XIII
— 106-112. - 2 pyth. IX. — 3 Nem. X. — <■ Isthm. III.
Nem • V, 18 et suiv. — T Nem. VI, 72-73; Olymp. VIH, 55 et
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voir qu’un enseignement national comme celui de la gymnastique eût pour unique but l'éducation de ces rares sujets9. »
Tout ce qui précède s’applique spécialement aux jeux gymniques. Pour la course de chars, le prix était décerné non pas au cocher qui avait pris partà la course et dirige l’attelage, mais au propriétaire des chevaux : c’est ainsi qu’Hiéron de Syracuse, Alcibiade d’Athènes, le roi Philippe de Macédoine furent vainqueurs à Olympie. Enfin, dans les àywveç gousixof, les concurrents divers, rhapsodes, cilharistes, joueurs de flûte, chanteurs, chorcutcs, acteurs de tragédie et de comédie, furent de bonne heure des professionnels, des virtuoses. Encore moins l’éducation ordinaire pouvait-elle préparer les jeunes Grecs à la poésie tragique ou comique. Il y avait plus loin encore d un Eschyle, d un Sophocle, d’un Aristophane à un jeune Athénien d instruction moyenne que d’un Diagoras ou d’un Xénophon de Corinthe à un éplièbe de vigueur et de souplesse ordinaires.
A nos yeux, c’est beaucoup moins dans la vie privée des Hellènes que dans la vie publique des cités grecques que les jeux ont tenu une place considérable. C’étaient en tout lieu des fêtes officielles, ou tout au moins ils faisaient partie de fêtes officielles ; ils en étaient l’élément le plus populaire. « En principe, ils n’étaient que 1 accessoire des cérémonies religieuses ; en fait Cependant ils tenaient la première place. Jamais les processions, les chœurs et les sacrifices n’auraient, sans les jeux, attiré de toutes les contrées de la Grèce un pareil concours de pèlerins10. » Les organisateurs, les présidents des jeux étaient de véritables fonctionnaires; les prix étaient décernés au nom de la cité ou de l’amphictyonie qui donnait les jeux. Pendant les jeux comme pendant les fêtes solennelles, les affaires publiques chômaient, sauf les cas d’extrême urgence A Athènes, aucun tribunal ne siégeait durant les Panathénées11. Une loi, citée par Démosthène au début de la Midienne, stipule que « pendant les Dionysies du Pirée, où se donnent des tragédies et des comédies ; pendant les fêtes Lénécnnes, accompagnées des mêmes jeux scéniques; pendant la célébration dos Dionysies urbaines, auxquelles prennent part des troupes de jeunes gens, et qui comportent des festins et des représentations scéniques; pendant les jeux publics des Thargélies, il ne sera pas permis de prendre des gages, de rien exiger de personne, même de ceux dont les obligations sont échues. » Et Démosthène ajoute : « Vous poussez tous l’humanité et le respect des Dieux jusqu à ditférer, pendant leurs fêtes, la réparation des injustices qui ont été commises auparavant12. » 11 en était sans doute de même pour tous les jeux qui avaient un caractère officiel et public. Les Délies, qui comportaient des jeux très brillants, suspendaient toute action judiciaire, toute exécution capitale. Mais la conséquence la plus grave de ces fêtes était l’établissement de trêves, qui avaient un caractère sacré. La- plus célèbre et la mieux connue de ces trêves sacrées était la trêve olympique [Olympia] ou ’Exeyetpfa [hif,romenia|. Une trêve analogue existait pendant les jeux Pythiques, Isthmiques, Néméens [pythia, isthmia, nemea]. L’État, ou la fédération d’Ëtats qui faisait célébrer les jeux envoyait, à l’approche de la fête, des messagers dans toute la Grèce pour réclamer le bénéfice de la trêve sacrée en faveur de la ville où se donnaient
su,v. 8 Olymp. VIII, 59-04. — 9 P. Girard, L’édite, athénienne , p. 217-218.
— 10 Schoemann, Ant. gr. t. lI,p.7S. — •* A Mien. III, 53. — 12 Dcmosth. C. Alid. 10-12.
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les jeux et de tous ceux qui s’y rendaient1. Toutes les Ekécheiries n’étaient pas également respectées par les États qui ne prenaient pas part aux jeux. Seuls les grands jeux nationaux et surtout les jeux Olympiques avaient le privilège d'arrêter à peu près complètement toute hostilité entre Hellènes [olympia]. A Sparte, toute opération militaire était rigoureusement suspendue pendant les Karneia, qui étaient accompagnées de jeux; les soldats Spartiates ne pouvaient pas se mettre en campagne avant la fin de cette fête [karneia].
Enfin l’importance publique des jeux est encore attestée par les récompenses et les honneurs officiels que chaque État accordait aux athlètes vainqueurs. Ces récompenses et ces honneurs étaient surtout caractéristiques pour les vainqueurs des grands jeux nationaux Cvtiileta, p. 515]. Dans ce cas, l'athlète était vraiment considéré et honoi'é comme le représentant de la cité tout entière. Sa victoire était celle de sa patrie. Il était reçu en triomphe, comme un général vainqueur des ennemis. Il devenait, au moins pour un temps, le premier citoyen de l’État. Ses concitoyens s'enorgueillissaient, comme lui-même, de son triomphe à la course, à la lutte, au pugilat. Son nom était célèbre non seulement dans sa patrie, mais dans toute la Grèce 2.
Les jeux ont peut-être été l’institution la plus nationale de la Grèce antique. « Il est bien vrai que les Grecs pouvaient, en ces occasions, se sentir les enfants d’une même patrie, unis malgré ses divisions par les liens du culte, de la langue et des mœurs, recherchant les mêmes biens, jouissant avec la même ardeur de ces belles et grandes choses inconnues aux Barbares, et dont le germe ne pouvait se développer en dehors du sol de l'Hellade. Grâce à la trêve sacrée, les citoyens mêmes des États en guerre les uns contre les autres entretenaient des relations amicales ; les inimitiés s’apaisaient; les anciennes atrections renaissaient, etils’en formait de nouvelles3. »
3° Période hellénistique et romaine. — Nous avons insisté longuement sur la nature et l’histoire des jeux publics de la Grèce avant Alexandre, parce que c’est la période de l’histoire hellénique pendant laquelle ils ont revêtu le caractère le plus distinctif et le plus original. Nous nous bornerons à indiquer, pour la période suivante, les modifications que ces jeux ont alors subies et qui en ont altéré la physionomie primitive.
Jusqu’alors les jeux étaient restés, sous leurs diverses formes, une institution purement grecque. Après Alexandre, ils se répandirent dans toutes les conLrées où pénétra la civilisation hellénique, surtout en Asie Mineure, en Syrie, en Égypte. Alexandre, qui aimait beaucoup les jeux, en avait fait célébrer à plusieurs reprises pendant son expédition ; il se plaisait surtout aux Dionysies 4. Les Diadoques suivirent son exemple ; les diverses capitales hellénistiques rivalisèrent de fêtes brillantes: à Alexandrie, à Antioche, à Pergame furent donnés des jeux magnifiques et fréquents ; à côté des
1 Sclioemann, O. I. t. II, p. 74-75. — 2 p. Monceaux et Laloux, fleslaur. d'Olympie , p. 215-218. — 3 Sclioemann, p. 79-80. — 4 Voir en particulier Droysen, Hist. de l'hellénisme , I, p. 707. — 6 Corp. inscr. gr. t. IV, Indices, p. 42-44; Ditlenberger, Sylloge 2, Indices, t. Il, p. 199-202 ; en partie. Corp. inscr. gr. 4472. — * Corp. inscr. gr. 4472. — 7 Ditlenberger, Sylloge 2, n. 318 : décret des Léféens, qui constitue un Ixit'.xo; &T5v xa0’ ’éto; en l’honneur du questeur M. Annius P. f. (118 av. J.-C.). — 8 Corp. inscr. gr. Indices, p. 43 sub v. xoivov. — » Ditlenberger, O./. 245; Plut. Cleom.W I; A rat. XI.V. — W Corp. inscr. gr. 2139 b, 2801.— n Ibid. 2347. — 12 Ibid. 1572. — 13 Dittenbcrger, Sylloge*, 250, 251.
capitales les anciens centres de population des m quis par les Grecs, revêtus parfois de noni P ySc°n' Sardes, Tarse, Aphrodisias, Tralles, Ancvr - n,°Uveaux> Stratomcée, Apamée, Ascalon, Sidon TVr i ques villes nouvelles ou relevées de leurs Yui "'’0lquel' Ilion ou Alexandria Troas, s’efforcèrent villes grecques5. De nationaux les jeux devin, \ersels, œcuméniques (otxou[2.£vtxô; ayoîv) G Des jeux nouveaux s’ajoutèrent aux anciens On t.nua de célébrer en Grèce les jeux d’autrefois- moi outre, des concours furent fondés en l’honneur desDin T ques; un peu plus tard en l’honneurde Rome divin! de ses plus illustres généraux, même de ses fonction’ naires 7 ; enfin en l’honneur de César, d’Auguste et des empereurs. Ces derniers jeux ne furent qu’une forme du culte provincial de Rome et d’Auguste; c’est pourquoi les assemblées provinciales de Grèce et d'Asie les célébrèrent souvent8. Les jeux se multiplièrent alors à l'infiniil serait fastidieux de les énumérer tous ; citons du moins les principaux : Antigoneia 9, Attaleia10, Demetreia ", Ptolcmaia 12, Seleueeia 13, Philadelpheiau, Romaea'K Lucullia 1G, etc. ; Caesareia ”, Augusteia ,s, Sebasteia ou Sebasta 19, Trajaneia 20, Hadrianeia 21 , Anlonineia% Commodeia 23, etc. D’autres jeux furent institués pour rappeler le souvenir d’un événement heureux, par exemple les Soteria de Delphes, en l’honneur de la déroule subie par les Gaulois en 27821. Mais les Grecs de l’époque hellénistique et romaine ne se contentèrent pas d’allonger la liste de leurs jeux pour exprimer aux puissants du jour leurs sentiments de flaLterie et de soumission. Ils firent plus ; ils voulurent assigner en quelque sorte une place à leurs idoles nouvelles dans leurs anciens jeux nationaux. Les Athéniens donnent à leurs Dïonysia le nom de Demetria [demetria] ; les habitants d’Oropos appellent les Amphiaraea d’autrefois ’Agtpiapï# «1 ‘Pcugafa 2S ; dans une inscription trouvée à Cos, on lit la formule ’EXsusivtx xà xat Kanrap-qa21’. Ces jeux perdent le caractère religieux, qui avait été jadis leur caractère essentiel; désormais les Grecs se préoccupent moins de rendre hommage à leurs vieilles divinités nationales que d’honorer en toute circonstance et de toute manièu les nouveaux maîtres dont ils subissent le joug, despotes macédoniens, syriens, égyptiens ou empereurs m.n, mis. Les grands jeux panhelléniques sont dépouilb s " prééminence passée: les nomsd 'Olympia, de / // / '" attribués à des jeux nouveaux. On rencontre des ^
ques à Alexandrie, à Athènes, à Cyzique, a 1 plu •
game, à Smyrne, à Tralles; des Pythiques a • " ’
Chalcédoine, à Hiérapolis, à Magnésie, à Mile , ’
à Périnthe, à Thessalonique, à Tralles; des s 11 ^
Ancyre21; pour donner plus d’éclat à dau r J (5 1 »f, les déclare égaux aux jeux Olympiques, . égaux aux jeux Pythiques, Iconothoi • — x an-
victoire d’Actium, Auguste donne un ic < , et st>
ciens Actia, qui devinrent Axtkx xa p-£Ya
17 Coi-?*]
m Corp.)
- « Corp. inscr. gr. 215, 216, 283. - ^Ibxd. 3902, 5805 , D^.rf %
009, 077; Liv. XLIII, 6- - ,c Plut, t.ucull. 23; *?P! ,:Mcnbcrger, 077. inscr. gr. 381, 396, 1180, 1239, 1240, 1378, 10'’’ * U20, 1186, 3070, S3|;’; inscr.gr. 3200, 3208, 3209, 5913. — 19 /*• tf2 > ' ’ 3*»08, 3428, 5013,^ '
-22 lb. 240, 248, 4472. - * lb. 248, 1720, 3.08
berger, G7G. — 2 a Ib. 078; cf. Corp. inscr. gr. 1 s9,3: -A
'llpàxXsia Ko^iSeia; 1025 : |«r4*a nT*“ f j 9 « 3498.
- 27 lb. IV, Lie. P. 43. - 38 Ib. 4472, 5805. -
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tmlS les quatre ans le 2 septembre, jour célébrèrent < ■ bataille; 0n compta par actiades, anniversau-e a.t olympiades [actia]. Aussi les comme on * la Grèce indépendante tombèrent-ils anciens jeu* L de luS en plus marquée; quelqucsdansuncdew plus célébrés qu’irrégulière-
unS d’enUe e J rurent. Et p0urtant il n’y eut jamais ment; à auu ^ et en 0rienl qu’à l’époque impériale, plus dej' i‘x j*on(qaicnt dans leurs villes, quelque-
D6SP d ament. Chaque cité, même modeste, possé-
foispiU '"je son hippodrome, son théâtre.
d;ul S° ‘ nnic des jeux subit, lui aussi, quelques Le pn’faLes jeux gymniques, si importants au vie et
passèrent au second plan; les courses h,p-
, les àvS.K rm«* occupèrent désormais la pre- 'T.’oIm Plusieurs documents épigraphiques nous " Inné,. t' qu’au commencement du »• siècle a».
T jeux équestres des Panathénées se cele- !;«nl avec un éclat vraiment extraordinaire [uireonao- 204-205] ; les courses de chars étaient les plus brûlantes et les plus magnifiques de toutes. D’autre part, les concours de musique elles jeux scéniques se répandirent partout ; à l’imitation d’Alexandre, les Diadoques favorisèrent les Dionysies ; on en célébra désormais dans la plupart des grandes villes grecques [dionysia, p. 24bj.
Il est probable que des àywve; p-outrixoi furent alors introduits pour la première fois dans les jeux Isthmiques et les jeux Néméens. Dans ces concours, les chœurs subsistèrent, mais leur rôle devint accessoire. Au contraire, les exécutants isolés prennent la première place : une inscription relative à une représentation des Soteria de Delphes au me siècle av. J.-C. nomme des rhapsodes, des citharistes, des citharèdes, des joueurs de flûte, des maîtres de flûte, des auteurs tragiques, des auteurs comiques, et trois chœurs dont les choreutes sont cités chacun par leur nom, les itaïosç j^opeuxaf, les yopoi àvôpcov, et les yo peinai xtogixoi1. Il n’y a laque des individus ; les chœurs ne forment plus un ensemble en quelque sorte anonyme, comme autrefois. Un nouveau concours s’ajoute aux chants, aux danses, aux rhapsodies, aux jeux scéniques : c’est le concours d’éloges2 ; les inscrip- I tions mentionnent l’èyxcüpuov àirixôv, éloge en vers, et lèyx(i[i.(ov X&Ytxdv, éloge en prose [laudatio, i]. Jadis les hymnes, qui étaient des lyxoSpuot éirtxà, étaient exclusivement consacrés à l’éloge des dieux ou des cités ; à cette I époque, les vivants, surtout les empereurs, furent loués I comme les dieux. Jupiter Capitolin et la Dca Roma ■ acquirent, alors un grand prestige auprès des Èyxtopto- K bïT,ou Les ayiôvsç gouirixot ont perdu leur caractère Pet leur sens religieux primitifs. Les Dionysies n’ont
I pom a'ns' dire plus de rapports directs avec la légende
de Dionysos.
9nant aux concurrents, aux àywviffxat, ils sont devenus [ Ain- excePli°n des professionnels de leur art [atrleta].
ci 'n'1' ” ProPrement dits, cochers de quadriges, musi- | de ,'!'anteurs’ composileurs d’éloges, de tragédies ou I lM1 ' ?ni '''cs’ aclenrs tragiques et comiques sont de plus innm-.'r ’ pen,danl Us siècles qui précèdent et qui suivent cent ' ' llcment p,“re chrétienne, des virtuoses. Ils exerjeux'n UU'lier el gagnent leur vie en prenant part aux s 1,1 ment des associations puissantes, sous le nom
Üill(*nl, or 0 p i
Cirlnm inibus * 1 * 2 là. n» G71 ; v. Lafaye, De poetarum et orator.
I ■ ’eteres. — 3 Corp. inscr. gr. 5909; kaibel, Inscr. gr. Sic. et
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de o’t 7tepi tov Aiôvjtov Teyvtxai [DIONYSIACI ARTIFICES, d( oi Ttspî xôv 'HpâxXea [ATHLETA, SYNODOS, XYSTARCUA, XYSTOSj.
Ils se transportent de ville en ville, et donnent des représentations presque quotidiennes. Plus que jamais ils sont fêtés, acclamés, richement payés et récompenses. Si les àywvei ; |j.oui7ixot et les jeux scéniques sont plus pr is< s que les jeux gymniques, par contre les athlètes, les buteurs vigoureux et adroits sont plus populaiies que les acteurs; les plus célèbres d’entre eux reçoivent des pensions d’honneur ; beaucoup de cités leur décernent h- titre de citoyen honoraire, même de sénateur ! ; on leur cleve des statues, on promulgue des décrets en leur honneur.
Les fils de famille se mettent à leur école et veulent comme eux paraître dans l’arène; ils y réussissent parfois et acquièrent une grande renommée. L’athletique devient au iet et au ne siècle ap. J.-C., au moins dans les provinces grecques de l’empire, un sport à la mode. Elle pénètre aussi dans la société romaine, qui cependant avait d’abord montré une véritable répugnance pour 1rs jeux gymniques : l’une des plus belles salles des thermes de Caracalla était ornée de très nombreux portraits en mosaïque d’athlètes victorieux
Les jeux grecs, sous leur triple forme de jeux gymniques, de courses équestres et d’àyÆvEç goocixof, durèrent pendant tout l’Empire. Encore très brillants au i", au 11e et
même au début du me siècle de l’ère chrétienne; ils subirent,
plus tard, l’influence des maux de toutes sortes qui s’abattirent sur le monde romain au milieu du 111e siècle et au ive siècle. Leur décadence fut progressive et irrémédiable. Les plus célèbres d’entre eux résistèrent jusqu’à la lin du ive siècle; l’empereur Julien essaya même de leur donner un éclat nouveau ; mais ce fut en vain. Sous Theodose, les jeux Olympiques furent abolis en 394. Cette date marque, on peut le dire, la fin de l’agonistique grecque.
Nous avons montré plus haut quelle place les jeux tenaient avant l’époque d’Alexandre dans la vie publique des Grecs. Ils la conservèrent pendant la période hellénistique et la période romaine. Les jeux étaient les fetes les plus brillantes qui se célébraient dans les cites grecques. Les ruines innombrables de stades, d hippodromes et de théâtres, qui se rencontrent partout en Grèce et dans les provinces orientales de 1 empire, subiraient à attester la difïusion et la fréquence de ces jeux jusque dans les villes les plus modestes. Les inscriptions qui les mentionnent sont de même très abondantes. On sait d’autre part quelle impulsion les jeux donnèrent a tous les arts, en particulier à la sculpture : statues de vainqueurs, ex-voto en ronde-bosse et en bas-relief, monuments commémoratifs de victoires remportées dans l’arène ou sur le théâtre, remplissaient les sanctuaires, les places publiques, les thermes, tous les édifices où se donnaient des jeux. La littérature dut beaucoup aux àyûvE; aouffocoi : la poésie épique et lyrique, la tragédie, la comédie trouvaient dans les jeux des occasions répétées de produire des œuvres nombreuses.
IL ÉTRURIE. — L’Étrurie mérite une place à part dans l’histoire des jeux antiques, parce que c’est à elle que Rome a emprunté l’usage des courses équestres et des combats de gladiateurs. Les jeux étrusques se présentent dans les documents avec un double caractère, funéraire et religieux; tantôt ils sont représentés dans les fresques
liai. 1105 ; Corp. inscr. gr. 5913; Kaibel, Ibid. 1102; Corp. inscr. gr. 24.. 4 Friedlaender, Sittengesck. Roms, G' édit. t. Il, p. 497.
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qui décoraient les parois des grands tombeaux1, sur les bas-reliefs des sarcophages, sur les stèles qui marquaient remplacement des tombes plus modestes2 ; tantôt, au contraire, ils sont cités par les auteurs anciens comme ayant une origine religieuse 3 ou comme ajoutant à l’éclat de certaines cérémonies du culte, par exemple de la fête fédérale annuelle, qui se célébrait à Vulsinies et qui réunissait les douze principales cités de l’Ëtrurie*. Il n’y a point lieu d opposer 1 une à l’autre ces deux catégories de renseignements : chez tous les peuples de l’antiquité, les rites des funérailles ont eu un sens religieux. D’après une antique tradition, dont l’écho se retrouve dans Tertullien, ce serait chez les Lydiens de l’Asie Mineure qu’il faudrait chercher l'origine des jeux étrusques : mais cette tradition n’est guère qu’un jeu de mots, fondé sur le rapprochement du mot latin ludus et de l'ethnique grec Aûooi 5. Hérodote, d'autre part, rapporte l’épisode suivant : après qu'une flotte phocéenne eut été battue dans les eaux de la Corse par les Étrusques et les Carthaginois coalisés, beaucoup de prisonniers tombèrent entre les mains des vainqueurs, qui les lapidèrent. Cette cruauté fut punie; en particulier chez les Agylléens (‘habitants d’Agylla ou de 'Caere), tout ce qui passait à l’endroit où les Phocéens avaient été tués, devenait estropié et difforme : moutons, bêtes de somme et humains étaient également frappés. Les Agylléens s’adressèrent à l’oracle de Delphes. « La Pythie leur prescrivit l'expiation qu’ils pratiquent encore ; en effet, ils honorent ces victimes par de grands sacrifices funèbres, et ils ont institué en leur mémoire des jeux gymniques et équestres 6. » Ne pourraiton pas conclure de ce passage d'Hérodote que la Grèce a été en cette matière l'initiatrice des Étrusques ?
- Les jeux étrusques ressemblaient beaucoup aux àyàjveç grecs. Ils étaient peut-être moins variés; mais les trois principales catégories de jeux grecs se retrouvent en Étrurie : jeux gymniques, jeux équestres ‘, concours de musique, de danse et de chant8. Parmi les jeux gymniques, les Étrusques pratiquaient : la lutte, le pugilat avec le ceste, la course à pied, le saut avec haltères, le tir à l’arc, le jet du javelot, le jet du disque ; parmi les jeux équestres, la course à cheval, la course en biges, la course en quadriges, le tir de l’arc à cheval, le jet du javelot à cheval ; parmi les àywvsç goutrixof, les concours de lyre et de flûte, peut-être la pyrrhique ou danse en armes9 ; nous avons moins de détails sur les ludi scaenici proprement dits, qui ne sont représentés sur aucune fresque, sur aucun bas-relief. A ces jeux, communs aux Étrusques et aux Grecs, s’ajoutaient chez les premiers les combats de gladiateurs ; les auteurs anciens sont unanimes à rapporter que l’Étrurie a été la patrie de ces luttes sanglantes et inhumaines [gladiator]. Enfin les jeux étrusques comprenaient, outre les àyûveç et les concours proprement dits, toutes sortes de représentations et de distractions variées : des bateleurs, des mimes, des acrobates, des musiciens égayaient le spectacle10.
Ces jeux étaient publics. Sur une fresque d’une tombe découverte près de Chiusi, se voit une tribune ou estrade
1 Monum.d. Ist. t. V, pl. xv-xvi, xxxm ; Dennis, Cities and ccmcteries I, p. 325 et suiv. ; II, p. 3C3, 3G9, 379 et suiv. ; Marlha, L'Art étrusque, p. 410. — 2 Dennis, Op. c. II, p. 186 et suiv. ; Martha, O. I. p. 34i. — 3 Terlull. De spect. 5. «( In Ëtruria inter celeros nlus superslitionum suarum spcclacula quoque religionis nomine instituunt »; cf. O. Muller, Die Etruskerl , p. 197 et suiv. — 4 Liv. V, 1. — 6 Terlull. L. I. 5. — 6 Herod. I, 1G7. — 7 Liv. I, 35 : « equi pugilesque ex Elruria maxime acciti ». — 8 Id. VII, 2 : « ludi quoque scenici... ludiones ex
remplie de spectateurs11 ; les jeux fédéraux v , attiraient une grande foule d’Étrusques et v ‘ S‘niei [etrusci, p. 824]. Nous ne savons à peu près organisation. Les vainqueurs recevaient des 6 Cur et des palmes, qui sont figurées sur plusieursC?Ur°nnes en particulier sur l’une des peintures de la Gm ?? n’ 1 Simia, à Chiusi12. Les jeux tenaient une della dérable dans la vie des Étrusques ; ils étaient IT*' comme en Grèce une institution nationale et nom, I n?" dans la tradition romaine, la plupart des ienv ’ étaient d’origine étrusque. ”aains
III. Rome. - 1“ Depuis les débuts de l'histoire romain , jusqu a la fin de la République. - De toute antiquité^ y eut des jeux à Rome, puisque les historiens en men tionnent dès l’époque de Romulus. Les plus anciens jeux romains que nous connaissions avaient, à la différence des jeux grecs de l’époque homérique, un caractère nettement religieux ; les jeux pendant lesquels les compagnons de Romulus enlevèrent les Sabines, étaient des courses données en l’honneur du dieu Consus13; les Equi rria, qui passaient pour être les jeux les plus anciens de Rome avec ceux des Gonsualia, étaient de même] comme leur nom l’indique, des courses de chevaux ; elles avaient lieu au Champ-de-Mars, en l’honneur de Mars 14 [consualia, equirria]. D'après Tertullien, qui cite ses auteurs, Pison et Suétone, d’autres jeux furent institués par les premiers rois de Rome en l’honneur de Jupiter Feretrius,de Mars, de la déesse Robigo, d’autres divinités encore 15 ; il insiste sur l’origine idolàtrique de ces jeux :
« rei causa idolatria est;... cuiidolo et cui superslitioni ludi notarentur 16 . » Tarquin l’Ancien donna un grand essor aux jeux romains. Ce fut lui, suivant la tradition, qui fit construire le Circus Maximus dans la vallée située entre le Palatin et l’Aventin ]circus]; il donna aux jeux une organisation pour ainsi dire régulière et décréta qu’ils seraient annuels; il fit venir d’Étrurie des chevaux de course ; enfin il introduisit à Rome le pugilat 1 7. Les jeux ainsi réorganisés par Tarquin l’Ancien furent ceux qui portèrent plus tard le nom de ludi Romani ou magné* | [ludi romani]. Sous la République, d’autres jeux annuels furent créés : les ludi Plebeii au mc siècle av. J--L- lu,DI plebeii] ; les ludi Ceriales vers la même époque [ceueaJ lia] ; les ludi A poil inares en 212 [ludi apollinaiies , les ludi Megalenses en 204 [megalesia] ; les ludi Un a e J en 173 [floralia]. Au dernier siècle de la Républiqm , u’s jeux d’un caractère différent furent fondés pour p< , lj^
le souvenir des victoires remportées par Sylla elLi s.ii .
ludi Victoriae Sullanae (82-81), les ludi I ici») saris ou Veneris Genetricis (46) [ludî victoriae ■ j ^ NAE, LUDI VICTORIAE CAESARIS]. Ce furent là, jUMp ' ^ ^
blissement de l’Empire, les seuls jeux à la fois al11
officiels de Rome. . ]eS
Mais d’autres jeux furent souvent celé ai ( s 1^ ^
magistrats romains en accomplissement d un ' apaiser la colère divine, lors d’un triomphe, c 1 ,uX cace de temple ou d’édifice public. C étau n ^ euX extraordinaires. Il est probable que la p L1P,H
Elruria acciti . . - 9 La plupart de ccs jeux sont rcr'*‘' | * p|. xv-*v 1,1
de deux lombes découvertes prés de Cliinsi . Alu" 379 et sli'' "
xxxm; cf. Dennis, Op. c. 1, I, p. 325 et suiv.; >’ u ]l)ld U M*»- * Martha, l'Art étrusque, p. 390. - Marlha, L- «■ Varr. De ling- la ‘
Ist. V, pl. XV. - <3 Liv. I, 9; Plut. Romulus, H- __ „ Liv. U
VI, 13. — 15 Terlull. De spect. S. — ,e /b,d- — 18 Ibid.
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l j'abord ce caractère .: nous le savons aiunie's cur,'n lcs ludi Apollinares, qui furent expre^emen F lapl.cmière fois en 212, mais qui
v0U,S 'Vii'linilivement organisés comme fête annuelle j,e furent a pQur leg ludi Fiorales , qui parais-
d f'^ (IU C".;t.réé’g en 240 ou 238 », et qui ne devinrent seot av°" 11 gn olltre, nous connaissons un assez annuels qu en . extraordinaires, qui furent donnés »J "ilement tel fut le cas des jeus tumulte,
gra
U,ie f°13 n^irir 'le dictateur A. Postumius Tubertus (431 causa vot ceux qui furent voués par le dictateur
Vunus Camillus en 396, et qui furent célébrés en 392 ' , . mrK,ils L. Valerius Potitus et M. Manlius, apres la p;U "i, véies5 • de ceux qui furent voués, lors du Julius Gallictls de 360, par le dictateur Q. Servilius Lia6 de ceux que le premier Africain avait voues en Fsnatme pendant une mutinerie de ses troupes, et qu il h Rome en 203, à la veille de partir pour la Sicile et l’Afrique ' ; de ceux encore que P. Cornélius Scipio, propréteur en Espagne, avait voués en l’honneur de Jupiter pendant un combat indécis contre les Lusitaniens, et qu’il célébra à Rome l’année de son consulat, en 194 av J.-C., etc. On donne parfois à ces jeux extraordinaires le nom de ludi votivi 8. Les magistrats romains promettaient des jeux à la divinité comme ils lui promettaient un sacrifice extraordinaire ou l’érection d’un temple nouveau. Dans d’autres circonstances, les jeux faisaient l’office de véritables actions de grâces : ainsi, après que les Gaulois se furent éloignés de Rome, le dictateur M. Furius Camillus lit décréter par le Sénat que des ludi
Capitolini seraient célébrés, quod Jupiter Optimus Maximus suarn sedem atque arcem populi Romani in
re trépida tutatus esset 9.
Outre les jeux publics soit ordinaires, soit extraordinaires, il y avait à Rome des jeux privés, c’est-à-dire des jeux qui étaient célébrés par des particuliers. Ces jeux, autant que nous pouvons le savoir pour l’époque républicaine, étaient surtout des jeux funèbres ( ludi funèbres ), qui tantôt suivaient de très près les funérailles du défunt [FUNus,p. 1400-1401], tantôt étaient célébrés après un plus long intervalle en l’honneur du défunt, ou même en l’honneur de deux défunts de la même famille. Par exemple, en l’année 206, le premier Africain donna à Carthagène des combats de gladiateurs et des jeux funèbres en mémoire de son père et de son oncle, P. Cornélius Scipio et ( n. Cornélius Scipio, tués tous deux cinq ans aupara- 'anl Lorsqu’ils étaient célébrés à Rome, les jeux funè- 1,res pouvaient avoir lieu sur le Forum romain11 ou sur b Forum Boarium 13. Vers la fin de la République, les ambi- Deux qui briguaient les suffrages du peuple lui offraient des JLux, en particulier des combats de gladiateurs : il fallut rai‘me, à l’époque de Cicéron, promulguer des lois contre C0 mo,*e de captation de l’opinion publique [ambitus,
1 ■ même, avant l’Empire, les riches Romains, stM'dnl en cola l’exemple des Étrusques et des Campa- ^'j8’ iraient à leurs invités des jeux et des combats de j'J' mleurs, en même temps que des repas d’un luxe 11 • Quelques-uns d’entre eux possédaient de véri-
ï^t. v 12 ; XXVI, 23; XXVII, 23. — 2 Vell. Pat. I, 14, §8.-3 OvkL - -I j,j ’x 4 Liv. IV, 27. — S Id. v, 19 et 31. — 6 Liv. VII, H.
jeu, a,, m,' UM’ 38 cl i 3- - 8 Id. XXXV, 1 et XXXVI, 36; cf. pour d’autres •>«C're’ L‘V' XXX1, 9 Ct 44 ’ XXX1, 49 ! XXXIX> 22’ clc- 1 Mommsen avili 21 'M,mucl des antirl- t. XIII, p. 265, n. 5.-9 Liv. V, 50. — *0 Liv.
11 Liv. XXIII, 30; XXXI, 50; Plin. Bist. nat. XXXV, 33.
tables troupes de gladiateurs [gladiatoh, p. 1577]. Enfin l’habitude était déjà prise d’ordonner par testament des jeux du même genre14.
Les plus anciens jeux romains furent des courses de chevaux et des courses en chars [gonsualia, equirkia, circus]. Tarquin l’Ancien paraît y avoir ajouté des jeux gymniques, puisqu’il fit venir d’Étrurie des pügiles en même temps que des chevaux ; pourtant les exercices athlétiques furent d’abord peu goûtés et peu populaires chez les Romains. Pendant longtemps, les seuls jeux qui se donnèrent à Rome furent ceux du cirque16. En 364, des jeux scéniques, ludi scaenici , y furent pour la première fois célébrés. Par cette innovation les Romains se flattaient d’apaiser la colère des dieux, à laquelle ils attnbuaient une peste épouvantable qui désolait leur ville. Les jeux scéniques furent d’abord de simples danses ou pantomimes avec accompagnement de flûte; puis on y joignit des vers, jusqu’au moment où Livius Andronicus donna à ces jeux une forme plus littéraire, et en fit de véi itables représentations dramatiques n. Dès lors les jeux scéniques acquirent une grande vogue : ils eurent leur place dans la plupart des jeux ; ils furent ajoutés aux jeux dû cirque dans les ludi Romani ; ils formèrent d’abord presque tous les ludi Apollinares , peut-être aussi tous les ludi Megalenses ; ils furent la partie essentielle des Floralia. On en donnait aussi dans les jeux extraordinaires et dans les jeux privés18 [atellanae fabulae, comoedia, tueatrum].
Les combats de gladiateurs, comme les jeux scéniques, furent empruntés par les Romains à 1 Étrurie. Ils ne figurèrent d’abord que dans les jeux funèbres , les premiers d’entre eux furent donnés à Rome en 264 av. J .-G., par Marcus et Decimus Brutus, à l’occasion des funérailles de leur père Brutus Pera 19. Bientôt la foule y prit un très vif plaisir, et ces combats devinrent de plus en plus fréquents. Les candidats en donnèrent pour se concilier les faveurs de la populace; en 1 an 103 av. J.-C., les deux consuls P. Rutilius Rufus et C. Manlius les célébrèrent pour la première fois officiellement. A la fin de la République, la gladiature était déjà l’une des plaies de la société romaine [gladiator, munera].
Des jeux à la mode grecque, des àywvc;, furent célébrés à Rome pendant les deux derniers siècles de la llépuplique. Le premier qui offrit au peuple le spectacle de luttes d’athlètes futM.FulviusNobilior, en 186av. J.-C.20. Son exemple fut suivi par Sylla en 81**, par M. Aemilius Scaurus en 58 22, par Pompée, quand il inaugura sou théâtre en 55 23, par M. Curio en 53 2\ par César en 46 2S.
Enfin, pour compléter l’énumération des spectacles de tout genre que l’on comprenait sous le nom de ludi, nous citerons les chasses ou combats d animaux sain âges, qui remontent au moins au début du iic siècle, puisqu une venatio leonum et pantherarum est mentionnée par Tite-Live parmi les jeux que M. Fulvius Nobilior offrit au peuple [venatio] 26, les naumachies ou simulacres de batailles navales [naumachia], les danses pyrrhiques, les mimes, le ludus Trojae, exécuté par des enfants à cheval [trojae ludus]. Rien ne peut donner une idée plus exacte de ce qu’étaient les jeux romains à la fin de la
,2 yai jiax, nt 4, § 7. — 13 Nicol. Daraasc. ap. Athen. IV, 39. — H Ibid. ;
Cic. In Vatin. 15, 37. — 15 Liv. I, 35. — 16 Liv. Vil, 2 : nam circi modo spectaculum fuerat (364 av. J.-C.). — n Liv. VU, 2; Val. Mas II, 4, § 4. — 18 Mommsen cl Maniuardt, O. I. XIII, p. 266 ct s. p. 304-305. — 1» Val. Mai. II, 4, § 7. - M Liv. XXXIX, 22. — 91 App. De bel. cic. I, 99. — 22 Val. Max. II, 4, 7. — 23 Plul. Pomp. 52. 24 Plia. Nat. hist. XXXVI, 120. — 25 Suet. Caes. 39. — 26 Liv. XXXIX, 22.
LUD
République que la description, dans Suétone, tics spectacles variés ofïerts par César au peuple romain en 45 : combats de gladiateurs, jeux scéniques dans toutes les langues, courses du cirque, luttes d'athlètes, naumachie, pyrrhique, ludus Trojae, chasses1, etc.
Sous la République, les jeux publics de Rome étaient organisés par des prêtres ou par des magistrats. C’était a des prêtres qu'incombait tout naturellement le soin des jeux qui faisaient partie intégrante du culte, du rituel : ainsi les Consuafia, les Equirria étaient préparés et présidés par le Collège des Pontifes2. Il était de même logique que les jeux, ordinaires ou extraordinaires, voués, institués et célébrés au nom de l’État, fussent organisés par les représentants de l’État, c’est-à-dire par les magistrats. Pendant les premiers siècles de la République, ce furent les consuls ou, dans les circonstances exceptionnelles, les dictateurs qui donnèrent des jeux ; plus tard, l'organisation et la surveillance des jeux annuels furent confiées aux édiles, soit aux édiles curules {ludi Romani, Megalenses, Florales ), soit aux édiles plébéiens {ludi Plebeii, ludi Cerialcs) ; le préteur urbain Tut par exception chargé des ludi Apollinares ; en 44 av. J.-C., César créa des aediles Ceriales auxquels il contia le soin de célébrer les ludi Ceriales [aediles, p. 99 et 100 . Quant aux jeux extraordinaires, voués au nom de 1 État par un magistrat ou un général en campagne, ils étaient d’habitude célébrés par ce magistrat ou ce général, après son retour à Rome ; par exemple P. Cornélius Scipio Nasica célébra à Rome en 191, pendant son consulat, les jeux qu'il avait promis à Jupiter, alors que, propréteur en Espagne, il livrait une bataille indécise aux Lusitaniens 3 ; de même M. Fulvius Nobilior donna à Rome en 186 les jeux qu’il avait voués pendant sa campagne contre les Ëtoliens, le jour de la prise d’Ambracie par ses troupes en 189 *. Les jeux privés étaient organisés et présidés par ceux qui les donnaient; mais les édiles exerçaient sur ces jeux un droit de surveillance, d’autant plus légitime queces jeux avaient lieu très souventen public, sur le Forum romain [aediles, p.99].
Primitivement, les jeux à Rome ne duraient qu’un jour : ainsi les Equirria , qui se donnaient deux fois chaque année, à quelques jours d’intervalle, le 27 février et le 1 1 mars, se terminaient chaque fois en une journée [equirria] ; il en était de même des Consualia , qui avaient lieu également deux fois chaque année, le 21 août et le 15 décembre [consus]. Mais peu à peu la durée des jeux fut prolongée, et à la fin delà République, la durée respective des grands jeux annuels était de quinze jours pour les ludi Romani (4-19 septembre), de quatorze jours pour les ludi Plebeii (4-17 novembre), de huit jours pour les ludi Ceriales (12-19 avril), de huit jours pour les ludi Apollinares (6-13 juillet), de sept jours pour les ludi Megalenses (4-10 avril), de six jours pour les ludi Florales (28 avril-3 mai), de Sept jours pour les ludi Victoriae Sullanae (26 octobre-lcr novembre), de onze jours pour les ludi Victoriae Caesaris (20-30 juillet). Il y avait ainsi chaque année soixante-seize jours consacrés à ces grands jeux publics : de ces soixante-seize jours dix-sept se passaient en ludi circenses , cinquante-
I Suel. L.l. — 2 Mommsnn et Marquardl, O. I. t. XIII, p. 251. — 3 Liv. XXVIII, 38 et 45. — 4 Id. XXXIX, 5 et 22. — • 5 Corp. inscr. lat. I2, p. 289 et suiv. — 6 De har. resp. II. — I Liv. II, 36 ; Plut. Coriol. 22. - 8 Liv. XXV, 2; XXX, 26. — 3 Id XXV, 2 ; XXIX, 38. — 10 Id. XXIII, 30. — n Id. XXVIII, 10; XXIX, U ;
LUb
cinq en ludi scaenici , deux en equorum probati, essais de chevaux qui accompagnaient W / es °« et les luti Plebeii, et deux™ sacrés qui suivaient ces deux mêmes jeux* i ,rCpa* ci-dessus représentent la durée normale de i "lîres ces grands jeux ; mais il pouvait arriver r ^ l’autre fût prolongé de quelques jours Mr i, 0u
de Yinstauratio. Rien ne prouve mieux que lT/™6
ratio le caractère religieux de ces réjouissances mZ T On sait combien il était important à Rome de se rr T' mer strictement, dans les cérémonies du culte à p, . ?r, détails rituels ; la plus légère omission, le moindre cL.!l gement, le fait en apparence le plus insignifiant, avaient ce résultat d’annuler la cérémonie, qu’il fallait ensuite recommencer, si l’on ne voulait pas provoquer la colère divine. Les mêmes scrupules se produisaient pour la célébration des jeux : il était indispensable qu’ils fussent rite facti, et Cicéron nous indique pour quelles raisons insignifiantes on croyait parfois que les rites n’avaient pas été observés : si ludius consista , aut tibicen repente conticuit , aut puer si thensam non tenuit aut lomm omisit , aut si aedilis verbo aut simpulo aberravit*. Parfois même les jeux pouvaient être annulés en raison d un fait qui s était passé quelque temps auparavant à l’endroit où ils devaient être célébrés. Ce fut le cas en 491 cette année-là, au moment où les jeux allaient s’ouvrir, un malheureux esclave avait été battu de verges dans le cirque, par ordre de son maître, puis de là mené au supplice hj Lorsque de tels événements se produisaient, il fallait recommencer les jeux, sinon dans leur totalité, du moins dans la partie pendant laquelle s’était produite l’omission ou la faute. C’est pourquoi il est souvent question dans Tite-Live de ludi in diern unutn instaurât i\ per biduum instaurati 9, per triduum instaurait 10, loti instaurai!11 . Il arriva que des jeux furent recommencés plusieurs fois, ter'2, quater ,3, quinquies u, sept les1", Dion Cassius semble même rapporter qu’on en recommença jusqu’à dix fois16. Au Ier siècle de 1ère chrétienne, l’empereur Claude crut devoir prendre des mesures contre cet abus de Yinstauratio11. Il édicta quen cas c Yinstauratio les jeux équestres ne pourraient êtredon-l nés la seconde fois que pendant un jour.
Depuis les débuts de l’histoire romaine jusqu a la fini delà République, la durée des jeux ne fitqu augmenta , les dépenses nécessaires pour les donner suiv [n ni une progression encore plus rapide. Tout d abord 1 1 1 1 lo^ nissait aux magistrats qui organisaient les jeux 1 K les sommes dont ils avaient besoin : cet argent, qui; 11 du Trésor public, portait le nom de lucar, peut-' 6' 1 ■ ^ qu’il était prélevé sur les revenus des bois sacn» s j aux environs de Rome 18 [lucus]. Jusqu en ann( av. J.-C., le Sénat votait pour chacun des Jeux q^lipie, naient une somme déterminée d’avance . P[u ' ^ujLc je lorsque les ludi Romani devinrent annuels, a .g
la victoire remportée par le dictateur A. 1 os u
du lac Régine, le Sénat décréu, que CÉlat doanwdcha^
année, pour la célébration de ces .LüXy ^l’époque terces 19 ; cette somme demeura invariable jusqu 1 ^ ^ des guerres puniques. Mais à partir de a 111
XXX, 39. - 12 Liv. XXIII, 30 ; XXX, 26 ; XXX(’ * ; XI'L*Ü X|0 ' Dii. &«• L*’ XXXII, 28. - 14 Id. XXXVIII, 35. - 15 U- XXXI y VII 71 ; Mommsen ol 17 Ibid. - 18 Plut. Quat. rom. 88. - » Dion. Hal. VU,
((uardt, O. I. t. XIII, p. 254.
LUI
.penses de l’État pour les jeux devinrent ’b Considérables : en 217, il donna plus de nr ies ludi Romani 1 ; en 51 av. J. -G,
. J.-C., Us
, linndel’Étatatteignit760 000 sesterces. En 212 ‘ait donné 12 000 as seulement au préteur pour
fccoi»
'État Tl^uïnares*) en 51, il fournit pour les mêmes 5 '“$0000 sesterces; la même année, il contribua pour JT! Sesterces à la célébration des ludi Pleben . Et 60U u I (,u 900 av. J.-C., une innovation dangereuse [‘^finances publiques avait été adoptée : dès lors les PourltlL muent vouer des jeux elle Sénat les décréter d’avance la somme nécessaire, pecunia insan;! De raves abus furentbientôt commis. Pour don- 0 ' jeux le plus d’éclat possible, les magistrats chargés
ü!des célébrer, en particulier les édiles, voulurent ajouter la contribution officielle de l’État d’autres ressources, obtenues par des moyens plus ou moins licites ; c’est du moins ce que l’on peut induire d’un passage de Tite-Live, oùnous lisons que les jeux donnés par l’édile Ti. Sempronius pesèrent lourdement non seulement sur l’Italie et sur les alliés latins, mais même sur les provinces. En 182, sous le consulat de L. Aemilius et de Cn. Baebius, un sénatusconsulte fut promulgué qui réglementait sans doute la matière, mais nous n’en connaissons pas les dispositions. Trois ans plus tard, en 179, lorsque le consul Q. Fulvius voulut célébrer les jeux qu’il avait voués à Jupiter pendant sa campagne contre les Celtibériens et pour lesquels il avait ramassé de l’argent en Espagne, le Sénat décida que l’État ne dépenserait pas plus d’argent pour ces jeux que pour ceux que M. Fulvius Nobilior avait donnés après sa guerre contre les Étoliens ; ilrappela le sénatusconsulte voté en 182 et défendit à Q. Fulvius nequid ad mludos arcesseret, cogeret , acciperet,faceret adversus id matas consultam"0. Mais, plus la populace romaine montrait d’enthousiasme pour les jeux, plus les citoyens ambitieux s’efforcaient, soit pendant leur édilité ou leur préture, soit en toute circonstance, de les célébrer avec éclat et avec luxe. Ils contractaient même des dettes énormes, certains d’acquérir plus tard, quand ils seraient envoyés comme gouverneurs dans les provinces, des fortunes suffisantes non seulement pour se libérer de leurs dettes, mais même pour donner de nouveaux jeux avec plus de faste encore6. Quelquefois aussi ils faisaient appel à la bourse de leurs amis1, ou même à aue souscription publique 8 . Quant aux jeux privés, ils restaient entièrement à la charge de ceux qui les don- Mlenl .1 État ne s’en occupait que pour exercer sur eux son droit de surveillance.
I ^d*'n U République, les jeux avaient pris àRome larp -1 *' e‘ Une ’mportance considérables. Les plus |les7ret leS ^US *mPortanfs d’entre eux, en particulier proiv ^ ftll>nani et Us ludi Plebeii , s’ouvraient par une le Foi i '"a so^enne^e, qui partait du Capitole, traversait p jp"!' , °rna‘ri et gagnait 1 q Circus Maximus 9 [circus, " ' a la fin des jeux, quand les courses représentations scéniques étaient termi- S°us |a utl rePas sacré, un epulurn [epula, p. 738]. ainsi qii;,1,Uhli,Iue- Us courses de chevaux et de chars, jeux gymniques, quelquefois des combats
équestres et les nées’ ü y avait uni
1 I.iv '• Xlii,
te.
XXII, io. 2 I . y
■p. 254 __ "■ XXV, 12. — 3 Mommsen et Marquardt, Op. c.
[ Caes, iqi __ ^ ''' XXXI,. 9. — B Liv. XL, 44. — 3 Plut. Caes. 5; " ' 8 Dion.' na, Vj.enec- De be™f- H. 21. - » Plin. Nat. Hist. XXXIII, y ’ O ; cf. Plut. Coriol. 21. — 10 Ritgchl, Parerga su
de gladiateurs, des chasses d’animaux sauvages (vena- (iones), des danses ou exercices militaires iarmatuna, pyrrhica) se donnaient soit dans le Circus Maximus [circus, p, 1193 et p. 1200 et suiv.], soit au Circus /• laminius qui fut construit en220. Les jeux scéniques eurent lieu d’abord sur des estrades en bois qui étaient dressées pour la circonstance10; encore en 179 le théâtre qui avait été construit pour les jeux Apollinaires ne fut que provisoire; on le démolit après les jeux. La première scène en pierre fut construite en 174; le premier théâtre complet et permanent en pierre fut celui de Pompée, bâti en 55 [tueatrum]. Le Forum romain, le Forum Boarium servirent aussi sous la République d emplacements pour les jeux. On a vu plus haut que les Equirria. se donnaient au Champ-de-Mars.
Primitivement tous les citoyens pouvaient assister aux jeux ; seuls les esclaves et les étrangers en étaient exclus11. Exception était faite naturellement pour ceux des étrangers qui avaient été admis comme hôtes publics et que l’on traitait avec les plus grands égards. Des places d’honneur étaient réservées aux magistrats en exercice et aux prêtres ; plus tard, on sépara de la foule, en leur assignant des places privilégiées, les sénateurs 12 et les chevaliers [theatrum, circus, p. 1188 . En principe, au moins dans les jeux publics, le spectacleétait gratuit; mais, vers la fin de la République, des jeux privés furent donnés, pour lesquels une partie au moins des places étaient payantes13.
Quant aux acteurs mêmes des jeux, conducteurs de chars, athlètes, gladiateurs, chanteurs, mimes, danseurs, c’étaient , en règle générale, des professionnels. Les jeunes Romains ne paraissaient que dans quelques jeux particuliers, d’un caractère militaire, tels que la Pyrrhica , le ludus Trojae, les ludi Sevirales ‘L Aux premiers temps de la République, quelques riches Romains avaient fait courir leurs attelages dans le cirque ; mais cet usage disparut de bonne heure, et, jusqu à 1 établissement de l’Empire, on considéra comme une honte et une humiliation le fait pour un citoyen de paraître dans le cirque ou sur la scène pour l’amusement du public [circus, atuleta, gladiator, mimus, pantomimus, histrio,
SALTATIO, etc.].
2° L'Empire. — Si brillants et si fréquents que fussent les jeux dans les dernières années de la République, ils le devinrent bien plus encore sous l’Empire. C’est pendant les quatre siècles qui s’écoulent depuis Auguste jusqu’à Théodose que les jeux atteignirent dans tout le monde romain leur apogée.
D’abord le nombre des jeux publics et le nombre des jours de l’année qui leur étaient consacrés augmentèrent à Rome dans des proportions considérables. Des huit jeux publics annuels qui existaient à la fin de la République, six au moins se maintinrent jusqu'aux derniers jours de l’Empife : les ludi Romani , Plebeii , Florales. Megalenses , Apollinares, Ceria/es sont encore mentionnés dans les Fasti Philocali ; seuls les ludi Victor iae Sullanae et les ludi Yictoriae Caesaris dispa- * rurent. sans que l’on sache exactement à quelle époque15. D’autre part, beaucoup de jeux nouveaux furent instituais and Terenz, p. 214 et suiv. - U Cic. De harusp. resp. XII, 26.
12 ljv XXXIV, 41 et 54. — 13 Mommseu et Mar<iuardl, Op. c. t. XIII,
p. 260. - 14 Plin. Nat. Hist. XXI, 7. — 1*> Corp. inscr. lat. 13. p. 299-
LU
tués : sous Auguste, les liait Martiales , en l'honneur de Mars, créés à l’occasion de la dédicace du temple de Mars l ltor (2 av. J.-C.), ou d'une chapelle (aedicula) du même dieu sur le Capitole 1 ; ces jeux se célébraient le l'2 mai; ils existaient encore au iv° siècle; — les ludi Augustales, donnés d'abord pour fêter le retour d'Auguste de 1 Orient en 19 av. J.-C.2, puis annuels; ils duraient du 3 au 12 octobre; on les célébrait encore au IV siècle ; — les ludi pour l’anniversaire de la naissance d Auguste (23 septembre), qui furent déclarés perpétuels en S av. J.-C.3, et qui durèrent pendant tout l'Empire;
enfin les Actia de Rome, établis à l’imitation des Actia de Nicopolis, quise célébraient tous les quatre ans, mais qui ne paraissent pas, en tant que jeux de la capitale, avoir survécu à Auguste actia . Après Auguste, les jeux se multiplièrent à Rome : les uns furent créés en l'honneur de divinités, comme Hercule, Janus, Neptune, Sol, Irbs Roma 4 ; d autres furent établis pour célébrer l’anniversaire de la naissance de l’empereur vivant ; ils duraient après sa mort, s'il avait reçu l'apothéose : les empereurs qui furent ainsi honorés sont : Auguste, Vespasien. Titus, Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin le Pieux, Marc-Aurèle, Luc. Yerus, Pertinax, Septime Sévère, Alexandre Sévère, Gordien III, Claude le Gothique, Aurélien. Probus, Constance Chlore, Constantin I, Constance II, Julien, Honorius, .Théodose II, Valentinien III; à cette liste il faut ajouter L. Aelius César, le frère de Marc-Aurèle, et Faustine, la femme d’Antonin le Pieux3. De ces ludi natalicii, destinés à fêter l’anniversaire de la naissance des empereurs, il faut distinguer les jeux qui se donnaient, sous chaque empereur, le jour anniversaire de son avènement ( ludi natalis imperii). D'autres jeux encore étaient fondés ob laetitias publicas , pour célébrer des victoires remportées sur les ennemis de Rome ou les rivaux de l'empereur : tels les ludi Parthici , institués par Hadrien en souvenir de la dernière expédition de Trajan6; les ludi Adiabenici, Alamannici, Francici, Gotici, Persici, Sarmatici , créés au iv° siècle par les successeurs de Constantin ; tels encore les ludi fugato Licin io, établis sous Constantin pour commémorer sa victoire définitive sur son rival Licinius7.
Une mention spéciale doit être accordée aux jeux séculaires [saecülares ludi] qui furent célébrés sept fois sous l'Empire, en 17 av. J.-C. par Auguste, en 47 ap. J.-C. par Claude, en 88 par Domitien, en 147 ou 148 par Antonin le Pieux, en 204 par Septime Sévère, en 248 par Philippe avec un éclat particulier pour le millième anniversaire de la fondation de Rome, enfin en 262.
Rome assista sous l’Empire à des jeux privés très fréquents, dont les uns étaient, comme sous la République, des jeux funèbres; dont les autres étaient des fêtes offertes soit par de riches particuliers pour commémorer un heureux événement (tels les jeux offerts en 93 par L. Arruntius Stella en l’honneur des victoires remportées par Domitien sur les Sarmates) 8, soit des réjouissances privées offertes par les empereurs à un cercle restreint de privilégiés : à cette catégorie appartenaient les ludi Palatini qui se célébraient du 17 au 22 janvier dans
* Ovid. fast. V, 545 et suiv. ; Dio Cass. LIV, 8. — 2 Dio Cass. LIV, 10. — 3 Dio Cass. LV, 6. — 4 Corp. inscr. lat. 12, p. 300-301. — ô Ibid. p. 301-303. — 6 Dio Cass. LXIX, 2. — " Corp. inscr. lat. 12, p. 301-303. — 8 Martial. VIII, 78. — 9 Mommsen et Marquardt, Op. c. t. XIII, p. 219. — 10 Suet. Calig. 54. — il Tac. Ann. XIV, 15. — 12 Script, hist. Aug. VII, 8; XVII. 23; Dio Cass. LXX1X, 10.
LUD
le palais impérial, et dont les calendriers
font encore mention 9
s du
iv«
siècle
1 ; ce fut dans des ienv , ble-t-il, que Caligula10, Néron 11 Comm " 1JI és, seo^j
Élagabal paru™, su,' U scène Tlf""* 1 arène du cirque et de l’amphithéâtre. ®’ (,ans
Enfin, des jeux grecs nouveaux, des à»
I i tués nar* TVéï-nn 1 3
titués par Néron ‘3, par Domitien, par GoE!11"*1
lien. L Agon Neroneus , qui fut abandonné apr l , de son fondateur, fut restauré par Gordien II! m°Pt le nom à.' Agon Minervae'L L’Agon fondé
en 243