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A. Formation du mariage. — A l'origine, chez les divers peuples aryens, un homme se procurait une femme en l’enlevant ou en l'achetant. Le mariage par rapt, qui est incontestablement la forme la plus ancienne, a, en raison même de son antiquité, peu marqué son empreinte dans l'histoire du droit grec. Ainsi dans Homère, à l’exception de l’enlèvement d’Hélène qui fait mouvoir toute la grande epopée, on ne rencontre aucune allusion au rapt, considéré comme mode de formation du mariage 1 . Dans la législation de Sparte, le mariage par enlèvement a laissé des traces notables. Le fiancé devait, en effet, aussitôt (|u il avait obtenu l’adhésion des parents dont sa fiancée dépendait, s’emparer de celle-ci par une sorte de rapt
Le mariage par achat, qui a remplacé le mariage par enlèvement, était, au témoignage d’Aristote3, pratiqué parles anciens Grecs, le mari achetant, soit la femme ellemême directement, soit la puissance sur elle de celui qui l’exerçait. Cette forme de mariage était, dans l’opinion générale, encore pratiquée dans le droit homérique4. On peut, en. effet, considérer les présents donnés lors du contrat au père de la jeune fille, et nommés lova3, comme le prix réel ou fictif de l’achat de la fiancée6. Il est incontestable que chez tous les peuples d’origine aryenne, chez les Hindous comme chez les Germains primitifs, le mariage par achat s’est perpétué assez longtemps. Les Hellènes, lorsqu ils se fixèrent en Grèce, pratiquaient vraisemblablement cette forme de mariage; or il serait étrange qu’elle eût déjà disparu à l’époque homérique.
La conclusion du mariage passe, dans le droit hornérique, par trois phases distinctes. La première consiste dans la convention préalable entre le fiancé et le père de la jeune fille. On y précise les conditions de la cession de la puissance sur celle-ci, et on y fixe le montant des lova offerts par le fiancé, et des gsi'Xta donnés par le père de la jeune fille ', où l’on peut voir l’origine de la dot. Tout se borne à un échange de promesses correspondant au contrat de fiançailles. Puis celles-ci sont suivies de la tradition delà fiancée, qui donne le caractère de réalité à un contrat jusqu’alors resté purement consensuel. Cette tradition s’accomplit vraisemblablement suivant certaines formes symboliques, comme la mise de la main de la fiancée dans celle du fiancé en présence de témoins8. A partir de ce moment la femme est dite xoupiSÎT) àXo/oç, épouse légitime. Enfin la formation du mariage se termine par des fêtes qui accompagnent la conduite en pompe de la fiancée à la maison de son époux : c’est le yâaoç dans le sens propre du mot9.
Les règles du droit homérique sur la conclusion du mariage ont dû se maintenir en Grèce pendant un certain temps. Mais on n’en trouve plus de traces dans le droit attique, tel du moins qu'il apparaît à l’époque classique. A cette époque, le mariage se forme à Athènes de deux manières, suivant la situation de la fiancée : soit par ÊYY^Vtç, soit par É7tiSixa<jia. L’engyésis, qui est le mode
1 Cl. Ouvré, Le régime matrimonial au temps d'Homère, dans les Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux , 18GG, p. 294. — 2 Plut. Lycurg. iâ; cf. Sclioemann-Galuski, I, p. 306 et II, p. 630. — 3 Arislot. Polit. II, 8, p. 1268 6. — t Lasaulx, Stud. des kl. Alterlh. p. 339; Wachsmutli, Hellen. Alterturnskunde , II, p. 116; Hermann-Blümner, Privataltert. 3e édit, p. 261 ; Tamassin, Le nozze in Omero, p. 12 et s. — 6 JUad. IX, 144 et s. ; XI, 221 et s. ; Odyss. II, 52 et s. — G Contra Ilruza, Beitr. zur Gcscli. der griech. Famil. I, p. 12 et s. — 1 Iliad. IX, 147, 289 ; XXII, 50 ; Odyss. VII, 314. — 8 Iliad. I, 440, 445 ; cf. Tamassin, p. 25. — 9 Voir Ouvré, p. 295 et s. — 10 Isée, De Pyrrhi lier. §6 ; De Cir. lier. §§ 8 et s. 20 et s. ; De Apollod. lier. §§ 15 et s. :
I O ni
ordinaire de formation du mariage Cünscontrat entre le kyrios de la femme le da"8 «J casie, qui n’a lieu que dans certains cas n '' consiste dans la revendication en justice do celui qui y est autorisé par la loi. Que b m °mme Par reste, contracté par engyésis ou par épidieS'1 ou la revendication sont suivis, d’une mn ?’ econtr«< fêtes ou solennités constituant le yâaoc h ’ r. Cerlaines
de la Y*PiX(# dont nous aurons à déterminé ,aUlreiP#rt, signification. ci ia véritable
a. Formation du mai
dage par engyésis — p- , est le contrat par lequel la personne ayant aulmrn femme, le kyrios [kyrios], donne celle-ci en marial? mari. Trois personnes interviennent donc dans col ‘T le kyrios dont la participation est désignée par le ^ çYYuav, le futur, eyyucogsvoç, et la femme, nommée t Jï L engyesis est toujours présentée comme la coEj indispensable de la validité et de l’existence du maria e Sans elle, les enfants qui naissent d’un citoyen et d’une citoyenne d’Athènes ne peuvent revendiquer les droits que confère la légitimité, notamment les droits d’an chistie et de succession. De même, un enfant ne peut être inscrit sur le registre de la phratrie que si celui qui le présente prête le serment qu’il est né d’une' mère
kj'(ur\xr^ 10.
Quel est précisément le rôle de l'engyésis dans la formation du mariage? On attribue généralement à l’engyésis le caractère d’un simple contrat de fiançailles : ce serait le contrat en vertu duquel le kyrios de la femme s’engagerait à la donner en mariage au fiancé qui, de son coté, promettrait de la prendre à titre d’épouse. Le yâp.oç suivrait alors l’engyésis, comme en droit romain les nuptiae viennent après les sponsalia, et le mariage ne serait parfait qu’après le yoegoç11. Dans une autre opinion, qui nous paraît plus exacte, l’engyésis suffit à elle seule pour fonder le mariage, et elle consiste dans la remise solennelle, ordinairement devant témoins, de la fiancée au mari. Ce caractère de l’engyésis résulte notamment de la formule de la loi citée par l’auteur du second plaidoyer contre Stéphanos12, où l’on voit que l’effet direct et immédiat de riyyuYjffiç, c’est de conférer à la femme la qualité d’épouse, SigapTa dvat. La synonymie des mots Èyyuxv et Ixooovat, synonymie qui est attestée non seulement par plusieurs lois13, mais encore par les plaidoyers des orateurs14, montre, d’autre part, que l’engyésis constituait autre chose qu’une simple promesse ' "• Si, du reste, l’engyésis n’avait constitué qu’une phase prepaia toire dans la conclusion du mariage, celui-ci ne seiait devenu parfait que par un acte ultérieur, et certainemen ces orateurs, qui traitent à chaque instant dans leuis p ai doyers du mariage et de ses effets, nous auraient pm e de cet acte décisif pour la formation du lien matrinionia^ 11 y a bien, il est vrai, postérieurement àlengy*^.^ noce, yâgoç. Mais les formalités du y “t405’ clu' point obligatoires pour la validité du mariage et a j
Dcmoslh. C. Eulul. § 54. — H Plalncr, Beitr. p. 109 et ^ ' ^ ft
Meier, De bonis damnat. p. GG; Wachsmutli, t. H, p. 1G8 » V!çjccolii, P**’ Lipsius, p. 505; Hermann-Blümner, p. 261; Van den Es, p. ' ■ ||, § 18- ' Lasaulx, p. 399; Philippi, Beitr. p. 74. — Denioslh. 1 ^ Cir.
14' \.ae. De Menai, her. SS 3 et s ’
13 id. C. Macart.
her. § 29 ; Demoslh. C. Eubul. §§ 41, 43. — 15 Voir en ce sens
s Ilruza, I, !'■
30 cl»