‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 198 sur 275 · XII, 749, 768 ; XIII · texte numérisé non relu

XII, 749, 768 ; XIII

en Grèce et à Rome, exerçaient la médecine sans être considérés pour cela comme des médecins. A côté et au-dessous des prêtres des Asclépieia, pullulaient les interprètes de songes, les guérisseurs de maladies spéciales, les faiseurs de miracles, qui exploitaient la superstition et la crédulité de toutes les classes sociales. Bien que les auteurs hippocratiques s’élèvent contre la médecine charlalanesque et distinguent la médecine rationnelle de la divination l7, les Grecsles plus éclairés, comme Platon, ne paraissent pas avoir pris nettement parti dans le débat. « Il est bien difficile, dit Platon, de savoir au juste ce qu’il y a de vrai en tout cela ». à propos des breuvages, des aliments et des parfums employés comme maléfices18. Socrate propose à Charrnide de le délivrer d’une migraine à l’aide d’une certaine herbe et de certaines paroles magiques dont il a reçu la recette d un médecin thrace 19. Démosthènes parle (avec mépris, il est vrai) d’un charlatan qui prétendait guérir les épileptiques 20. Les songes, qui, pour Hippocrate et son école, sont une des sources du diagnostic dans les maladies-1, fournissaient aux charlatans les éléments d’une méthode thérapeutique qui trouvait son expression officielle dans les Asclépieia [incubation Le dédain de quelques rationalistes, comme Cicéron, qui oppose le conjector somniorum au medicus 22, n’a pas empêché les interprètes de songes de trouver des dupes jusqu à la fin de 1 antiquité et au delà.

La littérature médicale offre le même contraste et parfois la même confusion entre des ouvrages écrits par des savants pour leurs élèves et des recueils de recettes^ composés par des charlatans pour la multitude crédule. En Grèce, dès le ve siècle, il y avait un grand nombre de livres relatifs à la médecine et à la pharmacie23 ; beaucoup de gens en faisaient usage au lieu de recourir aux lumières d’un médecin. Platon se moque, dans la Phèdre , de ceux qui se croient médecins pour avoir lu un livre de médecine2*. Aristote rapporte que certains magistrats, de crainte que les médecins, corrompus par les ennemis de la cité, ne les fassent périr, préfèrent se soigner d’après des livres; mais c’est là, selon lui, une mauvaise méthode, car les médecins eux-mêmes, quand ils sont malades, se font soigner par d’autres médecins28. Ces livres, Ypâggrra, étaient sans doute des recueils de recettes analogues à ceux dont Caton le Censeur prétendait faire usage à titre exclusif-6. À l’époque impériale, la. médecine d’amateur était fort répandue; Aulu-Gelle' dit qu’il a employé ses loisirs à la lecture de livres de médecine21, et Plutarque veut que chacun soit en état de surveiller son pouls, qu'il sache ce qui est utile ou nuisible à sa santé 28. Telle fut, du reste, l’opinion de l’empereur Tibère qui, refusant de recourir aux médecins, se moquaitde ceux qui, après leur trentième année, ont besoin des conseils d’autrui pour savoir ce qui est utile ou nuisible à leurcorps 29.

11 existait aussi des manuels de médecine à l'usage des voyageurs et de ceux qui habitaient la campagne, destinés à les soustraire aux entreprises des charlatans,

De la condition juridique des médecins, p. 68. — *3 Plaut. Merc. Il, 4, 4.

— 16 Hippocr. t. Il, 237 ; t. IX, 235.— U Ibid. Il, 243. — 18 Plat. Ley. XI, 933. - 19 Id.

Charm. 155. — 20 Dem. C. Aristoy. I, p. 793. — 21 Hippocr. t. Il, 671. — 22 Cic. De Div. Il, 59. — 23 Xen. Memor. IV, 2, 10 : r.6\\u tu Tpùiv tfft'. » cf.

Plat. Polit. 293 I). — 24 Plat. Phaedr. 268 C. — 23 Arist. Polit. III, p. «287 : tô xatd YpàiJtuaTa laT^eOeirOai oaOAov. — 26 Cat. De rerust. 70,83, 156, — 27 Gell. XVIII, 20.

— 28 Plut. De sanit. tuend. 24, 25. — 29 Tac. Ann. VI, 46.

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à leur permettre de préparer des remèdes faciles et d'attendre l’arrivée du médecin1.

L Égypte, celte patrie des livres de médecine2, où le traitement des maladies était établi d’après des préceptes écrits attiibués a llorus2, ne cessa pas d en produire et d’en répandre à l'époque gréco-romaine. 11 est question il un a ieux Ha re égyptien appelé àuêp-qç, où étaient réunies d anciennes observations sur le diagnostic et le pronostic des maladies ’. Du temps de Jamblique, les prêtres égyptiens possédaient quarante-deux livres sacrés attribués a Hermès, dont six sur l’anatomie, la médecine, la chirurgie et la matière médicale ; il en existait des traductions en langue grecque5. Les ouvrages médicaux grécoptit?ns, l oemander, Asklépios (Àôyoç tsÀeiqç), les I atromat hcmatika , etc., sont des falsifications néopythagoriciennes où se retrouvent peut-être quelques vestiges de la science, toujours imprégnée de superstitions, qu avait possédée l’Égypte pharaonique °.

IX. Femmes-médecins'. — Une femme exerçant la médecine s appelle vj Ixtooç, Uq-rpbç yuvvj, îaxpia, iaTpivr, 8, !aT7)p{7),' iarpotiva, àxscTpîç (guérisseuse), en latin medica, peut-être aussi clinicn 9. Au point de vue des fonctions spi- < iales d accoucheuse, elle est dite uoua (itEpi toiç tixtoucoiç îavpoç, Hésychius), ta-souxïa, ùcpovipETpta, cig.<paXoTÔp.oç (celle qui coupe le cordon), en latin obstetrix , iatromaea 10. Le mot medica désigne également une accoucheuse et se rencontre fréquemment dans les inscriptions 11 . Un trouve dans Hygin une histoire assez invraisemblable qui peut être résumée comme il suit l2. Une lo* athénienne défendait aux esclaves et aux femmes d’exercer la médecine; il en résultait que beaucoup de femmes, n’osant, par pudeur, faire appel à des médecins, mouraient en couches. Alors (Hygin ne spécifie pas 1 époque) une jeune fille athénienne, llagnodice, se coupa les cheveux, s'habilla en homme et se fit instruire par le médecin Hérophile. Une fois en possession de son art, elle se rendit auprès d’une femme en travail et, lui ayant révéle son sexe, obtint de la soigner. Le bruit de son heureuse intervention s’étant répandu, les médecins s’émurent et protestèrent contre le nouveau confrère qui leur enleA-ait des clientes. llagnodice dut comparaître devant l'Aréopage et déclarer qu’elle était une femme; sur quoi la colère des médecins ne fit qu’augmenter, et il fallut que les Athéniennes les plus distinguées intercédassent pour faire acquitter Hagnodice. L’ancienne loi fut abrogée et l’on décida que les femmes libres pourraient désormais apprendre et exercer la médecine. Cette historiette assimile complètement les femmes-médecins aux accoucheuses et c’est, en effet, à cette spécialité del’obstétrique que les femmes, tant en Grèce qu’à Rome, s’appliquèrent de préférence, sinon à titre exclusif. Les médecins n’intervenaient dans les accou-

MED

chements qu au cas de complications redouta 1 auteur hippocratique du Traité des malaT ï * > constate leur peu d’expérience en n'te*fmm

et

e//i//iç s

«ans 11 leurj nie rrise

l’hystérie15, et qu’elles pouvaient solliciter sans

peu d expérience en ces mmdoute parce qu’on avait rarement recn^ offices u. Mais l’accouchement n’est pv il leu qui menace la santé et la vie des femmes l\ S'‘Ul<! Cri rellement que les accoucheuses furent’ co d’autres maladies propres au sexe, comme

que les femmes préférèrent des ' avis

d’une tumeur au sein, ne consulta^émocédès’ de longues hésitations15 ; c’est donc qu’elle avïit ^ mencépar avoir recours aux lumières de femmes T' YHippolyte d’Euripide-, la nourrice demande à PhiÏÏ si elle soufire de quelque maladie qu’il fauttaire (c’est • dire d’un caractère intime), auquel cas des femmes somh pour la soigner; si son mal réclame des médecins J s’adressera à eux. Ainsi, le cercle de l’activité des femmesmédecins tendit à s’élargir par la nature même des services qu’on réclama d’elles. A l’époque impériale, elles sê firent aussi masseuses (, tractatrices ) et furent’ parfois employées à ce titre par des hommes18. Dans Apulée une sœur de Psyché se plaint de jouer le rôle pénible de medica , parce qu’elle a un mari goutteux dont elle doit frictionner les doigts et pour lequel elle doit préparer des liniments et des compresses19. Il va de soi que les femmes, nées, pour ainsi dire, gardes-malades et infirmières, se sont de tout temps acquittées de ces fonctions20. Bien entendu, il y eut aussi, et de tout temps, des femmes s’occupant de cosmétiques et de ce qu’on appelle l’hygiène de la beauté; déjà le papyrus libers, le plus ancien traité médical que l’on possède, mentionne une princesse nommée Schesch, à laquelle on devait un remède pour faire pousser les cheveux-1.

Il est à remarquer que le droit romain ne fait nullement de la médecine une profession réservée au sexe fort et qu’il n’est jamais question, dans les rodes, d’un domaine médical réservé aux hommes On peut donc admettre que certaines femmes particulièrement douées se sont appliquées à toutes les branches de la médecine, bien que nous n’en ayons pas, que je sache, de preuve directe.

Une inscription gravée sur la base d’une statue à Hos, en Lycie, relate que ce monument aété élevé a eh-inèniej par Antiochis, fille de Diodote, de Tlos, honora sénat et le peuple de cette ville pour son expérieu l’art médical, jj.apTup7]0e:<ia ûttq TAwéwv [iouXr,, -

Syjp.0 U E7Ù T’7| Ttspt T7]V t7.Tp!X7)V TEy VTjV EVTtSlptO’. " . I " 1 I

lion de Karabaulo est la dédicace d’un certain As« h llliR jb sans doute médecin lui-même, à sa femme Ami * Alexandrin Zôsimé, savante en médecine, à™ ■■■ ixTptxvjç 2i. L’épitaphe de Scantia Redempta » Gapoue

1 Orib. éd. Daremberg, VI, 557. — 2 Papyrus E bers. Pas atteste Buchüber Heilkunde. Trad. par H. Joachim, Berlin, 1890; Hirschberg, Aegypten, Leipzig, 1890, p. 3G el suiv. 3 Diod. Sic. I, 82. — * Hop. Hierogl. I, 38. — aJamblich. Demyst. VIII, 4; Clcm. Alex. Strom. \ I, 4, 37, p. 157. M. Hirschberg a montré ( Op . L p. 34) que la critique de Galien (XI, 298), oti r.àuat tto-i, ne s'applique pas à ces livres, mais à des remèdes tirés déplantés sacrées, uçat porâvat. — 6 Sprengel- Rosenbaum, p. 63.

- Mélanie Lipinska, Histoire des femmes-médecins , Paris, 1900; M. Baudouin, Femmes-médecins d autrefois, Paris, 1901. — 8 Corp. inscr. yr. 3730, 9104, 9209. — 9 Gruter, p. 035, 10. L’inscription paraît apocryphe. — 10 Corp. inscr. lat. VI. 9477 ( iatromaea regionis suae prima), 9478. — il Ibid. t. II, 497; VI, 7581, 9014: XII, 3743, etc. - 12 Hygin. Fab. 274. — 13 Soranns, éd. Dietz, p. 107. 11 c»l question dans cet auteur de médecins de femmes, taT?ol pvaixeioi; mais BOltiger (AL Schriftcn III, p. 1-8) n a pas tort de nier qu’il y eût des accoucheurs de pro-

;ion dans l’antiquité. — 14 Hippocr. 1, 02. — lü Mari. XI, ^ ^ucslioJ

ae (Nat. Hist. XXVIII, 82) citcj’opiuion de plusieurs fcmmcsjtH- • • ^ ^ ne touchent pas à la gynécologie. — ,ü Herod. III, 1*1. — 1 i • \puij

i» Son .Ep. 66 in fin.) Mart. III, 82 ; cf. Monum. dei Lincei, , Pt . V, 24. - 20 Xen. Oecon. VU, 37 ; cf. Ps. Dem. inNaeaer. !*• A/|J

«Otoi offov ttîia ttrïi yjvv) lv raT; vo'ffot; naoojo-a xàjxvov.i iPS recettes de

ne medic. Central- Z eitung, 1895, n« 80. On attribuait aussM^ cxjslc unpa

is b an

^ à la reine Cléopâtre (cf. Puschmann, Handbuch , Ll- '* ||U, niiv eilVirnn« îiéralique égyptien relatif aux maladies des fcnm.es qui 1 ^ ^ ^ U.

... 2 000 av. J.-C. (Ibid. p. 74). — 22 Medici utrinsqnc si- ^ ^ conlniiini‘l11^ {. — 23 Texte encore inédit (mars 1902), qui nia été obligé .m ^ mrnijonnéc Par M. Otto Benndorf. Une femme-médecin nommée Anlioclns es ^ ^ en, XIII, 343. - 24 Slcrrctt, Papcrs ofthe american schoo ,

MED

qualifl* le sen* Auson<-

r, ftaiitistes dise

aisse pas d’être obscur

•iplinae in medicina , mots dont La tante du poète

milia Hilaria, eut toujours en aversion, sui-

Knlin, Theodorus Priscianus, archiàtre dédia le troisième livre de son ouvrage ' Praesentaneae, dont on ne possède qu’une à une femme-médecin, « l’aimable

ini'"1 . . . .

U) ies penchants de son sexe et sut se

vallt S°".|"hrr autant qu’un homme dans la pratique de

,-endre ceieuic j - - ~

qg niédocin'“ '

du V jfedicine ' traduction latine mnnaene de son art » .

n «dunes femmes avaient écrit sur la médecine, par I Lie Salué, LaïS, Elephantis, que citent Pline l’Ancien H Gahen 4 ' Aspasia, citée au livre XVI d’Aetios et Moli'odora, 'dont un traité sur les maladies des femmes, j twv YIJva!!tet(üV es*J res^ inédit a Florence

F autres avaient composé des ouvrages sur les eosmétipes, les maladies des cheveux, etc.

I Nous ne savons presque rien touchant 1 enseignement médical que recevaient les femmes. En Égypte, à Sais, il y avait, dit-on, une école de sages-femmes où des femmes donnaient l’enseignement 6 ; il est probable qu’en Grèce et à Rome elles se formaient par l’apprentissage comme Iles médecins et étaient admises parfois à suivre des

cours. Une femme, Restituta, fait une dédicace à Claudius Alcimus, médecin impérial, son patron et son professeur (xaHïiyV'/p . Un auteur arabe rapporte aussi que Paul d’Egine avait, parmi ses élèves, des sages-femmes ’.

Dès l’époque héroïque, il est question de l’habileté des

femmes à recueillir des simples et à préparer des philtres8 ; cela resta une spécialité des magiciennes de Thessalie [magià]. 11 y avait des femmes dites cpapuaxiosç, çappxeuTfiai, qui faisaient profession de médecine magique. Les citations que fait Pline des œuvres de l’accoucheuse Salpé prouvent que certaines d’entre elles s’appliquaient à la matière médicale dans un esprit un peu plus scientifique.

Les accoucheuses, tant en Grèce qu’à Rome, paraissent avoir été fort considérées0. A Athènes, elles recevaient chez elles des pensionnaires10. A Rome, au point de vue du droit, elles étaient assimilées à leurs confrères11; leurs noms prouvent qu’elles se recrutaient surtout parmi les affranchies12. Avec les médecins grecs arrivèrent a Rome les accoucheuses grecques, qui ne tardèrent pas à supplanter les matrones italiennes auprès delà riche clientèle des villes.

Socrate, fils d’une sage-femme, nous a laissé un tableau ela profession qu’il est intéressant de rapprocher de celui ?ue le médecin grec Soranus en a tracé plus de cinq siècles *R>rès. « Aucune sage-femme, dit Socrate, ne se mêle accoucher les autres femmes tant qu’elle est encore en ^ ' 1 concevoir et d’avoir des enfants.... Les sages- L ^nnaissent mieux que personne si une femme Y i 111 1 'ule ou non. De plus, au moyen de certains breu- | ^s"ü de certains enchantements, elles savent hâter

MEf)

le moment de l’enfantement et en apaiser les douleurs; elles font accoucher celles qui ont de la peine à se délivrer et facilitent l’avortement, si cela est jugé nécessaire, lorsque le fœtus n’est pas encore à terme.... .N’as-tu pas remarqué un autre de leurs talents, qui est d’être très habiles à assortir les mariages, puisqu’elles discernent à merveille quel homme et quelle femme doivent s'unir pour avoir les enfants les plus accomplis?... Tiens pour certain qu’elles sont plus fières de ce talent que de leur adresse à couper le cordon ombilical — 11 n’appartient qu’aux sages-femmes vraiment dignes de ce nom de bien assortir les unions conjugales13. »

Soranus d’Éphèse, dans son livre sur les maladies des femmes, expose en détail le savoir et les qualités que l’on exigeait, de son temps, des accoucheuses (ii* siècle ap. J.-C.). Celles qui veulent embrasser celte profession doivent savoir écrire, jouir d’une mémoire fidèle, d’une santé robuste, d’un tempérament égal; elles doivent avoir de longs doigts effilés, des ongles courts et arrondis, tenir leurs mains très propres et ne pas (iler, pour ne pas nuire à la finesse de leur peau. Il faut qu’elles connaissent la diététique, la pharmacie et la chirurgie usuelle. Soranus les met en garde contre les superstitions et l’emploi de moyens abortifs, mais leur donne des conseils en vue de certaines opérations assez difficiles, comme l’inversion du fœtus, et prévoit le cas où l'embryotomie peut être nécessaire pour sauver la vie de la mère. Enfin, il leur recommande d'étre discrètes, « car les affaires de la maison et les secrets de l’existence de chacun leur seront confiés14 ».

X. L'exercice de la médecine ; les officines médicales. — Dans l'antiquité comme de nos jours, le médecin va visiter les malades à leur domicile, se réunit parfois avec des confrères pour délibérer sur un cas difficile, enfin reçoit les malades chez lui pour les opérer ou leur prescrire un traitement. Suivons-le dans ces diverses manifestations de son activité.

Les anciens disaient qu’Esculape avait inventé la médecine clinique , c’est-à-dire celle qui se fait au lit des malades, par opposition à celle qui envoyait les malades dans les temples ls. Un bas-relief d’Athènes représente Esculape, accompagné d’un de ses fils, auprès du lit d’un malade dont il prend la main1® (fig. -4882). Un autre, qui a passé de la collection Pourtalès au Musée Britannique (fig. 4883), représente un médecin qui examine un malade; l’inscription donne le nom du médecin, Jason d’Archanes. A droite, sur le sol, est une grande ventouse retournée n. Nous avons vu plus haut (§ III) que les médecins faisaient souvent leurs visites en compagnie de leurs élèves, tant pour les instruire que pour se faire aider d’eux. Le médecin, après avoir examiné un malade, devait pouvoir lui prescrire un traitement18; quand il s’absentait, il lui laissait une prescription par écrit19. Certains médecins donnaient leurs soins aux mêmes

Oescl,, der it X, L 3980. — 2 Auson. Parent. 6. — 3 Teuffcl,

XXVIII, (.|. X.i7(?rafur, § 446, 7. — 4 Salpe o bstetrix, Plin. Nat. Hist. à ''o'L'lisliiiuc n ' '***’ ^XXU, 135, 140. De ces citations, une est relative C0P(|‘ populaire * '* oncologie, une à l'hygiène de la peau, trois à la pliarma- P°ui' des abortif, ***’ ***’ el ï-'epl>an(>s [Ibid. 81) sont citées par Pline

~ 6 Coslomiris / 1 lla'lemenl ^e morsures; cf. Galen. XII, 416 (Elephantis). ^ Pharaons ^ * ***' ! ,r ' 1890, P- 147- — 0 I.oret, L'Égypte au temps

tyniui. y |, a"8’ — 1 Kailiel, Inscr. gr. Ital. 1751; Abulfarag, Hist.

' ' J. yon SicbH Pf ll4‘ ~ 8 Horn. 11. XI, 741; Od. IV, 220; X, 213.

lu such einer Gescliichte der Geburtshillfe , Berlin, 1839;

Ploss-Bartcls, Pas Weib, 0* éd. Leipzig, 1899. — 10 Arisloph. Lysislr. 746. — U llig. L, 13, 1, 2. — 12 Wallon, Hist. de l'esclav. t. III, p. 219. — 13 Plat. Tliacaet. 149- 150. — U Soranus, ne?! yyvatx. éd. Diclz, p. 3-5 (trad. Herrgott, Nancv, 1895,

p. 5-8) ; Puschmann, Gesch. des medic. Unterrichts, p. 101. — 15 Hygin. Fab. 274; Prudent. Apotli. 237 (qui appelle Esculape Deus clinicus ). — 16 I.e Bas, A/on. fig. pl. lui et p. 73 de mon édition. Un autre bas-relief souvent reproduit d'après Hirl ( Bilderbuch , XI, 3), qui représente Asclépios venant visiter un malade, parait apocryphe; ou ignore d’ailleurs où il se trouve, ni d'après quel document llirl l'a fait graver. — 17 Panofka, Cabinet Pourtalès , pl. ssvi; Hicks,' Greek inscr. in Prit. A/us. p. 1 41, ni 81 ; Corp. inscr. ait. III, 1445. — 18 Xcn. Oecon. XV, 7. — 19 Plat. PoKt. p. 295-

MED

familles pendant de longues années 11 est probable que les opérations un peu compliquées se faisaient au domicile du médecin et non à celui du malade, à moins que ce dernier ne fût un personnage important.

Les médecins célèbres donnaient, comme de nos jours,

Fig. 4882. — Esculape au lit d’un malade.

des consultations par correspondance ; ainsi nous savons que Galien avait des clients en Gaule, en Espagne, en Thrace et en Asie-Mineures.

Un auteur hippocratique déclare qu’il n’y a pas de honte, pour un médecin, à faire appel aux lumières de ses confrères3. C’est peut-être à des consultations entre médecins que fait allusion un passage obscur de la Politique d’Aristote L Nous connaissons par Antiphon !; le cas d'un homme qui, tombé entre les mains d’un mauvais médecin, mourut non des blessures qu’il avait reçues, mais du traitement qu'on lui avait imposé. Or, 1 orateur dit que les autres médecins s'étaient fortement élévés contre le traitement indiqué, ce qui implique une ou plusieurs consultations. Dans des affaires qui comportaient une expertise médicale, chaque partie faisait choix d'un médecin6. Les consultations étaient parfois scandaleuses par les contradictions et les disputes auxquelles elles donnaient lieu Théodore Priscien8se plaint aussi que le repos des malades soit troublé par l’arrivée tumultueuse des médecins, dont chacun cherche surtout à se faire valoir, comme des concurrents dans un cirque. C'était, d’autre part, un lieu commun de dire que la multitude des médecins tuait le malade, et Pline l’Ancien cite

^ Dem. In Euerg. p. H 59 : lyio eîar, yayov laxpbv 5> Tio/.Àà etïj — 2 Galen.

VIII, 224. — 3 Hippocr. IX, 262. — 4 Arist. Polit. III, 442. — 6 Antiph. TetraU III, 689. — 6 Plat. Leg. IX, 916. -- 7 Plin. Nat. Bist. XXIX, 5; Galen. VIII, 357 ; X, 910. — 3 Theod. Prise. Medic. praesent. Praef. I. — 9 Plin. Nat. Bist. XXIX, 11. — 10 Dig. XXVII, 1, 6; cf. Salmas. Excrc. Plinian. 739. L’épitaphe d'un médecin de Nicée parle de ses longs voyages, roXXr.v 0à).a<r<r«v «ai YaYav ■jîEçtvootqffa; (Kaibel, Epigr. 509). — H Dio Chrys. Orat. VIII, 134. — 12 Hippocr.

IX, 236. — 13 On connaît des boîtes de pharmacie de Pompéi à Naples (Ceci, Piccoli bronzi , VII, 18), de Mayence au Musée de cette ville (Lindenschmit, Alterthümer, IV, 16, 1), des environs de Mayence (entre Neuss et Xanlen) et de Naples au Musée de Berlin (Bonn. Jahrb. XIV, 33); cf. Deneffe, Etude sur la trousse d’un chirurgien gallo-romain du me siècle (Anvers, 1893, pl. n). Une boîte de pharmacie en ivoire, ornée d’un relief représentant Esculape et Hygie, servait à contenir des reliques dans l’église de Sion (Brunner, Spuren rôm. Aerzte auf dem Boden der Schu'eiz , p. 44, pi. iv, 5; voir plus haut, art. i.ocdlus, fig. 1294). Une boîte de pharmacie, dont le moulage est au Musée de Saint-Germain, est conservée au Musée de Worms. La nature des instruments de petite chirurgie qui nous sont parvenus, et qui sont souvent à deux fins, indique la préoccupation du médecin de simplifier sa trousse et de la rendre portative. Les trousses chirurgicales que nous possédons sont des boîtes cylindriques en bronze d’environ 0 m. 20

MED

i il* i . ■ “ uf uq mcdicontt»

L histoire a conservé les noms d’un Kr peni'médecins grecs qui ont été appelés à de

des villes, soit par des princes; nous en , S0" piir

traitant des médecins publics et des méded» '' T*”® en Mais il faut dire ici quelques mots des médecin 1 !' C°ur-

que Modestin appelle Tt£ptoû£UTxt', i e ' ambu,*nl* avait parmi eux des spécialistes charlatans ' y

dentaux foires el aux fêtes eu promettant de ll’T maux de dents, les maux des yeux ou de la rat» , s elle coryza " . En voyage, le médecin se mu„iSSilii ÏS** ...ents Plus légers que ceux dont il se serval, à *£$ il emportait aussi des médicaments simples, tels i[uè

1 ACUJNOgAA£|<i,LOCAXApN/e YCjATPOC A I O N YCIQCI ACOWOcAxk PTO NWA £8iO&ijO poyi,ewON£wc 0eOU.NHCTocAICiNVCIOyAXAPfAi£lPH NHC THClACONOCA x\P \OCl PATHA4tCuà£lClOYruYiPf\u.lAAPlCTlOïTHCKApnoAujP

AAfeXiîe

Fig. 4883. — Médecin examinant un malade.

purgatifs et vomitifs12. Les coffrets de pharmacie met lus], dont on a conservé quelques spécimens fig 1,sS‘ ' Dnt peut-être servi, comme les trousses d oculish chirurgiens (fig. 4885), à des médecins ambulants13.

le long sur 0m. 015 de large et 0 m. 05 de haut, contenant une mill< 1 jn ou deux stylets, une spatule, une pince; c’est 1 appareil inî,lM,"‘ 1 jjes^ I u’ Hippocrate recommandait à ses disciples en voyage (Deneffe, % cDjrlirgie l remarquer qu’il n’entre ni ivoire, ni bois, ni écaille dans les inslium» rPVenu® nciens, qui sont entièrement métalliques; c’estune pratique à I1 ^ trlllîîenls de le nos jours la médecine aseptique et antiseptique (cl. la liste ( ^ ^ Deneffe, 0p- | hirurgie connus, réunis en originaux ou on copies au Musée do aIK j avec

. p. 10, et Hamonic , La chirurgie et la médecine d autrefois, an ^ ^ ^ ^ . autre de

nstruments, venu d’Italie, au Musée de Bruxelles (Uenelîo, Op. P ^ jf0j9 sondes >ompéi (Ibid. pl. u, 2); autre de Brigantium, contenant une spa ^ 18g0 par Brunner, Op. I. p. 43, 57). Trousse très complète décomeih a ^ p;||r conlenait ’oulouzedans un vase de bronze, décrite et figurée pai Donc ^ bolled®

ine pierre à aiguiser en marbre blanc, une amulette (•) t n 0 ftVeC pestes dp

ronze argentée, avec couvercle, pour onguents, cinq tubes à 0,1p^' l|ÏSUfflatrice, u»e ollyrcs, deux boucles destinées à fermer des bandes, une s°n* ^ 0/xtov; rande cuiller où l’on faisait fondre les onguents (icu5c«iov, ^ veotou*j

’ahrb. LI, p. 153), quatre spatules, deux stylets, huit pinces, ^ ^ ^ four*

du en connaît treize d’Herculamim et de Pompéi, une de ai (Vamur, de Saiul'

hette à trois dents. D’autres trousses sont conservées aux Mil ' ^ ^ 48)*

lermain, d*i Puy, dans la collection Hamonic à Paris (Hamom

MED

MED

.(|e(,in Ridant dans une ville avait toujours un | Le "",1,, consultation, mais souvent aussi une installa- ^""iMsru'inplète qui comprenait les éléments suivants : ll0n|! médecin, de sa famille, de ses auxiliaires

i0i.i deniGui'- uu 114 7 .

„in,K • 9° un laboratoire de pharmacie ; 3° une

eide ses esclaves,

Fig. 4881. — Coffret de pharmacie 1.

Saiie d’opérations ; 4° une salle de consultation 2 ; 5° une ou plusieurs chambres pour recevoir des malades et les hospitaliser avant ou après une opération, ou pendant le cours d’une maladie et le début de la convalescence3. L’ensemble de cette installation constituait l’officine du médecin, tarpeiov, r^TpiT), (taxpixov) èpyaaT- Tjpiov, taberna medica, medicina6. Les iatreia étaient tantôt la propriété des villes et dirigés par le médecin public, tantôt celle de médecins qui exerçaient pour leur compte. L’institution en était fort ancienne ; il y avait sans doute des iatreia publics antérieurement à Hippocrate, car on ne peut imaginer qu’une ville ait appelé un médecin si elle n’avait pu lui fournir un local approprié avec les appareils nécessaires. Toutefois, il n’y avait pas de iatreia partout, sans quoi Hippocrate, décrivant les malades de l’île de Tliasos, n’aurait pas indiqué si exactement le domicile personnel de chacun B.

L 'iatreion public devait être installé dans une maison de grande dimension, percée de larges ouvertures qui laissaient passer à flots l’air et la lumière, mais protégée contre le vent et le soleil, qui fatigue les yeux des malades 7. La salle d opérations était pourvue de toute espèce d’instru- MfnU (opyava), appareils fixes (tels que le banc d’Hipporralc pour réduire les luxations, sièges, baignoires, vasi!S’ l)assins, couteaux, bistouris, ventouses, cautères, aCd seringues, sondes pour les oreilles, arrache- Cnls’ lri"Pans, outils pour couper la luette, bandes, compi esses, coffrets à onguents, etc. Les instruments

fig. 4885. Trousse Je chirurgien

devaient tous être en bronze, les serviettes et les éponges parfaitement propres et molles au toucher, l'eau à boire d’une pureté irréprochable9. Les médicaments simples ou composés se préparaient dans la pharmacie attenante : les aides du médecin les vendaient pour être emportés ou les administraient sur place10. Un homme frappé d’un mal subit pouvait se faire porter dans l’officine du médecin public11. Il est possible que les malades pauvres y fussent nourris gratuitement; mais il ne faut pas alléguer à cet effet, comme l’a fait le Dr Vercoutre* l’histoire du philosophe Bion, qui, arrivé malade à Chalcis, y souffrit beaucoup « par suite de l’indigence des médecins hospitaliers » (à7uopt'a twv vo'Toxogo'jvTüiv) 12. Ces derniers mots, comme l’a reconnu le Dr Dechambre, signifient simplement « à cause du manque d’infirmiers » ; la triste situation de Bion prit fin lorsque Antigone lui envoya deux serviteurs. Les esclaves malades étaient soignés dans les officines parles esclaves du médecin u. Ajoutons que les iatreia , comme les boutiques des barbiers, étaient des lieux de réunion pour les oisifs, qui venaient y échanger leurs impressions sur les événements du jour 1S.

Ainsi, comme l’a établi en 1880 le Dr Vercoutre, les iatreia étaient de véritables hôpitaux publics ou privés, comparables, du moins par leur destination, à nos établissements modernes. Un passage malheureusement isolé du poète comique Cratès (vers 430 av. J.-C.) mentionne une espèce de maison de santé sous l'invocation de Paeon, le médecin des dieux, qui était appelée Paeonion et située près de la mer10 ; ce devait être, suivant la conjecture du Dr Daremberg, un sanatorium laïque1', à la différence des habitations pour les malades qui s'élevaient auprès des Asclépieia (incubatio) 18.

Épictète compare l’école de philosophie à un iatreion où les hommes entrent malades, l'un avec une épaule luxée, l'autre souffrant d’un aposlème, tel autre d'une fistule, d’une migraine, etc.19. Décrire les opérations qui s'effectuaient dans Y iatreion d’un médecin grec serait écrire un traité de chirurgie antique et sortir des limites prescrites à cet article. Mais nous croyons devoir appeler l’attention sur toute une série de miniatures très intéressantes qui figurent dans un manuscrit florentin d’Apollonius de Citium (commentaire du traité TteptipOpwv

paw. |p ’ l1' Mayence. I couvé dans le Rhin. Sur le couvercle extérieur est

romain \n,, "l '* l scu'aPe (Deneffe, Étude sur la trousse d'un chirurgien galtobicn nue f0|.|aj 1 ' P*' u> A- — 2 Xen. Hist. Graec. II, 1,3. — 3 II faut

car une fraclur ' mil*aaie8 aO'ieuses aient été traitées à demeure dans Y iatreion, Jts malades D exemH8’ ne permet pas le transport quotidien ou biquotidien Étude sur )a ' 4 Au Musée de Bruxelles. Provenant d'Italie (DenelTc,

— 0 fiant Am'i‘>‘SSe ^ Un chirurgien gallo-romain, Anvers, 1893, pl. il, 1). tl, 2, n; *’ 0 ( Perreptavi ... in medicinis, in tonstrinis) ; ld. Epid.

~ " Hippocr " ( U ** A 1- — 5 Herzog, ICoische Forsch. p. 207. *Vll|, 2, 629. L XY (LiUré’ l- III) Ct ittfl tïiTjoï (Littré, t. IX); Galen.

I*C8 'uxalious v ' . r ‘°./lanc un appareil pour la réduction des fractures et ' Hippocrate de Littré, t. 111, p. 463 ; t. IV, p. 385; Apollonius

do Citium, éd. Schoene, pl. xxiv (miniature byzantine représentant le banc d'Hippocrate). — 9 Hippocr. ub. sup Poil. X, 46; Luc. Adr. indoct. 29. — 10 Hippocr. II, 665; Plat. I)e leg. I, 647 (et; tôt. tcrroeTa {iaSt^ovra; Itct çaçjj.axo7:o<Tta). — Il Arist. Acharn. 1222; cf. Plaut. Mon. V, 5, 45. — 12 Diog. Laert. IV, 7; Dechambre, Gazette hebdomadaire de médecine , 1880. — 13 Relief d'uu sarcophage conservé à Rome, Bôm. Mittheil. 1900. p. 171. Le médecin lit un rouleau ; devant lui est une armoire ouverte avec des manuscrits roulés, sur laquelle est posée une boite contenant des instruments de chirurgie. — it Plat. De leg. IV, 720. — 15 Aesch. I, 41, p. 67; Aelian. Var. Hist. 111, 7. — 16 Meineke, Fragm. comic. p. 81. Le sens de ce passage est d'ailleurs très douteux. — 17 Ber. arch. 1868, 11, p. 354; 1880, I, p. 348. — '8 Cf. Herzog, ICoische Forsch. p. 206. — P* Epict. Diss. III, 23, 30.

MED

MED

d'Hippocrate)1. Ce manuscrit appartient au \u siècle; il n’est cependant pas douteux que les miniatures, représentant des opérations sur des membres démis, c'est-àdire la remise de luxations, ne dérivent d’images beaucoup plus anciennes (n* siècle ap. J.-C.?), ne fùl-cequ’à

, cause de la nudité des malades et souvent aussi des médecins, qui est contraire aux habitudes de l'art byzantin. Malheureusement, ce ne sont pas des copies directes et les originaux paraissent avoir subi de singulières déformations aux mains de leurs copistes successifs. Les quatre miniatures que nous reproduisons (fig. 4887 à -4890) 2 représentent : 1° la remise d’une épaule luxée, Ép.60 X-q

togou b oii tou xaTtüjj.tÇov'ro; Fig. 4SS7. — Opération saus appareil. (SC. TfÔ7roç). L’opérateur a

introduit son épaule gauche dans 1 aisselle gauche du patient et saisi le bras luxé avec les deux mains, tandis qu’un auxiliaire opère une extension en sens contraire (fig. 4887) ; 2° la remise d une épaule luxée a 1 aide d’une coulisse de bois, èy.ëoX-t] wgo'j 7] S'.i ttjÇ aaê-rg. L'opéré est suspendu par l’aisselle aune barre horizontale; le médecin exerce Une traction sur le bras gauche, auquel est fixée une coulisse de bois : un auxiliaire tire les pieds du patient pour opérer une extension en senscontraire (fig. 4888);

3° la remise des vertèbres à l’aide d’une échelle, Iuo&àt; ffTtovBéXwv 7) 0:7. TYp x).:uax g; £~:

xe&aXŸjv ytvojx.evT, . Opération très hardie dont l'explication technique doit être réservée aux hommes de l’art. L’échelle, sur laquelle est fixée le malade, est successivement élevée et abaissée, au moyen d'une poulie, par le médecin et son auxiliaire

fig. 4890) ; 4° la remise des vertèbres au moyen des pieds du médecin et du cabestan, (TTÏOVOÛXOJV 7] 017.

T7|ç 7TT£pv7|ç xou lotTpou xod tcov ovhrxoov yivogsvYj. Le malade est attaché sur une planche; tandis que deux aides manœuvrent un appareil destiné à produire des extensions dans les deux sens, le médecin exerce avec ses pieds une pression sur la partie démise (fig. 4889). Chacune de

ces miniatures comporterait une étude an™ » n’est pas de notre compétence. ' 0 qui

A Rome, tout service hospitalier fit longiemn, w en temps de guerre ou de calamité, il fallail . ul;

particuliers à recevoir les malades dans 'le. U ‘nV‘U!r les

CU1 h maisons 1

Fig. 4880. — Opération sur une planche

Fig. 4888. — Opération sur une barre horizontale.

La première officine publique fut la boutique achetée aux frais de l’État ( em.pl a publiée taberna) que le Sénat romain, au dire de Pline, mit en 220 à la disposition du médecin grec Archagathos L L’insuccès de celte tentative fut peut-être due à la jalousie des médecins privés'. En l’absence d’institutions publiques *, les médecins romains devaient prendre en pension des malades. Un

esclave d’Hadrien, qui avait voulu tuer son maître, fut reconnu pour fou ( furiusus ) et remis par l’empereur aux médecins (medicis curnndum dédit)1 ; c'est donc que ceux-ci acceptaient de soigner des aliénés chez eux.

[1 est remarquable

que la loi de 368' sur les médecins publics, dont il sera question plus loin, ne dise rien de l’officine médicale.

Peut-être eut-elle pour ésultat, comme l’a pense

le DrVercoutre, de hâter

parla l’établissement des hôpitaux, dus a 1 charitable des chrétiens. Le premier (CIU^ ' (i|t 372 -ne auberge pour voyageurs et Pèle^in*] ^ (‘ con.

I (jriisaleffl lit est tics

àCésarée, grâce aux efforts de saint Basil' struisit ensuite à Amasie, à Constantinople, à et cel

u i o 1 1 ensuite a nuiaoicj «a ^ (jj^ g

ailleurs. Le premier voffoxousîov proprmiu"

ui crue fit bâtir Fabiola en 3803 ; elle y 111

Apollonius von Kilium, lllustrierter Kommentar zu der liippohrateischen Schrift «mi a&0oo»y, heransgegeben von 'H. Schône, Liepzig 1896, - 2 Ibid. pl. iv, vu, xvi, xviii. — 3 Liv. 11,47; cf. Rev. arc h. 1880, p. 353.

4 PJin Rat. Eist. XXIX, 13. — 5 Rev. arch. 1880, I, p. 330. Une maison de médecin, composée de plusieurs chambres dont Tune renfermait des instruments de chirurgie (chiuurgià), a été découverte au xvin0 siècle a Pompéi (Mau-Kelsey, Pompei , p. 274). On en connaît une autre de Brcgenz,’ où 'l’on

aussi recueilli une Irousse de chirurgien (Jenny» Vienne*, 1891, Ae ' — 6

Central-

***j . MitthC^J^ île X»

nmission, Vienne!, 1891, i* fasc.). — 6 C°rs llc 1,1 , DOrti!s di"is ltS

ithéâtre de fidènes (Tac. Ann. IV, Si), les Fless s .illjlol. • Sl’al'|; n’v

Ann. iv, — rhô îilal-

isons particulières ; il n’v avait donc aucune espèce ^ g^cle av. J-*1'’ :dr. 12. — » Basil. Ep. 37 2. - 9 Hicron. Ep. III, 1°. Dès «c * (1,usC|„iiaDn, question d’hôpitaux établis, en Inde, par le roi boudd n ndbuchi ï, 152, 498).

MED

MED

asség ?ur les places publiques (prima nialalles ’^’^eïov instituit, in quo aegrotantcs eollioniniuin ce qui prouve combien le service

fJerel, .^../laissait encore à désirer au îv* siècle dans la

'l0 !, ip /j y monde romain .

|tS grands domaines où l’on employait beaucoup

d'esclaves, il y eut de bonne heure des hôpitaux dits valetudinaria, sous la direction d’un intendant dit supra paletudinarium 2. A Rome, les esclaves malades étaient souvent abandonnés dans l’ile du Tibre, où il y avait un temple d’Esculape ; sans doute leur sort y était digne de pitié, car Claude, voulant imposer aux maîtres l’obligation de soigner leurs esclaves, décréta que ceux qu’on abandonnerait ainsi seraient libres et le resteraient

en cas de guérison ; le maître qui tuerait un esclave malade pour n’avoir pas à le soigner serait poursuivi pour homicide3. Une pareille loi en dit long sur la brutalité

des mœurs romaines même à l’époque de la civilisation la plus brillante. On ne peut considérer comme des hôpitaux les éditîces que le sénateur Antonin (peut-être Anlonin le Pieux) lit construire près du temple d’Esculape à hpidaure4 ; c’étaient des asiles pour les femmes en couches et les mourants, qui ne devaient pas souiller le temple de leur présence. Je ne sais sur quoi l’on s’est fonde pour attribuer à l’empereur Antonin des construcll°ns analogues dans l’île du Tibre 5.

Ah Médecins publics militaires 6. — Nous étudierons les médecins militaires avant les médecins publics odés, parce que les premiers sont incontestablement

les plus anciens. Aucune civilisation, quelque primitive qu’elle fût, n’a pu ignorer les rudiments de la médecine militaire, c’est-à-dire l’art des pansements. Dans 1 Iliade, elle paraît déjà à l’état de science fort avancée, d’où un médecin militaire allemand, Frühlich, a conclu qu’ilomère avait été lui-même médecin d armée '. Diodore dit que Machaon et Podalire se distinguèrent tellement au siège de Troie qu on les dispensa de prendre part aux batailles et qu’on les exempta de toutes les charges publiques8; il est à peine besoin de dire que ce récit evhémériste indique seulement les privilèges des médecins militaires à l’époque ou écrivait Diodore ou l’auteur qu’il a suivi. Les baraquements, xÀiffîat, dont il est question dans Y Iliade'3, paraissent avoir servi aussi de lazarets de campagne; c’est là que les blessés recevaient des soins10. Les auteurs hippocratiques mentionnent plusieurs fois la médecine militaire; 1 un d eux 11 recommande aux chirurgiens de se joindre aux troupes de mercenaires afin d’avoir l’occasion de se perfectionner dans leur art. Au siège de Daton, en 453, il devait y avoir des Asclépiades, car des cas de blessures reçues dans celte campagne sont relatés aux livres \ et \ II des Epidémies. Un Asclépiade, Nebrus de Cos, prit part a la guerre de Crissa, où il se rendit sur une galère à cinquante rames, équipée à ses frais, pourvue de tout ce qu’il (allait pour traiter les malades et pour combattre (v-TjSEi'.x; ve ’iTjTpocàç y. où 'jroXeu.'.xxç) 1 3 . Au moment où Alcibiade allail partir pour la Sicile, Hippocrate désigna son fils Thessalos pour accompagner sans salaire l’expédition ; il reçut en récompense des Athéniens une couronne d or11. A Sparte, l’ordre de bataille prescrivait qu’au moment du combat les compagnons de tente du roi, les devins, les médecins et les joueurs de tlùte se trouvassent réunis en un même lieu, à la disposition du chef militaire14. La sollicitude des médecins s’étendait même aux morts : ils les pansaient et les lavaient avant de les ensevelir, afin qu ils descendissent décemment dans la tombe 15. L’armée perse avait aussi des médecins10, qui soignaient même les captifs blessés11; on se préoccupait des blessés qu on ne pouvait emmener, et Xerxès laissa nombre de soldais malades dans les villes qu il traversa dans sa retraite, en les recommandant à la sollicitude des magistrats ". Xénophon a donné des détails sur la médecine militaire en racontant l’expédition des Dix Mille. Us avaient des médecins pour soigner les blessés après la bataille1'1, les transportaient à la suite des hommes valides, retardaient parfois leur marche par égard pour eux 20 et les logaienl, dès qu’ils pouvaient, dans des villes amies'21. Les ambulances privées installées dans les villes grecques recevaient aussi les blessés ennemis22. Un chef des Dix Mille, Cheirisophos, mourut d’un fébrifuge administré a contrc-

en pai-liruii C0,llre' n,'cA. 1880, I, p. 300. Sur les soins donnés aux malades, 'oir J ' i „ i ' * *esd*aep®s et les veuves, dans les premiers lempsdu christianisme, t/Iegc r h ®8 Stl- : c^- Uaeser, Gesch. christlicher Krankenllucldclitlr'i' r" P’ Des édifices hospitaliers , Paris, 1893 ; E. Dietrich,

II, 3 • Col ' J lltw‘c,cl,lny der Krankenp/leye, Berlin, 1898. — 2 Cat. De re rust. Tic. Mai >1 r " rust’ 1; XIII, 3; Sen. De Ira, I, 10; Quaest. nat. 1 praef. ; mus supra i , / 111 ‘llscr*Pt‘°n [Bull, communale, 1887, p. 201) mentionne un Alchi- Pauly-Wisso^ Lll"Untt Tium- ~ 3 Suet. Claud. 25 ; cf. Thraemer, art. askiepios dans Biun, Gesch il lj " I'aus' U, 27 ; cf. la note de Frazcr, p. 257. — ■> Pusch- «pu d Qr 4 ’"edicin. Unterrichts, p. 95. — o Kiilin, De medieorum militum 1809, |,p. a,* .' p an0SΓe c™dicione, 8 progr. Leipzig, 1821-1827 (cf. lier, arcli. 4i«, GroniugyJ | ( f 'i'lovcn> De Machaone et Podalirio primis medicis militari- '860 ; Pétreuuin / ' *!riau' serV‘ce de santé militaire chez les Romains, Paris, Ueber ^ ! [ ansPort des blessés chez les anciens, Anvers, 1872 ; Frfihlich,

l/schii urgiç dcr aifen /lijaier, in Archiv filr lelin. Chirurgie,

1. XXV (1880), p. 285 ; Molliérc, De l'assistance aux blessés avant l'organisation des armées permanentes, in Lyon médical, 1888 ; Corlicu, La méd. milit. dans l'antiquité, in Itev. scient. 1892, n° 20 ; Marcuse, Das Sanitâtsicesen in den Heeren der Alt en, Munich, 1899; Puschmann, Gesch. des medic. Unterrichts, p. 58 sq.

Un empirique, Héraclide de Tarante, avait écrit un livre inlilulé (Gale».

Xlll, 725), qui est peut-être le premier ouvrage relatif à la médecine militaire (Spcengel-Rosenbaum, p. 587). — 7 Frfihlich, Die Alilitàrmedicin Homers, Stuttgart, 1879. — 8 Diod.Sic. IV, 71. — 9 Hom. II. XVI, 25S ; XXIV, 419, etc. — 10 Frfih- m lich, Baracken im trojanisclien Krieye, in Virchow's Archiv fürpathol. Anatomie,

I LXXI, p. 509 (1877); cf. Bursian’s Jahresb. 1879, 111, p. 228. — U Hippocr. IX,

218, 12 Hippocr. IX, 407. — 18 Ibid. IX, 423. -• H Xen. Resp. Laced. 13.

15 Eurip. Troad. 1152, 1232; Phoeniss. 1603 et le Scliol. — '6 Xen. Cyrop.

I 6, 12. - » Ibid. 111,2, 12; V, 4, 18. - 1* Herod. VIII, 115. — 19 Xen. Anub. 111, 4, 30. - 20 Ibid. III, V, 30. — 21 Ibid. V, 5, 4. — 22 Ibid.

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