‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 144 sur 275 · MA E · texte numérisé non relu

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,.|1(1 qui rappelle celle-ci par ses lignes géné- | n' iCil faire à l’iiistoire des Monades vers son plus r;lllS' ,ni un 1res grand pas. C’esl une peinture de [/"""illles entourent non plus Dionysos, mais Aphro- V?S! ' h.'duase au bout de deux siècles se prête ù un culte llil' Dès le vf siècle Anacréon, demandant dans une iT' liionysos de favoriser ses amours, lui disait qu’avec [0dC\vin plies, Aphrodite et Éros l’accompagnent sur les hisdes montagnes2, et les Bacchantes lydiennes rKuripide, mal reçues à Thèbes, voudraient chercher i meilleur accueil à Chypre, l’île d’Aphrodite et des Éros illrmeurs des âmes 3, ou retrouver dans la région piéfienne le Désir et les Charités. Ici, ce vœu s’accomplit. Des .Nymphes qui ont tout l’air d’être dionysiaques sont réuni‘es dans une scène charmante, â Éros debout et à Aphrodite assise. Les unes s’empressent autour d’elle, aidant à L pai.ure, les autres dansent pour lui plaire avec un emportement où il y aune pointe de mysticisme bachique. Mais les Ménades, qui acceptent de voir Aphrodite

prendre la place; de l’épouse chllionienne de Dionysos onl dépouillé tout à fait leur ancien caractère naturaliste4.

IV. Symbolisme (les noms de Monades. — Le seul examendes nomsqui, depuis une époque assez ancienne ', sont tracés sur les vases à côté do nombreuses Ménades, nous fait connaître qu’ils désignent des personnifications des plaisirs, de la grâce féminine, de la jeunesse, de la gaîté bachique. Ces noms évocateurs d’idées riantes sont des noms de fantaisie, non pas, sauf exception, ceux que nous voyons portés dans la réalité historique. C’est la Fleur, la Fleur-de-la-Danse, le Chœur -de-Danse, la Dorée, la Paix, le Calme, le Bonheur, le Bien-Être (qui sont, en grec, des mots féminins), la Jeunesse, la Rose, laCélèbre, Chanson-du-Comos, Chanson-du-Bouc, Mélodie, Saisondes-Fruits, Fleur-du-Vin, Parfum-du-Vin, etc. Quelques noms sont géographiques : Délos, Phanopè; deux, Matvâ; etBaxyvj, désignentlapersonnalité même des Bacchantes6; un ou deux sont ironiques, comme la Camuse ; tous : sont imaginaires. C’est un monde imaginaire aussi que

les poètes et les artistes nous représentent8, non pas, comme on l’a pensé, l’imitation d’usages, d’actes habituels pris dans la réalité. Puisque les satyres à queue de cheval qui accompagnent les Ménades sont des êtres (l’imagination, comment n’en seraient-elles pas ellesmêmes? Les artistes grecs sont idéalistes.

Ce n’est pas à dire qu’ils n’aient pu emprunter à des choses connues d’eux certains éléments. En Thrace, pays (loàle culte bachique est originaire, un certain nombre Je femmes ont dû s’abandonner à l’ivresse et à des désordres nerveux, en s’imaginant qu’elles évoquaient pur la la présence du dieu au milieu d’elles, le voyaient, ni parlaient, se confondaient en lui 9. C’est le point de 'Port de la création artistique des Ménades.

' I lièbes et à Delphes surtout, quelques représentations •'■J1 ou lûmes thraces ont été périodiquement renouvelées.

1 P 1(‘s avait servi de centre à des populations du Nord au culte de Dionysos, avant d’être consacré surlj,", ^P°^on- Aristophane, dans les Nuées , parle des

i. mtes du Parnasse10 et de leurs torches qui plaisent vr j'o'Dsos, et on peut croire qu’il s’agit de personnes nim J entités mythiques. Dans les Bacchantes , P1" P.uripide en Macédoine, il est fait allusion à

wlf, l’oUier’Æ/onilm-S"'. 1889-90, n° 17-8 ; FurtwSngler, Coll. Sabou- 110. 4 f,om!°" ilu' vases> P- 7. — 2 Anacr. Fragm. 2 (Bergk). — 3 Eur. Dacch. 402ncri'ncoriirc jri-'l * tscr'P1'011 détail, voir Pottier, Ibid. — i> Cf. note 22. — 0 Ou — ' Liste comîilM ""l" cc Mm no veut pas dire qu'il n'ait pu être employé.

P. Ci) : Aathe À,.' '' C°S nüms’ après Heydemann (Satyr und Bakchennamen , Cbrysi*. pe|os U Chione, Shoiros, Clioranlhe, Choreia, Clioro, Chryse,

®«oia, Euono p 111 » ijmo, Eirenc, Erato, Erophyllis, Euboia, Eudaimonia, Eudia, KlyU>, Komodia |1' Galènô, Hèbè, Io, Kallis, Kalykc, Kinyra, Kisso,

Emplie, Oinantkp ' n*’ ^a'nas’ Mnkaria, Molpe, Myro, Naïa, Nais, Nympliaia, ^lj0opo, ['lù|on)e|a !|lora’ 0,'oi°s. Orcithyia, Paidia, Paunyckis, Periklymene. • loibe, | olycrate, Polynilta, Itbodanlbc, Rlioda, Sime, Torp-

certaines pratiques de sorcellerie, à certaines immunités du corps à l’égard des lois physiques, qui ont dù être, ou simulées par adresse, ou réalisées à la faveur île certains états nerveux11. La même pièce nous montre les occasionnelles Bacchantes de Thèbes comme charmeuses de serpents qu’elles allaitent ou qui, noués à leur ceinture, leur lavent le visage de leur langue12. 11 est certain qu’en Macédoine, comme en Thrace, il y a eu de ces charmeuses qui s’appelaient Clodones ou Mimallones et se croyaient inspirées de Bacchus [dionysia]. Plutarque nous apprend que la mère d’Alexandre fréquentait parmi ces femmes, recherchait comme elles l’état d’extase, de possession, de catalepsie, et s’endormait parfois enlacée dans les nœuds d’un grand serpent, ce qui n’était pas pour plaire au roi Philippe13. Le biographe blâme visiblement ces excès de zèle imités des Edoniennes et des montagnardes de l’Hœmos ; il ne semble pas qu’ils soient descendus, à l'état d’habitudes fixes et périodiques, dans la Grèce elle-même1 1. C’est à peine si avant une époque tardive les poètes nous en parlent en passant ; aucun prosateur n’en dit mot. A Athènes, sans parler d’une loi spéciale de Solon 1 les mœurs auraient interdit aux femmes de prendre part, autrement qu’en cachette, à de telles manifestations. Les

sikome, Telhys, Thaleia, Themisto, Thevo, T!iyone, Tragodia, t raîna, Vesuna (étr.), Xantho. — 8 Seignobos, Hist. de la Grèce (Suppl, des professeurs ), |>. 10; I.. Ménard, Hist. des Gr.p. 318; mais cf. Panofka, Dionysos und die Thyiaden (Abhandl. d. Akad. su Berlin, 1832); Bhein. Mus. 1872 (27), Rapp. — 9 Diod. Sic. (d’après Dionysos Skytobrachion), IV, 3, 2; Ibid. 3 : (iiôv vofûÇüv xu-.ï

, y., gçovov tovtov itotiïirtlat v*; -açài toïî àvOçmirotï fictfstvt'aç... Tr V „aoo'j«(a v ûgvzTv toj Aiovûffou... Il s agit des Thyades d assez basse époque, mais celles-ci croyaient continuer une très ancienne tradition. — 10 Aristopli. Attb. 603-6. — n Eur. Bacch. 699-761 ; 753-62. — 12 Ibid. 766. — >3 Plut. Vit. Alexandr. 2, 5. — 14 l’hiloslr. Vif. Apoll. VI, 11. — ,:i Uni limitait les conditions dans lesquelles les femmes pou- , aient sortir la nuit. Plut. 1 if Solon. 21 ; De Genio Socral. 32.

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cérémonies du culte dionysiaque ont abouti au théâtre tragique, comique et satyrique. Quant aux fêtes delà ville et de la campagne restées en usage à côté de ces fêtes dramatiques et admises par la Cité, elles comportaient, à coup mu , une liberté d allure allant parfois jusqu'àdes écarts licencieux, mais, bien loin qu’on yvoiedes Ménades réelles autorisées à s'exalter jusqu a la folie, les Anthestéries par exemple comportaient la présence de quatorze yEpapai*, dames patronnesses choisies parmi les femmes des magistrats en charge; à côté de ces respectables personnes, il ue pouvait y avoir place pour des Ménades analogues à telles du théâtre et des vases peints. Les extravagances du thiase féminin, ses allées et venues avec le thyrse, doivent etre reculées, loin des temps et des pays vraiment grecs, dans 1 époque des désordres qui ont sans doute accompagné l'invention du vin dans les régions du Nord.

A . Les Thyades. — Les Ménades du ivc siècle. — Des conclusions différentes ont paru devoir être tirées d’une série de peintures de vases2 où le chœur des Ménades entoure non pas Dionysos marchant et vivant parmi elles, mais une idole du dieu, hermès3 ou xoanon planté en terre, surmonté d un masque humain couronné de lierre, pourvu d attributs bachiques et de somptueuses étoffes. Le vase dlliéron 4 ( fïg. 4768 et tome I, fig. 706) est une scène de cette sorte qu’on pourraitètre tentéde prendre pour une scène de la vie réelle. Le dieu y étant représenté comme une œuvre de l’art humain, on a voulu que les Ménades qui le servent fussent de simples mortelles portraiturées, non seulement dans leur costume, mais dans leurs habitudes religieuses. On pourrait, si le réalisme entrait dans les habitudes des peintres de vases, expliquer plutôt de la sorte la scène représentée sur un stamnos s du Louvre où sept femmes de beau style, sans attributs particuliers, sans se livrer à la danse, vont et viennent et accomplissent des rites avec un cratère et d’autres vases auprès d'une idole en bois de Dionysos Dendritès. Mais la peinture qui sert d’argument principal à la thèse (tome I, fig- "07, ) présente plusieurs Ménades folles de danse orgiaque et porte les noms de ces danseuses et des autres femmes empressées autour de la table où est l'idole. Or ces noms sont symboliques et mythologiques : Thyonè, Clioreia, Thaleia et Mainas6 Donc, si le xoanon du dieu, les cratères, les canthares, les cuillers 7 servant aux libations sont sans doute des objets réels, toutes les Ménades de l'art sont idéales. Si celles-ci reproduisaient quelque chose, elles reproduiraient une imitation même de l’art, car il est permis de croire que des femmes ont parfois simulé, autour des hermès du dieu, les ébats qu’elles voyaient figurés en l'honneur du dieu même dans les chœurs du théâtre ou les représentations peintes.

Il y a eu, en effet, des Thyades réelles (c’est le nom choisi pour celles-ci parmi la riche synonymie énumérée plus haut) et des chœurs féminins de danse bachique,

1 Demosth. 1369-72; Hesych. s. v. — 2Panofka, Op. I.. pl. î-m. — 3 De Witle, üftî/. Lamb., pl. xiv et xv. — 4 A figures rouges. L’absence de ce motif dans les figures noires indique qu’il n’est pas primitif. En tout cas la représentation des Ménades réalistes n aurait pas précédé, mais suivi celle du tliiasc idéal. — 5 Monum. dell. Inst. VI- VII, 65. — 6 Stamnos de Nocera. Scène partiellement reproduite dans la figure indiquée ; Mus. Borb. XII, 21-23 ; Ne&pels Ant. Bildw. 364 ; Inghirarni,

\ dsi fUt il. IV, 307- 308 ; Muller-Wieseler, Denkm&l. II, 583 ; cf. Abhandl. derAIcad. zn Berlin , 1852 (Panofka), p. 348 sqq.; Rapp, Bhein. Mus. 1872 (27), p. 585 sqq. ; id. ftoscher, Lexik. art. mainaden. — 7 Demosth. Mid. p. 23. Oracles anciens ou crus anciens : KjaTîjÇia; xtçâ/rai xal yoçoùç îoràvai... xat ' àyvtàç xoat taràvat. Il n’est pas question de Bacchantes d’aucune sorte mêlées à ces cérémonies des cratères.

— 8 De même Loeschke a prouvé [Ath. Mitth. XIX [1894J, 510-25), que ce sont les satyres mythiques qui ont servi de modèles aux imitations réelles de scènes saty-

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périodiquement institués tous

Triéléries. Mai,-

Diodore, dit : « qu’en fêtant par des Dionysos, elles imitent

is les textes qui nous en SOnl les

tours très postérieurs à la constitution a r S°"1

du lh,“e’ et ce «ont là des imitations H qUe’ idéalç meme. C estime action en retour des créa L ,Ce ll,i^ les mœurs et la vie populaire « Un des s de ‘artU qui décrit ces habitudes biennales des îenT^* lardifs

traditions représentent comme les comn-, ' ‘!nciennes Il «joute que c’est eu l’honneur des victoires dut.? l lnde que ces usages furent institués •• o™ ° dition bachique ne fut imaginée qu’après eu’A I. ’ll eu, rendu la sienne célèbre par ses evagéraïon p“ ' mas, qu, écrit deux siècles plus lard, nous apprend,! T femmes d’Allique partaient tous lesdeuxanl ira „ , ’ ' H pour rejoindre celles de Delphes el célébrer avec *1 fele hivernale de Dionysos en dansant sur les pente U notamment près d’une certaine grotte" appelée Cor, cia. hiles dansaient aussi aux étapes de leur route et notamment à Panopéon en Phocide, sans doute parce qu Homere avait appelé cette ville KaXAtXoPoÇ.

Nous apprenons que les jeunes filles avaient le droit de se mêler à ces solennités, que les honnêtes femmes Pouvaient y garder la réserve qui leur convient12. Plut ai que certifie ces faits, mais il est postérieur à Diodore. I Nous savons par lui que des Thyades furent prisés par une tempête de neige dans la montagne et qu’il fallut aller de Delphes à leur secours. Il nous apprend encore que, pendant la guerre sacrée, ayant couru de-ci de-là toute lanuit, elles s égarèrent au matin dans une ville qui était au pouvoir des gens du parti adverse, et n’y furent, d ailleurs, l’objet d’aucune hostilité 13. Mais cet épisode se place au ive siècle, c’est-à-dire à une date où poètes et artistes avaient achevé de constituer le type tradi- ! lionnel du thiase et de la Monade. Les Thyades réelles ont plus ou moins mis en œuvre et en action leurs données, I elles ne les leur ont pas fournies.

Sauf l’innovation del’idole substituée au dieu vivant, qui a peu duré, le thiase du ive siècle répète et continue sur les vases celui du ve avec des plans étagés, des dispositions de plus en plus théâtrales, des Ménades plus coquettes, plus ornées, des accessoires plus nombreux, plus variés, plus jolis. Les tambourins sonL historiés de dessins ; les thyrses se compliquent, se recourbent, se chargent d’ornements fleuris u ; les cratères représentés ont eux-mêmes des peintures bachiques ; les Ménades tranquilles sont souven maniérées (quoique la beauté du style persiste aussi .), celles qui dansent parfois extravagantes. On en voit qui portent avec des habiletés d’équilibristes 16 les objets u| culte. Le goût conserve de l’élégance, mais tend u se rétrécir en donnant à Dionysos des compagnes hop lS tinguées ou trop bizarres 11 . D’autre part la plasliqut-.

riques. La légende inspire la réalité; cf. Collier, Le Sut. binent, ^ y) hall. 1895, p. 225. -9 Diod. Sic. IV, 3, 1-3. - w Pans. X, 4. ^ ^ Ibid. 32. Slrab. IX. 417; XIV, 670; Sopli. Antig. 1125; Aescli. u<» ^ ^

cf. Herod. VIII, 36. Celte groltc esl nommée par des poètes^ ^ ^ par tous ceux qui veulent préciser le théâtre du culte orgiaque. ^

p. 609 B; Diod. Sic. IV, pl. 19 et 20, 3, 2. - O Plut. De prim. l”9' ^*1

mulier. 13. — H Mon. dell. Inst. VI- VII, pi. v. Vase cuneuv a a Jj

yrse de narlliex, accc ■

béé traie delc»»»"H

simplicité de la Ménade qui emplit le cratère, thyr

suspendus dans le champ, type du Silène velu, apparence lh‘ - • . caPaclèrP« — 16 Millin, Vas. 12. - 16 Ibid. I, 57. - 1? Les uns et les autres ^ - g(|ivanls: se trouveront souvent réunis sur les vases ci lés et, entre aulx • ^ ^ y| . |$(3f

Millin, Vas. I, 30, 67; C. B. arch. Pétersb. 1861, pl. iv,* p

pl. v, VI.

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. . je emportée de Scopas, s’attache ;ï un type

.» do Ici *’i< ‘ .

[par les pampr

1773. — Ménade du iv° siècle.

rcôlédc'a bachique que les vases nous ont déjà

n0UV('a" ! ri'voii : la Bacchante pensive, fatiguée peuthiissé ap'-1’1 'ioSSession du dieu, mélancolique et s’aban- W (l(‘ ;'^nrêve. Par exemple une jeune fille sérieuse, donna"' Sentimentale, : modelée à Tanagra1 (fig. 4773), 1111 rphchéedu thiase de Dionysos, si l’on en juge ^i'innmres mêlés à sa coiffure. Une autre, de la même fabrique 2, vient de s’abandonner sur un rocher, tenant encore le tympanon dont elle accompagnait sa danse. Ses paupières sont encore ouvertes, mais ses bras tombent de fatigue et sa nuque s’incline. C’est le type des Bacchantes alanguies. Autre changement : la légende qu’Alexandre s’est créée en parcourant le pays de l’Indus suggère l’idée de costumer le thiase d’une nouvelle façon. A propos d’un nom de ville qui ressemble à Nysa dans une région où on rencontre des vignes

abondantes, on imagine la conquête de l’Inde par Dionysos3.

Alexandre en prit le rôle en tra- [versanl la Carmanie. Il y triomphait et festoyait sur un char magnifique, large comme un théâtre. Des tonneaux devin étaient préparés le long des routes pour les soldats, et des femmes déguisées en Bacchantes dansaient en poussant des clameurs au bruit des flûtes et des cymbales.

Ici encore laréalité suggestionnée par l’art l’a inspiré à son tour.

Ainsi, sur un vase de la tin du siècle, la Ménade qui danse au milieu des satyres est vêtue non d’un péplos, mais d’un costume asiatique très orné4.

Vers cette date, le type de la Ménade est passé des mains des peintres de vases, qui ne feront pendant un siècle que des répliques affadies du thiase, aux CO' opiast Ps aux scujp(-eurg quj s’empareront eux aussi ^ niiiids connus, mais les interpréterontàleur manière. d ir'fIue^de Mvrina nous offre une Bacchante assise,

moins poétique que celle de Tanagra, et qui probablement était destinée à tenir unmiroir5à la main(fig. 4774). Les premiers reliefs que nous envisagerons, ceux qui ornent le mur de la scène du théâtrede Dionysos à Athènes, semblent reproduire un prototype de l’époque de Praxitèle. Ce sont des Ménades sans attributs, reconnaissables àl’allure traditionnelle 6 et qui, par la souplesse, la simplicité, l’heureuse adaptation des draperies qui les voilent, rappellent exactement le faire des maîtres de cette époque.

VI. La Bacchante hellénistique et romaine. Dissolution du thiase. — C’est le dernier progrès que fait le type de la Ménade antique. Pendant la période hellénistique, pendant la période romaine (qui ne produisent pas des œuvres d’un caractère sensiblement différent, mais évoluent parallèlement), aucun renouvellement véritable de ce type ne se produira. D’ailleurs les morceaux spirituels, élégants, savoureux, abonderont dans les répliques et répétitions d’originaux antérieurs, datant du iv, peut-être du Ve siècle7. Mais, dans les meilleures compositions, l’élégance et la solidité de la forme sont compromises par la pauvreté du sens intérieur qu’elles enveloppent. Les artistes, comme les poètes, dessinent encore des figures agréables ou curieuses de Bacchantes, mais n’y traduisent pas une conception personnelle ou qui soit spéciale à leur temps 8. Si elles expriment parfois quelque chose, c’est la furie du plaisir, non plus la frénésie religieuse. En même temps la simplicité et la franchise des attitudes, des gestes, des plis disparaissent pour toujours et font place à des contours plus cherchés et plus arrondis. Presque tous les types anciens sont reproduits. Le plus souvent la Bacchante passe en dansant avec les apparences de l’enthousiasme orgiaque. Quelquefois elle y joint, comme dans le vase dit de Sosibios9, des marques d’omophagie. Deux très beaux bas-reliefs, l’un du Louvre, l’autre du British Muséum, en sont des exemples très caractéristiques. Dans le premier10 la Bacchante, cheveux au vent, renverse la tète, dans le second elle la baisse11 ; dans l’un et l’autre elle tient le couteau levé. Quelquefois elle balance ses bras au-dessus de sa tête 12. Tantôt la draperie abonde en plis ingénieusement fastueux13; tantôt le vêtement tombe et laisse à nu une grande partie du corps, comme dans le cratère Corsini u. Quelquefois le vêtement, en couvrant les formes, les laisse transparaître 1S. Rarement la Ménade est absorbée en elle-même, sérieuse et pensive 16. Ces caractères et quelques autres que nous signalerons sont réunis ou diversement répartis, notamment dans une série de cinq vases de marbre autour desquels court une Bacchanale : le cratère Corsini, le cratère Gargiulo 17 (fig. 4775), le vase de Salpion au Musée de Naples 18 (fig. 681), l’amphore de Sosibios et le cratère Borghèse au Louvre19. Plusieurs de

l’Ollier Les 7 ' ^urine* antiques du Musée du Louvre, pl. xxiu, I Coll . kbonrlfflZtteL dC ^ Cuite' P' 84- fiS- 29‘ - 2 FumvSngle:

h peuple de h' . ~ 3 Strab- (d'après Megasthenes), p. 087-8; 7li

lèges luxueux / ' Uiï'0'' abondanle aussi en lierre avait l’habitude de coi sic. 11,38 p. nj1 0" tambours, rappelant les pompes bachiques; flioi

-, 1. Ou jinil„j ’ 4 : Nmmos, Dion. XIV, 394; Lucian. Dial. mort. 1

leurs thrrseg 'l'"' 9°Ur cclle expédition les Ménades avaient inséré dai 116 le* montrent J °"llos de fer. Les bas-reliefs ayant pour sujet Bacchus indit Plmine [Anlh ' /1 00m|,atlanb niais faisant retentir leurs instruments. Une ép ~~ 1 Dumont-C| ”1 ' attribue aux Bacchantes le thyrse loy/Ato;, arm

allongement de |J * °^'er’ Céramiques, pl. xvn, p. 375. — s Ce qui expliqi pl. SX|v ])n l"'"" l’’nP amincie: Potlicr-Reinach, Nécropole de Myrin P ; ef. Slnrî.r.1, nre h. 1808, pl. 11; Annal, de II. Instit. I8IÎÎ, pl.

1807, p. 80. Il e’ "'T> P1- *xiv, 4 et Wolckcr, A. D. pl. 111, 8. — 1 Arc 111 ", Die neu-attischc Reliefs', Zoega, Bassiril. pl. i.xxxu

Gerhard, Ant. Bildw. 108, 1. — 8 Arch. Zeit. 22, pl. clxxxv, p. 138; Mus. Pio Clem. IV, 47; V, 7. — 9 Clarac, Musées, pl. cxxvi et exxx, p. 117-8; Müller- Wieseler, Denkm. 11, pl. xt.vm, 002; Froehner, Sculpture antique, p. 50. 10 Cla¬

rac, Musées, pl. et n» 135; Froehner, Sculpture antique, p. 289; Calai. 533. — H Brit. Mus. Marbles, X, 35 (140 A), ancien panneau d'une base de candélabre.

12 Monuin. dell. Inst. IX, 45. — 13 Clarac, 135, pl. cxxxv; Catal. sommaire

des marbres du Louvre, 57 (Coll. Campana); Froehner, Sculpture, p. 65, 111 (pilastre de Salonique). — U Welcker, A. D. II, pl. 111, vui; Arch. Zcit. 1867, pl. ccxxv. Muller-Wieselcr, II, 390; Mus. Borb. VII, 24; Clarac, Musées, 134; Michaclis. Ane. Marbles, p. 220, 11. — ,si Brit. Mus. Ane. Marbles, X, 35; Zoega, Bass. Bil. 84. — 16 Ibid, i, 84; Millin, Galerie myth. 68, 260. — 17 Mus. Borb. VII, 9; Muller-Wieselcr, Denkm. II, 549, pl. xt.iv. — is Mus. Borb. I, 49; Muller-Wieselcr, Ibid. Il, 390, pl. xxxvi. — 19 Clarac, Musées, pl. exxx, «xxi, n“ 142-3; Froehner, Sculpture, p. 248; Muller-Wieseler, II, pl. xi.vm, n“ 001 ; cf. Combe Marlil. of. Brits. Mus. I, pl. vu.

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ces vases, et surtout le dernier, résument ces types de Ménades avec un remarquable caractère de faste et de magnificence. C est sous cet aspect luxueux qu'à partir du i"r siècle le thiase bachique s’offre à l’imagination des tou les qui n en aime que la pompe et n’en comprend plus 1 origine lointaine. Pour satisfaire les peuples, les souverains en font un carnaval grandiose.

Athénée nous a conservé la description du prodigieux cortège bachique que Ptolémée Philomètor organisa à Alexandrie 1 . Au milieu de cette féerie ambulante ii signale des Macédoniennes, des Lydiennes, qui sont les Mimallones ou les Bassarides de Dionysos. Dans leurs mains étaient de larges poignards ou des serpents; dans leurs cheveux des serpents encore ou des pampres, du lierre et du smilax. Derrière elles une Nysa géante et automatique se levait pour verser d’une coupe du lait au jeune dieu. Un autre groupe du cortège était formé de cinq cents jeunes femmes vêtues de pourpre et couronnées de pin, entourant Bacehus indien monté sur un éléphant. Quant aux poètes alexandrins qui résument Euripide, comme Théocrite,aux Égyptiens qui le délayent, comme Soterichos d Oasis et Nonnos ■, les étrangetés des Ménades, les amusent ; ils exagèrent curieusement ces singularités ; ils ont perdu le sens originaire du thiase.

Aussi bien le thiase entre les mains des artistes se dénoué et tend à se dissoudre définitivement. Souvent ils prodiguent les Bacchantes isolées, comme un motif de relief divertissant, universellement connu et bienvenu pour remplir un espace quelconque sur un piédestal, une zone d’un candélabre 3 ou d'une colonne (les statuettes, sauf de petits bronzes, sont rares). Sous cet aspect beaucoup plusdécoratifque dionysiaque, laMénade est devenue un simple motif ornemental. Ce ne sont plus que des danseuses quelconques, ces belles personnes qui s’exhibent sur tant d'œuvres d’art avec un thyrse ou un tympanon, ou une panthère familière qui les suit. Les écrivains les considèrent ainsi. Pour un poète de YAnthologie, une Ménade concentrée en elle-même et pensive est ridicule; elle semble dire : « Sortez; je battrai les cymbales quand on ne me regardera plus4. » Lucien appelle « Bacchante », c’est-à-dire « danseuse », un ami qui a trop de goût pour cet art 5, et Plutarque nous apprend qu'une des poses par lesquelles les danseurs terminaient souvent leurs mouvements était la « pose de la Bacchante6 ». Le thyrse, qui prend parfois des dimensions considérables, est devenu une longue hampe à

1 Allicn. p. 198, c. — 2 Theocr. Id. 26 ; Duentzer, Fragm. der ep. Poesie -, .Non». Dionysiac. surtout 1. XIII-XL. — 3 Frœliner, Notice de la sculpt. n° 297. p. 291 ; Bouillon, Candélabres , pl. 2; Mus-Pio-Clem. VII, 38; Clarac, Musée, pl. cl 1 1° 137-8. — lAnth. Plan. IV, 59, — SLucian. Saltat. I . — 6 Plut. SymposAX, 13.

7 Wclcker. Ant. Denkm. II, pl. m, vm (cratère Corsini. Voir fîg. 2482) ; Arch. Zeit. I86<, pl. ccxx\, figure sur une coupe d’argonl de Vicarello réunissant la cambrure extatique, le découvrement de la poitrine par le cliilon, la nébride, le jeu du voile. * Pitt. d Ercolano , I. p. 135. — Bibliographie. Schone, De personarum

moulures tournées

o n ru ban née m

pomme de pin réelle ou simulée. Les n n"" rares que les cymbales et le tympanon S°nl M se présentent plus souvent, mais il arrive m !,8?6"18 n« soit groupée avec quelque fauve ou montée ! Bacch»ate

Un curieux et hardi motif est celui

P°mpéi* (fxgU?77m.

0,1 une Bacchante

11Ue ,flui a sauté "ur le dos d’un Centaure le dompte et 1 aiguillonne de la hamP<‘ de son lhypse- Le plus!

souvent la [Ul

chante, sans au tri attribut, dansesinoJ plement en jouant avec un voile, et]

, . ces représentations!

montrent achevée 1 évolution qui, des ardentes et rudes! Nymphes de la fructification, a fait d’élégantes danseuses.

— Bacchanale.

Fig. 4-776. — Bacchante de Pompéi.

Depuis le moment où les Nymphes des bois devinrent les fidèles de Dionysos, leur personnalité a simplement reflété, dans ses traits changeants, celle du dieu qui iesil eues à son service. Pendant que Dionysos gardait une gravité farouche, elles étaient rudes, étranges comme luij Quand il a pris le caractère oriental et extatique, ellesl ont été délirantes. Dès qu’il apparaît jeune et radieux,

elles deviennent gracieuses et innocentes (ce n est qui l, sl

fausses Ménades qu’Euripide fait s’attarder danslonio I phagie). Se représente-t-on Dionysos comme conqm mn I de l’Asie, elles se font guerrières, prennent le ,-"*llII”e| oriental, ajoutent à leurs thyrses des pointes d< 11 I Quand il les prête à Aphrodite, les Ménades appi 11111

in Euripid. Dacchab. habitu scenico, Lips. 1831; ^ajin’ . /{hein-

Maenaden, K ici, 1841

. habitu scenico , JLips. iopi • *'““**’ /{hein ■

; Panofka, Dionysos und die Thyiaden,\n 11 |U;

Hll

Muséum, 27, 1872 (Rapp) ; Ileydemann, Die Verrhüllle jgg5jj

Bakchennamen ; Dionysos’ Geburt und Kindheit , Halle 1 j| p. 840-51 m Weeklcin, Einlcitung su Euripid. Ba/cch. ; Baumeister, Dcnkmü > '• pionysoti Sandys, The Bacchae o[ Euripid. Cambridge 1880; Bolley, t. II, art-

Proc, of Americ. Philos. Society, 1893; Roscher, Lexikon der i ./ ^ |^0I1(i. 1898 dionysos et mainaden (Rapp) ; Huddilston, Tragedy inlight ofvasc /

MAE

et ia délicatesse. Enfin, lorsque Bacchus ne m'nifie plus que les festins, les jeux et les ris, elles- P"'1 |(, viennent rieuses et folâtres, étalent leur beauté,

j F mCulj e]ies go détachent du dieu qu leur communi- ■lii son originalité, elles n’offrent plus que le type banal ile la buveuse coiffée de grappes, dont les artistes ! ojerneg ont usé juqu’à l’abus. Adrien Legrand.

MAEINI A.IVUM ( ripo6oÀ7] , Yeto-i7cdot«T(xa 1 , éçojctYjÇ, êçt u<rrpas),

balcon tribune, loggia. — Une tradition constante attribue l’invention des balcons au Romain Maenius ; mais elle ne eut s’appliquer qu’à Rome. Il n’est pas douteux qu’en Grèce et dans l’Orient hellénique3 ce genre de construction a une origine beaucoup plus ancienne. Assurément la maison antique en général était assez basse et prenait jour principalement sur la cour intérieure. Cependant, sans parler des balcons qui pouvaient surplomber, en dedans de l’habitation, au-dessus de l’atrium4, on dut être amené de bonne heure à en établir aussi à l'exté¬

rieur [noMus, p. 3 45] . Dans les pays du Midi on a toujour; aime les toits plats formant terrasse [solarium] ; c’est 1; que la famille vient pendant l’hiver se chauffer aui rayons du soleil et pendant l’été jouir de la fraîcheur di soii. Autour de la terrasse, sur l’extrémité des poutres qui la supportaient (fig. 4777) 5, ou bien aux fenêtres des Çtages supérieurs, on se plaisait à installer des balcons es passants y trouvaient leur compte pendant la saisor * !" ’ dh n en étaient que mieux protégés contre les ^ "lls llu s°leil • Mais souvent aussi ces constructions ^asiles trop multipliées et trop rapprochées, surchargées k f de sloresi finissaient par devenir encom-

lunn,. ’ e‘ e* enlevaient aux maisons voisines l’air et h lativr 1 ' ■ à’ P°Ur réPrimer l'abus, des mesures légis-

bien Z" ?e SOnt reProduites à plusieurs reprises aussi

fils de Pisisfnte'T8 qUe,Chez les Romains’ HiPPias' en saillie ■ i ’ f ppa d un imPôt spécial les balcons athénien v 'V * V01.e PublicIue6- Au ivc siècle le peuple tenait des r1 Un° loi’ ProPosae Par Iphicrate, qui con- Penda i dl*positions analogues7, absolument ' ^ lonëtemps, les lois romaines interdirenl

«fMeau publies ' Tf.TT U“ luxe inutile et Préjudi- ' faul aller jusqu’à l’an 318 av. J.-C..

f; Alisl°l- Oec ou. II! 5 ’’ *!’VI1’ 120 ; Hcracl- Pont. Polit. |, Polyaen. III, 9, 30 I, ig 343’ . . . “ ’ a' *• ['omme synonymes on a employé project un Vil',’ '■ lit, 191, Il .’v j.) Corp. gloss. Int. Il, 125, 50 ; 128, 45, 304

p. J°’ ‘j’ - 3 Hieronym ‘ [TL* el?r0jeetura’ Vitruv' "> *— 2 Cod.Just. % 5 Mon.por la St ■’ V°'' '’ P' GC7’ Vallars- - 4 Mau, Pompeii

Hf'J \ 6 T* S‘°nn d' P°P- ««*■ Pt wxii ; Marlha, Art Etrusque.

In-n' 0nl- l- o - 7 P V f'“V’ Anstot- 0econ- II. 5, p. 1347, a 4 • cf P,

XXVll, <i , ‘ Polyaen. III o an * ,, . ’ »,ci. i

’ *■ - » Fest n 30- ~ * Précis vetita legibus, Amni, Ma

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