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Pirée, la république permettait aux maratliénieD " j(,rs S’élever des temples à leurs dieux natiocliands étranhr( ■ naux, et autour de ces centres
religieux se groupaient les métèques et les esclaves originaires de la même région1.
Le plus souvent, ces étrangers, sur le sol de la Grèce, donnaient à leur dieu le nom de la divinité grecque qui s’en rapprochait le plus par la nature de ses attributs ou la ressemblance du son. C’est ainsi que le Zeus Milichios du Pirée n’est vraisemblablement autre chose qu’un Baal Milik du panthéon sémitique.
P. Foucart.
MEL (MéXi). Le miel. — ÉCRITS DES anciens. — Quoique les anciens aient connu la canne à sucre [saccharum], le miel a joué dans leur alimentation le même rôle que le sucre dans la nôtre; il a eu chez eux, comme objet de commerce, une importance que nous ne pouvons nous figurer par l’usage que Ion en fait actuellement. C estlemielqu ils employaient uniquement pour la pâtisserie, la confiserie, la pharmacie, pour la préparation des vins doux et autres friandises de dessert. Ainsi s'explique en particulier que Virgile dans ses Géorgiques ait consacré à 1 apiculture un chant sur quatre : un rucher pouvait rapporter autant qu’un vignoble. Virgile, du reste, a résumé les connaissances et les préceptes exposés dans une longue suite d'ouvrages techniques que nous avons perdus pour la plupart. Sans parler ici des poètes qui ont célébré la douceur du miel, sa pureté et son arôme1, ni des naturalistes qui, depuis Aristote jusqu’à Pline, ont décrit à un point de vue scientifique les mœurs des abeilles 2 [ares], il convient de rappeler qu’un grand nombre d’écrivains, préoccupés surtout des intérêts d’une industrie fructueuse, avaient condensé pour les apiculteurs les leçons de l'expérience 3 . Ceux-là, c’étaient d’abord ceux qui avaient traité de l’agriculture, entre autres Magon le Carthaginois, Ménécrate d’Éphèse \ Varron, Hygin et, après Airgile, Cornélius Celsus et Columelle5. Puis il y avait aussi les spécialistes, par exemple Aristomaque de Soles, qui pendant cinquante-huit ans s’occüpa d’apiculture avec j>ne passion exclusive ; Philiscus de Thasos, surnommé e Sauvage parce qu’il s’était retiré dans un lieu désert, j!U 11 ava‘t d’yeux que pour ses abeilles, et encore, à ^époque alexandrine, Néoptolème et le poète Nicandre6.
^Woopyixà (je ces auteurs, dont il ne reste rien, 0nt pas peu contribué à entretenir l’admiration presque
[ Mei i"rjV 1 ' ^ ssocidtwns religieuses chez les Grecs, p. 84 et suiv.
— 2 Arisi i '1r'uslae<à> P- 164-167; Roscher, Nektar und Ambrosia , p. 42-44. Bist, m/ n'U™' 0en- àl, 10 ; Hist. anim. V, 18-19 et (ps. Arist.) IX, 27 ; Plia. c,Poséesav> 1 Pcs conna>ssances et les erreurs des anciens sur ce sujet sont les noies do j!<'S‘3c,l'luac Pai' Olck, Biene, ap. Pauly-Wissowa, Real-encycl. Voir aussi Dererusl 111 ' t r" ®a'nl-Hilaire sur sa traduction d'Aristote, Z. c. — 3 Varron,
leur à iour \ ' distingue très nettement les deux points de vue en faisant parler Min. Bisl ... . y'. -'lerula. — 4 Magon traduit en grec par Cassius Dionysius ap. Witter. ind ai ^enecr- Jàid. XI, 17 et Index (cf. Susemihl, Gesch. d. griech.
aP- TeufTol Grs ' ^e‘l< b P- 284, 829-838). — 5 Varr. De re rust. III. 16 ; Hygin. cf' Pl'n- Hist l l \9riech- Litler- 5 § 262, 3 ; Cornel. Cels. Ibid. 280, 3 ; Colum. IX, 11 ■ II, 87 ; xn 76, . ’ 70'85' “ 6 Susemihl, I, p. 838.- 7 Cook, Z. c. — 8 Hom.
I1, HO, l. 9,, ’ ( ! 103; Hermann-Bliimner, Griech. prie. Alterth . *,
Yj°m' 11 XX1II> 170 1 Od. XI, 27 ; XXIV, 67; cf. X, 518. — 10 Hes.
religieuse qu’inspirait aux anciens l’industrieux insecte
Les ruches. — De vieilles légendes attribuaient 1 invention del’apiculture àBacchus[BACCHL's], d’autres à Aristee [aristaeus] 7 ; elles semblent bien attester que cette partie des travaux rustiques avait chez les Grecs une origine très ancienne. On a cependant contesté que les contemporains d’Homère connussent l’art d’élever les abeilles K ; mais, outre que les preuves que I on en donne manquent de consistance, il n’est guère vraisemblable qu on attendit seulement des abeilles sauvages le miel employé dans les sacrifices et les funérailles9. Hésiode mentionne formellement des ruches10. On peut seulement admettre que les plus anciennes furent très rustiques et semblables aux abris naturels que choisissaient les essaims sauvages, par exemple des troncs d’arbres évidés11, ou des vases de pierre12. Dans la suite on perfectionna la construction de la ruche (-7111.6X0?, ffpÂrjvo;, xu-J/ÉXtj, xmJ/éX tov, opov, Y«0Xo;, [AeXidcstov ] al dus , alva/'ium, alvcar ium , alveare) 1 \ sans renoncer complètement aux vieux modèles. Les plus répandus étaient les suivants :
1° La ruche d’écorc^ou de liège. Elle avait, aux yeux des apiculteurs, le grand avantage de n’ètre ni trop froide en hiver ni trop chaude en été. On l'emploie encore en Afrique dans la province de Constantine ; 1 écorce est roulée en forme de tronc de cône, assujettie avec un lien d’osier, et un bouchon de bois en ferme 1 orifice supérieur 1 *
2° La ruche de terre cuite (fictilis). Les agronomes 11’en étaient point partisans; c’est, dit Columelle, la pire de toutes, parce qu’elle ne préserve les abeilles ni du froid ni de la chaleur.
On a récemment signalé des ruches de ce genre FiS- i893 - Ruche de terre cuite.
dans la haute
Égypte, où les indigènes 11'ont jamais cessé d’en fabriquer depuis les temps antiques. Ce sont des tuyaux de terre cuite longs de près d’un mètre et larges de 0 m. 20; on les bouche aux deux extrémités avec de la terre pétrie et dans l’une des extrémités on perce des trous pour laisser passer les abeilles. Puis on empile ces tuyaux les uns sur les autres horizontalement (fig. 4893). Il est clair que si ce type a disparu partout ailleurs, c'est à cause du grave défaut constaté par Columelle1*.
3° La ruche de briques (ex lateribus) en avait un autre : celui de ne pouvoir être déplacée à volonté16.
4° La ruche en bouse de vache offrait l'inconvénient d’être facilement inflammable17.
5° La ruche ronde en osier tressé, connue même de l’Égypte pharaonique, est encore en usage partout18.
Theog. 598. — U Schol. ad Nie. Al. 448 ; Colum. IX, 8, U ; Varr. De re rust. III, 16, 15. — 12 Hom. Od. XIII, 103; cf. Porphyr. Antr. nytnph. 17 ; Anth. Pal. IX, 404, 6. — 13 Hesiod. Theog. 594 et 598 ; Schol. Aristoph. Vesp. 241 ; Arist. Hist. anim. V, 22, 4, 6 ; IX, 40, 15, 24 ; Plut. De exil. 6 ; Anth. Pal. IX, 404, 5 ; Schol. Nie. Al. 547 ; Hesych. «■ ». ; Varr. De re rust. 111, 16, 15 ; Colum. IX, 2, 1 ; 6, 14 ; 7, 15, 11 ; Plin. Hist. nat. XI, 22, 23, 69; XXI, 80, 82; Tib. Il, 1, 49; Cic. ap. Charis. 107, 2; Virg. Georg. IV, 34; Corp. gloss, lat. II, 15, 42; 431, 39; III, 262, 11, 12; cf. Freund, 1" scolic du Dict. de la langue latine, I, p. 7 delà trad. franc. — U Varr. De re rust. III, 16, 15, 16 ; Virg. Georg. IV, 33, 34; Colum. IX, 6, 1 ; Plin. Hist. nat. XXI, 80; Pallad. I, 38, 1 ; Ovid. Rem. am. 186; Geop. XV, 2, 17 ; Hamy dans les C. rendus de V Acad, des inscr. 1900, p. 41. — 15 Varr. Colum. Pallad. Z. c. ; Hamy, Z. c. 1901, p. 79, fig. p. 81. — 16 Cels. ap. Colum. Z. c. — 17 Ibid.
18 Varr. Z. c. ; Wilkinson, Manners and customs of the ancient Egyptians, 2« sér.
I, p. 81. C'est à cette forme que s'applique^ coneameratio de Plin. Hist. nat. XI, 22.
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fi° La ruche en bois de férule. M. Hamy en a retrouvé chez les Berbères des spécimens modernes; ce sont de petites cabanes de forme rectangulaire [quadrata ou
oblonga ), composées d’un assemblage de rondins dont on bouche les joints avec de l’argile (fig. 4894)
7° La ruche en planches; on recommandait particulièrement pour cette destination le hêtre, le chêne, le pin et le figuier2.
Certains amateurs, sous l'Empire, garnissaient les parois de leurs ruches avec des feuilles transparentes de mica ou de corne, qui permettaient de surveiller de l’extérieur les progrès du travail3. Quelquefois aussi on les fermait par derrière avec une planche mobile ( operculum ) ; on la poussait en dedans si l’on voyait que la ruche était trop grande pour l’essaim, afin, dit Pline, de ne pas décourager les abeilles ; puis on la ramenait peu à peu en arrière au fur et à mesure que l’ouvrage avançait v. Cette disposition était commode aussi pour retirer les rayons3.
Le rucher (u.eTao'ffùv, p.sXi<j<joupys;ov, ixsXtrpotpsïov, jj.eXto’— aouov ; alvarium, nlvare , apiarium., mellarium) " exigeait des soins très minutieux sur lesquels les auteurs ont beaucoup insisté. Tous Les apiculteurs savent encore que le rucher doit être exposé au midi, mais dans un endroit abrité du soleil, à proximité de la ferme, mais assez loin pour ne pas avoir à souffrir des odeurs et des émanations malsaines, et que les abeilles doivent trouver aux alentours de l’eau pure et des fleurs à butiner7. Dans une exploitation bien tenue, les ruches étaient posées sur un soubassement (, mgge&tus ) en maçonnerie de trois pieds de hauteur (0m.90)sur une épaisseur égale, qu’on revêtait d’un enduit bien poli pour empêcher les animaux nuisibles d'y monter. Les ruches, convenablement espacées entre elles, s’étageaient sur deux rangs, trois au plus ; on les séparait par des cloisons en briques, de façon que chacune fût enfermée dans une niche ouverte sur le devant et le derrière. On prévenait l’humidité en donnant une légère inclinaison au plan de chaque étage. Toute la construction était abritée sous un toit, un appentis de branches mortes, ou bien sous un portique. Enfin, si le rucher se trouvait trop loin de l’habitation pour qu’on pût le surveiller, il était prudent de l’enfermer entre quatre murs percés de petites fenêtres pour la commodité des abeilles. On élevait même quelquefois dans cette enceinte une cabane pour le gardien8. C’est qu’en effet il n’était pas rare de voir un rucher saccagé par les voleurs9. On les tenait encore en respect en plaçant les
1 Varr. L. c. favi oblongi ; Plin. Hist. nat. XI, 23, obliqui mss., coït. Olck I. c. col. 452, 1 1 ; Colum. IX, 15 ; Hamy, L. c. 1900, p. 41, fig. p. 42. — 2 Colum. L. c. ; Geop. XV, 2, 17. — 3 Plin. Hist. nat. XI, 49; XXI, 30. — 4 Varr. L. c. ; Plin. Hist. nat. XXI, 80. — 5 Plin. XI, 24. Ruches sur des monuments faux : Boissard, Antiqu. VI, pl. i.x = Corp. inscr. lat. VI falsae , 3124* ; Montfaucon, Antiqu. expi. I, pl. cciv = C. i. I. L. c. 3153*. Le vase en bronze de Pompéi (Donaldson, Pompeii, II, pl. p. 11-12) ne peut pas être une ruche. — 6 Acsop. 289 H; Geop. XV, 2, 37; Varr. De re rust. III, 2, H; 3, 5; 12, 2 : 16, 10, 12; 11, 15 ; Colum. VIII, 1, 4; IX, 3, 4; 5, 2 ; 7, 1, 4 ; 12, 4; Plin. Hist. nat. XVIII, 338 ; A. Gel 1 . II, 20, 8 et 9; Corp. gloss, lat. III, 357, 64. — 7 Varr. Virg. Colum. Pliu. L. c. — 8 Colum. IX, 5, 7 ; Geop. XV, 2, 9. — 9 Aesop. 288, 289 H ; Theocr. 19; Colum. IX, 6, 4;Pallad. I, 37, 1 ; cf. Toutain, Inscr. d’Henchir Mettieh, 2« face, 1. 6-13, p. 37 ; Dig. XXXIII, 7, S 10 ; XLI, I, § 5, 2; Jnstit. II, 1, g 14. — <0 Anth. Pal. XVI, 189 ; Theocr. V, 59 ; Virg. Georg. IV, 11 1. - - U Augustin. Civ. Dei, IV, 34 ; Amob. IV, 7, 8. — 12 Colum. IX, 14. — 13 Democr. et Mago ap. Colum.
ruches sous la protection de ce
ques, telles que Pan ou Priape1
certaines divinités ruJ
une des principales attributions de k dtw!!'' u"» C’él,,il L’apiculture. - Les anciens avaient dressé drier de l’apiculteur; ils y avaient noté ùn. . .en‘ genre de travaux qu’il devait entreprendre dans T '6 saison. Au printemps, entre le 25 mars et le'i-",,' ''"|Ue ' nettoyait les ruches et on faisait disparaître ]es '' . parasites. Vers la fin d’octobre ou au commencement novembre on les visitait de nouveau, puis on les couv ! de paille pour les garantir du froid. Pendant l’hive,''," plaçait au-devant quelques aliments destinés à souLnil les forces des abeilles engourdies. Entre beaucoup de! prescriptions qui sont encore observées, les traités des! anciens en contiennent beaucoup d’autres qui reposent! sur des idées erronées et sont bien faites pour nous sur- 1 prendre 12 : ainsi on croyait que des essaims pouvaient naître du cadavre d’un bœuf en putréfaction ; Virgile luimême a chanté cette légende de la Bougonia , qui est manifestement d’origine égyptienne et que plusieurs auteurs alexandrins avaient rapportée comme cligne de foi depuis le ni0 siècle av. J .-C. 13 Dans certains pays on estimait que les abeilles avaient épuisé à la fin du printemps toutes les fleurs qu’ils pouvaient leur fournir et qu’il fallait les transporter dans d’autres, plus favorisés de la nature. On enlevait donc les ruches pendant la nuit et on allait les installer ailleurs; l’Achaïe envoyait les siennes dans l’Attique et en Eubée ; à Scyros on rassemblait celle des Cyclades ; à Hybla, celles des autres villes siciliennes. Le même procédé était appliqué, paraît-il, sur les bords du Pô et en Espagne u. Dans ce dernier pays on en a trouvé une trace curieuse; c’est une inscription gravée sur une tablette de plomb, attestant qu’à la date dû 30 août d’une certaine année, un nommé L. ValeriusCapito a pris possession d’un terrain pour son rucher: alvari locum occupavit. La tablette devait être fixée dans un mur voisin pour établir son droit de premier occupant .1 La récolte. — On châtrait ( castrare )"’ les ruches en général deux fois par an. Cette opération, appelée tantôtj unemoisson [messis) et tantôt une vendange (vindemm) , se faisait la première fois à l’entrée de l’été, la seconde en automne18. On avait soin chaque fois de LiisM ■ une partie du miel pour la nourriture des abeilles, soi! < cin quième en été et le tiers en automne in. Loino 1 mençait par enfumer la ruche en brûlant in,< férule appelée galbanum ou de la bouse dessn combustible était enfermé avec de la braise 'I,UI ) .j y de terre garni d’anses comme une marmite .<> " ’ .
avait à l’avant un goulot percé d un petit l* on 1 livrer passage à la fumée, et du cote oppose ^ embouchure à travers laquelle on sout ai
. g2 ; Arcliel. ap.
IX, 1 4, 6 ; Callim. ap. Hesycb. 8. v. pouYmo>v et in Etym. ; aQ'1- 446 ; philet
Varr. De re rust. III, 16, 4 ; Nicand. Ther. <42 et Scho . * < ^ 249, l ;
ap. Antig. Car. 19; Anth. Pal. VII, 36, 3 ; IX, 363, 13 ; MJ. - * 377; Md. **• De re rust. Il, 5, 5; III, 2, 11; Virg. Georg. I\ , 89-0 )• ^ Ae|jgn N„.,.
18 ; Geop-