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MAU
dans son nom une autre racine mar qui a le sens de « briller » (cf. le latin mannor, le grec gapgaîpco, la divinité Matpa) L Ces essais, et d’autres que nous négligeons 2, sont également incertains.
Outre la forme Mars , on trouve les noms composés de Marspiter et de Maspiter, qui s’expliquent, comme Jupiter et d’autres analogues, par l’adjonction du terme pater 3. Marina r, qui se lit dans le chant des Arvales, où il est au vocatif, n’est sans doute qu’une réduplication du nom simple L Dans une ancienne inscription de Tusculum, le dieu porte le nom de Maurs 5, dont il semble que celui de Mavors, beaucoup plus répandu et qui a survécu dans le latin classique, n'est qu’une variante par allongement (on peut comparer Faunus et Favonius ) 6 : cependant on peut admettre aussi que Maurs et Mavors sont réellement les formes primitives et pleines, d'où est provenue, par contraction, celle de Mars 7. Quant à la forme Mamers , elle ne se trouve dans aucun document original : peut-être a-t-elle été dérivée par les grammairiens de l'ethnique Mamertini , que portaient les habitants de Messana en Sicile, fervents adorateurs du dieu 8.
Principaux lieux de culte. — L'Étrurie a été le centre d'un culte très populaire du dieu Mars 9. Yitruve nous apprend que les Étrusques avaient l'habitude de construire les temples de cette divinité hors des fortifications de leurs villes 10. En particulier, nous connaissons une statio ad Martis entre Luca et Pistorium n. La présence d'un mois Martius dans le calendrier des Falisques12 et la tradition, rappelée par Servius, qu’il y avait un collège des Saliens à Faléries et à Veies 13 nous attestent également l'existence d’un culte du dieu dans la région méridionale de l'Ëtrurie. Quant aux monuments figurés de l’Étrurie, notamment les miroirs, ils nous présentent deux divinités que l'on a identifiées avec l’Arès des Grecs ou le Mars des Latins : Laran , qui apparaît sur un certain nombre de miroirs sous les traits d'un dieu jeune et guerrier, armé de l’épée ou de la lance et du bouclier, la tête couverte d'un casque, et dont la place est à proximité d ' Aurait ou Aphrodite 14 ; et Maris , qu'on voit sur les miroirs sous différents aspects et ù différents âges, parfois ailé, d’ordinaire armé et dans des scènes dont l’interprétation est difficile à cause de
l’ignorance où nous sommes des léCP„H* ,
Fn Ombrie, Mars est un des dieux nation" , ?les ’l anciens. Les tables eugubines font connaître -, pl"i adoré avec les surnoms de Grabovius 19 , ‘ y élait|
être un équivalent dialectal de Gradivus n’ J1,1 J81 pPut1 Le nom du dieu reparaît dans celui d’autres T-'l nommées par les mêmes documents : Pic;,,'
Cerf us Martius , Praestita Cerfia Cerü Unir Tl Cer/ia Cerfi Martii 19. Dans les environs <
trouvée une statue de Mars avec une inscrintio' \ révèle une autre épithète du dieu, Cyprius, donu! sens est celui de Bonus 20. A Tuder, le culte de Mnous est attesté par deux vers de Silius Italicus 2‘ si: 'Tl voie Flaminienne, entre Namia et Mévania, la tablT i! Peutinger et 1 Itinéraire d’Antonin mentionnent un! statio ad Martis 22 . ne ;
Dans la Sabine, le culte de Mars nous est signalé pari la présence du mois Martius que contenait le calendrier régional, en particulier celui de Cures23. Le dieu avait | un temple dans l’antique ville, ruinée de bonne heure de Suna “4, à Trébula Mutuesca M et un oracle à Tiora Matiéné 26. Il y avait auprès de la via Salaria une statio ad Martis 27 . Le même culte existait chez les Picentins peuple détaché des Sabins par suite d’un ver sacrum T Quant aux Marses et aux Marrucini, leur nom même j rappelle celui du dieu et témoigne du culte qu'il y occupait dans la religion nationale29. Il est attesté aussi à Larinum, capitale des Frentani 3Ü. Dans le Samnium, il se constate par l'usage indigène du ver sacrum31, par des inscriptions 32, par la présence d’un viens Martialü • près de Bénévent 33.
Les Osques adoraient aussi Mars comme un dieu na- j tional : Tite-Live cite un ancien temple qui lui était consacré à Capoue31. A Calés, il y avait une Martialis porta35. \ Les monnaies romano-campaniennes portent fréquemment l’image du dieu 36, et ce sont également les mon- j naies qui nous font connaître son culte dans la Lucanie".!
Dans le Latium, le culte de Mars n’est pas moins ' répandu, et il remonte, là aussi, à une très haute antiquité 38. Un mois lui est consacré, celui de Martius, notamment dans les calendriers d’Albe, d’Aricie, de Laurentum, des Herniques 39. Nous connaissons un collège des Saliens à Albe, à Tusculum, à Tibur et a Lavi-
l Curtius, Op. cit. 567; Corssen, Aussprache , 2e éd. p. 404 sqq. ; Grassmann, in kulm's Zeitschrift, XVI, p. 162 sqq.; Rosclier, Apollon und Mars , p. 18, et Lexikon , II, 2437 sqq.; Mois, La nat. des dieux , p. 163. — 2 On a aussi rapproché Mars de ^.âpygc^ai, « combattre »; de papouve», « flétrir », de mors, du scr. Mar ut : voir Rose hcr, Lexikon , L. c. — 3 Marspiter est indiqué par Vairon, De ling. lat. VIII, 33, comme inusité; mais on trouve cette forme citée par Aulu-Gelle, V, 12,5; Macr. Sat. I, 19, 3; Prise. VI, 39; Maspiter ap. Varr. Op. cit. VIII, 49; IX, 75; X, 65. — 4 Henzen, Act. fr. Arv. p. 26-27; Jordan, Krit. Reitr. p. 192; Becker, üom. Bl. I, 194; II, 213 {Mâr-màr = 'rApêç-,,Ape;).
— 3 Corp, inscr. lat. I, 63; cf. RitschI, B/iein. Mus. XVI (1861), p. 601 sqq.; Op. IV, 489 sq. — 6 C. i. lat. I, 808 (Rome) = VI, 473; cf. Liv. XXII, 1, 11 ; et l'étymologie: qui magna vorteret ap. Cic. De nat. deor. II, 26, 67. — "> Preller- Jordan, Roem. Myth. I, p. 335, n.4; Mommsen, Unterit. Dial. p. 276. — 3 Fest. éd. O. Muller, p. 131, s. v. Mamertini et p. 158; Etym. Gudianum, p. 379, 12; cf. Lycophr. 938 et 1410. Ce nom a pu aussi être dérivé de celui de Mamercus, fils de Numa, dont les Mamerci Aemilii se réclamaient comme ancêtre : Paul. p. 131.
— 9 Müller-Deecke, Etrusker , II, p. 57 sqq. 169; Reecke, Etr. Forsch. IV, p. 35 sqq.; Gerhard, Ges. Abhandl. I, p. 307, 12. — 10 Vitr. p. 30, 12, éd. Rose.
— il Tab. Peuting. \ Anonym. Rav. I V, 36, p. 287; Guido, Cosmogr. p. 490. Pérouse : Corp. inscr. lat. XI, 1919. — 12 Ovid. Fast. III, 89. — >3 Serv. ad Virg. Aen. VIII, 285 ; Usener, Rhein. Mus. XXX, p. 213 ; Preller-Jordan, I, p. 282.
— H Gerhard, Etr. Spiegel , III, p. 328, pl. cclvii B; IV, p. 13, pl. cclxxxiv ; V, pl. lxxxiv, 2, etc. ; Deecke, art. laran in Rosclier, Lexikon, II, 1866. — I3 Gerhard, Op. cit. III, p. 95, pl. xc ; p. 158, pl. clxvi ; IV, p. 13, pl. cclxxxiv, 2 ; V, pl. 1, etc. ; cf. Deecke, Etr. Forsch. IV, p. 34 sqq. 79; V, p. 47; Bréal, Actes du X 6 Congrès des Orientalistes tenu en 1894 à Genève, et art. maris in Roscher, Lexikon , II,
1375 sqq. — 16 Tab. [ a 11 et VI b 1; Büclielcr, Umbrica, 1883; Rosclier, tel- j
:on, s. n. Grabovius. — U Bréal, Tables eugub. p. 06 sq. ; cf. GrotefenU. lb
limenta ling. umbr. Partie. III, p. 23; Grassmann, Zeitsc.hr. [■ \ ^
’orsch. XVI, p. 192 sq.; Lassen, Beitrüge ~. Deutung d. Eug. Ta/. !>■ ■!
- 18 Tab. I b 2 ; VI b 43; Bücheler, O'p. cit. p. 80. — 19 Bücheler, p. ’,s
toscher, s. v. Ceres , Cerus. — 20 Henzen, n. 5607 ; Varr. De ling • i"rtommsen, Unterit. Dialecte, p. 350; Bücheler, Op. cit. p. C >, jy
r eit. 1866, p. 210, note (stalueltes de Mars Cyprius). — 21 Sil. H®1- j
22 : Gradivicolam celso de colle Tudertem ; VIII, 404. Jtmu • ^
. 311. 23 Ovid. Fast. III, 93 sqq. — 24 Dion. Halic. I, 14. - * “•
2 et 43. — 26 Dion. Halic. I, 14; cf. Arch. Zeit. XV, p. 30. — ' '
’osmogr. p. 491; Tab. Peuting. — 26 Strab. V, 4, P- " t0 ’ ” :nscrip-
at. III, 110; Fest. Epit. p. 212. Cf. pour la Sabine et le Picénuin, ^
ons Corp. inscr. lat. IX, 4108 , 4502 , 5 060. — 29 Corssen, A usspi IC ^ ^ p. 405. Cf. le nom de la capitale des Marses, Marrubium. - '
7 lient. 43. Peut-être est-ce une tête de Mars qu'il faut reconnaître sm t- ^ ^ aies de la ville : Cal. of greek coins, Italy, p. 70, n. - ; bnlioof, -I J -31 Strab. V, p. 250; Paul. Diac. s. v. Irpini, p 106 (0. MullerR--^ / j it. IX, 1089, 2198 ; cf. Cat. of greek coins, Italy, p. 69. - ' ' dc
7- IX, 1455; ., 5, ; cf. p. 129. - 34 Liv. XXVI., 23. Cf les insccjt,^ •£ I , ipoue avec les formes Mamertiar et Mamerttiais ( * ^ ^ 455® |
ücheler, Rhein. Mus. XL1V (1889), p. 323 sqq. - 36 Corp- inscr. *
- 30 Babelon, Monn. de la rép. rom. I, p. 10 ; 25 sqq. ; 1 ieJ’ . 224t
111, p. 12; Corp. inscr. lat. IV, 879. — 37 Cat. of greek . 0v’id.
13 sqq. 341, 372. — 38 Verrius Flaccus, Fasti Praenest. 1
MA K
MAR
et Lavi-
, (>t un flamen Martialis à Laurentum e
i miuviura, à Aricie2. Albe avait également un Jïï>’ ;I . Mars a et Yélitrae un ancien autel du dieu 4 is Sü1 1 1 1 * . . » „ .v-, m n ji ln Tipnin «U; Rome
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la lance, son
conservait, comme à la Regia de Rome, cvmhoie B. Enfin un certain nombre d'ins- ,1e differentes villes latines, confirment la
Stoton de ce culte dans la région', t nt à Rome même, bien que nos renseignements trias circonstanciés sur sa religion que sur celle r -litres villes du Latium, les origines et la nationalité h -cultes primitifs soulèvent encore bien des quesi::;, ne sont pas résolues. Ce qu’on peut dire d a Iprès certain, c’est que le culte de Mars s’y présenj I dès une très haute antiquité, sous une double forme répondant à une double origine, celle de Mars proprement dit et celle de Quirinus. Le culte de Mars a son centre au Palatin, la première occupée des sept collines, la Roma quadrata de Romulus, c’est-à-dire le siège, à ce ■U Semble, de l’élément latin de la cité romaine1. C'est au pied du Palatin et à l’extrémité sud-est du Forum, que se trouvait la Regia, le palais légendaire de Mima’, en réalité le sanctuaire religieux des Latins9 ; danS une des salles ou sacraria de cet édifice, on con¬
servait les lances sacrées du dieu, hastae Martiae , lances prophétiques, auxquelles s’attacha toujours la plus grande vénération10. Au sommet de la même colline s’élevait la curia Saliorum , c’est-à-dire le local où s’assemblaient les Saliens du Palatin, plus tard appelés Salii Palatini , pour les distinguer des Saliens du Quirinal [salii] 11 : ils y gardaient, avec le lituus de Romulus, les douze boucliers ou ancilia qui, comme les lances de la Regia , s’agitaient d’eux-mêmes pour prophétiser dans les moments critiques 12 ; on y voyait en outre, s’il faut en croire le témoignage de Servius, une statue de Mars armé de la lance13. Enfin l’importance du culte de Mars dans la religion primitive de Rome est confirmée par l’existence du flarnen Martialis qui comptait au nombre des trois flamines majeurs [flamen, p. 1160]. Dans la hiérarchie des prêtres telle que nous l’a transmise Festus14, c’est le rex qui occupait le premier rang; viennent ensuite le flamen Dialis , le Ihmm Martialis et le flamen Quirinalis ; à cette classification correspond celle des dieux Janus, Jupiter, Mars
1 Corp. iriser, fat. VI, 2170 sq. ; X, 707 ; cf. IV, p. 197; Serv. Virg.
• 'III, 285; Macrob. III, 12, 5; Schol. ad Hor. Carm. 1, 36, 11. D’Anaguia promil un lelief avec une représentation des Saliens : Benndorf, Annali , 1809, p. 70, ]V' ' Marquardt, Staatsverw. 111, p. 414, n. 1 ; 415, n. 1. Cf. sur la fondation de Dio l,llUm "n° 'hjcnde où le loup, l'animal consacré à Mars, joue un rôle important :
“D- U.ilic. I, 59 ; unc monnaie de Lannvium fait allusion à une légende analogue : ;; de la rèp. rom. II, p. 283 sq. ; Premier, Bestia-Vesta , p. 398 sq.
' 7 2 Corp- inscr ■ >at. X, 797 ; XIV, 4178a; XIV, 2109 ; Rev. arch. 1888, I,
Lcr ^ D‘0n' Hal‘C‘ h 77' — 4 Suet- Auff- !• — 5 hiv- XXIV- 10‘ ~ 6 Co,'P'
30t , 1,3 = X*V, 2578 (Tusculum); XIV, 4176 (Lavinium) ; 4178 (Lannvium) ;
5(116 (i S<1' (0sUe| : 2894 81- 4105 * (Préneste) ; 3563 a b (Tibur) ; 4012 (Ficuléa) ; X, le quIi ' ~ 1 Mommsen el Marquardt, Manuel des antiq. romaines , t. XII, livre | i ' ' ' ^‘'ssauib P- 29 sqq. ; cf. Mommsen, Bisl. rom. trad. franc, t. I, - 9 j,,,. j ' 8 ®°lin- I, 21 ; cf. Tac. Ann. XIV, 41 : Numaeque regia , etc.
p. 298 i " 7oPü-7r- I, 2, p. 298 sq. 413 sq. ; Mommsen et Marquardt, Op. cil. t(188'". r ^'c'lols’ Regia, in Roem. Mittheil. 1886, p. 94; Id. Archaeologia, 6, | ,., T. Uraye' Ae». de thist. des relig. 1887, t. XVI, p. 332. — üell. IV,
110 ; Plut /)'lltU5COU9ulte de 0551 ’ cf' Liv- XL’ 19 ’ ,ul- 0bsccl- C0' 96’ 104> 107’
1 20 y UnfUl' 29‘ ~ 11 Mommseu-Marquardt, Op. cit. t. XIII, p. 159 sq. ; Liv. fii°n jj’a|. " ‘ ~ ' 12 Cic. De div. I, 17, 30; Liv. Epit. 68; J ul. Obseq. 104; ont conclu ■ y' ,0 • XIV, 2,5; Valer. Max. I, S, 1 1 ; Plut. Nam. 13. Certains érudils pensé {[11(. ,;! 'a Regia et de la curia Saliorum, ou tout au moins ont
Vision a.'iriï/'aet ^cs ^u,stae étaient déposés dans le même local. Sur celle dis- 13 Serv il ,1,)ll0grapliie dans Roscher, art. cité du Lexikon , II, 2388 sq. p. 1173 ; ]q0| ^en’ ^ ^ Fest. p. 185 a. — Flamen, p. 1160 et 1 161 ; cf.
°""»sen-Marquardl, Op. cil. I. XIII, p. 8-9, 16 et 19. — 16 Dionys. llalic.
et Quirinus. Mais celte liste elle-même, bien que remontant aux premiers temps de la république, est d une époque qui a suivi la fusion des trois tribus dont Rome s’est formée. Si l’on met à part le rex, qui n’a été créé qu’à la chute de la royauté, on est amené à penser que les trois grands flarninats répondent aux cultes les plus éminents des trois tribus, et que Mars y représente l’apport religieux des Ramnes du Palatin, dont il était par excellence la divinité nationale1'. 11 suffira de rappeler que, dans la légende nationale sur les origines de Rome, c’est Mars, époux de RhéaSilvia et père de Romulus, qui est considéré comme l’ancêtre du peuple romain.
Au Quirinal, c’est une population de race Sabine, les Tities, que nous trouvons établie. Elle a ses sanctuaires distincts et ses dieux propres : parmi eux, le plus important, celui qui a donné son nom à la colline ou qui l’a reçu d’elle, Quirinus. Quelle relation y a-t-il entre Mars et Quirinus? Les anciens n ont pas hésité à les identifier10 et les modernes sont disposés également à reconnaître en Quirinus un Mars sabin1 . Les deux divinités ont en effet même attribut, la lance; et, fait plus caractéristique peut-être, à l’époque où les trois tribus se furent fondues pour ne constituer qu une cité, on créa, à l imitation des Salii du Palatin, pour le culte de Quirinus, un collège de Salii Collini qui eurent, eux aussi, la garde de douze boucliers sacrés18. Quoiqu’il en soit, et à supposer que Quirinus ne soit qu’une épithète du Mars sabin, comme Gradivus était celle du Mars latin adoré au Palatin10, les deux cultes sont restés nettement distincts, chacun avec ses sanctuaires, son collège de Saliens, son flamen particulier, et nous n’avons à nous occuper ici que du dernier20.
Au témoignage de Vitruve, conformément à une coutume qu’il signale chez les Étrusques, c’est en dehors de l'enceinte primitive, à Rome, que se trouvaient les sanctuaires du dieu21. Cette assertion parait contraire à ce que nous savons : car, d’une part, elle ne tient pas compte des anciens sanctuaires du Palatin; et, d autre part, nous ne connaissons, comme centre d un culte authentiquement ancien de Mars en dehors du potnoerium , que l’autel, souvent mentionné par les auteurs, du Champ de Mars ( ara Martis)-1 ; on y sacrifiait en octobre Vequus oetober 23 ; et peut-être jouait-il quelque
11, 48; Cornut . 21: Ampdfi», IX, 2; Serv. ad -4e». I, 292. C'est ce que tendrait ii prouver aussi l'identification de Romulus divinisé avec Quirinus : Dionys. llalic II 63; Plut. Rom. 29. — 17 Mommsen, d’après le rapprochement de deux inscriptions, trouvées ensemble « in liortis Quirinalibus pontificiis » : Corp I 41 = VI, 475 (dédicace à Mars), el I, 630 = VI, 565 (dédicace à Quirinus) Cf. Preller-Jordan,' l, p. 369, n. 4 et Roscher, Lexikon, 11, 2387, note ■ Gilbert, Oesch. and Topogr. d. Stadt Rom, I, p. 280 sqq. - 18 Mommseu- Marquardt, Op. Cit. t. XIII, p. 159. - 19 Liv. I, 20, 4; V, 52, 7; Preller-Jordan, I, p 369 n. 4. - 20 On a voulu établir un rapport entre le nom de Quirinus el celui dé la ville sabine de Cures : rien n'est plus arbitraire ; on peut eu dire autant du rapprochement entre Quirinus et ci iris ou quiris (nom sabin de la lance’). La rcla- Kon entre Quirinus et Quiritcs est au contraire évidente. D'apres Bouché-Leclercq ( Manuel d'es inslit. rom. p. 482 sq. 490 sq.), c'est l'élément latin qui a imposé aux Sabins du Quirinal le culte de Mars-Quirinus, avec sou fiamine et son collège de Salions et qui a voué le Champ de Mars (dépendance topographique du Quirinal) au dieu latin par la foudaliou de l'autel de Mars et des jeux équestres. Aux preuves
e uous avons données de la séparation des deux cultes et des deux divinités, ou peut ajouter les formules comme celle du dévouement citée par Tite-Livc, Vlll. 9, 0 ; Jane, Juppiter, Mars pater, Quirine, Dellona.... — 21 Vitr. p. 30, I J Rose, La raison qui est donnée de cette particularité, c'est que le dieu doit protéger la cité du péril extérieur, et non pas fomenter les discordes civiles. Cf. Mythogr. Vat. ni, 10; Serv. ad Aen. I, 292. — 22 l'ar exemple Liv. XXXV, 10 ; XI 45, etc. — 23 Plut. Quacst. rom. 97 ; Fest. p. 178, 5; p. 220, s. v. Panibus ; Paul. p. 8t. Sur le même autel, on offre un sacrifice (suovetaurilia) pour les spolia secunda : Fest.p. 189, s. t-, Opxma ; cf. Serv. ad Aen. VI, 860 ; Plut. Marcell.
MA H
rôle dans les danses des Salions1. Dans le voisinage de eet autel on éleva plus tard un temple au dieu8. Quant au Champ de Mars lui-même [campus martius], il semble, si l'on s'en rapporte à Tite-Live, n'avoir été consacré à . la même divinité qu'après la chute des Tarquins9. Outre les exercices militaires et les réunions des comices auxquelles il était affecté, on y célébrait une des grandes fêtes en 1 honneur de Mars, les equirria et les Mamuralia.
Au bord de la voie Appienne, entre le premier et le deuxième mille au delà de la porte Capène, et sur une petite éminence qui précède aujourd'hui la porte San Sebastiano, se trouvait un temple de Mars4 qui, d'après Servius, y était adoré sous le nom de Grodivus 5. C’est dans 1 édifice même que l'on voyait sans doute une statue de Mars, entourée d'un groupe de loups, mentionnée par Tite-Live sur la voie Appienne6. Au reste, toute cette région était consacrée au dieu : elle portait le nom de ad Martis et l’on y signale aussi un clivus Marlialis 7 ; diverses inscriptions, relatives à Mars, y ont été retrouvées8. Quelle est la date de la fondation du sanctuaire lui-même? On l’a cru très ancien : peutêtre est-il, identique au temple dédié à Mars entre les années 306 et 388 par le duumvir sacris faciundis T.Quinctius à la suite de l’invasion gauloise9.
Les autres temples de Mars à Rome sont d’une époque postérieure. D. Junius Brutus Gallaecus, consul de l’an 138 avant notre ère, en fit édifier un près du Cirque Flaminius et y logea la statue colossale faite par Scopas10. Auguste consacra à Mars Ultor deux temples qu’il faut très probablement distinguer l’un de l’autre : le premier, au Capitole, est de l’an 20 av. J.-C. ; il avait été édifié pour glori- Fig. 48*5. - Temple fier la victoire remportée sur les Parde Mars Ultor. thés et qui avait vengé la défaite de Crassus" : il devait être de dimensions assez restreintes et de forme ronde, si l’on en juge par des monnaies qui paraissent (fig. 4813) reproduire sa silhouette12. Quant au second, Octave l'avait voué en l'an 42 av. J.-C., au cours de la campagne contre Brutus et Cassius, pour venger le meurtre de César, pro ultione paterna, mais il ne fut inauguré qu’en l’an2 avant notre ère, et avant d’être complètement achevé13; il se trouvait au Forum AugustiH ; c’était un des plus magnifiques de la cité : parmi les trophées et les nombreuses œuvres d’art qui le décoraient, figuraient la statue de Jules César et un groupe de Mars et Vénus, ancêtres divins de la gens Julials. Le même groupe divin, d'après Dion Cassius, occupe une place éminente parmi les divinités en l’honneur desquelles fut édifié le
4C est une induction fondée sur un texte de Servius, qui dit d’une manière générale : rlicti Salii ideo quodcirca aras saliunt et tripudiant: ad Aen. Vlll, 285et G63.
- Dio Cass. LV 1, 24; Ovid. Fast. II, 8tiO ; Vitr. I, 7, I ; Rosclier, art. cité, 2390. — 3 Liv. Il, 5. 2 ; Flor. Epit. I, 9, 1. — *Cic. Ad Quint, fratr. III, 7; Ovid. Fasl. VI, 191 ; Lanciani, Annali, 1871, p. 79; Dcssau, Dullett. 1882, p. 121 sqq. ; Jordan, Topogr. II. p. III; Gilbert, Gesch. u. Topogr. II, p/9C sqq.; Baumeistcr, Denkmüler, Il p. 1521. — 5 Serv. ad Aen. 1, 292; cf. Prop. V, 3, 71. — 6 Liv. XXII, I, 12!
‘ Jordan, Op. cit .; Gilbert, Op. cit .; Becker, Top. p. 512. — 8 Corp. 1. 53 1 = VI, 1 ; I, 8ng=\ I, 4/3; 474, *78 Le manalis lapis qui se trouvait à proximité, 11a aucun rapport a\cc le culte de Mars, comme on l a cru par erreur: Wissowa, s. v. in Rosclier, Lexikon , II, 2308 sq. — 9 Liv. VI, 5, 8 ; cf. VII, 23, 3; X, 23, 12; X, 47, 4. Cf. là noie de Aust dans le Lexikon de Rosclier, II, 2390 sq. — 10 Plin. Lfist. nul. XXXVI, 20 ; Corn. Nep. fr. 13. — 11 Dio Cass. LIV, 8. — 12 Becker, Topogr. pl. v, n. 20; Cohen, Monn. de Vemp. rom. 2' éd. t. 1, p. 89 sqq. n. 193 sqq. = Rosclier, Lexikon. Il, 2392, fig. I. 1 i Dio Cass. LX, 5 ; Suet. Aug. 29 ; Corp. inscr. lut. I, 2“ éd. I, p. 318 ; Thédenal, Le forum romain, p. 214. h Appelé aussi forum Martis :
MAR
Panthéon d’Agrippa16. Enfin, ration des édifices r
Pour achever cette û,
taiion ues edihees religieux consacrés •>„ , enui»ê-
a Rome, rappelons que, suivant un témoigné ^ Milrs réserve au dieu un des sacraria annexé, 0n avait Jupiter Capitolin n. au lemple
La diffusion du culte de Mars dans lVnw suivit tout naturellement les prom-ès d pire r°'«ain Dans un très grand nombre de colonies et l * C°nquêlenous retrouvons des temples de Mars 16 Pr?,Vlnces’ Saliens19, unflamen Martialis*0, surtout d!? 60 °ge qe votives en l’honneur de Mars, épxthetes, ou encore associé à d’autres divinités comme Jupiter, la Victoire, Hercule, Minerve21 n-'"08’ part, en beaucoup de contrées, il a été identifié','!?'6 divinités locales des peuples qui ont été en contact ' borne ; c est ainsi qu’on le trouve assimilé à Teutà!? ilarmogius, Latob.us, Thingsus, Lacavus, Leucetius t divinités dont quelques-unes sont connues, mais’dont beaucoup ne nous sont révélées que par ces mention sommaires de 1 épigraphie22.
Caractères du dieu Mars; son culte. — Le Mar italique ne se prête pas, comme l’Arès des Grecs, à !ne définition nette et simple ; sa nature est plus complexe Sans doute il apparaît surtout, dans la littérature et les croyances de l’époque classique et jusque souè les derniers empereurs, comme le dieu des batailles ; c’est lui qui a conduit Rome à l’empire du monde ; il a personnifié le génie conquérant de son peuple. C’est là le caractère qui frappe tout d’abord ; mais tel n’est pas, autant qu’on en peut juger, son caractère primitif ou lout au moins son caractère prédominant dans les plus anciennes croyances. Pour les antiques populations de l’Italie, il était avant Lout un dieu rustique, qui préside a. la végétation et à la force productive de la nature. Comment et dans quelle mesure ces deux aspects de sa personnalité se sont-ils combinés, comment la transition de l’un à l’autre a-t-elle pu se produire? C’est ce que nous tenterons d’établir, en envisageant tour à tour les différents éléments de sa nature, et en faisant appel, pour cette analyse, à tous les renseignements que nous fournissent les pratiques de son culte et de ses fêtes, ses légendes, ses épithètes, ses symboles.
Dans son ouvrage sur l' Agriculture, Caton nous a conservé des indications très précieuses et très nettes sur le caractère agreste et champêtre du dieu Mars chez les populations de l’Italie. Sous le nom de Silcanus , les pâtres et les éleveurs l’invoquent pour la prospérité de leurs bestiaux, pro bubus ut valeant 23 . Ce .durs Silvanus est donc une divinité analogue à l’Apollon Nopo; ou NafTaïoç21 : le surnom qu’il porte indique que sa
Schol. in Juven. XIV, 261. — 15 Ovid. Trist. II, 96; Fasl. V, 550 sqq. Nous citerons plus loin les représentations figurées (fig. 4849) qui semblent reproduire le 1)1“ 111 Mars de ce temple. — IG Dio Cass. LUI, 27. — 17 August. De cit'it.dei,l\ , Iîosclier® I.exikon , II, 2392 sq. ; capitouum, p. 905. — l8 Ail confluent de 1 Isère et d.i U"iiio, IJ. Max. Fabius Aemiliamis avait édifié deux temples, l'un à Mars, 1 autre à •
après sa victoire sur les Gaulois (121 av. J.-C.) ; Slrab. 185; Suétone, ' ll'1 10, mentionne un delubrum Martis à Colonia Agrippincnsis. — 1,1 A M'ionc, - V, 4*92 ; à Sagonte, Ibid. II, 3853 sq. 3859, 3864 sq. — 20 A Vienne, Corp. ML ^ h Grenoble, 2236; à Genève, 2600, 2613. Cf. n. amen, p. 1173, n. 23. — 11,1 jj ^
le relevé des inscriptions et des épithètes dans 1 article de Rosclier, Lexikon , ^ ^ — 22 pour celte énumération encore, nous renvoyons à la liste deRoscl» < • sq. 11 faut ajouter quelques noms de divinités nouvelles, révélées pai îles ni 1^^ découvertes depuis lors : Mars Beladus (lieu, épigr. du midi de ia ^ p. 360), Bolvinus (Ibid. 380), Cicollinus (Ibid. 1890, 436 sqq.), Htulh i (Dev. celt. XVIII, p. 87; cf. Ilini. Dhein. Mus. LII, 1897, p. 439 sq.), ®tc' j De re rust. 83. — 24 Rosclier, Apoll. und Mars, p. 63, el Lexikon , U,
MA H
MA H
, ,|ans les régions montagneuses et i'ores- | rjjsideneo p» également les grands pâturages
tires ou r(,lève du bétail1; de même d’autres divi- ! 'ic pastorale et champêtre, comme Silvanus,
\m de la 'censées habiter de préférence les forêts2. Pali;S’ S"" , rint-il pas chercher ailleurs la raison pour
K o»nt-(*trene v , .
peut-cdrc ‘^‘vgacrré lc loup à Mars. On sait le rôle ke!l,! °"(1‘|ns ga légende : les Romains l’appellent AÜ'[i°Uarlius lupa Martin ; son image est reproduite r , ' sanctuaires du dieu; son apparition présage le danb ' , , Mars; enfin la fable des jumeaux allaités par ITT met en 'évidence cette affinité entre le dieu et
* 0U'i] a plus tard, lorsque Mars fut décidément reTune divinité guerrière, on admit tout naturelle- I t crue le loup lui était associé comme symbole du Cctère sauvage et féroce de la guerre ; mais on peut se
lemander si l’idée qui présida dans lc principe a ce rapprochement n’est pas Incroyance que le dieu était le 'protecteur des troupeaux contre les bêtes féroces de la foret': c'est en somme la même conception qui se traduit, d’une manière plus explicite, dans l’épithète de Laperais appliquée à faunus, dieu parent et similaire de Mars.
* Le pic, pi eus Martius , l’oiseau de Mars, nous rappelle encore la nature silvicole et rurale du dieu. Il est déjà nommé dans les tables eugubines5. C’est lui qui guide l’émigration ou ver sacrum des Picentins5, comme le loup conduit celle des Ilirpins, et il intervient également dans les légendes sur les origines de ftome7. Il passait pour un oiseau prophétique8, et l’on
a conjecluré qu’il a été consacré à Mars précisément parce que son cri répété annonce au laboureur l’approche de la pluie D. On sait que sous le nom de Picus ou de Picumnus , l’oiseau cher à Mars a été promu lui-même au rang de divinité ou de héros10.
Dans le même ouvrage de Caton, nous trouvons d'intéressants détails sur le rôle éminent de Mars dans les bmbarvalia 11 . Célébrée le 29 mai à Rome, et à une date voisine en différentes localités12, cette fête avait essentiellement un caractère lustral. On purifiait ainsi soit une ville, soit une campagne ( lustratio pagi) ; les simples particuliers purifiaient leur champ pour appeler la bénédiction céleste sur les moissons au moment où elles mûrissent u. C’est à Mars que, dans les temps les plus reculés, on offrait en sacrifice des victimes, les suove-
taurilia, c’est-à-dire h; porc, le bélier et !<■ taureau, après les avoir promenées trois fois autour de 1 objet qu’on voulait purifier11; c’est à Mars également qu on adressait, avant le sacrifice, la prière; dont Caton nous a conservé la formule sacramentelle : « Père Mars, je l implore, je te prie d’être bienveillant et propice à moi, à ma maison, à tous mes gens : c’est pourquoi j’ai lait promener des suovetaurilia autour de mon champ, de ma terre, de mon bien ; empêche, détourne, écarte les maladies visibles et invisibles, les épidémies et les ravages, les dégâts eL les intempéries; permets aux plantes, aux blés, aux vignobles, aux vergers de pousser et de bien venir ; conserve en bon état bergers et troupeaux ; accorde santé et prospérité à moi, a ma maison, à tous mes gens. ». C’est à peu près de même façon, quoique en termes plus sommaires, que le chant des Arvales appelle la protection du dieu sur les champs : « Ne permets pas à la contagion, ô Marmar, de se répandre dans nos champs — Protège les semailles, ô Mars! sois favorable aux semailles, ô Berber 10 ! » Dans la fête des robigalia, célébrée le 25 avril, il est associé à Robigus ou Robigo, divinité qui guérit les blés de la nielle16, fonction qui, à Rhodes, était dévolue à Apollon Ip'jÔtêtoç 17. To utes ces croyances nous montrent en Mars un dieu à.7:oTpÔ7ta[oç ou averruncus **, qui sait combattre efficacement les fléaux dont l’agriculture est menacée.
L’épithète de G nul iras, une des plus usitées, et qui fait souvent partie de l’appellation officielle du dieu", conserve peut-être la tracede ce caractère agricole. Lesanciens, guidés par une analogie superficielle, ont rapproché ce mot du verbe gradior, et l’interprètent comme faisant allusion à la démarche impétueuse du dieu de la guerre20 : mais la racine de gradior est brève, et la première syllabe de Gradivus est longue d’ordinaire21. Aussi a-t-on proposé de rattacher ce mot à la racine qui se retrouve dans grandis , grandire : le Mars Gradivus serait ainsi le dieu « qui fait croître » les plantations22. L’épithète a eu, dans la suite, la même fortune que la divinité elle-même; et c’est ultérieurement que, s’appliquant à un dieu guerrier, elle a paru exprimer son caractère belliqueux.
Rappelons enfin, toujours dans ce même ordre d'idées, que certaines plantes ou arbres étaient plus spécialement consacrés à Mars : le figuier, qui lui a valu le surnom de Ficarius*3, le chêne24, le cornouiller25, le laurier qui semble
I 0' linij. lut , y, 3G : « <{iios agros non colebant propLer silvas aut ici
I’ccus P088'1 pasci, et possidebaut, ab usu salvo saltus nominarunt ; I acceiiam Graeei vijrrç, nostri nemora ». Fcsl. p. 320: « saltus est ubi ilvae et [,, 111,5 sllnl "• 2 Pour Palès, voir Ovid. Fast. 1 V, 746; sur Silvanus, voir n ll""lan' L 392 sq. — 3 Voir les textes réunis par Prcller- Jordan, I, 33G,
I Sir I V,UP Ùsaleraeot 1 archégôte des Hirpini ( hirpus est le nom sabin du loup) : 1 aU,V’L 12 ; Fcsl. p. 10G
| interpi
Utnlji
, v. Irpini. — 4 Prcllcr-Jordan, Ibid. 33G sq. Cf. d’autres
o Tab. V 4, 9 et 15 ; 212, v. Pieena regio. —
Bücbcler, 1 Sclnce-
. / j'1' '011s dans Schwegler, Roem. Gesch. 1, p. 3C3 sq. ; Mannhardt, Ant. Wald-
“ e 1 1,1 le, |>. 333; Roscher, Lexikon, II, 2430. gler T'; P' “,13 *!• — 6 Strab. V, 240 ; Fest. p
Anl J j (r(‘-sc^L I. P- 233 et 416, 11. 3. — 8 Dion, llalic. I, 14. — 9 Mannhardt, a(l-len \'| - i — 10 Prcller- Jordan, 1, p. 375 sqq. Un texte de Servius,
— O //.;,/ i û*'C^e aUSS* ^Pcrvier ( accipiter ) parmi les oiseaux consacrés à Mars.
• AMBARVALE SACRUM, AMBURBIUM, ARVALES FRATRES | MomillSen-Marsqq.; Prellor-Jordan, I, p. 340; Roscher, art. cité,
lu. Cf
I £*• xi.; P. .n
I encore disci l U 0Wler’ ^le roman festivals, p. 124 sqq. C/est une question
par les Ai vdo 1 * * S* ^es Atnbarvalia sont identiques à la fêle similaire célébrée
Ibid. p. .jj '1^11 *c ,*c,‘11|cr des ouvrages cités, p. 125. — 12 Mommsen-Marquardt,
Iran lue ,7 U Corp' inscr- l“t- I, p. 358 (Menologia rustica) : « segetes lus-
Büchelcr / c' ; ^ aIT- Dererust. Il, 1, 10 (à propos de Vambilustrium) ;
*1* Mar-, | " ICa' P- 81 S(L Plus tard, c’est à Tellus et à Gérés, qui prit la place
Bréal, 3/p,,, a<M '"‘Put offert : Virg. Georg. I, 338 sq. — 15 Traduction de
«il- XIII, |, |()(| /,f Sot’' IV (1881), p. 373 ; cf. Mommsen-Marquardt, Op.
Arvalii, i " ' "ars avi>it sa place dans le cullo de uea dia auquel soûl voués
■ u était — ■
une des divinités adorées dans ic bois sacré de la déesse : Jordan
Krit. Beilr. p. 202, 20G ; Pauly-Wissowa, Bealenc. s. r. — 16 Tertull. De spect. 5. Ou remarque que le prêtre qui officie aux Robignlia est le flamen Quirinalis : or Quirinus est une forme de Mars. Itobigus est peut-être une indigilaliou de Mars : Âust, Die Religion de Borner, p. 170, note. Cf. sur cette fête les autres textes réunis daus Mommsen-Marquardt, XIII, p. 363 sq. ; Roscher, 11, 2403; Warde Fowlcr, The rom. festin, p. 88 sqq.; et Mannhardt, Mythol. Forsch. p. 107 sq. — n Strab. p. 613; Roscher, Apotl. u. Mars, p. 62. — 18 Aulu-Gclle (V, 12, 1 i) cite en même temps que Robigus un dieu Averruncus qu'on invoque en ces jours de fête : serait-ce aussi une épithète de Mars lui-même? Prcller-Jordan, I, p. 340, n. 3 : rf. Varr. De ting. lut. Vil,
{02 lo Liv. I 20, 4 : V, 52, 7 ; XXI, 1 . On a vu plus haut que c’est sans doute lc
même mot que le Grabovius ou Krapuvius des labiés Eugubines. — 2U Paul. p. 97 :
« Gradivus Mars appellatus es! a gradiendo in licllo ullro cilroque » : Serv. ad Aen. 111 35 : « üradivum, OoJpcov "Apiiii, i. e. exsilientem iu proelia ». — 21 Virg. Aen. 111, 35 • X, 542 ; Ov. Fast. II, 859. l.a même syllabe est brève dans Ov. Met. VI, 426
22 Bréal Les tables eugub. 64 sqq. Les anciens eux-mêmes oui rapproché d'autre
part Gradivus de gramen : Fest. p. 97 : » Gradivus Mars.... quia graminc sit ortus » ; cf. Ovid. Fast. V, 229 et 255. Ou en induisait aussi que le gazon ( gramen ) était consacré au dieu .-Serv. ad Ami. XII, 119. On sait que la couronne de gazon (corona grain inea) était la plus haute récompense militaire : cou un a, p. 1535 ; Preller- Jordan, I, p. 350, u. 2; Roscher, Lexik. II, 2411, noie '; 2429; Usencr, Bhein. Mus. XXX, p. 215 sqq. — 23 Corp. inscr. lat. XIV, 309 (Ostie); Roscher, Ibid. 2428; Prcller-Jordan, 1, p. 110. — 24 guet. Yesp. 5; Mannhardt, Ant. Wahl- u. Feldliulse p. 23. — 23 Un cornouiller aurait surgi d'une lance de Mars près de la maison de Romulus : Plul. Rom. 20 ; Serv. ad Aen. 111 46; Arnob. IV, 3.
MAR
UihS —
a\oir joui' dans son culte le rôle d’a7toTpd:ratov la fève2.
Le dieu qui veille à la prospérité des campagnes manifeste surtout sa puissance dans les phénomènes qui accompagnent le renouveau de l’année; c’est alors que renaît dans, la nature entière, plantes, animaux et hommes, l’activité productrice dont il est la personnification. Mars est, pour cette raison, conçu éminemment comme le dieu du printemps; c’est dans cette saison que sont célébrées quelques-unes des fêtes les plus importantes de son culte. Ce caractère s'accuse tout d’abord dans 1 antique usage du ver sacrum. Sans répéter ici ce qui a été dit à ce sujet devotio, p. 115-116], rappelons que cette pratique, en usage chez diverses peuplades italiotes, consistait à dévouer au dieu, en cas de calamité publique, les fruits ou les générations du printemps à venir. Quant aux sacrifices humains, qui, dans les temps primitifs, s accomplissaient réellement, ils furent remplacés, avec l'adoucissement des mœurs, par des exodes de populations. La jeune génération, ainsi consacrée à la
divinité, partait, après vingtannéesrévolues, à larecherche d unepatrie nouvelle. Nous connaissons un certain nombre démigrations de ce genre; et, pour chacun de ces cas, la légende ne manque pas d’indiquer que la colonie exilée partait sous la conduite et la protection d’un des animaux spécialement consacrés à Mars, le loup, le pic, ou le bœuf de labour3.
Mais le fait le plus caractéristique, pour cet aspect du dieu Mars, c’est que les Romains ont mis spécialement sous son invocation le premier mois du printemps, celui même qui ouvrit chez eux, jusqu’à Jules César, l’année civile et religieuse; ils lui ont donné le nom du dieu, mensis Martius : détail d’autant plus significatif qu’aucun autre des mois de l’année, à l’exception de janvier, n'a reçu le nom d'une divinité : encore faut-il remarquer que le premier jour de januarius seul est consacré à Janus, tandis que le culte de Mars est prédominant pendant toute la durée du mois auquel le dieu préside \ Il suffit de jeter les yeux sur le tableau qui a été dressé, à l'article feriae [p. 1049], des fêtes primitives de l'État romain [feriae siativae), pour remarquer le nombre de celles qui se pressent à cette époque de l’année pour rendre hommage au dieu Mars.
Les cérémonies commençaient dès la fin de février, le dernier mois de l’année écoulée, qui avait été rempli par les purifications et les offrandes aux morts : le 27 de ce mois avaient lieu les equirria, qui consistaient essentiellement en courses de chevaux au Champ de Mars. Les calendes de Mars, qui sont le jour de l’an romain, étaient spécialement consacrées au dieu5 ; le
l Le laurier joue du moius ce rôle à lafêledes Itobigalia ; à la plus imporlauledes fêtes du dieu, le i'r mars, on renouvelait les rameaux de laurier qui décoraient la Regia et la Curie : Ovid. Fait . III, 1 35 sqq. ; Macrob. Sat . 1 , 12, 6 ; Roscher, L. c. 2428 sq.; Warde Fowler, The rom. festin, p. 35-36. — 2 Lyd. De mens. IV, 29; Serv. ad Aen. XI, 51. — 3 Ce dernier cas est celui desSamnites fondateurs de Bovianum : Strab. V, 250.— 4 Warde Fowler, Op. cit. p. 33. Quant à junius, il n'est pas sur que ce mot déri\e de Juno : Roscber, Lexikon , s. v. p. 575, note. — 5 Feriae Marti : calendrier de Prénestc. — * 11 y est noté du signe N = natalis Martis. — 7 Warde Fowler, Ibid. p. 37-38. — 8 Ovid. Fast. III, 351 sqq. ; Plut. Num. 13. — 9 Dion. Halic. II, 71.
— 10 La même expression est déjà employée par Lydus, De mens. III, 15 et IV, 29 {Ktû.0. xivîîv) à propos du premier jour de Mars; elle revient encore chez le même auteur pour le 23 mars ( tubilustrium ), IV, 42. Comme les Saliens exécutaient leurs danses avec les boucliers pendant tous les jours sans interruption, peut-être ces trois journées-là répondent-elles aux plus importantes des mansiones Saliorura : Smith, Dici. of antiq. v . Salit (Marindin). — Il La date du 14 a été contestée, parce que ce serait la seule fête ancienne tombant sur un jour pair ; on a supposé qu’elle avait lieu primitivement le 15: Wissowa, De feriis , p. IX; cf. i-kriak, p. 1049, n. 2.
— 12 Equibru, p. 746, n. 15. — 13 Varr. De ling. lat. VI, 14; Macrob. I, 4, 15
MAR
calendrier de Philocalus note que ce jour comme le jour anniversaire de sa naissance1 * ,C°nsid4l
qui a sans doute son origine tout siirmio ’ CI'Uyance| fait que c’était le premier jour du mois^hT dans ce vocable 7. C’était encore ce jour-là, d’après le!. que le bouclier de Mars, le prototype des « H était tombé du ciel8 ou avait été trouvé don T de Numa9. Aussi en ce même jour les dmai80n inauguraient-ils les processions et les dive,'!!T [SAUIÏ devaient ensuite exécuter, sans discontinuité lls toute la durée du mois jusqu’au 24, Bien que’ ^ monies eussent lieu tous les jours, il est sèment mention de l’intervention des Saliens à cerhi fêtes détermines : le 9, où il est dit, dans le !
de Philocalus : arma ancilia movent 10- ie ^ .1
recommence, en l’honneur de Mars, la célébration Z Equirria n, fête qui finit par prendre le nom de Manu ralia, en commémoration du forgeron Mamurius r[u1 n’est sans doute qu’un doublet de Mars lui-même ‘s (e 17, où ils participent aux Agonia 13 ; le 19, Quinqunlm où a lieu la lustratio des ancilia" \ enfin le 23, jour du’ tubilustrium , en l’honneur de Mars et de là déesse NeriolK A cette liste, il convient peut-être d’ajouter la I fête champêtre du 15 mars, où l’on célébrait anna perenna qui, dans certaines versions, était mêlée à fai légende de Mars10.
Nous nous bornons ici à cette énumération sommaire, i renvoyant, pour la description plus détaillée des différentes fêtes, aux articles spéciaux de ce Dictionnaire. J Mais nous devons ici nous poser une question d’un ordre général. Est-ce uniquement par l’époque de l’année I où elles tombent qu’elles rappellent le caractère agricole | et printanier du dieu auquel elles s’adressent ? ou bien ce caractère se manifeste-t-il encore dans la physionomie j de ces fêtes, tout au moins dans certains traits de leurs rites? Disons d’abord que le printemps étant également le commencement de l’année militaire, il est naturel qu’à l’époque où Mars fut devenu par excellence le dieu des armées et des combats, cet aspect guerrier ait fini par prédominer dans les fêtes du mois de mars. C est ainsi que les courses de chevaux ou de chars des Equir- ! via sont devenues éminemment les fêtes du cheval de I guerre, ïequus bellator n, l’ami et l’auxiliaire du dieu des batailles, l’orgueil de la chevalerie romaine. 11 c°n‘ vient cependant- de rappeler que ce peut être aussi a titre de dieu champêtre qu’on a mis tout d’abord sous I sa protection les chevaux, dont l’élevage réussissait si bien dans les pâturages du centre de 1 Italie1. De j même, il est bien vrai que l’accoutrement moitié soi er j
( agonium Martiale)', Kal. Vat. et Caer. \ Roscher, H, 2401. a°l" ^ '||lre |J Manuel des inst. rom. p. 507, conjecture que c’est un concours do dan ' I
deux confréries des Saliens; Wissowa, Op. cit. p. XII. — 1+ ^v]er 0p. 1
Feriae Mar.)] Charis. I, p. 8 i , éd. Keil ; feriae, p. 1049, n. 5; Waide o ^ I cil. p. 51 sqq. — 15 Lyd. De mens. IV, 42; Fast. Praen. ; Clic. IF < ' > I
Roscher, Lexik. II, 2402. — 15 Ovid. Fast. III, 523 sqq. ; Uscner, Itlu m ^naC1.u j 182 sqq. ; Wissowa in Pauly-Wissowa, Iieal-Encycl. s. v. Quaid au ' ' (j(,'nnéc au- I ii tort qu’il était consacré à une fôlc de Mars : cette hypothèse, a .)* ^ I
jourd’hui, venait d’une restitution improbable d’une ligne du calen< u duellic* I
- H Virg. Aen. X, 891 ; XI, 89 ; cf. Georg. IV, 83 ; Lucr. II, 062 : etc.; 1
proies ; Prop. IV, 4, 14; Ovid. Fast. I, 098 ; 11, 12 et 858 ; Aîetam. ’ jenoes I Preller-Jordan, I, 338; Roscher, Lexik. II, 2432. Cf. les monnaie^ ^Qn1lf 1
porlant d’un côté une tête de Mars, de l’aulrc une tête de chenal ^ ^nS’ I de la rép. rom. \, p. 10 sqq. ; Helbig, Annali , 1865, p. 2/1 . Cala cü jialie, I
Jtahj, p. 09. 11 semble cependant que, à l’arrivée de Castoi et < Albert, Lecull^ j Mars leur ait abandonné ses fonctions de dieu delà cavalerie. ^au,K^ tïe Maniibardt» I de Castor et de Pollux , p. 31 sq. — On verra plus loin I In I)0 ^ C(;.réalcs. j
d’après laquelle le cheval est peut-être considéré comme un sj*11
MA K