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temps, preuve qu'il n'y avait pas seulement, des chirurgiens dans l’armée, mais des médecins1.
Les Romains montrèrent longtemps moins d'égards pour leurs troupes en campagne. On racontait, il est vrai, que le prêtre Umbro avait fait office de médecin dans la guerre des Troyens contre les Rutules, guérissant au moyen d'incantations et d’herbes magiques'2 ; qu'Énée blessé avait été soigné par lapis, favori d’Apollon3 ; mais ce sont là des reflets de l’épopée grecque. A l’époque des grandes guerres de Rome en Italie, les soldats pansaient leurs blessures entre eux et se pansaient eux mêmes avec les bandages qui lirent toujours partie de leur équipement4. Denys6 rapporte qu’en 469 les soldats romains refusèrentde se battre contre les Volsques et que beaucoup se mirent des bandages pour simuler des
Fig. 4891. — Médecins militaires soignant des blessés*#.
blessures. Après la journée de Sutrium, en 309, il mourut plus de blessés, faute de soins, qu’il n’était tombé de soldats dans la bataille6. Les blessés transportables étaient évacués sur les derrières \ ou dans le camp8, ou, si les communications le permettaient, sur Rome 3 ou sur les villes alliées10. Polybe, décrivant avec détail le camp romain, ne parle pas d’un endroit réservé au soin des malades. Les seuls médecins étaient, semble-t-il, ceux que les chefs militaires emmenaient à titre privé11.’ Cependant, dans ce domaine, comme partout, l’influence bienfaisante de l’hellénisme se fit sentir; lorsque l’armée romaine devint permanente, elle eut des médecins permanents qui servaient avec rang de légionnaires. Le plus ancien témoignage que nous ayons à ce sujet est celui d’Onésandre, au ier siècle ap. J.-C.; mais il ne parle pas des médecins d’armée comme dune institution récente. On connaît, du temps de Claude, le monument funéraire d'un médecin de la XXIe légion à Vindonissa: c’était un affranchi nommé Claudius Hymnus12. Personne ne trouva mauvais qu’il y eût des chirurgiens sur les champs de bataille ; mais
1 Ibid. VI, 4, H;cf. Jtev. arch. 1863, I, p. 201. — * Virg. Aen. VII, 752.-3 Ibid. XII, 395.-4 Tac. Ann. IV, G3. — 3 Dion. Haï. Ant. Rom. IX, 50. — G Liv. IX, 32. — 7 Dion. Hal. Ant. Rom. VIII, 05; Liv. XXX, 34. — 8 Liv. VIII, 3G; X, 35. — 9 Liv. Il, 17. — 10 Liv. XXII, 54; XXVII, 2; XL, 33. — H Polyb. VI, 27. II est question de Marus médecin de Scrranus à la bataille de Trasimène, de Cléanlhe médecin de Caton d’Utique, de Glycon médecin de Vibius Pansa, etc.
• (Sil. Punie. VI, 90; Plut. Cat. min. 70;Suet. Oct. 11; Cic. ad R rut. G; Tac. Ann . I, 10). — !2Brunner, Die Spuren der rôm. Aertze auf dem Boden der Schweiz , p. 20. — 13 Onesand. Strategie. I, 13, 14 (éd. Teubner, p. 5); Veg. De re milit. III, 2. — *4 Au dire de Végèce [De remit. II. 2, 3), c’est au chef d’armée, et non au médecin, qu’il appartient a’interdire aux soldats l’emploi des eaux marécageuses comme boisson. — 15 Mommsen, Eph. epigr. IV, 530; Cichorius, ap. Pauly- Wissowa, I, 1227 ; IV, 23G. C’est par erreur que Briau et d’autres écrivains comptent quatre médecins par cohorte et vingt et un par légion. Dans les armées
le service de santé en temps de paix fui iv. • tiques dont Onésandre eL Végèce nous ,1 Tl ^ Cri'
1 écho. On alléguait que la parole du chef él ■ , mis que les médicaments, que les exercir P US Ulile ' entretenaient la santé des hommes médecins 13. Quoi qu’il en soit, le service de s J?6.1®* ganisa et devint une institution régulière Sor' da,H cesser d'être subordonnée au 1 époque impériale, les médecins militaires ,««/• ' A
narü, medici legionis (probablement un par 'ai" ^ cohorte) 1 s passaient la visite des malades dans lj u i les y traitaient quand la maladie était légère16 et i les cas graves, les faisaient porter au valetudinaril (hôpital); ils accompagnaient les légionnaires1' dans 1 manœuvres, les marches et les expéditions militaire^ sur la colonne Trajane (fig. 4891), ils ne se distinguent des soldats ni parle costume ni par l’armement Aurélien étant tribun, dut interdire aux médecins, comme aux haruspices, de se faire donner de l’argent parles hommes: c’est donc que cet abus existait au m° siècle18.
Dès l’époque de Cicéron, il y avait dans les camps des lentes spéciales pour les malades20. Chaque camp de légion possédait un hôpital, silué à gauche do. la porte prétorienne, dans un endroit isolé et tranquille21; la surveillance et l’administration incombaient à un officier hors cadres, optio valetudinaril 22. Les malades étaient soignés par des infirmiers 23 et le service médical dirigé par un medicus castrensis ou castrorum , supérieur aux médecins légionnaires24. Les médecins, les malades et les dépenses qui les concernaient relevaient du praefectus castrorum 28.
Les historiens romains du temps de l’Empire ont souvent loué la sollicitude des chefs d’armée à l’égard des blessés et des malades. Tibère, à une époque ou le service de santé n’était pas organisé encore, mettait sa voiture, sa litière, ses médecins, sa cuisine, même son appareil de bain portatif à la disposition de tous ceux qui en avaient
^besoin (il s’agit sans douLe des officiers seulement Germanicus visitait les blessés, leur distribuait des encouragements et des secours27. Trajan, plus généreux encore, se dépouilla un jour de ses propres vêtements pour faire des bandages desLinés aux pansements28. Hadrien allait trouver les soldats malades dans leurs cantonnements (in hospitiis) 29. Alexandre Sévère faisait de même lu tournée des lentes où reposaient les blessés (per tentoi un, il leur procurait des chariots suspendus (carpenln I " ,UI suivre l’armée et, quand ils étaient très malu<k>, plaçait chez des particuliers qui recevaient une iiu |Iinl pour les soigner, soit qu’ils guérissent, soit qu il.-' 111 eussent30. Lorsque Valentinien eut une ntlaqm ,ll plexie sur les bords du Danube, en 375, on mil à trouver un médecin, parce que le prince, uniqu
actuelles, il y a environ un médefcin pour mille hommes t^01'1^’ Goth.
29 oct. 1892). — 10 Plin. Paneg. 13; Lamprid. Alex. Se v. 4- ; 'm" . Colltn„e II, p. 153. — *7 Cagnat, Armée romaine d Afrique , p. — *>■ amprid Ak*'
Trajane , pl. lxv. — 19 Vopisc. Aurel. 7. — 20 Lie. T use. IL 1'* * c , gran)bacl>, Sev.il. — 21 Dig. L, #, 7; Vegct. U, 10; Hygin- De munit, w ^ ,cj Corp. inscr. Rh. 4G2. Le témoignage de Hygin est h plu -euer f^r schtoeiSi-, restes d’un lazaret militaire romain à Baden (Suisse), c. n J Zurich, 18®®* A Iterthumskunde. 1895, n»2; E. Rose, Ein rômisches Mihtursp - L> C.
— 22 Corp. inscr. lat. VIII, 2553, 2563; IX, 1617, Brani >• et Diss*1^'
— 23 Dig. L, 6, 7. — 21 Annali dell’ Instit. 1885, p. 230, .8 ■ ^ ;s v’cgel. Inscr. de Lyon, 1,437; Cagnat, Armée rom. d'Afrique, P- ( ' 28 plin.
De re milit. II, 10. — 26 Vell. Pat. II, H4. - 2 Jac‘ 30 bainprl(^
Paneg. 13; Dio Cass. LXVItl, 8. - 29 Spart, ffadr.
Sev. 40.
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, de ses troupes, les avait tous envoyés au loin préoccupe at a Toutefois, le soin que prennent les auprès «1( * * • na]er ces marques d’humanité à la guerre historiens üc. ^ ^ dureté et l’indifférence pour les
Pr0uve encore dans les mœurs ; j’ajoute que je ne
blessés etaK témoignage romain touchant les soins
Lnnaispas un s aux blessés de l’armée ennemie,
donnes pai ^ ion davantage d’ambulanciers chargés
11 n'eS lq r ■ les blessés pendant la bataille et de les sousde reçue, n souffranCes. Pour trouver mention
lr aireains' 1 voiante, il faut descendre jusqu’au d’unCJ" époque où l’empereur Maurice (582-602) orga- VI ,in noms de cavaliers appelés oxp^uv.; ou oettotcctci Tultali) qui étaient chargés d’emporter les blessés et Tflcpvaient une prime pour chaque soldat qu’ils sauvaient 1 éon le Philosophe (886-911) augmenta le nombre cavaliers qui, pour procurer un soulagement immédiat aux blessés, étaient munis de bouteilles d eau-.
Un médecin militaire pouvait, à l’occasion, donner ses soins à des civils3. Son temps de service accompli, il devenait parfois médecin civil, à titre privé ou public4. Une inscription fait connaître un médecin public, salamrius civitatis splendidissùnae Ferentinensium, qui avait été auparavant médecin militaire des ailes Indiana et Ter.tia Asturum \ Un médecin de légion, Kallimorphos, raillé par Lucien, écrivit le récit des campagnes auxquelles il avait pris part6. En général, les médecins militaires ne paraissent pas avoir joui d’un grand crédit. Galien, tout en décernant des éloges à l’un d’eux, nommé Antigonos, reproche leur ignorance en anatomie ù ceux qui suivirent Marc-Aurèle dans sa campagne contre les Marcomans ' .
Il y avait également des médecins de la marine. Dans les inscriptions romaines, ils sont souvent appelés duplicarii (soldats touchant double ration ou double solde) et leur nom est accompagné de celui de leur navire, preuve qu’ils étaienL attachés à tel ou tel bâtiment3. Galien mentionne un» oculiste attaché à la flotte de Bretagne (ôüjto; ôOaAgocbç cxoAou [îpsTTavtxou) 9. Une inscription de Bouyoukdéré a conservé la nomenclature de l’état-major et de l’équipage d’une tétrère de Cos commandée par Q. Terentius Varron 10 : le médecin y est nommé à la suite des officiers, immédiatement avant les matelots (ÈTuSaxat) , ce qui donne à penser que dans la marine, comme dans l’armée romaine, les médecins étaient loin de jouir de la considération et des honneurs quon leur accorde aujourd’hui dans ces milieux.
Médecins de cour. — Les médecins privés des pnnees ont joué un rôle important auprès des monarques achéménides et macédoniens, comme auprès des successeurs d Alexandre et des empereurs. Représentants 1 la science hellénique, ils ont contribué à lui faire trou ut crédit et à répandre ses enseignements.
Jusque vers 515 av. J.-C., les Achéménides demanm n 1 ^es médecins à l’Égypte : Cyrus avait appelé un
», i !)an- 6.-2 Maurit. Ars milit. II, 8; Leon. Tact. IV, 15, 6
52, 1 q n 1 « • ’ ^ médecin eslappelé taxçbç toj cTpaTonéSou. — Cod.Just. .
Xlll, 604 6 Luc. Quom. hist. conscrib. 10. — ^ Galon. XII, 55’
Orellj 3640 s ^ trrcr0’ ^ or^namento delle armate romane, Turin, 1878, p. 50, 0
Praef q[ |x U\ '°S ,tu^ecins de la marine à l’époque byzantine, voir Paul d'Egin
— 9 Galcn \„ ->< h’ *n byzantinischer Zeit, in Janus , 1902, p. 1
rei/,. iggg * , ’ Magnat, Armée rom. d'Afrique , p. 184. — 10 Oesterr. J a
— 13 U |V,P’ ? ’ ^ev-a>'ch. 1898, II,443,noll9.-ll Herod. 111,1.-12 Id. 111, 12 ,u* m, 1 25. < 0
P- 38 (éd J [, ’ ““ f Soranus,ap. Gai en. éd. Külin, III, 851; cf. Hippoc
*•<). iu Clinton, Fast. I/ellen. II, 222. — 10 Héliod. Aethio
oculiste de ce pays" ; Darius était entouré de médecins égyptiens1-. Mais ceux-ci ayant été impuissants à le guérir d’une fracture, Darius s adressa a Democédès de Crotone, dont l’histoire, contée par Hérodote1 , est des plus instructives. Démocédès s’était établi comme médecin public à Égine, où il recevait un traitement annuel d’un talent; il se rendit ensuite, dans la même qualité, à Athènes, où il toucha cent mines, puis, 1 annee d’après, ù Samos, où Polycrate 1 attira par un salaire de deux talents. Fait prisonnier avec Polycrate par le gouverneur perse de Sardes, en 522, il fut amené ca.pt i 1 a la cour de Darius à Suse. Là, il se rendit célèbre par la guérison de la blessure de Darius et d une tumeur qu’Atossa avait au sein. Quand il réussit a quitter la Perse et à retourner à Crotone, les Perses envoyèrent une ambassade qui tenta vainement de le ramener.
Le grand Hippocrate fut, dit-on, appelé auprès de Peidiccas II, fils d’Alexandre roi de Macédoine, et le guérit d’une maladie de langueur causée par la passion de ce jeune homme pour la concubine de son père, Pliila . Cette histoire est suspecte, d’abord à cause des difficultés chronologiques qu’elle soulève lo, puis parce quelle a été relatée aussi, avec quelques variantes, d Érasistrale et d’Avicenne ; elle se retrouve dans le roman d Héliodore et les lettres amoureuses d’Aristénète 17 ; Galien raconte, à son tour, qu’il lui arriva une aventure analogue
Artaxerxès IV Longuemain (465-425) invita vainement Hippocrate à venir à sa cour; le médecin grec refusa, alléguant ses devoirs envers sa patrie19. Ae pouvant s’assurer les services d Hippocrate, le grand roi s adressa
à un autre Asclépiade, Apollonidès de Cos. Ce dernier guérit Mégabyze, beau-frère du roi, d une blessure dangereuse, mais devint 1 amant de la femme de Mégabyze, Amytis. L’intrigue ayant été découverte, Apollonidès fut abandonné à la cruelle vengeance d’Amestris, mère d’Artaxercès20. Le fils d’Hippocrate, Thessalos, fut le médecin d’Archélaos de Macédoine (-413-399) -1.
Au ivc siècle, les princes asiatiques choisirent leurs médecins parmi les Àsclépiades22. Dexippe, élève d Hippocrate, guérit les fils d’Hekatomnos (.185-37 / ), Maussollos et Pixodoros23. Le célèbre Ctésias deCnide-*, Asclépiade, fut le médecin d’ Artaxerxès II Mnémon et le soigna d'une blessure de javelot reçue à ta bataille de Cunaxa (401 ,
Critobule traita Philippe de Macédoine, blessé à l’œil au siège de Méthone, en 353. Critodème, Asclépiade de Cos, fut le médecin d’Alexandre après sa blessure en Inde23; le roi reçut également les soins de Philippe d’Acarnanie et de Glaucias -1’. Hippocrate IA lut le médecin de Roxane, femme d’Alexandre ; c’est par erreur que Suidas l’a confondu avec un autre Asclépiade, Dracon III27. Le roi d’Épire, Pyrrhus, eut pour médecin Nicias de Soli (aussi nommé Cinéas?)28. Le savant Érasistrale; médecin de Seleucus Nicator, roi de Syrie, découvrit la cause de la maladie d’Antiochus, le
IV, 7. — 17 Arist. Ep. I, 13. — '8 Galen. XIV, 630. — >3 llippocr. IX, 317. Tous les textes concernant cette affaire sont apocryphes. — 20 Ctcsias, De Reb. Pers. 30, 42. — 21 Galen. XV, 12. — 22 Cf. Heriog, Koitche Forsch. p. 201.
2:1 Suid. s. y. ; Judeich, Kleinasiat. Stud. p. 234. — 2V Slrab. XIV, 050; Dio<l.
Sic II 32; Xcn. Anab. 1, 8 , 27. — 23 plin. Nat. Bist. VU, 124; Arrian. Anab.
VI a, I . 20 Philippe le sauva après son bain dans le Cydnus, Diod. XVII, 31 ;
Arr. Anab. Il, 4, 8. Sur Glaucias, Arr. Anab. VII, 14, 4. — 27 Suid. s. v. * I — — ov &«tïi ; tOapTo; et A pà»u-,. — 28 Le nom de Cinèas médecin es! seulement dans Aolian. Var. liisl. XII, 33. Le médecin de Pyrrhus est nommé Nicias dans Gcll. III, 8 ; Zonar. Ann. p. 48.
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fils aîné du roi, qui était amoureux de sa belle-mère, Stratonice*. Andréas de Caryste, médecin de PLolémée Philopator, l'accompagna à la guerre et fut tué, en "217, peu avant la bataille de Raphia -. Citons encore Métrodore, médecin d’Antiochus Ier de Syrie (280-261) et Euphorbe, médecin de Juba II1.
On croyait autrefois que le titre d’archjâtre [arcuiatrus] datait de l’époque romaine impériale et qu'il avait été porté d'abord par Andromaque, médecin de Néron4. Celte opinion s’est trouvée contredite par une inscription du 11e siècle av. J.-C.5, où un certain Cratère est dit àpytxTo&ç du roi Anliochus. Une autre inscription de Delos, que j ai publiée en 1883 b, prouve définitivement que le litre d archiàtre existait dans les cours des successeurs d’Alexandre et que c’est des cours des Ptolémées et des Séleucides qu'il a passé, comme tant d’autres institutions, à celle des Césars h L’archiatrie étant essentiellement un poste de confiance, il n’est pas surprenant que son titulaire ait été revêtu en même temps d’autres dignités. Dans une inscription de Délos8, il est question d'un Grec d’Alexandrie qui cumule les titres de chef des •médecins (stù tÆv laxpwv, sans doute équivalent à *?/iaxP°’)v de parent (cuYy£V''i?) du roi Ptolémée, d’exégète et de directeur du Musée. Dans un papyrus de Turin9, un certain Tatas, nommé médecin royal, (l'xo'tX'.xôç iaxpoç, est chargé de notifier un ordre émanant du souverain, d où Peyron a conclu avec raison que le fonctionnaire revêtu de ce titre exerçait des fonctions analogues à celles de secrétaire d’Ëtat. Du reste, il est identique à l’àpy tVpoçdont parle Aristeas, espèce de grand chambellan qui donna des ordres pour loger et entretenir les soixantedix interprètes chargés de traduire la Bible en grec10.
A Rome, nous trouvons d'abord M. Artorius Asclepiades, honoré par plusieurs villes grecques, qui sauva la vie d'Octave en 42, lors de sa campagne contre Brutus et Cassius; il mourut dans un naufrage, peu après Actium11. Auguste eut ensuite pour médecin l’affranchi Antonius Musa, frère d’Euphorbe, qui était médecin du roi Juba II. Il guérit l’empereur en 23 av. J.-C. par des bains froids et reçut du Sénat, en récompense, une somme considérable, l’anneau d’or et une statue élevée près de celle d'Esculape 12. Eudème, ami et médecin de Livie, femme de Drusus César, (ils de Tibère, aida à empoisonner Drusus, de complicité avec Livie, en l’an 23 ap. J.-C.13 Le plus remarquable de ces médecins impériaux fut Xénophon, Asclépiade de Cos. Son frère aîné s’était établi médecin à Rome, y avait reçu le droit de cité sous le nom de Q. Stertinius et gagné des sommes considérables14. Caligula obtint qu’il renonçât à sa clientèle pour devenir médecin impérial. Il appela alors à la cour son frère Xénophon qui, sous le nom de C. Stertinius, devint le médecin de l’empereur Claude. Quintus et son
1 Appian. De Reb. Syr. 59 ; Galen. XIV, G30 ; Julian. Misop. 347 ; Luc. De dea Syr. 17; FMin. Nat. Hist. XXIX, 3; Plut. Demetr. 38. — 2 Polyb. V, SI. — 3 Corp. nsci\ yr. 3596; Plin. Nat. Hist. XXV, 77. — 4 Voir R. Briau, ai l. archiatrus dans 1 c Dict. p. 373. Andromaque Taine est appelé archiàtre de Néron par Galien (XI V, 211 ). Tliemison, élève d’Asdépiades de Prusc et fondateur de l'école méthodique, est qualifié d’àpyia-sô; par le Scol. de Ju vénal, X, 221. — Délos, Bull, de corr. helL l\, 218. — 6 Ibid. VII, 359 (Papias d'Amisos, archiàtre de Mithridate). — 7 L’archiatrie est sans doute d’origine égyptienne, car il est question de médecins en chef du roi depuis la v® dynastie (Puschmann, Handbuch, t. I, p. Gl, 103). La profession médicale était donc déjà hiérarchisée. — 3 Ibid. III, 470. — 9 Peyron, Fapyri graeciy I82C. — 10 Bull, de coït. hell. VII, 360; Lelronne, Jourrr. des Sav. 1828, 105. — 11 Plut. Brut. 41; Vcll. Pat. II, 70; Boeckh, ad Corp. iriser, yr. 3285 (il est honoré par le sénat et le peuple de Smyrne icoXu(AaO(a; yà$> tv, en qualité de ôeoü KaiVaç’Oç a<rr'v7 ta-rjôç) ; Ibid. 2283; Corp . inscr. att . III, 570. — 12 Rio
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Irore, arrivés ù l’opulence, construisirent , monuments ù Naples, où ils possédaient Z, t bea“* villas. Quintus mourut sans héritier Y ,loul« «les
chevalier, accompagna Claude e» aT„’Z lll>phon dev
es
m 43 en Br i " vJevinl
tnbunus militum et praefectus fabrunT C°lnm*
1 occasion du triomphe britanniqueen 44 d , , reçul- 4 honorifiques, côrona aurea et hasta min, t ' 'Sl"lclion!i sur le faible esprit de Claude, Xé„„phon ' de cite pour son oncle Philinos, son frira ri dro,t sa belle-sœur Phcebé; les deux hommes ïeT'l nommés tribuns militaires. D'ailleurs il n„ ! fü®1 pas lui-même : Claude appréciait ses conmi!^ ‘“l littéraires et le nomma secrétaire pour les affaires 2? ques. 11 n oubliait pas non plus sa patrie et s’ I d assurer à l'ile de Cos, par l’intermédiaire de son fZ Cleonyme, les bienfaits de la munificence i.npérialJ Ainsi, en »3, les Coens reçurent Y immunité1* \ pleins* dèl gratitude pour Xénophon, ils lui consacrèrent des • dédicacés où .1 est appelé <piXdx«rop, ftWaéSicç, SacToç, etc. Xénophon possédait à Rome, sur le Caelius une maison dont on a retrouvé des traces16. Médecin à la fois de Claude et d’Agrippine (à^co-Tpi? T<ùv (km us SatûTfnv), il contribua, de concert avec l’impératrice, à faire disparaître l’empereur. En récompense de ce service, il reçut une forte récompense, puis il alla s'établir à Cos, où il joua le rôle de grand bienfaiteur et fut comblé de tous les honneurs publics (àpyispsùç twv 0swv, tspeùç 8tà [i(ou twv SE^aaTaiv, etc.)17. De son vivant même, il fut qualifié de vjpw; dans la dédicace d’une exèdre construite en son honneur18. Il est probable qu’il mourut sans enfants comme son frère; suivant Pline,- il laissa à ses héritiers (sans doute Cléonvme et ses enfants) la somme de trente millions de sesterces l0. Claude avait aussi eu pour médecin Scribonius Largus, qui parait l'avoir accompagné en Bretagne en 43. Scribonius est l’auteur d’un livre de recettes que nous possédons et qui a été utilisé dans l’antiquité même par Sextus Empiricus'20. Un autre médecin .de Tibère et de Claude (tarpoi Kaifffxpcüv) fut Tiberius Claudius Ménécratès, mentionné par Galien21 et qu’une inscription désigne comme un chef d’école, auteur d’un ouvrage important, toi« Xoyixïjç évapyouç ’taTptxîjç xtiott) èv fkëitioiç pvç . Contentons I nous de nommer ici Andromaehos, médecin de .Néron , L. Arruntius Sempronianus Asclepiades, médecin ej Domitien; C. Calpurnius Asclepiades de Pruse, inedecin I de Trajan23. Galien fut appelé en 169 par Marc- A me b et I Lucius Verus pour les accompagner dans une 1
contre les Germains ; mais Verus mourutet Galien I un prétexte pour rester à Rome où il y fut successiumen I le médecin de Marc-Aurèle et du jeune Commodf . I base fut le médecin de Julien pendantsa campagm • I les Perses et se trouvait auprès de lui quand il """"
Cass. UII, 30; Schol. ad llor. Ep. I, 15, 3; Suet. Aug. 59, 81 1 : Schol.
38 ; XXIX, 5. Un autre médecin d'Auguste fut Caius Aemiiius (Pline. . .. ^ ^ p,in ad Hor. Epist. I, 15). — 13 Plin. Nat. Hist. XXIX, S ; Tac. Ann. ^ s,j05; I Nat. Hist. XXIX, 7. - 15 Tac. Ann. XII, Cl. - 16 Corp. inscr ■ ' ' ^ 3i;,. Bu/l. com. 1886, p. 104. — 17 Oittenberger, Sgll. 2, 3GS, ' ; '*01^gi j.’ialli /ter. I
— 18 Paton-IIicks, Cos, 93. - 19 Dubois, Bull. corr. hell. Saiboni‘ I
arch. 1882, I, 203; Herzog, Koische Forsch. 189. 2° U. * ® I
Largi compositioncs, Leipzig, 1887 ; Marcelli de Medicanu ni ^ grjSU| /, nr- I
— 21 Galon. XIII, 502, 995 ; XIV, 31. — 22 Galen. XIV, -11- "j. xlXl 17. !«• I chiatrie romaine, Paris. 1877, p. 37. — Galen. XI\, °.VAs (je Xibôre, Crilon
— 25 Philoslorg. VII, 15. Autres médecins impériaux : Ghari ^ Marc-Aurclc, I de Trajan, Magnos d’Antonin, llermogène d’Hadrien, °™c /puscl,niann, I Elpidiusde Théodoric. Justinien avait un médecin ecclésiastui
buch, t. I, p. 494).
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^Alexandre Sévère, la médecine de la maison
I)n temp* . .
le fut définitivement u. R
imperia . r devint fonctionnaire. Un médecin
Udecin deiempci
i I- is medicus palatinus
"u l,a :l ■ n. sjx autres reçurent des indemnités en
organisée : de serviteur, le
toucha des appointements
fixes
f salarium) ;
nature
i binas
aut ténias annonas) qui pouvaient ■r Heurs être converties en argent2. La réunion de ces i :!'l('(.ins impériaux forma le collège des archiatri une constitution de Constantin exempte de toute !"' " le; archiâtreset les ex-archiâtres, c’est-à-dire tous Cmembres anciens ou actuels du collège3. Le titre Id irchiâtre ne fut probablement attribué aux médecins [impériaux qu’à l’époque de Dioclétien ; il n’était d’ailleurs Las exclusif de celui de medicus*. Les archiatri palatin!, sous le Bas-Empire, étaient spectabiles , comités primi ou secundi ordinis 3 et pouvaient s’élever aux plus hautes fonctions politiques et administratives. Théodoric leur donna un chef ( praesul ), avec le titre de cornes nrr/iiat rorumh .
XIII .Médecins publics. — P ar opposition aux médecins privés, [okotêuovtcç, les médecins publics s’appelaient otkmwuijûvteç1, oTjadstot tavpo ;s; exercer la médecine publique était dit ÔTigoctsueiv, B7]p.o<7ta ûiry)psT£Ïv lut gudltü9, IpyoXaêeïv OU èpybv AaSiuv lc.
L’institution îles médecins publics existait de longue date en Égypte, où chacun, dans les expéditions militaires et eu voyage, recevait gratuitement les soins que réclamait son état". En Grèce, cette institution dérive probablement de l’ancien usage d’appeler un médecin dans une ville quand une épidémie y sévissait ou quand la santé d’un citoyen de haute distinction était menacée. l'Odyssée énumère déjà les médecins parmi les artistes et les artisans que l’on faisait venir de loin12. Les philosophes thaumaturges du vi° siècle jouèrent plus d’une lois le rôle de guérisseurs et de purificateurs, frayant ainsi la voie aux médecins rationalistes du ve siècle. Ëpimënide de Gnosse fut appelé de Crète à Athènes pour guérir une peste en qualité de xaôapvijç13. Empédocle, sans exercer de fonctions publiques, fut, comme nous dirions aujourd’hui, le chef du service de santé à Agrigenle. Il fit exécuter des travaux dans l’intérêt de
1 h) giène publique, comme de combler l’espace entre deux collines qui donnait passage au vent du midi 14 ou de *('hi de 1 eau courante dans la rivière stagnante de é inonle, ce qui mit fin à une peste18. Lors d’une autre rpu i mie, il fit procéder à des fumigations dans la ville16. 11 111 d h ibuait aussi des guérisons miraculeuses, oble- , *M1.1 ''"'Ploi d incantations. Acron d’Agrigente, con-
mi (|i, iin il Empédocle, fut appelé à Athènes pour mettre deln "n,| ' ' bes Spartiates aussi faisaient venir du
qU jl '.i ' Ls m<“decins, comme Thalétas de Gortyne, lors- P ai* luendre des mesures contre une épidémie18, êprnim '| !>aS MirPrenanl que les villes grecques, ayant temns p / bienfaisants d’un médecin public en
1 P11 < mie, aient cherché à s’en assurer le béné¬
fice permanent. Quelques-unes d’entre elles ont dû entrer dans cette voie dès la fin du vi® siècle, car a l’époque où Charondas légiférait à Catane, vers l’institution de la médecine officielle était déjà assez connue pour que Charondas ait voulu, suivant Diodore, que l’inslructiorl fût gratuite comme la médecine1'. Toutefois, en temps d’épidémie et de calamité publique, les villes continuèrent à faire appel aux lumières de médecins étrangers, soit qu’elles n’en possédassent pas elles-mêmes, soit que les nouveaux venus eussent plus de litres à la confiance. Un exemple intéressant, à cet égard, est fourni par le texte chypriote de la tablette de bronze d’Idalion20. C’est un contrai passé entre cette ville et une famille de médecins, à la suite d'un siège soutenu au V siècle contre les Mèdes (Perses et les Ciliens. Le roi et la ville ont invité le médecin Onasilos et ses frères à venir soigner gratuitement ceux qui ont souffert des suites de la guerre; ils prennent l’engagement de donner à Onasilos et à ses frères, en guise d’honoraires, la somme d’un talent, prélevée sur la maison du roi et sur le trésor de la cité. A défaut d'argent, les médecins recevront, sur les terres du roi, des biens-fonds dont l’emplacement est désigné, qui leur appartiendront en toute propriété, à perpétuité et sans redevance. A Onasilos, en particulier, le roi et la ville promettent de donner une certaine somme ou, à défaut, certains domaines décrits dans le contrat. Le roi et la ville ont déposé le contrat auprès de la déesse Athéné d’Idalion, avec serment d’en tenir les clauses à perpétuité.
Le grand Hippocrate, qui avait été appelé par les Abdéritains pour soigner leur philosophe Déinocrite21, se rendit, dit-on, à Athènes pour combattre la fameuse épidémie de peste et la fit cesser en allumant de grands feux dans la ville, en y suspendant des guirlandes de fleurs et en prescrivant un antidote dont Jean Actuaire a conservé la formule22. Nous citerons plus loin d’autres exemples de faits analogues, en parlant des honneurs rendus à des médecins publics.
L’importance de la médecine publique explique que les cités grecques se soient disputé les praticiens éminents à prix d’or, comme certaines universités d’aujourd’hui se disputent les professeurs. On a lu plus haut ï; XII) l'histoire de Démocédès, qu’Égine enleva à Crolone, qu’ Athènes enleva à Égine, que Samos enleva à Athènes et dont Darius finit par faire son prisonnier de guerre et son médecin.
Aujourd’hui encore, dans bien des îles de l’Archipel, les médecins reçoivent de la communauté un salaire fixe à la condition de donner gratuitement leurs soins23. Telle était aussi, dans l’antiquité, l’institution de la médecine publique24. A Athènes, les médecins étaient choisis par les citoyens, qui se réunissaient irsot iavpwv atpéucw;25 ; les candidats tenaient des discours à l’assemblée, déclaraient quels avaient été leurs maîtres et comment ils avaient exercé jusque-là leur art. Nous ignorons com-
1 Lumpi'iil. Alex. Sev /»
3 Cor/. T/wnr/ a , lacquoy, De la condition des médecins, p. 10
'■ l>. 95. 5 (\ Tt,*1 l>r°/’' XIH’ “ 4 Cod' Just- X1- 10, 52, cf. Jacquc XII, 13. __ ,| . . T'le0d- V’h 16, 1 ; XI, 18, 1 ; XIII,. 3-12; 14, 10, 18 ; Co ~~ * Slrab. p. 1M V“r' VI, 19. - 1 Plat. Gorg. 514; Polit, p. 28
!u ; corr. htll iQr!,!’ *' V‘ ~ 10 Xcn- Mem. IV, 2, 5 ; Prit. Mus. In,< 8i' ~ 13 Uiog. Laon i \ nn "39’ ~ “ Diod' Sic' h 8-- ~ 12 «Om. Odÿss. XV
r!ü Di«g. Laert. I 7n ’ Vf’ rU0; Max' Tyr- Diss- 22‘ - 14 Plut. Ad». Colot. ; O,"’'80> p. 568- p.,,.' . . Plln' NaL XXXVI, 69. - 17 Plut. De Isid.
’ P**. Aegm. IJ, 34. 18 Aelian. Van. Hist. XII, 50 ; Plut. .
Music. 42; Paus. I, 14. — Diod. XII, 12, 4. Cesl à tort que MM. Vcrcoutre et Ziebarth ont prétendu conclure de ee passage riue l'institution de la médecine publique remontait à Charondas (cf. Herzog, Koische Forsch. p. 205). — 20 Cf. Collitz- Dcccke, Griech. Dialekt-inschriften , 1,60; Créai, Journ. des Sac. 1877, p. 555.
— 21 Hippocr. IX, 349, 387; Diog. I.aert. IX, 42; Tzetzés, Chil. 11, 983. 22 Hip-
pocr. IX, 419, 421 ; Joann. Actuar. De Meth. Med. p. 264 (éd. U. Stoph.). Tout cela paraît appartenir au domaine de la légende. — 23 Reinach-New ton, Traité dépigr. grecque, p. 50. — 24 Suid. s. v. Sripoïuùiiv. — 25 Plat. Gorg. 435; Scliol. Arisloph. Acharn. 1029 (ot Sripoci'a £t:çoTovoO;uvoi tcerpoi «al Sr.noiiot spoTxa iOtoiscjov).
MED
MED
bien il y avait de médecins publics à Athènes, mais il est certain qu’on s'est trompé en supposant qu'il n’y en avait qu'un seul, car une inscription nous apprend que les médecins publics, îaxpoi oT1p.o<7tEÛovxsç, sacrifiaient deux fois par an à Asklépios et à Hygie1, pour reconnaître les bienfaits des dieux à l’égard de leurs malades et d’eux-mêmes*. Le fait que Platon dit qu’on choisissait le plus habile, Tsyvix coxaxov, ne prouve pas qu'il n’y eût qu’un seul médecin ; il s’agit d’une vacance à combler dans le corps des médecins publics. Les médecins publics n’étaient pas des spécialistes, mais soignaient toutes les maladies3. La cité mettait à leur disposition un local, le txxpsïov, servant aux consultations, aux opérations et à l'hospitalisation des malades (cf. § X). Les médicaments devaient être payés par l’État, car, dans une inscription athénienne, Événor est loué pour avoir, « préposé par le peuple à la préparation des médicaments, dépensé un talent à ce service » ; c’est donc, conclut avec raison le Dr Yercoutre, qu'il n’était pas tenu de le faire’". Eu revanche, le médecin devait ses soins et l’hospitalité à titre gratuit. Dans les Acha miens 5, Dicéopolis répond à un paysan qui lui demande un collyre qu’il n’est pas médecin public et qu'il s’adresse aux auxiliaires de Pittalos; plus loin 6, Lamachos blessé se fait porter chez le même Pittalos7. Il faut encore conclure du premier de ces textes que les médecins publics avaient des auxiliaires, qui étaient probablement des esclaves publics.
A l'époque de Xénophon, les villes grecques quelque peu importantes possédaient des médecins publics ; Cyrus en fait la remarque8 et il est probable que cet usage s’était introduit même dans des colonies lointaines, par exemple à Marseille, qui possédait des médecins publics avant Strabon9.
Nous avons vu que la médecine publique avait été inaugurée à Rome par Archagathos,mais que cette tentative n’avait pas eu de succès (§ 11) i0. Il fallut attendre longtemps avant que la médecine officielle, organisée dans les provinces sur le modèle donné par les villes grecques, le fût aussi dans la capitale de l’Empire. On trouve des médecins publics, désignés depuis le n° siècle sous le nom d'archiâtres, à Alabanda, Anaphé, Aphrodisias, Calymnos, Claudiopolis, Coloé, Euromos, Éphèse, Iliéra de Lesbos, Labranda, Lampsaque, Sparte, Trézène, etc H. L'intervention du gouvernement romain parait avoir été motivée d’abord par des considérations fiscales. Depuis Jules César, les médecins publics jouissaient d'immunités qui durent amener certaines villes à en accroître le nombre outre mesure, ce qui portait préjudice à l'État et provoquait une inégale répartition des charges. Ainsi s’explique le décret d’Antonin le Pieux, qui régularisa l'institution des archiâtres municipaux et en fixa le nombre suivant l’importance des cités 12. « Les moindres cités, dit Antonin, peuvent avoir cinq médecins jouissant de l’immunité, trois sophistes et autant de grammairiens; les villes plus importantes peuvent avoir
1 Xeu. Menti. IV, 2, 5; Cf. Cyt*. 1, 6, 15 ai u<rai uytatvtiv latpoù;
aiçoiXvTat). — 2 Corp. inscr. ntt. II, 11. 352 b : uzlj n aÛT<î»v xa\ t«5v ma\xù.n»'/ wv exaarot lâaavTo. —3 Aristoph. Ac/iarn. 1030. — '*■ Rev. arch. 1880, I, 33G. — » Aristoph. Acharn. 1030. — 6 Ibid. 1222. — 7 Cf. Aristoph. Vesp. 1432. où l’on conseille à quclqu un daller chez Pittalos. — 8 Xen. Cyr. I 6, 15. — 9 Slrab. p. 181. — 10 Les monnaies avec la légende triumviri valetudinis sont une fiction qui devrait bien disparaître des ouvrages sérieux. En réalité, il s’agit de monnaies de la gens Acilia, vers 50 av. J-C., frappées par M. Acilius triumvir (monetalis) et ayant au revers une figure d’Hygie avec la légende valetv (Mommsen lilacas, Rist. de la monn. rom. II, 497). Donc, il n’y a jamais eu de triumvirs
sept médecins et quatre professeurs de l'un, science; enfin, les plus grandes villes r)(1 * 01 1 âulr» dix médecins, cinq rhéteurs et autant de inn "'". avoir Au-dessus de ce nombre, même les plus m' "']"aU'iens- 1 ne pourront conférer l’immunité. Il convienM V'"°s dans la première classe les capitales des proy ' ' rang0r la seconde les villes qui ont un tribunal le 4ns troisième u. » Modestin ajoute que la curie nuer, mais non augmenter le nombre des publics prévus par la loi u. Ou voit qu elle „'obli les cites a entretenir des médecins publics mais ( ' les astreint seulement à n’en point entretenir ^7 ^ grand nombre. roP
Dans la loi d’Antonin, les médecins municipaux J sont pas qualifiés d’archiâtres; mais comme cette dési gnation parait sur les inscriptions, il est probable que dans la pratique, ils étaient appelés ainsi avant de l’être dans les textes législatifs.
La nomination des médecins appartenait à Ynrdo et aux possessores , et non, comme on l’a dit, au conseil des médecins publics : « Le pouvoir de faire entrer des médecins dans le nombre réglementaire \intra mime rum praefinitum) n’appartient pas au président de la province ( praesidi provinciae ), ma s au conseil et aux propriétaires ( ordini et possessoribus) de chaque cité, afin que, assurés de leur probité, de leur moralité et de leur habileté dans l’art, ils choisissent ceux auxquels ils se confient, eux et leurs enfants, dans leurs maladies15. »
Une fois élus, les médecins recevaient l’investiture de la curie, qui leur conférait les immunités et les salaires attachés à l'exercice de leurs fonctions. Ils pouvaient être destitués pour négligence par la même autorité qui les avait élus16.
L’institution, comme nous l’avons dit, fut plus lente à s’implanter dans les capitales de l’Empire. Elle y fut organisée en 3(58, par une constitution de Valons et de Valentinien, rendue à l’instigation de Praetextatus, préfet de Rome17 : « 11 est institué autant d'archiâtres qu il y a de régions dans la ville, en outre de ceux du Xyste et des Vestales 18. Que les médecins, sachant que des salaires annuels leur sont servis par le peuple, aiment mieux donner honnêtement leurs soins aux pauvres que de servir honteusement les riches. Nous leur permettons d’accepter ce que, pour les soins qu ils donnait leur offrent les malades guéris, mais non ce que es malades en danger leur promettent pour 'I11 ^ 1 sauvent. Que si la mort ou un autre événement un at l'un d’entre eux du nombre des archiâtres, on m 1 lX pas le remplacer à l'aide du patronage d un puis 11 ^
de la protection des votants, mais par le choix -un 1 ^ ^ prudent de tous les autres, lesquels choisiront ci ■ sera digne de cette préférence, de la dignité « un ^ et de notre propre assentiment. On duwu n ^19 # référer immédiatement au sujet de sa nomma i ^ Deux ans après, en 370, les mêmes empei cuis i
chargés, à Rome, des services d’hygiène. - 11 Marquardl, ^ ^ /as ('■
p. 755. Pour Calymnos, cf. Brit. Mus. Inscr. 258, pour ^ ^ guromos, Wadd. d’Asie Mineure, n° 3, p. 20 (à^iat^; *a! 161 j*
De la condition t
Le Bas, 314 (àpxiatçbç T'is «ôXews) ; pour Ephèse, Wadd. L ^ ^ conditi°n ^l S ve'vouç) ; pour Labrauda, Corp. inscr. gr. 2714. - « Jacquey. ^ { p
médecins , p. 9G. — 13 Modest. Dig- XXVIII, 1, G» -• \XVII 1 ôetll»^’
- 15 Ulpien, Dig. L, 9, 1 ; .Jacquey, Op. L p. 98. - ^ig- - ^ àRomesei
Cod. Just. X , 52, 2, 7. — n Cod. Theod. XIII, 3, 8. - Cel ■ ^ M Jacquey a
archiâtres, dont quatorze pour les régions. — 19 Jacquey, p- municip»11*»
justement reconnu que ce texte ne pouvait s appliquer allX
seize
MED
MED
.|(i détails les formalités relatives au remplacei»vecpl"s " c|iiâlres , Pour fajre partie du collège, il
''' Vie candidat fût agréé par sept membres titufàHal1 <*" ini)inS ; le nouveau venu sera inscrit à la suite Jail'eS pefet avancera graduellement vers les premiers 'ieS ilU|,.s salaires etlesannones auxquels les archiâtres raiflroiTd’après leur mérite et leur dignité leur ° , distribués par le préfet de la ville. Ainsi l’avance-
scru" (1(,s archiâtres devait avoir lieu à l’ancienneté; mais me" ,.ince impériale dérogea bientôt elle-même à ces 1:1 'il' im ruts. Un médecin de famille patricienne fut auto- L ^"occuper d’emblée le rang du défunt qu’il remplafSit. aux protestations du collège des archiâtres, on 'posa ie respect dû à la volonté impériale I Ainsi- à la différence des archiâtres municipaux, ceux des capitales [utraque lîoma) n’étaient égaux ni par la dignité ni par les salaires; en outre, ils étaient sous la dépendance directe du pouvoir central, c’est-cà-dire de l’empereur représenté par le préfet de la \ille.
Nous sommes peu renseignés sur les médecins publics dans les provinces occidentales de l’Empire. A Bénévent, on trouve un chevalier romain revêtu du titre d’archiâtre3. Une inscription de Pisaurum est dédiée archiatro peritisnmu1. A Aeclanum, dans la Grande Grèce, une dédicace à Esculape est faite en grec par un archiâtre, Salvius Atlicianus5. A Mellaria en Espagne, on trouve un medim colonorum coloniae 6; il est aussi question d’un medieus coloniae dans une inscription de Nîmes7.
On manque également de détails sur les médecins de corporations et de collèges8. Une inscription de Magnésie, contenant une liste de fonctionnaires du culte ' d’Artémis Leucophryène, mentionne un ’tatpb? ysp ouata?9. Galien fut choisi par lé grand prêtre d’Asie pour être le médecin d’une école de gladiateurs10. A Corinthe, un collège de venatores du cirque (Ô-ripeB-rofs; avope;) élève une statue à son médecin11. A Rome, un certain Titus Aelius Àsclepiades, affranchi impérial, est taxpoç AoGB&u gaiouTivo-j (ludi matutini) /jupoupyo;12 ; un autre affranchi impérial est medieus ludi 13. Le medieus ludi magni , mentionné dans une inscription ligorienne, est nécessairement suspect11. Il est question de recettes pour les blessures des gladiateurs, dont l’étude devait former une branche spéciale de la chirurgie15. Nous ne connaissons que de nom, à Rome, l’archiàtre du Xyste (portique où s exerçaient les athlètes)16 et celui des Vestales11, qui existaient avant l’institution des archiâtres populaires Cans ^ viHe 1 ^ . Il est possible que la création de l’ar- C u,,1"‘ '^es Postales soit due au préfet Praetextatus, qui a'ail sur elles droit de surveillance et auquel les Vestales,
| reconnaissantes, élevèrent une statue19. Du temps de ( "" l(‘unei il ne parait pas que les Vestales eussent sorti""'"'11’ f*uan^ c^es étaient malades, on les faisait 11 '*u temple pour les confier aux soins de matrones
et les pontifes pouvaient désigner une femme du monde pour veiller alors sur elles20. A Luna, deux médecins sont nommés comme attachés au collège des fabri tignarii11. Un medieus a bibliothecis, dont j’ignore les fonctions, parait dans une inscription de Rome; une autre mentionne un medieus ex /tort i s Sallustianis Enfin, à côté des médecins de collèges, il y a des collèges de médecins, par exemple à Rome23 et à Bénévent2’. Sur ces institutions intéressantes, la pénurie des renseignements nous laisse dans une fâcheuse obscurité.
XIV. Médecine, légale-*. — Les anciens n’ont pas connu la médecine légale, dans l’acception moderne de ce mot; toutefois, il y a quelques exemples de l’intervention des médecins dans les procès et dans l’administration de la justice. Nous savons par Eschine20 et par Démosthène2, que les médecins pouvaient être amenés comme témoins, soit devant le sénat athénien pour attester qu’une personne était malade, soit devant un tribunal pour exprimer leur avis sur l’existence et la gravité de blessures. Dans la Vie du sophiste Hadrien par Philostrate, il est question d’un médecin appelé à déposer devant un tribunal, dans un cas de meurtre supposé, sur les causes naturelles ou accidentelles delà norl 28. Un document grécoégyptien de l’an 130 ap. J.-C. nous apprend qu’un certain Q. Minucius Valerianus, médecin à Karanis (’s^tov xb iatpsïov èv y.a>p.Y| KaoxvtBt), fut requis par Ip stratège (£nr7)pérr]i;) d'examiner l’état d’un homme qui avait été l’objet de sévices; le médecin fait une déclaration, précédée d’un serment par la TB/t, de l’empereur, comme quoi il a examiné la blessure le cinquième jour, y a trouvé de petits cailloux et a institué un traitement approprié20.
A Rome, une loi attribuée à Numa prescrivait un examen médical après la mort des femmes enceintes30. Les obstetrices jouaient un certain rôle dans les expertises31 et il est à présumer, malgré le silence des textes, que le préteur pouvait aussi consulter un médecin. Il est certain qu'Hadrien requit l'opinion de médecins [requisitis medicorum sentent iis) avant de décider si une grossesse pouvait durer onze mois32. En théorie, l'intervention d’un médecin légiste devait être nécessaire en bien des cas où les tribunaux avaient à statuer sur des questions d'ordre médical (blessures, avortements, durée de la grossesse, etc.); mais, dans la pratique, nous ne voyons pas que les médecins soient intervenus ; sous Justinien même, la médecine légale n'existe pas encore33.
XV. Honoraires des médecins 3A. — Les sommes touchées par les médecins en rétribution de leurs services s’appelaient trwaTpoc, amTvjpia, totxpsïa, ïaxpa i3, anrôbç, solarium 36, quelquefois h on os 31.
Avant l’invention de la monnaie, les médecins recevaient probablement des cadeau \ en nature ; cet usage était général en Perse, où la récompense était en proportion de
I C0(l yit .
40; Jacrjuev o°( ' ^od. Just- X, 52, 10. — 2 Symniach. Ep. X,
tpni |£SS, *, *02* — 3 Corp. inscr. lat. IX, 1655 ( Inscr . regn.
-- 6 Q0)tJ) jnatim j — 5 Corp. inscr. gr. 5877 ; Inscr. gr. ltaliae , 680.
Rev
0rP- mser. lat. If, 2348. 7
Ibid. XJ I, 3342 (Herzog, Gall. narb. 157). — 8C1‘.
599.-H Cor ~~ Kern’ In9chr- von Magne sia, 119. — 10 Galen. XIII,
__ 13 SCi ' (Jr ■ * l(,6 ; Kaibcl, Epigr. graec. 885. — 12 Corp. inscr. gr. Hist, XXVI, un’. T80'' lat * VI* 10 ,73‘ — 14 Jàid. VI, 5, 2369*. — 16 Plin. Nat. «rchit, VI, 7 iVrCnb‘ UPg’ De compend- med‘ ,02’ 203> -07- — 16 Vitruv. De àu.Vll, ,V;4. s ' <>(L Theod- XIII, 3, 8. — 18 Jacqucv, Op. I. p. 106. — 19 Macrob. pcclèreui le coll’*!.' T ^ Onsail que les premiers empereurs chrétiens res-
H 1355,-22 /hf!i \n ^esla*es- — 20 Plin. Epist. VII, 19. — 21 Corp. inscr. lat.
9566 : Telesphorus scriba medi -
^ vi, 8ko7,867i.
corum. — 21 Ibid. IX, 1618 : Coltegium medicorum. — 25 Ollo Oestcrlein, Ueber die f'rüheste Entwickelung der gerichtlichen Medicin, 1877 ( Jahresb . de Bursian, 1879, III, p. 309) ; Janowsky, in Maschka s Handbach der gericht. Medicin, Prague, 1880 ; Ortolan, Gaz. médic. de Paris, 1872. — 26 Acsch. De fais. Icg. 26. — 27 U,.,,,. Ado. Conon. 1250, 1260;cf. Scliaefer, Demosth. u. seineZeit. Il, 201. — 28 Philostr. Vit. Sopli. Il, 10, 6. — 29 Wilcken, Griechische Ostraka, I, 370. — 30 Dig. XI, 8, 2. — 31 Dig. XXV, 41, 1 ; Sen. Epist 66. — 32 Oeil. III, 10; cl. Jacquey, De la condition des médecins, p. 58. — 33 Jacquey, ‘Op. I. p. 57. — 34 J. Gbr. Leuschncr, De sosh-o medici, Liegnili, 17 53. — 35 p0U. VI, 186. Le pluriel tV-rça ri;;
Osçairtias) n otait connu que par llésychius; mais ou l'a rencontré dans une inscription ('E®ïi|i. &?£. 1883, p. 224). — 36 Cod. Just. X, 52, 7, d’où le nom de salariarius donné à un médecin (Orelli, 3 507). — 37 Cic. Ep. XVI, 9.
MED
la dignité du personnage traité1. Les traditions relatives aux médecins grecs mentionnent plusieurs exemples de praticiens qui demandèrent ou obtinrent, en échange de leurs services, des récompenses exorbitantes, lesquelles ne consistaient pas en sommes d'argent. Ainsi l’on racontait que Podalire, ayant guéri Syrna en la saignant aux deux bras, reçut ceLlc princesse en mariage et devint par là l’héritier du trône2; on disait aussi que Mélampe s’était fait promettre par les Argiens la moitié de leur territoire pour prix de la guérison des Prœtides3. Au iv1' siècle, un médecin fou de vanité, Ménécrate de Syracuse, exigeait des malades qui se faisaient traiter par lui pour le mal sacré qu'ils s’engageassent par écrit à devenir ses esclaves en cas de guérison. Comme il se croyait Jupiter, il se faisait escorter de ses clients, vêtus du costume et pourvus des attributs des autres dieux 4.
Une légende, rapportée par Pindare, veut qu’Eseulape ait été foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité un homme à prix d'argent, ce qui semble impliquer que l'usage de percevoir des honoraires était considéré comme une invention d’Esculape, traité de ctïXâpyuoo; par Clément d’Alexandrie 5. D’autre part, on disait qu’Épiménide, après avoir guéri les Athéniens d’une peste, refusa la somme d’un talent qu'ils lui olfraient6, et que les Abdéritains essayèrent vainement de faire accepter par Hippocrate une somme de dix talents pour avoir guéri leur philosophe Démocrite. Le grand médecin se déclara l'obligé des Abdéritains, qui lui avaient permis de connaître un pareil sage ’.
Quoi qu'il en soit de ces légendes, il est certain que, dès avant l’époque d’Hippocrate, les médecins grecs recevaient des honoraires. En ce qui concerne les médecins publics, nous avons l’exemple de Démocédès (§ XII), qui était payé un talent à Égine, cent mines à Athènes et deux talents à Samos. Le médecin public avait un traitement fixe et soignait gratuitement les pauvres, mais il paraît évident qu’il se faisait payer de ses clients en ville, des étrangers et, en général, de ceux qui le pouvaient. Une inscription de Carpathos loue le médecin public Ménocrite de vivre dans la pauvreté et d’avoir sauvé nombre de malades sans accepter de salaire ; c est donc qu’il aurait pu, sans illégalité, en exiger un s. De même, à Athènes, le médecin public Événor est loué pour avoir soigné gratuitement ses malades9, alors que son contrat l’obligeait seulement à donner des soins gratuits aux indigents. En outre, comme les esclaves ne payaient pas la taxe dont il va être question, il faut admettre que le médecin public était payé par leurs maîtres des soins qu’il leur faisait donner par ses propres esclaves (§ II).
Pour subvenir au traitement du médecin public et à l’entretien de son iatreion , on percevait un impôt spécial dit taroiy.ov, qui parait avoir été institué d’abord à Cos1". Bien que nous n’en trouvions que peu de mentions, il est probable que cet impôt était établi dans la plupart des
i Darmesteter, Zend-Xvesta, II, 105-107; cf. Sprcngcl- Rosenbaum, p. 104.
— 2 Steph. Byz s. v. Eô?v«. — 3 Herod. IX, 34. — * Allie». VII, 289. - 5 Pind. Pyth. 111,105; Clera, Alex. Protrept^ 3. — 6 Diog. Laert. I, 111. — ' Tzelzes, Chiliad. 11,983. — 8 Rev. arch. 1880, I, 344. — 9 Corp. inscr. ait. 11, • 256 b.
— 10 Herzog, Koische Forsch. p. 205; cf. Rev. arch. 1880, I, 341. — 1* Athen. Mitth. XVI, 292. — 12 Wescher et Foucarl, Inscr.de Delphes , 16; Collitz, Dial. \ischr. II, 2615; Perrot, Galatie, p. 51. — 13 Wilcken, Griech. Üstraka , \, 375.
villes grecques. Dans
^fragment <1,- traiié
1 une ni . lll|(
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a ses
et de srjnœcisme entre Téos et une autre vin
310 av. J.-C. les Téiens accordent aux nouveaux' i’ V61'S l’exemption des liturgies pendant quatre' uns ' ^ autres de la chorégic, mais à l’exception du A Delphes, en 270, l’exemption de la chorégie 7"' iatrikon est accordée à un certain Philistion et descendants12. En Égypte (du moins, dans 'l/ J exemple qui nous soit connu), le iatrikon étalu!!!'' en blé (deux artabes par personne et par an . 1:1 conforme au texte de Diodoreu, d’après lequel hVml'.cM cins recevaient leur subsistance (xàç T losiç) d,.s |l (|>j|.u ! [U tgC xotvoü) ; ces tgo?* { sont l’équivalent et l’originJ des annonae que l’on attribua aux archiàtres romains Diodore dit encore que si, en Égypte, un homme loue bait malade en servant comme soldat ou en voyageant pour son propre compte, il était soigné gratuitementc'est que, sans doute, on tenait compte à l’étranger du iatrikon qu’il payait dans sa ville d’origine, sur laquelle la ville qui lui donnait des soins gratuits pouvait exercer une répétition.
Dans les Asklépieia , ce sont généralement les prêtres qui fixent les sommes dont le malade est redevable1", I D’autres fois, le dieu lui-même intervient pour préciser l’honoraire10. A Julius Apellas, d est ordonné de donner une drachme attique au baigneur17. Pour punir l'incrédulité d’Ambrosia d’Athènes, le dieu exige d’elle, ;î litre de salaire, qu’elle offre un cochon d’argent dans le temple18. Ailleurs, le dieu demande d’avance au malade ce qu’il lui donnera19 et punit un mauvais payeur en lui rendant le mal dont il l’a guéri20.
Nous n’avon$ pas d’informations précises sur le salaire des médecins privés en Grèce. Aristophane insinue qu ils étaient fort mal payés et que, par suite, on n en Irouvait pas assez21. Cratès de Thèbes, le cynique; semble évaluer le salaire à une drachme par visite, dans un passage qu’il est d’ailleurs difficile de prendre au sérieux JJ. route foi*, le prix approximatif d’une drachme par visite semldnes-j sortir aussi d’un passage de Plaute, traduction mi imitation d’une comédie grecque23. Quoi qu’d en soit d| taux des salaires, la légitimité n’en était contestée par personne21. Parfois la somme était fixée d’avance, oj l’on en convenait au cours même de la malade ,ln 176
considérait pas comme déshonorant pour un . . «
demander au malade, pendant sa maladie ne un , engagement ou une sûreté2". Cependant 1 11 111 (H.
à cet égard, des scrupules ml.».-
praticiens
cratique éprouvait,
ment honorables. Elle recommandait aux
la fortune des malades, de leur donner
gratuitement, de secourir les étrange* ’ dans la profession
d’avoir égard parfois des soins
comme les pauvres21, de ne pas voir - (^j(,n des
médicale un simple métier, de traiter la |lll( honoraires avec humanité et modération, 1 ' ^m|)S même le soin plutôt que de s’exposer a Pel " ^ ma|
précieux pour le traRement en discussions ‘ n(ja„i lade28. Cette dernière recommandation montir 1^1 que la question des honoraires pouvait en
H Diod. Sic. I, 82. - >* Paus. X. i. - 10 ’nsC1, d 20 /«<<"'■ d-orient , I, 1)2). - U Ibid. 90. - » Ibid. M. - "p ,V,p.4 Lacrl.VI, 80; cl. LiUré- H' P m.
*«. i. *. 54 ; A;.,sl- Z XVI. *
20 Cr- /rt . inn cl
, lUinacli, J
Chron.
— 21 Aris lopli . Plut. 407. — 2- l)io;
— 23 Plaut. Aillai. Hl, 2. - 24 Xen. Mem
— 25 Aelian. Var. Hist. XII, I; Acli. Tal. IV. '*■ m/,d.
27 Rev. arch. 1880, I, 101. - 2S Cf Darcmberg, But.
Hippocrate, IX, ”255, 259.
MED
MED
, , traitement*. Jusqu’à la fin de l’antiquité, les Ipendnni i< maigré les attaques dont ils furent
médecins K1'^’ de beaux exemples de désintéresse-
l'objet- «•»' ,lonn
ient : 0'banklS par
le encore de médecins qui, loin de se
l|ll,ni '""' le leurs soins, secouraient les pauvres de f faire pa.Yl‘r ",
lei"S| ''jeurshônoraires, les médecins recevaientquelque- •i donations testamentaires, témoignant delà reconfo‘. , le8 malades dont ils avaient prolongé la vie3, "amsan* *| qu,un maiade guéri dédiât une tablette
'! U1 1 '.ni 1 temple d’Esculape, avec l’expression publique , tfpatitude envers le médecin qui l’avait soigné*. dt’v l’époque alexandrine, certains praticiens en renom •nminoncèrent à réaliser des gains considérables ; il en J t de aa'.jne au i« siècle de l’Empire, où Pline écrit que la médecine est le plus lucratif de tous les arts6. Hérodicus de Sélymbrie, fondateur de Yiatraliptique , trouva moyen dit Pline, d’enrichir jusqu’aux baigneurs et aux froU(H1j.s (; rcunctores , mediastini) qui étaient employés 1(,s médecins 6. Érasistrate reçut 100 talents pour la gUison d’Antiochus, fils de Seleucus Nicator7. Sous Claude, O. Stertinius (cf. S XII), que l’empereur voulait prendre pour médecin particulier, allégua qu’il gagnait par an 600 000 sesterces et qu’un traitement de 250000 sesterces ne lui suffisait pash; on finit par lui en donner 500000. Manlius Cornutus, légat d’Aquitaine, paya 200 000 sesterces à un médecin qui l’avait guéri d’une maladie de la peau,J. Sous Néron, Charmis de Marseille, appelé par un malade de Rome dans une ville d’Italie, demanda 200000 sesterces pour le voyage et l'opération ’°. Tliessalos ne sortait qu’escorté d’un brillant et nombreux cortège ; son luxe fut encore dépassé par celui d’un autre Marseillais, Crinas, qui laissa dix millions de sesterces, après avoir dépensé une somme presque égale à construire les murs de sa ville natale et [ceux d’autres villes". Après la condamnation d’un chirurgien nommé Alcon, Claude confisqua ses biens, évalués à dix millions de sesterces ; mais, dès que le con- 'funne put revenir à Rome, il gagna de nouveau la même somme en peu d’années12. Au siècle suivant, on voit encore Galien toucher 400 pièces d’or (10 000 francs) pour soins donnés à la femme du consul Bœthus13. Inc inscription nous a fait connaître un obscur médecin Assise, P. Decimus Eros Merula, medicus clin i eus et dururi/us ocularius , qui avait payé pour son afl’ranchisiseinonl 50000 sesterces, pour le sévirat 2000, pour des statues placées dans le temple d’IIercule, 30000, pour la confection de routes, 37000 et qui, malgré ces dépenses [et ci s libéralités, laissa une fortune de 520000 sesterces1*.
outclois, les- grosses fortunes médicales étaient l’ex- E"- k'en fin on reprochât aux médecins grecs leur 1 k y avait dès lors beaucoup plus d’appelés j. ' 'kls - *e prolétariat médical ne date pas de notre Y(| klb-e pour l’existence était si âpre qu'on
1 'I s médecins quitter leur profession pour devenir,
disait
)n’ Por!eurs de cadavres ou gladiateurs 10
. On n a
mpace«oile n, , ^ X IX , 2 1 ) dénonce cliei les médecins de son temps avaritiam
linicii, en 308 il i ' ' t)cndentibits faits. La conslitulion de Valons et de Valcndingor (Cnd 7’/ Mll<l,*'re aux médecins d’exlorquer de l’argent aux malades en
~ 1 *££s ” Tt (!"’ 3’ 8)' T 2 Liban‘ I - 3 Uerl- V, G 7*-
jircivtt h (À 1 • xtu x/i xrj; tcomüi ■ xat Aiovu<rt<u Aiovuatou latpfjî
““ " l’Iiii Nat u Limyra, Reinach, Chr on. d’Oricnt, 11, p. 329, 479).