‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 145 sur 275 · V. ' ls,d- 0ri«- XV> 3, H ; Cic. Acad. Il · texte numérisé non relu

V. ' ls,d- 0ri«- XV> 3, H ; Cic. Acad. Il

pour voir fléchir leur sévérité. Cette année-là, le censeur C. Maenius lit établir des balcons au-dessus des portiques qui ornaient au forum les boutiques appelées labornao voter es [forum, 16° et fig. 3249 , afin que les spectateurs des jeux qui se célébraient alors en cet endroit eussent un plus grand nombre de places à leur disposition; des poutres dépassant le faite des colonnes supportaient la construction nouvelle9. Cette tribune devait être couverte, car on avait fixé sur la paroi du fond une immense composition décorative du peintre grec Sérapion10. Les maeniana furent dès lors imités dans d’autres villes d’Italie, et pour le même usage ;

Vitruve recommande d’en installer sur les portiques autour des places publiques où se donnent communément les combats de gladiateurs 11 . Les particuliers, eux aussi, bravaient impunément les anciennes lois. Il est même probable que les premiers empereurs encouragèrent plutôt ces travaux qui contribuaient beaucoup à l’embellissement de la capitale12; au temps de Cal i gui a, les habitants de certaines maisons voisines du Palatin et du grand Cirque pouvaient du haut de leurs balcons plonger leurs regards sur les dépendances du palais et faire entendre leur voix de l’empereur13. Cependant les Codes nous ont conservé des textes qui prouvent que la tolérance n’allait pas sans quelques restrictions ; même alors l’autorité semble avoir toujours empêché avec soin que ces balcons en bois ou en pierre14, garnis de tentes, ne fussent une gène pour les voisins; on ne devait en aucun cas leur boucher leurs jours15. En 368, Prétextât, préfet de Rome, lit démolir tous les balcons à l’intérieur de la ville 1C.

1 n peu plus tard, Honorius et Théodose (an 423) réglementèrent la matière pour les provinces ; des balcons établis face a face sur la rue devaient être séparés les uns des autres par un intervalle d’au moins

Non. Marcell. I, p. 05; Val. Max. IX, 12, 7 ; Paul. Diac. p. 135 MGH. Le témoignage du PS. Ascon. ad Cic. Divin, in Caecil. XVI, 50, p. 121 sc rapporte i. un autre Maenius et à lau 184, si ce n'est pas une pure confusion de deux traditions différentes, causée par la similitude des noms. Cf. Gilbert, Topogr. d. Stadt Iiom III, p. 200, n. 3 et p. 213, n. 1. — 10 Varr. ap. Plin. Hist. nat. XXXV, 10, Ha!

- U Vitruv. V, 1, 2; Co,p. inscr. lat. IX, 1148. - 12 Isi,l. Orig. XV, 3- cf Vitruv. II, 8. - 13 Suet. Calig. 18; cL Gilbert, L. c. III, p. IS2, n. 2 184 n 1 sur la do, nus Gelotiana. - 14 Isid. L. c. - 15 üig. VIII, 2, 20; XLIII. 8 i S 0.

— 10 Amin. Marc. XXVII, 9, 8.

S S, Fig. 4778. — Balcon.

MA K

MA(i

dix pieds (2 ni. 95); entre un balcon privé et un grenier public on devait ménager un espace d'air libre de quinze pieds (4 m. 45) 1 . 11 est douteux que ces mesures aient jamais prévalu d’une manière durable contre les mœurs. .

On peut voir à l'article domus (tig. 2513), une maison de Pompéi dont la façade porte un balcon en saillie sur

Fig. 4779. — Balcons.

la rue ; elle est connue parmi les archéologues sous le nom de casa del balcone pensile ; c’est en effet une exception à Pompéi, où tous les étages supérieurs se sont écroulés ; cependant plusieurs maisons avaient des maeniana : on a retrouvé les restes des poutres qui les soutenaient, et c’est en remplaçant ces poutres réduites en charbon par des poutres neuves, qu’on a pu construire le balcon que l’on voit aujourd’hui2. La figure 4778, qui reproduit une peinture trouvée à Pompéi, suffirait à nous montrer quelles formes élégantes les architectes savaient donner à ce genre de construction3. Dans la figure 4779 le balcon, plus massif et plus indépendant de l’édifice

1 Cod. Jiust. VIII, 10, il. — 2 Overbeck-Mau, Pompeii p. 267. — 3 Zalm, Die schônste Ornamente ans Pompeii , II, 73. — 4 Zalm. Ibid. II, 70. — 5 Corp. inscr. lat. VI, 2059, 29, 30, 31 ; cf. Marini Atti d. (rat. Arvali , I, p. 224-226; Canina, Architcttura romana, parte 111; Bormann, Arch. epigr. Miltheil. ans Oester reich. XVII, 70; Hiilsen, Bull. d. commiss. arch. municip. di Borna , XXII, 1894, p. 312. — Bibliographie. Saumaise ad Hist. An g . ; Spartian. Pescenn. Nig. 12; Pauly, Beal Encyclopaedie d. Alterth. Wissensch. s. v. Mae nia gens, p. 1350; Becker-Gôll, Gallus , II, p. 287 ; Manpiardl-Mau, Vie privée des Rom. trad. Henry, p. 291, note 3 ; Promis (G J, Yocaboli lat i ni di architeltura , Turin, 1875, p. 128.

MAFOHS. 1 Voir le Lexikon de Forccllini et le Glossarium de Du Gange, s. v. — 2 Non. Marc. XIV, 33 : « Ricinium quod mine mavortium dicilur, palliolum femineum brève ». — 3 Serv. ad Virg. Aen. I, 282 : « Recinus aulem dicilur, quod post tergum rejicilur, quod \ulgo mavorle dicilur»; cf. Isid. Orig. XIX, 25; Hicron.

auquel il est suspendu, devient une véritable i

Quand on construisit le Colisée, on donna l ^

rm!rtt t lrois «-C!,*

\cpodmm el le porlicjue supérieur [r«iu,T,itA, et tig. 293], évidemment par analogie avec' l, , T ' ° des tabernae vetere* au foruu,; devait être, comme le « balcon » de nos théâtres^^”1 sur le devant, d’une balustrade qui dominait le mTd la praecinctio. Un document du Collège des i Arvales (an 81) énumère les places qui leur reservees, a eux et à leurs serviteurs; nous y voyons que les deux premiers maeniana , en commençant p-„. le bas, avaient des gradins en marbre; au contraire1 les gradins étaient en bois dans le maenianum summum où prenaient place les gens du commun s. Georges

MAFORS (Macpépiov, gasxùptov). — On dit aussi maçon mavorle , mavortium *. Court manteau de femme (palliolum femineum brève )2, probablement analogue à une pèlerine ou à un collet, qui couvrait les épaules .et le cou en arrière3. Il était porté aussi par les hommes, el en particulier, à l’époque chrétienne, par les moines h C’esl un synonyme de ricinium. Plus tard, pendant le lias Empire, il semble que par extension on ait donné le même nom à une sorte de capeline ou de voile qui couvrait la tète des femmes6 [velamen]. E. Pottier.

MAGIA. — L’usage comprend sous le- nom de magie des phénomènes assez divers dont les liens et les traits communs sont encore mal déterminés. Faute d’une définition scientifique, nous devons circonscrire par làfonnements le domaine de ce que nous appellerons la magie, en prenant soin que cette définition provisoire ne s’applique pas exclusivement à l’antiquité grécolatine. Pour limiter les conclusions à tirer de cette étude, ajoutons que, d’une part, la magie des Grecs et des Latins ne forme un ensemble cohérent que du jour où les Latins entrèrent dans la civilisation grecque et que, de l’autre, nous ignorons à peu près complètement les formes primitives et originales de la magic

en Italie et en Grèce.

L’extension des mots gaysta et magia est variable! Dans leur emploi le plus restreint, ils signifient la si ien< ( . l’industrie et la religion des mages1, c’est-à-dire des. prêtres de la secte de Zoroastre, importées en (iiui . ^ cette magie persane on oppose la yo-qTeia2 etla<f«p/~u » qui n’ont point d’origines précises, se pratiqm id tn dehors des religions, sont malfaisantes et suspe h goètes sont des charlatans qui font des touisdi passe L Leur nom se rattache à la même racine qm ils l’ont reçu, dit-on, àirb xoiv y owv xat vojv Opv ^ rot; Ta»ot ç ytvop.évu>v 6, et l’on ne sait pas.au jusl des nékyomanciens ou de simples pleureuis , Re J sont-ils tour à tour l’un et l’autre; on sein m e buer, en tous cas, une mélopée caiactém *1

Ep. 22, 13. — 4 Cassian. De institut, monach. I, ‘ ■ “ t„r cloi|“io ’■

pariter atque liumeros legunt (monaclii) . 111:1 01 , r s. r.

— S Pour les textes de cette époque, voir le Glossarium ce

qu’il définit : « operimentum capitis, maxime femmaium »• ror,«>*|

MAGIA. t Apul. Apoloi/ia sive de Magia, - ' • -1'1' ' ' T'|ieod. Mops11, "!i' cf. Porph. De Abstin. IV, IC ; Joli. Clirysost. Bom. , -, - ■- dans Eusl*1

t* U IlifcriSc in Pl.ot. DM. 81 ; à signaler, pour « ad Synes.d'

Ad II. IV, 190, pàvo5 de ni*. ,«.v, pétrir. - 2 Sul<V . p’ ||us, éd. Boisson»**] Jnsomn. p. 363: Michael. Glycas, éd. Uekkcr, U, P- > t. III, p- •’ "

p. *0-41. - 3 Suid. -* Favorm ... Eu U»- ^ X|VI *

585; Orig. e. Celsum. I, 382 F; cf. S Macc. XII, - . pficopl» l' H

— B Curlius, p. 477; ef. Fiek, 13, 572.- » Miel.. Glycas, ■ P

Codrcn. p. 41. — 7 T. Wilton Davies, Magic , divinati

MAC

MAG

, sont des préparateurs de drogues1. Celle oppo- Ÿ.a^7/||, mots, dont la synonymie est implicitement "'.'Imm' par Suidas, qui les rapproche, repose sur la r' ii!!!'lioii théorique d’une haute et d’une basse magie, li" "brnium' et noble, l’autre maligne et basse, dis-

,mi correspond à des spéculations subtiles tinclion 4 1,1 * 11

h hiérarchie des démons que 1 une et 1 autre sont

Sl" r..;,.,, noir2. Cette distinction est comparable à

q|,' de la. magie blanche et de la ma£ie noire3. Mlle

H due en grande partie à la philosophie mystique, mais

dm’ parait pas qu’elle se soit imposée au langage courant.

Hesvchius définit la yoTprefa par la uayeta4. D’autre part,

Porphyre comprend toute la magie sous le nom de

• un et assimile à la religion tout ce qu’il détache de

«•lie-ci. Saint Augustin n’admet que des nuances dans

un art unique : « quam vd magian val detestabiliore

noniine goetian vel honorabiliore theurgian vocant 5 ».

Cette assimilation de la théurgie et de la basse magie,

que l’école d’Alexandrie s’était appliquée à distinguer,

peut être suspecte chez un chrétien. Mais la définition de

p)jne est décisive; selon lui, la magie est un art décevant

composé de médecine, de religion et d’astrologie6. Pour

les Latins, il n’y a entre le male ficus , le venti/icus ou le

saga et le mage qu’une différence de degré7. Enfin, on

rapproche volontiers de la magie et de la œapgaxeia, qui

est proprement la science des plantes merveilleuses,

l’astrologie, l’alchimie et la divination8. En résumé,

pour les Grecs et pour les Latins, les différents termes

énumérés désignent concurremment une classe unique

de phénomènes.

Les pratiques magiques ont pour but de modifier l’ordre prévu des choses5 par des miracles que l’intéressé ne peut pas ou ne veut pas demander à des actes religieux. 11 s'agit d’obtenir, en dehors des moyens naturels, et souvent aux dépens d’autrui, des avantages improbables ou illicites10. Le secret, l’incompréhensible et le merveilleux sont des caractères habituels de ces pratiques. Le paradoxal, l’absurde, le contre-nature des jongleries magiques les distinguent des miracles proprement religieux; Porphyre y insiste11. Faire descendre la lune ducid1-, ressusciter les morts13, faire parler les animaux14

et les pierres18, faire marcher les statues16, se métamorphoser et métamorphoser les autres 17 sont des merveilles par lesquelles les magiciens ont coutume de manifester leur pouvoir ou leur ingéniosité. Mais à côté de cette magie théâtrale qui touche à la prestidigitation et est matière à spectacle 1 ", il y a une magie utilitaire dont les emplois varient à l’infini. Dans les jeux du cirque les concurrents emploient la magie pour affaiblir leurs rivaux19; un orateur qui reste court attribue l’accident aux maléfices de son adversaire ; à la campagne on ensorcelle et stérilise le bétail et les champs de ses ennemis*®. Les charmes et les philtres amoureux sont typiques21. La plupart des recettes de la médecine populaire sont magiques22 et souvent considérées comme démoniaques23. On demande à la magie de faire tomber la pluie24, d’arrêter la grêle25, de chasser les nuages26 et de calmer les vents27, de sauver et de faire prospérer les plantes et les animaux28, de donner du lait aux brebis29. La magie procure un supplément de protection là où d’autres moyens manquent ou sont en défaut : phylactères contre les voleurs30, recette pour l7rxvu> xpoxoSêtXou Staêaivsiv 31 . Les recettes magiques mettent en œuvre des notions d’origines diverses que l’on peut comprendre sous le nom vague de superstitions. Il est préférable, pour plus de clarté, de réserver le nom de magie aux actes et aux préceptes32. Dans la multiplicité de ses, emplois journaliers la magie peut présenter des formés infiniment simples et vulgaires. Parmi les manifestations d'une magie plus élaborée, nous devons signaler dès à présent les xxQapgot33 ; sous ce terme, devenu vague, on comprend à la fois des purifications et d’autres cérémonies34 [lustratio]. Les xxOapgot et les exorcismes35 nous acheminent vers la magie mystique36 dont la compétence dépasse encore celle de la magie populaire. On trouve, par exemple, dans les textes magiques des àTraQavax'.ffgof, c’est-à-dire des rituels de l’immortalité37. Voici une liste des divers biens que l’on s'assure par des pratiques magiques : Çwrçv, ùyietav, awxr(p!xv, ttX&ütov,

eùxExvtav, yvwcrv, eù xia xtav, eÙuÉveixv, eùêouXtav, sùooç'.’av, [Jt.v-qgY|V, yâptv, gopcpTjv, xtxÀXoç, vrs'.ff pov-qv38, etc.

Bien que les Chaldéens [chaldaei] et les mages aillent

111 1 h, dans LXX Ps. L VI 1 , 5 oap;ra xo; signifie celui qui lie p. ■ i on ? Apoc. XX 111, 25; Uidach., V, 1. 11 faut naturellement disting

' mafbcjendu oaçpmo? liouc émissaire des Anthestéries. Quant aux ^ ' 011 1 011 Poul I‘rcr de cette similitude de nom, nous n'avons point i

— ' PorG! ■ De abstin. II, 40 sqq.; Eunap. Vit. Sonh. éd -3W1,P' r°; lle,iod' AethioP- Ht, 4; Suid. L. Psellus,

Favorin / / "i.' "’ P' 4‘ — 1 Hesych- Tc'ri;> r^Vju, fo^Tixciv. naTsiiEiv,

’ Omclius, Appar. Soph. 31, 24; 45, 29. Dans I Req. XXVIII

lr aliji’f,’1, ndcl'omancicn CtfN); ( Gen.XIA , 8) et oaopoooiq (Exod. V

lA.U.ri? m0t (D?nain). - « Aug. De eiv. ûei, X, 9 ; cf. VIII Bot. Hisf^xw ^ 10 (cila,ion P°rphyre, lettre à Anebon), —

Ràmisrh*, V, ' ’ 1 1 • ~ 1 A" moins à partir du 1"' siècle ap. J.-C., Th. Mon L. T I n,lfecht' !’■ 039 sqq. — 8 Suid. s. V. ;

CAilrok, i” l<,0loi\ 9 i De euttu fem. I, 2; Apolog. 25 ; Bouché-Lo, VI, 4. Philosu.1 ' y'" P* n’ ^ — y Apul. De Magia ; Euscb. Prae

l. Il, p 2».) (in x\^)0^' Berthclot, Colleet. des alchimistes

tic. Lucian \/ * ^os*me)' ^ur diversité des pratiques magiques, c

p. |s" Sf. . f. r,,n^r et Damonax. — 10 Dieterich, Abraxas, Mu M ; Cod. J„S( V°d. astrol. mediol. cod. 17 ; Porph. De al

n ^ 6; Psc11- 1î£?'1 ivEPY E‘«î ^aiiAÔvwv, p. 32 sqt Eur. d/erf. 39g PorP,‘. O. I. II, 41, 42. — 12 Aristoph. Nub.

Bel. Vin 69. : 0vid- Heroid. VI, 95 sqq. ; id. Met. VII, 190 sqq.;

dans l'antiquité U °*°^loumen<1' IV, IX, 8; Maury, La magie et t'astr ''*• texifion, || ’ Posc^er> Selene, 175 sqq. 186 sqq. ; id. Nachtrüge, 3(

lo n |j„ n‘ ' WessclY, Nexte griech. Zanberpapyri , 1893, p. Il

P* ^10 srm. (Vio r» $ P|1^arcdi , Acgypt. codic. rclig. ex Bibl. Naniai

litl> • 335 sriq. 2' iV ° Saint J°an rÉvangéliste). - H Ps! Callislh. 1, 8.- 1» 13 # \-t . ^hin. Homil. II, 32, 638 (de Simon le Magicien); cf ,H1 ‘ MeL 9J i*» ^2 ; Luc. Lucius; id. Dial. Mort. XX\

Ps. Callislh. I, 10 ; Virg. Ecl. VI, 48 ; Apollod. Il, 3, 2 ; III. 9, 2; Boctli. De consolai. IV; Pscll. itEçt SatjAÔvwv, p. 28. Sur les miracles des magiciens en géné¬

ral, Hippocr. De morbo sacro , 4 ; Kehr, Quacslionum magicarum spécimen , p. 8 sqq. — Eustath. Od. 'll%, 34. — Philoslr. V. Apoll. Vil, 39: Suid. ‘Esttria Yçà|A|Aaxa ; Euslath. Od. p. 1864, P®; Wesselv, Ü. L pap. CXX/, 175, 398, 437; Wünsch, Sethianische Verfluchungstafeln , 1898. — -0 Virg. Ecl. VIII, 97 ; Ovid. Amor. II. VII, 3i sqq.; Plin. XXVIII, 2, 10; Ap. De Magia , XLVI ; Le x A II Tab. VI 1 1 , 1 : cf. Bruns, Fontes juris rom. i. 1. — 21 Sch. Demoslh. XIX, 281, p. 431; Porph. De abst. II, 40; Virg. Ecl. VIII, 65; Acn. IV, 304, 399; O. Hirschfcld, De Incantation, et devinction. amatoriis ap. Graecos Ilomanosque , 1863.

— 22 Papyrus Lugd. Bat. V, 1, 15; III, 22: Dieterich. L. I. 24-26, p. 188, I - 4 ; p. 193, 7, 9-17; Plat. Crat. p. 405; Hippocr. De morbo sacro , p. 14 sq. ; Plul. Quaest. sympos. V, 17 ; Lobeck, Agi. 221 sqq. 635; Iw. v. Miiller, Handbuchï, IV, 203 sqq. ; Ilacser. Gesch. der Medizin , I, 433 sqq. : ileim, O. I. ; Uiess, Aberglaube , in Pauly-Wissowa’s B. E. I, p. 38, 57, 66. — 23 Talian. XVII, p. 78.

— 24 Dio Cass. LXXI, 8. — 25 XaXaÇoo'iXaxt;, Sencc. Quaest. nat. IV, 6 ; Clem. Alex. Strom. VI, 268; Frazer, Pausanias s Description of Greece , l. III, 289 sqq. ; Bull, du comité des travaux hist. 1887, 1. — *•> N(?cX9&i2xT«t, Justin. Quaest. ad orth. . — 27 Maury, O. I. p. 50. — 28 Dio Chrys. I, p. 12 ; II. p. 31. — 29 Orph. Lilhica , 211 sqq. — 30 Wessely, O. I. pap. Lond. CXX1, 378. — 31 Dieterich, O. I. oy$. M. p. 190. — 32 Lehman», Aberglaube und Zauberci, 1898. p. 7; Riess. L. I. 32. Contra Heim, p. 465; cf. Grimm, Deutsche Mythologie , ID, p. 926. — 33 Plat. Polit. II, 364 B ; Propcrt. I El. 1, 20 ; Feslus, Piari ; Hesych. TiotxaOatpwv ; Lobcck, Agi. p. 632, 643. Circé purilie Jason et Médée après le meurtre d Apsyrtos, Apollon. IV, 685, 717 ; cf. Porphvr. De abst. 11. 40.

— 34 Schol. Eur. Alcest. 1138. — 33 Wessely, Grieclnsche Zauberpapyrus ron Paris and London , 1888, Pajt. Paris. 3009 sqq. — 36 Plotin. -roùç rvwtrnxoûç, 14. — 37 Pap. Paris. 640 sqq. ; Dieterich, O. I. 104 sqq, — 38 Wossclv, O. I. pap. Mimant. 270 sqq. ; cf. Porph. De abst. Il, 40.

MA G

MAG

de pair, il importe de distinguer nettement la magie de 1 astrologie astrologia]. L’astrologie est une science qui constate des prédéterminations que la magie a précisément pour objet de modifier. La magie s’introduit dans 1 astrologie quand il s'agit de changer, par les moyens qui lui sont propres, le cours des astres et ses conséquences 1 . O autre part, par analogie avec les incantations magiques, on arriva a attribuer aux consultations astrologiques une certaine efficacité2. Enfin l'une des branches de l'astrologie, 1 iotromathémat ique , qui spécule sur les propriétés des nombres, est une science pratique qui se confond avec la magie des incantations3.

L alchimie, qui estunetechniqueet une science, n’appartient pas non plus par définition au domaine de la magie. Même Zosime et ses auteurs condamnent formellement l’emploi de la magie1. Mais cela montre qu’on l’employait et, de fait, le caractère secret et sacré des recettes 3, l’ai— légorisme6, l’appel à la tradition, la tendance à transformer les mémentos en formules indéchiffrables et en figures \ 1 usage de symboles8, enfin la présence même de mots magiques et d’incantations dans les manuels9 sont autant de traits communs à la magie et à l’alchimie.

Nous devons faire la part de la magie dans l’art de la divination divinatio] 10. Ses diverses manifestations sont attribuées tour à tour ou simultanément à la gaytxT) eixirsiptot : gavretat, ÈTtoTCTtoc, ôvsipo7ro[jt.7uoe , ov£tpatTT|(Tia, ôvEtpoxpi-tx11, etc. Les oracles et les formules pour obtenir des songes divinatoires (oveipatrqTi12) abondent dans les papyrus magiques13. On peut classer sans hésitation dans la magie la nécromancie, toutes les fois qu’elle ne se pratique point dans les cultes privés ou dans le culte des héros1*; nous considérons comme magique l’évocation des morts de l’Odyssée. La divination par l’interprétation des vers d’Homère, de Virgile ( sortes )16 ou des versets des Écritures saintes appartient également au domaine de la magie, car l’appropriation de l’oracle ne s’explique que par les mécanismes logiques que nous étudierons plus loin. 11 en est de même pour la tt.xpp.xxogxvT£tx16 et en général pour toutes les cérémonies divinatoires qui impliquent des rites proprement magiques17. En général, on peut dire que la divination privée ressort à la magie18. La magie se mêle dans une forte proportion à la divination officielle, mais pour des raisons historiques, dans la renaissance des oracles qui marque le nc siècle de notre ère 19. Enfin, la mantique et la magie sont si étroitement mêlées, que le nom de la première a souvent servi à désigner la seconde 20.

1 Pap. Paris. 2891, 2901, 2940 ; Cumont, Cod. astrol. mediol. 17. Sur les gnostiques el l’alTrauchissemcut des influences astrales, voir Bouché-Leclercq, O. I. p. 5G8. — 2 Bouché-Leclercq, O. I. p. 563 sqq. — 3 Bouche- Leclercq, O. I. p. 533 ; Olivieri, Codices Florentini , p. 65. — 4 Berlhelot, L. I. — » Ibid. I, 95 (II, IV, 35, Olvmpiad.). — 6 Ibid. Il, 221 (111, XL1X, Zosime) ; III, 250 (IV, 11,2). — 7 Ibid. Introd. 133, 152, 157. — 8 Ibid. p. 160. — 8 Ibid. p. 152. — 10 T. Witlon Davies, O. I. p. 27, fait rentrer la divination dans la magic. — H Parthey, pap. Berol. I, 327; cf. Cod. Justin. IX, XVI II, 3 sqq.; Mommsen, O. I. p. 641, n. 3. — 12 Pap. Liif/d. Bat. V, VI. — 13 Wessely, Neue griechische Zaubetyapyri, p. 2 sqq. — 14 Lobcck, Agi. 236; Slcngel, Die griec/iischc Kultusallert/i. p. 71 (Iw. v. Muller, Uandbitcliy “V, 3) ; Deubncr, De incubatione , p. 6 ; Frazcr, O. I. III, p. 347 ; Clem. Rom. Iiecognit. I, p. 494. — lî> Wessely, O. I. p. G sqq. p. 24; Heim, Incantamenta magica graeca latina, 151-160 ; in NeueJahr bûcher fiir class. Philol. sup. XIX, p. 515 sqq. ; cf. Soldan, Gesch. der Hexenprocesse , p. 84 ; Dubcsnel, Sur les sorts des Saints in Mémoires de Vanc. Acad, des laser. XIX, 287. — 16 Athen. 261 f. — 17 Cod. astrol. med. 17 (envoûtement employé pour se rendre maître des secrets). — 18 Maury, O. I. p. 71. — 19 Wessely, O. I. p. 2 sqq. ; Wolff, De ultima oraculormn aetate; Burescb, Claros. — 20 Lobeck, Agi. 632. — 21 paus. V, 27, 5. — 22 plin. Nat. Hist. XXX, 1,3. — 23 l*razer, Pausanias , t. III, 71 et 83, rites religieux et rites magiques employés tour à tour contre la grêle. — 24 Frazer, Golden Bough , 112, p. 191,

Le départ do la divination

magique et de

religieuse nous amène à la distinction de n la religion. La limite est difficile à i.— .. rTagle ^ de

propos d’un cheval magique exposé I’au^‘>ias, a

: la diMnati0o la ni

• Pa, à Qlympie

miracle, religieux selon nous, de l’embrasemJ des autels dans les chapelles des mages d’Asi. ‘ >1>ontané Pline22 compte parmi les lois sur la magie u!/"0111'62'’ consulte interdisant les sacrifices humains et unT^' Tibère contre les druides. Est-çe à dire que les H • étaient des magiciens? Ni leur objet29, ni leur ï ne permettent de distinguer n priori les rites magial, des rites religieux. On range dans la magie des nomènes que l’on pourrait à bon droit classer dan 1 religion et réciproquement23. La différence est pou rl an! réelle. En somme, lorsqu’il est possible de discerner! à première vue, des rites magiques dans des opération qui comportent l’application de rites religieux ou d’autres techniques, les premiers apparaissent comme quelque chose de surajouté, comme des chances supplémentaires qui échappent au contrôle de la raison26. En outre s’il est difficile de répartir les faits entre les deux catégories elles ne s’excluent pas moins théoriquement21. Mais il faut remarquer avant tout qu’entre la magie et la religion il y a une distinction d’ordre juridique qui, d’ailleurs, n’est pas toujours fort nettement énoncée. La magie est essentiellement illicite28, sinon criminelle; elle est toujours suspecte et naturellement calomniée29. Elle est déjà marquée d'illégalité chez les Grecs et considérée comme délictueuse30. Depuis la loi des XII tables31 jusqu’à Théodose, la législation romaine sur la magie n’a fuit que s’aggraver; la jurisprudence32 et des lois fréquemment renouvelées sont d’accord pour la proscrire. Des peines spéciales, comme la peine du feu, sont quelquefois prescrites33. Sans doute la loi prévoit et punit expressément l’abus des pouvoirs magiques3*; d’autre part, les lois qui se succèdent à partir de Constantin 3S, élargissant la définition de la magie et de la divination illégale, portent le caractère d’une persécution antipaïenne; ce sont des lois de circonstance36.

Mais, tout d’abord, il est à remarquer que la législation de Dioclétien sur les vialefici, les manichaei et les ?nathematici3\ parait précisément inaugurer la série de celles-ci ; quant à la portée de l’interdiction, limitée a l’origine à un nombre, d’ailleurs croissant, de pratiques malfaisantes, on l’étend dès le 111e siècle a la simple ion naissance des arts magiques 38 et l’on fait rentrei dans a notion du crime magique l’accomplissement de ( nUiius j

• t> ■ ni 30 considère connu®

qualifie de magiques les cérémonies de la moisson; Kicss, • • 5 ,. • c((

magique le rite décrit par Aelian. N. A. II, 30, qui, poui nous, c. -nspaui* de même, p. 33, le sacrifice du taureau d’Aristée. — 2o Cf. entre au i -■ jl IX, 38, 4, un véritable rite d'envoûtement; Pscll. infi g n, 19,

[AepiSa youv clyat tgcûtvjv oatrtv Ia)rà tijv t?|‘; i£paTtx?jç siïi<tt‘Ô|aï)Ç*

1 (Heim. O. I. 215 ; cf. 218) ; Tlieod. Prise.

tutpi n»«« ••ir'-iv . . tjl G

Il .7-7 27 Heliod. Aelh’op ■ >

■ *■> — ■ . , sive de

Heim. U. L 215; cl. 218); tneoa. rrisc. n, ~ . , ifl sive <U

idostr. V. Apoll. II, 18. — 28 Aug. De civ. Del, VIII, 19 ; Apu ■ * I J ,

1 , . «O 29 Plin L. /. ; Act.

agia ; Psell. ictot evîo Y£ia; ôai|Aoyoiv, p. os. * T h'ascin^1011'

, 255 sqq. ; Psell. O. l. p. H. - 96 Plat. Leg. «33 D; Tuchmann, ^

i Métusine , X, 125. — 31 Lex XII. Tab. VIII, 1, 8; Bruns, • «■ ■ ' xxm,

XV, 1 ; XXXIX, 16; Serv. Ad Aen. IV, 493. - 32 “ , Malir y , O.l*-1*

t, 18 («d legem Corneliam de sicariis et veneficus) ; , > ’ ( und fferen-

VI; Mommsen, O. I. p. 635-643 ; Hansen, Za.uberu.-ahn , Inqu ^ maleficjis cl •ozess im Mittelalter, p. 50 sqq. — 33 Cod. Grer/oi lanus, MtP50,i crucianicliacis, 6 ; Paul. L. I. XXIII, 17 sqq. : les adeptes sont J>* ^ a p. G»

is, ou déportés, les livres sont brûlés ; cf. Gaïus, , - < Justm. IX,

• 34 Pial. L. /. ; Paul. O. I. XXI, 3 ; la loi de Constance de 3.1^^^ ^ ^

VIII, 4) spécifie que la médecine magique et la magie i» 1 1 ( IX, X'11 •

up de la loi. - 33 Cod. Theod. IX, XVI, 3, 4; XVI 1; Cod.

36 L'objection a été réfutée par St-Augustin, L. I. J,

reg. L. I. ; Mommsen, O. I. p. 576. - 3« Mommsen, O. I. p-

MAG

MAG

. sacrées qui sonl qualifiées d'impies, d’illi LérémoiH'i'^^urnes ct de clandestines*. Sans doute la c'lt;s’ ' J ni>riine religieux2 reste vague et manque d’une noUOI,( 'I 'n (ixe cl satisfaisante dans le droit romain3, |déSignï!vons cependant assimiler à la magie les céré- "l0US secrètes comme celles qu’interdisent le séna- '°|hc des Bacchanales et les lois de 772 contre

Ainsi, c’est l’autorisa-

Dionn'ï

tus-consul .

i • rites égyptiens et juifs

lcs ! ■ ,aiu qui sépare le religieux du magique6. Or tl0n, pynSons que le sens de la loi dépasse les vues T-m-iircs du législateur et que ces prohibitions mêmes " Situent pour les deux modes d’action qu’elle disf“L une différence essentielle. C’est ce que doit montrer une analyse un peu minutieuse du mécanisme des actes magiques.

Xous remarquerons, avant d aller plus loin, que les lois, dans l’énumération qu’elles font des différents actes délictueux imputés à la magie, n’entrent pas dans la distinction d’une haute et d’une basse magie. La loi romaine confond les synonymes énumérés au début de cct article. Quant à la question de l’antériorité de la (magie sur la religion ou de la religion sur la magie, elle ne peut pas être discutée dans un exposé de la magie gréco-romaine '.

Historique. — La distinction de la et de la

gïysiot, qui n’est pas une distinction d’espèce, rend bien compte de la différence des aspects successifs que présente la magie dans l’histoire du monde gréco-romain.

On s’estdemandé si la magie grecque était autochtone et jusqu’il quel point elle l’était8. Nous pensons que la question est oiseuse. Il est probable que la magie préhistorique des Grecs avait subi des influences lointaines qu'il est impossible de déterminer, mais qui se sont exercées vraisemblablement sur une magie indigène, née des besoins des tribus grecques comme de toute autre société. Il faudrait pouvoir étudier la magie grecque cité par cité, culte par culte, pour que l’exposé historique des faits connus ait une valeur scientifique quelconque. Les faits sont malheureusement trop peu nombreux, trop incohérents et trop imparfaitement rapportés, et l’on doit se contenter d’un à peu près. Dans l’étude de la magie ancienne des Grecs on doit considérer deux sortes de données de signification très différente, les unes mythologiques, les autres historiques. Les premières nous font aperce- VlMr * étendue du concept magie, les deuxièmes nous renseignent sur la technique des arts magiques.

^0us nous dispensons d’énumérer dans la magie ■jb biologique tous les cas de merveilleux qui paraissent épasser les données habituelles du merveilleux divin; (111 11 nous suffise de signaler ce qui est expressément qua-

dJiÏ!i] Ihe°d' XVI’ X> 7 ; Cod. J ust. IX, XVIII, 9 ; Mommsen, L. I. — 2 Mommsen, J 'S‘0"sfrevelnach rom. Recht, in Bistorische Zeitschrift, 1890, II, p. 384 sqq.

I5; cf 7'"vnP' 4I°'.~ 4 Bluns’ °- 1 ’ Cic- De le9- 1[- 21 i Paul- Sent- v’ xxm’

saijon j *[' x HL 26 ; cf. le procès d'Apulée. — i> Tac. Ann. II, 95 ; cf. l’accupTmc contre les chrétiens, Le Blant, Mémoires des Antiquaires

a. (la 1, | ' 1 P 6 ^'C- ^ I d- Codex, I, XI, 2, De sacri/iciis prohibais,

to 1/ie hisi 'l0r,C spécialemeut contre la divination). — 7 Jevons, Introduction 0. I arï °f Religion, 1896 ; T. Witton Davies, O. I. p. 18 sqq. - » Heim, (lieuses de i, * ,'OS8lgnoIl Les métaux dans l'antiqu.; Origines reli-

XlV,6io Jo- 'nela^^r3ic, Paris, 1863. — 10 Courètcs : Pans. IV, 31, 9 ; Slrab. HéraTû’V oscher’s Lexikon, II, 1611-1613. — Il Uiod. V, 55; Apollon Tdp.o; ;

Plus. IX pi '■ slalue d Atlicna TsX^moc, Nicol. ap. Stob. Serm. XXXVIII, 225 ; Elym. Mn’„ '^lyles : Phcrecyd. ; Athen. XII, 70 ; Clem. Al. Strom. I, 132;

T«lchineS; s"rah*xT,,; ^ P*P' Lond' XLVI’ 454’ Courèles : strab- 474> 23tlSl-1202. S|* ‘ L 601 ; Suidas explique teL^ves par SéVjei, s. v. ; Lobeck, Agi.

lenkon, q |'',"CS nia8>qucs fabriquées par les Telchines, L. L 1187 ; Roscher, )} lv°ss*gnol, O. I. p. 16, 32, 34, J 06 sqcj. — *3 ^icol. L, l. ; Slrab,

lifié de magique. Parmi les magiciens mythiques, il faut faire une place à part aux Telchines, aux Dactyles, aux Courûtes et aux Corybantes9. Ce sont sans doute, à certains points de vue, des êtres divins qui reçoivent quelquefois un culte l0, des serviteurs de dieux, et même les Telchines, qui sont généralement présentés comme des êtres malfaisants et des adversaires de la divinité, sont à leur heure des fondateurs de cultes 11 . Mais ils sont expressément qualifiés de goètcsli. Les Telchines sont en outre des jeteurs de sorts, des |3à<7xavot13, qui stérilisent les animaux, dessèchent les plantes 14 et ruinent les terres 15 ; ils disposent dans leurs maléfices de l’eau du Styx 16. Quant aux Courètes, l’acte caractéristique de leur rôle mythologique est de nature à confirmer le titre de goûtes qui leur est donné; la danse armée à laquelle ils se livrent autour de Zeus enfant est une cérémonie conjuratoire, un àiroTpôitxiov qui peut passer pour magique*7. Les uns et les autres sont des savants18; ils connaissent les secrets de la nature et du destin, et, comme tels, ils sonl à la fois devins 19 et médecins20. Cette connaissance de la médecine les fait considérer indifféremment comme des dieux guérisseurs ou comme des sorciers. Enfin ces trois familles de démons moitié dieux, moitié hommes, sont des corporations de métallurgistes ; ils sont même les inventeurs de la métallurgie21. Or l'histoire de l’alchimie nous montre comment la métallurgie empirique s’associe à la magie; elle repose sur des secrets qui se transmettent précieusement de génération en génération : ces secrets sont fréquemment, chez les primitifs, le monopole de familles ou de corporations fermées, quelquefois étrangères à la société normale ; bref, les forgerons touchent aux magiciens22. A l’énumération des magiciens mythiques l’on peut donc ajouter les Cyclopes, autres métallurgistes d’une part, et d’autre part les Centaures Chiron 23, qui est un médecin, et Nessus 24 à la tunique empoisonnée. La légende judéo-chrétienne, semblable à la mythologie grecque, attribuait également l’origine de la magie, de la métallurgie, de l’alchimie, de l'astrologie, de toutes les sciences mystiques à des êtres intermédiaires entre la divinité et les hommes, issus de la divinité, mais indisciplinés et maudits comme les Telchines et dont la malédiction pèse sur les arts qu'ils enseignèrent : ce sont les anges déchus chassés du ciel pour avoir forniqué avec les mortelles23. On a remarqué que beaucoup de sociétés attribuaient aux populations qui les avaient précédées sur la terre qu’elles occupaient la connaissance de certains secrets et la pratique ou l'invention des arts magiques. La Grèce ne fait pas exception, car les trois ou quatre clans divins dont il s’agit figurent dans l’ethnographie légendaire et ont été considérés comme les anciens habi-

L. l.\ Suid. L. I. — 14 Strab. L. I. ; Suid. L. I. — Hcrennius, De diff. p. 157

— 16 Xoun. XIV, 36 sqq. ; Strab. L. I. — *7 ['relier. Gr. Myth. I, 1, 134 ; Tzelz. in Lycophr. 1968 M. ycAxôç xjott.OeI; k 4 e t tù sârjiaia ; Tuchnianii, La fascination , iu Mélusine, t. IX, 66. — 18 Clem. Alex. L. I. ; les Dactyles sont les m&itrcs d'Orphée (Diod. V, 64), de Pythagore, Porpb. V. Pyth. p. 17. Courètes, Diod. V, 63, 2.

— 16 Courètcs, Apollod. III, 3, 1 : Kouo^tiov Zcnob. IV, 61; Hesycli. Suid.; Nauck, Trag. fr. adesp. 580. — 80 Paionios, Iasias, Akesidas sonl des noms de Dactyles ; Amulettes (xEçian^aTu) au nom de Dactyle Héraclès, Diod. Sic. V, 64; cf. Plut. Quo modo quis suos in virilité sentiat profectus, p. 85; Courctes, Anon. Stud. Anecd. varia, 1, 284 ; cf. Pans. V, 7,6; Muas, Aratea, 3V9; Telchines, Lobeck, O. I. 1193.

21 Rossignol, O. t. ; Dactyles inventeurs de la métallurgie du fer, Diod. XVII, 7;

Schol. Apoll. Rb. I, 1129; Slrab. X, 473. Courètes, inventeurs du travail du bronze, St. Byz. s. r. A'tSr,4o; ; Strab. 472, 19 ; 474, 23. Telchines, Eustalh. 771, 50, Chryson, Argyron, Chalcon. — 22 Cyclopes et Courètes, ap. Roscher, Lexikon, II, j593, 23 (lias, IV, 219; XI, 831; Pind. Pyth. IV, 180; Apollod. II, 5, 4; III, 13, 8; Pbn. Nat. Hist. VII, 196, etc. — 2t Hirschfeld, O. I. p. 7.

25 Enoch. VII, sqq.

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lants, les Telchines de Rhodes, les Dactyles de l’Ida crélois et de l'Ida phrygien, les Courètes de l’Acarnanie et de la Crète *. Cette magie des primitifs parait avoir été également attribuée aux Pélasges, que l’on croit voir sur la frise du Théseion 2 faire voler les pierres par des moyens surnaturels.

Les trois magiciennes mythologiques sontCircé, Médée et Agamède Joignons-leur, pour être plus complet, Pasiphaé* et Oenone5, qui sont également des tpxpgaxt'Ssç, et le divin Mélampous ®. Circé, fille du Soleil, est une « dame de la mer » plutôt qu’une magicienne ; elle ensorcelle les mai ins qui s aventurent dans son domaine 1 ; on ne lui prête pas d autres maléfices ; son pouvoir procède de la connaissance des plantes8 ; elle fait boire à ses victimes des potions magiques9 qui les métamorphosent; elle les ramène a leur première forme en les frottant avec des onguents : Ulysse est sauvé par la vertu d’une plante, le moly, dont il est pourvu. Circé est munie d’une baguette magique10.

Médée est la proche parente de Circé n, et l’on trouve en Colchide un Ttsolov Ki'pxr,çis. De même que Circé, Médée est quelquefois élevée au rang des dieux13. Mais

elle est plus véritablement magicienne et sorcière que la précédente et elle personnifie uneconceplion plus précise et plus riche de la magie; en tout cas son art est plus varié. La tradition insiste sur le rajeunissement d’Aeson 11 et sur d’autres cas de rajeunissement (fig. 4780) 15. Médée charme le dragon gardien de la toison d’or par une aspersion magique16; elle triomphe par un charme du géant

Talos 11 ; elle empoisonne son frère , verse l’air sur un char attelé de dragon' "a Klle représente munie d’une boîte où sont r?n‘ és‘9’ C

Ira.

)n la

'il 40, voir medea! 20 C'!!!"'UU’es ses J ’ L est Particuliè-

son

drogues [jason, fi

rement de la connaissance des plantes une pouvoir 21 . De même que les Courètes sont a *

lisateurs22, Médée est une magicien <uérit les héros23, conjur

i a»1*» génies cij.

lne bienfaisante pn. . re les famines2* don ‘ e

'T**?* el iwMil Agaméde

i.lle d Augeias, peUte-fllle d'Hélios, twm ,le *'

maîtresse de Poséidon, est une autre Médée a" , versée dans la connaissance des plantes28 Mé P ' 'ment être en somme la personnalité la plus dévelonnl T*' classe d’homonymes où l’on doit compter encore \T rnédès, père de Trophonios29. 11 faut en rapprocher auss I romethee, en raison du tpapgaxov LfoopîOstov, que Médé

compose pour rendre Jason invulnérable30.

L’origine de la tradition magique est rapportée à cett< personnalité multiple ; c’est ainsi que s’exprime ici contrat ailleurs le rapport de la pratique et du mythe. Par exempt, les formules au moyen desquelles on conjure les vents i Ti tane (près de Sicyone) remonten t à Médée 31 . D’autre par les Dactyles sont les inventeurs des Ephesia grammata 3 et paraissent, ainsi que les Corybantes, inséparables de: Mystères. On fait remonter, selon Apollodorc, au-devii Mélampous T7|V Sià tfâpgaxatv xai xaOapgfijv 0epa7ceiav

Sur la pratique de la magie en Grèce, nous savon malheureusement peu de chose. La légende d’iphiklos fils de Phylax, est un bon exemple de ce que pouvait ètr la magie médicale aux temps héroïques 3 11 n’avait pa d’enfants. Mélampous consulté offre un sacrifice .où i convoque les oiseaux ; le vautour lui apprend que Phylax un jour qu’il châtrait des boucs, avait menacé Iphiklos d son couteau sanglant et que le couteau avait été plant dans un certain arbre; le devin fait retirer le couteau gratter la rouille (?) et ordonne à Iphiklos de boire cett rouille dans du vin pendant dix jours de suite; aprè quoi il retrouva sa virilité. Les fils d’Autolycos gué rissent une blessure d’Ulysse au moyen d’une èmoiüt) 3j il n’y a point de raison de clouter cque ce soit une incan talion magique36. Le cas n’est pas d’ailleurs isolée l’incantation (ÊTripoVj) devait être l’un des artifices habi tuels des médecins-magiciens31. Le mot 0éÀyw exprimi l’action magique des charmes38. L’emploi des plantes e de drogues tirées des plantes paraît être l’une des partie: principales de l’ancienne magie39; Hélène, qui est uni magicienne, jette dans le vin de ses hôtes un ocqaaxo

telchines, Nicol. L. l.\ Lobeck, Aglaoph. 1195. Courètes d’Akarnanie, Roscher, Lexikon, I, 1588-1593. — 2 Br. Sauer, Das sog. Theseion, pl. m et p. 133 ; Bruck, Quae veteres de Pelasgis tradiderint, diss. Brcsl. 1884; cf. la légende d'Amphion, voir entre autres Paus. VI, 20. — 3 Welcker, hleine Scrift. III, p. 20. — 4 Apollod. III, 15, 1. — 5 Apollod. III, 12, 0. — fi Apollod. II, 2, 4. — 7 Odyss . X, 135

sqq. ; Tib. II, IV, 55 ; Ov. Met. XIV, 14. — 8 Odyss. X, 213, 276 ; Epigr. Kàjxtvo;,

15 sqq.: Theocr. Il, 15; IX, 36; Apollod. III, 15, 1; Nonn. Dionys. XXII, 77.

— 9 Athen. I, p. 10 A. — 10 Odyss. X, 238. Pour les représentations, voir

O. Jahn, Arch. Beitrâge p. 401 ; Arcli. Zeit. 1865, pl. xiv ; 1876, pl. xiv, xv; Schlie, Der troïsch. Sasenkreis nuf Asclienkislen, p 182 et s. ; Jonrn. of hellen stud. 1892 (Miss Sellers) ; Rev. archéol. 1897, p. 37 (Perdrizet). — H Exceptionnellement, elle apparaît comme la sœur de Circé : Diod. IV. 45 ; cf. Sch. Ap. Rb. III, 200.

— 12 Tim. fr. 9 (Sch. Ap. Rh II, 399) ; Val. Flacc. V, 327 ; Diod. L. I. — 13 Athc-

nagoras. Légat, pro Christ. 14, cite Alcman (fr. 106 Bergk) et Hésiode (cf. Theog. 965). Identifiée à Angitia cl à la Bona Dea : Macrob. Sat. I, 12; Serv. Ad Aen. Vil, 750; cf. Cn. Gellius, fr. 9 (Solin. II, 28). — 14 Nostoi, fr. 6 lSch. Aristopli. Equ. 1321, et Hyp. Eur. Med.) ; Simon, fr. 204 ; Pind. Pyth. IV ; Pherec. fr. l£; Ov. Met. VII, 179 sqq.; Mytti. Vat. I, 188; Plat. Euthyd. 285 C; Anthol. XV, 26. Welcker, l. I. p. 22. — 15 Aesch. fr. 49, (nourrices de Zeus) ; Hvg. fr. 182; cf Aristoph. Equ. 1321 (Demos); Paus. VIII, 11, 2 (béliers). Apollod. I, 9, 27 ; cf. Frazerj Paus. t. IV, p. 218. Notre figure est tirée de Gerhard, Auserlesene Vasenhilder , 157,

I, 2.— 16 Pind. Pyth. IV, 224; Apoll. Rb. IV, 156 sqq. Voir Jason, p. 616 cl *• et Medea. — 47 Apoll. Rb. IV, 1638 sqq. : Apollod. 1, 9, 26 Fr. hist . H : ’ ^

(Leon). — 18 La robe de Creousa : Eur. Med. 784 sqq. ; Apollod. I, 1 - ^

Paus. t. III, p. 26. Les Lesbiennes (Suvovniu) : Ap. Rb L 615 (M)isib - »

— 19 Eur. Med. 1321 sqq. ; Ov. L. I. 350 ; Hor. Ep. 3, 14. 20 ^ ^

Aristid. I, p. 7C; Gerhard, Alcadcm. Abh. pl. xiv. — 21 Pind. L. 1. I ,, 9, 23. — 22 Diod. V, 65. — 23 Diod. IV; 48 ; guérit la folie d Héraclès " ^ ^ (

— 21 A Corinthe, Sch. Eur. Met. Il ; Sch. Pind. Ol. XIII, ' ■ * ,s /;

16 et Scli. ; Prop. H,

— 26 pind. Pyth. IV, in princ. — 27 Theocr. ... -

XI, 738 sqq. — 29 Usener, Gôtternamen, p. 1«3; Deubner, De tncu « «>' '■ ^ n.-7. — 30 Apoll. Rh. III, 845 ; Soph. p. 315 (Etym. Magn. p. 439, ') • , ,

IV, 221 ; Apollod. I, 9, 23. - 31 Paus. Il, 12, 1. - 32 Clem. Alex. L. I- ' ' J

- 33 Apollod. II, 2, 2. - 34 Apollod. I, 9, 12. I.a légende doit Mre ^ ^ . xV>

autres faits relatés dans ce passage sont mentionnes pa> !h-- ’ ^ j-|]Cocr. 230 sqq. et Sch.; cf. Sch. Ap. Rh. I, 118 (Hcsiod.) ; l’aiis. IV, /,/, /ne

4:1. 33 Od. XIX, 456. — 30 Welcker, Epoden vnd das Hepnec ) m 51 Contra Heim, O. I. p- 466.

Pind. Pyth.

Schriften, III, p. 64 sqq.; Contra Heim, O. t. p. ^ y(clian.

Ascl. guérit les blessés paXecxaTt; IirsoiSat;; Epigr- hotn. Ka Jp h. Il, 18 ; Sch. Pind. lsthm. VI, 53 ; Philopat ris, c. 9 ; Emploi cm m ^ ^ ^ :)9 -y/, dans Acsch. Agam. 1418. — 38 Od. V, 47 ; X, 318 ; XXIV, 3 .

XI, 741 ; Od: II, 328 ; IV, 220 sqq. ; cité par Apul. De mag. XXX .

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, (| ]T .. ypte 1 . Un instrument, ou un talisman sur rapp01'"' ^ Ju|.onS h revenir, l’ïuyÇ appartient au bagage le,lll,“ ""u'ngie. Mais en somme, nous ne la connaissons de allusions d’ailleurs trop rares de la tragédie,

^‘V'i'nuédié ou des orateurs2. Nous n’avons rien qui dl'.la donner une idée précise et complète des propUJS.s e'inidoyés avant le temps où des influences discerll(s sont venues modifier la tradition primitive. Sauf T 1 1' niantes exceptions, comme Empédocle, qui circule 0 "irs villes siciliennes, couvert de bandelettes et de ouroimes, reçu comme un dieu et faisant des miracles3, le magicien d’alors, c’est le goète* doublé du cpotpfxaxdç, sorcier populaire, incantateur bruyant et vulgaire, sorte de brahmane ridicule et méprisé, mais dont on craint les maléfices et les poisons 6, bon d’ailleurs à tous les métiers, pleureur 6, diseur de bonne aventure,

médecin, etc.

Les goûtes sont des vagabonds, de véritables bohémiens qui exercent leur art dans les cités grecques sans y être officiellement autorisés. Par opposition à la magie diffuse dont ils sont les agents, la magie mythique est cantonnée en Colchide, en Phrygie, dans les îles. Cependant la magie pratique paraît avoir aussi son port d’attache dans des contrées situées sur les confins du monde grec et particulièrement en Thessalie. La Thessalie est la terre bénie des magiciennes, terre des miracles et des enchantements7. Cette magie thessalienne se rattache spécialement à Médée. C’est en Thessalie que Médée vient s’établir avec Jason et se fait une nouvelle patrie ; on raconte que les plantes aux vertus merveilleuses qui croissent en Thessalie viennent de la boite de Médée qu’elle avait perdue en traversant le pays8. La ville d’Ephyra, qui a la spécialité des bupo ©Oôpa çàpgaxa, que ce soit celle d’Élide, de Thesprotie, de Thessalie ou de Sicyonie, est liée à la légende de Médée. Nous voyons que les puissances magiques sont dans une certaine mesure localisées.

La Thrace est un autre réservoir de magie, bien que Pline conteste l’importance de la magie thrace 9. Mais celle-ci ne doit pas être séparée de la magie orphique10, ùcphée est, comme Musée11, un magicien ou un mage et comme un inventeur de magie12, un médecin13, et les Satyres du Cyclope d’Euripide souhaitent une ÉTnpÔTi pour que leur besogne se fasse toute seule (wç «wogaTov tqv oaXôv rps^etv) u. Un nombre notable de ^celtes attribuées à Orphée ont été réunies dans les iphiea d’Abel10. Un des Ephesia grommata usuels ««os la magie est qualifié d’orphique16. Enfin la figure populaire de l’Orphée magicien du ve siècle est devenue nu des principaux caractères de la magie mystique

4 Maiir 1 ' * ~ 2 1 J irsclsfcld, O.l p.7 sqq. — 3Diog. Laert.VIII, 59,02 sqq.

Apul \/ri « " ~ * 'al- Leg. XI, 933 I). — 6 Cedrenus, p. 41. — 7 Luc. Lucius

Roscher* swV’-W VIU’ 27 : PIut- P race, conjug. XXIII ; Anth. Pal. V, 205 ; p. 7c. 9 pi ** S1|'l- ’ 'a. Lexikon , H, 3105. — 8 Sch. Ai'. JVi ib. 749; Aiistid. I, Pün. JVa/ //"!' i HUL XXX’ b2'- 10Em'- Alc- 973 Xirchlicim ; Pans. VI, 20, 18 ;

— UPaus / . XXX' 11 Olal. llesp. 304 E ; Philoch. in Sch. Arist. Pan. 1023. T*tl*«-.VV II 0 / ; Ap,Ul' DfMaS- XXVI1-‘ Apoll. Epp. XVI, 390. - 13 Eur. L. I.

— '"Abel 172 ''p*’’ £' 'TÏV[<rlv> sii ’Oçiîia «a^papv fîjpu;. — 14 Eur. Cycl. 039.

4i9,,i„ . Sl‘~ 16 Wessely ,Neue griechische Zauberpapyri, pap. Lnnd. CXX1,

in ///, $j;! ! TiaxEi; Hcsyçh. «irxixaTafrxt; Wünsch, A’eue Fluchtafeln ,

i. '■ i Lobeck i "; P’ ~S' ~ 17 Apul* L ' L • Str- 330> P- 18 i Plin. Z. I. ; Phitoslr. Jfnj/ca, ,, 7’7t 9Ji' î3n 8<WO Dieterich, Philol. Jahrb. Sp. B. XVI, p. 753 ; Pap. - 1* Marin l i> < "csscly, Ephesia Gramm.; Dioterich, Abraxas, 120 sqq. XVIH, 7111; Ab'cl l 0Cl‘ XXX11- - 19 Hippol. Philos. V. 20 (144). — 20 Tzctz. II. P- 695, 22 Dj i / S * * ~~ itpuffouofeuç in Fabric. Bibl. grâce, t. XII,

l"a8i<lnft de r.lnr, . ' ^ hymn. orphicis , p. 48, les premiers vers de la lablelle

' SOnl plla,u orphique; cf. Maass, Orpheus, 1895. — 23 paus.

postérieure17. On associait les rites orphiques aux rites chaldéens l8. Les Oph i tes Séthiens se réclamaient d'Orphée 19 et l’on faisait de lui l’un des initiateurs de l'astrologie20 et de l’alchimie21. En somme, il est souvent assez difficile de distinguer les textes magiques des textes orphiques22. Il est vrai cependant que l’orphisme n'appartient pas essentiellement à la magie, qu'il est au contraire à proprement parler un phénomène religieux et ijue la tradition orphique n’a été invoquée que secondairement par les magiciens. Cependant les cérémonies lustrales particulières à l’orphisme, l’association de la figure d’Orphée au culte de Séléné et d'Hécate23 étaient de nature à favoriser les confusions. Comment distinguer des magiciens les prêtres libres de l’orphisme, les ayépTa: et les \j. 7.vT£i; dont parle Platon dans la République*1"*! C’était affaire de point de vue. En tous cas ràyuf.Ttxov et la yoTjTefa sont des choses que l'on rapproche2, et il est probable que, sinon l’orphisme, du moins les orphiques, ou les soi-disant orphiques, aient prêté au rapprochement.

11 en est de même des Mystères en général26 [mysteriaA

L’association de la magie et de l’orphisme nous montre : 1° qu'une forme anormale de religion se confond facilement avec la magie et contribue naturellement à en élargir 1 "idée ; 2° qu’en fait et par suite de la situation qui est faite à ses adhérents dans la société, elle tend vers la magie ; 3° que la magie usuelle s’enrichit, au conlacL, de principes et de modes d'action nouveaux et qu’elle lui demande, entre autres choses, une théorie. Ce que les relations de l’orphisme et de l’ancienne yot,tsix laissent entrevoir obscurément, apparaît clairement dans les effets produits par l’introduction des religions orientales dans le monde grec.

Entre toutes les religions qui contribuèrent à la formation delà magie des temps nouveaux, celle des Perses fut considérée comme typique et fournit le nom du mélange27. Zoroastre passa bientôt en Grèce pour le père de la magie28. Les grands philosophes et les sages voyageurs de l’antiquité, Pythagore 29, Epiménide 3", Démocrite31 et même Platon32, qui étaient censés avoir eu la révélation des doctrines orientales, furent pourvus d’une réputation de grands magiciens et considérés comme les premiers révélateurs de l'art divin. Pythagore passait pour un disciple de Zoroastre; Démocrite avait violé le tombeau de Dardanos pour en tirer des manuscrits; initié, selon d autres, par le Perse Osthanès33, il devint l’une des tètes de la tradition alchimique. On raconte que des devins grecs avaient été s'instruire à la cour du grand roi 3i. Parmi les mages dont les noms sont associés à la magie gréco-romaine, mentionnons le Clialdéen Zaratas, maître de Pythagore35, Gobryas et Paza-

L. I. ; Abel, Orp/i. Argon. 974 ; Lith. 45, 47; Dielcrich, O. I. — 24- r*Iat. Hep. II, 364; cf. Theophr. Char. 16 ; cf. Lobeck, Agi. p. Gio sqq. — 2“* Slrab. 474, 23 ; cf. Soph. Od. 388 ; Eur. Hhes. 503 ; Diug. Lacrt. Epie. X, 4. — 20 De Jong, De Apuleio Isiacorum mysteriorum teste , 1901, p. 67 sqq ; Sch. ad Arisl. Pac. 277. — 27 Philoslr. Epp. XLVI, 935. — 28 Dioscor. De mat. med. II, 1 44; IV, 175 ; Geopon. I, LXXIV ; Luc. Nekyom. 6; Pap. Lugd. Bat. IV, XXII, 19; Dieterich, Pap. Magica, p. 755 ; Kroll, De oraculis chaldaicis , p. 1, n. ; Windischmann, Zoroastrische Studien. — 29 Apul. De May. XXXI, XXVII; Val. Max. IV, 1, 7 ; Plut. Symp. VIII. 8 ; Ael. 1 ar. h. XIII, 31 : Apoll. Epp. XVI, 39 s. ; Dioscor. De mat. med. II, 144, 207 ; III, 33, 41 ; Jambl. De V. Pyth. 19, 151 ; Porph. V'. Pyth. 6. — 30 Apul. L. I. XX\ II. — 31 Plin. XXX, $ ; X\l\ . 17 ; XX\ , 2 ; Soliu. III, 13 ; Scnec. Epp. XC; (iell. X, 12; Diog. Laerl. IX, 48; Bcrlhelot, Orig. de l'Alchim. p. 148; hl. Les origines de l'Alchimie et les œuvres attribuées à Démocrite d'Abdère , in Journal des savants , 1884, p. 545 sqq. — 32 plin. X at. Hist. XXX, 1. i ; Apul. De mag. XXVII ; Diog. Laerl. 111, 6. — MSynos. in Ep. ad Dioscorum , in Fabric. Bibl. gr. VIII, p. -33. — 34 Plin. Nat. Hist. XXX, 1, i ; Euseb. Chron. I, 48 ; Praep. ev. I, 10, 35 ; V, 14 ; Suid. * AaTçovojAia. — 3o Lobeck, Agi. 471

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tas1. Le plus fameux est sans contredit Osthanès*. C’est un successeur de -Z oroastre ; sa mission spéciale paraît avoir été de mettre par écrit la tradition. Pline lui attribue le premier livre de magie médicale3; on met sur son compte des apocryphes alchimiques*. Enfin c’est le plus fréquemment cité des auteurs magiques5. Le Mayixôç attribué à Aristote par Diogène Laerce devait être un tableau de cette magie telle que les Grecs pouvaient se la représenter b. Que la Grèce n’ait emprunté à cette époque aux civilisations orientales que des modes d’action et des doctrines d'ordre religieux, il serait sans doute exagéré de le prétendre. En tout cas, on en a fait entrer une notable quantité dans 1 ordre de choses opposé à l'ordre religieux que nous désignons sous le nom de magie, et i est ce qui est caractéristique. Ainsi la magie devint une combinaison de religions hétérogènes, une sorte de syncrétisme individuel et arbitraire7, superposé à la yoiyrsta primitive. Nous avons établi plus haut que la magie était illégale, nous pouvons dire maintenant qu’elle est, non Pas constamment, mais fréquemment considérée comme étrangère^ la société où elle se pratique. Elle est illégale, nous dit Cicéron, parce que ses rites sont étrangers8. Les deux caractères sont inséparables. La magie dans une société donnée est le fait des étrangers 9. L’imagination prête aux religieux étrangers les actes et les pouvoirs qui composent 1 image vulgaire de la magie10. Les religions d Asie Mineure, par exemple, furent considérées comme magiques au même titre que celles de la Perse et de l’Assyrie11. Enfin, comme nous l’avons déjà indiqué plus haut en d’autres termes, une religion déracinée est magique jusqu’à ce qu’elle reçoive le droit de cité, officieusement ou officiellement, là où elle est transplantée. 11 en résulte que la magie ne se distingue point de la religion par le caractère miraculeux de ses effets ou le mécanisme de ses procédés, mais par ce qu’elle présente d’anormal en un point donné de l’espace ou du temps et d’incompatible avec le système des idées reçues et des images coutumières. Les recettes de la magie sont d autant plus efficaces qu’elles viennent de plus loin 12.

L histoire de la magie à Rome ou en Italie est à peu près semblable à l’histoire de la magie grecque. D’ailleurs on la connaît mal, et les meilleures descriptions de cérémonies magiques, celles des poètes, dérivent de la poésie grecque13. A l’origine sorcellerie populaire, magie de paysans, médecine dont Caton et Varron nous ont conservé des incantations, des recettes trop rares, mais caractéristiques1*. Elle se mêle aux rites de la vie domestique, éloigne les démons qui menacent les enfants15, jette des sorts ( maleficium ), attire la pluie, la grêle, l’orage et rend les champs stériles 10. Elle se distingue

1 Diog. Laërl. Prooem. 2; Procl. in Tiw. IV, 285. — 2 H y aun Oslhanès historique, ilerod. \ II, 41, père d'Amestris, femme de Xcrxès qui accompagne en Grèce l’armée perse; cf. l’lin.XXX, 1,2. Un deuxième Osthanès vil au temps d’Alexandre, Plin. XXX, 1,

-• — 3 Plin. XX VIII, 1 , 2 ; cf. XXX, L. I. et Diog. Lacrt. L. I. ; cf. Diosc. O. I. J, 9 ; II, 193. 207; III, 105; IV, 33, 12G, 175. — 4 Berlhelot, Collect. des Alchim. gr. t. II ; Orig. de V Alchim. p. 1G8 sqq. et p. 44, n. 1. — 5 Plin. XXVIII, 69, 25G, 2G1 ; XXX, 14; Diclerich, Pap. Magica, p. 801, 1. 16; cf. P hein. Mus. XXXV, p. 418 ; Terlull. De anima, LA II; Arnob. Adv. G entes, I; Aug. L. IV. contr. Donat. ; Nicom. Géras, in Photius, Biblioth. cod. CLXXXVII. — 6 Rose, A ris tôt. Fragm. III, p. 32-36; Suidas 1 attribue à Anlislhène, S. O.; Diog. Laerl. Procetn. 6-8 cite un repi jxâywv d Hermippos, est-ce 1 astrologue? — 7 Cumonl, Textes et monum. relatifs au culte de M Ultra, 1. 1, p. 36 ; cf. Plut. Desuperst. 166 B. — #Cic. Deleg.U, 10. - 9 Theocr.

Descente de la lune opérée par les Brahmanes, Non nus, Dionys. XXXVI,

27 sqq. ; prélrc égyptien, Apul. Metam. II, xxvm; cf. Budge, Egyptianmagie , p. 13.

— 11 Prêtres asiates qualifiés de ?à<rxavoi xaî yd^e; : Slob. Serm. XXXVIII, 225; Diod. Sic. V, 226. — 12 Theocr. L. I. ; Virg. Ecl. VIII, 95. Has herbas atque haec Ponlo müii lecta venena || Ipse dédit Maeris. — 13 Virg. Ecl. VIII; Aen. IV, 504

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parfois malaisément do la religion . .

<lu village, de la ferme et de la forêt des ril(‘s

MI Tables, qui l’interdit, atteste qu’elle « ? i* lo‘ cks au moins lorsqu’elle est malfaisante des . dlstlnguée, dag.r avec les puissances surnaturelles privée devait former un vaste domaine indisUn7"lati01! magie et la religion. La nékyomancie était .°nLre la Le mot male ficus, usuellement employé noÙP T ’ le magicien ne devient un terme de droit ! dés‘&ner Dioclétien 18. On comprend sous la rubriq^^^

à peu près l’ensemble des opérations de la magie tolérée ou interdite; c’est ainsi que la désigne entre autres la loi de Sylla de Sicariis*9 . Le mot magus fut introduit dans la loi dès la première année de Tibère20 et est généralement appliqué, à partir de Trajan, aux praticiens de la magie criminelle 21 . Les sorcières sont appelées sagrtc ou striges ; cette dernière expression les représente spécialement comme des vampires22. La figure 4781 représente probablement un paysan consultant une magicienne23.

L’Étrurie parait avoir été pour Rome ce que la Tliessalie, la Thrace et l’Asie Mineure ont été pour la Grèce, une pépinière de sorciers, faiseurs de pluie ou chercheurs de sources24 [aquilexJ, nécromanciens23, etc. Mais l’haruspicine avait été de bonne heure adoptée ou légitimée [haruspex] . Cependant Caton défend encore au bon fermier de consulter les haruspices, les augures et les harioli aussi bien que les chaldéens26. Outre les Etrusques, les Marses27 et les Sabins28, les Pélignes avaient une réputation de magie.

L’afflux des rites étrangers se produit a Rome après la seconde guerre punique, comme il s’est produit en

sqq. ; Ilorat. Epod. V; Ovid. Met. VII, 159 sqq.; cf. Robert, Bdd ^ p. 231, n. 5; Lucan. VI, 452-460 ; Plin. XXVIII, 2, 4. - U Cat. B. rust- a- • ■ ^

96, 102, 127, 156 à 160 ; Varr. R. rust. (éd. Keil), I, 2, 273. — <■> Ans ■ '

Rimer, p. 223 ; Plin. Nat. H Ut. XI, 35, 95 (Slrigae). - 1* PI'"- XXVI ’n'^mst. Ou. nat. IV, 7; Serv. ad Ecl. VIII, 99; Aug. De cio. D. VIII, 10 ; P® * ' /' Aull, ||, I, 35. — 17 Cic. Tuscul. Quaest. XVI ; De divin. I, 58 ; C. 1 atin. \ • ; ,3i

28 ; Suet. Ner. 34 ; Plin. XXX, 5 ; Rio Cass. LXXVII. - 18 Mommsen, • ^

n. 3. — 19 Ibid. p. 635 el 639. — 20 Ibid. p. 64c, n. 7. — 21 I<>< • . 'j/eren-

Theod. IX, xvi, 4; Cod. Justin. IX. xvw, 7. — 22 Soldan, Gesc ic i 3 ienSi prozcsse, 1,60 sqq. • — 2-') Peinture de Pompéi ; Hcllig, Il andyonai ^ Mlillor, n» 1565. — 24 Non. Marcel), s. v. Aquilex, p. 69, AI. QmcheraJ; c ■ ^ ^ ^ 3

Die Etrusker, II, 318 sqq.; Frazer, Golden Dough 2, t. . __ 2 tilt

— 2UClein. Alex. Protrept. H ; Tlicod. Gr. a/feet. car. X, ^ jg ;

agr. V, 4. - 27 Lucil. XX, 5; Virg. Aon. VII, 758; H°r • Ep ■ '^ltgnes de Ov. East. VI, 141 ; Plin. VII, 2, 2 ; Marie Graliam, Voyage aar ^ ^ Vj ;ii. Home , 1819, p. 66; llirsclifcld, O. I. p. 24. — 2t Hor. Sat. I,

Sur les Pèligne», cf. Hor. Ep. XVII, 60.

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stations dont Caton recommande l’emploi Crè i , luxations ne paraissent pas a première vue I fnlr7i, tradition indigène1. Ici comme en Grèce, les I tenu; ||(' ères non autorisées sont confondues avec religl°n! et soumises à la même législation. La situation laniaSK t uf,nip au’en Grèce par suite des efforts faits estmieuxa 1

Lm«" . .

restât pas lettre morte. Après la ,11Ilt>ITe punique, un sénatus-consulte ordonne livres de divination et de magie2 et inter-

nririuH' . ....

de détr dit en me rites étranger &

me temps la célébration de sacrifices avec des

Les manifestations religieuses proscrites I le sénatus-consulte des Bacchanales sont rangées I f! |a loi à côté de la magie3. De même, nous l’avons vu, Ene compte parmi les mesures prises contre la magie les décrets de Tibère contre les druides *.

“ Ja ]0i resta impuissante. Les magiciens continuèrent là s’insinuer et à s’établir dans Rome. La littérature nous fait un portrait peu flatté des Canidies et autres sorcières, empoisonneuses ou entremetteuses qui pullulent dans les bas quartiers8. De nombreux témoignages nous montrent quelle clientèle crédule trouvaient les chaldéens, les devins et les enchanteurs 6. Ce que les auteurs nous disent du crédit des astrologues doit être étendu aux magiciens.

I Or la magie, prise dans son ensemble, ne bénéficia pas de la tolérance ou de l’accueil accordé, sauf exceptions, aux religions provinciales. Les empereurs personnellement purent s’y intéresser et s’en servir7, mais à la condition de s’en réserver l’usage; entre les mains des particuliers la magie était dangereuse, et c’est probablement ce qui explique le soin que l’on met à lui laisser son caractère d’illégalité, sinon à la proscrire systématiquement et constamment. En 721 (32 av. J.-C.), sous le triumvirat d’Octave, Antoine etLépide, on chasse les magi- ®ens et les astrologues8. Sous Tibère, en 769 (16ap. J.-C.), dessénalus-consultes bannissent les mages et les mathemdtici de l’Italie. L. Pituanius fut précipité du haut de la roche Tarpëienne et P. Marcius exécuté, more prisco, un dehors de la porte Esquiline9. Claude10, Vitellius11, renouvellent les proscriptions de Tibère et l’empire païen se termine sur les lois de Dioclétien contre la magie et

lpatromathématique 12. •

I En dehors des manuels de magie sur lesquels nous Reviendrons, deux séries de textes nous montrent ce ■Quêtait la magie du monde gréco-romain unifié. Ce que I a première série nous fait connaître, pris dans son ■ ensemble, n a généralement pas de date, c'est la magie | erm.ll, , tellement usuelle qu’elle est sécularisée, qu’elle I ompie dans le total des connaissances scientifiquement

acquises. C’est a

ainsi que Pline, qui considère la magie nous donne une col¬

onie vaine, ridicule et illégal

lection considérable de recettes et d’in antalions qui sont passées de la magie populaire dans la médecine érudite et dans les différentes techniques auxquelles il touche. Pline n’est pas isolé, et l’une des préoccupations principales de la science gréco-romaine paraît avoir été de formuler et d’enregistrer l’expérience et la pratique léguées par les générations antérieures. L’association de la science et de la magie se fait si intime que le mot ÿw.xô; prend le sens de magique14.

Les ouvrages des médecins sont d’excellents documents pour l’étude de la magie médicale1, ; citons parmi les Grecs, Aétios d’Amyda, Alexandre de Tralles, Theophanus Nonnus, le recueil des Iiippiatrika et particulièrement les livres sur les remèdes comme les poèmes de Nicandre (0-qpiaxâ , ’AXs;epâpp.axa) 10, 1 ode Muterai rnedica de Dioscoride et ses appendices, et le traité des Cyranides ; en latin, le de Medicamentis de Marcellus17.

De même les agronomes ont codifié la magie agricole. 11 faut citer en première lignele recueil des Geoponika ls, en latin les recueils de Columelle et de Gargilius Martialis19. Depuis Y Histoire des plantes de Théophraste en passant par Alexander Polyhistor (©x'jgaTt'ojv cuvaytoy les naturalistes, les auteurs de 4>u<rixx comme Neptunalios20 touchent plus ou moins à la magie. A côté d’çux il faut ranger les collectionneurs de prodiges, les Paradoxographes 21 dont le plus ancien est sans doute l’auteur du TTspt Qxuu.a'ïûjüv àxouffgxTcov attribué à Aristote, les antiquaires comme Macrobe et Sorenus Sammonicus qu'il cite 22. Citons enfin les recueils de proverbes (Diogenianos, TOxpotgfat o'qgwSeiç èx TŸg Aïoyeviavou Tuvayoïy-qç, Zenobios j -3, où l’on peut trouver des renseignements épars.

La deuxième série de textes comprend les sources sur la philosophie alexandrine et le gnosticisme24. Les renseignements sont épars dans les commentaires philosophiques et dans des livres comme le de Abstinent ia de Porphyre, le livre sur les mystères des Égyptiens et le petit livre de Sacrifîcio et Maffia, dont le texte grec est perdu, traduit et publié par Ficin dans les œuvres de Proclus25. Ces textes nous renseignent sur la magie mystique, telle qu’elle s’est développée particulièrement autour de l’École d’Alexandrie. Elle est le produit du syncrétisme dont on a signalé plus haut les débuts. Elle se compose d’éléments philosophiques et religieux encore mal différenciés. C’est une synthèse de tous les moyens connus d’agir sur les pouvoirs spirituels. Elle est à michemin entre la religion et la magie des recueils de recettes et capable de se tourner dans l’une ou dans l'autre direction. Un certain nombre de personnages typiques, Apollonius deTyane26, Alexandre d’Abonotique, le Peregrinos de Lucien, tiennent à la fois du philosophe, du charlatan, du prestidigitateur et du fondateur de religions.

'f. Bcrgl ,C' 18°’ vaeta daries dardaries asiad arides, etc.

XXXIX 10 X f XX11, 585 ! Wc>ckci-, Klcine Schrif. III, 73. — 2 Liv.

-»*«’ ,neUn ,»Aus- 31 ; Paulus’ v- 23, 18 ; Dig- x> -- *• '■ - 5 Hirsch k\<\ o , *°mer' !'- 70 «N- - 4Plin' Nat- //,sL XXX- b4- K Rrfercq, o./ t ^lp» P* 7. — 6 Maury, O. I. p. 72 sqq. ; Bouché-

L /V‘ z>ar^'^W‘ I!’ 09 5 Dio Cass- LV1I, 18 ; LXXV1I, 15. — 7 Cf. Wessely, 9'°Cass. LXXl s i” ^ * S0US ^OTc-Aurèle (expédition contre les Quades),

Cl0**° do magiciens ! * * ^ ap. Lamprid. 9 ; Ilerod. IV, 12, réunion offi-

XXX, i l,aiacada ; Maury, L. I. ; Pline accuse Néron de magie, Nat.

^Mécène contre les i^'*° ^ass* ^IX, P- 756; cf. Id. IV, 36, p. 149, discours ^n,i* H, 32; cf y ^ ,&*ons étrangères, les sociétés secrètes et la magic. — 9 Tac.

~"l|Suet. 14, JJ d sacr*s aegyptiis judaicisque ». — 10 Ibid. XII, 52.

P* — 13 pjjn ^ oucIic-Leclercq, O, I. p. 566 ; Berthelot, Orig. de l'Ale him. — 1$ Olirisl f .C^ ^ v- Index. — 14 Dieterich, Abraxas, p. 51,

y ( lm ^) lech- L't- (Kvan von Müller's Uandbuch, 3, Vil),

p. 860 : Rob. Fuchs. Wundermittel aus der Zeit des Galenos , in Ne ne Jahrbùcher , 1894, p. 137-143. — 1° Ibid. p. 372. — 17 Hcim, De rebus magicis Marc e lit medici , in Schedae philol. Hermanuo Csener oblatae , p. 120 sqq. ; Jacob Grimm, Ccber Marcellus Burdigalensis , in Abh. d. Berliner Akad. 1847; Grimm-Piclct, Ueber die niarcel linischen Formeln , Ibid. 1855; Kleine Schriften, II, p. 114-151, 152-172.

— 18 Christ, Ibid. p. 865. — 19 Schanz, Gescb. der BOm. Litt. (lw. v. Müller’s Handbuch , VIII), II, 2, p. 387 ; 111, p. 198. — S0 Éd. Gemoll, Striegau Progr. 1884.

— 21 Christ, p. 733, cf. 470 ; Puradcxographi yraeci, éd. Wcslennanu. 1839; Rorum naturalium scriptores graeci minores , éd. Keller, 1877. — 22 Schanz, O. I. III p. 158 et 162. — 23 Christ, p. 775. — 24 Schmidt, Gnostisc/ie Schriften in Koptischer Sprache , p. 442; J. Matler, Histoire critique du gnosticisme , 1828; King, The Gnostici and their remains , 1887, surtout I.

— 25 Éd. Cousin, t. III, p. 278.- 26 Suid. s. v. Mayis'a ; Luc .Alex. 5. Philostrate, Y. Apollon. } défend son héros de l'accusation de magie, I, 2 ; II, 18; V, 12 ;

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MAG

Les philosophes tendent naturellement à faire prévaloir le caractère religieux du mélange, mais entre la thëurgie et la magie ou la goétie, ils ne peuvent point tirer une ligne de démarcation suffisamment nette; Porphyre, qui parait avoir été particulièrement préoccupé de cette confusion, en a conscience et en fait l'aveu1. La différence est toute d intention et dépend de la moralité individuelle. 11 manque à la thëurgie alexandrine, pour être religieuse comme 1 ancienne théurgie égyptienne, une base sociale suffisante. Elle est sortie de la religion. Le procès d Apulée 2 nous montre bien que le public et les philosophes ne s’entendaient pas pour la nommer du même nom ; ce sont moins les maléfices particuliers qu’on lui reproche et dont il se défend avec esprit, que les initiations variées dont il se vante et les traditions dont il proclame la sainteté qui le rendent suspect de magie. Du dehors, la philosophie, même sans mélange de théurgie, parait magique. Pour Apulée et les Alexandrins, il nous parait malaisé de les justifier du reproche. Cependant la théurgie finit par rentrer en partie dans la religion; mais elle ne le doit pas aux philosophes. D’une part, les sectes gnostiques sont des sociétés religieuses qui, dans la mesure où elles sont reconnues comme telles, transforment la théurgie magique en culte3; or il est difficile de distinguer des sectes optâtes, par exemple, les compagnies de magiciens1. D'autre part, le mithriacisme donne un caractère religieux à des modes d’action et à des théories qualifiées auparavant de magiques8. 11 est à noter que pour Pline les premières manifestations du mithriacisme officiel à la cour de Néron sont magiques 6.

Les sceptiques, épicuriens et cyniques ont produit toute une littérature qui s'oppose à la philosophie théurgique7. L'épicurien Celse, qui est probablement le même que l’adversaire d’Origène et à qui Lucien a dédié le 'Fc'joôp.xvTcç, avait écrit un Kx-ri gotytov8. La rWjTwv swpx du cynique QEnomaos dont Eusèbe a conservé un long fragment est une critique des oracles en général. De même la critique de Lucien5 dépasse la magie proprement dite pour atteindre l’ensemble du merveilleux religieux et mythologique. Citons encore le IIpôç gaG-^gaTocouç de Sextus Empiricus. Ces écrivains ne reprochent pas à la magie d’être irrégulière ou dangereuse; ils prétendent démontrer sa vanité ; les magiciens, comme le Peregrinos ou Y Alexandros de Lucien, sont pour eux de simples fourbes, hypocrites et immoraux qui exploitent la crédulité des bonnes gens; et, sur ce point, d’ailleurs, ils ressemblent aux prêtres errants des divinités orientales, comme les prêtres de la déesse syrienne que nous présente le Lucius. Les fantasmagories magiques sont des supercheries bien machinées; la description de la lécanomancie dans les Philosophoumena 10 est un bon

1 Porph. Lettre à Anébon , ap, Euscb. Praep . ev. V, iO. — 2 Cf. le procès d'Apollonius, Philostr. V. A poil. 7 el 8. — 3 Dielerich, Pap. May ica , p. 764; Abraxas , p. 152; Schulze, Geschichte des Unterganyes des griech. rom. Heidentums , II, 377; Berlhelot, Coll, des Alchimistes , t. I, p. 3; Pap. Lugd . Bat. V, II, 20, 29 (Marciajiisme) ; J. Maltcr, Histoire critique du gnosticisme , 1828. — 4 Dielerich, Abraxas , p. 149. — 5 Cumont, Textes et Monuments , I. I, p. 36; Bousset, in Archiv fur Religions Wissenschaft , 1901, p. 167; Pap. Paris , p. 475-489; Pap. Lond. XLYI, 5; Wessely, in Wiener Studien , VIII, p. 180 (plaquette d’or de Vienne) ; Année sociologique, t. IV, p. 298.

— 6 Plin. XXX, 1 , G. — 7 f’hiloslr. V. Apoll. VII, 39. — # Christ, O. I. p. 745, n. 5.

— 9 Luc. Alexander , Dcmonax , Pseudomantis, Philopseudes , etc. — 10 IV, 4 (63 sqq.). — h Christ, O. I. p. 814 sqq. — 12 Orig. Adv. Cels. 1, 5, 17, 20; IV, 153 -- 13 Aug. De ci v. Dei, XXI, 6. Sur la réalité de la magie, cf. Iren. Adv. haeres. 23,4; Tcrtull. Apolog. XXXVIII ; De Anima, VIII; Euseh. Praep . ev. V, 14;

exemple de cette façon d’interpréter le ril„Pi , el des thëurges. Dans la littérature rom., S ma8çs s’agisse du voyage ù Thulé d’Antonius quil Théagène etChariclée, des BaêuXwvtaxi de i. *?kft!ne' d* Pseudo-Callisthène, des récits de Palladio/"1 ’ '(|u,,'Ju les Brahmanes 11 ou, chez les Latins, des méhl 61 d’Apulée, la magie est un thème favori et n! ï°Sei nécessaire de pittoresque. n *‘lérne“a

La position des chrétiens à l’égard de la magie Pm , ,1 autre que celle des sceptiques. Origène fait ,,n cr‘imp°UJ Celse d en mer la réalité ». Saint Augustin croit à L, cité des rites employés pour agir sur les démons13 wT Wions pas que le christianisme s’est propagé dans 'l"' milieux où s’est développée la magie mystique» ij nécessité de se dégager du gnosticisme appelait natu rellement sur la magie l’attention des Pères de l'Église' Le caractère exclusif de la religion d’une part, de l’autre | la force de l’autorité collective dans l’Église, font distinguer le magique du religieux avec une netteté que n’égale aucun des critères fournis par la Grèce et par Rome| C est poui cette raison que nous poussons jusqu’ici cet exposé sommaire. Legnostique et l’hérél ique sont des magiciens, à commencer par Simon le Mage13; Ménandre1* Marcus17, les Basilidiens18, les Carpocratiens13 de meme sont taxés de magie. Entre le Dieu et le démon, iln’va pas une simple différence de degré comme pour le théurge alexandrin; il y a une opposition absolue; les. démons sont les mauvais génies, et c’est à ces mauvais génies que l’on attribue indistinctement tout le merveilleux illégal 20 J La magie et la religion travaillent aux deux pôles du monde des esprits. Naturellement toutes les formes du paganisme sont reléguées dans la magie. C’est par une opération magique (magica operatione) que s’expliquent les signes donnés par les idoles21 et, comme dit Talien22, ptxyoç ètmv vApxs[Juç, OspaTTEÔet ô ’AiroAXtov. Il résulte de cette opposition que lorsque le christianisme devint religion officielle, les lois sur la magie, complétées d ailleurs par les lois de majesté, furent appliquées avec une énergie inusitée et qu’elles engendrèrent une persécution dont on trouvera l’exposé dans Maury23. Signalons simplement! pour montrer le caractère de cette persécution, 1 histoire! du jeune homme qui fut mis à mort parce qu il axait été surpris approchant alternativement ses mains dunj marbre et de sa poitrine en comptant les sept \oules pour se guérir d’un mal d’estomac2’. J

Les livres magiques. — La magie de lepoqm impt

riale nous a laissé un certain nombre d écrits

, 'rages magiques ea

r les auteurs

ou apocryphes et de recueils. Ces ouvrag leur usage sont mentionnés fréquemment pai ^ ^

anciens28. Citons en première ligne les livres < 1 ^

(Poimander, ocot 'AffxXY|7ttou rc pôç ’Aggova fJac.ÀwX ,

ilobée-, Asclepius ,ive d,al"l4

ments conservés par

Niceph. in

Synes. p. 302; Harnack,

chichte , 1892 ( Texte und Unlersucliungen, Mil, *). . p jrujocia. De

Geister, p. 77, 120, magic clircliennc, glossolalie, mcaii a im^ • Lllgano, il* S. Cypriano. — 13 Jusl. I, 20; Adhérents de Simon^cn. , ; |rc„ L (. ,

jVuovo Bollelino di archeologia cristiana, 1900, p. , / n 2 : III. *»

- n Ibid. I, 13. - 18 Ibid. I, 2k. - >0 Ibid. 25. - ÿif~tc'ck, IX. 3.

Just. I, 14; Wcinel, O. I. p. 120. - 21 Iren. V, 20 ; buse .

- 22 Or. VIII, p. 30. - 23 O. I. p. 100-150 ; Sceck, Cat- co

graecorum ; Kroll et Olivieri, Cod. Venet. p. 79, extta «es en Syrie vcrs ^ I cheni de Zacliarias Scliolaslicus, deslruction de livres g ct .,0n /'"'/>* d

488. Sur la magie au iv' siècle, voir Puech, Saint Jean "U jakrbtoh*t> sp- .. .r.Mr.11 .. Cio nip.tericils i ./fl

p. 180 sqq. - *4 A mm. Marc. XXVIII, 2, 28. - 2“ Dielerich. J «« 7Afrf>57; Ad* XVI, p. 751 ; Luc. Philops. 39,îeçàTiva ix ^c6Xcov icctXocia^

Sanct. 26 sept. p. 225, Vit a Cyprxanu

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irismegisti)1 qui peuvent paraître plus pliilo- J""" , ue magiques, dépouillés comme ils sont des

S°pll'iq lions de la gnose qui, dans les papyrus, suivent #P!,l!lil Moment les passages mythiques ou dogmatiques 2 ; hab"" jl£?orXuŸixx d’IIorapollon 3 ; enfin les écrits ug je Nechepso et de Petosiris

Pul;il(),;.i es je Nechepso et de Petosiris [astrologiaJ aSl' !ii i iix papyrus qui ont échappé aux destructions I ; nii'imes, telles que celle qu’ordonna Dioclétien en f T' voici ’la liste de ceux qui ont été publiés 6 : P Hliev Papyri Berolinenses, in Sitsungsberichten der Llinn Akademie der Wissenschaften, 1805, p. 109- 18!) peemans, Papyri graecae musei Lugdunensis , ,11 Leyde, 1885. Le papyrus V (J . 384, Cat. Anast. 75) 0 de Levée a été publié à part par Dieterich, Papyrus magica misei lugdunensis Baiavi (denuo edit, commentario critico instruxit, prolegomena scripsit Alb. Dieterich) in Jahrbûcher fiir Philologie , Sp. XVI (1888) p. 747- 827. Dieterich a tiré du papyrus IV (J . 395) 1 le livre intitulé BtSAoç fepà éTaxaXoujJLÉvT) Movàç v) ôyoÔT] McoüsÉcoç 7tsp'i xoù ovowtoç xoù àyiou, qu’il a publié dans ses Abraxas, Leipzig, 1891, p. 197-205 8. — Wessely, Griechische Zauberpapyrusvon Paris and London , in Denkschriften der pli. hisl. PI. der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften in Wien , t. XXXVI, 1888 : grand papyrus de la Bibliothèque nationale de Paris (3274 lignes); Papyrus Anastasy (British Muséum, XLVI) ; Papyrus Mimant (n° 2391, Louvre); Papyrus XLVII du British Muséum (Anastasi 5). E. Miller, Mélanges de littérature grecque, p. 442, 447. 452, sqq., avait publié déjà les lignes 434-462, 1956-1989, 2714-2870 du papyrus de la Bibliothèque nationale 9. Les papyrus de Londres XLVI etXLVII, sont réédités dans Kenyon, Greelt Papyri in the British Muséum, t. I, p. 64et, 81. Le papyrus XLVI avait été précédemment édité par Goodwin, dans les Publications of the Cambridge Antiquarian Society , 18o2. Fragment of a G raeco-Eg g ptian wark upon magic. Les lignes 304-369 ont été commentées et traduites dans Ihng, Gnostics and their remains, p. 242-244. Nous [ aurons a mentionner au cours de ce travail un certain nombre de traductions et de commentaires partiels des papyrus. — Wessely, N eue griechische Zauber papyri , IXLH, 1893 : papyrus CXXI du B. M. (1 045 lignes); PaPyrus CXXII ; papyrus CXXIIl; papyrus CXXIV , apyri Rainer 1-12 (fragments). Les papyrus de Londres sont réédités par Kenyon, t. I, CXXI, p. 83 sqq., CXXIIl, P -°’CXXI\, p. 121. Le pap. CXXV (ypaOç ’AttoXXwvîou u7rY|p£t;ç) est publié par Kennyon, p. 123sqq. Wes- J* ya publié encore le papyrus XIV,' 46 (3378) du Louvre ans 1111 * rogramme du Gymnase de Ilernals, 1889, p. 2

f’arlliov .

Btr'm tri ««l’ujiste, fJa

Bermetis Trismegisti Poemander , Berlin, 1854; Ménard,

|vM0g.,îuv , ' 1 ai ls, 1 SGG ; EçiaoO’ toü Tour;«yur:o’j it£p aMaxaxA!(riu;

H: li|,,lor pi * 1 tx T/j; ixwûy.iAaxix^ç E-nrr^|xriç iqèç "AjEjEiva AtyultTiov,

il y aurait ( r'‘ mefcl graeci, 1, p. 430-440. Suivant Jambl. Du myst. «wwgcs | , ucs U Hermès; on trouve mentionnés eà et là les titres des < plt[l j"0"' aUriljués, entre autres un „TÉfu;, Papf Lugd. Hat. IV, I, 12; "«sol,, ®tTlîi à comparer aux attribués à Orphée;

Carra de yaiu \ • ''s>lleU‘slus. in Mittheilungen Rainer , V, 1802, p. 133-134; T* CT. le livre’j , deS men'eiltes’ P- 13, 117, 169, 179, 241, 206, 345. HWcrdam, ,s:, ". “ “ e *•« cl Berthclot, Coll, des Alchim. gr. - 3 1 -.ecmans, *■ tl. p. 44.5, Gir; I m S ""1 ’ Uamlini, Calai, cod. graec. bibl. Medic. Laur.

Xechmis et 'p . A.' i28’ 234 i Fahricius, Bibl. graec. 1. 1, p. 88 sqq . — * Riess, 1"""' la magic , v fragmenta, in y eue Jahrbûcher , Sp. XIX, 1803, p. 378; " 1 Sur celle l'itlé°"i ^ me^tcinam tracions , parliculièremcnt p. 382.

tftt, iu Jalirejy."'e,' V011 ' '<‘10c*'" Die Papyruslitteratur von den 70 Jahren *"*/’( de Bursian t <(/ U ^ fl^er die Fortschritten der class. Alterthumswissens- *r'c^> Bas antike w ^ ^ aebcrün, in Centralblatt für Dililiotheksu'csen, 1897;

‘lslei 'enwescn, p. 46, n. 2 ; Kcuvens, Lettres à M. Letronne.

sqq., et une tablette de bois de la collection del'arcliidm Rainer dans les Mittheilungen ans der Summluny dm Papyrus Erzherzoy Huilier V . 20. 1889 . — Berthelot et Ruelle, Collection des anciens alchimistes grecs, Paris, 1888 l0. — Il faut signaler, comme contenant des parties magiques, les manuscrits suivants publiés en totalité ou en partie et utilisés par Heirn, Incanlamcn/a magica graeca latina. Grecs : Codex Lipsiensis 175. fragment édité par Bursian, in /ntl. Lect. aest., Iena, 1873 (Cf. Philologus, 1890, p. 543 . Codex Palalinus 224 (Harpocration, Pi Ira, Analecta sacra, V, p. 293 sqq. . Codex Parisinus 2286 (p. 61, Traité alimentaire du médecin Iliérophile , éd. Boissonnade, in Notices et Extraits, XI, p. 178). Codex Sinaiticus, éd. Tischendorf, tab. XX, 7.

Latins : Codex Bernensis A. 92, saec. X (Catalogue Ilagen, p. 129); 250 ( ibid ., p. 286); 334 p. 332 ; 538 (p. 449). Codex Cavensis, 183, saec. XI livre de Damigeron) in Pitra, Analecta sacra, t. II. Codex Sangallensis 751 (Medecina Plinii), Val. Rose, lierai. VIII,

р. 54. Codex Vindobonensis 93; J. Haupt, in Sitzungsberichten der Akademie der Wissenschaften in II imi. 1872. Codex Laurentianus, Cat. Bandini, III, p. 40 -pâçstc xoD A auto stç Iloptpûptov). Codex Vossianus, Picchiotta, Anecdoctum latinum. — Ajoutons à cette liste les manuscrits suivants11 : Codex Laurentianus XXVIII, 34 Cat. Bandini, II, 59-62), fol. 85. Cf. Kroll, Astrologisches, in Philologus, 1898, p. 123 sqq. Codex Barberinus III, 3, fol. 205, ann. 1497 : on y trouve une série d 'incantamenta et d'exorcismes (71-85). Codex Neapolitanus IL

с. 34 (cf. Calai. Salvatoris Cyrilli, t. Il) ann. 1495 : on trouve une description de.lécanoinancie au fol. 2342. — N. J. Politès a utilisé deux manuscrits de Munich et deux manuscrits d’Athènes dans IlaXa'.oypav.xTj çxa/uoÀoyta ex twv uaytxwv ptêAtwv, in Parnassus, 1892, X\ , p. 1 / 4 (cf. Bys. Zeitschrift, 1892, p. 555-571) *2.

11 faut signaler ici le Catalogue de manuscrits astrologiques publié par Boll. Cumont, Kroll et Olivieri (Bruxelles, Lamertin, à partir de 1898 . Les deux premiers fascicules ( Codices Florent ini, Codires Venelï) ne contiennent presque rien qui appartienne directement à la magie. Dans le troisième [Codices Medio/anenses on trouve de longs extraits de manuscrits magiques grecs récents.

La littérature des oracles magiques est à partager entre l’astrologie et la magie15.

Les tabellae dévot ionis, dont nous n'avons pas à nous occuper ici spécialement [devotio], sont une source importante de renseignements sur la magie qu’il convient

— G Sur la partie démotique de ce papyrus, cf. Leemans, O. l. p. fi. — ' IV, 12 ; V, 43 ; XI, 2; XIII, 18. — 8 Un autre papyrus du Musée de Leyde, I, 383, Cat. Anast. 65, contient des parties grecques magiques, Mon. égypt. du Musée de Leyde, I, 1839, 14 planches el 8 tables; cf. Brugsch, in Zeitschrift der morgenlaend ischen Gesellscliaft, VI, 2, 1852. — 9 Sur les rééditions, voir Wiener Studien, VIII, 2 et Lit. Centralblatt, 1887, n» 1 ; Novossadsky. Ad papyrum magicam bibliothecae parisinae adnolationes palaeographicae , in Journal du Ministère de l'Instruction publique (en russe), 1. CCC.II, décembre, Section de philologie classique, p. 81 • K u huer t, in Bhein. Mus. XLiX, p. 59, éludie le oùv?oxaa:«$Eff|E.ô;, 1. 296 sqq. — lûSur les mss. alchimiques, André Bcrllielot, in Archives des Missions scientifiques. t. X1H, p. 819-854. — 11 Wünsch. Deficionum tabellae atlicac, XXXI. — 12 Cf. Vassilicv, Anecdota gmeco-byzantina, 1893, p. 336: M. A. Fournier, in Mém.de la Soc. de. linguistique, IX, p. 399-405 ; Ricochon, Tablettes et formules magiques à double sens, p. 9 sqq. — 1:1 Oracula magica cum sclioliis Plethonis et Pselli, Oracula metrica et Astrampsychi ’OviqoxyttiEÔv, éd. Opsopoous, Paris, 1599 , Zoroastris magica oracula, cal, Bandini, I. II, p. 386 ; WolfT, Porphyrii de philosophia er oraculis luiurienda rell. 1S56; Kroll, De oraculis chaldaicis in re tau- Phil. Abhundl. VU, 1, 1894.

MAG

MAG

au moins de signaler ici. On les trouvera réunies et commentées dans la préface des Defixionum tabellae atticae de Wuensch. Mentionnons particulièrement les Inscriptions relating to sorcerg in Cyprus publiées par Miss Macdonald dans les Proceedings of the Societg of Biblical Archaeology, 1890, p. 160 sqq. ; la tablette d'Alexandrie (Dilthey, Rheinisches Muséum, IX, 370; Lenormant, XVI 11, .">03 ; Babelon, Catalogue des b ronces antiques de la Bibliothèque nationale, 700); la tablette d’Hadrumète ; les defixiones du temple de Déméter à Cnide ( Sanimlung der gr. Dialekt-înschr ., 111, 41, p. 233 sqq.'. Une importante série de tablettes magiques trouvée à Rome a été publiée par Wuensch dans ses Sethianische Yerfluchungstafeln. Plus récemment M.Olivieria publié des tablettes trouvées à Bologne ( Studi Italiani di ftlologia classica, 1899, p. 193). Citons encore R. Ziebarth, N eue attische Fluchtafeln [Nachr. d. K. ges. A. Wiss. s. Gôttingen , Ph. hist. Kl. 1899, p. 105-135) et Wuensch, N eue Fluchtafeln [H heinisches Mus., 1900, LX, p. 62 sqq.), qui, outre des rectifications et des commentaires, ajoute quelques fragments inédits aux textes publiés par M. Ziebarth.

Il est à remarquer que les papyrus magiques ne contiennent pas seulement des formules de dévotion en blanc, mais aussi des formules particularisées1.

La date des grands papyrus magiques de Berlin, de Londres et de Paris peut être fixée entre la fin du second siècle et la fin du quatrième ap J.-C.2. Le papyrus I de Berlin contient (1. 26) l’invocation àyaôè rew^YÉ ; Parthey y reconnaît saint Georges et, se fondant sur ce que l’institution de la fête du saint date de 308, il regarde cette date comme un terminus a quo. Mais l’identification est contestée3, avec toute apparence de raison.

Les divers papyrus magiques qui nous sont parvenus ne sont pas des ouvrages originaux et indépendants *. Ils citent des textes; ils indiquent des variantes5 et, d'autre part, contiennent des éléments communs6. Par exemple il faut rapprocher, Pap. Paris. 436 sqq. et Pap. CNN/, 74-81, Pap. Berol. I, 315-327 et Paris 1957-1988, Pap. Berol. II, 101 sqq. et Pap. V , III, 6 sqq. ; V, VII, 27-33 et W, XXII, 1 1-27 7 .

L'hymne ou la formule est, suivant les versions, raccourcie ou allongée. Certaines formules habituelles sont indiquées par une simple allusion comme dans les textes babyloniens. Il est malaisé de reconstituer les originaux de cette littérature, entremêlés et défigurés par une longue et infidèle tradition.

Quels sont les éléments delà tradition qu’ils représentent ? Pline 8 distingue trois sources de magie. La pre-

l Mentionnons à la suite de cet exposé de la littérature magique un certain nombre d'articles que nous n'aurons pas l'occasion de signaler ailleurs : Le Blant, .Sur quelques talismans de bataille, Berue archéologique, 1892, I, p. 00; Id. Notes sur quelques formules cabalistiques , Mon. de l Acad. t. XXXIV, 2® partie, p. 173; Berlhelot, Journal des savants, 1894, p. 243; U. Benigni, Una formula magica bizantina, in Bcssarione, 1897 ; Bolti, in Bull. Soc. arch. alex. 1898, p.01.

— 2 Wessely, Gr. Zauberp. p. 12; Id. Neue gr. Zanberp. p. 3 ; Dielerich, Pap. mag. p. 779. — 3 Parthey, O. 1. p. 1)7. — 4Cf. Dielerich, Pap. mag. p. 758.

— 5 Wessely, Gr. Zauberp. p. 12; Id. Ephesia Grammata, p. 2 sqq.; Id. in Wiener Studien, VIII, p. 188. — 6 Wessely, Neue gr. Zauberp. p. 12. — 7 On trouvera ces rapprochements dans Dielerich, Pap. mag. p. 759 ; Wessely, in Wiener Studien , VI II, p. 190 sqq. — 8 Pljn. Nat. Hist. XXX, 1, 2. — 9 Pap. W. XXII, 19. Voir plus haut. — 10 Pap. Lugd. Bat. V, IV, 15. — O Pap. Paris. Index. ; Colum. B. r. X, 358 ; Tertull. De anim. 57, 045. — <2 Plin. L. c. — 13 Manuscrit de saint Marc, f° 7, Berlhelot, Collect. introd. p. lit; Dielerich, Abraxas, L. I.; Pap. Bero[. II,

1 15; Pap. CXXI, 019. — 14 Jaunies et Jambrcs, cf. Dieterich, Pap. magica, p. 755 ; cf. Exod. VU, 10-12 ; Paul. Ep. ad Timoth. II, 3, 8; Apul. De mag. c. IX; Orig. Tract, in Matth. XXXV, p. 193. — 13 pli». XXX, 1, 2. — 16 Pap. W. L. l.; Pap.

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aux deux millions de vers qu’on lui prête • n‘! "

le révélateur et le commentateur du /I CSIiK Osthanès ; Pythagore, Empédocle, Démocri i? esl se rattacher à l’École perse ; Démocritn para,Ssent lobéchès de Coplos et Dardanu” phénicien; à cette branche appartiennent 1^ *3

anciens des Mèdes Apuscorus et Zaratus desBahvi n°mS Marnants et Arabantiphocus et de l’Assyrien T °” ] das, auxquels, dit Pline ”, on ne prête point d’ouvnml La seconde école est l’École juive, qui descend de Moïsful Jamnes et Jotapès u. La troisième estune école cypriote'! 11 est étrange que Pline ne mentionne point ici l’une <1 1 branches importantes delà tradition magique, la brunchl égyptienne, dont les représentants sont si fréquemment nommés dans les papyrus, Hermès16, Tphe17 Phiéro-' grammate (livre adressé à Ochus), Typhon18, Mané1 thon19, Zminis le Tentyrite20, Apollon Bêchés (Horus)** | Agathodemon 22, Chimès23, Nephotis24, Pibeches23, Bolul deMendes26, Nechepso27, Damigeron, Bérénice, Ptolémél Physcon28. Marie la Juive est un des principaux auteurs de la branche alchimique de la magie. On rencontre encore les noms d’Agathoclès29, de Thaïes, d’Anaxagoras30,|

Heraclite, Diogène31, Evenus32, Erotyle33, Epaphro-I dite31, Himerius 33, Pasès 3f', Chaeremon 3\ ParmoenèsM.| Enfin ceux des auteurs alchimiques récents, les magi-l ciens proprement dits, restant généralement voilés sous I l’apocryphe : Zosime, Synesius, Olympiodore, Pelage le I philosophe, Jamblique, le Chrétien, Hiérothée, etc. 30... I Le grand papyrus de Paris contient une lettre du magi-l cien Néphotès à Psammétique40, un charme de Salo-1 mon41, une lettre de Pitys le Thessalien à Osthanès*2,! un ÈTtatTTjTâptov d’Hermès43; il nous fait connaître le I magicien Pachratès 44, contemporain d’Adrien. Le papy- 1 rus cxxi du Musée Britannique contient des AngoxptTw | Ttaiyvia (167), un ovsipaénriTo; de Démocrite et de Pythagore, I un écrit de By;<t7.ç et un IvXauoiavoü seX^viaxov.

Ces indications nous suffisent pour savoir comment les I magiciens alexandrins se représentaient 1 origine de lal tradition qu’ils suivaient48. Nous sommes d’ailleurs en I état de les compléter, sinon de déterminer avec piccisto™ la provenance de tous les rites usités. Pout Glu e » l’élément perse, on se heurte à la question de la date J livres sacrés de l’Iran. M. Cumont a pris la pc h" 1 11 p I ger des papyrus ce que l’on pouvait y trouul 1 - 1 thriaque46 ; mais soit que la magie perse se de trop bonne heure à la magie grecque, soit d'1 ^ I

servi de véhicule aux autres magies étiangtu-, ■ malaisé de distinguer son apport ". Léhninit |

«ri». 885. - 17 Pap. W. XXII, 9. - » Pap. Pans. ^ ; ss to-

eterich. Pap. mag. i>. 75C. — 20 Pap. V.IV.la.- bu ' R fleWyf saint Marc, L. t. - 24 Pap. Paris, 154. - » Ibid. C XXI,

188. - 20 colum. B. r. Vil, 5. - 27 Hein,, O. I. n ^ ( Co,ura. fl. r.

Dielerich, Pap. mag. p. 753. - 29 Pap. V. IV, 1 , ^ ^ L. [■

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