I. Machines employées dans les métiers ou
qui ont pour but de satisfaire aux besoins n 4 la vie, par exemple les machines à moudre le blé h?
4 fouler’4 fabri<l"er n™* « le vu [P»ÏU1M, J„E0Tl‘l-
torcular], a tisser [tel*], les i„slrumeilts’
[rustica res], etc. Parlant de ces machines Vitruve !prime ainsi : , Ce qui est le plus nécessaire et qui a dé invente avant toutes les autres choses, est le vêtement pour l’inventer, il a fallu, à l’aide de plusieurs instru ments, trouver moyen d’entrelacer la chaîne avec la trame, et cet entrelacement a produit une chose qui n’est' pas seulement nécessaire pour couvrir le corps, mais qui lui sert d’un grand ornement [tela]. Nous n’aurions aussi jamais eu l’abondance des fruits dont nous sommes nourris, si l’on n’avait trouvé l’invention de se servir de bœufs et de charrues [aratrum, juglm • et sans les moulinets et les leviers qui servent aux pressoirs, on ne pourrait faire des huiles claires et des vins agréables, comme nous les avons [vectis, prelim, torcular] ; et tous ces biens ne pourraient être portés d'un lieu en un autre, si l’on n’avait inventé les charrettes, les haquets et les bateaux pour les transporter sur la terre et sur l’eau [plaustrum, carrus, navis]. Les balances et les trébuchets ont aussi été trouvés afin de faire savoir quel est le poids de chaque chose et pour empêcher les tromperies qui se font contre les lois libra]. Il y a une infinité d’autres machines dont il n’est point nécessaire de parler, parce qu’elles sont assez connues : telles sont les roues, les soufflets de forge, les véhicules à quatre ou à deux roues, les tours et les autres instruments qui sont d’un usage ordinaire [rota, FOLLIS, TORNUS, VEHICULA]10. »
II. IVLvcuines élévatoires ( maclnnae tractoriae), servant principalement à la construction des édifices.
Elles sont d’une invention relativement récente. Il paraît certain, en effet, que toutes les constructions des peuples primitifs, même celles qui nous étonnent par l’aspect imposant de leurs ruines, ont été élevées sans l’aide de machines. Chez les Assyriens, en parliuilin, peuple éminemment constructeur et qui n hésitait pas a prodiguer par centaines et par milliers des blocs énormes pour des travaux vulgaires, tels qu’une terrasse, on ne trouve aucune trace d’appareils mécaniques 11 • Bit. n 1’ '
ce peuple n’employait, à ce qu’il semble, poui -’1 * instructions, ni bêtes de somme ni chariots. C’est, du 111 11111 la conclusion qu’il est permis de tirer de tel monun ^ assyrien, où l’on voit des ouvriers occupés a 1 ^
tertre artificiel sans autres instruments que de s i des paniers pleins de terre 12.
Chez les Égyptiens, même à la meilleure epoq ressources de la mécanique étaient égalemen ^ nne tées13. Il est remarquable qu’aucune peintmmp) nj ne nous montre ni poulie, ni moufle, ni ca
___ 8 Ibid.
— G Tli.-II. Martin, O. I. p. 42. — 7 Susemihl, O. • P- __ | n«»<
- » Voir plus bas. - Vit. X, I, t, traduct. Perrault ( ^ t3 Le-
Ninive et l'Assyrie, I, p. 20 et 33. - Place, O l. p- 1 J0MS />,««»»' tronne, Mém. sur la civilisât, égypt. dcp. I élu iss. ,. des i"scr‘ el l>‘ -tichus jusqu’à la conquête d’Alexandre, dans les un. lett. I. XVIII (1847), p. 32-34.
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iliine
quelçonq
ne. Tout au contraire, sur un bas-relief
lliaC""U . 'ro^ortasen *, qui représente le transport d’un dulcrllps ‘ oit celui-ci entouré de cordages et tiré direcco|o^C’"" 'nntermédiaire de machines, par plusieurs leinpnl’ Thommes attachés à des câbles ; d’autres porrang«es 1)0ur mouiller les cordes et graisser le sol teiit des ^ 1 colosse est traîné. Toute la mécanique du SU1 Ie<l!" ^jsiait en somme dans la force tractive des temPS- idée à l’occasion de leviers, de rouleaux et de
braS’ ''inclinés*. Nous avons à ce suJet 1111 imPortant PîaD^- de Pline l’Ancien3. Cet écrivain rapporte
^fhersïphron, l’architecte du premier temple d’Éphèse q,R'meucé àu vic siècle av. J.-C., ne disposant point de c0“” iniS p0ur élever à la hauteur voulue les énormes ^chilcaves de cet édifice, fut réduit à en enterrer les bonnes au moyen de sacs de sable formant un plan incliné sur lequel les architraves étaient ensuite roulées ■■ force debras. Voilà donc où en était la mécanique élévaloire au vie siècle. Si les Égyptiens de ce temps avaient possédé un moyen plus perfectionné pour le dressage des monolithes, il est de toute évidence que les Grecs, qui depuis Psammitichus parcouraient librement l’Égypte, l'auraient connu et emprunté. On doit, par conséquent, admettre que c’est par le même procédé rudimentaire que les Égyptiens ont accompli tant de travaux gigantesques, par exemple le montage des colonnes de la salle hypostyle de Karnak, qui ont 21 mètres de haut et
I 10 mètres de tour, ainsi que de leurs énormes archi- I traves : on enterrait toutes les colonnes à mesure qu’elles I s’élevaient, et l’on allongeait graduellement le plan incliné. Des procédés si primitifs exigent évidemment I des masses d'hommes considérables. Si mille hommes ne I suffisaient pas à un travail, on en prenait dix, vingt, cent I fois plus. C’est ainsi que, d’après la tradition, Rhamessès I avait employé, pour dresser l’un des obélisques de I Tlièbes, jusqu’à cent vingt mille hommes à la fois A En résumé, c’est en Grèce que les premières machines I élévatoires paraissent avoir été inventées, entre le
vi° siècle, époque où nous avons vu Chersiphron recourir encore, pour le dressage des architraves du temple d Ëphèse, au procédé élémentaire du plan incliné s, et le ' siècle, où apparaît au théâtre l’usage de la méchané6. II est assez probable que le développement de la navigation provoqua la découverte de ces machines : la marine, (k bonne heure très florissante en Grèce, nécessite en effet une machinerie très compliquée, treuils, palans, etc. 1
C est à 1 architecte romain Vitruve que nous devons la description la plus exacte et la plus détaillée de ces appareils. Mais la présence dans son exposé de nombreux eunes techniques grecs suffit à prouver qu’ils sontd’ori- S'ni grecque et non romaine8, h' pt ornière machine de ce genre, décrite par Vitruve9, U|nsliuit et fonctionne delà façon suivante(fig. -4744) 10 .
Utiles H il i inS0D’ J^anners and customs, III, 325. — 2 Voir sur le dressage des monodc pronv " I UeSaulcy, Hev. archéol. XXVI (1873), p. 1-1 1, où l'auteur s'efforce
leau
1 1 1 f|uc les architectes égyptiens
x et,
efforce
- - - vgjynüus se servaient uniquement de leviers, de rou-
31(14) . "p "s lnclinés formés avec du sable tassé. — 3 plin. Hist. nat. XXXVI, des p]ans Uiclin' XXXVI, U (9). — 5 Cette méthode de glissement par
statues sur leu', ' - cncore cn llsagc à Athènes au v" siècle, pour le dressage des inter, ait, | „„ ;^l^es^aux’ comme le prouvent les inscriptions; voir par ex. Corp. *’ s- av. j ,(■ ■ ■ — fi tomme preuve de l'habileté des ingénieurs athéniens du
fondes graïuies'V'0"1 t'l°' ^ mue mécaniquement, qui, pendant la proces-
^ddié à Athéna anal^n^esi transportait par les rues jusqu'à l’Acropole 1 c péplos A. Chois, o; °US’ Parthen ■ P- 32!il Philostr. V. sophist. Il, t, 5).
10 Celte lieûr ' j *’ P- 273- — 8 H. Blümner, O. I. III, p. 112. — 9 Vit. X, 2, 1.
1 omprunléc à Blümner, O. I. p. 113, fig. 8. — U Perrault [Les
On prend deux pièces de bois aa ( tigna )", proportionnées au poids des fardeaux qu'il s’agit d’élever. On les joint ensemble par le sommet au moyen d’une cheville h ( fibula ), puis on les dresse en les écartant par le bas. Des cordes fixées au haut de la machine et tendues tout à l’entour la tiennent debout. A son sommet on attache une moufle c ( trochlea ou rechatnus )12, dans laquelle plusieurs poulies ( orbiculi ) tournent sur leurs axes. Autour de la poulie supérieure, on fait passer un câble
Fig. 4744. — Machine élévatoire, d’après Vitruye.
de traction d ( ductarius funis ), on ramène ensuite ce câble autour de la poulie d’une moufle inférieure c' (mobile), puis on le remonte jusqu’à la seconde poulie de la moufle supérieure, et enfin on le redescend à la moufle inférieure dans un trou de laquelle on le fixe 13. L’autre bout du câble reste pendant aux pieds de la machine. A l’arrière des deux montants, là où ils divergent, on fixe deux pitons e (j^Aojveta), dans lesquels on introduit les deux extrémités d’un treuil f ( sucula ), de manière qu’elles y tournent facilement. Ce treuil, à chacun de ses bouts, a deux trous disposés pour recevoir des leviers rj ( vectes ). Au bas de la moufle inférieure, on attache des tenailles de fer ( forfices ), dont les branches s'enfoncent en des trous pratiqués dans la pierre qu'il s’agit de soulever. Il ne reste plus qu’à fixer l’extrémité libre du câble au treuil; les leviers font tourner celui-ci, et le câble en s’enroulant autour se tend et soulève par suite les fardeaux jusqu’à la hauteur convenable. La machine qui vient d’être décrite s’appelait xpémaarTOî, parce qu’elle comporte en tout trois poulies. Lorsqu’il y avait deuxpoulies à la moufle inférieure et trois à la supérieure, on lui donnait le nom de 7revTà<77iacjToç u.
Vitruve explique ensuite quelles modifications devront être apportées à la machine, si on veut qu'elle soit capable de lever de plus lourds fardeaux15. On augmentera pour cela la longueur et l’épaisseur des pièces de bois, ainsi
dix livres de l’archit. de Vitruve, corrigés et trad. 1684, 2e éd. p. 297) lit à tort tria ligna au lieu de duo, cl admet pour cette machine et les suivantes trois pièces de bois. Voir les figures jointes à sa traduction. — 12 Ce dernier mot est fort douteux. — 13 « L'effet de cette machine est que, l'une des moufles estant attachée au haut de l’engin et l'autre au fardeau, la corde qui le doit lever produit son effet eu faisant approcher tes moufles l'une de l'aulrc ; et elle facilite l'élévation du fardeau par la raison que, par tes deux replis que la corde fait sur les poulies des moufles, il arrive que la corde qui descend au moulinet fait le double du chemin qu’uuc des moufles fait en approchant de l'autre, et par conséquent elle n'a besoin que de la moitié de la puissance qui seroit nécessaire si elle ne passoit que sur une poulie et si la descente de la corde vers le moulinet étoit égale à la montée du fardeau » (Perrault, O. I. p. 297, n. 2). — H Vit, X, 3, 3; cf. Orib. XLIX, 22, t. IV, p. 407 (éd. Bussemaker-Darcinberg) sur la trispaste d’Archimède. — *5 X, 3, 3.
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que la force des chevilles qui sont, en haut et celle du treuil qui est en bas. Mais, à mesure que l'appareil devient plus pesant, la difficulté de le mettre en place devient naturellement plus grande. Le dressage exige alors une opération spéciale, que ^ itruve décrit ainsi lig. 1745) 1 . On se servira de deux sortes de câbles : les
Fig. 4745.
uns, fixés à l’avant de la machine (c'est-à-dire du côté vers lequel les pièces de bois an sont inclinées)2, resteront d'abord lâches {antarii funes)h ; les autres, partant du côté opposé (: retinacula ), i, seront attachés, aune assez grande distance, soit à quelque obstacle naturel, soit à des pieux fichés en terre auxquels on prêtera plus de solidité en leur donnant une certaine inclinaison, et en battant bien le terrain à coups de maillet tout autour 3. Au sommet de la machine on liera ensuite, au moyen d’une corde, une moufle A-; de ce même point on fera descendre un câble vers une autre moufle m, fixée à un pieu; on le fera passer dans la poulie de cette moufle inférieure, pour le remonter ensuite jusqu’à la moufle fixée au haut de la machine ; là on le fera également passer autour de la poulie, d'où on le redescendra jusqu’au treuil n, établi au bas de la machine, auquel enfin on le fixera. Cela fait, on actionnera le treuil au moyen des leviers; en tournant, celui-ci fera monter la machine sans aucun danger. Grâce aux câbles d’avant ( antarii fanes ) disposés autour de lui, et aux câbles d’arrière {retinacula) adhérents aux pieux, l’appareil sera bien affermi. Une fois dressé, on pourra s’en servir pour élever des fardeaux, de la manière qui a été dite plus haut.
En troisième lieu Vitruve décrit une grue plus puissante encore, destinée à soulever des fardeaux de taille et de poids exceptionnels (fig. 4746) 3. En ce cas, dit-il, il ne faudra pas se fier au treuil {sucula) : dans les pitons qui retenaient celui-ci on fera passer, à la place, un essieu o {axis), au milieu duquel sera un vaste tambour p {tympanum ou rota)6. En outre, les moufles ne seront pas constituées de la même manière que précédemment : on y doublera le nombre des poulies, c’est-à-dire qu’il y aura dans la moufle d’en haut quatre poulies, deux à chaque rang, et dans celle d’en bas deux poulies de rang. Cela étant, on fait passer le câble de traction d {ductarius funis) dans l'anneau de la moufle inférieure c' , en ayant soin qu'une fois tendu, il ait ses deux moitiés d’égale
longueur; puis, au moyen i à cet anneau, on arrête les deux moitiés ,1 r ne puissent glisser ni à droite ni à g\Ucl ?qu’elle8
bouts du câble sont ensuite ramenés du V L°S du,lx
(entendez par là le côté vers lequel inclinent
montants) jusqu’à la moufle supérieure c o' ^ deilx
passer sur les poulies d’en bas; de là ’0ll l! °n esfaît vers le bas de la machine et on les fait 'passer rement sur les poulies de la moufle inférieur J ^ quoi on les remonte encore parallèlement \maX?
,1 en haut pour les faire passer extérta * sur les poulies supérieures; enfin on les ramène 1 droite et l’autre à gauche du tambour, jusqu’à l'es ’sieul on les fixe solidement. Mais la machine comporte e I un autre câble q, enroulé autour du tambour qui d, se rend jusqu’à un vindas r {ergata) ; ce vindas, en tour nant, met en mouvement le tambour et son essieu- lr deux câbles de traction, en s’enroulant autour de l’essieu J se tendent parallèlement et soulèvent ainsi peu à peu iè fardeau. Au vindas on peut aussi substituer un tympan plus grand placé soit au milieu, soitàl’une des extrémités de l’essieu, et que des hommes feront marcher avec leurs
pieds. Par ce moyen on obtiendra plus facilement encore les mêmes résultats 7.
La dernière machine décrite par Vitruve diffère essentiellement des précédentes en ce qu’elle n a qu un mon-, tant, au lieu de deux (fig. 4747) 8. Elle est, dit \ Hrnxe, fort expéditive, mais elle demande pour être dirigée une main adroite. C’est une pièce de bois a, qu on met «lobout et qu’on arrête des quatre côtés au moyen de haubans b(>e t inocula). Au-dessous du point d’attache de ceux-ci on cloue sur le montant deux taquets c{chelonia ) , au ce® sus desquels on attache avec des cordes une m°ul c j qu’on appuie sur une traverse e { régula ) l0, longue t j'” viron 2 pieds, large de 6 doigts et épaisse de ^ moufles ont chacune trois rangs de poulies ,IV ' ^
poulies à chaque rang : en sorte qu il y a h’om 1 -1
1 D'apK-s Iil Uni ner, O. /.III, p. 115, fig. 9. — 2 Ils doivent d abord être tenus lâches, parce qu ils ne serviront à affermir la machine qu'une fois quccelle-ci sera dressée, et il ne s'agit pour le moment que de la lever. — 3 H. Blümncr, L. L p. J1G, fait remarquer que les montants de la machine doivent, pour facililer l'opération, être tenus, non complètement à plat, mais un peu inclinés. Au pied de chaque moulant, il faut aussi un obstacle ou une cale , pour qu’ils ne glissent pas. — 4 Ne pas oublier qu il ne s agit ici que du dressage de la machine, et que, par conséquent, le câble employé à cette opération n’est point le ductarius funis, dont il a été question pré¬
cédemment pour élever les fardeaux. — ° X, 4, o sq. La lig'111 ' ' (jans |cn»ss. Blümncr, O. I. III, p. 117, fig. 10. - « Les noms grecs ont été eS p0Ddcra — 7 Cf. Cucret. De tint. rer. IV, 903 : « Multaque, per tioi. < as . . ^ ^ ^ ügurt magna commovet atque levi sustollit machina nisu ». ' ’ . ■ «cs morceaux
est tirée de Blümner, O. L p. 127, fig. 13. - 9 Les cheloma sonUc.^ ^ ^ ^ de bois saillants, qui servent à soutenir la moufle fi11' 1 1 Peiit-^lrc était-
l’cmpécher de glisser. — 10 Le but de celte traverse n es! l,as elle destinée à écarter la moufle du montant.
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étant attachés au haut de la machine, traction/'11'"’,^. dehors sous les trois poulies
Eesceudeut du
Fig. 4747.
d’en haut de la moufle inférieure g, puis remontant à [a moufle supérieure, passent du dehors' en dedans sur les poulies qu’elle a en bas; do là, redescendant à la moufle inférieure, passent encore de dedans en dehors sous les poulies du second rang, puis remontent à )a moufle supérieure, pour passer également sur les secondes poulies ; et enfin, redescendant une dernière fois sous les poulies d’en bas de la moufle inférieure, puis remontant sur les poulies d'en haut de la moufle supérieure, retombent au bas de la machine. Au pied de l’appareil est une troisième moufle h que les Grecs appellent ÈTràywv, et les Romains artemon. Cette moufle, qui est fixée au pied du montant, a trois poulies sur lesquelles passent lus trois câbles, flui sont tirés par des hommes. Ainsi , trois ran- 8IIMl *l0rames, sans le secours du vindas, peuvent élever puniipli ment des fardeaux. Ce genre de machine, dit ( > sc nomme TroÀûsTtasToç, parce que, en raison de f i h1, uni nombre de poulies, elle tire avec autant de de hui lUe <le PromPL*tude *. L’emploi d’une seule pièce 1,1 N 1 " 1 ava-ntage encore que, en lui donnant préala- „i| nl. *nc^naison que l’on veut à droite ou à gauche, Tiiiii' ! | ^°Ser ^es fataux sur les côtés 2. servir i u 1 s machines décrites ci-dessus peuvent aussi 1,11 fier el à décharger les navires, les unes debout,
' l>crrault, 0. I, „ 302
marque a “■ “i la't à propos de la polyspaste la remarque suivante :
s°ul sans pei|le uu r nill^‘ machine avec laquelle il dit qu’ Archimède traisua luv Si Vi:ruvc n'avon^rai"' nav*rei cimrgé de loul ce qu’il peut porter estant sur mer. "ne parfaite cou '^cr*t celte machine assez clairement pour en avoir donné
*c P°lyspastc peut f l>CC’ ou C1'oiroit rl'le c’estautre chose; car on sçait que ce que
^"1 voir (|(le|| " .DS^ lout a fait éloigné des effets que Plutarque luy attribue. *°"le (les machines °n^n‘ola ^ 0,1 pc,|t avoir des autres miracles que cet historien |U” ''iever |os f j ' ■himéde. >> — 2 Les machines précédentes n’étaient aptes au conlraire, n'Otanl^"' '* SU1' '‘eu °ù ils avaient été pris. La polyspaste,
"l'puyéc (|UC slu. ul) pj(1(p pouvait être inclinée de tous côtés.
les autres couchées sur une plate-forme tournante*.
Enfin, sans même élever d’arbre, on peut encore disposer à plat les câbles cl les moufles de la même manière, pour tirer les navires hors de l’eau4.
Fig. 4749. — Machine élévatoirc.
Plusieurs monuments figurés représentent les machines élévatoires décrites par Vitruve, ou des machines analogues, et prouvent par conséquent qu’elles étaient d’un emploi courant dans la pratique. Entre autres on peut citer les suivants3.
Voici d’abord une peinture du Virgile du Vatican, très sommaire (fig. 4748) °. Elle montre des ouvriers vêtus de
l’angusticlave, contre un mur la roue d’un grand treuil, et en avant le montant d’une chèvre appuyé contre un arceau.
figure
4749 1 re-
Treuil et chèvre.
La
produit un bas-relief trouvé à Capoue dans les ruines de l’amphithéâtre et destiné, comme l’indique une inscription , à commémorer certains travaux de réparation exécutés au proscaenium. Ce bas-relief montre un fût de colonne, dont la tête est engagée dans des cordes qui descendent du haut d une machine. Bien que celle-ci ne soit qu’assez vaguement indiquée, on y reconnaît cependant une pièce de bois inclinée, maintenue a gauche par deux retinacula , à droite par un funis antarius. Au sommet de l’appareil est une moufle, sur laquelle passent les câbles de traction ( funes ductarii) qui élèvent le fût de colonne ; ces câbles vont s’enrouler autour d’une grande roue, que font tourner avec leurs pieds deux hommes marchant intérieurement. Au pied de 1 appareil un ouvrier achève un chapiteau, qui sera mis en place à son tour par le même moyen.
Toutefois Perrault, 0. I. p. 304, n. 4, s'ost certainement trompé quand il a compris que cetlo inclinaison de la machine pouvait se faire au cours de l’opération. Si, Cil effet, au moment où la machine élail déjà chargée de son pesant fardeau, on avait détendu une des cordes qui la retenaient, nulle force n'aurait plus été capable do la diriger. 11 faut donc entendre que le sommet de la polyspaste était incliné nue fois pour toutes, avant lout fonctionnement, au-dessus de l'endroit où l’on voulait élever la pierre. — 3 Vit. X, 5, 10. — 4 Ibid. — S Cf. Büinincr, O. I. III, p. 118
sfj c Ang. Mai, Vii'y. pict. ant. ex cod. Vatic. Rom. 1835, pl. xix. — 1 Ma-
billon, lier Italie., p. 103; Mazochi, In cnmpani amphith. commet) tarins, 1727, pl.àlap. 2; Winckcliuann, Werke, I, pl. xi ; Millin, Cal. mylhol. 38, 132.
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Siu uni' peinture de lu maison de Siricus à Ponipéi forceps, lig. 6166 1 on aperçoit une machine du même genre : les deux montants inclinés, les câbles, la moufle, la louve y apparaissent très clairement ; seul, manque le treuil.
Le bas-relief, reproduit sur la figure 4750*, qui repré
Fig. 4750. — Percement cTun émissaire du lac Fucin.
sente dans son ensemble le percement d'un émissaire du lac Fucin, nous montre dans sa partie droite un appareil servant à extraire les déblais d'un puits de forage. C’est un tambour vertical, autour duquel s’enroulent horizon-
Fig. 4751. — Appareil employé pour les constructions.
talement et en sens inverse deux cordages passant sur une poulie, en sorte que l’un de ces câbles s’élève pendant que l'autre descend. Chacun d’eux actionne une benne, qui monte pleine et redescend vide. Deux esclaves font tourner l’appareil au moyen d’un levier horizontal. En haut du monument, à gauche, la môme scène se répète, mais beaucoup plus sommairement dessinée.
l Giorn. d. Scavi, i8G2, p). v. — 2 A. Geffroy, L'archéol. du lac Fucin, dans la Rev. archéol. 1878, p. 3-4, pl. xm A. — 3 j.a photographie de ce monument nous a (Hé obligeamment communiquée par Al. C. Robert, professeur à l’université de Halle. Voir Jahrb. Inst, 1889, p. 117 de 1 Anzeiger. — 4 Publiédabord par Brunn, dans les A/on uni. Inst. V , pl. vm, puis par Garucci, Mus. Luler. pi. xxxvm, p. (i9sq. Blümncr,
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La
ligure 4751 1 est tirée d’un Iri* , r dus nettement encore que dans les nin" lleTcpracine. dents on voit les organes essentiels ^
montants, divergents par la base, sont liéi?TPe,1: deilx par des cordes, et, pour plus de solidité • SOnH en dessous par une traverse en bois m P*
montants pend ’ * 11 re les deux
une moufle à deux poulies , qui, au moyen de câbles, élève u ne grosse pierre tenue entre les deux branches d’une louve ; un ouvrier, de ses bras passés autour de la pierre, attire celle - ci vers l’endroit où elle doit prendre place.
Enfin signalons un important bas-relief du Musée de LatranL Plusieurs détails de cette représentation restent obscurs et ont été diversement interprétés 5. Mais il n'est pas douteux toutefois qu'il reproduit dans ses traits essentiels , et avecplusde complication peutêtre, la troisième des machines élévatoires décrites par VitruA^e(lig. 4752).
A la description des appareils élévatoires proprement dits,
Yitruve joint celle de deux machines de trans-
Fig. 4752. — Machine élévatoirc.
port, qui furent inventées, dit-il, parles architectes du temple d’Artémis à Éphèse, Chersiphron et Métagénts. e
restées depuis lors en usage6. Chersiphron, ayant a dans porter des fûts de colonnesde la carrièreoù on les^prenai jusqu’à pied d’œuvre, s’avisa de l’expédient slll',u’ (fig. 4753). Comme il craignait que la pesanteui M
O. I. III, fig. H, cil a donné un dessin plus exact, qui est ce lui I" ' (549,
(luisons ici. — 8 Pour l’interprétation de ce monument, voii jn sq.
p. 382 sq.; Benndorf et Schône, Antik. Dildw. d. Rater. Mus.n > ^9 rfoj
Bliimner, O. t. III, p. H9 sq. — « Vil. X, 6, 1 1 ; cf. Bliimner, O. ■■ > ’ ^
figures 4753 et 4754 sont empruntées à cet ouvrage (p. J -J» o*
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,1,. fermeté des chemins ne fissent enfoncer t)loCStl1' ''l nVutpas recours à des chariots. Il assembla tes r0lics’ ' J',,, bo,s deux en travers, les deux autres en
r'Xs-ci égales en longueur à chaque fût. Aux deux l0I’? i 'iVils il scella avec du plomb des boulons de fer 1)011 forme de queue d'aronde1, et fixa d’autre
(cnodaces) en muuc i
part dans la charpente deux anneaux de fer b ( armillas ), dans lesquels entraient les boulons. Enfin, il attacha aus Jeux extrémités de la machine des timons en bois de chêne2. L’appareil étant tiré par des bœufs, et les boulons tournant librement dans les anneaux, les fûts roulèrent aisément jusqu a destination 3. Pour
J lransportcr les architraves du même temple, Métagénès, fils de Chersiphron, prit modèle sur la machine son père' ( fi g . 4754). Il fit construire des roues de 1- pieds environ de diamètre, et au milieu de ces roues l i enchâssa les deux bouts des architraves. Les boulons, anneaux et le cadre en charpente furent disposés de airimic façon que précédemment8. Des bœufs ayant été , . 1 aPPai'eil, les roues tournèrent et avec elles les
tjrmlll|,l't's 1U elles Pétaient6. Yitruve compare l’inven- Sf,s | la8énès à ces cylindres ou rouleaux dont on IlMl'1 l'ans^es Palestres pour aplanir les allées. sj„ AuiIîiES uïdRAULiques, qui se subdivisent en pluacons 'mi S ’ J ° AIachines pour élever l'eau. — Yitruve une Partie de son livre X à la description de
1 " II faut
lln bool, parce ( °le,ces Louions n'esloicnt à queue d'aronde que par wloiinc( ali,, de \ * ' ' °'en)l cslre ronds par le bout qui sortoit do la 'lueue d'aronde nai 'l . î "" lournor dans l'anneau de fer. Mais ils cstoicnl à ['"'r 11 (Perrault o / " l '|Ui eslo‘1, scellé dans la eolonue, afin de l’y faire mieux i'iterprêtation (.’uj ° *)• — 2 Le lexte ici n'est pas sûr; nous donnons
*' " 3 Perrault *))'S)>aiait la lllus vraisemblable. Voir Blünmer, O. 1. 111, p. 130, 1,18 celte machine’,, i ° 1 Le principe reste en effet le même
r,1usporior servent cil " ^ ^ ' °° ^hersiphron. Dans l’une et l'autre les pierres à va'*°n <10 icil|. fornie c “"-nies de roues. Seulement, comme les architraves, en " a'cc,l<' la charpente,',' ' * ’ " ama'en 1 Pu r°uler, Mélagénès cul l’idée de les arron- ■ appliquée à leurs deux extrémités, et c’est celle charpeu-
plusieurs appareils de ce genre7. Les suivants étaient employés au bord des étangs ou des lacs, là où il n’existait pas de courant.
L’appareil que Vitruve appelle tympanum (fig. 4755) 8 consistait principalement en un tambour, divisé à l’intérieur en compartiments au moyen de huit planches ( tabulae ), rayonnant du centre de l’essieu à la circonférence. Sur la circonférence de ce tambour étaient pratiquées huit ouvertures ( aperturae ), par lesquelles l’eau se précipitait dans les compartiments, à mesure que la
Fig. 4755. — Machine hydraulique, d'après Vitruve.
roue tournait sous les pas des hommes, placés dans son intérieur9. L’essieu/ ferré par les deux bouts, reposait sur deux pieux, également garnis de lames de fer à leur extrémité supérieure. Il était formé d’un cylindre creux, percé d’autant de trous ( columbaria ) qu’il y avait de compartiments : l’eau, pénétrant par ces trous, se déversait par une des extrémités de l'essieu dans une auge de bois ( labrum ligneum ) et, de là, dans des conduits qui la menaient au dehors. Cette machine, observe Vitruve, n’est pas apte à élever l’eau bien haut, mais elle en tire une grande quantité en fort peu de temps.
Si on veut élever l’eau plus haut que l’essieu du tympan, on modifiera l’appareil ainsi qu’il suit10. Il faut adapter à l’essieu une roue d’un diamètre proportionné à la hauteur ou on veut porter l’eau Autour de la circonférence de la roue on attachera des caisses de bois carrées ( modioli quadrati ), bien calfeutrées avec de la poix et de la cire. De cette façon, quand les hommes feront tourner la roue avec leurs pieds, les caisses s’élèveront pleines jusqu’en haut, puis, venant à redescendre, verseront d’elles-mèmes dans un réservoir [castellum disposé à cet effet l’eau qu’elles auront montée.
Un troisième appareil, qui porte l’eau à une plus grande hauteur encore.12, consiste en une chaîne sans fin, passée autour de l’essieu de la roue, et munie de seaux; lorsque la roue tournera, la chaîne qui est sur l’essieu élèvera les seaux, et ceux-ci, en passant sur cet essieu, se renverseront nécessairement et videront leur
terie arrondie que Vitruve appelle des roues. Quant aux boulons et aux anneaux, ils ne sont destinés ici comme plus haut qu'à lircr, non pas à porter (Perrault, O. I. p. 305, n. 2). — 5 Entende* que dans les deux extrémités de chaque architrave on scella un boulon, passant dans un anneau fixé au châssis, et qu’on munit ce châssis lui-mème de deux timons. — 0 Perrault, O. I. p. 307, fig. 2. — 7 x, 4 (9), t sq. — 8 La figure 4755 est prise dans Perrault, O. I. p. 315, fig. 1. — 9 Perrault, p. 312, n. 3, fait remarquer que cette roue ne peut être le tympan même qui puise l’eau. Il faut supposer une autre roue, accolée extérieurement au tympan, comme dans la figure que nous donnons d’après Perrault. — 10 Vil. X, 4 (91, 3. — U Voir les figures qu’en ont données Perrault, O. I. p. 315, fig. 2, et A. lîich, Dictionn. des antiquit. art. hota, 14, p. 541. — 12 Vil. X, 4 (9), 4.
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co n I en u dans un réservoir, disposé ad hoc. Comme Vitruve dit que cet appareil est destiné à élever l'eau plus haut encore que les précédents, force est d’admettre n\ec Perrault que 1 essieu sur lequel est passée la chaîne est situé fort au-dessus du niveau de l’eau 11 va de soi
egalement, que cet essieu doit être à pans, pour que la chaîne suive toujours sou mouvement, sans glisser-.
Ces machines qui servent a élever 1 eau des rivières et des courants d’eau ne diffèrent guère des précédentes
que sur un point.
A la circonférence de la roue on fixe des palettes (pinnaé), qui, étant poussées par le courant, la font tourner : de la sorte, sans qu’il soit besoin d’hommes pour actionner l’appareil, les caisses puisent l’eau en bas et la por-
Fijr. 4750. — Machine à puiser l'eau . tent en haut 3.
Parmi les machines aptes à puiser 1 eau, à itruve cite encore l 'escargot d’eau , qui élève beaucoup de liquide, mais pas bien haut [cociilea] ;, et la machine de Ctésibios, qui, au contraire, la porte a une très grande hauteur [siphoj 5. Par les auteurs et par les monuments nous connaissons encore d’autres appareils très simples, qui étaient d'usage courant dans 1 antiquité. Tels sont le gyrgillus et le tolleno, en grec xt-àmv et xYjXwvstov 6. Ce dernier, fort usité encore de nos
jours en Grèce, en Égypte, en Asie, se compose d'un levier qui se meut horizontalement sur une traverse; à l'une de ses extrémités pend le récipient à puiser de l’eau, à l'autre est fixé un contrepoids7. L’appareil est représenté dans sa forme la plus simple sur un bas-relief du Musée de Parme (fig. 4756) 8. La traverse est quelquefois remplacée sur les monuments par un mur d’appui, percé d’un jour pour le passage du levier (fig. 4757) 9 .
-° Machines servant à l’adduction et à la distribution
1 Perrault, O. I. p. 313, n. 3; cf. Ibid. p. 313, la figure 3. — 52 ld. p. 313, n. fi. — 3 Vit. x, 5 (JO), 1. — 4 x, il, 1. — 6 x, 12, 1. — 6 Arislot. Mach. 28 ; llrrod. VI, 110; Pollui, VII, 142; X, 31. — 7 Fcst. p. 33G, éd. 0. Millier : est gt uus niachinae, quo trahitur aqua, alteram parlem praegravanle pondère, dictus a tollcndo ; cf. Daeier, ad h. I., qui fait venir le mot de xijVùytiov ; Plin. Bist. nat. XIX, ~ 8 1 Mém. de la Fondation Plot, III, pl. xxn. — 0 Peint. d’HcrcuIaniim ; Saint-Non, Voyage de Sicile, II, p. 20; cf. Pitt. d'Ercol. 1,49, p. 237. — 10 Virg. Geory. III, 24 : Vel scaona ut versis discedat frontibus; Serv. Ad h. I. : Scaena quae fiefiat aut icrsilis erat aut ductilis oral; versilis lum crat, cum subito Iota macliinis quibusdam converlebalur et aliam picturae faciem oslendebat, ductilis lum, cum
de l'eau [aquae ductus, emissationes 3 a Machines dans lesquelles l'eau J-,., k°W'l motrice [mol a], ' H >te Puissance
’t° Machines dans lesquelles beau sert à t, temps ou à la production de sons musicaux ^ iu
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GIUM, HYDRAULUS].