Id. Somn
La matière dont la litière était faite chez les Grecs, sa forme, sa décoration, nous sont à peu près inconnues. D’après Suidas, certaines litières à l’usage des femmes auraient été formées d’osier tressé11. La litière dans laquelle Eumène malade se faisait porter à la tête de ses troupes était pourvue de rideaux (aûXafat), ce qui prouve qu’elle avait un toit, et comme ily passait la nuit, il faut la supposer assez grande etassezbien aménagée pour qu'il y pût dormir à l’aise12. Les litières d’apparat dans lesquelles les femmes de condition princière se rendaientau théâtre, ou qu’on envoyait au-devant des ambassadeurs revenant démission et qu’on voulait honorer d’une façon spéciale, étaient splendidement décorées ; les coussins y étaient de pourpre, les pieds incrustés d’argent, ou façonnés dans
l'argent massif13. Car la litière, comme le lit, avait quatre pieds qui, lorsqu’elle était posée à terre, maintenaient la couchette à une certaine hauteur au-dessus du sol. Dans les litières de luxe, ces pieds étaient d’or ou d’argent. La célèbre procession organisée à Daphné, près d’Antioche, paj’ Antiochos Épiphane, vers l’an 167 avant notre ère, montrait quatre vingts femmes dans des litières à pieds d’or ; cinquante autres suivaient, magnifiquement parées, dans des litières à pieds d’argent 14.
La peinture d'un vase trouvé dans la Russie méridionale (fig. 4375) représente une litière d’un genre assez particulier13. C’est un lit garni de coussins, sur lequel ont pris place deux personnages, un homme à demi couché, tenant un thyrse et un canthare, et une femme assise. Ce lit est placé sur le dos d’un mulet conduit par un satyre qui danse en soufflant dans une double flûte. Le sens de la représentation n’est pas douteux : il s’agit des noces d'Ariadne et de Dionysos 16 ; ce qui est plus embarrassant, c'est le nom qu’il convient de donner à cette litière portée par une bête de somme. Il n’est pas possible de l’assimiler à la basterna, sorte de chaise fermée, d'invention tardive, et que supportaient des brancards auxquels étaient attelés deux mulets, un devant, l’autre derrière. On a vu dans la peinture que nous reproduisons une image de l’àffxpàêT), sur laquelle nous avons peu de lumière 17 ; mais il semble que l’àffxpâSri ait plutôt été une espèce de selle18. La figure 4375 n’a, de toute façon, qu’un lointain rapport avec la litière ordinaire, dont le propre était d’ètre portée à bras d'hommes, et peut-être n’y faut-il voir qu'une simple
s. gallus, 10 ; Epist. sat. 28. — U Suid. s. v. çoçeTov. — *2 Plut. Eumen. 14. Cf. Suid. s v. — 13 Plut. Arat. 17 ; Posid. Apara. ap. Athon. V, p. 212 B-C. — 14 Athen.
V, p. 1 95 C. — 13 Stephani, Compte rendu p. 1863, pl. v, 3, p. 228. — 16 Voir abiadne et bacchos (p. 637). — l' Demosth. In Alid. 133, et le Schol. adpag. 558, 16 ; Machon ap. Athen. XIII, p. 582 B sqq. ; Hesycil. s. v. Sur la figure 4375 interprétée comme représentant l àinpàSri, voir Hermann-Blümner, Griech. Privatalterthümer, p. 481, n. 4. — 18 Paulv-Wissowa, Real-Encyclopaedie, s. v. Astrale. Cf. euuitatio, fig. 2716.
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fantaisie. Chez les Orées, en résumé, la litière ne fut jamais très répandue. Elle était surtout employée par les femmes ; â l’époque de Lucien, elles s’y faisaient suivre volontiers de philosophes ou de poètes à gages avec lesquels elles s’entretenaient en public, et dont la présence leur donnait une réputation de bel esprit1.
Rome. — Un des premiers emplois de la litière (lectica) chez les Romains, comme chez les Grecs, paraît avoir été d'aider au transport des blessés 2. Dans Rome, les infirmes, les vieillards, à la condition d’ètre d'un certain rang, sortaient en litière. S'il faut en croire Plutarque, c’est en litière (êv cpopeio»), à travers le Forum, qu’Appius Claudius, vieux et aveugle, se serait fait conduire au sénat pour combattre les propositions de paix de Pyrrhus 3. Nous voyons Tibère, souffrant, se rendre à la curie dans une litière couverte 4. Un certain nombre de textes nous montrent des généraux malades, dirigeant de leur litière une opération déterminée ou même toute une campagne : tels Hannibal au combat de Trasimène, Scipion sous les murs de Sagonte, Octave peu avant la bataille de Philippes; l'empereur Sévère en Bretagne, vers l’an 208 de notre ère 5. Longtemps, à Rome, les hommes semblent n’avoir usé de la litière que contraints par la nécessité. Pourtant, d’assez bonne heure, ils l’employèrent aussi pour leur commodité ou leur plaisir, particulièrement en voyage 6 et à la campagne 7. Cicéron était dans sa litière, allant de sa villa de Gaëte au rivage, où il comptait s’embarquer, quand il fut rejoint par les soldats d’Herennius 8. Mais c’étaient surtout les femmes qui se servaient de la litière. Les femmes de sénateurs allaient en litière couverte 9. Était-ce un privilège? Il semble dans tous les cas qu’elles l’aient bien vite partagé avec d’autres; c’est ce qui expliquerait la mesure de Jules César interdisant l’usage delà litière aux femmes qui n’avaient ni mari ni enfants, et qui étaient âgées de moins de quarante-cinq ans 10. D’ailleurs, le droit de se faire porter en litière, pendant longtemps, n'appartint pas à tout le monde. C’était une faveur que Claude accorda à certains de ses affranchis, avec la liberté de donner des jeux publics11, et que Domitien, qui voulait réformer les mœurs, retira aux femmes convaincues d’adultère12. Malgré cette réglementation, la litière paraît avoir été, sous l'Empire, d’un usage à peu près général. Les femmes de mœurs légères l'employaient comme les matrones 13 ; d’après Quintilien, on en abusait pour les enfants, qui s’y amollissaient14; les jeunes gens eux-mêmes en usaient sans vergogne15; les riches, les personnages importants, trouvaient agréable de s'y étendre pour se faire conduire à leurs affaires, accompagnés de leursclients qui, parfois, leur servaient de coureurs [anteambulones] et les précédaient pour écarter la foule devant eux16.
Aussi y avait-il à Rome toute une population d’esclaves
l Lucian. De merced. cond. 36. — 2 Plut. Public. 16. — 3 [a. Pyrrh. 18. Cf. C. Marc. 21. — IDio Cass. LV11, 17, 6. Cf. Suet. Tib. 30. Voir encore, pour l'usage que les malades faisaient de la litière, Liv. II, 36 ; Dio Cass. L VII, 15, 4 ; Tac. Ann. II, 29; Suet. Cal. 27. — 5 Corn. Nep. Hann. 4; Lir. XXIV, 42; Suet. Aug. 91 ; Dio Cass. LXXVI, 13. Cf. Val. Mai. 11, 8, 2, etc. — 6 Gell. X, 3; Cic. De div. Il, 36; In Verrem. V, 11; Phil. II, 41; Sulp. ap. Cic. Epist. ad fam. IV, 12. — 7 Cic. Epist. ad fam. VII, 1,5. — 8 Aufid. Bass. ap. Sen. Suas. VII, 17 ; Plut. Cic. 48; Appian. De bell. civ. IV, 19-20. — 9 Dio Cass. LVII, 15, 4. — 10 Euseb. (Hieron.) Chron., p. 137, A. Schoene, Berlin, 1875; cf. Suet. C. J. Caes. 43. — U Suet. Claud. 28. — 12 Id. Domit. 8. — 13 Ov. Ars amat. I, 487-488 ; Demed. amor. 663. — H Quint. I, 2, 7. — 15 Sen. Cons. ad Marc. 16, 1. — 16 Id. Ep. 80, 8; Juv. III, 239 sqq. ; Mart. Il, 46, 4; Id. H, 18, 5; 111, 7, 2; X, 74, 3. — 17 Sen. Ep. 110, 16. — 18 Mart. VI, 77, 4; IX, 3, 11; Juv. VI, 351; IX, 142 sqq. ; Id. VII, 132; Corp. inscr. lai . VI, 6302, 6307, 6313. On trouve aussi, parmi les lecticarii, des Bithvniens (Catull. X, 15-16), des Liburniens (Juv. III, 240; VI, 477), des Celles,
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( lecticarii ) particulièrement habiles à porter la litière C’étaient des hommes robustes 17, généralement Cappa. dociens, Syriens, Mésiens, Thraces, etc.18; ils faisaient le métier de porteur aussi bien en dehors de la ville qUe dans la ville elle-même 19. Tout Romain aisé en possédait un certain nombre; avec les cuisiniers, les boulangers ils étaient au dernier rang de la domesticité20; leurs services n’en étaient pas moins appréciés, et l'on jugeait de la fortune des gens aux lecticarii qu’ils pouvaient mettre en ligne21. Dans une même famille, chaque membre avait les siens, spécialement attachés à sa personne 22, mais audessus de tous étaient souvent placés des chefs qu’on désignait de différente manière : parmi les inscriptions funéraires de Rome, il en est qui mentionnent des supra lecticarios23 ; ailleurs, on voit nommé un praepositus fectika(riorum)n. Peut-être ce dernier titre fait-il allusion à quelque association ; nous savons, en effet, que les porteurs de litière formaient des collèges [couegii’m] ayant leur decurio, leurs scribes25. Les empereurs avaient de nombreux lecticarii ; quelques-uns de ceux qui faisaient partie de la farnilia. Augusta nous sont connus par les inscriptions20. Vers la fin de l’Empire, on trouve aussi des lecticarii indépendants, qui habitaient, dans la douzième région, les castra lecticariorum ; ils étaient surtout au service des magistrats 27. Il y avait également, il Rome, des litières de louage, ou du moins des chaises ( sellae ) à l’usage du public '28. Les lecticarii portaient une sorte de livrée qui les rendait aisément reconnaissables et dont la pièce principale était un manteau rouge ou brun, à capuchon ( paenula ), en laine de Canusium29.
Six à huit hommes étaient nécessaires pour manœuvrer les lourdes litières romaines30. Dans certaines litières, on tenait deux : telle était celle où Néron, au début de son règne, prenait quelquefois place auprès d’Agrippine11. Mais ces litières monumentales ne paraissent dater que de l’Empire : lorsque Cicéron, au moment des proscriptions, s’enfuit de Tusculum avec son frère Quintus, nous le voyons monter dans une litière; Quintus monte dans une autre et, pour pouvoir se parler, ils font cheminer les deux litières de front32.
Il est question dans certains textes de litières couvertes, (popstcv ou uxtpTTÔStov xotTaiTTEyov, operta lectica On s’est demandé ce qu’il faut entendre par ces expressions. D’après une opinion qui paraît vraisemblable, toutes les litières, à Rome, étaient couvertes et garnies de rideaux; quand ces rideaux étaient fermés, la litière était dite operta3'*. C’est dans des lecticae opertae qu’étaient transportés les malades et les morts. Car la litière était aussi employée pour les obsèques [funus, p. 1390] ; nous avons sur ce point des témoignages précis, dont un nous reporte au temps de C.Gracchus33. Dans ce cas, elle était entière-
(Clem. Alex. Paed. III, 27), des Allemands (Tcrtull. Ad.uxor. 1, 4). — 19 Sen. Ep-
— 20 Cic. Pro Dose. Amer. 46. — 21 Catull. X, 15-16 ; Sen. De const. sap. XI'. 1
— 22 Dig . XXXII, 49. — 23 Corp. inscr. lat. VI, 5198, 6301. — 24 Ibid. VI, 88,4,
— 25 Ibid. VI, 6218, 8875. — 26 Ibid. VI, 8872-8875. Voir Caligula défendu par ses lie tiefirii (Suet. Cal. 58). Cf. les allusions aux litières de Vespasien, de Galba, d 0U|(I11' contenues dans Suet. Tit.' 10; Plut. Galb. 25-27. En dehors des inscriptions déjà citées, qui donnent des noms de lecticarii, voir Corp. inscr. lat. VI, 4447, 5865, G'1"3’ 6306,6308-6312,7292, 7608, 7989, 8876, 9462 a I, I, 9 5 0 4-95 1 4.- 27 Preller. <te' gionen, p. 218. — 28 Juv. VI, 353. — 29 Sen. De ben. III, 28, 4; Mart. IX, 23,f-e| XIX, 129. — - 30 Mart. VI, 77, 4 (six porteurs); Cic. In Verr. V, 11; Epi-d- Quint . II, 10 ; Mart. II, 81, 1 ; IX, 3, U (huit porteurs). — 31 Dio Cass. LX1-
— 32 Plut. Cic. 47. — 33 Dio Cass. XLVII, 10; LVH,fc15, 4 et 17, 6; LXXVI, |i; Cic. De div. II, 36; Phil. II, 41. — 34 Castellani, Bull, delta comm. archeol . mun. di Borna, 1881, p. 217. — 35 Gell. X, 3. Cf. Cic. Phil. II, 41 ; Sulp. “P- Epist. ad fam. IV, 12; Corn. Nep. Att. 22; Tac. Hist. III, 67: Dio Cass. M'1’
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ment close. Pour les enterrements populaires, on se servait d’un coffre portatif ( sandapila ), complètement dépourvu d’ornements [funus, p. 1 390]. C’est dans un coffre de ce genre que le corps de Domitien fut emporté pour être inhumé clandestinement le long de la voie Latine '. La sandapila n’exigeait que quatre porteurs2.
Nous pouvons nous faire une idée de la forme des litières en usage sous l’Empire grâce à différents débris trouvés surl’Esquilinen 1874et àl’aide desquels Aug. Castellani a reconstitué une litière complète (.fi g. 4370),
actuellement exposée au Musée du Capitole3. Cette litière comprend : 1° un lit a quatre pieds composé d’une couchette (torus) ,f, sur laquelle on étendait un matelas (culcita , pulvinus) ", et d une sorte d’accotoir qu’on garnissait d un coussin [cervical] pour pouvoir s’y accouder ou même y poser la tète; 2° un ciel ou toit fait en peau0 et surmonté d’une tringle horizontale d’où tombaient des rideaux (vêla, plagulae) \ Quatre colonnettes soutiennent ce toit; celles de devant se terminent par d’élégants hermès en bronze. Des anneaux lixés de chaque côté du lit retenaient les brancards (asseres) 8 qui servaient à porter la litière [asser] ; on aperçoit encore, à l’extrémile d un de ces brancards, une boucle métallique dans aquelle passait peut-être une courroie destinée à soulager e temps en temps l’épaule ou les bras du porteur. Dans es anciennes litières, les asseres, semble-t-il, étaient fixés pai ( es iens ( struppi ) au lieu d’anneaux9.
a décoration des litières était souvent très riche. Celle ue nous ^produisons avait un revêtement de bronze pinemc ni c iselé, avec incrustations d’argent. La figure 4377 etrm-SeUl(\ 11 ne statuette d’argent trouvée à Rome iLe '•°1 nai*’ d aPrès Visconti, le brancard d’une litière10. fusspnfX fIU °n attaclîait ;l ces ornements, quels qu’ils dédicac.*1 7 1 <lt l| ,attesté par une inscription d’Algérie, une n auteur a consacré à Bellone lecticamcum
suis ornamentisli . A l’intérieur, même luxe : en général, les coussins étaient rembourrés avec de la plume; ceux de la litière de Verrès, de cette litière qu’il s’était fait construire sur le modèle de celle des rois de Bithynie, étaient d’une étoffe légère et transparente et tout remplis de roses de Malte ; c’est là que, nonchalamment étendu, une couronne de roses sur la tète, un collier de roses autour du cou, Verrès voyageait à travers la Sicile en porLant sans cesse à ses narines une résille pleine de roses qu’il tenait à la main 12.
Les litières à rideaux, quand les rideaux, en étaient fermés, ne laissaient rien voir des choses du dehors, pas plus qu’elles ne livraient passage aux regards indiscrets13. Or, si c’était là, dans certains cas, un avantage, si Marcellus, au dire de Cicéron, quand il voulait aller quelque part, s’enfermait soigneusement dans sa litière afin de n’être détourné de son but par aucun présage u, cette claustration, rendue nécessaire par les rigueurs de l’atmosphère, avait ses inconvénients. On imagina, pour y remédier, de mettre aux litières des vitres à l’aide de cette pierre facile à tailler en lames transparentes, que les Romains appelaient lapis specularis 15 |vitrum]. Il fut possible ainsi de voir autour de soi, sans souffrir du vent; mais un pareil aménagement ne pouvait se concilier avec des rideaux : il est probable qu’aux rideaux succédèrent des parois solides, dans lesquelles on pratiqua des fenêtres qui s’ouvraient ou se fermaient à volonté16. La litière, ainsi perfectionnée, offrait un refuge où il était facile de s’isoler et où, effectivement, on lisait, on écrivait, on dormait à l’aise17.
Il ne faut pas confondre avec la lectica la sella gestato ria, qui s’en rapprochait beaucoup, mais dans laquelle on é La i L assis, au lieu d’être, comme dans la lectica, couché ou à demi couché. La différence, d’ailleurs, apparaît nettement dans quelques textes où les deux mots sont rapprochés, ce qui prouve bien qu’ils désignaient deux choses distinctes18. Une petite terre cuite de Pompéi (fig. 4378) nous montre la sella sous sa forme probablement la plus ordinaire 19. On y voit deux esclaves portant à l’aide de brancards une sorte de caisse qui ressemble à une maison, et dans laquelle se trouve un personnage dont on ne saurait déterminer le sexe ni l’âge. Les deux porteurs tiennent les brancards avec la main, au lieu de les avoir posés sur les épaules ; le second a recours, pour alléger son fardeau, à une espèce de bretelle qui lui passe sur l’épaule droite20. Un autre groupe presque identique et provenant également de Pompéi, est conservé, comme celui-ci, au Musée de Naples21. Nous voyons par ce spécimen que la sella gestatoria, ou chaise à porteurs, était couverte, comme la litière; mais les ouvertures latérales
Fig. 4377. — Ornement de brancard.
Snct. Domit .17 o, ,,
Lucain (Phars. VIII iT- 81 ’ '' 1X’ 3’ 12’ Ccst la san<iapi
encore Hn»i ’ é ' ts'Sne par les mois vilem plebeii funeris L°c- cit. p, 214 s™’ nfm- ’’ 8’ 9- - 2 Mari. VIII, 73, 0. 3 Cas S<m- Co)is. „d ~ 4 0v‘ Ars amaL h 487- - 5Suet- Vifé
TiL 10-- BsÜeî r ,’ '• " 6 Mart. XI, ^98, 11. 7 RI. lbid. . ~ 9 Oeil. X, 3. -’dor 58 ! JUV' 245 ! V1h l3U Mart. IX,
Société des Antio l9contl’ Opéré varie, I, pl. xvm, 16. — n Bull. ~~ 13 Voir sur cenoinl ,a“CL< 1398, p. 205. — 12 Cic. In Verrem, y Un cxlc caractéristique dans Suet. Tib. G4 : « Nui
nepoles nunf|uam aliter post damnationem, quam catenalos, obsulaquo lectica, loco movit, prohibais per militem obviis ac viatoribus respicere usquam, vel consistere. » — U Cic. De div. Il, 36. — 13 JUv. IV, 21. — 16 [d. III, 242. — n Id. III, 239 sqq. Cf. Plin. hpist. \ , 5,5, mais 1 objet dont il est question dans ce passage est une sorte de chaise longue (lectuhts) plutôt qu'une litière; Voir i.ectcs. — 18 Suet. Claud. 25 ; « Viatores ne per Ilaliae oppida nisi autpedibus aut sella aut lectica transirent, monuit edicto. » Cf. Domit. 2; Mart. XI, 98, II sqq. —19 Niccolini, Le case ed i monumenti di Pompéi, fasc. VIII, pi. iy, 2. — '20 Cf. Mart. II, 57, 6. — 21 H. von Rohden, Terracotten von Pompeii, p. 50, col. I, pl. xxxvui, 1.
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en pouvaient être fermées par des rideaux ( lintea ) '. Dans certains cas, elle se composait, à ce qu’il semble, d’un simple siège flanqué de brancards 1 2. Il y avait à Rome des chaises de louage dans lesquelles on s’installait pour assister commodément aux spectacles du cirque 3. Deux
esclaves généralement suffisaient pour porter la sel/a, moins lourde que la litière; parfois, cependant, il en fallait jusqu’il six 4. La sella gestatoria (Stcppoç, oscppoç xaTàcreyoî ) 5 était , comme la litière, très en faveur sous l’Empire.
Les riches sortaient dans Rome en sella, traînant derrière eux leurs clients dans la boue des rues 6. Néron se faisait quelquefois porter en sella au théâtre, et, de la partie supérieure du proscenium, il contemplait et dirigeait les mouvements des pantomimes 7. Nous voyons Agrippine, instruite du parricide que médite son fils, se rendre à Baïes en chaise à porteurs, afin d’éviter la mer, qu’elle redoute 8. C’est dans une chaise que Vitellius, traqué de toute part, s’échappe du Palatin et gagne, sur l’Aventin, la maison de sa femme9.
Il va sans dire que la sella elle-même ne doit pas être confondue avec le siège pliant que des serviteurs portaient derrière les personnes riches ou considérables, pour leur permettre de s’asseoir en tout lieu. Ce siège n’est autre chose que l’ôxXaSia; des Grecs10. Les Romains lui donnaient le nom de sella11, et le code Théodosien enréglait 1 usage12; mais il n’avait, en réalité, rien de commun ni avec la sella gestatoria ni avec la litière. P. Girard.
LECTISTERIVIUM. — Cérémonie propitiatoire, de rite grec, pratiquée à Rome, par ordre et sous la surveillance des interprètes des livres sibyllins [duumviri s. f.], cérémonie consistant en repas servis à une ou plusieurs divinités d’origine exotique, matériellement représentées par des images ou symboles qui figuraient au banquet sur des lits de parade garnie de coussins (lecti pulvinaria ). La même cérémonie, avec substitution de sièges (. sellae ) aux lits, s’appelle sellisternium.
Cette définition, que nous serons amenés à élargir pour tenir compte de certaines modifications apportées à la pratique, suppose résolues bien des questions litigieuses qu’il convient d’examiner de plus près.
1 Mart. II, 57, 6; cl. XI, 98, 12. — 2 Brizio, Giornale degli scavi di Pompei, IV. S. I, p. 187 sqq., pi. vi. Voir p. 191 : « Finalmente ciiiude la processione lin ultinio gruppo di due giovani, portant! una -/7:vr abbellita di lîori, nel cui rieco sedile mirasi una corona ». — 3 Juv. IX, 142 sqq. Le fait que les porteurs sont ici au nombre de deux seulement paraît indiquer qu'il s'agit d'une sella plutôt que d’une litière. Cf. sur la location des sellae, Juv. VI, 353. — 4 La nuda pciene cathedra dont parle Juvénal (I, 04) paraît bien être une sella gestatoria, et non une litière. S'il en est ainsi, la sella , comme la litière, pouvait être portée sur les épaules ( cervice ). Cf. Juv. IX, 143. — s Dio Cass. XLVII, 23 ; LVI, 43 ; LX, 2. — G Mart. II, 3G, 4.
— 7 Suet. Ner. 26. — « Tac. Ann. XIV, 4.-9 Suct. Vi '.tell. 16; Tac. Hist. 83.
— 10 Aristoph. Eq. 1384; Paus. I, 27, 1 ; Lucian. Lexiph. 6 ; Atlien. XII, p. 512 C.
il Juv. \ il, 142. 12 Cod. Theod. lib. XV, Lit. XIII : De usu sellarum. — Bibi.io-
uraphie. Ginzrot, Die Wagenund Fahrwerke der Griechen und Rômer , II, p. 254 sqq.
LECTISTERMDM. 1 Hom. Iliad. IV, 48-49. — 2 Hesiod. Theog. 535-557.
3 Sur la casuistique raffinée qui est sortie de I idée première du sacrifice, voir,
au point de vue général et international, H. Hubert et M. Mauss, Essai sur la
nature et la fonction du sacrifice (Extr. de l 'Année sociologique), Paris, 1899;
au point de vue des Grecs, P. Stengel, Quaest. sacrificales, Gymn. — Progr. Berlin,
L’idée de se concilier la faveur des dieux ou de détourner leur colère en leur offrant des aliments est au fond de tous les cultes primitifs. Elle est la première et principale raison d’être du sacrifice. Celui-ci représente un festin où les dieux, invités par leurs fidèles, communient le plus souvent avec eux en leur abandonnant une part des mets sacrés. Le Zeus d’Homère s’applaudit de ce que son autel n’â jamais manqué « de mets équitablement partagés, de libations et de graisse1 », et le Zeus d’Hésiode se repent, au contraire, d’avoir laissé aux hommes la part la plus succulente des victimes2. L’un et l’autre se souviennent de ce que les théologiens allaient oublier de plus en plus, à Rome notamment, en distinguant diverses espèces de sacrifices, non seulement au point de vue du but, mais au point de vue de la chose offerte; en prétendant, par exemple, que, de certaines victimes, les dieux ne prenaient que la vie ( hostiae animales), et que certaines autres n’étaient que des instruments de divination ( hostiae consultât oriae) 3 .
Mais, tout en s’oblitérant peu à peu, l’idée première s’est maintenue quand même. Ceux qui ne reconnaissaient plus dans l’autel la cuisine des dieux ne pouvaient se méprendre sur la destination originelle des tables sacrées qui faisaient partie du mobilier des temples grecs et romains. C’est sur ces tables que l’on déposait les oblations non sanglantes, que l’on versait les libations, et il est dit expressément que ces tables étaient assimilées ou substituées à l’autel4. Il n’y avait qu’à disposer à l’entour des sièges ou des lits à l’intention des convives divins pour installer ce que les Romains ont appelé des sello sternia et des lectisternia.
La première question à débattre, en ce qui concerne les lectisternes, est celle des origines. Elle a été provisoirement tranchée plus haut dans la définition qui adjuge les lectisternes au rite grec, mais il faut passer en revue les arguments contraires. Preller est persuadé que « la présence des dieux réalisée au moyen de pulvinaria portant leurs attributs, et même la coutume d’alimenter les dieux, est certainement paléo-italique 3 ». Ihne affirme plus nettement encore que les lectisternes sont « dépuré origine italique », qu’ils s’adressaient jadis exclusivement aux « divinités paléo-italiques », et même que les prétendus livres sibyllins d’après lesquels on les ordonnait étaient en majeure partie de vieux grimoires italiques6. Marquardt, exagérant en sens inverse, triomphe trop aisément d’objections qu’il réfute d’une façon insuffisante '•
Personne ne nie que le sacrifice alimentaire, coutume universelle, ait trouvé place dans les rites italiques ou romains. Il est resté de oet usage des traces très visibles
1879 ; des Romains, E. Lübbert, Commentât . pontificales (p. 79-132), Berlin, IS‘10 ; A. Bouché-Leelercq, Les Pontifes de l’ancienne Rome (p. 93-113), Paris, 1871.
— 4 Pour les Grecs, voir les textes réunis par H. Klausen, Aeneas, p. 634-635; K. Bœtticbcr, Die Tektonik der Hellenen, 112 [1881], §§ 31, 1 ; 59, 9-12. A Home, mensae anclabres, assidelae (Fest. s. vr.), curiales (Fest.) avec SeTuviz npox«Vs,“ Oeoï; (Dion. II, 23; cf. II, 50), paniceae (Serv. Aen. III, 257), augusta mensa dan* le T. de Juno Populonia (Macr. Sat. III, 11, 6). En général, mensae in aedibu s sacris ararum vicem obtinent, quia legibus earum omnium simul mensae dedicantur, ut vel in ararum, vel pulvinaris loco sint (Fest. p. 157, s. v.), assertion conûrmée par Plut. Q. Rom. 64 ; Macr. Sat. III, 11, 5-8 (ci-après, p. 1012, 12) ; Serv. Aen. VIII, 279; XI, 19. — 5 L. Preller, Rôm. Mgthol. 13, p. 150. — 6 W. Ih"e> Rom. Gesch. 12, pp. 69, 3; 364-365. Il cite les sortes Albuneae, ceux de Paieries, les carmina Marciana,\es libri fatales étrusques (d'après T. Live, XXII, 9, qui 11 J songeait certainement pas), et, «omnie vieilles divinités italiques, Juventas et Saturne (lectisternes de 218, voir ci-après). On n'a aucune preuve que ces prophéties aient été confondues avec les livres sibyllins, et que Juventas ou Saturne aient jamais été honorés d'un lectisterne avant l’époque de la seconde guerre punique-
— 7 J. Marquardt, Staatsvenvalt. 111, 45 sqq.
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dans un culte rustique, que l’on peut considérer ù la fois comme très ancien et indigène, celui de Jupiter Dapalis, dont le rite nous a été conservé par Caton1, dans le rite delà confarreatio, qui comportait l’offrande d’un gâteau d’épeautre à Jupiter Farreus 2 : et, au surplus, répétons-le, il n’y a pas de sacrifice ou d’offrande comestible qui ne suggère cette interprétation. L’argument, trop général, ne peut servir de preuve dans un cas particulier et pour des rites très spéciaux. Il ne suffit pas à ébranler l’autorité d’un texte qui domine tout le débat, le texte de Tite Live affirmant que la cérémonie, du lectisterne fut célébrée « pour la première fois dans la ville de Rome » en 399 avant notre ère3. Ce qui complique la question, c’est que l'on rencontre, dans des usages supposés archaïques et indigènes, les éléments ou même la combinaison des éléments qui forment le rite des lectisternes.
A Rome, la superstition populaire (je dis populaire et non officielle, quoique enregistrée par les Pontifes [indigitamenta]) voulait que les accouchées eussent besoin d’être protégées contre les assauts du lubrique Silvanus par Picumnus et Pilumnus, et Yarron assure qu’on dressait dans la maison un lit pour ces gardiens L Comme on les invitait à veiller, et non à dormir, ce lit devait être un lit de table. Que l’on suppose les symboles de ces numina , le pic ou hache et le pilon, posés sur le
lit, on a un lectisterne privé, qui aurait pu servir de modèleaux lectisternes officiels.
En tout cas, c’est bien un lectisterne qu’installaient dans leur atrium les familles riches, à pareille occasion, en l’honneur du couple J unon-IIercule; car on trouve réunis, pour ces hôtes de circonstance, le lit et la table s.
Seulement, au rebours de l'étiquette mondaine, le dieu est supposé assis et la déesse couchée. On avait tenu compte du rite, soi-disant vieux-romain, qui défendait de disposer en forme de lectisterne les ripailles offertes, sous le nom de dime ( decuma ), à l’IIercule misogyne de 1 Ara Maxima c, l’Hercule « assis » à la table d’Évandre (tig. 4379) 7, un usage que nous retiendrons comme origine des sellisternia à la mode romaine.
Enfin, on rencontre dans le culte romain, réglé par les Pontifes, une cérémonie que nous aurons grand peine à distinguer des lectisternes, Yepulum Jovis in Capitolio [bpulum], qui passait pour avoir été institué par Numa 8, ou lors de l’expulsion des rois 9, ou inscrit au rituel dès l’origine du culte de Jupiter Capitolin, sous les Tarquins, en tout cas avant le lectisterne de 399 av. J.-C. Ajoutons, pour clore cette enquête sur les usages romains analogues ou identiques aux lectisternes, les ludi Terentini , que, dès l’époque royale, un certain Valesius était censé avoir célébrés « par des jeux et lectisternes durant trois nuits consécutives », rite repris, toujours avec « lectisterne et jeux », par le consul P. Valerius Publicola 10 .
Si les usages susmentionnés appartiennent bien au culte romain, public et privé, et s'ils en faisaient partie de temps immémorial, avant tout emprunt fait au culte hellénique, la question est tranchée en faveur des tenants de l’origine italique. Il ne suffirait pas, pour échapper à cette conclusion, de dire que le culte de Numa ne connaissait pas les images11, car cette assertion n est peutêtre pas plus exacte que la prétendue abstention de sacrifices sanglants en cet âge d’or; et d’ailleurs les symboles ou fétiches, dont les Romains étaient abondamment pourvus 12, suffisaient à représenter les convives divins aux lectisternes. Il faut essayer de contrôler l’origine des pratiques données comme romaines, en gardant le droit de ne pas considérer même un Varron comme infaillible.
A quelle époque remontait l’usage de dresser un lit à Picumnus et Pilumnus? Nous n’en savons rien. Le lit était-il bien pour ces divinités, et non pas le lectus genialis qu’ils avaient à garder ? Varron l'a décidé ainsi, mais l’explication qu’il n’a pas acceptée est au moins aussi plausible. Quant au lectisterne des familles riches, si le scoliaste inconnu qui est seul à en parler n’a pas commis de méprise, on peut, on doit même y reconnaître un rite fortement teinté d'hellénisme et de date récente. On dirait une mode pédantesque, suggérée par quelque bel esprit, tant il y a de science dans cette combinaison del 'accubatio pour Junon et de la sessio pour Hercule, qui fait part égale'entre le rite grec, connu par les lectisternes officiels, et celui de Y Ara Maxima , supposé indigène 13.
L 'epulum Jovis mérite qu’on s’y arrête davantage. On y rencontre aussi une combinaison non moins savante, mais autrement comprise, du lectisterne et du sellisterne. Le lit était pour Jupiter, les sièges pour les déesses,
Fig. 4379.
Cal. Agricult. 50; 131-132, Dapes, epulae deorum propriae (Serv. Aen. Vil 17a). — 2 Gaius, 1, 112; Ulpian. fr. IX, 1. Cf. Serv. Georg. I, 31. — 3 Liv. V, 1!
oit ci-après, p. 1008 b. — 4 Diis conjugalibus Pilumno et Picumno in aedibus ledit s ernebalm (\arr, ap. Non. p. 528). [Varro ait] eis pro puerpera lectum in atri s ei ni (Intel p. Serv. Aen. X, 76). Cf. Yarr. ap. Augustin. Civ. Dei, VI, 9. — i> Nobilibu £ / TT' •” n^r‘° d°n‘usJunoni lectus, Herculi mensa ponebatur (Tulcrp. Sert • ’ 1 10x10 soulève bien des difficultés. On sait qu’Hercule et Junon formaier
do J ' oniuSal ( hercules, junones], et l’on est tenté de croire que le lit ou pulvina ' 'C1 un genialis, comme lo pulvinar géniale de Thétis (Catull. r.xn 318 ' coul'lc u est point au lit. D'autre part, la table, à laquelle Hcrcuh ja 'S lo°i isternes (voir ci-après), est censé assis, Tertullien (De anima, 3!
(i , , , 1 ' P0l,r Junon : per totam hebdomadem, Jimoni mensa proponitu)
Sal. iT; r 9’ 09 ; Pk,t' Q‘ n°m' 60 * GoU- X1> 6> - ; Terl. Apol. 14, 39 ; MaCi 269) ôiii’.i" U CU'^° uu PerPotuae epulationis sacrum (Serv. Aen. VII lieu in T111,,!131 'e />US PerI‘duus (Serv. Aen. VIII, 183). Les banquets avtlici lucosa^Zo J TT-Sat- 111 U’ 8lTl« Poil- Triginta tyranni, 14, 5), i la table (Macr "t SaCra (Macl-‘ Sat‘ III, 11,7) : libation versée au dicU st Uram Mn+im,» UC,' C,lt’ ^erv‘ VIII, 278-2Ï9). Cornélius liai bus... ait apu Aen. VIH \ 7 6!” °^rvatum ne lectisternium fitit (Macr. Sat. III, G, 16; cf.- Ser Cohen » MédaiUon d'Antouin le Pieu* (Eckbel, D. Num. VII, p. 3C
De orat. \[\ 19. ^5 ; Frühner, Méd. de l’emp . rom. p. 58. — 8 Ci,
orn de A'urna concernant les banquets ad pulvinar ,
lit Verr. p. 143. Le culte des Arvales, restiti
^ XXXII, § 20,.:‘a9lo;6c7n.
au temps d’Auguste, mais tenu pour archaïque, comportait aussi des epnlae, avec une part de vin et d’encens servie sur l’autel à Dea Dia. Dans les cultes privés, l' epulum funèbre, avec visceralio (Liv. XXXIX, 46; XLI, 28; cf. VIII 22; Suet. Cacs. 38) et lits pour les convives (Cic. Pro Muren. 36; Liv. XXXIX, 46), est parfois appelé lectisternium ( C . 1. L. V, 5272 == Grutcr. 753, 4 = Oi\- Henzen, 7336). C’est même de l 'epulum funebre représenté dans les tombeau* étrusques que F. Robiou (voir Bibliographie] dérive l’erigine des lectisternes romains. — 10 Val. Max. II. 4, 5. — H Assertion répétée, d'après Varron (ap. Augustin. Civ. Dci, IV, 31), par Denys d’Halicarnasse, Plutarque, Clément d’Alexandrie, Tertullien, etc. Cf. Marquardt, Op. cil. p. 5. Cependant, Pline attribue à Evandre la consécration de la statue d’Hercule à l’Ara Maxima, et à Numa celle de la statue de Janus (Plin. XXX1\ , § 33). L’absence de sacrifices sanglants est une légende pythagoricienne (Plut. Numa, 8) qui n’a pas besoin de réfutation. — 12 Hastes et ancilcs de Mars, silex et sceptre de Jupiter, lituus de Romulus-Quirinus, le soi-disant Palladium, le tapis manalis, etc. — 13 Les rites de l’Ara Maxima étaient déjà un arcane pour les anciens. Varron les tenait pour grecs (Macr. Sat. III, 6, 17; cf. 12, 1-4; Liv. I, 20), Gavlus Bassus pour italiques, ou gréco-italiques, antérieurs même à l’arrivée d’Enée en Italie (Macr. Loc. cit.). La légende voulait que le premier banquet offert à Hercule l'eùt été à la table d'Evandrc, à une époque où l’on ne connaissait pas encore la mode orientale de V accubatio. Sur la médaille reproduite figure 4379, Hercule est assis : lo repas est urt sellisternium. Aussi, j'estimo que la défense de tenir des lectisternes à l'Ara Maxima (ci-dessus, note 6) signifiait que le sellisterne y était seul permis.
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Junon et Minerve1. L’étiquette était conforme à l’usage des honnêtes gens, comme le remarque à ce propos Valère Maxime. Nous n’avons aucun renseignement sur la façon dont ces divinités étaient représentées au banquet; Valère Maxime ne dit même pas expressément que leurs images y figuraient; mais nous n’avons non plus aucune raison de penser que le lit et les sièges fussent laissés vides, et que ce soit là ce qui distingue Yepulurn du lectisternium. Nous admettrons qu’en fait, Yepulurn, quoique n’étant jamais appelé lectisternium , était bien un lectisterne, additionné de sellisternes. Si l’on fait abstraction de cette variante, on ne trouve plus de différence caractéristique à noter entre ces deux espèces de cérémonies 2. C’est une raison précisément de se demander si Yepulurn Jouis a été un modèle ou une copie des lectisternes. Il se pourrait que Yepulurn eût été institué avant le « premier lectisterne » de 399 mentionné par Tite Live, comme banquet en l’honneur de divinités capitolines 3 ; mais il ne s’ensuit pas que, dans le rite primitif, les divinités fussent elles-mêmes invitées à y prendre part. Le même Tite Live fait dire à Cam;lle, à la date de 390 avant notre ère : in Jouis epulo mon alibi quam in Capitolio puluinar suscipi potest? Si Yepulurn avait comporté jusque-là un lectisterne ou une cérémonie tout à fait analogue, on ne comprendrait pas que Tite Live n’y ait aucunement songé en mentionnant le lectisterne de 399 et le notant comme un fait nouveau. On comprendrait
très bien, en revanche, que, le lectisterne de 399 ayant frappé les imaginations et passé popr efficace, les Pontifes aient eu l’idée d’incorporer au rite national ce moyen de propitiation, de l’y fixer en un temps et un lieu déterminés, après l’avoir modifié par la substitution du sellisterne (considéré comme de tradition romaine, à cause àeYAra Maxima ) au lectisterne grec pour les divinités féminines. Il se peut même que, en un temps où la réputation des Mystères d'Éleusis commençait à se répandre, il y ait eu, par surcroît, dans la combinaison du sellisterne et du lectisterne pour Yepulurn Jouis, une imitation plus ou moins consciente de rites mystiques (fig. 4380) L
Les lectisternes soi-disant célébrés par Valesius, fondateur des Ludi Terentini , appartiennent à la légende.
i Jolis epulo ipse in lectulum, Junoet Miner va in sellas adcenam invitabantur (Val. Max. 1, 1, 2), — 2 Si l'on ne confond pas epulurn et lectisternium, on parle couramment du pulvinar Jouis in Capitolio, et précisément a propos de Yepulurn (Liv. V, 52). — 3 L ’epulum a pu être institué indépendant des ludi Plebeii ou Itomani dont il est devenu la préface, et la création des Epulones en 196 av. J.-C. n'autorise pas à conclure que Yepulurn était à cette date une innovation récente Epm-oNEsj. — '■* Bas-relief découvert eu octobre 1885 dans les fouilles d’Eleusis ('Eœv,|x. i p/Kiok. 1886, pl. in, fig. 1), dédié par Lvsimachidès 8e, r, *cù OeS (ni' ou iv' siècle av. J.-C.). Cf. les nombreux banquets ou lectisternes mitliriaquessignalés par Fr. Cumont [Text. et mon. fig. t [1899], p. 175). — b Voir les textes réunis
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Le terme même dont se sert Valère-Maxime auraitétë jugé * impropre par les ordonnateurs des Jeux séculaires du temps d’Auguste, car ils ne portèrent au programme de la solennité que des sellisternes. En résumé, nous n’avons trouvé nulle trace de lectisterne romain ou d’usage analogue que l’on puisse faire remonter à une époque antérieure à la célébration du « premier » lectisterne ordonné parles livres sibyllins en 399 av. J.-C. ; et, si l’on suppose plus ancien le sellisterne dérivé des rites de Y Ara Maxima , on aboutit encore de ce côté à un culte noté comme hellénique par Varron lui-même.
C’est donc du côté de la Grèce que, comme nous y invite la mention très précise et plusieurs fois réitérée des livres sibyllins, nous devons rechercher l’origine et le modèle des lectisternes. Là, nous rencontrons les ©so^éviï. [tueoxenia], banquets de dieux ou de héros, qui étaient censés inviter à leur table des hôtes divins (Osot çlvoi) 5 et engager leurs fidèles à les imiter en festoyant avec eux. Les Athéniens en servaient à Zeus Soter, à Athéna Soteira, à Eiréné, à Ajax ; les Tégéates, à Athéna Aléa; les Pariens et les Agrigentins, aux Dioscures; les Alexandrins, à Aphrodite et Adonis ; et les textes mentionnent expressément les lits (xXivat) et coussins (ffTpwgvaO employés à cette occasion. Les théoxénies d’Apollon à Delphes, à Pellène, devaient comporter des rites analogues, et Héraklès n’aurait sans doute pas été représenté si souvent couché sur un lit, à table et la coupe en main6, si son culte ne lui avait largement procuré cc genre de satisfactions.
L’importation des lectisternes à Rome s’explique tout naturellement par l’influence grecque installée à demeure dans la cité romaine depuis l’introduction des livres sibyllins [libri] et la création d’un collège d’interprètes de ces prophéties [duumviri s. f.]. Ceux-ci consultaient les livres lorsque des prodiges effrayants ou des calamités extraordinaires déroutaient la science des Pontifes, même aidée de l’art divinatoire des haruspices, et ils ordonnaient des « procurations » en conséquence [procuratiorrodigium]. C’est comme procuration que fut célébré à Rome le premier lectisterne. En 399 avant notre ère (U. C. 335), une peste décimait les hommes et les animaux. « Comme on n’en trouvait ni la cause ni la fin, les livres sibyllins furent ouverts par ordre du sénat. Les duumvirs S. F., au moyen d’un lectisterne tenu alors pour la première fois dans la ville de Rome, apaisèrent huit jours durant Apollon, Latone et Diane, Hercule, Mercure et Neptune, placés sur trois lits garnis aussi somptueusement qu’on pouvait le faire à l’époque. Cette cérémonie fut aussi célébrée par les particuliers. On rapporte que, dans toute la ville, les citoyens, portes ouvertes et mettant tout au grand jour fila disposition de tout venant, invitaient au hasard les étrangers, connus et inconnus : même avec des ennemis, on liait conversation en douceur et politesse; querelles et procès étaient arrêtés. On ôta aussi les liens aux
par II. Klauscn et K. Bœtlicher (ci-dcssus, p. 1006, 4); G. F. Schoomann, Sf‘ Alt. 112, p, 46; K. Fr. Hermann, Gr. Antiq. Il, §§ 10, 12; 58, 38; J. Marlba, Les sacerdoces athéniens, Paris, 1881, pp. 45-54; F. Dcncken, De Thèàxenüs, Bcrolin. 1881; W. Rcicbcl, ücber vorhellen. Gotterculte, Wicn, 1897, p. 18 sqfi- Pulvinar de la Paix [Eiréné] à Athènes en 375/4 (Corn. Nep. Tim. 2) ; pulvinarm des Dioscures à bord de navires locriens (Justin. XX, 2, 14). Au temps de Séleuctis Nicalor, les statues d’Harmodius et d’Aristogilon passant par Rhodes, Rhodn quoque... eas sacris etiam in pulvinaribus conlocaverunt (Val. Max. H, |n' Ext. t). — 6 Cf. Stepliani, Der ausruhende Heralcles, S'-Petersb. 1854, et la parodie de cc rite par Tbémison-Héraklès dans Athénée ( Deipnos . Vil, p. 289 f )■