IV
France, 1877, p. 200.
LORUM. 1 Cic. Harusp. resp. H XViS .
Am. I, 13, 10; III, 2,72; Met. H, 127, Î00 ; B »■ •' vl„, .11
— 2 Lucan. IV, 444; Senec. Thyest. 497; Pbo- 1 ' ^ gi; Rid1,
Gyneg. 213. 3 Santi Bartoli, *drrfTafda ' dei
antiq. s. v. ; Bellori, Pitture antiche del sepo
GraW [lict- P!!l
ire antiche dei sljju ■ ‘
chaeolog.Zeit. 1883, pl. 7, 3 et pl. 9, 2 ; Benndorf ^ ^ Àn't. DM»- in ^ 0X111,
i}ûW,,n.29il;Dut hk
Matz-Üuhn, Ant. Bildw. in - „l245,
III, p. 32, n. 09; Helbig, Wandgem. Campan. n. . ■ - - . et8.
4,10; Juvcn.V, 164. - B Mari. II, 57. -°VltrUV'A’
Viti'“T'
LOU
• rin reste [pugilatus] • Courroie d.“° l„„a,„üS].
g- Éirivières
90^inlUîp (le'li^ou de chaise [lectus, sella]3. lü° banf de cuir qui faisaient partie d'un vêtement ou recevaient quelquefois une décoration art.sd',,“ “Slfe.. peut juger par la. figure «56‘. Elle «pré-
Uq ‘ment de courroie conservé au musee de Karls-
! sente.U! '0 vient d’une tombe étrusque et date à peu près ruhe j it I11 1 1
— 1317 — LOU
du in0 siècle avant notre ère; il mesure (>“■,07 de largeur. Si ce n’est pas un débris de ceinture, celte pièce a peut-être orné une boite ou un meuble. Les dessins géométriques et les figures dont la surface est couverte n y ont pas été imprimés, mais incisés avec un instrument tranchant.
11° Au ni0 siècle de notre ère, on a commencé à désigner sous le nom de lorum (Xoipov) ou de lorus les galons ( institu , limbus ) qu’on cousait sur les vêtements; on en formait des bordures qui pouvaient avoir de un à cinq
'Kjfï'YfyQs.
mr
Fi». 4556. — Cuir orné de dessins incisés.
rangs ;
, . (j’où les noms de yixt ove; Xiaptoxof, vestes, interulae monolores, dilores, trilores,pentelores s.
i 12° Cordon de vignes6. Georges Lafaye.
LOUTER, LOÜTERION (Aooxvjp, Xouxijpiov). — On a déjà vu aux articles balneum (p. 651, 656) et labrum fp. 881)
• que les larges vasques, généralement montées sur un pied liant, dont on se servait pour les ablutions dans les bains et dans les palestres des Grecs, portaient le nom de Àoutî,:eç ou XouTTjpia1. Athénée mentionne un de ces meubles,
| en marbre de Taormine, ayant une capacité de cinq métrètes, environ 200 litres 2. L’Û7rcîffxaxov, dont il est ■ question dans certains textes, est le pied de la vasque3. Pollux l’assimile à l’bXxaïov, grande bassine où on lavait la vaisselle4. Le Xourqp et leXouxvjptov trouvent place dans les inscriptions3 et l’expression àXeéj/a; èx ÀouxVjpojv carac- I térise souvent le don de quantités d’huiles amenées dans les vasques des palestres et offertes gracieusement par ! un particulier à la ville. Il est d’ailleurs possible que Xou- I x-qp eUoimjptov ne s’appliquent pas toujours à de grands I récipients comme ceux que nous venons de rappeler I (fig. 718, 749, 4341, 4312). La large extension donnée à I tous ces termes antiques permet sans doute de com- | prendre sous les mêmes noms des vases de capacité I médiocre, car Athénée compare le Xoimjptov au cotyle6,
I sorte de canthare ou decyathos [cotyla, fig. 2035], et le mot latin labrum , qui correspond le mieux à Xoux-qp, Bdésigno egalement une variété du canthare (fig. 4314). I la baignoire parait avoir été réservé le mot 7tusXo; | [pyélos] et au bain de pieds celui de ™8avnmqp [pellu- 'Uii . Dans une inscription chrétienne, les fonts baptismaux sont appelés Xouxvjp \ E. Pottier .
L06TROPIIOROS(Aouxpo cpôpoç) . — Vase servant à porter eau du bain. Ce vase était en usage dans les cérémonies nuptial os et dans les rites funéraires. Il figurait parmi les
— 4 j/ **’ '■ ~ ' Mart. VI, 21. — 3 Cat. R. r. 10, 5; Hor. Epod. 12, 12.
Bvonzen laî”"01’ ^!e ® ’’oss • Vad. Alterth. Samml. in Karlsruhe, Antike mâcher ^ ’ ^'(ani, jWi,s. Uni. di antich. class. 1, p. 327, note 3; Scllu-
Ciiie jm y '' ^ 1890, p. 7; Bronzencatalog. n. 1147; Eine Prünestin.
46, *7, Bonds \~U ^ar^sru^le> Heidelberg, 1891, p. 49. — 5 Vopisc. Aurelian.
— 8 Pi;n ii 1 S| ■' m a i = c , ad h. I. ; Artcrnid. Onirocr. 120;Anastas. Gregor. 4.
d’Anaxilas cd|f * 4>°a ' Onomast. VII, 167; Hesych. s. i\ louzr^ia.. Un
Clorait faire croir ^°^ux lv toï; {iaXavetoiç où -ctOe-cai AO-jTqçta, sem-
c°nunc le roman ?'• °U 110 ^a«a^ Pas de dans les salles de bains. Mais,
lc*te, quc MOus JJ!* *ustemcnt Becker ( Chariklès , édit. Goell, III, p. 103), le con- I*eu*- pas être inn!, ^&S’ ^evait expliquer le sens exact de la phrase, qui ne •‘bliitions dans les l"" ' °mme arSumcnt contre la présence si naturelle de vases à ^ endroit où Sonj ?lns" I^us> nc pourrait-on pas corriger, ou ti'ÔExai Xoucqpia, à Placées les vas, pies? - 2 Athen. V, 42, p. 207 F. - 3 Poil. X,
cadeaux offerts à la fiancée, et c’était l’emblème que l’on plaçait sur la tombe des jeunes gens morts avant le mariage. Les définitions qu’en donnent les lexicographes grecs trahissent une certaine contradiction, causée par l’équivoque qui peut s’établir entre le vase et la personne à qui était dévolu le rôle de le porter dans les cérémonies nuptiales ou funéraires1. Pour Pollux, le mot loutrophore désigne lajeune fille qui portait l’eau du bain de la fiancée (xai Xo’jxpà xiç xouîÇouaa Xouxpocpdpoç) 2 ; il interprète la loutrophore funéraire comme une statue de jeune fille tenant un vase qu’on plaçait sur la sépulture des morts non mariés (ayagot)3. Harpocration donne une définition analogue, avec cette différence que la statue funéraire aurait représenté un jeune garçon tenant une hydrie (xoOxo os 'qv 7iocï<; ôooiocv ’éytov) 4. D autre part, Hésychius et Eustathe entendent par ce mot le vase qu’on posait sur la tombe des jeunes gens qui avaient été privés des joies du mariage 5. Cette dernière explication est la vraie 4 et elle est justifiée par le témoignage des monuments. Ceux-ci nous apprennent eux-mêmes que la loutrophore était une grande amphore de terre cuite peinte, et qu’elle avait un usage à la fois nuptial et funéraire.
I. Usage nuptial. — C’étaitla coutume, en Grèce, d’apporter aux fiancés, avec une certaine solennité, l’eau du bain nuptial1. Les Athéniens employaient, pour cet usage, l’eau de la fontaine Kallirhoé; ailleurs, on puisait l’eau dans le fleuve qui arrosait le pays 8. La cérémonie de la loutrophoric avait lieu sans doute la veille du mariage ; le vase qui contenait l’eau du bain était apporté soif par un jeune garçon appartenant à la parenté la plus proche de l’un des deux fiancés, soit par une jeune fille. Pai; suite, ce vase, c’est-à-dire la loutrophore, était considéré comme un symbole du mariage. On connaît aujourd’hui une série assez nombreuse de ces vases. Le
46- Pausan X, 26, 9. — * Corp. inscr. gr. 2820, 3616, 3617, add. 3847 6, 38/ 1 6; Athen ische Alitthe i lungen, XVI, p. 145.-5 Poil. X, 78 ; voir gvmxas.im, fig. 1668. - G Allicn. XI, p. 478 u ; cf. p. 486 c. — 7 Corp. inscr. gr. 8758.
LOUTROPHO llOS. l Pour la critique de ces textes, voir llerzog, A rch. Zeit. 1882, p. 137 et suiv. — 2 Poil. III, 43. — 3 Poil. VIH, 66. — 4 Harpocr. s. r. Xout çoydjoî, Xiutçoçoçsïv. — 5 Hesych. s. v. Wfosifo; et Xt64«? ; Eustalh. Ilias, Ç, 121. « M. Furtwaengler admet cependant que le type de lajeune fille ou du jeune garçon portant la loutrophore a pu exister dans la statuaire funéraire des Grecs {Coll. Sabouroff , notice de la pi. Lviii-ux). Cette opinion a été combattue par Wolters, Atli. Mittheil., XVI, 1891, p. 386. Pourtant, l'hypothèse n'est pas inadmissible. II est certain, tout au moins, que le mot Xoutçoçoço; désignait quelquefois une personne; plusieurs prêtresses portaient ce titre (Paus. I, 10, 4 ; cf. Wolters, Jalirbuch des arch. Inst., 1899, p. 133). — 7 Blümucr, Griech. Primtalterth. p. 270; cf. P. Sticolti, Zu griech. Hochzeitsgebràuchen, Festschrift fur Otto Benndorf, p. 187. - » Poil. III, 43 ; Hesych. p. 121, 25.
LOIT
LOU
catalogue qu’en adressé M. Wolters, en 1891, ne compte pas moins de trente-quatre numéros 1 .
L est une amphore d une forme spéciale. Dans la seconde moitié du ve siècle, avec le progrès de la fabrication céramique, les caractères d’élégance se sont accentués, et le vase est remarquable par l’allongement de la panse et la hauteur du col très effilé2. Les sujets qui décorent les loutrophores à figures rouges du type le plus récent, sont en général des scènes représentant les cérémonies du mariage : sur l’exemplaire du musée de Berlin dont notre figure 4557 reproduit la forme, c’est le départ (usôoooç) de la jeune épousée et sa réception dans la maison de son mari 3; sur un fragment du musée d’Athènes, où la scène se recommande par une grande beauté de style, l’époux tend la main à sa jeune femme, tandis qu’un Éros jouant de la double flûte vole dans le champ 4. Ces sujets finissent par supplanter les scènes funéraires qui décorent exclusivement les loutrophores de style plus ancien. On verra plus loin quelles raisons ont déterminé ce chan-
phore.
gement.
Vases* de luxe, dépourvues de tout caractère d'utilité quotidienne, les loutrophores figuraient parmi les cadeaux offerts à la fiancée. Sur une pyxis attique du British Muséum, où est représentée
la toilette de la fiancée, on voit une loutrophore posée près d’un coffret à bijoux ou à vêtements5. Un joli fragment du musée d’Athènes montre une jeune fille apportant à la fiancée une loutrophore garnie d’un bouquet de feuillage de myrte6. Il est fort naturel que ce vase symbolique figure dans le cortège nuptial. Le voici, en effet, porté par la jeune fille qui remplit le rôle de Xouxpocpopoç (fig. 4558) ; elle tient à deux mains le vase nuptial, et marche devant l’épousée, toute pénétrée de l’importance de sa mission 7. Sur une pyxis d’Ërétrie, on voit le cortège des jeunes filles apportant des cadeaux aux époux le jour des ’E7:owXia8; par une gracieuse allégorie, c’est un Éros qui porte la loutrophore. Ici la forme diffère un peu de celleque nous fontconnaître les monuments conservés. Le vase n'a qu’une grande anse 9, et, sur la panse,
1 Wolters, Ath. Mittheil. XVI, 1891, p. 378-384. — 2 Berlin, Coll. Sabouroff, pi. lix. — 3 /ô., pi. lviii-lix. — > Heydemann, Griecli. Vasenb. pl. x, fig. 1; cf. notre Catal. des vases d' Athènes, n° 500. Sujet analogue sur une loutrophore de Berlin, n° 2372, Arch. Zeit., 1882, pl. v. — 3 Dumont et Chaplain, Les ce ramiques de la Grèce propre , pl. ix, p. 364, notice de E. Pottier. — 6 Ath. Mittheil. XVI, 1891, p. 382, n° 21. — 7 Monum. ined. X, pl. xxxiv; Catal. des vases d’Athènes , n® 503 ; Wiener Vorlegebl. 1888, pl. vm, n° 2. — 8 Deubner, ’Eiz'xjha, Jahrb. des arch. Inst. 1900, pl. u. p. 144 et suiv. — 9 Ce n’est pas
Fig. 4558. — Loutrophore portée dans le cortège nuptial.
il est muni de deux petites anses qui rannol1 l’hydrie. Il est possible que la forme dès ]'nl celle de ait varié avec le temps, et que l’ancien type (,U1U]lf0phor(* ait été évincé par celui du vase à pied et à cou' "n|)ll0re voit également figurer dans les cérémonies , qu’011 IL Usage funéraire. - D’après les textes "
et d’Eustathe qui ont déjà été mentionnés 11 | phore était l’emblème funéraire placé sur le tdmh ^ jeunes gens morts avant le ma- audes
riage (ayagoi). Ce témoignage est confirmé par un passage du plaidoyer de Démosthène contre Léocharès 12. L’orateur parle du jeune Archiadès qui est mort célibataire.
« Et la preuve? Une loutrophore était placée sur le tombeau d’Archiadès. » Il n’est pas douteux qu’aux vp et v° siècles, les loutrophores destinées à cet usage fussent vraiment des amphores en terre cuite peinte, du même type que celles qui figuraient dans les cérémonies nuptiales. Notre figure 4559 en montre un spécimen appartenant au musée du Louvre, et qu’on peut dater de la première moitié du ve siècle, et si les scènes principales sont à figures rouges, une zone de figures noires rappelle encore l’ancienne technique. Le vase a des proportions élancées, mais moins allongées que celles des exemplaires à scènes nuptiales. Le col est plus large, et il est réuni aux anses par une partie pleine. Sur le plat des anses et autour de l’embouchure court un ornement en forme de ruban ondulé; il est permis d’y reconnaître comme une survivance d’un décor qui apparait souvent dans les grandes amphores funéraires du Dipylon, où un serpent modelé en relief semble ramper sur les anses et autour des lèvres du vase. Les scènes qui décorent les loutrophores à figures noires conservées dans nos musées en attestent nettement le caractère funéraire i:î. Ce sont des scènes de deuil, lamentation ou prothésis du mort. I ne louLrophore de Berlin montre, sur le col, des hommes e des femmes, faisant les gestes de la lamentation et, sur la panse, l’exposition (7rpô0e<nç) du cadavre1' . Les sujets funéraires conservent encore leur place sur les exem plaires à figures rouges du style le plus sévère. La ou trophore de Pikrodaphni, au musée d’Athènes, es! 1< < e d’œuvre du genre13. La scène de l’exposition du niom autour duquel se lamentent les pleureuses, 1 h ^ ^ avec une rare perfection de style. On peut en 1 la scène figurée sur la loutrophore du Louvre ' !'^ par notre gravure, qui ne le cède guère, poui L du dessin, à celle d’Athènes 10. | clU.
L’idée qui avait conduit à faire de la louti "p-
Fig. 4559. — Loutrophore à sujet funéraire.
ici une erreur
du peintre, comme il est permis de le suppose M 1900»
Pottier, dans Dumont et Chaplain, O. I , p. 365, note ^ j(oiini3,lolu^'
pl. u. — H Hesych. s. v. Wcj oeop.s ; Euslalli., Jlias, *•*- j ’ dialogue dresd ’ETtiypaeai p. 101. — 12 §§ 18 et 30. ^ H; Voit- l>:<^ /
par Wolters, Ath. Mittheil. XVI, 1891, p. 378, n“ I 1 ' , Vj 2; Cstol-
pl. i.x ; cf. Wolters, toc. cit. n“ 5-7. - U Mon. ined-, ’ 1 lf'Co1'
des vases d'Athènes , n° 505. Le vase est très mutiL l ^ ^ lignon, Monum. et Mém. Fondation Piot, I, p'- ' P
LOU
LOU
, -mire des jeunes gens morts avant le mariage blême fa"' ‘ lication dans une des pratiques du céretrouve son e b ^ ^ bain du mort. Non seulement le
monial.fU!"' dire le lavage du corps, faisait partie de la bain, c’esl a'( ( dont ies soins étaient dévolus aux toibîttc Je bain du mort constituait une des
femme® 1 , apportait au tombeau (XÔdvta Xourpà • xi
0ffrfim ''l j^p^evx ' âxopÇov yip M xiç xacpàç Xouxpà) 2. ■flW”*p0 Vppt usage remontait au temps de la civilisation ,E"f 'ancienne. MM. Brückner et Pernice ont démontré lap , ‘ ,, uids vases du Dipylon à sujets funéraires T !f comme la forme primitive de la loutrophore 3. Xcés sur la fosse, très apparents, ils rappelaient le bain fnnptlrc offert au mort, ét constituaient véritablement le . a ju tombeau. Il semble d’ailleurs qu’a cette date ce 2e d’emblème ne fût pas le privilège des 5y«|«i, mais eût un caractère plus général. On offrait, en effet, a tous les défunts, quels qu’ils fussent, l’eau du bain (Wpa). Dans l’ancienne nécropole de Ménidi, on a trouvé des vases montés sur un pied qui sont proprement des XouT7)pta ’loüter], et les conditions de la découverte permettent de croire que ces vases étaient déposés, à titre d’offrande, sur la tombe des ancêtres héroïsés L Les textes sont d’accord avec les faits archéologiques. Dans l 'Electre de Sophocle, il est fait allusion à cette | coutume (Xouxpà irpocæ speiv Tvaxpf) 0 et un passage d Athénée décrit le rituel usité pour l’offrande de l’aTtovigga 6. L’habitude de placer sur la sépulture un vase contenant l’eau du bain (înit-elle, en Attique, par perdre i son caractère général, et ne fut-elle conservée que pour les jeunes gens non mariés? Il est possible de l’admettre, sans que nous puissions dire avec certitude à quelle date s’introduisit ce changement1. Ce qui est certain, c’est que, pour les ayagoi, on employait à cet usage la loutrophore, c’est-à-dire le vase qui était par excellence le symbole du mariage. Il est facile de comprendre quel sentiment dictait ce choix.
Placée sur le tombeau des jeunes morts, la loutrophore évoquait le souvenir des joies dont ils avaient été privés, et la piété des survivants leur en donnait au moins l’illusion.
La loutropliorie avait sa place dans les cérémonies de funérailles, celles , comme elle l’avait dans
par ], u 11,,u'age. Le rite funéraire qu’Hésychius désigne la pn X|"li,s^n XouTpotpopetv nous est expliqué par vre« || '" ,(lu' (Ucore le col d’une loutrophore du Lou- * '^ll- vase est porté par rèyyuxpiffTpta,que
-•üd '"3A— ,/>a,’o
j u"- La loulrophorie dans une scène funéraire.
’oemiographi graeci, éd. Leulscb, II, p. 51, 92. eü., XVIII, 1893, p. 73-191. — 4 Wolters, Jahr * Wolters / P’ 133etsuiv- — eSoph. Electr.,V, 431. — 6 Alhenae. IX, "ji| h p. 55, pg a loc.cit.p. 133. — * Monum. et Mém. Fondation
jaSmcnts en ^ta|pnj . Furtwaengler pense qu'il était brisé, et que les
’ Wolters a eomb.ii ' ^ HU *°sso’ Coll. Sabouroff , notice de la pl. i.vi"-"v °Pini°n’ A,k ■ mtth“iL P- 380-300. - >0 .......
« -desv asesrl’ Athènes, n° 200 bis -, Wolters, Ath. Mittlieil.,
—v.™,. - - ‘ aroemiograr.
'"gments
Fig. 4501. — Loulrophorp sur une tombe.
Mon.
suit une pleureuse faisant les gestes de la lamentation, et il accompagne le mort jusqu’au lieu de la sépulture. Après l’ensevelissement, il est placé sur la tombe". Une loutrophore à figures noires du musée d’Athènés le montre posé sur le tertre du tombeau, de chaque côté duquel se tiennent des pleureuses 10 (fig.
4561). Sur unléçythe du même musée, trouvé à Ërétrie on voit une amphore à deux anses posée sur un socle, et à côté une femme portant la corbeille qui contient les offrandes funéraires. Il est permis d y reconnaître la loutrophore marquant l’emplacement de la sépulture. Au reste, les grandes dimensions de ces vases, le fait que le pied est toujours creux et évidé 12, comme pour recevoir un support, confirment l’hypothèse suivant laquelle il convient de reconnaître dans la loutrophore le monument funéraire qui décorait le tombeau.
Il est remarquable que, dans les loutrophores en terre cuite peinte, les sujets funéraires disparaissent a une certaine date pour céder la place aux scènes nuptiales13. Ce n’est pas à dire quelles perdent leur caractère d’emblème funèbre. Comme les plus anciens, les vases à scène de mariage ont été trouvés dans les nécropoles attiques, et il est probable que l’on continue à le déposer à titre d’offrande, sur la tombe des ayagot, comme on déposedes lécythes au pied de la stèle. Seulement la loutrophore cesse d’être proprement le monument funèbre. Pour la décoration des tombeaux, on emploie une matière plus résistante et plus durable que la terre cuite, c’est-à-dire le marbre. On s’explique ainsi que les potiers abandonnent la fabrication des loutrophores funéraires, pour exécuter surtout des vases destinés aux cadeaux de mariage.’ Il semble que l’usage des loutrophores en marbre, destinées aux sépultures, s'introduise dans le courant du v° siècle. C’est certainement un monument de cette nature que Démosthène signale sur la tombe du jeune Archiadès.
Quelquefois le vase est sculpté en ronde bosse. Le musée d’Athènes en possède plusieurs exemplaires. Celui qui est reproduit par la figure ci-jointe offre un spécimen
XVI, p. 379; cf. art. i-umjs, fig. 3345. — U Wolters, loc. cil. p. 380. — 12 M. Erwin Rhode (Psyché, § 292, note 1) rapproche ces vases sans fond des htiXilf JSjeïi! des Danaïdes qui sont, elles aussi, des â-jagoi. 11 pense que l'acte qu' elles accomplissent dans le monde infernal est en rapport avec les cérémonies du mariage; c'est comme une loutrophorie éternelle; cf. Kuhnert, Jahrbuch des arch. Inst., 1893, p. 111. — 13 Voir le catalogue de Wolters, Ath. M ittlieil.. XVI, p. 380 et s. La proportion des sujets funéraires relativement aux scènes nuptiales est très faible sur les loutrophores à figures rouges de style récent.
LOU
Fig. 4562. — Loulrophore t*a marbre.
très élégant de ce type, avec sa panse cannelée, son col mince et élancé qui jaillit hardiment entre deux anses à volutes ornées de feuillage d’acanthe 1 (fig. 4562). Par leur forme, par leur aspect, ces vases se distinguent des autres vases funéraires en marbre, des léeythes, dont l'usage ne semble pas avoir été limité à une catégorie spéciale de sépultures. D'autres fois, la loutrophore est sculptée en relief sur la stèle2. M. Milchhoefer a contesté que cet emblème fût réservé aux jeunes gens non mariés, en alléguant que les inscriptions mentionnent parfois des \ noms de personnes qui, manifestement, étaient mariées, et que la loutrophore est souvent décorée de sujets en relief appartenant aux types courants, comme la scène de la poignée de mains, ou la réunion de famille 3.
En réponse à ces objections, M. Wolters a fait valoir des arguments très plausibles 4. D’abord les inscriptions des stèles ornées de loutrophores désignent très fréquemment des jeunes gens non mariés 3. Parmi les bas-reliefs qui en décorent la panse, beaucoup font allusion aux occupations de la jeunesse : jeune homme jouant à la balle 6,
éphèbe debout auprès de son cheval et donnant à un vieillard la poignée de main d’adieu, etc. 1 Si parfois elles portent plusieurs noms, si les noms des parenls y figurent à côté de celui d’un jeune homme mort célibataire s, la raison en est facile à comprendre. Le tombeau est une sépulture de famille. Or, le fils étant mort le premier, les parents ont fait sculpter sur la stèle l’emblème des ayajAot ; et quand ils sont morts à leur tour, leurs noms ont été ajoutés sur la stèle. Au reste, on observe quelquefois un détail très caractéristique et ^ -lj qui achève de lever tous les
doutes. Il arrive que la loutrophore sculptée en relief a subi
Fig‘ 4563‘ stèie°attique!>re SUr ,mC des retouches ; une des anses a
été supprimée, laissant encore sur le marbre la trace très apparente de ses contours (fig. 4563). La loutrophore a été ainsi transformée en un
1 Collignon, Sculpt. grecque, II, p. 373, fig. 191 ; cf. Micliaelis, Zeitschrift fur bild. Kunst, N. F. IV, p. 203, fig. 1-G. — 2 Cf. Att. Grabreliefs, pi. cxcv, n° 1 006 ; pl. cxcvi, n"* 1003,1004; pl.cxcvii, n° 1009. — 3 Milchhoefer, Ath. Mittheil. V, p. 176. — 4 Ath. Mittheil. XVI, p. 391, — S Corp. inscr. att. II, 3, 1994; 3, 2203, 2339 ; III, 2, 1339. — 6 Bull, de corr. hell. VII, pl. xix, p. 293. — 7 Percy Gardner, Sculptured tombs of Hellas, pl. v; cf. Ibid. pl. iv. Stèlede Kalyvia, où le sujet est une scène nuptiale. La loutrophore y ligure sculptée en relief sur la loutrophore de marbre. — 8 Ainsi la stèle d’Archédémos, au Louvre. Corp. inscr. att., II, 3, n“ 1718. — 9 Att. Grabreliefs , pl. ccxxiv, n° 1097; cf. Wolters, Ath. Mittheil. XVIII, 1893, p. 66. — Bibliographie. Hermann-Blümner, Gr. Privatalterthümer, p. 270 ; Milchhoefer, Athen. Mittheilungen, V, p. 1 76 et suiv. ; Pottier, dans Dumont et Chaplain, Les céramiques de la Grèce propre, I, p. 365; Furlwaengler, Collec-
LUC
vase à une seule anse, qui rappelle à pcu rmè . , lécythe9. Cela signifie que la tombe a été r f°rme du d’un ayagoç, puis qu’elle est devenue Ui ' , d cell« famille. La retouche du marbrier n’a eu i- ^ que d’enlever à l’emblème de la stèle sa si,!., ^ obM spéciale et trop restrictive. Max. CoLur^," "'lti0nlr°P
LUCAU [msTRio, p. 224 et lucus, p 13S'
LUCER1MA, LYCHMü8(A63fvôs‘, quelquefois^ ,
Le mot latin correspond exactement au mol deux désignent l’ustensile dans, lequel la hm!^' Tou® produite par la combustion d’une mèche imbibée d’i ^ ils s’opposent aux mots lampas, fax, candtic, ^7 Aag-Traç, oatç [lampas, fax, candela, ceraI, quiV , ’ quaient aux différents genres de torches ou de flamb PP L’étymologie commune de lucerna et de doit êfJ cherchée dans une racine lue , Xux, d’où sont immédiat? ment dérivés le grec poétique Wtj, aube, crépuscule ct J latin lux 3. ’ e
On a pu croire, pendant longtemps, que les habitants de la Grèce primitive n’avaient pas connu l’usage des lampes, car dans l’épopée homérique les procédés d’éclairage au moyen des torches résineuses et des réchauds (oatSeç et Xap.7tT-?ip£;) 4, plus souvent encore au moyen du feu allumé dans l’àtre, paraissent bien rudimentaires, et c’est avec beaucoup de lenteur qu’on voit se former un luminaire plus savant.
Pourtant les fouilles de Mycènes ont prouvé d’une façon irréfutable qu’avant Fi„. 45lil candélabre, l’invasion des Doriens, la Grèce était déjà en possession d’un système d’éclairage perfectionné, analogue à celui des temps classiques. Cet élément de luxe et de confort sombra, avec tant d'autres, dans la tourmente d’où devait sortir un monde nouveau.
Le musée d’Athènes possède plusieurs grandes lampes de pierre dont quelques-unes sont posées sur un support comme des candélabres (fig. 4364) s et qui ont été trouvées dans les tombeaux de l’acropole mycénienne : la forme est celle de lampes à deux becs, disposés aux deux extrémités de l’axe Fig- 45C3- u,": le plus long et largement ou- «ink
verts pour recevoir une grosse meche , la 1 . ^ oante
est peu profonde et ornée sur le pourtour d u1" ' décoration de volutes et de perles (fig- 4365) • 1 " 1
sans doute de l’huile d’olive ou de la era'^' ' [n,nSque
D’après Clément d’Alexandrie, ce fut aux LgJ c
Sabouroff, notice de la pl. lvui-lix ; A. Herzog, Aich. xVM l^*'
" . . . ..... « mi « vu et s. et ta w, p ,
Woltcrs, Athen. Mittheil. XVI, 1891, P- 371 et s. et
Piot,
imcn. - - » . t jfondati0^
66 et suiv.; Max. Collignon, Monuments et Mt "w'ie ’ 1896, P-
1894, p. 49-60; Percy Gardner, Sculptured tombs o/ ’ C2et 133: J '
LUCERNA, LTCHNUS. 1 Varr. De ling. lut. V, 119. ' t Qiyss. Xvl11 '' 1
■ ; Varr. L. i.
nom. X, lio. 3 Macrob. Sat. 1, 17, §» 37 et n Mycenxan âge, 18 (huf ■ STsountas et Manatt, lhetny que M. *r
7 Ibid., P- 79-80. Ajoutons , ,|«
suiv. Voir candelabrüm
;. 31. — 6 Ibid., p. 80, fig. 30. — 1 loiu., y- ^ gn gfjte, ans, dans ses fouilles du palais de Minos, à ni
npes semblables, dont une surmonte un fût d une ^ ^ rmc, visiblement inspiré par quelque modèle iglP ^ édits et nrendronl nlace dans la publication sui '»
j trou'1 , do styl' loi'-
re élégance,
Ces objets »»
LUC
LUC
nv mitèrent la lampe1. Hérodote nous aples Grecs m ^ ^ gervait) comme lampes, d’écuelprendqu en'^. t ^ d’huile, et que la mèche était tout -les remplies e surface de ce mélange2. Aucune
simple1111 11 h ‘ n’a été retrouvée sur les bords du Nil; lampe dcce^ouverl une quantité considérable de lamkaisr0"le d’écuelles ou de coquilles dans la plupart Pesen e leg phéniciens ont habités ou colonisés, deS paylT(' en Phénicie3, à Chypre *, à Carthage5, en pai'eXe"‘6 Des lampes de même forme étaient placées : |’1T nécropoles juives de la Palestine’; selon Joi 8 Ce seraient les Hébreux qui auraient enseigne liv autres peuples l’usage d’allumer des lampes les jours Ü fête ou pendant certaines cérémonies religieuses.
Pour indiquer l’heure du soir où l’obscurité commence, Hérodote se sert de l’expression «cpl %vo>v (au
Lmenl où l’on allume les lampes) 9. Il est souvent Question, dans les auteurs comiques, de lampes en bronze ou en terre cuite 10 ; à la fin du v* siècle ou au commencement du ivc, une lampe d’or, garnie d’une mèche de lin d’une finesse extraordinaire, brûlait nuit et jour dans le sanctuaire' d’Athéna Polias, sur l’Acropole11. De plus en I plus la lampe remplaça la torche ou le flambeau, sauf peut-être dans quelques cérémonies religieuses très anciennes, dont l’origine était bien antérieure à l’introduction du lychnos en Grèce, telles que les lampadédromies, [les Éleusinies, les rites de l’hyménée. Jusqu’à la fin du monde antique, l’usage de la lampe fut général en Grèce.
A Rome comme en Grèce, on commença assez tard à se servir de la lampe. Les vieux Romains ne connaissaient que la candela )2; le mot lucerna est, d’après Varron, d’une invention postérieure au terme candelabtum ; peutêtre même fut-il formé à l’imitation du grecXuyvo? I3. Deux vers de Lucilius14 permettent de croire que le mot lychnus fut employé par les Latins avant le terme lucerna pour désigner la lampe :
Port o clinopodas lychnosque Diximus ers [av ü ç ante pedes lecti atque lucernas.
En tout cas, Ennius, Lucrèce, Virgile employèrent souvent le mot grec de préférence au mot latin 15.
Les découvertes archéologiques confirment ces indications. Les plus anciennes lampes qui aient été jusqu’à I présent découvertes à Rome proviennent de la nécro- ®°le de lEsquilin; Dressel, qui en a fait une étude ■ approfondie u, pense qu’aucune d’entre elles n’est antérieure au milieu du ve siècle de Rome (environ 300 av. i • -)i eu outre, elles lui paraissent être toutes de fabri- I ca ion campanienne. Ainsi l’usage de la lampe fut em- I runté assez tardivement par les Romains aux villes
IfcntMri ^ Méridionale. Il devint bientôt aussi
ü .a<l Uns Ie monde romain que dans les pays de civi- ,j(.s j ” ih truque. Sous l’Empire, on employa partout
lroiiv'(l,rilp('S ’ 11 esl Pas une seule région, où l’on n’ait
I "on t ité de lampes en terre cuite de l’époque im-
U Ale’i' Vf rom.
**«• <*« Plié,
I Üidoi
I ticulier
JMLie - 1’ 10' ~ 2 Herod- H» 62 ; cf- II. 130 et 133. —3 Renan, Ion, p, 87 199 : Hamdy-bey et Th. Reinach, Une nécropole royale à
sDemacg|,t C 1 <ilmefa'scl'-Bichler, Kypros , p. 249, n. 2; p. 411, n. 1.
s iw im^»helVQ^Xed0ran\1’ P' “7: 3‘7’ PL '* fig' 2’ “ 6 EU Pa‘'-
JJ**'®), t. II, p 9| e| l'airos. — . V. Guérin, Descript. de la Palestine (la ~ »C.Àpion i, S.'’de Saillcy, Voyage autour de la mer Morte, t. II, p. 223- Kl- 1; Coll, V|, 103 .’v * à a“r.vuv àvaxctùoEi;. — 9 Herod. VII, 215. — 10 Aristoph. ' 1 V. 119 : Candela'b ’ 121-11 Paus- L 26, §6. — 12 Mart. XIV, 5, 39. —13 De 931 ynod id vocanl „ 11/11(1 cnndela... • lucerna post inventa, quae dicta a luce, 1“' ~ ,e Ann. U*vov- ~ >4 Ap. Macrob. Sut. VI, 4, 18. — 1"> Ibid. 17, sn p. 26.) et s.; C. inscr. lat. XV, 2' part. t. I, p. 782.
périale. L’usage de la lampe, adopté par le christianisme, s’est perpétué jusqu’à nosjours; pendantde longs siècles, aucun changement essentiel ne fut apporté ni au principe ni même à la disposition générale de cet ustensile.
Abstraction faite des variétés de détail et des motifs si divers de décoration, que nous examinerons plus loin, la lampe antique, orientale, grecque ou romaine, était formée d’un récipient, destiné à contenir une quantité plus ou moins grande d’huile, et d’un ou de plusieurs becs, d où sortait la mèche unique ou les mèches multiples, qui s imbibaient d’huile et que l’on allumait. Le plus souvent, le bec ou les becs se trouvaient dans le même plan horizontal que le récipient lui-même. Le récipient était tantôt à aillibre, tantôt couvert. Dans ce dernier cas, la face supérieure du récipient était percée d’un ou de plusieurs orifices, de dimensions variables, où l’huile était versée; parfois cet orifice ou ces orifices étaient fermés par un couvercle mobile. Souvent aussi un trou extrêmement fin était ménagé dans la paroi supérieure du récipient; il est probable que ce trou était destiné à laisser pénétrer dans la lampe l’air nécessaire, quand l’orifice, par lequel on versait l’huile, se trouvait fermé. A la lampe était souvent adapté soit un manche, soit une anse en forme d anneau ' .
Nous connaissons quelques-uns des noms que les anciens donnaient aux diverses parties de la lampe. Dans son ensemble, la lampe portait en Grèce le nom de Àùyvoç ; le bec s’appelait gé-o; ou gû:a; une lampe à deux becs, Xû/vo? BffjwEo;, à trois becs, vpt'gu'o; 18 ; le nom général de la mèche était âXXu^vtov ; les mots ipXôgoç, OpûaXXiç19 désignaient plutôt la matière dont la mèche était faite. Chez les Romains, la lampe s’appelait lucerna, quelquefois lychnus 20 ; le bec, rostrum ou myxus11 ; la mèche, ellychniunin . Les savants de la Renaissance et les érudits modernes ont adopté encore d’autres noms pour les diverses parties de la lampe 21 .
Les lampes antiques en terre cuite que 1 on possède encore sont innombrables. Les lampes en bronze sont moins nombreuses ; mais le bronze, comme 1 argile, a été employé dès les premiers âges de la lampe ; une lampe en bronze, de forme primitive, a été trouvée à Chypre24. Et d’autre partie bronze était encore employé à l’époque chrétienne25. Les lampes d’argile et de bronze étaient d un usage également courant26. Mais l’on fabriquait aussi des lampes en d’autres matières : nous avons parlé de la lampe d’or du temple d’Athéna Polias27; une lampe à deux becs, en or, a été trouvée à Pompéi28; une autre lampe, en bronze incrusté d’or, a été découverte, il y a quelques années, près de Domo d’Ossola, dans l’Italie septentrionale29. Plusieurs lampes en plomb sont sorties de la nécropole de l’Esquilin 3C. Des lampes en pierre, ayant la forme d’une petite édicule ornée de colonnes et de chapiteaux ioniques, ont été découvertes dans le sanctuaire de Golgoï, à Chypre 31 . Des lampes en albâtre, en verre, en ambre même ont été signalées 32.
— U Cf. Birch, Hist. of anc.pottery, 2" éd., p. 504 et s. ; Ch. Bigot, Les lampes en terre cuite du Musée de la Soc. archéol. d'Athènes, dans Bull, de l'École franc. d'Athènes, août 1868, p. 33-35. — 18 Poli. VI, 103; ou trouve chez Martial, XIV, 41, polymyxus. — 19 Poil. I. I. — 20 Macrob. Sat. VI, 4, 17, 18. — 21 Mart. I. I.
— 22 Plin. Nat. hist. XXV11I, lt. 47; XXXV, 15, 50. — 23 Lucemae fict. Mus. Passerii, p. 6 et sq. ; C. i. I. XV, 2' part. t. I, p. 782 et s. — 24 Ohncfalsch- Richter, O. I. p. 370, noie 1. — 25 Voir plus loin, (Ig. 4599. — 2C p0ll. X, 122.
27 Paus. I, 26, 6. — 28 Bull. d. Istit. 1863, p. 90-91. — 29 Motizie d.
scavi, 1894, p. 3. — 30 Ann. d. Istit. 1880, p 333; cf. Bull, coniun. di Borna, 1875, p. 53; Not. d. scavi, 1891, p. 299-302 (lampes trouvées en Sardaigne). . 31 Di Cesnola, Cyprus, p. 157. — 32 Millin, Mon. inéd. II, xvn ; Piranesi,
Les matières, avec lesquelles on fabriquantes mèches des lampes, étaient aussi très variées. Les noms grecs <pXô|* oç, OsuxU’.i sont fort expressifs. LeŸÀÔ|j.oç, en latin verbascum, est une plante, que nous appelons la molène ou le bouillonl'Ianc; la 9pû*ÀXtç, en latin thryallis, n’en était qu’une variété; c’étaient les feuilles (le cette plante que l’on employait comme mèches ’. La mèche de la lampe d’or du sanctuaire d'Athéna sur l’Acropole était en lin de Carpasia (Chypre) 2. Les Romains se servaient, pour fabriquer les mèches de leurs lampes, soit d’étoupe 3, soit de plantes, par exemple de papyrus 4, de ricin 6 ; le soufre était aussi employé dans la fabrication de ces mèches 6. Quant au jonc ou scirpus , mentionné par Birch, il servait plutôt à fabriquer les mèches de flambeaux où de chandelles que les ellychnia proprement dits ’.
Le liquide dans lequel trempait la mèche était l’huile
/ i 1 sr
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ves
étale, ’sXatov, oleum , quelquefois mélangée de sel* , dans certains pays, en Sicile, à Babylone, on employait des huiles minérales, que les anciens considéraient comme des bitumes liquides, ou qu'ils appelaient des eaux huileuses 9. On savait aussi, au moins à la fin de 1 antiquité, soutenir l’huile au moyen de l’eau et faire plonger au fond du vase contenant les deux liquides un petit trépied portant la mèche à la surface10.
La lampe proprement dite était souvent complétée par
une sorte de tige en métal munie d’un crochet , avec laquelle on tirait la mèche en dehors du bec pour en raviver la
Fig. 45G6. — Pince à lampe.
flamme. Quelques-unes de ces tiges ont été trouvées attachées par des chaînettes aux lampes mêmes auxquelles elles servaient11 (voir plus loin, fig. 4597). On se servait aussi de petites pinces dont on voit (fig. 4566) un modèle12.
Soussaformelaplussimple etlaplus répandue, la lampe antique se composait d’un récipient circulaire ou ovale, prolongé par un bec et muni ou non d’une petite anse. Mais cette forme elle-même s’est modifiée à travers les âges. On rencontre d'abord des écuelles en terre cuite ou en bronze, dont le bord est comme pincé de manière à former un bec. Ces lampes n’étaient pas couvertes ; le fond en était rarement plat, et elles devaient manquer de stabilité. Elles n’avaient presque jamais d’anse. De très nombreux spécimens de ce genre ont été recueillis à Chypre 13, en Phénicie u (fig. 4567), et dans la plupart des régions où les Phéniciens ont séjourné ; une lampe de cette forme, munie d'une anse, se trouve au musée de Constantine 13 ; plusieurs exemplaires analogues, mais sans anse, figurent dans la collection réunie au musée d’Athènes16.
Ant. vasi e candelabri, pl. i.xxi ; Mommsen el Marquardt, Manuel des antiq. rom. trad. fr. t. XV, p. 297 ; en verre, cf. Prudent. Cathem. Y, 144; Paul. Nol. Natal. XI, 4IC ; en ambre, Boldetti, Cimiter. p. 297, pl. i, 0. — 1 Poil. VI, 103; X, 113; Hesych. s. V. Plin. Nat. hist. XXV, 10, 4.-2 Paus. I,
26, G. — 3 Moretum, H; cf. Plin. Nat. hist. XIX, \, 3.-4 Plin. Nat. hist. XXVIII, H, 47. — 5 XXIII, 4, 41. — 6 Ibid. XXXV, 15, 50.
— 7 Bireh, O. I. p. 50G; Plin. Nat. hist. XVI, 37, §70.-8 Herod. II, 62; cf Plin. Nat. hist. XIII, 1, 2; XV, 3, 4; XV, 7; Dioscor. I, 53; IV, 164. — 9 Plin. Aat. hist. XXXI, 7, 39; XXXV, 15, 51; XXXI, 2, § 14; Dioscor. I, 99; Vitruv. VIII, 3. lu Paul. Nol. Natal. VII, 129 et s. — Il Voir encore La Blanchère et Gauckler, Catal. du Mus. Alaoui, p. 193, n«! 487 et 488; Bull, archéol. du Comité des trav. hist. 1897, p. 460, n. 306, etc. —12 Antich. d. Ercol. VIII, pl. i.n;
Cette forme, très primitive, correspond », des?pt.on qu Hérodote nous donne des ], » I.
ianipes é
eSyptien
- Lampe trouvé <
nés17; c’est elle aussi, sans doute, qu il faut reconnaître dans ce passage de Pollux 18 ; otiXSt] 5è vjv xt àyysTov yvjtvov, to àvxt Xûyyo u iypüv- -ro.... Bientôt deux modifications furent apportées à cette forme de la lampe :
d’une part, le bec fut allongé; d’autre part, on se préoccupa de couvrir le récipient, de protéger l’huile " "'onv6c " i-ta*
contre les poussières et les malpropretés de toutes qui pouvaient y tomber. Quelques P 6
formes de transition sont curieuses à observer, par exemple une sorte de cornet en terre cuite à double ouverture 10, trouvé en Tunisie, à Lamta, dans une nécropole punique (fig. 4568) ; des lampes de plomb recueillies sur 1 Esquilin 20 ; plusieurs lampes qui présentent encore la forme générale d’une écuelle ronde, mais dont le bec est nettement détaché et dont les bords sont recourbés à l’intérieur21. Enfin, l’orifice du récipient devint de moins en moins large, le bec se déve loppa de plus en plus, et les formes courantes de la lampe grecque se dégagèrent des tâtonnements du début.
Elles peuvent être réparties en deux variétés. principales :
A. Récipient circulaire, quelquefois cylindrique; l’orifice occupe le centre du disque supérieur; le bec, bien détaché, est tantôt simplement arrondi, tantôt élargi à son extrémité ; il n’y a point d’anse ; parfois Fi(î. JHÜp» le récipient est orné d’une petite corne latérale. Souvent les lampes de cette forme son recouvertes d’un vernis noir brillant, métallique ■ Celle qu’on voit (fig. 4569), provenant de l'ile de Chypre 23, est décorée de quelques traits de peinture. La lampereproduite (fig. 4570), munie d’une anse, a été trouvée à Rome sur l’Esquilin, et paraît avoir été fabriquée en Campanie au n° siècle a'- B. Récipient circulaire, plus aplati que daim " s a
45C8. — Lampe punique.
Fig. 4570. — Lampe, n* s
;iccle av.
Mittheil. ( 1. antiq. Gesellsch. in Zurich, XV, pl. si, 39. — 1 ) 1 ,)IissJe Kypros, p. 249, n. 2, p. 411, p. 370, n. I, pl. ccx, n. IG. — rot,a/e i SidouM Phénicie, p. 489-490 ; Hantdy-bey et Tb. Reinaeb, Une néciop ^ ^ ,, [Irrod
p. 87, fig. 34, p. 88. — 16 Elle est encore inédite. - 10 1 '*'• ®lg“ ' ' ‘ Alaoui, p. I II, 62. — 18 VI, 103. — 19 La Blanchère et Gauckler, Catal. du . et SIC
— 333-334, tav- ^
It. 1880, p- duM^eAUl
— 21 Nécropoles néo-puniques de Lamta et de Carthage, < Hylilaea,
n. 3, pl. xxxiv, n. 3. — 20 Ann. d. Istit. 1880, p.
les de Lamta et de Carlin „ ,, al.a "J""”
v, n»« 4, 5; nécropole sicilienne <e‘ 22 C'a/ si-
"irvakeion, Ch. Bigot, |j. |3.
H, 12, 13 ; pl- xxxix, n MJ- „ J6«
p. 147, n08 4, 5 ; pl. xxxiv, « - », - - , j r-
Monum. antichi t. I, p. 829; Musée du Varvakeion , Lli. q0J ^ j j,
du Musée Alaoui , p. 147, n° G; p. 148, n08 11» 12, LL P*- x ^ ‘ 'fstn, 1880, P- — 23 Ohnefalsch-Richter, O. I. pl. ccx, n. 17. — - ' Ann. et s. p. 325 el s. ; pl. O.
LUC
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édenti
Ihréci1 extrémité ; la lamP£
• bec long, presque toujours élargi à son e est munie d’une anse assez large et souvent cannelée; la corne latérale existe, parfois très prononcée ilig. 4571). En raison de leur forme allongée, ces lampes ont été dites delphiniformes. Beaucoup de lampes de cette forme ont été trouvées dans l’Afrique du Nord; mais elles y ont été importées de l’Italie méridionale, et quelques-unes d’entre elles portent, des marques grecques 1 . Les lampes grecques proprement dites, c’est-à-dire les lampes trouvées en pays grecs et certaineétablissement de la domination ro- , sont d’ailleurs fort rares.
Nous pouvons suivre avec plus de précision et de sûreté le développement de la lampe romaine à partir de l’ère chrétienne.
Abstraction faite des formes de transition, trois types principaux se succédèrent 2 :
A. Lampe à récipient rond, sans anse, muni d’un bec très détaché, le plus souvent orné de volutes (fi g. A-
■fc K7 1. - lampe dite de!- Eiiniforme, I" siècle av. J.-C.
meut antérieures à 1 niaine dans ces pays
% 4872'. - La
quelquefois deux
oreillettes latérales
■ampe romaine, i" siècle ap. J.-C.
Jécore ni le bord du récipient à droite et à gauche.
B. Lampe à récipient rond, muni d’une anse en forme
d’anneau ; le bec est court et rond (fig.
C. Lampe de basse époque, dite chrétienne; le récipient est de forme presque ovale ; il est muni, à la place de l’anse, d’un petit manche plein et pointu ; le bec plus ou moins allongé est arrondi et sans ornement (fig. 4574) 3.
A ces formes extrêmement courantes de la lampe commune à un seul bec, il faut
Encore
"|H~ romai»«i il* siècle ap. J.-C.
e ajouter les
V1* eianclièro p| , , ~!Cf. Lato 01 c,aucklor, ( .®*nch6re et Gauckle
lampes dont le récipient était sur-
i — “'«neffie et r=. i, C ' n<” lïetsuiv.; pl. xxxiv, n°! 17, 18.
'I"'! du Mmiie g . ‘ cr ’ P- 150-153, pl. xxxiv et xxxv ; Delattre, Les lampes
PWL P' cl s. TlT\de Carl'^ P- 7 et ; C. inscr. lat. XV, t. II, * Marlio-nv .... . .
.y1-? i'* • a. , i nsev. i
arl,>y, Dict. des anliq. chrétiennes ,
2« èd \ 87
monté d’une sorte d’entonnoir adhérent (fig. 4575) ; il est probable qu’elles sont de très basse époque ; en Afrique, elles étaient sans doute contemporaines de l’invasion arabe, puisque beaucoup d’entre elles sont décorées du
Fig. 4574. — Lampe chrétienne.
vernis vert brillant, caractéristique des poteries modernes de Nabeul 4.
Ces lampes ordinaires, munies d’un bec unique, ne pouvaient pas fournir une bien vive lumière. De très bonne heure, on s’efforça de remédier à cet inconvénient; on doubla la lumière en donnant deux becs à la lampe. La lampe primitive en forme d’écuelle témoigne déjà de ce progrès. Au lieu de pincer le bord de l’écuelle en un seul endroit, on le pinça en deux points voisins, et l’on obtint ainsi deux becs au lieu d’un (fig. 4576).
Cette forme est même la forme habituelle des lampes bornées dans les né- Fig. 4575. — Lampe à entonnoir, cropoles puniques les plus
anciennes, en particulier à Carthage b. Le Xéyvoç 81'p.uljoç îles Grecs, la bilychnis des Latins était dès lors inventée. Elle se transforma progressivement comme la lampe à un seul bec; on ferma d’abord le récipient, comme le montre la fig. 4577 6 ; puis on en arriva à la bilychnis de
Fig. 4570.
Fig. 4577
Lampes puniques à deux becs.
l’époque romaine, dont le plus souvent les deux becs étaient très allongés et quelquefois très ornés. La même forme subsista pendant la période chrétienne; mais elle fut moins décorée et perdit de son élégance. On ne s’arrêta pas à la bilychnis ; on fit des lampes à trois, à quatre ou un plus grand nombre de becs. Parfois les deux becs d’une bilychnis, au lieu d’être voisins, étaient très écartés ou même placés aux deux extrémités opposées de la lampe (voir fig. 4593, 4594, 4610). Les lampes à deux ou plusieurs
p. 420; cf. p. 340, 400, 407, 771. — 4 La Blanchère et Gauckler, O. I. p. 153, n“ 52 ; p. 154, il01 53, 54, 55. — 0 Delattre, O. I. p. 1-2. — 0 La Blanchère et Gauckler, O. I. p. 140, u° 2; cf. Delattre, La nécropole punique voisine de la colline de Sainte Monique, p. 8, fig. 11.
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becssonl parfois munies d'un ornement, que ne possèdent
pas les lampes communes à un seul bec; au-dessus de l’anse, s’élève un manche tantôt triangulaire, tautôt en forme de croissant (voir lig. 4593 à 4593). Quand le nombre des becs était considérable, ils formaient pour ainsi dire couronne autour du récipient, soit que ce récipient fût destiné il être posé, soit qu’il fût garni d’anneaux ou de crochets pour être suspendu.
Une lampe en bronze du musée de Naples ‘, de style très ancien et qui rappelle les poteries noires étrus- Fig. 4578. — Lampe circulaire à trois pieds. qu6S (flg. 4578), Se COmpOSO
d’une cuve cylindrique autour de laquelle les becs sont distribués; l’un deux, en
Fig. 4579. — Lampe circulaire suspendue.
avant, est modelé en tète humaine. Au milieu du bassin
1 Mils. Borb. XV, pl. xxu. — 2 Ant. d’Ercol. Y11I, p. 127. — 3 Musée du Louvre, Salle des terres cuites (de Smyrnc) ; Mus. Britannique, Birch, O. I. Il, p. 275 ; Mus. de Dresde, Jahrbuch d. arch. Inst. 1889, p. 170. — 4 Ant. d’Ercol. VIII, pl. xm ; Coll. Sabouroff \ pl. lxxy. — 5 Overbeck, Pompci , 4e éd. fig. 231. — 6 Ant. d'Erc. VIII, pl. v. — 7 Ch. Bigot, L. c. p. 3G. — 8 Au Louvre, terres cuites de Tarse. — y Ibid. — 10 Monlfaucon L’antiq. expliquée , t. V, 2® part. pl. clxxvi;
une colonnette sert de manche; son chapiteau porte une figure de Sirène, au-dessus de laquelle une lige à tète de serpent se replie en crochet; le fond, plat, s'appuie sur trois pieds à griffes. La plupart des lampes circulaires à plusieurs becs devaient être suspendues et pour cela étaient munies d’anneaux, de chaînettes ou de tringles comme celle qu’on voit (lig. 4579) qui a neuf lumières 2.
La forme générale des lampes dérivait donc de la forme circulaire de l’écuelle primitive ; les lampes communes ne s’en écartent pas sensiblement; même les plus grossières en gardent toujours quelque chose. Les lampes de forme rectangulaire sont rares. Il en existe pourtant qui sont carrées 3 ou oblongues, comme celle du musée de Naples (lig. 4580) qui a seize becs rangés sur
les deux côtés d’une sorte de nacelle*; d’autres coniques, allongées en biberon 5, contournées en croissant6. La fantaisie des artisans grecs et romains ne s’en tint point là; elle donna aux lampes de terre cuite et de bronze les formes les plus variées, les plus originales sans doute, ces formes sont exceptionnelles, mais elles témoignent de la fertilité d’invention des ouvriers anciens, en même temps que de l’habileté avec laquelle ils surent adapter les types les plus divers à la destination propre et aux nécessités pratiques de la lampe.
Quelques lampes semblent être de véritables statuettes: cette divinité assise à demi vêtue d’une chlamyde ’, cette Victoire égorgeant un tau- mi .
reau 8, cet Éros moitié Fig. 458 1. — Lampe grecque U'argile. assis moitié couché 9, ce
Silène sur son outre 10, ce Triton qui tient une rame de la main gauche11, cet enfant endormi sur un lit de repos (fig. 4581) 12, ce potier qui, de son soufflet, ranime ou avive son feu 13 [follis, fig. 3133, 3134], ce sont des lampes. Bien souvent aussi, les lampes avaient la forme d’une tête ; tête de Jupiter Ammon u, de Silène16, de Pan l6, de Faune” ; tètes plus ou moins grotesques de nègres et d’esclaves 1S. Le disque supérieur était parfois remplacé par un masque comique (fig. 4582) 19.
Dans ces lampes, tantôt le bec est formé par la lèvre inférieure proéminente, tantôt il est placé au bout du
Fig. 4582.
cf. pl. gui. — 11 Bull, com un. 1876, p. 228, n. 63. — 12 Stackclberg, Die Cracher der Bellenen , pl. lu, n! 2. — 13 Monlfaucon, L. c. pl. cl. — u Corp. tnscr. « -, XV, 2® pari. t. I, n° 6701. — 13 N. 6513. — 16 Bull, comun. 1878, p. 296, n. -- — i< Au Louvre (salle des bronzes). — 18 Mus. Borbon. t. MI» pl* x' > Montfauco L. c. pl. cxlii, clxxvii. — 19 Au Louvre (salle des vases à reliefs trouvés en a ic , salle des terres cuites de Smyrnc).
LUC
l'orifice, par lequel on versait l’huile, est nienlc'|1', ;u sommet du crâne. Avec la tête, c’est le pied t toutes les parties du corps, a été le plus soul11" imité par les fabricants de lampes; plusieurs lampes vent 11111 en terre cuite et en bronze ont la
forme d’un pied humain(fig. 4583) chaussé de la crépide, ou sandale à courroies [crepida] 1 ; parfois deux pieds sont accolés 2 ; le bec se trouve placé soit sur le gros orteil, soit tout près de lui.
Les lampes en forme d’animaux sont aussi très fréquentes : oiseau 3 (fig. 4584), chien \ cheval", chameau accroupi 6 (fig. 4585), éléphant \ tigre »,
Fig. 4584.
Lampes de bronze.
Fig. 4585.
rat9, grenouille10, tortue11, escargot 12 (fig. 4586); tels furent les types empruntés par les fabricants au
règne animal. Nous pouvons y joindre les lampes qui représentent soit un mufle, soit une tête entière de taureau13. Signalons enfin quelques lampes en forme de barque 11 (fig- 4587 ), de pomme de pinIB, de casque de gladiateur 1 6, de croissant n, de corne d’abondance18,
;. 4586. — Lampe d’argile.
d'édicule ornée de colonnes
ioniques 19. 11 semble
Fig. 4587. — Lampe de bronze.
plin'l i 1 lorme’ s' ‘-■fi‘angc fût-elle, n’ait paru inap-
j.1 '! ll01h *orme même des lampes, la décoration en f n 6S I'nr'®es- Déjà sur les lampes primitives trani!"i ' mie^esi les potiers phéniciens ou puniques noire ^ lJ'nceau <*es bandes de couleur brune ou vée à ( î '"U lamPe en bronze de même forme, trou- ’lP'e, est ornée d’une palmelte 21. Les lampes
P'- c; Musée du |,o„ ! [ " de ^ Blbl. nnt., n. 1084; Caylus, Bec. d'ant., IV, l; v.2- pari. pl csi'rc' 'ongP*fier, Notice des br., 749, 750; Montfaucon, O. c. pnsUnlino, olc ; CJ- laL xv- 2' pari. t. 1. n. 6287; Musée de
y'iefs trouvés en ||a|- * c. p. 30. Au Louvre (salle des vases à
„'£p- 3C; Anl- diErcoT ,3 vn,L°:,Vre (Sa"C ‘leS bronzesb Chi Ch. Bisrol n ’ ■’ ' ’ P' xxv"’ ”• 2; Motizie d. scavi, 1888,
11 iT' A“ '-ouvre (salle P' ~ “ Montfaucon’ °- «• l- v. ^ P*rt.
f ; ™°"Utuieon, O , § br0Dzes)- - 6 Au Louvre (salle des bronzes).
r. 507 T 8 mL 1,1 ■ — - 9 Birch, Bist. of anc.
' U ^enchère Pi p, ,7 '' at" XV’ ParL U n- e33i- — 11 Ibid. 6393. . XXXV|. n. 485 ; A.nt 7"r 'ep’ Catal- du Musée Alaoni, p. 193. n. 485 ; ï c36: Ü * Vm’ PK à la p- 29fi- - « Ch. Bigot. toc.
' 0n"n- * P ' XXXV,,,i C • fat- XV, 2* pari. t. I, n. 6739;