‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 121 sur 275 · LU U · texte numérisé non relu

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,|ir jmité par les enfants; mais, comme le ne puisse '' ' pjaton,^ dg lout temps on a cherché à reco,11,nal" ^ijVrcnce leur instinct d’imitation vers ceux ^"''"‘" •'Ünt réellement exercer plus tard. L’ingénio- (|1‘ ilS P°U!|i(, des Grecs dut se donner libre carrière dans siléDatU" i ui formaient le premier apprentissage d’un r-jfUoa d’un artisan (xe/.vo^a^vt*). On a vu comment alllbU ',véla son goût pour la sculpture. D’autres LUC'°!‘l Tl architecte; il est déjà question dans l’Iliade j0UfU'i diras de sable que les enfants élèvent au bord de la dl>S T ['après Horace, c’était un des passe-temps favoris T'i’ènfance de construire des cabanes ( aedi/tcare P s) 3 'et Sénèque a philosophé sur ces « simulacres de I *?sons simulacra domuum 4 » (Ttatoeta olxoSog^axa)6. B J es déguisements procuraient encore à 1 imagination de l’enfant des plaisirs variés et peu coûteux : un petit manteau (. paMolum ), une petite casaque ( thorax ) de couleur voyante suffisaient pour faire un heureux 6. La figure 4639 représente, d’après une peinture d’Herculanum \ un Amour qui cherche à effrayer deux de ses compagnons en se cachant derrière un masque.

IV. jeux de force, de souplesse ou d’adresse. — OuLre [ceux qui ont fait l’objet d’articles spéciaux ouqui rentrent dans le domaine de la gymnastique [gymnastica], nous mentionnerons les suivants :

f ’AxivTjTtvSa. Il s’agissait de rester immobile (àxtvqToç) sous les poussées d’un ou de plusieurs adversaires8.

1 'EÀxuTTlvoa. Deux adversaires saisissaient chacun le

Pig. 4639. — Jeu d’enfanls.

| oui d une corde et tiraient (l'Xxstv) de toutes leurs force; I jusqu ace que 1 un des deux eût réussi à entraîner l’autri i c mire maître de la corde entière 9. On peut rap proche! de ce jeu un exercice en usage chez les lutteur; un.i, il-, î<»31 j 10, L’appareil appelé par les Grecs sca perda en offre une autre variété.

enlr," l / J<7TlV°a’ ^6S j°ueurs) partagés en deux camps forci' >'*U( 0n avait autant que possible égalisé le; icamn '■ V u'*la'en*' a s’entraîner mutuellement dans h i en se saisissant un par un. Les camp:

■ 1 Fiat T

!i7- — 4 Sen r„P 043 ; XI1’ p- 794. 2 Hom. II. XV, 363. - 3.Hor. Sat. Il, :

h'elian. i. 1 7p*. ' Sap' 11 “ 5 plat- Leg. 1, p. 643. — 6 Juv. V, 141 ; Vopis< P«'i. n°754; cf Koss' f ^ l‘rco^ano' I, p . 181, pl. xxxiv = Helbig, Wandgem. Ccm '««U. Monum 1 ^ f fis- 01, pl. xxi; Agoslini, Gemm. ant. I, pl.cxvxi

0"' Biliy, n ’ XLT|i, 1 ; Bcci| de Fouquières, p. 18 = Malz-Duln

ctp»Us. V!, U G" ’__n,q2755’ ~ 8 Po11- IX, 115; Galon. De sanit. tu. 11,9

Poen- prol, ù6 . ’T . Eustath. ad Hom.//. XVII, 389, p. 1111-22; Plan

Oorhard, ' y P"dic ' 2 1 Scaligcr ad Varr. II. rust. p. 240. — lû Vo

P ■ 'xxxvii, p. ’ «suii. I, p|. vu, p. 31; Zooga, Bassiriliev. ant. I '“ll- Va r. hist X[| , >01' IX’ 112’ IIcsJ’ch- *• »•; Plat. Theaet. p. 181 II, 9). 1 n ’ J- ~ 12 Ar*stoph. pac. 69; Galen. t. VI, p. 140 k (Z

°nn- DionxJs- XII, 188. - 14 Plin. Hist. nat. XXXV

étaient séparés par une raie (Ypau-gq) tracée sur le sol. La partie était gagnée quand tous les joueurs d’un camp avaient été emmenés dans l’autre. On pouvait venir au secours des prisonniers; car il arrivait quelquefois que l’un d’eux était tiraillé en sens contraire par les deux partis1'.

Monter à la corde (àvapptyaaôa'StàiTyomciv) 12 et grimper aux arbres (SevopoëaTsïv) ,3.

Le labyrinthe était moins un jeu qu’une distraction hygiénique. Pline mentionne les labyrinthes qu’on voyait de son temps tracés « sur les pavés ou dans des lieux champêtres pour l’amusement des enfants [puerorum ludicris campestribus), de telle sorte qu’on y trouvait, sans sortir d’un espace étroit, de quoi parcourir en se promenant plusieurs milliers de pas1* ». Des pavements en mosaïque répondent à cette description A la campagne, les allées du labyrinthe étaient sans aucun doute limitées par des plantes formant des bordures ou des charmilles comme on en voit encore quelquefois dans les vieux jardins français, où la tradition a même maintenu l’ancien nom [hortus, labyrinthus].

Marcher sur les mains n’était pas seulement le talent des acrobates [cernuus], puisqu’on voyait en Grèce des enfants qui savaient faire la roue (vp oybv puppeTo-Oai) 1 ’.

Pour avoir l’idée de jouer à la lutte (Tt-xX-q) ou à la bataille (gay/q) les enfants n’avaient qu’à suivre un de leurs instincts les plus naturels11. Des simulacres de combats ont même été quelquefois organisés entre grandes personnes; dans une joute livrée sous les yeux de Cyrus le Jeune on se battit à coups de baguettes (vxpOq;) et de mottes de terre 18. Des pommes servirent de projectiles dans un divertissement du même genre auquel assista Alexandre : ce fut une mélomachie "L Les deux fils de Lollius, ami d’Horace, engageaient l’un contre l’autre, sur une pièce d’eau de la villa paternelle, des naumachies, où ils imitaient la bataille d’Actium nacmachia]

Lancer des pierres est un jeu à la portée de tous, que les gamins, comme nous le voyons par le Noyer d’Ovide, pratiquaient avec ardeur en dépit des réprimandes21.

Faire tenir un bâton en équilibre sur son doigt. A cet exercice, qui était peut-être celui du xovxo7ta;'xTq;22, on a rapporté avec peu d’apparence de raison, une peinture de vase 23 .

KuvSaXtffgôç. Chaque joueur, muni d’un piquet (xuv- SaXoç, TrâiïTaXoç), taillé en pointe, devait le lancer devant lui avec force de manière à l’enfoncer dans la terre préalablement ameublie et mouillée. Mais ce n’était p;is tout ; il fallait encore déloger le piquet de l’adversaire en le frappant à la tète avec le sien ; de là le proverbe : « Au piquet le piquet », TiaasxXto xbv TtâcaaXov, qui équivaut à celui-ci : « Un clou chasse l’autre ». Le joueur s’appelait xuvSaXoTcaixxqç 2’\

Dans les pays du Midi les enfants avaient rarement l’occasion de faire des glissades (ôXtaôat'vstv). C’est un jeu

85; Becq de Fouquières, p. 74. — 13 Voir mcsivlm opls. — 16 Xen. Convie. 7. — 17 Nonn. Dionys. X, 325; Suel Aug. 98; Agostini, Gemm. ant. II pl. xxi ; Rossi, Gemm. ant. IV, pl. un; Helbig, Wandgem. Campan. n”* 404-407; cdpido, fig. 1282. — 18 Xeu. Cyr. II, 3. — 19 Athen. Vil, p. 277 A. — 20 Hor. Epist. I, 18, 60. — 21 Anthof. Pal. IX, 3; Ov. iVnx ; Diog. Laert. ûiog. 45; Plut. De sol. anim. 7. — 22 Bckker, Anecd. Il, p. 652, 8; ou l’équilikriste qui marche sur la corde avec un balancier (xovio;) dans les mains, d’apres Hermann- Bliimner, Gr. Priv. Alterth. p. 504, n. 2. — 23 Fiorelli, Vasi dip. rinvenuti a Cumae possed. dal conte di Siracusa, Naples, 1856, pl. xvn, 2 = Hevdemann, Vatensamml. su Neapel , 1872, p. 847, u® 117. — 24 Poil. IX, 120 ; Hcsych. s. v. auvSàXr, ; Eustath. ad II. V, 212, 540, 23; I.eutsch-Schneidewiu, Paroemiogr. gr. II, p. 445 ad n. 52.

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qu ils connaissaient bien dans les contrées plus froides de la Thraee, là où des rivières telles que l’Hèbre gelaient quelquefois '.

V. Jeux arec les animaux. — On trouvera dans l’article bestiae m a nsi’ et a e les renseignements nécessaires sur les animaux familiers des anciens (voir aussi educatio, lig. -<>09, -61 1 et sur les diverses bestioles capturées par les enfants, hannetons, papillons ou autres. On voit sur des vases peints des enfants (lig. 4640) ou des Amours

prenant des insectes pour s’en amuser2. Les combats de coqs et de cailles [alektryonon agones] ont passionné les anciens ; c’était, en réalité, une forme des jeux de hasard; les paris auxquels ils donnaient lieu expliquent en grande partie la faveur extraordinaire dont ils jouissaient. Dans ce genre de divertissements cruels nous mentionnerons seulement celui qu’on appelait ôPtuyoxo7r’.a , le propriétaire de la caille (opxuH), après l’avoir diessée pour les combats, au lieu de l’opposer à une autre caille, la plaçait seule au centre d’un cercle; un second joueur, adversaire du premier {o^oxonoç), irappait 1 oiseau avec 1 index ou bien il lui arrachait des Plumes sur le sommet de la tète. Si la caille reculait et sortait du cercle, c'est qu’elle avait été mal dressée, et son propriétaire avait perdu; sinon il gagnait l’enjeu3.

N I . Farces , facéties, grimaces (sannae), etc. — Quand on voulait tourner une personne en dérision, on lui tirait la langue, ou avec les deux mains rapprochées de la tête on imitait les oreilles de l’âne, ou bien encore on lui faisait « la cigogne » (< ciconia )*. Ce geste consistait peut-être à étendre dans sa direction le bras droit allongé comme le cou de 1 oiseau, pendant que de la main gauche on se tapait 1 occiput à petits coups; tous les gamins savent comment il faut s y prendre. Notre approbation est acquise au grammairien qui affirme que donner à quelqu un des coups de pied par derrière (pa0a7ruyiÇeiv, (Txoagp^etv, yoyyûÇetv) est « un jeu malhonnête 5 » ; le montrer du doigt en faisant la nique (ffxtpxXi'Çetv) ou lui donner une chiquenaude sur le nez (<Txav0ap:Çetv, talitrum ) c ne valent guère mieux. Les polissons de Rome prenaient aussi un malin plaisir à sceller un sou au pavé des rueg, et ensuite, demeurant aux aguets, ils s’amusaient de la déconvenue des passants qui se baissaient pour le ramasser '. Ou bien encore ils leur suspendaient dans le dos, à leur insu, un objet quelconque, formant une queue ( cauda ), qui les rendait ridicules 8.

4 II. Rondes, jeux de sociétés , etc. — KuvqTtvoa, le jeu du baiser. Il était en usage à Athènes au ve siècle et nous devons admettre qu’à un certain moment les joueurs se donnaient un baiser (x’jvêîv)9. Mais pour le reste quelle en était la règle? Était-ce une ronde? On l’a supposé

1 AnthoL. Pal. VII, 542. — 2 Heydemann, Grieeh. Vasenb., Bilfstafel,

9; Jb. pl. x, 3, xii, 1 ; Arch. Zeit. 1867, p. 126. — 3 Poil. IX, 107; Schol. Arisloph. Ai . 1297, [299; Suid. s. v. ; Albeu. XI, p. 506; Becker-Gocll, Charikles,

I. p. 135; Stephani, C. rendus, 1865, p. 155, noie 10. — 4 Pcrs. I. 158 el Schol. ad h. I. • Mauus ciconiae roslrum imitans ». — 6 Arisloph. Equit. 790 et Schol. ad h. I.; Coll. IX, 126; Eust. ad 11. XI, 535 (861, H), ad Odyss. XVII, -13 (ISIS, 50}, Hesych. s. v.: Suid. oxofxÇptVai « raiStàç ù.ai\ yojç tiSo; »; Grasberger. p. 33. - 6 Arisloph. Pac. 549; Schol. ad h. 1. et ad Aeharn. 444; Poli.

X, 126; Hesych. s. v.; Eustath. p. 861, 10; Suet. Tib. 68. — 7 Hor. Epist.

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sans raisons bien plausibles. Dans un de dernes, deux personnes placées face à IV ’ n>o-

alternativement et à toute vitesse leurs L‘nlrecll0quent leurs mains gauches. Ce serait 1.5 ' . ains droi

gauches. Ce serait là, suivant

01 les et

nion, la xuvviTi'vSa ; le baiser aurait été u'" 4"1’ 6 0p^ gnant10. On ajoute même qu’il fallait s’emhT* ga marmite » (yVpa), c’est-à-dire en tenant la tèteTi*0" versaire par les deux oreilles comme par don ad'

Mais ces rapprochements sont purement hvn ,11' .(anses"'

çe qui ne t'est pas, c'est q./le j“u d "Cl"" beaucoup des nôtres, n’était « innocent » qu a h d’être joué par des enfants 13. ' édition

Les gestes commandés (x£Xedag«TK). Dans les festins! personne qu on avait choisie pour y présider et & appelait le roi [comissatio] avait le droit de faire exeVi!” ses ordres par les autres convives. Au nombre des inven tions plaisantes qui se rattachent à cette coutume il fJ citer le jeu des gestes commandés. On raconte’ qu’un jour cette souveraineté éphémère étant échue à la célèbre Phryné, elle trempa un linge dans une coupe d’eau el s en frotta le visage ; toutes les femmes présentes durent en faire autant; comme elles étaient peintes, leur fard tomba et avec le fard une grande partie de leur charme. Phryné, qui n’avait pas recours à ces artifices de toilette, resta belle de sa seule beauté u. Il est fort probable que le jeu, sous sa forme essentielle, était commun; car 011 le pratique encore aujourd’hui ls.

XeXty eXwv7), jeu de la tortue. Des jeunes filles couraient en rond autour d’une de leurs compagnes assise et figurant la tortue (yeXcov-q). Alors s’engageait ce dialogue en vers iambiques : « Torti-tortue (yeXtyyXüWïi), que fais-tu là au milieu? — Je dévide la laine et le fil de Milet. — Mais ton fils, comment a-t-il péri? — Du haut des chevaux blancs il a sauté dans la mer16. » 11 est probable que sur ces derniers mots la « tortue » sautait aussi hors de sa place et s’élancait à la poursuite de la bande joyeuse. Les vers, qui n’ont pas plus de suite que ceux de nos rondes enfantines, peuvent avoir été inspirés par quelque mythe très ancien11.

"Eljey ’, ch <p 1 X ’ 7) X 1 e , parais , 6 cher Soleil ! En hiver, quand des nuages voilaient le soleil, les enfants lui adressaient cette prière accompagnée d’un grand tapage; le plaisir devait consister dans l'attente de l’elfet quelle était censée produire ; elle pouvait facilement donner lieu, par exemple, à des paris el devenir un jeu de ha , sard18. Au même ordre de coutumes se rattache la chanson par laquelle on célébrait au printemps 1 app-'i i | i°n e l’hirondelle [chelidonistat] 19. L’eiresionè comportait aussi des chants et parfois une quête, auxquels 1 enfante 1 a^ associée. Le xopoSvinpoc au contraire, ou chan,- . ^ corneille, était chanté par des hommes; ils si n " de maison en maison, portant sans doute a\<< 1 1 ^ ” corneille et demandant des sous ou des (l11' ‘ iirS nature; en échange ils appelaient sur leuts I" toutes les bénédictions du ciel 20.

ail

K s 53 ; Porphyr- a»

I, 16, 63 ; Pers. V, 1 1 1 et Cornut. ad h. I. — s Hor. Sut. ’ ’ jj p0u. X, 100 >

h. I. — 9 Crat. ap. Poil. IX, 114. — 1» Becq de Fouquièrcs, p- ' rat. G

Theocr. V, 132 et XII, 28 ; Schol. ad A. I. ; Tibull. H, 5 ; «

Lucian. Dial. mer. 3. — *2 Grasberger, p. 136

13 Crates, L. c.

H Hesych-

tcuoioui -i-T («.(/. hic/ . «x» - p — i I i nnrn (je lCU " "

v.- Galen. t. I, p. 25 Kuhn ( Adhortatio , 10). — C' ■S°IIS 11 __ 17 Grast“'lf>e,'

— 16 Poil. IX, 125; Eustath. ad Hom. Od. XXI, 411, P- ‘ , jolumcnt clunlér“|U81

p. 133. Les inductions de Beet[ de Fouquières, p. ,f0, so __ 19 Thcog»- * I

— 18 Poil. IX, 123 ; Suid. s. v. ; Eustath. ad 11- XI, 733 (p- ’ . . u-.«idi. s-*'

d’Ali-P'

acha.

Athen VIII, 360 B ; Aristopli. Equit. 419.

20 Athen. VIII, P- c

Hesych.

LUD — 1361

(X Total, cpiTTa MeXtat, pst '

cpiT TOC 1 Y ’ / .

Roèie», pst! Méliéest Les jeunes filles, ^ s’excitaienl les unes les autres à accédans leurs en poussant cette exclamation bizarre ;

poussan sont, paraît-i

1, des noms de nym“

Lrer'eurco»^

les r,rSce que’ l’on en peut dire; les gram-

P,lW ' ’ ces • ns nui les ont recueillis n’en savaient pas mairiens ancien» i

Ie“edam lccreux [de

«mines pas mieux renseignés sur ce jeu que sur i!Trrc*nl. Il devait J avoir un moment où l'un dos - tendait le creux de la main en invitant les j0UeUI\ v mettre de l’argent ou un prix convenu. De un dicton qu’on appliquait aux per¬

sonnes cupic

Fig. 4641.— Faune saul tant à la corde.

autres

In s’était formé ,

ides et trop portées à mendier des cadeaux

ou des faveurs2.

’E^à-fco ^wXbv Tfâyiffxov, je chasse un petit bouc boiteux. On suppose que le petit bouc était un enfant, qui devait courir à cloche-pied après ses camarades pour les attraper; celui qu’il touchait le remplaçait. Si le bouc posait le second pied à terre, on avait le droit de le poursuivre à son tour jusqu’à ce qu’il eût repris sa place. Mais cette explication ne repose sur aucun témoignage antique. Le jeu était particulier à Tarente3.

’EgiroSfÇeiv ’ta/âSaç. D’après les scoliastes, qui hésitaient déjà beaucoup, il fallait lancer des figues (w/mïç) en l’air et les rattraper dans sa bouche. Ce qui n’est pas clair, c’est le sens donné au verbe. La

grande variété des explications proposées par les grammairiens anciens prouve qu’ils ne l’entendaient pas mieux que nous 4.

Enfin nous en sommes réduits à des conjectures encore plus incertaines pour les jeux appelés ywvoç (l’angle) 6, s7taiTiv8a (la quête?)6, Xrjxîv Sa (claquement des doigts ?)\ çiatvBa (danse de l’épée ?) \ go'i)'tvBa(lejeuduveau?)9

yth Jeux dont les noms anciens sont inconnus. <Jl1 a cru voir le saut-cle-mouton représenté sur

p. K:;1”,011.; ,IX’ 117 \EusU ad °<ty**- XXIV, 340, p. 4903, 33 ; ad il. XI, 438, t. f , Arisloph. Equ. 4082 ; cf. Thesmoph. 936; Hesycli. Pharorin. Hesycli 1 cl», s. v. — 4 Arisloph. Equ.it. 735 et Schol. ad II. I .; Hesycli 5 ,, ^rasberger, p. 154, 453. — 3 Jeu de force ou de souplesse, Bekkar 1 i c'lcva' f°u|lu, d'après Grasberger, p. 453. — 0 Tlieognost. ap, Hesycli s t ■ 'n **’ — 1 Gucian. Lexipli. 8; Bekker, L. c. p. 562, 48; cf.

■7, p. 1P9 • p Bekker, Z. c. p. 1353 ; cf. p. 432 ài.o!;ioi(Tao6ai ; Athcn. XIV,

Bccii de ?c s’ l’’ ûyiîttv. — 9 Cf. taurinda; Hesycli. s. v., Meursius, L. c. cl îles sources s SUIV-’ donnent encore d’autres noms, mais d’après

Vincclle ftr 10 ^enon, Mon. des arts du dessin, pl. xxxw ; Grivaud de

*• Agonistik !■>' /i"n'nm' nnti1ues’ H, pl. XXIII, fig. 1-2, p. 208 ; Krause, Gxjmn. Ktyet, ÉtudeJ'fi' C , pl’ lx b' xxv /l> P- 910 : Clara’, Musée , pl. 712, n» 1966 ;

240. — 11 P- 373 ; S. Reinach, Bronzes de St-Germain , p. 246,

c« llerie d. uj"' , 0 do N»P>es, Areh. Zeit. XXV, 186', p. 423. — 12 Levezow,

Vniilrf.’ p 871 (= Furtwaengler, n» 2549) ; Benndorf, Griech. u. Sicil.

^ ^ langue fr 13 Ee^ze> Jeux des adolescents, p. 140; Littré, Diction.

' Emi grette) Le Bas, lier. archéolASiS, IV, pl. lxxv. —

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quelques monuments ; mais aucun texte n en fait mention [SALTUS].

Une statuette en bronze (fig. 4641) représente sous les traits d’un jeune faune le saut à la corde ; la corde a été restaurée

11 est difficile de ne pas reconnaître le cerf-volant dans la figure 4642".

L’enfant représenté sur la figure 4643 d’après une coupe du Musée de Berlin 12 s’amuse avec un objet de forme circulaire suspendu au bouL d’une ficelle ; on reconnaît là un certain jouet un peu passé de mode aujourd’hui, qui fut en grande faveur après la Révolution ; il est connu sous le nom d 'émigrant, émigré ou émigrette , qu’on lui donna à cette époque. Il se compose de deux petits disques réunis au centre par un court cylindre; sur ce cylindre on fixe l’extrémité d’une ficelle qu’on enroule tout autour; puis on prend l’autre extrémité entre les doigts et on laisse tomber l’objet. Quand Fig. 4644.

la ficelle est entièrement déroulée, l'émigrant remonte aussitôt en vertu de la force acquise et revient au point d’où il est parti, enroulant la ficelle sur le cylindre. 11 descend une seconde fois, remonte encore « et il continuerait incessamment ce manège, si une partie de l’impulsion qu’il a d’abord reçue n’était à chaque instant détruite par le frottement de la ficelle et par la résistance de l’air; aussi le joueur est-il obligé de seconder le mouveiuent du jouet par le mouvement de la main, qui en s’abaissant et en s’élevant tour à tour lui communique une force nouvelle 13 ». On a découvert à Athènes de petits objets en terre cuite qui semblent avoir été faits précisément pour cet usage ; ils mesurent environ 0m,12 de diamètre ; des sujets mythologiques sont\peints sur les deux faces. L un d eux u est reproduit (fig. 4644) et le profil d'un autre (fig.

Fig. 4645,

IX. Jeux inconnus. — A cette liste il y a lieu d’ajouter les jeux dont l’existence nous est révélée par les monuments, et dont nous ne pouvons déterminer ni le nom, ni la règle ; c’est le cas, par exemple, pour celui de la figure 4646 1G. Les joueurs sont partagés en deux camps, chacun attaquant ou défendant des sortes de quilles

H Musée d’Athènes; Ross, Arch. Zeit. 4843, p. 62; Le Bas, lier. arch. 1848, IV' pl lxxxiv-lxxxv ; 1854, X, p. 753; Preller, Berichte d. Saechs. Gescllsch. d. Wissensch. 1852, pl. v-vi ; Benndorf, L. c. pl. xxxu, 4. — 1» Tsouutas, Eyr.^to',; •A97.a10-Aoy.x-4, 1885. p. 148, pl. v, 4. — 16 Sarcophage du Vaticau. Gerhard, Ant. Bildw. pl. xc, 2; Platner et Bunsen, Beschreib. d. Stadt ftom , 1832, II, p. 441, n. 52. Voir aussi lusobia tabula. — Bibliographie. Bulenger, De ludis Graecorum, 1627, dans le Thésaurus antiqu. de Gronovius, t. Vil, 1735, p. 934; Meursius, 4622, Ibid. p. 982; Souter, 1625, Ibid. p. 1038; Senflleben, 1667, Ibid. p. 1187; CalcagninO, 4544, Ibid. p. 4229; K, -H. Papasliotis, Aôyo; mgi tw. naç.7 toTç àoyaim; "F.XXt.oi xatSeiSv, Athènes, 1854; L. Grasbergcr, Erziehung u. Unterriclit

im Iclass. Altertli. 1, Abth. 1, Die Knabenspiete, 1864; Becq de Fouquièrcs, Les Jeux des anciens 2, 1873; Beckcr-Goell, Cliarikles , 1878, IL p. 362; Gallus , 1882, 111, p. 455 ; Herraann-Blümner, Lehrb. d. griech. Privataltertli. 3, 1882, p. 291; Marquardt-Mau, Privatleben d. Borner, p. 834; Richtcr, Die Spiele d. Gr. u. Bôm. Leipzig, 1888; Frankel, Die schônsten Lustspiele der Gr. u. II. Halle, 4888; Edw. Falkcner, Games ancient and oriental and liow to play them, London,

posées à terre. Ils tiennent à la main, à ce qu’il seml»li', une courte crosse renflée du bout, ou peut-être

un objet souple, en étoffe ou en cuir. G. Lapai e.

Ll W PI HLICI ’Aywvs;). — Les concours et les jeux de toute espèce ont tenu une très grande place dans la Aie des anciens, à toutes les époques de leur histoire, depuis les temps homériques jusqu’à la décadence byzantine. La plupart des questions qui se rapportent soit à la nature des concours, soit à l’organisation des jeux, olant traitées dans des articles qui concernent chacun d eux, nous nous contenterons ici d’exposer le développement historique des jeux, de montrer quel en a été le caractère prédominant aux diverses périodes de l’antiquité. quels en ont été l’influence et le rôle dans la vie publique et privée des anciens.

1. Grèce. — 1° Époque homérique. — Les plus anciens ji ux giecs que nous connaissions avec quelque détail sont les jeux funèbres que, dans l’Iliade, Achille fait célébrer, après les funérailles de Patrocle *. Ces jeux ne sont placés sous l’invocation d’aucune divinité; leur caractère est nettement, exclusivement funéraire ; ils ne sc rattachent au culte que dans la mesure où les funérailles elles-mêmes s’v rattachent. Ils ne sont précédés ni suivis d'aucune cérémonie religieuse; Achille seul les oiganise et les préside sans le concours d’aucun prêtre ; nul sanctuaire, nul autel n'est mentionné près du lieu où lisse célèbrent. Ces jeux sont exclusivement physiques ; ils se succèdent dans l’ordre suivant : course en chars attelés de deux chevaux, combat du ceste, lutte, course à pied, combat en armes, jet du disque, tir de l’arc, jet du javelot. Les concurrents sont les héros de l’épopée homérique, les chefs les plus illustres des Grecs. C’est sur leurs chars de guerre qu’ils disputent le prix de la course ; c’est avec leurs armes, leur arc, leurs javelots qu'ils luttent entre eux. Ce ne sont point des athlètes; ils ne se sont point préparés d’avance à ces jeux. Un double sentiment les anime : la passion de la gloire et le désir de remporter les prix qu’Achille propose aux vainqueurs. Ces prix sont honorifiques, sans doute ; mais ils ont aussi une grande valeur : ce sont de belles esclaves, des coursiers et des cavales, des taureaux, des armes, des vases précieux, des coupes artistement travaillées, des trépieds, de l’or, du fer. Les autres jeux attribués par les auteurs anciens à cette époque lointaine et légendaire sont tous des jeux funèbres : tels sont les jeux qu Acastos, le Thessalien, compagnon de Jason, célèbre enl honneur de son pèrePélias 2 ; les combats gymniques fondés, suivant Philochore, par le roi de Crète, Minos, en 1 honneur de son fils Androgée, tué par les habitants de 1 Attique ' ; tels, les jeux cités dans l’Iliade, jeux

LÜDI PUBLICI. 1 II. XXIII, 257 et s<(. 2 Plut. Sympos. V, 2; Paus. III, 18, § 9. — 3 Plut. Thés. XVI. — 4 II. XXIII, 630 et 680. — 5 paus. V, t, § 6: VIII, 4, 3. 8 f ind. Olymp. 1\ , Schol. ad v. 32 et sq. — 1 Krause, Vie Gymnastik und

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funèbres en 1 honneur d’Amaryncéc, ,eUv des funérailles d’Œdipe * ; tels encore les i, brés lo« lieu après la mort d’Azan, fils d’Arcas G i (,l“ Cn“'enl des Arcadiens 3, et les jeux institués à Lemnol' de Thoas, roi légendaire de l’île, par ,sa fin * ,? mémoi^ Les grands jeux nationaux de la Grèce ni PSi?y1^ Pythiques, Isthmiques et Néméens, passaient yinp"l"e's’ été à l’origine des jeux funéraires1.

Dans l’Odyssée, qui nous montre une soriétn 1 lisée que celle de l’Iliade, les jeux ont une I)hvP "" Clvi' un peu différente. Ils font partie de la fête que 1 ITT Phéaciens donne en l’honneur de son hôte ! ■ :i î®8 brentsur la place publiquede lacité (àvopaU Miisn! , que les jeux funèbres de Patrocle, ils ne sont àS avec une cérémonie religieuse. Ils suivent le festin oITp Ï par Alcinoüs à Ulysse ; lorsqu’ils ont pris fin, les dt herus rentrent au palais, où les servantes préparent non, Ulysse un bam hede et parfumé. Les luttes é„„mS par le poète sont la course à pied, la lutte, le saut le jet du disque, le ceste. Les jeunes gens des plus nobles familles se mesurent entre eux; « pour eux, dit Laoda mas, fils cl’ Alcinoüs, il n’est pas de plus grande gloire que de vaincre à la course ou de triompher à ln lutte l0» Ils s’y exercent; ce sont déjà des athlètes; du moins Euryale reproche à Ulysse de ne pas en être un". Après les jeux physiques, l’aède Démodocos chante les aventures d’Arès et d’Aphrodite; puis dans l’arène même ont lieu des danses; mais il ne semble pas que ces chants ni ces danses soient des jeux, des concours au sens précis du mot; on ne voit point de rivaux luttant ensemble; aucun vainqueur n’est désigné. Ces jeux sont présidés par neuf citoyens, que le peuple a choisis1’. Il n’est pas fait mention des prix qui sont accordés aux vainqueurs.

Ainsi, à l’époque homérique, les jeux se présentent à nous d’abord sous la forme de jeux funèbres, puis avec le caractère de réjouissances publiques; nulle part nous ne voyons qu’ils se rattachent à un culte ou à un sanctuaire particulier ; nulle part non plus il n’est dit qu’ils soient célébrés périodiquement. Bien au contraire, nous n'y assistons que dans des circonstances exceptionnelles : funérailles d’un chef, réception d’un hôte par le roi des Phéaciens. Les concurrents, qui se disputent la victoire dans les divers jeux, appartiennent aux plus nobles familles. Les concours sont surtout physiques , cependant les chants des aèdes et les danses commencent peut-être à y jouer un rôle. Plus tard, on raconta que les concours de poésie étaient aussi anciens que les juin eux-mêmes ; selon Plutarque, Acastos le Thessalien nui ai déjà proposé un prix de poésie lors des jeux funei,i • ^Iul accompagnèrent les funérailles de son père F- lllS L’Iliade ni l’Odyssée ne nous montrent rien ch ,u^ De même, si dès cette époque les grands jeux O111 11 niques d’Olympie, de Delphes, de Némée et ch ^ ^

avaient existé, il est vraisemblable que des . ^

seraient faites dans l’Iliade et l’Odyssée, dont h s *

connaissaient fort bien la Grèce méridional!

des

IcUC* .

■:à la mort d' Alexandre *

vasion

2° Période historique, jusqu Grand. — La période qui commence avec 1 l,n' ^ ]nort Doriens dans le Péloponèse et qui Fini!

9Orf.VItI.10Ȕ

AgonUtik der Hellenen, 1, p. 9, noie 3 .—%Od. VIII, I'1' G ^ , ^tîîe1

US.» »ï|uv I, 4Tofî|»... — 10 Ibid. v. 147-148.- » Od. VIH,

— 1 3 Ibid. v. 258. — 13 Plut. Sympos. V, 2.

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le Grand, est, dans l’histoire des jeux comme ^Alexandri' ' J ^ mon(je hellénique, la plus

di,ns plus caractéristique. Les jeux atteignent

briUante e ^'^gjoppement; ils occupent dans la vie ators leur U , t Jang la yie nationale une place considéllU1"iCiPl Acquièrent et ils gardent longtemps une phy- Fle ; , ‘ut empreinte de grandeur et de dignité ; pour

fionon ,,e ct pour la Grèce entière, ce sont de véritables <h>que. ceux qui y prennent part, qui concourent à solenm ' Aer l’éclat, sont partout acclamés ou vénérés. Il enI'erpas ainsi à l’époque homérique; plus tard, Jimi la période hellénistique, ces caractères s’effa-

^Les Grecs attribuaient à la plupart de leurs jeux une nrieine très ancienne et mythologique : le fondateur des Lx Olympiques était Héraclès; les jeux Isthmiques avaient été institués par Poséidon, d’après les uns, par Thésée, en l’honneur de Poséidon, d’après les autres; Héraclès jouait encore un rôle important dans les origines des jeux Néméens ; les Panathénées, antérieures à Thésée, furent réorganisées par lui, si Ion en croit les légendes athéhiennes [olympia, pythia, isthmia, nemea, pakatuenaea]. En réalité, nous ne connaissons ni la date, même approximative, à laquelle furent fondés ces jeux, ni les circonstances de leur iondation. D autres jeux furent créés à l’époque historique : par exemple, les jeux que les Ghersonésiens instituèrent, en mémoire de Miltiade, fondateur de leur ville1 ; les jeux des Éleuthéries de Platées [eleutheria], et ceux que les habitants d’Amphipolis établirent en l’honneur de Brasidas, après j sa mort2. Quelle que fût d’ailleurs leur origine, qu ils fussent très anciens ou de création récente, lesjeux étaient très nombreux et très fréquents dans le monde grec, non seulement dans la Grèce propre et les îles de la mer Égée, mais même en Sicile3 et jusqu’à Chypre4.

Le caractère essentiel de tous ces jeux était d’être en relations très étroites avec la religion et le culte. C’était toujours en l’honneur d’une divinité ou d’un mort héroïsé qu’ils étaient célébrés ; ils étaient toujours précédés, suivis, accompagnés d’une procession solennelle onde sacrifices. Les jeux Olympiques se donnaient en 1 honneur de Zeus Olympien : ils ne formaient qu’une partie de la fête, les pratiques religieuses constituant 1 autre. Les jeux Pythiques se célébraient d’abord sous h direction des prêtres d’Apollon Delphien ; ils furent ; Cujours consacrés au dieu. Lesjeux Néméens étaient un hommage rendu à Zeus, les Isthmiques à Poséidon. Ce |n étaient pas seulement les grands jeux panhelléniques I qui avaient cette physionomie ; il en était de même pour (> i‘ ux Pr°pres à chaque ville. La plupart d’entre eux ipoilaient des noms, dérivés de noms de divinités ou de I L r°SUl' tiques '•Panathenaea,Dionysia(Ethènes,Ëlide,

I n'e’ U^hos, Naxos,Chios, Tenedos), Iieraea (Élide,

I gra°S J^^ne’ Samos), Hermaea (Phéneus, Pellène, Tana- (Épidaure, Céos), Heraclea (Thèbes, °U Pythdea (Trézène, Sicyone, Mégare), die iA A ‘^raarynthos d’Eubée, Ephèse), Lycaea (Arcal0n j)j(| 1,1 ^eus Lycaios), Didymea (Milet, culte d’Apolnaeos ^amefa (Laconie, culte d’Apollon Kar-

Ithorrurt-, l^">uaea (Messénie, en l’honneur de Zeus ‘'N' Hyakinthia (Amyclées), Amphiaraea (Oro-

1 Ui'rod. V| 3s __

S- I. ^ r, ||p, llucy<'. v, H. — 3 Pind. Wj/mp.XIII.v. 111-112. — <• Isocr.

VI, 3g. 6 Tliucyd. V, 11. — 7 Olymp. Vil, v. 78-81.

pos), Trophonia (Lébadée), Alcathoea (Mégare, en 1 honneur du héros Alcathoüs), Aiakeia (Egine, en l’honneur d’Éaque), etc. D’autres jeux étaient désignés par un adjectif tiré du nom de la ville ou du lieu où ils étaient célébrés ; néanmoins, il ne saurait y avoir de doute sur leur véritable caractère : les jeux des Eleusinia, ceux des Délia , les Actia sous leur forme la plus ancienne, étaient des cérémonies religieuses, ou faisaient partie intégrante de telles cérémonies. Lors même que les jeux étaient institués en mémoire d’unmortel, d'un personnage historique, tel que Miltiade, fils deCypsélos, le fondateur de la colonie athénienne de la Chersonèse de Tlirace, ou encore Brasidas, que les Amphipolitains voulurent honorer comme le fondateur de leur ville, leur caractère religieux subsistait : avec eux sont toujours cités des sacrifices. « Après la mort de Miltiade, dit Hérodote, les Chersonésiens lui sacrifièrent, comme c’est l'usage à l’égard d un fondateur; ils instituèrent des jeux gymniques et équestres6. » — « Les Amphipolitains, écrit Thucydide, entourèrentd’une enceinte le tombeau de Brasidas; ils lui immolèrent des victimes comme à un héros, et établirent en son honneur des jeux et des sacrifices annuels6. » La même idée est explicitement affirmée par Pindare, dans la VIIe Olympique : « Là Tlépolème, prince des Tirynthiens • (le fondateur légendaire des colonies grecques de Rhodes), trouve une douce consolation à sa déplorable infortune dans les honneurs qu’on lui rend comme à un dieu. C est en son honneur que la graisse des troupeaux brûle sur l’autel et que l’on célèbre ces jeux où deux fois Diagoras a couronné son front des fleurs de la victoire1. » Ainsi les jeux étaient célébrés en l'honneur soit de divinités ou de héros, soit de mortels héroïsés8. Ce fut seulement au début du iv° siècle que les Grecs, par flatterie, songèrent à rendre le même honneur à de grands personnages vivants : ainsi, selon Plutarque, les Samiens, après la victoire remportée par Lysandre à Aegos-Potamos, donnèrent à leur fête nationale des Iieraea, qui comportait de grands jeux, le nom de Lysandria 9. Mais cette pratique, qui fut si répandue pendant les périodes hellénistique et romaine, était alors inouïe ; d’ailleurs, dans le même passage, Plutarque rapporte, d’après Duris de Samos, que Lysandre fut le premier à qui les villes grecques dressèrent des autels et offrirent des sacrifices comme à un dieu 10. Sous quelque forme et dans quelques circonstances que nous les rencontrions, les jeux nous apparaissent à cette époque comme revêtus d'un caractère religieux; ce sont des cérémonies du culte, dont le rôle est tantôt essentiel comme à Olympie, à Delphes, à Némée, tantôt secondaire et accessoire, comme à Eleusis.

De ce caractère en découlent forcément d'autres. Puisque les jeux accompagnaient des fêtes célébrées en l’honneur de divinités ou de héros, ils étaient publics au même titre que ces fêtes elles-mêmes; comme elles aussi, ils revenaient d’habitude à dates fixes ; normalement et sauf exception, ils étaient périodiques. A l’époque historique, il n’est fait jamais mention d'àyüjvs;; privés, célébrés soit à l’occasion d’un culte domestique, soit en l’honneur d’un mort ; il nous paraîtrait exagéré, même inexact, de considérer comme des jeux privés les luttes et les courses proposées par Clisthène, tyran de Sicyone, à tous les prétendants qui recherchaient la main de sa

— 8 Cf. epitaphia, où sont cités la plupart des fêtes et (lesjeux funèbres de la Grèce, en particulier les Epitaphia d’Athènes. — 9 Plut. Lysand. § 18. — 10 Ibid.

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fillo Agaristfe1, ou encore les jeux gymniques que le géné ral athénien Démosthène donna sous les murs d’Épidaure, pour attirer hors de la place les troupes ennemies qui y tenaient garnison 2. Attribuera-t-on d’autre part le caractère de jeux privés aux concours de toute sorte que Nicoclès fils d’Évagoras, faisait célébrer auprès du tombeau de son père avec la magnificence et la pompe qu Isocrate a louées3? Parmi les associations, corporations et confréries que la Grèce connut alors, nous n'en voyons aucune qui donnât des jeux ; en ce qui concerne les diverses catégories ou divisions, soit génétiques, soit politiques ou administratives qui existaient dans les cités du monde hellénique, comme les phratries, les tribus, les dèmes, seuls les dèmes attiques semblent avoir célébré des jeux*; mais c’était là un souvenir des temps lointains où chaque dème formait une cité indépendante, et à l’époque historique, la plupart de ces jeux, Dionysies du Pirée, Brauronies, Héraclées de Marathon, étaient devenus des jeux officiels de l’État athénien [dioxysia, braüronia, heraclea].

En réalité, les jeux grecs étaient tous, on peut le dire, des jeux publics. Les uns étaient particuliers aune ville; d autres étaient célébrés par une fédération ou amphictyonie; d’autres enfin, communs à tout le monde grec, étaient nationaux ou panhelléniques. Dans chaque ciLé grecque il y avait une divinité et un sanctuaire qui étaient l'objet d'une grande vénération ; en l’honneur de cette divinité, autour de ce sanctuaire étaient donnés des jeux qui attiraient souvent beaucoup d’étrangers : tels étaient les Panathenaia à Athènes, les Ileraea à Argos, les Asclepiaea à Êpidaure, les Karneia à Sparte, les lleraclea à Thèbes, les Artemisia à Éphèse, les Dionysia à Naxos, les Didymea à Milet, etc. Parmi les jeux de caractère fédéral ou amphictyonique, les plus fameux à l’époque historique étaient les jeux qui accompagnaient les Délia de Délos, fête amphictyonique à laquelle prenaient part surtout les cités ioniennes de la mer Égée [délia] et les jeux des Ephesia en l’honneur d’Artémis [ephesia] ; d’autres jeux étaient célébrés en l'honneur d’Apollon Triopien par les cinq villes doriennes de Lindos, Ialysos, Camiros, Cos et Cnide 5 : citons encore les jeux des Amarynthia ou Amarysia, qui se donnaient sur le territoire de la petite ville eubéenne d’Amarynthos, près du sanctuaire d'Artémis, et qui étaient des jeux communs à plusieurs cités d'Eubée ou des îles, Chalcis, Érétrie, Carystos, Céos, Andros, Téos, etc. [amarynthia] ; les jeux qui accompagnaient les fêtes de Poséidon à Oncheste, ville béotienne qui était le centre de l'amphictyonie peut-être la plus ancienne que nous connaissions 6 ; les Pamboeotia de Coronée, où il y avait certainement des jeux équestres 1. Il est probable, mais non prouvé par des documents formels, que des jeux faisaient également partie des fêtes amphictyoniques ou fédérales de Calaurie en Argolide 8, de Samicum en Élide9, ainsi que des Panionies de Mycale10. Enfin, le caractère national ou panhellénique était réservé à quatre jeux seulement : les Olympiques, les Pythiques, les Néméens, les Isthmiques

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