‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 204 sur 275 · MEM · texte numérisé non relu

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de la

■]es prêtresses Déméter

(R, Ja Môlissa crétoise, première prêtresse de légendes « ^ ^ Méj.gga luéc pour n’avoir pas voulu Hhéa, , l M lères je Démêler et du corps de laquelle diVUlf?.'"' ut naître les abeilles; aussi désignait-il surtout latl" ' ,,s Je Rhéa1, celles de Déméter et celles de

pr et de Perséphone2. Cn. Lècrivain.

m i » niIIS 1 ’EfftAO?ûXa$, [JieXtff(T£Ùç, fxsXt(7<70xô|J.oç, [xêXct- \r ,eXtff(70Tpo'fOç, fieXuraoupy oç, fxeXuwMCoXoç, «xpjvouprr5; iiadteur. Les Latins disaient aussi apiarius3. ïwi‘r 1 cnnBP à l’importance du miel dans l’alimen- . ijon des anciens [mel], on se rendra compte aisément ■des apiculteurs de profession devaient être beaucoup dus nombreux qu’aujourd’hui. Platon, passant en revue dans les Lois les diverses catégories de travailleurs qui peuplent les campagnes, en nomme trois : les laboureurs, les paires et les apiculteurs4. Lorsque la ruche dépend dune ferme, le mel/arius est un serviteur, le plus souvent un esclave, spécialement chargé de la surveiller et de l’exploiter. Ce gardien des abeilles ( custos , curator ) 3 devait posséder à fond toutes les connaissances spéciales que nous voyons réunies chez les agronomes; il devait dans chaque saison exécuter les travaux indiqués parle calendrier de l’apiculteur [mel]g. Mais en outre il fallait qu’il donnât chaque jour un coup d’œil à ses ruches pour s’assurer quelles étaient en bon état7. S’il avait à toucher aux rayons, il n’en devait approcher que dans un étal de pureté parfaite, parce que les abeilles, participant de la nature divine, ne pouvaient endurer sans souffrance une souillure, ni même une mauvaise odeur. Si le mellarius était ivre, ou s’il avait mangé de l’ail, il lui était recommandé de remettre sa besogne à un autre jour8.

Dans les villes, le mellarius était simplement un marchand de miel ou un confiseur. On en trouvait à Rome sur la voie Sacrée9. L’un d’eux avait son magasin près de la porte Trigemina , au pied de l’Aventin10.

Georges Lafaye.

MEMBRANA. AtcpDspa. Peau, parchemin. — Une tradition dont Varron s’est fait l’écho1 affirmait que l’art de préparer les peaux d’animaux pour l’écriture avait etc inventé sous le roi Eumène II, au commencement du ii' siècle av. J.-C., par les savants de Pergame; d’où le nom de charta pergamena, parchemin. Il est possible, en effet, qu’ils l’aient perfectionné ; mais nous savons aujourd’hui de source certaine que l’invention remonte beaucoup plus haut; en Asie et en Égypte elle était connue dès le xve siècle av. J.-C.2. D’autre part cependant, il n est pas question de livres de parchemin ^ns ' a 11 1 ' < I u i té gréco-romaine avant le commencement e noi n (> ère3, et parmi ceux que nous avons conservés ^sp us anciens ne datent guère que du ive siècle [liber]. des'!' M serva*l Pas davantage du parchemin pour écrire ^pïStolaj. C’est uniquement le papyrus que

les particuliers employaient dans leur correspondance4. Il présentait en effet l’avantage d’être plus léger et une lettre n’avait pas besoin d'être écrite sur une matière très durable. Mais on ne saurait expliquer par la même raison la préférence qu’on lui accorda pendant si longtemps dans la librairie. M. Birt a prétendu que le parchemin coûtait moins cher que le papyrus ; un ouvrage littéraire qu’on jugeait digne d’être lu par des gens cultivés ne pouvait pas être reproduit sur une matière sans valeur, abandonnée à de vils usages M.Dziatzko doute beaucoup de la solidité de cette raison c. Pour trancher le débat d’une manière définitive, il faudrait pouvoir comparer les prix du parchemin et du papyrus, et nous n’en avons pas les moyens [papyrus]. Mais toutes les vraisemblances nous portent à croire avec M. Dziatzko que le prix du papyrus était inférieur; si les libraires s’y sont tenus pendant si longtemps, c’est à cause des frais qu’entraînait une édition sur parchemin. Avant l’Empire nous ne le voyons jamais employé que par petites quantités à la fois.

On en faisait des couvertures pour envelopper les rouleaux de papyrus, des étiquettes qu’on y suspendait et où on inscrivait le titre de l’ouvrage liber]. Une feuille de parchemin pliée en deux tenait lieu des tablettes de bois enduites de cire qu’on portait sur soi pour y mettre des notes, à la promenade, en voyage, au bain, etc. ; si bien qu’elle en prenait le nom ( pugillares membranae). Ces tablettes de parchemin remplissaient le même office : on y inscrivait ses comptes et on y couchait ses brouillons. Même s’ils exigeaient beaucoup de feuilles, on y trouvait encore un avantage, c’est qu’on pouvait, comme sur les tablettes de cire, gratter et récrire et qu'on utilisait le verso aussi bien que le recto 7. Le parchemin était donc affecté à des productions de premier jet; on mettait au net sur du papyrus. M. Birt en a conclu que le papyrus était plus estimé et par conséquent plus cher. 11 parait légitime de conclure au contraire qu’il devait se vendre à plus bas prix; car un brouillon sur parchemin pouvait être de moitié moins volumineux que la copie sur un rouleau de papyrus.

Le parchemin servait aussi aux artistes pour dessiner. Pline assure que de son temps on possédait encore sur parchemin des dessins du peintre Parrhasius, qui avait vécu à la fin du ve siècle 8. Ce témoignage a paru suspect9, peut-être à tort; car si le parchemin a été inventé très longtemps avant Eumène II, on ne voit pas pourquoi les artistes grecs n’auraient pas dès le vc siècle utilisé sous forme de feuilles volantes une matière qui présente à coup sur pour le dessinateur un grand avantage sur le papyrus. Pline ajoute que ces dessins, de véritables chefs-d œuvre, objets de l’admiration générale, avaient été tracés au crayon, ypaotç, c’est-à-dire probablement avec une pointe d’argent10. Même si l’on admet que Pline a commis là un

mitcli. i . /T'!'1' *’ ~ 2 Schol. Pintl. Pyth, L. c. ; Porphyr. L. c. ; Calli-

Tlicocr. 1 5, 04 ; Hesych. I. h. v. et s. v. tioiTçoitôXou;. — Bi-

*tiociiiPBiE. Rosc)l .. ’ ‘icsycn. l. n. t). et

fejij. Leipzi.- „;:,IN 4 us^' Lexikon der griechischen und rômisciien Mytho- NELI.aiuxjs i ^ ' ’ aicï'er XVeniger, art. meï.issa et mf.i.issaios.

Apoll.Rhod U j, °e rerus‘- HD 16, 17, 18, 30.-2 Geop. XV, 2, 9; 3, 7; A’1, 239 ; JoscDh' /(./; ^faOn- 577, *1; Suid. s. v. p6Xi®»oxd|i.o; ; Anth. Pal.

16, U.Î5; The' ™‘ ,Ud' IV’ 8’ 3; AristoL Anim.hist., V, 22, 4; IX, 40, 2, 3, 15, HI, Ifi, 3 . P ' Hist. plant. VI, 2, 3 ; Plat. Leg. VIII, 842 d ; Varr. üe re rust.

577,41 ; Arlo °ir f*® " ! Ac,ian- NaL anim • h 9 ; V, 1 3 ; Etym. Magn. 458, 44; U«- vin, U" d"' T’ 64 ; Poll‘ VII> ,01- — 3 fi». Hist. nat. XXI, 56. - v Plat.

* Ibid IX u. vC°lum- lx> 9> l2> I*. - 6 Ibid. IX, 14. — 1 Ibid. IX, 3 et ~ * V»rr. ù. ’ ’’ ;"'g- 0enrff ■ IV, 229-230; Pallad. I, 37, 4: Plin. XI, 44, 01. ,8’ 23- — 10 Corp. insc. lat. VI, 9618.

MEMliRANA . i Varr. ap. Plin. Hist. nat. XIII, 70. — 2 Hicli. Pielschmann. Lcde.ru. Hol: als Schreibmaterial bei den Aegyptern, Sammlung bibhotlieku'issenscli. Arbciten. 1895, p. 105; 1898, p. 51; Ilzialzko, Untersuch. üb. d. antiAe Huchwesen (1900), p. 2 el suiv. — 3 Au temps de Tibère appartient le témoignage de C. Cassius Louginus, liig. XXXII, 52, qui s'applique peut-être ici; Dziatzko, L. c. p. 133; Thompson, Gr. and lat. palaeogr. p. 35-42. — 4 Birt, Ant. Buchwesen, p. 61-70; Dziatzko, Brie/' ap. Pauly-Wissowa. Bcalencyclop. d. Alterth. wissensch. et Untersuch. p. 137. — 3 Birt, p. 70. — 6 Untersuch. p. 130. — 7 Cic. ad Att. XIII, 2i; Hor. Sat. Il, 3, 1 ; Ars poet. 388; Petron. 115; Pers. III, 10; Ouintil. X, 3, 31 ; Mari, I, 2, 1 ; Apoph. 7; Juv. VII, 22; l)ig. XXXII, 102; Paul, ad Timotli. Il, 4, 13; Dzialzko, Unters. p. 131. -- 8 Plin. XXXV, 108. — 9 Birt, p. 53; Dziatzko, Unters. p. 130, note 1. — 10 Cf. Plin. XXXIII, 98; Blümner, Gewerbe u. Kiluste, IV, p. 426.

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anachronisme, il n'en est pas moins intéressant de constater que le procédé était en usage de son temps.

D après Hérodote, les peaux destinées à l’écriture chez les Ioniens étaient des peaux de chèvre et île mouton1; les textes nous montrent qu’à la fin de l’Empire c’étaient toujours celles qu’on préférait2 ; nos plus anciens manuscrits sont sur parchemin de mouton. On connaissait même au ivc siècle le parchemin d’agneau mort-né, ou parchemin « vierge » 3. Quant à la préparation, les auteurs n'en parlent point ; niais comme c’est l’antiquité qui l’a inventée, on ne s’avance pas beaucoup en supposant que les procédés employés dans le haut moyen âge remontent à l’époque classique, d'autant plus qu’ils sont à la fois très simples et indispensables4. Après avoir fait macérer la peau dans de la chaux pendant trois jours, on la dépouillait de son poil, puis on la tendait sur une table où on la raclait avec un instrument tranchant [cf. corium] et enfin on la polissait des deux côtés à la pierre ponce, jusqu’à ce qu'on eût obtenu une surface parfaitement égale5. Dans l’Édit de Dioclétien, le salaire maximum de l’ouvrier ( membranarius , 8>ç6epo7rot<);) 6 est fixé à quarante deniers (0 fr. 90) par quaternion [liber] d’un pied carré (0m,30 de côté) 7, soit 0 fr. 225 pour la double feuille. G. Lafaye.

MEMORIA (A) [epistulis (ab)].

MEN [luxes] .

MENDICATIO, MENDICI. ÜTioysia, 7tx u>y6ç. — Grèce. — Le peintre le plus ancien de la mendicité dans la société grecque est Homère. L'Odyssée nous montre la mendicité comme y étant d’un usage courant et même très répandu. Elle a ses habitudes, ses traditions, presque ses lois. La classe des mendiants est nombreuse, variée, bien définie. Ses défauts sont connus de tous, comme aussi l’expérience a démontré qu’il y a mendiants et mendiants. La mendicité a déjà revêtu quelques-unes des formes qu’elle conservera durant toute l’antiquité. Les unes sont de tous les temps, d'autres appartiennent en propre au monde ancien et ont à peu près ou entièrement disparu avec lui. Rien de mieux observé, de plus réaliste que la peinture du mendiant ïrus dans Homère. Arnée, dit Irus (le sobriquet est encore une des caractéristiques des professionnels de la mendicité), est un colosse paresseux et gourmand, grossier, brutal, querelleur, lâche et fanfaron1. Il est déjà une sorte de parasite, car il pénètre partout familièrement. Sa réplique est vive et hardie, sinon spirituelle. Il redoute la concurrence, et c’est pourquoi, lorsque Ulysse introduit par Eumée arrive à son tour déguisé en mendiant, il lui fait si mauvais accueil2. C’est par goût, par choix, que le mendiant tel qu’Irus mène cette vie honteuse plutôt que de se livrer à quelque travail utile3. Ulysse, sous son déguisement passager, représente une autre catégorie de mendiants, qui durera autant que l’antiquité elle-même, et dont la psychologie n’est pas moins bien connue d’Homère : le nomade, le voyageur. Celui-là est parfois un honnête homme qui a éprouvé des revers. Plus rarement, mais le cas se présente, c’est même un homme puissant, illustre, que pour-

1 Herod. V, 58. — 2 Martian. Capctl. II, § 135 ; Augustin., Contra Faust. XIII, 18: XV, 4; Watlenbach, Das Scriftwes. in Mittelult. 3, p. 1 20- 1 21 . — 3 Medicina Plinii , ap. Val. Rose, Dermes, VIII, 25; Watlenbach, . 119. — - Bljmner, Gewerbe u. Künste , I, p. 266. — 5 Recette du ix° siècle dans Wattenbach, p. 139. Sur l’emploi delà pierre ponce pour le parchemin, cf. Catull. 22, 7-8. — 6 Gloss. Philox. s. v. — 7 Edict. Diocl. VII, 38, Bliimner. La lecture [ qua]ternionc n'est que probable: le texte porte ///f/ endone.

MENDICATIO, MENDICI. l Hom. Od. XVIII, v. 1 et suir. — 2 Ibid. X VIII,' 8 et suiv. — 3 Ibid. XIV, 226 sq. ; XVIII, 362 sq.; cf. S. Ambros. De off. II, 16.

Ulysse en nu-udiaut.

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suivent la Fortune ou la colère des di plus tard l’exemple le plus frappant de tombés d’un haut rang dans l’indigence ! ^ Ceux< pas toujours de retrouver plus tard leurs" ' * S('‘spèrent adoptent l’extérieur et les manières des" |>»

gaires : surfit tunique usée pend une besac'^u'^H une lanière decuir,un bâton assure leur nvM-oi/' par

ils vont de porte en porte, et ' '^'S-WW)1,

font le tour des tables bien garnies. Mais un reste de fierté leur fait volontiers insinuer qu’ils ne sont pas ce qu’ils paraissent5. D’ailleurs, la plupart des mendiants nomades ne sont que des aventuriers, et ceux-ci se donnent pour ce qu’ils ne sont pas.

Une de leurs ressources est d’exploiter la curiosité publique. Ils recueillent les bruits et les colportent, vrais ou faux6. On ne les croit guère7 et ils le savent bien, mais ils n’en débitent pas moins leurs nouvelles avec un aplomb imperturbable, assurés qu’ils sont de rencontrer, dans le public badaud des agoras de petites villes et dans beaucoup de maisons6, des oreilles complaisantes. Onles écoute, en effet, parce qu’ils arrivent d’ailleurs, peut-être de loin, parce que les nouvelles parviennent rarement et difficilement, parce qu’enfin le Grec aime les histoires, tout en se méfiant de leurs propos9. On sait que les mendiants ont coutume de bavarder à tort et à travers. Un de leurs moyens ordinaires est d’apporter à chacun la bonne nouvelle qui l’intéresse. L’aumône tombe plus abondante dans la besace d'un heureux messager ]

Il est d’ailleurs un autre motif, plus grave et plus élevé, pour que le mendiant soit assuré d’un bon accueil. Cest qu’il bénéficie des lois de 1 hospitalité 1 1 . Il est, comme! l’hôte, l’envoyéde Jupiter l2: les dieux et les Érin ny es vengent ses injures13. Quelquefois les dieux visitent les hommes cachés sous cet extérieur *\ On le Imite doncj avec un curieux mélange de respect et de îm p i- O a est sensible même dans la réception qu lUssc uioi chez Eumée. Celui-ci ne lui refuse rien et en av®l lui avec bonhomie et générosité, mais sans Jll' l!*l muler le peu de confiance que lui inspirent I (

Tous les prétendants accueillent Ulysse <1 11 h ^

convenable et lui accordent quelque don . An

fait exception, et tous les convives réprouM u a(j

cluite16. Cependant ils ne ménagent pas la nouveau venu et prennent un plaisir extrenn <■ aux prises avec Irus17. Ceci est la Parl ' ' . ' des mœurs primitives. Elle se donne libi 01 al 1 " ['3 de l’ignoble Irus18, mais n’épargne pas b >!,sl -nS ordi- Au temps d’Hésiode, la mendicité n » si lKL

— v Od. XIII, 433 sq. ; XVII, 197 sq. ; XVIII, 430 S<1' , ! Voir '’llfOI'ej

peinture de vase, 0. Jahn, Berichte des Sachs. Gescllsch . ^ Je Ml

Overbeck, The b. und Troisch. ffeldenicreis, pi. xxxvui, e ’ l3(i «fcj

1872, p. 187 et s. ; Monum. IX, 42. — 5 Od. XIV, 50 w|" g XIV, l' **

75 sq. - » Od. XIV, 122 sq. — 1 Od. XIV, 106 sq. 3“ ! xy|I) çb sq. #*'

— 9 Od. XVII, 508 sq. — >0 Od. XIV, 120 sq. i75: -u0<i’X '

XVIII, 221 sq. - 12 Od. VI, 207. — 13 Od. XIV, ^57; X ^ ^ XVIH. 30 M|' I

485 sq. — 13 Od. XVII, 330 sq. — <G Od. XIV, 374 sq.

— 18 Od. XVIII, 79 sq. — 19 Od. XVIII, 354, 362 sq.

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