auj ,son fils Lycos immole les etrangers
( H |jUsitanie, un dieu du meme nom reçoit, comme I 'et’inies des boucs, des chevaux et des hommes 5.
| Sl.mi)oles. Victimes. — Le symbole de la puissance I ‘ ; il’ Arès est la lance, qui dans les plus anciennes traditions est également le signe de la vengeance qu ap- J je meurtre et de la justice qui punit l’homicide. Ln seulement c’est l’arme préférée du dieu, celle avec laquelle il combat dans les récits épiques 8 et que les monuments figurés lui attribuent d’ordinaire ; mais c’est aussi la lance qu’il plante lui-même èi l’Aréopage 7. Parmi i les symboles d’Arès on peut compter aussi les torches que portaient les tzu^o^oi dans les armées Spartiates.
Les animaux qui passaient pour avoir avec sa nature le plus d’affinité étaient les chiens et les vautours8, qui rôdent sur les champs de bataille pour y trouver leur proie. Nous avons vu qu’en diverses localités on sacrifiait au dieu des chiens, notamment à Sparte ; ailleurs des coqs ou des -taureaux 9, et même, dans certaines traditions légendaires, des hommes 10.
| Interprétation. — Dans l’antiquité, Arès a prêté, comme les autres dieux, à divers essais d’interprétation allégorique, soit physique “, soit morale. Pour plusieurs philosophes, il personnifiait la discorde, comme Aphrodite représentait l’amour 12. On sait que l’auteur du huitième hymne homérique, identifiant le dieu avec la planète Mars, l’invoqueau contraire comme un auxiliaire de Thé¬
mis et lui demande la force de résister aux passions 13.
La plupart des mythologues modernes se refusent à admettre qu’Arès ne soit, à l’origine, que la simple personnification d une idée abstraite comme celle de la guerre. Mais on est loin d’être d’accord sur son caractère primitif. On a vu en lui un dieu du ciel u, de la luroiéic , du soleil 10, de la tempête n, ou bien encore un e ces dieux ehthoniens dont l’action est tour à tour •entamante et nourricière, ou terrible et destructrice 18 : dernier aspect, bien plus accusé que l’autre dans la lé¬
gende, aurait fini par prévaloir et se serait fixé dans l’image du dieu qui ne respire que les fureurs de la guerre 10.
Représentations artistiques. — Nous avons eu déjà 1 occasion de mentionner les antiques .roana dont les auteurs signalent l’existence dans quelques temples grecs, celui du temple double d’Arès et d’Aphrodite entre Argos et Mantinée, celui d’Argos, l’Hnyalios enchaîné de Sparte, comme aussi le relief archaïque de légée. Parmi les représentations archaïques dont les anciens nous ont conservé le souvenir, il faut citer encore un motif du coffre de Cypsélos : un Arès tout équipé, et désigné par l’inscription ’EvuxXtoî, conduisant par la main son épouse Aphrodite20. Dans un
groupe de Médon, figurait un Arès assistant Achéloos dans sa lutte contre Héraclès21.
Dans les monuments qui nous sont parvenus de l'art archaïque, le type qui a prévalu pour le dieu est celui de l’hoplite, revêtu de son équipement complet, armé notamment d’une lance puissante : la tète est toujours barbue. C’est l’aspect qu’il a, par exemple, sur le vase François, où il apparaît dans deux motifs : une première fois en char dans un cortège des dieux, une autre fois assis (fig. 4839) dans la scène représentant le retour d’Héphaistos dans 1 Olympe 22. On le trouve sur un certain nombre de vases de style attique à figures noires, et, plus rarement, sur des vases à figures rouges de style sévère, soit aux côtés d’Aphrodite 23, soit dans des scènes représentant la naissance d’Athéna 2i, soit dans des gigantomachies 2% soit aux côtés de Cycnos dans sa lutte contre Héraclès 26 ou emportant sur son char son fils
I n XV »' ’'7' ~S J°h’ Ma!alas’ P- 19 : Kedrenos, p. 30, 5 sqq. - 3 llero fafeiv'siîü ,r.4 Plut’ Parallela’ XX.II. - 5 Slrab. III, p. 153. - 6 L' 805) et cle S •' n"ueune lancc énorme ; cf. les épilhètes de înta* a»; (11. X’
Sent, 453 • "y,. T? ^ Androm. 1015). C’est avec la lance qu’il combat : He 275, pes £ 5 0fu' Antipatr. Anthol. Plan. 75; "ApEusatypoi, Kurip. Herc. fu
h‘hm. Y] [ iq j0, ) nls du diagon sont appelés par Pindare Axapavco À 6 y ■/ c
une lance t, t , • "" •nient, comme signe nalurel-(<jùpsuTov erijueTov) sur la poitrin 1Sïj Dio C1»7S- Or. IV, 149; Julian. Or. II, 81 c; Plu Ce symbole dans p . ' ■ L.XXI I. Peut-être faut-il voir un souvenir <
III, 36). Dans c-ni e'vPlcss'on Proverbiale Sdçu x*î ,o)fùxjtov (Hesycli. Suid. Zeno ffire lin annel n,, a 1111 Pel' I36b Arcs ïraPPe do sa lance son bouclier poi ~ 1 ,Hellan- fl’- «». Fragm. List. gr. I, p. 54; Harpoc ll ■ Mertumsfr 'd ?' V’ Afs,oî 1"h°î' ~ 8 Cornul- 21 extr. ; Dilthey, Jahr Lconieits sacrifient *7 1S/3( P' 37' ~ 9 D’a^ês Plut. Instit. lacon. 25, b
1111 co,l. quand ils l'on i"].|UU|0aU Arès f*uan<* ils out va'ncu un ennemi par i —
De « bslin.
• Wnimc
en bataille rangée. — iO Apollod. fr. 20 ap. Porpli
Ofi/m. lUSj ' .y rn< C- ev • lï , 155 d ; Fulg. Plac. De exp. serm. p. 55
mnin ... ’ 1 P’ '>9/, tn* *
.. ™ svnonyme de ~V' ’’ Amm’ Marc' XXVI1' 4- 4- ~ 11 Arès explic
, 3' •'• *m, 55 L . : Eustalh. ad JL XIII, 577, p. 947, 32 sqq. et X
,m'A‘leg. Aom. "!ns"' l34’ 147 ' ~ 12 plut- Pel°P- 19; Hera
os poésies orphinuc,’ n' , 0'nul' l9- ~ 13 c- Hermann a classé cet hymne par '0lr •« textes cités À 88' f>0lu' l'identification du dieu avec la plané 1 1? Pa“'y-Wisso"a, art. ares, 058 extr. - H Paner, Sy j"ech- OoetteriJ ' Schwenck> Mythol. d. Grieeh. p. 224. — 16 Wclcki
p 23q)* 13 ’ Mythol. d. Ares und d. Athei
1k. f’r''llw> C,'iecA. Gardner’ tVumism. Chronikle, 1880, pl.
Decleu, 1 -cc- ~18 "-t». Millier, Ares, 1848; Stc
es Ares' ,833> el Ml. ARES dans le Lexiknn do Roscln
1 oui lo premier de ces caractères, on cite les épithètes àsvnô;, 5 , , t . t s ^ , yuvat.oôofvtt; ; le second s'accuse avec une précision particulière dans la sombre légende thébaine, où se succèdent les catastrophes de toute espèce : Sloll, Op. cil. Réminiscence dans Homère : II. IV, 405 sqq.; V, 800 sqq.; X, 283 sqq. etc. — 19 Celle antique conception est encore sensible dans Sophocle : Aj. 254, 706 ; Œd . R. 185; Œd. Col. 1386; El. 1365, 1400. Pc système de Tiimpol (art. ares, p. 658) se rattache par certains points à celui de Stoll : d'après ce savant, il faudrait chercher les origines d'Arès dans les antiques croyances sur les âmes des défunts qui reviennent sur terre tourmenter les vivants. — 20 Paus. V, 18, 5. — 21 Ibid. VI, 19, 12.
— 22 Monumenti, IV, pl. mv-lviii; Wien. Vorlegebl. 111 (I8S9), pl. i-v; Klein,
Meistersignat. p. 32; Reinach, Répert. des vases peints , I, p. 134 sqq. ; cf. de Ridder, Vases peints Bibl. IVat. p. 143, fig-, 18, n» 229. Pa ligure d’Arès assis est reproduite dans Roscher, Lexikon, I, 487. C’est aussi un Arès « portant tout son harnois de guerre » qu’on voit sur la frise récemment découverte des Siphniens à Delphes : Bull, de corr. hell. XVIII, p. 188. — 23 On en a cité plus haut les principaux exemples, à propos du mythe d'Arès cl d'Aphrodite. 24 Monu¬
menti, III, pl. xuv; Élite céram. I, 65 A; Schreiber, Geburt der Athéna , p. 9; Drit. Mus. Cal. II B 147; Reinach, Répert. des vases peints , p. 116; Munich 645; Elite céram. I, 60; Berlin, Furtxvangler, Vasensamml. 1699, 1709, 1862; cf. Poescheke, Arch. Zeit. 1876, p. 112 sq. — 23 Rrit. Mus. Cal. II B, 145, 251, 617 (= Élite céram. I, 7); Berlin, 1925; cf. Overbeck, Kunstmyth. II, p. 344 sqq. On doit aussi, selon toute apparence, reconnaître la présence d’Arès dans la gigantomacliie du fronton qui décorait le trésor des Mégariens h Olvmpie : Friederichs- Wolters, Gipsabg. 294, 295 ; Olympia, Tcxt. t. III, p. 8 et 12 ; Atlas) t. III, pl. b.
— 26- Gerhard, Auscrl. Vasenbilder, pl. cxxu-cxxm; reproduit dans Roscher, Lexikon, II, 1695 (Kyknos) et Reinach, Répert. des vases peints, II, p. 66; cf. les références données, pour d’autres motifs, à l'article hercules de ce Dictionnaire, p. 106, n. 10, et ajouter Rrit. Mus. Cat. II B, 156, 158, t97 (pl. vi), 202, 212.
MAR
Fig. 4840. — Arès et Aphrodite.
qui fuit devant le héros Vers la fin de la période archaïque, on le voit, sur certains vases, paisiblement assis auprès d’Aphrodite dans les assemblées des dieux ; il y porte le long cliilon ionien avec la chlamyde, tenant à la main son casque en même temps que sa lance2, hntin il est digne de remarque que l'époque archaïque a déjà imaginé le motif de l'Arès fanfaron et ridiculisé3.
A partir de la seconde moitié du Ve siècle, le type
d Arès subit, dans les monuments figurés, une transformation sensible. Comme Hermès et comme Dionysos, il apparaît désormais, en général, sous les traits d’un héros jeune et imberbe ; de son équipement guerrier, il ne garde plus que le casque et la lance ; le corps est d’ordinaire complètement nu ; une légère chlamyde, qu’il porte souvent, est moins un vêtement qu'un motif de décoration plastique. A vrai dire, les peintres de vases, fidèles à la tradition, continuent encore à représenter Arès avec toute sa barbe et quelquefois tout armé : c’est ainsi qu'on le voit (fig. 4840) sur une très belle coupe à ligures rouges du British Muséum dont le motif est un banquet des dieux4, dans la gigantomachie d'une coupe de Berlin signée d'Erginos et d’Aristophanès [gigantes, fig. 3561] 5, et dans celle d'un vase du Louvre f’. Il est imberbe cependant sur un vase du British Muséum qui
1 Gerhard, Op. laud. pi. lxi-lxii; Klein, Meistersiyn. p. 35; Furtwângler, 1799; Roinach, Bépert. II, p. 40; cralèrc de Nicoslhènes, Brit. Mus. Il B, 304; Wiener Yorlegebl. 1890-1891, VI, 1. Parmi d'autres motifs, on peut encore signaler Arès à côté d'Héraclès introduit dans l’Olympe ou jouant de la cithare : Brit. Mus. II B, 228 et 379; ce dernier sujet reproduit dans Journ. of hell. stud V, pl. xli ; Berlin, Vasensamml. 1857 et 1961. Arès k côté de Lalone et de ses enfants, sur une amphore d’Andokidès, Klein, Meistersiyn. 3; à côté de Dionysos, Brit. Mus. II B, 551. — 2 Coupe d’iîuxithéos et Oltos : Monumenti, X, 23-24 .= Roinach, Bépert. I, p. 203. Sur des monnaies archaïques de Chalcédoine, il faut sans doute reconnaître une tète d'Arès non casqué : P. Gardner, Types of yreek coins , pl. iv, 30.
2 \ase de Klitias : "Wiener Yorlegebl. 1888, pl. m. — 4 Brit. Mus. Cal.
III E, 82; Monumenti , X, pl. xlix; Reinach, Bépert. des vases pemts, I, p. 143. — > Furtwangler, Yasensamrnl. n. 2531 ; cf. à l’art, cité de ce Dictionnaire , p. loOO, la note 1. — c Monuments grecs , I, pl. n. — 7 Brit. Mus. Cat. 1265; Journ. o f hell. stud. XI, p. 280. — 8 Michaelis, Der Parthenon , pl. xiv, n. 27; Collignon, Sculpt. gr. II, p. 74, fig. 30. L'identification avec Arès, proposée par Petersen, Pheidias , p. 251 sqq. et par Flasch, Zum Parthenon fries, p. 10, n est guère contestable. — 9 Paus. X, 31, 5 ; Paul Girard, La peinture antique , p. 174 ; Collignon, Op. cit. II, p. 59. — 10 L'image en a été Irop souvent reproduite
MAU
représente la toilette de Pandore comme d’habitude, que l’art doit cette rappelle l'Arès qui figure, auprès deDéméter, dans le groupe des dieux de la frise du Parthénon (fig. 1443) s:
u ne simple chlamyde entoure les hanches ; la pose, inspirée peut-être d’un motif de Polygnote à la Lesché de Delphes9, est d'un abandon charmant; le seul attribut qui désigne le dieu de
C’esl * plasti "“ovation. O,',!
Fig. 4841. — Arès do la frise du Partition.
la guerre est une lance appuyée contre le siège. On n’a pas d’indications précises sur l’Arès d’Alcamènes ; mais plusieurs archéologues s’accordent pour considérer comme une réplique de cette œuvre la statue du Louvre, connue autrefois sous le nom d’Achille [achilles, fig. 52] et couramment nommée aujourd’hui « MarsBorghèse » 10 ; en tous cas, elle remonte à un original du v° siècle 11 III : le dieu est nu et imberbe ; dans la main gauche, il faut restituer la lance ; le
casque est décoré de deux griffons et de deux chiens ou loups courants (fig. 4842) ; l’anneau qui se voil un peu au-dessus d’une des chevilles est peut-être 1 attache (e7ttffcpépcov) du jambart12. C’est a la même peiiinh éi statuaire qu’on attribue un type d'Arès un peu ililh n 11 >
our qu’il soit utile de donner do nombreuses références. ^'lolls leinach, Bépert. de la stat. p. 133 (= Chirac, “263, 2073); Brunn‘ 1 frie. j » 03; Collignon, Op. cit. Il, fig. 61 et 02; bibliographie u „ 1
erichs-Wolters, Gipsabg. n. 9821. II existe de la tél< de ’-> ^ j
Munich (Brunn, Glyptoth. n“ 91; Baumeister, g ^ .' i'ner
resde (Hetlner, 4e éd. n" 200), une médiocre à I aris 1 Diltliey, |
» 130 ; Jahrbucli, 1889, p. 57, Anzeiger ): ci. l'énumération ^ ai M ( ahrb. der Yer. d. Altert. im Bhcinlande , LUI, p. 80. 11 111 ^ ^ gtaluc dérive
. 121 sq. et Collignon, Op. cit. II, p. 124 sqq. admettent que ^ n)anière de Alcamènes. D'autres, frappés de ressemblances évidentes ^ g^ociie,! olyclète, attribuent l'original à son école : Woltcrs, L. c. , ll' .1891, P- ** ater. Mus. n” 127; Helbig-Toulain, Guide, I, n" 032 ; Trci), " '■ jutorprq
. Sauer, art. ares dans Pauly-Wissowa, 003-004^ Sur “ fi*
lion de C. Robert ( Paris d'Euphranor, 10” W,™k‘ Rc((be|, I
>95), voir Léchât, Rev. èt. gr. 1890, p. 458. — - ®‘ ,et ,lo cuir où
,'a/fen , Vienne, 1894, p. 70. D’autres y voient, soit 1,11 ’ allujj#n à la adaptait la sandale, soit un anneau servant de lien, p» ^ Bonn, *867' Arès enchaîné par Héphaistos ; Ulrichs, Gruppe , tS 121, B- J|
37; Furtwanglcr, art. ares, in Roschcr, I, 490, e i ci
- IM.,,,, de Mdo. p- »!•
MAR
MAR
Fi». 4S13. — Arès Ludovisi.
|(|(. ir un Arès colossal du palais Borghèse 1 : «Pr^''“ L i., Hilainvdo et le casque, et sa main tire
1 /ll'pll 1)01 l* J® *>
e r lin il existe dans divers musées, au Louvre, à l¥e' Madrid, ailleurs
encore, un certain nombre de tètes d’Arès qui remontent h la même date et qui présentent toutes des caractères com muns : la tête est imberbe, les traits énergi ques, l’expression un peu froide ; sous un casque attique au cimier élevé, s’échappent d’abondants cheveux bouclés 2.
L’Arès Ludovisi (Pig. -4843) est, parmi les types de la statuaire, un des plus remarquables. L’attitude rappelle celle de la frise du Parthénon : le dieu est assis, les mains croisées sur un genou ; l’une d’elles tient une épée au fourreau; le pied gauche s’appuie sur le casque posé à terre ; le regard, très expressif, porte au loin. Il paraît très vraisemblable que nous avons ici une imitation d’un Arès colossal exécuté par Scopas et qui figura plus tard dans un temple de Mars à Rome 3 ; il faudrait, dans cette hypothèse, faire abstraction d’un petit Eros qui joue aux pieds du dieu, et qui est une addition du copiste4. Les anciens citent encore deux Arès du ive siècle, une statue colossalc.de Léocharès ou de Timothéos 6 et une œuvre de Piston6. Quant à Lysippe, les son influence dans divers
ig.48H. Arès tirant l'épée.
archéologues distinguent
bronzes qui peuvent se ramener à deux types : un Arès remettant l’épée au fourreau ou l’en tirant, et un autre appuyé sur sa lance dressée, avec l’épée pendant au côté : le premier est représenté, entre autres (fig. 4844), par une statuette de Vienne7; le second fournira de nombreuses répliques à la période gréco-romaine 8. La numismatique de la Thessalie et de lu Macédoine fournit, pour le ivc siècle, quelques monnaies avec l’image d’Arès 9 ; pour la céramique, il n’y a guère à citer qu’un épisode comique d’un vase de l’Italie méridionale, qui montre Enyalios aux prises avec Héphaistos, sous le nom de Daidalos 10.
Il n’existe plus, à l’époque hellénistique, de représentation célèbre d’Arès dans la grande statuaire : tout au plus peut-on signaler sa présence dans la Giganlomacliie de Pergame “. Il figure encore, parmi les autres divinités, sur deux monuments archaïsants, la base appelée a autel des douze dieux » du Louvre 12 et un putéal du Capitole43. Il convient surtout de citer, comme caractérisant le goût des écoles hellénistiques, les peintures murales de la Campanie, qui représentent assez souvent les amours d’Arès et d’Aphrodite ,4. Le même motifa inspiré quelquesbronzes13. Enfin la numismatique, pendant la même période, en Bithynie, dans le Pont, et surtout dans l’Italie méridionale et en Sicile, offre d'assez nombreuses images du dieu sous différents aspects ,c.
Le Mars italique. — Mars, auquel les Romains ont assimilé l’Arès des Grecs, est un des dieux les plus anciennement vénérés et les plus répandus chez les populations italiques : on trouve son culte dans toute l’Italie centrale et méridionale, de l'Ombrie à la Lucanie. 11 semble même avoir été chez ces populations le dieu le plus important, et ce n’est que plus tard que la proéminence lui a été disputée et enlevée par Jovis ou Jupiter [JUPITER, p. 709].
La forme du nom la plus commune dès la plus haute antiquité est Mars 17. On l’a rattachée à une racine mar ou mas , qui se retrouve dans le substantif mas — maris, « mâle », et qui aurait ainsi le sens de « force génératrice, principe viril ». Preller, qui a défendu cette étymologie, voit en effet essentiellement dans le dieu Mars la personnification de la puissance créatrice et vivifiante qui anime la nature 1S. Mais le rapprochement entre les deux mots est arbitraire et a été contesté 19. D’autres savants, partant de l’idée que la fonction primitive du dieu est celle d’une divinité céleste ou solaire, retrouvent
rs
g " “îinach, Répert. II, p. 170, n. 7 ; Malz el Dulin, Ant. Bildw. in Rom, n" 1338 ;
unn Bfückmann, n° 335; Furtwangler, Masterpieces, p. 94, fig. 41 et A teisterw. gr pl(i * ‘ Wien. Jahreshefte, 1901, p. 144, sqq. ; et Léchât, Rev. ét.
' ' ' 1 p apvès Furtwangler, art. ahes du Lexikon , 488, il faudrait consi-
(fteina |"'"K 1 de cette œuvre diverses statues : Schreiber, Ludovisi, n° 242
I ' 111 !*• I79> D- 3) i Bcnndorf-Schocne, Later. Mus. n" 127 (Reinach,
tètes [’ 1 * * ’ ' ‘ ’ 1 ’ 3 = Clarac, 6.15, 1435), et comme répliques sans les
- 2 1 Z' 34"’ 2’ et 583> »■ 7 = Clarac, 634 A, 143G A et 950, 2443 A.
Sildw j„ ' 111 twiingler, Meisterw. pl. vi et p. 124 sqq. ; Madrid : llübner, Anl. tf-Michoiij "l‘ ,<7’n° Bericht. d. saeclis. Gcsellsch. d. Wissensch. 1864, pl.i ; Hall; Miclia, ' ' A ^ XIV, p. 154 sqq. ; Musée Torlonia,n. 104; Ince-Blundcll-
Itom,, Malzcè'pW^ Marblcs, luce, n»43, et Arch. Zeit. 1874, pl. i; palazzo Valenlini à cicnsori.'m , n° B. Sauer cite encore, commedérivantd'un des plus an-
lican, : Miill, iv " ' UQe bgure d'Arès d'un des candélabres dits Barberini (Va-
'ttribiiées j | Denkmâler, 11, n° 246. Quant aux monnaies qui peuvent être
attributs cara C6 n’^mo siècle, elles ne présentent que des types d’Arès sans
2 (a Cl ir )“8llques : Pauh-Wissowa, s. o. 665. — 3 S. Reinach, Répert. 1, 349, Mignon, .Ve,,/ , '' l43"b Helbig-Toutain, Guide, II, n» 883 (bibliographie); On rattachait P ~ 43 sri- et fig. 124. Aujourd'hui au musée Boncompagui.
^feistsrio.p 3^"ll0^°js eette figure à l’école de Polyclète; voir Furtwangler, XXXVI, ^S[| 1 ‘ 1 s4 i’üne qui donne le renseignement sur l'œuvre de Scopas :
y *ut-ètre y a-t-il trace d'un second Eros ; Schreiber, Ludovisi,
u° 63. — 6 Vitruv. II, 8, 11. — 6 f’lin. XXXIV, 89. — 7 Dilthey, L. c. pl. ix et x; von Sackcn, Ant. Bronxen, n: 44; Baumcistcr, Denkm. fig. 123-124.
— 8 Dilthey, pl. xi et xu et p. 27 sqq. — 9 Greek coins Brit. Mus. Thessaly, pl. ni, 4 a : pl. vin, 12-14; lîardncr. Types of greek coins, pl. vu, 30. — 10 Élite céram. 1, 36 = Londres, n. 1433; Müller-Wiesclcr, Denkm. II, 18, 195 ; cf. Jahn, Arch. Aufs. p. 129; Arch. Zeit. XI, P- 167; Kuhnerl, Jahrit. f. Philol. suppl. XV, p. 197; Roscher, s. ». Héphaistos, 2054. — 1 1 Pucbslcin, Sitzungsb. d. Berl. Akad. 1888, p. 1233. cl 1888, p. 329; Baumcistcr, Denkm. art. pergamun, fig. 1422 (restes de l'attelage). — 12 S. Reinach, Répert. de lastat. 1, 64-66; Friederichs- Wolters, 422; Müller-Wieseler, I, pl. xii, 44; Hauser, Neuatt. Reliefs, 55 sq.
— 13 Hauser, Ibid. 60. — 14 Helbig, Wandgemàlde, n. 313-328; Sogliauo, Pitt. murali, 133 sqq. ; Annali, 1866, tav. E, F. — 1» Dilthey, Jahrb. Rheinl. LUI, pl. i, n, vu, vin. — 1® Nicomôde I : Cat. of greek coins, Pontus, pl. xxxvn, 1 (Arès assis) ; Mithrid. Eupat. Ibid. pl. v, 3; vu, 3, 5; xxm, 4; llead, Ilist. mon. p. 423 sqq. (tète casquée d'Arès); Italie : Cat. of greek coins, Italy, p. 323 sqq.; Sicile : Ibid. Sicily, p. 109 sqq.; Imhoof-Blumcr, Monn. grecques, pl. b, 23; Gardncr, Types, pi. xi, 24 (Arès combattant; tète). - 17 Eph. epigr. I, u. 21 (bronze de Préneste) ; Henzcu, Acta fratr. An. p. 26; Corp. inscr. lal. I, 62 (Tibur) ; tables engubines 1 a, H ; I b, 2. — 18 Varr. De ling. lut. V, 73; Cedren. 1, p. 295, 21 sqq. éd. Bonu, et Myth. Vat. II, 29; Preller-Jordau, I, p. 334 sqq. Voy. aussi Bréal, De quelques divinités italiq. X' congrès des Orientalistes, en 1891, Genève, secl. L— 19 Cur-
i tius, Griech . Etym. 5” éd. 313 ; Roscher, Lexikon, II, s. ». Mars, 2437.