‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 162 sur 275 · MA.I · texte numérisé non relu

MA.I

MA.l

de Ja mer1 ». Les réjouissances auxquelles elle donnait lieu ont eu, surtout à Antioche, un grand retentissement sous les empereurs romains; plus tard, il en est question à Constantinople. Ou ne sait s'il y en eut de pareilles eu dehors du monde oriental. Il n'est nullement certain qu'il y ait une relation véritable entre cette l'été et celle qui lui a été assimilée, dont Ostie et l’ile du libre voisine de cette ville étaient le théâtre2, quoiqu’il ne soit pas impossible que la coutume en ait été apportée par les marins à Ostie, où Castor et Pollux, leurs dieux protecteurs, avaient un culte3. Suidas dit qu'au mois de mai les principaux citoyens se rendaient au bord de la mer : on s y baignait, on s’y poussait les uns les autres. Il appelle la fêle romaine MaVoupïç \ peut-être à cause d'une certaine ressemblance qu'il y voyait avec les fêtes syriennes.

Celles d'Antioche 5 se prolongeaient pendant trente jours : elles consistaient en processions de nuit, en illuminations, en représentations scéniques tirées principalement des fables de Bacchus et de Vénus, en repas somptueux. La joie populaire y mêlait toutes sortes d’excès c, qui les firent supprimer, probablement pour la première fois sous Constance; rétablies cependant, elles furent ensuite tour à tour interdites ou permises, avec des restrictions en vue d'en réprimer la licence Il est parlé encore de la fête de Maiumas à Constantinople sous Léon IV, en 7708. E. Saglio.

MAJESTAS. — Cette expression dérive du comparatif major ; elle exprime un attribut spécial aux personnes revêtues de puissance et de dignité, une qualité qui impose le respect, par exemple chez les dieux, le peuple, l’État. C'est ce que montre en particulier la formule du droit international, par laquelle les peuples soumis s’engageaient à respecter la majestas du peuple romain *. Le mot majestas est souvent lié et opposé au mot imperium1. On entendit par crimen imminutae majestatis3 l'infraction qui consistait dans toute atteinte portée au respect que commande la dignité ou la souveraineté du peuple, [et, par extension, de ses représentants, en particulier de l’empereur. Mommsen4 a conjecturé que le crime de lèse-majesté s’était primitivement rapporté à la violation des droits delà plèbe, et seulement ensuite à la violation des droits du peuple en général : mais il n’y a pas de preuve suffisante à l'appui de cette conjecture. En tout cas les jurisconsultes romains n’ont défini ce crime que par des périphrases qui n’en précisent pas exactement le caractère5].

Il y a deux groupes de crimes contre l’État qu’il est très difficile de distinguer l’un de l'autre, le crimen majestatis d'un côté, la perduellio de l’autre.

MAIUMAS. l Baronius, cité par Godefroid, ad Cad. Theod. 1. XV, lit. VI, p. 359, Lyon, 1665; Teuffel, in Pauly’s lieal encycl. IV, p. 1459; Scholz, Gôtzendienst und Zauberwesen der ait. Hebrdern , p. 322; Stark, Gaza, p. 590 et s. On peut aussi rapprocher J. Lyd. De mens. IV, 52, p. 101 et 104, éd. Paris. — 2 Voir les textes réunis par Godefroid, L. I. ; Teuflel, L. I. ; Prdller, Berichte d. Sachs. Gcsellsch. zu Leipzig, 1849, note 124. — 3 Voir tari, dioscuri, p. 263; Godefroid, L. I. — 4 Suid. s. v. ; cf. Gloss. Basilicor. — * Malalas, p. 284, Dindorf. Ailleurs il est question de cinq jours ou de sept (Julian. Misopog. p. 361,Spanh.; Theodor. III, 14); et la fête est placée au mois <1 août ; mais il s’agit dans ces textes des fêtes d'Apollon à Daphné, le faubourg d Antioche. G Liban, t«ov p. 555, Keiske ; Id. IIe^i xZv $e*;awt"V,

p. 455; ad Timocr. p. 385; lo. Chrysos t. Homil. VII, in Malth. t. VII, p. 113, éd. Bonedict. — < Cod. Theod. L. 1. et Godefroid, Ad h. I. — STheophan. Chronogr. p. 699, éd. Classen. — Bibliographie. Outre les ouvrages déjà cités, voir Andréas Rivinus, Diatribe de Maiumis, Alaicampis et Boncaliis , in Graevif, Collect. dissertationum rariss. Traj. Bat. 1716, p. 526 et s.; K. O. Müller, Antiq. Antiochenae, in Kunstarchaeol. Werke, V, p. 33 et s.; Étienne Chastel, Hist. de la destruction du paganisme dans l’empire d’Orient, Paris, 1850, p. 213 *.

Le perduellis (ou perduellio) est l’ennemi , général*, surtout l’ennemi intérieur U en

hostis qui, ayant perdu son sens primitif pPp0sili°" à fini par désigner l’ennemi extérieur. La pm/ JrT' a donc essentiellement l’acte hostile au pavs1^'^ trahison et la désertion. Primitivement le c,.-’ SUl'loul 1:1 majesté et la perduellio paraissent avoir été™ ?" M Puis on essaya de les distinguer ; mais la lèse-nj, postérieurement une telle extension que son ■ ’r ‘ elle engloba la perduellio : tout acte hostile fut ln, '? lèse-majesté, mais il y eut des cas de lèse-maiesi " n 'étaient pas des actes hostiles et qui, par ^ portaient une peine moins grave. Nous devons dn réunir dans cette exposition la majestas ella, perduellio' L Etat dut naturellement se protéger dès le début contre la perduellio ; aussi la légende attribue à ltonuilir la première loi contre ce crime» que punit également h législation des Douze Tables10. L’action publique étal entre les mains d abord des duumvirs spéciaux [nunivini perduellionis], puis des tribuns. Quant à la majetUu nous ne savons pas si, en dehors des lecjes sacralité, il y eut des règlements sur cette matière pendant les premiers siècles de la République. Et cependant la plupart des poursuites politiques intentées, surtout par les tribuns, soit devant les comices, soit devant les quaesliones perpetuae , concernaient des délits qu’on peut faire rentrer dans le crimen majestatis [judicia public a, p. 648'. Les mesures révolutionnaires de salut public, prises par le Sénat depuis l’époque des Gracques, pouvaient aussi, jusqu’à un certain point, être considérées comme des répressions delà lèse-majesté [judicia publica, p. 652-65* On considère généralement comme la première loi île majestate la /ex Apuleia , votée probablement en 103 av. J.-C., au sujet des délits commis pendant la guerre gauloise, et en particulier du pillage des trésors de Toulouse. Elle institua la quaestio auri Tolosani 11 ; ce fut donc une loi exceptionnelle, comme l’avait été précédemment la loi Ma milia , au sujet des actes de trahison des généraux et des ambassadeurs envoyés contre Jugurtha en 110 12 ; mais, sans instituer de quaestio mM jestatis permanente, elle dut indiquer un certain nombre d’applications de la lèse-majesté, y faire rentrer par exemple l’atteinte portée aux tribuns, l’excitation au désordre 13 . Le procès de Norbanus en 95 fut un procès de lèse-majesté, institué d’après la lex Apuleia'*- 5°us trouvons ensuite la lex Varia de 91, qui déclarait cou pables de lèse-majesté ceux qui, par leurs consei s ou leur assistance, avaient excité les alliés à prendre les ai nioj j contre Rome pendant la guerre sociale. Elle atteignit c.

Lcnkm

Mommsen, Ephem. epigr. III, p. 329; ürexler, art. maiumas, ap. 0: d.gr. und rôm. Mxjthologie. ’ pr0 BaV>. 16;

20 ; Div. Çaec. - 0 'A

MAJESTAS . i[Afajestatem popxtli romani comiter colunto ;l ■ 1 ‘

Stwf’

Jn Cornci 1er !

Liv. 38, 15; Dig. 49, 15, 7, 1). — 2 Cic. Pro Rabir. 7,

— 3 Plus tard crimen majestatis et simplement majestas. recht , Leipzig, 1899, p. 537-595. Il cite Cic. De inv. 2, 17, 32; A,C0" ' cj(er gall. p. 60 (crimen imminutae majestatis tribuniciae). On pourrait 1 m iiii; Jug. 35. — 5 Auct. ad fferenn. 2, 13, 17 ; Cic. De inv. 2, 17, 53 , e „

Or. part. 30, 105; Dig. 48, 4, I, I (Ulpien).]— c Varr. De bng‘ a pas

Ep. 102; Cic. De off. S 0, 16, 234. — 7 Dig. 48, 4, 11 (Ulpien). ' ^ |,olir d'équivalents grecs précis de ces mots; on trouve pour la pexdw J011arcliii|uC' la majestas iaiS aat qui désigne surtout la violation de la l1'1 '"! * w0i

— 9 liionys, 2, 10. — 10 Dig. 48, 4, 3 pr. On peut se demander si e « ^ dj, pJ

était dans les Douze Tables; lo texte de Gaius (Dig. 50, D1’, - j]erenn. L l4' — U Cic. De deor. nat. 3, 30, 74; Or. part. 30, 104, 103; And. « . {.y, 1 28 ;

24; Dio. Cass. fr. 98. - 12 Cic. De deor. nat. S, 20, 74; tirut. ' j ’ (0'7 44 CicJ Schol.Bob. p. 311; Sali. Jug. 40. — 13 Cic. De inv. 2, 17 -.Deor. -,

De or. 2. 75, 89, 199 203; De off. 2, 14, 49: Val. Mas. 8 a,

Page 1