‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 125 sur 275 · JUVENES · texte numérisé non relu

JUVENES

Ludi Magni [ludi romani].

Ludi Martiales. — Un texte formel de Dion Cassius nous apprend qu’au début de l’Empire des jeux équestres étaient célébrés tous les ans, le 1er août, en souvenir de la dédicace du temple de Mars Ultor 20 . D'autre part, les Fasti Maffeiani , que l’on suppose dater du temps d’Auguste (entre 8 av. J ,-C. et 3 ap. J .-C.), signalent des ludi Martis in circo le 12 mai. Mommsen pense que ces derniers jeux furent institués pour commémorer l'érection d’une aedicula Martis sur le Capitole en 20 av. J.-C.21.

Ludi Megalenses [megalesia].

Ludi Palatini, jeux privés institués par Livie pour honorer la mémoire d’Auguste22. Ces jeux se donnaient sur le Palatin; à l’origine ils duraient trois jours. Tous les empereurs se firent une loi de les célébrer ; à la fin de l’Empire, ils occupaient cinq jours, du 17 au 22 janvier 2*.

| Qqj,

SIX, 6. !] laL l2’ p> 268‘ — 2 Cic. Brut- XX, 78. — 3 Plin. Nat. Hist. P-300. 6D.! ’ V1,1) -® ! Lie. Ad Attic. XVI, 4. — 3 Corp. inscr. lat. I2, -«Tac. U,;’, LV’ 6 ; Corp ’ inscr ■ lat- I2. P- 300. — 7 Dio, LIV, 10, 34. P' 273-274 iQ I L 34. — 9 Mommsen et Marquardt, Op. c. t. XIII,

<Uull. De spect. 5. — il Liv. V, 50, 52. — 12 Id. Ibid.— 13 Cic.

Ad Quint, fratr. 11, 5. — U Plut. Quaest. Rom. 53. — 15 Fcst. s. v. Sardi vénales. — 10 Suet. Domit. 4. — U Corp. inscr. lat. IX, 2860. — 18 Suct. Domit. 4. 19 Friedlaeader, Sittengesch. Il», 437 et suiv., 575 et suiv. — 29 Dio, LX, 5. 21 Marquardt et Mommsen, Op. c. t. XIII, p. 273 et 365. — 22 Dio, LVI, 46. 23 Fast Philoc., Fast. Polemii, Corp. inscr. lat. I2, p. 256 et 257.

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LUD

Ce fut pendant les ludi Palatini que Caligula fut tué par Cheréas1. Il est possible que plus tard ces jeux aient été consacrés à tous les Divi, r] pwsç2.

Ludi Piscatorii, jeux fort anciens, qu'Ovide 3 mentionne dan> les fastes à la datedu 6 juin, mais surlesquels nous n'avons d'autre renseignement que la phrase suivante de 1 estus . Piscatorii ludi vocantur , qui quotannis mense • Junio trans Tiberim fieri soient a praetore urbano pro piscatot'ibus T tberinis, quorum quaestus non inmacellum pervenit, sedfere in aream Volcani , quodid genus pisciculorum datur ei deo pro animis humanisé.

Ludi Plebeii, jeux très anciens, dont la véritable origine était, semble-t-il, inconnue des Romains euxmêmes. 11 n'y a pas grand compte à tenir des renseignements que le pseudo-Asconius nous donne sur la date et les circonstances de leur fondation [epulones, p. 741]. D'autre part nous pensons qu'il ne faut pas établir une relation trop étroite entre l'origine des ludi Plebeii et la construction du Circus Flaminius. Sans doute c’est dans le Circus Flaminius que les ludi Plebeii furent célébrés 11 à partir de l’année 220 av. J.-C., date de la construction de cet édifice6. Mais nous savons qu’il y eut à Rome des jeux scéniques bien avant qu’aucun théâtre y existât, et des combats de gladiateurs bien avant qu’aucun amphithéâtre y fût élevé. Nous pouvons admettre, par analogie, que les ludi Plebeii furent institués avant la création du Circus Flaminius. Toutefois il est difficile de croire que ces ludi aient existé avant l'année 293, dont 1 histoire détaillée termine la première décade de Tite- Live. Il n est pas question, en effet, des ludi Plebeii dans les dix premiers livres de l'historien. C’est donc entre 293 et 220 que nous fixerions l’origine de ces jeux. Ils étaient organisés et célébrés par les édiles plébéiens7. Primitivement, sans doute, ils ne duraient qu’un jour ; dès 1 année 207 av. J.-C., leur durée était augmentée6. A la fin de la République, ils occupaient quatorze jours, du 4 au 17 novembre9. Au ive siècle de l’ère chrétienne, ils avaient perdu de leur importance et de leur éclat : dans les Fasti Philocali , quatre jours seulement leur sont attribués, du 12 au 16 novembre. Ces ludi furent à l'origine des ludi circenses, puisqu’ils se donnaient dans un cirque ; mais, de très bonne heure, des jeux scéniques y furent représentés ; en 200 av. J.-C., on y joua le Stichus de Plaute10. Ces ludi , comme les ludi Romani , étaient accompagnés d’une equorum probatio ; dès l'année 213, ils étaient précédés d'un repas sacré en l'honneur de Jupiter, Epulum Jovis [epulones, p. 741]. Ce repas sacré avait lieu le 13 novembre.

Ludi Romani ou Magni, les plus anciens jeux romains après les Consualia et les Equirria. Tile-Live en attribue l'institution à Tarquin l’Ancien 11 : so/ennes deinde annui mansere ludi. Romani magnique varie appellati. Pourtant, pendant les premiers temps de la République, le même historien mentionne presque exclusivement des

ludi votivi extraordinaires, et il y a lion Hn Mommsen ”, que les ludi Romani ne devin™**’ Wec des jeux annuels et perpétuels que vers \l il"*6"1 iv6 siècle. Célébrés d’abord par les consul ? leu du tcurs, ils furent ensuite organisés et présidés" ''T' ediles curules [aediles, p. 99]. A l’origine s-m 1 T 68 ne duraient qu’un jour; leur durée fut succès! ’ ÜS portée à deux, trois, quatre, dix jours 19 •

République, ils occupaient quinze jours •’ après u ® k ?j César un seizième jour lui ajouté en «

tateur. Sous Auguste, ils se célébraient du 4 au tembre14. Leur importance décrût sous l'Empire- u lasti Philocali , qui les mentionnent sous le nom de (udi Romanorum ou Romaniani , ne leur attribuent plus, comme aux ludi Plebeii , que quatre jours du il au 15 septembre16.

Les ludi Romani étaient consacrés, semble-t-il à Jupiter. Ils étaient précédés d’une procession solennelle qui partait du Capitole, traversait le Forum romain et| par le Yélabre, gagnait le Circus Maximus [pompa] l5, Ils comprenaient d’abord des courses, courses de chars et courses de chevaux tenus en main; puis des luttes gymniques17; plus tard, après 364, les jeux scéniquesy turent introduits et y prirent un grand développement. En 161 av. J.-C., le Plxormion de Térence fut joué aux ludi Romani. Un Epulum Jovis y fut adjoint on ne sait’ à quelle époque : il n’est mentionné que sur les calendriers, à la date du 13 septembre 18. Il y avait, pour les ludi Romani comme pour les ludi Plebeii , une equorum probatio , qui se faisait le 14 septembre13.

Ludi Saeculares [saeculares, saeculum],

LudiSevirales [équités, p. 779, seviri].

Ludi Taurii vel Terentini [saeculares, saeculum].

Ludi Yictoriae Caesaris, jeux institués par César en 46, lorsqu’il procéda à la dédicace du temple qu'il avait élevé à Venus Genitrix. Pour célébrer ces jeux, qui consistèrent surtout en chasses de bêtes fauves et en combats de gladiateurs, César construisit un amphithéâtre provisoire en bois20. Les ludi Victoriae Caesaris , appelés aussi ludi Veneris Genitricis 21 en raison des circonstances dans lesquelles ils furent célébrés, lors de leur fondation, furent organisés en l’an 34 av. J.-C. Par les consuls22. On ne connaît point leur histoire ultérieure. Ils ne sont pas mentionnés sur les calendrier- du ive siècle. D’abord célébrés le 24 ou le 25 septembie. ils furent ensuite reportés du 20 au 30 juillet, api ^ a réforme julienne du calendrier, suivantl hypothe 'ial semblable de Mommsen23. „:)

Ludi Victoriae Sullanae, jeux institués par Sjlb - 1 pour célébrer la victoire décisive qu’il venait de hM1 ter à la porte Colline, sur le chef samnite Pontiu^ ^ sinus24. Sous Auguste, ils duraient sept jours,

26 octobre au 1er novembre. Ils n existaient i ivc siècle de l’ère chrétienne26. J- Toutain. nnlUis-

LUDIO ou LUDIUS, au féminin LUDI A. — Les nn *

1 Suet. Calig. 58. — 2 Dio, LXXVI, 3.-3 Ovid. Fasl. VI, 235. — 4 S. v. Piscatorii. — 5 Val. Max. I, 7, § 4. — 6 Liv. Epit. XX. — 7 Liv. XXIII, 30; XXVIII, 10; XXXIX, 7. - 8 Liv. XXVIII, 10. — 9 Corp. inscr. lat. 12, p. 299-300. — 10 Studemund, De actae Stichi Plautini tempore, in Comment, philolog. in honor. Th. Mommseni ; Liv. XXV, 2. — H Liv. I, 35. — 12 Mommsen, Bôm. Forsch. il, p. 42 et suiv. — 13 Mommsen, Ibid. p. 45, n. 4. — 14 Corp. inscr. lat. 12, p. 299-300. — 15 Corp. inscr. lat. 12, p. 272. — 16 Dion. Hal. VII, 72. — 17 Ibid. — 18 Mommsen, Bôm. Forsch. II, p. 45. — 19 Corp. inscr. lat. 12, p. 299-300. — 20 Dio, XLIII, 22. — 21 piin. Nat. Hist. II, 93. — 22 Dio, XLIX, 42.

,, ,r n D . U 27 —25 Corp. inscr. l«‘-

>rp. inscr. lat. 12, p. 299-300. - 2. Vell. I al. II, * • l'indication

99-300. — Bibliographie. On trouvera aux ai i P t jC| ou tcl les ouvrages, de toutes les études de détail qui cou^ ^ à 5;„na. l'histoire des jeux dans l'antiquité. Ici nous no’ ^ QymnastiS ouvrages d’ensemble, d'ailleurs peu nombreux, mu , ^ grecque*1

onistik der Hellenen , Leipzig, 1841 ; Schoeniaiin, (888-1890, ttris, 1887; Friedlaender, Sittengeschichte Boms, J ^ trad. franç*'

m xfnnt.oi fl ps Antiauités romaines , •

LUD

t ..nssi l’orthographe lydio, lydius, lydiai. t'rils 0llT:fférence d’orthographe tient à ce que l’étymotl'"au mot était contestée.

Denys d’Ilalicarnasse

log>e Tt/^vUTus Ventre autres, le rattachent, en effet, I ’ fl’fmrfts la tradition bien con-

ApPien l Zlius^lydien, d’après la tradition bien conà l’adjecti ./ ^ Lydiens les premiers inventeurs des

nue qui lalSl Grèce 6 A la vérité, ce n’était pas directejeUX T r’Vens mais de ses voisins les Étrusques que meDt V reçu nombre de ses jeux, fêtes et spectacles ». revient de se rappeler que, dans toute l’antiquité, u Étrusques ont passé pour une colonie lydienne ‘ : si les (1, mot même lydius s’employait couramment ÎHatin dans le sens d 'étrusque*. Par suite le ludio aurait été à l’origine un bateleur étrusque et plus tard façon toute générale, un bateleur quelconque. C est ... une dérivation à peu près semblable que chez nous Lon, ethnique ,, tzigane » a Pmi par désigner un certain «enre d’exécution musicale plutôt que la nationalité des exécutants. Cette première étymologie serait donc assez plausible.Néanmoins, l’origine du mot est probablement beaucoup plus simple : c’est la racine lud, qui a donné en latin le verbe ludo, le substantif Indus et nombre d’autres mots, auxquels est commune l’idée de „ jeu 0 ». Étymologiquement donc, le ludio est un joueur, un amuseur, au. sens le plus général10. Mais ce sens peut naturellement se préciser d’après le contexte. Dans certains passages ludius signifie un comédien, un acteur [histrio] u. Ailleurs, il désigne un danseur ou mime [mdius, saltator] 12. Chez Juvénal, il s’applique quelque part à un gladiateur [gladiator] 13. Le plus souvent il se dit des bateleurs de bas étage 14. Il faut enfin signaler un sens spécial, que nous font connaître Denys d Halicarnassel5et Varron 10 : selon ces deux auteurs, les ludiones étaient des adolescents, qui dans toutes les processions publiques, soit au cirque, soit au théâtre, marchaient en tète du cortège, parés de tuniques brillantes, et portant casque, épée et bouclier. Un trait commun à tous les ludii, c’était d’avoir, comme nos comédiens modernes, la face rase et épilée 17.

Le mot India est le féminin de ludius, et peut avoir par conséquent tous les sens correspondants. Il désigne aussi parfois la femme ou l’amante d’un ludius1*.

O. Navarre.

Ll’DUS, LUDIMAGISTER. — I. Ludus, école, établissement d'instruction.

1 Définitions. — Bien'que le terme schola ait donné | notre mot français école, ce n’est pas lui qui est la véritable expression employée en ce sens. D’abord, étant la I «mple transcription du grec ayol-^, schola n’appar-

Lcm° ou LUDIUS. l Elle

AntUj. rom. 11, 71 4.

est confirmée par le témoignage de Denys d’Halicarqui Iranscrit le mot en grec sous la forme XuStuv.

exemple Tlf . Pni',c‘ (VIII), 66. — 4 S. v. XuSoi. — -l Herod. I, 94. — 6 Voir par L 1 j ' . U ' ' 'L 4 : ludiones ex Etruria acciti. — 7 Herod. L. I. ; cf. Appian, tik'lm. Hii2; Aen\ 781 5 Stat SUlv- IV- L 6, etc. - 9 Bréal et Bailly,

* ludin- *’ Lud0- — 10 Le dictionnaire de Forcellini dit très bien :

circo, vei Ulctus est quicumque aliqua ratione faciebat ludos vel in

■Seif, | jg " :il.ys'. per compita oblectandi populi causa ». — H Cicer. fréquenl ■ fit [ j ^estmêmece sens qui domine, semble-t-il, et est le plus «m. I, iij . puni 4 : ludiones... ad tibicinis modos saltantes; Ovid. Ars

!erI>ede puisai 1" ’ rut*cm praebente modum tibicine Tusco, Ludius aequatam

des tnsuiae |U(jJ.1Umuni ’ tlesych. s. v. XuSiÇuv • yofsùoiv ; cf. encore ce que dit fl‘n. Nat. Bist !!>0r'Um Varron, De re rust. III, c. 17 (choreusas insulas);

«9>. 11 ; Suet À 93 (96)’ 209’ ~ 13 V’ 8? cf• V1> 104 et 266> ~ 14 Cicer- Har‘ hUPlaut. Aul,.i"r !" 15 L- l. — 10 Non. 1. XII, p. 619, éd. Quicherat.

Aug. .... — 10 L l

Aulul. II, 9, 6 ; Non. ï. ; ‘“‘“'•■ograkue. Gronov

18 Mart. V, 24, 10; Juven. Sat. VI, 104 Casalius, De 1F* Uronov^U9i Thesaur. graecar. antiquit. 1735, t. VIII çt comoedia , c. 2), D. 1015; Graevius, Thesaur. anti •

tient qu’à une époque relativement récente : il fallait, pour le voir apparaître, que 1 hellénisme eut pris possession de Home. Peut-être a-t-il été créé par Cicéron luimême; on ne le rencontre pas auparavant dans une œuvre littéraire. De plus il a toujours retenu de son étymologie une signification spéciale et restreinte. I ne école se disait en Grèce oioauxaÀeïov. La i/o c’est le loisir, par suite l’occupation d’un homme de loisir; et quelle occupation, pour un Grec du ve ou du ive siècle, est plus noble, plus digne d’un homme bien né, que 1 entretien philosophique1! Les disciples de Socrate, quand ils sont de loisir, écoutent la parole du maître ou se racontent les événements de sa vie2. Que bientôt 1 on en vint à exprimer par là les hautes études en général, puis le lieu même où elles s’enseignaient, la pente était naturelle. Ainsi l’entend Cicéron3; ainsi l’a-t-on entendu après lui, et jusque dans les derniers temps de 1 Empire. Le terme ne s’est jamais appliqué à toutes les branches de 1 instruction, mais seulement aux plus élevées4; et comme il y avait en Italie trois ordres d’enseignement représentés par le primus magister , le grammaticus et le rhetor [educatio], il a été réservé pour les degrés supérieurs de la hiérarchie, les classes de grammaire et de rhétorique, c’est-à-dire celles qui s’étaient constituéës précisément sous l’influence de l’enseignement grec : en cela il demeurait fidèle à ses origines. Le mot ludus , au contraire, a pour lui le caractère indigène de sa physionomie, 1 antiquité de sa naissance et la généralité de sa signification. Comme son rival schola, il pouvait désigner 1 école du grammaticus ou celle du rhetor ; mais il était seul employé quand il s’agissait de l’école primaire. C’est donc bien, à n’en pas douter, le terme exact.

Comment l’avait-on choisi, lui qui évoque tout d’abord une idée de jeu, de divertissement, pour indiquer un endroit où la jeunesse prétend ne point se divertir ? Était-ce justement par antiphrase5? Ou bien, comme le veut Festus, espérait-on allécher les enfants avec ce nom de bon augure 6? Était-ce enfin que les occupations scolaires sont un jeu de l’intelligence, une gymnastique de l’esprit? Ce qu’il y a de sûr, c’est que ludus appliqué à un lieu signifie que dans ce lieu on se livre à quelque exercice. Une épithète jointe au substantif précise alors de quel exercice particulier il est question. C’est ainsi que nous trouvons le ludus gladiatorius1 , le ludus milita ris*, le ludus fidicinus*, le ludus saltatorius 10, où se forment les gladiateurs, les soldats, les joueurs de lyre, les danseurs. Le ludus litterarius 11 n’est qu’un ludus de même nature que les précédents. Le genre de 1 exercice seul diffère : on s’y exerce à lire, écrire et compter12.

quit. romanar. 1735, t. IX (J.-C. Bulengerus, De theatro, 1. I, c. XLVI : De ludus seu ludionibus), p. 918.

LUDUS, LUDIMAGISTER. i Krause, Gesch. der Erziehung ira Alterthum, p. 248, note 3; Grasberger, Erziehung und Unterricht , II, p. 20.-208; Jullien, Les professeurs de littérature dans l'ancienne Rome, p. 113.-2 StoXvi, cr/oUi;»., Plat. Phaed. p. 57 d. — 3 Tantôt au sens de dissertation : In Pison. 25, 60 ; De Fin. II, I, 1; lusc. I, 4, 7 et 8; III, 34, 81. Tanlôt au sens d'école : In Pison. 25, 59; \»è o'rat. I, 22, 102 ; II, 7, 28. Tantôt même, le mot peut être pris simultanément dans Tune et l’autre acception, tant elles sont voisines : Tusc. I 47, 113. — 4 Jullien [Op. I. p. 114) en donne une preuve curieuse tirée d’une lettre de Pline le Jeune (Ep. VIII, 7, 1). Pline écrit à Tacite à propos d'un livre que son ami lui a donné à corriger : « (me) tu in scholam revocas ». Or ce n'est pas à l’école primaire qu'il peut le renvoyer pour juger et critiquer une œuvre littéraire, mais à l’école du second degré, c’est-à-dire chez le grammairien. — » Festus, s. u. Militent, p. 122 (éd. Muller). — « Id. Schola, p. 347. — 7 Suet. Caes. 31

g Liv. VII, 33. — 9 Plaut. Rudens, prol. v. 43. — 10 Macrob. Sat. III, 14, 4 et 7

H piaut. Mercat. II, 2, 32. On disait encore ludus litterarum (Liv. III, 44, 6j

VI, 25, 9)- — 12 Augustin. Confess. I, 13.

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Mais comme ces connaissances qu’on y reçoit sont indispensables à la vie, que chacun les recherche, homme ou femme, il a dépassé en importance tous les autres; il est devenu le Indus par excellence ou Indus tout court.

Le local. — L'installation d’une école, à l’ordinaire, n’était guère luxueuse, surtout celle du maître élémentaire. L'État ne se mêlant en rien de l’instruction, il y avait cet avantage que tout le monde était libre d’enseigner, mais aussi cet inconvénient que personne, du moins jusqu’à Yespasien, ne recevait ni traitement régulier ni subvention extraordinaire. On comprend alors que le maître, qui risquait l’aventure, fit modestement les choses : il se contentait de louer, en bordure sur la rue, un petit local appelé pergula1. C’était un industriel comme un autre ; il tenait « boutique d’instruction 2 ».

La pergula cependant est moins encore qu’une boutique; ce n’en est qu’une partie. Conformément à l’étymologie3, c’est un prolongement d'édifice, une annexe, une construction quelconque en saillie*. Entendez ici, attenant à une boutique, une sorte d’atelier ou d’échoppe ouverte sur les côtés, un hangar en appentis. La pergula ue doit donc pas être confondue avec la taberna. Dans certaines inscriptions, qui contiennent des annonces de logements à louer, les pergulae sont mentionnées à côté destabernae et nettement distinguées de celles-ci s. Faut-il ajouter maintenant que, dans le choix du local comme en toute chose, il y avait des exceptions à l’habitude ordinaire? Tite-Live parle d’écoles installées dans des boutiques 6. Or rien ne permet de supposer que dans ces passages l’auteur s'est contenté d’un à-peu-près et

Fig. 4647. — Une école romaine.

a cru rendre suffisamment sa pensée en se servant de taberna , le mot général, au lieu du terme particulier et de l’expression propre pergula. Une fresque, trouvée à Herculanum et placée aujourd’hui au musée de Naples, nous montre cette fois une école établie sous un portique ; ce portique est même soutenu par d’élégantes colonnes que relient entre elles des guirlandes (fig. 4647) :. Voilà, si l’imagination du peintre ne l’a pasembelli, un fortagréable emplacement et dont le gracieux décor aurait charmé

1 Suet. De grammat. 18, 2; Vopisc. Saturn. 10; Juv. 11, 137. — 2 Plut. Quae. rom. 59 : fpajxjAaToSiSa'TxaXeïov. — 3 Pergula, de pergere , continuer, comme tegula de tegere. — 4 R s'ensuit qu’elle n’était pas nécessairement une construction dénuée d’élégance : il y a d’autres annexes que des annexes de magasins ou de boutiques. Voir pekccla. — 6 Corp. inscr. lat. IV, 1136 ;• Orelli, 4323-4324. — 6 Liv. III, 44, 6; cf. Id. VI, 25, 9. — 7 Pitt. di Ercolano , III, lab. xli, n“ 1; O. Jahn, Ueber Darsteil. des Handwerks. etc., in Abhandl.

notre Montaigne, lui qui voulait pour les . r classes riantes, au besoin « jonchées H» ,1 dnls des feuillées8 ». Seulement, croyons-le bien ce-'U1S 6t de étaient assez rares, et les écoles primaires ie.Teptions breuses comme il est juste, recherchaient de préfér? pergulae. Hangar ou portique, l’école était donc munication avec la rue. On se bornait à tendre aZT' toiles d un pilier à l’autre, pour qu’elle ne donnâ^68 directement sur la voie publique. Mais ces tentures1 nT* le savons par Martial3, n’empêchaient guère les br,T de la classe d’arriver aux passants, qui entendaient lP! elèves répéter en chœur leur odieux refrain : « Un et font deux; deux et deux font quatre 13. » Naturellement ! aussi, chose plus grave, semble-t-il, et qui devait favoriser la dissipation des enfants, les bruits du dehors venaient jusqu’aux élèves. Mais on ne paraît pas s’en être autrement préoccupé. Les premières écoles étaient établies parmi les boutiques du Forum, c’est-à-dire dans l’endroit le plus fréquenté de la ville1’. Parfois même l’enseignement se poursuivait en dehors de la salle, et une peinture de Pompéi nous fait assister aune leçon de lecture donnée en plein air (fig. 2610). Du reste, sans sortir de la salle, les élèves, ceux du moins des classes supérieures, ne trouvaient-ils pas toujours autour d’eux quelque agitation? C’étaient les parents qui venaient de temps à autre, attirés par la réputation du maître ou de quelque brillant écolier c’étaient des amis, des étrangers même qui pénétraient au milieu de la jeunesse. Pline raconte dans une lettre qu’il entra ainsi, un beau jour, pendant une discussion animée; tout le monde aussitôt de s’interrompre et de se tourner vers lui pour lui témoigner son respect12. C’est là un manque de recueillement assez étrange. Mais, je le répète, la chose ne déplaisait pas aux Romains, comme nous serions d’abord tentés de le croire. Ils n’étaient pas fâchés au contraire qu’un certain contact se trouvât maintenu avec le public et que l’école fût déjà un petit théâtre où l’enfant commençait à se donner en spectacle.

3° Le mobilier scolaire. — A. De même que le local, le mobilier de l’établissement était le plus souvent fort simple. On ne connaissait pas ce confort élémentaire! que nous sommes habitués aujourd’hui à rencontrer dans toute salle de travail. Il n’y avait pas de tables, ls élèves écrivaient sur leurs genoux13. Quelque!^ un tabouret placé sous leurs pieds leur permettait ,liie moins courbés. Comme sièges, ils avaient des 1 bois, sans dossier1*, qui devaient leur paraître airs la longue, étant donné le grand nombre d’heures ou passaient assis15. Ajoutez une chaise pour le mai hétait réduit à l’indispensable. Hâtons-nous e *nL c’était là surtout le mobilier d’une école Pnma11^' bas-relief en terre cuite, découvert il y a une vu o d’années nous fait voir les élèves, sous les t tram^ singes habillés rangés sur des bancs superp ■> ’ Le leurs tablettes dans 1 attitude que nous avons jg

maître, un grammaticus , aune tête ane, c,egt ja la toge. Sa chaise est à dossier haut et carr ' ,ace les cathedra , la chaire, où pouvaient seu s pre

der saechs. Gesellsch. der Wissensoh. t. M l 9 Mari.

Helbig, Wandgem. Camp. n-| 1492 - » *«**•'• £ « ; VI, *5, 3- " 12 ^

10 Augustin. Confess. I, 13 peneile. 308 : ,

Epist. II, 18, 1-2. - 13 Apollon, rfo Synth IV, ^ ba3 „ . *

1*1 SiX tov tTr,ic«yoûva<Ti, Batrach. 2. Collect. Gréau, n

-iGHelbi g,Bullet. d. Ist. 1882, p. 34; Froeb ^ctueI|erocnt au Musée du l Wissowa, Rom Mittheilungen , V, 1890, pl. *» P-

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l’jtf. 4648. — Caricature de maître d’école.

encore davantage*. Dans les classes où était donné l’enseignement du second degré, comprenant la lecture etl’explicalion des poètes, souvent les salles étaient ornées de petites plaques de marbre appelées tables iliaques [iliacae Iabulae]. Ces bas-reliefs, qui représentent les principaux épisodes des fables homériques, véritables résumés et sommaires illustrés du cycle troyen, ont bien pu servir, en effet, à un usage scolaire. Leur commentaire figuré frappait plus vivement l’imagination des enfants et achevait d'éclairer les leçons du grammaticus : c’était l’enseignement par les yeux ajouté à l’enseignement par le livre3. ■ 11 y avait aussi parfois, suspendues aux murs, des caries de géographie. Cependant, ici, il faut distinguer les époques. Dans les derniers temps de la République, les en r les é ta i en l dé j connues, puisque Sempronius Gracchus avait tait représenter dans le temple de Mater Matuta 1 ,a ^ai‘daigne qu’il venait de soumettre, et que Varron, unaginaut un cadre pour ses entretiens sur l’agriculture, Paçdil les interlocuteurs du dialogue dans le sanctuaire l^e Tollus, en face d’une Italie peinte sur la muraille 5.

oannioins, et malgré le caractère pratique de cette i J|Cnce’ *es Romains ne semblent pas jusque-là y avoir aflîn" *l<aucouP d’importance6; nous ne pouvons r 11111 1 '1'"' ^ôs ce moment les cartes servissent à l’insd,, n ' " * valants. Plus tard il n’en fut plus tout à fait

a(.n ll1.' n (Iue la géographie soit restée toujours un

un i'Ii ii " 11,1 ÜS ^ enseiSnement du grammaticus1 , c’était ni nécessaire pour l’explication des textes. Que

I ^ Ætjf. 5o, i3 | ,

[ 15, et 3o ( 3 ~ ' 1 D 6 ^ n If P- 431 ; Philostr. Bopli. I, 23, I,

I trad- h-ançaisc) w~. Man|"ardt ( Privatlcben der Borner, t. I, p. 129-130 de la '*• MtaclJi'es (|yti llas> 3 cause do la petitesse des reliefs et de la finesse '-coles . p |ca t ^ ]mi’ Uuc les (ailles iliaques aient été employées dans les 1 °>11’ lui, e||,., jro * 'iS instruments d’étude, non dans le mobilier scolaire.

Mais,,,. *’*ul“*; leur place dans l’éducation privée (voir iliacak

fixer

un détail ou JL adrueHI’(' fine le professeur, à certains moments, pour t®. — :iyar|, De ü "" 6Plsode ldus clair, les montrait à scs élôvcs ? — * Liv. 8r*nmiairifns> vers la lii "L ' *’ — 6 Slrab. III, 4, 19. — 7 Cependant certains

y " ’ u la République, furent eu même temps géographes : pai¬

lle passages, chez les auteurs, ne peuvent être pleinement éclaircis, si l’on ne tient pas compte de la situation des villes ou de la configuration des pays! Comme nous savons, d’autre part, que l’usage des cartes se répandit à partir d’Agrippaqui dressa dans le portique de sa sœur Polla, sous forme de sphère en marbre, une représentation de l’empire romain 8, il n’est pas étonnant qu’elles se soient introduites dans les écoles pour en orner les parois. Décoration ulile à tous les points de vue, car elle permettait encore d’exalter le sentiment national. « Dans les années heureuses d’un Trajan, d'un Marc-Aurèle, d'un Dioclétien, les élèves y suivaient le mouvement des armées et l’on nous dit que le maître éprouvait un sentiment de fierté patriotique à leur montrer que l’étendue de l’empire égalait presque celle du monde9. »

Enfin, quand on connaît le rôle joué par le portrait dans la vie des anciens et dans celle des Romains en particulier, quand un se rappelle le nombre incroyable d’images de toutes sortes, en toutes matières, placées en tous lieux, publics ou privés, soit au nom de 1 État, soit au nom des citoyens les plus divers [imago], on peut croire que les écoles ne faisaient pas exception à celte coutume presque générale. Notamment, dans les bibliothèques, on mettait volontiers le portrait de chaque -éèrivain célèbre, poète, philosophe, orateur, historien, au-dessus du recueil de ses œuvres. C’était un exemple à suivre pour les maîtres de l’enseignement public. Ceux qui en avaient les moyens ne manquaient pas sans doule de s'y conformer. Juvénal10 parle de Virgiles et d’Horaces tout noircis par la fumée des lampes dont les élèves, se rendant de grand matin à l’école11, se servaient pour éclairer le local encore obscur, et qu’ils éteignaient seulement aux premières lueurs du jour. On a souvent prétendu qu'il s’agissait, dans le passage, d’exemplaires des deux poètes placés entre les mains des enfants comme textes de lecture et d’explication. Mais le dommage causé ne peut venir que de l’atmosphère momentanément enfumée de la pièce : le terme fuligo employé par Juvénal interdit un autre sens. Or les manuscrits, enfermés la plupart du temps dans les capsae, ne pouvaient pas en subir longuement les atteintes 12. Au contraire, on comprend que des bustes exposés en permanence, sans rien poulies protéger, devaient perdre assez vite leur couleur (, decolor ); ils devenaient, eux aussi, des fumosae imagines13, comme ces autres bustes14, portraits dos aïeux, que chaque famille aristocratique conservait dans l’atrium de sa maison etque noircissait peu à peu la fumée du foyer.

Voilà ce que telle ou telle école, suivant la nature de l’instruction qu’on y venait chercher, offrait aux élèves. Joignez-y, chez le primus magister , l’abaque [abacus], table de pierre, de bois ou de métal, qui servait avec les cailloux ou calculi aux exercices de calcul, etc., et chez le grammaticus, des sphères ou des cubes pour l’enseignement de la géométrie, que ce fût d’ailleurs le grammairien lui-même qui le donnât ou qu’il y eût un

exemple Asclépiade de Myrlée qui enseigna à Rome au temps de Pompée et qui est l'auteur d'une Périégèse, ou Tyrannion qui donna des leçons dans la maison de Cicéron (Cic. Ad Quint, frat. II, 4, 2). — * Plin. Nat. Hist. 3, 17; cf. Marquardt, O. I. Organis. financière, p. 2fil. — 0 Boissier, La fin du paganisme, I, p. 153 (in-12). — 10 Juv. Sut. 7, 226-227. — 11 Ovid. Am. 1, 13, 17; Mari. IX, 08, 3; XIV, 223; Juv. 7, 222 sq. — -12 Cf. Jullien, Op. I. p. 119, C'est aussi l'opinion de Fricdlander, Sittengeschichte Bonis, 1, p. 238 (trad. Vogel). — 13 Cic. /h Pison. I, I; Scnec. Epist. 44, 5. — 14 C’étaient, à proprement parler, des masques en cire pris sur le visage même du défunt et montés ensuite sur des formes de bois [imago].

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géomètre spécialement chargé de ce soin. Tous ces objets étaient, dans le mobilier scolaire, 1 apport du maître. Mais il y avait aussi ce que les élèves apportaient avec eux, leurs instruments de travail, leur bagage particulier. D abord la capsa *, qui renfermait les livres des écoliers [causa, liber]. Sous la République, quand les livres étaient encore chers, chaque coffret devait en contenir lorl peu ; le maître avait alors recours aux dictées pour taire connaître les textes à son auditoire 2. Plus tard, <i partir du i'r siècle de 1 Empire, les copies des œuvres classiques se multiplient3 et par suite baissent de prix \ Dès lors l’élève se procure aisément les manuscrits nécessaires, et, comme les livres une fois roulés formaient un petit volume5, la capsa, sans atteindre de bien grandes dimensions, put en recevoir un nombre assez considérable. Tout d’abord, l’enfant portait luimême son bagage ci l'école, et, parmi le peuple ou même chez les personnages importants des petites villes, il en fut toujours ainsi 6. Mais ci Rome l’habitude s’établit

bientôt dans les bonnes familles de faire porter la capsa par le pédagogue, l’esclave grec chargé d’accompagner partout 1 enfant et de veiller sur lui [paedagogus], ou par un autre esclave préposé particulièrement à cet office et appelé, à cause de sa fonction, le capsarios.

Pour écrire, les élèves avaient des tablettes [tabulac ceratae). Elles consistaient en de minces planches de bois, réunies deux à deux (diptyques) et recouvertes au dedans d une couche de cire [diptychon, tabula]. Celles de l’école primaire avaient une grande dimension ; mais chez le grammairien ou le rhéteur, sans les rendre aussi petites que les pugillares qui tenaient dans la main, on en diminuait les proportions, pour que les devoirs ne fussent pas trop longs; c’est du moins ce que Quintilien recommande expressément'. Les caractères étaient tracés sur la cire molle, à l'aide d’un poinçon ou stylet [stylus]8, tige de fer très pointue d’un côté et aplatie à l’autre extrémité. On avait encore le roseau [calamus, penna, arundo], taillé à la manière de nos plumes9, que l’on trempait dans l’encre [atramentum] )0et que l’on reportait sur le papyrus ou le parchemin11. Cicéron12, llorace13, les gens d’étude sous l'Empire14, recouraient très souvent à ce procédé. En était-il de même. dans les écoles? 11 est certain que le système des tablettes de cire, plus commode et moins coûteux, devait être de beaucoup le plus usité. Cependant un passage de Martial nous prouve que, à lecolc primaire tout au moins, on employait la plume de roseau et le papyrus. « Si Apollinaris te condamne, s’écrie le poète en s’adressant à son ouvrage, tu peux aller tout droit dans les coffres des marchands de sel, vil papier sur le revers duquel écriront les enfants15. » Ainsi donc, quand un ouvrage ne se vendait pas et tombait dans le rebut, le primus magister se le procurait à bon compte et distribuait le verso de chaque feuillet, laissé blanc, à ses élèves qui l’utilisaient comme « page d’écriture ». L’enfant avait besoin d’apprendre les deux manières d’écrire, puisqu’il était appelé plus tard, dans la vie, à se servir

* Hor. Sat. I, 4, 22. On rappelait aussi scrinium, Ilorat. Sat. 1, 1, 120, cIloculus, Hor. Sat. I, 0,74. — 2 Cic. Ad Quint, fr. III, 1, 4; De fin. IV, 4, 10; Denat. Deorum, 1, I, 26, 72; Hor. Epist. I, 1, 55. — 3 Dès l'époque de Cicéron, avec Atticus, G. Doissicr, Cicéron et ses amis, p. 134, in-12, 1879.— 4 Mart. 1 , 11 7 ; 1,66. — &Id. 14, 86 et 190. — 6 Hor. Sat. I, 6, 73-74. — 7 Quint. X, 3, 32. — » Mart. 14, 21. — 9 Krause, Gesch. der Erzieh . p. 426 et note 9. — 10 Jd. p. 426-427 ; Grasberger, Erzieh. und Unterricht. II, p. 312. — il Krause, Op. I. p. 424-427. - 12 Cic. Ad Quint, frat. Il, 14(15 6), 1. — 13 Hor. Epist. II, 1, 113. — V* petr. Satyr. 102.

.le l'une ou de l'autre indistinctement Une , exerces a manier le roseau, on Iü,s lesdoi«

•gts

mer le roseau, on reyemii U'St'° ment habituel. Néanmoins, chez le rh i'"* l i|lsll'U' grammairien, le calamus n’était pas . 'T, ï"°" «H Ion ne le conseil d’écrire de DPJ-, Ul

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Quintilien do tablettes de cire

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plume dans l’encre, dit-il, retarde la main^V- UWni k' de la pensée. Mais le conseil n’était i, *S(i il ajoute : « Dans les deux cas. il suivi, ca|

laisser

il ULlll avoir en; « une marge, etc.- ». L'express™,

genere prouve donc qu'on usait encore de la

plète, si nous oubliions, dans le nombre des [„ î! 1 de travail, ceux qui contraignaient à la tâche les ïj paresseux, inattentifs ou coupables de m,Pi„ Tl faute. Ces instruments de punition jouaient „T JJ rôle. L éducation romaine n’était pas tendre en ™ ér iT et encore moins à l’école qu’à la maison paternelle seulement les colères des maîtres”, leurs emportements! leurs accès de fureur 19 accompagnés d’injures eide cris» étaient chose fréquente ; mais ils en venaient promptement aux coups et, selon les circonstances, lessoufflets, laférul! les verges, le fouet, les lanières de cuir avaient leur' tour! La férule (ferula, virga), la menaçante férule, «sceptre des pédagogues21 », était la plus employée. Baguette longue et souple, à la moindre incartade elle s’abattait sur le coupable; elle le frappait d’ordinaire à la paume si sensible des mains, qu’il était forcé de présenter au maître22. Encore n’était-ce là qu’une punition réputée j légère23, le premier degré dans l’échelle des châtiments.} Il y avait d’autres traitements plus énergiques. Selon la gravité croissante des cas, on employait le fouet de cuir! tantôt simple 24 (scutica, lorum, lig. 2613), tantôt composé de plusieurs courroies [flagellum]25, ou la peau d'an-j guille, peau plus grossière que le cuir ordinaire et (pii rendait la peine plus douloureuse26.

De quelle manière était souvent administrée la correc-J lion, la fresque déjà mentionnée d’Herculanum (fig. ( nous le fait voir27. L’enfant y est dépouillé de ses habits ; il ne garde qu’une ceinture autour du corps. ! n de ses camarades l’a hissé sur son dos et l’y maintient solidement par les deux mains, tandis qu’un auhe, j agenouillé, lui a saisi les jambes et l’empêche de bougeij Un homme encore jeune, debout, frappe sur les îeuj avec des verges. Est-ce le maître lui-même, ou un des® aides 28‘? Un personnage placé à la droite du m.iiiu. la caricature reproduite plus haut (fig.4648), peut être de ses aides chargé de l’exécution. Pendant ce h ml'”’ Jj curieux de la rue regardent, entre les colonms,

indifférence, et les autres écoliers assis sur

un banc, lej

volumen déroulé sur leurs genoux, ne se dénuv 1 ^ ^ pas de leur lecture pour contempler un spect.u i 1 1

ont sans doute l’habitude. Parfois aussi, h ni." CQa;i besoin de personne pour inlligef la punition, ^ le tout simplement l’enfant par le milieu <- u •' ^ J

soutenant en l’air, le fouettait avec la main i

— « Mart. IV. 86, 9. — 15 OuinUI. X, 3, 3,-3, - 17 £3 I

— 18 Scncc. Epist. 94, 9. - U> C'est ce que disaient a ■ 84i 3 ; VIII. 3' '"‘j

instruits par Denys le Grec (Ad Attic. VI, t, !-)• «j-Jut. I<*;'

IX, 98, 4,-9. .d. X, 69, ,0; cf. XIV, 80. -22 F, Ut. Caes- 0i, 5„u-

Idyll. 4, 24. - 23 IIor. Sat. I, 3, 120; Juv. M7 • voir PIuL Po1^ jj

vent mots rapprochés et qui caractérisent le régime^ ^ Jahni c. t*1’’ ’ I

— 2(1 Mart. X, 62 , 8. — 26 Plin. Nat. Hist. 9, / ■ ‘

— 28 Grasberger, Op. I. II, P- I48' — 29 Julllcn’ p' '

LUD

. i;lS seulement à l’école primaire, comme on Cenll'l'l.,>(Toire, qu’étaient exercées de pareilles P0"”’"! cii, 7. le grammaticus aussi régnait une sévère |ri.g,U!l|"l,(. Rappelons-nous le plagosus Orbilius *, ■f- ' 'V Horace ne put jamais pardonner les coups qu’il F Orbilius était un professeur de grammaire,

I am[

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[et, qu°i‘Iu 11

®îl'1 ÜS' s’adressât à des élèves déjà grands, il ma-

x la férule et la lanière de cuir avec aussi •ment que s’il avait eu affaire à des gamins Sans doute il était dur naturellement

niait contre eu

Udeménagem

en bas âge 2- S

| tura acerba)3 ] sans doute aussi, ancien soldat4, il transportait dans son école les habitudes des camps; lais son exemple n’était pas isolé. Juvénal euL le sort ■‘Horace ; il fut plus d’une fois, nous dit-il, obligé de re à la baguette ses mains tremblantes 6. Or c’était le

donnant des conseils au dictateur Sylla, il

I tendre temps où,

composait des suasoriae ; il était donc chez le rhéteur, tout au moins chez le grammairien6.

■Ce qui est plus étonnant, c’est que personne, pas même les parents, intéressés cependant des premiers, ne protestait beaucoup contre de pareils procédés7. A de rares intervalles se faisait entendre la réclamation timide d’un lérence8, la réclamation plus énergique d’un Quintilien qui s’écriait : « Frapper les enfants, bien que ce soit l’usage et que Chrysippe l’approuve, me paraît absolument condamnable \ » Mais presque tout le monde pensait comme Chrysippe. On trouvait naturel qu’un jiuaitre habile s’indignât d’être lentement compris10. Bien plus, il fallait lui savoir gré de cette ardeur qui employait tous les moyens, même violents, pour inculquer la science 1 1 . Et sur ce point, il ne semble pas que l’opinion ail jamais varié. Aussi l’école, dans le cours des siècles, ne changea-t-elle rien à ses traditions. A la lin du pagaipme comme a l’époque de Plaute, elle retentissait encore des coups de fouet12. Ausone, lorsque son petit-fils fut Tin âge d’aller suivre l’enseignement du dehors, essayait fil encourager et de le fortifier contre la crainte de la ■ ue'“ Ses parents, lui écrivait-il, avaient passé par là, aussi, et en étaient devenus des personnes accompies . » Ouant à Saint- Augustin, il ne songeait pas sans ' 1 I M ' iode de son enfance et aurait préféré dr 1 ,l' 1 'lUf> de la recommencer '4. Nous avons le I e juger sévèrement ce triste système de l’antiquité; |0n„, i '"us SOn8er qu’il fut aussi le nôtre pendant ronminT’ 1““ ^ M°yen Age ra recueilli de l’héritage eL,n,0n 1'" Ullla centans seulement que les punitions P^PweUes onl cessé d’être en usage.

siuïraipm j ",ln/ M jours tle vacances. — Les écoles 4 Ovide r'\ matan’ au lever du jour. « C’est toi,

les bvres ; | 111 01 ' ’ (Iui arraches les enfants au sommeil et "'attendait i T maî,re® impitoyables16. » En hiver, on lisait encore" '!''lS * aul5e ll'°P lente à se montrer. Il Ie cardeur dp t"11’ 6 C0C1 ne cliantait pas 16, le forgeron et 1 "Posaient l7, quedéjàélèves et insti-

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2 SUOt' °e 9rammat. 9. — * Ibid. — b Ibid. — de rli^tori.n,, es suasonae lll ra ienl dn Ainn x

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'lls''i|ilui ' ’ l.’Ll0unclle révollaii S ' laienl P'amls, Sucl. De grammat. fl), c'est que sa 3 ,, 'lu‘ 11 allaii poii,i : es autres maîtres on acceptait, sans rien dire, une

W Oe. Z TT* a brutalité. — s Tcrcnl. Andr. 5. sq.-» Quint.

:4ni. | • MÿU. 4, 24 ' f®”*' 1,1 :il- — 11 Sencc. De benef. VI, 16, 7.

' ' ' ’ cf- Mart. XiV ' *’ !2’ 25’ 33‘ ~ U AuS‘ Conf- F 9- — 16 Ovid.

, -j. - fo Mart. IX, 08, 3. — n Juv. VII, 222 sq.

tuteur élaient à leur poste. On lisait, on comptait à haute voix. Le bruit de ce travail matinal venait réveiller le paresseux Martial, et c était un des inconvénients qui rendaient au poète le séjour de Rome insupportable* ®. Les exercices scolaires se poursuivaient ensuite pendant toute la matinée jusqu aux environs de midi. L’enfant rentrait alors chez lui pour prendre son repas; puis il retournait a 1 école10. 11 y passait donc beaucoup de temps. Seulement il faut savoir que toutes ces heures n’étaient pas ce que nous appelons des heures de classe; il y avait aussi dans le nombre des heures d'étude, c’est-à-dire que, après la leçon du maître, l’élève faisait les devoirs écrits qui lui étaient proposés, et cette variété même d’exercices lui était déjà un certain délassement : il se reposait d’une occupation par l’autre.

Mais il trouvait un repos plus réel, celui des vacances. Car si chaque journée d’école était bien remplie, l’école ne réclamait pas l’enfant tous les jours de l’année ; loin de là. Les vacances étaient même plus nombreuses alors, ou du moins plus longues, que de notre temps. 11 y avait d’abord la grande période annuelle de congés qui correspondait aux fortes chaleurs de l’été. La fièyre était meurtrière pour les enfants20, et Martial disait avec raison : « Ils apprennent assez pendant l’été, s’ils se portent bien 21 . » Chacun était de son avis. Du reste, Rome était à ce moment désertée par tous ceux qui pouvaient échapper a ses miasmes. Le Sénat ne tenait presque plus séance, les tribunaux vaquaient tout à fait22. Il allait de soi que les écoles aussi fussent fermées. Combien de temps se prolongeaient les vacances? Du 15 juin au 15 octobre, croit-on d’ordinaire23, et l’on s’appuie sur un vers d Horace : ( pueri ) Ibant octonis refereutes fdibus aéra 2i, où le satirique semble indiquer en effet huit mois comme étant la durée des études annuelles. Mais l’interprétation du passage a été contestée25. Les scholiastes lisent octonos... aeris (avec asses sous-entendu) et non octonis... aéra. Dès lors il ne s’agirait plus de huit mois de paiement dus à l’instituteur, mais de huit as, rétribution mensuelle apportée par les enfants. D’autre part, un passage de Martial permet de conclure qu’en juillet le ludimagister n’avait pas encore donné la liberté à ses élèves26. Les vacances, dans cette hypothèse qui est la plus vraisemblable, auraient donc été de trois mois au lieu de quatre. C’était déjà uneassez belle période de répit : ce n’était pas la seule. Aux Saturnales (17 décembre)27, aux Quinquatries (19 mars)28, aux sept fêles ordinaires (fériés romaines, fériés plébéiennes, fériés de la Mère des Dieux Idéenne, de Cérès, d’Apollon, de Flore et de la Victoire 29), les écoles chômaient, et pendant plusieurs jours. Ajoutez chaque semaine le jour du marché ou Nundines , jour de liesse30 et de congé pour les enfants 31 . Ajoutez les fêtes extraordinaires, les jeux publics, jeux du cirque et de l’amphithéâtre32, représentations théâtrales33. Songez encore que le nombre des fêtes et la

— 18 Mart. XI, 157, 5. —15 Lucian. De parasit. Cl ; Suet. De grammat. 4. 20 H0,.

Epiât A , 7, 7. —21 Mail. X, <Î2, 12. —22 Flin. Ep. VIII, 21,2.-23 Ussing, Darstell. (les Erzieh. p. 102 ; Jullien, Op. I. p. 128-129. — 2S Hor. Sut. I, 6 , 75 — 25 Mar-

quardt, Vie privée, 1, p. 112, note 2; Jullien, Op. I. p. 129, note 3. 20 Mari X

G2, fi. — 27 Plin. Ep. VIII, 7, 1 ; Mart. V, 84. — 28 Hor. Ep. II, 2, 197 ; Ovid. Faut. III, 815; Juv. X, 115. — 29 Cependant il faut dire que, parmi les fêles ordinaires, un certain nombre tombaient pendant les grandes vacances; pour celles-là le congé se confondait avec le congé déjà existant. — 30 Plaul. Aulul. il, 4, 45 ; dUj 17 <

09; Fest. p. 173; Cic. Ad Attic. I, 14, 1. — 31 Varr. ap. Non. p. 231 (éd. Quicherat). — 32 Suet. Octav. 44.-33 Dans les prologues de Plaute (qu’ils soient d’ailleurs du poète lui-méme ou qu’ils datent d’une époque postérieure), l’acteur qui réclame le silence parle du bruit que fout les enfants.

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durée de chacune d’elles s’accrut prodigieusement au cours de l'Empire et finit par encombrer le calendrier, à ce point que Marc-Aurèle fut obligé d’ordonner que les jours fériés ne pourraient pas dépasser le total de cent trentecinq *. On croira sans peine que les cent trente-cinq jours fériés n’étaient pas tous des jours de vacances pour les écoliers. Mais il y en avait assurément beaucoup. « Je ne veux pas, écrivait Sénèque, que l’on soit toujours penché sur un livre ou sur des tablettes.2 » Le conseil du philosophe était bien suivi, comme on voit.

Pour tout ce qui regarde les trois ordres d’enseignement, les matières d’études, les exercices des élèves, devoirs oraux et écrits, nous renvoyons à l’article educatio.

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