‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 181 sur 275 · Theophr. V, 5, 5; cT · texte numérisé non relu

Theophr. V, 5, 5; cT

11 Malheureusement jusqu'à ce jour on n’a pu arriver

‘■muer, L. t , - . . . ,

pommandaii *>) *. j»lon (De re rust. 37, 4), cité par Pline (XVI, 1J)4), — ni i.i .. 1 absolument de 110 ll'.TVnilhm 1 A Kaia IU TIw.Anlin V fi I

"“« ni le passage do Théophraste (V, I, 9) où ceci est exposé

^ nc travailler le bois que sec. — 19 Theophr. V, G, 4.

cr°yail au**; . . . „'n’ ^ I» 222. — 21 Hes. Qp et tf $29; Virg. Georg. 1, 175. On

‘ 10 ld. V I aussi

“USSlquela fnmA '» • - 1 * ■ *

22 Vfl,. u , ,1(fC un remède contre la pourriture des bois : Plin. XXIII,

’ 1 3'1 et 11 i plin- XVI, 102 et 210. 23 Theophr. V, 7, 1, 4.

estimé pour sa dureté et sa résistance31, ainsi que du châtaignier, classé parmi les bois solides et durables, mais un peu lourds32, nous ignorons le rôle spécial dans la bâtisse. Le bois du chêne rouvre (. robur ), debarrassé de son aubier 33, et celui du chêne pédonculé iquercus ) [ligna] étaient rangés parmi les plus solides et les moins sujets à la pourriture34, mais aussi parmi les plus difficiles à travailler 33 ; ils étaient fort employés dans la construction des maisons36, surtout pour les parties qui devaient être couvertes de terre ou d’eau douce3-; au contraire, le hois du chêne esculus (<j.-qyôç) s’utilisait pour celles qui devaient se trouver au sec38. On préférait mettre les poutres de chêne dans la position verticale, à cause de la tendance qu’elles ont à s’incurver sous la charge qu’elles supportent 30. On vante le cyprès xmtâstff- (joî, cupressus ) comme imputrescible et inaccessible a la vermoulure; il entrait dans les constructions de luxe40. Les Grecs regardent le figuier (eux-q, /ïews) comme un bois solide, sauf en position verticale41 ; les Latins paraissent n’en faire aucun cas42. Le frêne (geXt'a, ft'axinus) avait la réputation de se déjeter facilement ; mais on remédiait à cet inconvénient en le laissant sécher sur pied ; alors il devenait plus dur et se comportait bien dans les assemblages43. Le genévrier (apxsuQoç, juniperus), qui s’employait aux mêmes usages que le cèdre44 et dont lecteur était même mis au-dessus de ce dernier45, était rangé parmi les bois imputrescibles qui se comportaient aussi bien à l’air libre que sous terre et dans l'humidité48, car les poutres (. trabes ) du temple de Diane, à Sagonte, antérieur, disait-on, de deux cents ans à la guerre de Troie, existaient encore au temps de Pline ". Le bois du hêtre de montagne (ô;û-q, fayus ) était fort estimé en Grèce et avait de nombreux usages46: non seulement on le regardait comme incorruptible dans leau, mais on croyait qu’il devenait meilleur à l’humidité49 ; les auteurs latins disaient au contraire qu’il s’y corrompait rapidement50.

Il est vraisemblable qu’il s’agit d’espèces différentes, car Théophraste parle d'une variété noire qui venait dans les plaines et n’était guère utilisée [ligna . Parmi les bois qui résistaient à l’humidité et n’étaient pas susceptibles de se pourrir, le mélèze ( larix ) occupait une place importante. On en tirait de belles poutres qui pouvaient supporter de grandes charges dans la position horizontale ’L Le noyer aussi (xapüx EÙêoVxV j, juf/lans) fournissait de grosses poutres52 employées pour les toitures et les constructions souterraines53, car son bois passait pour incorruptible54 ; tout au moins, il avait une longue

— 24 Id. Ibid. ; Vilr. II, 9, 3. — 23 ld. IV, 2, 8. — 20 Quint. Curl. V, 7, 5. — 2' Polyb. X, 27, 10. — 28 Blin. XVI, 213 et 216. — 29 Vitr. Il, 9, 13. — 3" ld. Il, 9, 2.

— 31 Theophr. III, 10, 3 ; Pliu. XVI, 206. — 32 Plin. Ibid, et 212 ; cT. Pallad. Nov. 15> 2. - 33 Plin, XVI. 182 et 204. — 3V Theophr. V, 4, 2 ; Plin. XVI, 22. — 33 Theophr. V, 5, l. — 36 ld. v, 7, 4-5; Paus. VIII, 10, 2; Vilr. Il, 9, 5; III, 3, 2; V, 12, 3.

— 37 Theophr. V, 4, 3 ; 6, 1 ; 7, 3 et 5; Plin. XVI, 218 ; Pallad. Aor. 15, 2.

— 38 Vilr. H, 9, 9 ; Pallad. L. I. — 39 Theophr. V, 6, t ; Vilr. Il, 9, 9; VII, 3, 1 : Plin. XVI, 218 et 222. Pausanias (VI, 24, 9) parle d'un temple antique dont le faite était soutenu par des colonnes de chêne. — Theophr. \ , 4, 2 ; 7, 4 ; Pind. Pyth. V, 52 ; Polyb. X, 27, 10; Plut. Pericl. c. 12; Vilr. 1, 2, 8 ; II, 9, 5; Plin. XVI, 223. — 41 Theophr. V, 6, 1 . — 42 Hor. Sat. I, 8. 1 ; cf. Blümner, Op. cit. Il, p. 269.

— 43 Cf. plus haut, n. 22; Vitr. U, 9, 11 ; Plin. XVI, 219 ; Pallad. Nov. 15, 2.

44 vilr. il, 9, 13. l e genévrier est aussi appelé cèdre de Phénicie i.igxa

40 plin. XVI, 198. — 43 Theophr. V, 7, 4 et 6; Plin. XVI, 218. — 47 Plin.

Ibul. 216. 48 Theophr. III, 10, I. — 49 ld. V, 4, 4. — 50 Vitr. Il, 9, 9 ; Pallad.

A'or. 15, 2; Plin. XVI, 218 ; cet auteur se contredit, la première partie de sa phrase est empruntée à Théophraste, la seconde à Vitruve. — 31 Plin. XVI, 222. Ce passage est emprunté à Théophraste (Hist. plant. V, 6, 1) cher qui il est question des arbres

et ssixr, ; Pline rend ce dernier terme par larix ; voir ligna, larix. — 52 Theophr. V 6, t; Plin. XVI, 223. — 53 Theophr. V, 7,7; Plin. XVI, 218. — 64 Theophr. V, 4, 2 et 4.

durée1. Si ce bois avait le défaut de s’incurver facilement, sa rupture imminente était annoncée par des craquements qui permettaient de prendre la fuite2. Il ne parait pas que 1 on ait fait quelque différence entre le bois de 1 olivier sauvage (xotîvoç, oleoster ) et celui de l’olivier cultivé (sXxèx, ofea). De ce bois extrêmement dense3, mais cassant*, qui résiste bien à l’humidité, à la vermoulure et au temps3, on tirait de petites poutres6 (taleae) et des pieux (pâli) que l’on utilisait en position verticale \ L’orme (titeXéx, u/mus) donnait un bois de charpente qui se conservait bien à l’air s, mais il passait pour se déjeter, inconvénient auquel on obviait en le faisant sécher comme le frêne ; alors, devenu sec et dur, il était employé, ce semble, aux mêmes usages que celui-ci °.

En Assyrie et en Perse, le palmier trouvait emploi dans la charpenterie 10 pour les poutres en position horizontale, parce que son bois fibreux (ivûo-qç) “, facile à travailler, léger 12 mais solide, quoique cassant13, passait pour avoir la propriété de se bomber sous la charge14, ce qui tenait vraisemblablement à l’humidité de la couche de terre, épaisse de deux coudées, dont on couvrait les toits pour se protéger contre la chaleur excessive13. Résineux, lourd, noueux et incorruptible, le bois du pin 16 (usujçrj, iriTuç l~, picea ) était estimé à cause de sa rectitude, principalement pour les poutres en position horizontale, car on lui attribuait la même propriété qu’au bois du palmier18. Le pinier (tteûxyi pinus )

était aussi noté comme un bois de construction résistant bien à la carie et aux insectes i9. Mais le sapin (ÈXârq, abies ) était prisé plus que les deux précédents comme bois peu dense, fibreux, facile à fendre, mais très solide20 ; il fournissait d’excellentes poutres qui offraient une grande résistance et ne fléchissaient point; on les employait notamment pour la charpente des toitures 21. La partie du tronc du sapin appelée fusternci [ligna] était particulièrement estimée 22. Ce bois passait en Grèce pour imputrescible; ceci a été contesté par Vitruve23 ; mais il faut remarquer que la qualité du bois différait selon les lieux où les arbres avaient poussé. Ainsi les sapins de Krané, en Arcadie, fournissaient de belles poutres, mais leur bois n’avait pas la solidité de celui des arbres qui avaient crû dans des lieux exposés au soleil24 [ligna], .Nous voyons le saule et le peuplier mentionnés parmi les bois de construction ; mais nous ne savons pas exactement quel usage on en faisait 23. Quant au thuya, si recherché au temps de Cicéron comme bois deluxe26, il avait été employé dans son pays d’origine (la Cyrénaïque) pour la charpente des toits de quelques anciennes maisons 27. Le bois de vigne, malgré sa solidité et sa longue

insistance ù 1 action du temps 28 ,

utilisé dans la construction que dans avoip «Hé anciens; on citait les colonnes en |‘J 8/emp8 H temple de Junon à Métaponte, en LucaninV* Vlgne du

A Pompéi on a constaté l’emploi du elrihi ■ chene, du hêtre, du noyer, d„ sapill «

espèces de pins30. UL W'erseJ

Bois de comte action navale „

vau7tr1Y'ir1<ïtp.x , matériel navalis 33) __ q ? ' moins nombreux que les précédents Pannf1 'Haienl pouvaient servir à ces constructions non, qUi naturellement les bois durs et imputrescibles ZlT d’opposer une longue résistance à l'action de l’n f mer et aux tarets. ' 1 ne

L’acacia noir (axxvOa gsXaiva, spina nigra) dont vantait la résistance à l’eau, s’employait pour’ la com" des bateaux34. Les Égyptiens le débitaient en planche! de deux coudées de longueur pour construire des barques de transport (tuXoî#) 33. L’aune (xXr,6?x, alnus)*\ dont le bois, peu durable à l’air sec, passait pour se conserver indéfiniment dans l’humidité, servit en général à faire des barques. Mentionnons en passant le bois de ben (|3xXavcÇ, balanus ) [ligna], sur l’emploi spécial duquel nous manquons de renseignements. En Syrie, en Phénicie et en Égypte, où le sapin ne poussait pas, ce fut le

cèdre qui fut le principal matériel des constructions navales ; on s’en servit pour les trières 31 . Le chêne rouvre ( robur ) fut employé de préférence pour les bateaux qui devaient naviguer en eau douce 38. On l’utilisa aussi pour la carène des trières et celle de tout bâtiment qui

devait être tiré à sec ; on ajoutait même une fausse quille en chêne aux bâtiments de transport pour cette opération 39 ; c’était à cause de la solidité de ce bois et pour que la quille pût résister, car on avait reconnu que si le chêne ne se corrompait pas dans l’eau douce, il n’en était pas de même dans l’eau de mer.

Le cyprès est toujours mis au nombre des bois de ce genre40. Alexandre avait fait construire une flotte avec des cyprès coupés en Babylonie, dans les enceintes sacrées et dans les parcs appelés irapiôstuoi'41. Le frene n’était employé, ainsi que le mûrier (loxctp-i voç, monts )ct l’orme, que pour certaines pièces de gréement travaillées au tour (vopvEia), pour les epotides (Ittwtiosî) et pour une pièce voisine de la carène, appelée crrEoÉcoga42 [navis]. Du hêtre on faisait de fausses quilles pour les bâtiments de petite dimension que l'on tirait à sec ; la pièce appelée /éXu<ju.7. était tout entière de ce bois43. Le mélèze, înal^rj son incorruptibilité dans l’eau, n’était peut-ctrr pas utilisé pour les constructions maritimes, caron L

sujet aux tarets 44 . Dans l’olivier on tailla des rame.' • e

1 Plin. XVI, 212. — 2 Theoplir. V, 6, I ; Plin. Ibid. 223. — 3 pjin. XVI, 206. — i Thcopbr. V, 3, 3; C, ). — 5 Vilr. I, 5, 3 ; VII, 3, I. — 6 Vilr. I, 5, 3 ; cf. Cat. De re rusl. 45, 2. — 7 Vilr. III, 5, 2 ; V, 12, C. — & Theoplir. V, 4, 3; Plin. XVI, 218. — 9 Cf. plus haut et Vilr. II, 9, 1 1 ; Plin. XVI, 219. — 10 plin. XIII, 39 ; Slrab. XVI, p. 739. — il Theoplir. I, 5, 3. — 12 Id. V, 3, C. — 13 Plin.

XVI, 211. — H Theoplir. V, 6, 1 ; Xen. Cyr. VII, 5, II ; Slrab. XV, p. 731 ; Plut.

Moral p. 724F; Plin. XVI, 223; Aul. GclI. III, 6. — 13 Cf. Slrab. L. I. et Lenz, Botanik d. ait. Griechen und Rem. p. 340. n. 725. — l^Theophr. III, 4, 7 ; V, 7, 1.

— 1' Ce terme désigne aussi le pinier, cf. ligna, p. 1249. — 18 Theoplir. V, C, 1

et 2 ; Plin. XVI, 31. Le cœur de cet arbre était appelé alyt; (Theoplir. V, 1, 9; VII, 9, 3); ici, il prétend que Yvlfiq se trouve dans l’arbre femelle, ce qui est une erreur, puisque ce genre est monoïque. — 19 Theoplir. V, 7, 5 ; Vilr. I, 2, 8; II, 9, 12; Plin. XVI, 223. — 20 Theoplir. V, 3, 3 ; 1, 5, 3 ; V, 1, 5 ; 1, 5, 4 et 5 ; V, 6, 1 ; 7, 4 ;

Vilr. II, 9, 5 et 6. — 21 Theoplir. V, 33; pour la bâtisse la matière la plus ancienne

était réputée la meilleure pourvu quelle fût àaaitq; (Id. V, 7, 4). — 22 Vilr. Il, 9, 7.

— 23 Vitr. II, 9, 6 ; MI, 3, 1. — 2V Theoplir. IV, 1, 2; pour la distinction entre

F abies infernas et l 'abies supernas , cf. ligna, abies. Le sapin de Gau ^ ^ ^

dius [Non. 15, 1), n’étail bon que in operibus siccis. ‘Mih. G, • S(î pjjn.

aussi mentionné le galilicr (vitex) ; Colum. XI, 2, 13 ; Plin. X\ h-1 • 5 ^rad.

XIII, 102 ; Becker, G allas (3- éd.), p. 302 ; J. Marquardt, Vie privée • vs ^ ^ 4i

franc.), H, p. 384. — 27 Theoplir. V, 3, 7 ; Plin. XIII, 101. * u./Ooc;

— 29 plin. XIV, 9. - 30 Blümner, Op. cit. II, p. 316. — 31 Plat. ^ ^ ^ Thcopbr. IV, 5, 5; V, 7, I et 4. - 32 Thuc. IV, 108, 1 ; VII, j^^chei

p. 706 B; Xen. Hellen. V, 2, 10 ; Dcm. XVII, 28 ; Polyb. V, s h *• 1 ^ cj ^,ccd. j

Mocris (édit. Pierson), p. 270; cf. Hcsych. et Phol. p. 1 ' u $;lJlin*

de Bekk. p. 283, 12. — 33 Plin. XIII, 61. - 34 1l,rop ']1' ^

XIII, 03.— 33 Herod. II, 90. — 36 Virg. Georg. I, 136 ;

; Plin.

cit. p. 383, n. 838. — 38 Thcopbr. V, 4, 3. — 39 Id. V, 7,

— 37 Theoplir. IV, 5, 5; 7, I ; Plin. XVI, 203; Diod. Sic. XIX, ^ - y ^ , . pial. cit. p. 383, n. 838. — 38 Theoplir. V, 4, 3. — 39 Id. V, 7, 2. ’ ' ■ ^ 5 . 73, 7. Leg. 703 c; Diod. Sic. L. I. ; Vitr. II, 9, 12; VII, 3, 1; M»r~ I ;j ’ 43 Id. V.

— 41 Slrab. XVI, p. 741 ; Arrian. Anal). VU, 19, 4. ,-Thcop 1

• 41 Plin. XVI, 43, él2, 218. — 45 Theoplir. V, 9

MAT

MAT

, kea) servit à construire la coque et la quille

. 1tV1rchands ; on l’employa quelquefois pour dos baLeaux 1 , ,ln c.ir,in2 Le bois du

pin |

des l,a!ea / Quand on manquait de sapin leS l'Trir -nuspoc ou xiovocpôpo;, pinus) [ligna], surtout Pinier ; était encore plus estimé que le bois du

celu‘ • ,,e lè platane soit mentionné parmi ces bois6, P"1' avoir eu qu’un emploi restreint; les pièces

î '"'■‘ment tournées (xopvm'a) que l’on faisait avec ce dep t très inférieures à celles que fournissaient b°IS î , mûrier et le frêne6. Le bois le plus estimé est ITcVlredit le sapin 1 ; sa légèreté le faisait employer . î, construction des trières et des vaisseaux longs [P01 , ■),ra’]8- on en tirait des mâts, des vergues

Cl.,’ 'aJmae) • et des rames- ; entre autres ceux \ en Arcadie, fournissaient des mats dune

longueur exceptionnelle, mais peu solides11. On citait un sapin d’une grosseur extraordinaire, mât du navire oui sous Caligula, avait servi à transporter l’obélisque du cirque du Vatican; il fallait quatre hommes pour l’embrasser; de pareils mâts se vendaient 80000 sesterces12. L’emploi du tilleul (cpiMpoc, tilia) est signalé pour les planchers des longs navires (gaxpÆv itXoûov savi-

Soj|xaTa) 1J.

Pilotage et construction des ponts. — Tous les bois qui n’étaient pas exposés à se pourrir dans l’eau convenaient naturellement aux pilotis. On cite, comme spécialement utilisé pour cet usage, laune qui, enfoncé en terre dans les lieux marécageux, passait pour avoir une durée indéfinie14 et pouvait supporter de lourdes

charges1". Tous les édifices publics et privés de Ravennc reposaient sur des fondements de ce genre16. On fit aussi des pilotis avec le chêne rouvre ( robur ) et le chêne pédoncule ( quercus ), le mélèze, que Pline met au même rang que l’aune noir pour l’emploi dans l’humidité11, et l'olivier durci au feu. L'intervalle entre les pilotis était .rempli avec du charbon18. Les mêmes bois ainsi que le sapin entraient dans la construction des ponts19. Tibère avait fait couper en Rhétie des mélèzes destinés à reconstruire le pont de la Naumachie, à Rome20. Les piles d’un pont romain, trouvées auprès de Zurzach, en Argovie, et celles du pont de Trajan, aux Portes de Fer, sur le Danube, étaient de chêne et de mélèze21.

Bois de charronnage. — Le chêne rouvre, le hêtre blanc ou hêtre de montagne, le sapin entraient dans la construction des chars et des chariots22. Pour faire les essieux on recourut, dès une haute antiquité, au bois du chêne esculus 23 (cp-qyôç); plus tard nous trouvons le

1 Eur. Andr. 863 ; Plat. Leg. 105 c.— 2 Theophr. V, 7, 1 et 2. — 3 Pour les qualités te ce bois, cf. Theophr. V, 7, 5, où il dit qu’il se pourrit rapidement, tandis que Vi- |U1U 14 9’ 12b Püue (XVI, 223, 224) déclarent qu’il résiste à la carie et à la vcrmou* ure- Pour mentions de l'emploi de ce bois, cf. Plat. Leg. IV, 705 c-, Artemidor. Onei- ™crtui,25 ; v, 74; Virg. Georg. 11, 443 ; Aen. X, 206; Hor. Ep. XVI, 57 ; Catull.

’ ■ 11 ' 1 ropert. V,6, 20;0vid. Metam.X IV, 88, etc. [ligna]; rames Ae pinus, Lucan.

— :,)l- — 4 Theophr. V, 7, 1. — 6 plat. Leg. IV, 705 c. — 6 Theophr. V,

— 7 1 1 r' ' ^s0Pe 313), le platane est présenté comme un arbre sans utilité.

Bahr /° " 239 ’ Ptioen. 208 ; Plat. Leg. IV, 705 c ; Theophr. V, 7, 1 ;

4 ",',6i,6:Enn.ap. Cic. De fato, XV ; Til. Liv. XXVIII, 45, 18; Virg. Georg. Il, Plin T r 91 ’ VHr’ 9’ 141 Hin- XVI- 41< etc- ~ 8 Theophr. V, 7, 1 ; cf. Od. xii 9 Theophr- v> L 7 ; Plin. XVI, 195. — io Theophr. L. I. ; cf. Hom. ~ 12 ru’ 1 v’ U’ VI1, 5; Eur- Alc- 444; Hel‘ 1461. — 11 Theophr. IV, 1, 2 [ligna]. 219 -t" 'v'' '’ 201'202’ “ 13 Theophr. V, 7, 5. - 14 Vitr. Il, 9, 10. - 13 Plin. XVI, Xvi j1'- 'b 9’ 11 i cf- Strah. V, p. 213, et Blümner, 11, p. 312, n. 5. — n Plin. 480 1 |y ’j ,, * Vilr- NI, 3 4, 2; V, 12, G ; Pallad. Nov. 15, 2. — 10 Lucan. Phars. II, Guelhèh ' - *°. Plin’ XVL lu0- — 21 cf- Keller, dalls ttlittheil. der Antiq.

— Tho XN, P- 308, cité par Blümner, Op. cit. Il, p. 316, u. 1.

172. __ as Tl". 10’ 1 ’ V’ 7> c- — 23 Hom. II. V, 838. — 24 Virg. Georg. III,

,'"'|>hr. 7. G; Plin. XVI, 228-229; d’après Théophraste, l'orme n’était

hêtre24; on employa aussi l’yeuse à cause de sa solidité, le frêne à cause de sa souplesse, et Forme parce qu il réunissait ces deux qualités23. Dans les régions où ne poussait pas l’yeuse, comme en tëlide et à Lacédémone, on utilisa le chêne-liège26. Les roues pleines ( tympana) se firent peut-être en cyprès; ce bois servit aussi pour les rais 21 ainsi que le cornouiller28. Pour les jantes, on prit le peuplier (atyEifoç, populus) et le figuier sauvage (èpivedç) 29.

Les jougs se faisaient en érable30 (<jtpév3ap.voç, Çvyîoc, acer ) [ligna], en tilleul11 ; celui du char de Priam était de buis 32.

Différents bois avaient paru convenir aux diverses parties de la charrue [aratrum] : on recommandait le chêne (Spüç) pour le sep (’ÉXuga)33, l’yeuse (Ttptvoç, ilex pour Page (yûr,ç)34; pour le timon, le laurier (8a©vq, laurus) et l’orme36; ce dernier aussi pour la pièce appelée buris 36; le hêtre pour le mancheron ( stiva ) '. Ces bois étaient exposés à la fumée avant d'être mis en usage 38.

Bois d’ébénisterie. — L’industrie de l’ameublement mit en œuvre un assez grand nombre de bois, tant indigènes qu’exotiques, soit massifs, soit en placages (£7uxoXÀ7]p.aTa, 7rapaxoXXVjgaTa) 39. La racine de laune lui fournissait des protubérances ou loupes, médiocrement prisées d’ailleurs, que l’on débitait en lames minces ( lamnae )40 pour en revêtir d’autres bois. Le buis servit aussi à faire des placages, notamment de lits41 ; 1 ébène (’éêevoç, hebenus ) fut débité de même42 ; ce bois dense et réputé inaltérable 43 est mentionné parmi ceux qui étaient entrés dans la construction ou l’ornementation du temple de Diane, à Éphèse44. L’érable de montagne (yXelvoç, Çuyia, (jcpsvoagvoç, acer ) [ligna au bois fauve et veiné46, surtout celui que l’industrie italienne tirait de l’Istrie et de la Rhétie, était fort estimé pour les loupes de sa racine, appelées bruscum et molluscum , dont on faisait des placages très recherchés pour les tables et les lits de luxe46. Le tronc lui-même fut aussi utilisé, vraisemblablement à l’état massif, pour des sièges 4 , des lits48, des tables49, des espèces de plateaux ( reposi toria)'i0 à transporter les mets. Nombre de bois se taillaient en lames minces ( lamnae , bracteae) -1 destinées à recouvrir une matière plus commune; outre ceux dont nous avons déjà fait mention, il faut citer le houx"2 (x-qXocinpo;, aquifolium ), l’if63 (giXoç, taxus), la racine de micocoulier64 (Xwtôç, lotus), le palmier 56 («potviç, palma ), le peuplier66 (aïyetpoç, populus), le pistachier (xépptvôoç.

que modérément employé. — 26 Theophr. 111, 16. 3; Plin. XVI, 34. Le bois d un chêne appelé OusXotoç [quercus pseudo-suber) [ligna convenait aussi pour les essieux : Theophr. III, 8, 7. —27 Virg. beorg. II, 444 : daus les vers précédents il est question de pin, de cèdre et de cyprès. — 28 Plin. XVI, 206. — 29 Hom. II. IV, 4S2 et 48G ; Theocr. XXV, 247. — 30 Theophr. V, 7, 6. Ce devait être la sorte inférieure, cf. Blümner, 11, p. 249 [ligna], — 31 Virg. Georg. I, 173. — 32 Hom. II. XXIV, 268.

— 33 Hes. Op. et d. 4)6 ; Virg. Georg. I, 162; Val. Place. VII, 555. — 34 Hes. Op. cit. 427 -, cf. 436 ; cf. Schol. Aristoph. ad Ac/iar. 180. — 35 lies. Op. cit. 435.

— 30 Virg. Georg. I, 168. — 37 Jl>id. I, 173. — 38 Jbid. I, 175. — 39 Theophr. IV, 3, 4 ; V, 7, 6. — 40 Plin. XVI, 69 et 231 ; on les appelle aussi bracteae {Ibid. 232).

— 41 Cratinos et Plat, le coin, chez Pollux, Onom. X, 34; cf. Becker, Chariclès, III, 74. 42 Lucan. Phars. X, 117 ; Ovid. Met. XI, 610. — 43 Theophr. I, 5, 5 ; V, 3, I ; 4, 2; Plin. XVI, 204 et 212; Euslath. ad II. p. 924, 39 et p. 1350, 3. — 44 Plin . XVI, 213. — 45 Theophr. III, 11, 1 et 2. — *« Plin. L. I. fasc. XVI, 231 ; XXXIU, 146 ; Mart. XIV, 85 ; Pers. Sat. I, 53. — 47 Virg. Aen. VIII, 178. — 48 Theophr. V, 7, 6. - 49 Hor. Sat. Il, 8, 10 ; Mart. XIV, 90 ; Athen. 11, 49 A; Ovid. Met. XII, 254.

50 Plin. XXXIU, 140. Blümner (II, p. 248, u. 4) cite aussi des cancelli acernaci

d’après une inscription chez Fabrctti, p. 743, u. 513. — 31 Cf. note 40. — 32 plin. XVI, 231. — 53 Theophr. V, 7, 6. — 54 ld. IV, 3, 4. — 53 Plin. L. I. — 56 lü. L. I. et 206.

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terebinthus), la racine de sureau (àxrfj, satnbucus), l’yeuse* (tcoïvoç, ilex) ; mais l’arbre le plus recherché pour ce genre de travail fut le thuya ou citre2 (0û*, 0ùov, citrus) dont on plaqua des lits3, des tables*, de petits plateaux6 et dont on fit aussi à Rome des tables massives, qui atteignaient des prix fabuleux0. C’étaient les loupes veinées de la racine qui fournissaient les plus beaux bois -, dans lesquels on prisait surtout la nuance, la dimension, puis la disposition des veines. La couleur vineuse était la plus recherchée; les loupes dont on pouvait tirer des plateaux de table d’une seule pièce avaient naturellement une plus grande valeur et, dans les veines, on recherchait principalement les dispositions appelées tigrines, panthérines et pavonines, et aussi celle qui présentait comme des grains serrés les uns contre les autres et que, pour cette raison, on appelait apiate (semblable à la graine d’ache). On recourait à divers moyens pour donner à ce bois toute sa beauté; les barbares, dit Pline, l’enfouissaient dans la terre encore vert et l'enduisaient de cire8. Les veines de l’érable et du thuya furent imitées au moyen de l’écaille de tortue 9.

Le bois du palmier doum (xouxioçôpov, cuci ), élégamment veiné, était très estimé en Perse; on en faisait des pieds de lits ,0.

Des deux variétés de pistachier de Syrie, celle qui avait des veines de nuance rouge foncée était utilisée pour les meubles de prix, lits, sièges11, etc.; nous avons vu plus haut qu'on en faisait des placages; ce bois fut imité aussi avec l’écaille de tortue12. Parmi les bois employés pour les lits et les tables, il faut encore citer celui du sébesténier (Ttepcsa, persea) 13. Avec l’yeuse on fit des pieds de lits u.

Le bois du poirier sauvage (à^pdtç, pirus silvestris) se teignait, peut-être aussi celui du noyer (juglans) 15 ; mais nous ignorons l’usage de ces bois teints.

Bois de menuiserie intestinum opus]. — Si les parois et les portes d'une cabine du vaisseau de Hiéron étaient entièrement en buis16, la menuiserie n’employa guère ce bois que pour de petites pièces qui exigeaient une matière compacte et non susceptible de se corrompre ou de s'altérer par vétusté, par exemple pour des attaches destinées à fixer entre elles des pièces de bois; on employait encore pour ces attaches le cyprès, le genévrier, l’olivier, le rouvre17. Le buis et les autres bois durs, comme le micocoulier, l’olivier, l’yeuse, servirent à faire des pivots de portes 18 (cTpô&iyYeç, cardines) pour lesquels on recommandait aussi l’orme, mais à la condition de l’employer tête en bas, sinon il se déjetait19. Du rouvre, qui avait la particularité de ne pouvoir se coller ni avec

1 Plin. L. I. 231. — 2 Plin. XVI, 229-231 : Mongez, Acad, des inscr. 111, 1807. — 3 Pers. Sat. I, 53. — 4 Plin. XIII, 94. — 5 Id. XXXUI, 146. — 6 Cic. Verr. IV, 17; Plin. XIII, 91-102; Luc. ( Phars . IX, 426, etc.; t. II; Becker, Gallus , 3' éd. II, 352 ; Friedlander, Sittengesch., I, 81. — 7 Theophr. V, 3, 7; Plin. XVI, 185; XIII, 102. — * Plin. XIII, 96-98. Pline ajoute qu’on le metlait de sept en sept jours sur des las de blé, ce qui lui ôtait beaucoup de son poids ; ou le texte est altéré ou, comme le pense Blümner (II, p. 276), il y a là quelque méprise. — 9 Plin. XVI, 233. — 10 Theophr. IV, 2, 7; cf. Plin. XIII, 02. — u Theophr. V, 3, 2. — 12 plin. XVI, 233. — 13 Theophr. IV, 2, 5.

— 14 Terent. Adelph. (IV, 2, 46), v. 585. — 13 Plin. XVI, 205. — 10 Athen. V, 207 E. — 17 Vitr. VII, 3, 1. — 18 Theophr. V, 5, 4. — 19 Id. V, 3, 5; 6, 4; Plin. XVI, 210.— 20 Theophr. V, 7, 2; Plin. XVI. 226. — 21 Vitr. II, 1,4; Plin. XVI, 30. — 22 Hom. Od. XXI, 43. — 23 (jvid. Met. V, 120. — 21 Cic. Pro Muren. 35, 74. — 25 Plin. XVI, 206; Cat. It. rust. 18, 9. — 26 Hom. Od. XVII, 340.

— 27 Theophr. V, 4, 2; Plin. XVI, 215 [gi.üten]. — 28 Hor. Ars poet. 332.

— 29 Thucyd. II, 34, 3; Diog. Lacrt. VIII, 1, 10; cf. Antigu. du Bosphore cimm.

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le pin ni avec le sapin 29 , on lit des dulae)'-', des seuils de portes22, des pièce! 7!" ^ appelées repaguta », des bancs21. Le ' Si cornouiller (xoctvEta, cornus) fournit dllp

chevilles». Avec le cyprès, qui prenai[ « *. admirablement le poli, on faisait des ?» 1 ervait portes26 et des portes magnifiques ; ce bo !?^ de pour celles du temple de Diane, àÉphèse ffui . sepvi cents ans paraissaient encore neuves27 ^ s 1 1 uatre

des coffrets28 et des cercueils29 Le frène°" ' " UnC0re nombreux usages39 que nous ne connaissons t?, * de on fabriquait avec ce bois et avec le hêtre doses’ US’’ lits élastiques (xAivocpioc IvStBtJrra)31. Du sem T l aussi des tables32, des bardeaux33 - découDé” T j minces et flexibles, il servit à faire des cassettes pour lesquels on employait aussi le tilleul35 Le houx, le laurier et l’orme fournissaient des traverso {vectes)36. Le bois de l’if avait la réputation d’être durab 2 et imputrescible37; celui que produisait l’Arcadie était de couleur foncée ; au contraire, celui qui provenait de l’Ida était fauve et vendu quelquefois pour du cèdre3* Le laurier trouva emploi pour la confection des lits39. La menuiserie utilisa aussi le mélèze, dont le bois était de bonne dimension et facile à travailler40. On sait que l’olivier avait fourni la matière du lit d’Ulysse construit pai lui-même1. Le pin et le pinier donnèrent des bardeaux 42 ; de ces deux bois et de l’aune on (it des tubes pour conduites d’eau 43 . Dans le bois très dense du poirier sauvage on taillait de petites tablettes, sur lesquelles les cordonniers affilaient leurs outils u. Le sapin était réputé

propre à toute espèce d’ouvrage de menuiserie4' ; notamment la partie inférieure des troncs, que l’on appelait sappinea 46 [ligna]. On en faisait des portes47, mais on avait soin de ne pas employer pour ce genre d’ouvrage les arbres qui avaient poussé à l’ombre, comme ceux de Krané, en Arcadie, parce que, s’ils étaient de belle venue, le bois n’en était pas très durable48. Le saule (salix) servait pour divers ustensiles de campagne et des sièges49 ; peut-être même en fit-on des meubles, puisque; d’après Ovide, le lit et la table de Philémon et Baucis étaient de ce bois60.

Le thuya, si recherché en ébénisterie, fournit au nie siècle avant J. -C. la matière déportés dans le luxueux bateau de Ptolémée Philopator61 ; une cabine du vaisseau de Hiéron avait des portes de thuya rehaussé d ivoire j

Le bois de vigne, bien que l’on vante ses qualité», ne fut guère utilisé, sauf dans des temps très ancien l’on prétendait qu’on montait au faite du i nv" 11 Diane, àÉphèse, par un escalier fait d’un seul pnd e vigne de Chypre 63 [ligna].

' Tronic II* l^is

(éd. S. Reinach), p. 126. — 30 Plin. XVI, 62. Ici, Pline affirme quen n ^ ^ du frêne ressemble à celui du cèdre et, écorcé, est vendu pour lui , ^

Théophraste qui dit ceci de l'if (|iîXo;), Bist. Plant. III, 40, 2. J11 1 . ^5,

— 32 Mart. II, 43, 10. — 33 plin, XVI, 36. — 34 Ibid. 229. - 31 ColuI"- '

— 36 plin. XVI, 230. — 31 Ibid. 212. — 38 Theophr. III, 10,2;cf. Ia n’ ' XVI,

Pal. IX, 529. — 40 Vitr. II, 9, 7. —41 Hom. Od. XXIII, 190 et Vlll. U, 9,

36 et 42. — 43 Ibid. 224. — 44 Theophr. V, 5, 1. —46 Plin. XVI, iî->. " ^ ^

7. - 47 Theophr. V, 3, 5. - 48 Id. IV, 1, 2. Est-ce le bois d“ a,ra '

Caton recommandait pour les pressoirs [pnEi.uM], ou est-ce ce ui 1 >• connu*

Le premier se lit chez Pim. XVI, 193, le second dans Cat .De 1 C0I1S| ,-iiclion ; l’a fait observer Schneider, le charme convient mieux à ce gem< ^ ^ Vlll, cf. Blümner, Op. cit. II, p. 289, 11. 2. — 49 Plin. XVI, !'«• ( V, Wi

656 et suiv. — 61 Athen. V, 205 B. — 62 Athen. «V, 20/ L, c ' ^ panolinia. U" qui mentionne des portes de ce bois dans un temple 'x|al.,|uar<H, l’employa aussi pour les i.ACUNAniA : Hor. Od. IV, 1, 20, ft. 1 * I (trad. franc.), II, 382-383. — 63 plin. XIV, 9.

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! )/ure __ L’art s’adressa aussi au bois B»is ,le slaiues (Sôava, àY^¥^«) d(i divinités et

pour e'i 1111 dc divers genres, coffres, cratères, sarcod(!S 0UVrî'f! ^ sojlpturà]- Tous les bois qui résistaient pWf’/’ du temps et qui n’étaient pas sujets à se

\ bien n

fissurer

furent employés*. H y avait à Olympie une

,,A 0Hon en buis2. Le cèdre, ayant la réputation d<llue ' 1 , était très recherché ; Rome possédait une

délrC "rTuollon en cèdre apportée de Séleucie3; il staUl'' !' " présenter Vénus4, Esculape6; la statue de E \ tl était peut-être de ce bois*. D’après m , les pois de chêne avaient été employés par les l1""1 dans la statuaire1 : l’esculus (^<$0 est plusieurs Ss‘ mentionné, entre autres pour une statue de Pan 8 . ï bois du chêne-liège aurait jadis été sculpté, si 1 on en croit Théophraste, puis on y avait renoncé et on l’avait

[remplacé par celui du palmier2.

H v avait une statue de cyprès dans le petit sanctuaire

Id’Arïémis à Scillonte 10 ; on cite encore une statue iLibèthre, en Piérie11 ; une autre de Triton12.

Deux statues de Junon Reine en cyprès avaient été consacrées dans le temple de la déesse sur le mont Aventin, à la suite d’un prodige13. Pline cite encore une statue de Véjovis, à Rome *\ qui avait plus de six cents ans; et Pausanias, une statue d’athlète iS.

L’ébène servit aussi à représenter les dieux et les héros : Apollon16, Artémis17, Ajax 18 ; on devait à Dipœne et à Scyllis des statues en ébène de Castor et Poil ux et de leurs enfants19. L’érable paraît avoirété peu employé20. Le figuier fut le bois préféré pour les statues de Dionysos Meilichios21 et de Priape22 ; Pausanias fait aussi mention d’une statue d’athlète en figuier, qui avait mal résisté au temps23. Le gatilier (àyvoç, vitex) est mis par Vitruve, avec le peuplier, le saule et le tilleul, au nombre des bois bons pour la sculpture24; du premier on avait tiré une statue d’Esculape à qui, pour cette raison, on avait donné le surnom d’Agnitas 2\ Le genévrier fut vraisemblablement employé aussi ; mais il n’est nommé nulle part-1'. Prit-on la peine de sculpter des coupes de hêtre, ou est-ce une invention de Virgile21, comme le nom du sculpteur lui-même? Quoi qu’il en soit, ce bois n’est pas cité parmi ceux qu’employaient les artistes ; on fait en revanche mention du micocoulier28. Une antique image d Aphrodite avait été exécutée en myrte29. La statue d Alhéné Poliade était en bois d’olivier30, ainsi que les images deDamia et Auxesia, à Égine 31 ; une tète de Dionysos de la même matière avait été trouvée dans la mer

par des pêcheurs de Méthymne3*. La racine de cet arbre servit pour faire des images de petite dimension11. 11 y avait à Mycènes une très ancienne statue de Iléra en poirier sauvage (à/p*ç)34. D’après une tradition, recueillie par Suidas, Massinissa avait envoyé aux Rhodiens de l’ivoire et du bois de thuya pour refaire les statues des dieux renversées par un tremblement de terre1'. Enfin on fait mention d’antiques statues en bois de vigne représentant Dionysos Baccheus38; Jupiter, dans la ville de Populonium 31, en Étrurie; et la mère des dieux38.

Bois à tourner [tornatura]. — Les tourneurs usaient aussi beaucoup du bois39; ils l’employaient lorsqu il était encore vert, parce que, étant moins dur, il se laissait travailler plus facilement et ne fatiguait pas les outils4'. Parmi les bois les plus propres à cette industrie, on cite l’alaterne41 (tptAûxr,), le buis42, le frêne qui servait, ainsi que le mûrier (cuxâfuvoî, morus ), 1 orme et le platane, à faire certaines pièces de gréement43; le noyau du fruit du palmier doum 44 [ligna]. Particulièrement avec le cœur du pistachier on faisait des coupes (xuÀtxe;), imitations de celles en terre noire appelées coupes deThériclès. Ce bois, frotté d’huile, devenait meilleur et plus beau13.

Récipients. — Le hêtre étaitla matière de vases à boire très simples46 [scyphus] que l’on enduisait de cire à 1 intérieur41. Le chêne ( quercus ) servit pour des cratères [crater] ; l’esculus (epr^d;) pour des coupes. Avec 1 if on fit en Gaule des espèces de tonneaux pour transporter le vin ( vasci viatoria ), qui étaient regardés comme malsains48. Le lierre fut employé pour des coupes à boire (7rorV)p, 7tox‘(jfiov, ffxdooç) 49 ; lepin(/9«ce«;pour des tonneaux [çupa]. Avec certaines excroissances du sapin (èAirr |) on faisait, en Arcadie, des cratères 51 ; avec la souche du tamaris (p.uptx7|, rnyrica ), des coupes52 (xûAtxeç).

Instruments de musique. — Le buis parait avoir été particulièrement recherché pour les flûtes 53 [tibia] en usage dans les cérémonies religieuses de Bacchus34, de Cybèlc et dans les sacrifices en Étrurie53. Il entra dans la construction de la lyre66 et de la pliorminx57, ainsi que l’yeuse qui servait à faire les traverses (Çuy*)38. Les flûtes de micocoulier59 (Xtutdç, lotus) passaient pour une invention libyenne60 ; à Rome, les flûtes des spectacles ( ludi crue) étaient de ce bois81. L’invention de la flûte de laurier (Î7t7ro;pop6ôç aùXdç) était attribuée aux nomades libyens qui gardaient les troupeaux G2. On en fit aussi avec le sureau 63 .

Bois pour manches d’outils. — Pour emmancher les marteaux et les tarières on se servait du buis, du frêne

Btlîl 53e0pl'i V’ 3' 7; t>aus’ VIII, 17, 2. - 2 Paus. VI, 19, 16. - 3 Plin. Il j ! , | 1 ,uls- "b 11. — 5 Theocr. Epigr. VII, 4. — 0 Les uns (Vitr. élail' m m .'''Scnl cn cèdre, d'autres, les plus nombreux, prétendaient quelle en f|i f"0, cl un personnage consulaire, Mucianus, affirmait qu'elle était ](s J|t c1' Mün. XVI, 213. Blümner ( Op . cit. II, p. 256) croit que

de gfn,.% ,. " d[e mentionnées par Pausanias étaient plutôt en bois

Vin, ,7 ‘f’ Schubart, dans Bhein. Mus. N. S. XV, p. 106. — 7 Paus.

•latin, ru , * ^n1'*1. ^1. VI, 99, 351; cf. Atlicn. Il, 52 E; pour une

V, J, u™’ Anth‘ Pal’ 1X- 237 • ~ 9 Theophr. V, 3, G. 10 Xen. Anab. 37 •’. f.’ AUx- c’ 14- - 12 Alhen. XI, 480 A. - 13 Tit. Liv. XXVII,

lions de slai 210’ — 15 t'aus- VI, 18, 7. Pour d'autres descrip-

[ XVI, 2i:t “cr'CS| en CyPrès’ cf- Marl- VI, 49, 4; 73,7. — 16 Paus. I, 42, 5. — 17 Plin. ïî, 5.- 20 (ff U], ,IÏUt’ nolc G; Paus. VIII, 53, 11.- 18 Paus. I, 35, 3. — 19 id. II, winf, |, 3oïj ,0,'erl. X, 2, 59 (statue grossière antérieure à Numa); Ov. Ars 437, -)'• llor v ,Ata' 18 M- — 22 Theocr. Epigr. IV, 2 (cf. Antli. Pal. IX,

509 : Palla.1 'noT 15» ~33 PaUS‘ VI> 18’ 7’ “ 24 Vitr- n' 9> ®! cf- P,in- XVIftuco l m, jj, ’’ -’ ' Pans. III, 14, 7. — 26 Cf. plus haut, note 6. — 27 Virg.

Paus. Vu] J’7 1 0S ag,t d lmo eoupe sculptée en hêtre. — 28 Theophr. V, 3, 7; en s6hcsi , clon I l'éophraste (IV, 2, 5), on aurait aussi exécuté des

unci ( persea ), dont le bois ressemble h celui du micocoulier.

— 29 Paus. V, 13, 7. — 30 Herod. V, 82; cf. Schol. ad Demosth. (éd. Didot), p. 699, col. I. 31 Paus. II, 30, 4. — 32 Id. X, 19, 3. — 33 Theophr. V, 3, 7. — 31 Paus.

II 17, 5. 35 Suid. s. ». 8ùov; cf. Polyb. V, 88 et Meineke, Analecta Alexandr.

p. 151. Pausanias (VIII, 17, 2) cite une statue de Hermès en thuya ; cf. Üio Chrys. XII, p. 208 M, puis Blümner, II, p. 277, n. 3. — 36 Atlicn. lit, 78 C. — 37 Plin. XIV, 9. 38 Schol. ad Apoll. Rhod. I, 1119; cf. Meineke, Anal. Alex. p. 150. — 39 Plin. XVI, 205. — 40 Theophr. V, 6, 4. — 41 Id. V, 0, 2. — 42 Virg. Georg. II, 449.

— 43 Theophr. V, 7, 3 ; cf. plus haut. — 44 Id. IV, 2, 7 ; Plin. XIII, 62. — 45 Theophr. V 3, 2; cf. Plin. XVI, 205, qui a cru que Thériclès était celui qui fabriquait ces coupes. — 46 Tibull. I, 10, 8. —47 O y. Met. VIII, 669; Fast. V, 522; Sil. Ital. VII, 188 ; Plin. XVI, 185 ; peut-être en a-l-on sculpté, Virg. Bucol. III, 36. — 48 plin. XVI. 50 ; cf. Blümner, Op. cit. t. Il, 260, n. 7. — 49 Eur. Aie. 756 ; Ath. XI, 476 F ; 477 A et D; Phot. p. 295 (éd. Nabcr); Etym. Magn. 515, 34; Plin. XVI, 155. — 50 Plin. XVI, 42.

— 5t Theophr. III, 7, 1.— 62Diosc. Mat. med. I, 116. — 53 Ov. Fast. VI, 697 ; Pont.l, 1, 45; Propert. V, 8, 42;Stat. Theb. II, 77 ; Vil, 171; Claudian. Rapt. Pros. III, 135.

54 Ov. Met. IV, 30. — 65 Virg. Aen. IX, 619 ; Ov. Met. XIV, 537 ; Plin. XVI, 172.

56 philostr. lmag. 1,10,1. — 57 Theocr. XXIV, 108. — 58 Theophr. V,7,6. — 59 Id.

IV, 3, 4 ; Pliu. XIII, 106. — 60 Alhen. IV, 182 E; Poil. IV, 74; Hcsych. s. ». Wtivo îhùXos; Eur. Troad. 544; Anlh. Pal. VI, 94, 3 ; VII, 182, 4; Uiosc. Mat. med. II, 91; Ov. Fast. IV, 190. — 01 Plin. XVI, 172. — 62 Poil. IV, 71 et 74.— 03 Uid. Orig. III, 20, 7.

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et de l’orme; mais le bois regardé comme le meilleur était l’olivier sauvage ; pour les grands marteaux, c’était le pinier (tu'tuç, pinus ) et l’yeuse1. On recommandait pour les instruments rustiques le charme, le chêne cerris ( cerrus ) et l’yeuse, ce dernier étant considéré comme supérieur aux autres2. Du micocoulier (Xtoroç) et du pistachier on tira des manches de poignards (êy^sipfSia) *,

Bois pou r lances et javelots. — Pour les hampes de lances [hasta] on mit à contribution le chêne rouvre 4, le cornouiller', le coudrier6 (xaoûa TjpaxXewTix^, corylus ), le hêtre1, le myrte8, le pinier9, le sapin10, le sorbier11 ( ô<x,sot'bas ), mais le frêne fut le bois le plus communément employé et le plus recommandé : on trouve souvent le nom de l’arbre pour celui de l’arme elle-même12. Les épieux [venabulüm] se faisaient généralement en cornouiller13, quelques-uns pourtant préféraient ceux en sureau14. Pour les armes de jet (àxovrta, axovria-^axa, TraXxâ), on trouve encore le cornouiller15, puis l’if16 elle styrax11. La hampe de la falarique des Sagontins était en sapin18.

Tablettes à écrire. — Les tablettes (ypapipiaxeta, codicilli , pugillares) étaient de buis19 [epistolae secretae], de cyprès20, d’érable21 (on en fit quelquefois avec le molluscum 22), de pin23, de salsepareille24 (trpûXat;, smilax ), de sapin25, de thuya26 et de tilleul27.

T àbleaux d’affichage ( AsXxoî, icîvaxeç). — Lesdocuments recueillis à Délos mentionnent le cyprès et le palmier comme employés pour les fabriquer28.

Panneaux pour peindre (mvocxeç, Tuvâxta, pictorum tabellae). — Outre le buis29, le cyprès 30 et le sapin31, le mélèze était précieux pour les peintres, car il ne se fendillait pas32 [pictura],

Tessères [tesserae]. — On en tirait du peuplier, du troène ( ligustrum ) et du sapin 33.

Bois pour briquets [igniaria].

Bois de chauffage. — Nous n’avons guère de renseignements sur les bois employés pour le chauffage; mais plutôt sur ceux qui, à cet égard, laissaient à désirer, comme le chêne aspris 34 [ligna], le palmier35, le peuplier, le platane, le saule, qui avaient la réputation de donner beaucoup de fumée, comme tous les bois qui croissaient dans des lieux humides36. On obviait à cet inconvénient pour les bois de figuier (<ruxTj et Ipivsôç) en les faisant baigner dans l’eau courante, après les avoir écorcés ; une fois séchés, c’étaient les bois qui fumaient le moins et donnaient la flamme la plus douce 31. D’une manière

* Theophr. V, 7, 8 ; Plin. XVI, 230. Mais dans Homère <reiXeiov èXàïvov, O il. , V, 236; cf. Anth. Pal. VI, 297. — 2 Plin. XVI, 230; Colum. XI, 2, 92. — 3 Tlieophr. IV, 3, 4; V, 3, 2. — 4 Virg. Aen. X, 479; Val. place. VI, 243; Sil. liai. II, 267. — 5 Virg. Aen. V, 557. — 6 Plin. XVI, 228. — 7 Hom. 11. VIII, 514; Od. IX, 33; Archil. Frag. 125 (Bergk); Eurip. Beracl. 727. Artémidore {Oneirocrit . Il, 25) semble faire mention du platane, du peuplier et de l'orme que nul autre ne cite pour cet usage; mais il donne ensemble pêle-mêle les noms

des bois qui peuvent servir auv guerriers et aux charpentiers. — 8 Virg.

Georg. II, 447; Aen. III, 23; VII, 817; Scriptor. Geopon. XI, 7, G. — 9 Stat. rheb. VIII, 539. — 10 Virg. Aen. XI, GG7 ; Sil. Ital. V, 255. — U Plin. XVI,

228. — 12 La lance d'Achille était de frêne, lliad. XVI, 143; XX, 277, 322;

XXII, 133, 225; II, 543; Anth. Pal. VI, 52; Lucian. Adv. indoct. c. 7; Ov. Met. IX, 143; VIII, 677 ; X, 93; XII, 122, 324, 369. — 13 Plin. XVI, 186; Ov. Heroid.

IV. 63. — 1* Plin. XVI, 187. — 15 Hvmn. Hom. ad Herm. 460; Anth. Pal. VI,

23, 1; Xcn. Bell. III, 4, 14; De re equest. XII, 12; Theophr. III, 12, 1 ; Strab. XII, p. 570 ; Virg. Georg. II, 448; IX, 698; Ov. Met. VII, 678; VIII, 408; Sil. Ital. IV, 550; Stat. Theb. VII, 647. — 16 Sil. Ital. XIII, 210. — 17 Strab. XII, p. 570. - 18 Tit. Liv. XXI, 8, 10. — 19 Aen. Tact. 31, 9; Luc. Adv. ind. c. 15; Plut. Moral. 1120 F; Euslath. ad II. p. 421, 14; 632, 57; Propcrt. IV, 23, 8.

— 20 plat. Leg. IV, 741 C ; Longin. 4, 6. — 21 Ov. Amor. I, 2, 28. — 22 plin. XVI,

68. — 23 Eur. lph. Aul. 39; Eustath. ad 11. p. 633, 22. — 24 Plin. XVI, 157.

— 25 Avec la partie interne du sapin appelée XoOWov on faisait la plupart des

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générale, on vante les bois solides d comme l’olivier; ils devaient être ’s J™ ®l densH donner trop de fumée et pour mieux" f “î n° Pas les écorçait et on les fendait pour favo • ^ 0n

bustion 40. Cependant on recourait à des m i'' la C°m' légères, par exemple le roseau plus

avait besoin d’une flamme vive pour échauir q"and 0n rapidement quelque chose41. La racine 1?°UCH papyrus donnait un bois utilisé en IL ,JtPeUSe du chauffage42; il convenait aussi très bie^ '/Y P°lU‘ le lurgie43, ainsi que le bois de pinier. ' u meta1'

Bois pour charbon. - Les bois les plus propres Uv du charbon étaientles bois denses et durs44, surtou u ï arbres dont ils provenaient étaient dans toute vigueur 43 et avaient poussé dans un terrain sec hZ ensoleille ou exposé au vent du nord; le charbon hit avec des bois trop jeunes ou trop vieux ne valait rien46 celui que donnaient les bois tendres, comme le peuplier était peu estimé41. Les ouvriers qui travaillaient les métaux avaient besoin de charbons durs 48 ; les meilleurs provenaient de l’alisier (àpioc), de l’arbousier (xoptapo? unedo) [ligna], du chêne (Spuç) (les charbons de chênes étaient les moins bons) ; ils servaient dans la métallurgie de l’argent pour le premier grillage du minerai49; cette industrie employait aussi le charbon de pinier (tti'tuç) 50. On en fabriqua avec de l’yeuse (Ttpîvoç) 51 et vraisemblablement avec l’érable ((j^£vSap.voç) 52. Les charbons du chêne aspris et de quelques autres chênes de Macédoine sautaient et donnaient beaucoup d’étincelles; ils servaient néanmoins dans la métallurgie du cuivre 33, pour laquelle on recherchait celui de pin 54 (Treux-q) ; dans cette industrie, le charbon était quelquefois remplacé par des noyaux de dattes55. Avec le dattier lui-même on faisait un charbon dont la combustion était lente et qui ne s’éteignait pas facilement56. Pour le travail du fer, on employait le charbon de noyer (xapûa sù6oïxV)), celui que donnait la racine du souchet (nipi, saripha )31, et aussi, ce semble, celui d’un chêne appelé par Pline lati folia, qui s’éteignait dès qu’on cessait de souffler 68.

Bâtons et cannes. — Pour ces objets on mentionne le baguenaudier (xoXouxéoc) 59, le cornouiller oü, la férule61 (ferula, vdtpô-q^), le houx62 ( aqui folium ), le laurier63, le sureau64 ( sambucus ), lavigne06,l’yèble66 (<r'op.ûox i ligna].

Échalas ( pedamenta ). — Ils se faisaient en général avec les bois suivants : châtaignier, chêne esculus, coudrier [corylus), frêne, laurier, pêcher ( persica J, pommier

tablettes à écrire (yoaui|iaTeïa) : Theophr. III, 9, 7; Plaut. f"s- ][’

' - 27 DioCass. LXVII, 15,

(v. 246) ; Quint. VIII, 6, 20. — 26 Mart. XIV, 3. Galen. (éd. Kühn), t. X VIII, p.

’ .liai

556 , 8. — 28 Homolle, Les arc/. > ' j 1 ^ tendance sacrée à Délos , p. 13, note 1 — 29 Anecd. Bekkei. p- 1

Onom. X, 59, n. 163; cf. Plin. XXXV, 77. - 30 Plat. Leg. IV, 7*1 t; c. ’ IV, 6. - 31 Theophr. III, 9, 7 ; V, 7, 4. - 32 Plin. XVI, 187- - 6, 32 (v. 276); Plin. XVI, 77. — 34 Theophr. III, 6, 7- Un “"'" .(j' jj’entüier, TiAaTÛouAXoç par Théophraste (III, 8, o), que l'on ne sait connu ^ ^;Ji;||jC0. donnait un mauvais bois de chauffage. — 3o Theophr. De ^ 36.

phr. Hist. plant. V, 9, 4. — 37 Id. V, 9, 5. — 38 ld- jle "jj1^ IV,

— 39 Ibid. 30-31. — 40 Ibid. 72. — 41 Ibid. 32-33. - *2 " J J v ,, «.

8, 4. - 43 Id. IV, 8, 5 ; Plin. XXXIII, 94. - 44 Theophr. IV, 8, 5- V,

— 46 Id. v, 9, 1. — 47 Id. V, 9, 4. -r 48 Id. De igné , 37. - ^ ]fs Ac|„r.

9,1. — Mlbid. V, 9, 2. -51 Arist. Acharn. 666.- "2 ,1,;^ (XVI. i3) niens sont appelés yéçovTtî ooîvSApvivo,. — 53 Theophi. ■ > ’ latifol’a’

applique cette observation, en la modifiant un Peu’ ®U . jje jgne,

— 64 Theophr. V, 9-, 3. — 65 Strab. XVI, p. 742. - 56 TI‘eoj’ ' ^ __ (lia.

Plin. XIII, 39. — 67 Theophr. Hist. plant. V, 8, 5; Phn - , ’ bjton creu» P«rlé XVI, 23. — 69 Theophr. 4, III, 14. - 60 Tit. Liv. I, 50, 9, ces ^ ,, T|ieop|,r. par Brutus à Delphes; Ov. Met. XII, 451. — 61 P'*n- Xl[ ’ , ,, |,.h;na, sUiSf

v, 7, 7. — 03 Ibid. — 64 Id. III, 13, 4. — c5 P|in< X ’

— 60 Theophr. V, 7, 7.

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u. on conseillait aussi le cyprès, le genéjfia/«N: ' ^ r0uvre etl’aubour (, laburnum )*.

vrier, T°IivicI ’ 0n cite l’if*, le cornouiller dont

V* n^ies arcs des Lyciens* et des Saur ornâtes4. Les éla‘enl 1,1 ”, aient pour les leurs le pétiole (<nrà07|) de la

lïdeceptaines espèces de palimersb.

feuille u ^ is __ L’Attique ne produisant pas de

^instruction,’ car le figuier et l’olivier ne peuvent b°lS L idérés comme tels, Athènes devait chercher au étr|e r°|^1 < rands bois nécessaires à sa marine et ceux f Th charpente et la menuiserie avaient besoin6. En 1 au ivc siècle, il n’y avait guère que la Macédoine,

, Thrace et l’Italie où l’on pût trouver du bois propre aux Tendions navales. En Asie, les contrées les plus îiisées sous ce rapport étaient la Cilicie, le territoire ÎTsinope et d’Amisos, l’Olympe de Mysie et l’Ida ; encore, I. h quantité était-elle médiocre; la Syrie avait le ‘■'ire’ huis, cornouiller, érable, frêne, genévrier, Tue pin, sapin, yeuse venaient en grande partie de la Macédoine, où Amphipolis était le grand marché du bois8. Athènes importait même de simples pieux (xâpaxeç) et des bois pour portes (0uowp.axct)9. Dans de telles comblions, cette matière devait être chère ; malheureusement bien peu de chiffres nous sont parvenus. Nous savons que si la charge de menu bois que pouvait porter un âne se vendait deux drachmes à Athènes10, au iv° siècle av. J.-C., un bois de rame en valait cinq11.

Rome trouvait en Italie la majeure partie de ses bois de charpente. Dans son voisinage, l’Étrurie lui fournissait presque toutes les grandes et belles poutres qu’elle employait à la construction de ses maisons12 (si? xàç oixo-

; Pise était un des marchés où elle s’approvisionnait vers le premier siècle de notre ère 13. Dans la Ligurie elle trouvait, à Genua (Gênes), de grands arbres pour les constructions navales; il y avait aussi dans ce pays des bois veinés qui pouvaient rivaliser avec le thuya14. Mais il semble que pour sa marine, au moins aux environs de 1ère chrétienne, elle se soit adressée à l’Orient et ait été chercher en Mysie les bois de l’Ida, dont le grand marché, pour ainsi dire le chantier (uAoxdpuov), selon l’expression deStrabon16, était la ville d’Aspanée (’Affitavsûç), sur le golfe d’Adramyttion ; et ceux de la région du Pont, surtout du territoire de Sinope, car, de ce côté, toute la chaîne de montagnes parallèle à la mer jusqu’à la Bithynie abondait en bois excellents pour les constructions navales; on y trouvait en outre l’érable et un arbre que Strabon appelle opoxctpuov, donton faisait des tables16. Alfred Jacob.

MATEIUARIUS. — Marchand de bois en gros1. Il est probable que ces négociants importaient le bois brut et 1 apprêtaient dans leurs chantiers pour les diverses industries, car la pierre tombale d’un negotians materiarius c Horence porte gravées une hache, une équerre et une *cie • ^es ouvriers qui travaillaient pour eux à débiter le ,0IS appelaient sectores materiarum. Une inscription

(lubur : '^1 Ij1 174 ’ Colum. IV, 26, 1 ; Scriptor. Gcopon. XI, 3, 4, L’aubour tNiloo m / l ' '■*n° 76), eslun arbre des Alpes au bois blanc et dur, nec

3 U ' ) ' 1 : ' appelle aussi le cytise des Alpes. — *3 Yirg. Georg. II. 448.

Vl1’ 91 - 4 l'aus. 1, 21, 15. - 6 Ilcrod. Vil, 69. - «Cf. Boeckh, Éco- IV 5 ; ' '9UC des Athéniens (trad. franc.), 1, p. 168. — 1 Tbeopbr. llist. plant.

Jjmcyd. IV, 108, 1 ; Xcn. Bell. VI, 1, 11 ; l)cm XVII, 28 ; XLIX, 26, 9 Ocm. XXI, 167 ; cf. Schol. (éd. Uidot), p. 688 ad p. 568, 14. K j, | ’ " ~ 11 Andoc. II, Il ; cf. Rangabé, Antiq. hell. t. 1, n" 57 A cherté |*S Pour écrire les comptes ont coûté une drachme chacune.

“Uraa élé uause de l’extension do la peinture sur argile1, ' 111 orf i cf. Griecli. und Sicil. Vasenbild. I, p. 13. — 12 Strab. V, p. 222.

&37i MX, 205. J\

■10I)cni. XL.II, 7. 7,“

trouvéeà Aquilée mentionne une offrande fai te au dieu Si I vain par les sectores materiarum de cette ville3. Peut-être des négociants ou des industriels s’étaient-ilsfait une spécialité de la vente de certains bois ou delà fabrication de certains objets, comme paraissent l’indiquer les expressions abietaria negotia 4 et clavarii materiarii 6. Alfred Jacob.

MATHALIS (MaOaAtç ou utaOaAAîç). — Nom de vase, qui n’est mentionné qu’une fois '.On l’assimile à une mesure comme le cyatuus; suivant d’autres, il ressemblerait à une coupe, calix. E. P.

MATHEMATICI. — Terme employé dans le langage courant, d’où il a passé dans les textes juridiques, pour désigner les astrologues, considérés comme les mathématiciens par excellence.

Ce mot, qui s’est prêté à des déviations sémantiques sans que son sens primitif se soit jamais oblitéré, est né dans l’école de Pythagore. On dit que Pythagore faisait passer ses disciples par un noviciat qui leur imposait la règle du silence : les néophytes écoutaient (ixouffxixot), sans avoir le droit de poser des questions. Cette première étape franchie, ils devenaient disciples ou apprentis (g.a0T||Aax’.xoi). Leurs études terminées, ils étaient en possession delà science de la nature («puaixof) '.

La philosophie pythagoricienne fondant sa physique et sa métaphysique sur la science des nombres, qui étaient pour elle l’essence des choses, c’est cette science des nombres qui était le pi0-r||i.a, les g.a0r,|i.aTa, la u.a0T,u.x- XIX7) (xéyv-q). Le mot vague de « chose à apprendre » reçut ainsi de l’école un sens limitatif, qui s’est conservé dans toutes les acceptions, plus limitées encore, qu'il a pu recevoir par la suite. Il n’y eut de « mathématiques » que les connaissances reposant en dernière analyse sur la science des nombres. Pour les savants, les mathématiques comprenaient Y arithmétique [arithmetica] ou science abstraite des rapports numériques, et l’application de ces rapports àl’espace, application connue sous le nom accidentel et insuffisant de géométrie [geometria]. Les pythagoriciens et platoniciens y faisaient entrer aussi la musique [musica], dont le vulgaire ne connaîtque les effets sensibles, et qui se résout pour l’intelligence en une succession ou combinaison de rapports numériques, causes réelles de 1’ « harmonie ». Le monde étant pour eux une construction harmonique dans laquelle les distances respectives des orbes célestes au centre représentent les intervalles musicaux, Yastronomie [astronomia] avait tous les droits possibles au titre de science mathématique. Il est aisé de comprendre que le langage courant le lui ait donné et l’ait appliqué ensuite à ce qui, des siècles durant, parut être le but ultime et le résultat pratique de cette science, c'est-à-dire à la divination aujourd’hui dénommée astrologie judiciaire ou simplement astrologie.

Lorsque cette méthode divinatoire fut importée de l’Orient en Grèce, il y avait longtemps déjà que l’étude

13 ld. V, p. 223. *4 Id. IV, p. 202. — 1:> id. XIII, p. 606. — 16 Id. XII, p. 546

MATERIARIUS. l Plaut. Mil. ; y/or. III, 3, 45, v. 920 (915) ; ici fournisseur pour construction navale. — - Orelli, lnscr. lat. coll. 4248 ; cf. Gori, Inscript. Etrusc III, p. 142, n» 172; Marquardt, Vie privée des Boni. (trad. franç.), t. 11, p. 378; Blümncr, Technologie und Terminologie, II, p. 242. — 3 Coi-p. inscr. lat. V, 815 ; cf. Thédenat, Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1886, p. 198. — 4 Paul. Diac. p. 23, 6, éd. Lindemann. — 5 Orelli, Op. cit. 4164. Marquardt pense que le commerce des bois h brûler et celui des bois exotiques à l'usage des menuisiers et des ébénistes furent des spécialités distinctes (V’ic privée, t. II, p. 379). MATHALIS. 1 Athcn. XI, p. 487. C; cf. Uesych. s. v.

MATHEMATICI. 1 Goll.I, 9 ; Porphyr. Vit. Pytli. 37 ; lamblich. Vif. Pijth. 81, 87

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scientifique des astres, — c’est-à-dire de leur répartition sur la voûte céleste pour les étoiles fixes, de leurs mouvements propres pour les planètes et les « flambeaux » 1 émulateurs des heures, jours, mois et années, — préoccupait les «philosophes», et que cette science encombrée d hypothèses sur la nature, les distances et grosseurs probables des corps célestes, portait indifféremment le nom d aarpovogta ou àffrpoAoyi'a. Le mot aarpovogia, peut-être antt rieur a 1 autre , mais moins intelligible et même entaché d’impropriété, fut le moins employé des deux ; mais l’un et l’autre restèrent parfaitement synonymes! même après que l'astronomie se fut surchargée d’astrologie 2 [astronomia], Il y eut bien quelques tentatives faites pour distinguer les deux termes et pour réserver l’un à 1 astronomie, 1 autre à 1 astrologie, mais l'usage n'en tint dut un compte , et, au surplus, ceux qui voulaient distinguer ne s entendaient pas sur le choix du sens à donner à l’un ou à 1 autre terme. A Rome, lesastrologuesfurenttout d abord désignés par l’étiquette générique de chaldaei, employée par Caton2 et dans l’édit de Cn. Cornélius Hispallus ( 139 av. J.-C.)4. Lucrèce distingue: il appelle les astronomes astrologi, par opposition aux Chaldaei ou astrologues5. Cicéron de même: mais il emploie aussi, indifféremment et à quelques lignes de distance, astrologi pour désigner astronomes et astrologues6. Manilius intitule son traité d’astrologie Astronomica. Sénèque a encore une idée très nette de la différence qui sépare les théories météorologiques et divinatoires des Chaldaei 1 de la science exacte, apparentée à la géométrie, qu’il appelle astronomia 8 ; mais il lui arrive d’appeler mathematici et ceux qui mesurent la grandeur ou la course des astres 0 et les devins qui s’en sont servis pour prédire la mort de Claude 10. Pline emploie Chaldaei au sens ethnique et appelle astrologia tout ce qui concerne la connaissance des astres (sideralis scientia ) 11 ; mais il entend par mathematicae artes la divination par les astres12. Les historiens, comme Tacite, Suétone, et Juvénal à leur exemple, ne s’occupent que des astrologues, qu’ils appellent, suivant l’usage désormais établi, tantôt Chaldaei et tantôt mathematici. Même synonymie dans les textes juridiques du Haut et du Bas-Empire. Les deux qualificatifs, Chaldaei et mathematici, sont parfois juxtaposés, mais forment redondance, et non distinction. On ne confondait pas encore en haut lieu les Chaldéens ou mathématiciens avec les viagi et les malefici i3. Mais le peuple ne faisait plus guère de distinction14, et l’astrologie, en recherchant les vertus astrales dans les minéraux, végétaux, animaux, en composant des phylactères et des médicaments imprégnés de ces vertus occultes, s’était réellement incorporée à la magie 15 [magia],

La vogue de l’astrologie, rattachée aux traditions

1 C’est Je terme employé par Aristopliane ( Nub . 194-201), Xénophon [Mem.

‘i 5)j Platon, avec définition : èittoriqjAYi iteçi a<rrotov te oopa^ xat evt«’jT<»v à<r:oovojua xoùeï xai ( Sympos . p. 188 B). Le mot est impropre, en ce sens que 1 àtfTjovéjAoç ne règle pas les astres, comme I’oîxovôjjio; gouverne sa maison. — 2 Polybc (IX, 19), qui était un esprit net, entend par àffTpoAovi'a l’astronomie, et par p.a0r,jAa- T-.xo-: les géomètres. - 3 Cat. Agric. 5, 4. — * Val. Max. I, 3, 3. — 5 Lucret. V, 727.

— 6 Lie. Divin. II, 42-43; cf. Ad Fam. VI, 6, 7 [ut augures et astrologi soient).

— 1 Senec. Q. Nat. II, 32; VII, 3, 28. - 8 Senec. Epist. 95, 9. — 9 Sen. Epist.

88, 22-23. 10 ï>en. Lud. 3, 2. — il Bel inventor sideralis scientiae (PI in. VI,

§ 121); Chaldaei (VI, §§ 123, 143, 145 ; XVIII, 215, 269 ; XXXVII, 100, 181). — 12 pljn. XXX, 2 ; cf. la mathematica ephemeris utilisée en médecine (XXIX, 9). — 13 Les devins peuvent être punis de mort (Paul. Sent. V, 21, 3) ; mais les magi vivi exuruntur (\ , 23, 1 <)• 1+ Cf. le titre Cod. Theod. IX, 16 [De maleficis et mathema-

ticis et ceteris similibus). On lit dans une ordonnance de 357 : Chaldaei ac magi et cet en, quos maleficos ob facinorum magnitudinem vulgus appellat (IX, 16, 4).

— 15 Pline (XXX, § 2) constate déjà que la magie s’est combinée avec l’astrologie

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égyptiennes par les auteurs Néchepso et Pétosiris, tendit à

cachés sous

à éliminer p<>u?.n"ms ,le

i ' .. d Dhii .1.

le cercle des connaisseurs, l’appel]atïnrU “ peu> da«s Chaldaei et à faire prévaloir l’étiquette ' I,0pulaire <3 thematici. L’astrologie devint la mathe s-//" <! '*l! nia'

et c’est le titre que porte l’indigeste comE*0611^' du nom de Firmicus Maternus. Mais cet T fondée sur la méthode, ne fit nullement ri tion-

définitions réelles contenues dans les

disparaître lys mots astrolon

astrologi

Les Grecs, qui disposaient d qui s’en servaient parfois pour distinguer lesdivërs,.

;’,m ample vocabulaire et

t'es de la science astrologique, - àotpoW, 0u L proprement dite (étude des corps célestes à*ox ù ^ (calcul divinatoire), avec ses deux méthodes nrinT?^ la ysveQXiaXoyta et les xoaapyod, - les Grecs dis i,. Ï ^ jamais nettement distingué entre l’astrologie ' et lC nonne, ni réservé à l’une ou à l’autre le titre accessoire de gaeTjgaTtxT) ou [MiOir^ç. C’est probablement un ;KrnJ logue que Philon désigne par « un astronome de ceux qui s’occupent de mathématiques 16 ». Strabon s’èstcepen dant efforcé de réserver les termes àtrrpovogt'a, «5Tpov^t affxpovogixot, aux astronomes proprement dits17, et celui de gocô-r^a-rixoi' aux mathématiciens 18 ; quand il fait une allusion en passant aux astrologues, il les appelle des « astronomes qui prétendent aussi faire de la généthlialogie ». Il est ihême bien aise, à ce propos, d’apprendre à ses lecteurs que les vrais « Chaldéens » sont, pour la plupart, des astronomes, et que les astrologues sont chez eux l’exception19. Plutarque ne s’impose aucune règle: ses àaTpoXôyoc et pexO-ripiaTixot sont, suivant les cas, des astronomes, des astrologues ou des mathématiciens. Sextus Empiricus, s’attaquant aux mathématiques ou sciences exactes en général, distingue àoTpoXoytav p.a07]p.aTix7]'v, c’est-à-dire l’astrologie, de la science d’un Eudoxe ou d’un Ilipparque, v)v ov) xat à^rpovo piav tivèç xaXoüfft 20 ; mais il constate du même coup que peu de gens (tivèç) faisaient cette distinction. Enfin, il se laisse imposer par l’usage la synonymie XaXoodoi et pOr^a- Tixoi21. Le grand ouvrage astronomique de Ptolémée porte le titre de M«0Y,p.aTix7) cdvTodjtç, et le même auteur semble éviter, dans sa Tétrabible astrologique, de séparer l’astrologie de l’astronomie en lui donnant un litre à part. Il la définit : « prévisions fondées sur l’astronomie » (Si ’àarpovopuaç 7tpoyvüj<7Tcxx) 22.

Il est inutile de pousser plus loin la statistique des vocables. Tous les textes qui parlent de l’astrologie, depuis les Philosophumena jusqu’aux compilations byzantines dont de vaillants érudits ont commencé I imen- 1 taire 23, emploient presque indifféremment cornait synonymes les termes précités, avec des variantes anal) j

( miscuisse mathematicas artes). — 16 Philon. De mundo, 43. — 11 Slrab. jt 1 ■ ^ 1

XVI, p. 739; XVII, p. 816. 11 ne s'interdit pas cependant de dire que à<TTooAoYoi (astronomes) ont appris des Egyptiens la durée de 1 année p. 806). - « Strab. II, p. UO. - <9 Slrab. XVI, p. 739. Parmi ta (

installés en BaLylonie, dit-il, toTj XaXSaioiî xpotraYoç£uo|iÉvi,iï, 01 *'• ,

e!or to icAeov * icçotntotoGVtai de' tiveç xat y e v e 0 A i a a o a e t v. . . #(Jç 1

astrol. p. 337. Dion Cassius (LXVI, 9) dit de môme que Vespasicn tou, « ■ t t, - 9. Cf. Adv. Math. p. 214. - 99 Ptolem TetmU ^ ,

— 23 Ajoutera la bibliographie du sujet, qui n avait pu 1 " 1

sant dans le grand ouvrage de K. Krumbachcr, Gesch . ,lri -l çatalogns Littcratur , 2e Aufl. München, 1897, les fascicules suivant ^ g0j^ w. codicum astrotogorum graecorum entrepris par Fr. LumonL^^^ j Kroll et A. Olivieri. I. Codices Florentinos descr. A. Ohwcn, * Qodices

Codices Venetos descr. Guil. Kroll et A. Olivieri, I >< 1 > j joints dos Alediolanenses descr. A. Martini et D. Bassi, 1901. Au CalahW Fragmenta selecta.

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tiqii''s

comme

J àffTpoXoYixïj (/.â0v)<Tiç, 7) TWV XaXSatuv |as0o5oî

! ou T6/-Vï|’ etc.

à<TTpovo[xt>tYi gav-reta ou ota atrrpovogtaç 7tpo

r-,.;;;- ja synonymie maintenue entre les termes

I tn- nus âs'tpoXoYia ou àüxpovopua et gotO-rigaTooi, avait

PrinCI|l‘ ',,’mêine plusieurs raisons d’être. La distinction ci raison ci y

’ fXoYt'a et àcrpovopua, au sens de science des entre ««P0A“7- L;„tinnnûll(1

/»nmmp pIIp

astres.

m’ i lirait pu être que conventionnelle, comme elle Rien dans la structure des deux

I l’pst aujourd hui

||L; iimite l’étendue de cette science. L astrologie

Ifpinaloire a la prétention de tourner en applications I es les données de l’astronomie, qu’elle est censée I Connaître toute et en perfection. D’autre part, ces applications sont déterminées par des constructions géométriques et des supputations arithmétiques qui mettent à contribution tout l’ensemble des mathématiques, même et surtout des mathématiques pythagoriciennes, spéculant sur les propriétés intrinsèques et vertus occultes des nombres2. L’astrologie divinatoire est issue de dogmes religieux, que l’on retrouve à son berceau, en Orient ; mais les Grecs ne l’ont connue que déjà revêtue d’un masque

scientifique, et, dans les trois ou quatre siècles qui précédèrent la renaissance de la théosophie (néo-pythagoricienne ou néo-platonicienne), ils s’attachèrent à en éliminer tout alliage mystique. Les astres pouvaient

toujours être appelés divins ou même dieux, au sens panlhéistique du mot ; mais leur action sur la Terre et ses habitants était expliquée par leur constitution matérielle, par les eflluves de leur substance entrant en contact harmonique ou en antagonisme avec les éléments contenus dans les règnes de la nature terrestre, effluves analysés par la physique, dirigés par les lois de la géométrie et de la mécanique, évalués au point de vue de leur intensité par des calculs relevant de l’arithmétique. Physique, arithmétique, géométrie, géodésie même et géographie, celles-ci intéressées par la correspondance établie entre les zones et régions terrestres, d’une part, et les planètes et signes, d’autre part (chorographie astrologique), tout cela entrait dans l’énorme bagage de connaissances que les astrologues étaient censés posséder à l’état de sciences exactes. Le public leur accordait la réputation qu’il leur plut de prendre, et b a est pas étonnant que, sans leur réserver, à l'exclusion do tous autres, le titre de mathématiciens, il ait vu en eux les mathematici par excellence.

A. Bouché-Leclercq.

Mires. — Quoique l’idée de maternité tienne une aihÇ‘ place dans les conceptions religieuses et dans les pratiques du culte chez les Romains [juno, p. 084; «atronalia, mater matuta, matralia, etc.], il n’est ques¬

tion nulle part, dans les monuments littéraires de la latinité classique, de divinités appelées Mères et invoquées à litre collectif1. Cependant l'existence de celte classe de divinités nous est attestée par des inscriptions en grand nombre (on en connaît aujourd’hui plus de quatre cents) et même par des monuments figurés, la plupart originaires des provinces celtiques ou germaniques, les autres érigés en Italie par des Celtes ou des Germains, qui y ont émigré d’ordinaire pour cause de service militaire. Les inscriptions se compliquent de vocables et de formules empruntés aux procédés de la piété romaine; les représentations plastiques s’accommodent elles-mêmes à ceux de l’art romain ; de toute façon, il y alà des documents intéressants pour Lhistoire de la religion romaine, dans ses rapports avec celle des peuples conquis 2.

La recension et la comparaison des textes épigraphiques où survit le culte des divinités Mères , prouve qu’elles sontappeléesindifféremment, suivant les régions, Maires ou Matrae (avec la forme matrabus), Matronae (qui a donné matronabus ) et enfin Mairae. Matrae , Mairae et les formes spéciales du datif appartiennent à la langue populaire 3. Mairae a été contesté, tant qu’on n’en connaissait qu’un seul exemple, de lecture douteuse. Mais la formeestsùre, aujourd’hui qu’il en a été découvert trois autres, tous les trois dans la région où la Gaule Belgique confine à la Lyonnaise, dans celle de Dijon *. C’est affaire aux linguistes de discuter les rapports qui peuvent exister entre Mairae , Matrae et Matres ; il nous suffit de constater que ces termes désignent des personnifications identiques et que Matronae en est un synonyme s. Le plus xrénérable et le plus fréquent est celui de Matres ; seules les Matres sont nommées augustae , épithète qui leur donne une sorte de consécration officielle ; quelquefois divae ou deae, alors que divae Matronae ne se rencontre qu’une seule fois, augustae ou deae Matronae jamais6. Cependant le caractère divin des unes et des autres ressort de ce fait que toutes également sont invoquées à côté d’autres dieux romains, avec Jupiter, Mercure, Neptune, Minerve, Bonn Dea, Diane, etc. ; avec des divinités de nom indéterminé ( dis deabusque ), avec des génies d’ordre inférieur comme Fortuna, les Junones, les Genii proprement dits7. Dans certains cas, l’identité des Matres et des Matronae est garantie parles énumérations où elles figurent ensemble, sans préoccupation de préséance, par leur association avec des divinités de premier rang8, enfin par la ressemblance générale des formules d’invocation et de dédicace. Il faut y regarder de près pour s'apercevoir qu’en fait les Matronae sont subordonnées aux Matres, que les fonc-

lo°ip J] | A1’ -’ 1) appelle astronomia la science de Virgile, exemple d’astro-

dcs n , " saurait être question ici d'entreprendre une analyse de l’énorme amas

livres ne ' ’ Pr°Hlémes astrologiques : c’est une tâche à laquelle môme de gros "ATR Es 'T'" *,as’C^' ''' Fouché-Leclercq, L'astrologie grecque , Paris, 1899. Dtii Y|| , ' "'Hcr-Jordan, Roem. Myth. I, 56, avec la note 2; et St-Aug. Civ.

R(itrihus\ | " ' '''eux Pères et Mères ( Dits quibusdam Patribus et deabus

.inscript jons h""'1 a anciennes divinités des lndigitamenta. — 2 Voir pour les ^aler-Malron 1 "luos, Hôlder, Altcelt. Sprachschatz aux mots Mairae , Matraont puf,, : !" ' H' AG3, 470, donnant le texte complet de toutes celles qui

Ratron enkidi f*u Corp. iriser, lat. inclus; M. Ilim, Der Mütter-oder

htm i/rtundrn ' nUlt Se’ne ^enhnaeler (dans les Jahrb. des Vereins von Alter- I* texte.) - ,|u , ^Aeinîonde, Bonn, 1887, avec 3 tables et 17 reproductions dans Hc Rosclior p Hans le Lcxik. der griech. und roem. Myth.

L encore UonclTs' Hll‘ rePr°duit en substance la monographie précédente,

boiidg et ‘ Cotlectanea antiqua, t. VII, p. 209, Tlie deae Matres, Maba forme Matrabus est particuliérement fréquente en Fran¬

che-Comté; Corp. inscr. lat. XIII, 5344, 5369, 5370, 5371, 5671 ; aussi en Alsace : Corp. inscr. rhen. 1903; cf. en Lyonnaise, XIII, 2498, où l'on trouve également le

datif Mat ris, 1758 â 65. Mat ronabus est plus rare, V, 3264, 4137, 4159, etc. 4pour

Mairae , voir Corp. inscr. lat. XIII, 5478, 5G22, 5623, et Robert, Epigr. de la Moselle, I, p. 47 ; tab. V, 1, où l'auteur proposait de lire matrabvs, le texte donnaut MAU ABVS.— 6 La synonymie résulte d'inscriptions comme : matribus sive matronis, Epliem.épigr. II, p. 325 et Corp. inscr. lat. II, suppI. 541 3 ; cf. Corp. inscr. lat. XIII. 5158 et Bonn. Jahrb. 87, p. 60. — 6 p0ur le vocable Augustae , voir Corp. inscr. lat. XII, 1823, 1824, 1825, 1826, 2220, 2388, 2448, 2543; XIII, 1758-1764, etc. ; cf. Fl. Vallentin, Les dieux de la cité des Allobroges (Rev. celt. 1879, p. 29); Corp. inscr. lat. VII, 168, 221, 303, 319, 346, 559; Ephem. epigr. Vil’ p. 320, n» 1017. Pour Divae Matronae, voir Ibid. V, 7228 ; Sanctae, Ibid. 5584. — 7 Corp. inscr. lat. V, 3237 , 5227 , 5249 , 5450, 5501, 0491, 6594; VII, 260, 65G, 2436; XIII, 5158. — 8 Cf. chez Mommsen, Inscr. H elv. si" 211, les haches d’airain trouvées â Thuu, en Suisse, et doiit chacune est consacrée à une divinité spéciale, aux Matres cl aux Matronae.

MAT

MAT

tiens de celles-ci sont plus relevées et leur pouvoir d'une application plus compréhensive. Au x Maires les hommes s’adressent plus que les femmes ; et les Matronae semblent honorées assez souvent dans des conjonctures et pour des intérêts particuliers à leur sexe*.

C.e qu elles turent au juste les unes et les autres, nous I apprenons d abord par les pays d’où elles sontoriginaires et par la nationalité de ceux qui, en pays latin, leur adressent des hommages. A Rome, la religion des Maires ligure parmi les cultes pratiqués par les équités singulares, garde impériale qui se recrutait surtout aux bords du liliin et du Danube2: sur les inscriptions découvertes au Latian, où ces soldats avaient une de leurs casernes, elles sont invoquées comme des divinités de la patrie absente. Les dédicants, soldats ou officiers de grade inférieur (le plus élevé en grade est un tribun) 3, sont manifestement des étrangers transplantés dans la capitale. De même en pays latin, les adorateurs des Maires ou Matronae, quand ils ne sont pas des soldats, sont des peregrini, marchands, esclaves ou affranchis, toujours gens de basse condition, quelquefois des femmes4. Datés, les monuments modestes qu on leur élève sont à placer entre le règne de Caligula et celui de Gordien 6 ; c’est le 11e siècle qui en fournit le plus grand nombre. Hors de lTtalie, les inscriptions sont surtout fréquentes sur la rive gauche du Rhin, plus rares sur la rive droite; elles se multiplient à mesure que l’on descend vers la Lyonnaise. Nombreuses aux pays des Voconces, des Allobroges, dans la Narbonnaise orientale, il y en a chez les Séquanes, les Helvètes, les Lingons®. Dans tous ces pays domine la dénomination de Maires ; Matrona au contraire est de règle dans la Gaule transpadane, exceptionnel dans la Gaule proprement dite, très fréquent en pays germanique, où des vocables barbares, au sens le plus souvent obscur, le déterminent7. En revanche, la Grande- Bretagne, qui nous fournit une ample moisson d’hommages aux Mat res, semble ignorer les Matronae 8, alors que 1 Espagne, qui ne connaît pas davantage ces dernières, ne figure que pour de rares documents dans la statistique des Maires ; mais partout, dans ces deux derniers pays, les dédicants sont des soldats ou des voyageurs qui ont transporté en pays étranger un culte de leur patrie. Particularité curieuse : l’Aquitaine et la partie de la Narbonnaise qui l’avoisine semblent à peu près indifférentes, aussi bien aux Matronae qu’aux Maires , comme si ces provinces étaient purement romaines. Cependant si en Aquitaine les inscriptions

sont rares, c’est cette province qui nous f0ll • monuments figurés dont il est quesi Ueux ^ A ce point de vue, une épithète caracté^^8 loinde transmarinae que donnent aux j/p , /T® esl m Dons de la Grande-Bretagne, afin de marnll*

sont vpnnpc H h oAnil.A.in

non

sont venues du continent10; non^moîn qT' qU'elles ï sont les hommages aux Mères d’Italie Z V‘lnonstratifs Gaule, de Bretagne, d’Afrique, dont te a.itéurüT"? * légionnaires stationnés à l’étranger11 n i “ H généralisent en invoquant les déesses qUes‘Uns

lieae, de communes , de matres omnium

à utl’e de dmnes-

doit s’entendre des nations que les Romai

(jentium, ce qui

barbares, à l’exclusion des Romains

ns appelaient

eux-mêmes12. p0ur

le surplus, la distribution géographique de toutes m inscriptions en général, l’origine de ceux qui les élève] la ou les ont menés les hasards de leurs campagnes par-dessus tout le grand nombre de vocables celtiml

ou germaniques qui diversifient leur personnalité L

permettent de ramener la religion des Mères à son berceau ; on peut hésiter entre la Germanie occidentale et la Gaule13. L’opinion la plus probable, c’est que les Maires sont de provenance celtique et que celles qui ont l’allure germanique ont été importées sur la rive droite du Rhin, puis acclimatées en Germanie, par les Celtes qui y formaient un élément notable de la population, comme elles ont été plus tard acclimatées en Italie par les Germains et les Celtes de concert14. L’adoption devait être d’autant plus aisée que les Germains aimaient à diviniser la femme, à lui accorder l’intuition prophétique et une influence surnaturelle dans les affaires publiques et

privées15.

Un fait qui à ce point de vue est important, c’est que les représentations encore subsistantes des Matres ont toutes été trouvées dans les pays celtiques ou dans des régions de Germanie et d’Italie que les Celtes avaient occupées par immigration ou conquête16. Toutes aussi ont subi l’influence de l’art romain pour l’ordonnance générale des monuments et pour le choix des attributs qui rendent les divinités reconnaissables. Celles-ci y sont d’ordinaire groupées en triade, ce qui les a fait identifier, dans l’antiquité déjà, avec les trois Parques ou fata, auxquelles elles ressemblent à. d’autres égards1', des pour cela que des mythologues modernes les ont rapprochées des Nornes de la légende germanique et leur on donné la même origine ; d’autres même ont voulu \ voir la personnification des trois Gaules18. Toutefois u nom parait pas exclusif d’autres groupement-. >J11S

bre ne

* Pour les inscriptions d’origine sûrement celtique, il en existe 1 sur 3 ( Mairae ), 8 sur 88 ( Matres ), 12 sur GO ( Matronae ) qui sont dédiées par des femmes. Voir Hôlder, Altcelt. Sprachschat z à ces mots. Les dédicaces aux Matres émanent la plupart de soldats. — 2 Henzen, Ann. dell' Istii. p. 235 s.; Bail. d. commiss. archeol. 189 i , p. 284; cf. S. Reinach, Epona, Rev. arch. 1895, -p. 323 s. ; équités singulares, p. 790. — 3 De Boissieu, Inscr. de Lyon, p. 59; Corp. inscr. lat. XIII, 17G6. Un décurion, VII, 221 ; un centurion primipilaire, Ibid. 887 ; un

sxgnifer , 915; un benrficiarias consularis, 5; un praefectas pagi , 1307. — 4 Voir surtout les inscriptions de la Gaule transpadane, chez Hôlder, Op. cit. p. 471. A Pallanza, l’auteur est un affranchi; Corp. inscr. lat.\, 6641 ; cf. Archaeologia, 4G, l, p. 173. — 5 La plus récente avec date, Corp. inscr. lat. VII, 510.

\ oir Haverfield, The Mother goddesses, avec illustrations et carte ( Archaeo togia Aeliana , 1892, p. 314 s.) ; etM. Ihm, Der Matronenlcultus, p. 15 s. et passim; Corp. inscr. lat. XIII, n° 1757 à 1766; cf. avec les inscriptions citées plus haut, V, 6641. \ oir aussi Grienberger, Niederrheinische Matronen (. Eranos Vindobonensis, 1893, p. 253 s.) el chez Ihm, Op. cit. les n°* 109, 120, 175, 176 ; Flor. Vallentin, Cjp. cit.; Castan, Les déesses mères en Séquanie [Rev. arch. 1875, p. 171); Ihm, chez Roscher, Op. cit. p. 2473. — 7 Voir Ihm, Matronenkultus, p. 32; et Matres, Op. cit. p. 2467; cf. Siebourg. Westdeutsche Zeitschr. 1888, p. 115, et Christ, Bonn. Jahrb. 85, p. 159. Sur ces vocables, voir H. Kern, Noms germaniques dans

, m.i . \ __ s Uoltlcr,

es inscr. latines du Rhin inférieur (Rev. celt. 137-*, p. ^

L Itcelt. Sprachschatz , p. 463, 464. — 9 V. de la Ménardiôn ... . ^ 499, 994,

Hctons, Poitiers 1881, p. 143. — 10 Corp. inscr. lat. VU, ,!l ’ .

ïphem. epigr. VII, 1018. — H Ibid. VII, 5, 238; cf. 1094. I oui , Optimiser. lat. VIII, 2635, 10 760. - 12 Ibid. VII, 915, 939. Pour communes, ^ ^ pigr. VII, 322, n» 1032 et p. 320, no 1017 ; cf. The Academy, l88 2 " f“|t partje mnium gentium, Corp. inscr. lat. VII, 887. L épithète Je \iyth. p- ^

une invocation ; pro sainte decuriae. — 13 Simrock, eu s ^ \0rncs. Ie éd.), croit à une origine germanique et identifie les Matxe ^ \oir aussi - H Ihm, Op. cit. p. 34 s. p. 80 s. et Matres, chez Roscher, P- p 3^ Un

Arbois de Jubainville, Rev. celt. 1892, p. 284, et S. Reinac >^ueSde Nîmei ocument intéressant et très controversé est l’inscription en h 1,1 1 , f.,,-ovh. '°'r

Zorp. inscr. lat. XII, 383) : MatpeSo NajAauo-ixaSo (INemausi ^ ^

Arbois de Jubainville, Rev. celt. 1890, p. 250 et Ihm, L. < ■ ^ v()jr ||mi ,0p-c^‘

1. Vallentin, Op. cit. p. 26. - 10 Pour ces monumentsen gén ra , ^ ^ M pour le principal d’entre eux, celui que nous commentons^ ^ (7 [( y a (i,si.is- 176, p. 61 ; Baumcister, Denkm. des klass. Alterth. Ij P- ^ Jg y0jr supr^ cl iptions : matribus farcis, Corp. inscr. lat. VII, •* ^ j

•rgk, Westdeutsche Zeitschr. 1, p, 148 ; cf. Ihm, chez B ose 1 ^ (j<;3 Grecs,

également assimilé les trois Mères aux horak de la pi i,,l'|i

MAT

MAT

.acier d’un l»as',rl"'

tiennent par

q d’Avigliana sur lequel cinq femmes la main en dansant, au-dessus d’une

r;\"î- sTm.'cx

’C/ji j \A

fj„ 4857. Décsses-méres de Foi tiers .

sur leurs genoux

sont

se ueu»0*- * invocation aux Maires , les¬

quelles ne sont pas sûrement ces femmes1, il est question ailleurs de divinités analogues aux Matres, groupées par deux2. Nous reproduisons ici un monument encore unique dans son genre qui, trouvé dans le sol de la ville de Poitiers, représente les Maires groupées par deux sur une sorte de chaise curule ; une corne d’abondance est placée entre les deux et déposés des fruits comme

attributs caractéristiques 3 (fig. 4837). Et enfin, il n’y a aucune témérité à interpréter comme des Matres ou Matronae individuelles, des figurines en terre cuite, IW la plupart découvertes en Gaule, qui

V représentent des femmes assises, dans l’attitude et avec le costume de celles qui sont groupées ailleurs par triade, et portant dans la main ou une pomme, symbole de leur action bienfaisante et fécondante, ou la corne d’abondance4. Tel est le cas de la figurine, encore inédite, qui a été trouvée récemment à Angoulème et dans laquelle on a voulu voir quelque divinité égyptienne, opinion aussitôt abandonnée que formulée : nous estimons qu’elle doit ctre cataloguée également parmi les Matres 0 vfig. 4858).

; Cependant c’est le groupement par trois qui nous fournit la représentation caractéristique des Matres ou Matronae ; et parmi les monuments qui nous les présentent ainsi, le plus remarquable estla niche trouvée en 1875 dans le duché de Juliers en Prusse rhénane, aujourd’hui placée au musée de Mannheim (fig. 4859). Elle porte inscription : matrones) cESAiEN(is) m, JUL(ius) valen- Tlxus ET JlUA Justin a ex imperio ipsarum L(ibentes) M(ento . Le vocable Cesaienae ou Gesaienae reste obscur ; acile cite un Julius Valentinus parmi les chefs du solidement des Bataves en 70 ap. J. -G. 6, mais le nom est fréqutnl dans cette région. L’inscription, en grandes capiu es’ î,0,|lienl la niche où les Matronae sont assises sur UDC art(I aette à dossier, munie de coussins et dont les

Fig. 4858.— Décsse-mèrc d' Angoulème.

bras sont sculptés en forme de dauphins1. En chapiteau corinthien, sculpté à plat, est censé soutenir par le milieu 1 entablement; extérieurement, surchacun des flancs, sont représentés en haut relief deux personnages, dans la tenue

etavec les attributs des sacrificateurs^ droite un homme en tunique courte, à gauche une femme vêtue d’une longue robe transparente. Les déesses sont assises, drapées dans d’amples et épais vêtements, un manteau recouvrant la robe qui tombe jusqu’aux pieds :

sur leurs genoux elles portent des paniers où sont placés des fruits ; celle de

gauche appuie familièrement la main droite sur le bras de sa voisine; celle-ci, qui occupe le milieu, est tète nue,

Fig. 4859. — Déesses- nicres de Mannheim.

de taille plus petite; les deux autres sont coiffées de bonnets dont les bords s’élargissent en turbans et que certains interprètes ont pris à tort pour des auréoles8. On retrouve la même coiffure sur un monument de facture grossière qui est originaire de Mümling-Crumbach ' ; ici encore la figure du milieu est tète nue, mais de taille plus grande que ses compagnes et placée sur un siège plus élevé. Un bas-relief de Londres, dont la partie inferieure seule subsiste, offre la même disposition, avec traces du même costume et sur les genoux des divinités les mêmes paniers remplis de fruits10. Lyon possède une niche analogue où les Matres , surnommées Augustae par l’inscription votive, sont coiffées simplement de leurs cheveux roulés en bandeaux épais; celle du milieu tient une corne d'abondance de la main gauche et une patère de la droite ; toutes les trois portent des fruits dans les plis de leurs robes11 (fig. 4860). Si l’on veut bien remarquer que nulle part les inscriptions ne mentionnent les Matres ou Matronae comme allant par trois, on est fondé à croire

Garucn i P' et Ihm, Matronenkultus, p. 48, 114, n° 35; cf.

[®77> p ’ ->91 " rc^' London, 15 avril 1869, et Mowat, dans Mêlas inc,

Ltrcnt < c soia les duae Alaisiagiae qui, sans être nommées matres,

KJcalions <'al,s celle caR'gorie, comme un grand nombre de person-

seul vocable n"'CS nu’rTle nature, toujours nommées au pluriel et par le

2475, eic 3a'JC c"'Pse du nom Matres. Voir Ihm, chez Roscher, p. 2472,

®°nunicnt a f.| . "See ^ e ^ a Société des Antiquaires de l'Ouest, catal. n° 92. Le rom., p. 2co , ■ 1 0Produit par do Caumont, Abécédaire d'Archéol. in gallo- 4 sa particularité* *>&r ^ *a ^énardière, Op. cit., p. 15, mais sans allusion }ou/oiSCJ Parjs (llus cur*euse, le groupement par deux. — 4 Tudot, Figurines Rn. histor jgg- cE ^°nceaux, Le grand Temple du Puy-de-Dôme,

Angoull,.rUpj ■ ~ 6 ci. Chauvet, Hgpoth. sur une statuette antique,

®*tlo-Romains ai nolc <lc ■ Foucart, p. 19. 11 semble d’ailleurs que les limier rang a'vcr" I C0'a°n<lu dans un même typo’certaines divinités romaines de tu* 91) possède un 0111-9 ^a^res indigènes. Le Musée des Antiquaires de l’Ouest a"lcl quadrangulairo trouvé aux environs de Poitiers, sur lequel

sont grossièrement sculptées les figures de Gérés, Minerve, Hercule et Apollon. Gérés est assise, le polos en tète ; sur scs genoux, dans les plis de la robe sont déposés des fruits ronds et la main gauche tient la corne d’aboudancc. V. de Longuemar, Bulletin de la Société des Antiquaires, 1862, p. 22 s. (avec la pl. p. 44) qui a le tort d’appeler cette figure une Cybèle. — 6 Tac. Hist. IV, 68-85. 7 Nous pensons, avec Bauineister, L. c., qu’il n'y a aucun rapport mythologique entre ce poisson et la nature des Matres représentées. — 8 Voir Ihm, Matronenkultus, p. 45, et Stcphani, Nimbus und Strahlenkrantz, Mém. de l'Acad. de Saint-Pétersb. 1859, p. 76. — 9 Bonn. Jalirb. 83, tab. 2, 1 , reproduit chez Roscher, Op. cit. p. 2469. — *0 Bonn. Jalirb. Ibid. p. 41, et Ihm, chez Roscher, Ibid. 2470. Sur un bas-relief trouvé à l'abbaye de St-Laurcnt de Belley, les Mères assises au nombre de trois portent sur leurs genoux un objet rond que l’on peut à volonté prendre pour une miche ou pour une corbeille. Corp. inscr. lat. XIII, 2498, avec la dédicace : in hokorem... beàbvs... siatrabvs.

il Boissieu, Inscr. de Lyon, p. 56; reproduit dans Bonn. Jalirb. 83, p. 40, et

chez Roscher, L. c. p. 2469.

MAT

que la triade est une sorte de synthèse artistique et religieuse à la fois, peut-être imitée de celles qui sont usuelles dans la religion gréco-romaine et se résolvant dans l’idée plus générale de la pluralité, laquelle est

attestée par tous les monuments épigraphiques sans exception. D’autres monuments varient les attitudes, en ce que la figure du milieu est représentée debout et les deux autres assises, ou réciproquement, sans qu'il y ait lieu de voir là autre chose que des fantaisies artistiques *.

C’est à tort que M. J. Becker, a cru pouvoir démontrer «lue les figures féminines chevauchant isolément sur des muletsou des ânes, et dont un nombre assez considérable a été découvert en pays celtiques, représentent des Maires individuelles, pour cette raison que la coiffure quelquefois, la corne d'abondance et aussi le fruit symbolique les font ressembler aux Matres 2. Cette opinion n’est plus défendable aujourd’hui, après la double réfutation dont elle a été l’objet, au nom à'Epona par M. S. Reinach, au nom des Matres par M. Ihm qui s’est fait l’historien en titre de ces dernières divinités. Ce qui d’ailleurs n’est pas douteux, c’est que les cultes d 'Epona et des Maires sont pratiqués dans les mêmes lieux et que leur diffusion, partie du même berceau, s’est opérée sous l'influence d’une piété identique. On peut s’en convaincre en comparant les deux cartes dressées, l’une par M. Ilaversfield pour les Matres-Matronae , l’autre par M. S. Reinach pour Epona3. De plus, les Matres sont souvent invoquées de concert avec Epona et peut-être même associées à sa légende4; ainsi les Mairae sont nommées à côté d’Epona dans une inscription du pays de Dijon, alors que les Equités singulares à Rome rendent des hommages communs à la protectrice des chevaux et aux Matres qui, sous le vocable de Suleviae et Campestres , sont les patronnes de la vie militaire et les gardiennes du camp 8. A Bregenz, sur le lac de Constance, on raconte encore la légende d'Hergotha, légende dont l'héroïne est Epona, qui y exerce une action tutélaire analogue à celle des Maires 6.

Deux espèces de vocables accompagnent d’ordinaire le titre de Matres ou de Matronae , les uns latins, peu nombreux et de signification assez vague, qui nous permettraient à peine par eux-mêmes de déterminer leur nature, les autres latinisés, mais à consonances

1 Voir llini, AJatronenkultus, p. 42 s. et art. matres, chez Roscher, L. c. p. 2468 s. — 2 Bonn. Jahrb. 26, p. 91 ; cf. S. Reinach, lie v. arch. 1895, p. 163 s. [Epona). Les figures spécialement visées sont celles qui représentent Epona ou avec la pomme (Reinach, n« 52, p. 185), ou avec des enfants [Ibid. p. 193), ou celles de beaucoup les plus fréquentes qui lui donnent la corne d’abondance [Ibid. n° 38, p. 178; n® 33, p: 179, etc.). Peut-être Epona était-elle nommée Mater ou Matrona ; voir l’inscr. de Soleure, Corp. inscr. lat. XIII, 5170 ; Orelli, 402. — 3 Voir la carte de M. S. Reinach, Op.cit. p. 327, et celle d llaversfield, Op. cit. in fine. — 4 Corp. inscr. lat. X 11 1, o622; voir Reinach, L. c. p. 323 s.; llirn, Matronenkultus , p. 80, et Mommsen, \\ estdeutsche Zeitschr. 1886, p. 125. — o Voir le tableau complet des divinités invoquées avec Epona sur les inscriptions des équités singulares (Henzcn, Ann. d. Instit. 1883), ap. Reinach, p. 324. — 6 S. Reinach, Op. cit. p. 187, avec la figure n° 59 ; et Becker, Jahrb. (1er Allertumsfreunde im Itheinlande.XX. I,p. 182. — 7 Voir la liste de ces vocables exotiques latinisés, chez Roscher, Op. cit. p. 2478 s. — » Voir H. Kern, Noms germaniques, etc. (Rev. cclt. 1874, p. 153 s.). — 9 Orelli, 5939 ; Bram-

ctdUques ou germaniques, très fréquents , souvent obscurs et livrés aux interm-éhi S le |,llls • conjecturales7. Quelques-uns cependant ï. ^ plüs noms de lieux connus, nous fournissent dès in'?68 dls précises ; et tous ensemble sont suffisamment , ? ‘°ns pour nous faire distinguer deux ordres d’hf ■ P lciles inspiré et répandu le culte de ces divinités T r 3)3111 sont redevables de leur désignation spéciale h fl lité, tantôt elles les tirent d’une qualité

influence surnaturelle

'relie". Nous avons déjà cité ci.7 domesticae, commune s, maire, omnium ,2um.

transmarinae qui impliquent des notions g

:eogi

'uphiques

et ethniques. D autres laissent nettement transirait quelque bourgade ou pays connu», comme les j/a, ! Mahlineae (Malines), JVersihenae (Neersem, Vnca h J

7ieAae(Wakelendorp),^;ômAenae(ElveniCh),(îerU(/a^al

(Gironde), Eburnicae (Yvours), N«gaTOxaSo=Ae»m J stcis (Nîmes), Afrae, Britannae, Britannicae , Brittae Gallae , Gallicae, Italae, Germanae, Noricae, Treveraè Suebae 10, adjectifs parfois remplacés par des génitifs I possessifs comme Delmatarum, Pannoniorum qui sont connus ; Ausuciatium , Braecorium, Gallianathm, Masuonnum , etc. (nous ne mentionnons pas ici ceux qui sont germaniques), d’interprétation difficile ou con¬

jecturale11. D’une manière générale, on peut dire, avec un celtisant autorisé, qu’il est le plus souvent impossible de voir au premier abord si l’attribut est dérivé d’un nom de lieu ou non. « Souvent on ne sait à quelle i

langue attribuer certain mot latinisé, mais évidemment

d origine non latine. Car, tandis qu’il arrivait quelquefois qu’un étranger rendait hommage aux divinités de sa résidence temporaire, il n’arrivait pas moins souvent que l’un ou l’autre, se ressouvenant loin de son pays de ses dieux tutélaires, leur consacrait un monument à l’étranger 12. »

De même il n’est pas douteux que, parmi les appellations de provenance celtique ou germanique, lion nombre n’aient eu une signification morale 13 ; mais comme les

inguistes sont loin d’être d’accord sur leur signification,

les

on ne sera pas surpris que nous nous bornions a mentionner. Nous connaissons celles qui, do forme latine et classique, ont une valeur honorifique ; il y faut ajouterj le titre de Dominae^ . Viennent ensuite les vocables qui font rentrer ces divinités dans le cercle des génies protecteurs du foyer familial ou de la patrie, comme domesl

■ 18 ou simplement

ticae, paternae , maternae, trisavae , les possessifs meae et suae 1C. Une classe spéGali es celle des Matres campestres qu’ont honorées leai'l"1 es singulares à Borne, et aussi des soldats quelconques en divers lieux; elles rappellent les Génies sp«,«-iui|x

cités ailleurs

l’armée et des camps que nous avons

, ' ■ lat XII, 305 et .

bach, 626 ; 529-531 ; 454 et Inscr. rhen. 908 ; 551, 554; Corp- ^ cf jVe.

Jullian, Bull, épigr. 1886, p. 168 ; Orelli, 5935 ; Corp. insci . lui. '^/liusenscs Msmetiales, 2221 et 656 où sont associées Fortuna Aretatensis, - jllSCr. lat. VIL J très et Bona Dea ; Corp. inscr. lat. VII, 328 ; Orelli, '9i- . 1 "/ ^ IX,

238 et 5 ; Brambacb, 201-208. — 10 Correspond, der Westdeu scy ^ ^ 33t, p. 250 ; X, p. 207 ; Hhein. Mus. 1890, p. 639 ; Ihm, Matronenku « > ^ («/.J

— U Corp. inscr. lat. XIII, 1766 ; cf. Boissieu, Inscr. de Lyon, ^ ^ u 11. Kern- V, 5227 ; Suppl. Ital. l,n« 847; Ihni, chez Roscher, Matres, p. - ' j|(k, n,ul,i(iccn<*» Bev. celt. 1874, p. 153.— 13 Ainsi M. Alagabiae, les «dames i egj» ^ C<4\

(Ibid. p. 157) et les,!/. Maphtiae, les « Mères gardiennes » (l'- ' 1887,1

inscr. lat. III, 1005 ; V, 774 ; VI, 17 ; XI, 1543, etc. ; cf. AoU p;i| . [;raju

p. 469. - 15 Corp. inscr. lat. Vil, 915, 939. 1342 ; Corp. inscr- ■ bach, 1970 ; Bull. arch. comm. 1885, p. 94. — 46 Corp. insa . '* 1<M‘ j ; jéuppl. :!U*I lat. VII, 1342, etc. — « Corp. inscr. lat. III, ; VII, I -• > cf. GENIUS, p. 1493, LARES, J). 944.

MAT

MAT

rla„.ne) les Campestres s’associent hBritannia lira Victoria, à Epona, ce qui achève

-rsonniflée, a

•aractère militaire; elles ont pour pen-

I* , jour ca (laCCl |ps provinces danubiennes et en Afrique, des

dants’ ' 'in^strcs qui sont, comme elles et comme les ,Hi '"'Virement romains, auxquels les uns et les autres V.îrni des protecteurs de l’armée dans les diverses de son fonctionnement1. On rencontre encore Cmr unpestres à côté des Sulevae, vocable obscur d’où 7 voulu tirer les Sylphes de la mythologie germaf ; 1 . jeg Campestres figurent sur un bas-relief, au nilire de trois, pareilles aux Mères en général, c’est-àassises et portant comme attributs des épis dans les Jains sur les genoux des corbeilles de fruits et de flaurs ”T* Enfin il y a des Maires appelées Violes, comme les Lares qui protègent les voyageurs ou les Fortunae i iès ramènent dans la patrie 3, ou encore les Tutelae qui veillent sur les villes et sur les nations; d’autres sont nommées conservatrices ou indulgentes*, celles-ci invoquées en compagnie de Jupiter et de Mercure, protecteur du commerce: lucrorum potentP . Les inscriptions aux Mim Parques ont fait supposer que leurs adorateurs leur accordaient un pouvoir prophétique : aucun texte précis, aucun attribut figuré ne permet de l’affirmer6.

Ce qui ressort sans conteste de l’ensemble de ces vocables comme aussi des attributs donnés aux Matres- Matronae sur les monuments figurés, c’est que les Celtes et les Germains, de chez qui elles sont originaires, les considérèrent de tout temps comme des divinités inférieures, génies tutélaires des bourgades, des villes, des nations, peut-être aussi comme les esprits bienfaisants dont l’empire s’étendait sur les campagnes et sur les bois ; d’une façon plus spéciale comme les protectrices de la femme, dont elles incarnaient la fonction la plus auguste. Au contact de la religion romaine, Celtes et Germains purent reconnaître les Maires dans les Ju noues \ comme aussi dans quelques divinités de nom éminent, de signification généralement archaïque, telles que mater matita, la Mère des Lares, la Mater Magna [cybele], hnoLucina honorée aux matronalia, etc.8, pour ne citer que les plus célèbres. Il est probable que les ressemblances entrevues eurent, en bien des cas, pour effet d’accuser, dans les hommages publics, le caractère romain des Maires, par ceux-là mêmes qui les considéraient au fond comme leurs divinités nationales. Quant aux Romains, ils devaient accueillir d’autant mieux ces étrangères 1u’l *es "voyaient s’accommoder davantage à leurs propres conceptions religieuses. A l’époque du Christianisme nomphan t, les assimilations continuèrent suivant des pi°H des, identiques: la triade des Matres devint celle des ^'N Alaries, transformation d’autant plus aisée que la prae populaire Mairae devenait sans peine Mariae. une inscription en l’honneur des Maires se

lit sur un autel de la Vierge; les prérogatives que la religion nouvelle accordait à la mère du Sauveur, la faveur dont son culte était appelé à jouir parmi les femmes, ne prenaient-elles pas leur source dans les sentiments mêmes qui avaient suggéré aux Grecs et aux Romains leurs divinités courotrophes9? J. -A. Ilu.n.

MATRIMOXIUM. râgoç. — I. Grèce. — Nous envisagerons d’abord le mariage au point de vue juridique, en laissant de côté tout ce qui a trait aux mœurs, aux coutumes et aux cérémonies du mariage, du moment qu’elles ne rentrent pas dans le droit matrimonial proprement dit. A cet égard, d'ailleurs, ici comme dans bien d’autres matières du droit, les sources sont assez pauvres ailleurs qu’à Athènes. La loi de Gortyne ellemême qui, en dehors de l’Attique, est la source la plus riche, et qui renferme nombre de dispositions intéressantes concernant le droit de famille, ne traite, dans l’état où elle nous est parvenue, que de quelques points spéciaux du mariage, notamment de la dissolution du mariage par le divorce et des effets de cette dissolution en ce qui concerne, soit les biens des époux, soit la condition des enfants nés après le divorce. Les règles posées par la loi de Gortyne à ce sujet ont, du reste, été précédemment exposées [voir divortium, p. 321 ; nos, p. 394 ; GORTYNIORUM LEGES, p. 1638 .

Dans la Grèce antique, le mariage est loin d’avoir lè caractère élevé qu’il présente dans les législations modernes. Son objet principal n'est point l’union de deux êtres qui se connaissent et qui s’associent pour le bonheur comme pour les peines de la vie; c’est, avant tout, en unissant deux personnes dans un même culte domestique, d’en faire naître une troisième qui soit apte à continuer ce culte. C’est ce dont témoigne à Athènes la formule sacramentelle qui, au dire de Clément d’Alexandrie, était prononcée lors de la célébration du mariage1. C’est ce qu’attestent également pour Sparte de nombreux témoignages2. Aussi peut-on considérer comme très exacte la définition que donne l’auteur précité du mariage grec en général et du mariage athénien spécialement : l’union de l’homme et de la femme formée pour la procréation d'enfants légitimes3. Aussi, en raison du rôle qui lui est assigné, à savoir de devenir mère et de donner de nouveaux citoyens à la cité, la femme athénienne, du moins à l’époque classique, n’occupe-t-elle au foyer domestique qu’un rang tout à fait secondaire gyxaeceoi . Par contre, l’épouse est seule à ce foyer et n’a pas à craindre d’y voir une rivale. Non seulement, en effet, comme on l’a précédemment expliqué, l’unité du mariage est admise dans le droit athénien [higamia], mais encore l’épouse légitime n’a point à tolérer dans la famille la présence si insultante d’une autre femme, d’une concubine, donnant également le jour à des enfants légitimes [CONCUBINATUS1.

' CorV ■ inscr. lat. \ «5, 17-

10760; llini, Matroncnkultus , n°s 109, 1 20, Vil, { 1 29 j,n te ^lliev,s hampes tribus Fatis, Bonn, 1886, p. 37 s. — 2 Ibid. fxpi„i | , ' ’ ll| ^^10; 768. Voir la reproduction chez Montfaucon, Ant.

inter, lat VII ^'jÎ ^ * ^îull. d. comm. archcol. 1891, p. 284. — 3 Corp.

addit. p’813°0 (cf,J‘ARRS’ p- s. ; fortuna, p. 1276).— ^ -Ibid. XII, donne I épiulôl ^ ^ orP • inscr. lat. VII, 927. Ailleurs on leur

^Escliyle (pnR,^, ^°tere& (II, 2128), ce qui rappelle les vieilles déesses Monceaux /, °u ^es ^arfll,cs (fata, p. 1016 s.). — 6 C'est ce que disent

^ ailleurs 'bo.' ^emP^e du Puy-de-Dôme {Rev. histor. 18S7, p. 259), où il

'-ilédes A/Î/o/C<MI^ ^ ailtrcs a^ril»alions hasardées, et Fl. Vailentin, Les Dieux l^C('d.((cs inscit l0'/, S) P- 27, pour tout le reste très exact. Voir encore Mém. de " • « belles-lettres , t. X, p. 22 ; Rev. arch. 1848, V, 363, et de Wal,

De Moedcrgoddinen, Lcyde, 1846. — 7 Junones, p. 690, et genu, p. 1491 s. — 8 Les Matronae surtout ont une ressemblance évidente avec toutes les divinités Courotrophes de la religion gréco-romaine. On a voulu lire sur une inscription do la région lyonnaise {Corp. inscr. lat. XIII, n° 1763) : i.ucinis matris; le texte donne lycinis. Cf. Orelli Ilcnzon, 5938. Les ressemblances avec Juno Lucina n’en existent pas moins. — 9 Corp. inscr. lat. XII, 1304 ; cf. S. Fl. Vailentin, Op. cit. p. 29 s.; Rein&ch, Epona , Rev. arch. 1895, p. 193 ; Robert, Epigr. de la Moselle, fasc. I, p.43, et Ihni, A/atronenkultus , p. 74 s.

MATR1MONIUM. • Clem. Al. Strom. II, 23: èïti ttguSmv ou ^ootcu.

— 2 Voir Schoemann-Galuski, Antiq. gr . I, p. 303 et s. ; Jannet, lnstit. soc. à Sparte , p. 98 et s. — 3 Clem. Al. L. c.

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