SUT
raitre des jeunes gens portant la myrrhe et 1 encens cent vingt gaÇôvoga d’or 3. D’après Pollux, ces pl.il» aux
• Cic. Top. 4; Dig. 48, 5, 18, 1. — 2 Plin. Ep. 10, 8; Gai. 1, 93-94. — Bibliographie. Grèce. — Becker-Gôll, Charikles, III, p. 309-398 ; Hermann- Blümner, Griech. Privatalterthümer, p. 268-278 ; Iwan von Millier, Die griech. Privatalterthümer , p. 146, § 85 ; Baumeister, Denkmaeler , art. hochzeit ; Herzog, Arch. Zeitung, 1882, p. 131-144; Cecil Smith, Journal of liellenic Studies, I, p. 202-209; Furtvvaengler, Coll. Sabouro/f, notice de la pl. i.vin-i.ix; Sticotti, Z u griech. Hochzeitsgebrûuchen, Festschrift für O. Renndorf, p. 187 et suiv. ; Deubner, Jahrb. des arch. Inst. 1900, p. 144-154, et les articles cités en note. — Rome. — Brisson, De ritu nuptiarum lib. sing. Lugdun.-Batav. 1749, p. 287-339 (Graev. Thés. VIII, p. 1007); Hotmanu , De veteri ritu nuptiarum (Graev. Thés. VIII, 1107); liasse, Ras Güterrecht der Ehegatten nach rôm. Ilechte, Berlin, 1827 ; Laboulaye, Recherches sur la condition civile des femmes, Paris, 1843 ; Rossbach, Untersuchungen über die rôm. Ehe, Stuttgart, 1853; Rômische Hochzeits-und Ehedenkmüler, Leipzig, 1871; Rein, Uns Privatrecht der Rômer, Leipzig, 1858 ; Waller, Geschichte des rôm. Itechts, 3' éil. 1860, § 511-548 ; Karlowa, Die Formen der rôm. Ehe und manus, Bonn, 1868 ; Hôlder, Die rôm. Elle, Zurich, 1874 ; Schupfer, La famiglia seconda il diritto romano : Ortolan, Explication historique des Instituiez, 12e éd. Paris, 1883, l. Il, p. 79-102 ; Lange, Rôm. Alterthiimer, I, p. 88 et s. ; Voigt, Die XII Tafeln, Leipzig, 1883, t. II, p. 079-720; Gide, Étude sur la condition privée de la femme, 2' éd. Paris, 1885, p. 87-163 ; Bouché-Leclercq, Manuel des institutions romaines, Paris, 1886, p. 376-381 ; Esmein, Mélanges d'histoire du droit et de critique, Paris, 1886, p. 1-36 ; Friedlander, Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms, 0e éd. Leipzig, 1888, t. I, p. 450-577 ; lhering, Geist des rômischen Rechts , trad. de Meulenaere, 2e éd. Paris-Gand, 1880, t. II, p. 182-207; Histoire du développement du droit romain œuvre posthume, trad. de Meulenaere, Paris, 1900, p. 44-74;
Accarias, Manuel de droit romain, 4' éd. Paris, 1886, t. I, p. l u*-- ^ Manuel des antiquités romaines, t. XIV : La vie privée des Victor Henry, Paris, 1892, p. 35-95; Cuq, Institutions juridiqm Paris, 1891, t. I, p. 204-299 ; Girard, Manuel de droit romain, I1 ri
P- Hl-162- , q d il VI 1 41 ; Philoslr.j
MATTA. 1 Arisloph. Ran. 567; Schol. Ad h. I. — * roll. , > . 4,.
Vit. Apoll. III, 15. 105. — 3 Acschyl. Agam. 1540 ; Euripid. Mes r- .1 816; cf. Hesych. s. ». itaSo;. — 4 Moeris, Lexic. p. 408 ; Etipn- U m.
Poil. VI, 1, 9 ; X, 8, 43 ; Hesych. s. v. ; Plat. Conviv. p. 220
v. ; Plat, conviv. p. — • j|ais j| , a
pl. IV, 8, 4 ; cf. Plin. Hist. nat. XIII, 1 1 (22). - « Ovid. Fast. , ^ ^ j I des variantes (scirpea lata fuit). — 1 S. August. Conti ■ nus 1 . rtng, 1rs
MATTEAE. 1 Petron. Sat. 65, 70, 79 et s. Martial me an I grives et le lièvre, XIII, 92 ; cf. X, 59. . cf |H, 82, &
MATULA, MATELLA. 1 Mart. Epigr. VI, 89 ; X, 1 1 ; .j a| ’ gat. 1, 6, l0!let Sencc. Epist. mor. X, 1 (77). — 2 Petron. Saty) • ; juvcn. Stl.
— 3 Poil. Onom. X, 9, 41; Nicarch. ap. Anth. Paint. XI, 28 : 'r-
VI. 263; Mart. XI, 11. - 6 Mart. I, 37 ; XI, Il ; Ulp. ap. ‘ , , . qiolf ’ -- b. 32. - 6 Mart. vi, tf
Plin. Hist. nat. XXXIII, 152; Lamprid. Heliogab. 32. ‘ pe[ron. S«l. «
tina data est ». - 7 Plant. Pers. IV, 3, 64 ; cf. Mostell. K. ». • ^ l« Cic-
— 8 Cat. De re rust. 10 et 1 1 . — 9 Petron. Fragm. 58, '< * • ^ . pcs|, s. r.
Parad. V, 2; Varr. Ling. lat. IV, 25; V, 119; ld. ap. 01
— BiBLioonAPHiE. Becker-Gôll, Gallus, II, p. 279-281, ei « , ^ __ 2 Poil. ' 1
MAKONOMON. — 1 Etymol. magn. s. v. ; Pbot. ÿiî; ù-'1*"*
12, 87; Alhen. IV, 31, p. 149.-3 Athen. V, 27, p. IWsrf. J ,a ,é,e u»
un relief du Museo Pio. Clem., IV, pl. 22, un sem 111
MED
MED
,;1|ette étaient ordinairement en bois1. On niu ■?' terme mentionné dans une inscription, |o«ve.le portés en offrande et faisant partie du
»2 II avait passe dans le latin et
lai» 011 à g
W*'1 ,run temple 5
°b' r mnloie pour désigner un plat creux, contenant IK 4S75)3. Ces récipients étaient de grandes
E. PoTTIER.
Inven-
H°racÉ
■ de la volaille (f>
I IrnUXlCUS, MACHINATOR, M^avoTtonk I \ nslructeur de machines [machina] et aussi celui teUr,°Ps 'fait mouvoir, ingénieur ou machiniste. f flavoîco * est, chez les Grecs, le constructeur des • Ig de guerre1; Aristophane donne le même nom ■L.nachiniste de théâtre2. Chez les Romains, les deux IL machinator et mechanicus sont employés concurrent mais non pas indifféremment l'un pour l’autre. L trouve bien chez les auteurs latins le premier dési- Lnl tour à tour des ingénieurs militaires qm conftruisent les machines ou qui les mettent en action 3 ; des Ingénieurs civils ou architectes, tels ceux qui tracèrent L j^ins et bâtirent le palais de Néron sur les ruines de Roine incendiée et qui creusèrent un canal du lac Averne au Tibre 4 ; des mécaniciens qui agencent la scène d’un théâtre et opèrent des changements à vue b; mais un autre nom prévalut. A côté des machinatores, citoyens romains, employés surtout aux armées, il y avait des mechanici, étrangers, esclaves ou affranchis, qui étaient presque tous des Grecs, et la nouvelle déno- I mination, de forme grecque, fut introduite par eux.
t Après avoir désigné des théoriciens ou praticiens8 de ca- I pacité supérieure mais, en réalité, subordonnés aux fonc- [ tionnaires qui recouraient à leur expérience et à leurs lumières, le nom de mechanicus acquit assez de prestige pour l’emporter sur le nom ancien ; si bien qu’il devint, I. au Bas-Empire1, le titre de personnages de haut rang, I msulares , clarissimi, comités 8, qui présidaient à I l’exécution des grands travaux publics. E. Saglio.
MEDDIX ou meddics. — Mot de la langue osque, équ ivalant, pour le sens, au latin magistratus1. Ce terme est plusieurs fois employé par Tite-Live2 et se retrouve, sous I différentes formes 3, dans un certain nombre d'inscrip- [ dons provenant soit de l’Italie centrale ou méridionale, I soit de la Sicile h Du rapprochement des textes et des I inscriptions, il résulte ceci : le meddix est un magistrat 1 annuel, puisque son nom sert à déterminer une date8, et
Pollux, L. c. ; cf. Etymol. magn. et Hesycli. s. v. — 2 Corp. inscr. gr. 28! ~ Uillcnherger, Sylloge inscript. 170 (50). — 3 Sut. Il, 8, 80. La figure est tin c assini, Pitture antiche , Rome, 1783, pl. iv. — 4 Nemesianus, De aucup. I, I j dtiUnUm sub iniquo pondéré vidi mazonomi puerum ».
ECIIA.N1CUS, MACllIIM ATOR. 1 Xen. Cyr. I, 6, 22; Hist. gr. II, 4, 27; Pla __ Diod. XIV, 43. — 2 Aristoph. Pac. 173; cf. Id. ap. Erotian. p. 5
corimi i ^ ' ^ CS^ appc^’ Par Tile-Live, XXIV, 34; « inventor ac machinator bd
cf f i, " "nt°lUm °Pcrum,Iuc>S par Solinus, 5 : « machinarius commentator $ j XXL//0SC; Am‘ 45® 132 î Orclli, Inscr. 4216. — 4 Tac. Ann. XV, 42. - 5 Se Luciliu ’ ~~ 6 nom sc rencontre pour la première fois dans un vers <
a l'aide r ^ Cs4‘ r‘ ^c^aur^ta), appliqué à un équilibristc qui fait ses tou
i diabètes -""i maC*1‘ue; Pu*s c*iez Columelle (III, 10, 5) à propos du sipho appc * Pjai> cs mechanici; chez Vitruve [Vesp. 13) et Lampride (Al. Sev. 22 et 4
<1 arrliiio«i«o . . .. '
H (1* - > » iw u wyvesp. ei Eiampriue ocu. -- et
macliil)(,s (| U l,lleclcs ’ C*1CZ ^irnûcus Maternus (VIII, 27), de constructeurs [ Gli archiiet, rU<TI0' ~T 7 ^0(l- Theod. XIII, C, 3 et Godcfroi, Ad h. LjvoirProi ED v -/ v 6 architettura pressa i Romani , 1871, p. 37 et 54. — 8 Symim
«Lx ;3n
a" lls’ P- : « Meddix apud Oscos nomen magistratus es Jnus ih; .
x-'inius ■ „ .r-.-.. « meuuix apua uscos nomen magistratus esi
-- 2 fit i j, y ' oaP^ur -eddix, occiditur aller » (cf. L. Miiller, Enni reliq. 3: XXIV, 19 „ ’ :i ' : " ^e(Ux tuticus snmmus magistratus erat Campani
XXVI, o. 3 y SUS '*[' I'n’ Magio Atelluno, qui eo anno medix tuticus erat »; X31), médis : me(^‘s (ZvetaiefT, Inscr. Ital. infer. dial, n01 07, I
Plur. ; meddiss r ^n'^' Sln^’ : me^ce>s (142); Dat. sing. : medicei (136) ; N lCy Uni , 1 *!'’ me^x (33, 47), [liSSti; (253). Formes abrégées ; med ( 11 ■ (04). I ormes dérivées : medicatinom (231), medicntvd (2
que Tile-Live a bien soin de spécifier que telle année tel meddix entre en fonctions®; il est électif, puisqu il peut être choisi parmi les citoyens de la plus basse condition 1 ; il a des attributions judiciaires, puisqu'il peut infliger des amendes8; il exerce des fonctions religieuses, puisqu’on voit dags Tite-Live un meddix organiser une fête solennelle et des sacrifices®; enfin, il est investi Ale l’autorité militaire, puisque le même Tite-Live nous montre un meddix qui fait des enrôlements 10 et commande en personne une armée 11 . La nature des pouvoirs conférés au meddix en fait donc quelque chose d analogue a un consul romain.
On peut distinguer deux espèces de meddix. Les uns ont leurs noms associés deux par deux, preuve qu ils sont, comme les consuls, simultanément en possession du pouvoir exécutif l2. Les autres figurent toujours seuls dans les textes littéraires ou épigraphiques, ce qui indique qu’ils n’ont pas de collègue et qu'ils exercent seuls 1 autorité, à la façon d’un roi ou d’un dictateur. Ceux-ci sont désignés par un qualificatif particulier; on les appelle meddix tovtiks 1J, titre dont les Latins ont fait meddix tuticus 11 et dont le sens est « magistrat public ,s ».
Les deux catégories de meddix coexistent en Campanie. D’où l’on est amené à conclure que les premiers sont comme des magistrats municipaux, c'est-à-dire des magistrats dont l’autorité est limitée au gouvernement d’une cité ou d’une bourgade particulière de la Campanie, tandis que le meddix tuticus , que les textes de Tite-Live nous montrent à l’œuvre, est le chef unique, a la fois politique, religieux et militaire, de la confédération des cités campaniennes 16.
L’origine du mot meddix est assez obscure. On a proposé diverses étymologies17. La plus plausible est celle qui rapproche meddix du radical qui a donné en grec [xéSogat, en latin modus et en allemand messen , c’est-àdire d’un radical qui exprime l'idée de mesure, de règle, de commandement. Meddix (= med-dic-s) serait ainsi l’équivalent du \sXinjudex (= ius-dic-s)**. Jules Martiia.
MEDEA (MvjSsia). — Dans toutes les traditions connues, Médée est fille d'Aeétès, roide Colchide,et par lui petitefille d’Hélios *. Cette donnée fait d'elle la nièce de l'enchanteresse Circé, fille elle aussi d'Hélios3. Elle a pour mère l'Océanide Idyia, « celle qui sait3 », pour frère Absyrtos 4 et pour sœur Chalciopé :i.
meddixud (231). medieim (231). Cf. Planta, Grammat. d. osk.-umbr. Dialecten (Strasb. 1893). — 4 Dédicace osque en caractères grecs faite par deux meddix cl le peuple des Mamcrtins (Zvetaielî, 253). — 5 Zvetaicfl, 17, 94, 97, 137, 138, 14», 144, 145, 149, 253. — 0 XXIV, 19 ; XXVI, 6.-7 Tit. Liv. XXVI, fi : « Medix tuticus... eo anuo. Seppius Lesius erat, loco obscuro tenuiquo fortuna ortus ». — » Table de Bantia (ZvetaiefT, 231). Aux lignes 12 et 18 sc lit une formule dont le sens csl ; si quis eum forte magistratus multare rolet. — 2 Tit. Liv. XXIV, 19. — 10 Tit. Liv. XXIII, 35. — U Tit. Liv. XXIV, 19; XXVI, 6. Le vers d’Enuius (voir plus liant note i) se rapporte évidemment à quelque désastre militaire subi par deux meddix. — 12 Zvelaieff, 47 (chez les Volsqucsl ; 253 (chez les Mamerlins) ; 137 (à Nola). Chacun des deux meddix de Nola porte le titre de meddix degetasis (1381 ou deketasis (13C), qualificatif dont le sens est encore incertain. — >3 ZvetaiefT, 140 b ; cf. 97, I 44, 145,
I K).— UVoir les textes de Tite-Live cités plus haut,— 13 Le mot osque torto (ZvetaiefT, 231) équivaut à poputus ou civitas. • — 1® T il. Liv. XXIII, 35. — U Cf. Fabretli. C orp. insc. ital., p. 1138 et 1139. — Brugman, Grundr. d. vergleich. Gramm. d. indogerm. Sprachen, II, p. 461 : Bréal, Dict. étymol. latin, p 497 (modus).
MEDEA. I Iles. Theog. 956 sqq.; Pind. Pyth. IV, 8; Apollod. Bibl. I, 129, éd. Wagner; Anthol. gr. VII, 50; Dionys. Pericg. 490; Ovid. Met. VII, 9, 326; hferoid. VI, 103, etc.; cf. Roscher, Lexikon, s. r. Aietes. On trouve quelquefois, au lieu de M»)$sta, la forme Mi-Sr-, ; Euphor. p. 64, éd. Meinekc; (ialcn. 13, p. 875.
2 Hom. Od. V, 135 sqq.; Hes. L. c. etc.; Roscher, s. t’. Kirkc.— ' Hes. Theog.
9ü0 sq. ; Soptioci. fr. 50t ; Apoll.Rh. III, 242, etc. line autre tradition lui donne pour mère Hécate; lliod. IV, 45; Schol. Apoll. Rh. III, 242. — 4 Apoll. Rb. III, 242; Roscher, Lexilc., s. r. Absyrtos ; Pauly-Wissowa, s. v. Apsyrtos. — » Schol. Apoll, Uh II. 1122; Apollod. I. 83, éd. Wagner; Roscher, s. p. Chalkiope, 2,
Les textes les plus anciens associent déjà Médëe à la légende des Argonautes [argonautae] et aux aventures de jason. Le catalogue qui termine la Théogonie d' Hésiode mentionne le rapide la fille d’Aeétès par Jason 1 . Il était question, dans les Naupàctia de Karkinos et dans le poème d’Eumélos de Corinthe, des exploits du héros et de l'assistance que lui prête Médëe2. C’est dans Pindare que nous avons conservé le premier récit systématique de celte légende 3. Elle est devenue surtout populaire par le poème d’Apollonius de Rhodes qui n'a guère fait que mettre en œuvre et développer le thème transmis par ses devanciers4. Égarée par la passion violente que lui inspire Aphrodite5, Médée prend le parti de Jason contre les résistances d'Aeélès. Elle obtient du héros la promesse qu'il la prendra pour femme et l’emmènera en Grèce. Sur la garantie de ce serment, elle l’assiste dans les redoutables épreuves qui lui sont imposées. Au mo¬
ment où il part pour aller dompter les h elle lui fournit la drogue dont il doit s'en?"* ^ ses armes, et qui le rendra invulnénhll'"™’ lui e1 l’eu?. C’est elle encore qui lui enseigné |„ 4
auquel il a recours pour diviser entre eux l nés des dents du dragon7. Enfin, quand Jason Ïl le dragon, gardien de la Toison d’Or, c’est Mc l'a compose le philtre destiné à l’endormir». ApnCf qUi quête de la précieuse toison, les deux amants sW 'j sur le navire Argo, en semant sur leur route, pour rl.p114 der la poursuite d’Aeétès, les membres d’Absyrtos" , "é Médée a égorgé9 ou empoisonné10. Elle devra ’ 'U tard, pour se faire purifier de ce meurtre, se rendr,-, J près de Circé 11 .
Toute la trame de cette légende a pour point de dépal la passion violente de Médée pour Jason. Mais de très bonne heure, il s’y joint la promesse d’un mariage sol
lennel faite par Jason 12 . C’est en effet sous la forme d’un hymen régulier et légitime que nous est présentée l’union des deux amants : ce trait, dû peut-être à la poésie généalogique des Doriens13, est fortement marqué dans la légende : si bien qu’on a pu soutenir la thèse paradoxale que les aventures de Jason et l’expédition même des Argonautes ne sont pas autre chose que le développement poétique de l iEsb; yocgo; de Jason et de Médée et de la conquête de la fiancée par l’époux : c’est là qu'il' faudrait chercher le cœur même de la légende et sa signification originelle ,4. D’après certaines versions, c’est en Colchide même que le mariage aurait été célébré15; une seule indique Byzance 16 ; le plus grand nombre en localisent la conclusion à Corcyre, l’ile des Phéaciens, et colonie de Corinthe : un sacrifice annuel en perpétuait le souvenir dans lè temple d’Apollon Nomios; dans ce même sanctuaire, Médée aurait fondé les autels des Nymphes et des Néréides en commémoration de son mariage17.
l Theofj. 992 sqq. — 2 iXaupact. fr. 5-9 = Schol. Apoll. Rh. III, 521, 523 ; IV, 59, 80 sq.Eumelos, fr. 9 = Schol. Apoll. Rh. III, 1372 ; cf. aussi Mimnerm. fr. 1 1 ; Kaibcl, tiennes , XXII, p. 510. — 3 Pind. Pglh. IV, 214 sqq. — 4 Apoll. Rh. III-IV. Avant Apollonius, le sujet avait etc traité dans la tragédie perdue de Sophocle, Colchides , et il y est fait allusion fréquemment dans la Médée d’Euripide. Apres Apollonius, il faut citer le résumé de la Bibliothèque d Apollodore, I, 9, 23 sqq. = I, 127-133, éd. Wagner ; Val. Place. Argon. V-VI1I ; Orph. Argon. 757 sqq. sans parler des nombreuses allusions d’autres auteurs. — S D’apres Pindarc, Aphrodite inspire cet amour à Médce par l’intermédiaire de l’oiseau appelé iynx. Dausd autres traditions, c’est liera, Athéna, Eros qui interviennent : Soph. Kolch. in Schol. Apoll. Rh. III, - 1040 ; Eurip. Med. 476 sqq. ; 527 sqq. ; Apoll. Rh. III, 6 sqq. etc. — 6 Soph. fr. 315 in Etgm. magn. p. 439, 2; Apoll. Rh. III, 845; Dioscor. I, 101 ; Suid. s. v. MqSeta et NàsOa. — Eumel. fr. 9; Soph. fr. 117; Apoll. Rh. III, 1320 sqq.; Apollod. I, 9, 23, 9; Ovid. Met. VII, 121 sqq.; Heroid. XII, 95 sqq.; Val. Flacc. VU, 607; Hyg. Fab. 21 ; Lucan. IV, 552 sq.; Orph. Argon. 874. — # Antimach. fr. 9 et 10; Apoll. Rh. IV, 146. Euripide ( Med . 482) dit expressément que c’est Médée qui a tué le dragon : Spi.*ovTa mitvaaa. — 9 Pherecyd. fr. 73; Apollod. I, 9, 24, 1 ; Cic. Deinip. Cn. Pomp. 22; Ovid. Trist. III, 9, 27 sqq.; Heroid. VI, 129 sq. ; XII, 113 sqq.;
Divers enfants, dont les noms varient avec les textes et les localités, sont nés de cette union [jason, p. 617], Il faut naturellement supposer Médée présente aux diverses péripéties qui marquent le retour des Argonautes ; mais on ne lui voit guère jouer un rôle que dans la lutte contre Talos, le géant d’airain, qu’elle dompte par un charme18. L’arrivée à Iolcos et la remise de la toison d’or à Pélias forment le dénouement de 1 expédition des Argonautes. D’après une des formes de la légende, Jason et Médée vivent à Iolcos réconciliés avec D'has; Médée, par les procédés de son art, rend la jeunesse son beau-père Aeson19, à son propre époux J-'-on e aux Hyades, les nourrices de Dionysos -1 ; I ''lias meurl et les Argonautes participent aux jeux magniliqms qu^ se célèbrent à l’occasion de ses fanerai 1 1 ' > • autre forme, plus récente apparemment, de la 11 1,1 1 J a multiplié les crimes dans la famille royal' d ^ Pendant l’absence des Argonautes, Pélias a uni
b. IV, 92. — ni Leon, ap. Scliol. Lur. mea. ’ (rAllSjrlos, voir 1
», fr. 5. Sur les différentes versions relatives à la lJcmL 1 ^-Wissovva, s. ». Apsyrtos (Wernicke); cf. Knaack, IV, Stjl
q. — Il Apoll. Rh. IV, 061 sqq.; Apollod. I, 9, S*. - - ‘ mariagc régals- Hésiode déjà ( Theog. 999) il y a une allusion manifeste a u'^j njessuD,
Zenob. I V, 92. — «» Leon, ap. Schol. Eur. Med. 167 Muller, ^^^"^syrto*, voir U, 331, fr. 5. Sur les différentes versions relatives a la Itfgent <- '
Pauly-N 14 sqq.
Dans Hésiode aeja {meuy. jjvj j « . .
— 13 Seeliger, in Uoscher's Lexikon, s. v. Medeia, - - cf. l'arL
Prolegom. in Catalogum Argonaiitarum, Berlin, 1SSJ> 1 ^ \jioll.
A rgonautai ap. Pauly-Wissewa, 787. - 15 Antimach. fr. U »P- j.,. - a|, Schol-
1 133 ; Timonax, fr. 2 ap. Schol. Ibid. 1217. - 16 D.onys. Scyto » 1 . , Rh. IV,
Ibid. 1153. — n Timacus, fr. 7 et 8 ap. Schol. Ibul. 12 < c |y[ , l4| ; ApoM- 982 sqq. 1131, 1153, 1217 sqq. ; Philelas, ap. Schol. ad Apo • ' ' ' [ ,v> [03S sqff-ï
I, 9, 25; Hygin. Fab. 23; Orph. Argon. 1297 sqq. — L j"’ ' ,Hr, s,,q.: Apollod. I, 9, 26, 5. - 19 Nostoi, fr. G, Kinkel ; Ov.d . V |3| ,, T», 'K- . Vat. I, 188; II, 137. — 20 pherecyd. fr. 74; Simon, fi. - > fr- S0" P
ad loc. ; Dosiades, Anth. Pal. XV, 26, 2. — 21 Aeschy • )gj (coafusio" # Nauck; Ovid. Met. VH, 29* sqq. ; ü/yZA. Vat. L. c.; Hyg. . f,au|3 -Wisso«a les nourrices de Zeus). — 22 Paus. \, 17,9.
Iiealencycl. s. v. Argonautai, 775.
MED
MED
|(. trône, a contraint au suicide les parents foi* usl"|,| e nppir leur jeune (ils Promachos A son (le Jd.‘ M(.i(lée aide Jason à tirer vengeance de ces attenairiv,,!'j ‘ |)US(J ies mies de Pélias en leur promettant de tills 1 1 ' ... rw'.re • nour leur inspirer confiance dans les
ri i,, sa magie, elle transforme sous leurs yeux en
verllls (in bélier dont elle a fait bouillir les membres iinllfirnn • sur son conseil, les Péliades dépècent . ■ de leur père; mais, le forfait accompli, la magi- ^ ^'iiie'ne prononce pas la formule qui doit rendre au roi C" nl" ^sr avec la vie (fig. 4876)2. A la suite de ce crime,
sont chassés du pays par Acastos, fils de
ne
la jeunes Médée et Jason
Pélias 3. Cette fable, à laquelle Pindare fait déjà u Ihision4, avait fourni le thème à deux tragédies de Sophocle et à une tragédie d’Euripide6.
Dans la tradition commune, le séjour de Médée à Corinthe est motivé par l’exil qui chasse les époux d’Iolcos- Toutefois le rôle de Médée dans le culte indigène ,1e Corinthe, l’ancienne Ephyra 8, induit à penser qu’il va eu un raccord artificiel entre l’expédition des Argonautes et la légende corinthienne ; quelques savants oui même perisé qu’il faut chercher dans celle-ci l'élément le plus ancien du mythe. Au dire d’Hésiode et d’Alcman, Médée était adorée à Corinthe comme une divinité9. Il semble qu’il y ait une connexion entre le culte dont elle était l’objet et celui d’Hélios, le dieu primitif de l'Acrocorinthe 10. Nous y trouvons Hélios associé à Aphrodite 11 : or une tradition nous apprend justement que Médée était censée avoir fondé le culte d’Aphrodite à Corinthe12. Les dragons ailés qui, dans quelques récits, transportent à travers les airs le char de Médée, ne sont sans doute qu’une réminiscence des attributs d’Hélios u. D’autre part, nous trouvons Médée attachée, comme prêtresse, au culte d’Héra Acraea, qu’elle aurait fondé, et qui avait pour siège un temple bâti, non loin delà ville, sur le promontoire qui ferme l’entrée du golfe de Léchaeon, en face de Sicyone1*. Une tradition parlait des amours de Zens pour Médée, amours repoussées par celle-ci par crainte de Iléra ; la déesse, touchée de ses scrupules, l’aurait admise dans son sacerdoce La fetc annuelle célébrée dans le temple d’Héra Acraea iuehaia, p. 771 avait un caractère expiatoire. On racon-
1 Apollod. I, 0, 27; üiod. IV, 50; Val. Flacc. 1, 700 sqq. — 2 Apollod. Ibid. ; vid. J/cf. \ II, 297 sqq.; Nicol. Damasc. fr. 55; Paus. VIII, 11, 2-3. Une pyxis a *I,IU| du Louvre (fig. 4876), inédite, représente Pélias invité par ses filles à ptendu place dans le chaudron magique d’où vient de sortir le bélier. — 3 Apollod.
■ eliol. Eurip. Med. 20; Tzetz. ad Lycopbr. 175. Autre version : Jason et
Djo i * | Ul1. 11 vo^on^a‘,cnien^ Colchide, et Jason transmet la royauté à Acastos : jj . ’ l'ab. 24. — 4 Pind. Pyth. IV, 250 : Médée y est désignée comme
(So T Cf' Pherecîd- fr* 60 aP- Sehol. Pind. Pyth. IV, 133. — 5 n«Xf«ç
^üiick '' ,lj ^aUC^’ (fr. 491-493). — 0rieA-.â5=<; (Eurip. fr. 001-616
24Q| ' 1,1 com^taaison de ces différentes données, voir Roscher, Lexik., Afedeia,
su,, sel 1Cker’ Griech‘ Tra9' P- 340 sqq.; Robert, Arch. Zeit. 1875, p. 134 sntls iv i:i,IZ’ ?e ^cytobrach. (1880), p. 9. — 7 D’après les Kaupactia
, ' 1 s ^poux sc rendent immédiatement à Corcyre après avoir quitté lolcos.
£phyra r n Tl* 'L"S COUna*ssa‘enl c'n'l villes de ce nom : outre Corinthe, on cite une dans Wili i' M*'°’ uncen Thesprotie, une en Elide, une ou Sicyonic : voir les textes Cos cinq vj||, ^ L kldss. Philol. 1878, p. 731 sqq. et Roscher, L. t., 2483 sq.
sent |cs ' raiclt’ dans leurs légendes le souvenir de Médée. En Thcssalie croisle pays ■ s,| ' au(‘s venues de la boite que Médée a laissée tomber en traversant
sine de la l,,,, . l'S^.‘ ^ '^®î Aristid. I, p. 76. Dans PEphyra de Tlicsprotic, voisvaicnl 011 s (,,-aU célébré le mariage de Jason et de Médée, les deux époux
, 11 cl C11gcndr ' le Médée : C «Ile d’Aug:
(omheau ,1e \] ■ ,,l^eliala un dis, Phérès : Sehol. Ilom. Od. I, 259 ; on y montrait le A?8méd,'. nu,, C«cllius, fr. 9 ap. Solia. Il, 28. En Elide vit la magicienne
io Médée ■ Il,, 'U!,r'as e '' par lui pelile-fillc d'Hélios; ce n'est qu’un doublet hop. 1| ^ g j' I "A8 sqq.; Od. Il, 328 ; cf. Périmédé, Tlieocr. II, 16;
Permettent de " *anS ' ^'l’Lv ra de Sicyouie, Médée a enseigné les formules qui pro Christ ,;.jmu lesve,M's : Paus. II, 12, l. — 9 Cités par Athénagoras , Legatio Mm™., j-, <f/. C*’ "usaeus aP- Sehol. Arist. Med. 10; et l’expression de Pindare >jlh. IV, 8, — 10 Paus. Il, 1, 6 (cf. éd. llilzigct Blümner, I, 2, p.
luit que Médée ayant laissé ses enfants dans le sanctuaire, les Corinthiens, par haine de 1 étrangère, les lapidèrent dans cet asile. Une peste étant survenue dans le pays, l’oracle prescrivit d’instituer un culte pour les enfants de Médée16; sur leur tombeau, on dressa I image de l’Épouvante17 ; quatorze enfants, sept garçons et sept tilles, choisis parmi les familles nobles, passaient une année dans le sanctuaire, les cheveux coupés ras et vêtus de noir, et célébraient le culte de la déesse par des chants d’un caractère mystique16. Il est vraisemblable, comme on l’a supposé, que ces rites expiatoires en 1 honneur des enfants de Médée ont pris la place de sacrilices d’enfants qui étaient liés dans l’origine au culte d liera 1 ’. Par là se trouverait confirmée l’affinité primitive entre les cultes de Médée et d’Héra, celui-ci peut-être importé d’Argos 20, et l’on a pu supposer que celle dernière divinité s’était substituée à la déesse indigène, Médée21.
Dans d’autres traditions corinthiennes encore, Médée passait pour avoir été reine du pays, épouse du légendaire Sisyphos22. Eumélos et Simonide, au contraire, font de Jason et de Médée les souverains légitimes de Corinthe 23. Puis la légende se modifie encore : Jason et Médée sont des étrangers arrivés d lolcos à Corinthe 2L où la royauté est exercée soit par Créon 2\ soit par son fils Hippotès 26. Médée mérite la reconnaissance du pays’ eu le délivrant d’une famine par un sacrifice offert à Déméter et aux Nymphes Lemniennes, sœurs des Cabires [cabiri, p. 769, n. 278; ceres, p. 1024, n. 108 .
La mort des enfants de Médée n’était pas imputée dans l’origine, comme nous l’avons vu, à la magicienne ellemême, mais aux Corinthiens ; elle était expliquée par leur haine contre l’étrangère21. Puis elle fut motivée par l’inconstance de Jason. Le héros abandonne Médée pour Thétis28 ou pour la fille de Créon, que l’on appelle tantôt Glauké29, tantôt Creuse30. Médée se venge de l’infidèle en faisant périr sa fiancée par l’envoi d’une tunique empoisonnée, ou encore, suivant Diodore, en mettant le feu au palais royal31. Les Corinthiens, par représailles, mettent à mort ses enfants 32. On sait qu’Euripide, dans sa Médée, a donné un autre dénouement à ce drame : c’est Médée elle-même qui, pour punir Jason, égorge les enfants qu’elle a eus de lui. Cette version, dont il est
485 sq.) ; 11,4, G; Prellei-Robcrt, Or . Afyth. I, p. 429, n. 3 , Oilelberg, Sacra Co rinthia, Upsal, 1890 . p. 1 05 sq. ; O. Gruppc, Griecli. Afyth. p. 132 sq. O Pausanias, L. c., rapporte qu’Hélios y céda la place à Aphrodite, cependant il y conservait des autels et sa slaluc figurait dans le temple de la déesse. 12 Theopomp. fr. I7U ; Plul. De Herod. malign. 39, 14. — 13 Eurip. Med. 1321 sq. ; llor. Epod. 111, 14; Ovid. Met. VU, 330. — O Sehol. Eurip. Med. 1379; Zcnoh. Pru r. I, 27. —13 Sehol. Pind. OL (XIII, 74. — 16 Parmenisc. ap. Sehol. Eurip. Med. 273. — 17 paus. II, 3, 7, avec la note de l'édition Hitzig et Blümner, p. 502. — l* Sehol. Eurip. Med. 2G4 cl 1379 ; Philoslr. B croie. 19, 24 ; Aelian. Vue. hist . V, 21. — 19 Curt. Peloponn. II, p. 533. — 20 0. Gruppe, Griech. Afyth . p. 133. — 21 Schocmanu, Griech. Alterth. Il, p. 492; Prellcr-Robert, Gr. Afyth. I, p. 170, u. 2. — 22 Pind. 01. XIII, 52 sq.; cf. Theop. fr. 170. — 23 Eumcl. fr. 2 et 3 ; Siinou. fr. 48. D’après le récit de Parméniscos, cité par le scoliastc d’Euripide, Med. 273, Médée est aussi considérée connue reiue, mais d’origine barbare, puisque ses cufauls sont dits |xt‘oCà;ôaost. — 24 Hippys, fr. 3; Ilellauic. fr. 34 ap. Sehol. Eurip. Med. 10. — 23 Eurip. Med. passim. ; Apollod. 1, 9, 28 ; Diod. IV, 54, etc. — 20 Sehol. Eurip. Med. 20. — 27 Sehol. Ibid. 273. — 2S plut. De Herod. malign. 39, 44; cf. Plolem. iloph. V, p. 191, 23, Wcstermann. — 29 Apollod. I, 9, 28 , Diod. IV, 54 ; Hygin, Eah. 25; Mytli. Vat. I, 25; Paus. Il, 3, G; Tzetz. ad Lycopbr. 175, 1318; Athen. Xlll, 556 c, 500 d; Eurip. Med. argttm. et Sehol. 19. Pausanias, L. c., mentionne dans sa description de Corinthe la fontaine de Glauké, où la jeuue lillo s'était jetée pour échapper au feu qui la consumait; cf. l’édition de Hitzig-Bliimner, 1, 2, p. 501; Roscher, Lexikon, s. v. Glauké , 4. — 30 plut. De amie, mullit. 7; Antli. Pal. V, 288; yil, 354; XI, 411; Anth. Plan. 137; Sehol. Eur. Med. 19 et 403; Sencc. Med. 495, 508, etc. ; Prop. III, 8, 30; 14, 12 ; Hor. Epod. V, 04; Ovid. Ber. XII, 53 sq. Euripide no dénomme pas la fiancée de Jason. Elle est appelée simplement lijEovTii'a sur un vase de Munich, fig. 4877. — 31 Diod. IV, 54. — 32 Philoslr. Ber. 10, 24; Apollod. I, 9, 28, 3; Creophyt. ap. Sehol. Eurip. Med. 273; Paus. 11,3, G.
MED
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très probablement l’inventeur, a été suivie depuis lors par la tradition littéraire ainsi que par les monuments figurés1. Les enfants, nommés d’ordinaire Merméros et Pliérès 2, eurent leur sépulture et un monument à Corinthe 3. Médée, le crime accompli, s’enfuit à Athènes auprès du roi Égée, ou, suivant une autre tradition, à Thèbes, où elle guérit Héraclès de sa folie l. On a vu, à l’article jason, les différentes versions sur la mort du héros.
Hérodote mentionne déjà le séjour que fil Médée à Athènes5. Les deux scènes où figure Égée dans la tragédie d'Euripide indiquent que cet épisode appartient à la légende athénienne6. Une autre pièce d’Euripide, aujourd’hui perdue, Alyeuc, avait justement pour thème le rôle de Médée à la cour du prince. Nous en connaissons le contenu par un scoliaste d’Homère : Médée. après sa fuite de Corinthe, épouse Égée. Qnand Thésée revient de Trézène, elle le dénonce au roi, qui n'a pas reconnu son fils, comme un rival et le décide à l’empoisonner. Thésée va boire la coupe, lorsque son père le reconnaît à l'épée et à la chaussure qu’il lui rapporte de Trézène; Médée, démasquée, est chassée d'Athènes ‘. Ces détails sont conformes, dans l'ensemble, au récit de Plutarque8. D'après Apollodore, c'est aussi sur le conseil de Médée qu'Égée envoie son fils Thésée combattre le taureau de Marathon Plusieurs textes mentionnent un fds Médos né d'Égée et de Médée10. Diodore est le seul auteur qui rapporte que Médée, à son arrivée en Attique, comparait pour ses crimes devant l’Aréopage, qui l’acquitte ".
D’Athènes, Médée se rend, d’après Cratès12,à Ephyra en Élide. La tradition la fait généralement retourner en Asie. Il ne faut voir, dans ce dernier épisode de sa légende, qu'une exégèse étymologique destinée à expliquer le nom de la Médie, qui viendrait d’elle ou de son fils Médos, né de Jason ou d’Égée13. Elle chasse l’usurpateur Phérès, qui règne en Colchide, et rend à son père Aeétès son royaume u. D'après Diodore, Médos est né de ses amours avec un prince asiatique15. Dans d’autres versions encore, Jason, réconcilié avec Médée, l’accompagne en Asie, et conquiert avec Médos et Arménios de vastes territoires dans l’intérieur du pays ie.
Enfin, après sa mort, la poésie fait d’elle l’épouse d'Achille dans l’ile Leucé1’. A Rome, elle a été identifiée avec a.xgitia et boxa dea.
Les mythologues modernes ne s’accordent ni sur l'an¬
tiquité relative, des différents éléments qui 0ni la legende de Médée ni sur le sens ou’il L 1 C0nsl>6ié attribuer, ni par suite sur le caractère prhnhifd ^ leur elle-même. Pour les uns, c’est dans la tnd , eMédée thienne que se retrouvent les traits ori o.j'11Pi ‘°U COrin' dans l’expédition des Argonautes ne serait ’ S°nr61e adventice et surajouté18. Pour d’autres hl?*°** thessahen d’qrigine, et la poésie dorienne \'l eSl ensuite à des légendes corinthiennes 10 On 1 insisté sur les points de contact que présenÆî1 avec la déesse Héra, et de nombreux savants ontrecln en die une divinité lunaire20. Il ne paraît pas cetcn \Z qu il y ait dans sa légende d’indices suffisamment décisif pour imposer cette interprétation. Les traditions oui rattachent aussi bien à Hélios et à Hécate qu’à lier s’expliquent d’une manière aussi satisfaisante par SOn caractère de magicienne. C’est sous son aspect de maJ cienneque les anciens, dès l’époque la plus lointaine où nous puissions remonter, l’ont toujours considérée31: c’est
aussi celui auquel la critique de la magie moderne doit sans doute s’arrêter en dernière analyse. Qu’il faille chercher son berceau à Corinthe ou à Iolcos, c’est la Thessalie, la terre classique de la magie, qui, en tout état de cause, a développé la légende et a imaginé la plupart des épisodes caractéristiques. Il est vraisemblable que Médée a été conçue à l’origine comme la fée bienfaisante,
par opposition àCircé qui change les hommes en bêtes; son rôle, à l'origine, est tout entier dans l’appui qu’elle donne au héros thessalien, Jason 22. La résistance de son père cause son premier crime; c’est le point de départ d’une série de forfaits, qui va frayer la voie à une conception différente. Le meurtre de Pélias est une nouvelle conséquence de son dévouement à Jason. Euripide achèvera la transformation en faisant d’elle la mère dénaturée qui va jusqu’au massacre de ses enfants.
Pour les différents procédés magiques qui sont attribués à l'art de Médée, voir l’article magia, p. l WSetsuiv.
Monuments figurés. — Sur les vases peints, et notamment dans la céramique du style le plus récent, Médée porte souvent le costume asiatique à longues manches et le bonnet phrygien ; cependant larègle n’est pas absolue' , dans les œuvres plastiques notamment, comme aussi dans les peintures murales, elle est souvent vêtue du chitôn hellénique. En sa qualité de magicienne, elle a pour attribut une petite boite carrée qu’elle tient a la main et
1 Aclian. Var. Hist. V, 21 ; Schol. Eur. Med. 9, 10, 264, 273. D’après Arislotc, cité par Diog. Laort. II, 134, Néophron de Sioyonc aurait été l’auleur du drame d'Euripide; cf. pour la discussion de ce passage et la part d’originalilé d'Euripide dans l'invention de ce thème, l’édition de Wccklein, p. 27 sqq.; Ribbeck, Lcipz. Stud. VIII, p. 386 sqq. ; Wilamovvitz, Fermes XV, 1880, p. 485 sqq.; Nauck, Fraf/m. trag. graec. 2e éd. p. 730. L’énumération des drames qui se sont inspirés d'Euripide est faite par L. Schiller, Medea im Drama ait. und neuer Zeitf Ansbach, 1865; Wocklein, Op. cit. p. 24, n. 2; Roschcr, Lexikon , s. v. Medea , 2491 sq. — 2 Apollod. I, 9, 28 ; Schol. Eur. Med. 117 ; Hyg. Fab. 25, 239 ; Tzetz. ad Lycophr. 175, 1318. Diodore, IV, 54, nomme ces enfants Alkiménès et Tisandros. — 3 Eurip. Med. 1378 sq. ; Paus. Il, 3, 6. Le Tà?o;, situé dans l lléraion, parait différent du hvîîjaoc indiqué par Pausanias ; cf. l’édition Hitzig- Bliimner, I, 2, p. 501. Le culte des enfants aurait été ensuite transporté à Argos : Schol. Eurip. ad loc. — '*■ Dionvs. Scvlobr. ap. Diod. IV, 54, 7.-5 Her. VII, 62. Peut-être en était-il déjà question dans ilellanicos, si l’on admet une correction au texte de Pausanias, II, 8, 6 : Seeliger, s, v. Medeia, in Roschcr, II, 2496 sq. ; cf. Wcrnicke, De Paus. stud. herodoteis , p. 46 sqq. — $ Eurip. Med. 663 sqq. 1384 sqq. ; cf. Néophron, fr. 1 ap. Schol. Eur. Med. 661 ; Wilamowilz, Hermes, XV, 481 sqq. 486. — 7 Crates ap. Schol. llom. 11. XI, 741 ; cf. Ovid. Met. VII, 404 sqq.
— 8 Plut. Thés. 12; cf. Apollod. Epit. Vatic. I, 6, éd. Wagner, p. 174. — 9 Apollod.
Op. cit. I, 5; cf. Myth. Vat. I, 48. — 10 Apollod. I, 9, 28; Diod. IV, 55, 5; Hyg. ïab. 26, 27; Strab. XI, 526; Steph. Byz. s. v. Sync. p. 168 a.
— H Diod. IV, 54, 6; 55, 4; Schol. Apoll. Rhod. I, 1289. — 12 Schol. Hom.
11. XI, 741. — 13 Hecat. fr. 171; llerod. VII, 02; Diod. IV. 55, 5; |,»us- ^ 3, 8; Dionys. Pericg. 1020 sqq. et Eustalli. ad lût/; Schol. Ljcop". | Just. II, G; Euseb. Chron. I, 62, éd. Schoene. — U Médée ou son ^
Apollod. I, 9, 28,4-5; Diod. IV, 56; Luc. De sait. 40; Varr. Atac. a|u ^
Virg. Georg. II, 120; Val. Flacc. V, 684 sqq.; Hyg . l'ab. 26,
- 15 |)iod. IV, 55, 7. — 16 Just, XLII, 2-3;Tac. Ann. VI, 34; Strab. XI, a ’
— Hlbyc. fr. 37; Simon, r. 213; Apoll. Rh. IV, 811 sqq.; Lycophr. 174, '
ad loc. — 18 Jessen, Op. cit. — ‘9 Groeger, De Argonauticarum sqq-}
quaestiones selectae, Bruslau, 1889.— 20O. Millier, Orchomenos, I 3 jg . Gerhard, Griech. Myth. §§ 228, 3; 481, 2; Preller-PIew, Griech. Mil ''Jg^k Roschcr, Seleneund Verwandtes, p. 127, 130, I 47; Wilisc », q Qruppc;
nachihrer geschichtlichen Bedeutung , Jahrb. f. Philol. 1878, p. <- M ^ Griech. Myth. p. 132 sq. ; Gilbert, Griech. Gôtterlehre , 354, n' . ^ ji par cxcm- 483, etc. ; cf. d’autres interprétations citées à I article jason, p. 1,1 ’mmon fr. 20H pic les Nostoi, fr. 6, parlent déjà du rajeunissement d'Aeson; J/e-
Pherecyd. fr. 74, etc. Sur le silence apparent delà Théogonie , 'ou ■ ®<U~ .’ffler ,|aiis deia, in Hoscher, 2484. Cette fonction de Médée parait nettenier ^ ra( lâche.
(cf. ses congénères ’AyapiiSn- r‘ . >.
M4,l- < • ' . f |c latin
»r, machiner »,
.Kl!) sq-
art-
son nom même, car MùSu
de toute évidence, au verbe « méditer, tramei, ^ ; ^
mederi, medicus : Uscner, Gôtternamen, p. 16o. '2- Seei0ci, geeliger. art‘
— 23 Brunn, Berichte der bayer. Akad. 1881, II, P- !1!) ct con |)( Kolchis cité, 2501 ; cf. O. Jahn, Arch. Zeit. 1847, p. 37 et. Heydemann,
(//>« Bail. Winckelmannsprogr. 1886), p. U.
MED
MED
, des drogues’, parfois aussi un rameau de qui re"l|,|“|“i février 2 ; d’autres fois elle est armée du la|irier "" j0it donner la mort à ses enfants (fig. 4879). 1,0ignaI',1 '‘mentionnerons pas ici les monuments figurés Ti reconnaît la première entrevue ou encore le ma- °!‘ °"1(. lason et de Médée ; la plupart ont été cités à riag-\lV .1 VSON, comme aussi ceux qui figurent les diffé- L r|IC iloits du héros en Colchide, et où d’ordinaire T;T; présente 3. La victoire sur Talos, en Crète, est
le sujet d'un beau vase de Ituvo avec une variante inconnue aux textes : le géant, dompté par les philtres de Médée, tombe aux mains des Dioscures *.
Au séjour de Médée à Iolcos se rattachent les épisodes d’Aesonetde Pélias qui ont fourni les motifs de plusieurs vases peints. Le rajeunissement d’Aeson se voit sur une hydrie de Musée Britannique*, probablement aussi sur un lécythe à figures noires de Leyde où Médée assise, tenant à la main la baguette magique, regarde sortir
Fig. 4877. — Mort de Creuse et des enfants de Médée.
es0n’ sous l’aspect d’un enfant, de la marmite6. Un 11111 °i 1 ''h'usque représente le rajeunissement d’Aeson ou, SMUn'11" une autre interprétation, de Jason ( Æasun ) par ' qui lui tend une coupe1.
1 uisson du bélier dans le chaudron magique, en M 111 '' de Médée, de Pélias et de ses filles, a été plusieurs '.ulce, avec des variantes, par la céramographie : on
en a vu un exemple à l’article magia, fig. 4780 8 ; même sujet sur un stamnos de l’ancienne collection de Canino9, sur une pyxis inédite du Louvre reproduite plus haut (fig. 4870), sur une kylix du Museo Gregoriano ,0. On le voit encore dans deux peintures pompéiennes 11 et un bas-relief attique du Musée de Latran1*.
Le drame de Corinthe n’a pas eu moins de faveur en
. 1 VU. Kl,, pi 8U .