurs [copula]3. - ,
3° Bulle en cuir des enfants plébéiens [uullaJ •
4° Courroie adaptée aux bâtons d une ld" 11 11 au 5° Courroie qui servait à suspendre ^ '|‘l|)OTteur« milieu, d’une perche reposant sur lépu'1
[phalangae]0. . timon et aux
6° Courroie pour assujettir le joug au
cornes des bœufs [jugum] '.
, S V. VTt*/i
et s. ; XL VII, p. 514, 721 et s. ; Id. dans Baumeister, Poil- !•
LORICARIUS. t Corp. inscr. lat. H, 33o9; Gloss. ^ ic|jaD. Yaf. I“sl- Dio Chrys. Or. LXXVII, p. 653 M. - 2 Poil. VII, io»- ' , Xcnopl,
24; Poil. I, 149; Bull, de corr. liell. 1879, p. J > „ 3 ■ Orient
10, 9. — U Vcget. II, 11. — « Notit. dign ., Occid. . - ^ b. Gri* 11
26, 28 ; Bliimner, Technologie u. Terminologie < ■ ’fu ^es ts
u. BOmer, 1, 272, n.3; IV, 36. , n. 8 et 9 ; Bull, de la Soc. ^