‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 177 sur 275 · MAII · texte numérisé non relu

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re des Saliens, et les boucliers dont

dolab 111 r jt gourer tout d abord au culte d une

;]« ont la gar . , .

divinité guerrière ,

Romains

n’est pas douteux que les . trèsbonne heure, ne l’aient envisagé comme ('ins la singularité des rites accomplis par tel. Néanm°in ^ religieuse suggère une autre interpré-

fUB^us danses'et leurs évolutions, accompagnées lati0“' , mie les Saliens débitent2 tout en frappant de Paliers du bâton3, rappellent les cérémonies lei"'S ! ,|PS Curètes grecs [curetes] ; elles pourraient ''“""’ïoi, pour objet, comme celles-ci, d’écarter les * ils malfaisants, c’est-à-dire les influences perni- ,|Ui au printemps, menacent les jeunes récoltés \ CieU" " poché aussi et avec raison la légende grecque et

conçu comme le génie de

bnarapprt

Iles fêtes printanières d Apollon

la lumière et qui,

dès sa naissance, livre un combat contre

Iles puissances des ténèbres et du mal personnifiées dans le serpent Python3. Des pratiques analogues se retrouvent chez maint peuple primitif, avec la même intention [d’exorcisme, surtout au printemps, où les nouvelles pousses sont plus délicates6. Lydus nous a transmis, sur ces fêtes de Mars, un épisode fort curieux: le jour ides ides, c’est-à-dire le 15, le lendemain des Mamuralia, on conduisait par les rues de la ville un homme couvert de peaux de bêtes et on le chassait du territoire à coups de bâtons blancs : ce personnage était censé représenter lamiivins Yeturius, le forgeron légendaire qui avait fabriqué, à l’imitation du bouclier authentique de Mars, les onze antres ancilia1. Suivant Preller, Mamurius ne serait, dans cette légende et dans ce rite, qu’une autre forme du vocable Mars, et Veturius serait de même racine et de même sens que vêtus : Mamurius Veturius serait donc •un symbole du printemps précédent, c’est-à-dire, par une extension de sens, une image de l’année écoulée, àlaquelle on signifierait son congé au début de l’année nouvelle8. D’après une autre interprétation, due à M. Frazer, il faudrait reconnaître au contraire en Mamurius Veturius une sorte de représentation humaine et collective de tous les esprits pernicieux, qu’il s’agirait de chasser en sa personne : il jouerait donc en cette circonstance le rôle de bouc émissaire9. L’explication, naturellement hypothétique, de cet épisode particulier appelle des réserves : mais ce qui paraît bien résulter de l’ensemble des cérémonies accomplies par les Saliens, c’est qu’elles avaient primitivement pour but de protéger la croissance des jaunes plantations contre les démons hostiles, afin qu elles fussent en état de se développer pour l’avantage e la communauté10, et nous sommes bien ramenés

ainsi, par les fêtes de Mars, à la conception d’un dieu protecteur de l’agriculture.

Ces mêmes fêtes mettaient Mars en contact avec plusieurs divinités féminines. Aux calendes, spécialement consacrées au dieu, on célébrait également les Matronalia : c’était le (lies natalis ou anniversaire delà fondation du temple de Juno Lucina à FEsquilin11 [je no, p. 084 . Dans la coïncidence des deux fêtes, il n’y a vraisemblablementqu’un synchronisme tout fortuit12: peut-être est-ce ce synchronisme, joint à l’autorité de la légende grecque où Arès est le fils d’Héra, qui aura suggéré aux Latins le mythe d’après lequel Junon est mère de Mars et par lui aïeule de Romulus13, caron ne trouve pas dans lareligion romaine d’autre trace d’un lien entre les deux divinités. Ovide se fait l’écho d’une fable sur les circonstances <b* cette naissance; la déesse serait devenue mère du dieu au contact d’une fleur u. Le surnom de Marlialis, donné à Junon sur des monnaies impériales d’époque tardive, fait allusion à cette maternité l5.

Les rapports entre Mars et la déesse Nerio paraissent au contraire beaucoup plus anciens et plus intimes, mais nous ne les connaissons guère que par des allusions assez sommaires. Parmi différentes cérémonies religieuses célébrées le 19 mars ( Quinquatrus ), Lydus mentionne des honneurs rendus aux deux divinités, Ttgat ’'Apsoç xa't Nep(vï]ç16. Qu’est-ce que Nerio , et quel est le lien qui l’unit à Mars? Les anciens voient en elle une déesse d’origine Sabine, pour la raison sans doute que le mot nero , et son féminin nerio , s’étaient conservés dans le dialecte sabin avec le sens de « fort, vaillant1, ». Cependant cette même déesse était certainement populaire à Rome, comme nous l’attestent un vers de Plaute18 et un autre du poète comique Licinius Imbrex19: ces deux textes, et l’invocation Nerienem Martis , empruntée par Varron à un ancien formulaire sacré20, nous montrent qu’elle était considérée comme l’épouse de Mars. Aulu-Gelle nous a transmis, d’après un ancien annaliste romain, la très curieuse prière qu’aurait adressée Hersilia, épouse de Romulus, à la même déesse pour la supplier de mettre fin au combat fratricide entre Romains et Sabins21: Nerio, ou, comme elle est ici appelée, Neria Martis , y apparaît également comme l’épouse du dieu et comme la protectrice du mariage. D’autre part on trouve, dans une note de Porphyrion sur Horace, le souvenir d’une antique légende d'après laquelle Minerve, objet d’une entreprise amoureuse de Mars, avait réussi a résister au dieu et à garder sa virginité : à la suite de cette lutte, ajoute le commentateur, elle aurait pris le nom de

Lque m lmnc t'es Maliens comporte une tunica picta, une cuirasse, un monts de",. ' l" '' ; Mommsen-Marquardt, XIII, p. 164. — 2 Ibid. p. 170. Les fragment ^ '. Iau sacr<^ déjà inintelligible pour les anciens, sont recueillis notant -

Zander Car ^ragm. and Spccimens of early latin , p. 564 sqq. et

p. 21 1 S(. S ‘^a^rtris reliquiae , Lundae, 1888 ; cf. Jordan, Krit . Beitrâge , noff, Uebe’r <!<■"' o*' n* — 3 Bionys. H, 70 ; Plut. Num. 13. — 4 Müllen-

Koscher, Lr.i'i/' ^lwer^anzi Berlin, 1871, p. G sqq.; Immisch, 5. v. Kureten in iexik. |t ^ V. :|’( * et *615. — 5 Roscher, Apoll. und Mars , p. 39 et passim ;

;U0“; Bsener, Rhcin. Mus. 1894, p. 464 sqq. — 6 Frazer, Golden - > Tylor, Primit. cuit, I, p. 298 sqq. ; Mannhardt, Baumkultus ,

Lr-nii h mens- HI, 29; IV, 36. Cf. les autres textes réunis par

*4xik. 11 ivr„

*llle * évocation \J “ . i>0US 8avons’ Par un texte de Varron, De ling. lat. VI, 45,

Plut N)lm Veturi était comme un refrain dans le chant des Saliens.

’Ulfl, JJ g p il

,U1 ces i"approc||(1| l reller-J°rdan, I, p. 360 ; Jordan, Ibid. n. 3, fait ses réserves

P*r devenir le 'f' ' mols- Preller essaie encore de démontrer que Mars a fini no'!. leur fornu. ,, C. ' ann0e entière ; les douze boucliers représenteraient les douze •P^che, j. | 11 c‘ serait une image de la pleine lune, etc. Cf. Corssen, Aus- Roscll(r- Lexik ||P',408 ’ Usener) Mutin. Mus. XXX, p. 194, 213, 218 sq. 229 ;

’ stl- ^0,,t cela est très contestable : Warde Fowler, The

Roscher.

roman festivals, p. 42 sq. — 9 Frazer, Golden bough , II. p. 208 sq. ; Warde Fowler, Op. cit. p. 48 sqq. — 10 Mannhardt, Mythol. Forsch. p. 198; Warde Fowler, Ibid. ii. 41.— U Fast. Praeuest. ; cf. juno, p. 684, u. 9. Le nom même de Matronalia, donné par quelques textes (scbol. Cruq. ad llor. Carm. III, 8, et schol. ad Juven. IX, 53), ne semble pas être le litre officiel de la fêle. — 12 On sait que Junon, sous le nom de Calendaris, était considérée comme la régulatrice de l’année, et à ce titre toutes les calendes lui sont consacrées : juno, p. 683, n, 5. 13 Ovid. Fast. III, 233. — IV Ibid. V, 253. Cf. sur ce mythe Usener, Hhein. Mus. XXX, 215 sqq. et contra, Warde Fowler, Op. cit. p. 37 sq. Voir aussi la première note de cet article, — 1» Juno, p. 685, n. 16-18. — 16 Lyd. De mens. IV, 42. — 11 Gell. XIII, 23, 7 ; Suct. Tib. 1 ; Preller-Jordan, 1, p. 342 et n. 1 ; Usener, Rhein. Mus. XXX, p. 221. — 1* Plaul. Truc. Il, 6, 34 : « Mars peregre adveuiens salutat Nerienem uxorem suam ». — 19 Cité par Gell. L. c. : « Nolo ego Neaeram te vocent, sed Nerienem, quom quidem Mavorli’s in conubium data .

20 Ibid. ; cf. Ennius, fr. 108 Vahlcn. — 21 Ibid. : « Neria Martis le obsecro,

pacem da, te uti liceat nnpliis propriis et prosperis uli, quod de lui conjugis consilio contigit uti nos itidem intégras râpèrent, unde liberos tibi et suis posteros palriae pararent. » Cf. Philol. 1852, p. 591, et Jordan, Krit. Beitr.

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.Xeriene1, où il est facile de reconnaître Nerio-, Ce dernier détail confirme, ce que nous savons par ailleurs, qu’à une certaine époque Minerve s'est substituée dans la tradition et dans le culte àNério3. Quant à l’épisode raconté par Porphyrion, il tendrait à prouver que, dans la légende populaire, l’amour de Màrs et de Nerio, avant d'aboutir à une union régulière, a été combattu et repoussé*. C'est peut-être un écho du même épisode que nous trouvons dans le conte d’Anna Perenna : celleci, vieille femme de Bovillae, prise pour confidente de l'amour de Mars pour Minerve, c'est-à-dire pour Nerio, s'était jouée de la crédulité du dieu et s’était substituée

à la déesse dans une entrevue qu’elle devait ménager à Mars5. Enfin l’on a souvent cité, à propos de cette même fable, l'image (fig. 4846) d’une ciste étrusque de Préneste, qui représente Minerve (. Menerva ) tenant le dieu Mars, encore jeune, au-dessus d’une cuve d’où s’échappent des flammes6: motif qui est certainement italique, caron ne connaît rien dans la légende grecque qui y réponde, mais dont l’interprétation reste très obscure. Nous devons nous borner ici à résumer les fragments épars d’un mythe, trop mutilé pour qu’on puisse avec certitude lui rendre sa physionomie primitive7. Rappelons encore que Nerio était aussi identifiée avec Vénus8, et qu’on a

MAR

voulu la retrouver aussi dans une divinité // que les anciens mentionnent comme „ m M(nM cycle de Mars 9. ‘ lsant

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