‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 205 sur 275 · EN · texte numérisé non relu

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. ies conditions de la vie ont un peu changé. naire' ■ r CTccuue est certainement plus assise et plus L*i s0C". ^époque des grandes aventures de la guerre c»lme ?" 'l, ’.^riculture, le commerce maritime sont les fe Plions ordinaires des hommes. Aussi les causes de 0CC“pa' t de ia mendicité sont-elles plus terre à terre lin"f "" l’ Odyssée. Une mauvaise récolte, une culture ?lR r isante la paresse, l’imprévoyance, la mauvaise ,nSU (|.ms le négoce, les naufrages, sont donnés ,es‘ pius habituelles. Le court poème des Travaux C()"Z fours, y fait plusieurs allusions. Hésiode nous rjjg ^ son tour le mendiant allant de porte en porte,

J’use tenant sur la place publique*.

On manque de données précises sur la mendicité dans la Grèce archaïque postérieure à Hésiode, et dans la Grèce classique. On peut conjecturer quelle exista à Athènes avant Solon, beaucoup moins que ne le ferait supposer l’extrême misère qui régna alors dans le peuple par suite de la mainmise des Eupatrides sur la plus grande partie des terres. En effet, la pauvreté conduisait alors non à la mendicité, mais à l’esclavage2. Le débiteur insolvable devenait le bien du créancier et cultivait

pour autrui la terre qu’il possédait auparavant. Sa situation matérielle devait en être plutôt améliorée ; du moins le pain quotidien lui était-il assuré. Il arrivait aussi qu’il fût vendu à l’étranger comme esclave3. L’on vit même des parents réduits à une telle extrémité qu’ils vendaient leurs propres enfants. Il faut reconnaître que les lois de Solon mettent tout en œuvre pour prévenir sinon la pauvreté, du moins la misère. Aussi, dans la période où fleurit l’Aréopage, s’il faut en croire Isocrale, le panégyriste enthousiaste de cette institution, l’Attique n’aurait pas connu l’extrême pauvreté. Une judicieuse répartition des charges de l’État, la division de la fortune publique4, auraient fai L d’une honorable médiocrité le partage delà totalité du peuple8. Solon avait eu soin de mettre en honneur les métiers manuels. On sait qu’il avait enjoint aux pères de famille de faire apprendre un métier a leur fils, faute de quoi ils perdaient tout droit à être nourris par ceux-ci dans leur vieillesse 6. L’Aréopage punit quiconque ne vit pas d’un travail régulier1, elon Pollux, la paresse était punie d’atimie [atimia]8, sou.n le règne des lois de Dracon. Les lois de Solon maininicnl cette peine, mais seulement pour une double l'écidiui . Quelques auteurs prétendent même que Solon avait i inprunté aux Égyptiens une loi qui punissait de r 0rl quiconque ne pouvant justifier d’un genre de vie jjf1. " 1 11 taborieux, faisait sur ce point une déclaration faui* i"" "' °U v‘va'1' Par ^es moyens illicites10. Mais il simi I .'S| t'J| qU en ce cas y ava‘l autre chose que le 0cc * * ll q,‘ Paresse. L’Aréopage avait soin que les niain s "| "1S lussent réparties suivant les capacités pécul'agi'inilil |'^petltsétaient encouragés à se maintenir dans détail i Ure’ S méüers, le commerce 11 , évidemment de ne répi!.,"^*"' ^eS grands personnages, comme Solon, suivant^!6"1 pas au commerce maritime *2. Plus tard, >cidle, les choses se gâtèrent, quand l’Aréopage

' Hesiod. On

" J rtnt. Sol. xx f6, 395 Sf|- 300-50l, etc. — 2 Plut. Sol. XX,

P- S86. — s j 0<c *'■ Econ.pol. des Athéniens, 1. iV, ch. m, trad.

Vl11’ 6- - « rite 6 1>lut- s°l- XLII. - V Plut. Lye. LH. - , -Plut. Soi II t __ , "j 1'*0' f ‘ 1 ’ Herod. Il, 177, — il Isocr. Arei

' De’mosth , Are°P ' 5‘ - - 14 Boockh’ O. c. I. 1, ch. ,v

• C. Phorm. p. 918, 27; Poil. VIII, 114; Slrab. i

eut perdu de son pouvoir13, et la robuste pauvreté d’Athènes se changea en un contraste choquant de misère chez les uns, d’opulence chez les autres. Toutefois, alors encore, les rétributions accordées aux citoyens pour l'assistance aux assemblées du peuple, aux séances des tribunaux, à partir de Périclès, la viande provenant des sacrifices, les œufs, les fromages offerts à Hécate par les riches à chaque nouvelle lune, devaient être d’une assez grande ressource aux citoyens pauvres. Les distributions de blé, à prix réduit ou gratuit, et d'autres encore, tant reprochées aux Romains, n’étaient pas inconnues à Athènes14. On peut même affirmer qu’elles y eurent une influence démoralisatrice plus funeste dans une démocratie que dans la monarchie impériale. Elles y furent, en effet, un moyen de corruption politique des plus efficaces. Jusqu’à Thémistocle, le superflu du produit des mines était partagé entre tous les citoyens. Les distributions de blé étaient faites soit aux frais de l'État13, soit aux frais de particuliers généreux ou ambitieux, soit encore grâce à des présents venus du dehors16. Il y eut aussi des distributions d’argent, et la source en était parfois des moins pures, comme la confiscation des biens prononcée par le peuple à l’instigation des démagogues, à l'égard de citoyens qui lui déplaisaient. Ce moyen servait aussi à pourvoir aux indemnités de l'assemblée et des tribunaux11. Enfin, si le peuple avait le pain , il avait aussi les jeux. Ce serait une attention touchante à l’égard des pauvres que d’avoir voulu leur assurer de temps à autre une journée de plaisir en leur donnant l’entrée gratuite au théâtre, si l’institution des (ietoptxa, tant reprochée à Périclès [theorikon], n’eût lourdement grevé le budget de l’État et entraîné par la suite de dangereux abus18. Les Ôscoptxoc prirent en effet une extension plus grande et l'on distribua de l’argent sans qu’il y eût de représentation théâtrale, mais toujours à l’occasion des fêtes19. Comme à Rome aussi, on pratiqua parfois le système des colonies pour décharger la ville des citoyens pauvres qui y affluaient, attirés par les avantages qu'elle présentait20. La préoccupation de fournir du travail aux pauvres n’est pas étrangère non plus au système des grands travaux publics adopté par Périclès21. Bonnes ou mauvaises, suivant les temps, les mesures préventives ne manquèrent donc pas pour épargner à Athènes le développement du paupérisme. Il y a lieu de croire qu'elles furent assez efficaces. En ce qui concerne la période antérieure à Périclès, Isocrate affirme, peut-être avec un peu de complaisance, que pas un citoyen ne manquait du strict nécessaire22. Cependant, en cette même période, Cimon n'acquierl-il pas de la popularité par sa bienfaisance2*? Il est clair que pendant de mauvaises périodes telles que les guerres médiques ou durant la guerre du Péloponèse, quand la population rurale s’entassait dans Athènes tandis que ses récoltes étaient pillées, ses arbres et ses fermes brûlés, il dut y avoir beaucoup de misère et de mendicité. Nous croyons donc que Boeckh généralise trop le résultat de ses calculs sur la division des terres au ve siècle quand il dit que personne alors n’était assez

14-17. — 16 Plut. Dom. 18; Pericl. 70; Diod. Sic. XX, 40; Corn. Nep. Atticus, 2. - 17 Aristot. Polit. VL 5; Lysias. C. Nicom. p. 861 ; Boeckh, Econ. pol. 1. II, ch. xm, p. 359, de la trad. fr. — 18 Plut. Pericl. 15, 16; Dem. Philip. I, §§‘îo; O. I. III, § Il et 33; cl la palinodie. Phil. IV, 36; Boeckh, I.. c. — 19 Libau. Arguin. de la /'• Olynth. — ‘20 Plut. Pericl. 23. — 21 Ibid. 24, 25. — 22 Isocr. Arcop. 53. — 23 Plut. Cim. XVI, XVII.

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pauvre pour faire lionte à l'État par la mendicité1. Ils faut du moins tenir compte des circonstances. I) ’ ai lleur il y avait nécessairement à Athènes comme partout des estropiés, des infirmes, des vieillards, des enfants qui, dépourvus de soutien naturel, pouvaient se trouver sans ressources. En ce cas, une assistance proprement dite leur venait en aide. Pisistrate avait voulu que le citoyen estropié à la guerre fût nourri le reste de sa vie aux dépens de l'État, suivant en cela l’exemple de Solon qui avait appliqué cette mesure à un particulier2. Elle s’étendit plus tard à tous les infirmes qui possédaient moins de trois mines3. Ils recevaient une somme variant de une à deux oboles par jour 4, suivant les époques. De même, les enfants de ceux qui étaient morts à la guerre étaient élevés aux frais de l'État et, parvenus à l’âge d’homme, recevaient un équipement complet d’hoplite. Aux jeunes tilles pauvres l'État fournissait une dot qui leur permit de se marier '. Enfin on pouvait être secouru par le prêt collectif des associations libres dont il a été parlé à l’article eranos °. En résumé, nous trouvons à Athènes à peu près les mêmes mesures d’assistance qu’à Home contre le paupérisme, mais, et malgré les défauts que nous avons signalés, appliquées avec bien plus de discernement et d’intelligence. La principale cause, outre l’esprit plus pénétrant naturel aux Grecs, est qu’au lieu d’être, comme à Rome, des expédients surtout politiques issus de principes et de coutumes où l'idée d’assistance n était pour rien à l’origine, elles furent prises expressément pour prévenir ou secourir la misère. Celle-ci, ainsi que son corollaire inévitable, la mendicité, y fut donc réduite à son minimum. Mais, il ne faut pas l’oublier, tout ce qui précède ne s’applique qu’aux citoyens de l’Attique. Rien ne permet de croire que l’on ne vil pas à Athènes un nombre plus ou moins considérable de mendiants étrangers et nomades.

A Sparte, le rôle de chacun dans l’État était trop strictement limité, la richesse trop exactement réparlie, pour que la mendicité y pût trouver place. Grâce à la richesse du sol. non seulement on n’y voyait point de pauvres, mais tout le monde y vivait dans l’abondance 7, du moins, il est permis de le supposer, tant que les institutions de Lycurgue y conservèrent quelque vigueur. Quant aux étrangers, les Spartiates, qui n’admettaient pas dans la cité même ceux qui eussent pu se rendre utiles8, ne devaient pas aisément tolérer les fainéants sur leur territoire.

On a vu ailleurs [medicus] qu'il existait en Grèce une assistance médicale gratuite.

Rome. — Si de la Grèce nous passons à Rome, une première observation s’impose : autant les institutions de Sparte et d’Athènes étaient judicieusement combinées pour prévenir le paupérisme extrême et la mendicité, autant les institutions de Rome et ses mœurs semblent avoir été propres à développer ces deux fléaux. Il est facile d’en apercevoir les causes : d’abord, a priori , on peut admettre sans difficulté que des mesures efficaces dans de petites cités l’eussent été beaucoup moins dans une ville comme Rome, sans cesse en voie de transformation,

1 Boeckh, O. c. 1. IV, ch. m, p. 286, trad. fr. Voir Aristoph. Plut. 552; Alexis ap. Atheo.I, Id. 55 a. — 2 Plut. Soi. 65. — 3 Lysias, Tuip xoJ àStivàTou ; Acscli. O. I. Tint. §§ 102, 104. — i Suid. Hcsycli. s. v. àSôvato; ; Pliiloch. ap. Harpocr. s. v. iîiv«Toi, dans les Fratjm. Hist. de Millier, l. I, n“ 07, 68; Boeckh, Econ. [toi. Il, ch. xvii ; Schoemann, Antiq. hel. Irad. Galuski, l. I, p. 501. — 5 Boeckh, Econ.

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de plus en plus populeuse, centre de h, affaires et des plaisirs pour une grande n,îr ' !<1Ue’ d(* méditerranéen. Un-autre vice, particulier ^ m°nde trouve dans l’origine du principal second * *

citoyens pauvres, I’annona, puis à füsaw aC’OI>dé !lUx .i’annone, en effet, n’est point primitivemL ^

lion d’assistance, mais la participation les idées antiques, de l’ensemble des

lln(‘ institu.

tes cit ,tne> Suivant

lices de la conquête. Ensuite les trop souvent une arme politique aux mains dot nT et par conséquent un instrument de corruption , H none devint surtout, il est vrai, une forme d’assi -i publique, mais qui, en verlu de ses origines ‘resh i jours mal définie dans son but comme dans ses «mil lions. Les institutions alimentaires marquent un progrès sur l’annone, et cela précisément parce qu ellj lurent créées pour un objet bien déterminé et d’après un plan raisonné [alimenta, alimentarii]. Cet objet était d’arrêter la dépopulation, et le moyen fut d’entretenir aux frais de l’État un certain nombre d’enfants dans chaque localité où existaient ces institutions. Les effets durent s’en faire sentir sur le paupérisme, même en admettant que la faveur eût une certaine part à l’inscription des favorisés, comme on le vit dans l’application de la loi sur les pères de trois enfants.

Les mœurs ne poussaient pas davantage au développement de la richesse publique et privée par le travail. Le mépris où étaient tenus les métiers manuels interdisait aux citoyens pauvres une ressource aussi sûre qu’honorable. L’agriculture italienne, qui aurait dû nourrir la population des campagnes et l’y retenir, fut ruinée en partie par l’abandon des riches propriétaires, en partie par l’esclavage, et sans doute plus encore par la contribution en nature levée dans les pays conquis riches en céréales, et qui rendait la concurrence impossible au cultivateur indigène9. Que dire de la sportule [sportula], louable peut-être dans son principe, sinon qu’elle se transforma rapidement en une mendicité à peine déguisée? Et de l'usage d’acheter pour 1 esclave affranchi une tessère frumentaire, sinon que celait lui constituer une police d’assurance contre la paresse. L’excès des jeux de toutes sortes fut encore une des causes qui attiraient à Rome ou y retenaient une population toujours avide de spectacles. Un autre inconvénient des, distributions de grains et plus Lard d’autres demu» u de jeter dans Rome une foule d’étrangers, et, conmn t 1 Appien, tous les fainéants, tous les gueux, tous h » raau1 vais drôles de l’Italie, remarque qu'il applique aux lemj] troublés qui suivirent immédiatement la unul * ( |(jen sar IU, mais dont on peut étendre la portée. Lu 1 ,l qu’en principe les citoyens romains fussent s<.u à bénéficier des distributions tant à prix i< 111111 1 tuites, il est parfaitement sûr que de noinlin i ^ ^ trouvèrent moyen d’y prendre part. Il fallait '1^.^ gn un abus bien ordinaire pour qu’il osât, si conS.

présence même de l’empereur, comme Aunu ^ ,^u ^ tata à l’occasion d’une distribution tait' a sl . leg de s’en montra fort irrité. D’autre part que «lIM

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