‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 222 sur 275 · ME R · texte numérisé non relu

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peut produire *; tout autre gain que les revenus de la terre leur paraissait indigne d'un homme libre2. Dans ces conditions, l’industrie et le commerce ne pouvaient être que rudimentaires. Mais il ne se pouvait pas non plus qu il n’y eût pas de trafic ; et la preuve en est que Numa, suivant la tradition, établit huit collèges d'artisans3 ; or l’industrie suppose le commerce. Et ce n’étaient pas les seuls commerçants qui existassent alors4. 11 est certain également que, dès cette époque, Rome était en relation commerciale avec ses voisins et même avec l’étranger par ses frontières de terre. Les textes littéraires et épigraphiques nous ont conservé le souvenir de marchés réguliers, dont l’origine paraît fort ancienne. Tous les neuf jours se tenaient des nundinae où l’on faisait de nombreuses affaires ; les gens de la campagne affluaient alors dans la capitale5. A certaines dates aussi il y avait de grandes foires ( mercatus )6. D'abord les réunions solennelles de la ligue latine [latini] donnaient lieu non seulement à des cérémonies religieuses et à des fêtes, mais encore à des marchés considérables, au temple de Diane près du mont Aventin1; tous les ans, au 13 août 8, les Latins venus à Rome en profitaient pour faire leurs emplettes.' Chaque année avait lieu une grande foire, en Ëtrurie, près du temple de Voltumna, dans le pays des Volsinii 9 ; les marchands romains la fréquentaient. On venait surtout en foule, à date fixe, au pied du mont Soracte, dans le bois sacré de la déesse Feronia10. La masse abrupte de la montagne offre de loin un but bien reconnaissable aux voyageurs. Elle touche à la fois aux frontières des Étrusques et des Sabins ; en même temps elle est d'un accès facile à qui vient du Latium ou de l’Ombrie. Les Romains s’y rendaient comme leurs voisins pour faire le négoce ; les transactions donnaient fréquemment naissance à des démêlés avec les Sabins11. On y trafiquait principalement des choses nécessaires à la vie : le grain, les esclaves, le bétail, les métaux12 ; la monnaie d’échange consistait en bœufs ou en brebis, le bœuf valant dix brebis 13 ; puis on prit comme matière de paiement le cuivre ( aes ) dont on avait besoin pour les instruments de culture et pour les armes14. « Cet usage partout accepté, dit M. Mommsen, d’un équivalent commun des échanges; les signes de la numération, de pure invention italienne; enfin le système duodécimal, tel que nous le verrons en vigueur ; tous ces faits attestent, sans qu’on s’y puisse méprendre, l’existence et l’activité d’un marché intérieur qui mettait exclusivement en contact tous les peuples de la Péninsule *5. »

À la même époque le commerce maritime de Rome était fort peu développé 16. Qu’il existât, c’est ce que démontre, à défaut d’autres preuves, la fondation du port d’Ostie à

1 Plin. Hist. nat. X VIII, 40 ; Varr. De re rust. Il, 4, 3. — 2 Caton, De re rust. pr. ; Colum. I, 10; Cic. De off. I, 42, I5i. — 3 Plut. Num. 17; cf. sur la question, Waltzing, Étude historique sur les corporations professionnelles , I, p. 62 et suiv.

— ^ Wezel, De opificio opificibusque apud référés Romanos , p. 25 et suiv. ; Waltzing, Op. cit. p. 66. — 6 Fest. p. 173 a; Varr. dans Non. éd. Muller, C VIII, 25; Sen. Ep. LXXXVI, 12; Plin. Hist. nat. XXVIII, 5, etc.; cf. Huvelin, Essai historique sur le droit des marchés et des foires , p. 84 et suiv. — 6 Mommsen, Hist. rom. (trad. fr.), I, p. 262 et suiv. ; Corp. inscr. lat. 1 (2e édit. p. 300); cf. Huvelin, Op. cit. p. 99 et suiv. — 7 Dionys. IV, 25. — 8 Corp. inscr. lat. I (2e édit.), p. 325.

— 9 Liv. IV, 23, 24. — 10 Id. I, 30; Dionys. III, 32; Strab. V, 2, 9. - H Mommsen, Hist. rom. I, p. 263. — 12 Le sel ne figurait pas parmi les objets qu’exportait le commerce privé des Romains. On le tirait des salines d’Ostie, exploitées pour le compte de 1 État dès le temps de Romulus et d’Ancus (Dionys. II, 55 ; Plin. Hist. nat. XXXI, 7, 89); il suffisait à peine aux besoins de la ville; l’État se chargeait cependant, en vertu des traités, d'en faire conduire à ses frais une certaine quantité chez les Sabins par la via Salaria (Plin. Loc cit.’, Varr. De re rust. I, 14; III, 1

MER

l’embouchure du Tibre attribuée à Anf. . , même l’établissement des droits de dm!^ tendait y avoir perçus dès le temps des ï’°n P* 1 activité commerciale sur mer était alors en,,' ** l0ule des Etrusques et des Carthaginois19 • fi lesina'ns de place sur le littoral italique pour là guère

en formation. Elle dirigea ses efforts du côté de la Sicile29; on en a trouvé la preuve s, T®"®1

fa.t que, seuls de tous les Grecs les Siciliens ont"5 * leurs poids et leurs monnaies en

rapport exact et

mis

nimplei

avec la monnaie elle poids du cuivre brut de“uali(llc3 ■1 y eut, eu outre, échange de mots entre les Sicilien'..;

“ R“mams, P»ur, choses du comme,.?

L emploi exclusif de la forme dorienne dans les mntï grecs latinisés indique aussi que les Latins ont été ,n relations alors avec les villes chalcidiques de [J méridionale comme Naples et avec les Phocéens de Marsala22. Les termes «techniques du vocabulaire commercial, et notamment ceux qui désignent les principaux organes du commerce maritime [ancora,antena, nausea prora, nauclerus, etc.) furent empruntés par les Romains à la Grèce 23.

Par contre, aucun mot de langue sémitique n’ayant passé dans le latin, il est probable qu’il y eut fort peu de rapports directs entre les Orientaux et Rome. Les marchandises d’Asie qui y pénétraient alors 24 y arrivaient surtout par l’intermédiaire du commerce grec et par les I traitants italiens qui résidaient à l’étranger25.

La révolution qui substitua la République à la Royauté I et les complications qui s’ensuivirent, la lutte engagée contre les peuples voisins, contre les Étrusques, contre I les Gaulois, absorbèrent l’activité des Romains et les cm- I pêchèrent de tourner leur attention vers l’expansion commerciale. Us acceptèrent à cet égard, pour avoir les 1 mains libres en Italie, un rôle très effacé. La preuve en I est dans le traité de commerce conclu avec Carthage en I l’an 406-348 2e. Rome s’y engageait à ne pas laisser ses | citoyens naviguer, sauf les cas de force majeure, le long de la côte africaine, au delà du cap Bon ; en revanche, I elle pouvait faire le commerce dans toute la Sicile carthaginoise. De leur côté, les Carthaginois avaient la franchis®

du commerce avec Rome et le Latium, à condition de ne| pas commettre d’excès contre les cités d’Ardée, cl Anliuin, de Circeies et de Terracine. Vers la même époque se place! un traité passé avec Tarente, par lequel les Humains! renonçaientà doubler le cap Lacinienetà pénétn'i dansl le bassin oriental de la Méditerranée21. Mais hui P" 1 tique allait tendre dorénavant à leur faire abam mum cette humble attitude. Ils colonisent les poiù 11 1 ^ j

importants de la côté occidentale : Pyrgi, PorL

et 2). — m Fe3t. s. v. Peculatus; Gell. XI, 1 ; Plut. Popl ■ 1 1 • ' gr/ianis. 1

- « Plin. Hist. nat. XXXIII, 43; Varr. L. I. V, 163; uni

financière , p. 3. — 13 Hist. rom. 1, p. 264. — i6 Kemper, e te ^ fricgeM

Seewesen der Rômer von den âltesten Zeiten bis zum eis t } 65 —

— 41 Liy. I, 33; Dionys. III, 44. — 1» Mommsen, Hist. rom. , P- ‘ e( sloria

p. 193 et suiv. - 20 cf. Pais, Storia delta Sicilia e délia magna ^ ^ ^ di Roma , I ; Saalfeld, Italograeca , I : Vom aeltesten 1 ci heu ^ ^ gcj)rader, j Rom. — 2i Mommsen, Hist. rom. p. 271. 2- Ibid. P "'"' . Waarcnk'111^’

guistich-historische Untersuchungen zur Handelsgcschic i ^ Marquai

p. 45-47; cf. Weise, Die griechischen Wôrter im Latein. lonlbeau* du

privée (trad. fr.), II, p. H, rappelle que l'on a trouvé am ^ __ 25 llutielvm° siècle des objets phéniciens ; cf. Ilelbig, Das homer. P° ^ ^ p0lyb. Ht mann, Einfluss Plmniziens auf die Kultur des Occiden *• ^ rannée mW* I

Mommsen, Rom. Clironol. p. 320. Polybe attribue à loi ce ^ ^ ^ ApP*

de l’expulsion des rois et de la fondation de la Répub îq» >

Samnit , 7. — 28 Liv. XXXVI, 3.

Anlin'"

i Terracine

2, Minturnes 3, Simossa 4, Paestum

(|U littoral adriatique, Castrum novurn6, Ari- P,|iS Ce,JX h .iodes 8 ; pourtant ils ne sont pas encore

juin un> ■ 151 ' - - 1 - 4 1-’”

. pour briser les liens qui paralysent leur aSSeZ commerciale; ils vont même jusqu'à renou-

expanSIOnio "carthaginois, en l’aggravant, le traité passé «1er avec les ‘ ... a ;ie c<> voient

| veler antérieur

nt a • cette fois (448-306), ils se voient rcniem > ... ...

7ja mer Adriatique ; il leur est interdit d’entrer

i «cllire de “““ lès sujets de Carthage en Afrique et en en relations ^ ^ restreints à Carthage et à la Sicile.

Sarda‘St!e.! Ivaillen't lentement à modifier la situation ; ils

• i "Il An (I a n ( In

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. t aPS appuis parmi les villes grecques dont la cherC lCU n uelciue importance 10 : Marseille, une alliée manne Jhp oui avait secouru Rome de son argent dejàan(" jse'dela ville par les Gaulois 11 ; les Rhodiens12,

après la pr

représentants de la politique des neutres dans le monde fLnjnue- Apollonie13, la puissante cite illynenne, enlin Syracuse14. On sent venir le jour où la capitale du Lum sera obligée, par la force même des évenemen s, HVnlrer en lutte avec sa rivale maritime et commerciale.

Deux autres causes retardèrent encore le développement du commerce romain : les préjugés hostiles aux commercants et aux industriels, l’absence d une classe moyenne vivant des ressources que; procurent ces professions. La spéculation des capitalistes se portait sur le prêt terrestre [mutuum] ou maritime [nauticum foenus], sur l’exploitation à ferme des impôts [vectigalia], sur les entreprises à forfait [redemptio]. Quelques praticiens ou riches plébéiens spéculaient bien aussi sur le travail d’esclaves mis à la tète d’une boutique [mercator] ou d'un navire [navis], ou encore prenaient intérêt dans, le petit commerce tenté par un affranchi [societas]. Les affranchis, de leur côté, s’enrichissaient et formaient une catégorie de plus en plus nombreuse , mais leur inlluence sociale ne correspondait pas a leur fortune. La société romaine faisait un crime à ces hommes d être d’origine servile et leur reprochait la nature des métiers qu’ils exerçaient, indignes d’un ingénu1'*; elle leur refusait l’égalité des droits politiques [libertus, libertinds]. Ainsi l’extrême concentration des richesses et l’esclavage s’opposaient à la formation d une classe moyenne de marchands : c’est, au reste, ce qui nous explique la grande infériorité de tout le commerce antique.

Cette période vit pourtant s’accomplir une réforme très importante qui devait avoir une grande influence sur les transactions commerciales. Depuis les décemvirs lb, Rome possédait une monnaie coulée en bronze [as] ; mais il s en fallait que l’as eût été adopté dans toutes les villes italiennes: partout le type et l’étalon variaient17. Dès qùe I ta puissance romaine fut solidement établie dans la péninsule en 485-269 18, Rome s’empressa de créer un type monétaire commun à toute l'Italie et de centraliser la

Vell.

Liv. VIII, 4. 2 Vell. I, 14. — 3 Liv. X, 21; Vell. 1, 14.

Xv.V ‘ lbid-- 6 Liv- XXXVI, 3; Corp. inscr. lat. I, 1341.— 1 Liv. Ep. 22 , H‘ I’ U: Eull'op. II, 16. — » Vell. 1, 14; Liv. XXX, 13. — 2 Polyb. 111, v'i’v"3' ~ 10 Hist. rom. 11, p. 191. — H Justin. XLIII, 5, 9 ; Diod.

5’ - 12 Polyb. XXX, 5. — 13 Liv. Ep. XV. — >4 Diod. XX1I1, fr. 4. ~ O'c. De off. I, 42. 1G Mommsen, Hist. de la monnaie romaine (trad. Oeach ’l Mar(luardt, Organis. financière , p. 5 et 6 ; cf. Samwer,

P ipr *' ^ teren Tàmischen AJünzwescns. — 12 Mommsen, Hist. rom. Il,

Le c'ci°lî8î' ~ 18rJlin' Hist- nat. XXXIII, 44; Liv. Ep. XV. — 19 Mommsen, tumlH Oelot, De la révolution économique et monétaire qui eut lieu à Rome j,]','1" ^ècle avant l’ère chrétienne ; Saalfeld, Dur Hellenismus in I.atium. Dur(]v C ®î; cf. 111, 27; Zonar. Vlll, 17; Mommsen, Hist. rom. 111, p. 73; y’ ul- des Rom. (éd. in-4»), I, p. 471. — 22 Polyb. 1, 79, 88 ; Liv. XXI, 1 ;

fabrication des pièces. L’unité nouvelle fut le denier [denarius] d’argent ; les monnaies des autres cités ne furent plus tolérées que pour 1 appoint1

IL De la première guerre punique à i avènement d' Auguste.— La, situation changea singulièrement pour Rome le jour où, maîtresse de l’Italie, elle put, par une suite de succès, étendre sa domination sur les pays voisins . La lutte s’engagea d’abord avec Carthage, à propos de la Sicile. La première guerre punique, commencée en 490-264, se termina en 513-241 par un traité avantageux pour les Romains21. Le vaincu abandonnait entièrement la Sicile. L’ île devint une dépendance de l’Italie, et le commerce romain put s’y développer sans obstacle. Bientôt, en 517-237, à la suite de nouveaux succès, Carthage dut pareillement renoncer à la Sardaigne et laisser prendre la Corse JJ. En 525-229, par la répression des pirates illyriens de Scodra, les Romains affermissaient leur domination dans l’Adriatique et réunissaient à leur symmachie les cités grecques d’ Apollonie, de Corcyre et d’Epidamne23. Huit ans plus tard (523-221), dans une expédition en Istrie et en Illyrie, ils achevaient la destruction des pirates de 1 Adriatique24. La seconde guerre punique, qui suivit de près (553-201), fit descendre Carthage au rang de tributaire et de simple ville de commerce; elle assura à Rome la domination de l’Espagne et de tout 1 occident de la Méditerranée25.

A la même date (555-199), la ville grecque de Puteoli reçut une colonie26 et devint l’entrepôt du commerce de luxe avec l’Asie et l’Égypte. Les relations entre Rome et l’Orient allaient s’étendre. Rhodes et les villes commercantes de la côte qui faisaient cause commune avec elle, se sentant menacées par les Macédoniens, entreprirent de défendre l’Égypte et les cités grecques contre les attaques d’Antiochus et de Philippe de Macédoine. Rome intervient aussitôt; la lutte se termina en 558-196 par l’abaissement de la Macédoine et 1 abandon de sa (lotte , de son côté Antiochus, vaincu en 565-189, est relégué en Syrie ; ses éléphants sont pris et tous ses a aisseaux brûlés28. La troisième guerre de Macédoine eut pour résultat, en 586-168, la conquête de ce royaume et de l’Illyrie, l’affaiblissement de la Grèce, celui de Pergame et même des Rhodiens qui, à la suite d une démarché inconsidérée, se virent dépouillés de toutes leurs possessions en terre ferme29. Rome, allant plus loin, leur interdit l’importation des sels en Macédoine et l'exportation des bois de ce pays; en même temps, pour les ruiner, elle créait à Délos un port franc311. En vain demandent-ils à rentrer dans l’alliance de Rome; on ne le leur accorda qu’en 590-164 31 .

Ces victoires successives et la disparition de tous ses rivaux donna au commerce maritime de Rome une vive impulsion, tandis que l’établissement d’un vaste réseau

Mommsen, Loc. cit. p. 86 et 87 ; Duruv, Loc. cil. p. 478. — 23 Polyb. II, 9-11 ; cf. Liv XXIX, 12; XL1V, 30; Mommsen, Loc. cit. p. 97: Duruy, Loc. cit. p. 480. p0|yb. III, 16-19 ; Liv. XXII, 33; App. lllyr. 7, 8; Mommsen, Loc. cit. p. 108.

25 Polyb. XV, 18; Liv. XXX, 36; Mommsen, Loc. cit. p. 250 et suiv. ; Duruy

Loc. cit. p. 660. - 28 Liv. XXXII, 29; XXXIV, 43; Vell. I, 15; Strab. V, 4,

— 27 Polyb. XVIII, 27 sq. ; Liv. XXXIII, 30 sq. ; Plut. Flamin. 10 ; Mommsen, Loc. cit. p. 327; Duruy, Op. cit. II, p. 34. — 28 Polyb. XXI, 13 sq. ; XXII, 26; Liv. XXXVII, 45; XXXVIII, 38; Mommsen, Loc. cit. p. 361; Duruy, Loc. cit. p. 54. 29 Polyb. XXVIII, 9 sq. ; XXIX, 1 sq.; Liv. XL1V, t sq. ; XLV, 1, etc. ; Mommsen, Op cit IV, p. 27 et suiv. — 30 Polyb. XXXI, 7, 10; cf. Homolle, Les Romains à Délos (Bull, decorr. hell. VIII, p. 92 et suiv.); article dv.i.os dans la Realencyclopâdie de l’auly revue par Wissowa, IV, p. 2493 - 31 Saalfeld, Ltalograeca, II, Handel und Wandel der Rômer unter griechischen Bceinflûssung.

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routier, partant de la capitale comme centre, développait encore son commerce de terre [via] 1. Une série de bureaux de douane sont établis sur la côte italienne2; les douanes [portorium] comptent désormais parmi les sources de revenus les plus importantes de la République.

Et pourtant le commerce n’était pas vu d’un bon œil à Rome; on continuait à le considérer comme indigne d’un ingénu. Autrefois les sénateurs et les chevaliers, pour faire valoir leurs capitaux, prenaient des intérêts dans les entreprises commerciales. Mais, dès 536-288 une lex Claudia portée sur la rogation de C. Flaminius défendit aux sénateurs d’avoir des navires, si ce n’est pour le transport des produits de leur domaine 3. Les entreprises commerciales furent dès lors entre les mains des chevaliers ou des affranchis. Ceux-ci se livraient d’habitude en grand à ces opérations. Les chevaliers se réservaient l'usure en province et le commerce d’importation; on leur accordait, pour des motifs politiques, un régime privilégié [équités]. C’est eux que l’on trouve à cette époque dans tous les pays nouvellement soumis 4, sous le nom de negotiatores achetant au meilleur compte possible les céréales, ou les produits spéciaux comme les esclaves ou les denrées orientales en Grèce, à Cyrène, à Marseille, à Carthage, en Syrie, en Égypte, les amenant à Rome et les y vendant au poids de l’or. Ils sont à la tête de fortunes considérables, dirigent des maisons de banque et prêtent à gros intérêts h Il restait une dernière concurrence à vaincre, celle des banquiers et des spéculateurs phéniciens de Carthage. La chute définitive de cette ville en 608-146 11 laissa désormais le champ libre de ce côté aux commerçants romains. Bientôt après, la Macédoine et la Grèce ellemême étaient réduites en provinces 1 ; le grand centre commercial de Corinthe disparaissait en 146, remplacé par Délos, l’héritière de Rhodes. L’excellence de son port et son heureuse situation à mi-chemin entre l'Ilalie et l’Asie, faisaient de Délos le principal entrepôt et le principal marché de la Méditerranée orientale. Réduite jusqu’alors à un rôle économique secondaire, l’intervention victorieuse de Rome en Orient la plaça au premier rang8.

Désormais la monnaie romaine [moneta] avait cours légal dans tout l’occident de la Méditerranée; en Orient, les transactions se réglaient en or, métal que les Romains n’avaient pas encore monnayé9.

Pendant cette période, le commerce fut peu gêné par la réglementation; le droit d association entre les commerçants resta entièrement libre10 jusqu’en 690-64, date" où, pour des motifs politiques, tous les collèges furent dissous, à l’exception de quelques-uns11. Clodius les réorganisa en 696 12 ; mais César n hésita pas à les dissoudre de nouveau, ne conservant que les corpora-

Bergier, H ht. des grands chemins de l'Empire romain ; Berger, Ueber die Ueerstrassen desrômischen Reichs. — 2 Liv. XXXVi,7; XL, 51. 3 Liv. XXI, 03 ,

Cic. Verr. V, 18, 45. — * Belot, Hist. des chevaliers romains, II, p. 153 et suiv. ; Ernesti, De negotiatoribus dans ses Opuscula philologica et critica , p. 1 et suiv. — 5 p. Muller, Die Geldmacht im alten Rom gegen das Ende der Republik-, Dcloume, Les manieurs d’argent à Rome jusqu'à l’Empire. 6 App. Pan. VIII, Polyb. XXXIX; Diod. XXXII; Liv. Ep. 51 ; Mommsen, Op. cit. IV, p. 334 et suiv.; Duruy, Op. cit. II, p. 139. — 7 Polyb. XXXVIII et XL; Strab. VIII, 6, 23; Liv. Ep. 50. — 52; Paus. VII, 16, 9 et 10; Mommsen, hoc. cit. p. 339; Duruy, Loc. cit. P 146. — 8 strab. VIII, 6, 23; Liv. Ep. 52; cf. Mommsen, Loc. cit. p. 350, et Homolle, Bull, de corr. hell. VIII, p. 97 et suiv. — 9 Mommsen, Hist. de la monnaie romaine, II, p. 117 ; Marquardt, Organis. financière, p. 28. — 10 Waltzing, Étude historique sur les corporations professionnelles, I, p. 78 et suiv. 11 Ibid. p. 92; Ascon. In Pis. (éd. Kiessling), p. 6 et 7. — <2 Cic. ad Att. III, 19, 4.

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tions établies de toute antiquité13. R’lIn .U||r , j

droits de douane étaient établis à, un taux assez " ^f6, '°S vingtième ou le quarantième) ils frappaient surl^Tf t'6 objets deluxe venus de l’Orient15. Dans les pays q, L'3 les Romains les avaient en général maintenus et affe^ cà leurs publicains 1fi, mais ils avaient soin d'acid l’immunité aux Italiens qui commerçaient dans |,s ' ''' breuses contrées relevant de la République 11 * "u'"* retrouvé, en maints endroits du pourtour de la Médite* ranée, des inscriptions attestant la présence de ; ' ciants italiens, Itali ou cives romani qui negotim\ ou qui consistant^ ; ils étaient organisés en collèges poul faciliter l’exercice de leur profession et la défense de leu intérêts ,a.

En général, Rome achetait plus qu’elle ne produisait I Son industrie ne travaillait guère en grand; mais elle payait en argent la laine et les esclaves tirés de la Gaule et de la Germanie, qui lui venaient par Ariminum et les marchés du nord de l’Italie ; les produits si avancés de l’art sicilien, orfèvrerie, meubles, broderies ; les étoffes de Malte recherchées par les femmes, les laines, les tapisseries, les fers ciselés, les gemmes de l’Asie ; enfin les denrées de l’Égypte 20.

Parmi les objets de première nécessité importés en Italie, il faut citer principalement le blé. Dès celle époque la péninsule ne produisait plus assez de céréales pour nourrir sa population; il fallait faire appel aux pays étrangers. L’État romain, par les leges frumentamà distribuait à bas prix ou gratuitement aux citoyens pauvres les blés de Sicile, d’Afrique et d’Égypte. Le service de l’annone devenait une institution fondamentale et indispensable de la République [annonaj-1. I

En même temps, les objets de luxe affluaient dans la capitale. La conquête du bassin de la Méditerranée ew l’exploitation systématique des provinces avaient enrichi les grandes familles de l’aristocratie sénatoriale ou équestre ; l’antique sévérité des mœurs s’était singulièrement relâchée, et c’est en vain qu’on avait essaye par les lois somptuaires d’arrêter le courant irrésistible , qui entraînait la société romaine--. Ces h ' veaux des classes riches, aussi bien que es 1

croissantes des classes pauvres, servaient es m . du commerce et des négociants et confu )uaiC11 |

elles à faire converger vers Rome les PriM u< |

plus différentes des pays lointains. Pondant

III. Les deux premiers siècles de l'Lmpirr- connu cette période, la réunion de tout le mon e 1 ^ ([ui

sous une même administration, la sccun terri

régnait dans les diverses parties de ’™P rreS

comme sur mer, la cessation presque absolue g

, . ajsées les

dans les provinces soumises rendirent p us communications et répandirent partout la pio.l

13 Suet. Caes. 42; cf. Waltzing, Op. cit. p. «»• '

, ,3. guet. De chu -r"' I

indirects chez les Romains, p. 80 et suiv. - '- *uc*- XXXYlII, ""J

1. — 16 Cf. Cagnat, Impôts indirects, p. 83 et sui . ^ „ Corp. inscr. ■ ’

inscr. lat. I, 204; cf. Mommsen, Hist. rom. I , P- Ephem. ép>ûr- ’

2423 III 365, 444, 455, 531, 532, 800,5212, 0051; VIH. »-“■ ** p*. Ü-

34 *»■ V, 600, 006; Corp. inscr. gr. 2286-2288; Syriai

inscription parle “T TU**

tur Corp. inscr. Int. X, I/J7. ^ ta^tihus‘ WftHnOŒ» ej i

Kornemann, De civibus romanis in provins ™ Privatalterm^

les corporations professionnelles, II, P- • Realencyclop1" 111 )38i

(avec les références). — 2' Cf. article annon ' ür„anis. financier1'' L evue par Wissowa, I, P- ‘2316 ; M-rt,uar ôi Or ga Ugibv •«*

22 Baudrillart, Hist. du luxe, t. II; Houwng. De Rom

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vr d'AUguste et pendant deux siècles, le partir du i'c‘«n duStrie en profitèrent et prirent un essor loinmprcu et

juSqu’al()l'^ inC®" ^ g0uvernement multipliait les voies En même I.ion’ complétait et perfectionnait le réseau (jecommunic » République; des chemins car-

r lloT «"aient à Rome les paye les plus reculés

»ssai)ies Uaux transactions commerciales de

l]’,!e facilités accrues encore par l’établissement d'un F*. poste [CURSUS PUBLICUS].

produisait peu • : du vin de l'huile, d'excellent L ■! petite quantité, des laines, en particulier b'u’ T'irentc et de la Cisalpine; elle manufacturait le Sflcs poteries, et quelques autres marchandises, mais Vhil-ce que cela pour la population immense qui •habitait9 II fallait donc avoir recours à 1 importation et Huait' Chercher bien loin les objets nécessaires a 'existence ou aux plaisirs des Italiens *; « Rorne recevait iuraaiiuc de la Grèce, de l'Asie Mineure, de 1 Égypte, de h-Numidie; le nard des Indes et celui de Syrie, le baume Je Jéricho; les perles, les pierres précieuses, dont 1 usage devint fréquent sous Auguste; la pourpre, les étoffes de Cos celles d’Attale, tissus d’or; 1 ivoire, 1 ebene d Elhio pi(J 'le cristal de l’Inde. Sur les tables on servait le paon de Samos, la grue de Mélos, le faisan de Colclnde, la lamproie de Tartessus, le merlus de Pessinonte, l’ellops de Rhodes, le scarus de Cilicie, la pétoncle de Chios, la pintade et la poule de Numidie, les oies de la Gaule, dont on faisait grossir le foie dans le lait et dans le mit 1, invention qu’un consulaire et un chevalier se disputèrent, les oies de Germanie, dont le duvet se vendait cinq deniers la livre, l’aveline de Thasos, les dattes d Égypte, la noisette d’Espagne, les vins de tous les rivages de la Méditerranée, l’huile de l’Afrique, de l’Espagne et de la Grèce, des esclaves de toutes les régions. Les seules denrées de la Sérique, de l’Inde et de l’Arabie coûtaient annuellement à l’Empire vingt et un. millions 3 . » Les relations de Rome s’étendirent jusqu’au bout du monde. Des communications régulières avec l’Inde et Ceylan avaient pu s’établir *; des marchands d’Italie fondaient des comptoirs à la côte de Malabar et à Barygaza, a l’extrémité du golfe du Cambaye 5 ; ils pénétraient dans le Baclriane, au cœur de l’Éthiopie et dans les oasis africaines 6.

Pour la plupart des denrées importées en Italie, la mer était le grand chemin des transports. Des navires de commerce [navis] la sillonnaient en tous sens, avec une rapidité relativement grande. D’Ostie à Gadès on mettait sept jours; du même port on se rendait en Gaule Narbonnaiso et à Fréjus en trois jours, dans l’Espagne citérieure et à Tarragone en quatre jours ; la traversée de Pouzzoles à Alexandrie demandait neuf jours \ de r'ndes à Dyrrachium un jour 8, de Pouzzoles à Corinthe CllKI jours '. En général, un navire aidé d’un vent favo-

V0j„| Landeskvnde. — 2 Marquardt, Vieprivée, II, p. 33 et suiv. ;

III V ■>.*! '* tta^er^mery P- 005 et suiv. ; Friedl&nder, Mœurs romaines ( trad. fr.),

!0,81’ privatalter .

Hist d / * SU'V’’ Schiller, Gesch. der rôm. Kaiserzeit , I, p. 419. — 3 Duruy, tttut <lr P* analysant un mémoire de Pastoret, Mém . de Vins -

2(1 ü | !‘cp, \, p. ,g et suiv.; cf. le tableau plus loin. — V Clin. Hist. nat. VI, ar*c l'Asi ' '' .'nai"h Les relations politiques et commerciales de l' Empire romain 1,, blac||f, !" " n!a^‘ pendant les cinq premiers siècles de 1ère chrétienne ; \ idal de Hol ■ renrf. de. des inscr. 1890, p. 456 et suiv. — 6Plin. Hist. nat. VI, 34; «i„ |’x09.r‘ ’> 8; Xcn- Epi, es. IV, 1.-7 Plin. Hist. nat. XIX, 3 et 4. - * App. ~ 11 Phit !’ 9 tl|lilost- Vit. Apoll. vil, 17. — 10 Arist. Or. XLVIlt, p. 360.

IIOSl' °P- cit- VII, 17. — 12 Veget. V, 9; cf. Friedliinder, L. c. p. +21

rable pouvait parcourir un trajetdel 200stades(222kilom). par vingt-quatre heures10. Sur la Méditerranée souvent le voyage s’effectuait de nuit. Ainsi, en partant de Pouzzoles le soir et en touchant à Antium et à Gaète, un navire arrivait le troisième jour àOstie 11 [navigatio]. Par contre, il y avait toute une période de l'année où les bateaux ne se risquaient guère à naviguer, entre le 11 novembre et le 5 mars ( mare clausum) 12 ; la navigation et par suite le commerce d’importation n étaient donc actifs que pendant le printemps, l’été et le début de 1 automne.

Ce commerce maritime était doublé d un trafic de cabotage, qui assurait les relations entre la côte et l’intérieur des terres. Il en était ainsi à Rome même, ou les navires ne pouvaient arriver qu’après avoir déposé à Ostie une partie de leur cargaison qu ils confiaient à des chalands13, à cause des ensablements du littoral. Cette situation peu favorable subsista même après la création du port de Trajan ; les navires y abandonnaient leur chargement que l’on transbordait sur des chalands, remorqués par des attelages de bœufs1* [caudicarii]. Les cités commercantes des différentes parties de 1 Empire qui n’étaient pas situées au bord de la mer étaient obligées d’avoir recours au même procédé ; le Rhône avec ses bateliers de toute sorte [nautae] était la grande route commerciale vers les cités de la Provence comme Ai b s et Nîmes, et celles, plus septentrionales, de \ ienne et de Lvonls. Les collèges de batellerie fluviale existent partout où se fait quelque trafic, sur la Seine16 et sur la Durance”, sur le Rétis *\ sur les lacs de Cûme19 et de Genève20, sur le Rhin21, sur le Maros ■.

Quand on n’avait point de fleuve à sa disposition, on empruntait les voies terrestres et, dans les pays d’extrême Orient, les caravanes. C’est ainsi que les marchandises débarquées à Bérénice ou à Mvos-Hormos parvenaient jusqu’à Coptos23, oû que celles qui arrivaient de l’extrême Sud tunisien se rendaient en Maurétanie-*, c est ainsi que l’on se rendait en Éthiopie et jusque dans le pays des Troglodytes25.

Les besoins du gouvernement firent peser sur le commerce des contributions inconnues auparax'anl ; quelques-unes d’entre elles gênèrent sérieusement les affaires : l’impôt sur les ventes à l’encan ( centesima rerum venalium ) aboli par Caligula et rétabli dans la suite-” ; la taxe sur la vente des esclaves {quinta et vicesima venalium mancipiorum 27) certains droits d’octroi à Rome , une patente 28 établie sur les marchands et les ouvriers [aurum negotiatorium] à l’époque de Sévère Alexandre29, sans parler de la douane qui continua a être exigée à l’époque impériale sur toutes les Irontières des provinces [portoritjm]. 11 est xrai que, en compensation de ces charges, les marchands et les artisans jouissaient de certains privilèges. Le plus important était la facilité de se constituer en collèges et par là d’obtenir certaines immunités de charges publiques ou muni-

el +22. - <3 Strab. V, 3, 5; Dio Cass. LX, 11,2; Di g. XIV, 2, +. — 1+ Marquardt, Vie privée, p. 27; Waltzing, Étudesur les corporations professionnelles. II, p. 73 et suiv. — 15 Cf. de Boissieu, Inscr. de Lyon, p. 373 et suiv.; Allmer et Dissard, Inscr. du Musée de Lyon, p. +71 ; Waltzing, Op. cit. U, p. 30 cl suiv. On a trouvé dans ces différentes villes des preuves de leur activité. — 16 Corp. inscr. lat. XIII,

17 Ibid. XII, 721, 731, 982. Ihid. 11, 1188,1 109, 1180, 1183. - 19 Ibid.

V 320 5 3 911. — 20 Ibid. XII, 2397. — 21 Brambach, 939 cl 1068.— 22 Corp. inscr lat. III,' 1209. — 23piin. Hist. nat. VI, 102. —2+ Corp. inscr. lat. VU1, +308. Héron 'de Villcfosse, Le tarif de Zraia, p. 22 et suiv. —23 Xcn. Eplies. IV, 1.

26 Cf. Cagnat, Les impôts indirects, p. 228. — 27 Ibid. p. 232. 28 Ibid.

n I +7 et suiv. — 29 I.amprid. Vit. Alex. 24.

MER

cipales 1 ; nous on avons parlé à l’article mercator.

Pour favoriser l’essor du commerce à l’intérieur, le gouvernement autorisait l’établissement de foires nouvelles dans certaines villes ( me rca tus ), indépendamment des marchés hebdomadaires (nundinae)*. Il fut de plus permis à des particuliers d'établir des foires dans leur domaine3. Claude lui-même demanda aux consuls de l’autoriser à le faire4. Les textes législatifs aussi bien que les inscriptions nous parlent de cet usage5.

Le commerce romain, achetant plus qu’il ne produisait, entraînait une grande exportation du numéraire G. Aussi les empereurs défendirent-ils de le laisser passer chez les barbares et de le fondre en lingots1.

Quant a la législation commerciale 8, les négociants, en outre du droit commun, étaient régis par certains édits prétoriens4 et par des usages empruntés aux lois rhodiennes sur le jet et la contribution 10 [lex ruodia de j acte, p. 1173]: Rhodiae loges navalium eoinmerciorum sunt". Ces textes décidaient notamment que, lorsque des marchandises avaient été jetées à la mer pour alléger le navire et que celui-ci* avait été sauvé du naufrage'2, le dommage devait être supporté en commun par les maîtres du bâtiment et les propriétaires des marchandises qu’il contenait [lex] 13.

4° Du troisième siècle (le l'Empire jusqu'au règne de Justinien. — La prospérité matérielle dont avaient joui Rome, l’Italie et tout le monde romain pendantles premiers temps de l’Empire ne survécut pas à l’époque des Antonins. Depuis longtemps l’agriculture italienne était ruinée 14 ; quand les arrivages d’Afrique venaient a manquer, la disette se faisait sentir ‘5. Inversement, la multiplication inconsidérée des vignobles en Italie, en Gaule, en Asie Mineure, avait provoqué de graves embarras, et la mévente des vins ne causait pas moins de dommages que la rareté des céréales ; Domitien avait cru remédier au mal en ordonnant la destruction de la moitié des vignobles provinciaux et en défendant d en planter dautifs . L’industrie ne progressait plus. L’oisiveté et la corruption de la plèbe, le luxe immodéré des grands étaient peu favorables au travail productif. Le commerce subissait le contre-coup de cette décadence générale. Le despotisme impérial entravait le libre développement des villes municipales et de la bourgeoisie [municipium]; il inquiétait les fortunes : les riches étaient sans cesse menacés par les mauvais empereurs 11 . Au m* siècle recommencèrent les guerres extérieures et les révolutions intérieures. Elles enlevaient toute sécurité aux commerçants et nuisaient à la fois au crédit, aux échanges, à la consommation. De l’avènement de Décius à celui de Diodetien, 249-284, les Barbares pendant trente-cinq ans ravagèrent l’Empire. En l’espace de quatre-vingts années on compta vingt-quatre empereurs, dont deux seulement ne périrent pas de mort violente, et quarante tyrans.

i Waltzing, Étude sur les corporations professionnelles, II, p- 393 et suiv. — 2 Plin. Ep. V, 4; cf. Iluvelin, Essai historique sur le droit des marchés et des foires, p. 101. — 3 Corp. inscr. lut. VIII, 11451; Wilmanns, Eph. epigr. 11, p. 271 el suiv. - 4 Suet. Claud. 12. - « Corp. viser, lut. III, 184, 1421 ; VIII. 11451; Dig. L, 11,1 et Cod.Just. IV, 60. C p]m. Hist. nat. VI, 2S ; XII, 41. - 7 Cad. Theod. IX, 23, 1. - » Carnazza, Il diritto commerciale dei Romani. — 9 Dig. XIV, 1, 3, 4, 5. 10 Pastoret, Quelle

a été l’influence des lois maritimes des Rhodiens sur la marine des frites et des Romains 11784), p. 112 et suiv. — 11 Isid. Or. V, 1"- — 12 pauL Sent. II, 7, 1 à 5; Dig. XIV, 2, 2 pr. — 13 Cf. plus haut, p. 1173, col. 1 et 2.

11 piin. Hist. nat. XVIII, 7, 3. — 15 Dio Cass. LV, 26 ; Vell. II, HL Suet.

Au a. 16; Claud. 18 ; Ner. 45 ; Tac. Ann. VI, 13 ; XII, 43. - « Suet. Domit. 17; Stat Si v. IV, 3, 1 1 ; Euscb. Chronol. p. 160-161 ; cf. Gsell, Essai sur le régné de

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