I . . créée par un autre. La grande majorité des
SpéC'l"se sont rencontrés en Gaule, en Bretagne, en ca<l" " v pi sur le Danube; l’Afrique n’en a fourni G'-"" "on n’en a trouvé ni en Grèce ni en Asie Mineure, nour ma part, à y voir une survivance, modifiée par la science ou le charlatanisme hellénique, d’une vieille tradition médicale celtique et druidique. Sichel pensait que ces cachets avaient appartenu à des. médecins militaires, qui accompagnaient les légions; mais cette opinion est insoutenable, car on les a surtout trouvés là où les légions ne stationnaient pas. Les oculistes mentionnés sur les cachets, affranchis ou esclaves, étaient probablement des praticiens ambulants, qui s’adressaient principalement à la clientèle gallo-romaine des villes. L’usage de ces objets a duré du icp au iv° siècle après J.-C.
Comme leur nom l'indique, ils servaient à estam-
Bg; 4880. — Stèle funéraire d’un médecin ... ,
gallo-romain. pdler des pâtes ou col¬
lyres, qui étaient ensuite dissoutes dans un liquide: eau, vin, blanc d’œuf, lait de femme, etc.1 Pour les oculistes, il y avait là un moyen de publicité comparable aux étiquettes dont sont revêtues, chez nous, les spécialités pharmaceutiques. Avec une trousse d’oculiste exhumée en 1854 à Iteiins, on découvrit toute une série de collyres, petites plaques rectangulaires qui portaient encore l’empreinte de cachets. Les cachets servaient également à estampiller les vases daiib lesquels les oculistes renfermaient leurs collyres liquides On connaît aussi des tablettes d’oculistes s,lns inscriptions, présentant, sur une face, des évidements en forme de godets qui servaient de mor¬
tiers 3. Enfin, les instruments de bronze, spatules, pinces, érignes, cautères, trépans, balances, etc., dont se servaient les oculistes, nous sont connus par un bon nombre de spécimens l.
On est moins renseigné sur les aurisles (meilinis anrieularius) ' et sur les dentistes (une désignation spéciale fait défaut)0. Les Égyptiens connaissaient déjà la prothèse dentaire, dont il est question dans le papyrus Ebers7. Des dents liées avec de l’or ( aura dentés juneti) sont mentionnées dans la loi des XII Tables8, et 1 on a trouvé, dans plusieurs tombes de Phénicie, de Grèce et d’Italie, des dents jointes avec un fil d’or J. Il est également question, chez les Grecs et les Romains, de fausses dents10. Des dents aurifiées ou plombées ont fréquemment été rencontrées dans les tombeaux11.
VIL Pharmaciens et rhizotomes ,2. — L antiquité n’a pas connu l’équivalent du pharmacien moderne, qui exécuLe, sur l’ordre du médecin et sous le contrôle de l’État, des prescriptions magistrales ou officinales. En principe, le médecin préparait lui-même ses médicaments; il pouvait en acheter les ingrédients chez le pharmacojto/e, sorte d’herboriste qui, à son tour, se fournissait de plantes médicinales chez le rhizotome'3 .
A l’origine, la cueillette des simples — souvent accompagnée de cérémonies magiques et effectuée dans certaines circonstances seulement14 — constituait une partie essentielle de l’art de guérir15; c’est celle que le centaure Chiron passait pour avoir enseignée à Esculape, en même temps que les incantations10. Les premiers médecins grecs, comme les magiciens et les magiciennes, recueillaient eux-mêmes les simples, ou les faisaient recueillir par des amis sûrs; ainsi Épiménide, disait-on, avait fait de longs voyages à cet effet : à<7/o),oüu.evoç ireo: ftÇoTopuav 17 . 11 existe une lettre supposée d’Hippocrate à Krateuas, qualifié de ôiÇo-rdacov apiavo;. pour le prier de -recueillir avec soin de l’ellébore en vue du traitement de Démocrite 18.
Au ve siècle av. J ,-C. ,1e médecin fait préparer les remèdes dans son officine et les vend à ses clients par l’entremise de ses élèves et de ses préparateurs, »app.axoTpt6ai 10, qui en surveillent l’administration aux malades20. Mais, dès celte époque, l’industrie du pharmacopole est constituée, à côté de celle du médecin, et l’on s’adresse souvent au
A 7 s collyi’es connus par les cachets, avec références anciennes,
^ (|| , r 1 ^ P* 215; efficacité des collyres, Ibid. 1804, II, p. 44 (liste
.. . I'1 ils étaient censés guérir); collyres d’Antvllos, recettes conservées
|, 00 ()|| • P- J RMI. morntm. 1883, p. 343; Rev. arch . 1894, I,
ïraiicln' | ,, 1,1 Un mor^er cn marbre avec son pilon, portant sur une flPrvi à lifo "j1 T'.U'S' flu* esl une c°ticula (lovrçixri àxôvïj, Galen. XII, 718), ayant ISoo n i ' <S *llSl(^enl's des collyres pour les yeux (Thédcnat, Dali, monum. 'ottwV '• P1’ - 3 inscr. lai. VI, 8908.
les dent if..; <U ’ G ^art- X, 56. ’O&ovctxot, Galen. V, 84G. Pour
schrift iles r ^ Jfd et Cels. VU, 12. — 7 M. Slranz, Monats-
tliise dentair • ' ri">S ^eu^sc^e,' Zahnkfmttler, V, n» 7; cl'. Dcneffe, La projhcc de dents f ,,-S ^ Anvers, 1890. Ou n'a cependant pas trouvé
Ci t. De lu n sur les momies. — 8 Ed. Schoell, tab. X, 8, p. 155;
‘7.11 ' f (là n j . *
Icclion liinimp ' r ' - GS ‘ en^s *‘^es avec de l'or sont mentionnées dans la Col-
fli’cie, p. 470 . ^ *jIC’ 1 cf. Cels. VII, 12, 1. — 9 Renan, Mission de Phé-
26 ; /;„// (fp^. j, ^lf5< 1 ^n'iech. Vasengemülde, I, p. 63 ; Hclbig, Rom. Mittheil. I, lier découvert : T *S,/’ P‘ Dcnellc, Prothèse dentaire , p. 26, 66. lin dend une bandelel le ana^* a’ dans la colleolion Lambros h Athènes, est composé °nl,,e deux lamelle^ j1^ ma^a^c fi1” devait fixer les deux incisives médianes s'v'es externes rcsr (Sflu°Hcs prenaient leur point d’appui sur les deux inci- • p. GG; (|0 r GS Sa*nes (Denefle, Prothèse dentaire , p. 26). Denlier d’Orvielo, de Cornelo | n, *°’ P- ^3 ; de Valsiarosa, Ibid. p. 50. Dans un des den- ,lv incisives absentes ont été remplacées par une dont de bœuf
incisée par le milieu, de façon à simuler l'intervalle qui sépare deux dents. L’L’nivcrsilé de Gahd possède la mâchoire el le dentier d’Orvieto ; c’est une mâchoire supérieure armée de son appareil dentaire en or (vers 500 a> . J.-C..). I.c dentier est constitué par une lame d’or qui se replie cl se soude à elle- mémo pour former une ellipse; il est encore fixé à la canine droite par un anneau que forment les deux' lames en avant et en arrière de celle dent (DenelTe, p. 59, üg. 1). — 10 Uor. Sat .
I, 8, 48 ; Mari. I, 73 ; II, 41 ; V, 43 ; IX, 38 ; XII, 23 ; XIV, 56. — H bencOc, Op. I.
p. 32. — 12 Berendes, Pharmacie bei den allen Culturvôlkern , Halle, 1891. Sur la pharmacopée égyptienne, voir l’éd. du Papyrus Ebers par Joachim; sur la pharmacopée phénicieune et babylonienne, Oefele, Janus , Amsterdam, maijuin 1897, et Allg. medic. Centr. Zeit. 1898, u's 96 sq. ; Aerztl. Rundschau , 1895, nos 45-49. — 13 Marquardt, Prirallcbcn der ’Rômer , p. 757 ; Lillré, Hippocrate , t. IV, p. 623 ; Laboulbène, Œuvres, p. 185. La profession de rhizolome était parfois héréditaire (Hippocrate, IX, 312b — U-Thcophr. Hist. Plant. IX, 8, 5. La oapuaxeta est proprement la science des plantes merveilleuses. Sur les sa^xaxot magiques, voir l’art, magia, p. 1495. — 13 Hat. Symp. 111, 1 : ^càatoo;...
■RAttf/rri xE/p.jxtvou; ànô ojt.ov îaToixrj. d.o\ x<x\ pOTaval Si* Uvto toj;
•/âHLvovTa; ; cf. Son. Ep. XCV, 15 : Medicina quondam pauearum fuit scientia herbarum ; Isid. Orig. IV, 9, 4. — 10 Dind. Pyth. 111. 84. — 1" Diog. Laert. I, 112. — 18 Epist. qraeci, éd. Hcrchcr, p. 297. Sur Craleuas, Rev. des études grecques,
II, 343. — 19 Demosth. p. 1170. — 20 Hippocr. t. IX, p. 239; Plat. Gorq. p. 456 D; Crat. p. 391 A. »l>cko[xaxov téjxvuv est synonyme de traiter un malade, Acsch. Suppl. 271; cf. K. von Grot, Ueber die in der hippokratischen Schriflensammlunq enlhaltenen pbannakologischen Kentnissen, Dorpat, 1887,
MED
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premier, qui a les allures et la réputation d’un charlatan \ pour obtenir des spécifiques tout préparés. Dans Aristophane2, on voit un personnage courant les boutiques des phannacopoles pour acheter un remède destiné à faciliter les couches (tbxurôxtov). Les vendeurs de drogues allaient les débiter sur les marchés, dans des coffrets spéciaux (xûxTotc)3 ; leurs boutiques contenaient aussi des objets de tout genre, par exemple des amulettes, des bagues prophylactiques contre les morsures1, des lentilles pour allumer le feu8. Le pharmacopole est le client du rhisotoine, qui s’occupe surtout de recueillir des plantes médicinales6 et qui, obéissant à des superstitions fort anciennes, opère la cueillette suivant des règles souvent absurdes qui sont du domaine de la magie7.
L époque alexandrine fut témoin d’un développement extraordinaire de la matière médicale, dùà l’influence de la médecine populaire et de la pharmacopée magique des peuples orientaux. On trouve la preuve de cette richesse, d ailleurs plus apparente que réelle, dans la pharmacopée a la lois scientifique et populaire de Galien, héritier de la science alexandrine. D’autre part, on voit des souverains, comme Affale, le dernier roi de Pergame8, et le grand Mithridate3, s’appliquer eux-mêmes à l'étude des poisons et des contre-poisons et mettre à la mode des drogues mystérieuses, où entrait une variété extravagante de substances10. Le roi Antiochus VIII fit graver sur marbre et dédia dans le temple d’Esculape, à Cos, un remède contre les morsures d’animaux venimeux11. De cette époque datent de nombreux ouvrages didactiques sur la ma'tière médicale, ceux d’Héraclide de Tarente, qui écrivit aussi sur les cosmétiques, les Theriaca et les Alexipharmaca de Nicandre. Suivant Galien, le premier qui ait écrit sur la composition des médicaments fut Manteias, élève d’Hérophile12. Outre les poèmes de .Nicandre, nous avons conservé le vaste recueil de Dioscoride d’Anazarbe, qui avait parcouru une grande partie du monde romain et qui décrit environ cinq cents plantes, avec tant de précision qu’elles ont pu, pour la plupart, être identifiées par les modernes13.
Ces traditions de la Grèce alexandrine prévalurent pendant l'Empire romain u. L’industrie des pharmacopo/es ou myropoles 15 {pharmacopolae*6, unguentarii1' , seplasiarii *8, thurarii 13, aromatarii 20, pigmentarii 21 , myrobrecharii 22), dont la réputation de hâbleurs était ancienne23, se développa même aux dépens de la méde-
1 Arist. Oecon. p. 1 3 4tJ ; Luc. De merc. cond. 7; Plut. De prof, in virt. 8. On trouve les mots çaçjxaxeTç, ea^ji«xo|iâvTEt{, oap;A«xîSêç, toujours en mauvaise [part. Anaxandridc avait écrit une comédie 4>a?;AaxôuavTi; (Kock, Fragm. Com. II, 157). Le eappa’xoKÛXi); était opposé à l'a^oro; îa-rçô; (Stob. Scrm. XL, 8). Sextus Empirions dit que le eappaxoTCiü/.v}; est au médecin ce que le démagogue est à l’homme d'Etat {Adv. Mathem. II, 41). Une tradition voulait toutefois qu’Aristote lui-même eut été pharmacopole (Athcn. VIII, p. 303; Elien, Var. Hist. IV, 9). — 2 Aristoph. Thesmoph. 504. — 3 Poli. X, 181 ; Aristoph. Fragm. 95. — 4 Aristoph. Plut. 885 et le Schol.
— 5 Aristoph. Nub. 766. — fi Theophr. Hist. Plant. IX, 9. — 7 'PtÇoTojwxo' /.ôpi, Athen. XV, 28; Schol. Nie. T/ier. 617, 647, 681. — 8 Galen. XIII, p. 416.
— 9 Mart. V, 77; Plut. De adul. et amie. 27. — 10 Le Mithridation comprenait 54 ingrédients (Galen. De antidot. I, p. 42 4). Un médecin de la cour des Ptolémées, Zopvros, avait composé, sous le nom d 'ambroisie, un contre-poison universel.
— 11 Plin. Nat. Hist. XX, 261 ; Herzog, Koische Forsch. p. 203. — 12 Galen.. De compos. medic. II, p. 328. — 13 Dioscor. Materia medica , éd. Sprengel, Leipzig, 1829; cf. Pusclimann, Handbuc/i, I, 349. — 14 Aesch. Fragm. 452, appelle les Tyrrhéniens eaçpaxoïcoi&Y e8vo; ; mais nous n’avons aucune preuve que la pharmacopée étrusque ait été introduite à Home avant celle des Grecs. — 15 Galen. XIV,
P* 1®* 16 H°r. Sat. I, 2, 1 ; Gell. I, 15, 9; Collegium pharmacopolarurn publi-
corum à Brescia, Corp. inscr. lat. V, 4489. — 17 Corp. iriser, lat. I, 1210; VI, 9998; XIII, 2602, etc. Le mol grec correspondant est ; surnom du médecin byzantin Nicolas d’Alexandrie (Pusclimann, Bandb. 1, 566). — 18 Ainsi nommés d’une rue à Capoue (Cic. in Pis. XI, 24; Ascon. Ped. p. 10). Ils avaient la spécialité des articles de toilette; cf. Lamprid. Heliog. 30; Orelli, 4202, 4417*,
cine; tout ce qui touche aux cosmétiques ressort-6, y compris les articles de
pommades, les parfums, les onguents les t les cheveux et les sourcils, savons’ antéphëliques 83 , etc. Bien plus, dès les médecins, soit ignorance, avaient
toilette,
teintures i dentifrir
pour
,, . Ices< laits 1 eP°q ne de pi:, pour épargner leur temps, J ,
presque cessé de nrém. Par memes leurs médicaments et achetaient L Z Cüx* meme les remèdes tout faits chez les nh„. 8Ues 0,1 Ces derniers, peu scrupules
encore victimes des supercheries des rhizotome,’ „ T1 vendaient des pro- Mu> leur
duits avariés ou frelatés. Galien , dans sa jeunesse, avait payé une grosse somme à des fraudeurs pour être initié à leurs pratiques29. Plus tard, il fit lui-même de longs voyages pour recueillir des substances médicinales à l'état de pureté, telles que le jayet, l’asphal te , le baume, la terre sigillée de Lemnos,' et il s,’en fit aussi envoyer par des amis sûrs 30. Galien demande que le médecin connaisse toutes les plantes utiles et il recommande de les cueillir soi-mème, avant que la chaleur de l’été ne les ait desséchées; c'est une science qui doit s'acquérir, non pas dans les livres, mais sur le terrain31.
Pour le service de la maison impériale, on faisait venir des substances médicinales recueillies par les fonctionnaires sénatoriaux ou impériaux, qui les envoyaient cachetées à Rome. Galien mentionne aussi des esclaves impériaux chargés de donner la chasse aux vipères, qui étaient employées comme contre-poison32. Un cachet en
7261. — 19 Corp. inscr. lat. I, 1665. —20 Les aromatarii avaient un colley Home, où ils vendaient aussi du vin parfumé (Corp. inscr. hit. \l. ■ ‘ y Orig. XVII, 18, I ; Cdium. XII, 20. L’inscr. Orelli I IL est fausse (cf. Jonrn 1S79, p. 403). — 2J Scrib. Larg. 22; Schol. Fers. I, 43; Corp.
9795, 9796. — 22 Orelli, 4237 (suspect). Le mot se trouve daL- 4, 5, 37. —23 Cal. ap. Gell. I, 15, 9; Hor. Sat.
— 23 Marquardt, Pricatleben, p. 762. — 26 plin. Nat. Hist.
XIV', 24. Cela n’était pas sans inconvénient,
Fig. 4881. — Laboraloire de pharmacie '
imn-.M.'i I . '.'673,
dans l'I.ud. \M.
I g t. Cris. VI
' ~i.. XXXIV, lire llalcn.
veuieu., ... v- médicamenta
pouvaient être dangereux, comme une certaine pommade qui lit D"11* \ XXI V,
d’un client ( Anthol . gr. éd. Jacobs, J, p. 183 , 9). — 27 p>as.,.e|ief du