‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 146 sur 275 · Psellus, De lapid. virtut. p. 38. * 37 Pap' V · texte numérisé non relu

Psellus, De lapid. virtut. p. 38. * 37 Pap' V

32 Pap. W. XXII, 16. - 33 Pap. W. L, l- - 3' ar'°- jf UerMs. »-

, 23. — 36 Tzetz, II. p. 135, 970. - 37 Plin. XXXVI ^ |M ’auteurs 430-439. — 38 Pitra, S pic. Solesm. t. H, P- *i • . [Alcliim- P- 16 ’

ir Dilthey, in Rhein. Mus. XXV, 332-334; Berlhelot, Ong- ^

. Collect. introd. lit ; U», de saint Marc ^ ,, 52; T, “H

l «mî; Ibid. t. I, 20; Apul. De mag. XC; Arno • 0 /te ,„,/*< Mil, >|

7; Plin. XXVIII, 7, 23 ; Euseh. Praep. ev. I, 200. énéral, voir

46 Voir Pap. V. VIII, 15. Sur la magie orientale en « ( ^ »,

ironologic oricntalischer Vôlkcr, p. 29. *6 ’ 260-313, Du sle J

H. 47 Windischmann, Zoroastrische Studien, ■ > r Allen liber Zoroastrisches. — 48 l'ap. '■

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flingue probablement pas de l’élément perse. n® Sl' A . ;.nent druidique et sur l’élément brahmanique

Sur nous

sont également signalés1, nous en sommes [|!‘! "“‘aux conjectures, et, quant au premier tout au •""mieux vaut ne pas s’en préoccuper.

I"'l""niu,, ie assyrio-chaldéenne, sauf exceptions, ne paraît ;a.I|li, ‘Arrivée directement aux magiciens grecs. On P!!u,ve mentionné l’emploi de rites babyloniens2. On ^ ncontre ü plusieurs reprises le nom de la déesse chthoirm gmschkigaP dans une formule qui varie peu et j^'om plus ou moins allongé du dieu Nèbo Mais dans l‘ . [exles qUi nous sont connus ces mentions sont exceptionnelles. Le rituel de la magie assyrienne ne diffère d'ailleurs point de celui que nous trouvons en usage à l’époque de nos papyrus. D’autre part, de même que la ma„ie aloxandrine, la magie des Mésopotamiens forme avec sa littérature un corps de doctrines et de rites, soumit croisé sans doute de pratiques et d’idées religieuses, mais qui, pris dans son ensemble, est suffisamment différencié. Il n’est pas probable qu’une doctrine aussi bien codifiée soit restée sans influence directe ou indirecte sur la magie grecque8.

L’élément juif entre directement dans la composition des livres magiques et il y tient une place importante6. Les Juifs paraissent avoir fourni au personnel de la magie un appoint considérable. Ils avaient une réputation bien établie de magiciens. Ils passent pour être les dépositaires de la tradition magique7. Les cercles d’où nous viennent les textes que nous possédons étaient fortement pénétrés de judaïsme. Le papyrus de Paris nous a conservé un long exorcisme (3009 sqq.) emprunté à une communauté «d’hommes purs8 » qui était probablement quelque communauté judéo-orphique, sinon une communauté juive semblable à celle des Thérapeutes de Philon. La tablette d’Iladrumète est un autre témoin important décollé magie juive acclimatée dans le monde grec9. A côté de ces documents où le judaïsme apparaît à l’état pur, il y a une infinité de passages où les formules juives et les moyens d’action magiques fournis par les Juifs sont

mêlés ù un rituel d’origine différente ,0. fin quoi consiste l’apport des juifs dans la magie gréco -romaine? Ils n’y introduisirent point une magie toute faite ", mais des éléments de magie. La Bible, traduite en grec et interprétée par Hermès’2 en égyptien, est la principale contribution des Hébreux. Elle fournit une partie de la mythologie magique13. Le Dieu des Hébreux tient une place considérable dans les incantations ,l. Les diverses formes de son nom, Tito, XxGxwO, devenu ’ASxwô et ’AwO1', ’Apêaôtâoj 10 ’Aêpiâw 1 ’AStovxï18, les noms de Jacob, d’Abraham, de Moïse, de Salomon19, ceux des archanges surtout y sont répétés à satiété. On a expliqué le fameux mot Abraxas comme une corruption de la bénédiction hébraïque ( haberachah la bénédiction, hnberar.hah -fdaberah la parole = abracadabra 20). Les mots hébraïques plus ou moins défigurés abondent dans nos textes 21 . Quant à ce que l'on pourrait appeler proprement la magie juive, pour les époques anciennes, nous ne la connaissons que par allusion ; ce que nous connaissons d’elle à l’époque de la rédaction du Talmud22 forme une branche particulière de la magie générale qui a poussé parallèlement à celle que nous étudions ici.

Le christianisme entre dans la magie de la même façon que le judaïsme et à sa suite23, pour une part moins forte, naturellement. Signalons simplement dans le papyrus de Paris l’exorcisme par le nom de Jésus, qui est en tête du long passage juif dont nous avons parlé plus haut (3020), et un exorcisme copte 1227 Jésus est encore mentionné dan£ une formule du papyrus N 2'. Nous avons vu d’ailleurs que le gnosticisme et la magie étaient souvent indiscernables26.

La principale contribution est celle de l’Égypte. La plus grande partie des textes en provient. On y eile des autorités égyptiennes et l’on s’y réfère à la tradition du pays27. Outre ses dieux et' sa mythologie, l'Égypte a apporté au fonds commun une magie toute faite28, codifiée, ayant une histoire et différenciée à peu près de la religion. Nous savons que la magie égyptienne pouvait exposer ceux qui la pratiquaient à des poursuites légales29;

* Diog. Laërt. Prooem. ; Palladius, tïeoi-ewv tî)'ç ’IvSiaç lûvûjv xal tûjv BçocyjEKvüiv, 014 — - Apul. De mag. XXXVIII. — 3 Drexler, À ure Pcrsephone, in Roscher's Lexi bon; Paris, voir index, Pap. XL VI, 340.— 4 Epe<T*tyaX NsSop-couiaX^O, Pap. V X; cf. Wünsch, Defixionum tabellae atticae, p. 31, 15; tablette d'Alexan drio, 3, 13. — t> Sur la magic assyrienne, voir Lenormant, La magie che les Uiulilnnis , 1874; Halévy, Documents religieux de l'Assyrie et de la Babylonie lvs“ : Halévy, Textes relig. assyr. en double réfaction, in Rev. sémitique , IV lofi-tCO, 245-251, 344-348 ; Tallqvist, Die assyrisclie Reschicôrungsserie Alaqlu Zimmern, Die Beschwôrungstafcln Shurpu , 189G ; Jcnsen, De incantamen iouim sumerico-assyriorum sérié quae dicitur S/iurbu , tab. VI, in Zeitschrift fil cilforschung, t. I, p. 311; Cl. Laurent, La magie et la divination chez le diahlro. Assyriens, Paris, 1894; King, Babylonian Magie and Sorcery , 1 S9G 'fiseawen, Babÿlonian Wilchcraft, in the Babylonian and Oriental Record, VIII *' P* Kicsewcttcr, Der Occultismus des Altertums , I. Akkader

1 ",(00r> Leipzig-, 1896 ; Anz, Ursprung der Gnosticismus, p. G8 ; Craig, Assyr iai ; ^ilnjhn. Religions Texts, passim. — 6 Sur la magie juive, voir W. Davics 'I 1,1 ' loulalion and Demonology among the Hebrews , 1897 ; L. Blau, Das altjü J; Z^bcnvesen, 1898; Wcssely, Gr. Zauberp. p. 13 sqq. ; R. L Wundcrbar y, IH,^la^irllidische Medicin, 1853 ; M. G as 1er. The Logos ebrailcos in the magica Ji\ ^ q P(lV(S an(l the book of Enoch , in Journal of the Royal Asiatic Society /, ' P* *09-117. — 1 Bcrlhelot, O. I. t. II, p. 233 (Zosime) ; M«<roO$t, Le

^ mi s ! I Or, trad. t. IV, p. 2GG sq. — 8 Pap. Paris. 3085 ; cf. Dielcrich, Abraxas

^1111-0 11 ~~ 9 ^C‘SS,nann’ Ribel Studien, 1895, p. 21 sqq. ; Blau, O. I. p. 9G sqq. 0 / /» *ab. p. xvii. — 10 Entre autres, ’O'Soâç Mtouo-swç, Dictcricb

t- ( ,,p’ GXXI> GG0, 324, 459, 700, 5G7, 592; Pap. XLVI, 481, papou* aStovo

' Hcim, O. I. G3. — Il A noter cependant les choses comme 1

ZTr vvy0|A,"VOr Hcîm» 613 62- — 12 Bcrlhelot, O. I. t. II, 223. - 13 Citai tyjin , G 1-5 ; XXXV, 30 in Berthclot, O. I. I. III, 287 ( Chimie de Moïse)

7, 0(* *’ ° ^ P‘ 22' 14 Marcell. XXI, 2; Ilcirn, O. I. 90, 172 ; Pap. CXXI1I

l.’lr, 1 lilaU’ °' L P‘ 105* “ 10 PaP- XLVI, 117, 352, 479 = les quair \nt /ltJ "y ' 111 portante dans la théogonie de Marcus (Kenyon). — 11 Joseph 45 ; Heim, O. /. n°» 61, G2, Eo).o|i£voç ; Dielcrich, Abraxas

p. 142. — 18 Corp . inscr. lat. VIII, 12 511, 25. — *0 Ibid. — 20 Kenyon, p. G3. Avec les corrections que nous apportons à sa rédaction, la conjecture est soutenablc ; il faut observer que la séquence haberachah daberah esl artificielle. — 2t -pour toujours, Pap. XLVI, 340, etc. ; Ibid. 330, vq*£vî).aji = le soleil

éternel; cf. Corp. inscr. lat. VIII, 12 511. — 22 Blau, O. 1. p. 19 sqq. — » Wcssely, On the spread of Jewish-christian religious ideas among the Eggptians , iu Expositor, s. III, n° 13, p. 194 sqq. ; Heim, O. I. n° 03; Academy, 1893, II, p. 550, inscript. prophylactique sur papyrus terminée par une prière à la Vierge. — -, Cf. Wcssely, O. I. p. 12. — *» Pap. V. VI, 17. Selon Wünsch, XXX, la tablette d'IIadrumète seule de toutes les defixiones parait chrétienne. Sur le gnosticisme et la magie, voir plus haut, n. 24, p. 1501, et Schmidt, Gnostische Schriften in Koptischer Sprache, p. 502, 039, 004. — 28 Sur la magic syrienne, voir II. Kraclzschmar, Zwei Mystifikationcn des Jahu-e Namens in den aramüischen Schalenbeschicôrungen, in Zeitschrift für Assyriologie, 1895, X. p. 69; II. Gollancz, A sélection of Syriac charma, in Congrès des Orientalistes, 1897, t. i X , p. 77 sqq.: Pognon, Inscriptions mandéennes des coupes de Khouabir; tabella dévot ionis arnméenne de Duimes, Lidybarski, Eph. 1900, p. 2G ; Halévy, in Rev. Sentit. 1901, p. 203; Clermont-Gauneau, Recueil d'arch. orient, t. IV, p. 87 sqq — 27 CXXI 1. 9; Pap. XLVI, 380, àxr.xoc. Si ’Xpax'. ioxq/.Iti t.vo;. Sur l’élémcnl

égyptien dans les papyrus, \oir Brugsch Krman, Aegyptische Zeitschrift, 1883 ; Révillout, Mélanges de philologie égyptienne et assyrienne-, Pap. XLVI, 239,

Kenyon. 28 Wiedcmann, Religio der allen Aegypter, p. 147 sqq. ; Erman,

Aegyptcn und aegyptische Leben, t. 11, 471 sqq. ; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, 1893, p. 212 sqq.; Budge, The Itook of the JJead, CXLVIII-CLXVI ; Id. Egyptien magic, 1899; Id. in Archaeologia, 1890; Da\ies, O. I. p. 70, 94, 128 ; Blau, U. I. p. 42 sqq. ; Dielcrich, Abraxas, p. 155 ; De Joug, O. I. p. 79 sqq.; Frazcr, Golden Rough, I. I, p. 15, 04, 07; Chabas, Le papyrus magique Harris, 1800 ; Leemans, Monuments égyptiens du Musée de Leyde, t. |, pi. i-xiv ; Maspero, Mémoire sur quelques papyrus du Louvre (3229), p. 113- 123; A. Erman, Die Miirchen des Papyrus Westcar, 1890. — 29 Budge, Rook of the Dead, p. ci.i; Id. Egyptian magic, p. 75; Chabas, O. t. p. 170 sqq.

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ol nous voyons dans le roman de Théagène et Charielée que le contact des choses magiques était interdit au prêtre 1 . Les rites de l’ancienne magie égyptienne étaient semblables à ceux que prescrivent les papyrus3, ce qui, d'ailleurs, serait une preuve insuffisante de filiation, s’il n\ en avait d autres. Quant à l’alchimie, ses origines égyptiennes sont établies aussi bien que possible3.

Les différents éléments sont mêlés4; Isis, qui révèle la

science sacrée a Ilorus, l’a reçue d’un ange des Hébreux. Cependant, si l’on prend les textes un à un, on voit que certains éléments peuvent y dominer. Le papyrus W de Le\ de cite surtout des autorités juives ; les papvrus de Bei lin et le papyrus \ citent surtout des autorités grecques '. Il est vrai qu'il s'agit d'apocryphes.

Les proccd os de la magie. — Les actes magiques présentent une infinité d’aspects suivant la nature de leur objet, le but de 1 action et sa portée ; 1 image que le magicien se fail de leur genre d’efficacité en détermine le caractère et cette image est changeante; de même, suivant la façon dont on représente la production des phénomènes et la direction des êtres par la magie, les modes de l’action magique doivent changer. Il s’agit ici de dégager ce qu il y a de commun et de spécifique dans les

manifestations particulières de la magie.

Tout acte magique a pour but, soit de mettre des êtres

vivants ou des choses dans un état tel que certains gestes, certains accidents, ou certains phénomènes doivent s’ensuivre infailliblement, soit de les faire sortir d’un état analogue. Il y a toujours, soit imposition, soit suppression d un caractère ou d’une condition, ensorcellement ou délivrance, prise de possession ou rachat. On exprime ce fait par l’image du lien qu’on lie ou qu’on délie (ex : oiÀTooxxxioîçaoî0). Le mot religio est employé souvent pour désigner cette, sorte de contrainte7. Tout abstrait qu il soit, ce mol arrive à désigner une sorte d’ètre

vague, de personnalité diffuse qui se précise par degré. La possession est une forme extrême, mais typique, de 1 ensorcellement des personnes 8. La lycanlhropiè est l'une des formes de possession fréquemment produites par la magie9. La métamorphose est un exemple grossi du changement d'état de l’individu ensorcelé. Comme représentation sensible de l’enchantement, l’Hippomane d’Olympie est à signaler10. Dans les cas d’enchantement que l’on peut ranger sous la rubrique de fascination , l’effet de l’action magique trouve, au contraire, son expression la plus vague [fascimm].

En thèse générale, la magie arrive à ses fins par deux

* VI, 5; cf. Pliiloslr. V. Apoll. II, 18. — 2 E. Meyer, Set.-lyphon , p. Il, 12, 18. — 3 Bcrllielot, Orig. de l'Alchim. p. 71. — 4 Berlhclot, Collection , l. Il, p. 20G. — Dieterich, Pnp. rang. p. 757 ; cf. Parthey, Pap. Berol. I, 235, note.

— 6 Pap. Paris. 295 ; Pap. Mimant, 103; cf. Wünsch, Defix. tab. att. IV.

— 7 Marc. XV, 11. Hanc religionem eroco, educo, excanto de istis membrismedullis. - « Ka-royo;. Wünsch, Defix. tab. att. VI ; Aptil. Met. Il, V; Chabas, De quelques textes hiéroglyphiques relatifs aux esprits possesseurs, in Bull, arch.de l'Athenaeum fr. 1856, p. 44. — 9 Voir dans le Dict. i.ykaia, Leubuscher, Ueber die M ehrirôlfe und Thierwandl ungen im Mittelalter, 1850; Hertz. Der Werwolf, 18G2; Plat. Besp. 565 D (culte de Zeus Lycaios) ; Paus. VI, 8, 2; Pclron. Sat. 61; Plin. VIII, 22, 34; Varr. Fr. 9G2; Virg. Ecl. VIII, 97; Ovid. Met. VIII, 270; Aug. De civ. dei, XVIII, 17. — 10 Paus. V, XXVII, 3. — il Tylor, Primitive culture, 12, 115; Frazer, Golden Bough , 12, p. 7 sqq.; Jcvons, Introduction in llie history of Ueligion , p. 28 srjq. — 12 Proclus, De sacrif. et mag. éd. Cousin, t. III p. 283. — 13 Apul. Met. III, 17, 21 ; Proclus, Ibid. p. 282; Philos. IV, 024 (62 sqq. C0 sqq.); Apoll. Hh. Argon. IV, 109 sqq. — 14 Bcrthclot,

Pap. Paris. 2631 sqq. — 16 Ibid. 2G47 sqq.; Luc. Dial, meretr. IV, 5; Hor. Sat. I, VIII. — 17 Heim, n« 47. — 18 Plin. Nat. Hist. XXIV, 160; Apul. De herb. c. LXIV ; Pap. Berol. I, 249, on lit en marge Tü> péSovUjst. Sur la valeur magique des pierres, voir F. de Méjy, Les lapidaires de l'antiquité, t. Il, Les lapidaires grecs, 1898; Plin. XXXVII, 9; Orph. At6ix&; Fr. Kunz,

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part, 1 ell et semble résulter immédiatement!!''!^16' Dllne sement du rite ; de l’autre, le magicien T 1 accon»P1issurnaturels qui lui servent d’inter, nédiahî ou é " ^ Toutes les opérations qui relèvent de ? a8enls-

s inspirent du principe universel de lu 101 ''directe contiguïté et la similitude tendent à dèveS^' ‘a forme la plus simple de l’action magique est l ! ' U

mention par le contact d’un objet doué de J0Tr magiques, générales ou spéciales d2. U 1 , P ~S talisman ou d’une amulette passe sur' celui “ porte [amuletum] . Les différents produits de h T magique 13 : philtres amoureux, onguents médi c eau sacree des alchimistes14, sont à comparer aux aln’ lottes et agissent comme elles.

cuqjiuyees uans ta préparation des talismans, philtres, remèdes, etc., agissent, chacune prise a part, de la même façon. L’une des principales préoccupations de la magie est de déterminer l’usaee des particularités spécifiques des êtres vivants et des choses L’aimant est une substance magique à vertus indéfinies11'; de même le sel10, le galbanum17; la pierre dite aglaophotis ou tnarmaritis esl utilisée danslesévocalions

contre l’épilepsie et les maux d’yeux18; on mentionne une eau mantique qui rend clairvoyants ceux qui la boivent19. Les ennemis d’Apulée l’accusaient d’avoir

acheté très cher certains poissons pour l'exécution de ses maléfices; il est vrai qu’il tâche, malgré les apparences, de démontrer que les poissons sont rarement employés par la magie20. Par contre, les oiseaux de nuit, hiboux, striges21, sont magiques au premier chef. Ovide met des ailes de striges dans la marmite de Médëe23 ; on finit par confondre l’oiseau et les sorcières. Le lièvre, le lézard, l’ibis, etc., sont mentionnés dans le papyrus CXXI23. Tandis que l’attention des alchimistes s’est portée surtout sur les substances minérales, celle des magiciens, comme nous l’avons déjà vu, s’est portée surtout sur les plantes24 : le laurier25, la mauve56, l’ellé¬

bore-1, la jusquiame (îepàv pGTohnrjV, vj-riç èa-nv ûocxûaao;) •i> qui s’emploie contre la goutte, le plantain, la pulmonaire ( consiligo ) que l’on emploie contre la peste bovine-’, la centaurée30, la pomme31, la mandragore32, la xuvgxecw-

Xioioç potâv-q dont la mention revient si fréquemment dans les papyrus33, la myrrhe34, la rue33, le plantain 3G, etc- H est inutile de donner ici une énumération complété des matières magiques37. Mentionnons, pour mémoire, une autre série de substances dont l’emploi est souvent

Folklore of precious stones , Chicago, 1804. — 19 Buresch, Claros, p. * < . " •

— 20 Apul. De mag. XXIX ; cf. Plaut. Capt. 182. — 21 Plin. Nat. hist ■ -’O- ■

232 ; Hor. Ep. V, 19 ; Ov. Fast. VI, 131 ; Propert. III, 029; Heim, p. 151.»'

— 22 Ov. Met. VIII, 209. — 23 Voir dans Wesscly, N. gr. Zauberp • P 1 • liste de substances, plantes et animaux magiques mentionnés dans I' I ' CXXI. Sur le lézard, Pap. Lugd. Bat. V, 13, 1 ; Drexler, Bemerkungen r" nia, II, -7t. Ç’, rq Ueber die Verwendung der Eidechsê bei Argenh "

XXIX, 129,130; Aclian. Nat. an. V, 47; Marcell. VIII, 49; Lelan.I,

remains in popular tradition , 1892, p. 266. — 24 Plin- XXI\ , •u • X iijrsCi,felil, 64-82; LJ. Aen. IV, 513-516; Apul. De mag. XXX ; Id. Met. IL p

O. I. p. 42 ; Kehr, O. I. p. 19. - 27 Tlieocr. II, I : Heim, n9 137 ; !" .',)io?c!

2, 81 sqq. invocation au laurier. — 26 Lobeck, Agi • 903. 1 I l‘n* ^ ( 3

IV, 141. —28 Alex. T rail. 11, 585. — 29 Plin. XXV, 8,- 48 ; Co un».^

— 30 Kspérandieu, Epigraphie romaine du Poitou et de la Saint ongt , P- s.

de Poitiers ; Heim, p. 541, n° 235. — 31 Heim, p. 535.n°202. — •L b°*c ‘cl^ ^ ^ ^|urrj v. Mandragoras. — S3 Pap. XLVI, 198 ; Pap. CXXI, 62<» , I b*1* ^ ^ flotanih

Pflanscnwe.lt in der griech. Mythol. 1890, p. 76. — Ibid, p- - (l,‘ ,| ___ :io plin. p. 671 ; Alex. Trall. I, 495 ; Kühnert, Feuersauber , in IVi. Mus. XMX. | j’articlc

XXII, 2.-37 ()n ia trouvera, disposée par ordre alphabétique^ ^ar|jcl,|iôreabsrclaube de Kiess, d ii Dictionnaire de Pauly-Wissowa, Cl,

ment p. 50-88.

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lir les textes : la cire1, le miel2, la farine3, g'1'1' ''J., rines, l'eau4 ou l’eau de pluie6 jouent le

certaines rôle do

substances

' Simples véhicules; il faut cependant que ces ri0ient appropriées au rôle spécial qu’on leur

falL- ' v.Tlu' des substances magiques n’est pas toujours à leur nature spécifique. On l’attribue soit à ^'ï'rrine fabuleuse comme celle de l’aconit, née des T is il’Echidna et introduite en Grèce par Médée7, soit fn l relation mythique quelle qu’elle soit. Dans la magie a,m’r „,np ips animaux immondes sont considérés comme , „ents du diable et c’est de la, précisément, que vient leur ''vertu magique8. Des séries de plantes, de minéde parfums correspondent à la série des planètes et sdnt utilisées pour cette raison 9. De plus, les subornées sont souvent désignées dans les textes, non pas parleur nom vulgaire, mais par un nom qui implique généralement une relation entre elles et une divinité. L’halimus est le diadème d’Osiris 10, le mercure est appelé le lait de la vache noire 11 ; nous rencontrons des sang de Mars, semence d’Ainmo, doigt de Mercure, cheveux, oreilles de Venus, barbe de Jupiter19-, etc. ; une partie de ces noms ont passé dans la nomenclature usuelle. La signification de ce vocabulaire était révélée aux apprentis par des clefs13. 11 est possible, puisqu’on ledit, que l’usage de ces noms ait en pour but de mettre on défaut la curiosité du vulgaire 14 et de donner aux opérations un caractère plus mystérieux; on ne peut pas croire cependant qu’ils n’aient pas contribué à déterminer la valeur magique de l’objet; ils font partie de sa représentation. Enfin le caractère terrible, obscène, anormal q u e ces noms donnent souvent aux cérémonies pour qui n’en a pas la clef, est également à considérer. D’autre part, le nom vulgaire des substances et aussi les analogies plus ou moins vagues que leur aspect peut suggérer sont pris en considération par la magie : « Xeque enim minus istis quae commémorant accomvnodari possunt similiter ex vocabulo suspiciones. Possc dicitis ad res venerias sumpta de mari spuria et /ascina propter nominum similitudinem : qui minus posait ex eodem litore calculus ad vesicam, testa ad testament uni, cancer ad ulcéra, alga ad quercerum? » 'ht Apulée à ses accusateurs13. Le réséda calme les maladies par la vertu de son nom10. Le plomb agit par sa lourdeur et on l’emploie contre ses ennemis dans les .i('ux (lu cirque17; il agit aussi par sa froideur18. Le grillon •toit probablement sa vertu magique à son aspect bizarre19. h'1 Jdiysiologus donne une idée suffisante de cette histouo naturelle qui sert de base à la magie20. En général, 1,1111 ( e qui est anormal21, tout ce qui est habituellement considéré comme impur, appartient de droit à la magie.

— 2 yj '4,"or. "fi 7> 2; Paris. 1878, (881, 2359, 2308, 2378, 2945, 3215, Il 3G -T P e'0 1' h 6- — 3 Paris. 2647, 2580 (iotdjkI. — 4 Pap. Berol.

- ; 0~ )//’i''/,'.CXXI' *32 ; Pap. B, ;ral. I, 287. — 0 Cat. Cod. Mediol. cod. 17.

103 n , ^ b' 403 ï pour la mauve, cf. Lobcck, Agi. 903. — 8 Maury, p.

ri'li. Aljr„ ''0CluS’°e ««"i/. et mag. éd. Cousin, t. 111, 280. — 9 Cf. Dietclcs métau \ r’ té ' 1 ' Jirre de Moïse) ; potâvat xùiv iûçktxô-wv, Galen, IV, 1. Pour ^UanJ’pn'vvv01’ C°lL </eS alchim- Srecs< introd. p. 77 sipj. ; Cod. Lauùtttto i ■ xill, Bandini, 11, 25, iïeçi (*oïa) t«!v tîSwv lv tvl

So nis et p,/ / ./,J irxôooSa — xat l).é®avTa; xa\ zù. yetçor, Or,), Nechop-

21), 120, l.u-°n * / fra°menta' éd- Riessi P- 38-- — 10 Uiosc. r, ; cf. Id. I, 9, t. I, |2. ‘J’ ’ U4, i5"’ 1G6> 180; 111, 15, 20, 28 ; IV, 4, 23. — H Berthclot, O. I. Ungo, ^ ' RR *l3î IV, 4. — 12 Lobeck, Agi. p. 887 sqq. ; cf. Du

p. 1 1 > ___ 1 ^Vo; » Wessely, iV. gr. Zauberp. p. 15 ; Berthclot, O. /.introd.

Pentes, cf. Dict(M ic|SCly’ L l } Bertbelot» °‘ l' 4- Sur les noms donnés aux raux, pt __ I! *1’ ^aP‘ mag- p. 781; pour les animaux, p. 784; pour les miné- 1 up. \, 12 cl 13, — 15 Dq mag. c. XXX.V. — 16 Réséda

Une bonne partie des substances magiques sont donc considérées comme de simples véhicules d'actions sympathiques et non plus comme faisant partager par leur contact des vertus spécifiques inexpliquées. La même substance peut être considérée tour à tour de l’une et de l’autre façon22. Au même point de vue, il faut distinguer les substances magiques par essence de celles qui sont magiques par accident, soit à cause de leur couleur 23, soit en raison de la place d’où elles proviennent, comme les objets pris dans les thermes, dont la mention revient fréquemment dans les formules d’opération24.

Ainsi, en parcourant cette première classe d’agents magiques, nous voyons appliqués quelques-uns des corollaires les plus lointains de la loi de sympathie. Le magicien s'efforce d'employer, soit isolément, soit en composition, des substances ou des objets qui aient une analogie, même peu apparente, de nom, de forme, de qualité avec le sujet de l’action magique, le phénomène à produire, l’état qui doit le suivre, les forces que l'on doit faire agir et d’autres qui ont été, sont ou doivent être soit en contact, soit en relation plus ou moins organique avec les êtres intéressés dans l'opération. A vrai dire, il est assez difficile de démêler les applications du principe de la sympathie dans la pharmacie magique. Généralement, les raisons qui ont déterminé une première fois l’emploi d’une substance spéciale sont effacées par l’antiquité de la tradition, et l’usage fréquent doit s’ètre souvent transformé en nécessité; d’autre part, lorsque les substances sont employées à l’état isolé, comme amulettes, par exemple, la façon dont s’exerce leur efficacité est trop vague pour que le fonctionnement de la loi soit apparent, et lorsqu’elles sont employées en composition, les effets différents produits par les composants se croisent à tel point qu'il devient impossible de les distinguer. Le jeu de la loi apparaît au contraire en pleine lumière dans un grand nombre d’opérations où le résultat désiré est obtenu par de simples actes symboliques25. On peut distinguer deux processus. Le premier consiste à remplacer le sujet de l’action, personne ou chose, par un substitut. Le deuxième consiste à figurer le phénomène à produire. Des exemples de ces deux séries d’actes sympathiques se rencontrent à chaque pas dans toutes les magies connues, lis ne manquent pas dans la magie gréco-romaine. Nous retrouvons ici la communication par contact que nous avons rencontrée d’abord. Que l’on touche des verrues avec de petites pierres, celles-ci s’identifient avec celles-là, on jette les pierres, et les verrues sont guéries26. On peut transférer une morsure de scorpion d’un homme à un âne27, un mal de ventre à un canard28 ou à une grenouille, ou à un chien29, en appliquant ces animaux contre la partie ma-

morbis réséda, Plin. XXVII, 12, 106. — U Wünscli, Scthianische Tabellen, p, 72, — 18 \V iin sc h, Dcfix. tab. ait. p IX, ojzoi 5 y, /po; , ojtw; »,

èesIvou zi jf.piT'A iuxfi io™. — 19 Lobeck, Agi. 973. — 20 Lan,!, Anecdola sgriaca, t. IV; Pitr. Spicilegium solesmense, t. II, p. Ï73 sq,p; I. 111; l’clers, Der griecli. Pliysiologus und seine oriental. Uebcrsetzungen, 1898. — 2' Les mouslrcs, Geopon. 11, 18, 9; XIII, 5, 4-5; X, 83. — 22 Telle l’urine ; Berthclot, Collect. introd. 58, 44, 40, 47, 214; Apul. De mag. VI, usage do l’urine comme dentifrice en Espagne. — 23 Voir plus loin, p. 1520 — 2t pap. CXXI, 405, 440, 464, 477; O. Hirschfeld, Untersucliungen auf dnr. Gebete der rôm. Verwallungsgeschichtc, I, 171; cf. Pap. Berol. II, 49 Wünsch, Dcfix. tab. ait. X ; démons balnéaires, Psellus, ittç’tlvcpy . Saipôv. 21, éd. Boissonnade, n. 2. - 28 Voir F razer, Golden Botighi, I, ch. i ; III, ch. ni. --26 Marcell. XXXIV, 102; Plin. XXII, 149; cf. J. Hardy, Wart ont wen cures, in Folk-Lore Record, 1, 1878, p. 216-228. — 27 Geopon. XIII, 9; XV, 1; Plin. XXVIII, 10, 42; Archaeological B e view, 180. - 28 Plin. XXX, 7, 20 ; Marcell. XXVII, 33. — 29 Plin. L. I. ; Marcell. XXVIII, i 132.

1 Cf. Gaidoz, Mélusine, VIII, 174, 201, 247 sqq. 250, 273, 275, 282 sqq.

— 2 Cf. Tosefla Sabbat, Xll ; Zeitschrift des Vereins fur Yolkskunde, 1893, p. 25.

— 3 Cf. folk-Lore, 1898, 10. — 4 Drezler, O. I. — 5 Plin. XXVIII, 36. — o Voir plus liaut, p. 1498, l'histoire d'Ipliilcos; Hein), p. 489. — 7 Colum. VI, 5, 3., Plin. XVIII, 29, 70; Geopon. I, 74, 10. — * Pap. Berol. I, 3, 4; Apul. De mat/. XXX; Apul. Met. III, XVI ; cf. Deutéronome, XXI, 12 ; Mannliardt, Wald und Feldkulte,

t. I, 108, 134; Taulain, in Anthropologie, 1897, p. 008 (iles Marquises); voir Bulow, in Internat. Archiv fur Ethnogr. 1898, fasc. 3 ; Zeitschrift des Vereins fur Yolkskunde , 1898, p. 158. — 9 Cf. Deutér. L. I. ; Seidel, in Globus, 1897, I, p. 42; Tetzner, in Globus, 1898, II, p. 139. — 10 Marcell. XXXVI, 70 (Heim, p. 489, n» 93) ; Pliot. Dibl. cod. 106, p. 360, 20 ; Psellus, O. I. éd. Boissonnade, p. 23,

u. 25 ; Taulain, O. I. p. 006. — « Kehr, O. I. p. 16. — 12 Luc. Dial. Meretr. IV, 5

(Heim, p. 510, no 144). — 13Thcocr. II,53sqq. — 14 Hartland, The legend ofPerseus, t. II. ch. ix, p. 55. — l-o Plin. XXVIII, 86. — *0 Tablette magique de Poitiers, Espérandieu, Epigrapliie rom. du Poitou et de la Saintonge, p. 337 ; J. Grimm-A. Pictet, l ebcr die mareeltinische Formcln, p. 40, 48, 100 ; Heim, p. 471 ; Cat. cod. Mediol. 17, \\ iinsch , Dcfix. tab. att. XXIII; Invocat. des Saîjiovi; x«:

Luc. Pereg ri nus, XXXVI; Zeitschrift der marge nldntli sc heji Gesellschaft, 1888, p. 460 (n. 2). 1* Plin. XXVIII, 4, G, Sagiltas corpore eductas... amatorium (assi¬

milation entre I individu qui doit aimer et celui qui a été frappé, dont le sang teinte la Ilèclic). — 1« Pap. Paris. 278,871, 244, 221, 1818, 2427 ; Pap. Anast. 378; Ileini, O. I. p. 527 ; Jambl. De myst. 257 ; Kroll, De or. chald. 58 ; cf. Rohde, Psyché, p. 01 ; Andrée Pesonennamen, in Zeitschrift für Ethnologie, 1876 ; Id. Ethnogr.

lado; dans ce dernier cas, l’autopsie prouve la réalité de la translation. Dans tous les cas le mal est expulsé. Le meme effet s obtient par le passage entre les jambes d’un homme ou d’un animal, à côté d’un tombeau, à travers un arbre percé, à travers les rais d’une roue, un entreeolonnement1, deux cadavres2, sous la racine d’un arbre3. Par une modification du même procédé on pouvait donner à un homme la vue d’un lézard préalablement aveuglé4. Entre un blessé et l’agent de sa blessure, le contact détermine une sympathie et l’on peut soigner la blessure par l’intermédiaire de l’arme5. Un pas plus loin, et la cause du mal fournit le remède 6. 11 est naturel qu on puisse localiser sur une partie d’une chose ou d’un être ce qu on peut transmettre par contagion7. La partie vaut pour le tout. Les cheveux 8, les ongles ", les dents la, la salive11, l’empreinte des pas12, les vêtements 13, tout ce qui touche à l’homme ou en fait partie 11 permet de le représenter intégralement et d’agir sur lui. Nous avons un exemple de double translation dans le cas où l’on attache les ongles coupés d'un fiévreux à la porte de son voisin lo. On utilise la continuité supposée de la famille et 1 on pense agir sur un homme en agissant sur ses parents16; on utilise même celle de l’espèce17, et c’est probablement la raison d'une partie des emplois d’os ou d autres reliques humaines dans les cérémonies magiques. Une simple figure, en dehors de tout contact ou de tout autre mode de communication directe, est représentative. Enfin le nom joint à la ligure ou employé seul supplée à tout18. La translation de la personnalité peut être assez complète pour entraîner la mort : ainsi, lorsqu’on prend l’écume de la bouche d’un mulet pour soigner un asthmatique, le mulet meurt19.

De même que la figure est identique à la personne, la figure de l'acte ou du phénomène est respectivement identique à ce qu’elle représente, et si la chose représentée n'existe pas encore, la représentation a pour effet d’en déterminer la production. Nous avons vu dans l’histoire d’Iphiclos le couteau à châtrer les boucs rendre stérile par son attouchement. Dans les cas de translation de maladie, on supprime la maladie par la destruction ou l’éloignement de ce qui la représente 20.llnesorcière coud la bouche de ses ennemis en cousant la bouche d’un poisson21 . Les fermiers écartent la grêle de leurs champs avec des nœuds et des clefs qui sont censés soit l’enfermer, soit la tenir dehors22. On simule avec des nœuds les liens d’amour23,

Fig. 478Ü. — Clou magique.

MAG

avec des nœuds déliés l’accouchement25 oi<. n d arrêter l’épilepsie était de planter un n,m°yen

où avait touché la tête du malade din aplace chute; on fixait ainsi la maladie à lu dernièr«

magiques dont la figure 4782 représente C'S Cl°"s ont eu encore d’autres emplois25. La fi !” efemPla're

de fer était propre à arrêter un coureur Ü °ngle

gosier un osselet ou un épi, il suffisait de rel^r fois un tison, de manière à plonger clnonr. f ll0,s

bouts dans le feu27. Pour entraîner sa victime à 1 **** ou la livrer aux puis- • iC nne d l;i mort

sances infernales, le magicien met son image ou la tablette d’imprécation qui la concerne dans un tombeau28, à moins qu’il ne dépose des ossements dans sa maison29. On symbolise la fièvre par le feu 30.

Pline nous apprend qu’on meurt seulement à l’heure de la marée basse31 : l’idée remontait à Aristote et est confirmée par Philostrate 32. En chargeant un arbre avec des pierres, on le rend stérile33. Une simple image, celle d’Hercule étouffant le lion, suffit à arrêter la croissance du parasite dit ètntpoXstov 3‘. Dans les souhaits et les incantations on accompagne le vœu d’un geste ou d’un acte symbolique :

Limus ut hic durescit et haec ut cera liquescit Uno eodemque igni sic nostro Dctphnis amore 3“...

ou bien l’on étend par analogie l’efficacité d’une chose30. L’identité de la parole et de ce qu’elle signifie nous apparaît encore ici. Une simple comparaison suffit à remplacer l’acte symbolique37. La sympathie est créée souvent par l’incantation qui accompagne l’acte38, ou bien l’incantation constitue par elle-même l’acte sympathique, comme dans les évocations de maladies énumérées par

Parallelen und Vergleichen, 1878 ; Lefebvre, La vertu et la vie du nom en b y’- 7 ’ in Mélusine, 1897, p. 217 sqq. ; Dussaud, Itelig. des Nosairis, p. GO sqq- ■ 111 ' secret du nom, voir Maas, Orplieus, p. 09 sqq. ; Kroll, in Rhein. Hits. I '■ voir encore v. Andrian, Ueber Wortaberglauben, in Corr. Bl- d- L "",'1 ^ Gesellsch. 1890, n" 10 ;Licbrecht, Zur Volkskunde, p. 315 sqq. — l 'Maio. V ^

— 20 Voir plus liaut et encore Plin. Nat.Hist. XXVIII, 7, 23; Maie. ^

—21 Ov. Fast. II, 577 ; cf. Warde Fowler, Roman Festivals, p. 309 sqq. --- 'e0Il ^

I, 14; Philostr. Heroica , 111, 25. — 23 Virg. Ecl. VIII, 7- ; Cirid . ,!i d’autres usages du même symbole, cf. Frazer, Golden Boughï, 1. 1, p-

p. 398 ; Id. Paus. t. V, p. 45 sqq. ; Archiv für Anthropologie, 1899. p. chrifl für Ethnologie , 1897, p. 491 ; Globus, 1898, p. 251 , C. Mevir, der Mittelalter, 1884, p. 205; Die 1er ici], Pap. mag. 811, n. I. ,, p|j„.

anneaux, cf. Frazer, Golden Bough 2, t. I, p. 401. 2. Heim, p- * jalhmnns

XXVIII, 03; clous magiques, Heim, p. 541 et note 2 ; Ad. blanc ir £aiat • ■!' anciens, 1900; Extrait du Bulletin de la Société des antiquaii < .s , fali, 72.

bronzes de.la Bibl. Mal., n° 1953 (fig. 4782). -5 Wünsch, ur . \Vcsscly,

— 27 Grimm-Pictet, O. I. p. 40. — 28 W ünscli, O. I. ; Id. Défis - ta - ^ Jlio

Wiener Studien, VIII, 179; Plat. Le g. XI, 933; Senec. De benej- 37.58. ■

Cass. LVH, 18 (mort de Germanicus). — 30 Külmert, in Llhem. t us- ^ g|lWO|solin,

— 31, Plin. Nat. Hist. Il, 98, 101. — 32 pl.il. Vit. ApoU.W ' (J ,8 sl]l|.; i Ssabier, 11,469. — 34 Geop. H, 42, 2. — 33 Virg. Ecl. VIII, 80; J • M'„cinl . n.

yottuw, n,»Uv. — ^ an oit»' 1

cf. Heim, p. 480-488 ; Soph. Aias, 1 175 sqq. ; cf. Hom. 2b 11 , • xxym *|5,

/. p. 488,n« 91. 37 Heim, O. I. p. 486, n°90. — 38 Plin.XXVI, -,

MAO

MA(i

, i.’niin le calembour paraît devoir aux mêmes " . des vertus magiques2.

I" n Ml|,ailiic lient une telle place dans les opérations l''!l",l,s qu’on nous propose d’une part d’étendre, de '•""in de réserver le nom de magie aux' actes dont elle irincipe3- On nous dit que si les noms des dieux ^rencontrent dans les formules magiques, les magiciens sc. nt sur ]es dieux de la même façon que sur les que les dieux ne sont pas pour eux des êtres

des instruments passifs et que là se marque

choses

■ libres, niais

, distinction profonde de la magie et de la religion dont los actes ont pour but de fléchir ou de gagner des pouvoirs supérieurs à l’homme, qui gouvernent la nature en toute liberté*. Il est vrai que des rites semblables à ceux de la magie sympathique sont mêlés aux pratiques reli¬

gieuses'. Aux Robigalia , dit Festus, rufae canes imniolabantur ut fruges flavescentes ad maturitatem perducerentur (p. 285). L’usage de fixer la maladie est suivi officiellement à Rome en temps de peste; ailleurs il était d’usage religieux et public de planter annuellement un clou dans une muraille [clavus]6. En Arcadie, le prêtre deZeus Lycaios, pour mettre fin aux sécheresses, agitait une branche de chêne dans une source du Lycée1. Or, pour nous, nous ne pensons pas que, malgré l’apparence, les oscilla latins et les balançoires des Aîwpa appartiennent à la magie [aiora] 8 et nous hésitons à qualifier de magiques les guérisons d’Épidaure9. On nous répond que la magie se mêle à la religion, que ce mélange n’est point étonnant et qu’elles sont à peu près indistinctes à l’origine. Mais nous contestons la justesse de la distinction proposée, car pour nous, les rites religieux, et le sacrifice en particulier, produisent des effets aussi nécessaires que les rites sympathiques de la magie10.

Réduire à la magie sympathique toute la magie amène a la confondre avec la science. Ce n’est pas autre chose, dira-t-on, qu’une science à principes faux11. En fait, lidee delà sympathie, celle de l’identité du nom et de la chose nommée, celle de la représentation intégrale de la personnalité au moyen de ses parcelles, sont des idées d ordre scientifique et philosophique. 11 est à remarquer que la magie non seulement raisonne sur ses principes12, mais qu elle en a généralement une conscience claire. Le principe posé, le magicien l’applique rigoureusement. De P us, en dehors de ces idées universelles, la magie fait constamment appel aux principes d’une science et d’une un Uiphysique plus avancées. Elle spécule sur les xuxXa ^v*l'X7Ri3, sur l’influence des planètes, idées qui " niii ni d une représentation scientifique du monde et j o li moignent d une notion claire, bien qu’insuffisante,

11 111 • Les formules d’opérations alchimiques sont

Ie eonmiVc'i ^ U° 2 P- ^6, n» 80 ; Ibid. n° 130 ; remède conlre

Golden Bo,"n = gra'n d °rgC’ Are/i' ZeiL 1809 lXXVIlb P- 0fi- — 3 Frazer, 1,09 Sl| . ; ' ^ 1 b P' 03; t. III, p. 458-463 ; Sir A.-C. Lyall, Asiatic Studies,

tol'yiondes r°T' Jnl1 u^"ct*on to history of Religion L. l.\ Oldenbcrg, Die Frazer, O I [ t ^ ** * SfFI* ’ ^ ^ scIfP — * Civ. VIII, 1-3. — o Cf. par exemple

que l’on piaulai l ^ * ' * S<^ — 6 Frazer, O. I. t. III, 37; M. Frazer pense

p. 234 si ( 1 " llomonl à Rome le Clavus A nnalis ; Fowler, Roman Festi-

4; Frazer, o \ Jului^ au contraire la théorie de Mommsen. — 7 Paus. VIII, 38, toQgica l rite) —au ^ 8 ^razcr’ ^ P- *49 sqq. (swinging as a

et h fonction di . •* P- -*• — 10 H. Hubert, M. Mauss, JSssai sur la. nature f)' l’ l* I, |). C ^ S(lC^'tCC' in Année sociologique , t. II, p. 29 sqq. — H Frazer,

l’abric. Hi(jj f > ^e,nocritus et Nepualius, «tpi <rv|ATCaOeToiv xat àvciicaOstwv,

I. — 13 Wiin ? n ’ 9 290 ’ (!pmol,> Progr. Striegau, 1884; cf. Geoponica, '°t Orig. tlei'ii .1 ■’ P.M. — UBcrtholot, O.l. introd. p. 73 sqq. — 15 Bcrthe- Piodor. ||, iv P',67‘ ~ 10 Borlhelot, Collect. 101 ; cf. Ibid, t.l, 111 (Olym-

t ", 198; t. |j| ,)g: IL 123 (Zosime, III, II, 2) ; cf, Ibid. t. II, 122. — U Ibid.

-. — 18 Ibid. t. p, 45, fi, . cf ]bi(l p 18j 23i 33 , Marc XXXV))

précédées de l’énoncé de principes scientifiques11 ( Ev yxp xo Ttàv, xat ot ’aGx&v xô 7txv yéyove). C'est sous cette forme que se présentent des hypothèses allégoriques qui exagèrent le symbolisme vulgaire (av<» xà oûpxvix, xxtw xa éitiyTlfa, ôt’appEvo; xat O’qXsoç 7vXv)poûp.evov xô epyov16). La gestation dans l’opération chimique doit durer le même temps que celle de l’embryon humain17. Vient ensuite la formule scientifique, mais étroite, du principe de la sympathie : « La nature jouit de la nature; la nature triomphe de la nature; la nature maîtrise la nature1*. » Par bonheur, nous sommes bien renseignés sur l’alchimie. Celle-ci, précisément, hésite entre la magie et la science. Quand l’alchimie se croit science à proprement parler, elle renonce au mystère19; autrement, elle est une science sacrée, c’est-à-dire qu’il entre dans ses opérations un facteur de plus que les applications des principes scientifiques et la connaissance des propriétés des choses20. Lorsque ce facteur apparaît, l’acte magique entre dans la science ou devient un jeu21. Ainsi, dans le cas où la magie se rapproche le plus expressément de la science, elle n’y est pas entièrement réductible. 11 en est de même à plus forte raison dans les autres branches de la magie. Les rituels magiques prescrivent avec minutie une infinité de cérémonies mystiques : sacrifices, prières, préparations d’amulettes22, qui ne se ramènent pas à l’application de principes scientifiques.

Le pouvoir du magicien. — Les faits que met à notre disposition l’étude de la magie grecque et de la magie romaine ne sont pas suffisants pour nous faire comprendre en quoi consistaient exactement les pouvoirs du magicien, ni quelles raisons ont fait croire généralement à leur réalité. Nous devons cependant réunir ici quelques données qui permettront de comparer son pouvoir avec celui du prêtre et d’en voir successivement différents aspects. Comme le prêtre, le magicien égyptien s’identifie avec le dieu dont il utilise la puissance23 ou bien il s’associe à lui'24. D’où tient-il son droit? Et d’où vient que la proclamation de ce droit ne soit pas considérée comme une vaine jactance? Est-ce un don personnel ? Dans les écrits alchimiques, on voit quelquefois mentionner les conditions morales de la réussite des opérations. On donne au philosophe des conseils d’ascétisme 28 ou tout au moins de régularité. Des mérites d’une autre sorte distinguent souvent les magiciens, la ventriloquie 26, des dons spiri tuels, le mauvais œil. Les enfants27 ont des dons magiques et divinatoires. Les femmes paraissent avoir été généralement considérées comme plus aptes à la magie que les hommes28. Des prêtres de contrées lointaines sont favorisés de pouvoirs merveilleux29. Le mauvais œil semble être conçu comme un caractère personnel assez sem-

70, Venenum veneno vincitur ; Jul. Firm. IV, XVI. — *9 Berlhelol, O. 1. 1. III, p. 384 (Le Chrétien). — 20 Cf. Theod. Prise. II, 2, 2 (p. 302, éd. Aid.) ; représentation d’ordre religieux, les sept degrés de l’Ascension, Berlhelol, O. I. 11, p. 125 ; images sacrificielles, voir plus loin. — 21 Frazer, O. I. t. II, p. 455. — 22 Pap. XLVI, 202-292. — 23 Wessely, Ephes. gramm. 426, avox outrât sçr, (je suisOsiris I‘hre)...avo* «t ouatée TCEVTaur.T. ; cf. Dietcrich, Abraxas , 136; Wünsch, Scth. Verfluckungstaf. p. 85 et n. ; De Jong, O. I. p. 94; Pap. lr, Vil, 23. — 2V Mnemosyne, XVI, 1888, p. 317 sqq. ’èv,;, ei|X o (Tùvoroi ttjv oXijv o!xoupLivr,v àva«nca7.t jiraç ; Wünsch, Ibid. p. 91. — 23 Berlhelol, O. I. I. I, p. 36; t. II, p. 235. — 2ti Schol. Arisl. Vesp. 1011; F.useb. Comment, in Is. 45 ; Hesych. Eyya<rrçuV’Jôot ; Plat. Sopfi. 400; Plut. De def. orac. 9; Jambl. in Phot. Bibl. XCVl ; P. Garnault, in Itev. scientifique , 1900, p.G41 sqq. — 27 Apul. De mag . XLII; Pap. XL\ I, 1, 53; Ibid. 383, Sci àsOd^ou ; cf. Berlhelol, O. I.

Introd. p. 4t, 46, 47, 244 ; Pap. CXXI, 540-578; Philosoph. IV, 4 (62 sqq.). — 28 Wclcker, Kleine Schriften, t. III, p. 20 sqq. Medea oder die Krôuterkunde bei den Frauen ; Kelir, O. I. p. 5, eapj&axt;; Aristoph. Nub. 749; Déni. 793, 27; Arist. Hist. an. VI, 22, 8: Luc. Dial. deor. XX, 10; Bis accus. 21 ; Dial, meretr.

I, 2; IV. 4. —29 Brahmanes, Philoslr. V . Apoll. Tyan. lib. III, passim.

MAG

MAG

blable aux pouvoirs de suggestion. Dans certains cas la spécialisation des pouvoirs magiques implique une relation spéciale entre les magiciens et les choses sur lesquelles ils agissent1 D'autre part on attribue la pratique de la magie à des peuples entiers, comme ces tribus libyennes dont parle Hérodote 2 ou les ophiogènes des environs de Parium en Chypre, qui guérissaient les morsures de serpents3 ; une tribu pontique, les Thibiens, sont qualifiés par Étienne de Byzance de ’éOvoç paaxavTocôv \ Il y avait une famille à Corinthe dont la spécialité était de calmer les vents5. Marie la Juive, citée par Olympiodore, semble considérer l’alchimie comme un privilège de la race d' Abraham6.

Si la magie s'exerce en dehors de milieux où Part se transmet avec le sang, elle se réclame d’une tradition lointaine et divine, comme de la révélation par les anges déchus ou par les archanges7. Marie la Juive prétend tenir la révélation de Dieu lui-même8. La magie aime les apocryphes et rattache ses traités à des autorités incontestables : dieux, rois, grands philosophes9. Entre ses sages et ses dieux il n’y a point de distinction nette lu.

Le caractère sacré de la doctrine est protégé par le secret. Celui-ci est imposé par serment au nouvel initié11. L initiation paraît se transmettre d’individu à individu, de maître à disciple, c’est une espèce de filiation12. Mais elle ne se borne pas à la simple communication de recettes. L'indication de celles-ci est précédée d’une révélation cosmologique dont la forme est plus mythique que philosophique. Telle est la révélation d’Isis à Horus13 ou celle de Comarius à Cléopâtre 11 dans les livres alchimiques. C’est une gnose dont la communication paraît suffire à modifier la condition de l'initié. Dès qu'il y participe, il peut appliquer avec succès les méthodes qu’on lui explique ensuite En somme, nous rencontrons dans la magie une TsXsTTj 15, une initiation analogue à celle des sociétés religieuses fermées [eleusiniaj. Cette initiation comporte d'ailleurs d'autres cérémonies que la simple communication d’une doctrine mystique. C’est une bonne fortune que de posséder un texte comme le livre de Moïse15, qui nous expose en détail les phases de la cérémonie, purifications, rites sacrificiels, invocations, et, pour couronner le tout, révélation de la xoffgG7roiïa, qui explique le secret du monde. Remarquons que les cérémonies sacrificielles ont ici pour but de mettre l’initié en relation, non pas avec les dieux d'une société particulière, mais avec les planètes et les astres, c’est-à-dire avec des agents universels dont le rôle est défini par la science, mais cpii sont transformés en puissances mystiques et divines17. Le magicien tient sa puissance de son accointance avec les forces de la nature. C'est ce que signifient les sept anneaux donnés à Apollonius de Tyane par le brahmane Jarchas. Dans la moindre de ses opérations, le pouvoir qu’il en lire est impliqué, comme le montre entre autres

1 Mâyot Aeovruv, &scwy, etc. Pliot. Dibl. L. I. — 2 II, 36 ; cf. IV, 105; Lobcck, Agi. 1190.

— 3 Plin. \ II, 2,2; XXV III, 3, G. — Md. xa' xà ffu»;A«xa a jXwv £?; O’iVa'Tirav où xaxaSûouiri.

— 5 Hesych. et Suid. s. v. àvcjxoxotxat ; Euslath Ad Od. X, 22; cf.'à Athènes les Eadanemi , J. Tnpflcr, Attische Généalogie , p. 1 12 ; cf. Plin. VII, 2, 2. — 8 Berlhelot, t. If p. 112.-7 Hcnoch, VIII, 3 ; IX, G, 7 ; X, 7 ; XVI, 3 ; Syncell. p. 22 ; Terlull. De idol. IX, 10 ; De cuit, femin. I, II, X; Apolog. XXV; Berthelot, O. I. t. I, p. 31, 32; Schmidt, Gnostische Sçkriften in Jeoptischer Sprache , p. 419, 427. — 8 Ber- Ihclol, 0. 1. 1. II, p. 180. —9 Berthelot, Orig. de VAlchim. p. 141 ; Dielerich, Pap. mag. 753. — 10 Agalhodèmon, tantôt un dieu, tantôt un philosophe : Berthelot, O. L 1. I. p. 87 ; t. Il, p. 125. — il Dielerich, Abraxas , p. 1G2 sqq. ; Berthelot, O. I. I. I, p. 29, 32. — 12 Dielerich, L. I. — 13 Berthelot, O. I. t. I, p. 31.

14 Ibid. I. III, p. 278 sqq. — I5 Luc. Nekyom , G; Ilippocr. De Morbo saci'o, 4.

choses la répétition constante des sept vovell représentant les planètes dans les incantali^,t,V?*» portes de la terre sont ouvertes, les porte i •' " Les ouvertes, la route des fleuves est ouverte ' 1 C‘el SOnl

■* f ouverte- I» magicien; min '3,'!'!“

entendu par tous les dieux et par tous les ^ni 6 esprit a été entendu par l’esprit du ciel mon m°“ entendu par l’esprit de la terre, mon esprit a été ? Par l’esprit de la mer, mon esprit a été entend “ l’esprit des fleuves19. » Le magicien assyrien associa même 1 univers tout entier à ses œuvres et les S(11.(.australiens, par exemple, empruntent Leurs pouvoirs'* l’arc-en-ciel20. La magie implique la continuité de l'univers21, de même qu’elle suppose une connexion symm tlnque entre l'individu et son groupe et tout ce qui touc he à sa personne. Pour qui connaît la répercussion des phénomènes, tout effet cherché fait partie d’une série liée; il suffit de saisir l’anneau le plus accessible delà chaîne, pour avoir prise sur l’ensemble. Cette participation aux forces de la nature fait que le magicien n’est j>1 us un homme22. 'O ôsoupyô; otà T7jv ouvagiv twv àTvopp-qTwv 0’jy.ÉTi wç àv0ptü7T&ç oüO ’ wç àvÔfCDTuVfl ypwgevoi; fanitm

Totç xo<jgixosç, àXX ’ wç Iv t-7, twv 6 £ wv Tcfijet upoüTtâpywv psiÇosî x’Lç xaÔ ’ éainov oùaiaç iTtavaTchreci y giyrai, p ùy wç ironjcwv im t« XTtEO SllCÿCUptÇeTai, aXX ’ évT^TOtOCÛTYjTWV XoywV yp7j<T£! SloâoXGlV, oVqv xaî 7]XixY|V xaî T,'va x'ijv ouvagiv Bti ty(v ttoô; OeoÙç

EVtOCJlV, TjV TlXpSffySV aùxw TWV à7COpp7)TWV cugSôXwv 7]yvù»fftçss.

Est-ce à dire qu’un pareil pouvoir soit impliqué par tous les actes que l’on peut qualifier de magiques? Évidemment non. Il y en a qui sont tombés dans le domaine commun ou qui ont fini avec le temps par renfermer en substance le pouvoir qui les rend efficaces ; mais on peut dire qu’en général les opérations magiques mettent en jeu un pouvoir surnaturel dont celui que décrit le passage ci-dessus parai t être le degré le plus élevé. Le caractère

mystique du principe de la magie apparaît clairement dans un passage de l’Apologie d’Apulée où il explique que, par opposition aux philosophes naturalistes, qualifiés d’impies, ceux dont l’étude a porté sur les agents spirituels et personnels du monde ont été traités de magiciens27. Il s’agit maintenant d’établir quelle différence il y a entre les forces dont se sert le magicien et auxquelles il participe et celles dont dispose le prêtre.

La méthode indirecte, à laquelle nous arrivons mainte nant, est celle qui paraît dominer dans la magie gIKl7 romaine, et il n’y a pas lieu de s’en étonner puLq" < t repose sur la démonologie des Platoniciens. Llb compte d’une théorie universelle qui attribue lu l1"" tion du phénomène à l’action d’une puissance iqm 11 consciente, le démon [daemon]20. C est ce que monh ^ Plutarque quand il écrit : égeù Bè Boxouai itXeiovi; ^ ^

gsi'Çovaç â7topi'aç oi t b twv Batgovwv yevoç sv 0

xa’t àvôpwTrwv, et qu’il en attribue 1 in\( ntimi

— n> Kroll, De oraculis ehaldaicis, p. 50. — 11 Correspondance^^ ycr/iu.

archanges, Kopp, Palaeographia critica, III, P- 334 335, ^ n° 233 ;

chungstaf. p. 78 sqq. ; De Joug, O. I. p. 37. - 18 Cf. lk'"’’ V' 'um raCaks, Sophie, id. Petermann, c. 335 ; J.-M. Gcsner, De lande Di n pe^ ^ J

, éd. Petermann, c. 335 ; J.-M. Gcsner, De laude Del )S|;|ior||lclo|, 0. I. eut. Soc. rcg. scient. Gotting. t. I, I7.il, p. 2*4 ^ ^ pielcricli* PaP'

p. g. 20 Mallicw, Eagle-hawk and croie, p. 1U. — jan)bl. D*

). 770 ; Proclus, De sacrif. et mag. éd. Cousin, t. IG, P- . ,30, "• 1 1

yst. VI, 6. - « Paris. 1018; Ibid. 434 sqq. ; D.etench, A ^ ^ -

• iin sc !, , Seth. Ver/luchungstaf. 85, 91 ; Mnemosyne, XVI . Thlli9) d'apr*»

îrdt, Zcit Coustantins, p. 221. - 24 Apul. De mag. XX • cb priieJl. t», rislole. De anim. I, 5, 17; Diog. I.aert. I, 1, 27; l orpl.y-

Lommen introd.

mdg. p myst. VI, G.

IV, 23; Zcller, Gesch. d. Pliilcs. 3 t. Il, 791 ; t-

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(j|i |a magie, eixe [xâywv t wv tteoî ZwpoxoxpTjv ô Xoyoç •TC îhs 0pax(o; iir ’ ’Optpswç e’ix’ AtyÛTCTioç rj <I>püytoç, <bç c’0aTaîî éxatépwOi xsXexouç àv*|i.sp.tY|4.Évx7toXXà Ov^x*

^VjZaTÛvôpYtaÇogÉvwvxaiSpwfxévwvUpwv ôpwvxEç *. Entre f Vi'r'ique et son effet se glisse le démon qui sert de aC| |(.ur préexistant ou créé par l’acte. Les maladies C°"i "l'isonnifiées2, les frayeurs3, la fatigue de même. S°" ,|M l’action d’un instrument magique comme PV f exige la création d’un démon ou d’un dieu spécial ; ^dénions balnéaires sont chargés d’expliquer l’effet iTs tablettes magiques déposées dans les bains3. Le dénnnisme n’est d’ailleurs pas particulier au platonisme. On "'ii érigé en système philosophique la croyance vulgaire. Les Kôres ‘, les Erinnyes, la Némésis, Tlotv-q, Empousa7 sont des personnifications analogues avec lesquelles doit compter la magie. A côté des goipai et des àvaYxai, on rencontre les pairxosévat, démons chargés d’exécuter faction du mauvais œil [fascinum] 8. D’ailleurs les démons sont quelquefois représentés expressément comme les émanations, à™p£oiai, des causes naturelles : at àYa0a'1 èsopcoiat xffiv à'TTÉpwv siff'iv oxigove; xal xûya i xa'i goTpai9.

D’autre part, il ne faudrait pas exagérer l’efficacité attribuée à l’acte magique. On y admet sinon une part d’aléa, du moins une part de mystère et d’inconnu ; le magicien prévoit que sa science peut être insuffisante ; que l’observation des rites peut être inexacte; que des

conditions de réussite peuvent avoir été omises ; que des oppositions peuvent se produire, et il est amené à demander un secours à des puissances spirituelles qu’il est capable de se concilier10. Il demande à un dieu de lui envoyer le démon nécessaire “, ou il invoque la puissance dont dépend l’efficacité des rites. Il opère « avec le concours du Dieu invisible et tout-puissant12 ». Quelquefois il est aidé par un auxiliaire familier, un génie à tout faire, semblable à celui que Simon le Mage est censé se procurer par le sacrifice d’un enfant13.

La magie est donc appelée à agir sur des esprits, soit qu’elle les prenne comme auxiliaires, soit qu’elle les traite comme les agents des phénomènes. De ces êtres ou de leurs noms, les uns se rencontrent seulement dans des formules magiques, les autres appartiennent en commun à la magie et à la religion.

Ine première catégorie cl’ètres magiques est celle des démons u. Platon leur attribue la réussite des opérations magiques lo. D’après les définitions antiques, le propre delà magie est d’agir sur les démons 16.

Les invocations aux Satgovsç sont donc innombrables dans les textes magiques11, démons mâles et femelles I8,

j 1 é orac. 10. — 2 Burcsch, Claros, p. 23 ; et. ürcxlcr, in Pliilol. 1899, p. 594,

"" ’ ' î Plotin, icçôî toù; yvuimxou;, 14. — 8 Jnscr.gr. Sic. et liai. 2413, 8 :

I'1" 1,1,1 Abraxas, p. 80 si|i|. — 4 Kroll, De oraculis chaldaicis, p. 39. , . ‘n Porph. p. 10 ; Greg. Nyss. V. Greg. Thawmat. p. 308 ; Psellus, Zri; 0d- Boissonnadc, p. 21, n. 2. — « Apoll. Rh. IV, 1038 sqq.

’b P- 83, p. 411 sqq. — 7 Paris. 1399; cf. 1443; Kaibcl, 381, r! A ’VJ (conjecture douteuse). — 8 Pap. V. VIII, 7 ; Proclus, De sacrif.

axi" ! , 0usin’ l- UL P- 282. — 9 Proclus, L. I. — 10 Paris. 4G2 ; Pap.

Z ij psdlu~ ", Bcrthelot, O. I. t. lu, 051, 420. 12 ps. Clcm. Hom. H, 20, 30. chaldaici. ’ £vWtc*s &ai|i.ôvwv ; Euseb. Praep . ev. V, passim ; Kroll, De oraculis proc 0* ,, 1 8tW' » ^* Lcggo, The 7 lame of démons in tlie magic papiyri , in

Hcaknorl ^oc’ ^ibl. arch. XXIII, 2, p. 41-49; J. Weiss, Damonisches, in

- !., ^ 0pfldlc für I»'otest. Theol. IV, 1898, p. 416-419. — 14 Plat. Conviv. 202 E.

Il, 4(, __ 1 ’ ^aTE‘« ’• Niceph. AdSynes. de insomn . p. 363 ; Porphyr. De abstin.

M(ucim on . p ü,> *348 sqq. 1398, 2698; Amm. Marc. XXI, 3; Eunap. V.

— 17 inscr U1 0sC'1’ tdnroSy p. 57 sqq.; Doubncr, De incubatione, p. 29, 31.

Jlhein. 3/ps \vi'<C ^ ^ ’ ^orP’ 0r • HI, 58 586; Wachsmutli, in

19 p(ln », ^ Acupwv tou totcou toutou*, Ibid. Pap. CXXl, 516.

relating t0 Sor . stM* “^8 sqq. ; Pap. XLVI, 168 sqq. ; Macdonald, Inscript. " sorcery ,n Cyprus, in Proced. ofthcSoc. of Bibl. arch. 174. 1, 1890.

démons locaux I J, démons du ciel, de l'air, de l’éther, de la terre et du monde souterrain, àpyioaqAoveç80, «Xavcoac- |j.ov£ç 21, «pavxxuaaxa 22, puis les archontes, leséonslô aùùv b ppovxûv)23, enfin tous les agents spirituels que la philosophie a chargés de la besogne des dieux. Or, les démons ne sont pas tout à fait des dieux. Ils se tiennent à michemin entre les dieux et les hommes, ils sont même à moitié humains84; ils sont à demi engagés dans la matière et les phénomènes avec lesquels leur spécialisation contribue aies identifier25. Il est remarquable que l’on tende à transformer en démons les dieux oraculaires, et généralement à attribuer tous les actes divins provoqués par les rites non pas aux dieux relégués dans l’Empyrée, mais à des serviteurs £0, 7tpÔ7roX&t, 6ïtr,péxat, doryphores2' et parèdres28 des dieux. (Jri s'adresse aux démons portiers d’IIadès, plutôt qu’à Hadès 29. Un voile de puissances dites démoniaques est tendu devant la divinité, et la magie ne s’avance pas derrière le voile. D'ailleurs, entre la divinité et l’homme ou le phénomène, il y a un nombre infini de degrés30, sur lesquels s’échelonnent hiérarchiquement les dépositaires du pouvoir magique. Le magicien divinisé représente Hermès, Hermès Trismégiste qui est un dieu, et qui lui-même se donne

* comme le délégué, rô7toûpYOç et le prophète d’Hécate ou de telle autredivinité31.

Suivant leur fonction ou suivant leur puissance, on a dressé des hiérarchies systématiques de démons. Le De mysteriis Aegyptiorum distingue les qui enlè¬

vent les âmes dans les parties supérieures, les iy'çs.lo’. qui les tirent de la matière, les oat'poveç proprement dits qui les plongent dans la matière, les -qpcosç qui se mêlent aux choses sensibles, les apyovxEç qui président aux affaires du monde32. Proclus ne distingue que quatre classes de démons et Olympiodore trois 33. La distinction la plus importante, ou du moins qui nous importe le plus, est celle des bons et des mauvais démons auxquels on attribue les erreurs de la Yo^xEta34.

Les démons ont été assimilés aux anges des Juifs comme ministres des dieux33, et même les dieux36, relégués au rang de démons37, se sont vu transformer en anges du dieu universel. Un oracle se termine par ces mots ; gixpà os 0e oü jj-eptç ôc.yy£À°1 v;u.£ï;38. G esta ce titre que les anges paraissent dans les textes magiques. Quantaux archanges 30 MiyavjX, r<xëptT,X, etc., ils y tiennent une place particulièrement importante, mais à titre de génies planétaires, comme les archontes gnostiques40. Le sort général des oaipovs; fut de devenir de mauvais génies, des diables 11 . On voit figurer parmi les diables les parèdres

20 Pap. Paris. 1348. — 21 Pap. CXXI, 702. — 22 Pap. CXXl, 589. — 23 I‘ap.

Paris. 370 ; Dcubner, O. I. p. 35. — 24<j»aff'tv tivat *ai — va ; Satjir.vv; folçwicv vutiràtcta eyovTaî, Orig. C. Cels. VIII, 00. — 23 Plut. De def. orac. X, XVI ; Apul. De gen. Socr. VI; Max. Tu-, XV, 7 ; Orig. C. Cels. VIII. 60; V, 6; Min. Fel. Oeta t. XXVI, 9. — 26 Burcsch, Claros , p. 59; Plut. L. I. — 27 Pap. CXXIII. I s<|q.; Paris. 102 Stob. Ecl.phys. I, p. 1084, <M. Hccrcn : Pap. Berot. H, 102. — 2S Plut. O. I. X.

— 29 Miss Macdonald, L. I. 18, 24. — 30 Wünscli, Sel h. Yerfluchungstaf. 10, 28.

— 31 Wesscly, Gr. Zauberp. p. 7-8, hymne à Hécate (Pap. Paris. 22 42 sip|.), v. 13 sqq.; cf. Macdonald, !.. I. — 32 Jambl. De myst. Il, 5. — 33 Procl. in I Alcib. cd. Cousin, p. 193 ; Olympiod. in J Alcib. «kl. Crcuzer, p. 15. — 34 Porphyr. De abstin. Il, 39, 40 ; Poil. Onom. V, 20, 131 ; Procl. Ibid. p. 109. — 33 Ab aliis angelos dici quos ipsi daemonas nuncupant , Aug. De civ. Dei , IX, 19. — 36 I.obcck, Agi. p. 450 ; Plut. De def. orac. IV ; Ad. Arist. tirât . in Ath. p. 10, cd. Jcbl. ; Slob. Ecloy. V, 52, «kl. Hccrcn, l. II, p. 904 : Marlianus Capclla, De nupt. Pliilol. et Merc. 152, 153 ; Philo, De sonmiis, I, 04; Orig. C. Cels. VU, 6S ; Pap. IV’, IV, 11 ; I‘ap. Paris. 1201 sqq. Cal. cord. med. 17. — 37 Dcubner, De incub. p. 90, 90, 101.

38 Burcsch, Claros, p. 55, v. 14-10. — 39 pap. CXXl, 060, clc. ; Pap. Berol.

^ 301, — 40 Auz, Zur Fragc nach Ursprang des Gnosticismus, passim. — 41 Praep. ev. IV, 101 ; VU, 5; Lacl. De fais, relig. I, 17 ; Clcm. Strom. V, p. 253, 268;

I Minut. Fel. Gela v. 26, 27 ; Aug. De civ. Dei, XXI, 6 ; cf. Maurv, O. I. p. 102.

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do la démonologie païenne1. Les démons allèrent rejoindre dans la classe des esprits malfaisants les Empèses2, les Cercopes3, Mormo*. La magie reste leur associée. On rencontre le nom d'Antimimos, c’est-à-dire de 1 Antéchrist, dans les livres alchimiques5. La religion et la magie ont également affaire avec ces démons. Mais, tandis que la première s'occupe uniquement de les tenir a 1 écart ou de les expulser6 au moyen de forces supérieures, la seconde les prend à son service \ Les rapports avec les démons donnent lieu cependant à une série de rites, exorcismes8 et autres, qu’il est difficile de partager entre les deux.

Les âmes des morts constituent une deuxième catégorie d êtres magiques9. La mention de BxiaovEç jB'.oQxvxxot ou PtaioOxvâ-oi 111 ou aTTopoi xaç/-7i<; ll, *de vexo8ou|jm>vsç 12 est fréquente. Nous avons vu que la nécromancie était considérée comme une branche de la magie. Les néoplatoniciens rendaient aux âmes un culte assidu 13. Or, entre les âmes et les Bodaovsç il n’v a point de distinction profonde 14. S’il y en a une, les héros servent à combler la distance qui les sépare [héros] ‘A Les âmes sont une pépinière de oatgovEç16. Naturellement, les héros tiennent une place importante parmi les êtres spirituels invoqués par la magie17.

La distinction des Bxc'aovs; et des dieux, quelle que soit son importance et le soin que l’on mette à la préciser, est tout aussi peu stable ou aussi mal observée dans l’usage courant. Que l'on se place au point de vue de la hiérarchie des esprits ou à celui de la distinction des puissances bienfaisantes et des puissances malfaisantes, on se heurte à des confusions de notions et de termes qui rendent le problème inextricable. La séparation des êtres magiques et des êtres religieux, si claire dans le christianisme, est indécise dans les polythéismes et ne dépend pas d'une règle fixe. Mefitis et Febris sont appelées déesses et reçoivent un culte18. Des figures allégoriques comme Sugswvia19, ’Avâyx^20, les Nymphes 21 , le Spâxüiv nûôtoç22, peuvent être classés indifféremment parmi les BxigovE; ou parmi les dieux.

Il est donc naturel que nous voyions intervenir les dieux dans la magie23. « Solebat ad magorum ceremonias advocari Mercurius carminum inventor et illex animi Venus et Luna noctium conscia et manium potens

* Ps. Clem. Hom. II, 26, 30; Ircn. 1, 24,5 ; Just. Apot. 11,65; Tcrtull. De an. XXVIII, Catabolici , Parhedri , Pythonici. — 2 Arist. Pan. 295; Schol. ad Ecoles. 1049 ; Philoslr. V. Apoll. II. 145: IV, 25. — 3 Suid. — 4 Aristoph. Equ. 690;

Scbol. Theocr. Adon. 40 ; Luc. P/iilops . 2. — ô Berthelol, O. I. t. II, p. 225.

— 6 Porph. in Euscb. Praep. ev. IV, 23 ; cf. Pap. Paris. 2698 sqq. — 7 Pap. Paris. 1348 sqq. ; Pap. XLVI, 168 sqq. — 8 Paris. 3009 sqq.; PIul. De defect. orac. XIII, 321 ; Plut. Symp. VU. 5, 4, p. 706 d ; Philoslr. V. Apoll. III, 38 ; IV, 10, 20. 25; VI, 27; Baur, Apoll. v. Tyana , in Tübinyer Zeitschrift fur Théologie, 1832, p. 143 sqq. ; Lobcck, Agi. 697. — 9 Cf. définition de la yor^eta dans Suid. s. v. Mayeta ; Apul. Met. II, 5 ; Ricss, Zv, den Canidia Gedichten des Horatius , in Phein. Mus. 1893, XLVII1, p. 307 sqq. ; Paris. 296 sqq. — 10 Wünsch, Defix. tab.att. XXI ; pio^oçot, Paris. 1401. — U Macdonald, L. I. 30. — 12 Wünsch, O. I. XVI ; Corp. inscr. lat. VIII, 12 508,1 ; Ibid. 12 510, 1 ; itoXuâySptot, Macdonald, L. t. ; vm joi, Dilthey, in Phein. Mus. XXV, p. 334; çOqievot, Paris. 1401. — 13 Marin.

V. Procl. XXXVI. — il Confusion des revenants et des Saq xove?, Buresch, Claros, p. 59; cf. Eurip. Aie. 1003 ; Luc. Peregr. XXXVI ; Corp. inscr. gr. 5872, 5858 b , etc.

— iï> Plut. De def. orac. X ; Euseb. Praep. ev. V, 2, 2. — 16 Diog. Laert. Vit. Pyth. VIII, 31 ; cf. Wünsch, O. I. XXI; Luc. Peregr. XXXVI, $atjiova; jjurjTçwouç xaî r. ; Macdonald, L. t. I, fçsç rfcxéûwv x%\ jArj-répt; &vxtev£:?toc. — 17 Pap. Pat'is. 1390 sqq. 1398, 1409 ; Dcubncr, O. L p. 29. — l8 Dea Mefitis : Tac. Uist. III, 93 ; IMin. 11. 208 ; Varr. Ling. I. V. 49 ; Fest. p. 351 ; Dea Febris : Plin. II, 15 ; Cic. De nat. D. 111,63 ; Delegg. Il, 23. — 19 Wünsch, O.l. p. 98. — 20 Ibid. p. 94. — 21 Wünsch, Defix. Lab. ait. XXIX sqq. — 22 Dietcrich, Abraxas , p. 149. — 23 Liste des dieux invoqués dans DicLerich, Pap. ma g. prolog. — 24 Apul. De rnag. XXXI. — 25 Apollod. Bibl. I, 2, 1 ; III, 6, 8. — 26 Kroll, O. t. p. 39; Darfiascius, II, 203, 27. — 27 Maury, p. 54; Bolide, L. I. ; .long, O. I. p. 68; Sck. Lree. ad. Od. XII, 24; Sch.ad Theocr.

II, 12 ; Hesych. ; Lobcck, Agi. p. 223. — 28 Roscher, Le xi ko n, t. I, p. 895.

— 29 fap. Paris. 2722; Roscher, Ibid. 1895. — 30 Ap. Rh. IV, 59 ; Hor. Sat. I, 8, 20 ; |

Trivia 21

cicnnes mythiques, nous v

». Sans compter les parentés div

>vines des

"70,7 la mythoûrç™?'

S. de nlnlhi»oa ,1

dieux user de charmes, de philtres et de giques*5. Le plus remarquable est qlle r"' "^ca ,aa' chez les théoriciens la mention d’une triade Ta1'6 magiques, qui sont des démiurges 0; • , leux 7tatÉpEç26. La magie aurait-elle ses dieux spéciaux Parmi les divinités, la magie parait s’être mn. ■ Ilékate [hécaté j et Séléné [luna] 27. Divinité du rnondoT^ terrain et de l’au-delà sous toutes ses formes m-ui r-n°"" des spectres quelle envoie ou qu’elle arrête 28 ’ dé T carrefours où les esprits s’assemblent, suivie d’uTcnr! tege de démons que les chiens suivent en aboyant s» ■ elle est impliquée constamment dans les cérémonies magiques 30. Citons les prières à la Lune du papyrus de Pans31, et celle qui est rapportée par les Philosophoumena 32 . Elle préside à la magie amoureuse 33, aux métal morphoses 3 - , elle est la déesse des cpotpgaxa33, La rosée lunaire donne aux plantes la force magique ou elle l’augmente36. L’-uy? est qualifié de Éxavtxoç (TxpocpaÀôç31. Leslunules étaient des amulettes38. La sélénite, pierre de lune* est un talisman des plus puissants39. La Lune était là patronne spéciale et la mère des magiciens10. Circé est sa fille 41, Médée est sous sa protection spéciale42. Musée est un fils de Séléné43. La fondation du culte d’Hécate à Égine est attribuée à Orphée44. Enfin l’on montrait au ÏEÀyivaïov opoç, en Étrurie, les mortiers de Médée et de Circé45. Ajoutons que l’astre lui-même est considéré comme un séjour de Bougovsç et d’âmes46.

Avec Hécate, les dieux chthoniens sont, de tous les dieux grecs, ceux que l’on s’étonne le moins de voir invoquer par les magiciens. Les cérémonies expiatoires qui caractérisent leur culte, le mystère qui entoure certaines de ses parties l’ont fait comparer à la magie 41. On a dit que la magie lui avait beaucoup emprunté48. En fait, nous savons cpie les mages recouraient à l’aide des dieux chthoniens49. On trouve mentionnés Hadès, Déméter80, Perséphone51, Baubo32, les Praxidikai les Erinyes 54, Amphiaraos 58, Gaia, la Terre ( dea sancla Tellus ) 56, Cybèle57. Hermès Chthonios est l’un des plus fréquemment invoqués88. 11 est vrai qu’il se confond avec Hermès Trismégiste. On peut ranger dans cette série de

Syncs. Uymn. IX, 33 ; Theokr. Il, 10 ; Wünsch .Defix. tab. att. XIII, tablette incite do Mfgare, C, 11, 13 ; Kaibel, 370 d. — 31 Pap. Paris. 2522 sqq. 2374 sqq. ^‘11- Wesscly, Gr. Zauberp. p. 6-9. — 32 IV, 4 (72 sqq.); cf. Euseb. Pmep. t'- ’ ’ citation de la lellre à Aneb. ; cf. Pap. L. CXXI, 824 sqq.; Maiall. ‘ '

— 33 Theocr. L. I. ; Ovid. Heroid. XII, 168; Met. XIV, 4*, Scnc ^ ^

420 sqq. — 34 Apul. Met. XI, 2. — 35 Hesych. s. v. 6,icwtîîoe ; Senec. Med. s t • 1 ’ Ovid. Met. VI, 139; Maneth. Apotel. V, 302 ; Achill.Tat. IIL — s unes. *

506, 669; Sen. Med. 840 ; Roscher, Nachtraege , p. 30. — 3/ NlceP 1 ’ . "

p. 362; Euseb. L. I. - 38 Plaul. Epid. V, 1, 33; Jahn, Bta* ' «'«■ "

— 39 Roscher, Lexikon , II, 3163 ; Kehr, O. I. p. 4; Pap. I arts. • . ^47 ;

Met. XIV, 105. — 41 Sch. Ap. RU. III, «8. - 42 Id. J"’ J,' * ’0'vM’ Met. ! Ap. Rh. III, 251, 478, 529, 738, 842 sqq. 915, 985, 103o ; IV, 10 - ^ paus.

VII, .74 sqq.; Scnec. Med. 0 sqq. - 43 Roscher, O. I. t. II, P- vXX; \ II, 30, 2. — 45 Sch. Theocr. II, 15. - 46 Plut. De foc. «» v|,l ■ Hirsch- j Roscher, O. I. 3 167.- 47 Lobeck, Agi. p. 090 ; Plut. De def. orac. i ^

feld, O. I. p. 37 ; Dcubncr, De incub. p. 28. — 4» Dcubncr, ■ • > j

Abraxas, p. 157. - 49 Philoslr. V. Apoll. VIII, 7, 341 ; Wünsch, yll chungstaf. 10, 52, iyîwv S», ejvÎiu». New Ion, P- ’ yj | Or- j

— Si Wünsch, Defix. lab. att. XIII. — 52 Ibid. XXIX. "7 pap. Paris,

nltica, hynui. XXIX, 5 ; Argon. 31. — 34 Wünsch, O. l.\ l, • . vl) ;is.

1446; Dcubncr, O. I. p. 31, n. 9. SG Hcirn, n" 127; W,U”SC ^

— 3“ Diod. III, 58, xaOa?p.où; tw» vo«toûvtwv xtïjvoiv texai vy;tîiw/ ^ u?otrâyoptU®Jiv#t'

xat tw» p^eowv tai? luuiSaTç «jw^o|*fvo>v... autyjv 1 1 J* «j. 1^^*

cf. Wünsch, Seth. Verfluchungstaf. 16, 53. j!* npubner, 1

338; Pap. XLVI, 370-439 , 440-458; Pap. CXXI, 060, 78 ; IgjJJ p. 21, n. ; Wünsch, Defix. tab. att. VI; Diog. I.acr t .

Wünsch, L. I. Ilcrmcs et Hécate, Hcsiod. Theog. 444 ;

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