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les temps homériques. Les voitures à deux roues sont toujours les plus employées. Les voitures à quatre roues ne se multiplient qu’après les guerres médiques '. Mais, malgré la simplicité et la robustesse de ces voitures, les chemins sont trop peu nombreux, et, à côté d'eux, il y a trop de sentiers à peine frayés 2 pour qu’on puisse régulièrement utiliser les voitures comme moyens de transport. On se sert surtout de bêtes de somme (mulets et ânes) 3. Le cheval est employé pour le transport des voyageurs, mais exceptionnellement pour celui des marchandises4.
C'est seulement hors de la Grèce continentale, spécialement en Afrique, dans l’Europe du Nord, en Asie, que les voies de transport terrestres ont une réelle importance5. Ces voies de transport ne sont pas grecques par leurs origines. Le commerce grec, en s’étendant dans un champ nouveau, a utilisé les routes frayées par ses devanciers. Il existe en Asie de grandes routes de caravanes6 L’ancienne route royale qui, à travers la Lydie, va de Sardes à Suse et à Ptéria, et constitue la grande artère des échanges entre le monde grec et le monde transtaurique 7 ; les routes de poste de l’empire achéménide qui deviennent, après les conquêtes d’Alexandre, les grandes voies commerciales de l’Asie hellénisée 8, sont des pistes de caravanes9. En Afrique, il faut citer les voies qui unissent l’Égypte à l’Arabie et aux côtes de la mer Rouge10, et celles qui, de Cyrène, conduisent, dans la direction du sud, vers Angila, où débouchent aussi les routes des caravanes de Lybie11. Enfin, vers le nord de l’Europe, le commerce grec emploie, comme voies de pénétration, les routes de caravanes que lui ont tracées les Phéniciens et les Étrusques. Il y en a deux groupes, qui aboutissent aux côtes de la mer Baltique, celles de l’est, en partant du Pont-Euxin, celles de l’ouest, en partant de l’Italie du Nord et de la Gaule et en traversant les Alpes. C’est par ces routes que passent les marchands qui vont chercher de l’ambre dans les pays du Nord. Leurs directions, que font connaître assez incomplètement les auteurs anciens, peuvent être rétablies, sans que l’on puisse prétendre à une certitude absolue, à l’aide des nombreux fonds archéologiques qui en marquent les principales étapes 12. La route des Phéniciens est celle de 1 est. Elle part d Olbia , à 1 embouchure du Boug, suit le Dnieper, le Pripet, la lasolda, puis le Niémen, jusqu’au marché de Raumonium, dont parle Pline14, et à la Baltique. Dès le v° siècle, les Grecs suivent cette route, et arrivent à la Setidavade Ptolémée,
1 Goelz P 251 ; cf. Radet, p. 107. — 2 Curtius, p. 67. — 3 Van-, De re rust. il, 6, 5; Aesch. II, 111, p- 282; Diod. XI, 57; Sch. Pind. Olymp. V, 6; Schrader, p. 21 et s. — 4 Hormann-Blüniner, p. 481, n. 0 et 7. — 5 Curtius, Die Griech. in der Diaspora ( Gesamm . Abhandl.), I, p. 174 et s. 6 Vidal de la Blache, Les voies du commerce dans la géographie de Ptolémée ( C . R. de l'Ac. des Jnscr. et Belles Lettres , 1896, p. 456 et suiv.). L’importance historique de la main-mise par les Grecs sur ces routes est clairement indiquée par lastrow, Ueber Welthandelsstrassen in der Gesch. des Abendlande* , Berlin, 1887, p. 10-14. — 7 Radet, p. 23-41; Goetz, p. 165 et s.; Hullmann, p. 90 et s. - 8 Goetz, p. 191 et s. - 9 Radet, p. 101 et s. - 10 Goetz, p. 210 et s. ; Bent, The ancient trade routes across Ethiopia (Geogr. Journal, 1893, p. 140-146). — 11 Goelz, p. 260-265. — 12 Wiberg, Der Einfluss der klassisclien Vôlker auf den Norden dur ch den Handelsverkehr (tr. Mestorf), Hambourg, 1867 ; Schumacher, Handels- und Kulturbesiehung Südwestdeutschland in der vorrômischen Aletallzeit, 1900; Genthe, Ueber den etruskischen Tauschhande nach dem Norden, Francfort, 1874; Sadowski, Die Handelsstrassen der Griechen und Rômer an die Gestade des baltisclien Meeres (tr. Kohn), Iena, 1877; JVliiller- Deecke, Die Etrusker, p. 264-270; Goetz, p. 295 et s. — i3 Herod. IV, 17 et s.; Slrab. VII, p. 306. — 14 Plin. IV, 94. — 18 Sadowski, p. 71-81. — 10 Genthe, p. 80.
17 [J p. 65-71; Duhn, Die Benutzung der ALpenpüsse im Alterthum (Neuf,
Heidelberger Jahrbücher, H, 1892); Hedinger, Handelsstrassen über die Alpen