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délaj|s sm! | (' ltl ùemosth. XLV (Apollodore contre Stepltanos) donne des
°cation du fonds de banque de Pasion. Goldsclunidt,
développent seulement dans la traite du moyen âge ; ils sont étrangers au droit grec.
Les fonds de commerce sont traités comme des uniles juridiques ( universitates iuris ) : on peut les aliéner et les louer en bloc comme tels lc. Il existe tout un ensemble de coutumes qui régissent les aflaires il argent et decrédit, et, parmi celles-ci, tout parliculièremenl, le prêt à la grosse aventure (va-j-rt xôv oxvüeraz ou ’éxocMTi;), l’une des institutions les plus importantes du commerce de l’antiquité nauticcm foems 1 . On appelle ainsi la convention par laquelle un capitaliste prête à un commercant (spécialement a un capitaine de navire) certains capitaux pour faire le commerce, sous la condition que l’emprunteur les lui rendra avec de gros intérêts, s'il arrive à bon port, mais sera libéré, et n’aura rien à rendre, s’il fait naufrage 1 \ Un titre (<7t)YY?x9’0 vauxix-q) est rédigé pour fixer les conditions du contrat19. Dans l’usage, le navire et son chargement servent de garantie au remboursement 20. Celte opération de crédit constitue une affaire aléatoire, mais de rapport fructueux quand elle réussit ; elle permet d’effectuer une remise d'argent à distance, puisque le marchand doit rembourser le capitaliste au port d arrivée, et le titre constatant le prêt, pouvant être cédé à un tiers, sans devenir par là une véritable lettre de change, peut en remplir au moins partiellement le rôle21. On s’est plu aussi à retrouver dans le prêt à la grosse 1 idée de l’assurance : le prêt à la grosse se comportait, dit-on, comme une assurance pour l’emprunteur, qui était dispensé de toute restitution au cas de naufrage. Mais si l’élément juridique de l’assurance (risque assumé par autrui) apparaît en effet dans le prêt à la grosse, son élément économique (risque réparti sur un grand nombre de têtes) en est absent. Il ne semble pas, quoi qu'on ait voulu conclure d’une sorte d’assurance contre la fuite des esclaves, que nous fait connaître Y Économique attribuée à Aristote22, que la notion actuelle de l’assurance ait été connue des Grecs2*. Le prêt à la grosse constitue enfin une espèce de société en commandite. D autres formes de sociétés commerciales (xoivumai), plus voisines de nos sociétés en nom collectif, sont connues des Grecs [societas] 2V. Elles se constituent librement. On rencontre des sociétés temporaires pour des entreprises de banque (par exemple à Délos) 23, ou pour des entreprises industrielles26; il faut mentionner aussi ces sociétés de crédit mutuel gratuit (’épxvot) si incomplètement connues au point de vue juridique [eranos] *\ qui jouissent eu jus-
n G.deVries, De foenoris naulici contractujure attico, Haarlem, 1842 ; Franck,
De bodmeria, Lübeck, 18o2; Goldsclunidt, Untersuchungen zur I. HJ § I, De VL O. (45, I ), Heidelberg, V855, et Uni oersalgeschichte des Handelsrechts, p. 55 ; llüllmann, p. 169 ; Dareste, Du prêt à la grosse chez les Athéniens, Paris, 1867; Matthiass, Das foenus nauticum und die geschichtliche Entwicklung der Bodmerei, VVürzburg, 1881; Sieveking, Das Seedarlehen des AUerthums, Leipzig,
1 803. — 18 Salmasius, De modo usurarnm, Lcydc, 1639, cil. ix, p. 378; Wacbsmuth, Bel/en. Altertumskunde, 2* éd. Il, P- 184. — 19 Dcmosth. XXXV, 1, p. 923; Bekkcr, Anecd. gr. I, p. 283, 9. — 2# Sieveking. p. 19; lierinann-Bliimner, p. 459. — 21 Goldschmidt, p. 334, 412 et s. — 22 Arist. Oecon. Il, 2, 34; Bückh-Frankel, I, p (AJ . Egger, Mém. hist. sur les traités publics, loc. cit. p. 39-40. —23 Goldschmidt. p. 55,n. 20; Ziebarth, Das griechische Vereinswesen, Leipzig, 1896, p. 10-17 ; cf. Caillemer, Lettre de change et contrat d’assurance, loc. cil. — 24 Caillemcr, Le contrat de société à Athènes (Études sur les antiquités juridiques d'Athènes), 1872; Brauts, Les sociétés commerciales ù Athènes (Rev. de l’inslr. publique en Belgique, XXV, 1882), p. 109 et s. : Ziebarth, p. 13-18 ; Schnioller, Die Bandelsgesellschaften des AUerthums (Jahrbüch. fùr Gesetzgebung... uouv. sér. XVI, 1892) ; Beaucliet, Bist. du dr. privé de la République athénienne, IV, p. 340; Francotte, IL p. 199 et s. ; de Medio, Contributo alla storia del contralto di societa in Roma, Messine, 1901, p. 54-58. — 23 Bull, corr, hell. VI, 6 cl s. ; Dcmosth. XXXIV, 13. 20 Corp. inscr. ait. II, 573. — 27 Zicbarlh, p. 15.
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lice pour leurs procès (èpavixai Sixac) d'une procédure de faveur 1 .
C'est d’ailleurs un trait commun des affaires commerciales que d’être soumises à des règles de juridiction spéciales. La paix du commerce a besoin de sanctions.
De là l’existence, dans la plupart des civilisations, de juridictions spéciales destinées à appliquer ces sanctions.
Ces juridictions peuvent être de deux types : tantôt ce sont des juridictions contractuelles, c’est-à-dire que les marchands s’y soumettent par leur accession à une corporation déterminée, et que les autorités chargées de rendre la justice sont nommées par le corps des marchands; tantôt ce sont des juridictions étatiques, imposées par l’État, qui les constitue, à tous les marchands.
Le premier type a pu être connu en Grèce ; il n’est pas impossible que les gildes marchandes connues sous le nom d'éranes ou de thiases aient exercé une juridiction disciplinaire sur leurs membres2. Mais le second type l'a emporté de beaucoup : les juridictions commerciales grecques sont des juridictions d’Ëtat, et, à l’origine, les juridictions mêmes de droit commun, puisque le droit commercial ne se sépare pas du droit civil. Mais, à partir du ve siècle, nous constatons, dans l'organisation des procès dits commerciaux (èairopixat Sixai), des caractères qui les distinguent des autres. Le plaidoyer contre Zénothémis, attribué à Démosthène, définit ainsi ces procès 3 : « Les lois donnent une action en justice aux gens de mer (vauxXr,poi) et aux commerçants (ejxitopoi) pour expéditions faites d'Athènes ou sur Athènes, et lorsqu’il \ a contrat par écrit. Elles ajoutent que si quelqu’un veut plaider hors de ces cas, son action n’est pas recevable. »
Il ne s’agit donc ici que des affaires concernant le grand commerce maritime. Nous n'avons pas à insister sur les particularités de leur procédure (notamment sur la contrainte par corps qui est donnée pour arriver à l’exécution, contrairement aux principes du droit commun) 4 [emporikai di k ai]. Ces affaires étaient instruites au Ve siècle par des magistrats spéciaux, les Now-rooixai5, qui paraissent avoir disparu au ive siècle. A cette époque, les affaires commerciales furent instruites et jugées par les thesmothètes 6. Mais il parut utile de leur assurer une procédure particulièrement rapide : la plupart des législations ont dù accorder cette faveur aux affaires commerciales \ et Xénophon faisait déjà remarquer combien une procédure accélérée servirait les intérêts du commerce 8. Aussi, par une réforme accomplie entre 355 et 342, rangea-t-on les affaires de ce genre parmi les affaires mensuelles (3{xai eaa^voi), c’est-à-dire parmi les affaires sommaires qui doivent être jugées dans le mois de la demande 9 [emmenoi dirai]. Or on sait, et 1 Aôiqvauov TCoXtTsfe d’Aristote l’a confirmé10, que les affaires men-
1 Arist. Rep. Ath. 52; Van Holst, De eranis cjraecorum imprimis ex jure Attico, Leyde, 1832. — 2 Cf. Ziebarlh, p. 174 et s. — 3 Demostli. XXXII, 1 ; Dareste, Plaidoyers civils de Démosthène , I, p. 279. * Demostli. XXI,
176, p. 571; XXXIII, 1, p. 892; XXXV, 4G, p. 939; LVI, 4, p. 1284; Meier et Schoemann, Der attische Prozess , éd. Lipsius, p. 903; Caillemer, Le contrat de prêt, Paris, 1870, p. 37; Thalheim, p. 134-135. — 5 Corp , inscr. att. 29 ; Suid.; Harpocr. v° Nau-coSixai ; Bekker, Anecd. qraec. p. 283, 3; Meier- Schoemann, p. 95; cf. Platner, Der Prozess und die Klagen bei den Attilccrn , Darmstadt, 1&24-25, I, p. 293; Biiclisenscliütz, p. 532; Perrot, Droit public , p. 311-313; Peslalozza, p. 31. — 6 Demostli. XXXIII, 1; XXXIV, 45; Arist. 'AOijvatwv tco).ueî«, éd. Kenyon, 59. — 1 Goldschmidt , p. 35, n. 63; Huvelin, Foires et marchés , p. 383 et s. — 8 Xcn. De redit . III, 3. — 9 Suid. et Ilarpocr. v° ",E|a{at)voi Stxat; Poil. Vil, 101. — io Ed. Kenyon, 52. — H Clerc, Métèques, p. 94- 96* Billeler, Gesch. des Zinsfusscs im griechisch-rômischen Alterthum bis auf Justinian, Leipzig, 1898, p. 27. — 12 Hüllmann, p. 155-159; B6ckh-Frankel, 1,
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suelles sont instruites par les introducteurs ( ' Désormais il parait donc, malgré certain aïïwY£‘?
entre les sources11, que les affaires
nes c°ntradictions
instruites par les introducteurs, et iue^r!!Cla,leS SOnt mothètes. J S 6Spar '«thed
La paix du commerce est assurée aussi tutions de police spéciales, compléments juridiction12. Ces institutions
par des instinalurels de la
. , , > ,, , comportent, au moins*
Athènes et dans les principales villes commercante, assez grand nombre de magistrats. Il faut citer en"’ mière ligne les inspecteurs de VEmporion^^J™' ’Eiucopiou) 13, qui ont la police du commerce maritime veillent à l’observation des prohibitions d’importer où d’exporter qui frappent certaines marchandises, etcon- | naissent des contraventions à ces interdictions'14' pujs I les agoranomes [agoranomos] 15, préposés à la police du petit commerce et des marchés, qui maintiennent le bon ordre sur la place publique16, fixent les heures et les I endroits réservés au trafic, contrôlent l’usage des poids I et mesures n, veillent à ce que les étrangers ne puissent ' faire le commerce sans payer les redevances qui leur < incombent 18, et punissent d’amende les contre- I
venants19. Il existe aussi des magistrats plus spécialisés,! dont les attributions de police ne s’étendent qu’à certaines parties du commerce. Tels sont les métronomes 20 ! qui, à Athènes, vérifient les poids et mesures [methonomos] et qui, peut-être, ont pour subordonnés tesprométrètes, peseurs officiels, qui pèsent le blé et les graines I moyennantun salaire 21 . Tels sont encore les sitophylaques [sitopuylax], préposés à l’approvisionnement de la ville en blé et en farine, et chargés de faire respecter les prescriptions législatives sur ce point22.
L’existence de ces institutions de police, comme déjà l’existence d’une juridiction commerciale publique nous sont des témoignages de l’intervention active de 1 État, tout au moins à partir du Ve siècle 23, dans 1 organisation du commerce. Il existe en effet une véritable politique commerciale des diverses cités grecques et nous avons déjà vu comment cette politique se traduit a l extérieur dans les rapports de ces cités entre elles ou avec les dats étrangers. Elle se traduit aussi sans doute dans la réglementation interne du commerce; mais nous n avons a renseignements sur ce point que pour un 1 1 1 ^ l>e nombre de cités grecques, principalement poui M 11 ne ‘ L’intervention de l’État, lorsqu’elle devient .active, pren conscience d’elle-même. Platon -% Aristote ,X<n 1 ^
déclarent unanimement que, puisque h comm nécessaire à la vie de l’État, il faut, bien qm 1 ^
ait une politique commerciale et cherche a an 1 ^
échanges et la circulation. Ce ne sont pas
vues
très éclairées ni très favorables au
no moi ; Becker-Gôll,
nufiiwi , — --■> - ' ,, 7 9 et s.; *
ranomen und Astynomen, l.cipzig, 1880; Uuvei , P- __ n Corp
p. 140 et s. - 16 Plat. Leg. VIII, 4, p. 849 A; Poil. * ■ ^ 9C8;
. ». i-i ii k. A.dcinnii Acliarn. >
. u liücliseof
p. 62. —13 Suid. v» •Eni|MXY)ïa!; Harpocr. v» ci v» Ayora- ;
schütz, p. 530. — 13 ld. p. 530 et s. ; Pauly-VVissowa, / ife-„iSC/,c7. H*
Charikles, II, p. 209; Haedcrh, Frallcotli, H,
inscr ■
VesA
aU. III, 98. - « AHsi. Polit. Il, 5; Àrisloph ^ inscr- J;
1406; Xen. Symp. Il, 20; Corp. inter, gr. -*83 • H79: Ml. '»*•
.9 Le Bas, VVaddington et Foucarl, \oij. ^ ^ Büc|isc0schulz, Perrot, Droit public, P- 33 22 Harp°cr'
p. 538. — 21 Harpocr. v» Bekker, Anera. ÿr. P ^ |, p.
VO Bekker, Aneerf. gr. V- 300, » = 2t Mayr,
-23 Heeren, Ideen , III, p. 283; Bocckh-Frankel, b P^ ^ £ __ 26 h-isl P° J gesch. p. 22-23. - 23 Plat. Leg. XI I, p. 918 ^ 4, p. I380 ’ "
VI, 5, p. 210; IV, 3, fp. 119; VII, 5, p. —
— 21 Xen. De redit. 3, 4.
suppl. 192 c Meier-Schômann, p
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s et encore moins, qui dirigent Tacti-
guidentcesau commerciale. Les uns comme
vité des i'la. .. . .ent naturellement aux Iradilions écono- ,es autres obéi ^ etces lraditions deviennent
miques et in01 " ^ jusqu'elles surviventaux causes qui les vite des prejug lgg débuts de ia période historique,
ont fait n.allr Maintes qu’inspire la prétendue influence ce S°"! ■!? du commerce, craintes promptes à s’éveiller COrrl11"" npuüles agriculteurs, qui sont les premiers .Via politique commerciale : ce sont elles qui, m°b! c amènent Solon à proscrire le commerce de la j Athene fermer le marché aux étrangers 1 ; elles
ParfullHJ". , i 0cres poussent Zaleucus à interdire les "t— Ls, e. à ne permets que les ^hanees effectués directement du producteur au con- “ inr par «iro*^ 2 [mercator]. De pareilles Tdwes ne se manifestent guère, à partir du v‘ s.ecle, 16 les États où dominent encore les formes de
-nomie agricole (Sparte, la Crèle). Ceux-ci s'efforcent, nal, routine conservatrice, de restreindre les relations commerciales avec l’extérieur 2 : défenses de voyager au Mors S mesures prohibitives à l’encontre des etrangers (ÇevT,XcMn«) 5, lois somptuaires 6, constituent autant de barrières opposées aux relations possibles d échanges. Ces barrières n’arrivent sans doute pas à arrêter tout mouvement commercial, mais elles contribuent tout au
moins à singulièrement le limiter.
Mais, dans la plupart des États maritimes, la politique commerciale se propose, à partir du Ve siècle, deux objectifs : assurer le ravitaillement de ces États ; se procurer des ressources financières. But annonaire et but
fiscal, tels sont les deux buts essentiels de l’intervention étatique dans le commerce. Si la régularité et la loyauté du commerce se trouvent garanties par cette intervention, c’est indirectement et en quelque sorte par surcroît, cette régularité et cette loyauté paraissant de nature a augmenter les chances de ravitaillement ou d’enrichissement de l’État. Les auteurs ne parlent jamais d’une protection désintéressée du commerce. Le traité des Revenus attribué à Xénophon, qui nous fournit (signe caractéristique du but fiscal poursuivi) les renseignements les plus détaillés que nous possédions sur la politique commerciale d’Athènes 7, indique, à vrai dire, parmi les moyens susceptibles d’augmenter le commerce, la distribution de certaines primes aux patrons de navires. Mais c’est là un trait isolé. Platon, de son côté, nous dit que, dans la cité des Lois , personne ne paiera d’impôts ni pour les exportations, ni pour les importations 8. Mais il ne s'ensuit pas que, pour lui, le commerce international doive être absolument libre. Platon n’a rien d’un libre-
•‘changiste, puisqu’il ajoute à son principe des prohibitions absolues pour certaines importations et certaines exportations 9. Chez les philosophes comme dans l’opinion courante, le point de vue annonaire et le point de vue fiscal dominent tous les autres. Cela explique certaines
,Ap'cn- Xv’ 35, p. 087; Demosth. LV1I, 31. — 2 Heracl. Polit. 20. X ls '1' Le?' X11’ D' 949 et s.; Arist. Polit. Vil, 5, p. 227. — * Isocr.
'»• A! Rarpocr. (Bckker), p. 104, 28; cf. Plat. Crit. p. 52 B. P 53'i r'C ^ 144> 30; Aelian. Var. hist. XIII, 15; Büchsenschüti,
-‘V ™e- p- 308‘ — 6 Par exemple [Plat.] Eryxias, p. 400 B. Us 'I? *’ P' 702 el s. — 8 Plat. Leg. VIII, p. 846 B. — 9 Souchon,
__I0 B'Il ' co,|oniijues dans la Grèce antique, Paris, 1808, p. 100 et s. 103. Ohjntl' m"1' P' 4 Ct s' 40 el s- ~ 11 Xen- De Bl‘P- Ath- 2, 3 et 11. — ‘2 Demosth. 1 10, 1 lut, Demetr. 33; Büchscnschütz, p. 543. — *3 Plut. Sol. 24.
lacunes législatives en apparence surprenantes, notamment le défaut de réglementation du taux de l'intérêt Il faut toujours songer à ce caractère de la politique commerciale grecque lorsqu’on doit apprécier telle ou telle intervention en apparence désintéressée (par exemple, contrôle de l’État sur les monnaies et sur les poids et mesures).
Le ravitaillement est l’une des plus grosses préoccupations de beaucoup de villes grecques, dont la population, trop nombreuse pour un sol assez maigre, est a la merci d’une disette" ou d’un blocus1'. De là de frequentes prohibitions d’exporter les denrées usuelles. A Athènes, Solon déjà défend d’exporter aucun produit du sol, exception faite pour l’huile seule11, el encore pour celle-ci des mesures son t-elles prises d assez bonne heure 1 pour qu’on ne puisse exporter que 1 excédent de la recolle sur les besoins de la population. Plus tard, la prohibition de Solon est levée pour la plupart des denrées auxquelles elle s’applique. Mais elle subsiste, et est même aggravée, pour le blé. Non seulement il est interdit d’exporter hors de l’Att ique le blé national, mais encore on ne permet pas de réexporter plus du tiers du ble étranger qui a pu y être introduit15. Des dispositions sévères sont prises pour assurer ces prohibitions : défense de conduire du blé ailleurs qu’à l’Emporion 1G, defense de mettre de l’argent dans une expédition maritime qui ne devrait pas rapporter, comme fret de retour, du blé ou des denrées à Athènes17. Des prohibitions d exportation portant sur le blé existent aussi dans d'autres pays : en Égypte, à Selymbria, etc. 18 ; et Athènes a sans doute imposé à ses alliés sa politique prohibitive19. Il existe également des prohibitions d exporter portant sur d’autres marchandises, considérées comme particulièrement nécessaires à l’État. Il y a toute une liste de marchandises prohibées, (àTcdppïita)20, liste qui s allonge naturellement en temps de guerre. Les textes citent notamment les bois de construction (pour les vaisseaux), la poix, la cire, etc.21, les navires et les armes22. Selon Platon, rien de ce qui est nécessaire au pays ne doit être exporté23.
Si la politique annonaire entraîne, comme conséquence logique, des prohibitions d’exportation, elle n’entraîne pas de prohibitions d’importation. Il ne parait pas qu’on ait jamais songé en Grèce a restreindre les importations pour favoriser la production nationale. Les prohibitions portant sur les importations que l’on rencontre parfois ne sont que des mesures hostiles prises contre un ennemi (formes de représailles ou de blocus). Telles sont par exemple, à Athènes, les prohibitions temporaires de faire le commerce avec Mégare24 ou avec la Macédoine25. D’autres prohibitions d’importer, de caractère plus douteux, doivent sans doute être interprétées dans le même sens : par exemple l’interdiction opposée par Égine et Argos à l’importation des poteries et des objets destinés au culte provenant d’Athènes 2“.
K. gci,ol. sur Pind. Sein. X, 04; Corp. inter, ait. III, 38 et Boeckh-Frënkel, I,
ü-j n, e. 15 Schol. sur Demosth. C. l'imocr. XXIV, 136; Harpoer. v°
t^oç’oj; Bekker, Anecd. gr. p. 255, 24. - 16 Demosth. XXXIV, 37; XXXV, 51 ; Boeckh-Frankcl, I, p. 107. — O Demosth. XXXV, 51. — 18 Arist. Oecon. II, p. 1348 B 33 ; p- 1352 A, 10. — )9 Biichsenschütz, p. 560. — 20 Bekker, Anecd. gr. p. 434, 5- Sch. Aristoph. Han. 362. — 21 Arisloph. Eq. 278. — 22 Demosth. De falsa leg. XIX 286. Sur tous ces points, voir Boeckh-Fraukel, 1, p. 67 ct s. ; Biichsenschütz,
p 551-552. 21 Plat. Leg. VIII, 847.— 24 Time. I, 139; Plut. Pcricl. 30.
— 25 Thuc. V, 83. — 26 Herod. V, 88 ; llermann-Bliimner, p, 424, u. i.
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La politique fiscale entraîne parfois aussi d’importantes restrictions à la liberté du commerce. En première ligne se placent les monopoles (govouioXia) 1 que l’État se réserve pour lui-même ou concède à des particuliers. Cette ressource financière est, d’après le témoignage d'Aristote, fréquemment utilisée2, quoique toujours, semble-t-il, à titre d’expédient temporaire et exceptionnel. Aristote nous fait connaître le projet émis à Athènes par Pythoclès de monopoliser au profit de l’État le plomb des mines du Laurium3, et l’existence d’une banque de change privilégiée concédée à un fermier par la cité de Byzance4. On peut peut-être rapprocher de cette banque l’énigmatique o-qp.oaixTpa'TtsÇa que mentionne une inscription athénienne5, et à laquelle sont versées les amendes prononcées pour falsification de poids et mesures. On a proposé récemment de regarder les timbres dont sont marquées les anses de certaines grandes amphores comme des poinçons officiels révélant l’existence d’un monopole de fabrication aux mains de l’État6. Plus tard, dans l’Égypte des Ptolémées, il existe des établissements d’État (banques, filatures, fabriques d’huile) jouissant de véritables monopoles. Les papyri et les ostraka récemment publiés ont iourni sur leur fonctionnement des renseignements précieux '. Du monopole on ne distingue pas l’accaparement, dont 1 Ltat use au même titre que les particuliers. Aristote nous édifie sur la spéculation de la ville de Selymbria, qui réalisa un jour un joli bénéfice en accaparant tout le blé disponible sur le marché, pour le revendre a haut prix8.
Mais c’est dans le système des impôts indirects et autres redevances qui frappent le commerce [portorium, telûs], que se révèle le mieux 1 esprit fiscal qui domine la politique des États grecs et spécialement d’Athènes. Rien dans ce système n'indique le souci de développer telle ou telle branche du commerce, de provoquer ou d’empêcher tel ou tel mouvement industriel. Il n’y a pas de droits protecteurs, il n’y a que des droits fiscaux9. Aussi a-t-on remarqué 10 qu’il n’existe pas de trace certaine de tarifs où les diverses marchandises soient taxées selon des proportions différentes : le principe est d’imposer toute marchandise, quelle qu’elle soit, pour un tant pour cent de sa valeur. Tout cela varie d’ailleurs avec les époques et les États, et nous ne sommes guère renseignés qu’à partir du ive siècle et pour Athènes. Deux sortes principales d’impôts frappent le commerce, perçus les uns à l’Emporion, les autres à l’Agora (ont’ ê^icopfou xai ayosa;) : les premiers sont les droits de douane, les seconds, les droits d étalage au marché.
Les douanes" sont des impôts indirects qui frappent les importations et les exportations de marchandises. Peut-être les perçoit-on sur tous les points d accès des États, par voie de terre comme par voie de mer , mais le commerce terrestre est si peu important qu il est à peine
l Poil. VII, i; Büchsenscliülz, p. 547-548 ; Francotle, II, p. H3 et s.
— 2 Arist. Polit. I, p. 1259 A, 20. - 3 Arist. Oecon. Il, p. 1353 A, 15. — 4 Ibul. Il, p. 1346 B, 25. — 5 Corp. inscr. gr. 123, I. 4, 28, 29; Becker-Goell, II, p. 208.
— C Keil, Berliner Philologische Wochenschrift, 1896, col. 1600; Francotle, II, p. 136-139. — 7 Grenfell et MahalTy, The revenue laivs of Ptolemy Philadelph, Oxford, 1896 ; Wilcken, Griech. Ostraka aus Aegypten und Nubien, Berlin, 1899.
— 8 Arist. Oecon. p. 1348 B, 33. — 9 Souclion, p. 100 et s. — 10 Biichsenschutz, p. 553. - U ld. p. 553-556; Boeckh-Frankcl, I, p. 382-388 ; Hermann-Blümncr, p. 424. — 12 Büchsenschütz, p. 556. —13 Dicaearch. (Millier), 11, p. 256; cf. Dessau, Ber Steuertarif von Palmyra ( Hermes , XIX, 1884), p. 486. — H Waclismutli, T.in aniiker Seeplatz (Jahrbücher fur Nationalûkonomie und Statistik, XIII, 1886, p. 83) pense que le Pirée était port franc, et que le cinquantième n’était perçu
question, dans les textes, de lignes de do • routes de terre12. Un seul tçxte assez vaTT T lc'S douaniers qui se tiennent à Oropos, sur hV ., lle la Béotie et de l’Attique13. Mais l’impôt est lilli's'111! 16 de rement perçu dans les ports. Au Pirée" et dT ".!lllnaiplaces15, c’est un droit ad valorem qui porte'io <n(i'UlreS cinquantième (itEvr^xo ît^), parce qu’il s’élève Tl ^ pour cent de la valeur de toutes les marcliam'l' "* importées ou exportées, sans distinguer entre ltTr'iT rentes catégories de marchandises 16. Plusieurs ins,' ’' tions nous fournissent des exemples concrets de TT tion de cet impôt (sur du blé, des couleurs, des lainàTs' des vases, etc.)17. En d’autres lieux, la quotité du droit est différente. Ainsi, au temps de la guerre du |vi0 ponèse, Athènes lève un droit de douane de dans les ports de ses alliés18. Peut-êtr
res droits accès Les droits de douane sont
» p. 100 re, à côté du droit
ordinaire de douane, existe-t-il d’autre soires, qui sont mal connus19.
perçus, sur déclaration explicite, et sous un contrôle sévère, si bien que les livres du receveur permettent de se faire une idée exacte du mouvement des marchandises dans une place donnée, et le plaidoyer contre Phormion les invoque pour évaluer le frêt d’un navire sorti du Pirée20. Nous avons aussi pu utiliser une indication que fournit Andocide 21 sur les revenus qu’Athènes tirait, au temps de la guerre du Péloponèse, du cinquantième (trente talents par an), pour nous faire une idée du mouvement d’affaires de cette place. En Macédoine, d’après Aristote'22, la ferme de la douane rapporte vingt talents. La douane des ports de la Chersonèse de Thrace vaut, en temps de paix, trois cents talents 23. A Rhodes, la douane rapporte, avant 164, un million de drachmes ; la concurrence grandissante de Délos la fait tomber à 150000 drachmes 24. A côté des douanes, impôts d’entrée et de sortie, il existe, au moins dans certains États (Corinthe par exemple) 2r’, des impôts de transit (oiayüqix* xeXr,)26. Nous ignorons leur assiette et leur mode de perception.
Le petit commerce est aussi frappé de redevances, qui I sont levées dans les marchés. A Athènes, cest I I tao;27, perçu par l’agoranome, et pour lequel U existe* un tarif spécial (à.Yopavotxtxoç vôgo;), qui, d api e s unea source assez suspecte, serait variable selon le liaUllt marchandises28. Il parait plus probable d adun Ui 1 impôt, d’ailleurs mal connu, n’est qu’un droit < e P ,lC'’
droit d’étalage29; sinon, on s’expliquerait ma que J ^
ception en soit confiée à un préposé a a P° 1(ç > • g
,4* par ailleurs que des taxes compliquée (Sevikbv véXoç et *°pvixov « '°0- au)C
outre à Athènes une sorte de droit d 0C ! Pvistenl vraiportes (oiaituXtov) 30. Les impôts de marc i ,on
semblablement, non seulement à Athènes, n . nombre d’autres places. Il y en a dans les viles
qu’à la limite de l'Emporion du côté de la terre. — Demoslh. XX" .
sium muneribus algue eorumimmunitate, ICQI'‘-’ ’ n Corp. >nscr' 1,1 ’
29: irivTzi*o<mûeiv ; Bekker, Anecd. gr. *’• 19‘’ ’ T|,uC. VU, 28 • Aul"'(|9° .
546, 814 nA 39. Voir aussi Demosth. XXI, ■ 20 Demoslh- XXX •
(«„«,), Xen. Bell. IV, 7, 8.- >9 Corp. insér ait. b ^ 0cc<m. II, P.
21 Audoc. De myst. 133 ; Boeckh- Frankel, f.p. »» *• ,S; BüchsenscMj
A, 16. - 23 Demosth. XXIII. "«et HT.-
p. 553-554. —23 strab. VIII, p- 378. - • ’ p Arist. Oecon. H, l’- ^
U, p. 1346 A, 7. - 27 Aristoph. A ch. \96 ,93 BucliseiischilU. P’ ^
2; Xen. De redit. IV, 49; Boeckh-Frankel I p. - • j9t.3o Hes5cl.. v - 28 Sel, Uiad. XXI, 263.-29 Cf. Boeckh-Frankel I R ^ , .. éd. P- Zenob. I, 74; Gilbert, Handbuch der gnech. ■
MER
MER
sali''
peut-être à Cos2,
et dans certaines foires
[aininent à Andania
(nota»11111'": " îue nous venons de faire connaître, il con-
AllX Oindre d’autres que nous nous bornons à men-
ïientden J0 ^ jg caractère, non de droits frappant le
tionner, <MI 1 11 geuiement de redevances représentant le
^Ttviccs rendus : U s’agit des taxes perçues salaire de senicts — • ••
de locaux affectés par l’État à 1 usage du
:0'ninClC- L> de la circulation commerciale. - Le m La rinprocher les uns des autres les hommes jommerced ' Xmlixemeni isolés : il faut organiser îlleS'" 'ns au’i permettent de surmonter les obstacles |CS.2S que la nature oppose à ces rapprochements Ït clés tenant aux formes du relief, au climat; d.sel do les surmonter dans des conditions de temps, Incommodité et de prix de revient qui assurent desrap- Pocbements rémunérateurs et réguliers. Toute 1 organisation matérielle du commerce dérive de ce besoin. 11 depuis les centres de production , et jusqu aux iébmclk établir des moyens de distribution (voies et moyens de transport, argent, crédit, poids et mesures) les richesses. On passera donc rapidement en revue les richesses qui sont appelées à circuler dans le commerce 'marchandises), leurs centres de production et leurs débouchés ; enlin les moyens de circulation et de distribution de ces richesses. Il ne saurait être question de pousser cette revue dans le détail : ce serait une étude encyclopédique, qui doublerait inutilement un très grand nombre d’articles de ce dictionnaire. Il s’agit seulement démarquer la place, et les connexions nécessaires dans le mouvement commercial, des questions qu elle soulève.
i. Les marchandises et les centres de production.
Les richesses commerciales sont appelées marchandises. Tous les biens mobiliers (et ces biens seulement, puisqu'ils sont seuls susceptibles de circuler) peuvent être, selon les circonstances, considérés comme marchandises.
Ce sont parfois des produits naturels. La répartition de leurs centres de production dépend exclusivement de la constitution du sol, des conditions de son relief et du climat. 11 y a aussi des produits agricoles. La répartition de leurs centres de production est encore étroitement liée aux facteurs naturels ; mais, puisque le travail de 1 homme collabore ici avec la nature, il faut déjà tenir compte des conditions de l’activité humaine. R y a enfin des produits industriels, dont la production, dépendante encore de la nature (qui fournit à l’industr e ses matières premières et parfois les forces dont elle a besoin), dépend cependant presque autant des conditions de 1 activité
1 Demosth. Ohjnth. I, 22. — 2 Voir l'inscription de Cos. Th. Reinach, des et. gr. V, 1891. — 3 Corp. inscr. att. Il, 602. — 4 Sauppe, Die ystmeninschri/t von Andania, Goeltingue, 1860, 1. 102. — S Xen. /Je n' I, 17; lu, 13; Eupolis, dans Poil. IX, 30; Boeckh-FrHnkel, I, p. 388. ~ '' Pour des inventaires plus complets, voir, outre Ath. I, 27 D, qui énumère,
!' '' S C°6tes, les spécialités de chaque pays, Hüllmann, p. 15-62, 198- > liiclisenscliütz, Die Hauptstaetten des Gewerbefleisscs ira Iclassischen Ucl,tl>m' Leipzig’ 18119 i Bw'tz und Erweb , p. 208 et s. ; Blümncr, Die gewer- He a,lig ke.it der Vôlkcr des Iclassischen Alterthums, Leipzig, 1860;
(l '"“'’n-Hliimner, p. 25 et s. 429 cl s. ; Boeckh-Frankel, I, p. 60 ; Schrader, passim, __ 1 lrls'’ Guiraud, Propriété foncière, p. 401 et s.; Francottc, 1, p. 51-160. Ge»cü r?°°Uc’ 11 P- 83- — 8 Slrab. X, 1. 0. — a Francotte, I, p. 85; Beck, Die diwci*. 1 ( ^'sens m technischer und kulturgeschichtlicher Bcziehung, Brauns- I — ,(l fl'e ' ‘f ’ alz, Aletallyewinnun (J im Alterthum (Progr. Stockerau, 1898). chenln 1 iV ^ ' 19 ' 11 Neumann et [’&vlsch.Phys ihalische Géographie von Grie-
IX, p " ’ Br®s,au- 1883- P- 236. — 12 Herod. 111, 115; Strab. 111, 2, 9. — « Slrab. Herman" ni* P' 487' ~ U Plin- XXXI> 7i Strab. V, p. 342; Hüllmann, p. 35; "muer, p. 12, n. 3 ; Boeckh-Frankel, 1. p. 126. — 16 Dio Chrys. XXXVI,
humaine. C’est donc àla lumière desexplicationsque fourniraient la géologie, la géographie physique, la géographie botanique, la géographie zoologique, la géographie humaine, l’histoire politique et l’histoire sociale, qu il faudrait examiner les indications de marchandises et de lieux de provenance que fournissent les textes anciens. Cette étude, peut-être prématurée encore., ne saurait trouver place ici. On ne saurait non plus énumérer toutes les marchandises citées par les auteurs, ni même le plus grand nombre d’enlre elles. Comme 1 importance coin merciale de ces marchandises est très inégale, on se bornera à faire connaître les principales d entre elles .
Le sous-sol de la Grèce est médiocrement riche en minerais. On y trouve surtout de l’argent et du hu' jARGENTUM, ferrum, aurum, etc. ; metallaI. L argent provient des mines du Laurium et d’autres mines situées en Chypre et dans l’ile de Siphnos 7. Le fer provient surtout de l’Eubée (près de Chalcis) #, et de Chypre s. On extrait aussi un peu de cuivre, de plomb et d or, mais pas assez pour alimenter un commerce d’exportation : aussi doit-on importer en Grèce de l’or d’Asie"’, du cuivre d’Espagne et d’Italie11, de l’étain de Grande-Bretagne et d’Espagne12. Par contre, le sous-sol fournit quelques pierres précieuses et de beaux marbres13 marmorJ. Il n’y a pas de sel gemme ; le sel marin provient surtout de Chypre, de Rhodes '* et de la mer Noire13 [sal]. L’ambre vient des régions de la mer Baltique, et est importé d’abord par les Phéniciens11’ [electrum].
Le sol grec donne en abondance certains produits agricoles. Mais les cultures arbustives y prospèrent plus que les autres. Les produits qui constituent à proprement parler des marchandises, et qui sont objets d’exportation, sont, en première ligne, le vin et l huile; en seconde ligne, les figues, les amandes, les herbes aromatiques et médicinales. Parmi les vins [vinum], les plus renommés sont ceux de Cliios ’ , de Lesbos et de Thasos. On les exporte jusque dans le Pont18, en Égypte , etc. Parmi les huiles, on cite celles d Attique, de Cyrène, de Chypre’-0. Les meilleures figues proviennent de l’Altique, de Rhodes, de Chypre, de Chios, de Chalcis , les meilleures amandes, de Chypre et de Naxos22 ; les herbes aromatiques et médicinales, du mont Hélicon23, d Anticyre (ellébore) 2É de Mégare33, etc. En revanche, un très grand nombre de produits agricoles doivent êtreimportés. Beaucoup d’États manquent de blé. Athènes, qui importe en plus que tous les autres îG, le fait venir surtout du Pont de la Sicile28 et de l’Egypte39. On demande dubois [materiaJ à la Macédoine30, et du silphium à la Cyrénaïque3' (fïg. 49251. Le papyrus est de provenance égyptienne32, les
p. 437 M; Strab. XI, p. 506; Helin, Das Salz, 2» éd. Berlin, 1001. - 16 Hüllmann, p «.J Helbig, Osservazioni sopra il commcrcio delV ambra, Rome, 1877; Hermanu-Blümner, p. 436, n. 2 (nombreuse bibliographie . - n Thcop. dans Athen I, 20; Strab. XIV, p. 645; Aelian. Var. hist. XII, 31 ; Hüllmann, p. 16-21 ; Boeckh-Frankel, I, p. 124 ; Hermann-Blümner, p. 229 cl s. - 18 Arist. De mirab. anse. 104; Strab. V, p. 214; Demosth. XXXV, 10 et 18. - 19 Herod. Il, 77 ; 111,6; Slrab. XVI, p. 752. — 20 Time. I, 2; Theophr. Hist. plant. VIII, 8, 2; Hüllmann,
p. 2i. 21 Alhen. XIV, 18, p. 652 B; 111, 2, p. 75; Plin. XIII, 7; XV, 18. — 22 Athen.
Il p. 52. — 23 Paus. IX, 28. — 24 Theophr. Hist. plant. IX, 9, 2 ; 10, 3. — 23 Plin. XXV. 154. — !6 Demosth. XVIII, 87; Herod. IV, 17 et 54. — 2ï Boeckh-Frankel,
! p. 07 et s. — 28 Theophr. Hist. plant. VU!, 4, 4; Time. 111, 86. — 29 Scliol. Arisloph. Vesp. 716; Diod. XIV, 79. — 30 Time. IV, 108; Corp. inscr. att. 834 b, col. 1, I. 66; Boeckh-Frankel, 1, 126. - 31 Her. IV, 169; Ariatoph. Plut. 920; Eq. 800-891 ; Theophr. Hist. plant. IV, 3; VI, 3. La fig. 4925 représente la coupe d'Arcésilas au Cab. des Médailles de Paris ; Dumont et Chaplain, Céramiq. I, p. 295; Mommenti Inst. 1, pi. xlyii ; Rayet-Collignon, Céramiq. grecq.. p. 81, fig. 43 ; Babolon, Le Cab. des Antiques, p'. xu. — J2 Francottc, I, p. 137; BUchsenschiitz, p. 435-436.
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parfums (encens, baume, myrrlu épices', de provenance orientale. Le coton est peu répandu en Grèce, et le lin n'y est cultivé que tardivement 2.
Des produits du sol, il faut rapprocher ceux des animaux.
La Grèce produit et exporte du miel (de l'Hymette ou de Chypre) [nel]8 et de la laine (de l’Attique) [lana]4. En revanche, elle importe des peaux du Pont et de l’Afrique 5 et de l’ivoire de l'Inde6.
Mais ce sontpeutètre les produits industriels qui, à partir de la fin du v* siècle, constituent les marchandises les plus importantes, celles qui sont échangées le plus universelle-
— 1764 — MER
cinnamome), et les | (fig. 4926) 8. Dès le vie siècle, Athè
ncs «• „ f, 08 P”” ïeipon lation ,J
elles
pap-
Fig. 4925. — Pesage et chargement du Silphium.
™nne"1 f«qu'e, Ethiopie, pat rin
termédiairedesPhé]
niciens’0. Les f briques de Samos paraissent jouir également d’une cerlaine renommée commerciale". On échange aussi des produits métallurgiques. Ce sont d’abord des armes, dont les provenances varient avec les époques (au temps de Pollux l2, on cite les cuirasses d’Athènes, les casqués de Béotie, les heaumes et les couteaux de Laconie, les boucliers d’Argos, les arcs de Crète, les frondes d’Acarnanie, les javelots d'Étolie, les poignards de Gaule, les lia-
ment, celles qui pénètrent dans les pays les plus lointains. On men¬
tionnera d’abord les poteries. Les poteries artistiques (sinon les poteries ordinaires, dont la fabrication est trop répandue pour laisser place à une grande exportation des produits1) sont échangées fort loin de leurs centres de production. Les ateliers de Corinthe en expédient jusqu’en Italie, à Carthage, en Crimée, etc.
1 Kallmann, p. 102-106, 211; Hernfann-Blümner, p, 434-543. — 2 Guiraud, Propriété foncière , p. 501-5034 Hehn, Kulturpflanzen und Bausthiere in ihrem Uebergang ans A sien nach Griechenland und Italien , 6e éd. pai Schrader, Berlin, 1894. — 3 Slrab. IX, 613; Paus. I, 32, 1 ; Aristoph. Paz,
— 4 Atlien. Il, p. 43 C; V, p. 219; Bliimner, Geioerbliche Thaetigkeit , p. 62 et s. , cf. Burnley, The history of wool and woolcombing, Londres, 1889. - - : Deroosth. XXXIV, 10, p. 910; Büchsenschütz, Besitz und Erwerb , p. 423. — ® Paus. I, 12, 4. — 1 Francotte, I, p. 56, — 8 Pottier, Catalogue , 11, p. 420-421 ; cf. Pernice, Oie korinthischen Pinakes ( Jalirb . arch. Inst. XII, 1897, 9). La figure est prise dans Duruy, Hist. des Grecs, II, p. 431 ; cf. Bayet-Collignon, Céramique, p. 15, fig. 6.
9 Francotte, I, p. 67; cf. p. 73. — 10 Périple de Scylaz ( Geogr . min. I, 112).
U Bliimner, Gewerbliche Thaetigkeit, p. 47, — 12 Poil, 1, 149. — Herod. IV,
Fig. 4926. — Transport de poteries.
ches de Thrace); puis des ustensiles (cratères d’Argos ", serrures de Laconie14, etc.). Mais, si les exportations | d’armes chez les peuples moins civilisés paraissent a\oirl eu, en Grèce comme partout, de l’importance (armesl grecques en Afrique)13, les exportations d’autres articles métallurgiques sont demeurées assez faibles 1 • 1 111 l'01 I sième catégorie de produits fabriqués est constitua par I les tissus , qui sont l’objet d’échanges actifs. Les lainages et les tapis viennent surtout de Milet", lesutunen I communs de Mégare18, les manteaux de * 1 1 nc’ , Achaïe l9. Beaucoup d’étoffes sont importées, -a °* lin vient d’Égypte, de Colchide20 ou de Tarent^ - < Lydie fournit aux Grecs des tissus renommes > étoffes teintes en pourpre sortent des ateliers p ciens23. Après les guerres médiques, et sur m' lfâ
les conquêtes d’Alexandre, les prodmts ^ ex « ‘ t étoffes d’Orient pénètrent en Grèce (soie gà
donnent lieu à un important commerce e > ^
travers l’Asie. La Grèce ne fabrique pas d ^ elles sont d’origine phénicienne ou egyp ien lgg
Une mention spéciale doit être reservi , articles d’importation, pour les esclaves,
pari
l’une desprinc1'
38 n. 9; Fr«#‘
159. Al li I 27 D. — 14 Büchsenschütz, Bauptstaetten, p- ^ __ n Ariscottè, 1, p. 89 et s. - «5 Herod. IV, 180. ■ ^ P<*.’
toph. Han. 542 et Sch. ; Atlien. XII, 519 B. naetig ked, P-
,002; Xen. Mem. 11,7, 6. - 1» Blümner, y ,,39; R-*
Poil. IV, 104. - 28 Aristoph- 1 ^ (fl soie,