‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 140 sur 275 · LUI. C · texte numérisé non relu

LUI. C

Nicostr. 4 et suiv.

LYT

LYT —

. dang trente jours la somme prêtée, sous rernt)0l"'i"l';lver le double s’il laisse passer le jour de Peine 1 ' ( ||' peut alors revenir dans Athènes; là il essaie léCll. (-!!iro prêter de l’argent pour faire face à ses engagedesr '"j, s 'adresse, comme l’avait déjà fait son frère, à T ïllodôre ; celui-ci, qui lui-même se trouve gêné en ce A|)" , met en gage chez un banquier des vases à boire, IKOnl(" ’.nnne d’or; il obtient ainsi 1 000 drachmes qu’il ,t jvficostrate. Malgré toutes ses démarchés, ce dernier ne peut trouver tout l’argent qui lui est néces- I aire P"ur sa rançon, car ses biens sont sous la menace d'une hypothèque. Il a de nouveau recours à Apollodore, il le prie de le sauver: « Avec l’argent que tu m’avanceras, je me délivrerai de mes créanciers étrangers , puis je m'adresserai âmes amis; je leur demanderai un eranos , et alors je te rembourserai ce que je te dois. Tu sais, ajouta-t-il, que le prisonnier fait à la guerre devient l’esclave de celui qui l’a racheté, s’il ne peut pas restituer le prix de la rançon. » Apollodore se laisse toucher et, comme il n’a toujours pas d’argent lui aussi, il emprunte encore 16 mines à 18 p. 100 d’intérêt. Les charges qui

pèsent sur Nicostratos, par suite des dépenses qu’il a dû faire pour se racheter, sont si lourdes, qu’il cherche à s’y dérober, en frustrant son bienfaiteur ; de là le procès *.

Parmi les faits nouveaux que nous révèle ce récit, il en est un qui mérite surtout d’être signalé, c’est cet article de la législation athénienne d’après lequel un Athénien qui ne restituait pas le prix de sa rançon à celui qui l’avait racheté, devenait son esclave ; c’est le seul cas pour lequel Solon avait conservé l’esclavage pour dettes, peine si fréquemment prononcée dans les anciennes lois d’Athènes. Il est intéressant de remarquer qu’une disposition analogue se trouvait dans la législation de la Crète et de Rome 2. Voici la prescription formulée dans la loi de Gortyne : « Si un homme libre a été vendu al ennemi, et si, sur sa demande, quelqu’un qui est dans 1 obligation de le faire le rachète de l’étranger, i seia a la disposition de celui qui l’aura racheté, jusqu .! ci' qu il ait remboursé ce qu’il doit. S'ils ne sont pas d accord sur la somme, ou si la personne rachetée soutii ni ij h elle n a pas demandé son rachat, le juge staueivi, i ii prêtant serment, suivantles faits de la cause3. » ‘ 0Uï1 11 ,lV0ns parlé jusqu’ici que des hommes pris à la l^' j1 ' 1KU 16 I11 sont plus particulièrement visés par n' V' <do fi111 concernent la rançon ; mais personne sJ 11 que, même en temps de paix, on n’était pas sûr p0 1 hberté. Sauf dans les villes fortifiées, on par ' *lfl(ïue instant être enlevé par des voleurs ou encoiv, I'"f.t,.es' ^ ^époque historique, peut-être plus de la (;g! 1 ' ^ocIue homérique 4, la piraterie est le fléau quj 0n| " ’ chaque fois qu’une des grandes puissances la Macéd °UI î l°Ur t**r'8é la Grèce, Sparte, Athènes, lance (juvjp ’ d'sse se relâcher quelque peu la surveilei exercn 1° i Xeice sur les mers, les pirates se montrent UUs déprédations; ils sont même assez

* ^ un

U, 1882, p. 4C0 ^ A*0 rai'Con ap. lsae. VII, 8. Voir dans le Bull, de et 0,'ginaire d’Axos en Gw-'- U'' ^crc^ d<“s Étolions contenant l'histoire d’Epic

Locride, à An»Dhi«: "V ** 6S' '>r’s a 'a ëuorre avec sa mère et vendu ; emm et s'occupe alors i ^ ,lacllet'5 (««vaXaSi.» t4 ; il se marie, a cosnics qui ,, ' • a'r6 cons^a*or sa qualité de citoyen d’Axos ; il ^ l'oiinl aux synèdres des Étolicns, au stratège et à l'I

Pai'qu<

|h" "SC lettre établi- au x synèdrcs des Étolicns, au stratège et à l'I

'"l'I'issa, j j-y 1 sa filiation et racontant les événements qui l'ont corn

ctXLIX’.)3 0- t». 9). - 3 VU, 40. « 1 ans 09 Vnscr. jurid. grecques , voir les notes p.

nombreux et assez audacieux pour attaquer des villes et emmener une partie de la population qu’ils mettent à rançon J. En Grèce, dit M. Wallon, tout le monde vit sous la menace de l’esclavage6, tout homme libre peut être surpris, entraîné au loin, mis en vente, ou, ce qui était plus profitable pour les voleurs, mis à rançon.

Ces misères mêmes avaient fait naître des institutions, des usages qui avaient pour objet de les soulager et de les adoucir. Si, dans Y Iliade , nous ne trouvons pas un seul exemple d’un prisonnier renvoyé sans rançon, de tels actes de générosité n’étaient pas rares à l’époque historique. Les Athéniens, ayant pris Doriée, un des membres de cette grande famille des Diagorides de Rhodes, illustre dans toute la Grèce par une longue suite de victoires aux grands jeux, lui-même sept fois vainqueur à Némée, huit fois à l’Isthme, trois fois de suite au pancrace à Olympie, furent touchés de pitié quand il parut enchaîné devant eux et le renvoyèrent sans rançon par un vote de l’assemblée7 ; les Syracusains agirent de même envers le prince sicule Dukelios8. Les proxènes étaient plus généralement l’objet de ces actes de générosité9. Callicratidas, par une noble conscience de la patrie hellénique, refusait de faire vendre comme esclaves les Grecs prisonniers 10. A deux reprises, Philippe renvoya sans rançon les prisonniers athéniens, la première fois après la prise d’Olynthe11 et après Chéronée12.

Enfin, comme dans les États chrétiens au xvic ét au xvii8 siècle, le rachat des prisonniers fut considéré comme un des devoirs qu’imposait aux classes aisées ce sentiment d’humanité qui est devenu la charité, et que les Grecs désignaient par le mot tpiXotv0£<ü7rta.

L’institution de I’eranos trouvait ici une application. Nous avons vu Nicostrate en parler à Apollodore13: « Je demanderai a mes amis un eranos ». Ce qui veut dire que Nicostrate demandera à ses amis de se cotiser pour lui prêter la somme nécessaire à sa rançon, somme qu’il leur remboursera un jour, mais sans avoir à payer d'intérêts. D’après la loi de Gortyne i4, il y avait même là une véritable obligation ; quand un prisonnier à la guerre demandait à être racheté, un certain nombre de personnes, probablement les membres de sa famille15, étaient dans la nécessité de faire droit à sa demande et de se cotiser pour le racheter. Pour les autres pays de la Grèce, et en particulier pour Athènes, nous ne connaissons pas de prescription aussi précise ; il semble qu’il n’y avait dans ces pays qu’une obligation morale, mais elle était très impérieuse, et très souvent nous la trouvons rappelée. Les hommes politiques, les plaideurs, afin de se concilier l’esprit des auditeurs, se font souvent gloire d’avoir dépensé de grosses sommes d’argent pour racheter des concitoyens prisonniers ; nous possédons aussi de nombreux textes épigraphiques, qui nous ont conservé un décret accordant une récompense, éloge ou proxénie, à tel personnage qui s’est acquitté de ce devoir. « Pendant que j’étais à Pella, dit Démosthène 16, mon occupation a

— 4 Od. III, 73-74 ; XV, 415. — S Dittenberger, 255 = Michel, 384. — 6 Hist. de

l'esclavage dans tant. I, p. 165. — 7 Xen. Bell. 1, 5, 9; cela n’empêcha pas les Lacédémoniens do le mettre plus lard à mort, Paus. VI, 7, 2. 8 Diod XI 9=>

— 9 Conduite des Phliasiens envers leurs proxènes de Pellène, Xen. Bell VII « 16

- iO Xen. Bell. 1, 6, 4. - U Dem. De fais. leg. 170. - 12 Cf. surtout sur ceVacte, Grote, Bist. gr. X\ II, 370. — 13 Cf. p. 13, n. 2 ; voir surtout l'ouvrage de P. Foucart, Des associationf religieuses chez les Grecs, p. 143. — H Cf. note 3 à cette page

- 15 Les éditeurs du Bec. des inscr. jurid. ajoutent les membres d'une hétairie! p. 467. — 16 De fais, legal. I6G.

LYT

été de chercher les captifs, de leur rendre la liberté, soit en puisant dans nia bourse pour la dépense, soit en priant Philippe d employer au rachat de ces malheureux les présents d'hospitalité qu'il nous offrait. » Philippe se décide à renvoyer ces prisonniers sans rançon. Quelquesuns s'étaient déjà rachetés en se faisant prêter de 1 argent, par Démosthène en particulier. « Je réunis ceux à qui j avais prêté des fonds, je leur rappelai ce que j avais fait; et, pour que ces pauvres gens n’eussent pas à se repentir de s’être trop pressés en se i achetant a leurs frais, quand les autres allaient être mis en liberté par Philippe, je leur fis don des sommes exigées pour le rachat. » 11 est vrai qu’Eschine conteste ce récit : « Démosthène, dit-il1, savait que Philippe n a jamais exigé de rançon des prisonniers athéniens ; il avait entendu les amis de Philippe dire qu à la paix tous les prisonniers seraient renvoyés ; lui arrivait, montrant avec ostentation un talent, somme à peine nécessaire pour racheter un prisonnier d’une fortune peu élevée. »

Dans les plaidoyers, comme on se faisait gloire des liturgies qu'on avait acquittées, on se plaisait aussi à rappeler qu on avait payé des rançons de prisonniers.

Mon père, dit un orateur, sans parler de nombreuses liturgies, a doté des filles et des sœurs de citoyens pauvres ; il a racheté des prisonniers faits à la guerre 2 . » Les historiens signalent ce trait de bonté chez Épaminondas3, chez PhilopémenL Nous possédons de nombreux décrets accordant des récompenses à ces libérateurs généreux. L homme d État Àndrotion, l’ennemi de Démosthène, reçoit des habitants d’Arcésina, dans l'île d Amorgos, une couronne d'or de 500 drachmes avec le Litre de proxène et de bienfaiteur, parce que, étant gouverneur, entre autres services qu’il avait rendus à la cité, il avait racheté des habitants faits prisonniers6. Nous possédons deux décrets de proxénie, rendus sur la

1 Aescb. De fais. leg. 100. — 2 Lys. XIX, 59 ; cf. encore Lys. XII, 20 ; Isæ. V, 43 ; MI, 8 ; Hyper, f. 76 de Blass : Dem. VIII, 70 ; XVIII, 268 ; XIX, 169, 170, 229 ; XX, 42; XXV, 86 ; Aristot. Rhetor. II, 24, p. 1401 a, 10. — 3 Corn. Nepos, Epam. 3. — * Plut. Pliilop. 4.-5 Bull, de corr. hell. XII, 224; Ditlenb. Syll. 112; Michel, Rec. 377. 6 Corp. inscr.att. II, 193 ; le décret ajoute que le personnage

a rapatrié les captifs à ses frais. — 7 Ibid. 194; même observation pour le rapatriement des captifs. — 8 Ibid. II, 314 ; Dittenb. Syll. 197 ; Michel, 126. — 9 Corp. inscr. ait. IV, 2, p. 48 ; sur ce Cléomis, cf. Isocr. Epist. VII, 8. — 10 Dittenb. Syll. 255 ;

LYT

r r il uxveur de

avaient délivré des prisonniers, les uns T8®8 en Crète6, les autres qui servaient comme ^ U°UVaient dans l’armée de Darius, et qui avaient ,t“erce"airesj bataille du Granique1. Un service analogue f.’8 à la par Fhilippidès, du dème de Céphalé uni 1 " ''en,lu maque, aux Athéniens faits prisonniers "1 **} LysU d’Jpsus Cléomis de Méthymne recul aussi le H

proxène et de bienfaiteur pour avoir racheté des L *

pris par les pirates6. La ville d’Aegialé i “ï? d’ Amorgos, est surprise par des pirates, q„i ’co.umetteut de nombreux ravages et emmènent plus de trente fem" « jeunes biles, citoyens; deux des prisonniers, HégS et Antipappos, parviennent à obtenir la liberté des omS en s’offrant comme otages, jusqu’à ce que les rançons soient payées ; le peuple leur vote une couronne de lierre parce que les captifs ont tous été sauvés sans avoir \ subir rien d’indigne10.

Les acteurs, qui à l’époque de Démosthène jouent un rôle important dans les relations internationales qui sont souvent choisis pour faire partie des ambassades, ont ainsi l’occasion d’intercéder auprès du vainqueur en faveur des prisonniers. On connaît l’histoire de l’acteur Satyros obtenant de Philippe la liberté sans rançon des filles de son hôte Apollophane de Pydna qui avaient été prises dans Olynthe11. Nous avons vu que le père de cet Athénien, nommé Euxithée, pour lequel Démosthène composa un discours contre Euboulide, avait été pris pendant la guerre de Décélie et qu'il avait été racheté par le comédien Cléandre12.

Dans l’énumération de ces actes de générosité, il faut citer le trait d’une affranchie, qui rachète son ancienne maîtresse, prise par des pirates, et qui, en récompense, est délivrée de l’obligation qui lui était imposée, par l’acte d’affranchissement, de rester auprès de sa maîtresse13. Albert Martin.

Michel, 384. Parmi les autres décrets analogues, nous citerons : Dillenbergcr, 244 = Michel, 410 (280 habitants d’Aulonia, pris par les Étolicns et rachetés) ; Corp. inscr. att. II, 143 (des prisonniers rachetés en Sicile et rapatriés); Inscr. gr. insul. maris Aegaci , Fasc. 2, n° 15 (inscr. de Mytilènc) ; Dittenb. Syll. 921, inscr. de 1 Itéra; un décret de Mycène, relatif à des prisonniers faits par Nabis, tyran de Sparte, cl rachetés, cf. Michel, liée. 173 ; un autre décret analogue des Trézéniens, Bull, de corr. hell. t. XVII, p. 108-109. — H Dem. De fais. leg. 194; Aesch. De fais. leg. 15G ; Diod. XVI, 55. — 12 Dem. LVII, C. Eubul. 18. — 13 Dittenb. Syll. 863. .

MAC

MAC

rf « jjji MaxeXXov1, marché. - A l’origine, dans , “Somai’-es. c’était sur le forum que à certains 16 tenait le marché. Puis, peu a peu, les forums j°urs’ "J r èrent : de plus en plus, ils devinrent des ^fplimenade, de rencontre; on y tint des assem- ‘T nn v vota ; les tribunaux les envahirent. Les boullk ’ JKênaient ces manifestations de la vie publique "h S le commerce devait être également empêché par V l'ouïes SOUYent tumultueuses, émigrèrent. C’est ainsi • n, une les bouchers d’abord, dont la basilique Sem- !la fit disparaître, en l’an de Rome 583 (=171 av.

I c \ les dernières boutiques 2, et les marchands de cois'sons, comme eux jusque-là établis sur le forum3, se transportèrent plus au nord 4 sur un nouveau forum, qui fut appelé forum piscarium* ou piscatorium6. En même temps se fondaient dans différents quartiers de la ville des forums ou petits marchés ayant chacun leur spécialil è:forumsuarium, forum vinarium, forum cupedinis , etc.', tandis que, sur le grand Forum, les monuments et les magasins luxueux des orfèvres et les banquiers remplaçaient les humbles boutiques d’autrefois8 [forum,

Mais bientôt se produisit un nouveau changement. Le forum piscatorium fut remplacé par un grand macellum , le premier marché proprement dit de Rome, où se vendaient tous les produits jusque-là répartis entre les forums spéciaux9, où affluaient les denrées alimentaires apportées des campagnes ou envoyées des provinces à Rome10. Par suite, les forums spéciaux disparurent presque fous successivement. Mais, comme tous les usages s’établissent progressivement et ne sont pas créés d’une seule pièce, nous voyons le mot macellum usité avant la construction du premier édifice de ce genre : le forum piscatorium , en effet, est appelé par Plaute tantôt forum piscarium H, tantôt macellum 12 ; Tite-Live le nomme aussi forum piscatorium 13 ou macellum 11 ; de même le scoliaste de Térence attribue au forum cupedinis le nom macellum16. En même temps qu’il portait déjà le nom macellum , le forum piscatorium mettait aussi en vente des denrées très variées16. De cela on peut donc conclure que, lorsque le premier macellum dont nous 'enons de parler remplaça le forum piscatorium, ce fut moins une création nouvelle que la consécration d’un état de choses peu à peu établi. D’ailleurs, le nom et institution sont d’origine grecque. Varron nous dit que,

1 scm tempst les Lacédémoniens donnaient encore aux marchés le nom gotxeXXov 17. Il faut donc accepter avec la 1 mnee habituelle les étymologies présentées par les

anciens grammairiens 18.

Le macellum était au nord du Forum 19. On ne sait pas à quelle date il fut fondé et peut-être n’existe-t-il pas de date bien précise. En l’an de Rome 575 (= 179 av. J.-C.), cet édifice, détruit par un incendie qui éclata au nord du Forum, fut reconstruit par les soins des censeurs Q. Fulvius NobilioretQ. Fabius Maximus20. Pas plus que la date précise de l’apparition du premier macellum , on ne sait celle de sa disparition. On a supposé avec vraisemblance qu’il fut démoli quand son emplacement devint nécessaire à l’établissement du forum d’Auguste 21 , et que cet empereur, pour le remplacer, éleva sur l’Esquilin le macellum Liviae 22 , appelé aussi forum Esquilinum 23 et, dans le régionnaire, macellum Livianum 2l. C’est le nom de Livie qui a fait, avec raison, attribuer à Auguste la fondation de ce marché. Il subsista longtemps. Les empereurs Valens et Gratien 1 ornèrent de nouvelles areae entourées de portiques23, et son nom se rencontre encore souvent dans les documents du moyen âge26. On a découvert à Rome, sur l’Esquilin, via Principe Amedeo, un marché avec son area , ses portiques et ses boutiques qu’on a voulu, à tort, identifier avec le marché de Livie 21. Celui-ci occupait, sur l’Esquilin, un emplacement connu, près de la porta Esquilina -8.

Un autre marché, le macellum magnum, fut élevé par Néron29 sur le Cœlius30. On connaît un argentariussl et un procurator macelli magni 32. Un fragment du plan de Rome de Septime Sévère présente une partie d’un portique garni de boutiques avec l’inscription

Fig. 473G. — Fragment du plan de Rome.

macellvm (fig. 4736) 33. Ce fragment étant isolé et la désignation incomplète, on ignore s’il concernait le marché de Livie, le grand marché, ou un autre marché dont le nom ne serait pas parvenu jusqu’à nous. Si l'on en croit le scoliaste d’Horace, chaque quartier de Rome aurait été desservi par un marché34. La découverte faite via Principe Amedeo semble venir à l’appui de ce texte.

On trouvait au macellum toute espèce de denrées alimentaires35 et de quoi organiser un repas complet36, y compris les cuisiniers31. Les marchés des villes de province dépendaient de la municipalité38. Nous venons de voir, a Rome, le macellum magnum administré par un procurateur39. Le marché de Lambèse, ayant été créé pour le camp, avait une administration militaire4". On veillait parfois

gjj |(j ll1'1 1 ljf- Étienne, Thesaur. s. v.; Rio, LXI, 18. Dans des textes épi- XX .'"''p.1 BuU' decorr ■ tiell. t. X, p. 420, no 29; XVII, p. 3, 6 ; p. 201, n» 45;

~‘Cf o ni 45 ’ p’ 131 ’ ~ 2 Liv- XLIV’ 16- - 3 plaut- CaPL IV’ 2> 748- s- Curcui iv , rt’ Geschic,^und Topogr. der Stadt Rom, III, p. 207. — B Plaut.

- 1 Varr V ’ ' Ling' laL V’ U6- — 6 Liv- XL, 51 1 Colum. VIII, 17, s. fin.

barium ^ Am' 49 > ^'P- ^ig. I, 12, 11 ; Fest. ap. Paul. Diac. s. v.

Non., XII 30*°’ C°rP' inSCr ' laL l' I2’ P' 323 et 335 : X1V’ 110 430- — 8 Varr- aP' loi. y ipfj.h 9 cP Tliédenat, Le Forum romain, p. 5. — 9 Varr. Ling.

— 12 pSfu^ ~ 1U PonaU ad Terent. Eunuch. II, 2, 25. — n Curcul. IV, 1, 481.

L. 1. u/j,) ' ’ 165- — 13 XXVI, 27. — 4 XXVII, 11. — 15 Donat. ad Terent.

CariuWu(l!-) 'aUl' Aulul- '•> ù 329, s. et apud Varr. Ling. lat. V, 140 : forum pisi. r. , |s|j fff M s’ 11 Varr. L. I. — 18 Varr. L. I. ; Fest. ap. Paul Diac. p. 125, P« suite, du ' 44' — 19 Sur l’emplacement du forum piscatorium et,

10 llu‘ 1° remplaça, cf. les dissertations de Ritschl, Opuscul. II,

p. 393; Jordan, Bermes, t. II, p. 94; XV, p. 110; Urlichs, Muséum für Philologie, t. XXIII, p. 84; Becker, Bandbuch, t. I, p. 503; O. Gilbert, Gescli. und Top. d. Stadt, t. III, p. 207, 209; Richler, lop. d. Stadt, p. 79. — 20 Liv. XXVII, 11.

— 21 Cf. Richter, Op. I. p. 79. — 22 Rio, LV, 8. — 23 Corp. inscr. lat. VI, 2223, 0179, 80. —21 Regio V; cf. Preller, Die Région, p. 13t. — 2» Corp. inscr. lat. VI, H7g. 26 Armcllini, Cliiese di Roma, p. 056 ; Liber Pontificalis, passim

— 27 Bull, comun. II, p. 212, s. — 28 Ibid. p. 216. — 29 Dio, LXI, 18; Cohen, Monnaies imp. t. 12, p. 288, Nero, n« 126, s.— 30 Regiones Urbis, Reg. IL — 31 Corp. inscr. lat. VI, 9183.— 32/iùf. 1648.— 33 Jordan, Form. Urb. Rom. p. 32, n" 15, pl. xn, 60. — 34 Acr. ad Hor. Serm. I, 6, 113. — 35 Terent. Eunuch. II, 2, 24, s.’; Hor. Ep. I, 15, 31. — 36 Mart. X, 59. — 37 PHn. Nat. hist. XVIII, 28, 1 ; Te'rcnt. L. I. — 38 Corp. inscr. lat. VIII, 9062 ; IX, 2638, 3162; XI, 423. — 39 Ibid. VI, 1648. — 40 Cf. Cagnat, Bull. arch. du Comité des tr. hist. 1890. p. 455; Corp. inscr. lat. VIII, 18224.

tlans les marchés à l’observation des lois somptuaires qui prohibaient la vente de certaines denrées1. L’approvisionnement du marché s’appelait onnona macelli -.

Lomme tous les monuments utiles ou agréables, les marchés des municipes bénéficiaient souvent de libéraiu>. L est ainsi que nous voyons des citoyens généreux orner ou reconstruire entièrement les marchés de Saepinum \ Aeclanum *, Aesernia3, Histonium®, Marruvmm \ Herculanum8, Aletrium9, Préneste10, Viterbe11, Tarquinii Tégée 13, Thyatire **, Mantinée15, Béziers16, Narbonne1', Turca18, Timgad, etc.19. A défaut de largesses privées, les municipalités d'Auzia20, de Corfinum **, d Ariminium font reconstruire leurs marchés. A Aesernia, le marché ayant été renversé par un tremblement de terre, un particulier le relève, mais à la condition que la municipalité fournira les colonnes et les tuiles23. A Julium Carnicum, c’est l'empereur Sévère Alexandre qui se charge de la reconstruction 2V.

I n marché se composait essentiellement d’une area 28 ou place rectangulaire (fig. 4737), souvent entourée dt portiques*6 sous lesquels ouvraient des boutiques27. Sui *e plun du marché de Pompéi que nous reproduisons

ummiui]

-P P o o o n a ri n

Fig. 4737. Plan du marché de Pompéi.

tig. 4737), on voit I area centrale avec son portique: 1 un des deux côtés longs est garni de boutiques ouvrant a 1 intérieur du marché et surmontées d'un premier étage auquel on ne pouvait avoir accès que par des échelles; 1 autre côté long ouvre au contraire ses boutiques en dehors sur une rue qui longe le marché. Cette disposition semble avoir eu pour but d’éviter l’exposition au midi, le soleil trop ardent pouvant nuire aux marchandises. De chaque côté de l’entrée principale, sur la façade, les boutiques donnent sous le portique, en bordure sur le forum à l’alignement duquel elles se conforment28. Au marché de Timgad, Y area est également ornée d’un portique. Les boutiques sont toutes disposées à l'intérieur, contre le mur qui forme façade, et, à l’extrémité opposée,’ le long d’une abside semi-circulaire qui termine l’édifice29 (fig. 47 39) 30. Sur ses deux longs côtés le marché de 1 ouzzoles, appelé longtemps temple de Sérapis, présentait des boutiques ouvrant alternativement sur l’inté-

MAG

rieur et sur l’extérieur ; d’autres boutiques

fde8a“s « a“ dehors, le mur de ?acL S“ie»1' le fond du monument®1. Notre figure S moment des fouilles, donne la vue d; 38 ’■**»*»

Fig. 4738. — Le marché de Pouzzoles.

boutiques et des débris du portique qui les abritait. Le fragment du macellum représenté sur le plan de Rome montre aussi une partie du portique avec ses boutiques (fig. 4736) 33.

Nous ignorerions complètement l’aménagement des boutiques sans la découverte, d’un intérêt unique, qui a été faite à Timgad. Nous avons vu que l’extrémité du marché de cette ville est occupée par un portique, en forme d’abside semi-circulaire, à l’intérieur duquel rayonnent sept boutiques. L’entrée de ces boutiques est barrée, à un mètre environ du sol, par une belle et large dalle en granit bleu supportée par deux montants et faisant une légère saillie en dehors de la boutique. C’est là que le marchand exposait ses denrées. Ces boutiques n’ayant pas d’autre ouverture ni dégagement, il fallait, pour y entrer ou en sortir, passer sous ou sur la table en pierre. Cela se pratique encore dans plus d’une boutique de Tunisie ou d’Algérie31. Nous donnons (fig- 4739), d’après MM. Cagnat et Ballu 3S, une vue de ce portique semi-circulaire avec ses boutiques et leurs tables en pierre. On sait, par une inscription, que M. Sempromus Hymnus, citoyen de Yillajoyosa en Espagne, fit rétablir, avec ses tables en pierre, le marché de sa ville natale qui tombait en ruines36. Les marchés considérables, celui de Livie entre autres, à Rome, avaient plusieurs areae entourées de portiques 37.

Au centre de Y area du marché de Pompéi se dressent,

I Suet. Caes. XLIII. — 2 Varr. H. rust. III, 2, IG; Cic. Divin. II 27 3 Corp. inscr. lat. IX, 1169. - 4 Ibid. 2475. - 5 Ibid. 2653. - 6 Ibid. 28 — 1 Jbid. 3682. — 8 Ibid. X, 1450, 1457. — 9 Ibid. 5807. — 10 Ibid XIV 09 -U Ibid. XI, 3014. 12 Jbid. 3388.-13 Bull. corr. heü. XVII, p. 3, no 6 — 14 Ib

J- 4^’ /é,rf:XX' P- 12«® 145— 16 C. i. I. XII, 4248. - 17 Ibid. 44

°' Ihld ■ ' 123°3 — 19 R. Cagnat et A. Ballu, Timgad, p. 209; C. i

VIII, 2398, 2399. - 20 Ibid. 9062-9063. - 21 /«rf. IX, 3162 22 J XI 4«3

7W X, 2638. 24 Ibid. V, 222-235. - 25 Ibid. VI, 1 178 ; Cagnat et Ballu,/.

- 26 Terent. Adelph. IV, 2, 575; C. i. I. VIII, 9062-3; IX, 2475. 2638- Cagr

et Ballu, O. I. p. 189. — 27 Liv. XL, 51 ; C. i. I. V, 3288 : tabernac cm,,

ubi mercatas ageretur. — 28 Cf. Mau, Pompeji in Leben und Kunst , 1 00 4, p- ^

— 29 Cagnat- Ballu, O. I p. 197, s. pl. xxm. — ™ D’après Cagnal-Ballu, p • ^

— 31 Voir le plan d’Andrea de Jorio, Iticherche sul tempio di ^"Pj ' resiiere zuoli, pi. v, et, d’après lui, Cagnal-Ballu, p. 211; T’asq. Pauiini, , anantt's. aile antichità ...di Pozzuoli, Cuma, Baja e Miaeno, pl. XX!V, avr) ■ ,-nat- Ballu,

— 32 Pasq. Pauvini, pl. xxm. — 33 Jordan, Form. Urb. pl. xn, 60. l”|’en8en>[>lc

p. 198. Voiraussi, p. 199, fig. 90, une de ces boutiques, el pl.xxv cl xxm , ()-g

de ce portique — 3.7 Ibid. pl. xxvn. — 30 C. i. I. IL 3570,

MAC

MAC

diSp°sl'('

une pa

Iholus. Varron

(,,rcle, douze bases entourées d'une bordure <S|'n,( douze pans. Ces bases supportaient des P0lyg°na '' ‘'ourd’hui disparues, sur lesquelles reposait c°lonnOS’ ‘^j^ipe quj abritait un bassin 1 . Ce petit pavillon, unl0llC"' h' verrons tout à l’heure, existait dans presque <Iui- n0Ubiu,.u.chés, sinon dans tous, et en était comme l0l'S ' uic distinctive, se nommait, à cause de sa forme, en faitmention : tholus macelli 2. On peut

ntrP fleure 4738 le tholus du marché de Pouz-

VOir sur noue **&

zoles, «'ont les

subslructions étaient encore visibles. H était

aussi circulaire et

soutenu par clés colonnes dont les bases étaient placées entre des petits murs extérieurs perpendiculaires a la circonféivncc. Quatre ose; tiers de cinq marches, en vis-à-vis, conduisaient du pavé de l 'mra au niveau suret vé du tholus3. frite même

partie du marché est figurée dans le macellum qui sert de type à une monnaie de Néron (fig. 4740) 4. A Timgad, le centre de Yarea était occupé également par un bassin carré, mais non recouvert5. Les marchés d’Éphèse6, de Pergé1, de Sagalassos8 offrent le même monument central. Les débris trouvés sous le tholus du marché de Pompéi ont suggéré à M. Mau l’opinion que là on écaillait et lavait les poissons qui venaient d’être vendus 9.

Le marché de Pompéi avait une salle plus grande que les autres boutiques, avec, sur trois de ses côtés, un étal ou comptoir derrière lequel le marchand pouvait circuler. Cette salle qui est située tout au fond du marché, à droite, semble avoir été affectée à la boucherie ' ‘" ' laissons10. C’est sur le comptoir de gauche que

contenir du vin et d’autres liquides. L emplacement du marché de Livie a donné de grands doliurns'3; dans le marché trouvé sur l’Esquilin on a découvert des vases de vin avec inscriptions, les boutiques d’un marchand de couleurs et d’un parfumeur14.

Tout au fond du marché de Pompéi, la salle centrale située en face de la grande porte d’entrée était surélevée de plusieurs marches, ornée et consacrée au culte des empereurs. On y a trouvé dans des niches les statues d Oc-

tavie, sœur d’Au¬

Fig. 4739. — Boutiques du marché de Timgad.

Fig. 4 ; 40 . — Rot onde de marché.

poisson; et, à cet endroit, tout était ménagé

Jl 1111 f" iliter 1 écoulement des eaux vers la rue. D’ailleurs I |wii sans doute, dans les marchés, des endroits où " <;la^ conservé vivant dans des piscines11. Les ch.i| ! 1 s du même marché contenaient des figues, des serV('lh|KS’ C*es Pruneaux, des raisins et des fruits con- (les ’q ^es bocaux en verre, des lentilles, des grains, sentln'i"]' '* *?eS me^s préparés 12. Des peintures repré- SOn (|( ' 1 h oiseaux vivants ou tout dressés pour la cuispoissons d’espèces variées, des vases destinés à

guste, et de son fils Marcellus, et des débris ayant vraisemblablement appartenu à une statue d’Auguste, dont le piédestal, au centre, existe encore.

Deux autres niches étaient vides 15. Le marché de Pouzzoles se terminait également par une abside 16 au fond de laquelle se trouvait une niche ayant probablement donné asile à une statue de divinité17. Sur la monnaie de Néron, au fond du marché, comme dans les temples des types monétaires, on voit une divinité (fig. 4740). Il y avait donc dans les marchés, et à une place d’honneur, un local orné, consacré au culte. On a trouvé à Bracara, en Espagne, une dédicace au genio macelli1*.

Le marché de Pouzzoles était muni de deux latrines19. On n’en a pas trouvé dans celui de Pompéi, mais les latrines publiques du forum étaient en face [latri.xa, p. 989]. Sous le marché delà via Principe Amedeo, tout un système d’égouts entraînait les eaux et les détritus, tandis qu’un canal faisant tout le tour de Yarea servait au même usage, sans doute aussi au lavage et, en même temps, recevait l’eau de pluie provenant des toitures20. Il semble, d’après des inscriptions, qu’il y avait aussi un canal au marché de Pouzzoles 21 .

Les marchés étaient pourvus de balances et de poids conformes aux prescriptions légales. Les poids et les mesures officiels, à Pompéi, étaient dans un petit édifice, sur le forum, en face du marché22. On voit des citoyens d’Ostie23 et d’Aumale24 faire don de poids au marché de leur ville. Les fouilles du marché de l’Esquilin ont mis au jour des poids et des balances 25.

Plus ou moins riches suivant la prospérité des villes auxquelles ils appartenaient, les marchés n’en étaient pas moins des constructions soignées et ornées. Les citoyens généreux contribuaient à leur ornementation : ornatus 26, ornamenta 21 ; ils les enrichissaient de marbres 28 , de

Villon central et i ' 3/' ^°*r P* 87, fig. 38, la reconstitution de ce

Ri««, Satur. rrl- U portique du marché de Pompéi. — 2 Ap. Non. VI, 2, p. 448;

iinp. rom )' *!;, 18,1 ’ '^arl- H, 89. 2. — 3 Pasq. Pauviui, pl. ram. — 4 Cohen, ~ Palkcucr, Ephe P' 288, Noro’ n° 12c- " 5 Cagnat-Ballu, O. I. p. 190, fig. 85. 1,1 Pisiilir, t. ]] 'p | 'll(l’ P ban ; Laukorowski, Les villes de la Pamphylie et de ' 'a I'. 30 n, __ 1 . ' Nicman et Petersen, Les villes de la Pamphylie , plan

Laukorowski, O. I. t. I[, p. 135. 9 Mau, O. I. p. 86.

— 10 Ibid. p. 87. — 1* Varr. H. rust. 111, 17 : macellum piscinarium — 12 Mau, O. I. p. 86-87. — 13 Ibid. p. 90. — ** Bull, comun. t. II, p. 214-215. — 1» Ibid.

10 Mau, Pompeji. p. 90. — 17 Voiries plans, L. I. ; Pasq. Pauvini, p. 65; Cagnat-

Ballu, p. 211. — 15 C. »• I. XII, n» 2413. — 19 Cagnat-Ballu, p. 212 et fig. 98.

20 Bull, comun. II, p. 213. — *16’. i. I. X, 1690-1692. — 22 Rretou, Pompeia, p. 137;

Mau, Pompe ji. p . 83. — 23 C. i. I. XIV, 375, 423. — 24 /Ait/. VIII, 9C62. — 25 Bull, comun.ll, p. 214-215. — 26 C. i.l. XIV, 2946. —27 Ibid.X, 450,457. — 28 Ibid. IX, 2475.

MAC

colonnes', de mosaïques*. On a retrouvé au marché de Pompéi de belles peintures représentant soit des sujets mythologiques, soit des denrées alimentaires, et de belles statues*. Le marché de Timgad, quoique beaucoup plus pauvre, était orné aussi de statues 4 et de sculptures (1 un mérite réel ’. Il en était de même pour le marché de Pouzzoles 6.

Si l'on veut se faire d’un marché romain une idée bien exacte, il suffira de prendre, en y rétablissant les lois de la poispectixe qui ne peuvent pas être observées dans un type monétaire, le marché qui figure sur la monnaie de Néron (fig. 4740) 7. On y verra l'area entouréede portiques avec l’étage supérieur; au centre le tholus et, au fond, le sanctuaire de la divinité. Henry Thédenat.

MACERIA, IMAGERIES. — Clôture faite de pierres, de briques cuites ou crues, de pisé1, de terre et cailloux mêlés2, le plus souvent assemblés sans ciment3; mais il y en avait aussi de régulièrement construites en bonnes pierres jointes à la chaux4. De pareilles clôtures entouraient dans la campagne une vigne, un bois, un jardin, une garenne5, ou servaient d’enceinte autour d’une maison6, d’une villa7, d’un tombeau [sepulcrum]. César donne le même nom8 à un rempart placé derrière un fossé. E. Saglio.

MACHAERA (Mrfyatoa). — Épée, coutelas à un seul tranchant. Cette arme est déjà nommée dans Y Iliade1 où elle est distinguée du ijtooç, épée ordinaire [gladius], et parait être un couteau suspendu au baudrier à côté de l’épée. Chez les écrivains des temps postérieurs, les deux armes sont souvent confondues; quand leur emploi est précisé, le mot gayaipa désigne un glaive qui n a qu un tranchant, par opposition au çiçoç qui en a deux. Xénophon est particulièrement explicite sur ce point, dans un passage2 où il dit qu’il préfère pour la cavalerie la gâ/aipa au Çàpo;: elle fera, dit-il, plus de mal à l’ennemi, parce que le coup sera plus efficace porté de haut avec une lame telle qu’une xo tu;, c’est-à-dire une lame courbe et faite pour frapper de taille. C’est là le caractère que Xénophon veut marquer, et c’est pourquoi il rapproche les deux mots gxÿ'aipa et xoTtt'i;3; quelquefois il les emploie l’un pour l’autre, comme d’autres auteurs, quoiqu'il n’en ignore pas la différence [copis].

La (j-â/xtpa est à la fois pointue et tranchante d’un côté. Elle n'a pas la forte courbure de la copis que l’on comparait à celle d’une faucille. Nous la reconnaîtrons sur les vases peints dans ce grand coutelas souvent figuré dans la main des guerriers, dont la pointe reste à peu près dans l'axe de la poignée, le dos droit ou légèrement arrondi et le taillant convexe ou creusé à la base (fig. 4741) 4, dans la partie la plus épaisse de la lame

l Corp. inscr. lut. L. I. ; Bull. corr. hell. t. XX, p. 125.— 2 C. i. I. IX, 2854.—

3 Mau, Pompeji, p. 87, s. — 4 Cagnat-Ballu, p. 188, s. — 5 Ibid. p. 200, s. —

« Pasq. Pauvini, p. 64. — 7 Cohen, Monnaies imp. 12, p. 288, Nero, n» 126.

MACERIA, MACER1SS. 1 Varron, De r. rust. I, 14, 4, distingue les contrées où ces divers matériaux étaient employés. — 2 Cf. Plin. Uist. nat. XXXV, 48, 1, et Schneider ad Varr. L. I. — 3 Apul. Florid. 23. — 4 Cat. Jt. rust. 15. — 5 Varr. 111, 5, 12 et III, 12, 3; Serv. ad Georg. 11,417; Sisenna ap. Non. s. v. ; Tescus, Ad.

' i 7, 10; Sic. Flacc. p. 138; Lacbman. Prud. Hamart. 227. Voir Promis, Vocab. latini di architettura , p. 127. — 6 Cic. In fam. XVI, 18. — 7 Sisenn. L.I.- 8 Bell gall. VII, 69 et 70.

MACHAERA. I //. III, 271 ; X, 844; XVIII, 597; XIX, 252; cf. Lel.rs, De Aristarchi studiis homericis, 2« éd. Leipz. 1865, p. 89. — 2 Eq. XII, 11. Xénophon distingue encore les deux armes, Hist. gr. III, 3, 7; Cyr. I, 2, 13. — 3 Euripide, Cycl. 241, emploie le môme mot adjectivement à côté de pi/aipa ; xontSx; uaya(f«5 ; cf- fl- Estiennc, Thesaur. s. v. et ad Xenoph. 1581, p. 24. — 4 C. Robert, Scenen der 1 lias und Ailhiopis , Hall, Winckelmanns progr. 1891, pl. m; à rap-

MAG

qui va s’élargissant du bas et ne se rét ■ • qu’en s’approchant de son extrémité 011*1 °l S’eflile vent munie d’une garde en avant, avec SOu‘

terminé par un pommeau ordinairement conl ^ crosse ou ayant la forme d’une tête d’mi U1'n,; en mal (fig. 4742) 5 . ani'

Comme la xot icfç, avec laquelle elle se confond aussi dans cet emploi, la aâya!'ox servait encore à ceux qui découpaient les chairs des animaux, soit dans les sacrifices soit dans la cuisine6, opérations qui n’en faisaient qu’une àl’origine et qui pendant longtemps ne furent pas séparées [lanius, coena, p. 1270] ; pour l’une et pour l’autre on n’avait pas des instruments différents; c’étaient les couteaux mêmes qu’à la guerre on portait à la ceinture. On ne peut donc s’étonner d’en voir un, semblable à larme qui a été décrite, en usage encore par la suite dans les sacrifices, par exemple dans .Fig. 4741. la figure 4743, d’après un vase Épécs cn formc dc ”cou!elas-

peint 7 [cf. copis, fig. 1933 ; voir aussi culter, p. lo54 et suiv.].

Le mot p.xy’oupoi et ses diminutifs gayaipiov, gayatptç, servent à désigner aussi un scalpel de chirurgien ayant pour caractère d’être pointu et à tranchant convexe8; un rasoir9, dontlaforme devait être analogue, et enfin dps ciseaux10; nous trouvons là encore des indications sur ce qu’était l’arme du même nom.

Le mot machaera, dans le sens d'épée, est employé par les auteurs latins11, et on voit par plusieurs passages qu’ils appelaient ainsi un glaive allongé, pointu et à un seul tranchant que l’on saisissait

4743. — Couteau de sacrifice.

à deux mains 12. On sait aussi qu’ils Fig avaient adopté la machaera ibérique à la suite de la seconde guerre punique13. Denys d’Halicarnasse donne le même nom aux épées des Gaulois : c’étaient, dit-il14, de très grandes xonîSsç. Ailleurs le même nom s’applique à un couperet de boucher .

E. Saglio.

proclier d’autres vases, notamment de celui du Musée de Naples, Vaseiisamml. d. Museo zu Neapel, n. 2422; Id. lliupersis, II, > ^'/s'

XIV, 41. Voir encore de Luynes, Descr. de quelques vases , al , ^ ynscs de zonenvase von Ruvo, I; Gerhard, Auserl. Vasenb. pl. cvii; de Laborde, Lamberg, II, pl. xvii. — 5 Dullet. de la Soc. des Antiq. de > ^

p. 221 ; cf. Carapanos, Dodone , p. 238 (Heuzey) et gladius, fig. 5,1 10- ,

III, 271; XIX, 252; Herod. II, 41; Piud. Nem. VII, 42; Ol. I, 401 ;

403; Aristoph. Thesm. 700 ; Pac. 946, 1015; Equit. 492; Plat. c°“\ap’ w W; Schol. Pac. 946. -7 Monum. d. T Inst. VI-VII, 1860, pl. xxivu. - «‘PP . ’

cf. Aristot. De gen. an. V, 8, 13. — 9 Poli. X, 89 ; Photius, M:«v 1**7“ ?

- 10 Mc *«*.•»., ou Poil, n, 32; Aristoph. l

Lucian. Adv. ind. 29. — » II est fréquent chez Plaute, Cure, lu, 5gg ;/,v. 212; Ilud. II, 2, 9 ; Mil. I. 1, 53, etc. On le trouve chez Ennius, Ann. < ^ ^ hetief-

chez Caccilius, Com. 69. — 12 Plaut. Truc. II, 6, 25 , Polyb. ’ " __ 14 Ap.

V, 24; Isid. Or. XVIII, 6, 2. - 13 Polyb. L. ,5.

Mai, Script, vet. II, p. 4-83 : KoictÆe; uitepfv/iîtets.

MAC

MAC

au

vis Ixo/

,VA Mvj/avY|). — Les termes M/mi et machina ,|A<; . M| d’une façon générale, chez les anciens, ^T-nven’tion ingénieuse, ou, en un langage plus l0Ml ■ tout appareil ou moyen mécanique qui faci- ^lTtraàil de l'homme ou augmente sa puissance1. liu 1 1 ■ Initions arecs distinguent deux sortes de ma- ■ ,,s les simples et les composées. Les premières sont C "nombre de cinq : le levier (g.ozX ôç), le coin (o-cp^v), la )rj: la moufle (itoXûffiradTov), et le treuil (açwv h . Les secondes, très diverses, sont des cornbiniisons des simples. Parmi les machines simples on , croire que deux an moins, le levier et le coin, étaient connues dès la plus haute antiquité 3. La première allusion certaine à une poulie ou moufle sp trouve dans les Mechanica attribues à Aristote , et qui sont, en tout cas, d'un contemporain. Mais l'usage de la poulie, et aussi du treuil, est certainement bien antérieur ; nous verrons, en effet, plus loin :i que dès le v° siècle les apparitions des dieux sur le théâtre se produisaient au moyen d’un appareil, appelé yspavo; ou g^avi j, lequel n’était autre chose, comme l’indique le premier nom, que ce que nous appelons aujourd’hui une grue 6 ; or, une grue, si rudimentaire et si simple qu’on la suppose, ne saurait se passer d’une poulie et d’un treuil. Quant à lavis simple, le seul fait qu’on attribuait à Archimède l’invention de la vis sans fin , qui en est un perfectionnement, prouve bien qu’elle était déjà connue avant lui [cochlea].

Toutefois l’invention et la construction des machines resta pendant des siècles une affaire d’instinct et de routine, Selon Diogène Laerce1, Archytas fut le premier qui appliqua la géométrie à la mécanique, et traita théoriquement de celle-ci8. Après lui, il faut citer l’auteur des Mechanica , dont nous avons déjà parlé. Ce livre est une série de trente-cinq questions, relatives pour la plupart au levier 9. On y voit que, dès le ive siècle av. J.-C., la théorie mathématique du levier était à l’étude, et que c était dès lors un principe connu que, si la puissance et la résistance tiennent un levier en équilibre, elles sont inversement proportionnelles aux bras de ce levier 10. Les questions posées dans ce traité ont un intérêt pratique ou purement scientifique. Exemples : Pourquoi les véhi- Ml.! ' l,0arvus cle grandes roues sont-ils plus aisés à mou- 'ou qco les véhicules à petites roues 11 ? Pourquoi est-il j 'N I," de d extraire les dents avec des tenailles qu’avec s "" ■ Pourquoi tout projectile, une fois lancé, l"11 PP1 ■ Pourquoi, dans une eau tournante, les uiivn S°nl "^S entrainés vers le centre u? Dans le même /,yJ 'P aPparaît aussi déjà quelque notion du paraltj;rm forces et du principe des vitesses vir- ’ P auteur du fragment De °tlnbué à Euclide,

“^centre*1 J)0^s sPédfique. Enfin le terme même de ( 1 gravité » (jcsvtpov pàpouç) doit avoir été

" Machina ost con t /n ^ n * * ^°n C^ue ProPose Vitruve, X, I, 1, est tout à fait insuffisante : vil'l>.lcs g ,, "IU1S cx maleria conjunctio maximas ad onerum molus liabens tell,!.... Xlensiou du mnt ï) : . 7y: i . v i.

giucui j uc levi et ponderoso, semble avoir pressenti ce qu’on

P- 37 ; Memorie d. Accad. delle Scic?ize di mathematics * ai ^ machinator. — 2 J. Gonv, A short history of

h'tlura presm ,• lc,lsl0n ni°f machina, voir Promis, Di arcliitetli e Varclii-

b£ iVÆ? 1871>

|OQ I v ■

y'eil'nû ; voir plus ]jàs *' ‘ ' ** conv>endi'ait, semble-t-il, d'y ajouter le plan

* Ct sujet Choisy // °S^ <le 'a mécanique des Égyptiens, p. 1402, — 3 Voir

"" ,1- 1471. - G fj jf’f- de Carchitect. I. I, p. 4 sq. et les figures. — 4 C. 18. 1,1 frtech. u. 1|mncr, J echnol. und lerminol. der Gewcrbe u. Künstc

a>,‘is sans garantie snrr*' **’ ~ 1 VIII, 83. — 8 Ou lui a attribué parfois,

( I1- lis. n t, . , ,llllli lu découverte de la poulie cl. de la vis. Voir J. Gow,

- Aulu-llello, X, 1»,

2, parle aussi d'une colombe mécanique, inventée

inventé avant Archimède, puisque celui-ci en use à tout instant sans le définir.

Néanmoins, les premières études vraiment scientifiques des lois de l’équilibre et du mouvement datent d’Archimède. Deux de ses traités se rattachent à la mécanique : 1 un intitulé ’E7ti7t£8ü>v IcoppoTtiai (ou Mï^avixâ) sur 1 Équilibre des plans , l’autre Ilspt twv ûoart éçpbjTap.évoiv vj 7ispl ôy ougévwv sur les Corps flottants. Bien que ces œuvres fussent surtout spéculatives, 'et qu’Archimède, selon 1*1 utarque 1G, eût peu d’estime pour les applications pratiques, ilestcertain cependant qu’un très grand nombre d'inventions utiles lui sont dues. De ce nombre sont la vis creuse, dite vis d'Archimède (xo^Àiaç), qu'il imagina, selon les uns, durant un voyage en Égypte, pour dessécher les marais du Nil, ou, d’après les autres, pour épuiser la sentine d'un navire monstre, construit par Ifiéron [c O CH le A J 17 ; la vis sans fin (IXiç) et la moufle (7coXû<r7ta<7xov), employées, suivant la légende, à traîner à la mer ce même vaisseau18; la théorie du levier dont il sentait à ce point la puissance qu'il disait : « Donnez-moi un point d’appui, et je soulèverai le monde19»; la création de l’hydrostatique, à laquelle se rattache l’anecdote bien connue (sup-rjxa)20; enfin, nombre de machines de guerre21. C’est surtout à propos de celles-ci que la légende s’est donné carrière : on racontait qu'Archimède, pendant le siège de Syracuse par les Romains, avait inventé des machines qui lançaient des pierres ou des traits à une distance considérable et d’autres qui, saisissant avec un croc les galères ennemies, les laissaient retomber dans la mer ou sur les rochers. On disait même qu'il avait réussi à enflammer ces galères à distance, au moyen de miroirs22. Ce dernier trait est sans doute fabuleux : ce n’est peut-être qu’une interprétation naïve des observations qu’Archimède avait consignées, dans son traité de Catoptrique , sur la réfraction et sur les miroirs ardents.

Après Archimède, il faut mentionner encore plusieurs constructeurs de machines, d’un talent éminent. Ctésibios23, qui vivait au 11e siècle, découvrit le premier la force élastique de l’air, et s’en servit comme puissance motrice : il construisit notamment sur ce principe un pierrier à air comprimé (ispovovoî), analogue probablement à notre fusil à vent 24. Ctésibios avait exécuté aussi plusieurs appareils hydrauliques25 : le plus important esL la pompe aspirante et foulante qui porte son nom 26 (' Ctesibica machina) [sipiio]. On lui doit encore la première horloge à eau ou clepsydre27 [uorologium], les orgues hydrauliques 28 [hydraulus]. A côté de ces inventions utiles et pratiques, Ctésibios en avait imaginé une foule d’autres qui n’étaient que curieuses et « divertissantes pour l’oreille et les yeux », dit Vitruve29. Il avait expliqué et décrit toutes ces inventions dans un livre, aujourd’hui perdu, intitulé 'Y7rou.vvjgaTa.

par Archytas. — 9 J. Gow, O. I. p. 189, n. 2 et 237. — 10 Quaest. 3. — il Quaest.

11. — 12 Quaest. 21. — *3 Quaest. 33. — 14 Quaest. 36. — 13 C. 1 cl 23. 10 Vit

ilarcell. 14. — 17 Dioil. 1, 34; V, 37 ; Vit. X, 0(11); Pbil. III, p. 330, éd. Pfeiffer.

— 18 plut. Vit. Marcell. 14; Atbcn. V, 207 A-B; Galou. In l/ippocrat. de artic. IV, 27 (XVIII, p. 747, éd. Kiilin) ; Orib. IV, p. 407, éd. Busscmakcr-Davemberg.

— 19 Tlzelzes, Chil. Il, 30. — 20 VU. IX, 3. — 21 Polyb. VIII, 7 ; Tit. Liv. XXIV, 34 ; Plut. Vit. Marcell. la. — 22 Remarquer, du reste, que cette histoire, répétée à satiété par les écrivains postérieurs, sc rencontre pour la première fois chez Lucien (Hipp. 2). — 23 F. Snsemihl, Geschichte der griech. Littéral, in der Alexandrinerz. I. p. 734-6 cl les noies. — 2t Pbil. lietop. [Mathemat. veteres, éd. Thévcnol, Paris, 1693), p. 77.-23 Vil. IX, 8(9), 4.-20 ],(. X, 7 (12), t. — 27 Id. IX, 8 (9). 4.

— 28 Id. IX, 8 (9), 2. 29 X, 7 (12), 4; of. Procl. In Euclid. p. 41, 8 sq. Friedl.

MAC

MAC

Héron d'Alexandrie1, élève de Ctésibios, se distingua également dans la mécanique théorique et dans la mécanique appliquée. Deux de ses ouvrages surtout méritent d cire signalés ici. Dans les M^avixa, « il traitait du centre de gravité, donnait la théorie générale et les conditions d'équilibre et de mouvement des cinq machinessimples.... 11 traitait aussi de la puissance des roues, et spécialement des roues dentées, et de beaucoup d’autres problèmes applicables à l'utilité pratique2 ». Un autre ouvrage d’Héron, qui portait le titre de BapoùXxoç, était consacré sans doute à la théorie des machines destinées a lever les fardeaux. On a de lui également un important traité (IIvE'juxTixi) sur la mécanique des gaz et des liquides. Cet ouvrage « oflre des applications ingénieuses des connaissances que les savants alexandrins possédaient en ce qui concerne la force élastique et motrice des vapeurs et des gaz, soumis à l’action de la chaleur et de la pression, et spécialement en ce qui concerne l’action que ces vapeurs et ces gaz, comprimés ou dilatés, exercent sur l’équilibre ou le mouvement des liquides. On y trouve décrits, notamment, un tourniquet mil par l'échappement de la vapeur , la fontaine intermittente et la fontaine à compression, avec sa pompe foulante à air3. Au milieu d une foule d'objets d’amusement, on y rencontre quelques instruments d’une utilité réelle, tels que les ventouses mécaniques sans feu, les seringues pour aspirer le pus des blessures, diverses espèces de lampes, les siphons, la pompe à incendie et l'orgue hydraulique 4 ». Très important aussi était un traité en quatre livres sur les horloges hydrauliques, IIspt uSptwv d>p oaxo- "e'-ojv. Deux ouvrages, les Aùtojjkxtix et les Zûyia, ce dernier perdu, appartiennent à ce queles anciens appelaient ôauuato7coit|tix^, c’est-à-dire à la physique amusante. Le premier traité des machines automatiques 5, les Z ûyta (ce nom parait venir de Çfiyoç, fléau de balance) décrivaient, à ce qu’il semble, « certaines petites machines amusantes, construites d'après les conditions d’équilibre et de mouvement des corps solides autour d’un point d’appui et de suspension0 ». Enfin Héron était l’auteur d'une Catoptrique amusante, et de plusieurs ouvrages sur les engins de guerre.

A ers le même temps, Philon de Byzance composa un ouvrage d’ensemble sur la mécanique, M-qyavixT] ffovraljiç, en neuf livres ‘. Le premier livre traitait de mécanique pure. Dans le second, il s'agissait de la théorie du levier et des machines fondées sur ce principe (goyXtxâ). Les suivants, dont les noms indiquent suffisamment les sujets, étaient intitulés XigEvoTto tcxdt ( De la construction des ports), (kXommxx (Des machines de jet), 7tv£U(x<mx«,

aÙTOp.aTO7TOl7)TlX0C, 7toX'.OpX7]TtXX, etc.

Après ces grands noms, la mécanique appliquée aussi bien que les mathématiques pures déclinèrent rapidement à Alexandrie8.

A Rome, il nous faut citer Vitruve, qui n’est pas un savant original, mais dont le livre De architectura est très précieux pour nous, parce qu’il a décrit en détail nombre de machines, en usage de son temps, particulièrement les machines élévatoires et hydrauliques 9.

1 Suscmihl, O. I. p. 737-744; Tb.-H. Mari in, Jiecherch. sur la vie et les ouvr. d Héron d Alex., dans les Mém. présent, par div. sav. à V Acad, des inscr. et b. lett. 1” série, t. IV; J. Gow, O. I. p. 276 sq. — 2 Th. -H. Martin, O. I. p. 30. — 3 Chose étonnante, la fontaine dile fontaine d' Héron n’y est pas décrite. — 4 Ibid. p. 4C-47. — & Prou, Les théât. d’automates en Grèce , dans les Mém. présent, à VAcad. des inscr. et b. lett. lrc série, t. IX.

Il ne saurait être question, naturellement t ici une énumération complète des machi donncr chez les anciens. On trouvera chacune d’ofl?" .Usa»B décrite à son nom. Toutefois, on peut les divl^? sieurs catégories principales. en l)lu-

Page 1