‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 150 sur 275 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

MAG

MAC

n èlre qui doivent on bénéficier ou en souf- ®enits 1 le ri Le verbal précise cl complète le rite i- fincantation, d’autre part, répète 1 acLe symet quelquefois elle y supplée, comme dans

I, 0 "Ccalions de maladies et les exorcismes en par-

^ '|jCS incantations qui consistent dans la récitation 111 le rappel d’un mythe ont pour effet de favoriser °" 'h'svmpalliie le renouvellement de l’acte raconté par [);"|||"||j;, ou d’un acte analogue2. En cas de maladie, r U , nation de la genèse du mal le met sous la dépendance îlinni-icien3. Enfin l’incantation écrite, portée comme lilili'ui, permet d’appliquer directement et malériclle- ''rliL l’effet nécessaire de l’opération magique à son n .q Dans l’hypothèse du démonisme, l’incantation S-lrlé*e ou écrite4 met en communication l’opérateur

J, , ie démon et instruit celui-ci de son rôle.

Le rôle de l’incantation se présente à nous sous un deuxième aspect. Elle nous amène aux opérations qui ont pour but de créer ou de représenter le pouvoir magique. Telle est l’utilité des hymnes etdes litanies6. On appelle la présence du dieu ou du démon, on lui indique sa fonction ; au besoin, on le contraint par des menaces6.

Mais nous savons déjà qu’un simple nom divin a la vertu d’évoquer la présence de la divinité désignée. Une formule religieuse comme le rpiffâyiov \ le qodesch hébreu8, écrite entièrement ou représentée par une initiale, introduit dans la cérémonie magique tout ce qu’elle représente de sacré. Un nom mythique comme celui d'Adam, revêtu d’un sens cosmogonique, sert à concentrer les forces naturelles qu’il évoque, et de même les signes des planètes, ou les voyelles qui leur correspondent et que l’on inscrit par exemple sur les poupées de l’envoûtement, font intervenir en réalité dans la cérémonie les influences planétaires. On peut dire des vers homériques et des formules où un seul mot se rapporte à l’occasion pour laquelle on les emploie, on peut dire aussi des psaumes9 et des textes sacrés en général ce que nous disons du qodesch. Il s’ensuit que l’attention s’arrête au signe maniable, mais efficace, et ne va pas au delà à la recherche de la chose signifiée. Le mot étouffe le sens. On réduit en formules et en énigmes10, comme on les réduit en figures, les mémentos d’opérations alchimiques. On peut dire, avec Origène11, que l’évolution de 1 incantation fait passer son pouvoir de son sens aux qualités des sons dont elle est composée. L’incantation écrite ou orale finit par devenir une chose magique, un talisman, et nous pouvons remarquer que cette nouvelle sorte de chose magique est le produit d’un processus semblable à celui que nous avons montré à propos des auti es 1 La SOrte de commentaire auquel sont soumis es noms divins ou ceux qui représentent les forces magiques montre bien de quelle façon ces noms sont Wnsiih rés. Il s’agit d’en répéter, d’en allonger les syl¬

labes

caractéristiques13, de les détacher les unes des

ah. ntt. I\ . — 2 Cf. Année Sociologique, t. IV, p. 230 ; Dielcricli, thèmes ü c'i ' '' C.1 5U'V’ — 3 Abercromby, Pre-and Protohistoric Finns, p. 40-44, Philosoph *iv~ ' ' *ncan lation écrite sur papyrus est envoyée eu fumée au démon :

Dielcrie!, ù ! ~ ” Uita°‘'icll> Pap. mng. p. 789; Pap. Xf.VI, 17G sq<|.

XlVI.ap;. >iaxas’ P- G3 ; Diltliey, in Rhein. Mus. XXVII, p. 375-419. — 6 Pap. Gtbrauch ' p D®’ ^ P- 1 Ueim, il» 233. — 8 Heim, n» 60. — 9 K. Kayscr,

chen Gesell ’ \ s"^men "u Zaubcrei, in Zeitschrift der deulschen morgenlaendis- 0. 1. 1 pi ^ '[[' '88s> p. 456 sqq. — 10 Énigme do la pierre philosophale, Bcrlhclot,

’■ ' : ,:r- Ptielericb, A. B. C. Dcnkmacler, in Rh. Mus. f. Phil. LVI,

p ilU ]; 11 ^ ' ^e^s' t, 23. — 12 Plotin. IV, 4, 38 ; Clcm. Alex. Strom. IV,

13 A7,Kï'« Wiinscli, Sçth. Ver/lucliungstaf. 16, 33.

autres et de les analyser pour ainsi dire, de leur joindre des affixes et des suffixes, d’en renverser l’ordre et de diversifier leurs liaisons, de les disposer en figures (7trepuYosio(3çu, etc.) dites saintes, de façon à tirer de ces noms toute la plénitude de pouvoir mystérieux qu’ils ont en eux. Les Ephesia grammhta , paroles imprononçables, empruntées en partie aux langues barbares et d’ailleurs déformées, sont le type de ces nouvelles amulettes ; l’auteur du De Mysleriis Aegyptiorum fait remarquer15 qu’elles ont un sens, mais dans la langue des dieux; en tous cas, l’ont-ellcs perdu pour les hommes. Et ceux-ci s’appliquent à rendre les formules plus inintelligibles encore par l’emploi d’alphabets magiques**. Pour augmenter la sainteté, on les écrit même avec une encre sacrée dont nous avons plusieurs formules n. L’encre sacrée est à l’incantation écrite ce que la voix ou le rythme est à l’incantation orale. En résumé, l'incantation tend à passer de l’intelligible à Fin intelligible et à se transformer en chose magique contenant sa vertu en elle-même.

J/observance de certains nombres et l’usage de figures géométriques donne lieu aux mêmes observations que l'incantation18. Les considérations de nombre et celles de figuration littérale des choses sacrées ne sont point d’ailleurs étrangères l’une à l’autre. C’est ce que l’on voit par exemple dans l’stxo<7ayçap.[i.aTOv ïe'jo) -rge m eo rrt sma tu; son19. Les figures géométriques appartiennent plutôt au domaine de l’astrologie qu’à celui de la magie-0. On y observe le même détachement de la figure et du sens, le même passage de l’intelligible à l’absurde. La septuple répétition d’une même cérémonie, d’un même geste ou d’un même mot, paraît avoir pour ob et d’évoquer les influences planétaires au même titre que a prononciation des voyelles21. C’est ce que montrent clairement les rites d’initiation du livre de Moïse. On trouve appliquées par la magie les idées courantes sur la sainteté du nombre impair22 et du nombre trois23, du nombre quatrevingt-dix-neuf24, du nombre quatre25, etc.

Les rites sacrificiels tiennent une place importante dans les cérémonies magiques. Ils ont le même objet que la deuxième série d’incantations. La magie, comme la religion, se procure parle sacrifice la présence réelle des puissances surnaturelles, Sù ei olvo; oôx e; oîvo;, lit-on dans une incantation, qui ne nous parait pas d'ailleurs dictée par une influence chrétienne, àXX ’ f( xEtpaXà, tÿ,î ’AOrjvaç, aù Et olvo; oùx Et otvo;, àXXà’xx dTtXâyyva xoù ’O^st'cio;, va ff7tXiyyva toO ’làw26. L’objet spécial du sacrifice dans la magie paraît être le plus souvent de créer le pouvoir magique, ou tout au moins de le rafraîchir et de l’accroître. C’est ce que paraît prouver, entre autres, l’absence complète de toute indication de pratiques sacrificielles dans les recettes qui suivent le rituel de l’initiation du livre de Moïse, que l’initiation suffise une fois pour toutes, ou qu’il soit sous-entendu que des pratiques sacrificielles

— 14 Pap. Berol. II, 1, 3 ; Kopp, Palacogr. critica, I. III, p. 687 ; Ueuvens, Lettre 1, p. 23 ; Sei'cuus Samnionicus, p. 276; cf. Dielerich, Pap. mag. p. 769 ; litanie de la iiavTua Ivoovixr,, Pap. Paris. 3097 sqq. ; Wcsscly, Wiener Studien, t. VIII, 184 sqq.

— 13 De mtjst. VII, 4. — 1° Bcrlhclot, O. I. inlrod. p. 155. — 17 Pap. W. VI, 3; IX, 10; X, 41 ; Pap. Berol. I, 243-247 = Pap. Berol. II, *4-42. — 18 Cf. C. Schmidt, Gnostische Schriften in koptischer Spraclte, 1892, p. 447 sqq. — 19 Pap. Paris. 2634

— 20 Bouché-Leclcrcq, O. I. ch. VI. — 21 Pap. I, 21, 25,30 ; IV, 13; VIII, 6 ; IX, 20; Pap. CXXI, 678,703, 709, 751 ; Pap. Berol. I, 235; Euscb. Praep. cr.V, 14. — 22 Virg. Ecl. VIII, 70. — 23 Pap. Paris. 908, 2371, 2192 ; Kchr, O. I. p. 15. — 24 Wcsscly, Die Zalil neun and neunzig, in Mittlieil. aus der Samml. der Pap. erg. Rainer, 1, p. 13 sqq. — 25 Wcsscly, Gr. Zauberpapyrus, index. —20 Pap. L. CXXI, 710.

MAG

MAG

d'expiation et de consécration doivent précéder dans la pratique l'application desdites recettes. En tous cas, les rites sacrificiels sont assez communs dans la magie pour

donner leur nom à la série des rites 1 .Les xaOapaot paraissent

a\oir été de véritables sacrifices magiques [lustratio] 2.

Dans la gav-rsia Kp&vtxv] le texte indique de sacrifier (avant ou après l'apparition du dieu? nous l’ignorons) une victime en y joignant un cœur de chatte et du crottin de jument 3. Dans une cérémonie destinée à agir sur la Planète Aphrodite, on sacrifie une colombe blanche; le texte mentionne particulièrement le sang et la graisse de la victime \ Ailleurs, après la description d’une image il Hermès, le sacrifice d un coq, et l’on trouve dix lignes plus loin la mention d’un sacrifice semblable5. Pour le rajeunissement d’Aeson, Médée dresse deux autels, l’un a Hécate, 1 autre à Juventa; elle les décore déplantes,

1 1 1 use des fosses, puis immole un bélier noir en accom¬

pagnant ce sacrifice d une double libation de miel et de lait frais. Parmi les préparatifs d’un songe, il faut signaler, dans un passage du papyrus CXX1, Pà^Écoi;-? d’un lézard. Les chiens1’, les porcs', les animaux noirs en général, boucs, moutons, taureaux8, les oies9, les i oqs blancs10 sont sacrifiés dans les cérémonies magiques11. On y faisait des offrandes sacrificielles de farine12 et de gâteaux13, même de gâteaux au miel comme dans les cultes chthoniens14, des libations de vin15, vin de Mendès, vin égyptien, et des libations au miel, libations particulières aux cérémonies chthoniennes, funéraires et expiatoires (g.sXtxpaTov16), enfin des fumigations de parfums1'. Le sacrifice est quelquefois simplement voué par la prière ou l’incantation18.

La magie ne négligeait pas d’utiliser le caractère sacré donné par le sacrifice à tout ce qui en sortait. On prescrit comme amulette la dent d’un veau tepoOÜToç 19. Dans le rajeunissement d’Aeson tel que le raconte Ovide, le sacrifice et la préparation du philtre constituent deux

opérations distinctes. Mais dans les papyrus magiques, il n’en est généralement pas de même, et la fabrication des xoXXoûpta 20 se confond avec la cuisson des offrandes ou tout au moins s’y mêle. C’est ce qui explique l’étrange composition d un mélange semblable à 1 stti Oûux otvayxxsTtxôv décrit dans le papyrus de Paris21. Dans ces conditions, le sacrifice se mêle aux rites symboliques et à l'emploi des substances magiques. Les éléments du

sacrifice (substances qui entrent dans h philtre) sont symboliques, comme «lu

planète Vénus, mentionnée plus haut- dan* ment des poissons mentionné ni., * sacrificielle consiste à

nr.'wz:

doit compléter l’identification de la Biture » 1 a 1011 lui représente22. Quant aux sacrifices qui donner le change à des démons, comme celui „ T de Ovide ou au sacrifice, raconté par Julius Cani l ' «•*<*> dont Faustine

demander s’ils appartiennent au domaine de h J Se à celui de la religion. On trouve dans les livres a2m°" ques une longue et frappante allégorie qui a fait for Z parmi les auteurs de cette science; elle décrit ]■ formation des métaux dans l’opération sacrée en lerraK empruntés au rituel et à la théorie du sacrifice25 11 convient de mentionner ici les sacrifices humains! en particulier les sacrifices d’enfants (fie. 47g d 26 «t de fœtus arraches au ventre de la mère, reprochés souvent a la magie. Il serait imprudent de l’en disculper a Priori. Mais on peut dire que ces sacrifices sont un des thèmes habituels de la légende qui voile les cultes secrets, les religions vaincues et les hérésies27.

L’usage du sang dans la magie doit être probablement compté parmi les rites sacrificiels28.

Comme les cérémonies religieuses où l’homme entre en rapport intime avec les choses sacrées, la cérémonie magique comporte des rites que l’on peut appeler des rites de sortie 29, destinés à achever la cérémonie, à en limiter les effets et à permettre à l’opérateur de rentrer dans la vie pratique. Ils sont bien indiqués dans la huitième Églogue de Virgile30. Lorsque l’on ne porte pas les produits de l’opération dans un endroit déterminé ou si on ne les garde pas avec soi pour produire un effet durable, on les brûle, on les jette ou on les enterre, en tous cas on les élimine. La gavrefa Kpovix-q31 nous donne un exemple de l’emploi de la prière pour mettre fin à une cérémonie.

La cérémonie magique se compose donc, dans le monde hellénistique, des mêmes éléments que la cérémonie religieuse à tel point qu’elle est désignée par les mêmes termes (tsXstt;, sacri/icium, etc.) 32 De même, la magie chrétienne utilise la messe en l’adaptant33. Dans ce dernier cas, nous voyons nettement quelle différence

1 ’£* Ou£uv xu-ubùaopzi ou xscTaSijuonat, Theocr. 11, 3, 10; cf. 159.

— 2 Sckol. ad constitut. apostol. VH, G, xefixaSoiîjwy ■ ô 8,4 0u<n5y SoxSv xuXütiv vim u; r, âfJ.aPTtaç. — 3 Pap. Paris. 3095. — * Pap. Paris. 2891 ; Pap.

V. I, 91 ; VH, 2.-5 Pap. Paris. 2359-2369 ; ibid. 35, 2190 ; Pap. Berol. II, 25 ; Wünsch, Defix. tab. ait. XXIII. Voir encore Paris. 1390 s.jq. ; Porphyr. ap. Euseb. Praep. €V. V, 10, 1-2; Psellus, zsP \ Ivtoyttui Scunôvwv, 33; Id. —£ p, §Kipavuv, 43 ; I’bilostr. V. Apoll. V, 12. — G Deubner, De incub. p. 39 sqq. — 7 Ibid. p. 40.

— 8 Ibid. p. 41. — 9 Ibid. p. 42; Pap. V. VII, 2. — 10 Ibid. p. 46 sqq.

— n Voir encore Pap. V. I, 30; IX, 31 ; VII, 120; IV, 2 ; XI, 20; De Jong, O. I. p. 61 ; Hansen, O. I. p. 45 sqq. — 12 Theocr. II, 18, 33. — 13 Deubner, O. t. p. 43.

— u Paris. 754 sqq. — 13 Deubner, O. I. p. 45 ; Paris. 2369 sqq. — <6 Deubner, O l. p. 44. — 17 Deubner, O. I. p. 48. — 18 Wünsch, Defix. tab. att. XXIII, XXVII; Corp. inscr. lat. X, 8249, 15. — 19 Paris. 2899. — 20 Deubner, O. I. p. 47 ; Paris. 2899, 2681. — 21 2674 sqq. —22 Cat. cod. Med. 17. — 23 Ov. Fait. VI, 141 sqq. — 21 y. Marc. Antonin. 19. — 23 Berlhelot, O. I. t. I, p. 23; t. II, p. 117; ld. Oryi. de l'Alchim. p. 75, p. 181. —26 Hor. Ep. V, 1-10, 83-102; Pbiloslr. V. Apoll. VIII, 5 ; sur Simon leMage, voirnolc 15, p. 1502 ; Psellus, iteçî Ivsjy. Satjioy. éd. Boissonnadc, p. 8, u. 14; Mommsen Der Religionsfrevel, in Bist. Zeilschr.p. 391.

— 2* Chwolsohn, Die Ssabier and der Ssabismus , t. II, p. 142, Ueber Alenschenopfer in der spaeteren Zeit des Beidenthums, part. 147 sqq. ; cf. les sacrifices d enfanls, Grimrn, Deutsche Mythologie , I, p. 40; Jahn, Deutsche Opfergebràuche-, Lippcrl, Kulturgeschiehte, II, p. 34. — 28 Lucan. VI, 541; Ueber den Zauber mit Menschenblut und anderen Teilen des menschl. Korper , in Vcrhandlungen der Berliner Gesellschaft fur Anthropologie, XX, p. 130. — 29 H. Hubert et M. Mauss, O. I. p. 85 sqq.; 11. L. Slrack, Le sang et la fausse accusation du meurtre rituel,

trad. 1900. — 30 V. 102 : « Fer cineres, Amarylli, foras, rivoque fluenli caput jace, nec respexeris ». — 31 ’AtieXOe, Siazoxa, yôapou uponatî;? ,

eî; toùç ESiou; toîeou; Vva (tjvtï]Pïi8îî lïav. "Jlew; tj|*Tv, xûçie. 3 ^ .

p. 56. — 33 Ircn. I, 13, 2 ; Messe noire. — Bibliographie. Tylor, Pivnitr 1 ^

2' Z-dit. Londres, 1891, ch. iv; Jevons, An introduction to the liistory Londres, 1896, ch. iv ; Frazer, Golden Bough, 2» édit. Londres, Macnn^ J, t. I, ch. i ; t. III, ch. m ; Sidnev Harlland, The Legend of Perseus, 1

ch. x ; A. Hillebrandt, Ritual Literatur ; Vedische Opfer und Zauber, i»' » 1896 ; A. Lehmann, Aberglaube und Zauberei von den aeltesten '■ tlhin die Gegenwart, Stuttgart, 1898; T. Witloi) Davies, Magic, 1 ^ g|M)

dcmonology among the Hebrews and their neighbours, Londres, 10 .) ’. nncient Das altjüdische Zauberwesen, Strasbourg 1898 ; Winternitz, Witcbcn India, New-World, Sept. 1898 ; Skeat, Malay-Magie, Londres, 1900 ; . ^

Der Oklcultismus der Nordamerikanischen Indianer, Leipzig, |s ^ ^ gpcnccr The popular religions and Folklore of Northern Imlia, Londics, I ^ljcrcrornbj ■ et Gillen, The Native tribes of Central Australia, Londres, 18. yfest Afd' The Pre-and Protohistoric Finns, Londres, 1808 ; Mary-H. huv Mugit,

Can Studies, 2e édit. Londres, 1901 ; Fr. von Ifchvald, Zim " ^ 1843;. i

Ulm, 1901 ; J.-G.-Th. Graesse, Bibliotheca magica etpneumatica^ ^ ^

K. Kicsewettcr, Der Occultismus der Alterthums, Leipzig, 1 ’ Qu;chot y Sierra, roman remains in popular tradition, Londres, 1892 ; A ojani i ^ iraJiciost> Superticiones populares recojidos en Andalucia, in BiblioUc 1 ^ jn flcricM

populares espanolas, t. I, 1881; Jalin, Aberglaube des //ov" canltdi°n'^lS d. saechs. Gesellsch. d. Wissenschaften, 1855 ; O. Hirsch i i , «)jCrg, 1863 ; et devinctionibus amatoriis apud Graecos Rtmanosque,

MAG

MAG

lieux cérémonies : la messe magique esl en h 'messe religieuse retournée; le mécanisme P'1"™' Vie même, mais il agit en sens inverse. Cette desr,ll’*(" manque dans les études gréco-romaines. Les nfé chlîoniens, dont le rituel ressemble par tant de riUlel magique, appartiennent à la religion. coll's.‘ J, faut observer que la magie paraît employer I Ma‘s , plu9 de rites sympathiques ou autres, destinés "''"""•i'iliser l’action des forces surnaturelles. Dans la i Jj, effet, la direction de cette action, dès qu’elle * 'V'c en branle, semble être préalablement indiquée tcf constitution, la vie et les besoins de la société, r ni autre point de vue, nous devons remarquer que la 1 rie manque de représentations mythiques qui lui lient propres; son panthéon est un chaos ; elle en prend ]es éléments dans les religions, mais elle désorganise CPS éléments. Elle transforme les figures mythiques en forces, qu’elle traite comme les composantes d’un pouvoir cosmique indéfini. Son évolution semble donc être inverse de celle des religions. La magie et la religion l’attachent pas la même importance aux mêmes choses. Leur différence vient de celle de leurs fonctions dans la

vie sociale. IL Hubert.

MACIS ou MAGIDA (Mayîç).

C’est une variété des

plats creux comme lanx et discus1 (voir les figures de catintm et de cibaria). Pollux y voit un genre de table volante ou table mobile (alpôgevai Tp<x7;eî>i) 2, sans douLe parce qu’on apportait un repas tout servi sur ces grands plateaux qu’on posait et qu’on enlevait facilement, comme on le fait encore aujourd’hui en Orient.

| Le mot est pris aussi comme synonyme de mactra, récipient à pétrir la farine3. Suidas seul lui donne le sens de couteau de cuisine4 et Hésychius celui de gâteaux qu'on apportait à l’oracle de Trophonios3. E. Pottier.

MAGISTER. — Mot dont l’étymologie 1 même indique le sens général : il désigne toute personne qui a pouvoir, autorité sur d’autres, qui magis ceteris potest 2 ; c’est un litre qui est donné à des fonctionnaires publics et municipaux, à des chefs de bureau, à des présidents de collèges, etc. On peut grouper les acceptions du mot en plusieurs catégories :

1° Commandants militaires. — Dans celle classe rentrent le magister populi , nom donné au dictateur [dictator] 3 et le magister equitum qui fera l’objet d’un article spécial, comme aussi les magistri peditum et •equitum ou ministres de la guerre créés par Constantin et maintenus par ses successeurs.

fi faut citer à part des officiers d’ordre inférieur dont a menfi°n se trouve dans des textes épigraphiques de asse époque, le magister ballistarius 4, qui semble avoir 1111 'ns!ructeur d’artillerie, et un magister primas 8, genre de campidoctor d’un rang plus élevé que les autres. I - Fonctionnaires. — On donnait le titre de magister

lcbo, ' "™lionnm magicarum specimen, Programmdes Gymnasiums zu Haders- Incantanir °ssch > Ephesia Grammata, in Jahresb. fr. Jos. Gymn. 1880 ; Ilcim, T91- °''tteCa lati'la' in Jahrbilcher f. class. Phil. SB. XIX, 1893, Csenerai’oi Z ’e^ms ma9^cis Marcelli medici iu Schedae philologue Hermanno ‘'Wrrcs Z rJ"S sem'"ar‘‘ re!/ii Bonnensis oblatae , 1891, p. 120 sqq. ; Diclcrich, Kroll, /),. ' n “w IMi9i°nagcachichte des spaeternAlierthvms, Leipzig, 1891 :

M'ots ou VI ch&ldaleia, in Brcslauer Phitol. Abhandlungen, 1894.

XXXIII ru , I U est employé comme synonyme do lanx par Plin.

ft/ioj. un. |( ' 1 ,,ar 'ai'r- Ling. lat. V, 120 (édit. Nisard); cf. Lamprid. expli? " i ap.’ IHg' X11, C’ :i6- — 2 Po11- VI, 83; cf. X, 81, les 'Ex.-roda?

. R- < s a «■“•"iax», p. 1427, note 7. Voir aussi Phol. s. v. ; Etym. d, Hesycl,. ., v (,a(ccl1- Empir. A mcd. t; Poil. VI, 04; cf. VII, 22; X, 81;

•*"7tSi5. ISuid. s. v. — 5 llesycli. L. c. ; cf. Etym. riagn. s. v.

aux chefs de division qui dirigeaient, à Rome, les différentes branches de l’administration impériale : tels étaient le magister summurum rationnai [ratio.xai.eSj ", le magister rei summae privalae'1 nus privata , le magister a libellis 8 [libellis(a)], le magister a censibus 9 [gknsin (a)], le magister a st ad iis 10 [stediis(a r], le magister X X heredilatium 11 [vicesima jieheditati m . Il est à remarquer d’ailleurs que ce mot ne se rencontre que dans des textes épigraphiques de la fin du nc ou du iiic siècle. Antérieurement, il semble qu’on se servit seulement du mot procurator pour distinguer ces directeurs 12. Dans la suite, au contraire, le mot procurator disparut et le titre magister fut donné à tous les directeurs et chefs de bureau de l’administration romaine : magister census, epistularum , epistularum graecarum, libellorurn, / ineae vestis , memoriae , officiorum , privalae , scriniorum Nous renvoyons l’étude de leurs fonctions et de leurs prérogatives à celle de ces différentes administrations.

3° Magistrats municipaux. — Certaines communes qui, àl’époque impériale, n’étaient point organisées sous la forme de colonies ou de municipes, qui étaient rattachées, subordonnées à des villes importantes ou qui naissaient à l’existence sans pouvoir prétendre encore à une administration plus perfectionnée, possédaient des chefs propres désignés sous le titre de magistri, par exemple le pagus Augustus Félix Suburbanus près Pompéi‘\ le pagus Hcrculaneus près Capoue15 [pages], le viens de Narona 1G, celui de Nauportus [vices]17, les agglomérations de x-étérans et de marchands établis près des camps d’Apulum18 et de Troesmis19 [canaba], les groupes de cultivateurs fixés sur un grand domaine [saltus]20. C’est ce qui a déjà été ou sera expliqué à propos de chacun de ces termes spéciaux.

4° Présidents de collèges, de sociétés financières. — Les collèges religieux à Rome avaient à leur tête un personnage nommé magister. Il suffit de citer, comme exemple, les decemviri sacris faciexdis, les uarespices, les salii, les LUPERCi,les sacerdotes caeninenses et surtout les arvales dont l’organisation est mieux connue que celle de tous les autres. Partout le magister était un personnage annuel, dont le nom servait à dater tous les actes du collège, comme celui des consuls datait les actes du peuple romain21, et qui représentait ou dirigeait ses collègues dans toutes les manifestations religieuses de la corporation 22.

Chez les Arvales, c’est lui qui, dans le pronaos du temple de la Concorde, la tète voilée et tournée vers l’est, annonçait annuellement au peuple la date de la fête solennelle de la dea dia 23. Cette date arrivée, et pendant les trois jours que duraient les cérémonies, il jouait le rôle principal. Le premier jour, il recevait les Arvales dans sa maison au lever du soleil et présidait au premier sacrifice thure et vino , comme au repas qui le suivait 24 .

MAGISTER. * Il conlicut la racine maj , qui se retrouve dans magnas, magis, etc. 2 Fest. Epit. p. 126. — 3 Gic. De rep. I, 40, 63. — 4 Corp. inscr. lat. V, 6632 (texte de lecture non certaine). — ° Ibid. 8730. — 6 lbiil. X 111, 822. — 7 Ibid. g jl)j(h \’1, 1628. — 9 Ibid. — 10 Ibid. X, 4721 ; VI, 1628. — H Ibid. XIII, 1807.

— 12 La transition semble indiquée par l'inscription du beau-père de Gordien Timesilliéc (Corp. inscr. lat. XIII, 1807), lequel esl appelé procurator in Urbe, magister vices imac. — Cf. par exemple la Not. Dign. (Ed. Secck, indices, p. 304 cl 303).

— H Corp. inscr. lat. X, 81 4, 853, 1042, etc. — 1* Ibid. 3772. — ^ Ibid. 111

1 8^0. 1" Ibid. 3776, 3777. — Ibiii. 1008 ; magisirans primas in canabis

19 H)id. 6166. — 20 Ihid. VIII, 10570 ; Toulain, Inscription d' Henchir-Mettich

p 7 et 24. — 21 Corp. inscr. lat. VI, 2025, 2065 <i, etc. — 22 Cf. Marquardt, Le culte chez les Romains, II, p. 193 et suiv. — 23 Corp. inscr. lat. VI, 2068 a, 2074, 1086, 2099. - 24 Ibid. 2099, 2101, 2114.

MAG

MAG

Le lendemain, il entrai! seul dans le bois sacré pour le purifier par un sacrifice spécial ( porciliae peculiares), suivi d'un second (vacca honoraria), après quoi il examinait les ex ta el dressait un procès-verbal1. C’est seulement alors que les autres Arvales pénétraient dans le bois et procédaient sous sa conduite à d'autres cérémonies et, en particulier, à la fameuse danse sacrée. Le troisième jour, le magister ouvrait encore sa maison à ses collègues et présidait à leur festin comme l'avant- \eille-. En dehors de cette fête solennelle, chaque fois qu il y avait lieu à la réunion du collège, à la suite d accidents arrivés dans le bois sacré, ou pour la cooptation de nouveaux collègues, pour émettre des vœux en faveur de l’empereur, pour lui conférer un titre, pour consacrer un membre de la famille impériale, le magisfer convoquait les autres frères, dirigeait les délibérations du corps et assurait leur exécution 3. 11 en était de même pour tous les autres collèges religieux à Rome ou dans les provinces.

On donnait aussi le titre de magistcr à celui qui avait la direction des exercices religieux et le so*n des chapelles dans les différents quartiers ( uici ) de Rome et dans les bourgades rustiques suburbaines ( pagi ) i. Dans le Latium, d'ordinaire, chaque pagus ne possédait qu’un seul magister 3 présidant au culte, assisté parfois de sa femme, appelée pareillement magistra 6 ; mais on rencontre aussi plusieurs magistri pour le même pagus. De leur côté les vici choisissaient quatre magistri par virus pagus, vicus] '. De môme, dans les municipalités italiennes8, d’après la /ex coloniae Genetivae , les magistrats suprêmes devaient désigner tous les ans plusieurs magistri pour chaque fanum ou sacellum de la localité, gui suo quoque anno ludos circenses, sacrificiel, pulvinariague facienda curent 9. C’étaient des affranchis ou des gens de condition ingénue, auxquels étaient adjoints pour les besognes matérielles des esclaves, ministri ,0.

Dans les associations professionnelles ou funéraires, aussi bien à Rome qu’en province [collegium, sodauciuMj, le titre de magister désignait le chef reconnu delà corporation. Les exemples abondent dans les inscriptions pour les collèges de toute sorte, aeditui , centonarii , dendrophori , fabri, fullon.es, etc. 11 Élus par l'assemblée, parmi ceux des membres de la société qui avaient déjà géré des fonctions d’ordre inférieur 12, les magistri étaient désignés quelques mois d’avance ( magister designatus) 13 pour entrer en fonction au l111' janvier. Dans certaines compagnies ils restaient un an en charge u, dans d'autres ils demeuraient cinq années en fonction ( quinquennales ) 13 ; à leur sortie, ils pouvaient être nommés honoraires ( magistri perpetui ) ,6. Eux aussi avaient à s’occuper de tout ce qui intéressait la corporation : sacrifices aux fêtes religieuses 17, organisation des banquets l\ surveillance de la stricte observation des statuts *\ convocation 20 des assemblées, dont ils

1 Corp. iriser, lut. VI, 2099, 2104. —2 Ibid. 2099, 2104. — 3 Ibid. 2023, 2024, 2027, 2029, 2034, 2040, 2041, 2042, 2107. — 4 Li, . XXXIV, 7, 2 ; Suct. Ocl. 30 ; llio, LV, 8 ; C. i. I. \ 1, 443, 9i5, 1234, 22G9, etc. ; Asconius (éd. Kicssling, p. 0). — 5 C. i. I. 1, *01, 0*4, 809; Xl\, 2105; Bull, comun. 1887, p. 15(1 (commenté par Mommsen, Broil public romain, VI, 1, p. 128, note 4). — 0 Wilmanns, 1713. — 7 C. i. I. VI, 975 ; cf. 445 et suiv. — 8 Ibid. X, 4020, 3924; cf. p. 307 les remarques de M. Mommsen. - 9 Ux col. Genet. ch. CXXV1I1. — 10 C. i. I. X, p. 307.

O Cf. la liste des magistri de collèges dressée par M. Waltzing, Étude hist. sur les corporations professionnelles chez les Bomains, IV, p. 341 à 349. — 12 C. i. I. VI, 1000, 10300; XIV, 330, 374. — 13 Ibid. VI, 10319, 10333. — 11 Ibid. X, 744,

dirigeaient les discussions 21 et dont il f-,; . les décisions 22. Us avaient même parfois' T!? eXécutep voirs judiciaires et le droit d’infliger dPC ’ , lns Pru¬

des associés qui avaient violé le règleineiir"'1?4 CCUx collèges funéraires à eux revenait, naturellement ^ tout autre, le soin de veiller aux funérailles d J ' ' , Dl ils dirigeaient eux-mêmes les obsèques, du certains cas21, et assignaient, dans le monument" rf? cimetière commun, les places réservées aux r Z * chaque défunt « Ici les magü, H étaient donc ^1* d 1111 caractère civil autant que d’un caractère religion Les présidents des sociétés financières, qui on | existèrent surtout à l’époque républicaine ’ ne ’ daient, au contraire, que des fonctions administra^ C’etaient les directeurs généraux de l’affaire à Koine tld surveillaient les employés, tenaient la main à ce que* le! conditions imposées par le cahier des charges et consen lies par le manceps fussent fidèlement exécutées, faisaient la correspondance, gardaient le double des lettres reçues et envoyées, tenaient les livres et les comptes de la compagnie 27. A la tin de leur gestion, qui durait! généralement un an, ils transmettaient les pièces de comptabilité à leur successeur 28 [societas, publicanus, vectigaliaJ. Le nom du magister servait, là aussi, à dater les actes de la société r\

4° Emplois divers du mot. — Étant donnée la signification du mot magister , on comprend qu’il s’appliquât, dans les institutions privées ou la vie journalière, à tous ceux qui avaient la direction d’une entreprise ou d’un groupe. Par exemple, le capitaine d’un navire était dit magister navis, le maître d’école se nommait magister ludi litterarii , le président d’un banquet, magister convivii ou bibendi, etc. On trouvera les développements nécessaires aux différents articles, navis, ludus, etc. R.Cacm.

MAGISTER EQU1TUM. — Au-dessous du dictateur il existait, à l’époque républicaine, un magistrat d’ordre, inférieur auquel on donnait le nom de maître de la cavalerie. L’origine de cette fonction a prêté, même chez les anciens, à des discussions ; on admettait généralement, pourtant, que le magister militum était le descendant du tribunus celerum 1 et cette manière de voir est admise de nos jours par la plupart des savants, en particulier par M. Mommsen, qui explique ainsi la genèse de I institution 2 : « L’existence d’un pareil officier surprend, ditil, parce que ni l’ancienne organisation royale, ni 1 organisation consulaire primitive de l’armée ne paraissent présenter de commandant en chef de la totalité de la cavalerie. Cependant on peut apercevoir avec une certaine vraisemblance pourquoi précisément cest s< nie ment dans l’armée dictatoriale qu’un poste de-cc génie I pu se développer à titre indépendant. Dans la P u | ancienne organisation militaire il y a plusieurs onnSj doute trois) commandants de divisions de cav' tribuni celerum ; mais comme ils alternaient pi" 1,1 1 ment dans le commandement, on peut conM'l1 11

0038. — 15 Ibid. VI, 321, 990, 10299; cf. Waltzing, Op. cit. 1, P^’)1’’ ^ m; i. I. XIV, 2299. — 17 Ibid. V, 4489 , 5272 ; XI, 120 ; XIV, 2212. — ^ 2j 76. *1 J XIV, 2212. — 19 Ib. VI, 10298. — 20 Ib. XI, 2702, 5748 ; XIV, ^ ^ ^ y[) 970, 1354, 2702, 5748, 5750, 0335. — 22 Ib. XIV, 128, 100, 108- 10ag7.j

124; XII, 1911 ; XIV, 2112. - *“ '' ’, suiv.

- - • Op. cit. I. I'- 388

24 Ib. III, p. 9 magister de*

— 27 Cic. Pro Plane. 13, 32; ad Fam. XIII Ver rem, III, 71, 167. — 28 cic. Verr. II, 74, 182.

MAGISTER EQUITUM. l Dig. 1,2, 2, 15, 19; Lydus

— 2 Droit publie romain , III, p. 202 et suiv.

— 2G Cf. sur le magister des conges ; Waltzing, Up» cu • *’ 1 - \cc.i^

i 9 2 ; nrf AU. V, 1 ■’* ■' ' '

Page 1