‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 107 sur 275 · V. >n-1ls; Montfaucon, Op. vit. pl. cxr.v. — 14 De · texte numérisé non relu

V. >n-1ls; Montfaucon, Op. vit. pl. cxr.v. — 14 De

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grecques que l’on peut considérer comme les plus anciennes se distinguent surtout par leur couverte noire, d ,,n brillant métallique 22. Il semble que les ornements en relief n aient apparu qu’assez tard. Dans l’Afrique du Nord, où, grâce <\ des fouilles très méthodiques, nous pouvons plus facilement peut-être qu’ailleurs suivre, dans son évolution chronologique, le développement de la lampe, les premiers reliefs ne se montrent que vers le milieu du second siècle avant Père chrétienne. Des nécropoles de Carthage et de Lamta sont en effet sorties deux séries

de lampes à reliefs, qui peuvent être datées approximativement. La première série se compose de lampes rondes, sans anse, à bec bien détaché, en terre jaunâtre non vernissée; par leur forme, ces lampes rappellent exactement les lampes grecques couverte noire très brillante. Le disque est orné de reliefs représentant divers motifs très simples, un cippe ou un autel torse, entre une pomme de pin et une grenade (fig. 4588), un caducée entre deux palmes, une corbeille remplie de fruits, une laie, une vache, une œnochoé, etc. Ce qui caractérise ces lampes, c’est qu’elles portent presque toutes l’image dite de Tanit, soit en relief, soit gravée à la pointe dans l’argile avant la cuisson : le plus souvent cette image décore le bec; quelquefois elle occupe le centre du disque. Les lampes de cette série ont été trouvées, les unes dans un puits funé-

Fig. 4588. — Lampe de Carthage. i;« siècle av. J.-C.

raire voisin de la nécropole punique de Bordj Djedid, les autres au fond du cimetière des Officiales ; le P. Delattre, qui les a toutes recueillies, estime qu elles « fournissent de précieux points de contact entre la période punique et la période romaine à Carthage 23 ». La seconde série se compose surtout de lampes dites delphiniformes, qui proviennent des nécropoles de Lamta, de Béjà, de Bulla Regia. Le disque est décoré d’un cercle d’oves, de rameaux garnis de feuilles, de rinceaux (p. 1323, fig. 4572) ; à l’origine du bec, se voient souvent deux tètes de cygne ou d’ibis adossées21. Les lampes de cette série ne sont pas antérieures au Ier siècle av. J.-C. Dressel assigne la même date aux lampes de forme analogue, décorées, elles aussi, de rameaux (lierre, pampres, etc.), qui ont été découvertes à Rome ou dans les environs 26.

A partir de l’ère chrétienne et pendant toute la période de l’Empire, les fabricants de lampes se plurent à décorer de motifs en relief leurs produits, même les plus simples. Ce fut le disque supérieur de la lampe qui leur servit surtout de champ; là, ils placèrent les sujets les plus variés.

Ridder, Catal. des bronzes trouvés sur V Acropole, I, p. 139, n» 425, fig. 95 ; voir plus haut, fig. 4580 ; S. Bartoli, Ant. lucerne, III, pl. xxxi; Bull, comun. 1887, p. 362, n» 5; Not. d. scavi, 1887, p. 427. — 15 C. i. lat. XV, 2e part. t. I, n. 6350 et 6387; Bull, comun. 1876, p. 228, n. 71. — 10 C. i. lat. XV, 2e part, t. I, n. 0450; Bull. comu». 1875, p. 255, n. 03. — 17 Anti. di Ercol., t. VIII pl. v, u. 4; T. ». lat. XV, 2e part. 1. 1, n. 6627 ; Bull, comun. 4877, p. 279, n. 35.

— 18 Bull, comun. I8S2, p. 203-204, pl. xxn. — 19 Di Cesuola, Cyprus, p. 157.

— 20 Delattre, Lampes ant. du Musée de Carthage , p. 2. — 21 Olmcfalscli- Richter, Cyprus , p. 370, n. 1. — 22 ,4>m. rf. /Snt. 1880, p. 325-320. — 43 Delallrc, Hernie arch. 1898, t. XXXIII, p. 80; cf. Musée Lavigerie de Saint-Louis de Carthage, II, p. 58, pl. xv, il. 3; La Blan chère et Gauckler, Catal. du Musée Alaoui, p. 148, n» 13. — 24 La Blanchère el Gauckler, O. c. p. 156, n0’ 74-81 ; pl. XXXIV, n”5 17-18; Bull. arch. du Comité , 1897. p. 302-303. — 25 C. i. lat. XV, 2* pari, t. I, p. 782-783.

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Autour du sujet central, ils ménagèrent souvent, sur le pourtour du disque, une zone qu'ils remplirent de feuillage ou de motifs décoratifs ; ils voulurent donner au bec le plus d’élégance possible; ils traitèrent de même le manche, et le petit couvercle en métal ou en argile destiné a couvrir 1 infundibulum : en un mot, ils appliquèrent a tous les éléments de la lampe les ressources de leur génie inventif.

Les sujets moulés en relief sur le disque des lampes d argile sont d une infinie variété*. La mythologie y tient une très grande place : il n'est pour ainsi dire aucune des grandes divinités du monde gréco-romain qui ne s’y trouve représentée : Jupiter, tantôt assis sur son trône, le sceptre en main, tantôt accompagné de l’aigle, qui tient le foudre dans ses serres; Junon; Apollon, sous les traits du dieu citharède ; Diane chasseresse, avec son arc et son carquois, ou montée sur son char traîné par des cerfs ; Mercure, en pied ou en buste, entouré de ses attributs, caducée, bourse, coq, bélier, tortue; Minerve, casquée, la poitrine couverte de l’égide, armée de la lance et du bouclier, ayant parfois la chouette auprès delle; Mars; Vénus et l'Amour; Cérès sur un char attelé de deux dragons; les divinités marines, Neptune, Amphitrite, avec leur cortège de Tritons et de Néréides, Scylla ; les divinités infernales, Pluton, Proserpine et le chien Cerbère ; Bacchus et son thiase, Satyres, Silènes et Ménades; Esculape, Ilygie, Pan et Echo (fig. 2595); puis, non moins fréquents, les demi-dieux et les héros, Castor et Pollux, Hercule, Bellérophon, Persée, et ces êtres légendaires, de nature mixte, inventés ou du moins vivifiés par l’imagination des Grecs, Centaures, Amazones, etc.

A la religion proprement romaine, sont empruntées d’abord la Triade Capitoline, puis quelques divinités allégoriques qui jouèrent un grand rôle à l’époque impériale, la Victoire, la Fortune, la déesse Roma, le Génie de Rome ou d’Auguste. L’Orient fournit aux fabricants de lampes les images de Sérapis coiffé du modius, d’Isis au front orné d’une fleur de lotus, d’Anubis cynocéphale, d’IIarpocrate ; de Cybèle trônant entre deux lions, couronnée de tours, ou encore traînée sur un char attelé de lions; d'Attys, de Marsyas ; du dieu Sol, la tête radiée; de la déesse Luna, posée sur un croissant de lune. Ce ne fut pas seulement par leurs images que ces dieux, ces déesses, ces héros figurèrent dans la décoration des lampes : ce fut aussi par leurs légendes, leurs emblèmes, leurs attributs. Ganymède enlevé par l’aigle, Léda et le cygne, Europe assise sur le taureau, rappellent les aventures mythiques de Jupiter; le sommeil d’Endymion est un des épisodes de la légende de Diane ; parmi les travaux d'IIercule, la victoire du héros sur l’hydre de Lerne, la capture du sanglier d’Ërymanthe, de la biche aux pieds d’airain, de Cerbère ; dans le mythe de Persée, la délivrance d'Andromède, la mort de la Gorgone, étaient quelquesuns des sujets favoris que les potiers représentaient sur les lampes. D’autre part, l’aigle posé sur le foudre, les dauphins croisés sur une rame ou sur un trident, le canthare d’où émergent des rameaux de vigne, la massue

1 La plupart de ces sujets se trouvant répétés sur de nombreuses lampes, il ne nous paraît pas nécessaire d'indiquer pour chacun d'eux des références spéciales. Voir les catalogues de lampes, en particulier dans Birch, Hist. of anc. pottery, 2e éd, p. 510 et suiv. ; C. i. lat. XV, 2" part. t. I, p. 781 et s.; F. Kenner, Die ant. Thonlampen des Münz und Antik. Cabinets Wien.; Wieseler, Ueber die Kestnersche Sammlung v. ant. Lampen ; La Blanchère et

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et le vase à boire ou scyphos, ne peuvent A, attributs ou des emblèmes de Junite.. i „ ^ des

— - , do j\0

^‘guerre de Troie

5plune, de n’est

y VOlt 1(-‘ Jugement je'

Bacchus, d’IIercule. Le cycle de pas absent de nos lampes : on Paris, le rapt du Palladium par Ulysse m n mort d’Hector, Achille traînant le cadavre d'n '(°mède’ de Troie, la fuite d’Enée ; VOdyssée y est °P aul0llf par plusieurs épisodes : Ulysse et les Sirène Circé, Ulysse chez Polyphème. Les légendes'l ont fourni les deux motifs du Sphinx et d’Olùli , '<'!'Uennes Sphinx, peut-être aussi celui du taureau de Dh-C eVanl b

Beaucoup plus rares sont les sujets (ritlD '• . historique ou sP||,ation

purement littéraire. Quelques bustes, peu caractérisés, représentent - ils des empereurs ou des impératrices? On ne saurait l'affirmer. Sur une lampe, on reconnaît Dio gène et son pitlios 2 ; sur une autre, l’épisode bien connu d’Alexandre et de Diogène3 ; sur une autre encore, Romulus et Remus allaités par la Louve4. Mais ce ne sont pas là des motifs proprement historiques; les premiers sont anecdotiques ; le dernier est plutôt mythologique, tout au moins légendaire. La littérature semble de même avoir été une source bien faible d’inspiration. L’inscription Tityrus, qui se lit sur une lampe représentant une scène pastorale S indique que le sujet moulé n’est que l’illustration de 1 églogue virgilienne (fig. 4589) ; c’est peut-être la fable le Renard et le Corbeau , déjà contée par Esope, qui se trouve représentée sur une lampe trouvée en Suisse, à bn donissa 6.

Avec la mythologie, c’est la vie el la nature qul tiennent le plus de place dans la décoration des Les sujets de genre ne sont pas moins nombreux qui scènes mythologiques. Parfois des Amours ou des 1,1 nl ailés remplacent les personnages réels ; niais souvent les motifs sont copiés directement sm lu Il faut citer en première ligne tout ce qui 1 ' ' * ' wX à l’amphithéâtre, au cirque, au théâtre, aux ■* ' " ^ ’ jans courses, aux combats : gladiateurs de toute toutes les postures, luttes de bestiaires conin maux sauvages, combats de bêtes féroces 1 n , vues du cirque [circus, fig. 1534], courses

ta i u es

Gaucklcr, Catal. du Musée Alaoui, p. 146 et s.; Delattre, t"" 1^

vées à Carthage (Extrait des Compt. rendus de lAcadnim ^ ^ ^ . /al. VU

M. Besnicr et P. Blanchet, Collect. Farges , p. I8 e* s’ clC.' j[usée d'1

2’ part. t. I, n» 6238. •— 3 Bircli, O. c. p. 135. — Ibid. — a„s l

vre ; cf. C. i. lat. XV, 2' pari. t. I, il. 6240. — G 0. Jal"1-

nissa. pl. iv, 9.

Lampe romaine d’argile.

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aciriges,

Fi:. 4590. — Lampe romaine d'argile.

,ochers ou chevaux vainqueurs; acteurs, •omiques 011 tragiques, combats de coqs, coqs ®asqll,S " Fréquentes aussi sont les scènes de ^inqueur^ eg rurales, leg gc5nes de pèche, les reprécliasse, 1 * 1 sentations de ba¬

teaux, les scènes de la vie domestique, qui nous montrent des esclaves allant et venant, des femmes autour d’un bassin ; signalons encore les motifs suivants: un boucher dépeçant un animal suspendu à un arbre *, un bateleur faisant grimper un chien à une échelle2 (t. I, fi g. 45), un chamelier conduisant un chameau à l’aide d’une longe 3, un paysan vendant un porc, etc. Quelques sujets sont empruntés à la vie du soldat : sur une lampe trouvée en Afrique, on voit un militaire faisant le salut à un officier qui passe devant lui à cheval et qui parait lui donner un ordre4 (fig. 4590). Les scènes érotiques et obscènes sont fréquentes 6.

t Les animaux, les plantes, les objets usuels ont été figurés à l’envi : parmi les animaux, les éléphants, les lions, les tigres, les béliers, les chèvres, les brebis, les chiens, les sangliers, les oiseaux et les poissons de toutes sortes; parmi les plantes, les palmes, les feuilles de chêne, les rameaux de vigne; parmi les objets usuels, les vases, en particulier les amphores et les canthares, les corbeilles remplies de fruits. Les petits autels domestiques, les torches, les cornes d’abondance, les croissants de lune accompagnés ou non d’étoiles sont aussi très fréquents. Enfin, beaucoup de lampes sont simplement décorées d’ornements géométriques, tels que rosaces, stries en relief rectilignes ou courbes, cercles en relief. La décoration de ces ustensiles communs embrassait ainsi es sujets et les motifs les plus variés, depuis les scènes plusieurs personnages et les vues d’édifices tels que les cirques et les amphithéâtres jusqu’aux simples lignes roites et courbes. Tantôt ces sujets et ces motifs remf l'Shen1' disque supérieur tout entier ; c’est presque

toujours le

cas pour les lampes sans anse ; tantôt au con-

ra!re '*s SOnt comme enfermés dans une zone circulaire ljU 0l.cuPe tout le pourtour de la lampe, et où le potier a ennr *■'' ^es oves’ so*t des ornements décoratifs guir! U"i' S aU r^ne V(%étal, pampres, branches de chêne, pour i!' *] ^'nS °U Pa^mes: c est Ie cas très souvent d’an 1 1 1 'i n ' UUPes munies d’une petite anse en forme vérihl'l ! ’• < < t,e ZOne est toujours ménagée et prend une "nportance dans les lampes chrétiennes.

~"1 C- '• Itf.'xv i,,.Pïrt' l' ',n- c718-— 2«e»>. arch. 1898, t. XXX1I1, p.233,n.95. “"•Ul, pi. Vll „ *,!u '• C L n- 0221 . — 4 M. Besnier et P. Blanche), O. c. p. 34,

^Agincourt, Fracm '’lanc^re Gauckler, O. c. p. 171, n» 223. • — 5 Séroux ." 6 Af,„. Barbe,1,™', ‘ f SCUlpt- en terre cuit», Pi- xxvm ; Ch. Bigot, L. c. p. 41-42. hucon, o. (jiV ’ pl- x; l- IV, pl. xiv ; Ant. di Ercol. t. VIII, pU otu; Mont- ’ - PWh pl. clxxv. — 7 A nt. di Ercol. t. VIII, pl. xxvi ; Mus. Dorb.

Fig. 4591. — Lampe romaine en bronze.

Il est assez rare que le disque supérieur des lampes en bronze soit orné de motifs en relief, comme le disque des lampes d’argile. Mais les bords ou les flancs du récipient reçoivent une décoration souvent très soignée, constituée soit par des palmettes ou des feuilles, soit par des têtes humaines, des masques scéniques, des mufles d’animaux, disposés autour du récipient0.

Non moins que le disque supérieur, le bec de la lampe prête à l’ornementation. Ici des volutes, qui ne manquent ni de tinesse ni d’élégance, rattachent F extrémité du bec à la circonférence même du récipient; parfois ces volutes se terminent en têtes d’animaux, de loups, de griffons, de coqs ou de chevaux1. Là, entre le disque et le trou du bec, est posé soit un masque scénique8, soit un Amour, soit un vase, soit un animal de petite taille, comme un rat. Dans quelques lampes en bronze, le dessous du bec est décoré de feuilles d’acanthe ou de palmettes9.

Plus encore que pourlebec,les fabricantsdes lampesantiques se sont efforcés de donner aux anses et aux manches des formes variées et artistiques. Si les anses des lampes communes sont constituées simplement par un petit anneau, dans les spécimens de choix l’anse prend un aspect plus élégant. Elle se développe, s’élance et se recourbe en avant, projetant jusqu’au-dessus delà lampe une tète d’animal, de cheval (fig. 4591), de bélier, de tigre, de coq, de cygne, de dauphin, de lion, de taureau, ou encore un masque scénique10. Fréquemmentaussi, l’anneau simple qui sert d’anse se dissimule derrière un manche de proportionsrelativement considérables. Plusieurs lampes en terre cuite, surtout des lampes à deux ou plusieurs becs, possèdent des manches de forme triangulaire, que décore une palmette(fig. 4592):

à la base de la palmette, se trouvent parfois deux dauphins affrontés, ou deux oiseaux qui picorent des grains11. Sur un de ces manches, on voit l’épisode

d’Ulysse et des Sirènes12. Ailleurs le manche a la forme d’un croissant : la surface du croissant est ornée de motifs en relief tels que Jupiter tenant la foudre (fig. 4593) 13, ou encore trois images du char solaire, montant, de face, et descendant14 ; il n’est pas rare qu’au-dessus du croissant se détache soit un buste, par exemple celui de Sérapis, soit un oiseau les ailes éployées, soit un véritable groupe. Ailleurs le manche est constitué uniquement par un buste

t. XIV, pl. i.v. — 8 Ant. di Ercol. t. VIII, pl. xvi. — 9 Mus. Borbon. 1. 1, pl. x ; t. IV, pl. xiv. — 10 Ib., VI, pl. xxx, Ant. di Ercol. t. VIII, pl. xxxvm, xxxix, xl, xli, xi.ii ; au Louvre, salle des bronzes. — *1 Ibid. t. VIII, pl. n, ni, v; Mus. Borbon. t. XII, pl. xlvii ; La Blanchère et Gauckler, O. c. p. 192, n## 473 et s. ; Musée Laid gerie de Saint-Louis de Carthage , II, p. 61 , pl. xv bis. — *2 Bull, comun ., 1 886, p. 433, n. 36. — 13 Au Louvre. — 14 Passeri, Lucern. I, pl. lxxv.

4592. — Lampe d’argile.

ou par une figure isolée. Quelquefois enfin celle partie de la lampe prend un développement anormal : à la place

Fig. 4593. — Lampe romaine d’argile.

ou en avant de l’anse s’élève une arcade, sous laquelle une divinité, Jupiter (fig. 4594) \ Minerve, Cybèle, la Fortune (fig. 4595) 2 est assise ou debout 3. Une des lampes

publiées par S. Bartoli présente, comme manche, un appendice rectangulaire qui figure un lectisternium [lectisternium, p. 1011, fig.

4381 et 4382] : devant une table à trois pieds sont à demi couchées sur un lit quatre divinités, Sérapis, Isis, Luna et peut-être Sol4.

Le couvercle, que l’on plaçait sur Vinfundibulum, ne fut pas non plus négligé. On a con-

Fig. 4594. — Lampe romaine d'argile. Servé peu de COUVerdeS

de ce genre en terre cuite; ceux que l’on possède représentent en général des masques scéniques e. Les lampes en bronze en ont qui s enfoncent dans l’orifice comme un bouchon (plus haut, fig. 4591) ou qui se rabattent pour le fermer comme le couvercle en forme de coquille de la lampe reproduite (fig. 4596) provenant d’Éleusis6; ils étaient parfois surmontés de véritables statuettes souvent remarquables et reproduisent des motifs sans doute empruntés à la sculpture, par exemple un danseur (fig. 4597) ou le groupe connu de l'Enfant à l’oie (fig. 4609) 7.

Nous avons jusqu’à présent laissé de côté avec intention les sujets qui ornent les lampes chrétiennes. Ils forment une catégorie bien distincte et présentent un caractère spécial. Ce sont eux qui justifient le mieux 1 épithète : chrétiennes. Les sujets sont empruntés soit

* Passeri, Lucem. I, pl. xxx. — 2 Au Louvre. — 3 Montfaucon, t. V, "* part. pl. cliii, cliv, clxvii. — VS. Bartoli, Lucem. II, pl. xxxiv. — 6 Par exemple, au Musée du Louvre, salle des vases à reliefs trouvés en Italie; Bull, conutn. 1897, p. 335, n° 9. — 6 Le Bas, Voyage arch. Mon. figurés, PL cvm- — 7 Mus. Borbon. t. I, pl. x; t. IV, pl. xiv et i.vui. — 8 Parenteau, Essai sur les poteries ant. de l'ouest de la France, pi. v ; Martigny, liiet.

à la Vie du Christ, soit à l’Ancien TV.i symbolique chrétienne. Ici le Christ tt ”1’ s&iU]a le lion, le basilic ' ld'SSe 1(i serpenl

et le dragon; là il se tient debout entre deux anges; ailleurs nous reconnaissons Daniel au milieu des lions, les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, l’épisode de la grappe deChanaan, Jonas et le monstre marin, Lazare dans son linceul; voici l'agneau, la colombe, le vase, le poisson, tous symboles chrétiens (fig. 4598)8 ; voici

des croix latines, des croix grecques, des croix patte souvent décorées de petits médaillons où l'on disting, l’agneau portant la croix; voici des chrismes de divers

Fig. 4595. — Lampe romaiuc de bronze'

époques, monogrammes simples, monogrammes cruciformes, monogrammes constantiniens. Le pourtour du disque, dans les lampes chrétiennes, est toujours occupé par une zone remplie d’ornements : tantôt ces ornements sont purement géométriques, disques, rosaces, fleurons ; tantôt ils sont nettement chrétiens ou symboliques, comme les têtes des douze Apôtres, les colombes, les poissons, peutêtre aussi les cœurs9. La décoration des lampes chrétiennes en bronze est de même religieuse par l’inspiration; la croix et le monogramme y jouent un grand rôle ; l’on a pu, sans témérité, voir dans un manche de lampe qui représen

Fig. 4598

. — Lampe ornée d'emble®* chrétiens.

Uc la tête d’un

tenant une boule dans son bec, une image du ") ^.ui infernal portant dans sa bouche la pomme du p1

, lit- i>-

des ant. chrét. 2' éd. p. 772. — 9 De Rossi, Borna Sotteriani . pe|atlre, et s. ; La Blanclièrc et Ciauckler, O. c. p. 194 et s., n 4 Saint-Lo"11 Les lampes chrétiennes de Carthage-, Musée Lavigerte 1 ' Je> Carthage, t. III, p. 32 et s., pl. vm-x. — 10 Bull, de la

France, 1899, p. 2(12 et p. 209.

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