‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 19 sur 275 · Cal. ali 5‘- ~ 8 Di0»ys- Haï. VII, 12; Plut. Cal · texte numérisé non relu

Cal. ali 5‘- ~ 8 Di0»ys- Haï. VII, 12; Plut. Cal

ybo> *>i tyk. epigr ’ ^ 3’ ,3‘ ~ 9 Cic. De leg. agr. Il, 32 ; Pro

**i Dig. XLvil ’ , ~ i0 Liv’ XXX- 42 i Gic- Acad. II, 2, 5 ; Plut.

XXX>I. 23, 2. 12 Th ’ ’ 7- - 11 Dionys. Hal. VII, 12; Liv. XLII, I; Polyb.

> P • cit. p. 98, note 5. — 13 p0lyb. XXXII, 23 ; Cic. Ad

d’hospitalité 11 [hospitium], ou bien si la cité ou le peuple sur le territoire duquel ils se trouvaient avait fait alliance avec les Romains13. Les amis du peuple romain dépassaient même la mesure et s’imposaient des dépenses très supérieures à celles qu’on était en droit d’attendre d'eux 16.

Arrivés à destination, les ambassadeurs, si on ne les éloignait pas sans vouloir entrer en pourparlers l7, étaient reçus avec toutes les marques de respect dues à leur rang. Les rois venaient au-devant d'eux 18, les saluaient d’aussi loin qu’ils les voyaient19 et s’empressaient de leur faire les honneurs de leur résidence20. On les logeait dans des palais21, on leur offrait l’hospitalité la plus complète, des repas somptueux22, des cadeaux23, on leur accordait les distinctions les plus recherchées24; au départ même on leur offrait, en souvenir du succès de leurs négociations, des présents d’importance23 qu’il leur était permis de garder ensuite26. Le caractère d’inviolabilité de leur personne et de leur entourage leur assurait ce traitement privilégié, comme aussi la majesté du peuple romain qu’ils représentaient. De tout temps les ambassadeurs ont été l’objet de semblables attentions. Pour y répondre, ils avaient soin d’allier à la fermeté dans leurs réclamations et cà l’habileté dans leurs démarches, une politesse toute diplomatique. D’un côté. Popilius Laenas, envoyé auprès d'Antiochus IV Ëpiphane, roi de Syrie, pour lui enjoindre de lever le siège d’Alexandrie, trace autour du roi un cercle sur le sable, et déclare qu’il n’en sortira pas avant d'avoir donné une réponse27; de l’autre, les ambassadeurs N. Fabius Pictor, Q. Fabius Maximus et Q. Ogulnius, accrédités auprès de Ptoléméell Philadelphe, en reçoivent, avec une invitation à diner, des couronnes d’or ; le lendemain, ils les placent eux-mêmes sur la tète des statues du prince 2S.

Leur mission achevée, les légats avaient à rendre compte de la façon dont ils avaient exécuté les instructions reçues du sénat 29. C’est ce qu’on nommait legatio nem renuntiare ou referre 30.

Sous 1 Empire, ce n’est, plus au sénat qu'il est réservé de députer des ambassadeurs auprès des États étrangers; leur choix est devenu une prérogative de l'empereur 31. On voit encore les sénateurs envoyer des missions, mais à l’empereur absent de Rome32, ou aux princes associés à l’Empire pour leur porter ses hommages ou ses félicitations33. Les rares députations d’un autre genre que signalent les textes se rapportent à des époques troublées où l’autorité du sénat est à peu près la seule qui subsiste34.

On peut, à l’époque républicaine, comme aussi, du reste, à l’époque impériale, distinguer deux sortes de légations : les légations temporaires et les légations permanentes. Chronologiquement, c.elles-làontprécédé celles-ci.

A. Légations temporaires. — Il serait aussi inutile

Att. V, 16, 3 ; Liv. LX1I, 1, 12 ; Schol. Acron. ad Hor. Sat. I, 5, 46-47.

— 14 Dion. Haï. VII, 2; Liv.’ XXXV, 49; XLII, 1; Appian. Mac. II ; Cic. Phil.

9, 6; Val. Max. VII, 3, 9. — 16 Liv. V, 28. — 16 Thurm, Op. cit. p. 99, note 1.

— 17 Polyb. XXXII, 23; Liv. XXI, 19. — 18 Dio, XL, 29; Val. Max. V, 1, 3; Liv. XXXI, 19, 5. — la Liv. XLV, 12; Diod. Sic. XXXI, 2; Just. XXXIV, 3; Val. Max.

VI, 4, 3. — 20 Diod. Sic. XXXIII, 28 a ; Plut. Apopht. Scip. min. 13. —21 p0lybi XXXI, 5, 3 ; Plut. Lucul. 2 ; Dio, LXXII, 2. — 22 Just. XVIII, 2, 9 ; Liv. XXXIII 39 2 ; Diod. Sic. XXVIII, 12 ; Dionys. Hal. V, 34; Arch. Zeit. 1876, p. 129 ; Corp. inscr. att. II, 89, 136, 284; Joseph. Ant. Jud. XIV, 8, 5. — 23 Jusp XVIII, 2 9 ; Zonar VIII, 4 ; Dionys. liai. XX, 14. — 24 Polyb, 11,12; Zonar. VIII, 19. — 25 piut, Lucul.

21 ; Liv. XXXIX, 5,i ; XLII, 25. — 26 Dion. Hal. XX, 14 ; Zonar. VIII, 6 ; Val Max IV 3, 0.-27 Polyb. XXIX, 11 ; Liv. XLV, 12; Just. XXXIV, 3 ; Plut. Apopht. G. Popitii

— 28 Dionys. Hal. XX, 14; Just. XVIII, 2. —29 Liv. IX, 4; XXIII, 6 ; XXIX, 33. —30 H.

VII, 32.— 31 Mommsen, Droit publ. rom.X, p. 245. — 32 Dio, LIV, 10- LIX >3 Suet. Cl. 19; Calig. 49 ; Mon. Ancyr. II, 34etsuiv. ; Corp. inscr. lat.X I, 1440, 1698 •

VIII, 7062; Ammian. XXI, 12, 24; Liban. Epist. 923, etc. —33 Tac. Ann. I, 14 Corp inscr. lat. VIII, 7062. - 34 Suet. Xitel. 16; Tac. Il, si. III, 80; Vita Juliani, 5, 6.'

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que fastidieux d’énumérer tous les ras où le sénat avait l'occasion d’envoyer des commissions a 1 étranger ou même en Italie; nous insisterons sur les suivants ;

1° Déclaration de guerre. — On sait qu’il y avait des personnages spéciaux, les fetiales, a qui ce soin était réservé ; mais avant d’en venir à une déclaration formelle, il était d’usage que le sénat engageât des négociations pour essayer d'obtenir pacifiquement ce qu’il souhaitait et les réparations auxquelles il croyait avoir droit. Il en chargeait des ambassadeurs qui partaient ad res repetendas *. Si ceux-ci échouaient, le sénat votait le commencement des hostilités et en prévenait les intéressés par une nouvelle ambassade - (ad bellum indicendum).

2° Conclusion de la paix. — Il semble que primitivement le général victorieux ait eu le pouvoir de mettre fin à la guerre par un traité définitif; mais à partir de l’année 513 de Rome 3, où nous voyons le fait se produire pour la première fois, on prend l’habitude de déléguer auprès de lui, pour l’aider dans les négociations, une députation de cinq 4 ou de dix membres. Ceux-ci, d’abord nommés par le peuple 6, sont bientôt au choix du sénat6. C’est par des commissions de cette nature que furent préparés tous les traités de paix signés à l’époque républicaine, ceux qui suivirent la guerre d’Antioclius \ celle de Persée 8, celle des esclaves de Sicile9, celle de Mithridate 10, celle de Gaule ", etc. 12. Le but du sénat, en envoyant ces conseillers au général, était de garder la haute main sur la conclusion de la paix et de tempérer les désirs ou les ambitions du chef victorieux; il n’enlevait pas à celui-ci l’honneur de signer le traité13, mais, par l'intermédiaire de ses légats, il lui en dictait les conditions14; il s'en réservait, d’ailleurs, la ratification définitive ,5.

3° Traités d’alliance16. — Nous avons gardé le souvenir de nombreuses ambassades dont le but était de gagner au peuple romain l’amitié de cités ou de nations étrangères17, de renouveler des traités précédemment conclus18, d’assurer par de nouvelles conventions la fidélité chancelante de peuples ou de rois alliés, et leur neutralité19. En pareil cas, les ambassadeurs étaient souvent chargés d’offrir, au nom du sénat, des présents plus ou moins importants. Ainsi, en 544 = 210, on envoya à Ptolémée IV Philopator une toge et une tunique de pourpre avec une chaise d’ivoire, à la reine son épouse une robe brodée et un manteau de pourpre 20. A Massinissa, en 554 = 200, les légats remirent des vases d’or et d’argent, une toge de pourpre, une tunique « palmée », un sceptre d'ivoire, une toge prétexte et une chaise curule-1.

4° Organisation des provinces soumises. — La paix une fois conclue, il était nécessaire de surveiller l’exécution des clauses du traité et d’organiser le nouveau

1 Liv. III, 25; IV, 58; XXX, 26; XXXVI, 3; XLII, 25 ; Val. Ma*. II, 2, 5 ; Dionys. IX, 60; X, 23 ; cf. Mommsen, Droit public romain, IV, p. 410, noie I. — 2 Exemples dans Willcms, Le sénat de la Rép. rom. II, p. 469 et 470 ; Thurm, Op. cit. p. 29 el 6Uiv. 3 Polyb. I, 63. — 4 Liv. XLV, 17. — 5 Id. — « JAv. XXXIII, 24; App. Mac. 10 ■ Pun. 32 ; Polvb. XVIII, 42 ; Bail, de corr. hell. VI, p. 363. — 7 Polyb. XXI, 24, 44,’ 48 ; Liv. XXXVII, 55. - 8 Polyb. XXX, 13, 6; Liv. XLV, 17, 20; Plut. Paul Aem. 28. — 9 Cic. Verr. II, 13, 32; 16, 39. — -10 Cic. ad Alt. XIII, 6, 4; Plot. Luc. 35,36; Dio, XXXVI, 46. — « Dio, XXXIX, 25; Cic. ad Fam. I, 7, 10; Pro Balbo , XXVII, 61. — 12 Cf. Mommsen, Droit publ. rom. IV, p. 414, noto 2, avec tons les exemples qu'il cite; Willems, Le sénat de la Rép. loin. II, p. 477 et s. ; Thurm, Op. cit. p. 38 et suiv. - 13 Liv. XXXIII, 24 ; XXXVIII, 58 ; XLV, 17 ; Senàlus-consulte de Priène (Viercck, 14), 1. 7 ; Sénatus-consvlte de Narthacion (Vicreck, 12), I. 17. - 14 Liv. XXXIII, 34; XXXIV, 25 ; Polyb. XVIII, 47. La formule officielle est : ex decem legatorum sententia. — 15 Liv. XXXI\ , 57, 1. 16 Thurm, Op. cit. p. 40 et suiv. — 17 Dion. Hal. V, 34; Polyb. II, 23, XM,

territoire acquis par la République. Là encore le sénat avait recours à des ambassadeurs, généralement au nombre de dix22; ceux-ci se rendaient dans le pays soumis et soutenaient de leur autorité et de leur expérience le gouverneur militaire : telle fut la commission qui assista Scipion Emilien après la chute de Carthage23 ou celle qui organisa, de concer t avec Mummi us, la province d’Achaïe31, Ce n’est qu’à la fin de. la période républicaine que des généraux, comme Pompée et César, se dégagèrent de cette surveillance26.

5° Missions religieuses. — Était-il nécessaire d’accomplir à l’étranger certaines cérémonies religieuses ou de consulter des oracles, le sénat décidait l’envoi d’une commission spéciale. En 356, à la veille de la prise de Voies, des légats durent aller à Delphes pour obtenir d’Apollon l'explication de certains présages26; de même quand, en 461, la peste fit à Rome de terribles ravages, les livres sibyllins ordonnèrent de faire venir Esculape d’Epidaure. On y députa une légation qui en ramena le serpent sacré du dieu ; et Valère Maxime raconte les craintes que l’animal inspira aux députés pendant la traversée-1. 11 serait facile de citer d'autres exemples28.

6° Missions comminatoires. — Le sénat ne disposait d’aucun moyen de contrainte pour faire exécuter- sts décisions par les magistrats, et en particulier par les commandants militaires. Mais son autorité était, du moins jusqu’au dernier siècle de la République, assez puissante pour imposer l’obéissance. Néanmoins, dans certaines circonstances, il dut intervenir et notifier ses volontés à des généraux oublieux de la loi; en pareil cas, il leur faisait porter ses ordres par des députations de deux , de trois30, parfois, dans les cas graves, de cinq " ou de dix sénateurs32.

7° Décision de litiges. — Pour couper court à certains litiges, qui ne pouvaient être tranchés aisément a Rome, le sénat déléguait ses pouvoirs à des légats qui se transportaient sur place et jugeaient conformément aux instructions qu’ils avaient reçues. Qu'il s’agit de cilrs italiques, comme Pise et Luna33, Reate et Interamna ", de villes alliées comme Gênes36, ou d’étrangers comme Antiochus et Eumène36, Carthage et Massinissa", la méthode était la même : le sénat s’en remettait aux devisions de ses envoyés38 prises sur place in re praesenii ■

B. Légations permanentes. — Il n’y a qu une sorte o légations permanentes, celles que le sénat envoie allP"L des commandants militaires et des gouverneurs. D' |nl temps, nous l’avons vu, on avait eu recours à des h'S-'j lions de cette sorte, mais provisoires. A mesure P01"1'"^ que le théâtre de la guerre se reculait et que le nombn < ^ provinces augmentait, une telle combinaison d|,'"1'|.| plus difficile à pratiquer en même temps qu il de' .

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