‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 133 sur 275 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

— 7 Ovid. Met. XV, 325 sqq. — ° ruusuu. ••• ^

4I0Û. — 16 Apoll. Rh. IV, 708. — H Virg. ÆW.VIII, 101-1 02. - ^ Kmnénides.

95; Schol. Aeschyl. Choeph. 95. De même, il faut, pour le ^ ^ ^ c\ le

ixÉpzeiv u.q tpoœoç (Soph. Oed. Col. 490). Dans Claudien (1 ÇgQutn vapt^'afi ^ prêtre Trans caput aversis manibus jaculatur in Austmm ^ veyhu^ tl ^

tata piacula taedas. - 13 Cf., dans la théorie des sacrements ■ ___ H Quippe

elementum et fit sacramentum (Augustin. In Johann. L rl os ' rite cous"1' l1'1"1' victimas caedi sine precatione non videtur referre , nee ‘ P -nCàI1tatioi>Pr"'n,'llt' XXVIII, § 10). Celle precatio est la survivance du carmen ou

LUS

B, . • expiatoires. - A. Lustrations individuelles L 7 ■ /iule* ■ — Il faut partir du cas le plus concret, qui oil (|.être historiquement le plus ancien, la purifia C!"nïun meurtrier avéré. Celle-ci n’apparaît pas encore fll0nlt(s p0èmes homériques1. Il n’en est pas question WU ïiliade. Achille passe au soufre et à l’eau sa coupe fc^ibations et se lave les mains, mais comme on procède | 'dgs soinS de propreté 2. Dans Y Odyssée, Ulysse ne se ent "aucunement souillé par les meurtres imaginaires * ji s’accuse ou se vante3. Après le massacre des prétendants, il purifie au soufre sa maison, mais non pas sa personne*. 11 expie la mutilation de Polyphème en offrant à Poséidon un sacrifice qui est le plus ancien type des suovetaurilia 6 ; il compense par des vœux le tort fait à Hélios, dont on a tué les bœufs0 ; mais ces réparations ne sont pas des lustrations. Tout pécheur peut apaiser les dieux « par des sacrifices, des vœux, des libations et la graisse des victimes7 ». Théoclymène, meurtrier d’un de ses concitoyens, s’approche de l’autel où sacrifie Télémaque sans que celui-ci crie au sacrilège ou fuie la contagion*, tandis que, plus tard, dieux et hommes tenaient les évayetç à distance de leur foyer. Homère connaît Oreste9, mais ne dit mot des purifications auxquelles le soumettent les légendes postérieures. Il ne semble pas avoir l’idée que le sang, même légitimement versé, imprime à la main homicide une souillure indépendante delà culpabilité et que peut seule effacer une purification sacramentelle. Cette idée, immorale au fond10, doit avoir été empruntée à l’Orient11 et répandue dans le monde grec, avant la vogue des Mystères , par la religion apollinienne, la seule qui ait suscité un sacerdoce capable de créer des dogmes et de les exploiter. Les prêLres d’Apollon ont tente de réserver à leur dieu — de compte à demi avec Zeus son père — le monopole de la révélation et delà lustration. Apollon était l’èmoAucov, le libérateur des excommuniés, coupables ou malhèureux lâ. Son rôle grandit encore avec les progrès de la morale, qui tenjtttieiit a remplacer ou parachever la lustration par l’expmtiuu . Les rites purificatoires durent être bientôt connus et mis ,i lu portée de tous ; mais nul ne savait, comme | po on, ( Loisir les pénitences les plus propres à racheter ! es au i ( nnimiseè; Il est probable qu’au début les oracles

Rchoi VeniU //' ,I v?1’’’ 0Vîa * a ® a 1 ? 6 e Ev ovi bXK àvxmvovTa *«î <du-(«Seuû|jievov Rira (, ^ Xl’ 680>- - 2 Uiod. XVI, 228-230. Cf. la toilette de

XIV, 171). - 3 Odyss. XIII, 259 s„q.

>«,5^ ^ “M; - 0 Odyss. XI, 131. XXIII, 277 «Sv

PMgara nliad , ^SS-X>L3« sqq. 7 Jliad. IX, 497-501. Le bain ordonné

opéran t par elle-même 8 ni P , 1 “ne préparation a,lx sacrifices qu’une «àOajaiç deux épopées. Homère X\ , 256 sqq. — 9 Nommé dans huit passages des

[Odyss. 1,40,298 snc i °nna^ devante comme acte méritoire le meurtre d’Egislhe | Pïtemneslre (n»Tpo- - * 1^,546 sqq.), peut-être même le meurtre de

lionsdes moralistes Aîï‘'<^°, III, 310). — 10 Cf. les protesla- 388 (substitution de la •’ l°eph' 71-74 5 SoPh- Oed. It. 1227 sqq. ; Eurip. Orest.

f: ; rw. », P. ï. u„.

" c eutmescere, nec i ’ ,lc' ù, 10 (animi labcs nec diuturni-

[ m cs> ?«i trhtin "* U’hs dui P°tes 0 i Ovid. Faut. Il, 35-40 (Ah ! nimium

indication : j, ^ Cae ls I P'Iuminea tolli posse putetii aqua). — HA titre

’5)' — 12 Plat Cratvl n aak A Toïfft A-uSoTtn xott xoïat "EXXvjen (Herod. I,

in ique à ce propos ieg n.' ° * sens sera*t analogue avec àicoTtoûwv. Platon

C“'"'ne faisa'it partie de loi"' ^ lcs et les XouTjà «ai iKj.$fàv«i4

r'^i'icalions se faSseir,aC0Pé.e,1UStrale- Aille- IX, 865), il veut

, SU,vanl le fie de Delphes. — 13 Apollon et Artémis,

C(i°iPUriliê 4 TeraP<5 (Plut ° a n* AIï‘W“*v evExa (Paus. II, 7, 7).

a A'ÿ- pVth. n 48«, ' " Graec- 1-)» en Crète par Chrysolhémis (Scbol.

loiüe 1 4U) 011 0rsste (Eurin Or, t V’ B“1' - K (EdiPe (Soph.

■*>»lhei ?C0" : /.«faiSoî EraYE e *>eS*' 160^) ne doit pas toucher l’eau lustrale (cf. I 'r a qui '« touche ou 4’,Slf0.î,;vov' Demosth. In Lept. § 158) : Oreste porte V. 01 0U U1 1)arl° (Eurip- Iph. Taur. 947-957, 1209-10,

LUS

firent surtout valoir la lustration sacramentelle, en indiquant le procédé et désignant le xaûap-rqç. Pour imprimer dans les esprits la doctrine sacerdotale, on disait qu Apollon lui-même s’était fait purifier du meurtre du serpent Python [apollo, daphnephoria, septeriox 13. Il fut entendu que 1 Èvay-^ était un excommunié, qu’on devait écarter des choses saintes et même de tout commerce avec ses semblables, car sasouillure(âyoç) était communicative : il portait malheur u. Il fallait, pour qu'il pût rentrer dans la société, qu’il fût purifié, et il ne pouvait l’être qu’en exil, loin du lieu où le crime avait été commis15. Ceux qui lui rendaient ce service ne l’admettaient pas d’abord sous leur toit, mais procédaient à l’opération en plein air1®.

La plus ancienne mention de xtxdxpmç sacramentelle apparaît dans des poèmes de date flottante : dans Y Aethiopis attribuée à Arctinos de Milet, où l’on voit Achille purifié du meurtre de Thersite par Ulysse, à Lesbos 1 1 ; dans les KaxâXoyot hésiodiques, à propos du meurtre d’Iphitos par Héraklès. Le héros assiège Pylos, parce que Néleus a refusé de le purifier18. Cette légende a été remaniée de bien des façons pour la rendre plus morale. Héraklès était fou, ou il le devient par punition : l’oracle lui ordonne de se vendre comme esclave19 et d’indemniser les enfants d’Iphitos. La morale est satisfaite, mais rien ne vaut sans la xiH pon;. Cette purification que, comme Néleus, le Spartiate Hippocoon lui a refusée, Héraklès la trouve enfin à Amyclae, où Déiphobe lui administre le sacrement 20. Le meurtre, pourtant justifié, de Lycos vaut à Héraklès un accès de folie durant lequel il tue ses enfants ; après quoi il est purifié par Thespios21, à moins que ce ne soit par Sycalos22, ou par Thésée, qui l’emmène avec lui à Athènes23, lieu où le patriotisme industrieux des tragiques fait aboutir les légendes d’Œdipe et d’Oreste. C’est à Athènes aussi, où Déméter institue tout exprès les Petits Mystères, qu'il est purifié du meurtre des Centaures24. A Cos, il ne se marie que purifié du sang des Méropes 23. Proteus, dont il a tué les fils, a la bonté de le purifier lui-même26.

La légende d’Oreste 27 a fourni aux tragiques l’occasion de distinguer entre l’expiation morale et la lustration sacramentelle. Ils ont déclaré celle-ci insuffisante28, mais ils n’ont pu la supprimer. C’est Apollon lui-même qui

1226-1228). Hercule dit à Thésée : oe»7y', w TaXatitwç’, &vd?iov |uair|t’ tjxdv (Eurip. Herc. fur. 1233). Aniiphon (De caed. Herod. 82) assure qu’un à bord fait iiaufrager un navire. — 15 Nécessité de l’exil (Plat. Legy. IX, p. 865 D). Alcmæou ne peut être purifié que sur une terre toute neuve (ci-après, p. 1414). — *6 Toi; x«to?|ioi; èîttstxGîç navra; Iv uitatôpw TeXoi’irt (Plut. Q. Honi. 5). Cf. ci-après, Oreste campant sous la tenle. Celte doctrine aurait dû interdire aux criminels l’accès des asvles asyi.ia]. Peut-être y avait-il pour eux lustration obligatoire à l’entrée. — 17 procl. in Epic.gr. fragm. p. 33 Kinkel. — Scbol. Venet. A ad Iliad. 11, 336, in Epie. gr. fr. p. 99 Kinkel. Apollod. II, 6, 2. — 19 Cf. Apollon berger chez Admète, en punition du meurtre des Cyclopes; Poséidon et Apollon, chassés de l'Olympe, au service de Laomédon. — Apollod. II, 6, 2. Diod. I V, 31 : sans doute par aspersion; cf. Yirg. Cii'iSy 37C (Amyclaeo spargens altaria thallo). Apud veteres quisguis se homicidio infecerat} purgatrices aquas explorabat (Tert. Praescr. 40). — 21 Apollod. II, 4, 12.

— 22 Scbol. Pind. lstlim. IV, 104. — 23 Euripid. Herc. fur. 1324 (IxtT y.«ça; <yà; apura; [AiàajjiaTo;). L’accès l’avait pris au moment où il «a purifiait ses mains au feu de l’autel » (Ibid. 1144), tentative vaine, l’impur ne pouvant se purifier luimême. — 24 Diod. IV, 14. — 23 plut. Q. Graec. 58. — 26 Conon, 32. — 27 Cf. J. dc Wittc, L'expiation d’Oreste (Ann. d. Jnstit. 1850, p. 413-434). E. Lübbert, Oreste corne tipo dell ’ espiazione (Ibid. 1865, p. 121-146). A. Olivieri, Il mito di Oreste , etc. (Div. di Filol. class. XXV 1897 J, p. 570 sqq.; XXVI [1898 , p. 266-293). Th. Zielinski, Die Orestessage und die Ilechtfertigungsidee (A\ Jahrbb. f. kl. Alt. II [1899], p. 82-100, 161-185). Hofer, art. Orestcs dans le Lexicon dc Roscher, V, p. 955-1014. Le parricide est le meurtre par excellence : c’est du sang d’Ouranos mutilé par son fils que naissent les Erinye9 (Hcsiod. Theoy. 185). — 28 C’était bien l’opinion des contemporains. Le roi Pausanias ne put àTîocûyEiv t b apo;, en dépit des xaOàoaiu zaviota et de Zeus Phvxios Paus. III.

LUS

purifie Oreste à Delphes (fig. 4688)', avec l’eau lustrale et le sang d un porc D autres localités réclamaient l’honneur d’avoir hébergé et purifié le parricide errant. A Trœzène, on montrait la pierre blanche où il s’était assis, la tente sous laquelle il avait séjourné devant le temple d’Apollon Phéarios ; on savait qu’il avait été purifié par neuf lrœzéniens (sans doute opérant successivement) avec toute sorte d’ingrédients, parmi lesquels figure l’eau d'une Hippocrène locale3. Ou bien, Oreste avait été guéri

de sa frénésie à Gythion en s’asseyant sur la pierre blanche appelée Zeus Kappotas 4, à moins que ce ne fût près de Mégalopolis en se mangeant un doigt de la main8, ou aux bords de l'Hèbre, au lieu dit les Trois-Fleuves 6, ou encore à Rhégion, par la vertu des eaux d’un fleuve formé de sept ruisseaux '. Les tragiques athéniens ont voulu qu’il y eût débat sur la responsabilité, et qu’Oreste, même purifié et absous, achevât de se réhabiliter par la pénitence librement acceptée8. La légende d’OEdipe, qui accumulait sur une même tète le parricide et l’inceste, 1 un et 1 autre involontaires, différait jusqu’au dernier moment la purification de cette victime de la destinée. Créon dit à Œdipe de se cacher, car il souille la lumière, la terre et l’eau9. C’est à Colone enfin, dans le bois sacré des Euménides, où il entre après un sacrifice lustral IxaÔapjjLÔv oai[AcJva>v), offert suivant un rite minutieusement décrit, qu’il meurt purifié avec de l’eau de source, baigné et paré « selon les règles » (y, voixt'ÇeTai) par ses filles, et qu’une bénédiction s’attache aux restes du maudit 10.

Grâce à ces exemples typiques, la xâ0ap<7tç s’introduisit

1 Scène représentée sur un cratère de Lucanie, actuellement au Louvre, publié par Feuerbach en 1841, et dans les Monum. ined. delV Instit. t. IV, pi. 48 ; Overbeck, Galerie , pi. 29, 7 ; Duruv, Hist. des Grecs, II, p. 225 ; Roscliers Lexicon , art. Orestes , t. V, p. 983, etc. — 2 Aeschyl. Eumen. 283, 458 sqq. — 3 Paus. II, 31, 4 et 8-11. — 4 Paus. III, 22, 1. — 5 Paus. VIII, 34, 1-4. Un comique prétendait qu’il s’était guéri en mangeant des lentilles (Athen. IV, p. 158 a), les lentilles étant cathartiques (Clem. Al. Strom. p. 303. Sylb. Cf. ci-dessus, p. 1408, 3). De même la vesce noire (ô'ooSo;), irpôç -rà; à©o<nw<retç xat va$a?|ioû; (Plut. Q. Graec. 46). — 6 Lamprid. Neliog. 7. — 7 Prob. in Virg. Bucol. p. 348 Lion. On exploite ici la vertu mystique des nombres 3 et 7, comme celle du nombre 9 (cf. les neuf Trœzéniens) pour attribuer une vertu purifiante à l’Eweàxpouvoç athénienne (cf. H. Diels, Sibyll. Bliitter , p. 41, 3). Les Euménides exigent xpt <r<xà;

et tpîç twéa *Xu>va; (Soph. Oed. Col. 479-481). — # Oreste doit encore faire un pèlerinage en Tauride, où Iphigénie prend pour prétexte de fuite le devoir de le purifier avec le sang de jeunes agneaux (Eurip. Iph. Taur. 1223). De même, Héraklès, purifié par Thespios, se soumet, par ordre de la Pythie, à une pénitence dont l'excès lui vaudra l’immortalité (Apollod. II, 4, 12). — 9 Soph. Oed. B. 1424 sqq. Cf. Oreste voilé •q'Xtou irpô<r6ev cXopç (Eurip. Iph. Taur. 1207). — 10 Soph. Oed. Col. 466-484, 1598-1603. — il Schol. Ap. Rhod. III, 62. Eustath. ad Iliad. XX, pi. 1183. Cf. Ixion r.^nnox-côvoq (Aeschyl. Eumen. 718). — 12 Apollod. II, 1, 5.

LUS

dans foules les légendes. Phérécyde sav t premier exemple de lustration avait été j d*jà W le lui-mème, qui avait purifié (àri;„) ,xio„ comme auteur du premier meurtre vol.’, , • e de to«s traîtreusement consommé sur un concitov" ',lroment el faisant couler sur lui, goutte à gouttP 1!’ 61 Cela>en porc11. Ce Zeus indulgent avait ordonné^, ?,?8 dun Hermès de purifier les Danaïdes, que la wj^9 « laire finit par damner*9. Amphitryon avait P°PU' (%viff0y) par Créon du meurtre involontaire" tryon 13 ; Pélée, fratricide involontaire, l’avait L ‘ Actor ou par Eurytion en Phthiotide « et un PaP fois, toujours pour meurtre involontaire, par AcasS! de meme Pœmandros par Eléphénor, p0Ur avoir L’ toujours involontairement, Leukippos*’. Ces exemol ’ servaient à montrer que la souillure est une conséquent iatale du meurtre, indépendante de l’intention. Thésée après 1 extermination utile des brigands, a recours aux xccôâpc.a des Phytalides, qui le purifient aux bords du Céphise, a 1 autel de Zeus Milichios18. Le même Thésée va à Trœzène se faire purifier du meurtre des Pallantides, commis à Athènes19. On voulut que Cadmos comme Apollon, eût été purifié du meurtre du dragon ( l’eût été par les Cabires, après avoir fait pénitence ( demandé l’initiation aux mystères. 11 y avait là un enseï gnement complet, moral et profitable à l’établissemei de Samothrace 20. Alcmæon, parricide comme Oreste, été, comme lui, un prétexte à épiloguer sur l’efficacité d la xâôocpffi; par combinaison de légendes diverses. Iles purifié par Phégeus à Psophis 21 ; mais, comme l’Eriny le poursuit encore, Apollon l’envoie sur une terr neuve, produite par les alluvions de l’Achéloos, et il est purifié définitivement par le dieu-fleuve 22. Apolloniu de Rhodes n’a pas de ces scrupules. Il décrit avec cou plaisance les cérémonies par lesquelles, sans exiger r pénitence ni repentir, Circé purifie Jason et Médée d meurtre d’Apsyrtos, au nom de Zeus Ikésios et Katharsios Elle y emploie le sang d’un cochon de lait, avec lequi elle arrose la tête et frotte les mains de ses clients, et de liquides divers; tout cela non en plein air, mais dan son palais, qu’elle se contente de désinfecter ensuite ave des drogues jetées sur le foyer23. Au contraire, d api è les Orphiques, Circé interdit aux criminels l’entrée de s demeure et les renvoie au cap Malée, où leur souillur (p.ù(7oç) « sera lavée par les catharmes divins dus a science d’Orphée 24 » et plus puissants que les sien>.

Dans toutes ces légendes, à part celles où le* tr‘

— *3 Apollod. II, 4, 6. — 14 Diod. IV, 72.

. « Apollod. H1'18, - ’x, ^ J

Nub. 1063. Schol. Lycophr. 176. — 16 Apollod. 111, 13, 3. Ovid. j ^

— n Plut. Q. Graec. 37. — 18 plut. Thés. 12. Paus. I, 37, 3. Ces un^ ^ ^ minable de xaOàpo-Ei; : de Bellérophon par Prœtos (Apollod. IL ^

Adraste (Pherec. ap. Schol. Iliad . XIV, 120), de Triopas par MehsseiM ^ (0vidde Pélée (à Péluse, in lacu , Amm. Marc. XXII, 10» 3), de Palioe 4.3 etc

Fast. Il, 41), d’Achille purifié à Milet avec l’eau d une source (Al ^ |ej sanctuaire* C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui des « réclames » pour ,f 0 _____ 20 II avait

telle famille possédant des recettes traditionnelles. 19 f au. ’ ^ gr$c. L

d’abord été esclave d’Arès (Apollod. III, 4, 2, Uellan. /' • * ^ ^ Les Cabires

p. 47) et n’avait épousé Harmonia qu’après t eXtrq (Apollod. euX.mômcspouP

avaient des raisons particulières d’être indulgents, car ils pas 3 ^ KaGe?uv

fratricides (Lobeck, Afjlaoph. p. 1257). Il y avait là un 01 __*2i Apol'0^

r: yaôaîçwv oovéa (Hesych. s. v.), peut-être par le feu (Lobeck, p. -y ^ )a ,égende III, 7, 5. -• 22 paus. VIII, 24. Ovid. Met. IX, 407 sqq. . j^'^’bêtes sauvage* d’Athamas, fou meurtrier de ses enfants, qu Apollon oiiv oie .| p|, |\, A'-

; pestiférés qu’il faut isoler. - ’ ^ (y l363

(Apollod. I, 9, 2). Ce sont des pesmeres qu u *0»- — . cge

715. Schol. Ibid. — 2lOrph. Argonaut. 1230-1235. Plus 0,n: itoyablc Eri»ny« les « îepà XÛTça xaOapptwv lavent les imprécations d .Ltlt ^qv' 1 £||L

Après le meurtre de ses enfants, Médée est purifiée PaI

LUS

LUS

( introduit l'idée d'expiation morale, -le cagifiues |t,.j(me de la lustration apparaît nettement. raltèn ("simplement substituée ou ajoutée aux précaugHe s es ^ raigonnement barbare suggérait jadis aux tionS -1" "( que les tragiques prêtent encore à Clytem- 8SSil^"(> île-ci avait mutilé le cadavre d’Agamemnon en neSt" , nit les « extrémités « (xxpwTYipiâÇsiv), c’est-à-dire ,1UlC0>!lsct les mains, et les lui attachant aux épaules l6S courroie pour qu’il ne pût se ven-

avt;(. iuis eiie avait essuyé Larme sanglante aux cheveux f moH « en guise de lavage »,pour que la souillure atériell'e disparût avec lui*. Jason avait traité de même r cadavre d’Apsyrtos, en crachant trois fois pour rejeter I maléfice 2, et c’est pour la même raison que Déiphobe apparaît à Énée, les mains, les oreilles et le nez coupés3.

Quoique étrangère ou contraire au sens moral, la foi à l'efficacité de la xâeapotç contribua à inspirer l'horreur du meurtre. La purification fut jugée nécessaire en dépit de toute excuse légitime et étendue même aux êtres irresponsables par nature. Les légendes ressassées par les tragiques avaient pour but d’expliquer les rites religieux incorporés à la procédure criminelle des Athéniens1. La peine de mort infligée par l’Aréopage était une satisfaction offerte aux Euménides, une expiation qui purifiait la cité, responsable des crimes impunis. Les meurtres involontaires étaient jugés au Palladion, les meurtres justifiés au Delphinion, où Thésée avait comparu jadis pour le meurtre des Pallantides, c’est-à-dire dans les sanctuaires des deux divinités qui avaient purifié et réconcilié Oreste 5. Ceux qui avaient ainsi fait la paix avec la société, et surtout ceux qui se sentaient coupables de crimes impunis, n’étaient en règle avec les dieux et les morts que convenablement purifiés, soit par les mandataires d’Apollon Pythien, les èçr|yT|Tai IIu0ôyor|<7Toi [exegetaej “, soit par les prêtres d’Eleusis, préposés aux purifications des néophytes (voir ci-après), soit par des praticiens sans mandat officiel1. Le meurtrier excusé au Palladion avait dù s’exiler d’abord pour un an (àirevtau- Tïl(ItL MtEviauTicgôç), après une première purification et en suivant un chemin déterminé; une fois rentré, il devait se soumettre encore à une purification légale8.

Les animaux ou objets inanimés qui avaient causé mort d’homme étaient apportés au Prytanée, au foyer de la cité, pour y être maudits par les magistrats ayant charge du culte (lîot'7'.Xeû;, ÿuXoêot'7'.Xstç) et être ensuite, comme xxOxpgaT a, « exterminés » (è;opîÇs'70xi), c est-à-dire transportés hors frontières, et, pour ne pas gêner les voisins, noyés en mer9. La mort du bœuf immolé tous les ans à la fête des |3ou«dvta[DiPOLEiA] était assimilée à un meurtre: le sacrificateur s’enfuyait, jetant sa hache qui était déclarée coupable et solennellement immergée1'1. Peut-être cet usage bizarre conservait-il, à l’état inconscient, 1 idée que la vie des animaux domestiques qui collaborent aux travaux agricoles mérite quelque respect". L’Ajax de Sophocle, après avoir égorgé des troupeaux, qu’il prenait, il est vrai, pour des hommes, s’était « purifié de ses souillures » afin d’échapper au courroux d’Athéna12. Les végétariens pythagorisants ont dù s’efforcer de protéger la vie des animaux par des scrupules religieux. Arrien semble considérer comme chose traditionnelle et même légale la lustration des chiens et des chasseurs au retour de la chasse13.

Après le meurtre, le sacrilège, sous forme de vol (éepo- (juXta, sacrilegium) ou d’attentat quelconque àla majesté des dieux (ào-éSet a). Il était bon de ne pas prévoir les formes graves du sacrilège, et, en tout cas, de laisser croire qu’elles étaient inexpiables. Les coupables n’avaient à attendre que la vengeance des dieux, attestée par mainte légende 14 [uierosylias graphe], et, par surcroît, les sévérités de la justice humaine. La loi des Eumolpides punissait de mort les moindres contraventions commises à Eleusis1’, et Périclès proposait de l'appliquer à tous les impies (àceêouvTE;) 16. La mort même ne mettait pas à l’abri du châtiment. Les ossements des èvayetç qui avaient massacré lesCyloniens au mépris du droit d’asile furent déterrés et transportés comme xafiipgxTx hors de l’Attique 1T.

Un sacrilège facile à commettre, volontairement ou involontairement, était la dévastation de bois sacrés [arbores sacrae, lucus]. 11 ne manquait pas, en Grèce et ailleurs, d’arbres-fétiches que « le fer des mortels ne doit pas émonder18 ». Athènes avait ses oliviers sacrés

1 Aescl|yl. Choeph. 439. Sopliocl. Electr. 445 (Agamemnou E|i.airy aXi'ff0*i xàwï Wpoïffiv xàpa I xrjXrSaç mpatÇtv). Cf. Suidas, S. W. àxpuixYiçiàÇn), p.a<rp’.WOfJvai, iwrça^nata. Etym. M. s. v. *AicdWaTa. — 2 Apoll. Rh. IV, 476 sqq. L’Etym. M. peosc que le meurtrier crachait le sang de la victime (oxi xat lytiovro -cou aïpitxToç &»c«tuov, Ala/uAoç nap-ru^Et xai ’AicoXXwvioi;). — 3 Virg. Aen. VI, 494 sqq. «erVlv,s a d expliquer ce détail. — 4 Appel aux souvenirs iauOiû&y) dans

* Aristocr. 65 sqq. — 5 Lysias, Orat. III (*Aico^oyia oovou Kxoutrîou). jQc V' 1 ' Eausan. I, 28, 8. Cf. l’expiation du meurtre dont l’auteur est VI tln-(|,U1S,^^eM^ronome (XXI* type complet de lustration. — 6 Plat. Leyg. est 1 ' S V Athen. IX, p. 409 f (passage où la leçon

£ ^Uce 011 E’^«*pi$wv[0. Mfiller] ou en «fcu-raXi&wv [Lobeck]). Avec la correction bir/Ei)- 1 ^ 0 concurrence entre l’exégète riuQôyçy|<TToç, qui purifie -roùç v.yn xtvi

(Athen ) q u ^ exégète l; EÙTtaTçtSuiv, qui. s’occupe xîjç xùiv îxexSv xaOdtpo-Eüx;

( lOmann (Gr. Alt. 112, p. 345) préfère imputer la lustration aux Phyta- ^ Athénée p p fpàwçcç, lesquels seraient 01 aXXot ot tnrXaYX, veûovxeç dans le texte

■‘fos, assistes d ® ,

■féserve lis | F°UCarl' t1** Grands Mystères d'Eleusis [Paris, 1900], p. 79-84) Par l'oracle " llal'ons au premier des trois exégètes officiels, le mOoypriffTos, désigné i,,. . , 1e[s ces naXot tivé; qui faisaient poser les pieds des tva*tTî sur le

(Hcsych SuiJ ' 'a Peau d’un bélier (?) immolé à Zeus Milichios ou lkésios

dont il sei,a ( APosl°'- VI, 10, in Paroem. gr. Il, p. 367), engin de lustration

Dtç Syr. 55,*U(C?l|°n eucore * plusieurs reprises. Môme rite à Hiérapolis (Lucian. Peau de l1(1(l ,| n ' "" re^(lua1, rites archaïques, comme les égides, nébrides, la allongé la ijsi:, ual'1‘’s’ les peaux des Luperques, etc., rites dont le folklore a Iht S emites p ^ réplication au profit du totémisme (cf. R. Sinitli, Jtel. of

‘'‘Numae la ,7, ■ ’ ' ' ^ " sacrifice du bélier rançon de l'homicide involontaire

aPUd quo s rrrn j ' 'V, 43 ; Georg. lit, 387) pratiqué excmplo Atheniensium ,

S^bici aries p wigitur ab eo gui invitus scelus admisit (Fcst. s. v.

^*qioa®ai .. . ' i encontre des eyy.uTplffTpiai, ouai toùç Ivayeïî xaHaipouoiv aT(xat

f “ { at. Min. p. 315; Etym. M. p. 313) : autre sens dans SchoL.

Arist. Vesp. 289. 11 ne manquait pas de sorcières xa8âoTpi«i. Piatrix sacerdos dicebatur quae expiare erat solita, quant quidam simpulatricem, alii sagam, ahi expiatricem vocant (Fcst. p. 213, s. v.). C’est une besogne dont les Orphéotolestes ambulants, stigmatisés par Platon (Rep. II, p. 364 B), tiraient bon parti. Le superstitieux de Théophraste va les trouver une fois par mois. — 8 Demosth. In Aristocr. 72-73 (xa't dJirat xat Xa0aip6ï;vott... xsù xadalçcirllat vo;xtpot; tôt:). — » Arist. ’A8. hoXit. 57. Demosth. In Aristocr. 76. Pollux, 1, 7; VIII, 120. Paus. I, 28, 10. Cf. la statue de Théagène noyée par les Tliasiens, par application de la loi athénienne (Paus. VI, 11, 6). Cf., à Kyme, la pierre maléficiée par contact de la femme adultère (Plut. Q. Graec. 2). Le bœuf homicide lapidé et non mangé (Exod. xxi, 28). — *0 Paus.

I, 24, 4. Porphyr. Abst. Il, 29-30. Aelian. Vai\ Hist. VIII, 3. D'après Porphyre, la hache rejetait la faute sur le couteau, qui était noyé (xarnévroffiv ti-.v (id/mjiiv). A Rome, le Regifugium (24 févr.) et les Poplifugia (5 juill.) devaient être des cérémonies analogues, dont le sens s était perdu. Le sacrificateur poursuivi et conspué à Ténédos (Aelian. Hist. Anim. XII, 34) et à Liudos (Philostr. Jmagg.

II, 24, p. 850). Les femmes poursuivies par le prêtre de Dionysos aux Agrionia (Plut. Q. Graec. 38). Collection de rites analogues dans l'antiquité (Lobeck, p. 676- 682) et dans le folklore (Mannhardt, R. Smith, Frazer, Lang, etc.). — H Explication courante (Porphyr. Loc. eif.l, rejetée par les « totémistes », pour qui les foujivia sont un argument capital. — 12 Soph. Ajax, 655. — '3 Arriau. Cyneg. 32 (xaxà va uàTpia, ü,; vo|noî). — Folie des Prcetides, Siôti to Tr ; "Hçocç Eôavov ttr.jTiï’.ffa'/ (Apollod. Il, 2, 2), des Pandarides (SchoL Hom. Udyss. XIX, 518; XX, 66|, etc. La triste fin des spoliateurs de temples est un thème banal. Cf. Val. Max. I, t (De neglecta rcligione). Supplice de Sambichos (Plut. Q. Graec. 47). Erysiclilhon, Triopas, Halirrholios, Lycurgue, sont des dévastateurs de bois sacrés, péché inexpiable.

13 Cf. Liv. XXXI, 14. — 16 Lysias, In Andoc. 10. — 17 Thucyd. I, 126 ; Aristol.

’AD. tout. I. La loi dans Xenoph. Hell. I, 7, 22. — 18 Hymu. Hom. In Vener. 268. Voir K. Botticher, Der Bauntkultus der Hellenen, Berlin, 1856. W. de Visser, De Graccorum dits non referentibus speciem humanam, Leide, 1900.

LUS

(tu.opiat), que protégeait la juridiction criminelle de l’Aréopage1. On racontait que, au siège de Troie, les Grecs avaient encouru la colère d'Apollon pour avoir abattu des cornouillers lui appartenant, en vue de fabriquer le cheval de bois 2. Ils l’avaient « apaisé par des sacrifices», sans doute en excipant de leur bonne foi ; mais Turulbus, lieutenant d’Antoine, ayant abattu les bois de l’Asclëpiéon de Cos pour construire des navires, on remarqua qu il fut tué plus tard sur le lieu même3. D'autre part, les Grecs ne semblent pas avoir eu de scrupules au sujet des amputations utiles. Les couronnes décernées aux jeux panhelléniques et panathénaïqùes, les lauriers des Daphnéphories, les siprt<7»évat, etc., étaient fournis par des arbres sacrés, et il n’est pas question à ce propos de i éiémonies lustrales ou expiatoires*. Du reste, toute modification ou destruction justifiée de matériel consacré pouvait être expiée par des àpen^pw \ En ce qui concerne les bois sacrés, nous ne connaissons guère que les usages romains. Caton enseigne les précautions à prendre pour élaguer une iutaie de cette espèce ( lucum conlucare) 6. Il faut immoler un porc (porcum piaculum) et demander par une formule canonique à l’être divin (si cl eus , si dea es) propriétaire du bois la permission de couper des blanches ou de bêcher le sol. Si la besogne est interrompue et reprise, la cérémonie doit être recommencée. Le rituel des frères Arvales ^arvales], où abondent les lustrations, multiplie les observances quand il s’agit de toucher aux arbres de leur lucus Deae Dicte, ne fùt-ce que pour emporter ou briller du bois mort, pour faire disparaître des arbres frappés de la foudre, pour arracher un figuier poussé sur le toit de leur chapelle. Ce sont des sacrifices de porca etd agna opiniez pour purifier avant, éloigner après, les outils de fer qui servaient soit à couper le bois, soit à graver sur le marbre les Actes du college ; des invocations aux divinités étymologiques Coinquenda, Commolenda , Deferunda , Adolenda , qui étaient censées présider aux opérations commencées par 1 abatage et terminées par la crémation 7. On a trouvé des règlements analogues pour les amputations pratiquées dans les bois sacrés de Spolète 8 et de Lucérie9. Le caractère indécis de ces cérémonies participe de la lustration et de l'expiation : expiation (piaculum), c’est-à-dire satisfaction préventive ou consécutive, de la part de l’acteur ; lustration des outils et du bois avec le sang de porc, celle-ci à peine indiquée par les textes, et destruction des parties amputées, devenues xaQoîpgxTa.

Si les Romains ont apporté tant de scrupule en cette matière, ils se sont moins préoccupés que les Grecs des souillures imprimées par le meurtre. Ovide est persuadé que l’usage des lustrations de cette sorte est d’invention et d’importation grecque l0. Ils considéraient que la

1 Lysias, Or. VII (m?l toî owl). — 2 Paus. III, 13, 3.-3 Val. Max.

1, 1, 19. Dio Casé. LI, 8. Lactant. Inst. Div. II, 7.-4 Bôtticher ( Op . cit. p. 192) croit pouvoir affirmer que, avant de couper des branches au xotivo; d Olympie, on offrait un sacrifice sur l’autel voisin. C’est une induction fondée sur les rites romains. — « Cf. C. I. A. II, 403, 405 b. Ephem. Arch. 1894, p. 167. Kfihler in Hermes, XXVI, p. 44 sqq. Stengel, Gr. Kultusalt. p. 119. — 6 Cal. Agric. 139-140. Plin. XVII, § 267. — 7 H est à remarquer que les Arvales ne connaissent pas Pilla, qui putationibus arborum praesto est (Arnob.

• ' , 7), présomption en faveur de l’opinion exprimée ailleurs sur le caractère non officiel des ihdigitamenta. — 8 Bullett. d. Instit. 1879, p. 67 sqq. (Joui bove piaclum). 9 Eph. Epigr. II, p. 205. — 10 Graecia principium moris fuit : ilia nocentes, lmpia lustrato ponere facta putat (Ovid. Fast. Il, 37- 38). — U T. Live appelle sacrificium lustrale le supplice de Mettius (Liv. I, 28). Plus tard, le parricide est traité comme un monstre, isolé de tout contact (folliculo lupino os obvolutum, et soleae ligneae pedibus inductae. Aucl. Ad Herenn. I, 13), déporté et noyé en mer. — 12 Des élymoiogistes avaient imaginé que Romulus avait

UK) -

LUS

société était dégagée de toute complicité -,

otlert aux dieux en supp]icalion [sUP p,?!^ elle avait

J consacré la lête » [consecratio, DEvonoU M] k vie o» 1 avait retranché de son sein parl’excon °Upable-fl» haquae et ignis interdictio semble ^ Unication ». qu ils entendaient soustraire chez eux -, mGme i,1(iicI«er moyens de purification. Quant aux m™, ,Cr'minel8«« on ne voit pas que les Romains aient di i* jusliliés. responsabilité et une souillure indénend ,%?enlr,!la La légende n’impose ni pénitence ni' " ° ^ C6lle'cii Romulus fratricide 12. L’idée que le J'"'"'1*1'011 à excusé, exige une lustration apparaît ?’ méffle traditions attachées au Tigillum m " r''

rapporte que le vieil Horace y avait « purilié ,'r n '" frais de l’État », et que ces sacrifices expiatoires àvël etc ensuite confiés à la gens Horatia 13 r)en • 1611 qu’Horace fut purifié par les Po„Ufes le r, le us. té pour l'expiaüou des meurtres inroloatai,™ 0n ebt.lcl en Présence de légendes obscures d’où l’on pourrait inférer que la gens Horatia était dépositaire dune mithode de lustration reconnue d’utilité nd blique u. En tout cas, il n’en était resté qu’un souvenir" atrophie, sans application pratique. On ne saurait dire si cette legende est bien indigène, et non accommodée à la grecque. Là où intervient le laurier, il n’y a plus de doute. Des Grecs ou des Romains hellénisés ont seuls pu imaginer que les soldats avaient besoin d’être purifiés du sang versé sur les champs de bataille, et que le laurier était prodigué dans ce but lors du triomphe16.

Nous passons des actes délictueux par nature, même quand ils sont autorisés ou nécessaires, aux souillures contractées sans acte ni responsabilité quelconque, notamment par contact ou voisinage d’objets impurs.

Si révérés que soient les morts, le cadavre est par lui-même chose impure [funus]. Ceux qui le lavent loitrophoros], le parfument et l’entourent des soins rituels, ceux aussi qui le regardent et assistent aux funérailles, sont tenus de se purifier avant de reprendre contact avec la société. C’est là la raison d’être du deuil (tcsvôoç, luctus), destiné à isoler, jusqu’à disparition, l’influence « funeste», Pendant que le cadavre était encore dans la maison, un grand vase d’eau lustrale (àpoâvtov, y/ip vrj/) était placé à la porte, pour purifier ceux qui en sortaient ; et on avait soin d’emprunter le vase lui-même à une autre maison n. Après les funérailles, la maison mortuaire devait être soumise à une lustration qui dispensait de la détruire ou de l’abandonner, comme le faisaient ou le encore certaines peuplades de civilisation rudimentaiie Elle était impure (évayqç, funesta) durant un nom ire de jours fixé par l’usage ou même par les lois C’est dans ce laps de temps que l’on devait proté er

institué les Lemuria (= Remaria ) poux- apaiser les mânes de béni'1 C ^ qrnnc, V, 479). Ou bien Romulus avait, fait placer une chaise curule à 111 ^ ^ icrs011ne de et, sur ce siège, une couronne représentant la « tôte », cest-a- 11 , VPir

Rémus (Serv. Aen. I, 276. Cf. 292). Sur les couronnes (capta, s <

LECTISTERNI

xatapnoï;). xi n V a (race nune pan m »» - -u ndait-O»

bélier, ci-dessus, p. 1415, 7), ni de ce rôle des pontifes. le»1 ° nfns o/audi

(Serv. Aen. I, 276. Cf. 292). Sur les couronnes (capu . ■ ^

mirai. — 13 Liv. I, 26. — H Dion. III, 22 (oï« vdgo; w; ^J^Yacrilice i OapixoTî). Il n’v a trace nulle part ni de cette « règle » I- ^ pen,|ail-oi> i i-dessus, p. 1415, 7), ni de ce rôle des pontifes. le»1 1 ^ens Claudi tigillum des oscilla représentant les coupables. — 18 Peut-ètie au plantent»

avec son porcus propudianus, gui in sacrificio gentts am. ,5 Voir ci-dess» et exsolutio omnis conlractae religionis est (Fest. p. 218, s. ’ ^[cest. OS-I6 p. 1409. — 17 Pollux, VIII, 65-66. Hesych. s. v. ’AjSi tua. Cf. Eurip» y A Rome, Acerra ara, ante mortuum poni solebat, m gw

(Fest. Epit. p. 18)

appartenu, usage dont « l’obole à Charon » sel De Choreut. 37. Le chorège se plaint d'avoir été cité k?‘v

vopt^ogiva xotijaat.

adores t tout ce i|i"

incend lui <

18 peut-être enterrait-on avec le mort Antjpho

raituue.urviv.n^^..

LUS

mer

soufre -Les

Hon générale de la maison et de la famille1. i‘»e 1US |'1 loi d’iulis (Céos) 2, la maison mortuaire doit D’aPrès ,j!(i(i (|èg ie lendemain, d’abord avec de l’eau de être p‘" 1 ^ une aulre matière, probablement du

femines, mère, épouse, sœurs et tilles du défunt,

. , ,1 seules y rentrer avant l’opération . Toutes les perpeUV." souillées doivent se laver tout le corps, et, jus- S°nM|t s’abstenir d’entrer dans un lieu saint. La visite qüe'ieile au tombeau produit les mêmes effets, sauf que rCillure disparait d’elle-même le troisième jour. Les terni avaient servi aux libations étaient généralement enterrés avec le mort, entiers ou brisés. 11 n’est guère possible ici do distinguer entre usages grecs et romains. On sait qu’à Rome on sacrifiait dans la maison mortuaire, le mort étant encore présent, une porca praesentanea \ Pour le reste, nos textes sont un peu cosmopolites. L’abréviateur de Festus dit d’une manière générale : « Ceux qui avaient suivi le convoi passaient au retour pardessus le feu après s’être aspergés d’eau, et ce genre de purification s’appelait suffitioK. » C’est une coutume qui n’a rien de spécifiquement romain. On en peut dire autant du mode de lustration décrit par Virgile à propos des funérailles de Misène s. Énée asperge trois fois ses compagnons avec un rameau d’olivier trempé dans une onde pure, en récitant une formule ( novissima verbà). C'est une lustration dans le double sens du mot, car Énée parcourt les rangs ou fait le tour du groupe (. socios puracircumtulit unda). A Rome, l’héritier du défuntétait tenu de balayer la maison avec un balai d’une espèce déterminée6. Toute dérogation au rite des funérailles ou lustrations funéraires entraînait un piaculum, liquidé à date fixe, avant la moisson, par le sacrifice d’une porca praecidanea sacrifice qui, comme l’indique l’espèce de la victime, est une survivance de lustration. L’esprit méticuleux des Pontifes avait multiplié les mesures destinées à prévenir tout contact entre le culte des morts et le culte public. Un homme en deuil ( funestatus ) ne pouvait prendre aucune part aux sacrifices8. La simple vue dun cadavre, indifférente pour un simple citoyen, entraînait une souillure pour un pontife9, à plus forte raison pour un (lamine. Si la chose arrivait à un censeur au moment où il allait célébrer le lustrum , il devenait impur et incapable de purifier la cité10. Les temples étaienl soigneusement fermés durant les fêtes des orts (dj.es parentales , du 13 au 21 février, jour des e>at)u) et les jours des Revenants privés ( Lemuria , 9,

a ' 7 ° txxol*l9,^vat xb «rù)[x« xa0ap;A,ou yàptv àrcoXo jeryôat toùç otxetouç

(Schol. Aristoph. Nub.

sappelaU. familiam funestam ;

838; Suid. s. v. xaTa)oû*i). A Rome, cela 4684*0 ,, purgare (Getl. IV, 6, 7). — 2 Dittenberger, Sytl.

J. Oareste-Haussoullier-IIeinacli,

ttlnsrr inr- ’

Hâter, nr. 398'.i», v T - /lcc' d'tnscr- jurid. I, 2. Michel, Bec.

275. 3 |,-rs( au mer préférée pour cet usage : cf. Valer. Fl. Ai'goii. II,

Keil). - 4 pçS‘t P* 25°' s‘ v* Pr(Msentanea. Mar. Victor, p. 28 G (Gr. lat. VI, 25 VU» § 19) La lus/ ^ P\~’ S’ V# ^-Qua et Cf. le rite des Hirpi Sorani (Plin. comme un / la^°n es* représentée par la crémation du cadavre, traite tür quod fune ^ ^ CG r^e sP^c*aI * en cas, par les flambeaux (funera dicün- VI, 229 sqq. Serv^// S0S mwtai* Praeferebant. Serv. A en. I, 727). — 5 Virg. Aen. perrere) entre da 6 Epit. p. 77, s. v. Everriator . L’idée de balayer

d après Caton [A s ■ / aiei runcare, averrunci ( dii ) = àrcoTçÔTCaiot. — ^ Porca el223, s. v ^ ^ ‘ 6, V) ; agna d’après Festus ( Epit . p. 219

Cas» les devoirs xnea)* ~~ 8 Cf. la rouerie imaginée pour, concilier, en pareil A*n. 111, 64 pr TPlSés de l homme et du magistrat (Serv. Aen. XI, 2). — 9 Serv. es 0pinioils sont n v.omme la rigueur des règlements avail été atténuée,

î110 iutfuni est nunt "'ICS. ^ al’*'és A. Celle (X, 15, 24), le flamine Dial locum in non est relit in"\\ 'n®reddur< tnortvtum nunquam attingit : funus tamen P^tinere y \ . 110 '^( va^ point toucher de fève, quia creditur ad mortuos

P'irt : olles n’ont plus ''i *7’ V ' ^a^am)- Les Vestales ne sont jamais en deuil ^sentait j ° Emilie. Pour les pontifes et les censeurs, la question se

1 Propos des funérailh

es d Agrippa (Dio Cass. LIV, 28), d’Auguste (Dio Cass.

LUS

11, 13 rmii) ou publics (Mandas palet, 24 août, 3 oct., S nov.)11. Les contraventions donnaient lieu à autant de piacula, que nous pouvons éliminer de notre sujet, le caractère sacramentel inhérent à la lustration n’y étant pas formellement indiqué. Nous éliminerons de même des cérémonies qui passaient pour une « lustration » du bûcher, dans les funérailles publiques, notamment la decursio en armes [apotueosis], qui eut probablement pour but, à l’origine, de chasser les mauvais esprits et de « purifier » ainsi le lieu funèbre, mais qui avait perdu le caractère de lustration pour prendre celui d’hommage exceptionnel i2.

En somme, la préoccupation dominante qui perce dans tous ces rites, grecs ou romains, c’est celle de localiser et supprimer le maléfice avant que ceux qui l’ont contracté ne puissent le communiquer à d'autres, et surtout le porter dans les lieux consacrés. Aussi les légendes qui plaçaient des tombeaux dans les temples, à plus forte raison, la doctrine évhémériste si bien exploitée par les chrétiens, pour qui les temples païens n'étaient que des sépulcres, tout cela est étranger à l’esprit des religions antiques13.

On pouvait entrer en contact avec les morts autrement que par l’attouchement matériel ou la vue. Le Romain qui se levait la nuit, au mois de mai, pour expulser de sa maison les revenants [lemures , se croyait bien exposé à toucher ces êtres invisibles auxquels il jetait derrière son dos14 des fèves noires mouillées de sa salive et qu’il cherchait à effrayer en frappant sur un chaudron de cuivre. Aussi se lavait-il les mains avec de l’eau de source avant et après l’opération, qui était une lustration du domicile 15. Le jour des Ferai la, clôture des parentalia du mois de février, les vivants effaçaient les traces de leur commerce prolongé avec les morts. Le rite que décrit Ovide16 et qu’il croit destiné à « apaiser les Mânes » contient probablement un fonds d’usages indigènes, surchargé de recettes magiques, telles que les trois grains d’encens glissés sous le seuil et la toupie lancée au moyen de cordons enchantés. Les sept fèves noires que la sorcière « retourne dans sa bouche » se retrouvent dans le rite précité des Lemuralia, et la tète de sardine ( amena ) qu’elle grille sur le foyer après l’avoir enduite de poix et traversée d’une aiguille, dans celui des Volcanalia (ci-après). Les Athéniens pratiquaient des rites analogues, suggérés par les mêmes idées, à la fête des Anthestéries [dionysia], durant lesquelles l'accès

LVI, 31) et de Drusus Caesar (Sciiec. Cons. ad Marc. 15). L’augurai est aussi en cause pour (Jermanicus (Tac. Ann. 1, 62). — 1* Cf. Ovid. Fast. Il, 563 sqq. ( D quoque templorum foribus celentur operlis , etc.) — *2 K«t jap iiù tJIv xiiu», Sf ori<7i Bippsiv, lupunpipovM’t (Plut. Q. Boni. 14). Cf. les funérailles des guerriers troyens : Ter circum accensos cincti fulgéntibus armis | Decvrrere rogos, ter maestum funeris ignem 1 Lustravere in equis (Virg. Aen. XI, 188 sqq.). Aux funé railles d'Archemoros, sept escadrons entrechoquent leurs armes avec bruit, lustra ntque ex more smistro \ Orbe rogum (Stat. Theb. VI, 215). Cf. la danse armée des Saliens, qui est une chasse aux maléfices. Lustrare a pris ici le sens de « faire le tour ». Cf. Liv. XXV, 7. Tae. Ann. Il, 7. Suet. Claud. I. Les devoirs rendus aux morts, après les funérailles, par commémoration, s'appellent IvayiViioitix, lustrai» ina (v. g. Val. Fl. Argon. III, 409). Voir les honneurs fuuèbrcs aux morts de Marathon à Athènes (l’aus. I, 32, 4), d’Artémision et de Salamine à Mégare (Simonid. fr. 107), de Platées (Plut. Aristid. 21, 1). 11 y a ici lustration des pierres tombales, par lavage, onction et sacrifice. — 13 Tombeau de Python ou de Dionysos à Delphes (Philocli. p’. 22 ,Frag. bist. grtre. 1, p. 387. Hesych. s. v. T«£!ou fiouvo?. Tatian. Adr. Graec. 8). Les Orphiques évhéméristes y mettaient même lo tombeau d’Apollon, soidisant fils de Silène et tué par Python (Porphyr. V. Pgthag. 16). Pyrrhus enterré sous le seuil du naos (Schol. l’ind. A 'cm. VII, 46). Tout cela suggéré par la fantaisie des exégètes et rtyxoqxnisi; nécromantique. — 14 C’est la façon traditionnelle de rejeter les noiOàpm* (ci-dessus, p. 1412, 1 1). — 15 Ovid. Fast. V, 421-444. — 16 Ovid. Fast. Il, 569-582.

LUS

LUS

des temples était barré par une corde et la porte des maisons flottée a\cc de la poix Les deux premiers jours étaient devenus jours de liesse, les libations funéraires étant remplacées par des chopes [cuous] bues ; mais le souci des morts reparaissait le troisième jour. On faisait cuire à leur intention, dans des marmites [chytra], des graines de toute sorte (Ttav<T7rep|jiia), parmi lesquelles la fève devait évidemment avoir place, et on allait verser, soi-disant en l’honneur des victimes du déluge, dans le trou qui passait pour avoir absorbé les eaux, — le mun- (/ns athénien, des libations d eau (ùSpocpôpia), de farine et de miel -. Cet ensemble de cérémonies lustrales se terminait le quatrième jour par les diasia, en l’honneur de Zeus MstXt^ioç, qui avaient le même caractère mixte, expiatoire et propitiatoire.

L idée de mettre des moyens de purification à la disposition des morts eux-mêmes dans leur existence d’outretombe a peut-être commencé par la préoccupation naïve de leur donner non seulement des aliments, mais de quoi se laver et se parfumer. 11 est question d’un rite d après lequel on versait de l’eau et des parfums à côté du tombeau, en disant : « A oici un lavage (à7rdvtfji,p.a) pour vous qui en avez besoin et y avez droit3 » [cf. loutrophoroSj. Les sacrifices offerts aux morts héroïsés s’appelaient des èvaytTgaTa, mot qui contient l’idée de péché à effacer et qui peut viser le mort aussi bien que le vivant. Il suffit de donner un tour spiritualiste à ces idées pour en faire une théorie rationnelle. Dans l’Enfer ou Purgatoire de Virgile, les âmes sont purifiées par des tourbillons aériens, des torrents d’eau ou des flammes, dont 1 action efface à la longue « la tache contractée » durant la vie terrestre1. La théologie étrusque, combinant l’idée de rachat avec celle de lustration posthume par le sacrifice, enseignait que « par la vertu du sang de certains animaux offert à certaines divinités, les âmes devenaient divines et échappaient aux lois de la mortalité3 ». C’était aussi la doctrine des Orphéotélestes, qui couraient le monde, offrant à tout venant leurs Aôffstç xa't xa9app.ot, qui purifiaient les vivants, et leurs rsXevai, qui soulageaient les morts « des maux de là-bas6 ». Il s’agit bien de lustrations, appliquées du dehors, où le contact matériel est remplacé par une communication mystique, analogue à la communion des fidèles maintenue par la théologie chrétienne, à l’état de charité active, entre les vivants et les morts 7. La nécromancie ou psychagogie aurait pu fournir le moyen de purifier les âmes des défunts ; mais elle avait trop mauvaise réputation pour être employée à une œuvre pie. L'antiquité n’offre pas l’équivalent de la légende de Trajan ressuscité un instant pour être baptisé par le pape Grégoire 8.

1 Le jour des Xo'eç, puaçà 7)jAÉpa, ev f} pâ|i.vwv tioOev Ijact. ffùjvxo xai ittrrfl xàç Oûçaç tjtçiov (Phot. p. 269). Le souvenir d’Oreste se mêlait aussi au rite des Xde; (Eurip. Iph. Tour. 958-960). — 2 Schol. Aristoph. Ran. 218. Acharn. 1076. Le trou du déluge (Pausan. I, 18, 7), comparé par 0. Müller ( Etrusker , II, p. 98) au tnundus romain, où avaient été jetées àiçaç^at itâvTwv o<toiç vôjaw jxèv û>ç xaXoï; to, «û«t $’d»; àvayxatoiç (Plut. Rom. 11). Cf. la distribution àXœtrtav xac geSçô* cwv à la lustration novénairc de Delphes (Plut. Q. Graec. 12). — 3 Athcn. IX, p- 410 a. Texte déjà visé plus haut (p. 1412,9) à un autre point de vue et assez vague pour supporter plusieurs interprétations. — 4 Virg. Aen. VI, 740-747. — S Arnob. II, 62. Labeoap. Scrv. Aen. III, 168 ( sacra quibus animae humanae vertantur in deos) ; IV, .518 ( reso lutoriasacrificia) : doctrine contenue dans les libri Acheruntici (voir haruspices). Ces « animaux » ont été substitués aux victimes humaines, dont le souvenir est conservé, quoique détourné de son sens, dans la définition : Humanum sacrificium dicebant quod mortui causa fiebat (Fest. Epit. p. 113). — 6 plat. Rep. Il, p. 364 B. Sur la AÛacç icfoyovwv &0c(j.t<rn>»v, voir P. Tannery, Orphica , et S. Reinach, Aû<n; xxX. in Rev. de Philol. XXIII [1899], p. 126-129, 228-231. La déportation posthume des Alcmæonides evayeT; (ci-dessus, p. 1415) montre qu’il n'y avait pas de lustration

En eiiet, ce n était, pas toujours à bo les vivants frayaient avec les morts lTi l.ntenti°n que saient les violateurs de tombeaux attei£n.,;7? qui Umis. ment les magiciens qui troublaient les m°in8ai*H leur repos. Sans entrer dans l’étude de la né meme8d«»* prement dite [divinatio, magia], il suffit de ,Cr0mancieProles descriptions fictives d évocations ou de IT* "" PaSSant fers pour y voir apparaître l’idée que l'inùT868^11' domaine des morts est un péché dont l’effet d'T da”sle venu au moment même où on le commet' de l 'Odyssée, à côté du sang qui doit infuser un ! de vie aux ombres, figurent des substances une triple libation de lait miellé, de vin et H J ^ saupoudré de fleur de farine9. Ce n’est

a 1 adresse des morts : le poète ne pense , qu Ulysse ait besoin d'être purifié, soit avant, s„ilapP®

1 évocation. Mais, plus tard, les nécromants prennent précautions. Dans la Nécyomancie de Lucien Ménm! ne se risque aux Enfers que « purifié par la torche l3 sciUe et autres ingrédients », pour échapper à la J des fantômes 10.

Les morts, sans être évoqués, apparaissaient aussi en songe. Quand ce sont des ombres aimées, les poètes ne manquent pas de dire que le dormeur a voulu les serrer dans ses bras. Morts ou génies quelconques, revenants (ordinairement des morts non ensevelis, non ‘purifiés suivant les rites) ou lutins malfaisants, ces fantômes nocturnes [larvae, lemüres] pouvaient avoir laissé quelque souillure au corps qu’ils avaient frôlé. Aussi y avait-il des lustrations recommandées en cas de songes fâcheux, dans le double but de purifier la personne et de détourner l’effet du présage. Seulement, par une dérogation signalée plus haut à la méthode régulière, les intéressés croyaient pouvoir se purifier eux-mémes et « laver leur songe11 ». L’Atossa d’Eschyle se lave les mains à l’eau de source et sacrifie12. La Clytemnestre de Sophocle adresse des prières et des offrandes à Apollon Lycien, le dieu lumineux devant qui fuient les hôtes des ténèbres 13 ; le superstitieux de Théophraste consulte pour savoir « quel dieu ou déesse il doit invoquer1' la Circé d’Apollonius de Rhodes, après- une nuit hantée par des songes, se lave la tête dans la mer 13 ; le Sosie de Plaute 16, supposant qu’Alcnlène a rêvé ce quelle raconte, lui dit : « Femme, une fois éveillée, tu aurais dù invoquer le Jupiter des prodiges, avec de la mol a salsal ou de l’encens. » C’est aussi avec ce gâteau sah‘ q>ie Tibulle prétend avoir prévenu l’effet des cauchemars C Délie, après l’avoir purifiée au soufre

Les morts et les fantômes ne sont pas les s< ni - < ties dont le contact emporte souillure ou maléfice. H I'1

applicable aux restes matériels des impénitents. — 1 Ce n«l il l ^ quibus courante. On disait Yale aux morts, non quod eis ôptemus salut '^^n-onenl nulla esse potest, sed... ut ostendamus eos nunquam in nosfxu" w

esse venturos (Serv. Aen 106-117. — 9 Hom. Odyss des sacrifices de victimes noires

„ y 7Q erpf ; Par&d' XV

v, 80). - 8 Dante, Purg. X, ' , V <.DvUe offrent

. XI, 25-28. L’Enée de Virgile et ,3^54);

. t . . lAen. Vl’ "

•anieau

10 Lu*

l’entrée des Enfers I ■ I

mais Enée a d’autant moins besoin de lustration personnelle pj ^ d’or, talisman et invitation du Destin (si te fata vocant , ^ ^ ] oracle d®

cian. Necyom. 7. Cf. ci-après (p. 1424) les lustrations des r 1 ^o||rcc chauffée Lébadée. — H àv ôeïov oveipov àicoxXûuw, avec de 1 cau oV (Schol- Ibid-)'

(Aristoph. Ran. 1340); cela s’appelait aussi àwoSioieoi**6^®*1 j gieCtr, 634-659.

des

Cf. ci-dessous, p. 1427,3. — 12 Aeschyl. Pers. 201-204. — 13 S°P 1 ^ ^ frayeurs — 14 Theophr. Loc. cit. Plutarque (De Superst. 3) se alIX

superstitieux qui recourent aux sorcières, aux bains ce ^mphitr. 735 ^ ’ xaTaêopSoçtôaeiç, etc. — 13 Apoll. Rh. IV, 661. * ^ 'néral Ocoïî à-K0T?015*'01^

Cf. prodigiali Jovi et àTCo$ioito(ATCtï<T0ai. On sacrifiait en ga I (Xeuoph. Conviv. 4, 33). — I7 Tibull. I, 5, 11-14.

LUS

séparée

ainsi

a passe

,lnPe encore pour une partie de l’humanité, où 'U" ' corp3 et, de l’âme [medicina] n’était qu’une la met ' 1 ^ | ( jémonologie ; où tout traitement médical bra" !l»t‘ xâOot:p<riç administrée par des sorciers, seuls ^lalt j11 (i’expulser les mauvais esprits, ceux-ci le plus capil ’ 'Envoyés par d’autres sorciers’. La folie, qui tient S°îa<n place dans les légendes bachiques — où elle n’est 1811 1 t|,, i’ « enthousiasme » que par une nuance2 —

■ • ue dans celles d’Iléraklès, d’Athamas et d’Oreste, ■nS 1 en tout pays pour une possession démoniaque.

La folie des Prœtides et leur guérison par Mélampus était un sujet sur lequel les poètes, mythograplies et artistes avaient exercé à l’envi leurs talents (fi g. 4689) 3.

Mélampus avait exorcisé les Prœtides par « des drogues et des catharmes » dont il était l’inventeur4, à Lousi (Aou«ro{) en Arcadie, dans le temple d’Artémis3, ou à Sicyone, dans celui d’Apollon6, ou sur les bords de l’Anigros, dans les eaux duquel Mélampus aurait jeté les /aOipp-axa1, ce qu’il avait fait, disait-on encore, à la source d’Azenia8. Apollon ne pouvait manquer de réclamer aussi cette spécialité. C’est lui qui avait envoyé Bakis comme xaQapx-qç à Lacédémone, pour guérir les femmes nymphomanes de la localité9.

L’amour tourné en obsession était une des formes de la folie. Ses victimes avaient recours soit aux conjurations et aux philtres pour le satisfaire, soit aux exorcismes pour le chasser. L’auteur de Ciris décrit l’opération qui doit guérir Scylla de sa folie amoureuse : soufre broyé avec des plantes odoriférantes, salive trois fois crachée, ligature à 27 tours (3 x 9) avec un fil tricolore, aspersion d’eau lustrale, tous les charmes magiques, même « inconnus des Grecs », sont employés, mais sans succès"1, ribulle aussi fait exorciser son amour par une sorcière qui le purifie avec des torches et le sang d’une hostie noire Dans un ordre d’idées moins mystique, ynthie passe à 1 eau et au soufre la maison et la personne de Properce, souillées non par des génies invi- S1 cs 1 1 *e Poison d’amour, mais par des filles de joie ’2.

Fig. 4689. — Mélampus et les Prœtides.

Nous devons

renoncer à entrer plus avant dans cet

JSérisondes usllal'on et d intervention de génies bienfaisants (ixeiXlxioi) dans la 20; j J*' ’ s Persiste en pleine civilisation. Cf. les actions de grâces d'Hygin,

1014 = y* / '>A‘ ^ Aïvê XoEtpo/otüv xocpavé NatiSuv (friser, gr. Sic. et ltal. antique („u ,ve. ,PS rom' Pertm • I [Cagnat], n» 91). — 2 Dionysos, l’Alcool

L’enthousiasme él ‘*e au rebours du nôtre, ceux qui le dédaignaient,

aurtoutassocié avec m"' ^ ^ ®kit P*us qualifié pour guérir ses victimes,

(Schol Pind P ^ XxûâçTpta pav:aç fj 8ebç, xai xàv Aiovuerov Sè xaôaprtxbv pavlaç de luo-Tj, ou ^ ' ***’ ”n rapportait à cette vertu lustraleses surnoms

33, 5). Cf |a rival d’Asklépios (Aristid. I, p. 49. Pausan. X,

, envoyée par Zeus (ci-dessus, p. 1415,14), et Vailles (Ga~pttP n V* ^e^amP^s. — 3 Pierre gravée du Cabinet des Mé-

•; 2 - • £££■? f 19 7 h -p- «)• - 4 Apoiioa.

«-dessus, p. 1*12 6 — 8 ’ ~ * ausan- II, 7, 7. — 1 Pausan. V, 5, 10-11.

‘(“•conque buvait de èol ®u<*ox- aP- Stepli. Byz. s. v. ’A'ana. Eudoxe assure que ‘|ire que Mélampus ' * C&U D° *)0uva*t P*U9 supporter même l’odeur du vin. Autant Sur les Prœtides et L C^e ^‘onys°s (Herod. II, 49), était ennemi de Dionysos. apoIlinien, voir fJiS( "1 ° Cnient (^e Mélampus dans les représentants du monopole Ari»toph. />ac 107l la Divination, II, p. 15-18. — 9 Theopomp. ap. Schol.

x?T)(nxnevo' (Pi, | lcS ^a™»ennes guéries par Dexicréon, ivf.ç àyûçxYi ç

guérit* la f0üe (pi . , r'aec • ^4). La lustration au sang de porc passait pour

^ 369-377. Cf L T^W- *’ 15 «N- Cf- Hor‘ Sat. II, 3, 165). - 10 Virg.

^ eint (Tijeoc,. ldyll II ^eSm ^ 5. Cf. les conjurations pour ranimer l’amour ^ °y°ns unal0gUe9 . ja ^ C ^ Mu* sont des envoûtements produits par des

8°ufre et Un pan . Ci<“le ^ en)ploie, entre autres ingrédients, du pain, du sel, U (Luc,an- Mat- meretr. iv, 4-5). — H Tibull. I, 2, 59 sqq.-

aspect du sujet et renvoyer pour le surplus à magia. La lustration est magique par essence. La médication cathartique nous entraîne en pleine magie; les sources qui guérissent sont des réceptacles de vertus magiques. La logique exigerait que l’on considérât comme lustrations

— elles en ont tous les caractères — les opérations magiques qui ont pour but de prévenir ou de guérir les maladies et violences occultes produites par la fascination [amuletum, fascinus] ou l’envoûtement (àpat, xaxâosTgot, defixiones [devotio]). Nous laisserons ces branches de la magie soudées au tronc principal.

Si le meurtre, la maladie, la mort, même naturelle, emportent l’idée de souillure, il en va de même des actes de la génération et de la parturition. Cette idée, amorce de la théorie du péché originel ’3, faisait même partie du sens commun u. La continence était imposée par une foule de rites, soit temporaire, comme préparation à certains actes religieux15, temporaire ou perpétuelle comme condition de l’exercice de certains sacerdoces 16 [vestales]. La parturition est un drame sanglant qui souillait l’enfant et la mère. L’Apollon de Délos, et même le dieu-médecin, l’Asklépios d’Epidaure, ne toléraient pas plus les femmes en couches que les morts dans leurs domaines ’7. Ces prescriptions ayant été oubliées, les Athéniens procédèrent en 425 à une purification complète de l’île de Délos. « Toutes les tombes furent enlevées : il fut ordonné qu’à l’avenir il n’v aurait plus dans l’île ni décès ni accouchement. » Thucydide rappelle à ce propos qu’une lustration de ce genre, bornée au temenos du temple, avaitdéjà été opérée par Pisistrate18. L’Artémis Taurique, bien différente de l’Artémis Eilithyia, écartait de ses autels quiconque avait touché de ses mains « les lochies ou un cadavre 19 ». En Grèce, la maison de l’accouchée était aussitôt parée de branches d’olivier ou de bandelettes de laine (spta), engins de purification et de préservation contre les assauts des génies malins20. A Home, c’est le souci de la préservation qui domine, Silvanus étant censé rôder autour de la maison ; mais, parmi les mesures prises, figure le balayage du logis ou tout au moins du seuil, avec l’assistance de Deverrail. Cet état d’impureté prenait fin par des relevailles, qui comportaient évidemment une lustration dite en Grèce « quarantaine » (xEsffotpaxooxatov) 22. Le nouveau-né devait être aussi purifié, non seulement par des lotions d’eau ou de

(Et me lustravit taedis, et nocte serena | Concitlit ad magicos hostiapulla deos).

— 12 Propert. V, 8, 83 sqq. — 13 Cette théorie, pressentie par Hésiode, est nettement

formulée dans les doctrines orphiques. Les hommes, issus du sang des Titans (ou des Géants), naissent odieux aux Olympiens et out besoin d’étre lavés de cette souillure initiale par les calharmes mystiques (Hynm. Orpli. xxxvi. Ovid. Met. 1, 156 sqq. Dio Clirys. Orat. xxx, p. 550. Cf. Bouché-Leclercq, Placita Graecorum de orig. gen. hum. [Paris, 1871], p. 16-17). — 14 On pourrait faire toute sorte de comparaisons, v. g. avec les prescriptions du Lévitique (xu et xv), et 1 inépuisable folklore. — 15 Cf. entre autres, l’abstinence a coitu pour les jgi I ; ruFs-

mophokia], les Baxxxl (Liv. XXXIX, 9-10), les mystères de llona Dea (Plut. Q. Rom. 20, etc.), dans le culte d’Isis (Tibull. 1, 3, 23 sqq.; Prop. IV, 5, 33 ; Ovid. Amor. III, 10, 1), et, en général, pour toutes les initiations. — 16 Virginité ou continence pour les pythies (et sibylles idéales), les prêtresses des déesses vierges, Athéna et Artémis, de Gæa en Achaïe, d’Apollon Diradiote à Corinthe, etc. Parmi les prêtres, celui d’Héraklès Misogyne, l’hiérophante d’Eleusis, etc. Cf. A. Maury. Religions de la Grèce antique, II, p. 358-360, 415-418. Cette logique conduisait, dans les cultes orientaux, aux mutilations. — n Pausan. Il, 24, 5. Cf. Eurip. Ion, 44-46. A Épidaure, les accouchements miraculeux se font toujours « hors du Hiéron » (Inscr. 1-2 Cavvadias). — 18 Thucyd. III, 104. Cf. I, 8 ; V, 1. Evhémère avait transporté ces scrupules dans ses descriptions fabuleuses. On n’enterre pas non plus dans l ile d’Hiéra (Diod. V, 41). — 19 Euripid. Iph. Taur. 3S2 (vers rejeté par Badham et Nauck). — 20 Hesych. s. v. Ltéooivo». — 21 Primo limen securi ferire, postea pilo, tertio deverrere scopis, ut his datis culturae signis deus Silvanus prohibeatur intrare (Augustin. Civ. Del, VI, 9). Sur le lectisterne domestique installé à cette occasion, voir cectistersicm. — 22 Censorin. 11, 7.

LUS

LUS

vin et des onctions d’huile1, mais par une lustration rituelle accomplie après un délai de quelques jours, délai fixé absolument comme celui du deuil et de durée à peu près égale2. A Athènes, cette lustration consistait principalement en une course autour du foyer [amphidromia], dont le sens est diversement interprété 3. C’est après celte cérémonie que l’enfant recevait son nom. A Rome, ce jour était le dies lustricus, quia his lustrantur atque eisnomina imponuntur^. On prévenait le retour offensif des mauvais génies en suspendant au cou de l’enfant une capsule [bull a, amuletum] renfermant des amulettes.

11 nous reste encore à recenser sommairementcertaines lustrations qui peuvent être considérées, suivant les cas, comme intéressant les individus ou les sociétés, attendu qu elles incombent soit aux familles des individus souillés, soit aux propriétaires du sol, àl’endroit où se produisent les faits qui rendent les lustrations nécessaires. Tout être humain privé de sépulture rituelle (, justa fanera) est un objet souillé, un xâQaoua, et la façon dont on le fait disparaître constitue une lustration pour la famille ou la société ù laquelle il appartient ". Les funérailles légitimes purifient et le mort et ceux qui 1 entourent; les autres ne profitent pas au mort, mais purifient les vivants. Il n’y avait pas à se préoccuper des disparus, surtout de ceux qui, noyés en mer, étaient dans le grand réceptacle des xa6âp[i.axa, à moins que le flot ne rejetât leur cadavre sur la grève. Cependant, il pouvait arriver que des disparus revinssent à leur domicile ou que des léthargiques ressuscitassent. Le seul fait d’avoir passé pour morts les rendait impurs. Plutarque assure que les « ressuscités » devaient se faire laver et allaiter comme des nouveau-nés (en Grèce), et que les disparus (a Rome) ne pouvaient plus rentrer chez eux que par le toit . Le suicide était un meurtre que l’on pouvait considérer a volonté comme inexpiable ou comme expié par le sang du meurtrier. C’est cette dernière jurisprudence qui paraît avoir prévalu à Rome, mais à condition qu’il y eût du sang versé. C est ainsi du moins que j’expliquerais pourquoi les pontifes romains ne refusaient les justa fanera qu’aux pendus". En Grèce, les suicidés étaient frappés d’atimieel punis parla privation des honneurs funèbres8. A Athènes, sansdoutepour permettre de rendre au corps les derniers devoirs en la forme accoutumée, on en détachait la main coupable et on l’enfouissait à part 9. Pour les suppliciés,

* Callim. R. in Jov. 17. Plut. Lyc. IG. Cf. le zptTjxa accompagnant le baptême chrétien : la purification du pécheur par l’extrême-onction : à*ety«-mç ajrov l'XaiV (Jacob. Epist. 5, 14). Je laisse de côté les superstitions relatives au mauvais œil, la lustration par la salive ( frontem atque uda labella \ Infami digito et lustralibus ante salivis | Expiât. Pers. Il, 32 sqq.) mêlée de boue (Petron. 131. Dio Chrys. Ad Corinth. I. Cf. Plut. Superst. 3). Cf. à Sparte les Tiflrjv.'Sia (Athen. IV, p. 139 6); dansl’Orient chananéeu, la purification (?) des premiers-nés par le feu (ci dessus, p. 1409,1). — 2 Pour les à;A®:$ç.ô|Aia, de cinq à dix jours : pour le dies lustricus , huit jours (filles) et neuf jours (garçons), ce dernier délai équivalant exactement à celui de la levée du deuil ( sacrum novemdiale). — 3 g. Reinach (L'Amphidromie dans ['Anthropologie, 1899, p. GG3-670, et C. R. Acad. lnscr. 1899, p. 308) rejette les explications courantes (purification par le feu ou initiation au culte domestique). Il suppose que la cérémonie a pour but de rendre l’enfant agile, comme son père, dont il est encore solidaire et qui court avec lui. Le parallélisme des rites concernant la naissance et la mort fait penser à la decursio autour du bûcher (ci-dessus, p. 1417). Cette course circulaire écarte les mauvais esprits et leur fascination, pour qu’on puisse procéder en toute sécurité au sacrifice et au banquet. —4 Fest. Epit. p. 120, s. v.) Macr. Sat. I, IG, 3G. Plut. Q. Rom. 1 02. Suet. J\ero , G. Arnob. III, 4. D après Suidas (5. v .), UàusiSod'Aia avait lieu cinq jours avant 1 imposition du nom : le dies lustricus comprenait certainement la lustration et 1 imposition du nom. — S Le cadavre de Misène totam incestat funere classent (\ irg. Aen. \ I, 150). Servius paraphrase les prima piacula (VI, 153) en expiationem pollutionis quae fuerat nata morte Miseni, et plus loin (VI, 229) explique comment les Troyens a funere contraxerinl pollutionem. Un mort ayant été trouvé dans la plaine de Rhavia, les autorités d Eleusis le font enlever, et le terrain est ensuite purifié pai n xaOaçrr^ à qui on paye, outre le prix du porc, 6 dr. de salaire ( Corp . iriser, att. V, 2, p. 202, iig. 42-43, de l'an 329/8 av. J.-C.). — G pjut. Q. R0m. o.

la privation de sépulture était une aggrava qu., en dépit de l’expiation suprême U 0" deMne xaOâpjzaxa et les faisait déporter hors f SSlm,lait aUj[ individus foudroyés étaient des supplicié *^l,ère- U* particulière. Ces individus, et même les ni , ^

frappés par la foudre, devenaient des xaOdb, r °U leso1

les Grecs hésitaient sur le sens qu’il fallïm ^i<iPendant coups de foudre [fulmen]. C’était, à leurs v,"JUePaux des « descentes » de Zeus lui-même (/ ' V' "X’ COmrne le lieu où il s'était posé, où il avait’ *

svt^cov), était plutôt consacré que souillé Vn , 1 71 ce lieu était désormais soustrait au contact des b'! ***' on l’entourait d’une barrière pour qu’il fût in,J ^ intangible (fiS«y«v, «*«o<tov) En ce qui concerne 1^’ vidus foudroyés, abstraction faite des légendaires Ti. et Géants, on ne nous parle que de morts déjà enseveto et cet attouchement céleste paraît avoir été filt : comme une faveur. Lycurgue fut promu héros par un signe ou « prodige >. de ce genre*1; de même, surconsultation de l’oracle de Delphes, l’athlète Euthymos11 A plus forte raison, Euripide : la foudre, éclatant par trois fois sur sa tombe, avait « purifié », dit un poète « la matière mortelle de sa dépouille13 ». C’était une application, un peu sophistique dans son optimisme; de la théorie de la purification par le feu, poussée jusqu’à l’apothéose. Les Romains avaient mieux conservé la trace du sentiment naturel qu’inspire la foudre. Les coups mortels partis de là-haut leur paraissaient un châtiment mystérieux ou une malédiction. Une loi de Numa disait:

Homo si fulmine occisus est , eijustanulla fierioportet'1'. L’individu foudroyé était enfoui sur place, et ce coin de terre, quoique purifié à la surface par le sang des bidentes , restait un lieu funeste, où personne ne devait plus poser le pied et que, pour plus de sûreté, on entourait d’une clôture ( puteal , bid entai). On a'parlé ailleurs [haruspices] de la casuistique importée à Rome par les Toscans et de l’enterrement de la foudre elle-même (fulgur conditum, fulguritum). Le rite national, employé parles particuliers, paraît s’être réfugié dans la pratique des strufertarii , dont il n’est question qu’à propos des arbres foudroyés. On expiait ou annulait le malélice au moyen de deux espèces de gâteaux ou pâtées, sans doute analogues à la mo/a sa/sa, la strues et le ferctum ’•

cadavres dis-

. Cf. Cha*

— 7 Cautum fuerat in pontificalibus libris, ut qui laqueo vitam finisse ttuisepii «s j abjiceretur (Serv. Aen. XII, 603). Il semble qu’il n’y ait pas eu de dispositif* 'IS£U j le suicide en général. La substitution des oscilla aux pendus ou aux parus [voir funds, p. 1 39G 6-1397 a) peut n’être qu’une conjecture de ben g rila, pendue et enterrée en effigie tous les neuf ans à Delphes, en gui-*- 3» j

(Plut. Q. Graec. 12). Quant aux suicides problématiques (inedia ou itn I ^

vàient toujours passer pour morts naturelles ou accidents (chute, ^eJ casuistes avaient sans doute pris le parti de les ignorer. SAssiiliou, ^ Aristot. Eth. Nicom. V, 11. Philostr. Revoie. 12. Arlemidor. Onu on Thôbes, Zenob. Prov. VI, 17 in Paroem. gr. I, p. Pour (;] |, s(.j, Suid. OratP LXIV, 3. — 9 Aeschin. In Ctesiph . 244. — 10 P°**- |.nI.inann, Zeù; s. v. ’HXûffiov. Fr. Rist. Gr. III, p. 146. Pausan. V, U, 5-8. Cf. Ç- ^ Ljjcurg. Iv«Tcci6ttTYiç seu Jupiter Fulgerator. Traj. ad Rlien. I oiü. — .^g ^pau5.

31. Cf. le coup de foudre envoyé, en signe de satisfaction -1 Tàv jva:àv

V, H, 4). - 12 Plin. VII, § 152. - 13 Anthol. Palal. VU, ^ * juÜi»

(iqpi, aroç îaToç-éav). Cf. Vil, 48. — 14 Fest. p. 178, s. v. Occision . ^ ajoutai

Hostilius avait été foudroyé : mais on lui épargnait 1 affront poJ ^ foudroyés qu’il avait été (olalement consumé avec son palais (Liv. L 31).

(Fest. Epit. p. 92,

vv. Fanatica , Fulguritum). Strues 9e"® ^ ;n t),anSversu'n

iligitorum conj unctorum non dissimilia, qui superjecta puni p-m/bk i,Str*'

' . . . . r< -1 .... an 9Q5. S. VV.

continentur (Fest. p. 310, s. v. Cf. Fest. Epit. pp- 85, 295, s

fertarios). La strues et le ferctum figurent dans le sacrifice dt a J rerti$gue (ci-dessus, p. 1417, 7), et aussi dans le rituel des Arvales • sti ni i ^ Strufer *

p. 403). 0. Müller restitue, dans un texte mutilé de oritas noïafum

tarios... ho]mines con[ductos mercede, qui ad] ai bores ^ cjfinnjbus ver^lS

cillant

com]missarum [ causa sacrificia quaèdam ] strue f]aciunt.

et [ferto solennU

LUS

. je foudre étaient assimilés aux prodiges,

I Les coup ilg frappaient des monuments ou lieux gurtûul (Iua"( 0inme tout prodige, ils emportaient prépubI‘CS’ ' le fautes commises, mais ignorées'. Nous s°mpfl0n ' un terrain indivis, qui franchit la ligne s°mroes „ tracée entre les lustrations individuelles de déinarc g-élend aux êtres collectifs autres

et celles uum-

K)^rations des êtres collectifs. - Cette catégorie Inreml les lustrations de caractère expiatoire, c’est-ai Oui visent à effacer la trace et prévenir les conse- Inces de fautes dont la société entière est tenue pour S onsable, que ces fautes soient connues ou simplement

supposées pour des raisons valables.

Le motif ordinaire, pour ne pas dire unique, qui conduit à l’hypothèse de fautes ignorées, est l’apparition de prodiges, «paxoc [prodigia, monstra], ou dénonciations surnaturelles. Le concept de « prodige » était extrêmement llottant. Il ne s’agit pas toujours de phénomènes miraculeux : il suffit que le « prodige » se fasse remarquer. Une sécheresse continue, une épidémie persistante, un arbre fétiche qui tombe ou sèche brusquement ou reverdit après avoir séché2, enfin, une série d’accidents qui n’ont d’anormal que leur fréquence, peuvent être signalés comme prodiges. Les prodiges sont des avis, et le plus souvent des réclamations ( postiliones ) des dieux. Le prodige pouvait être soumis à l’interprétation, et l’on apprenait ainsi quelle était la cause de leur mécontentement et ce qu’ils réclamaient, auquel cas la «procuration » du prodige était indiquée par la même. On pouvait aussi se contenter de « procurer » le prodige sans l’interpréter, soit que la procuration fût déjà connue par des exemples antérieurs3, soit qu’elle fût faite à titre d’essai, sauf à aviser si elle se trouvait inefficace. Dans tous les cas, la procuration comprenait une lustration, le plus souvent processionnelle, c’est-à-dire promenée sur le sol de la cité, cérémonie distincte des mesures prises pour supprimer soit la cause qui avait motivé l’avis céleste, soit le corps même du prodige, quand il était incarné dans un monstre. Lorsque, en 207, les haruspices eurent fait noyer en mer l’androgyne né à Frusinone, les pontifes décrétèrent une procession expiatoire 4. Il s agit, bien entendu, des prodiges qui sont reconnus comme intéressant la société entière et « acceptés » par lUat [publiée suscepta). Libre aux particuliers de voir des prodiges à leur adresse dans une foule d’incidents, e les interpréter et de les procurer à leur guise.

Les prodiges abondent dans les légendes et histoires grecques et romaines5. On peut dire, d’une manière generale, pour ne pas entrer dans le détail de ce sujet

fl jf exemple, le coup de foudre qui dénonce l’inceste des Vestales (Plut, n 2 Voir une collection de prodiges de ce genre dans Bôtticher,

parts S' ^ — 3 Sur les expiations — de prodiges et autres — prévues

XXVII l,-ll,!,"°lnains,cf- *es P°ntifes de l'ancienne Rome, y. 174-190. — 4 hiv.

' ' VXXI, 12. On suppose aux dieux l'intention de piaculares hostias Mo dum""C'l'U' postulare (Arnob. VI, 2), et on promène les engins de lustration •’aneis t0""n lustralibus piamentis minas portentorum hostiis circumfotraiio. L' li (),, ’! na9ul°-tim (Apul. Met. 111, 2). Procuratio emporte l’idée de lusiebcat ai "\Cté’ ^ ^ u vénal, est Prodigiosa fides... quaeque coronata lustrari llM4f ~ 5 Collection de ~.lça-a grecs dans Nagclsbach, — G jc £ . /’ " P' X O1-'- 170, de prodiges romains dans T. Live et Julius Obsequeus.

«t non pas 00| C°mme une lustration extraordinaire, motivée par des prodiges, I, 586-6oo) — rcU" régulier, la procession décrite par Lucain ( Phars .

'«s prêtres d'A n'*' Un° consiScluence fâcheuse du monopole que s’étaient adjugé sacrifices :!,° °?’~ 8 Cf- les légendes d’Andromède, Hésione, Iphigénie, Polyxène, "niu s de jeunes Athéniennes vouées au Minotaure, en expiation du

LUS

réservé, que les Grecs se souciaient plus d’interpréter les prodiges que de les « procurer », tandis que les Romains, moins curieux, mais plus timorés, songeaient surtout à la procuration, seule prévue par leurs rites nationaux. Sommairement appréciés par les pontifes, ou interprétés soit par les haruspices, soit par les livres sibyllins, les prodiges « publics » pris en charge par l’État romain étaient procurés par des moyens variés : sacrifices, supplications, lectisternes, fériés prolongées, processions5, offrandes, vœux, comportant parfois des sacrifices en masse [ver sacrum], parmi lesquels figurent exceptionnellement, par ordre des livres sibyllins, des sacrifices humains empruntés aux rites grecs [cf. duumviri s. f.].

Les Grecs avaient conservé une foi regrettable, encore que parfaitement logique, dans la vertu expiatoire du sang humain, le xafiapgôç suprême. Celte vertu était portée à son comble, quand le sang était celui de victimes innocentes. N’ayant pas à expier leurs propres péchés, toute l’efficacité de leur sacrifice se reportait sur les péchés dont les formules et imprécations rituelles leur transféraient la responsabilité. Les légendes grecques reproduisent à satiété les sacrifices de jeunes filles que les oracles — même et surtout les oracles d’Apollon ‘ — vouent à la mort par le couteau du sacrificateur ou la dent des monstres, ici le Minotaure, là des dragons vomis par la mer, et qui ne sont pas toutes sauvées par des héros amoureux ou des divinités apitoyées8. On savait aussi que des calamités publiques avaient été détournées par le sacrifice volontaire [devotio] de personnes qui avaient pris spontanément le rôle de victimes expiatoires9. On se souvenait que certains cultes, adoucis par le progrès des mœurs, exigeaient jadis des victimes humaines10. Enfin, ce qui dispense d’autres preuves, les sacrifices humains, plus ou moins atténués par des fictions légales, persistaient dans plusieurs cultes à l’époque historique, ceux de Zeus Lykaios" [lykaia], d’Arès à Lacédémone12, de Dionysos à Chios et à Ténédos13, de Kronos à Rhodes14, d’Apollon à Leucate15, d’Apollon et Artémis à Massalia 16, à Athènes, et peut-être dans toutes les villes ioniennes. On trouvait justifié par la raison d’Élat ce qui eût été un crime pour un particulier1'. Nous nous arrêterons, pour choisir un exemple incontesté de lustration publique, régulière et annuelle, par les sacrifices humains, à la fête des Thargélies [thargelia], qu’on disait instituée pour expier la mort d’Androgéos et faire cesser la peste consécutive. Nous ne sommes pas obligés de croire, avec le scoliaste d Aristophane, que les Athéniens nourrissaient des hommes pris dans le rebut de la société pour les sacrifier et « purifier le miasme » en cas de calamité publique18; mais il est

meurtre d’Audrogéos, des jeunes Locrienues sacrifiées à Uion pour expier le viol de Cassandra par Ajax (on en faisait non plus des victimes, mais des hiérodulcs. Plut. Ser. num. vind. 12), etc. — 9 Dévouement de l’Éléen Molpis (Schol. Lycophr. 159), d’Ischenos à Olympie (Ibid. 43), d’Aglaure et de Codros à Athènes, de -Ménœcéc et des filles d’Antipœnos à Thèbcs, etc. — « Cultes d’Artémis Tauriquc (Euripid. J pli. Taur. 1470 sqq.) ; Orlhia (Pausau. III, 6, 7);Muuychia, Brauronia, Lemnia, etc.; l’oracle de Delphes ordonnant de sacrifier à Artémis Triklaria Mélanippos et Comætho, xaî 4vSt itïv I'to; itapOlvov xoù ncxTSa, choisis parmi les plus beaux (Pausau. Vil, 19, 2) ; de Zeus Laphystios (I, 24, 2) ; de Dionysos Aigobolos (ordre U AtXoSv t<~. iiovùiro. 06eiv notïSct ipttïov [IX, 8, lj) et Omestès. Sacrifices patriotiques : des Erechthéides et Léontidcs, to7 Beoj y^i raveop (I, 5, 2); des vierges inessénienncs de la race des Æpytides, toujours par ordre d’Apollon (IV, 9, 2). — U Porphyr. Abst. 11, 27; cf. Plut. Q. Graec. 39. — 12 Ibid. 11, 55. — 13 Ibid. 11,54. Cf. les ’Ayptovi* d’Orchomène (Plut. Q. Graec. 38). — 14 II, 55. — 15 Strab. X, p. 694. — 16 Serv. Acn. III, 57. n En vertu du principe : unum pro multis dabitur caput (Virg. A en. V, 815). — 18 Schol. Aristoph. Equit. 1136.

LUS

certain qu’ils prenaient cette précaution une fois l’an. La grande procession (iropnq) des Thargélies, destinée à « purifier la ville » et à préserver les fruits de la terre (OapyrjÀta) des ardeurs du soleil, comportait, entre autres cérémonies, la mise à mort d'une paire de <papp.axoi, individus « drogués » ou envoûtés par accumulation sur leurs tètes de toutes les souillures du peuple entier, l’un portant celles des hommes, l'autre celles des femmes. Ce transfert de responsabilité s’affirmait par toute sorte d’avanies, figues en collier, flagellation avec des branches de figuier sauvage, des oignons de scille, etc. 1 Quand ces xa&âpjjLxta, ces ordures humaines 2, promenées par la ville, en avaient comme absorbé tous les miasmes, on les faisait disparaître, soit en brûlant leurs cadavres, soit en les précipitant dans la mer.

Le rite des Thargélies pouvait être appliqué à des lustrations extraordinaires, surtout motivées par des épidémies. Il figure dans la lustration solennelle par laquelle, sur l’ordre de la Pythie, Ëpiménide purifia Athènes souillée par le meurtre des Cyloniens (àyo; KuXtovssov), meurtre insuffisamment expié par la déportation des êvaystç, vivants et morts. Depuis lors, Athènes était décimée parla peste et hantée par les revenants. On assure qu'Épiménide, entre autres cérémonies, immola un ou même deux adolescents, Cratinos et Ctésibios, choisis sans doute parce qu’ils portaient des noms de bon augure. Pour purifier le territoire, il avait, dit-on, lâché du haut de l’Aréopage des brebis noires et blanches, qui furent immolées là où il leur plut de s’arrêter, et des autels commémoratifs furent érigés en ces divers lieux3. Les Argiens, à la suite d’une guerre civile, de date inconnue, avaient aussi, parait-il, purifié solennellement leur ville par diverses cérémonies et élevé une statue à Zeus Milichios 4. Polybe raconte que, les Cynæthiens étant en horreur à tous les Arcadiens à cause de leurs sanglantes discordes, les Mantinéens expulsèrent de chez eux des envoyés cynæthiens, puis « firent une lustration (xaOapfzôv) en promenant des victimes autour de la ville et du territoire tout entier3 ». De même, parait-il, Rome fut purifiée après l’expulsion des rois 6 ; la récolte du Champ de Mars, terrain usurpé par le tyran, fut jetée au Tibre comme « chose souillée (è^ayiuTov) et qui ne devait pas être introduite dans les maisons7 ». Après la retraite des Gaulois, Camille « purifia la ville suivant les rites prescrits par les hommes compétents », c'est-à-dire à la mode grecque, car on consulta à ce propos les livres sibyllins 8. Silius Italicus suppose qu’on purifia aussi les « remparts » de Rome, fascinés, je suppose, par le mauvais œil d’Hannibal9. La légende imagina des précédents mythiques à ces opérations. Le Pélasgos des Suppliantes t0 sait que le Péloponèse s’appelle de son

l Hellad . ap. Phot. Bibl. p. 534. Harpocral. et Suidas, s. w. «paçjJiaxoç, çapji axoûç. Hipponax ap. Athcn. IX, p. 470. Tzetz. Chïliad. V, /3G (brutalités : eict&xi; yàp ^aiciaavre; tîç zb icéoç axftXatç auxaTç àyçtatç te). Pour les questions de détail, v. g. le départ entre les rites athéniens et ioniens (de Milet, Paros, Massalia), et les fictions légales qui ont pu être substituées à la mort réelle (cf. Hesych. s. v. x«0aç0îîvat = |xa<TTiyui0^vat), voir thargelia. L’auteur du Minos (p. 315 Dl nie les sacrifices humains à Athènes. — 2 4>a^j xaxoç ô êtcc xaOaçqxÇ ■hÔIeu; &yaipoûp.cyo; * ov Xéyouai xàOaojxa (Suid. 8. V.). — 3 Diog. Laert. I, 10, 3, § 110. Cf. Alhen. XIII, p. 602 c. — 4 Pausan. II, 20, 2. — B Polyb. IV, 21, 9. Athen. XIV, p. 62C C. — 6 Dion. V, 1 (xaÔaopioùç irôXewç itoir,aâ|XEvot). — 7 Dion. 13.

— 8 plut. Camill. 30. SC. facit fana omnia , quod ea hostis possedisset, restituerentur , terminarentur expiarenturque , expiatio eorum in Libris per duumviros quaereretur (Liv. V, 50). — 9 Sil. XII, 752. — 10 Aeschyl. Suppl. 2G0-270.

— Il Thucyd. II, 47. — 12 Les Grecs avaient fini par se persuader que le sacrifice de victimes humaines était une Çévtj Ouata (Pausan. VII, 19, 8). Plutarque ( Supers i .

LUS

temps Apia, pour avoir été purifié « des s tiques meurtres » par Apis, fils d’Apollon avait produit des monstres et fléaux de lo ,C San8verJ à-dire des prodiges ou signes de la colère"/ T®’ c’esU Athéniens durent se souvenir d’Épiménide ^ 6U la terrible peste de 430 ; mais Thucydide déd • "Clala

renseigner sur ce que purent imaginer des'T0^8 titieux et apeurés. Il se contente de dire : « / SUpWs' essaya en fait de supplications près des temnK * °i ^ °B sul tâtions d’oracles et pratiques de L « tde" ». On peut supposer qu’après les protestlulT tragiques contre l’anthropoctonie 12, lesAthénien ■ " • tèrentpas de nouvelles victimes humaines à leur/ " aj°U'

Eu somme, il n’est guère de ville grecque qui S”» dans ses rites locaux, des cérémonies expi.,i„ires d, tmees à purifier la cité soit de crimes récents soit di fautes ancestrales13. Les légendes savaient toujours trouver à l’origine quelque dieu courroucé ou quelque ombre inapaisée. De ce point de vue, les jeux panhellémques eux-mêmes sont des lustrations funèbres, et la tradition ne se fait pas faute de le dire pour les jeux pythiques et néméens.

Si nous retournons à Rome, sans revenir sur les procurations de prodiges que nous avons voulu éliminer nous rencontrons une lustration annuelle, dont le caractère expiatoire est indiqué non seulement par le simulacre de sacrifices humains, mais par le deuil de la flaminica Dialis , qui suivait le cortège en attitude dolente, les cheveux épars. Il s’agit de la procession des Argées [argei], la plus grande des lustrations, au dire de Plutarque14. Les poupées de jonc qui servaient do ©appuioi étaient d’abord promenées dans les divers quartiers au mois de mars et déposées dans des chapelles où elles avaient tout le temps de s’imprégner des « miasmes » locaux. C’est là qu’on allait les chercher le 15 mai, pour les précipiter du haut du pont Sublicius 13 dans le Tibre, qui les charriait à la mer. Le nom grec des Argei est à. lui seul une énigme. On peut y voir un indice d importation grecque sans se rallier à la dernière hypothèse qu il a suggérée et qui consiste à faire de cette étrange cérémonie une procuration édictée par les Xviri S. i ■ entre la première et la seconde guerre punique10. L explication la plus simple est encore celle que les Romains du b mps d’Auguste repoussaient comme déshonorante p 1 p ms ancêtres. Ils ne voulaient pas que ceux-ci eussent jamai| été assez barbares pour se débarrasser rrg des bouches inutiles et « précipiter les sexag> nu " ;

haut du pont17 ». ^(,st

L’enterrement des Vestales [vestales] inces m a'

une lustration publique qui ensevelit dans

leS entrailles

atus, l’être souillé et >nex' l

de la terre, au Campus Sceler

. . isA Co-

12) n’en connaît que chez les Carthaginois, les Gaulois cl (Scliol.

rinthe, sacrifice à Hêra Akræa, pour Uàwx0<« t” ^ p, 573 c) ;

Eurip. iledea , 273), supplication (însttfa) à Aphrodite (• ^ p0ur IléroM*

à Phénée, ivayurtiava pour Myrtilos (Pausan. MIL ’ . jjl1l)0I1c, pour Km’1105

(H, 10, 1); à ÜEchalia, pour Eurytos (IV, 3, G), a acu^ H

(III, 13,3) et Hyakinthos C1II, 19, 3. Athen. IV, P- l3’ >' . ([<wi. I, «H

,aO«?1rSv (Plut. Q. Rom. 80). - 13 Et non pas de ponte U. , fi serai! b'* 16 G. Wissowa, art. Argei in Pauly-Wissowas ea ^ ^ réconte, ct I’a^lSCI11 1|

étonnant qu'on eût perdu si vite le souvenir d une origine a - y,.si*|es, ''0’ iin

des Xviri S. F. à le cérémonie, où

figurent les pontifes

mos

inexplicable. — «. Cicéron ( Pro Rose. 30) y voit sans “ wllre sens » •

Ovide (Fait. V, 024) proteste, et les érudits avaient ^ F<sl. p. 33b

tradition concernant les depontani (Fest. Epit. P- ,J’ s’ sejagénaircs l: 1 1 Sexagenarios ; Macr. Sat. I, 5, 10). A Céos, le poi °

LUS

LUS

niable 'I

, , devenue la Vestale coupable. On l’enfouit »r- ‘ ' "y0a. ,j.a, en prétendant respecter l’inviolabilité

I co»lin': u" x^'is gu garder elle-même ; moyennant quoi la ■J’elk' "d'.i'ivrée des conséquences qu’aurait attirées sur cilé - ' ' né d’un tel crime. Je croirais volontiers que

elle 1 X °nt imii6 ici des rites srecs’ connus 011 . in“

relatifs à l’enterrement des xaûdpgaTa. Du moins, î iridition voulait que la première Vestale déflorée, ■L. Svlvia, eût été noyée dans le Tibre1, comme on K it pour les iryei. Il était un autre cas, analogue à un hin point de vue, et qui, tout au moins comme diffi- |Ceu]lé théorique, car on ne dit pas qu’il se soit jamais Eésenté, a exercé l’ingéniosité des pontifes. L’indi- »jdu CIUi s’était « dévoué » [voir devotio] avait assumé sur sa tête les péchés et responsabilités quelconques de |ses concitoyens. Quoique innocent et même sublime, il était devenu un xâôapga, et, comme tel, il devait dispa- | raitre. S’il survivait, il fallait ou l’expulser de la cité, ou ne l’y laisser rentrer qu’après f lui avoir ôté le I caractère de victime expiatoire.

| Les pontifes avaient trouvé I au problème une solution qui produisaitenmême I temps ces deux [ effets contradictoires. On devait substituer à l’individu dévoué [ une effigie d’au ' moinsseptpieds de haut, que

Ion enterrait, avec sacrifice expiatoire, dans un endroit qui devenait par le fait une espèce de bidental. Grâce i à ce dédoublement de la personnalité, le dévoué était j théoriquement supprimé, pratiquement rendu à la soj ciété. Si l’ennemi s’était emparé de l’arme sur laquelle Ile dévoué avait posé le pied en prononçant les formules I rituelles, il fallait paralyser la vertu de ce talisman, témoin K es imprécations, en offrant à Mars des suovetaurilia. I Parmi les cérémonies recensées jusqu’ici comme lus- I Fiions expiatoires, toutes celles qui sont devenues réguleresü annuelles auraient pu aussi bien être qualifiées

rcaté>lt' ^°'res’ ^es ont maintenues dans la première dif '■'n ra*SOn teur caractère lugubre et des tra- ! on ' u en boisaient remonter l’origine soitàun crime devoir " S^c*^é> soit, d’une manière générale, à des

Lt4:.,()ntractés envers les morts. D’autre part, la liahiiiv ' n°US a^ons ran8er les cérémonies propi- S 111 ^°*t comprendre que celles où il y a lustra-

•Anior. IUt [ ^ • P°rpliyr. Ibid. Serv. Aen. I, 273) ou l'Anio(0vid.

i on ‘-16, sur le For i*tS C0U^es Serrés vivants à Rome par ordre des XviriS. F.

' ^"Icnicul par ce (Qj( ,0,u jllm (^iv. XXII, 57 ; Plin. XXVIII, § 12), rite grec connu élection de supor^;iL„ * Rom* 40> 44'50> 109-113 ; Gell. X, 15 (curieuse

ase en marbre di Borna, 4 Thésée

Fig. 4690. - Purification dans les Mystères.

vvnuu QQ guopnqljr 1 r r~'JXJ J Ivv-llO , UCH. A

<l'1 MusOe Kifcher '“ns archaï(|ucs. Cf. ci-dessus, p. H17, 10). — 3 V(

ensoifr

[ (Plul •««u

’ ph 2 et 3 = [) " j?ai ^• ^°vatelli (Bull. d. comm. arch. municip.

!'fs®o à Héràklès -' "°mains' V> P- «5 = eleusinia, fig. 2634). —

Thés. 30)i |jCg .[ Tr‘-’ Iiu'^<rewî Sêojjuvw 8tà xtvaç itpài;etç àSouXViTouç

t *!««»».„. . [ lls Myslilres d'Agræ sont un «aeajn»; (Polyaen. V, 17),

Wphtlt. Lacan, P[l[ (Schol. Arist. Plut. 845). — 6 Plut.

i —8, 24G (Refus d'Antalcidas, de Lysaudre et d’un autre

tion, et l’idée de lustration présuppose nécessairement celle de souillures à effacer, autrement dit d’expiation. La ligne de démarcation est donc assez flottante. Nous avons rnis en deçà les lustrations qui visent à effacer des souillures connues, ou supposées pour des raisons connues : nous mettrons au delà les purifications qui ne supposent d’autres souillures que celles dont nulle personne ou chose terrestre n’est présumée exempte. La catégorie précédente est une médication qui confine à la morale : celle-ci est un chapitre de l'hygiène mystique.

III. Rites propitiatoires. — A. Lustrations individuelles ou familiales. — Tout acte religieux, et particulièrement le sacrifice, exige une pureté corporelle dont la nécessité était rappelée à tous par les yépv t6eç ou Treptppavr/jpca placés à l’entrée des lieux saints (voir fig. 4678). A plus forte raison les prêtres devaient-ils se tenir en état de pureté [sacerdos, sacrificilm 1. On sait de combien d’observances minutieuses était encombrée à

Rome la vie quotidienne du f l ame. x Dialis

et des Vestales2.

Nous ne reviendrons. pas sur les prescriptions analogues concernant les sacerdoces helléniques et qui ont été visées plus haut. Il est probable que la collation du sacerdoce n'allait pas sans lustrations spéciales, mais les textes n’en disent rien : il n’y en a pas trace dans le peu que nous savons de Y « inauguration » sacerdotale à Rome [inauguratio]. Du reste, dans le monde grécoromain, le sacerdoce, le plus souvent temporaire, tendait à devenir une fonction civique. En revanche, la cathartique avait pris un déxreloppement exceptionnel dans les mystères [eleusinia, mysteria]. L’initiation aux mystères exigeait toute une série de lustrations préalables (fig. 4690) 3, destinées à laver toutes les souillures possibles, même celles dont le myste lui-même n’avait pas conscience 4. Pour les fautes dont il se savait coupable, et qu’on l’invitait à confesser dans les mystères ‘ de Samothrace5, il y avait sans doute des lustrations supplémentaires, de caractère expiatoire 6. Il n’est question, à propos des mystères, quels qu'ils soient7, que de xoc9ap|Aot, Xôastç3, vsXsxoci, de vêtements immaculés, de bains, d'aliments et de breuvages régénérateurs, de spectacles produisant dans les âmes la xâOapuiç qu’ Aristote

Laconien de répondre à la question : xt Sttvô te?ov [ou ivott-tuTatov ou à<TeSÉ<rr«Tov] SsSpaxEv lv t -j SX.). — ® La purification par le jrotçiSiov était obligatoire pour- tous (Schol. Arist. Acliarn. 747, 764; Pac. 374; Ban. 338). On peut supposer que les xaddtçirei; d'Eleusis (Olynipiod. ad Plat. Phaedr. p. 289) étaient plus

compliquées. Le dadouque employait, outre la torche (son engin professionnel), le Atiî xujSiov (ci-dessus, p. 1415, 7). On rencontre cucore un 'l’Sjavo; ô «Yvwrrtjç t5v *EXeu<rtvtwv (Hcsych.). La purification par le feu (dadouque) était si connue que j là. zb lv ’EXtuffTvi était un juron populaire. — 1 Cf. Eschinc xaôouçtuv xoùç TtXoupivouç (DemOSlh. Coron. 259). — 8 ’ATtoxaOâçffiiç ^ujrwv xai ‘X.ûo-eiç jAïjvi|Jici-rwv (Iambl.

Myst. III, 10). Jamblique distingue ici la et le résultat (Xû<riç (Mivtp&TNv —

iXao’|xoç).

LUS

LUS

a transportée à la tragédie dionysiaque. Les cultes mystiques étaient de véritables officines de purification, d'où l'on sortait tout prêt à affronter le voyage d’outretombe, allégé de ses fautes (part de l’expiation), marqué du sceau (cçpaYtç) des élus et assuré de la bienveillance des divinités souterraines (part de la propitiation). Les « théurges », comme Proclüs, se préparaient nuit et jour à leur lin dernière, par des « aspersions et autres catharmes, tantôt orphiques, tantôt chaldaïques 1 ». Ils avaient des traités sur les xa9<xp<na, attribués à Orphée ou à Hermès Trismégiste, Pythagore, Epiménide, Empédocle, Phérécyde, où se mêlaient étrangement les recettes magiques, les prières, jeunes et abstinences2. Les cultes fraîchement importés de l’Orient soutinrent la concurrence par une surenchère, le baptême de sang [taurobolium], lustration qui produisait une « renaissance pour l’éternité » ou régénération, symbolisée par la vertu génératrice des vires3. Ils avaient même puisé dans l’air ambiant des

idées de charité, qui permettaient aux initiés d’attribuer à d’autres le bénéfice de leur régénération.

Comme les Mystères, les oracles (aavTeïx) n' o uvra i e n t leurs sanctuaires qu’à des clients préalablement purifiés suivant des rites officiels qui seront examinés ailleurs [oracula.

Cf. divinatio]. Ces

lustrations étaient particulièrement compliquées près des oracles chthoniens ou nécromantiques. A Lébadée, on ne descendait dans l’antre redoutable de Trophonios que muni de toutes les ressources de la cathartique, sacrifices, ablutions, dégustation d’eau de sources sacrées et habits de lin 4. On n’approchait de la fontaine des Paliques que « pur de toute souillure, de commerce charnel et de certains aliments ». Comme les parjures étaient frappés de mort, les prêtres exigeaient des consultants le dépôt préalable d’une somme qui servirait à purifier le temple en cas d’accident s.

Comme les Mystères et les oracles, les divers sacerdoces pouvaient édicter des prescriptions de ce genre, à l’usage soit des prêtres, soit des fidèles. Les cultes na-

1 Marin. Vit. Procl. 18. Une initiée s’écrie : e^opat ex xaOapSv xaOaçà, */ôovtwv paufreia. Corp. inscr. Gr. Sic. et Ital. 638, 641 sqq. ( Notiz . d. Scavi , 1880, p. 155, tav. vi). La théurgie ou philosophie mystique a pour but la purgatio animae (August. C. Dei , X, 9-10). Purification au miel dans les mystères de Mithra (Porphyr. Antr. nymph. loj. — 2 Philostr. Vit. Apoll. VI, 5. Themist. Orat. II, 38. Cf. Pythagore sur les vertus de la scille (Plin. XX, § 101). — 3 Cf. les oçgeiç toü; ex tu*v jrot^wv, oT; xaOa tçouatv oxav el<rcÉvat fxéXXouffiv (Dcmosth. Adv. Conon. 39). F. Cumont [ Textes et mon. fig. rel. aux myst. de Mithra, I [1899], p. 334; Le Tavrobole et le culte de Bellone [Rev. d'Hist. et Litt. rel. VI [1901], p. 97-110)] estime, contre l’opinion courante, que « le taurobole n’a jamais fait partie de la eligion mithriaque ». Il l'adjuge en entier au culte d’Anahîta, identifiée à l’Artémis TaypoiîôXo; (Mâ-Bellone), puis, par les prêtres de Cybèlc, à la Mater Magna. La plus ancienne inscription taurobolique connue [Corp. inscr. lat. X, 1596) est de 134 ap. J.-C. et dédiée à Venus Caelesta (sic). L’assimilation et juxtaposition du criobole au taurobole me semble devoir ou pouvoir être expliquée par un raffinement scientifique du symbolisme, le Bélier ayant remplacé le Taureau comme signe équinoxial et symbole solaire. — 4 Hist. de la Divination , III, p. 323-325. — 6 Polem. ap.

tionaux ne paraissent pas avoir été très cuUes importés de l’Orient l’étaient ! les

placée à l’entrée d’un sanctuaire — d’aillL.m-° ^ slèle de Lindos avertissait ceux qui voulaient y!1VnCOnnu'~ bonne condition » (où<r(®«) qu’ils devaient s’O " i f * en de certains mets, lentilles, chair de chèvre ° fnUS durant un nombre de jours déterminé. La soùin^H duite par le contact d’un cadavre ou un deuil ' J? ^ exigeait un délai de quarante jours. L’interdiction^'11,6 tant du commerce sexuel « légitime » pouvait être T le jour même, moyennant une aspersion d’eau et onction d’huile 6. Le règlement rédigé par le fondaiT' d’une chapelle de Mên Tyrannos [lunus] en Attique exig] que quiconque s’en approche soit pur, c’est-à-dire purifié par un lavage, s’il a mangé de l’ail ou du porc ou s’est approché d’une femme : il n’oublie pas non plus ce qui concerne xà et les morts. Tout contrevenant

peut être assuré que le dieu n’acceptera pas son offrande1

On a signalé plus I haut la place que I

tenaient dans la vie I des individus et I des familles les I lustrations concer- I nant la naissance I et la mort : celles du mariage [matrimonium] ne sont ni moins minutieu ses, ni moins obligatoires. Si elles sont disjointes ici des autres, c’est qu’elles ne visent pas des souillures connues et quelles rentrent par là dans la catégorie des cérémonies pi opi tiatoires. Les précautions imaginées pour pm ilia es mariés, leur maison, le lit nuptial, pour tenir a distance ou chasser les mauvais esprits et attirer les beiu mctions des divinités protectrices, sont si multipliées qu a scial plus simple de dire qu’on n’en omet aucune. J iinrites grecs8, choix d’un jour heureux et « U,u U ’ bains préalables avec invocation des Nymphe > p. ^

aux sources où l’eau est puisée [loutropuoros], m ^ blancs et couronne, sacrifices, purification p ^ ^

sion (fig. 4691) 9 et fumigation promenée en cel ' gauche à droite, autour du couple 10, f1aül lus- : torches portées par le cortège, partie essen u &u

trations matrimoniales11, communion Pal

17l. p. Rcinaeh.

Macr. Sat. V, 19, 26-30 ; cf. Diod. XI, 89. - 6 L* des Myslèrc* j Epigr. gr. p. 105. Michel, 723 (n* siècle av. b ,Mich(,]i 094,lig- 37h ,

d’Andania (91 av. J.-C.) : àvayçaOàvTm Sè xai 0.0 wv ’ 240-274)- Cf* I>lsC^rJ

et du temple de Lycosoura (Leonardos in Eçni** ^ 0gwî«» x«î v£*?“v von Pergam. n° 255. Hesycli. s. v. aYveûetv * xafiaçeûeiv 4wo 7 s. Rcin^cbi

et les prescriptions hésiodiques (Opp. et dies,i^>- • J.-C.)- C esl à '

et p. 127. Corp. inscr. ait. III, 74 = Michel, 988 (» s' 0 qlland d ralll° ) ccs cultes exotiques, et non aux Mystères, que songe ^ ^ ^ ^veïa‘ (f’*11* ‘ ^ pratiques superstitieuses, les àxàOaçxot jxlv xa6ap|xot, ^ . Qesch- utid 1 ^

perst. 11). -8 Voiries textes réunis par E. von LasaulJ, * 37*-*S8). * £

der Ehe bei den Griechen , 1832 (in .

Fr. Hermann, Lehrb. d. gr. Antiq. § 31. - a ' '~propre, P1-

logue E, 77i(Dumont et Chaplain, Céramique de la w i praetuUt, f‘ deX ces de Jason et Médée : ignem Pollux undamquesj uf/a , J(6

paterae vertuntur in orbem (Val. Fl. Argon. VI ^ ^ un;on3 illégit*®cS >c

n’oublie pas les et le xaOàp*iov icu?.

yàjxoi (Schol. Eurip. Alcest. 1001).

LUS

LUS

, ,1c sésame, tapage à la porte durant la consymbol‘9uC 1 | jaariage, toutes ces pratiques, dont sousonimal'011 ‘ 1 ait pius le sens et qui, tombées dans vent on ne ^ nécessitaient plus l’intervention du

led°mal encouraient au même but. A Rome, un certain pI'étre’ T cérémonies symboliques étaient tombées en n°mb!'e ü nvcc la confarreatio , forme archaïque du madéSUt frôlée par l’État en la personne du Grand Pontife riage C°" ■ ' |. Dial i Celle-ci exigeait, outre la communion et du flamme ■ cérém0nie qui rappelle l’usage

c X rt devait produire des effets anagr6L ■' Les mariés étaient invités par le pontife a Asseoir sur deux sièges ayant pour couverture commune iu. de la brebis immolée pour la circonstance4. Mais î! cortège des torches en bois d’épine, de cornouiller ou , ■ 5 était de rigueur dans toute deductio nuptiale,

,Xwe, fà comme en Grèce, du rapt de l'àge préiris- ; riaue Les « flambeaux d’hyménée » ( taedae , faces ) aient 'passés en proverbe. A la porte de la maison nuptiale une onction d’huile [cf. la dea Unxta des indigitamenta] et des bandelettes de laine attachées aux poteaux arrêtaient encore les maléfices 7. ^

Les naissances, mariages et décès, n étaient pas les seules circonstances où les lustrations fussent obligatoires. Sans rechercher curieusement les scrupules qui pouvaient surgir à tout moment dans l’existence des gens superstitieux et provoquer des lustrations individuelles ou domestiques \ je me borne à relever les purifications qui étaient prescrites à certains jours par la religion de la cité. On a déjà noté celles qui, appartenant à la commémoration publique des morts, ont un caractère expiatoire. De même ici figurent les lustrations propitiatoires qui sont bien ordonnées par la religion d’État, mais sont exécutées par les individus, pour eux-mêmes et leurs

propriétés. Les unes et les autres appartiennent à la catégorie de ce que les théologiens appelaient cultes populaires (Upi S-rjgoTtxà, sacra popularia), par opposition aux cérémonies officielles (îspà o-qptoTeX-q, sacra publica ou pro populo). Ce sont des usages populaires, antérieurs à la constitution du culte officiel, mais reconnus et rendus obligatoires par l’État.

A Athènes, il n’est presque pas de fête qui ne soit populaire en même temps qu’officielle et qui ne prenne la forme de procession (TiopTrq). On pourrait donc inscrire ici toutes celles où les citoyens portent des engins de purification, de l’eau, des torches ou « lampes », des

branches ou couronnes de laurier et d’olivier, c esl-à-dire les hydrophories, thallophories, daphnéphories, lampadophories ou lampadodromies. Il est prudent de passer a côté de cette perspective indéfinie, en ne retenant, pour le paragraphe suivant, que les lustrations vraiment officielles.

Le culte romain nous offre un triage plus facile. Voici d’abord, dans la catégorie des lustrations agricoles et en suivant l’ordre du calendrier, les fêtes mobiles célébrées en janvier, comme conclusion des travaux d’ensemencement ( feriae sementivae ), les Compitalia ou fêle des Lares à la ville [compitalia], les Faganalia à la campagne, deux parties artificiellement séparées d’une lustration générale du territoire, sans doute unique à l’origine9. Aux Compitalia , comme prélude aux réjouissances, figurent des cérémonies de caractère funèbre et expiatoire, suspension dans les carrefours et aux portes des maisons de poupées ( maniae ) et de pelotes ( pilae ) de laine ; à l’intérieur des maisons, offrandes de tètes de pavot et d’ail, qui représentaient — on s’en souvenait encore — des victimes humaines 10. Il y avait aussi commémoration des morts, surtout des disparus 11 . Enfin, le sang des porcs coulait dans les carrefours u. Aux Paganalia, on jetait sur des foyers des gâteaux divers ( annua liba) ; on pendait des oscilla aux arbres 13, on immolait des truies, et de toutes les cérémonies résultait la lustration de la bourgade H. Lorsqu’il y eut des magistri vicorum et pagorum officiellement investis, la lustration présidée par eux tendit àprendre un caractère collectif13. La même observation s’applique aux fêtes des paroisses dont l’État avait fait des curies et qui se célébraient aussi, par ordre de l’État, le même jour : les Fornacalia du 17 février [fornacalia] et les Fordicidia du 15 avril. De ces deux cérémonies, la dernière, à cause de l’intervention des pontifes et des Vestales, trouvera place plus loin : l’autre a été suffisamment étudiée dans l’article précité. Les citoyens — sinon tous, du moins les patriciens16 — y participaient d’une façon active, et chez eux, comme pères de famille, et dans les curies, sous la direction des curiones et du curio maximus. La lustration purement agricole du mois de février est la lustration des bornes ou fête du dieu Terme (Terminal ia) au 23 février. Ce jour-là, les propriétaires de champs contigus se réunissent devant la borne couronnée, versent sur le feu de l’autel des grains, des rayons de miel, des libations de vin et immolent une porca lactans' .

[ ‘Civ. Georg. I, 31. Et sans doute la flarninica, d’après Ovid. Fast. II. 27-28.

- ■ cnius paraît 1 identifier avec la mola salsa, en définissant le mariage farre,

1 P°niïficem Maximum et Dialetn flaminem per fruges et molam salsam Un^e conlarreati° oppellabatur (Serv. Georg. I, 31). Cf. Plin.

. .’ s J6’ mariage à la mode macédonienne : Alexandre, épousant Roxane,

IV 4 "for' Patrio more panem... quem divisum gladio uterque libabat (Curt. tanci " 1-es Crées 1 avaient peut-être supprimée en même temps que l’assis-

menlio Apollonius de Rhodes [Argon. IV, 1140 sqq.) explique mal, mais

Jason 0é't" Mv do la Toison d’or, prototype du Ait; xùStov, sur le lit nuptial de

T0*° 3 cTCeçdev | XÇÙO-EOV aty7.iîev xùîaç ëâXov, oçça teeXoito ] vtgir.eiç TE

mptiàrLl^' ~ * Scn\Aen' IV- 374- Cf- ci-dessus, p.1415, 7. - 5 Spina !3) \ pinça ' US " wFca-tis8ima (Plin. XVI, § 30) ; corneae faces (Serv. Ecl. VIII, Plutarque (o' y; ^a5t' iaeefo. (II, 558). Cinq cierges (xqçiwvE«). d'après

pension ■ f, ] ~ 6 lcsl- Epit. p. 87, s. v. Facem( avec mention de l’as-

Q. Jlom asPer9ebatur nova nupta) ; Lucan. Phars. II, 345, 356; Plut.

Varron: trfeo y]1’ Aen- 1V> 339- F, cl. VIH, 29, avec l’explication pragmatique de a «point* 7<IC/S Prae're> quod antea non nisi per noctem nubentes ducebantur unxores s, °"c,|on à la porte (d'où Unxia et l’étymologie uxores, quasi w-dcMu’,. „ *.v’ 457> rappcii« l’usage de la poix aux Àntliestéries

8 Voir les offrandes

«US, |). Miot . •

4 Uécalo dai,s |es’ °U °U renconlre :u|ssi l’épine (fipvos).

Biques, f0je .q cairefours où l’on dépose les balayures : les drogues tnaenen, que amuletum esse dicunt Magi totius domus suffitae

purificataeque, etc. (Plin. XXX, | 82) : l’hellébore, quo et domos suffiunt purgantque , spargentes et pecora (cf. les Parilia ci-après), cum precatione sollemm (Plin. XXV, § 49), et, d’une manière générale, villas, domos, templa totasque urbes aspergine circumlatae aquae expiant passim (Tcrtull. De Bapt. 5). Columclle (VII, 5, 17) donne une recette égyptienne pour préserver les moulons du « feu sacré ». Elle consiste à enterrer le mouton malade à l’entrée de la bergerie et à faire défiler le troupeau par-dessus. — 9 Je laisse de côté les difficultés que soulève la distinction ou l’identification des feriae sementivae et paganicae (Varr. L. lat. VI, 26 ; Lyd. Mens. III, 6), des Compitalia et Laralia, etc. — 10 Fcst. Epit. p. 121. s. v. Laneae effigies ; p. 239, s. v. pilae. Varr. ap. Non. p. 538. Macr. Sat.

I 7 34. Substitution des têtes d’anchois et d’oignons aux têtes humaines dans Plut. Num. 15 (xat vèv xatcEçjxbv outw tjvtîxeTvOv’.) et Arnob. V, 1. — H Compitalia ubi eos qui peregre moriuntur colunt (Charis. 1, 13, 5, p. 20). 10 Parva sagi-

nati lustrabant compita porci \ Pastor et ad calamos exta litabat ovis (Prop. V 1, 23). Properce vise ensemble les Compitalia et Paganalia. — *3 Imitation du rite àttique de lVUoa, d'après Virg. Georg. I, 385-389. Prob. ad loc. — 14 Pagum lustrale, coloni (Ovid. Fast. 1, 661-672). — 15 Siculus Flaccus [De cond.agr. p. 164 Lachm.) appelle territorium pagi la surface purifiée par les magistri— quod pagos lustrare soliti sunt ; uti trahamus quatinus lus tracent. — 16 11 y a là une question ouverte : voir curia. — n Ovid. fast. II, 639-656 [Numa) et Fornacalia instituit farris torrendi f crias et aeque religiosas terminis agrorum (Plin. XV1I1, §8). Les T erminalia définies sacrum purgatorium, quod vocant Februm (August. C.Dei, V II, 7.)

LUS

Le 21 avril, jour réputé anniversaire de la fondation de Home, fête stative des Parilia ou Palilia , à la fois publique et privée, intéressant la population entière, sans distinction d’origine ou de domicile. Dès le matin, les paj sans procédaient à la lustration des troupeaux. Les bergeries étaient décorées de rameaux et de couronnes, le sol balayé, les moutons aspergés d’eau et fumigés au soufre; puis un grand feu était allumé, feu de paille, de branches d olivier et de laurier, a travers lequel sautaient trois fois moutons et bergers. Puis venaient des offrandes de millet, de dapes, de lait, de vin chaud — avec prière quatre lois (?) répétée — à Palès, apprêts d’un banquet d’où les convives sortaient en belle humeur et utilisaient ce qui leur restait d’équilibre pour repasser par le feu ravivé du brasier1. Les rites devaient être quelque peu modifiés pour les citadins. Il est probable qu’ils se réunissaient et allumaient le feu traditionnel sur le Palatin ou colline de Palès, et que l'État y était représenté par le fl amine Palatual, ou même, sous prétexte d’anniversaire de la fondation de Rome, par le rex sacrorum. En tout cas, l’ingrédient principal de la lustration était une mixture fabriquée par les Vestales avec le sang de YOctober equus et la cendre des veaux mort-nés brûlés aux Fordicidia. Les tiges ( stipulae ) ou cosses vides de fèves devaient servir, j’imagine, à alimenter le brasier sur lequel les citoyens, dûment aspergés avec une branche de laurier, tenant en main le cadeau des Vestales, repassaient trois fois et jetaient cette étrange mixture2. Il est possible aussi que les suffimenta des Vestales aient été distribués au « peuple » pour une lustration domestique, préparatoire à la cérémonie collective 3, comme aux Ludi Saeculares (ci-après) les suffimenta , torches, soufre et bitume, distribués par les XVviri S. F.

Si l’on peut considérer comme individuelles des lustrations ordonnées par l'État, à plus forte raison, celles qui étaient particulières à certaines corporations non officielles. Une des plus anciennes, celle des marchands ou Mercuriales , avait sa fête patronale le lo mai. Ce jour-là, chaque commerçant allait, en simple tunique, puiser de l’eau à la source de Mercure, près la porte Capène, dans une cruche préalablement désinfectée (. suffita ), y trempait unp branche de laurier et en aspergeait ses marchandises et sa propre personne, en invoquant Mercure au milieu des fumées de l’encens 4. Les fériés des Quinquatrus , des Vinalia , des Volcanalia , des Portunalia ou Ludi piscatorii, étaient pour différents corps de métiers des fêtes analogues, donnant lieu à des pratiques où, même avec le peu que nous en savons, on devine l’intention de purifier les personnes et le matériel5. Avec la corporation officielle

1 Voir la description d’Ovide ( Fast . IV, 721-80G), complétée par Varr. ap. Scliol, Pers. 1,72. Dion. I, 88. Tib. I, 1, 35-36; II, 5, 89-90. Prop. V, 1, 19. Le caractère de ces cérémonies était évident pour tous. Rasticihis Palilibus se expiari credunt (Schol. Pers. Loc. cit.) — t»;; tSv jjuaoqjuÜTtov evexa (Dion. Loc. cit.) — 2 S an guis

equi suffimen erit vitulique favilla, | Tertia res durae culmen inane fabae (Ovid. L. c. 733). — Carte ego de vitulo cinerem stipulasque fabales | Saepe tuli plena februa casta manu , etc. (725 sqq.). Brasiers de stipulae (Tib. II, 5, 89), de foenum tProp. V, 1, 19), de laurier, olivier (ci-dessus, p. 1409, 7) ; curto lustra novantur equo- (Ibid. 20). C’est le rite des Parilia qu’emprunte Tibulle pour la fête où fruges lus tramus et agros — purgamus agros , purgamus agrestes , avec de l’eau, des couronnes d’olivier, des feux, de larges beuveries, etc. (Tib. II, 1). — 3 Cf. l’expression énigmatique d’Ovide : quaeque capit lictor domibus purgamina certis (Ovid. Fast. II, 23). — 4 Ovid. Fast. V, 670-G92. La prière : Ablue praeteriti perjuria temporis , etc. doit être de l’invention du poète. — 5 Par exemple, aux Volcanalia (23 août), populus pro se in ignem animalia mittit (Varr. L. lat. VI, 20), c. a. d. de petits poissons vivants (quod id genus pisciculorum vivorum datur ei deo pro animis

LUS

uos moictnes et leur tubilustrium no catégorie des lustrations faites pour in ^

B. Lustrations des êtres collectif « t

,.Lwdrel««iq».

compte de rtjt*

Cll0“s que des

nous oblige à commencer par ce que nous moins. On n’a guère sur la fondation des eu légendes où il est question de victimes hum gées ou enterrées vivantes dans les fondai i dineSégorrailles, légendes qui se donnent pour de rhiT* ^ IUu' il s’agit de villes fondées à une époque coniT qU“nd ainsi qu’on nous indique le jour et l’heure où vi ^ Nicator, après avoir choisi remplacement d’Anlin i immoler au milieu une vierge nommée Æmathis» ’ « nose affirmer que les Grecs soient restés indemnes do cette abominable superstition, qui parait avoir sévi toute l’espèce humaine \ Les traditions authenüJü ment grecques n’en parlent pas. Les Mégariens rail Laient que Alcathos, avant de bâtir leurs murailles av t sacrifié aux ©sol TupoSoge??, mais sans allusion aucune l ce rite barbare 8. Rome aussi avait, au milieu de soi ancien périmètre, un mundus , un lieu purifié, où l’on avait jeté les prémices de toutes choses9 à l’adresse des génies souterrains. Bien que les Romains eussent la prétention d’avoir toujours abhorré les sacrifices humains, il se peut que le meurtre de Rémus soit un souvenir travesti de ces sortes de lustrations. En tout cas, ils ne réclamaient pas comme national, mais appelaient « rite étrusque » le cérémonial qui avait été suivi, d’après la légende, lors de la fondation de Rome et qu’ils observaient fidèlement quand ils fondaient des colonies :

orientation du « temple » urbain et du terrain à allô tir, prise des auspices et tracé du pomérium avec une charrue de cuivre attelée d’une vache et d’un taureau blancs (inauguratioJ. Ce qui domine dans ce rite, et qui est appliqué, sous le nom d’inauguration, à toute espèce de « temples », c’est non pas l’idée de purification, mais l’idée connexe ou même équivalente de « libération»10 ou déblaiement des espaces inaugurés, par transfert ou exauguration de tout ce qui pouvait l’encombrer. Cependant, la lustration par le sacrifice y avait sa part. Nous savons par Cicéron que la fondation d’une colonie exigeait des sacrifices pareils à ceux qu’offraient les censeurs et les généraux pour la lustration du « peuple » ou de « l’armée » (voir ci-après)11, c’est-à-dire des suoveluurUia, et, d’autre part, le rite des Lupercales, qui est une lustration de l’ancien pomérium (ci-après), peut die reporté aux origines mêmes de la cité. La fondation de Constantinople fut une occasion d’évoquer les lieux rites et de les combiner avec ceux qu’une religion nou velle put suggérer en une circonstance nouvel!' aussi pour sa liturgie naissante. Constantin paraît avoii t

humanis. Fest. p. 238 s. v. Piscatorii ludi) tournis par les pV 11 ’ u;v alcnls Ue

leur fête au* Piscatorii ludi (7 juin). Cf. les têtes tic maenae ,417).

têtes humaines (Plut. Numa , 15. Arnob. V, 1) — aux l'eralia (c1^ ^ is (|cs greniers

Aux Portunalia (17 août), on passait au feu des clefs, peut-cüe c ^ ^uinquare

du port (Scliol. Véron. Aen. V, 241). Charisius (I, p- st llC1 . ((„/,/« — 0 l’aus. un synonyme de lustrare , quod eo die arma ancilia lusti ai i si ^ |e,amïi'C fonda»1 Ilamasc. in Frag. hist. gr. IV, p. 409. Malalas en dit autant ^ "pjOcre bâtissant Alexandrie (p. 192, 01, d'Auguste fondant Ancyre (p. M!’ , s(.s ,.uincs (P- i75< le théâtre d'Antioche (p. 230, 1), de Trajan relevant Antioche c ^ s,0i.s()e l'his-

19), et il donne aussi les noms des victimes. Ces contes ineptes nj. f, lîthnol.

toire. Cf. hasaulx, Op. cit. p. 247. — 7 Voir P. Sartori, Pas nUi0 ^ ures,..te">p^ XXX[1890],p. 1-54).— 8Pausan. I, 42, 1.-9 Plut. Rom. H- hr6j Ilartung liberata et effata habento (Cic. Legg. If, 8, 21). Cesl ce <| ' 11 1»

{/tel. d. Miner , I, p.- 143) l'étvmologie erronée delubrum < 0 '^^^censorPf lustranda colonia ab eo qui eam deduceret,et cumimpera pulum lustraret , bonis nominibus qui hostias ducerent ehge

UJS

LUS

des

,r à la fois païens et chrétiens et, dans les deux "" -.a "(326 ou 328 et 11 mai 330), réparti les céré- Menn' '^nVlej oomerium, les temples et les églises, de 11101,168 l'1 „ nûi dire la capitale inaugurée à l’ancienne

a la nouvelle..

1110 ,u uration ou dédicace des temples reproduit dans CSSentielles le rite de la fondation des cités. SPS 11,11 îtnurilia figurent dans la lustration de l’aire du le de Jupiter Capitolin, operee sous le principat de rropagjen (22 juin 70), en même temps que la pose de ] première pierre du nouveau temple. Cette fois, les niililVs et les haruspices avaient accumulé dans un rite composite toutes les finesses de l’art. Les ruines du temple incendié avaient été transportées dans des marais où elles s’enterreraient d’elles-mêmes. On choisit pour la cérémonie inaugurale un jour serein. L’espace à purifier, entouré de bandelettes et de couronnes, bordé d’une haie de soldats ayant des noms de bon augure et portant des « rameaux heureux », fut aspergé d’eau vive par les Vestales; puis les suovetaurilia furent immolés, avec prière dictée par un pontife; le magistrat présidant à la dédicace toucha les bandelettes dont la pierre angulaire était enrubannée, et celle-ci fut descendue sur un lit de pièces d’or et d’argent et de pépites métalliques à l’état naturel. Défense fut faite par les haruspices d’employer à la construction ni pierre ni or qui auraient été destinés

à un autre usage2.

Pour les vieilles cités, les lustrations initiales sont présupposées d’après des usages existants. Grecs et Romains multipliaient les purifications périodiques du territoire de leur cité, soit à jour fixe, soit dans une saison déterminée. Le rituel athénien est tellement encombré de processions avec sacrifices, rameaux de laurier et d’olivier, Atbç xd> otov (aux Sxtpoipdpta et aux Ilogxata de Mæmakterion 3), symboles phalliques et autres aTrorpoTtata, promenés dans la ville et hors de la ville, et toutes ces cérémonies, dont on avait perdu le sens, étaient motivées par des légendes si incohérentes qu il est impossible même d’en esquisser ici une analyse sommaire. On y pressent partout le caractère de lustrations officielles, adultéré et compliqué de toute sorte de détails énigmatiques.. Bornons-nous à prélever sur ce atras quelques cérémonies incontestablement lustrales. Telle la tète des Kallyntéries et Plyntéries [plynteria], fiel axait lieu précisément dans le mois de Thargélion et complétait 1 effet de la grande lustration des Thargélies. a 1 S1 ‘O de, en la rattachant au souvenir d’Aglaure, comme les Thargélies à la mort d’Àndrogée, lui donnait 1 ui.ii tere lunèbre qui paraît ici tout à. fait artificiel.

(roohishdit nett°yer sanctuaire d’Athéna Polias . jvt qpta), de baigner le vieux fétiche (£davov) qui la

IV, 53°"J':;1'|'"'ck,’a,'d,.Oie Zeit Constantins d. Gr. 2, p. 413 sqq. — 2 Tac. Hist.

*»Su» tenait une telle place dans les lustrations que le mot

877 K). 4 Yoj | * avait 1° sens de xaO«to£<rOat (cf. Liât .Legcj. IX, p.

mie"s lavaient dc <S.loxles tïans K. Fr. Hermann, Gr. Antiq. II, § 61, 4-8. Les Sa- 672 d), On raconte IU '!K ^0us *os ans a mer la statue de leur Hôra (Athcn. XV, p. *W®-nièmeàlamer d Tanagra> la statue du héros misogyne Eunostos alla se laver " « Toi; 4aJ^’uPaiCe qU une fernme était entrée dans le (Plut. Q.GraecM).

~v,î ’ ^’Ç'xvxtuâÇtiv tlç xàOaçatfv t]o$ îeçou xEptaxïçàv xa\ iEEpiaXE[t^a]i

Michel, çj p T,î [,JP"?4ç] xx\ Aotürai tSi é'S»] ( Corp . inscr. ntt. IV, 2, 314 c = p- l8°- ü'apris Utros ("Cart’ °M' C°’T’ /îeW • Xln> P- 102 sqq. Ath. Mitth. XVI, ««s par (h8 . s- v- itEçumoiçjfoç), tous les édifices publics étaient

^«rcA. a . Scliof CU fa'saicnt ,e lo«r xoifoiojoOTvTE;. — 0 Aeschin. In

Pollux, VIII Ecoles. 128 (sEçtaTtot yôip vàxaOoiçtrta). Acham.

ra,< lustrale J, l'entrj-,. ' r 8,1 11 1 ' S' vv‘ lEEpKrtfaçyo;. il y avait aussi de

"" ' * ag0,'a (Uemosth. In Lcptin. § 158 ; Aeschin. In Timarch.

représentait et de laver ses vêtements (riXuvrrçpta). Les Praxiergides, assistées de 7rXuvTpéoeç ou Xoorptoeç et d un xaTavt7rr7)ç, emportaient l’idole soigneusement enveloppée et la conduisaient processionnellement à la mer, près de Phalère, d’où le cortège la ramenait le soir, portant un bloc de figues sèches (^jynTTtpfx) et des flambeaux allumés. Pendant l’absence de sa patronne, la cité prenait un air de deuil; l’accès des temples était barré par des cordes, et le jour était inoyou;*. Chaque sanctuaire avait peutêtre son jour de nettoyage, mais qui n’intéressait pas la cité entière comme les Plyntéries. Enfin, des réparations ou des souillures accidentelles pouvaient donner lieu à des lustrations exceptionnelles. Un décret de 283 av. J.-C. charge les astynomes « de fournir, pour la purification du temple (d’Aphrodite Pandémos), une colombe, d’oindre les autels, de goudronner les charpentes et de laver les sièges5 ».

La religion athénienne exigeait aussi que le lieu où se réunissait le peuple, soit en comices (èxxA rpia), soit au théâtre ou ailleurs, fût purifié, ainsi que les assistants eux-mêmes, avant l’ouverture de la séance. C’était l'office des nepicm’apyot 6, qui faisaient le tour de l’assemblée en l’aspergeant avec le sang de cochons de lait, lesquels étaient censés recueillir dans leurs chairs et leurs op/stç tous les miasmes ambiants, après quoi ils étaient jetés à la voirie comme x«6âpa«xa 7. Cette lustration sacramentelle tenait la place des auspices à la mode romaine. Plutarque raconte que, en apprenant l’horrible « scytalisme » d’Argos (360 av. J.-C.), les Athéniens, qui étaient en séance, firent recommencer la xaQapatç de l’assemblée8. Un Romain eût dit que les auspices étaient viciés par ces dirae. Le même usage se retrouve, indiqué plutôt que défini par le terme vague de ispâ, à Éphèse et à Bargylia 3. A Andania, la « purification » préalable des mystes assemblés exige « un bélier de belle couleur, et, quand la purification se fait au théâtre, trois petits cochons10 ». AOlympie, le jury des Ilellanodiques ne siégeait que purifié par lesangde porc et l’eau delà fontaine de Piérie “.

A plus forte raison une armée ou une flotte ne se mettait-elle pas en campagne sans sacrifices accompagnés de lustrations. Les sacrifices légendaires d’Iphigénie, de Polyxène, d’Astyanax, classés plus haut dans la catégorie des lustrations expiatoires comme exigées par des prodiges, étaient des lustrations militaires qui purifiaient l’armée dans la personne de son chef, celui-ci sacrificateur ou mis en contact avec la victime. Abstraction faite des sacrifices propitiatoires ou divinatoires offerts par les généraux en campagne, des ettjtnjptat, IjxSaTijptat, àiroSoc- •nfjpiat (Qujiai)12, reste à considérer les lustrations proprement dites, motivées par des circonstances spéciales. Xénophon rapporte qu’il fit procéder à une lustration de

21 : défense aux pnthici d’entrer evtAç tt ; àyopâ; t<»v t ïpislavTr, p’wv). I.cs Romains n’avaient pas retenu, pour les comices, le rite du lustrum censorial. — 1 Au lieu de les brûler, on les abandonnait, comme « dîners d’Hécate », aux pauvres gens qui fouillaient les détritus des carrefours. Cf. la bande de jeunes gens qui s'amusaient, pour faire scandale, toi te 'ExaTaTa xaTEaOttiv, x«i toùç oo/Eiq T '.J ; tx t.<» /olo.0 v, oîç xaOalpoumv o'tccv eIoiévou [xÉAÀwffi (Dcmosth. In Conon. 39). ■ — - 8 Plut. / Va ce. ger. reip. 17. — 9 Wood, Discov. at Ephesus, p. 20. Lebas, Asie Min. 87. — 10 Lebas- Foucart, 326 a. S. Reinacb, Traité d'Epigr. gr. p. 134-141. Michel, 094, lig. 68.

— il Pans. V, 16, 5. — *2 Voir dans Thucydide (VI, 32) et Diodorc (XIII, 3) la cérémonie solennelle au départ de la flotte athénienne. Libations et vœux (eùyat) — bien qu’on rencontre des vœux qualifiés lustralia vota (Val. Place. Argon. III, 414)

— ne me paraissent pas constituer une lustration proprement dite. De même, les IpSotTvîpiot d’Alexandre aux bouches de l’Indus (sacrifice de taureaux et libation, Arrian. Anal). VI, 19, 5), de Néarque (Arrian. Ind. 21, 2) et de Milhridate (Arrian. Mithrid. 70), imité par S. Pompée (Rio Cass. XLV1II, 48).

LUS

toute l’armée des Dix Mille, parce qu’un détachement avait violé le droit des gens, lustration indépendante de la punition des coupables ‘.C’est après un commencement de guerre civile que les généraux d’Alexandre purifient l’armée à la mode macédonienne et béotienne2, en la faisant défiler entre les deux moitiés d’une chienne sacrifiée à cet effet3. Cette lustration, qui rappelle le cxuXaxtiqAÔç et le culte magique d'Hécate, expiatoire dans ce cas particulier, était propitiatoire en Macédoine, où elle avait lieu tous les ans au mois de Xanthicos, correspondant à peu près au mois de mars4. Tite-Live décrit celle que célébra Persée en 182. Il mentionne le sacrifice de la chienne, en précisant davantage le rite. D’après lui, la victime est divisée transversalement, de façon que la tête et la partie supérieure du corps sont placées à droite du chemin, les entrailles et le reste à gauche 5. Le défilé était suivi d'un tournoi, qui remplaçait peut-être des sacrifices humains, c’est-à-dire le rite archaïque et oublié de la lustration 6.

Il semble bien, en effet, que le rite béoto-macédonien ait eu à l’origine un autre sens, que l’on ne comprenait plus. C’était le rite qui consacrait les serments, et surtout les serments qui servaient de garantie aux pactes internationaux. Ainsi fut scellé, au temps d’ Abraham, le pacte entre Iahvé et son peuple7. Les Grecs juraient aussi sur les morceaux partagés des victimes8, et c’était probablement à cette cérémonie que servait le porc « frappé » par les Fétiaux romains. Il y avait, dans la victime ainsi partagée, comme dans le foie qu’interrogeaient les haruspices [haruspices], la partie de l’officiant ( pars familiaris ) et celle de l’étranger (pars hostilis ). Ce rite a donc pu être celui d’un pacte qui liait l’armée à son chef ou à ses dieux nationaux, et n’a été considéré comme « lustration » que par oubli de sa signification symbolique. Oubli, ou même inversion, car une obligation ainsi contractée, loin de purifier les intéressés, attache à leur personne un maléfice éventuel pour le cas où ils violeraient leur serment.

Les Romains, qui ont ajouté à leur liturgie nationale tant de suppléments exotiques, ont bien pu emprunter aux Grecs l’usage des lustrations militaires accidentelles, de caractère originellement expiatoire, autres que les cérémonies régulières dont nous ferons état tout à l’heure ; à plus forte raison, les lustrations de la flotte, qui ne pouvaient être un rite national dans une cité longtemps dépourvue de marine. Tite-Live appelle lus-

1 Xenoph. Anab. V, 7, 35. Il ne donne aucun détail sur le rite, disant simplement: xeù eyéve to xaOapaô;. Sophocle, dans une pièce perdue, parlait de xaôapTîi; o-roa-cou (ap. Harpocr. S. V. ’AisojAàTToiv). — 2 BouütoT; St Srjixocla xaôaçjxoç ècrct xuvoç SixoTOjiyjÔévTo; twv iaeP£v MtMeïv (Plut. Q. Rom. iii). Philippe, élevé à Thèbes, a pu introduire cette mode en Macédoine. — 3 Curt. X, 9, 12. — 4 Hcsych. et Suid. s. v. IvaytÇwv. C’est aussi le mois des lustrations militaires à Rome (ci-après). — 5 Liv. XL, 6. — 6 Mos erat lustrationis sacro peracto decurrere exercitum, et divisas bifariam duas acies concurrere ad simulacrum pugnae (Liv. Ibid.). On reconnaît la decursio (ci-dessus, p. 1417) et les joutes funèbres, v. g. au tombeau d’Harpalyce, propter expiationem, per imaçinem pugnae (Serv. Aen. I, 317), qui étaient, comme les munera gladiatoria , des survivances. Moris fuit apud veteres , ut ante rogos humanus sanguis effunderetur vel captivorum, vel gladiatorum (Serv. Aen. XII, 60C ; cf. X, 519). — 1 Genes. xv, 10-17 (Abraham, une fois les victimes immolées, divisit ca per medium , et Iahvé passe lui-méme, sous forme de feu, inter divisiones illas). Iahvé rappelle ce pacte à Jérémie : vitulum quem conciderunt in duas partes et transierunt inter divisiones ejus (Jerem. xxxiv, 18). Le prophète paraît viser la lustration au pied du Sinaï ( Exod . xxiv, 8. Paul; Hebr. ix, 19), qui était en même temps un renouvellement du pacte, avec aspersion du « sang de l’alliance ». — 8 Pacte entre Achécns et Troyens sur des agneaux, oçxta -reurrà TàfAovte; ( lliad . II, 124. Cf. 245, 252, 25/ , 269, 280, 323) : Priam mandé b’^xia iturTà Tàjxv/j a ùxôç (II, 105). Pacte entre Héraklès et les Nélidcs fol tojjuwv xà-scçoo (Paus. IV, 16, 4). A Athènes, forme solennelle de serment £ic\ tojacwv xdicpou xçioS xal Taûpou (Demosth. In Aristocr. 68). En

LUS

tration de la flotte ce que fit en 191 (; j ■ promontoire Lacinien 9. Il entend évident'in!* Parlanldu ÈtxgaTYÎpta comme ceux que le philhellèn .'T' Pa‘là des célébrés en 204 à Lilybée, alors que, ailré C‘Pl°n avai‘ nelle invocation aux dieux et déesses il q * U'!e so’en' la mer, selon la coutume, les entrailles cru'1 fl, (ian3 Urne immolée'»». Nous »e voyons apparaître lï,!* J"' lions proprement dites qu’au cours des guerrp , et probablement à cause du caractère comnn h’ guerres entre citoyens, dont les partis se renvoyaient ^

tuellement la responsabilité. En l’an 36

avant notre ère

la flotte d’Octave était prête à quitter le golfe de \ 7’ pour aller combattre Sextus Pompée. « Voici coinmw César la purifia (âxâ9aiPsv). Les autels sont à même h mer, et la masse les entoure, distribuée par navire dans! le plus profond silence. Les victimaires sacrifient debout dans la mer, puis montés sur des barques, ils promènent trois fois autour de la flotte les entrailles lustrales (xdiiaena), escortés par les généraux qui conjurent les dieux de détourner sur elles, au lieu de la flotte, les présages ' funestes. Puis, séparant les entrailles, ils en jettent une partie dans la mer et brûlent le reste sur les autels, pendant que le peuple forme d’heureux souhaits. C’est ainsi que les Romains purifient leur marine “. » 11 s’agit bieji ici d’une lustration sacramentelle, et la remarque finale d’Appien indique que, de cet ensemble composite, les Romains ont fait un rite national. A Dicéarchia, César fait des sacrifices et des libations du haut du navire amiral, à la mode grecque, sans nouvelle lustration à la romaine Pour les armées de terre, Appien se contente de dire que Brutus et Cassius « purifièrent suivant les règles» celle qu’ils avaient rassemblée en Thrace, au Mêlas lvolpos 13. Il était prudent, en effet, de purifier ce ramassis de mercenaires de toutes races, où pouvaient s’être glissés des scélérats. A Philippes, ils purifient leur camp, et Dion Cassius note comme un mauvais présage le fait que Cassius laissa tomber la couronne qu’il portait en cette occasion *4. Leurs adversaires en font autant. Du moins, Dion Cassius appelle « lustration d’usage avant le combat» les cérémonies qu’Antoine et Octave accomplissent à l’intérieur de leur camp IB. Une fois introduit, cet usage resta comme un recours dans les circonstances exceptionnelles. Ainsi, après avoir passé le Danube, ope ration dangereuse non seulement au point de 11 t(' nique, mais aux yeux des gens superstitieux, 11 ,| i11, s devoir procéder à une lustration de 1 armée.

411, ôjxôffavTsî xaVîeçûiv TeXtiuv (Arislot. 'AÔ-tcoXit. § -9, ■’)■ l '*1 ^ M ^islrats de sang, même de sang humain (Sali. Catil. 22). — 9 "y ' , ’ , f„er»W»

classe ad Lacinium). — 10 Liv. XXIX, 27. Cf. Sil. Ital. . > ' ,,ui figurent dans

innabant fluctibus exta). T. Live a dû oublier les libations t c > s pcs poètes

Thucydide (ci-dessus, p. 1427, 12) et dans la plupart des textes /»»'

appellent lustration toute espèce de sacrifices propitiaton o ^ votisque incendimus aras (Virg. Aen. III, 279) : il saS'‘ ce (pp 1 18-120).

comme ceux qu’Enée offre sur le rivage de lliracc (IU. „ |?nlie pratiq11®

En vue de l’Italie, libations d’Anchise (III, •'>25) ; au <1< Pal ^ r-M Hquent't

le rite suivi par Scipion : extaque salsos | Projicit "i ^ pauI-Emil® dit • fundit (V, 772-776). Le sens de lustrum s’étend encore (Liv. XLÛ

Delphis Apollini pro me exercitibusque et classibtis us ^ ^ App*an- 7 46). Il faut exclure au moins ces lustrations à distanc ^ Appien cU'cn V, 96. 12 Appian. B. Civ. II, 98. - « Appian. B. ^ tfH.lir.r*J

peut-être par ces règles les eù/aî Oum'ai *al lTal effet, avoir r"

attribue aux consuls de 481 av. J.-C. (IX, 10) et qui pi»1 ' (IX, ' S)’ *'a

actère exceptionnel, car il y avait eu des dissensions 026) »sl 11,19 I ! que purifie Marcellus ( lustratis rite maniplis. s Toutes e°s j ,,,

été décimée par la peste, comme celle d’Agamenui ^ ^ Cass, XL'1

“ v.-.——..». r- - — r - , --■ . 14 Dio Casf .,

posent des suovetaurilia (cf. Cic. Divin. I, b confond Proija . ,

16 Tb xaOàçfftov xb*fb *5, àr,v.,v (Dio Cass. XLVI1, )• ^°agc .«nt 'eco-*^ x choses distinctes, la lustration du camp et lessacr

ms

LUS

Fig. 4692. — Lustration de l'armée.

pi' ps, les Romains n’avaient pas besoin d’expiations, ni préalables, ni consécutives. Us conservaient simplement u eurs ancêtres et pratiquaient chaque année, qu’il y 6UL h'Ume°u Non, la purification symbolique des armes, y°uli ( aux promenades militaires des Saliens [salii], qui, J"1 ll0‘s semaines, pourchassaient par les rues de la î à'1'" t0l>Ce laPaSe> danses et chants guerriers, les fri s djute sorte. Le 19 mars, jour des Quinquatliuîi Hl JJUlitiailles ancMiaa, probablement sur le Comiet a!'. '■ S ^a^ens dansaient en présence des pontifes Sutor'1 lfjl!ni ce\erurn *• Le 23, avait lieu dans Y Atrium 1111 a purification des trompettes ( lubilustrium ),

* Froehuer Ln r* .»

Trajanss(iulc pi q 01lile fi'ajanc, pl. 34-36 = Cichorius, Die Reliefs der d’Alexandre, fait eier . Cf' CUprès’ p’ 1430>7- M- Aurèlc, en 169, sur un « oracle » Alex. 4g j ___ o °r ( ans Danube deux lions vivants comme àTto-cpoircaa (Lucian. la''i Myrisnuis a éli /à"Sf * ^ UI'l - 8 1 1 A, de l'an 228 p. C. à Semendria ; un ecr-

Aquilée, vers 245 ;ns ^ ‘ "t0’ J’ c<4a’ Pr0 s<dute Alex. Sev. et leg. VII Claudine. A lr°is sous-officiers jC^lp*’'on '"'Uu'iaqne ( Corp . inscr. lat. V, 808 = Cumout, il0 170) : P^fflipileou lepr;àc(0n' i'laCUn ^ a9ens *n lust[ratione] de son supérieur, le Mîtth. X Vl [1893 1 , 1 |à ! ' °n a°masze"ski (Lustrât io exercitus, in Arch.-Epigr.

epiyr “9 voit 1* "ne lustration du camp (territorium legionis, ni

éditants auraient nro ' mp'a’ et une lustration do légions à Aquilée. I.es trois ^'•pili, pris i ja |eU,?'CI'L '°S ll0‘s v‘cl'mcs des suovetauritia. Mais lustratio A * y <■> signifierait plutôt purification sacramentelle d’un néophyte,

cérémonie qui ne concernait plus, à l'époque historique, que les trompettes employées dans le culte Le 24, la série des lustrations militaires, préparant la campagne d’été, était close par un sacrifice du /ter sur le Comilium (Q. R. C. F.), d’où le sacrificateur s’enfuyait ( Regifu gium ) conïme celui des Boucpovta G.

Elles recommençaient en fin de saison, au mois d'octobre, sur le Champ-de-Mars,avec le sacrifice de YOclober equus aux Ides (15 oct.)7 et Y armilustrium du 19 [armilustrium], où les Saliens faisaient de nouvelles rondes avec les ancilia et sacrifiaient au son des trompettes8, qui subissaient probablement un nouveau lubilustrium

initié anx mystères de Milhra. — 3 Charis. p. 8t Kcil. — V Kal. Praenesl. s. d. — S> Kal. Praencst. s. d. Ovid. Fast. III. 840-850. Fest. p. 352 et 353, s. v. Tubilustria. Io. I.yd. Mens. IV, 42 (xa0appï»5 aâk:tiy,oî .ai « t v q a t ç t,«v oitkwv). Comme on trouve un second Tubilustrium au 23 mai (Kal. Esq. Ovid. Fast. V, 725), et (pie le lendemain est aussi Q. R. C. F., Mommsen (R. Citron, p. 241 ; Staatsr . III, p. 375) estime qu’on purifie le 23 les trompettes qui doivent servir à convoquer le lendemain les comices curiales. — 0 Kal. Praencst. s. d. — 7 Voir ci-dessus, p. 1400. On a beaucoup discuté sur le sens de ce sacrifice du cheval (Fest. p. 178, s. v. October. Fcsf. Epit. p. 220, s. v. Panibus) sans tirer du folklore (Mannhardt-Frazer- Rosclier) une explication satisfaisante. Des commentateurs de Properce : Qualia nunc curto lustra novantur equo (V, 1, 20 : ci-dessus, p. 1426, 2) ont cru qu’il s’agissait du lustrum censorial. — * Varr. L. lat. VI, 62. Fest. Epit. p. 10, s. v.

LUS

LUS

compris dans le nom plus générique de la fête. La cérémonie se célébrant sur l’Aventin, on peut croire qu’elle représentait la lustration de l'année au retour d’une campagne, au moment de rentrer dans le pomérium.

C'est au retour d'une campagne victorieuse qu’aurait été instituée, au dire de Denys *, et en l’honneur des Dioscures, la procession des cavaliers ou chevaliers ( transvectio equitum ) du 15 juillet, espèce de défilé triomphal dont on a voulu faire une lustration, sous prétexte que la trabée représentait les vêtements tachés de sang, l’olivier les rites funèbres 2, et que ladite procession fut ajoutée aux Lupercales. Cette pompe à la grecque, introduite dans les usages par un censeur, a dû faire partie du lustrum de 304 av. J.-C.

Le lustrum censorial, périodique à intervalles variables, a été mentionné ailleurs [çensor]. Le fait que le nom de lustrum lui est resté, comme désignation spécifique, atteste l'importance que cette purification solennelle avait prise aux yeux des Romains. On a vu plus haut, par une étymologie varronienne 3, à quel point néanmoins son caractère de lustration de Yexercitus, de cérémonie religieuse, risquait d’être méconnu par les savants. Le peuple en avait plus nettement conscience. Le moindre incident susceptible défaire naître des scrupules empêchait la célébration du lustrum'*. Sur le détail de la cérémonie, nos textes, qui datent d’une époque où le lustrum était devenu une antiquité, sont sujets à caution. D'après Denys et Tite-Live, le premier lustre fut célébré par Ser. Tullius, qui en fixa le rite 6. Celui-ci consistait à immoler des suovetaurilia , après avoir promené trois fois les victimes autour (d’où le terme ombiluslrutn 6) du peuple enrégimenté1. L’auteur grec substitue, par habitude de son pays, un bouc au porc. Tel autre s’exprime comme si la lustration s’appliquait à Yurbs, c’est-à-dire au sol, et non pas ou non pas seulement au peuple assemblé8, et il nous apprend, si nous voulons l’en croire, que le censeur était assisté d’un pontife. En tout cas, le collège des pontifes s’associait à la lustration quinquennale par un sacrifice spécial, dit des caviares hostiae 9.

Avec les Fordicidia 10 du 15 avril, nous rentrons dans le cycle des lustrations archaïques, léguées par l’âge pastoral. Les rites étaient célébrés par les préposés aux curies ( curiones ), dans les locaux affectés aux réunions des paroissiens ( curiae ), à raison d’un sacrifice par curie. L'État y participait, en tant que corps unique, par

1 Dion. VI, 13, 4, à propos de la bataille du lac Régille *(496 a. Chr.). En fail, la première transvectio eut lieu en 304 av. J.-C. (Liv. IX, 46; Aur. Vict. De vir. ill. 32). Les chevaliers t»TTeoocvojjx£vot 6aX).oï; IXataç, xa\ icoççuça; ©otvtxozaçuçouç àpLiteyôjiEvoi TïjSéwaç, tà; xaXoujxtvaç (Dion. Ibid.). *• Cf.

Samter, Rom. Sühnriten , 1. Die Trabea { ci-dessus, p. 1411,15). — 3 Ci-dessus, p. 1406,7. — 4 Cf. Liv. III, 22; XXIV, 43. — 5 Tou-rov t'ov x«6«pi&bv e«»ç t5v xa u’ yoôvwv ’PwjxaTot xaôatçovTat (Dion. IV, 22). Cf. Liv. I, 44. Cic. De Orat. II, 66.

— 6 Interp. Serv. Aen. I, 283 (avec l'inepte dérivation de ambo censores). — 7 Dion. IV, 22. Populus Romanus cum lustratur suovetaurilibus, cir cumaguntur verres, aries, taurus (Varr. R. rust. II, i, 10). \arron entend qu on les promenait vivants, comme les ?ecç|t%xot des Thargélies et comme les suovetaurilia champêtres de Caton ( Agric . 141). Mais, d'autre part, c'est surtout aux entrailles de ces victimes ^cf. ci-dessus la lustration de la flotte) tju on appliquait 1 épithète de luslralia, quae duabus manibus accepta in aram pontifex vel censor imponit , quae non prosecantur{ Interp. Serv. Aen. VIII, 183). L'expression non prosecantur a peut-être pour but de distinguer le rite romain du rite macédonien (ci-dessus, p. 1428).

— 8 Ipsis victimis urbs lustrari solebat (Interp. Serv. loc. cit.) : ailleurs {Aen. I, 283), civitas. — 9 Fest. Epit. p. 57, s. v. Caviares hostiae. — 19 Fordicidia (Varr. L. lat. VI, 15 et Kalend.) ; Hordicidia (Varr. R. rust. II, 5, 6) ; 4>oç£ ixâ).ia (Lyd. Mens. IV, 49). — 11 Ovid. Fast. IV, 629-672. Jean de Lydie {loc. cit.) place ici une procession pontificale ec-wôrv *oXeuiç qui appartient aux Ambai'valia. — 12 Cf. les KaXajiaTa à Athènes, avec procession menée par l’hiérophante d'Eleusis (Corp. inscr.

un sacrifice semblable, offert sur le r-mu i tifes, el avec la collaboration des Vestales j espon’ ' étaient des vaches pleines (, hordae ou /b w ° \ V'Climes dit-on, à Tellus. De leurs entrailles, avant dé L Ul'lîrles’ le- feu de l’autel, on extrayait les fœtus , ,S J|ileriiUl' être brûlés à part sous les yeux de la doyenné Z?' 31 taies. Les cendres de ces veaux mort-nés enlr ^ 'es' ' la confection des februa distribués six jours*?1 ^

aux Pari. (** «"«)• Une logique spéciale, fondée^ une révélation de Faunus à Numa, savait établir un port de cause à effet entre ces pratiques et la fér Jit du sol et des troupeaux 11 . ül é

Il n’est plus question que des moissons le 25 avril à j férié des Robigalia , dont le but esL de détourner des blés en fleur la « calamité » par excellence 12, ]a « rouill,. ! (robiffo). Le flamine de Quirinus, suivi d’une procession de gens vêtus de blanc, allait sur la voie Claudienne brûler au lucus Robiginis , avec libations de vin et fumigation d’encens, les entrailles d’une chienne rousse et d’une brebis [robigalia]13. Ovide ne paraît guère comprendre le sens de ces rites, débris fossiles d’une cérémonie qui se poursuivait ou se recommençait à époque variable, sur invitation des pontifes, sous le nom i'augurium eanarium.

Plus solennelle était la lustration des ambarvalia. Il n’est plus possible de faire en connaissance de cause le triage des cérémonies publiques et privées. 11 y est question d’LpopvqgovEi;, qui sont probablement les pontifes14, et l’on sait que la date de ces fériés mobiles (fin mai) coïncidait, au moins depuis la reconstitution delà sodalité [arvales], avec la grande fête des Anales15. D’autre part, Caton indique, à l’usage des cultivateurs et non des pouvoirs publics, les rites à suivre pour « purifier le champ » en offrant des suovetaurilia au dieu Mars16. Enfin, Virgile paraît recommander à cette intention des offrandes moins coûteuses, des libations de lait et de vin, et une victime trois fois promenée autour des moissons, le tout en l’honneur de Cérès 1 '. Cérès peut ressembler à la Dea Dia des Arvales, mais non au Mars de Caton. Le problème se complique de la mention dun Amburbium 18, qu’il est d’ailleurs facile de classer a part, comme procuration accidentelle de prodiges, et distincte, d’après son litre même, quand il n est pas e figuré par les Grecs 19, des Ambarvalia. Si Ion lulll‘ aussi la fête des Arvales, qui ne sortent pas ou nt tent plus de leur lucus, et si l’on renvoie

la description de

ait. IV, 477 c). - Ovid. Fast. IV, 901-942; Fest. Epit. P- «,

Marti et Robigini (Tert. Spect. 5). Ovide croit que la chienne rp ^ ^

(cf. P lin. XVIII, § 285), et de môme Ateius Capito (ap- ‘ ’ ' Je' suppose

canes) pour le eanarium sacrificium ou augurium ( ni. - * ^ |es c|wmps

que ces sacrifices de chiennes rousses étaient faits par le» paysa pHéraklès de Lié exposés à la robigo. Cf. l’Apollon 'EpuOtStoî, Elu>3“5' 1 q0i Lyd. ci-

Kofvoiuwv, ’IzoxTilvoq (Strab. XIII, p. 613). - » Strab. V, P- 230 : ^ j' ’[ | p. 358). dessus, note lt). - « Le 29 mai, segetes lustrantur (Kal. Rus . ■ [rugüss

- 10 Cat. Agric. 14t. Cf. les rites lustrationum et sacrificior Rujnarl) appelle

fiant (Colum. II, 22). C’est ce qu’un chrétien (Ad. Martyr . P- ^ ^ m, 5,7. lustrale malum. — Virg. Georg. 1, 344-350; cf. Ec • ’ ainbiat victurub

— 18 Servius distingue : Sacrificium ambarvale, qv°( uogurbein cii'c^

sicut amburbiale vel amburbium dicitur saci ifiev l /J

ambit victima (Serv. Ecl. III, 77)

urbium dicitur sacrificium qu En

271 p. Chr., lustrata urbs... amburbium celebia un, sCrjption de Lucam

(Vopisc. Aurel. 20). Wissbwa {II. E. s. v.) admet que ,vait un

, 586-598) représente un amburbium extraordinaire, ma,s 230) csl ambam1

i février. — 19 On se demande si l”A|x8açoüta de S Ira on i ^ jc tour (,e®

(Vopisc

en itsvnci . — wju ov - *-f - v „ , (,ui ja

ou amburbium. C’est là pour lui la cérémonie P]n,1“. ’ ‘ ,„.»»* ■< **’ "

frontières du terroir : oï 0’ î e p o jx vq jx o v e ç ®JI7iav Henzcn identifi®11

li'hkoii TÔitoiç itAe-.oixt v tû; oçtot; aoOvi|X£f 6v. l'afflbui'buljn‘

Ambarvalia et les Arvalia : Jordan y fait même en i

usages de sa province, il reste pour les

Virgile aux

romaine les suovetaurilia de Caton, et Amb<"\\ binent une procession conduite par les pontifes, Proba | (.||ajcnt sur le parcours. Ce qui importe ici, c’est ijui sa' 1 nullement contesté de lustration de la cam-

le caracU'it

etrouver, avec variantes, dans

pagne romaine.

Page 1