‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 127 sur 275 · I. p. 166 et · texte numérisé non relu

I. p. 166 et

LUD

Pis des Roma

ains pour tout métier rémunéré. Encore

un jaug, rlietores

' L degrés dans le peu d’estime que l’on fait des ' , gnmmairiens, malgré tout et par suite de leur

v ' b nl plus élevé, arrivaient à un certain renom1.

' V ii uivre ludimagister, qui n’avait à transmettre Mal H ambles connaissances, restait dans son obscurité. 5UC '0Ulon devenu sénateur est un exemple unique4; J.UI,‘”L d’un caprice de Séjan et de Tibère, caprice qui ' point heureux, car l’ancien maître d école, grise r J succès, usa mal de sa nouvelle fortune. Quant Pal autres, ils'étaient maintenus par l’usage et la loi dans llUN;an, ^ès inférieur à celui des grammatici et des \ jis ne pouvaient prendre le titre de professeur réservé aux maîtres de grammaire et de rhétorique ; le rode est formel à cet égard3. Cela seul déjà créait, à leur détriment, une inégalité fâcheuse.

Ajoutez qu’ils étaient beaucoup moins payés. Ce n’est pas à dire que leurs confrères des classes supérieures fussent dans une situation financière toujours brillante. On connaît les doléances de Juvénal sur la misère des gens de lettres et des professeurs4. Mais le satirique semble avoir exagéré. Les faits que M. Jullien a rassemblés conduisent à une conclusion assez différente8. Bien souvent, si le grammairien se trouvait dans la gêne, il n’avait à s’en prendre qu’à lui-même et à sa façon de se conduire. Le maître d’école, au contraire, a beau s’évertuer : il est pauvre. Son métier ne lui suffit pas pour vivre. 11 cherche au dehors des ressources accessoires. Il fait, par exemple, comme cet instituteur de Capoue, Philocalus, dont on a retrouvé la tombe il y a quelques années, et qui se vante dans les vers de son épitaphe d’avoir écrit des testaments avec probité6. Celte petite industrie jointe à sa profession lui a permis à sa mort d’orner d'un bas-relief son monument funéraire.

D’après Plutarque, ce serait assez lard seulement que les maîtres auraient pris l’habitude d’enseigner pour un salaire, et le premier qui tinl à Rome « une boutique d instruction payante » aurait été Spurius Carvilius,

1 affranchi de ce Carvilius, consul en 235 av. J.-C., « qui donna l’exemple du divorce1 ». Jusque-là les écoles, qui existaient déjà nombreuses, comme le montrent les récits de Tite-Live8, auraient donc été gratuites. La chose est peu vraisemblable en elle-même, et encore moins contourne au caractère intéressé des Romains. Il faut entendre pai le texte de Plutarque que Carvilius fut le premier à ne pas craindre de demander ouvertement pour ses leçons uni- rétribution lixe. Personnage plus important que ses pudecesseurs, protégé par un puissant patron, le consul, 'h'uuail été son élève, il put braver un préjugé contre 'lue , sans doute, on n’avait pas encore osé s’élever, j .Puis assurés cependant que d’une manière détournée

tnUr"1" ^ avan^ ^u'’ receva*ent aussi un salaire. La gral l,nl apparente, ce qui sauvegardait le principe, et lïmi 1 011110 (^e cadeaux, la reconnaissance des familles pur 11"' .|U,yen ® 'exercer. Ces présents étaient apportés Miru n ' < VeS a cer*,a‘nes dates, notamment aux fêles de f Dr°feclrice des arts et la patronne des écoles

wrvale tnunus, le 19

mars)9, à celles de Saturne

Jullien, O» / ri

lil* 13, i. ___ 4 j'u ÿ s!ap v — 2 Tac. Ann. 111,66. — 3 Quint. XII, 11, 20; Dig. 5 P- 149; Cûm 1,1 — & Jullien, Op. I. n. 1 73 et suiv. — 6 Nissen, Bermes,

P* 1384, n0tes j., j., " / ** P* 3969- — 7 Plut. Qua. rom. 59. — # Voir plus liai privée, n ’ U' ~ ° M°nnnseu et Marquardt, Culte, 11, p. 167. — lu 1 *’ aVec la note *• — 11 U. Culte, I, p. 153. — 12 Id. Culte, I, p. 23

( sportula Saturnalicia , le 17 décembre), du 1er janvier (strena calendaria )10, de la car a cognatio (22 février) n, du seplimontium 12. En quoi consistaient-ils? Etaient-ils en argent ou en nature? Nous ne saurions le dire. Mais Carvilius jugea prudent de ne pas compter uniquement sur la générosité des pères; comme son école très fréquentée attirait plus d’enfants qu’il ne voulait, il put imposer ses conditions et convertit en appointements fixes ce qui jusqu’alors était, en somme, toujours aléatoire. On s’empressa naturellement de suivre cet exemple et d’étendre cet usage. Les présents n’en furent pas supprimés pour cela; ils subsistèrent, bien qu’ils n’eussent plus la même raison d’être : au ivc siècle après J.-C., saint Jérôme les menlionne encore 13. Il semblerait donc que les maîtres ne fussent pas trop à plaindre. Mais, d’abord, les cadeaux se réduisaient évidemment, surtout dans les écoles primaires, à fort peu de chose. Et quant au salaire que l’usage avait établi, jamais la loi ne le reconnut, fidèle aux traditions des anciens temps où la gratuité était de règle. Même à la fin de l’Empire, il était interdit de poursuivre en justice les élèves qui ne payaient pas14. Aussi l’on peut croire qu’un certain nombre d’entre eux, à la conscience large, ne se faisaient pas faute de manquer aux engagements pris envers le maître.

Quels étaient ces engagements? Le père qui voulait envoyer son enfant à l’école s’entendait avec l’instituteur sur le chiffre de la rétribution. Ainsi faisait-on, du reste, à tous les degrés de l’enseignement. Seulement, tandis que le grammaticus touchait le montant de la somme en une seule fois15, au mois de mars qui ouvrait l’ancienne année romaine10, le primus magister recevait ce qui lui était dû tous les mois à la date des ides 1 ’. Mais un élève avait-il été absent pendant un mois, ses parents saisissaient aussitôt l’occasion de ne rien payer. Ils ne payaient pas non plus pendant les vacances, qui duraient trois, peut-être quatre mois, du 15 juillet ou du 15 juin au 15 octobre18. La morte-saison était donc assez longue. C’est alors que le besoin de ces petits métiers accessoires dont j’ai parlé plus haut devait surtout se faire sentir.

Pauvres diables sous la République, les maîtres élémentaires le restèrent encore sous l’Empire, même en des temps devenus meilleurs pour les instituteurs de la jeunesse. Les empereurs eurent un réel souci de venir en aide à l’enseignement national. Droit de cité, exemptions de charges, immunités, salaires fixes, de Jules César à Constantin ces différents privilèges furent successivement accordés ou maintenus19. Mais qui en jouissait? Ceux qu’on appelait du titre de professeurs, les grammairiens et les rhéteurs. Les ludimagistri n’étaient pas admis à y participer. Cependant le prince a parfois pitié d’eux et recommande aux gouverneurs de provinces de veiller, par humanité, à ce qu’ils ne soient pas accablés d’impôts trop lourds. Recommandation assez vague, comme on voit, et qui peut être appliquée très diversement. Un document des derniers temps de l’Empire, l’édit de Dioclétien sur le maximum (301 ap. J.-C.), ne permet pas au magister institutor litterarum de réclamer plus de 50 deniers par mois pour chaque enfant20. On

— 13 llieron. Comment, in Epist. ad Eplies. VII, p. 540 (t. XXVI, collect. Migne).

— 14 Jullien, Op. I. p. 27. — 13 Juv. VII, 240. — 16 Macrob. Sat. 1,12, 5-8. — n Hor. Sat. I, 6, 75. — 18 Mart. X, 62, 6 sq. ; cf. Marquardt, Vie privée, I, p. 112, noie 2.

— 19 G. Huissier, La fin du paganisme, I, p. 163-167 (in- 1 2). — -0 Corp. inscr. lat. 111, p- 831; Ussing, Op. I. p. 103; Marquardt, Op. I. I, p. 112, note 1.

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ne connaît pas la valeur exacte du denier de Dioclétien ; mais elle était certainement beaucoup moindre qu’aux époques antérieures ; on l'estime au huitième de la valeur ancienne, qui était de 10 as. En tout cas, ce qu il faut relever dans l’édit, c’est que le litterator y est le plus mal rétribué de tous les maîtres; non seulement il ne reçoit pas autant que le grammaticus graecus sive la t inus et que le geometres ’, mais il est moins bien traité qu'un autre maître, élémentaire lui aussi, le maître de calcul (calculator), lequel touche 73 deniers 2.

Peu payé, peu estimé dans l’opinion publique, le ludimagister était encore peu aimé de ses élèves. Il n’avait même pas cette consolation que des maîtres obscurs trouvent souvent dans leurs humbles fonctions, l’affection du petit monde qu'ils instruisent. Ce n'est pas assez de dire qu'il était peu aimé; si l'on en croit Martial, il était détesté3. Il est très vrai que les enfants, le plus souvent, ont tout d’abord une certaine répugnance à l’endroit du travail et de celui qui les fait travailler. Mais le litterator ne tâchait guère de vaincre cette répugnance et de se rendre aimable. Au contraire il était dur, exerçait avec une rigueur impitoyable cette discipline dont on a vu les terribles instruments, et par sa violence devenait encore plus un objet d horreur. Bien que le grammaticus eût un droit égal à user des châtiments corporels, il est à croire qu’il y recourait moins fréquemment. On cite toujours Orbilius et la terreur qu’il inspirait par sa férule ; mais cela même prouve, sinon qu’il était une exception, du moins qu’il tranchait avec sa rudesse sur les habitudes, plus douces en général, des autres grammatici. Comme dit très bien M. Jullien, « il aurait soulevé moins de colères, si tous ses collègues avaient été aussi brutaux que lui 1 ». Le ludimagister, sorti du peuple et resté peuple davantage, moins délicat, ne craignait pas d’employer tous les moyens dont l’armait la sévérité des mœurs romaines.

Et avec tout cela ces maîtres exécrés, ces hommes à l’existence misérable, en répandant partout l’instruction, ont rendu de grands services à leur pays. Envisagés de la sorte, dans les résultats de leur tâche, ils se relèvent, font meilleure figure, et nous pouvons terminer sur une impression moins défavorable. L’individu est peu de chose, l’œuvre collective a été belle. Edmond Courbaud. LUDUS TROJAE [trojae ludgs].

LUIVA. — Grèce. — L’astre ou la déesse ont pour nom grec tantôt tantôt SsXvjvï). Le premier, qui

paraît le plus ancien et qu’on trouve surtout chez les poètes, vient d.’une racine me = mesurer (skr. mû) qui se retrouve dans gvjv (thème p.7jv;-, ion.gslç), mois. SeXïjv-/], plus fréquent surtout en prose, a la même racine que fféXaç, éclat , et csip ou o-sfpt o;, soleil1. Cette divinité paraît n’avoir tenu dans les préoccupations religieuses des Grecs qu’une place d’arrière-plan. Tandis qu’Artémis ajoute à son origine lunaire une légende curieusement élaborée diana, II, p. 130-154], Sélènè n’a guère d’histoire ; c’est la planète satellite sous les traits d’une femme,

1 Ceux-là ont 200 deniers par mois. — 2 Le notarius ou sténographe reçoit ègaement 75 deniers; maison peut considérer ce qu'il enseigne comme étant déjà d'une spécialité plus relevée. Four être juste, ajoutons que le calculator lui-même méritait d’être un peu mieux payé que le litterator , en raison de la complication et de la difficulté assez grandes que présentait chez les Romains le système de numération.

— 3 Mari. IX, C8 ; XII, 57, 4-5. — 4 Jullien, Op. I. p. 103-194. — Bibliographie.

J. -H. Krausc, Geschichte der Erziehung , des Unterrichts und (1er liildung beiden Griechen , Etruskern und Jiôrnern, Halle, 1851 ; Ussin %,Dar&tellung des Erziehung s und Unten'ichlwesens bei den Griechen und llômern , Allona, 1870 (2f édit, en 1885, à Berlin) ; Grasberger, Erziehung und Unterricht im klass. Alt ert hume, Würz-

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mais sans personnalité humaine très man poèmes proprement homériques, il ne sm Th D;,ns les la Lune soit jamais divinisée 2. Elle n’v > ? ' Pas qu° céleste. C’est ainsi, dans sa plénitude ^

sans personnification aucune, qu'HéphaisLT’v”'* paru,, d autres astres sur le bouclier qu'il tor '1 ‘A8,"™ sous la forme du simple croissant qu'on h JP ' bijoux mycéniens, notamment sur 1

de même à la surface d’un cyl i n dre représentant le ciel porté par Hercule, sur un lécylhe à figures noires d’Érétrie6 (fig. 4G50). Cela n’empêche pas de croire que la Lune n’ait été très anciennement déifiée. D’abord elle attire l’attention religieuse de tout peuple enclin à diviniser la nature.

* ** Mr

Fig. 4650. — Hercule portant le ciel.

Puis nous voyons qu’on lui consacrait des grottes en Arcadie avant qu’on eût commencé à bâtir des temples . Et l’ Athénien des Lois de Platon, parlant de ces vieilles croyances, transmises par les mères et les nourrices, qu’on cherchait à ébranler de son temps, mentionne avant tout la divinité de la Lune et d’autres corps célestes7. Il n’est guère douteux qu’au temps (b ^ Pélasges on ait adoré Sélènè8. Pourtant c’est autoui d’Artémis comme d’Apollon que les mythes à signifie4 tion morale ont poussé leur floraison. Cette déesse a triple forme [hecatè, p. 44 et suiv.] a non pas absoi a tout â fait, mais en un sens enclavé, dépassé Sélem M' 1 ^ qui dans les conceptions poétiques, dans les théogom* ■ ^ dans l’art ne fait que suivre, eide loin, les destine' s 1 frère Ilélios [sol].

btirg, 1804-1881 ; E. Jullien, Les professeurs de littérature dans I ^ Mo(nrM Paris, 1885; G. Boissier, La fin dupaganisme, Paris, 189) , 1. 1, livi - m

sen cl Marquardt, Vie privée des Romains (trad. Heniy),L * clique, LUNA. 1 G. Curlius, ürundxüge, n»s47i ctG59-603; Bcrgaignc. ya)1>

I, p. 157. — 2 Nitzscli, ad llom. Od. IX, 1U. — 3 Hom. /f-XWI ’ ,* 350 (MilchhS-

1 155. — 4 Scldicmann, Afycènes, fig. 539, p. 437 ; Arc h . /t it. ] ’ I 1 ASThoNoMia •

fer). — B Journ. hell. stud. XIII, 1802, pl. III; cf. fil,'- ■’K‘ ,ggg> p. 341-

— 0 Porph. De unir, nymph. 20; Üsencr, Rhein. usn<" re|j,,jol, antiquc

— 7 plat. Le,/. 82 1 b , 880 d, 887 d. Il en parle encore comme mu J p 63

et traditionnelle, Apol. XIV, 26 d. — «Bérard, On 9- c" es

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etltoè-Mèni dans la poésie. — Quand les poètes 1 s' ‘ • son char, ce n’est souvent qu’une façon

font allusion a

s cicux1. Quand ils précisent et détaillent la

de caractériser l’orbe lunaire roulant à

flirtai'!""'"!" .

travers description

connue dans l’Hymne homérique ou la

,’ia îo | ai ne en son plein est associée à la vi p m leur Lie j j x

• .In ,1e chevaux à la brillante crinière

ne

Lon saisissante de chevaux à V1‘ . nl .I(, l’Océan 2, on peut voir là l’idée de donner

endant au char d’Hélios®. Dans ce meme hymne, les ï* qu'une épithète semble attribuer à Sélènè,et qu’on retrouve nulle part ailleurs, ne sont pas autre chose ii’une allusion à la rapidité de son évolution1. Son i re de beauté féminine à laquelle on compare, pour l‘ J0(1(,r ceiie des mortelles ou même des déesses6, sa couronne de rayons, même ses vêtements éclatants de blancheur6 sont simplement des images du phénomène physique. L’œil grand ouvert et qui voit tout, c’est à la fois le disque lumineux et l’impression que la Lune assiste en même temps à tous les spectacles terrestres; on trouve les mêmes qualifications appliquées au Soleil \ Cet œil est parfois l'œil d’une génisse8, et à ce trait s’associe dans «ne poésie déjà tardive l’idée de cornes d’ailleurs suggérée parles arts plastiques (voir § II). Une sorte de contagion verbale créant une confusion fera même de la déesse une génisse [io, p.568], ou attellera des taureaux à son char 9.

Dans Hésiode, Sélènè-Mènè est fille d’Hypérion et de Théia, sans doute parce qu’Hypérion est père aussi d’ilélios10. Dans un hymne homérique elle a pour père l’allante (peut-être le héros éponyme de Pallantion en Arcadie)11; dans les tragiques elle est non plus sœur, mais fille d’ilélios *2. Les vers 14-17 de l’Hymne homérique à Sélènè13 disent qu’aimée de Zeus elle en a eu Pandia, légende dont nous ne voyons aucune autre mention ancienne, mais d’où Aug. Mommsen conclut que la fête athénienne dite Pandia pourrait se rapporter a cette lille de la Lune u. Un vers du poète Alcman dit que la rosée, Hersa, est fille de Zeus et de la Lune16, mais, comme Macrobe l’a déjà remarqué 16, c’est la simple énonciation poétique d’un phénomène naturel : l’air frais de la nuit condensant la rosée. La légende de Sélènc aimée de Pan a un peu plus de consistance, bien que seul Virgile nous la fasse connaître d’après Nicandre de Colol'Imn Le dieu aux pieds de bouc séduit la Lune par la dancheur des brebis ou des toisons qu’il lui offre (ou en se tiauslormant en bouc) et l’entraîne dans les profondeurs

. . . . Simple interprétation poétique d’un spectacle

1101 llllllc Umilier aux pâtres, quand les dos de leurs mou-

hmiiiciiv III, 19. I. orbite parcouru l'ait songer à une piste, le disque

v. 0 ™ ® «n char d’or ou d’argent. - 2 XXXII, EU

I époque „<■„ , l'.",lle vnlgt vers est le texte le plus complet que nous ayons de li, l’otticr cl "s'"0 SUr 'a Puue env>sagée comme divinité. — 3 Sopli. Ajax, 845 : rique» llcln,s (XYV ma°h’ N6croPolB de Myrina, p. 401-2. C’est l’hymne homépris ji .. i.. ^ (*u‘ Para^ ajnslé sur le modèle de celui de Sélènè. A un vers

IX, 40 0 élCMduc- - 1 H. h. XXXII, l.-s Theocr. Il, 104; Paus.

6,8 ■~ïii,lnn!y. !'yjm' T,1C0CI'- u> 79 ; II- h ■ in, do. — 6 a. h. XXXII, 389; Parnicnidr en °U|“’ ,'J|“ ’ Plut- /s • 0s- 52 1 Aesch. Pers- 428 I Sept.

Aescli. Pram ni ^ u"ach), 130 ; ; piul. Fac. in ore Lunae, 10;

SwhSoph \iar~KK, Nv0U' XVII,24°;XLIV, 217; U. orph. Ibid, 2. - 9 Ibid. ; lv, 23, d. ,i ^0an’ Dion- XXIII, 309; XL1V, 210; Eus. Praep. Evang.

16 Iles. Thcoij '| x ° I 9 “99t ' Porphyr. Antr. Nymph. 18; Lactant. 1, 21. ^ii. 2,v. loo • pur- ° 1 • a. II. 31 où l'épouse d'Hypérion est appelée Eùçuoàtinra ;

4b 191. — u n A°en. 175 ct Schol.jSchol. ad Arat. Phæen. 455 ; Nonn. Dion. '“vresacu 1rs ||(> 12 Eurip. Ibid. Ailleurs, elle est la femme cl de ses

Al,,e"rs rUC0re aiUcurs>de celles de Zeus, Néméo; Schol. A poil. Itkod. 498;

"'“sonie orphi,,,,'? s\!.' Cell0S ‘I liuM.oIpos, Schol. Aristoph. Ranae, 1033. Dans la Nuit. Pas plus ( ’ ' ' "enl Peu "° place. Elle y est tantôt fille, tantôt sœur de 1 "Uc lui en ont don, T'' ' ^ ^ s-s^,m’ " Hésiode elle 11’a de descendance. Les légendes une afin de se servir du mythe d’Endymion pour rattacher

tons paraissent éclairés d’une blancheur éclatante. Nous retrouverons cette légende traduite par la plastique dans une curieuse scène d’èyxoTuXf<7g.oî (voir plus loin, p. 1389. . Quant au célèbre mythe d’Endymion, il est, en ce qui concerne Sélènè, d’origine récente. Avant l’époque alexandrine, Endymion n’est qu’un berger ou bien un fils du roi d’Elide endormi dans une grotte du mont Latmos1*, personnification du sommeil, du repos perpétuel (et, selon quelques-uns, de la mort). Ainsi en parlent Hésiode, Platon et Aristote, les seuls parmi les écrivains un peu anciens qui le nomment19. Mais, dès qu’une personnification du sommeil était créée, elle devait nécessairement se rencontrer et s’unir en une légende avec celle de la Lune. De là Sélènè, amoureuse d’Endymion, se glissant dans la caverne où il dort pour l’embrasser 20 et, quand on complique les choses, obtenant des dieux son sommeil prolongé pour le contempler à son aise21, puis ayant de lui cinquante enfants (qui, selon Boeckh 22, sont les cinquante lunaisons d’une période olympique). C’est encore un effet pittoresque traduit d’abord sous forme dramatique et simple, puis surchargé d’éléments nouveaux : c’est la douceur avec laquelle les rayons lunaires caressent un corps nu23.

Toutes ces indications nous montrent que les Grecs avaient le sentiment d’une Sélènè distincte d’Artémis, la vierge lunaire et chasseresse, sans que la distinction fût absolument tranchée dans le langage. Différents textes disent bien qu’Artémis estaussi la Lune24 ; aucun, que la Lune n’est autre qu’Artémis ou même qu’Hécate. Devenue une des trois personnes de la trinité artémidienne, elle est restée quelque chose d’autre, a gardé sa personnalité astrale. Dans les mêmes passages, concurremment Artémis et Sélènè sont nommées et pas du tout comme les deux noms d’une même divinité. Dans Hésiode 2S, les Muses invoquent d’abord Artémis parmi les dix grands dieux olympiens, puis, quatre vers plus loin, Sélènè la brillante, parmi les dieux de lumière, avant les dieux chthoniens. L’amante délaissée de Théocrite26 s’adresse successivement à Sélènè la paisible qui x-eçoit ses confidences et la protégera, puis à la souterraine Hécate, à la puissante Artémis qui frapperont son amant. On pensait à Sélènè vaguement femme, toujours calme et débonnaire, sans la mêler nécessairement à la farouche et bondissante Artémis. Pendant que le mythe de celle-ci se développait et suivait son cours, celui de Sélènè était toujours recommencé et renouvelé par la simple contemplation du phénomène astral.

les rois du pays à la race divine ; cf. F. Lcnormant, Origines de l’ Hist., Appendice ; Bouché-Leclercq, Atlas de l'Hist. grecque, p. 11-13,20-21. — 13 ff. h. XXXIl.Ccsderniers vers sont sans aucun lien apparent avec les treize premiers tout descriptifs ; cf. Grosse, De dca Luna , p. 5, n. I. — U Heortolog. p. 60; Etym. magn. s. v. nœvSu'a. Mais voir noie de 11. Wcil et Buttmann, Dcmosth. Mid. 517, éd . H. Weil. p. 116. — 13 Ap. Plut. Symp. 111, 10, p. G59 b ; Bcrgk, Lyrici gracci , 111, p. 54, fr. 48; Macroh. VII, 16, 31. — 16 Macr. Ibid. — O Nicaudr. Fragm. 24 et 115; Virg. tieorg. 111, 391; Macr. V, 27, U; Ribbcck, Proleg. crit. ad Virg. p. 164; Prellcr, Griech. Myth. I, 363 (Preller-Rob. I, 445). L’indication de Virgile est interprétée de façons très diverses, mais l'origine poétique eu est l’effet des rayons de la lune caressant les toisons d’un troupeau de moulons. — 18 Slrab. XIV, 1, 8; Paus. V, 1, 4; Hesych. s. e. — 19 Plat. Pliaedo, 72 b. c; Arstt. Nie. X, 8, 7.

— 20 Theocr. III, 44; XX, 37 ; Plut. Num. IV ; Cat. XVI, 5-6; Apoll. Rhod. Schol. IV, 57 où sont nommés, mais non cités, Sappho et Nicandre ; Prop. III, XV, 15 ■ Apoll. I, 1 , 5. — 21 cic. Tuscul. 1, 38. — 22 Boeckh, Explic. Pindaricac , 138.

— 23 Selon Max-Müller, Essays, II, p. 72-77, Endymion est le soleil, envisagé aux heures nocturnes où il semble disparu sous l’horizon, son nom est formé du verbe Iv-Sùo qui signifie s'enfoncer el sa légende est très ancienne : son sommeil dans la grotte do la Lune signifiait poétiquement la disparition du soleil dans la nuit ; cf. Apoll. Rhod. Schol. L. I. — 24 plut. Symp. III, 10. — 25 Theog. 9-18.

— 26 Theocr. II, 11, 12, 14, 33 , 69, 142, 164.

II. N élènè dans lart. — Ces esquisses des poètes ne paraissent pas avoir expressément servi de données à 1 art. Il a plutôt suivi des voies indépendantes.

Sur 1 ftgora d Llis, la statue «.le la déesse ayant, selon Pausanias, des cornes, c’est-à-dire un croissant sur la tête, eUiit \ is-à-vis celle d Hélios 1 . Cette statue est sans doute le plus ancien des souvenirs artistiques relatifs à la déesse.

Bientôt deux types différents de représentations se sont créés : probablement la peinture les a préparés à la sculpture. Le premier, c’est Sélènè sur un char à deux chevaux, tandis qu’ordinairement celui d’IIélios en a quatre. Nous la trouvons ainsi sur deux coupes du commencement du vc siècle, la tête surmontée d'un disque ou globe qui la désigne et conduite par deux chevaux ailés qui se présentent de face. Dans la première des deux, à figure noire et de style sévère 2, le haut du char seul est visible, s’avançant sous des branchages qui figurent conventionnellement le jardin des Hespérides et ses fruits. Dans la seconde, qui est à figures rouges, le détail est d’une remarquable élégance, l’ensemble singulier et séduisant3 (fig. 4651). Il est possible que le char de la déesse ait figuré au fronton ouest du Théséion. Du moins les traces des scellements laissées sur les marbres semblent l’indiquer \ En ce qui concerne le fronton oriental du Parthénon, la chose ne fait aucun doute. Il semble que c’était une tradition de la peinture, acceptée par Phidias, de figurer les dieux de lumière en pendant de part et d’autre de diverses scènes divines5. Au Parthénon la naissance d’Athéné était encadrée entre le Soleil et la Lune qui représentaient la nature entière témoin de ce prodige. Il paraît établi, par les traces visibles sur le fond encore en place du fronton, que du côté opposé à

1 Paus. VI, 24, G. — 2 Lenormant et de VVitte, Elite céramogr . II,

p. 387, tab. ex vi , vase de Lamberg. — 3 Gerhard, Lichtgottheiten , tab. iv, 3; Trinkschalen , Berlin, pl, vm, 2; Élite céram. tab. CXVII, p. 388; Heydemann, Mitth. 91. Rapp y voit une Eos (Roscher, Ausfürl. Lex, I, p. 1277). Mais Eos est le plus souvent ailée et n’est pas surmontée du globe.

— 4 Bruno Saucr, Jahrbuch d. deutscli. lnstit. 1897, p. 84. — 5 Compte rendu de la Commission de Pétersbourg, Slephani, 1860, p. 53 sqq.

— 6 Athen. Mittheil. XVI, 1891, p. 83; Michaelis, Der Parthénon, p. 127; Collignon, Sculpture gr . II, p. 32. Voir, pour une autre opinion, Eurtwangler, Collection Sabouro/f, I, tab. lxiii. — 7 Fiorelli, Vasi dipinti di Cumei , pi. v;

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celui d'IIélios il y avait deux chevaux d’où il Sélènè était sur un char6. (Le torse de h (i ■ SUlt fIue morceau très mutilé, retrouvé en isp) V.' beau l’Acropole à Athènes.) Enfin un vase de la fi,,' I MuSéede reproduit les deux chevaux ailés. Eos ailée v ‘7° S,ecl1 Sélènè, sur un char semblable1. Mais, ni dans' ? I>rèsde sen tâtions décrites ci-dessus, ni dans la série nui' 'T Sélènè n’a d’ailes. Cela ferait disparate avec l’allure de ses chevaux qui ordinairement redescendent l’Océan, tandis que ceux d’IIélios en sortent Un second type, plus original peut-être en sà simpliciu etad déjà créé depuis longtemps et avait été adopté ’ Phidias. La large base sur laquelle reposait le trône de son Zeus d Olympie était revêtue d’un relief représentant un groupe important de dieux et de déesses, encadré par Hélios et Sélènè. Or, tandis que le dieu conduisait un char, la déesse chevauchait; peut-être même elle montait une simple mule, et Pausanias ajoute qu’on contait à ce sujet une histoire trop ridicule pour être rapportée8. Aucune indication de la poésie ne paraît avoir préparé cette conception de Sélènè équestre ; dans l’art même, les représentations de femmes à cheval sont rares 9. Sur un vase de très beau style, le long d’une sorte d’arc-enciel, Sélènè descend sur un cheval magnifique et à vives allures et, à l’autre extrémité, le char d’IIélios monte au-dessus d’une Gigantomachie10. Ailleurs l’aspect est quelque peu différent : les dieux de lumière ne sont plus figurés seulement pour encadrer une autre scène et en fixer l’heure ou le théâtre, mais pour eux-mêmes; le plus souvent, le spectacle offert est un lever de soleil et la déesse, enveloppée d’un himation talaire, pieds nus, sur un cheval d’allure calme, s’en va, précédant l’Aurore qui arrive Une main tient les rênes ou s’appuie sur

Fig. 4C52. — Sélènè précédant le char du Soleil.

l’encolure, l’autre sur la croupe du cheval, acconipu^^ la direction de la tête qui se retourne Pal 1111 ment de curiosité ou de regret vers 1 apparition «f " ' 1 ‘ .

Nous la voyons ainsi, modeste et peut-clic^a^ 1 s’enfonçant derrière un coteau a la gamin ' j^g

belle composition (vase dit de Blacas) iePr0 ^ xjS l’article aurora (fig. 666) 11 ; sur le cou\eu

„ g c'est une fiucs1*011

Heydemann, Ji accolta Cumana, 157. s ^ aus' ’ piédestal de la s*a*ll0| de savoir si la naissance de Pandore, m "du1 sm |e c|iar d’Ilél'05 llj

d'Athéné, dans la colla du Parthénon, était encadrer t pma]1t (Collignon.

Sélènè à cheval. On a pensé que 1 analogio de la s • . ^eit. l®6*’ P'

Sculpture, I, p. 539) permettait de le supposer, on __ 10 yasc de H"'»- 9 Iî. Pottier et S. Reinach, Nécropole de Myrma, ^P- ( j.^rprélaho#

tapies ; Alonum. d. lnstit. IX, 0; voir Annali, ™-), P- Journ Hit.

■demain), Vaacna. 2883. Voir létu. £

à Napl de 0. Jalin. ; Hey<

sludies, IX, 1888 , p. 9, pi. n. - - 11 Actuellement au

udc de t. ratahgMi

Musée Britannique, Cat J

LUN

ii dt' la fi

n du v° siècle (fïg. 4650), qui représente

8Ui(,lU- "divinités de lumière au lever du soleil1 ; sur ‘leS E i ligures rouges du Brilisli Muséum2 qui poure fabrique que le précédent; sur une

un vase a

Mre de la même ianrique raltl ' . (1(> piorence où elle apparaît plus simple et plus œB0,‘ • nar un mouvement qui va bien avec son

reM rl,sio uée, son cheval allonge la tête vers la terre 3. #llllU(,l|l '.l les artistes aient voulu montrer la d i fié -

il semble ipic .. . .

dVclal avec le soleil, atténuer comme il convenait la

rem 'ml, lance d’une déesse plus modestement lumineuse.

la personnification d’une douceur tranquille. A côté

d’une figure éclatante, c’est une figure de parfaite simplicité.

I énumération complète des vases où l’on trouve ce type

de représenta-

bonne époque au Musée de

l’Ermitage 4, l’un où Sélènè à cheval est précédée du génie Pliosplioros et un autre où Sélènè à cheval monte tandis que le char d’Ilélios descend, au-dessus d une scène bachique (fig. 4653). La déesse, assise de côté, a

tout le buste découvert; son himation, décrit, en s’envolant, un demi-cercle derrière les épaules ; à côté, un disque où est enfermé un profil de buste féminin, le tout figurant la pleine lune et sa splendeur. C’est encore sous l’aspect d’une cavalière presque fringante avec le voile envolé en demi-cercle que Sélènè précède le char d’Ilélios5 ou celui de Médée

% «54. - Sélènè à cheval. poursuivie par J a-

son 5 sur un vase aP|i lui do Naples. Puis les répliques prennent, dans la

I astiqm», des caractères originaux, si c’est bien Sélènè

I I 111 '"'I prèsd un cheval qu’elle va monter 7, et entre un | ( ' 1 1 1111 chien8. C’est elle assurémentqui figure àl’ex- (li"- UnC ^‘gan*'omachie sur la frise de Pergame9

1 M ')• La déesse, assise sur une mule où une peau

* Kuri ••

»eil. l884''p^r.’n“W|' Sabouroffi h lab. 03. -ZArch.'Zcit. 1875, p. 113. — 3 Arcli. Pclcnl). | Mj.i '' t ,ntlnni Mitthcil. lab. 111,2. — 4Stephani, Compte rend. archéot. ~ 8 Arch. Z n( " cl ahp.53sqq. — 5 Gerhard, Lichtgottheiten , lab. Il, 1 .

'crrc cuite du | ,, 1 * cl P- 63 ; lleydemann, Vaseus. Neapel , 3221. —

MJl~ Sjlüljn * • * oUicret S. Rcinach, Nécropole de Myrina, lab. XII,

>^^:XnedUedM°num- iab-lSI. — 9 Journ. ofhell. stud. 1883,p.l28. ri>>30ns données nà • T |M' * °^'Snon-I,onlronioli, Pcrgnme, p. 80; mais voy. les <lcniann, M,uh ''r ''«ndel.cnbiirgap, Baumcister, Denkmâler, p. 1250. — 10 Hcyl8st,p. 9r, [ ,cen*amml. in Ober und Alittel-ltalien, lab. 111,2; Arch. Zeit. dev Berlin C°“' Sab™rofr, lab. 03. - 12 Furtwanglcr, Bes-

Y Su>samml. II, p. lu 2 . Sélènè ainsi désignée est encore

Fig. 4G53. — Sélcnc ît cheval, précédée du soleil.

de bête lui sert de housse, est vue de dos, mais son visage sérieux et doux (malgré la mutilation), tourné du côté où sa course l’emporte, s’offre de profil ; l’extrémité de l’h inflation s’envole en arrière. Aucun attribut ne surcharge cette figure traitée dans une manière large et souple.

Quelquefois, à côté de la figure, des étoiles sont répandues dans le champ pour suggérer l’idée du ciel La tête de la déesse est parfois ceinte d’une couronne radiée 11 . Plus souvent elle supporte un cercle ou un demi-cercle 12 qui désigne l’astre même et qu’on a vu aussi, plus haut, figurer dans le champ. A ces simples traits se réduit la conception vraiment hellénique de Sélènè. Ce n’est pas la vierge svelte et marchant à grands pas qu’est Artémis ;

c’est une femme aux formes plus pleines , toute vêtue, d’ordi naire, avec un voile mais qui presque toujours dégage la tête, divinité pacifique 13 et bienveillante, Trpifyfwv u, simple 15, aimable, tXasîpa, et rassurante 10.

La période hellénistico-romainea un peu compliqué les choses. Lareprésentation de Sélènè y a emprunté différents traits d’Artémis ; il ne sera plus aisé de distinguer les deux types divins. Dès l’époque grecque un croissant était parfois placé dans les cheveux ou à côté de Sélènè (statue d’Élis et œnochoé de Florence).' Plus tard une très ingénieuse création de l’art a gracieusement adapté le croissant aux épaules [diana, fig. 2353-2357] et on peut indifféremment rapporter à Artémis ou à Sélènè ce type de figures qui reproduit peut-être, avec un sens esthétique très supérieur, la représentation habituelle du dieu Mèn en Asie Mineure [lunus]. Plus tard, on mit toujours un croissant sur la tête de la déesse ’7, même désignée déjà par quelque autre symbole. Et, l’idée des cornes du croissant s’étant curieusement associée à celle de la monture ou de l’attelage, on a représenté Sélènè montée sur un bouc ou une génisse ou sur un char traîné par des génisses ou des taureaux18. 11 est même arrivé qu’on a remis un croissant entre les cornes du taureau 19. Il est possible qu’en ceci Artémis réagisse sur Sélènè par la confusion tirée du mot TaupoTtôXoç (Artémis de Tauride).

L’idée de la déesse emportée par un bouc peut avoir été pour quelque chose non pas dans la légende, mais dans la représentation de Sélènè séduite par Pan. En effet, un couvercle de miroir Fig. 4055. venant de Corinthe 20 représente un être humain à pieds de bouc, barbu, portant une femme à grand voile, qui a le genou placé dans les mains de

nommée dans le champ, debout derrière le Irônc d' A lias. Voir Berlin, 2278 2293 cl 3245; Gerhard, Ges. Aie. Abliandl. I XIX, cl la lig. 5. — 13 Theocr. Il, II. — U//, h. XXXU, 18. — l° * Ateeiooté^vijç, Eus. Praep. Evang. L. I. (leçon contestée). — iODymn. orph. VIII, in fine ; l’Iularch. /'«c. in o. Lun. Il, p. 920.

n Hor. Carm. IV, 2, 56: Fronlo curvalos imitâtes ignés... Sxc. 35 : bicornis.

18 Annali d. Inst. 1881, p. 87, pl. n; Arch. Zeit. 1850, lab. 152; O. Jalm, Arch. Beitr. p. 58 ; Clarac, lab. 160 ; Mfillcr-Wicscler, Denkmâler a. K. 2, 16, 176 ; monnaies de lagons Valeria ap. Babclon, 11, 519. — 19 Miillcr-Wicscler, Ibid. 176 a. C’est sur celle seule gemme qu on voit a la déesse des ailes, sans doute parce qu elle y est vunppôço;. Voir Corp. inscr. Sic. 1032. — 20 Guz. des B. -Arts, août 1866, p. 121 ; Arch. Zeit. 1873, lab. VII, I.

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son porteur unies derrière son dos, et qui, de ses dix doigts, se tient fortement à son front. Devant le couple vole le génie Phosphoros, une torche allumée à la main. Il semble qu’on doive voir là Pan qui enlève Sélènè consentante. Sur une monnaie de Patras ', Pan tenant un lagobo/on pedum est debout devant Sélènè à cheval (fig. 4655). ^

Le char, un bige d’ordinaire, rarement un quadrige, reparaît plus fréquemment que la simple cavale de l’époque grecque, mais les chevaux n’en sont plus jamais ailés. Le contraste du bige donné à la déesse avec le quadrige triomphal d’Hélios est bien marqué sur une agrafe

dargent trouvée à llerculanum 2. De plus, dans les représentations qui groupent les diverses divinités de la lumière, Sélènè a toujours une place très importante et elle rejette Los à l’arrière-plan. Elle hérite des deux torches aux mains ou de la torche unique 3 que tenait en courant l’Artémis lunaire sous sa forme propre ou sous celle d’Hécate [uecate]. Ce qui est tout à fait propre à Sélènè et d’origine assez ancienne, c’est le voile ou l’écharpe (c’était d’abord l’himation) envolé en demi-cercle autour de la tète.Roscher y voit l’interprétation du halo qui entoure parfois la Lune1 et non, ce qui est pourtant plus simple, l’effet du vent, pendant une course rapide, sur un voile retenu aux deux extrémités par les bras. A l’époque romaine, nous trouverons, par exemple dans le sarcophage d’Endymion5 et le diptyque du Musée de Sens6 (fig. 4656), tous les éléments réunis en une surcharge bien éloignée de la simplicité grecque : char, taureaux, croissant, torches et voile tout ensemble.

111. Culte de Mènè-Sélènè. — Probablement parce que parmi les cultes grecs celui de Sélènè était un des plus anciens, nous le trouvons assez faiblement constitué en Grèce à l’époque qui nous est connue. D’autres plus nouveaux l’avaient plus ou moins remplacé ; il n’en restait que des souvenirs et des traces éparses. On retrouvera quelques-uns de ces rites 7 à propos du Soleil [sol], car il semble que les deux cultes allaient à peu près de pair. Ce sont des salutations à des moments choisis, des prières et invocations trois fois répétées à voix haute8, des âge-

1 Gerhard, Akad. Abhandl. tab. VIII, 5; Müller-Wieseler, D. a. K. 2, IG, 174. — 2 Museo Borbonico, VII, pl. 48. — 3 Müller Wicselcr, 2, 174; Jalin, Arch. Beilr. 56 ; Mus. Borb. L. c. — * Roschcr, Ausf. Lexik , t. II, col. 3141. — ï» NV. Frochncr, Xotice de la sculpture antique du Louvre n« 42G, p. 3'J1 ; 427, p. 3%; 428, p. 308. — 6 Millin, Gai. Myth. XXXIV, 118. — 7 Plat Leq. 887 e; Apoloq. 26 d (XIV). — 8 Lucian. Icaromen. 13. Il en parle en dérision, mais s'inspire de quelque usage connu. — OA moins que dans le texte des Lois ci-dessus il ne s’agisse de salutations aux dieux au lever et au coucher du Soleil et de la Lune. — 10 plat. Epinom. 985 e\Leg., 821 d. — H Corp. inscr gr. I, 1 102. Avec 1 inscr. LeAr,wi ico/u ovulai et à côté de quatre autres consacrés par le même prêtre à Tclesphoros, llygicc, Apollon, Asclépios; ’E œr(,u. àpjratoX. 1883, p. 148. Voir Bursian, Jahresbericht, XV, part. III. p. 452, — 13 pus.

Fig. 4656. — Sélcnc à l’époque romaine.

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nouillements et des prosternements 9, enfir lices et des fêtes, dont Platon parle plutôt emm SaCri' devoir qui s’imposerait aux âmes pieuses ll u“ d’un usage généralement suivi 10. Une inscription TTl nous parle d’un prêtre de /eus Boulaios à Gvih . ‘ .

l’était à la fois de Sélènè, d’Hélios, d’Asclépios J’h !"• q"i Nous trouvons à Épidaure un autel en rnù,d, , deesse'-, et, dans les mystères d’Eleusis, tandis n prêtre porteur de torche figurait le Soleil, un autre'1" de l’autel, représentait la Lune ,3. Mais Sélènè était plu i '? à l’époque que nous connaissons, l’objet de dévotion.’ discrètes et personnelles que d’un cidte public. Pindare u dans des vers aujourd’hui perdus, disait qu elle était invoquée par les amantes, tandis que les amants s’adressaient à Hélios. Nous avons vu dans Théocrite une femme abandonnée la prendre pour confidente et pour complice-

Phèdre l’implorait dans 1’ 'iTtxoXti-roç xaXraxogevoç d’Euri* pide. Les libations dont à Athènes on l’honorait étaient dites sobres, vTppàXim, parce qu’elles étaient composées non de vin, mais d’eau pure15; on lui offrait aussi des

gâteaux en forme de galettes rondes

qu’on appelait

cfeXTjvat ou de croissants qu’on appelait [üoùç et qu’elle partageait au reste avec Apollon, Artémis et Hécate l6. Enfin, en certaines régions comme à Thalamai -(Élidé), on a pu l’associer à ces oracles dont les réponses étaient des songes apparus aux consultants et qui, comme on le voit dans Virgile11, étaient voisins de sources. Or, à Thalamai, une source sacrée avait pour nom Sélènè". Tout auprès était le sanctuaire, avec les statues de bronze d’Hélios et de Pasiphaé ; désigné sous le nom de cette dernière héroïne, il pourrait bien être originairement un temple de Sélènè 7rà<7t-cfaé<7<7a. On dit que les ëphores de Sparte venaient y chercher des conseils19. Les femmes thessaliennes se vantaient de faire par des incantations descendre Séléné sur terre. Mais ceci est du domaine de la magie [magia], et sur ce point nous mentionnerons seulement ici trois hymnes dits orphiques récemment découverts20, dont deux adressés à Hélios et à Hécate, le troisième à Sélènè, en vue de tout acte,

È7tt 7tâtfY| Trpiçet. Il contient cinquante-cinq vers où la Lune

est à la fois identifiée avec nombre de personnalités! divines toutes redoutables et vengeresses, envisagéel dans sa triplicité et1 présentée sous 1 aspect le plusl effrayant. Cette invocation serait le complément :m un d’une curieuse peinture de vase, où deux magieit nnesl nues, tenant l’une une large épée, l’autre le in‘[ j

gique, lèvent la tète vers un disque où 1 on vil ^ d’un buste de femme et qui est attiré vers lu tl IU 1 une longue chaîne qui l’entoure21. Si 1 on pouviil u ^ confiance en l’authenticité de ce fragment, ‘lll-i'',Ui rJ disparu et assez suspect, on croirait que les posun j disent, en efi'et, l’invocation ixpoç SeXujvTjv ew 7C*5fl qui est d’ailleurs d’une très basse époque. Daim

Praep. Evans/. III, 12; Mignc, p. 210 c. — u Parlhenia , ap. bcllt(J.a®^dj*iiii^ 10. — 16 Sopliocl. Scliol. ad Oed. Col. 100; Suid. s. »• ^

recevaicnl ccs mêmes libations. — 16 l’oIL 'L ,0’ 1-1111 ^ aj £„rip. troj-

; Fragro. Eurip. Nauck, 352 ; Hesycli. s. ». ^ I, Hi

1075. - 17 Virg. Aen. VII, 83. - « Paus. UI, ». *; divination. Il, V™ Plut. Agis, 0; Cleom. 7. Voir Bouché-Lcclercq, üist. a é9cniêe 1"

un autre oracle d'Ino (c'est-à-dire d lo ou d Isis Iirlb n parait pouvoir aifil

vache blanche) que Pausanias, 111, 23, 8, signale à grecque ■ Tcxl's

rapporté à la Lune. -20 E. Miller, Mélanges de. LU U VI((j n. 8;

inédits (1868), p. 452. — 2t Gerhard, Akad. . g . Keinacb, Réfert0're I

Witte et Lcnormant, Élite céramogr. II, p. 389, l® • ’

des vases, II, p. 319.

( (].mS i’^ge classique, la personnalité divine de Sié semble étrangère à la magie et n'est pas surchargée

’plène S6*IlUiC ° —

'l uii'iils Poésie religieuse, art et cultes nous l’y présen l< '-ommê la tranquille voyageuse du ciel, douée d’une bienfaisante et douce comme la lueur lont elle baigne la terre endormie.

d’Arténn gnages ex

lent connut

dnie très simple, des rayons dont - -

' |jn, __ par un instinct qui s est trouvé juste, le nom de Luna y était rapporté à la même racine que lucere et rapproché de Lucina1. Les poètes ont souvent em- *lUl aux Grecs la forme Plioebe (féminin de «boîêoç) dont ceux-ci n’ont guère fait usage. Une déesse italienne de la Lune, antérieure à l’acceptation par les Romains s et de Sélènè, n’est pas attestée par des témoiieites. Mais, outre la généralité absolue du culte lunaire, nous voyons que les Romains ont cru à l’extrême ancienneté chez eux d’un tel culLe. Varron nous apprend que le Sabin Tatius l’apporta à Rome2 (où, sans [ doute, il en rejoignit un autre déjà ébauché). Même si cet | écrivain, venu de Réate, a une tendance à tout sabiniser 3,

I on peut croire qu’il reproduit des traditions très anciennes: il s’est servi surtout des indigitamenta où il n’y avait de formules de prières que pour des divinités d’origine itaî lienne4. Il nous apprend encore que dans un temple de la Lune Noctiluca, sur le Palatin, une lampe était toujours allumée pendant la nuit 5, ce qui n’est pas un rite grec. Nous connaissons mieux un autre temple de la Lune sur les pentes du mont Aven tin, au-dessus du Circus Maximes6. Tacite nous dit qu’on en devait la construction à Servies Tullius1, ce qui indique au moins la croyance à son ancienneté. Plus tard, la Lune s’est certainement confondue avec Diane, elle-même absorbée par l’Artémis grecque. Mais originairement la Diane italienne n’est nullement lunaire : elle est uniquement une déesse des bois et des montagnes, au nom de laquelle s’est attachée une signification politique [diana]. Luna plus ou moins longtemps a eu une existence distincte de cette déesse. Varron et Denys les nomment concurremment dans le même passage 8 : tout en sachant que la conception de Diane enveloppe celle delà Lune, on continuera à honorer 'un Luna purement astrale et on aura pour elle plus de dévotion même que pour le Soleil.

Di u i ulte nous savons peu de chose en dehors de ce dm concerne le temple du Palatin. Selon Vitruve, les mP ' s de la Lune étaient à ciel ouvert, comme ceux de upitep, dda Foudre, du Ciel, du Soleil9. Les calendriers i 11 des sacrifices en son honneur à des dates et en sl(i^ 1 Ux ers ’ sur l’Aventin le 31 mars ; dans la Graecornv h'\. l,sL"d"<lil‘e Près du local réservé aux ambassadeurs ■ ' ,l Doine, le 24 août : c’était un de ces dies reli-

nai/, ", i' Du*J*'(lue était suspendue, où on s'imagine,, ^ ' loonde infernal s’entr 'ouvrait sur le monde

Lune ' "lls' Le a°ût, c’étaient, pour le Soleil et la trouvait"^1 "i^Ualre COurses de chars au cirque, où se (avec ce ' SU1 [mrcus], un petitautel de la déesse10

' 1 1 1 1 1 grands dieux). On l’honorait des noms

comn'e lumen i ’ G. Curlius, Grundziïge : 88, l.una — ltic-na

~ 3 Roscher, ~ C‘men- ~ 2 Varr. -

rr. De ling. lat. V, 74; Dion. liai, il, go.

Mtm ’uü.'i"!.7' *• «■ «ol- 2159. - ‘ Marquardt, Handh.

*«*t.tat. V £ lî i-(C“''eeAK '« *■ >*• *- et 31. B Varr.

V| 5D Ov. Fast ... ’ ‘l- L,v- W, 22; Appian. Bell. civ. 1, 78; Vilruv.

i.Ce temple Iule ’ A 12, 8. 7 Tac. Ann. XV, 41 (velustissima reli-

'Lûion.Iiai i i 0"sumé PMlo grand incendie sous Néron.— 8 Varr. L. lat V XII, p. iM; I’ Civ; ûei- IV, 23; Vit, 2. - 9 Vilruv . I, 2, 5; Marquardt!

°ip.inscr. lat. I, 315; Fcstus,p. 154, s. v. mundus; Corp.

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de liegia, Augusta, Aeterna , Lu ci fera n. La Lune est nommée seule dans la plupart des inscriptions qui nous font connaître ces faits et dont aucune n’est antérieure à Père chrétienne. Quelquefois avec elle sont nommés Silvain, le Génie, Apollon etDiane, Isis (avec qui elle a été du reste confondue, voir io)12, les planètes, et enfin, le plus souvent, le Soleil13 [sol]. Comme il est naturel, certaines cérémonies, dont au reste le détail nous échappe, leur étaient communes. Par exemple, d’après un passage assez obscur de Tertullien, les vainqueurs du cirque auraient consacré leur char à la Lune et au Soleil u. Des monnaies assez anciennes montrent 1 union des deux grandes divinités de lumière : au droit est le Soleil rayonnant; au revers, un croissant et deux étoiles13. Quand les Romains joignent les deux personnifications ensemble, ils paraissent vouloir symboliser la permanence dans le temps, l’Eternité. Des jeux séculaires avaient lieu pendant trois jours en l’honneur du Soleil et de la Lune ; les nuits étaient consacrées à la déesse10. S’ensuit-il que tout culte leur était commun et que les temples connus de la Lune étaient aussi ceux du Soleil? C’est ce que pense Mommsen ”. Mais Tacite, comme Varron, spécifie quand il parle du temple de la Lune, et il nomme à part un temple du Soleil apud Circum 18, dans la région de i’Aventin comme celui de la Lune, mais « attenant au Cirque ». C’est le sens de apud.

L autre en était distinct. 11 est vraisemblable que le’cûlte du Soleil, s’étant de plus en plus uni à celui de la Lune, s’est enfin célébré dans les mêmes temples, et que celui qui fut incendié sous Néron 19 fut, une fois rebâti, dédié aux deux divinités de lumière. C’est ainsi que nous le trouvons désigné à l’époque de Constantin 20. L’empereur Hélagabale avait fait venir de Carthage la statue de la Lune Céleste pour célébrer à Rome son mariage avec le dieu solaire dont il portail le nom21. Idée de fou; mais plus on approche des derniers temps du paganisme, et plus on voit que, d’une manière générale, le Soleil et la Lune se dégagent d’Apollon et de Diane et même sont juxtaposés, avec leur caractère plus concret de divinités astronomiques, à ces personnifications morales. C’est sans doute un effort pour rajeunir et renforcer les dieux par le rappel de vieilles croyances dont le souvenir n’était pas encore aboli. Une inscription nous a montré22 le couple Soleil-Lune à côté du couple Apollon-Diane et un relief sur une lampe nous l’a fait voir rapproché par un parallélisme voulu, du couple Sérapis-Isis [lectisternium, fig. 4381 , p. 1011].

Ni les poètes ni les artistes romains n’avaient trouvé une personnification originale de la Lune qui, pour eux, reste l’Artémis ou la Sélènè grecque. Cependant, quand Horace invite la jeunesse romaine à chanter avec lui

crescentem face Noctilucam . celerem pronos volvere

memes , il semble bien qu’il fait allusion à la déesse purement lunaire du Palatin, pour enrichir de cet élément la figure poétique de sa Diane23. Sur un même piédestal à Vérone nous trouvons d’un côté Diana Lucifera sous

inscr. lat. I, 400 (Solis cl Lunae circcnscs m issus, XXIV); J. I.yd. De mens. I 12.

— Il Corp. inscr. lat. H, 4438; 111, 1097, 3920, 4793 ; VIII, 8437 ; XII, 997; Oi'elli. 1929. — 12 E plient, epigr. 4, 759, sur un aulel offert à la fois à Apollou et au Soleil, à Diane et à la Lune; Orelli, 5856. — 13 Corp. inscr. lat. I, p. 239, so[lis et lun]ae ; 344, 412. — U Tertult. De spect. 9. — 15 Babelon, Monn. de la Bép. I, p. 20,

1»° 21 ; P- 356, 11° 16 ; PreUer, Bôm. Alyth. p. 328. — 16 Uor. Schol. ad Carm. Saec. 21.-17 Corp. inscr. lat. I, p. 400, 412. - 18 Tac. Ami. XV, 74; Tcrtull. De spect.

8. “ 10 Voir note 7. — 20 Jordan, Ephem. epigr. III, p. 70. — 21 Cf. Bouché- Lcclercq, Hist. de la dit). 111, p. 270. — 22 Voir note 12.— 23 I(0r. Carm. IV, 6,38-40.

LUN

l’aspect (1 uno chasseresse, de 1 autre la dédicace Lutine sous une femme ayant un croissant sur la tète et tenant une draperie envolée et cintrée en écharpe. Cette seconde ligure re/i/icans est donc la déesse de la Lune bien distinguée de Diane-Artémis La Sélènè grecque, si simplement assise sur sa cavale, n’a guère inspiré les artistes ni les poètes, ou du moins l’impératrice Faustine ainsi déifiée2 en Lune (lig. 4657) paraît une exception, et elle est chargée d’une longue torche. Sur un miroir étrusque 3 la déesse, désignée du nom de Losna , figure, en une représentation tout à fait hellénisée, debout et drapée, appuyée sur un sceptre, ayant un croissant de Lune à côté de sa tête, entre les Dioscures Castor et Pollux. Croissant, écharpe nimbée, tunique talaire (quelquefois le sceptre) désignent la Lune sur une série de monuments

tardifs représentant les dieux éponymes des jours de la semaine 4. Mais c’est le char à deux chevaux, qui, pour les poètes et les artistes, est l’attribut principal. On le trouve par exemple au revers d’une monnaie de la gens Valeria dont la face présente une tète diadéméede rayons, sans doute le Soleil5 (fi g. 4658). On le retrouve au fronton du nouveau Capitole de Domilien ; la déesse entièrement vêtue, avec le voile en cintre, tient les rênes ; son char fait pendant à celui du Soleil6 [capitolii'm, fîg. 1151 . Même représentation sur un bas-relief de Silifis avec l’inscription Lunae Augustae 7.

Ce sont les monnaies qui nous offrent le plus de personnifications de la Lune. Les Dioscures qui, avec deux étoiles dans le champ, y figuraient, comme héros protecteurs de Rome, y sont remplacés depuis 527 par la Lune conduisant un bige8.

Sur les deniers de la gens Petronia , qui était sabine, le croissant accompagné d’une étoile (lig. 4659)alterne avec la figure de Tarpeia accablée a demi sous les boucliers des Sabins qui exploitent et punissent sa trahison, ou même il est dans le champ au-dessus de cette scène9 (fig. 4660). T. Mommsen rapproche

1 Corp. inscr. lat. V, 3224; Maflei, Muséum Veronense , 09, 4; cf. la reprfeen talion delà Lune voilée sur un sarcophage : Gerhard, Antike Hildw. pl. sein, 4.-2 Milliu, Caler. mytliol. lab. XXXIV, 4 18. — 3 Muller- Wieseler, Denkm. d. a.Kunst. J, 3I°; Gerhard, Etrusk. Spiegel , lab. 171. — 4 Gazette archcol. 1877, p. 50 cl 83. Voir aussi oies, p. 172 3, lig. 2403-5. — 0 Babclon, Mon,,, de la Itép. H, 520.

— c Arehàolog. Zeit. 1873, tab. 57. — 7 Corp. inscr. lat. VIII, 8437. — 8 Babclon, Mann, de la Itép. Introd. p. 21. — 9 y*;,/. ||, p. 499 ci 301, „•» 18-19. — 10 Prop. IV, 4, 23; Mommsen, Iiüm. Mûnzw. p. 585, n» 303. — il Par ex. Virg. Aen. IX, 403-405. — 12 Ibid, vil, 7-8. — Bibliographie. W.-ll. Roscher, Ueber Selene und Verwandtes (Stud. zur griech. JUylh. n» 4), résumé en 80 colonnes dans Ausfùrl. Lex. art. Mondgôttin ; ibid. art .Lima ; Bruchman, Epitheta deorum quae ap. poetas leyuntur ; Grosse, De Graecorum dea Luna, Lubeck, 1881; Schwartz, Sonne, Mond, etc., Berlin, 1864 ; Slephani, dans Commission archéologique de Pétersbourg , Compte rendu pour 1800, p. 43 sqq. ; 53 sqq.; E. Gerhard, Lichtgottheiten (Gesammelteakad. Abhandlungen, I, p. 143-156), Berlin, 1800 ; Preller, Griech. Mytho logie, I, 301-364; Id. Itôm. Myth. I, 327-329; Gilbert, Gôtterlehre (Leipz. 1898), p. 353-428 (cet auteur attribue le caractère luuaire à Alhènè, Perséphone, Hèra,

Monnaies de la Gens Petronia.

Fig. 4057. — Faustine en Lune.

de ce fait un vers où Properce dit que Tir™; plaindre (?) de la Lune !«. 11 semble bien m, ?ClUse se trouve associée à cette légende, sans que h J? ^ y prend soit très claire. En somme, des magistrat q“ ,,lle d’origine sabine regardent comme un titre de 7°mamS leurs ancêtres aient puni la cupidité de la m\JvT î!!!e après en avoir tiré parti, et que, dans cette histoire u ° da.re, la Lune ait été de connivence avec eux r'^T déesse astrale qui est en jeu ici, comme dans lanhunri , ‘ inventions populaires, tandis que, pour les poète!* l u artistes romains, elle était moins distincte ne., i-.? d’Artémis " ou d’IIécate que pour les Grecs Lesnoètl! toutefois ont aussi, comme il était naturel, créé et re ;• d’instinct le type de la Lune femme et déesse, en le fin 'i toujours directement du spectacle de l’astre même. Quand Virgile dit, par exemple : nec cnndida cursumLuna negat l\ en décrivant simplement ce qui se passe dans lo ciel, il attribue presque une intention bienveillante à la nocturne voyageuse, et, sans que la tradition mythologique y soit pour rien, d’un mot il esquisse pour elle l’ébauche d’une personnalité. Adrien Legrand.

LUIVUS. — Ce mot, qui ne se rencontre que dans un seul texte latin et une seule fois 1 , n’est pas un nom sous lequel une divinité quelconque ait été adorée ni à Rome ni en* aucun autre point du monde antique. 11 n’apparaît que dans 1 Histoire Auguste. Spartien y rapporte que Caracalla,

se trouvant à Edesse, eut l’idée d’aller à cheval jusqu’à Carrhai pour y visiter un dieu lunaire mâle qui avait là un temple, mais qu’en chemin il fut assassiné par son écuyer. Les informateurs2 qui ont transmis ce fait à l’historien, en y ajoutant un assez sot commentaire sur les conséquences du genre masculin ou féminin attribué à la Lune, ont donné à cette divinité de Mésopotamie le nom latin de Lunus3. Et depuis, historiens, numismates, épigraphistes ont trouvé le mot commode pour désigner tout dieu lunaire mâle qui s’offrait à eux.

Dieu lunaire de Mésopotamie (dit Lunus). Min, dieu lunaire de Phrggie. — Le vrai nom de celui de Carrhai nous est inconnu Son temple existait encore au temps de l’empereur Julien 5. On a pensé, étant donnée la race dont la région était peuplée, que c’était un dieu sémite . Sur les monnaies cette lune mâle esL figurée soit par un croissant et une étoile, sans autre effigie (fig. 4661), soit par une tête qui a un croissant vis-à-vis d’elle1, ou qui est diadémée, avec deux croissants inégaux. Nous n’avons sur cette divinité que- Fig. 460u ces notions vagues. en Mésopotamie.

Un autre dieu lunaire nous esL au contraire très connu. C’estMên(Mvjv), dieu anatolien qui P,ual

Aphrodite, etc., à toutes les triades féminines de la mythologie g" c I .!

. .i . f il Wcil ap. Jouit""

les divinités dont le concept implique l’idée de mesure, etc.; c . • Rejnacb,

des Savants , mai 1S99, p. 288-93) ; pour les représentations sur lis w Répertoire des vases peints. , . ....ihusaud

LUNUS. l Spartian. Carac. VI, 0; VIII, 3. — 2 Ibid. ...doclissm»^ ^ ^ id tradiliim. — 3 EtX/.vz, dans Herodicn, IV, 3, qui rapporte b (u ■ ^ vait être par exemple Aglibol (ef. Ilelbig, Guide de Itome, I, P* ^ ^ ^ .p" : | gr. III, 0915) ou Jahribol (cf. Bouché-Leclercq, Hist. delà sllr les

de Vogué, Inscr. sem. p. G3). En Arabie, à Esbus, Mionnet (\ , u ^ p.293)

monnaies le type même de Mên, mais de Saulcy (A mnism. de ^ __ £f. per-

y a reconnu une divinité féminine, Astarté. — ü Amm. Man . - ' ^ et note 1*

drizet, Bull, decorr. hell. 1896, p. 95-96. — ? Mionnet, V, P- un ,emplc

Figure d'après l’exemplaire du Cal), des Médailles. On Oou ^ f,arnics et sur* tétrastyle avec, entre les colonnes, des masses de formes l*'\ eu ^ j c n t de simp*l,s montées de croissants. «< Les plus anciens simulaci es de | f,, Qrèce} M P pierres ovules surmontées de croissants », dit Maury (Jtelit/. < se référant à ces monnaies où il n’y a pas de figure humain

LUN

■ '■cèdent*. Il est reconnaissable à ce que, dans distinct d" 1’!^ représentations, il porte toujours, avec les no®1"1'1 ' . lc costume, surtout le bonnet des lal1 . 0 Sur ce dieu, dont Strabon nous désignera les P^f' '| s plus connus, lesmythographes ni les poètes ne jenlP'" '^menl ri en. Un vers d’un hymne orphique3 lc °llS;l|Tu même temps que deux divinités phrygiennes, h MÈre des dieux ; Lucien* le ridiculise comme i livinilé orientale fastueuse et surchargée de dorures; UnC,,|l' le croit confondu en Phrygie avec Sabazios sous Pr°!n''me nom et dans les mêmes fêtes5. Tout cela est "" ''"||()||S tromper sur la nature originaire du dieu. Il P!!j“’jen do commun, si ce n’est le pays où il est honoré, D‘m, (,os divinités délirantes et. farouches dont le culte n’allait pas sans l’orgie et l’extase. Il est possible qu’à une époque relativement tardive elles aient été unies ou confondues avec lui comme ayant le même pays d’origine, presque le même costume, et en vertu de cette passion de syncrétisme qui sévissait vers la lin de l’époque païenne. Au centre même du culte de Mèn, en Lydie, près de Coloé, trois niches ou arcades sont creusées et sculptées à même le roc et contiennent trois bas-reliefs représentant des scènes relatives' à Adonis confondu avec Attis c ; dans l’une des trois, malheureusement très mutilée, Waddingtona cru reconnaître ou le croissant ou le bonnet phrygien qui rappellerai tMên. Il est du reste certain qu’ailleurs Al. lis prend non pas seulement le croissant7, mais le nom même de Mon. Dans plusieurs inscriptions romaines du ive siècle ap. J. -C. où il est invoqué en même temps que In Mère des Dieux (et Hermès), le surnom assez mystérieux de Menotijrannus est joint à son nom (si ce n’est pas Mèn Tyrannus qui est nommé avec lui). Les céra-

Inbl' s &recs 1 Asie Mineure s’empareront de ces confu- 1 ^ pour créer des types d’art hybrides et fort curieux.

^ lamentations de Mên. — Mais pour avoir été comilii " 11 sorte avec ces dieux équivoques8,

i " ' sl bas moins parfaitement différent d’eux9 InIm plastique comme par les noms qu’on lui

^ 1 111,1 1 aii <V|ui donne à Mên desorigines sémites, cf. Guiguiaut,/îeiiÿ. encline monn ii!. | a h note 8 ; Perdrizet, L. Z., 91 , combat celle opinion. —2 Sur

coilTni M.s, n u de (.arrliai n a ledit bonnet. Ce qu’on a pu prendre pour celle

«’’/ l/l. Proron, r"/'<’l,l,'nl ai'rivé l|ans le champ ; Mionnct, V, p. 593. — 3 ffymn.

Waddiugtoi \Jtlit~ ■[ J"P' tra,J' 8’ — “Procl. Ad Tim. IV, 251, p. 607. —G Le Bash, VI, |iM1 Mineure, tah. i.v,éd. Reinach, p. 43.- -7 Corp. inscr.

*'<’n<>t. invicto A i.i 1 (Ondli, 1900, 1901,2264) : Attidi sancto Mcuolyranno... , LT" ! Mc"° Tyl'’ ; 0l'elli’ 23ï3 i L- Renier, Mélanges épigr., Iicl°s, dion oracul- 1 . ^ 113 Un Syrien associe dans sa reconnaissance

*"'<ï Mwisque ') yp, ^Mm^e Mén-Magister(faut-iI, comme lèvent Hirchsfeld, s j V " encoie associé ou confondu avec Dionysos, A. Maury, '"'ur * °pinion coni|. | )"T °UTln*'“ *tA? «SôXoi Oe-.î, Luc. Icaromenipp, p. 27. —9 Voir,» * l’tn»c q,ic C0|ii;; i'llnsay, Ciliés of Phrygia ( Jottrn . of hell. stud. 1883).

abazios, comme Attis, est un dieu d’origine solaire appelé

donne, les formules sous lesquelles on l’invoque, les qualités morales qu’on lui prête.

Un attribut qui nese rencontre qu’irrégulièrement dans les représentations de ces autres dieux asiatiques, et qui se retrouve constamment dans les siennes, c’est le croissant de lune adapté non pas à la tête, mais aux épaules ,#. La partie médiane de ce croissant est censée absente ou dissimulée derrière le cou ou le dos; les deux pointes seulement apparaissent de part et d’autre. C’est ainsi que nous voyons Mèn : 1° dans un relief provenant de Coloé en Phrygie Catakékaumène, où son buste accompagne celui d’un Zeus solaire, à la tête radiée (lig. 4662)**; 2° sur une très belle intaille de grenat du Cabinet de France (Bibliothèque nationale) (fig. 4663) 12 ; 3° sur un très grand nombre de monnaies13.

Mais le relief, qui d’ailleurs a été trouvé dans le foyer même du culte Fis- «63. — Type traditionnel

, A , . de Mèn.

de Men, date de l/d de notre

ère14; l’intaille n’est pas plus ancienne, et aucune monnaie n’est antérieure au temps de Trajan . C’est en Attiquc, où nous trouvons Mèn émigré, que se rencontrent (outre une statuette de terre cuite curieuse mais mutilée13) des reliefs dédicatoires qui datent

Fig. 4004. — Mèn sur le bélier.

du ive au n° siècle avant notre ère et nous font connaître l’ancienneté de ce type de représentation. L’un a été trouvé en 1894 encastré dans un mur entre la Pnvx et l’Aréopage 16 ; l’autre est de la collection Lanckoronski et se trouve dos à dos sur une même pierre avec le char d’un dieu solaire17 (fig. 4661). Sur le second, qui est le

Mânes et en <|iii les traits caractéristiques de la Lune se seraient mêlés à ceux du Soleil. Les Grecs d'Asie Mineure auraient transcrit Mânes par Mèn. Mais, comme le remarque M. Perdrizet, on ne voit pas pourquoi, puisque Mèn n'était chez eux le nom d'aucun dieu. — 1° Sur les monnaies de Carrhai (par ex. n° 20 de Mionnet, t. V) il y a deux croissants dont un plus petit sur la tète sans bonnet phrygien, ce qui confirmerait la distinction des deux divinités. — l*Le Bas-Waddington, Yoy. archèoV Monum. pi. c.xxxvi, tig. 2; Explie, des inscr. p. 215. — 12 Catalogue C/ta bonillet , 2033 ; cf. le 2034. — >3 Par exemple, dans la collection Waddington ( Cata . logue de Babelon) plus de 50 numéros. — 14 Le Bas-Waddington, Loc. laud. p. 215.

1» Musée central d’Ath. Bull. corr. hell. 1890, p. 72. — 19 Ibid. XX (t896)

tah. xiv. Au même endroit ont été trouvés des ex-voto à Cybèle. C'était sans doute un sanctuaire de dieu national où on plaçait des ex-voto à des dieux étrangers. — 17 Coleclion Lanckoronski (Vienne); Bull. corr. hell. 1890, tab. xv ; Catal. der archueol. Ausstell.. Wien, 1813 (où Mèn est pris à tort pour Sélènè).

LUN

plus ancien, le croissant n’est pas ajusté au corps du personnage, mais placé derrière l’ensemble de la scène. Dans l'un et l'autre le dieu est assis sur un bélier; près de lui est une table garnie de gâteaux et de fruits1, devant laquelle est un coq. Dans un autre relief trouvé à Thorikos, port voisin du Laurion, c’est sur le coq qu’il est assis2. Ces trois théophanies, où Mên apparaît à ses fidèles en prière près de leurs offrandes, nous confirment l’habitude fréquente des artistes anciens de donner pour monture à un dieu l’animal même dont le sacrifice passe pour lui plaire3 et nous montrent que plusieurs des caractéristiques du dieu, constantes sur les monnaies impériales, remontent très haut. Car le coq, le coq blanc spécialement voué au dieu 4, figure sur nombre de pièces de Parlais, d'Antioche de Pisidie, de Prostanna, etc. ■' La haste a la main droite que nous offrent des monnaies très nombreuses6 est sans doute ancienne aussi, car nous la voyons à la main du dieu dans un autre relief atlique du uc siècle avant notre ère, où il est dans une grotte, nu-tête, tenant un coq sur son bras gauche, entre Pan et une nymphe ou une Naïade 7. Enfin tantôt la pomme de pin qui conjure les maléfices, et qui peut être remplacée par une grosse grappe de raisin, tantôt une patère (pour libation) entre les mains 8, complètent la physionomie sans doute ancienne, traditionnelle de Mên, car ces particularités se présentent avec une fréquence remarquable et dominante sur les monnaies. Ainsi se dessine la figure la plus ordinaire du dieu, jeune, imberbe avec de longs cheveux, vêtu d’une tunique haut ceinturée, souvent d’une chlamyde par-dessus, et des anaxyrides phrygiennes.

Certains traits complémentaires, qui sont un peu plus

rares, ont pu répondre à l’intention de grandir ce dieu modeste et familier. D’abord le sceptre; mais le sceptre

l Sur ce ri le habituel, sinon spécial à Mèn,cf. Foucarl, Assoc. reliy. en Grèce, p.220; règlement du culte de Mèn en Altique, I. 20 de l'inscr. : làv Sé m T?à*eÇav r.r.i

6e5i, Xa(i6avÉTw to r/xurj. — -Musécd'Ath. 1406; Perdrizet, fig. 6 ; Corp. inscr. att. Il, 1593, MtTpaSâ-njçxat ^ yuvr, Mïjvi à... Ici le croissant manque, maison pense qu'il était figuré en couleur sur le fond. — 3 Maury, Belig. de la Grèce, III, 125. Sur les monnaies de Cypre, Aphrodite est montée sur le bélier qui lui sert de victime. De Luynes, Aum. et inscr. cypriot. pl. v, 2. — 4 Diog. I.aert. VIII, 374; Jamblic. De vit. Pyth. tS : « Ne touchez pas au coq blanc... ; il est voué à Mèn. » — 5 Mionnet, lli, p. 492, n*» 4; Waddington, 3586-9, 7154, etc. ; liead, Hist. num. p. 591- °^- c EUc est sur la plupart des monnaies où nous signalons d'autres attributs et sur I intaille 2033 du Cab. des Médailles, Paris. V. Mionnet, tables , p. 261 et 263; Babelon- Waddington, p. 559. — 7 Musée central, Athènes, 1444; Smirnoff, fig. 1 ; Bull. corr. hell. 1896, p. 78, fig. 5.-8 Mionnet, III, p. 304, n° 3; IV, p. 298, n* 594 ; Suppl. VI, p. 251, no 415; Id. III, p. 365, no 362, IV, p. 263, no 400 (Lég. KAMAPEITHE NFEAEQN) ; Suppl. VI, p. 620, n° 411, etc.; Bull. corr. hell. 1896, p. 73, — 9 Le Bas-Wadd. Voyag. Monum. figurés, tab. cxxxvi, n° 667. Stèle à Koulah, provenant de Menneh, Corp.

Fig. 4GGG. — Monnaie de Nysa,

LUN

ne se distingue pas toujours bien de h i thyrse. Quoi qu’il en soit, Mên a le scentro ^ °ü d“ une seconde stèle de Coloé,J où il nK„,.0 , °nm;iin % de Zeus aétophore (fig. 4665) (172 de nr / " fIed à côqt un rocher de la ville haute de Philfppes où M 61 S|lr reconnu, dominant de la taille tout un ' He"zeyt’a divinités figurées sur les roches voisines *« Pï"!l,éon * le pied posé sur un taureau terrassé, et s\ '° °é M nombre de monnaies, il a aussi le Dièd Un Cerlail> taureau, que l’effacement a pu faire prendre"! l"'(‘ de petit rocher11 (fig. 4666). Mais la fierté du dieu ^ "n telle que, sur d’autres pièces, il n esl m

ne garde en même temps au poing son coq favori. Parfois, tout pacifique qu’il est, il porte une petite figure de Victoire ,2.

Quelquefois il se présente au portail d’un sanctuaire distyle comme en Galatie13 (fig. 46671 ou d’un fastueux temple ùsix colonnes comme à Nysa u. Enfin, pour le grandir encore, le voici à cheval. Cette allure équestre n’a rien de commun avec la posture du dieu assis de côté sur une monture invraisemblable dans les reliefs d’Athènes. Rien ne démontre qu elle ne soit pas antérieure à l’époque impériale; cependant il -\

est possible qu’en ceci l’imitation de dieux d’autre nature ait été déterminante. Par exemple il y avait à Telmessos, en Syrie, un dieu Sozon qui était figuré à cheval, qu’on a pu confondre avec Sabazios parce qu’il y avait quelque chose de commun entre certaines formes de leurs noms (Sauazios), qui était de nature solaire, et lunaire aussi parana logie1’. D’autres divinités d’Asie Mineure étaient équestres. Voilà sans doute pourquoi on a voulu que Mèn le fût à Olbasa (fig. 4668) en Pisidie, à Allia (si c’est bien lui qui porte la hache à deux tranchants), à Prusa • en Bithynie, à Baris, à Sillyum, à Sagalassus 1G, etc., et qu’il tînt un cheval par la bride sur les pièces de Laodicée du Liban17. Des reliefs (de basse époque), d’une exécution très grossière18, constateraient, à défaut des monnaies, cette marque de puissance attribuée à Mèn. Même les pièces

inscr. gr. 34:18. — *0 Ileuzev. Mission en Macédoine, p. 83, Vit1 >'• 1 net, III, p. 493, n» 10 ett 1 ; IV, 298, n» 594, etc. ; Mead, Bist. numorum, ^ J 591 (Pappa Tibcria). — 12 Mionnet, IV, p. 310, n" 660, et lù. L"1 ■ ^ run

Doctrina, III, p. 19. La Victoire ligure sur des monnaies indù|tu ,neutJ té des

autre attribut et tous alternent et se doublent ainsi à la lois. ; ^ ^ travail

attributs n'est pas toujours parfaitement établie et il n existe pu- ) ^ i. prpscnninnisniatii|uc i|ui classe toutes les monnaies connues de Mên par ^ !V11(V. Uaretation, en rapportant ces types aux régions où on les rcnconli* * I , . n, inenl Mèn a la haste à serpents ou caducée, Mionnet, Suppl. , I jtléo est. sur — 13 Cab. des Médailles, Paris, Ualalie, in généré, monnaie de ™Jal1^ son,roct du

une autre monnaie, à l'entrée d'un temple semblable où la"*11 ^ tiCab. <les

fronton, figure deux croissants superposés, Babelon-Waddinglon, p 185,

Médailles, Paris; Babelon-W'addington, 2504. 18 Revue ai __ Il Ibid.',

Art. Kadet ; Lahckoronski, Villes, II, 9. — 10 Paris, Cab. es ^ tg (Jn cava-

Ucad, Bist. num. p. 563, signale la légende MHN sous cette ^ gouldour, en lier avec l'inscription ...MHNI EVXUN, copié par M. ùo note deriiiè|e- I Pbrygie, Bull, de corr. hell. III, 334, et XX, p. 65; cf. Plus

Fig. 4667. — Monnaie de Galalic.

Fig. 4668. — Monnaie d'Olbasa (l'isidick

. Il Mion-

LUN

LUN

vrai le montrent dans un char atteléde zébus de Témcn" 4669). Mionnet, Waddington et

lancés au J ' ■ lrouver Mên équestre sur de

1"1""3 unies de Trapézos dans le Pont. Il est certain belles m"""' , ière contrée Mên était fort popu-

jue dans ceuc

pja. 4669. — Monnaie de Tôménolhyrai.

laire. Mais les représentations équestres d’un dieu pontique se rapportent à Mithra, dieu solaire2. 11 faudrait donc supposer que nous avons affaire ici à Mên-Mithra. Mais nous trouvons partout Mên opposé au dieu solaire et non pas confondu avec lui. De plus, sauf peut-être sur un exemplaire qui est à Munich3, la marque distinctive de notre dieu, c’est-à-dire le croissant aUx épaules, manque à ces effigies. Donc Mên a été certainement adoré, mais non pas figuré à cheval dans les

villes du Pont.

D’autre part les monnaies nous le présentent non point confondu , mais en société avec d’autres divinités:Zeus assis, devant qui il se tient debout, Apollon, Arès, Artémis, qui est aussi au droit de monnaies dont il occupe le revers A Quand il est associé ainsi à quelque autre dieu,ilne semble pas qu’il garde ordinaD rement pour lui la prééminence ou la place d’hon neur. Un curieux monument de Coloé trp . nous le mon-

quj J" llls,ln*' char de Zcus Sabazios A Dans un autre feiiinir " "lus®e de Tchinli-Kiosk à Stamboul, une son,-, y" m< ^ SOn rnar* sous Ut protection d’Hécate la tria,!,. "\ ' S°'n ^a'rc figurer par surcroît, à côté de

^nJ„D;UMk‘min?ne* Môn<i’ 9ui esta sa Place dans 011 es croissants ne manquent pas (fig. -4670).

' . . . dricch. Mo

Pendant, cf. Cunionl ’ B&belon-Waddinglon, 5330. — 2 Cc-

W’ 1- a'in I °Tm' (lu CU,le de Mithra, p. 189, 583 ; Arcli. Zeit. 1851, *036, 5|84i 585.;,,;o;/j Oriech. Müns. p. 583. — * Babclon-Wadd. no" 2640- 'IUll,ll8 Hraïui n i J 7. .. Wagcncr ap. Acad. roy. de Belgique, Mèm. des

croissant, le bonnet phrygien, le caducée, pwaav £■« S«5àÇio». — 6 S. Rcinacli, Catal.

1 "'"0. - Mèu réuni à la triple Hécate.

K : l- xxx- Mên a le

r>,“v «Monda, »a0t£-

Fig. 4671. — Masque de Mên avec les attributs de plusieurs divinités.

Ils sont bien plus abondants encore sur un relief de travail soigné, mais de « composition très lâche » ", et de basse épo que, qui parait provenir d’Athènes ou de l’Attique (fig. 4671). Ce monument ressemble à ceux que nous venons de passer en revue par l’intention, qui est celle d’augmenter l’ importance du dieu et ses domaines d’influence.

Il en diffère tout à fait par la physionomie géné-, raie. Mên ,

dont nous n’avons ici que le masque, n’a pas le bonnet phrygien. C’est la face traditionnelle du dieu Soleil, avec un diadème et une sorte de couronne radiée au sommet de laquelle est un globe entre deux croissants. Près du masque une inscription mentionne Mên qui sauce et qui enrichit s. Il est accompagné d’étoiles et placé au-dessus d’un croissant de vastes dimensions. Vingt autres croissants sont apposés comme une marque sur la plupart des trente-trois objets arrangés avec une recherche évidente de la symétrie, et dans un ordre étudié pour qu’il en tienne le plus possible. De ces attributs quelques-uns, comme la pomme de pin, les pains, les gâteaux et les fruits, se rapportent directement à Mên; les autres concernent diverses divinités à la puissance desquelles on a voulu le faire participer. Le centre de cette composition rappelle les formes d'une balance, mais le fléau en est un serpent; une corne d’abondance (marquée d’un serpent) et une massue sont suspendues à la place des plateaux. La massue appelle l’idée d’Hercule. La balance est un des signes du zodiaque et dans le bas du tableau figurent des animaux dont quelques-uns font partie de ces signes : lion, bélier, taureau, capricorne. L’intention générale peut avoir été de symboliser divers phénomènes astronomiques en les rapportant au dieu lunaire. De plus, une paire de tenailles rappelle Vuleain, une roue la Fortune, un miroir Vénus, une syrinx Pan, un caducée Hermès; deux gouvernails font penser à quelques divinités marines, peut-être les Dioscures qu’on trouve ailleurs avec l’image de la Lune [luna]. Les quatre torches placées de part et d’autre sont celles de Démèter ou d’Hécate [fax]. La harpe est l’instrument habituel des sacrifices [harpk], Enfin un bucràne

du Musée de Constantinople u” 244, p. 36; Bull. corr. hell. 1896, pl.xvi. D'après Mordlmann, Atli. Mittheil. 1885, p. 16, l'inscription donne lieu de croire que le monument vient de Cotyœum en Pbrygic (non de Salonique). Mên y tient uno palme, ce qui ne se rencontre pas ailleurs. — 1 Bail, de corr. hell. 1899, p. 389 et pl. i. — 8 nXouToSQiT! (sic, ce qui indique un graveur peu familiarisé a\cc la laugue grecque).

LUN

occupe au centre un espace considérable. Est-ce un souvenir de Bacchus? est-ce cette tète de taureau que nombre de monnaies et un relief nous ont présentée sous le pied droit de Mon ? Quoi qu il en soit , ce bucràne-cyclope n a qu’un œil, pour signifier le regard unique de la Lune.

11 semble qu’à Nicée en Bithynie on ait d’assez singulièie lacon cherché a rehausser a la fois le prestige de notre dieu et celui de l’Empereur en créant un type hybride qui mêlait bizarrement leurs deux personnalités. Du moins, en ce pays où .Iules César était populaire, ou s’est souvenu d’une statue de Rome qui représentait le précurseur des empereurs à cheval, mais sur un cheval dont les membres antérieurs se terminaient par des pieds humains '. Le revers d’une monnaie de Nicée sous Antonin le Pieux nous offre un personnage avec le croissant de Mèn aux épaules, vu de face sur un cheval de profil qui a comme membres antérieurs, à gauche un pied humain, à droite un bras tenant un caducée, et pour queue un serpent. Le personnage lient une couronne, et sa tète est radiée Est-ce Mèn ? Est ce un César? Est-ce l’un et l’autre et par surcroît un dieu solaire comme Sabazios? La légende {lu cité toute d’or de ■ Virée consacre un cheval à pieds humains 3 ) ne parle que du cheval fantastique. On pourrait se demander s’il n y a pas là une dérivation d’un type ionien fort ancien, celui du Centaure à jambes humaines que portent souvent les vases à figures noires du vie siècle et que les Romains auraient pu interpréter comme un cheval ayant des pieds humains par devant et monté par un cavalier4 ?

S’il n’est pas de dieu qui semble avoir été pris plus au sérieux que Mèn, plus respecté de ses fidèles, cependant des artistes grecs établis en Asie Mineure ont trouvé l’occasion d’interprétations libres et capricieuses dans l’originalité de cette divinité lunaire et mâle. On ne sait si c’est le dieu qu’il faut reconnaître dans ces créations ou si ce n’est pas plutôt des jeux de l’art inspirés par son souvenir. A Coloé même, où nous avons vu des représentations si précises de Mèn, on a trouvé une figurine5, représentant dans un style grossier un enfant nu, au visage large et un peu vulgaire, assis par terre les cuisses écartées et les talons réunis. Il tient un coq d’une main, une grosse grappe de raisin de l’autre; un grand croissant dont la concavité est presque remplie monte très haut derrière ses épaules et son cou. Dans la fabrique de Tarse on modelait, vers l’ère chrétienne, de petits Atys parés du feuillage mystique comme des Dionysos jeunes ou des Éros bachiques. Derrière leur dos les ailes recoquevillées en guise de croissantfont penser à MénG.Ce qu’étaient ces curieux petits êtres, dieux ou gracieux enfants qui évoquent des souvenirs divins, peut-êLre les coroplastes eux-mêmes ne font-ils pas bien su.

Formes et extension du culte de Mèn. Caractères

* Pliu. Ilist. nat. VIII, 55; Sucl. J. Caes. 01 ; Slat. Silo. I, 1, 84. On avait consacré à Nicée une enceinte sacrée à Jules César héroïsé. Dio Cass. L 1 , 20. — 2 Cabinet de France; Ilev.de numismat. l894(Klanchcl), p. 301 (lég. : mckov PpoToicoiSa Nixauùîv). — 3 line monnaie de Gordien nous offre le meme quadrumembre cl le même type équestre, couronné par une Victoire, mais sans le croissant. Cf. Koscher, Ueber die Reiterstatue J. Caesars auf den Forum Julium u. den ïmeo; ûtcouç ; Ber. d. Sachs. Ges. phil. Ilist. Kl. 43 (1801), p. 96-154, et, dans Y Ausfüfirl. Lexikon, II, p. 2094, art. Mèn, une longue note additionnelle du même qui discute sur ce point les idées de Ürcxler, auteur de l'art., insiste sur le lien qui unit la statue du Forum Julium aux effigies de Nicée et produit une monnaie (inédite de La collection Imhoofj représentant selon lui l’empereur Galba en Môn. Mais en l’absence du croissant, ou s’il y a doute à son endroit, les identifications sont fort douteuses. — 4 Cf. Dürnmler, Ttoem. Mittheil. 1888, p. 170 et suiv., fig. 3 de la planche (= K le in e Schriften, III, p. 274). — :1 Gaz. archeol. 1880, pl.xxxu (art. Schlumberger) ; à Baycux, sur unpor-

■ les et de la Grèce, si bien qu’une format! cale a décidé que la divinité lunai

LUN

moraux du dieu. — Cette divinité

y*- ”a,s •« noms-épithètes ou surnom ''“T tort nombreux. Rien absolument n'iudi, “ J ""l «*

nom auquel les Grecs auraient substituétî;!^'? et rien non plus ne permet de croire u, „ W’J divinise. Les, bien la même racine „ , („' "»

prenant un élément formatif différent (, .l'i'H I autre) a donné pour nom à la Lune ,,de

Pélasges du continent asiatique.

graaimati-

tolie. Parmi les surnoms, il en estm^iu’u!^ sont des désignations locales. Le plus frtq„„nl ^ 'j™ médaillés, AffX*,voç ou ’Acxvjvoç », est un très vieux nnl géographique de la Phrygie, où il , servi *, désigné longtemps un lac et diverses localités C’est 1 nom que Strabon transcrit mal quand il parle de M-/,

Aaxaîoç ou ’ApxxtV0 11 en est probablement de même

pour AGoxTTjvoç qui est mystérieux pour nous. C’est un nom de localité qu’a porté aussi une g’/jx-qp ’AÇtotrqvy et où peut-être se retrouve la racinede wA<na. Les surnoms] plus rares : ToXyi<jswv, KauxX-qvoç, KapapsiT-qç12, MoxuXsitik,

I lExpasixqç, Aaêâvng désignent vraisemblablement le Mvjv du x illage de lolésa, de Cavala, etc. Aucun embarras pour M-qv Ivâpou qui se rencontre précisément du côté delà Carie 13, si la terminaison ne nous arrêtait pas. Kàpou n’est pas un génitif, mais semble indéclinable. Sans doute ou est une désinence propre à la langue lydienne ou phrygienne que nous retrouvons dans Mr,v <I>«pv«xiu, Ttâgou. Le premier de ces deux noms désigne le Mqv du Pont. C’est sans doute un nom géographique de la région, qui a donné lieu à un nom d’homme. Cependant J. Darmesteter a conjecturé qu’il pouvait venir de la Perse et représenter farnahvaut, épithète de formel zende qu’on trouve appliquée à la Lune, fuma étant équivalent à T ü/-q u. On ne sait si Tiâgou est un nom de lieu ou se rattache à la racine Ti, « honorer ». Quoi qu il en soit, les désinences en afxoç sont très fréquentes dans toutes ces régions15.

Restent les épi Lliètes qui honorent ou grandissent un dieu si populaire ou qui désignent une particularité qui le concerne. La plus répandue, Tupavvoç, est le mot lydien d’origine qui signifie « seigneur et roi » «fcocœopsç,

’Oupâvioç s’expliquent d’eux-mêmes, KaxaxOovîoç s’applique

à toute divinité nocturne ou qui protège les tombe* contre la violation 17.

Les inscriptions qui nous fournissent une partie de cesj noms et celles qui accompagnent les monuments ligure* ne sont pas en très grand nombre et pas toujours foi 1 ficatives. C'est souvent une brève dédicace aiM^' ll( ‘‘jl gné par un surnom local ou bien une so/pi, c esl-a mu “I

slrononiiqiic était sculpté grossièrement un “k"1 " ’ S^M le pin à la main, lien, archêol. (Ileuzey), O'1'- • v ' ' ite

. .. .. o . . .svaf«e«ei*‘<r'f .

tique à décoration aslro

à la tète, pomme de p... - . — -, ■■

des Beaux-Arts , nov. 1876, art. ileuzey, lig. 13; K. PoUier, « 1 1 croit que le ! p. 188. — 7 Ramsay ( Cities o( Plirygia, dans Joum. of te ■ s |lMliljrc à

nom a etc apporté par les Grecs qui substituèrent pir,v a ' aj|(,s rccoquevil

l'essence solaire et le croissant aux ailes recoquevillées. ; '"j! ^ conimc jnlcrprélnlécs n'apparaissent, au contraire, qu à une époque as 1 z )lia,.ait nulle pari. — lion artistique et libre du croissant, cl le nom Ja/us n‘ 672 ; Hcad.p- 8 Bcrgaigne, Religion védique, l, p. ‘57- -9M,0""° ’ y‘ ï,'Mon’n. deSaillai, Hcad, Journ. ofhell. stud. IV, 417. - •« Strab. XII, 557, 877. Mionnct, PhrygK

n" 282 ; Strab. XII, 570 ; Hcad, p. 550. - ' - V ou Pli. Roi ^ TImsos, en AlU

— 15 t’ergamos, Priamos, etc. — 16 Mi» Tiif. a o'1 11 ’ __nVoirp- 1398,notcque, etc. Équivalent de on Thrace, fueAiii eu 1 hrye •

LUN

LIJN

,.()(le ,ie dévotion établie en son honneur. lc°urlP P"', jes stèles de Coloé 1 consacre à Mtjv Ttàpou ■ Colle 1ul ,ourg> Q-esl une association religieuse

l^1'1 l'dien), une sainte confrérie de dix-huit jeunes l^dlnt nous avons les noms, qui l’offre a Mên et à If". M-isphalaténos. C’est ce dieu lui-même qui en a I v'i'iifîé ' f ordre dans un songe ou dans quelque appari- K'du moins en Phrygie, la formule qui

fécifiê cette circonstance revient à plusieurs reprises2. K Allia c’est non pas une confrérie, mais le groupe des I colons ou la bourgade, xawxia, qui se met sous la garde du dieu et lui dit : « Protège notre colonie3 ». Ailleurs I rejjef représentant une orante est accompagné de ces [mois : « A la déesse Anaïtis et à Mên Tiamou Meltinè et Giycon ont offert cette image sacrée4 ». Mais il arrive qu’on [spécifie ce qu’on demande au dieu ou ce dont on lui sait [gré. Un groupe de dévots le remercie pour « leurs enfants [et leur bétail5 », un particulier pour « la conservation de ses pieds0 ». Des plaques votives de terre cuite représentant la partie du corps qui a été guérie (ou qu’on veut ■réserver), les yeux, les seins, les pieds, la jambe, accompagnent les inscriptions de ce genre [donarium] 7. D’autres ■inscriptions sont des actes de contrition forcée et de I réconciliation avec le dieu : « Artémidore, lésé dans une ■affaire de vins par Hermogène, s’en est plaint dans une tablette votive au dieu qui a puni Hermogène. Celui-ci l’a apaisé et à présent a la réputation d’un honnête homme 8.» La tille d’un débiteur récalcitrant a payé ses créanciers après la mort de son père voué par eux à Mên. Pour achever d’apaiser le dieu, elle relate le fait sur une stèle9. Deux orphelins protégés contre des gens malfaisants témoignent | leur reconnaissance à Mên Pétraeitès et Labanès 10. Enfin 1 inscription latine qui est proche du dieu sur les rochers I de Pliilippes" est gravée par les soins d’une mère pro filia. I Ces documents épigraphiques proviennent tous, sauf le dernier, d Asie Mineure. Si on excepte l’Attique, où nous en si&nalerons un nombre relativement important, le culte de Mên semble localisé dans cet ample domaine12.

I rayonne autour de la Phrygie qui a été son foyer ou son ! cenlh . Ai monnaies ni monuments ne se rencontrent au j!" 11 ' 'Ucio, ni en Lycie, mais, dans la Pisidie et à

I elT i* d;uis les réSions qui s’ouvrent sur la mer Égée I 1 mpontide, les souvenirs de Mên sont plus ou moins

! si!! T °n en trouve dans rîle de Délos13. Strabon uj . 'u 18 temples du dieu, sans doute ceux qui par |mod(1!"" '''h* attiraient l’attention, cardes sanctuaires i rid]e h i" ' ' * '^l Se ^rouver un peu partout. L’un, très Antioeh! i* .et. en esc^aves consacrés au dieu, était à dans les ,! d’autres à Antioche du Méandre, et

qui popu'u"011*5 Ija°dicée ; un autre à côté d’un bourg 1 Près de s U°m L*U ^ieu et 9U’ Athénée nous signale 11118 thermales abondantes en nitre. Enfin,

co rr. heii ^ Sle Min. Inscr. CC8. Voir les Explications , p. 21

,cr ■ Mc Min fin- ’Jd 5°3, lnscr' de Lycaonie. - 2 Le Bas-Waddinglc y hsl1- i lui. 188!) ’ "jj G80, °f*; 1878-80, p. 102, et Jour

*l0 pifs souvent rVi ~ ÊtttT&pnv M/.vi Tuçàvvu» xai... toï; <rùv ai

. ?’ 11,1 011 avoir suseéri autre l|ue celui auquel la dévotion est faite q

!*’ **• *«l» Voir lcs Explications, p. 214. — 3 M<jvï 0É,„ ,-J,

I '****■' 4 ciïZc'7»*’ **'' ^ *«««•«, Jlev. ét. 0r. III, p. ï second comme ' ev*ew’ 1*1, 1889, p. 09. Remarquez que Mén t ")lo|oé,230 denol,.(,lV, w‘Ue louiours 'lua»<* il est question d’un autre die . P- ioG. g » ... ' jfftTov, 1884-5, p. 54 ; Reinach, Chron. d’Orier

■••«tov, 1878-,- ,Aox^P,ei n*.it . » ,, .

doux

8°, p itoSfiv, Bull. corr. hell. 1880, p. 128 (Fouca

Voir TX 1884-5- P- «4i 1878-80, p. i

' ’ ' Wl|0 dp ce ’ 11,10 jambe : Mv|vi ’AEioTTTjvçi èiçl yaçéroç tù

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