‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 128 sur 275 · V. ' * /!uî ou 5toî ff4"<rwî> trouvés à l.arnaca, Bull, a · texte numérisé non relu

V. ' * /!uî ou 5toî ff4"<rwî> trouvés à l.arnaca, Bull, a

beaucoup plus loin vers le nord-est, il nous signale un culte lunaire en Albanie et il donne des détails sur le temple de Mên Pharnakou à Ameria, près de Sébaste, l'ancienne Cabira, dans le Pont, non loin de Trapèzes 14. Toute la bourgade était peuplée des hiérodules et les rois de Trapèzes avaient un grand respect pour le dieu et son culte. C’est par lui qu’ils juraient leur grand serment royal.

Des côtes d’Asie Mineure Mên a facilement émigré en Attique. Affranchis, ouvriers mineurs, esclaves de tous métiers affluaient au Pirée où les conditions de vie leur étaient favorables13. Beaucoup débarquaient Mên avec eux. Les Athéniens étaient si hospitaliers aux divinités étrangères qu’au dire de Strabon16 la comédie leur en faisait un ridicule. Pourtant la question se pose de savoir si Mên a été pris au sérieux par les familles athéniennes et est monté du Pirée aux environs de l’Acropole. Quoi qu’il en soit, dès la fin du ive siècle nous trouvons au Pirée une dédicace faite à Mên par deux affranchis, Dionysios et Babylia17. Sur une margelle de puits découverte aux environs de la ville, après les mots : Pan, Mên, Salut belles Nymphes, on lit celte formule énigmatique : TE, KTE, TrTEP.KTE18- Les deux premiers mots étaient employés dans les cérémonies d’Eleusis. L’un se rattache au verbe qui signifie pleuvoir, l'autre à celui qui signifie faire pousser. Le troisième renforce l’effet du second. Sans doute un naïf dévot de Mên l’a associé aux divinités attiques auxquelles il demandait la pluie pour son puits vide et la fertilité pour son champ desséché. Dans une inscription du il9 siècle de notre ère trouvée près des mines du Laurion, un esclave lycien Xanthos, employé aux travaux, consacre à Mên une édicule abandonnée et édicte un règlement pour ceux qui voudront sacrifier dans ce temple. Ce règlement en vingt-six lignes spécifie que toute victime sera partagée entre le dieu, le temple et le donateur. « Si quelqu’un garnit pour le dieu une table » (cette table couverte de gâteaux que les reliefs nous ont présentée), « il prendra pour lui moitié de l’offrande. » La prescription sur laquelle il insiste le plus, c’est de ne pas approcher du sanctuaire en état d’impureté. Les conditions et les rites de purifications [lustratio, p. 1424] sont minutieusement et gauchement indiqués par le dévot esclave qui parait avoir sculpté lui-même, d’une main maladroite, son règlement sur la pierre19. Enfin, dans une inscription plus tardive (qui a fait partie de la Collection Sabouroff), nous voyons un prêtre préposé au vestiaire, cToXêmriç, des dieux égyptiens, nommé Epaphrodeitos, faire une consécration à Mên Ouranios 20. Celte inscription est surmontée d’un simple croissant avec une étoile.

En dehors del’Attique, Mên ne paraît avoir été accueilli nulle part dans la Grèce propre. A part quelques fantaisies artistiques nées dans les fabriques de Tarse ou de

liell. Ibid. p. 3G1 (Perdrizet). — 8 Mirçvt A;,ottïiv5*,. .. *EppoYÉvir(ç E’aâirEïo Ofov xat M vïv E-jSoËEï, Corp. inscr. gr. 3442 ; S. Reinach, Epigr. 132. Un simple croissant accompagne cetto inscription de Coloé. — 9 Fontrier, T h Tçxàvtov ieeS.'ov, p. 83. — 10 MüuieIov, 1880, p. 158; Ath. Alittheil. VI, p. 273. — 11 Ileuzey, Macédoine, p. 83. Une paire d'yeux indique pour quelle guérison le dieu est invoqué.

— 12 On ne peut songer à l'étendre partout où on trouve des noms dérivés de celui du dieu, comme M^vdxiXo;, M^voS/Sjo;. Les noms so transporte»! et le domaine s'étendrait indéfiniment. Cf. Robiou, Acad. Iuscr. Mémoires de savants , série 1, 10, p. 428 ; Lelronne, Noms propres gr., p. 90. — 13 Inscr. : Tao<x, M Bull. corr. hell. Vl| 345. - 14 Strab. p. 557, 577, 580; Atben. Il, 43 (XVII). lBXenoph. De reput, I. AtlienA, 10. — 16 Strab. p. 47t. — 17 Corp. inscr. att. II, 1587 ; Bull. corr. hell. IV, 129. - 18 Musée épigr. d’Alh. ; Lenormant, Voie sacrée, p. 86 ; cf. art. sieusin.a, note 882. Voir plus haut, p. 1394, le relief qui réunit Mên à Panel à une nymphe.

- 19 P. Fonçait, Assoc. relig. p. 119-127, 219-221. - 20 Corp. inscr. ait. III, 140.

LIIP

Lydie, il semble que l;i Lune considérée comme dieu masculin na pas ete hellénisée. Peut-être qu elle n'y prêtait pas beaucoup.

L est un dieu sans poésie, auquel nous ne connaissons pas même 1 ébauche d un mythe. D ailleurs, quoique son origine lunaire absolument certaine soit toujours rappelée par le croissant qui est sa marque distinctive, il n’avait, à 1 époque où nous pouvons le connaître, de la Lune que le nom. On n’invoque et on n’évoque jamais ses influences astrales. Malgré quelques efforts faits pour le grandir, il apparaît surtout. comme un dieu de la vie bourgeoise, des affaires courantes, de la classe moyenne. Il n’a rien d étrange et d’indéterminé, n'excite ni l’enthousiasme ni 1 effroi. Il est bienveillant à qui l'honore avec une âme simple : sùsîXaTOç roTç 0îpa7tsûou<7’v aiiX-Tj zv\ *. Les

femmes lui recommandent leur mari et les maris leur lemme. 11 guérit les malades, défend les faibles contre les injustices ordinaires de la vie, protège les villages, les tombes des morts 2. Volontiers il apparaît familièrement a ses dévots, près de la table garnie de modestes offrandes devant laquelle on a placé le coq qu’il affectionne. Il est la providence des humbles. Les esclaves, les affranchis, les gens du peuple sont ses fidèles, caractère qui lui est commun avec beaucoup de dieux de l'époque impériale; on leur fait de véritables neuvaines ; on leur attribue un pouvoir général sur toutes les petites affaires de la vie.

Mais jusqu'à cette époque Mèn laisse à peine trace de son existence, ou tout au moins nous ne connaissons de lui que des inscriptions, des ex-voto rares et émanant de gens de petite condition. Au temps de l’empire romain, son culte est tellement généralisé dans le peuple qu’il devient, si nous en croyons les légendes des monnaies, le patron officiel de plusieurs villes et qu’on l’unit à des dieux honorés par des esprits plus raffinés. Le christianisme l’a supplanté aisément dans les centres urbains, mais il est possible qu’il ait survécu longtemps encore dans les huttes, dans les bourgades secondaires3 d’Asie Mineure. Adrien Legrand.

LUPATLL4I [FRENUM, p. 1339].

LUPERCALIA, LUPERCAL, LUPERCI. — La fête des Lupercales, qu’une tradition garantie par des monuments matériels fait remonter jusqu’aux temps où la ville de Rome était bornée encore à l’enceinte du Palatin, est aussi celle dont la popularité se défendit le mieux contre le christianisme, puisque son abolition ne date que de 494 ap. J.-C. 1 C'est que, d’une part, son histoire est inséparable des légendes sur la fondation de Rome, et que, d’autre part, méconnue peu à peu comme cérémonie

1 Foucart, O. I. p. 220, 1. 12 et 26 de l’inscr. — 2 Bull. corr. hell. 1886, p. 503 : Inscr.

d Iconium ’E&y t.; Tîjv £TT r./.rL‘j à 5 : X r d £ I , ^tjroXuuévov tyo-.TD Mr./ï xa7ay.6ov.ov. 3 Archives des Missions, 1895, p. 573 et 5S4(Radel). On voit qu'apres le ni' sièclede notre ère, une main très inhabile sculptait encore très grossièrement l’image de Mèn à cheval et y joignait un vœu. — Bibliographie. P. Perdrizet, article Mên dans le Bull, de corr. hell. XX, 1890, p. 55-106, pl. xiv, xv, xvi ; Roscher, Lexikon der griech. und rom. Mythologie, p. 2687-2770, article mên ; Le Bas- Waddington, Voyage , Explic. des Inscr. III, n« 667-8, p. 214-6; Foucart, Assoc. religieuses en Grèce , p. 119-127; Le Blond, Observations sur le prétendu dieu Lunus (il croyait que le Mois, non la Lune, était représenté et adoré) apud Acad, des Inscr. XLII, p. 381 ; Guigniaut, Religions, II, part. 3, p. 962 sqq. ; Maury, Religions de la Grèce, 1. 111, p. 123 sq. ; Smyrnoff, ap. Etés avo; ~u Ehren d. Prof. Sokoloff (en langue russe), p. 81-135.

LUPERCALIA, LUPERCAL, LUPERCI. 1 Gelasius, Epist. ad Andromach. (Annal, eccles. de Baronius, édit. d’Anvers, 1590, p. 514 et s.). — - Virg. Acn. VIII, 343 : gelida monstrat sub rupe Lupercal', Ovid. Fast. III, 411 sq. ; cf. Varr . Ling. lat. V, 54; Plut. Rom. 3 ; Dion. Haï. 1, 79 et Serv. Aen. VIII, 90. — 3 Dion. Loc. cil. — 4 Gori, Bull, di corr. arch. 1867, p. 104; Ibid. Cinconetti, p. 157 sq. ; Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom, 111, 570, cherche le Lupercal sur 1 emplacement de l’église Sla-Maria de inferno et renvoie aux Mirabilia, 23, 2. — ‘ Mon. Ancyr.

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ac-

reHgieuae elle resta cl, Ère à l'opi„ion ..

sance profane, sans cesser pour cela de ] JOu lion aux instincts superstitieux des* foules0"^ ^

Lcs ljUl)GI’cales tiraient leur nom d’une arotle i Lupercal, ouverte dans les flancs du 7^

smvant la légende, le berceau où la Louve ■dfni T' fut’ Jumeaux apportés par un débordement dû Tibre i ^ placement de cette grotte était douteux déjà J û d’Auguste, tant les constructions récentes aûJo versé l’aspect des lieux ». Parmi les motLsTe !„ T localisée à l’extrémité sud-ouest du Palatin. au b„ ? temple de Jupiter Victor et de la maison de Tibère 4 • w i U grand nombre, et ceux-là ont pour eux la tradition C euse en meme temps que de rares données historiques h placent sur la face ouest, au lieu dit Cermalus, là où s’élève aujourd’hui l’église S. Teodoro, bâtie sur les fondations d un ancien temple circulaire, qui fut probablement le Lupercal restauré par l’empereur Auguste6. Tout auprès on cherchait la casa Romuli , cabane en terre durcie cou verte de chaume où le berger Faustulus éleva les Jumeaux: là aussi était le figuier Ruminai transporté sur le forum, au dire de la légende, par l’augure Attus Navius, puis le cornouiller sacré, issu de la lance plantée en terre par Romulus, et enfin une source qui paraît avoir été la plus ancienne fontaine de la cité du Palatin G. Virgile appelle la grotte : Mavortis antrum , en souvenir de Mars, l’amant de Ithea Silvia1 ; quant à la Louve, elle portait le nom d edea Luperca, élevée à cette dignité pour avoir nourri les fils issus de ces amours 8. Tite-Livc parle de l’érection à cette place en 296 av. J.-C., par les soins des Ogulnii, tribuns du peuple, d’une image en airain qui représentait la Louve avec les Jumeaux9. On a supposé que le groupe du palais des Conservateurs au Capitole n’est autre que cette vénérable relique ; l’érudition y verrait plutôt actuel-* lement un produit d’ailleurs remanié de l’art grec du vie siècle 10. Considérée dans l’ensemble de ses monuments et des souvenirs qui s’y rattachent, la pente du Cermalus, avec la grotte du Lupercal, n’en doil pas j moins être considérée comme le centre religieux etpoli’l tique d’où sortit la fête des Lupercales u.

Le nom du lieu et celui de la fête semblent dériver 1 um et l’autre des Luperci qui sont, à l’époque historique, les membres d’un collège, ou sodalitas , analogue a ce « des prêtres Saliens auquel il fournit un pendant • ^‘uSj avant de désigner les ministres du culte dont le sl j» était au Lupercal, le vocable de Lupercus pamii cm u 1 l’appellation d’une divinité13. Nous avons déjà 411 l1^ haut que la Louve divinisée était la dea Lupu

IV, 2. Pour la détermination de l’emplacement, cf. Becker, Roem^ nole3; 418; Prellcr, Regionen, p. 180, 188 ; Sclnvegler, Gesch. Roms. „ j^sj. Gilbert, Gesch. und Topogr. III, p. 425, noie 4 ; I, p. 55, et Jordan Topog ^ ,

; textes déjà cités, voir Tit. Liv. I, 4 ; Virg. Aen. VIII, ,,

— 6 Outre les I

« * p i ICO ; Solin- K ’

199; III, 184; Prop. V, 1, 9; Plin. Hist. nat. XV, 20; es \ • p. 185.

Curiosum Urbis, Reg. X, avec Prellcr, Regionen, p. « et •• ^ ^ n>,, 1238.

Pour la source, Dion. I, 32 et Jordan, Topogi . I, '.P- ’ — 1 V®?1

Pour l’ensemble, Sclnvegler, Op. cit. p. 390 sq. cl 342, n. L csP'Ùue]

via. «.-• ov. *«., r*;

8 Arnob. IV, 3; Lact. I, 20, l. — 9 ' ^ VIII G33, sans Uoutc I*

o . I différente do celle que décrit Virgi e, £ ^ g. cf. UH

môme quecclle dont parle Cicéron, Divin. H, - ] 1(J payet, Mon,,,lh " .

Mavortis lupam, qui ne s'accommode guère < satisfaisant.

celte image est différente de celle que -... ...^ ^

. jQ Paycl, JuOflW” ■

lupaaènea Capitolina (Rhein. Mus. 1846, p. SPJsq.), - 5 sq> . Annali c

antique, I, 27 ; Detlefsen, De arle Rom. ’ ,flj . Helbig,

tit. 1877, p. 375 sq. ; Rôm. Mittheilung. IX, • ■ > ^ Gilbert, Op. C’I- ’ __

1899, I, p. 419 et 505.- H Jordan, Op. cit. b L P’ .

voir d’ailleurs Virg. zUm. V..I, 063 ; '^^Rhein. Mus. 1880). P- fl extuderat. - *3 Just. 43, t ; cf. Unger, Die Lupe

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. . à qUi Tite-Live et Ovide font honneur

lurs 'I1"' |l :('|'|'n(lcg Lupercales, était surnommé Luperde IinS! ll" Hre faut-il aller plus loin et, par analogie p*1- PC"!',I(S' 'vocables usités dans la vieille religion W tlau "l’, (|.ing lupercus une divinité spéciale dont r°niai"e’ J'uiéconnu avec le temps2. Si l’identité origi- PJf ' F nus et de Lupercus est douteuse, il convient DC 1 \,ns hésitation celle que les hellénisants, dès

"avant r'époque" classique , avaient imaginée de l’un et de

le Pan des Arcadiens, dont Évandre aurait ’aU" Vil culte dans la région des sept collines3. L’éta-

îïP°emenld’Évandre n’a aucun fondement historique et assimilation des Lupercales avec les pratiques de lareliionde pan ne repose que sur des apparences fortuites 4.

Le nom môme de Lupercus a été diversement interpréir, aussi bien chez les modernes que dans l’antiquité ;

l’étymologie la plus en faveur est celle qui le fait dériver le ilipus et de arceo ; le dieu serait le génie qui garde le joupeau des loups 5. Ainsi Horace, chantant Faunus, ïous dit qu’aux Faunalia de l’hiver le loup erre parmi es agneaux qui n’en ont pas peur : inter audaces lupus irrot ujiios Cette étymologie facile parait, elle aussi, irovenir de l’assimilation de Faunus, dieu pastoral, avec e Pan du mont Lycée, apparenté lui-même à Apollon Vomios qui est vénéré à l’occasion sous le vocable de

kcoxTÔvoç, tueur de loups7. Mais dans la légende dont le Lupercal est le berceau, rien ne désigne le loup comme un animal fâcheux qu’il faille tenir à l’écart; tout au contraire. Mars, le père de Romulus et de Remus, comme il est celui de Faunus, a le loup pour symbole 8 ; la dea Luperca est vénérée parce qu’elle a allaité les Jumeaux9; et, d’autre part, dans la vieille religion romaine, Acca Larentia et Flora Feronia sont représentées comme des louves divinisées, ce qui plus tard donna lieu à des contes populaires, manifestement absurdes 10, qui les représentaient comme des courtisanes ( lupae ).

H n’y a pas davantage lieu d’accueillir l’explication d Unger qui voit dans Lupercus un synonyme d 'averrumis, préservateur, et décompose le mot en luain | parco, ce dernier mot au sens de averto 11 . Si Lupercus nosl pas simplement un synonyme de Lupus 12, le sens e plus probable est celui qui, entrevu par Schwegler, a P confirmé de la manière la plus plausible par les pecherches de Mannhardt, lequel en a cherché les élémenL par tout le domaine des légendes agricoles et pas-

I 2 i '■ 1' ^v' V, 98 sq. ; 11, 267; cf. faunus, 11, 2, p. 1022 sq. K Uu’il api„ i|,. ,|""'IJI1 U Unger qui n’a qu’un tort, celui de vouloir percer ce I de se n. . " 'm ’1"10 cl d entasser des hypothèses ( Op . cit. p. 66 sq.) au lieu I P' 1011 1 . y '0U*C- ®ur sa théorie de Lupercus-Inuus, voir faunus, I «suite hem, [ "l-i t0US 'CS annahstes : Fabius Pictor, Cincius, Caton, Pison;

I Mil, 343 . fq | 'ln a‘te Tubero, un contemporain de Cicéron; cf. Virg. Aen.

lOctOv. Fnst \\ li- ’’ • dus*- 43, 1, et les notes de Servius, Ad. Aen. 343 ; Georg. I, I romain, est !, i ' '' ' * '"tarque, Rom. 21, cite Acilius pour qui Faunus, dieu

I aussi semble distM" * pnc,,vales, mais sans l’identifier avec Evandre; Virgile ■Schwcgler, y, ^"'or9- L. c. — 4 Voir la question traitée à fond chez

fi'Jlierb, rôm Sht I ' ' 6CI' Gerhard, Ueber den Golt Faunus, dans les ■ ’oif l» réfutation ché,Lq' i" P‘ !'3’ "ole 7- — 0 Déjà chez Serv. Aen. VIII, 343; P. 80 sq, c ^ 'G ‘"c’hr*er, Op. cit . p. 360 sq. et Mannhardt, Mythol. Forsch. D'1; Suppi . s V Y'’ 13' 1 Soph. El. 6 ; ailleurs Aùxe-.o;, Aescli. Sept.

I Mtjth, i, p jdj 1 1 ■ b d .R. 203. Pour l'interprétation, cf. Preller, Griech. 'lui appartient p n°le *’ P’ 203’ Servius- Aen- VIII, 343, tire du vocable * idcnlirication de F 1 a"’ sur le mont Lycée, un argument en faveur de

j b hist. i;j, , 1 ■ a'ec ce dieu. — 8 Plul. Rom. 4 ; Aur. Vict. De orig. 20,

I Ariiolj. iv 3 r * 273 > D, 355; Aug. Civ. Div. XVIII, 21, etc.

I 0c'11’’. 25 ; Sclioi. j’uv '^vj ' S, ■'Y'’1'011' 10 Lact’ L 20’ 5i Al’n°h. Ut 23; Min. Fel. BP’'*11'’' équivaut à : „„ , ' 11 ®P' C|L P- 64 ; Lupercus comme dieu et comme

I ‘l’Iu.ition <(„c y Y"'5 011 luac ( celui qui écarte la peste, la souillure),

Op. cit. p. 439, n. 4, déclare impossible. — 12 Opinion

locales, non seulement de la latinité, mais de la Grèce et des peuples occidentaux l3. Lupercus serait à interpréter par lupus et hircus : le dieu serait un de ces génies de la végétation, dont le culte est mêlé à toutes les pratiques des semailles et de la moisson : daernon thériomorphique, l’être du loup s’y fond avec celui du bouc, personnifiant une force tour à tour bienfaisante et funeste, qu’on supplie pour obtenir de fertiles récoltes et des troupeaux prospères. Sans parler davantage de Mars identifié avec le loup, symbole de force brutale et mystérieuse, la religion latine nous offre dans le culte de Diespiter au pied du mont Soracle un collège de prêtres appelés llirjn Sorani [hirpus synonyme archaïque de lupus qui sont la représentation vivante, en même temps que les ministres d’un dieu purificateur et fécondant 14.

Que le Lupercus de Rome soit identique à Faunus ou qu’il faille voir en lui une divinité distincte, ce qui parait certain c’est qu’il est d’origine et d’appellation latine et que son nom a passé aux membres du collège chargés de l’administration de son culte, dans l’antique cité du Palatin13. Les témoignages de la période classique les nomment généralement au pluriel, sans d’ailleurs préciser leur nombre ; par analogie avec les Saliens, on a supposé qu’ils étaient douze10. Primitivement ils se recrutaient parmi les membres de deux grandes familles, originaires l’une d’Albe et l’autre de Rome, la famille des Quinctilii et celle des Fabii11 ; à ce point de vue on peut les comparer aux ministres du culte d’Hercule près de Y Ara Maxima , lesquels appartenaient a la gens Potitia et à la gens Pinariali. Ce sont des sodalitates gentiles , spécialement constituées pour l’exercice d’un culte qui, à raison de son importance, passa du cercle des familles dans l’organisme de la religion d’État19. Lorsque les liens de la gentilité se relâchent en même temps que le culte prend un caractère d’intérêt commun, les bases du recrutement s’élargissent; comme Unger en a fait justement la remarque, les appellations de Fabiani et de Quinctiliani qui désignent les membres du collège impliquent, par elles-mêmes, moins une origine étroite qu’une sorte de dépendance morale20; il n’est même pas nécessaire d’admettre que le magister de chaque section ait appartenu toujours ou à la gens Fabia ou à la gens Quinct ilia, mais seulement que leur nom perpétua le souvenir d une lointaine origine21. De même que dans la confrérie des Saliens, on y distinguait des seniores et des jun iores 22 ,

de Mommsen, Roem. Gescli. I, p. 51, et de Jordan, Kritische Bcitraege, p. 164; cf. Marquardt, p. 439, note 4. — 13 Schwegler, p. 361 sq. ; Mannhardt, Alyth. Forsch. p. 86 sq. ; voir la conclusion, p. 153 sq. — U Varr. ap. Serv. Aen. XI, 787 ; Plin. Hist. nat. VII, 2; Strab. V, p. 226. Voir feronia, II, 2. p. 1074. Le mot hirpus pour lupus est sabin; cf. 0. Muller, Die Etrusker, II, 67. — 13 Serv. Aen. VIII, 343 et 663. La ressemblance est dans le nom à la fois et daus le costume; cf. Prop. IV, I, 26 ; Unde licens Fabius sacra Lupercus habet. — 16 Preller, Roem. yfyth. p. 343, n. 2, d’après Arnob. V, 1. Le nombre était fixe très probablement, Fesl. p. 257. — I7 Fcst. Ep. 87, 257 ; cf. üv. Fast. II, 375; Prop. IV, 1, 26, où les Fabii sont seuls nommés. Voir les inscriptions, Orclli, 2254; Corp. inscr. lat. VI, 1933 où il est question d’un lupercus Quinctialis vêtus (ce dernier terme à interpréter par : de l’année précédente, comme Tit. Liv. III, 64: tribuni veteres). Quinctialis semble une erreur; 011 trouve aussi Quinctilii. Voir Dion. liai. 111, 29 et Ov. Fast. II, 378. Voir encore Aur. Vict. Up. cit. 22; Plut. Rom. 21 ; Val. Max. II, 2, 9 ; cf. Gilbert, Op. cit. 1, p. 83. — *8 Tit. Liv. IX, 29 ; Dion. I, 40 ; Fost. p. 257, etc. Voir kfrcui.es, p. 126. — 19 Cf. Marquardt, Staatsverwalt. 111, 134 sq. — 20 Unger, Op. cit. p. 54 sq. ; mais il 11c s’ensuit pas que le culte du Lupercal n’ait pas été à l’origine la propriété de ces deux familles. Cicéron, Pro Cael. 11, 26, appelle le collège : fera quaedam sodalitas et pastoricia atque aqrestis germanorum Lupercorum. Le mot germanus est caractéristique. — 21 Fcst. Ep. p. 87 : Fabiani et Quinctiliani appcllabantur luperci a Fabio et Quinct ilio praepositis suis; cf. Id. p. 257. — 22 Nie. Damasc. Vit. Caes. 21 ; Dion. I, 80; Plut. Caes.

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sans qu on puisse affirmer quoi que ce soittantsur le mode de recrutement que sur la proportion des éléments qui composaient le collège. Une seule chose est certaine, c est la dualité au sein d une même confrérie ; sans doute qu elle exprimait celle de la population primitive du Palatin et du Cermalus, composées l’une de Latins, l’autre de Sabins *. Toujours, dans les cérémonies où les Luperques entrent en scène, il y a comme une action rivale, une sorte de lutte pacifique entre les deux éléments, avec l'idée d’une prééminence de l’un sur l’autre. La tradition ne varie que sur l’attribution de cette prééminence : pour les uns les Fabii auraient eu le rôle principal, puisqu’au repas qui termine les Lupercales, c’est eux qui auraient mangé la meilleure part; pour d’autres, au contraire, la suprématie aurait appartenu aux Quinctilii considérés comme les compagnons de Romulus.les Fabii étant ceux de Remus2. A cette dernière opinion, Unger a apporté un argument qui n’est pas sans valeur, en rattachant le nom de Quinctilius au vieux verbe guinquare3 , synonyme de lustrare, lequel donne sa signification à toute la fête. Comme d’autre part les Quinctilii sont originaires d’Albe, alors que les Fabii sont de la tribu des Ramnes, et que dans l'histoire postérieure l’illustration de la gens Fabia l'emporte sur toute autre, ayant eu pour elle d’être exaltée par les premiers annalistes dont deux sont sortis de son sein, il est tout naturel de supposer que les Quinctilii ont été par l'histoire savante relégués au second plan, alors que primitivement ils étaient au premier*. Dans tous les cas, la rivalité des deux familles semble être celle de deux quartiers limitrophes, du Cermalus et du Palatin; nous trouvons de ces compétitions un autre exemple dans les traditions relatives au sacrifice de I'october equus et à la lutte entre les habitants de la Via sacra et du quartier de Subure5.

Un épisode particulièrement intéressant de l'histoire des Luperques, c’est l'institution par César, en l’an 44, d’une troisième section à laquelle il donna le nom de sa propre gens, la section des Luperci Juliani, qui eut pour premier magisler Marc Antoine, alors son collègue au consulat6. Les raisons de cette innovation, qui, au dire d’un historien contemporain, n’aurait été qu’un retour à une antique tradition, ne sont pas claires : mais la seule désignation d’un personnage aussi important pour un sacerdoce qui, jusqu’alors, n’avait guère fait parler de lui, et la circonstance qu’aux Lupercales de cette année, un mois avant le meurtre du dictateur, Antoine offrit à César la couronne des Luperques, symbole d’une royauté effective, prouvent surabondamment que la politique en eut tout l’honneur7. Cicéron nous apprend d’autre part que les membres du collège reçurent alors une sorte

1 Ou doit le conclure de Denys, I, 80, citant Tubero, qui vil les Lupercales de 1 an 44; de Val. Max. 11, 2, 0: divisa pastorali turba ; d’Ovide, Fast. Il, 371 et 373; voir plus bas les détails de la fêle; cf. Gilbert, Op. cit. I, p. 80, n. 2. — 2 Ov. Fast. II, 375; IV, 843; Diou. I, 87 ; Plut. Rom . 10; Fest. Ep. p. 55. — 3 Charis. p. 01 : Quinquatrus a quinquando id est lustrando ; le rapport peut fort bien n ôtre que fortuit. — 4 V. Marquardt, Op. cit. p. 441. Les deux familles portaient le coguoracn de Caeso que Mommsen ( Roem . Forsc/i. I, p. 17-99) et Mannhardt (Op. cit. p. 79) ont rattaché à la flagellation ( caedere ) qui faisait partie des pratiques de cette fôte. Unger rejette cette interprétation, avec raison semble- t-il (Op. cit. p. 52), car le coynomcn se rencontre pour d’autres et un lexicographe, De praenom., l’interprète, sans doute d’après Varron, ainsi : Kaesones appellati sunt qui e mortuis matribus exsecti erant , les enfants qui sont venus au monde par l’opération césarienne. — 5 FesL. Fraym. p. 178, édit. O. Muller; Plut. Quaest. rom. 97; voir octobek equus. — OSuet. Caes. 70; Dio. Cass . 44, G; 45, 30. Tubero, ap. Dion. 1, 80, est le seul à considérer ce collège comme ayant une origine ancienne; il traduit probablement une prétention de César ; cf. Gilbert, Op. cit. I, p. 158, n. 1. — 7 Cic.

de dotation (i vectigalia ), et que cette doluio i retirée après la mort de César : l’institut enf CUr ful discrédit pendant toute la période subséquen retrouva la faveur officielle qu’avec Auguste

la fêle, restaura le Lupercal et réglementa le. Y-’ publiques auxquelles les Luperques présidahT à partir de ce moment que les renseit

luient». C’est]

as, etc.,

, „ . . , ■ viatores,

quelquefois parmi les sénateurs 10. De bonne heure des affranchis même y ont eu accès 1 1

rien» et les mentions du collège pur u Rome que dans les municipes voisins, nous l'],™ quelque peu sur sa composition, tout en his-, ™

l’ombre son fonctionnement intérieur II se 1 ^ doute par cooptation comme les Pontifes, les Saliens

parmi les chevaliers, les tribuns militaires et les préfets I des cohortes9, plus rarement parmi les. fonctionnaires d ordre inférieur, comme les scribae et les

On ne sait au juste si la I dignité de Luperque était ou permanente ou simplement ' annuelle; ce dernier cas est le plus probable, des ins- ! criptions parlant de personnages qui furent deux ou trois I fois Luperques 12 ; il en était autrement des Arvales et des 1 Saliens qui, une fois nommés, l’étaient pour toujours. En I principe, des Luperques n’existaient qu’à Rome et pour ] Rome, en vue d’une cérémonie toute locale ; cependant ' on en signale à Préneste, à A^elitrae auprès de Rome, à Pérouse et à Nepete en Étrurie, et même à Nemausum dans la Narbonnaise 13 : il s’agit sans doute de personnages qui continuent à se parer, dans leurs municipes, d’un titre dont ils avaient naguère exercé la fonction à Rome ] et dont le prestige avait encore son importance ailleurs. 1 De la qualité de magister, nous savons simplement qu’elle a existé dans la section des' Juliani créée par César; mais on peut logiquement supposer que les Fabiani et les Quinctiliani eurent aussi les leurs; les Arvales et les ' Saliens avaient également un magister et les Arvales en plus un promagisterH. La célébration des Lupercales va nous fixer sur le rôle propre des magistri , tout au moins le jour de la fête.

Les calendriers la fixent au lu février10; elle luisait j partie d’un groupe, avec les Quirinalia célébrés U Uj et les Terminalia qui tombent le 28 du même mois . 1 toutes ensemble ont le caractère d’une lustration qui, e

la communauté entière, s’étend par degré aux . . 11 1 j’’

Les Lupercalia pourvoient à la purification de la 1 lle *1 Palatin et, par extension, de la grande ville s0llR 'Y. noyau; les Quirinalia sont la fête des Curies, e ' , j0 1 minalia, celle des maisons et des propiicfi s i les pratiques qui les distinguent les unes et us'll‘ ^ ;

ramènent toutes à la FebrUatio qui a xu o r jnJ

mois entier ; et l’importance des Lupeica es,

V, 070 r>olir la couronne offerte à

34, 85 et 87 ; XIII, 15, 31; Non. Marc. P^J° , Annali, 186|

r Antoine, à la faveur des Lupercales, voir ^ ^ Ancyr, 4, 1. -

iq. ; cf. faumus, p. 1023. — 8 Sue . ci ■ ’ c inscr. M-1'

lenzen, Annali, 1863, p. 279 et les inscnpUonn cd^ . ^ ^ 1!lM:cf.

06 ; VI, 1851, 2*60 ; VIII, 9405, 9401,. ' 10 Co^ ,nsiffnis bipcU «.

;53 ; Corp. inscr. lat. VI, 1397 OÙ un sénateui est PP rp. inscr. lat. 1, 805, où l'affranchi est magi ^ collège <1<*

nais le litre de magister n'est accolé au nom aussi bien a|«

es, ce qui laisse un doute sur le nombre des ,nag ^ leltc d

'aient ; le seul renseignement que nous a ons sur ^ ; ,f,„„ on

is. 44, 6, avec les inscriptions. - " . ’ , n9 et la lecture <te lal‘ r

treus. L'authenticité de l’une de ces rnjenp nS 4, 4; Val. Ma ■

sûres. - 13 Ibid. 2251-2250, 2543. - A* ^ * Cal. Malf. rp. inscr. lat. VI, 2025, H, 2065 a, 70, et . cf Dion . L 3Î'

’ — *»«'■ y, Gilbert, Op- cit- t P’

Quaest. rom. 08 ; Ov. Fast U, 35.

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