‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 234 sur 275 · T^ctdf-v, »ÜÇ„*UV. - 32 Aesch. Eum · texte numérisé non relu

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et en menaçant le Titan vaincu, il reflète les 'nSUUL"nls actuels du nouveau tyran de l’Olympe SCnl ""lu mière générale, les poètes semblent l’avoir tou- I)U"' vu' jeune et gracieux, tel qu’un fils de prince, à J^où un duvet nouveau voile à peine les joues 2.

'T n’est plus aux poètes, mais à la sculpture et surtout ' ,'uture qu’il fauL nous adresser pourvoir se dessiner du héraut, appariteur des Olympiens. Les figures noires et la plastique archaïque nous '|W ,,al l’idée de cette conception artistique d’Hermès, /n’arrive pas fréquemment que le dieu figure pour son mpte propre et à son rang parmi les autres dieux du ciel Cependant cela se rencontre dès le vie siècle sur le vase Sophilos et le vase François. Sur le premier 3, il précède Hestia, Déméter, Léto, Poséidon, Amphitrite ; sur le second 4, c’est Iris qui, le caducée en mains, amène Pelée à Tliétis ; Hermès, avec Maia, est sur le sixième char, précédé de cinq autres couples divins : Zeus-Héra, Amphitrite- Poséidon, etc. On peut croire qu’il est le compagnon et non l’assistant des dieux sur d’autres vases encore et peut-être aussi dans la frise du Parthénon où Phidias l’a figuré parmi la procession des divinités 5. Dans ces cas, il est assez souvent près d’ Athéné0. D’une manière générale, c'est avec elle (ainsi qu’avec Apollon) qu’il est le plus souvent représenté, soit qu’il assiste à sa naissance (lig. 4933) 1 ou qu’il escorte son char 8, ou que tous deux soient témoins de quelque scène divine ou héroïque (fîg. 4933, 4944). Et, comme il n’est pas de mythe connu, ni de scène figurée qui les unissent en aucune action spéciale, on peut croire que les peintres les ont groupés simplement d’après l’affinité de leur tempérament intellectuel. 11 leur aura semblé que la patronne et l’amie d’Ulysse devait aimer la société d’Hermès. Sur une curieuse amphore attique ils marchent tous deux rapidement sur la mer9. Il est tout à fait rare qu’un rôle proprement personnel soit dévolu à Hermès, bien qu’on le voie combattant les Titans 10 avec d’autres dieux, tenant au cou par une corde une des têtes de Cerbère furieux11, et, plus tard, protégeant Héra 12 contre l’assaut de quatre Silènes. Plus tard aussi on le verra très fréquemment, par un contre-sens sur le mot homérique àoyEtfovrq;, terrasser cet Argus 'dont les yeux multiples surveillent Io(fig. 508, 509) 1;l. Mais cette scènene se rencontre guère dès les vases à figures noires. Les peintres de cette époque ont surtout aimé à faire d’Hermès l’assistant respectueux de scènes où Zeus tient la foudre14 et Apollon la cithare16, où Dionysos est avec Ariane, où soit ces dieux 10, s°it Poséidon, soit Déméter montent en char. Il est alors, caducée en mains, devant les chevaux prêts à partir1 • ou,

si la place manque, sur le côté derrière eux. Fréquemment il escorte Dionysos18, qui souvent a déjà autour de lui des Ménades. On le voit avec Hélios19, avec Apollon et Artémis tuant Tityos (fig. 2346). Un des services qu’il rend le plus souvent, c’est de mener, sur l’ordre de Zeus2\ les trois déesses au jugement de Paris. Tantôt il les précède à grands pas, tantôt il les assiste devant le berger de l’Ida21, qui parfois a l’air de fuir devant lui avec effroi.

Quelques monuments nous le présentent conduisant une file de divinités féminines, par exemple un ex-voto athénien en relief du vie siècle, où les Charités s'avancent d’un pas dansant derrière lui (fig. 36 50) 22. Sur un curieux et remarquable bas-relief, trouvé dans l’ile de Thasos (fig. 4933)23 et qui date au moins du premier tiers du

ve siècle, il les amène à Apollon. Sur des peintures de vases ce sont des Muses, des Heures ou des Ménades24 dont il mène la théorie. Il assiste aux exploits des héros 23 sans y prendre part et plutôt pour signifier que les Olympiens, dont il est délégué, ont les regards sur eux. Sur différents vases, dont l’un très ancien, il est présent à la poursuite de Troilos par Achille et à leur combat26. Sur un vase ionien, il est derrière Thésée combattant le Minotaure21, ailleurs près d’un héros qui part28, près de Perseus29, etc. Mais c’est Héraclès surtout dont il contemple les travaux. Est-ce parce que dès les temps anciens ils étaient adorés

n ailleurs Hormis assistera à la délivrance de Promélliéc par Héraclès dans une 1111 peinle vers le mémo temps d'après le npon. Xuo[aevoç : Arch. Zeit. 1858, pl. exiv. ~ 1 liom- n- XXIV, 340-7; Od. X, 278-9. — 3 Athenisch. Mitth. d. Inst. 1889,

‘en. Vorlegebl. 1888, pl. u. — 5 Cf. Bach, Neue Jahrb. für Phil. P- 433 sep ; Collignon, Sculpt. gr. II, p. 60, fig. 30. — 8 Olpè d’Amasis au ouvre, Jlevue arch. 1895, p. 388 (Boîtier); Gerhard, Auserl. Vas. 97, 119; PotÿW’ 'as' unt- F, 223. — 7 Monument i, 8, pl. xxiv ; 9, pl. i.v ; Gerhard, Auserl.

i l 8 Gerhard, Auserl. Vas. 136, 138, 139, 252; Pottier, Vas. ant. F 316. pl c ''aider, Cat. des vases de la Bibl. nat. n» 220 ; De Wittc, Élite céram. Il, Yl , ’ ^lails Homère, Hermès seul est porté sur la mer par ses ittSiXa. — '8 Mon. I ' P' «n»; Dumont-Pottier, Céram. p. 265. — U Monum. IX, pl. xlvi ; fa-J' . IS'"' P1 294 ; Rayel-Collignon, Céram. fig. 77 ( Brit. Mus.); Jahrb. d. lui’'1 1 ,nst‘ 1S93’ P1, P- 137-173. — 12 De Ridder, Calai, des vases de la 'V. n° 209. — 13 Klein, Lieblingsnam. p. 125 ; Annali , 1865, p. i-k ; Arch.

«le Km*7’ Pl‘ Êlite' 1H' 98'- BM- NaP ■ in- P1' 1V et Blite cér- 11,1 P- 200 ;

P Sh'j h °’ 1 302' ~ H De Ridder, Up.l. n» 229, fig. 18 ; cf. Arch. Zeit. 34, d,, j,. eim^s cocher de Zeus lançant l’éclair. — 45 Gerhard, Auserl. Vas. 15, 173 ; 11 a',^Cutal. 231, 294; Élite, II, 25, 36 i, 39, 50, 78, 1 15, etc. — 10 Bottier,

Vases ant. du Louvre, F, 56, 297; cf. Garduer, Catal. Cambridge, n° 105‘, 129; Klein, Lielil. 30 ; Gerhard, Auserl. Vas. pl. x (cf. Élite, III, 16), 40, 53. — 17 Dans des peintures de vases très nombreuses, par ex. de Witle, Élite, 11, 50 ; Gerhard, Auserl. Vas. 20, 24; Jahrb. d. deutsch. Inst. 1892, p. 61. — 18 Bottier, üp. I. F, 121 ; Klein, Liebl. p 68, n» 62. — 19 Élite, II, 115. — 20 Cyprin ap. Procl .Chrestom. Excerpt. (Hom. Ilidot, p. 581, col. B, I. 6-10: xati nposvayi-,* îs' **E^;xou tepî»; Tr.v ïfovtcu). — 21 Millingen, Coll. Coyhill, pl. xxxiv; Gerhard, Auserl. Vas.

pl. clxxi, CLXxu ; Arch. Zeit. 1882, p. 214; Pottier, Vas. ant. F, 13. Hermès est parfois accompagné d'un chien, sans doute celui du berger Paris mal placé. — 22 Bull, corr. hell. 1889, pl. xiv. Musée de l'Acropole. Elles sont Dois ; la dernière lient par la main un adolescent nu. = Arch. Zeit. 1882, pl. xi. — 23 En 1864 par Miller, Rev. arch. 1865, II, p. 438-44, pl. xxiv-xxv ; 1866, I, p. 430 sq. ; Denkm. und Forscliungen (Michaelis), 1867, p. 1-14 ; Frohner, Notice de la sculpture du Louvre, p. 32-41; Collignon, Sculpt. gr. 1, p. 277. — 24 Gerhard, Auserl. Vas. pl. xxxi. — 25 Jalm, Miinch. Vas., 95, 317, 1020. — 26 Wien. Vorlegebl. III, pl. i-vi ; Gerhard, Auserl. Vas. pl. ccxxiu. — 27 De Ridder, Catal. n“ 172, p. 79.— 28 Bottier, Vas. ant. F, 19. — 29 Gerhard, Auserl. Vas. pl. lxxxviii; Abhundl. Berlin, 1846, pl. i.

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l’un et l’autre en Arcadie 1 et y avaient un sanctuaire commun? C’est peut-être simplement parce qu’Héraclès est de tous les héros le plus souvent représenté. Parfois il est simplement près de lui avec quelques autres dieux dont Athéné est presque toujours2, escortant le char de l’un d'eux. Avec Athéné il lui rend visite 3; il marche devant lui en jouant de la cithare * ; il le regarde prendre une douche sous une fontaine 5, le présente solennellement à Poséidon (fig. 49311) 6, le mène chez Hadès 1 ou bien lui fait les honneurs de l’Olympe, où le char d’Athéné8 le conduit, et assiste à son apothéose (fig. 3778 et 3779) 9. Enfin, et ce sont les scènes les plus fréquentes, il l’assiste de sa présence lorsqu’il emporte les Kercopes 10 ou combat le Centaure "qui enlève Déjanire,

Pholcfls12, le sanglier d’Éryrnan the 13 , le lion de Némée", le taureau de Crète15,

Cerbère 16,Antée'\

Achélôos 1S, etc.

Un motif rare à cette époque est celui où le dieu porte, à travers les airs, le héros encore tout jeune enfant à Chiron 19 . Nous avons là une des premières mises en œuvre d’une donnée artistique

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barbe en pointe21. Dans la plastique, on ]a |„ exemple en même temps que les cheveux relevé^ Par byle, sur le bel Hermès du vase archaïsant de SosV Les cheveux fortement massés sont, dans les li n, '10S'2' plus archaïques, réunis en une natte""

Fig. 4936. — Hermès introduit Hercule dans l’Olympe.

qui sera souvent et magnifiquement traitée : Hermès, Tioij.Trôç, conducteur d’enfants-dieux ou de petits héros qu’il porte ou transmet à ceux ou celles qui prendront soin de leur jeune âge. Cette tradition est connue de Sophocle 2Ü, car son Œdipe a pu être remis nouveau-né à Hermès par une des nymphes héliconiennes au milieu desquelles il s’ébat. Mais les monuments montrent qu’elle est très antérieure à lui.

4° Physionomie, costume, attributs premiers d'Hermès. Le caducée. — Dans toutes ces représentations des premiers âges, sculptures ou peintures, isolé ou groupé avec d’autres dieux et héros, Hermès a sensiblement le même aspect : le trait commun et caractéristique est la

I pans. VIII, 35, 2.-2 Klein, Liebl. p. 35, 45, fig. 6, 50 ; Gerhard Auserl. Vas. pl. cxxxv, exxx^; Monum. I, pl. xxvt. — 3 Gerhard, Auserl. Vos. pl. cxxxu-cxxxn. . - 4 Mon. IV, pl. x. ; Élite. III, pl. i.xxxix. - 5 Gerhard, Auserl. Vas. pl. cxxxiv. - 6 Bev. arch. XIII (1889), pl. .v (Potlicr). - 7 Arch. Zeit. 1859, pl. exxv : p. 34; 1880, p. 74; cf. Potlicr, Lécythes, p. 41. - 8 Potlier, Vases ant. du Louvre, F, 116, 294; W'ien. Vorlcgebl. 1890-1, pl iv, 1 ; cf. Rayet- Collignon, Ce ram. pl. 8 (amphore agonistique) ; Gerhard, Etruslc. Vasenb. pl.xvm; Rayet-Collignon, Ibid. p. 126. — » Potlicr, Ibid. F, 1 17 ; Gerhard, Auserl. Vas. pl. cvui. — 10 Gerhard, Ibid. pl. ex. — " Mon. VI-VII, pl. tvi. — 42 Gerhard, Auserl. Vas. 120. — 43 Ibid. pl. xcvii, xcvm. — 14 Gerhard, Auserl. Vas. 93, 102, 308; Klein, MeUtersign. p. 44; de Ridder, fatal, n» 215. — F Gardner, Cambridge Calai. 99; Gerhard, Auserl. Vas. 98. — 16 Ibid. 129 ; Arch. Zeit. 1859, pl. exxv.

— 17 Arch. Zeit. 1878, pl. x; Klein, Meist. p. 70 et 131 ; Jahn, Münch. Vas., 114.

— 18 Arch. Zeit. 1862, pl. clxvii; Ibid. 1884, pl. vi; 1885, pl. v. — 19 Arch. Zeit. 1876, pl. xvii, p. 199; Wernicke, Liebl. p. 10; Jahn, n» 611. — 20 Soph. Ued. r 1104. — 21 Muller- Wieseler, Denkm. I, n° 42. Un beau buste du British Muséum , beaucoup plus tardif (Combe, Ane. Marbles, 11, 19; Baùmeistcr, Denkm. fig. 736), donne bien l’idée d’ensemble de l'Hermès plastique des premiers temps. On veut y voir aussi (Roscher) un Dionysos indien, ce qui confirmerait la ressemblance originaire des deux divinités. — 22 Clarac, Musée, pl. cxxvi, exxx, n“ 117, 118; Müller-

ires les

plat sur la nuque en rejetant deux boucles ou n,è * devant les oreilles; parfois ils sont enserrés d’une lT T letle21. Le plus souvent, comme ancien pâtre, J, j coiffé de la xuvé-q, haut bonnet en feutre- étant ,i’.,;n °h I devenu de bonne heure un dieu vovaaeur il o « -,

petase aux Larges bords préservateurs Sb. 11 semble même ! que ces deux formes soient réunies en combinaisons I singulières où la coiffure avec un fond élevé a une sort I

de large visière qui avance, forme qui déconcerte les ] yeux modernes I (fig. 4949). Hermès I

a ainsi un aspect d’homme mûr, assez rébarbatif28, I auquel il ne faudrait pas se mé- I prendre. C’est par gaucherie que les peintres lui ont façonné cette coiffure à formes si variées dans l’étrange. 11 n’y a guère qu’une peinture de vase figurant le dieu imberbe (fig. 4943) 21 avant le temps des figures rouges, et, dans cette période même, où le verra encore souvent barbu. Sauf pour les Ioniens qui paraissent avoir de préférence représenté sans barbe des dieux comme Hermès (fig. 49 3 7 ) 28 et des héros comme Hercule (fig. 3760), c’était, avant le ve siècle, une convention qu’aucun dieu ne fût représenté imberbe. C est pourquoi, à un regard sommaire, les artistes paraissent lui | avoir refusé l’air de jeunesse avec lequel 1 entreraient les poètes. Mais, à le bien regarder, non seulement sur le relief de Thàsos, mais même dans les peintures noires et archaïques, le dieu a la maigreur, la tournuit a r e et dégagée d’un être encore jeune. Un chiton, tiès oine selon l’usage dans les temps anciens, enserre scs lom

Wieseler, Denkm. II, pl. xi.vm, 602 ; Overbcck, Gesch. d. gncch. j

Frœlincr, Notice du Louvre , n° 19. — 23 Monument i , M, P • i/o,, -kabinet,

l'Acropole d'Athènes. Cf. Ovcrbeck, Plastik, 1,44; Fricdlün ei n~ 311-13; cf. Lncian. Joe. trag. 33, d'après qui la statue d 'a servi érigée à Athènes par les archontes, avait les cheveux altaci 'S. ^ (pervanogIu)-

de modèle pour beaucoup d'autres, cf. Arch. Zeit. vol. X ,1 au Louvre,

— 24 Par ex. sur un Hermès de marbre imitant un lies anci ^ verbeCk, Griech. Frœhner, Notice, n» 186; Clarac, Musée, pl. mi.xxxvi, n« 2/2i.e; o ' ' ^ lype

Plastik, II, p. 120. - 23 On trouve aussi sur les monnaies 1|CP^rosscs perles à la ancien, un pétasc dont la forme haute est ronde avec un rang i tre (jg. 4937.

base de la rondeur : Friedlander-Sallet, Berlin. Mün*ka me , > ^ouc »

L’effigie imberbe est bien celle d’Hermès, le revers poi a" j'ullc

toutes les peintures de vases précédemment citées. Four a i c’ ^ )es allires, mais (Furtwangler, Coll. Sabouro/f, pl. l) reproduit le style de oi ^ Aliserl.

le profil y atteste la ressemblance d’un modèle particulier. ^ m6roe

v«i. pl. ccxc. Une série de monnaies d’Ainos (en llirace), re| Roscher , t

. i- j:~.. imueioi , •

26 Voir ocnoclioé

type qui date du début du ve siècle, représente le dieu

p. 2398; Greelc coins, Brit. Muséum, p fig. 4937. — 28 Monnaie d’Aenos, en Thrace coins, 1877, p. 77 et 78 ; Duruy, Bist. des Grecs, b 1>- *°

représente le dieu mu < ,.l notre

, p. 77-8; Duruy, ^‘f^ata'l. M British Muséum,

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, |j,r 4933). Un manteau à longues pointes qui sV°lleS comme des manches ou une chlamyde prirnitit°inbe“ constellée de petits dessins, puis plus simple venlC".,(M est agrafée sur ses épaules 2. Une seule pein- (lig' K prie présente nu 3. Il est toujours chaussé de turc 1101 ayec un ample retroussis antérieur qu’on a

eu tort de prendre pour une aile stylisée 4 (voir fig.

2674; cf. fig. 4938).

L’attribut inséparable et absolument personnel du dieu est celui qu’il lient à la main et qui a été successivement appelé 'ïSooî et xTipuxmov en grec, virga et caduceum en latin 5. Il serait d’ailleurs inconcevable qu’un dieu comme Hermès n’eût pas une verge ou un bâton de main, d’une ou d’autre forme. D’abord il a été pâtre, et, quoique aucun monument connu ne le présente avec le XotytoSoXov proprement dit, cependant un bâton court et élargi de quelque manière par en haut convient au souvenir de cette ancienne condition (fig. 4934). Dans la poésie homérique il a fion pas le <rxr|7rrpGv 6 des hérauts et des rois, mais toujours la baguette, comme la magicienne Circé7.

Le poète se la figure en or8, pour en caractériser la vertu surnaturelle : elle endort, éveille, fait rêver les vivants9, puis charme, attire et conduit les âmes des morts10. 11 est rare, d’ailleurs, que les peintres qui les premiers ont figuré les conceptions homériques l’aient représentée comme une simple verge fine et lisse. Bien que cela se rencontre11 et surtout entre les mains du Psychopompe, comme on le verra plus loin, on trouve beaucoup plus fréquemment une tige compliquée (à l’extrémité que la main ne tient pas)debifurcalionsrecourbées et recroisées sur elles-mêmes, de façons assez diverses (fig. 4933, 4936, 4943). Soit que ces complications paraissent fournies par les éléments de la tige même ou par des pièces surajoutées, elles semblent être, comme l’appendice stylisé de la chaussure, une façon figurée de signifier les vertus spéciales de ces objets ; la poésie les exprimait à sa manière en les disant faits d’or. La forme à laquelle, après tâtonnements, on s’est arrêté est une tige surmontée d un 8 ouvert par en haut ou de deux cercles, le premier fermé, le second ouvert12 (fig. 4938, 4941). Les pâtres grecs ont pu trouver naturellement cette forme en contournant des scions laissés au bout d’une branche. Les peintres ont pu de leur côté l’observer sur des objets étrangers que

I Monumenti, IX, pl. lv; Furtwangler, Beschrvib. Berlin. 170V, Inscription : HEPMES EIM1 KtJLELNIOS. — 2 Parfois une nébride, Gerhard, Auserl. I,,s-Pl. xvi ; Arch. Zcit. V, pl. n. — 3 Gerhard, Auserl. Vas. pl. n — 1 Mon. Piot, h p. 64 sq. (Ueinach). — 5 Caduceum est une altération populaire de «ajùxnov, Bréal-Bailly, Diction, étym. p. 29. — 6 Hom. 11. VII, 276. — 7 Hom. Od. X, 319; et comme Athéné, Ibid. XIII, 429 ; XVI, 172, 456 ; Virg. Aen. VII, 190. — 8 Ce qui Peut-être ne signifie guère autre chose que « très belle, merveilleuse », car l'épithète «applique à Aphrodite : II. III, 64 ; Od. VIII, 337 ; Virg. Aen. X, 16; cf. Hor. Carm.

' S’ 0“ une jeune fille est aurea ; Od. V, 87 ; X, 277, 331 ; XXIV, 3 ; H\jmn. hom. XS1X> 13; Piud. Pyth. IV, 316(178) ; Horat. Carm. 1, 10, 18-9. — 9 Hom. II. XXIV, 3,3 : 0d • V, 47-8. - 10 Hom. Od. XXIV, 5 ; Virg. Aen. IV, 242-5. — » Arch. Zeit. ,SSj. pl. v; Gerhard, Iitrusk. Vasenb. pl. xiv, 1 ; Furtwangler {Berlin), 1835, 1895, ou se trouve en môme temps la simple baguette et le caducée, 1923, etc. Autres ex. ’J1' Munsterbcrg, Arch. Oesterr. Mittheil. 1892, p. 135, fig. 1.— >2 Cf. Preller ,Griech. ‘() Jl,‘ h P- 412, n. 2; Philologue, I, p. 312 sq. — 13 Gaz. arch. 1880, p. 167.

II n-tiouve la môme configuration sur un bandeau carthaginois, Ibid. 1879, p. 133 ; mnic emblème d’Iol sur des pierres votives, des monnaies autonomes de Carthage,

^ • 1876, p. 127. i4 Ann Mus(!e Quimet, I, p. 35, Chabas, Usage des bâtons de "“«•-«Cm. arch. 1880, p. 127, —16 Goblet d’Alviella, Migration des symboles,

leur signalaient ou leur apportaient des voyageurs tels que les Phéniciens. Parmi les emblèmes orientaux aujourd’hui connus qui avaient cette forme (mentionnée pour la première fois dans l’Hymne homérique à Hermès), signalons l’enlacement, au-dessus d un pied élargi, de deux rameaux ou cotylédons, reste et réduction de 1 arbre sacré de Phénicie13; la crosse des prêtres hébreux et égyptiens14; le pieu à bandelette15 ou la dégénérescence d’un globe ailé sur un fût conique16; les caducées véritables sur une stèle d’Hadrumète d’origine punique et ancienne17, et des formes analogues sur des reliefs hittites 18 qu’ont pu connaître des Grecs d’Asie Mineure 13 ; enfin les masses d’armes stylisées sur des cylindres de Mésopotamie20. Remarquons qu un globe surmonté d un croissant définit aussi le caducée commun. Or c’était là justement le symbole ou de Baal ou plus probablement de l’Astartè lunaire21. Sans qu’il soit besoin d imaginer une affinité originaire des deux divinités22, il suffit que des Grecs de Cyrénaïque ou de Samos aient fait connaître à leurs compatriotes ces dessins semblables aux complications naissantes du bâton magique d’Hermès, pour que ceux-ci, tout à fait indifférents au contresens mythique,23 se les soient appropriés24. Le caducée ne porte pas en lui un sens spécial ; il prend tous ceux dont la personnalité d’Hermès est revêtue. Ce dieu devenant, avec Hésiode, un héraut des dieux, son attribut devient celui des personnages divins23 OU mortels qui Fig. 4938. — Hermès en héraut.

remplissent ces fonctions. Hérodote et Thucydide nous apprennent que les parlementaires s’en munissaient dans leurs missions - . Sur un vase du v° siècle, Talthybios, qui mène Briséis, a un caducée d’une forme complétée et régularisée ‘7. C est parce que les peintres ont aimé surtout présentei Heimès comme héraut et maître des cérémonies de 1 Olympe, qu’il est devenu dieu-patron de la corporation -8 et que le caducée nous semble en être l’insigne - Au reste, bien que diverses formes divergentes se rencontrent a côté de

fig. 116. — 17 Perrot et Chipiez, Hist. de l’art, III, p. 403, fig. 338-9. — 18 ld. llid. IV, fig. 274 et 353. — 19 Le caducée est uu des hiéroglyphes des iuscriplions hittites : Mittheil. d. Vorderasiat. Gesellsch. 1900, pl. xxm, « (Messerschmidt, Corp. inscr. hittiticarum). - 20 Lajard, Mithra, pl. xxxvm, fig. 2. - 21 Cf. pl. de Hoffmann, Hermes u. Kerykeion. —"22 C’est pourtant ce que fait Hoffmann, Op.

I qui fait d’Hermès un personnage lunaire, ce que tend aussi à faire Bérard, Op.

I. Cf. Berger, L’Ange d’Astartè, p. 52-4. - « Clermont-Ganneau, Imagerie phénicienne. — 2V Voir Bérard, Cultes arcad. p. 287 sqq. où sont réunies toutes les indications sur les monuments phéniciens de toutes époques avec le caducée.

25 PanofUa, Abhandl. zu Berlin, 1848, pl. ni; Gerhard, Auserl. Vas. 82,

8 3 22 1 222. — 26 Hcrod. IX, 10; Thucyd. 1, 53; Demos th. U, 13. Le

caducée à la main d’un envoyé pacifique supposait qu'on se considérait comme en état de guerre, cf. Polyb. 111, 52, 3. — 27 Monumenti, VI, 19; Baumeister, Denkm. fig. 776; cf. Ann. 1858, p. 352 (Brunn). Le cercle d'en haut est fermé, celui de dessous maintenu par deux diamètres. Le héraut, costumé comme Hermès, ne tient pas le caducée de même. — 28 Poilus, IV, 91. — 29 Ottf. Millier, Handb. g 385, 3 et Creuzer-Guigniaut, Religions, II, part. 2, p. 687, croient que l imitation de bandelettes attachées à une baguette d’olivier a fourni 1; dessin du caducée*

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la plus typique \ on ne voit pas qu’il y ait une attribution spéciale de l'une ou l’autre forme à telle ou telle fonction. Cependant, quand on a voulu manifester en Hermès le caractère spécial de charmeur du sommeil et de la mort, il est arrivé qu’outre le caducée banalisé, on lui a remis en plus, dans l’autre main, la simple baguette magique 2. Quelquefois, il tient une fleur de lotus11 et des bandelettes pendent de son caducée en signe de supplication (fig. 4938) 4. Le plus souvent il l’appuie presque sur l'avant-bras, l’extrémité de la tige étant entre ses doigts et l’entrelacement supérieur vers le coude ou la saignée du bras. Mais il le brandit aussi comme une arme, le porte sur l’épaule, le tient par le milieu, l'élève horizontal au-dessus de sa tète5 ou le plante en terre devant lui, etc. Parfois le caducée est simplement dans le champ près du dieu comme marque d'identité.

Ce qui a dû faire la prodigieuse fortune de cet insigne, c’est l’oubli même où on était de son origine et le mystère de sa signification. De là aussi une transformation dont

on aperçoit quelques traces dès le vc siècle. Le croisement des parties recourbées devient l’enlacement de deux serpents, dont les queues coïncident, dont les corps décrivent un S, dont les tètes se regardent G. La métamorphose a pu se faire par simple développement du motif ornemental. Toutefois il est probable qu une fois encore les Grecs ont emprunté un emblème oriental sans en approfondir la signification. Sur le même bandeau carthaginois qui nous a présenté le caducée classique, un serpent se tord autour d’un cippe '. Ce reptile était le symbole spécial du dieu-fils des Phéniciens 8. De plus, sur un objet cbaldéen datant de trente siècles environ avant notre ère, on trouve deux serpents enlacés figurant les lignes mêmes du caducée-type9. Il est probable que des objets ainsi ornés 10 étant parvenus dans le monde grec, les artistes en ont pris 1 idée du caducée serpentin, qui se trouvait du reste symboliser la vie et l’action infra-terrestre du dieu’1.

5° Autres types premiers d'Hermès : A. L'Enfant au berceau. — S’il est un dieu avec lequel ait librement joué

l Pottier, Vases ant. du Louvre, F, 19.— 2 Munsterberg, L. I. ; Preller-Robert, Myth. 1, p. 401; Verhandl. der Philologenversamml. Géra, 1879, p. 115; cf. Paus. X, 30, 3. Labaguette est rare sur les vases du v« siècle (voir notre fig. 4947). On ne la trouve plus du tout dans les temps romains. — 3 Jahrh. d. d. Inst. 1892, p. 61.— l Coupe du Louvre ; Klein, Meistersignat. p. 1 14; Pottier, Vases du Louvre, p. 137, G 10. — 5 De Witte, Hôtel Lambert, pl. i, p. 15. — « Définition du :

Schol.ad Tliucyd. 1, 53 ; une glose d'Hesyçhius (s. t>.) semble indiquer que Sophocle aurait fait allusion à celte forme. — ” Gaz. arc/l. 1879, p. 133. 8 Bérard, Op. I. p.

293-4. Unbas-reliefde Baalbck présenleun aigl tenant un caducée dans ses serres ; on le retrouve aux portes du temple de Boetocé. Les Syriens adoraient une triade héliopolitaine dont un des termes était Hermès ; voir Comptes rendus Acad. Inscr. mars-avril 1901 (Perdrizet). — 9 Sarzec-Heuzey, Drcouv. en Chaldée, pl. xl|v, fig. 2 a, p. 235. — 10 Deux serpents enlacés sont estampés sur une feuille d or ornant un couteau de silex égyptien; de Morgan, Rech. sur les orig. de l'Égypte, p. 115, fig. 136; cf. Macr. I, 19; Sanchoniat. éd. Orelli, p. 44G. — 1* Guigniaut-Creuzer,

l’imagination amusée des Grecs, c’est le serviul, le et • I Hermès. Dès avant le vf siècle, en même temps plaçaient attentif et sérieux près des grandes "!', héroïques et divines, pour mieux marquer sa p,.SeS I passion du bétail ils en faisaient un voleur de bœ"|" cela les menait presque aussitôt à lui donner les lr '■ d’un jeune enfant égoïste et espiègle. Le vol des bœ'ql était en ce temps un des griefs que se donnaient le volontiers les uns aux autres les maîtres de domaines* voisins. Achille en parle dans Homère comme d’n chose courante. Dans la légende, les bœufs d’ Hélios sont ! pris par les compagnons d’Ulysse 12, par Alcyoneus, peut- | être par Géryon, à qui, en tout cas, Héraclès reprend son I troupeau 13.

De même la poésie hésiodique avait déjà chanté le

vol des bœufs d Apollon par Hermès pâtre14.

Une ode d’Alcée 15 et une hydrie ionienne, à peu près contemporaines l’une de l’autre, I ont fait du pâtre voleur un tout petit enfant, si, comme tout le fait croire, c’est bien le petit Hermès qui, près

d’une grotte couverte de broussailles, où cinq bœufs en raccourci sont cachés, dort sur un petit lit, pendant que l’entourage discute avec animation le fait inexpliqué 16 (fig. 4939).

L’Hymne homérique II, plus récent, selon \oss , que l’ode d’Alcée, fait aussi d’Hermès-voleur un enfant nouveau-né qui saute de son berceau arcadien, par 1 vient le soir même en Piérie, à 1 étable des bot u s des immortels, en emmène cinquante en les l.n ant marcher à reculons, et, dérobant lui-même sa propre trace, arrive au matin près de lAlphéc où i immole deux, non pour en manger, malgié son ir mais pour jouir de ce sacrifice qu il s est appi^ même. Apollon, après une enquête assez cliftici t, < 00 ^ le voleur qui nie effrontément le cas, PU1S elï P devant Zeus, dans l’Olympe, où le coupable renou^ ses dénégations et ses mensonges. Zeus en soi en être dupe. Il ordonne que la cachette des bœ fe »,t découverte par Hermès, qui obéit et se reconci son frère 18.

Fig. 4939. — Rapt des bœufs par Hermès.

unie sy rniiele

Religions, II, p. 687. On a cherché une explication des ™ j en. IV, immoral : des belligérants qui s’entretiennent et s accoi Je - 10; Hecat.

- .2 Hou, Od. I, 8-9 ; XII, 262-3 ; 329-365. - « Apol lod b' M ^ ^ et

Fragm. 343 ; Gerh. Auserl. Vas. J05-6 ; cf. Bréal, i e ^ rien n'indn|«e

passim. - H Cf. Anton. Liberal. XXIll ; Onà. . A e . b ^ pragm. 7 ; cf-

q u Hermès- voleur soit un enfant. , J aus* 1 “ 1 ’ 256 • Voss,. ^ v ^

Porphyrio, Ad Hor. Carm. I, 10, 9 ; Schol. Hom. Il XV , > - > jV„orfi Mémo.

94,101 - 16 Pottier, Vases arcf. E, 702 ; Id. Calai, des vasc,l\, ^ fig. ild rie d. Inst. 1865, pl. xv, 2. Pour des monuments p us ■ ’ /eü )84l, pl. NS;

Mus. Gregor. Il, pl. i.xxxm; Élite céram. III, p • > 192) |c croit rédig'-

17 Voss, Myth. Brief.X, 9,4; Gcmoll, éditeur des Hxj • ^ fist postérieur

entre 675 cl 620, Baumeister à la fin du vu' siée c. o comme '

Terpandre, inventeur de la lyre à sept cordes, cou te tard. cf. lu Pc 1

nivSnlnv qui ne sont pas anciens. Il a dû recevoir es ^ ad Mercur.

Ilvmne à Hermès, XVII, vraiment ancien. - HVmn'

MER

MER

l»ie

en d’autres éléments 1 dans ce long hymne,

le fond, assez tardif quant à la forme (très

i"lC"'n ,' sn us laquelle il nous est parvenu. Retenons-en,

all""i en jet oui nous 0CCUPe> l’allusion à l’opposition nom' 1(1 b J 1 ■ ’ ’ - J:---

qiif

lîcilif £IUC * e Pctit tliscours de 1,enfant a sa mere déclarer qu’il n’entend pas vivre à l’écart des

. .., rencontrée chez quelque peuple achéen ce dieu

u'ui venu, frère inférieur et désavoué : rien de plus

sig»'

Ma'a’dTr01ymPe, dans un antre obscur, et qu’il aimerait J°u" 1 faire chef de brigands 2 . La réconciliation qui suit, ^Apollon, fournit d’autres apports à la légende qui se duplique de plus en plus : par exemple l’invention de la h'o fabriquée par Hermès avec l’écaille d’une tortue et le'dôn qu’il en fait libéralement à son frère pour sceller leur amitié3. Apollon lui donne en échange la copropriété

Fig. 4940. — Dispute de la lyre.

des bœufs, un fouet, et, sans aller jusqu’à lui concéder son don prophétique, lui apprend où sont de vieilles sorcières vierges, les Thries, ses initiatrices dans l’art divinatoire, qui enseigneront à Hermès quelques secrets futurs grâce auxquels il passera pour prophète aux yeux des mortels*. Le poète inconnu de cet hymne surchargé de matière a voulu régler à la fois la question de la reconnaissance ofticielle d’Hermès, enfant clandestin de Zeus qu’Âpollon fera participer aux honneurs de 1 Olympe, et celle de l’invention de la lyre attribuée tantôt à l’un, tantôt à l’autre dieu 5. Nous recueillons vaguement les traditions d’une lutte entre les deux fils de

1 Par exemple la crainte d’Apollon, môme après l'accord, pour ses flèches ; u,le gaminerie malséante et un tour de magie d'Hermès; son passage par un trou de serrure ; son invention de la cithare, de la flûte, etc. Faut-il ï'oir d'un bout à l’autre la traduction mythique des phénomènes atmosphériques, lcs bœufs étant les jours ou les semaines, Hermès la puissance des ténèbres flni les dérobe? C’est l’interprétation de toute l’école linguistique ; cf. Max M ü lier , Aro«„. études, p. 547 ; L. Ménard, Polythéisme hell. p. 41-45. Mais nous avons affaire ici à un mythe raffiné par la fantaisie, qui ne saurait rendre compte par ses ff^ails de ses origines naturelles. — 2 ffymn. hom. Il, v. 162-181. — 3 Ibid. Il, '1l,s ad Gn. — 4 Hymn. v. 562 ; cf. éd. Hermann pour le texte. Ces Oplai, dont le nom ' connu d autre part que comme celui de cailloux servant de sorts, sont encore P°"r nous une énigme. Cf. Hcsych. s. »; Paus. XXII, 2, 3 ; Lobeck, Aglanph. Il, l4; Bér»I’d, Cultes arcad. p. 285. — 6 Paus. V, 14, 8, parle d'un autel commun de"’ frères autrement départagés par la légende : Apollon a droit à la lyre, n"""s ® 'a cithare (sur la différence des deux instruments voir l’article i.viia). Paus.

’ ‘ ’ Élite , 111, pl. Lxxxn, 90. Hermès prend, au milieu de Silènes, les allures

* '"CS d'Apollon lyricine ; Monument. IV, pl. xi ; Millier- Wieseler, Den/cm. Ant. '""e' 11, 324; cf. A rch. Zeit. 1882, pl. xi. — 6 Paus. IX, 30, t ; les deux frères /. S'cu T:eot -tîjç oeç formaient un groupe de bronze exécuté par Lysippe et « -nwtam. 7 xionum. de VInst. I, pl. ix, n» 2 ; Élite céram. Il, pl. lii-u ; “ ■ corr- hell, 1891, p. 399 (Jamot).— sCf.Preller, p. 251, A, 3; Pausan. V, 14, 8 ;

Zcus au sujet do cet instrument ®, lutte décrite surtout par des peintures de vase1 (fig. 4940) mais qui faisait aussi le sujet de statues aujourd’hui perdues. L’un et l'autre étaient d’ailleurs dieux des bergers, donc concurrents. L’hymne est une décision arbitrale d’après laquelle Apollon, vrai maître des troupeaux, n a pas inventé la lyre, mais l’a légitimement obtenue dans un fraternel règlement de comptes 8. Le caractère de dieu malin et rusé, si fortement marqué dans cette poésie, a certainement des origines anciennes et tient sans do liteaux mœurs mêmes des bergers d’où est sortie toute la fable primitive d’Hermès9. On le retrouve dans une autre aventure, plus rare, dont l’antiquité est attestée par une coupe attique du vic siècle 10 : c’est le rapt du chien d'or de Zeus, volé par Pandareus qui va le cacher chez Tantale; le roi des dieux le fait chercher en tous lieux et il est enfin retrouvé par les deux zélés serviteurs de l’Olympe, Hermès et Iris “. Cette curieuse anecdote nous découvre le caractère complexe du messager officiel des dieux : capable lui-meme de toutes les fourberies, il saura mieux que personne découvrir celles des autres. C’est un Ulysse divinisé qui peut, suivant les circonstances, tromper tout le monde ou rendre les plus grands services. Ajoutons que le type d’Hermès enfant ne sera pas perdu et se conservera longtemps encore dans l’art 12.

B. Hermès criophore. — Le type originaire et pastoral est moins souvent mis en œuvre par l’art archaïque que celui de l’appariteur des dieux, protecteur des héros; on le retrouve néanmoins dans un Hermès àlasyrinx qu offre un bronze archaïque 13 et il donne lieu, aux environs des guerres Médiques, à une nouvelle idée artistique, celle d’Hermès criophore ou porte-bélier. Nous ignorons comment Hermès a été, en 490, représenté en bronze sur l’Agora” d’Athènes. Mais nous savons qu’Onatas l’avait sculpté pour le compte d’une ville d’Arcadie, portant un bélier « sous l’aisselle 14 ». Pausanias nous dit de plus en quel costume : bonnet de pâtre en pointe, chiton et chlainyde 13. Il est naturel que l’idée d’une telle représentation ait été proposée aux Arcadiens. On voyait déjà Hermès parmi ses moutons16 : il en a pris un négligemment sous son bras. On voit les Ménades faire de même avec leurs animaux familiers [maenades]. D’ailleurs on plaçait, avec un sens moins réaliste, il est vrai, Hermès sur un bouc ou un bélier11; on lui faisait porter à la main une tète de bélier que parfois il semblait brandir dans sa course18, et les coroplastes du vc siècle le figuraient debout, posant tranquillement sa main sur la tête d’un grand bélier placé

IX, 17, 2; Schol. ad Pind. Ol. V, 10 -, Bull. corr. hell. 1877, p. 88; Corp. inscr. gr. 3588 ; Renan, Él. religieuses, p. 42 : « La lutte d’Hermès et Apollon est celle des vieilles divinités rustiques de l’Arcadie contre les dieux plus nobles des conquérants ; l’infériorité des races vaincues se montre dans le rang subalterne de leurs dieux admis par grâce dans l’Olympe hellénique ». - 8 Sophocle appelait Hermès frngm. 927 (Athen, IX, 469) ; l’aventure du vol se retrouve ap. Apollod. III, 10, 2 ; Philostr. lmag. I, 26. — 10 Pottier, Vases du Louvre, p. 20, A, 478. — H Voir l’explication du vase du Louvre par L. D. Barnett dans 1 Hermès, 1898, t. XXXIII, p.438, avec les textes cités. Cf. Bull. corr. hell. 1898, p. 586 (Perdrizet) ; Babelon, Guide, p. 288-9. — 12 Museo Pio.Clem. 1, pl. v ; cf. Clarac, Musées, pl. dclv, 1505, 1506 a, 1507-, Id. Calai. 284; cf. Frœhner, Notice, 175; A rch. Mitth. ans Oesterr. H, pl.’v ; Arch. Zeit. 1885, pl. ix ; 1877, pl. lxxv. — 13 Babelou-Blanchct, Bronzes de la Bi’bl. nat. n» 311. — UT*» tî| por/ilqi : Paus. V, 27, 8.— 13 Collignon, Op. M, p. 285, croit retrouver ce type sur des monnaies d'Egine : Annali, 1879, p. t!2; Monument i, IX, pi. vi, 0.— *6 Cf. suprà, p. 1803; il était sculpté à Corinthe assis près d'un bélier : Paus. Il, 3, 4. — H Arch. Zeit. 1808, pl. ix; Monument i, VI, pl lxvu, où l’on voit la fantaisie des artistes souveraine dans la conception des motifs : c’est pour faire pendant que Dionysos est sur un bouc, Hermès sur un bélier, Comptes rendus arch. Pélersb. 1869, p. 93, etc. ; cf. Boscher, Lex. I, col. 2378. — l«Babelon-Blanchet, Op. I. n» 314, bronze très ancien, barbu et nu (?; ; cf. Veyries, Figures criopliores, p. 52, pour les variantes, de diverses époques, de ce type.

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derrière lui1. On croit retrouver l'imitation d'Onatas dans d'exquises terres cuites de Thespies et de Tanagra qui sont du même temps 2. A la vérité le bélier y est tenu non pas ùnb tv) ga <r/i\rh sous l'aisselle, mais lv àyxâXyp

sur l’avant-bras d’IIermès. Un peintre de vases du premier tiers du vc siècle, qui a associé Hermès aux autres dieux assistant ii une scène céleste, lui a mis aussi le bélier èv àyxâXat;, devant la poitrine, de façon qu’il en a les deux bras chargés (fig. 4941) 3. Ici l’animal n’est ni la victime d’un sacrificateur, ni l’ouaille d’un berger.

C’est, en surplus du caducée, la marque propre du dieu, comme un poisson est celle d’Amphitrite ou de Poséidon.

A peu près à la même époque, Calamis faisait pour la ville béotienne de Tanagra un Hermès qui portait le bélier « sur les épaules 4 », comme le

Moschophore d’Athènes et comme de nombreux Silènes criophores5. Il est difficile de dire si ce type est d’importation étrangère. Il est vrai qu’on le trouve sur nombre pe monuments phé¬

donnée par le bas-relief d’un „ulel alu doute, mais archaïsant (fig. 4949; 9 Q ' aullf sans luette de marbre de la collection Pembroke" "û* SUest barbu sur l'une et l'autre, comme ' “mês petit bronze très ancien 11 . On conjectura UU aulre

d’après la légende de l’éphèbe coureur JTæ'**' - j. — . ci üaprès

une série de monnaies tanagréennes 12 , que Cala çnis l’avait fait imberbe et jeune. Et, en effet, un petit bronze ancien 13 et diverses terres cuites de Tanagra l’offrent sous cet aspect 14 , Il est possible que, comme pour Hercule [hercules, p. 119], le courant ionien ait propagé de préférence un type d’Hermès imberbe, et nous en saisissons une autre preuve sur une curieuse peinture céramique, de style ionien, où figure Hermès imberbe, conduisant les trois déesses devant Paris

(fig. 4943) 13. Sous ces divers aspects, le dieu au bélier sera en grande faveur pendant deux siècles environ, mais dès le 111e siècle on ne verra plus guère d’Hermès criophores ori-

niciens, notamment en Sardaigne 6 , et la Béotie, comme peutêtre aussi l’Arcadie, était rattachée par ses origines à la civilisation phénicienne. Mais le type du porte-brebis est aussi la reproduction d’un fait commun de la vie des bergers qui s’offrait naturellement aux artistes grecs. C’est ainsi qu’à Tanagra, le plus beau des

ginaux ou, si on en

trouve comme

statuette de Da-

Fig. 4943. — Les trois déesses conduites par Hermès.

éphèbes, portant une brebis sur ses épaules, courait autour des murailles de la ville les jours de fête d’Hermès, pour rappeler que le dieu lui-même avait, lors d’une peste, détourné le fléau, en portant un bélier à l’entour des

murs 7. Avant Calamis même, nous trouvons le motif sur

une coupe de la fin du vie siècle qui représente Hermès courant, les épaules chargées du bélier 8. Quant à la statue de Calamis, l’impression peut nous en être

1 Terre cuite de Tanagra, Berlin, 7734; Roscher, Lcx. I, p. 2431; Müller-Wie-

scler, Denkm. II. 320. — 2 Armait , 1858, pl. O; Monuments Piot, II, pl. xx,

p. 165 (Bottier); Jahrb. des deutsch. Inst. ( Anzeig .), 1895, p. 22t; cf. ex-voto de Thèbes, Athen. Mittheil. 1890, p. 359. — 3 Coupe de Sosias, Antik. Denkm. I, pl. ix ; Monumenti , I, pl. xxiv; Gerhard, Trinksch. pl. vi-vii. — 4 Paus. IX, 22, 1.

— î> Pour le Moschophore, voir Collignon, Sculpt. gr. I, p. 215 et fig. 102. Pour

les Silènes, Gaz. arch. 1878, pl. vi; Mus. etrusc. pl. lxv, fig. 1-2. — 6 Veyries,

Op. I. p. 16 ; Perrot-Chipiez, Hist. de Vart , l. iv, p. 89, fig. 88. — 7 Paus. IX, 22, 14.

— 8 Klein, Liebl. p. 83; Élite , III, pl. lxxxvii, p. 253 ; cf. monnaies, Monumenti, XI, 6, 6; Berlin, 7983. — 9 Collignon, Op. I. I, p. 401, fig. 207; Annali , 1869, t. XLI, pl. ik, p. 253; Overbeck, Plastik , I, p. 218-9, fig. 53. — 10 Michaelis, Ane. Marb. p. 102, n"> 144; Clarac, Musée, pl. dclviii, n<> 1545 6; Müller-

mala16, ils se rattachent plus encore à une formule d’art nouvelle qu’à la conception du dieu des moutons et des boucs.

C. Hermès psychopompe et chlhonien. ■ — Le seul passage des poèmes vraiment homériques où Hermès conduise les âmes des morts dans les sombres routes étant le début du chant XXIVe de l 'Odyssée, qui paraît à tous les bons juges depuis Aristarque un appendice très P0S^lieU|

déterminer l’époque été attri-

au poème17, il est difficile de où, entre Hésiode et Eschyle, ce caractère a bué au dieu. Comme êptotivirjç, il prêtait déjà ^on n^sis tance aux héros tels qu’Héraclès qui bravaient ' 1 ^ cultés d’une descente aux enfers ; comme ooit qc, ^°!x

de la DM. nat

Wicseler, Denkm. II, 324. — U Babelon-Blanchel, Bronzes

n° 313 ; Duruy- Bist- des Gr- LP- m’Jahrb' \ Mo Zmenti, p1-*1-

— 12 Greek coins of British Mus. Centr. Gr. p. 64, p . > w» yj||f 1 887,

6, 5; Müller- Wieseler, Denkm. Il, pl. xx.x, 324; Journ. helL s Co||.

pl. i.xxiv, 10-12; cf. Jahrb. f. class. Phil. 1887, p. *38. rriiau 33! ^aS‘

Sabouroff, II, pl. cxlvi. — 14 Coll. Plot, il* 349; Frœhner, o __ (;cr|iardi

arch. 1878, p. 101 sq.; cf. Annali , 1879, p. 43, 146, 1880, P - ^ ^ Scol. ^

Auserl. Vas. III,pl. clxx. - Bull. corr. hell. 1892, p. 1 7 'u Mfjl]endorf, Hors. loc.\ Spolir, Comment, de extrem. Udyss. part., Vvilamo" ^ l’icrroa

Untersuch. 6785 ; II. Weil, Études sur tant. gr. p. 13 ,

Wilamowi

cf. Homer.

ad loc. ; Eustathe, p. 195, 12, croit que c'est de ce passage môme d Hon

tirée la conception du dieu psychopompo.

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MER

•j précédait et conduisait ses protégés parles

11 r „„’;i on cnil von il i\ Ipfi

^'•"^’iprrestres ; il est naturel qu’il en soit venu à les

chemins ^ çscort

chelT"n" icci nar les pentes souterraines qui mènent à

-porter ,aUSb F . 1 „ , , . .„i

,1 qU’il soit enfin le conducteur des morts .

L'alliance

du mot

.fjovio?

avec

les

affectionnée

les

tra-

par

iques, indique que les choses

ont Pu s'en" chaîner de la sorte, ht, Par ailleurs, représentant la fécondité terrestre, associé à Déméler autrement dite r-q, la Terre,

Hermès était prédestiné à devenir un agent des puissances

d’en bas. Car, dans l’évolution des croyances grecques, on voit les dieux de la Terre et des productions qui en sortent se transformer en dieux de dessous terre, les chthoniens en catachthonieris. Non seulement nous savons qu’un des dieux de Samothrace, KaBfjüXoç ou Kao-puïXoç s, le servant des cérémonies sacrées, était considéré comme le même qu’Hermès [cabiri, fi g.

902 et 907], mais une abondante série de reliefs nous montre à côté de la Mère des dieux, Fï| p)T7ip, an petit dieu à caducée jouant le rôle de servileur \ A la • mérité, le texte ! et les monu- ! ments qui nous j lurent ces renseignements sont du vc et du mc siècle, ma's ils peuvent se référer à des croyances bien antér|eures. Dans le sanctuaire des Érinnyes à Athènes, près de l’Aréopage, se trouvait, avec les statues de Plulon et I ^ Gè, celle d’Hermès

Fig. 4944. — Hermès ramenant Perséphone,

d’Éleusis nomme les dieux auxquels doivent sacrifier les initiés des mystères : I’?, y est nommée la première, Hermès le second 6, et la victime prescrite pour lui est une chèvre. 11 est encore à deux reprises réuni en une même

formule de prière avec F-Tj chez Eschyle 1 (où la préocc u pation d’Hermès apparaîtplus fréquemment que dans aucun autre poète, peut-être parce qu’il était d’Éleusis et fervent initié des Mystères). C’est encore chez Eschyle que se rencontre pour la première fois l’épithète y ôôvtoç, infernal, qui sera désormais une des plus fréquentes désignations du dieu. Des personnages d’Aristophane fausseront exprès l’interprétation d’un passage pour lui reprocher cette innovation 8. Eschyle fait même du dieu, par extension poétique, non seulement le conducteur

et le guide , mais le roi des morts9. Le chemin parcouru est grand depuis le XIe chant de F Odyssée, où Hermès était nommé, mais ne jouait aucun rôle. Même dans la scène de la mort des prétendants il semblait ne conduire les âmes que comme porteur d’une baguette toujours obéie d’enchanteur ou d’endormeur 10, et dans l’Hymne à Déméter, en réclamant Per-

Fig. 4945. — Hermès recevant Erichthonios.

Une ancienne inscription

' Collier, Lécythes, p. 40. — 2 Acsch. Choeph. 1-3, 105 et 124 rapprollai' Hei'maim ; Purs. 026, 030; cf. 640 et Aristoph. Ban. 1120-50; Soph. “3Î> ou le poète insiste sur l'alliance de mots; Oed. Col. 1548 où Hermès ; Choeph. 728; cf. Sopli. Electr. Hl. — 3 De là, peut-être, le cs camilU romains [camilu]. — 4 Série d'ex-voto eu bas-relief à la Mère 'Onu, où Hermès figure avec la prochus ou le caducée, tantôt piès

cl*

«l dit

noi"dcs camilti

séphone à Pluton, en conduisant le char qui la ramène, il ne faisait encore que porter un message et exécuter les ordres deZeus11. Le sentiment nouveau qui apparaît chez Eschyle est rendu par une peinture de vase, déjà du beau style, où le dieu préside à

de la déesse, tantôt, en petit, sur l'un des montants ; Arcli. Zeit. 1880, p. 1 sc|. pl. i-m ; 1882, p. 1 ; Atlien. Milth. XI, p. 193 ; Xllt, p. 202, pl. v; XIV, p. 191 ; XXI, p. 278. — B Fans. 1, 28, 6. — 3 Atlien. Mitth. 1899, p. 254. — 7 Aescli. Cers. 629 ; Choeph. 124-7. — 8 Aristoph. Ban. 1144-5. — 9 Aescli. Pcrs. L. I. ; Choeph. 020. — 10 Hom. Od. XXIV, v. 2-5. — H Hymn. hom. IV v. 332,

la montée de Perséphone qui sort de la terre 1 (fig. 494-4), tandis que précédemment on le voyait seulement serviteur près de son char ou de celui de Triptolème. Sur un vase plus tardif encore 2 on le voit tendre les mains pour recevoir, des mains d'une déesse chthonienne à demi remontée des régions inférieures, Erichthonios, (ils delà Terre et d’Héphaistos (fig. 49451. La psychostasie ou pesée des âmes lui est confiée par Zeus lui-même (fig. 4263). Mais on n’est pas sûr que ce soit lui à qui un peintre de figures noires a ajouté deux grandes ailes antérieures pour symboliser son pouvoir sur les âmes dégagées des corps3.

Au v® siècle, les artistes semblent avoir choisi deux

moments caractéristiques du rôle joué par Hermès sur les routes d’en bas. Tantôt il assiste à la déposition au tombeau, prêt à emmener Pâme. C’est ce qu’on voit sur un vase où il est barbu à l’ancienne manière 4 et sur un autre où, imberbe et gracieux, près d’une stèle fleurie, il regarde les génies ailés qui donnent des soins au mort (fig. 2287). D’autres fois il est au point d’arrivée, près du Styx, et montre la barque et le nocher au défunt (fig. 4946) 5, qu’il prend doucement par la main 6. Quelquefois il fait simplement signe à l’dme hésitante de se rassurer et de venir 7. Telles sont les scènes peintes sur les lécythes d’Athènes destinés à être déposés dans les tombes 8. Une curieuse et rare composition le montre rassemblant les Kères qui s’envolent du pithos de Pandore, comme des etôwXa funéraires ; outre le caducée, il tient sa baguette d’enchanteur (fig. 4947)9. Euripide dans son Alceste, où parait avec Apollon le génie de la Mort sous sa forme la plus menaçante, n’a pas introduit Hermès. Les artistes, au contraire, n’y ont pas manqué, dès le vie siècle ,0. A la fin du Ve siècle ils lui donneront place aussi très naturellement dans la représentation d’Eurydice, forcée de quitter Orphée après la faute qui la

1 Baumeister, Denkm . fig. 4G3 ; Duruy, Hist. des Gr. I, p. 774. — 2 C. rend, de la Comm. arch. de Pétersb. 1859, pl. 1; Duruy, Hist. des Gr. Iï, p. 65; Baumeister, Denkm. fig. 537. Sur un autre vase aussi du ve siècle, Ath. Mitth. XXI, pl. xu (réduit à des fragm.) il voit Plouton ravir Perséphone. — 3 De Witte, Elite céram. III, pl. lxxv. — ^Collignon, Catal. du Mus. d'At/i. n“20l ; Robert, Thanatos , p. 17, Autres exemples de fig. barbues ap. Pottier, Lécythes , p. 35, 127. — & Pottier, Op. I. pl. ni, p. 31-5 ; Slackelberg, Gvaeber, pl. xlvii ; cf. Bull. corr. hell. 1, p. 42, n° C ; Jahn, Munch. Vas. n» 209. Le dieu a déjà le pétase ailé, rare au v* siècle. — 6 Pottier, Op. I. p. 108. — 7 Dubois-Maisonneuve, lntrod. pl.xxiv, p. 14; Pottier, Op. I. p. 34. — 8 Cf. Stackelberg, Gvaeber , pl. xxxvm, où le dieu figure seul. — 9 Journal of hell. stud., 1900, p. 101, fig. 1 (Harrison). — 10 Pottier, Vases ant. du Louvre , F, 60, pl. i. xvi!i, — il Wien. Vorlegebl. III , pl. xu ; Collignon, Sculpt. gr. Il, p. 143, fi^ 69. Bouillon 11, Jleliefs, pl. i; Catal. des Marbres ant. du Louvre , n° 854.

MLR

rend à lladès. Le Musée de Naples et le Lom des copies romaines, mais exactes, de bas où Eurydice posant encore la main sm- i- 'llefe «xquis phée est prise déjà au poignet par <1>auIe d’0rd’un geste délicat, accomplit indulgemml?"8 qui’ sion nécessaire11. Ainsi peu à peu les artim les poètes auront établi le type d’Hermè - après ] simple instrument d’une volonté supérieure ma^é PlUS ‘ ment consolateur, réconciliant les mortels avec rT I de la mort, TrenjiOctvot-coç comme ce philosonliP 1, 'K.Ce dont parle Diogène Laerce12. J "mam

Nous retrouverons plus tard dans l’art et sauf ri I les Romains qui ne l’ont pas compris, nous Apercevons dans les documents épigraphiques cet Hermès des morts 1 U ne série d’inscriptions thessaliennes dédient des ex vol à Hermès chthonien13. Une inscription grecque de Naples fait allusion à sa fonclion en l’appelant envoyé de Perse phone 14. Plutarque le regarde spécialement comme agent de Déméter qui procure les morts rapides 15, et non de sa fille qui préside aux fins lentes.

Quant à sa fonction de dieu du sommeil, sans apparaître au premier plan, elle ne sera jamais oubliée. Elle a précédé celle de dieu mortuaire et contribué à faire penser que la mort à laquelle il mène les hommes a la douceur d’un long

Fig. 4947. — Hermès et les Kères.

repos lu.

6° Hermès à l’époque classique (ve et i\e siècles). — Le type mythologique d’Hermès parait avoir été en très I grande faveur dans la Grèce à partir du vi° siècle. Sesl images sont plus multipliées que celles d aucun aulrel dieu (sauf Athéné) sur les vases peints" a tigux esi noires. Malgré cette multiplicité qui continue dans les peintures rouges de style sévère et de beau style, P per I sonnage divin demeure à peu près fixé dans les nu ll|(,s rôles et mêlé aux mêmes scènes, mais le coslume, l’extérieur de l’Hermès sévère et barbu reçonent duellement des changements notables18, dus à un< con j ception nouvelle de la beauté des dieux. La ai ^ ^ pointe passe dans les figures rouges, mais e <- y ^ moins en moins fréquente l9. Nous lavons^r aussi sur les lécythes blancs classiques • •

imberbe, connu dès le vie siècle et sans °u 1

v i se en n®* 36, 38,

— 12 Diog. Lacrt. Il, 86. — *3 Athen. Mitth. XI, p. “ ^ ^ cf Sopli.

— U Corp. inscr. gr. u° 5816. — 15 PluL Mo}'’ * ‘ ,a bonnc roule

A ]. v. 832 où Hermès est à la fois dieu de la moi ou , • ^ pris au

■rand nombre ue suj

du Partliénon . M»* 1 1

l mutilé et peu significatif ; cf. Neue Jalirb. lür . Hermès est

hcrcr (Roscher, lex. I, p. 2405) cite cinq bas-reliefs a. MonumCnti,

iberbc sur trois. — « Exemples du type barbu sur igu‘ ant. G, 56,

,0 ; IV, 23 ; VI- VII, 37 b ; IX, 32 ; XI, 19 ; Suppl. 24 ’ ^ p| XI, etc.

. xcv ; Furtwanglcr, Coll. Sabouroff , I, pl- xu ) Arc ’ . dwix 0ù le type 1,81

20 Sur trois lécythes de la Descente aux Enfers, i en irbu, cf. Pottier, Lécythes , p. 127-8.

du sommeil. — 17 On 1 observe, sur un gi sard, dans Y Index de Reinacli, Répertoire des »««* 18 Phidias l’a déjà fait imberbe dans la fnse

MEIi

,i est adopté généralement comme un moyen d'orifî1'111 ’ ;ui jjeu l’aspect jeune sous lequel le dt’ '''u'i' lcs poètes. La coiffure, qui est le plus voya'"-1 .mpnt le pétase du voyageur 2, suspendu derrière

ordinnuemejn f

la nuque quand il n’ombrage pas gracieusement la lâlo, est souvent pourvue de deux ailettes. La chlamyde, plus courte, permet déjà de suivre les mouvements du corps, plus variés et mieux marqués. Les chaussures,

en outre de leur pièce antérieure (qui finira par disparaitre), ont deux petites ailes 3 qui deviennent beaucoup moins rares que dans les figures noires. De ce dieu najeun i et rayonnant nous avons un très bel exemple 1 ans un Hermès prenant les ordres de Zeus sur une peinai! du milieu du vc siècle (fig. 4948), et dans un autre

escorté d'un Silène, que nous montre une amphore de Berlin à figures rouges de style sévère ’’ fig. 4949 . Sur une autre peinture où il est barbu et où il a encore affaire aux Silènes, mais pour aider Héraclès à défendre Iléra de leurs insolences, apparaît un caractère qui se développera plus tard: c’est par la persuasion qu’il semble tenter d’écarter les assaillants: il a un geste bien observé de beau discoureur 5 (lig. 4950). Aussi bien divers traits caractéristiques, que ne pouvait guère révéler l’art proprement dit ni la poésie sérieuse, dessinaient depuis quelque temps un Hermès plus semblable à l’enfant voleur qu’au serviteur des dieux et protecteur des héros. Ulysse dans une tragédie 0 se recommande à Hermès artificieux, ooXto;. C’est qu'en l'un comme en l’autre, les Grecs ont exprimé une des parties de leur tempérament national, la fécondité en ressources7, l’esprit pratique, l’art de bien parler pour ses intérêts. Est-ce comme ayant une statue sur l’Agora 8 ou comme représentant les qualités par lesquelles on y fait ses affaires qu’il est àyopaïoç 9, dieu du marché? Quoi qu’il en soit, il est aussi lp.7:oXaioç 10, acheteur et vendeur ; et c’est justement à ces traits que les Romains vont reconnaître en lui leur Mcrcurius. Il est encore aipocpaToç, ce qui peut vouloir dire ou celui qui sait se retourner ou celui qui est près des gonds (cTpocpetç) de la porte 11 et qui la garde contre les voleurs mieux que personne Nous avons déjà vu qu’une légende courait sur le chien en or volé à Zeus et qu’Hermès est chargé de retrouver comme plus apte que tout autre à dépister les voleurs 1 '. Cet ensemble de défauts et qualités agréait à la plupart des Athéniens, puisque la mutilation des Hermès phalliques qui peuplaient leurs rues avait le caractère d’un crime d’État u et qu’Aristophane appelle le dieu crocptoTaToç, c&tXavOpwjroç très savant et très ami des hommes, tout en- lui faisant avouer que les voleurs sont ses clients 1C. Platon, en se jouant, expose une conception hardie du dieu sophiste qu'il s’amuse à transformer en théoricien du langage 1 . Nous voyons là quelle liberté l’imagination des Grecs prenait avec ce dieu. Elle ne l’offensait pas, se retrouvant en lui.

D ailleurs elle avu aussi en Hermès le parfait éphèbe formé par les exercices du corps, mince et musclé.

un canlhare ; Journal of hell. stud. 1901, pl. 1 ; M ien. p. 121-132, pl. in-iv, donné par Wintcr comme d’Euphronios.

//„ 7 "lu:' "^or> Afeisterw. p. 234; Monum. Piot, 11, p. 103, pl. xx ; Athen. A/iti' ''' '' ' 3 (terres cuites) ; Grcek coins Prit. A/us. Thr. p. 77-8 ; Duruy, Hist.

^ M ■ f P- 4o (monnaie d’Aenos). — 2 Afonumenti. IX, 17. — 3 Par ex. Monu- S"l‘Pl- H- xxiv . — 4 Gerhard, Etruslc. Vas. pl. vin, p. 10; le dieu tient

”l,c oenochoé et

■Wra/n/,.

fi IX, pl. XI.VI ; Rayet-Collignon, Céramique, p. 197, (Ig. ...

' l'l"- Philoct. v. 133.— 7 Cependant l'épithète propre à Ulysse, itoVivpoinn, Pas appliquée à Hermès ni dans Y Iliade ni dans Y Odyssée, mais seuè/mn. hom. Il, y. 13. 8 Schol. ad Aristoph. Equit. v. 297; Paus. Crni, ,cr; Ar<th ■ Zeit. t. XXVI, p. 73. — 9 Aristoph. Ibid. En celte qualité ,nl consulte comme oracle à Pharae, Diod. I, 75, 94. — 19 Aristoph.

Iles!

Acliarn. 810 ; Plut. 1155. — H Aristoph. Plut. 1133 et Scol. qui donnent ces deux sens; Pliot., Hesych. s. v. et Poil. VIII, 72, le comprennent de la porte. Voir l’incription de Crète sur «nçoçaïoî dans le Bull. corr. hell. 1900. p. 52G (Dragon'

mis). — 1 S Schol. ad Aristoph. Plut. 1 133, lie! à-oToozr, ifty «Wwv xàtict.Xv. \oirfig.l92.

13 Hernies, 1898, p. 038 sq. Voir Pottier, Vas. ant. du Couvre, A, 478, pl. xvn ;

cf. ci-dessus, p. 1809, il. 10 et 11. — '4 Voir L. Curlius, Hist. grecque, trad. franc, de Bouché-Leclorcq, III, p. 330 sq. — 13 Aristoph. Vax. v. 393, 428.

IG Ibid. 402. — 17 Platon, dans le Cratyle, p. 407-8, réunit les caractères

’èpurivÉu;, *Xoi uxô;, iitatnW;. AyopairrixtU. Dans un mythe ( Protagor . XII), il fait charger Hermès par Zeus d'apporter aux hommes l'esprit de réserve et de justice; mais ce 11’est là qu'un intermédiaire quelconque. Cf. Ceg. XII, 941 a. — 18 A. Dumonl, Éphébieatt. Il, inser. 49.

MER

MER

Depuis Pindare1, les poètes appelaient ce dieu ày wvfoç et IvaYwvioç 2, apte aux luttes et aux concours. Comme dieu de la vigueur masculine il avait eu de tout temps, enfermé dans la gaine phallique, sa place dans les palestres 3 : protecteur des athlètes v, il est devenu un jeune athlète lui-même, 7raXat<TTpîrr,ç. Les sculpteurs ont, les premiers, au temps de Périclès, mis en œuvre cette conception en créant un Hermès tout à fait nu, tel qu’était l’éphèbe dans la palestre même, dont les exercices modelaient ses formes suivant les justes proportions. Si, comme l’a pensé Curtius 5, le bronze trouvé près d'Annecy reproduit bien les lignes générales de l'IIermès nu de

Polyclète0, nous avons là une image de l'idéal qu’on se faisait alors du dieu adolescent, solide et résolu, prêt à l’action, la main levée etentr’ouverte, énergique par la pose comme par les lignes bien arrêtées de son visage aux méplats maigres1.

Un demi-siècle plus tard, Praxitèle, ayant à faire pour Olympie un Ilermès 8 qui symbolise l’alliance éléoarcadienne9, emprunte le motif connu (fig. 679 à 681) du dieu portant le petit Dionysos aux Nymphes qui prennent soin de sa jeunesse 10 [maenades, p. 1480]. 11 en fait aussi un jeune homme nu, mais plus Fig. 4951. — Hermès de Praxitèle. aimable en sa non-

chalance, souriant à la faiblesse et à l’enfance qu’il a mission de protéger (fig. 4951) u. On sait que la statue même a été retrouvée en 1877 à sa place 12. Le dieu debout se repose. Il a jeté sa chlamyde sur un tronc d’arbre où il est accoudé, ayant l’enfant assis sur son avant-bras et tenant le caducée. Ses regards errent au loin, mais son autre main levée tient un objet'1 qui attire les yeux et les mains avides de l'enfant. Il est remarquable que la figure la plus expressive

1 Pind. Olymp. VI, 79; Isthm. 1,60,(85) ; Schol. ad Pyth. 11,18 ;JVem.X, 53; Acscli. Fragm. 384, Nauck ; Kaibcl, Ibid. 407, 7; 924, I. — 2 A ce titre il avait un autel à Oljmpie, Paus. V, 14,9. — 3 Cf. Oltf.-Müller, Handb. § 380. — 4 Simonid. Fragm. 18, Bergk ; Kaibcl, Epigr. Ibid. 295 ; cf. Creuzcr-Guîgniant, Religions, II, p. 693, n. 4, qui montre que les autres dieux de la palestre sont Héraclès, Athéné, Eros, c’est-à-dire les plus fréquemment associés à Hermès ; Aesop. 139, 5; Callim. 191. — 5 Arch. Zeit. 1875, p. 57; cf. Annali, 1878, p. 27 (Micbaelis). — 6 Plin. Hist. nat. XXXIV, 56. Sur les statues d'Hermès sorties de l’école de Polyclète, voir Furlwanglcr, Afeisterwerke , p. 503 sq. — - 7 A/onumenti , X, 50; cf. Gaz. arch. I, p. 114; 11, p. 55, pl. xvni ; Bull, antiq. 1883, p. 279; Collignon, Sculpt. gr. I, p. 509, fig. 260. —8 Paus. V, 17, 3.-9 En 343 selon Furlwanglcr, Meisterw. p. 529 et Collignon, Sculpt. gr. Il, p. 257, qui ne reconnaissent pas, dans le style, une œuvre de jeunesse. Pour l'avis contraire, cf. Deutsche Bundschau, VIII, 1882, p. 188 (Brunn) ; Gaz. arch. 1887, p. 282; Bevue arch. 1880, p. I (S. Ileinach). — 10 Voir suprà, I, p. 602-604. — U Paus. III, 18, 11. Voir Hcydemann, Dionysos Geburt. — 12 Voir Treu, Ucrm.cs mit Dionys. Berl. 1878 ; Galoux-Monceaux, Bestauration d’Olympie, p. 106; Collignon, Sculpt. gr. II, pl. v; Baumeisler, Denlcm. fig. 1291, 1292. — 13 Sans doule une grappe de raisin; cf. Hirschfeld, Berlin. Bundschau, V, p. 318; Duruy, Hist. des Gr. 111, p. 7t. Une réplique médiocre, mais exacte,

de l'IIermès hellénique ‘soit aussi la moins y i d’attributs. Reproduite avec prédilection, c’est ell ^ retrouve avec de légers changements d’ans l’ad.,1 '1U °" semblable à un athlète auquel Antinoüs a pl'(!i?Cent Lysippe, dont le groupe d’Hermès et Apoi1(|S°n

nom

malheureusement été perdu pour nous

pouvait varier

encore, renouveler même le type adolescent, non le port à un plus haut degré de simplicité et de perfcetio J

L’IIermès qui pose son pied sur une

P'erre pour se

Fig. 4952 — Hermès combattant.

délasser ou attacher sa sandale10, plus sûrement cel qui, assis sur un rocher, paraît sur le point de repartir après un instant de repos11, sont de sa création. Seules quelques répliques nous en donnent l’idée approximative : le type est simplement celui du messager voyageur nu, très jeune et très alerte.

Les peintres ont parcouru les mêmes étapes. Leurs Hermès prodigués dans des scènes où leur présence est faiblement justifiée, n’ont plus de chiton; leur clilamyde, agrafée au cou, ne couvrant que les bras ou les épaules ou rejetée sur un seul bras 18, les dévêt presque complètement; sur les peintures à plans étagés de la fin du vc siècle, l’attitude du pied posé sur une élévation revient très fréquemment : non seulement, quand le pied n’est pas nu, les sandales sont ailées,, mais

des ailes sont ajoutées au pétasé19 même s’il est suspendu à la nuque. Ces artistes sont embarrassés pour trouver des emplois nouveaux du dieu rajeuni. Pourtant ils iti lunt un combattant qui, dans le grand combat des dieux

contre les géants, ne reste pas en arrière et fait mervei el à côté de ses compagnons de guerre (fig. 49o2)J • J C’est plutôt dans les très belles œuvres de sculpture que l’on trouve le type nouveau dans son véritable cspi 1 'f1* a quelque chose d’adouci et presque de romain squt. exemple, vers le second tiers du iv' siecle, sut une de colonne à Éphèse il est psychopompe et prend Alt

peinte à Pompéi, donne lieu de le croire. Mais on a voulu y voir J» bout6e

el Hcydemann), un sceptre (Benndorf) des crotales ou cym a ( ^ p

(BSUicher), un rhyton, enfin le caducée (Simili). Cf. Jour n. t ^ ,v ;

Sur une réplique en bronze qui porte aussi la giappe, ev. g6, pl. vi. Sur

des Beaux-Arts, 1880, p. 410. Voir de plus, Jahrb. d. Ins ' ' 0esterreicli , E

l'ensemble des répliques, voir Benndorf, Arch. Epigr. i ■ ^ Benndorf, p. 61 p. 1-9, pl. i; Wiener Vorlegebl., A,pl. xu ; l'estsc rif f visconli qui, en le sq. (Poltier). — ‘4 Clarac, Musées, pl. dci.xv, n ■-> ■ ^ reconnu la figure

comparant au n» 1539 du même recueil pourvu du caducc ,j ^ ^ groupo, voir d’Hermès; Müller- Wieseler, Denlcm. ant. k. II, ' Anti k. pU«".

Jamot, Bull. corr. hell. 1891, p. 399 sq. — 10 u z0''’ uo 309 ; BaunieistepJ

p. 58 ; Christodor. Ecphr. 297. - n Müllcr-Wieseler, Denk . , ^ ^

Denlcm. fig. 738; Antich. di Ercolano, VI, pl. xxix ; > .‘Gcl.hard, Au3*i

„1 ,V1. - 18 t or cas : Élite, II, 87 ; III, 63; 2« cas : Ibid. I , » ’ __ 1,0#lto

Vue. 178 ; 3= cas : Élite, III, 5 ; 4» cas ; Ibid. II, », 88 « J ’ au Louvrc, df»"H Mbnum. Il, 16; cf. nos fig. 4948, 4949. - 20 A™Phore (,e ^iUomlc,lies anciennes études gr. 1875, pl. i. Il faut remarquer que dans J S yases anM ■

Hermès figurait déjà (voir l’ampliore ionienne du .ou . familicr.

p. C8, E, 732). Mais le rôle de combattant no lui est pas,

pour

MER

lM raInener à la lumière avec un sentiment discrè-

MER

Fig. 4953. — Hermès ramenant Alceste.

tementému, une altitude qui exprime l’aspiration, l’ascension vers une région meilleure (fi g. 4953) ' ; sur un vase de marbre sculpté (fig. 4954) il sépare doucement une morte, Myrrhinè, de sa famille2. Le souvenir de Praxitèle est encore direct dans une statue de défunt héroïsé trouvée àAndros, qui rappelle le porteur du petit Dionysos ; l’expression sérieuse du visage est la même, mais le léger sourire qui la tempérait a naturellement disparu3.

En toutes ces occasions, le serviteur vivace et ingénieux des vivants et des morts est devenu grave et méditatif. C’est la beauté dont l’ont empreint les sculpteurs qui lui a communiqué cette dignité intérieure

Pig. 4954. — llcrmès emmenant une morte.

dont il lui restera toujours quelque chose. Si Alexandre de Macédoine n’avait pris Hermès au sérieux, il n aurait pas aimé à se présenter comme il faisait à ses amis, avec la chlamyde, le caducée, les ailes figurées aux endromides et à la coiffure5.

7° Hermès hellénistique et alexandrin. — Les poètes ni les artistes, à partir du me' siècle, ne développeront guère la conception mythologique d’Hermès. Le travail spontané de l’imagination populaire ne sera pas p us fécond. Pour elle, Hermès en est venu à représenter les menues chances de la vie courante 6, les heureux hasards, les trouvailles gratuites, de préférence le gain ingénieusement mérité1. C’est ce que nous révèlent surtout des proverbes» et locutions usuelles où figure le nom du dieu8. Il est l’occasion inespérée, avec tout ce qu elle a pour le peuple de mystérieux et d’indéterminé. Les esprits philosophiques et cultivés ne négligeront pas cet élément de mystère. Ce sont eux qui désormais raisonneront avec raffinement sur la nature de ce dieu si multiple. Par certains éléments mêlés dans sa complexité elle prêtait à être ainsi subtilisée, intellectualisée. Le dieu-pâtre était depuis longtemps chorège des Chantes \ Muses 10 et Nymphes11, père d’Ourania1-, selon les Pythagoriciens père de Pythagore 13 qui reçoit de lui le don de mémoire éternelle. Il était assistant des sacrifices

deSamothrace1'*, sacrificateur lui-même, héraut du culte10,

faisant aux dieux des libations pour le compte des hommes16. Ce rôle lui est échu soit comme dieu serviable, intermédiaire naturel entre les mortels et les dieux (fig. 163), soit parce que d’anciennes images le représentaient traînant un bouc ou un autre animal17. Le vase de Sosibios, qui est des derniers temps de l’hellénisme, mais reproduit d’anciens modèles déjà archaisants, le présente dans cette fonction sacrée I8. Par suite, on l’a cru inventeur des sacrifices 19, intercesseur des hommes auprès des dieux, possédant les secrets des rites efficaces.

D’un autre côté, ayant été d’abord comme un simple agent d’un service funéraire, puis le charmeur de la mort, il en était devenu le dispensateur 20 de la récompense aux justes ; il les mène désormais aux régions supérieures; les Érinnyes se chargent des autres. Enfin on l’a vu tantôt éphèbe accompli, tantôt beau parleur, doué du geste et de la parole décisive. Un léger changement dans le mouvement du bras, dans la physionomie en fera, sans même déranger son attitude générale, l’orateur professionnel. C’est ce que montrera la statue de Cléomène ’21, qui reproduit peut-être un type antérieur d’Hermès Xovioç22 et y adapte adroitement le visage de

1 R*yet, ilonum. II, pl. l ; Collignon, Sculpt. gr. II, 398; Wood, Discoveries at i’Mesus, p. 218 sq. ; Robert, Thanatos, p. 40 ; Arch. Zeit. 1872, p. 72; cf. Clin. Uiü. n at. 30, 14, 03, d'après qui ce travail pourrait être de Scopas ; Hermès y a le caducée. — -2 Gaz. arch. I, pl. vu, p. 21 (Ravaisson); Aihen. Milth. IV, p. 183; Collignon, Sculpt. gr. Il, p. 372, fig. 192. La figure est prise dans Duruy, Hist. des '°m' lv> P- 33. - 3 Collignon, Sculpt. gr. II, fig. 201, p. 3S3 ; cf. Cavvadias, Calai. ju, 210, 241-2 ; Alitth. Aihen. 111, p. 25, 101. — 4 Voir encore l'Hermès dit du clvédère et une belle copie, dite statue Lansdowne, d'un adolescent nu sauf la clila- ■ ' sur 1 épaule et. le bras gauche, procédant manifestement de 1 Hermès tel que ') slallllii'c grecque l'a constitué au iv° siècle, Furtwangler, Meisterw. p. 504 ; irek- Zei‘- 1874, pl. xxxvii-xxxvm. — » Aihen. XII, 53 (p. 537 c). 11 se costumait l( s0 aussi en Ammon, en Hercule et même eu Artémis. Cf. Gaz. arch. 1870, P' P1- «u (Koulez). Une statue d’Alalanli (Aulis) de l’Hermès paleslrique et nu avoir le type facial d'Alexandre, Bull. Inst. 1800, p. lit; Kékulé, Antik% j1 ' l0erle- Thés. p. 118, — 6 Toute fortune heureuse était appelée Ippaia Sic i; 3'T“h''' d6s Le temps d’Eschyle, Eum. 947; Plat. Phaed. 107 c. — 7 Arisloph. Pax> ct schol. ; cf. Arch. Zeit. XXXIII, p. 3; XVIII, p. 83. — 8 Suid. s. v. 'lUîjjn;

5- ”• 'Eç:x*i?; Pollux, VI, 55; Id. s. v. Ippatov ; Thcophr. Caract. 30. 10 01r suP>'à, p. 1805 et vol. II, p. 1065, fig. 3650 ; Cornutus, Tlieolog. Gr. 15-16. Ul> même temple était dédié à lui et aux Muses, Paus. VIII, 32, 2 ; cf. Museo

Florent. I, p. 343 ; sa mère a passé pour une Muse ; cf. Creuzer-Guigmant, III, part. 1, p. 186 ; Eustath. ad Odyss. XIV, 435. — U De nombreux ex-voto sont communs à Hermès et aux Nymphes : Bull. corr. Iiell. 1881, p. 349, pl. vu ; Furtwangler, Coll. Sabouro/f, pl. xxvu-vm; Athen. Alitth. 1888, p. 3o3; 1893' p. 212; Jahrb. des deutsch. Inst. ( Anz .), 1890, p. 87; Journ. of hell. stud. Vil) p’ 2i5,’ fig. 3. 12 Pausan. VII, 1,4.— l3Diog. Laert. Proem. 4. — H Voir supra, p. 1811, il. 4. Les monuments mentionnés sont du iu« siècle. — '3 Paus. IX, 39, 7 cf. O. Muller, Handbuch, § 387, 1 ; Arch. Zeit. 1865, pl. ccu ; Jahrb. des d. Inst. 1891, p. 258, discuté par Studuiczka, Ibid. p. 260 et Kleiu, Ibid. 1892, p. 140-8. N’y aurait-il pas là encore une idée de ruse, correspondant bicu au caractère d'Hermès? —'6 De Witte, Élite céram. 111, 73,76; Arisloph. Pax, 424,433 et schol. Athen. p. 660 ; Diod. V, 67, 2. — n Babelon-Blanchet, Bronzes de la Bibl. Nat. 314. —'8 Froelmcr, Notice, 19; Collignon, Sculpt. gr. II, p. 647, fig. 339; Hauser, Die neu-atlischen Reliefs, p. 112. — 19 Diog. Laert. VIII 1, 31 (19)- Hermès y est tout autre chose que l'ancien itopitatoî — 20 Tap.ia;, Diod. 1, 16, — 21 Rayct, Alonum. 11, pl. i.xix; Collignon, Op. I. Il, fio-, 337 ; Frochner, Notice, n° 184; Clarac, Catal. 712. Une tortue est sous les plis do la draperie qui tombe du bras gauche. — 22 Helbig-Toutain, Guide, 11. n" 871, p. 106 ; Furtwangler, Meisterw. p. 86 Prcller, Gricch. Myth. I, p. 339-12.

Ml-K

quelque Romain précurseur ou émule de Cicéron. D'apparentes étymologies préparaient aussi le nouveau travail des esprits chercheurs sur l’essence d’IIermès. Depuis Platon, le verbe âpix^veûsiv1, qui désigne l’interprétation de la pensée, le don d’expression, paraissait apparenté au nom du dieu. Une confusion cherchée et voulue avec un des dieux égyptiens fit le reste ou y aida beaucoup. Le Thoth à tète d’ibis, honoré à Hermopolis, mais venu peut-être de Phénicie, représentant l’invention de l'alphabet et la mesure du temps, était depuis longtemps connu en Grèce". On fut de plus en plus frappé des

caractères qui lui sont communs avec Hermès, et, quand Alexandrie fut fondée, on se piutà mêler leurs attributs 3 . Ce dieu de l’ingéniosité était représenté avec une grande plume d’ibis au-dessus du front4. Or, sur un groupe en bronze d’Antioche où Hermès lutteur terrasse un personnage inconnu, entre ses deux ailes, une plume est fixée au bandeau dont sa tête est ceinte (fig. 4955)®.

11 est vrai que cet appendice peut tout aussi bien être une partie de fleur de lotus, et la question a été curieusement discutée 0 par les archéologues. 11 [•■ig. 4930. - Hermès lutteur. gufflti p0Ur établir l’identification

voulue des deux divinités, que le même attribut caractéristique soit au front de l’un et de l’autre. C’est le cas, puisqu’un assez grand nombre de bronzes gréco-romains le prêtent à Hermès et que même on trouve le dieu accompagné d’un ibis \ Que le bronze d’Antioche soit du temps des Séleucides8 ou de celui des Antonins 9, la donnée qu'il nous fournit est confirmée par Diodore de Sicile, qui voit en Hermès le compatriote et le compagnon apprécié d'Osiris111. Dès lors il est considéré non plus comme un dieu simplement bien disant, mais comme le bienfaiteur intellectuel de l’humanité. Il a notamment trouvé pour elle : 1° la parole articulée, 2° le vocabulaire, 3° l'écriture, 4° l’astronomie, 5° la théorie de la gamme, 6° le culte et les rites, etc. u, en un mot toutes les méthodes et tous les arts, à l'exception de ce qui sert aux besoins usuels et à la vie courante12. Il fut enfin l'IIermès Trismégiste. A côté de dieux qui représentaient la toute-puissance, la Grèce en cherchait un qui fût l’omniscience, elle l’avait trouvé.

Une formule unique a rassemblé toutes ces notions : on a dit qu’Hermès était le Aôyoç, la faculté rai-

I Diod. I, 162 ; S. Justin. Apol. I, 21 (Migne, 56). — 2 Plat. Pkaedr. 174 c.

— 3 I-lut. De Isid. et Os. 3.-4 Ebers cité par Furtwanglcr, Donner Jahrb. 103, p. D. En Grèce, celte plume désignait les Muses, dont nous avons vu les rapports avec Hermès. — 5 Dev. arch. XXXV, pl. xvm ; Jahrb. d. Inst. 1898, p. 177.

— G Voir Donner Jahrb. 107, p. 45 (Furtwangler) et p. 48 (l.ocschckc) ; Forster,

Jahrb. L. I. et Ibid. 1901, p. 48-9 ; Du U. corr. hetl. XXVI, p. 231. — 7 Furtwangler, Bonn. Jahrb. 103. Réciproquement des dieux égyptiens, comme Anubis, empruntent son caducée à Hermès ; voir fig. 340 du Dicliounaire. — 8 Forster, L. I. — 9 Joubin, Dev. arch. L. I. — 10 Diod. I, 15. — H Id. 1, 16. — 12 Id. Ibid. 43. Cf. E. Ménard, Hermès Trimégiste , Paris, 1866. — 13 Cornutus, Theolog. ch. XVI. — 14 S. Justin. Apol. I, 22 (Migne, 57) : il yîysvtivOat ix 0eo j kÉyojwv Aoyov 0eoO, xoïvov tovto ÉVrio u|xTv T0Ï5 tôv * E 'ytrp Xôyov tov 0iû'j aYÏ xXrtxov 7eyourTtv.

15 Fest. p. 124; Bréal-Bailly, Dict. étxym. p. 190. La désinence urivs se retrouve

dans des noms comme Velurius. Autres formes : AJercuris et Mirqurios qui semble une forme hellénisée. Cf. p . 1818; Corp. inscr.lat. 1, 59, 1500; VI, 518 ; XII, 2 4 40;

mer

sonnable départie par les dieux à l’Homme SPl,i cires vive uts. C’est en cela ,,,,'11 esi et la est son seul et véritable message Non Zei eût oublié les fonctions plus vulgaires qu'i> .!? jusque-là. Un stoïcien du icr siècle les Lml ","P lcs

le

(au nombre de dix-sept) elles interprète to„i,s liquement 13 comme des manifestations de h ? raisonnable. Hermès est si bien l’incarnation delan? • universelle que les chrétiens ne l’ont pas nié ct 1,c"see 'apologiste saint Justin tentera d'expliquer ’rationnï ement aux païens la religion nouvelle, en vni Gr i dira : « Nous appelons Jésus-Christ le X6yoÇ : nous lui JJ quons la dénomination que vous donnez à Hermès14 >,

H A Rome et en Italie .-Mercurius est un nom formé de la même racine que merx marchandise, rnercet salaire, mercari trafiquer13., etc.

1° Origines. Caractère proprement romain du dieu.

— Cette étymologie transparente nous livre la seule notion claire et certaine que nous ayons de la première histoire du dieu à Rome : il était comme Pecunia Aescularius , Argentinus le, favorable ou contraire au gain des marchands. 11 figure dans les premières listes que nous avons des douze grands dieux, mais nous savons qu’il était absent des Indigitamenta Est-jl néanmoins de création romaine, antérieur à tout apport hellénique? C’est très probable18, élanldonnée l’liabi-J tude latine de faire des divinités avec des noms tirés] des actes les plus ordinaires de la vie. Mais Rome à l’origine n'était nullement une cité commerçante : les progrès du dieu ont dû attendre ceux du négoce. Au début du ve siècle, les uns et les autres étaient déjà très avancés au témoignage de Tite-Live : la Cité inaugurait un temple de Mercure; les deux consuls se disputaient l’honneur d’en faire la dédicace [dedicatio] 19, et de donner des statuts à l’association des marchands. Le Sénat chargeait d’avance celui qui remplirait ces deux offices de veiller ;

aussi à l’approvisionnement de Rome en blé [annona)n\ Nous voyons que vers la même époque cette denrée manquait et qu’on en faisait, pour parer à la disette, de grosses importations d’Étrurie et du sud de 1 Italie. Hj semble donc que le commerce du blé soit celui qui a donné de l’extension à la confrérie des marchands et développé l’importance de leur dieu21. Les Romains ont pu croire que les conseils des livres sibyllins le leur recommandaient. Quant à l’influence de lÉtruiie, qui al donné à Rome beaucoup de ses institutions religieuse, pour ce qui concerne les tout premiers débuts d ( l 1 1 1 ’’ elle est possible22, mais non pas historiquement P10inl Mercurius a pu sortir directement, comme un 11,1 0 j naturel, d’une racine de la langue parlée par h s I1 "l ’ du Latium et on ne voit pas, chez les anciens Llm. 1 i

Servius, Ad Aen. VIH, 138 ct Arnob. III, 32, donnent r-itym0!0^1^^^ ï medicurrius de médius ct currere. — tu Cf. Rosohcr, Lexilcon ,1

— HEnnius, Ann. fr. 15, C, v. 426; Mart. Cap. I, 42; Augus . J\wa ^arl„i les

Vai-r. De re rust. 1, 14. Mercure figure parmi les dieux u> a" ’ ij,i donne douze dieux ruraux consentes que Varron invoque. établi par Evaudr*?-

le culte de Mercure comme aussi ancien que celui de launits, ^ ^ 3, {> ■ -19 T. Liv. 11, 21,7; 24, 3; 27, 5; Dion. liai. VII, 2; » ’ avcc Cérfl

— 20 T. Liv. V, 13, 6; XXII, 10, 9; Dion. Hal. XII, 9. Mercure es ]a sl.c0„daj

puis avec Neptune dans des lectistcrnia à 1 occasion de eu ^ j,ull ^ j,lé au début du iv« siècle av. J.-C. On le voit sur des monnaies en a

(Babclon, Monnaies, 11, p. 2, 59; Coins Drit. Mus. D- P- 3') ^ navire (v0,r.

p. 57, 12; Sicily. p. 230, 10); il a souvent au revers un0 pr f/ist. de 1,1

notre fig. 4950) ; Babclon, Ibid., Inlrod. VH et passun. , OcrbardS

monn. Il, p. 229. - 21 T. Liv. V, 13; Dion. Hal. ex. X ■

U cher die Gotthe.it. d. Etrusher, p. 2.

MER

MEK

(l semblable remontant aux premiers temps, bien

commerce ait de beaucoup précédé celui des Ro¬

de d‘1'

fiilC 1 o u . , . . .

• Mais Ü est bien certain qu ils ont eu connaissance,

ni'|l!.i’' IUC par les vases peints venus d’Attique, de

, si nonulaire au ve siecle. Au courant ou a

l’Herines grec r i

l u de ce siècle, par des ep.7topoi, importateurs venant ils ont pu apprendre qu’entre autres attribu- • Je ce dieu, celle d’èp.7roXatoç, président des trafics, .•semblait fort à la notion du dieu romain de la vente \ de l’achat. C’est eux sans doute qui, sans adopter 'Paiement pour eux-mêmes cette divinité d’Athènes, en ont transmis la connaissance à leurs voisins. C’était donner à ceux-ci une révérence plus grande du dieu ■ncdogue, qui leur était déjà familier. Quant à sa représentation figurée, il est incontestable qu’elle passe, par l’intermédiaire des Étrusques, de Grèce à

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C’est sur les monnaies que ce type emprunté s’osl produit d’abord, comme c’est par le syndicat des marchands romains que le culte a été répandu et indéti-

uiinent propagé.

Parmi les confréries nombreuses qui s’occupaient spécialement des honneurs à rendre à un dieu, celle des Mercuriales était des plus anciennes et on suiL leur trace en diverses villes très avant dans les temps de l’Empire. Celle de Rome était localisée non dans la ville primitive des quatre tribus, mais aux abords du Pomérium. Elle y constituait un de ces pagi presque urbains dont la nature quelque peu énigmatique a été élucidée par Mommsen 2 [pagus]. Elle s’était attribué, près de la porte Capène, une source dont l’eau était considérée comme lustrale3. Avec un rameau de laurier on en aspergeait les articles à vendre pour leur assurer, par l’intercession du dieu, des chances sérieuses de débit. Au demeurant, cette confrérie ne différait pas essentiel-

Fig. 4956. — Scxlans à l'effigie de Mercure.

lement des collegia adonnés à d’autres cultes [col- LEfiini, mercator, p. 1740 et s.]. Les mêmes hommes huent membres ou magistri des uns et des autres \ Cicéron nous apprend que les Capitolini et les Mer- ^■nales eurent à exclure en même temps un même Personnage qui leur parut trop peu recommandable 3. J'1 COl|h‘érie de Rome servit de modèle à des collegia M'ici iriniium qui se multiplièrent dans presque toute Ualie et hors d’Italie6.

Quant aux monnaies, Yaes grave du milieu du iv“ siècle inaugure, pour nous, l’effigie de Mercure. Antérieurement à cette date, le caducée s’est présenté sur Yaes signatum 7, sans que ceternblème, qui a circulé de tout temps parmi les peuples antiques, y désignât nécessairement notre dieu. Le type que les magistrats monétaires empruntaient à la Grèce est celui que la peinture y représentait à la même date : un visage jeune et imberbe avec un pétase à bords peu développés, muni de deux petites ailes (fig. 4956) 8; au revers une proue de navire, il a pu pénétrer à Rome par le port d’Oslie qui recevait des vaisseaux de la Sicile et de la Grande Grèce3, plus probablement par les Étrusques dont le commerce avec la Grèce propre était de longue date très actif.

Les artistes d’Étrurie ont eu une prédilection toujours croissante pour le type de l’Hermès grec rajeuni qu’ils copiaient lourdement. Quantité de miroirs gravés le reproduisent 10 avec la chlamyde qui découvre les formes, dans toutes les attitudes des peintures céramiques grecques à plusieurs plans, c’est-à-dire de la dernière période. Quelquefois il est accompagné de son nom Tanna", où Ottfried Millier voit la transcription de 'Ep^ç, où Gerhard

hésite à reconnaître soit ce mot, soit Terminus , que Deecke12 déclare n’être ni latin ni grec, mais purement étrusque. Mais ces monuments ne sont pas anciens et ne prouvent pas qu’Hermès soit devenu une des divinités familières de l’Étrurie. Les artistes étrusques paraissent avoir obéi, en multipliant ses images, à leur goût pour les choses d’art venant de Grèce, plutôt qu’à une pensée religieuse, soit qu’ils le représentent ressuscitant un des Cabires morts (lig. 915) 1 ', soit qu’ils empruntent une scène où il est psychopompe, avec le surnom d'Aitasn, ou bien où il apporte dans les balances les sorts d’Achille et de Memnon (lig. 4937) u, ou encore où il présente les déesses a Paris appelé Alixentrom ; sur ce dernier monument le dieu est aussi

i; 'ar|l'a> Art étrusque, p. 612, sur l'emprunt par les Étrusques des types arlif- ^50t!,,l'!Cl,Xde,aGrèce' — 2 Mommsen ap. Corp. inscr. lat. I, p. 159, 205, 0. n 1 ast- v> C73; Jordan, Topoyr. 11, 542, 378, 599 ; Gilbert, Stud. rom. 11, 251, I |y' "'Jll,or' Tvpoyr. d. Stadt Rom, 2” édit. 1901, p. 343. — ’* Borgliesi, Œuvres, nr les’ 407 ; Mom"*sen, L.l.—i Cic. Ad Quint. 11, 5, 3. — 0 Voir Waltzing, Étude Prot'ess- Indic. — 7 Babelon, Op. I., Introd. p. 4, 1, p. 17-18 ; Mardi i P • 187 101 '’ ^aes9rave, pl. vu, 3; pl . ni, 9. — 8 Mommsen, Bist. de la monn.rom. I, Sem|||() s'Snalc un exemple au iv' siècle av. J.-C. à Ardca près d'Ostic. 11 en rasd0„l)l K ,llllran laine ayant au revers Janus imberbe, Ibid. p. 334. Sur ce Janus 'Sml les traits de Mercure, cl. notre fig. 551. — 9 Par ex. Babclou, Op. I. 1,

p. 36 (v. notre fig. 4956), 46, 52, 60, 6V, 390 ; 11, 106, 183, 201,247,263, 270, elc. monnaies des iv* et ni' siècles. Le type d’Élruric ne présente aucune différence avec ceux des autres régions d’Italie. Cf. Il rit. Mus. Coins, 1t. 1-16 avec le reste du vol. — lo Gerhard, Elr. Spiet/el, vol. l-W passim. Par ex. vol. 11, pl. cxxvu, exxix, exw, cxxxi, clxv, clxxii, clxxxix, cxcu, cxcv, ccxxx. — U Gerhard, Op. I. ; Ibid. 11, pl.

I. xxiv, LXXV, cxxvu, clviii, cc, cci.vii, cccxxxu. — lîOtlfr. Muller, Etrusk. 2e édit. Il, p. 74, mais voir note de Deecke, Ad l. — 13 Gerhard, Elr. Spiegel, pl. i vu. — P* Ibid.

II, 172. Inscriptions Utliuse (Odysseus), Ternsias, Turmt Aitas, qui semble bien, comme les deux précédents, une transcription des mots grecs, 'Ep;xri; 'AiSr,;, malgré l'avis contraire de Deecke, cf. Ibid. 111. p. 223. — '3 Ibid- II, pl. xxxv, 1.

MER

accompagné de son nom latin, écrit mirqvrios1. Celte forme altérée, substituée au nom plus habituel, semble Plutôt prêtée par les Latins que fournie et suggérée à ce peuple, et dénote peut-être un travail spécialement fait par un étranger pour les Romains. L’art de l’Étrurie a sans doute approprié seulement à un dieu voisin, qui ne sortait pas de son propre Panthéon, un type figuré qui a fait fortune. Quant à Tagès, en qui on a cherché à voir le prototype de Mercure, il n a rien de commun avec lui ; il est l’ancêtre étrusque des haruspices 2. La tête d’Hermès grec des monnaies romaines y figure quelquefois accolée avec celle d’Héraclès en forme de Janus bifrons et ces Mercures ù double tête rentrent dans l’idée primitive de Janus avec lequel ils se confondent originairement 3. Très souvent le revers porte une proue de navire \ ce qui peut être une allusion au commerce par mer, mais n’est pas du tout spécial aux pièces à effigie de Mercure.

Avant les poètes d inspiration alexandrine ou hellénique du Ier siècle, les Romains, tout en acceptant le type extérieur importé de Grèce, n’avaient enrichi d’aucun élément étranger leur conception du dieu commercial. On le voit aux précautions que prend Piaule, avant de présenter dans Y Amphitryon un Mercure tout hellénistique. Il emploie quatorze vers du prologue à détailler la conception du dieu du lucre familière à son public, pour y rattacher habilement l'idée grecque du dieu messager, laquelle à son tour amène son plaisant message aux auditeurs \ Deux vers marquent spécialement l’étonnementb provoqué par l'aspect nouveau que la pièce va donner au dieu des trafiquants romains. Ce peuple pratique avait là une divinité conforme non pas à l’image ennoblie qu’il prétendait transmettre à la postérité 7, mais à sa ressemblance réelle, telle qu’il se l’avouait à lui-même aux moments où l’héroïsme n’était pas de mise. Mercure est le dieu de ces Romains soigneux du pécule qui élevaient leurs enfants avec des leçons de numération commerciale comme celle qu’IIorace a décrite 8. De là son prodigieux développement dans le monde romain.

2° Culte de Mercure à Rome. — L’ancien temple dédié en 495 9 est le seul sur lequel nous ayons des renseignements précis. A défaut des deux consuls récusés l’un et l’autre par le peuple, un centurion primipilaire remplit le rôle de pontife pour cette cérémonie19. Ce temple était sur les dernières pentes de l’Avenlin, faisant face au Circus maximus". Il était circulaire, comme ceux de Yesta, si c’est bien une restauration identique de ce temple que présente une monnaie de Marc-Aurèle (fig. 4958) 12. On a

1 Gerhard, Ibid. II, 182; C. inscr. lof. I, 59; Millin, Galerie myth. CLI. Ce miroir peutvenirde Préneslc, où se sont produites les mêmes influences qu’en Étrurie; ce type du dieu convient à une œuvre faite pour des Latins par un artiste de culture grecque. Il est remarquable que la forme en question est la même qu’on trouve dans une inscription de Délos comme traduction latine de Hermès, Bull. corr. hell. I, p. 285; Eph. epigr. IV, 7G (sans doute prononciation grecque de Mercurius). — 2 Cic. De divin. II, 23, 30; cf. note de J.-V. Leclerc, Ibid. vol. XXXI, p. 318. — 3 Babelon, Monn. delaRép. II, p. 400 ; Lenormant, A oui', gai. mylhol. p. 7. —1 Babelon, Alonn. de la Itép. et Mommsen, Bist. des monn. passim. Voir notre fig. 4056. — 0 Plaut. Amphitr. vers 8-12, enclavés dans les autres, pour insérer l’idée du dieu messager dans celle du dieu marchand. L. Havet (cum discipulis Ed. Plauli Amphitruo, Paris, IS95, p. 3) déplace ces vers, qui gênent en effet, si on n’en voit pas l’intention. — G Ibid. v. 116-117. — 7 Cf. Boissier, Préface à l' Bist. rom. de Michelet , dans la Rev. des Deux Mondes, avril, 1898. — 8 Hor. Ad Plson. 325-30. — 9 Année de la mort de Tarquin, 259 de Rome, T. Liv. XXI, 7. — 10 Ov. Fast. VI, 669 : spectantià Circum ; Apul. VI, 8, p. 395 : rétro metas Murtias ; Baumeister, Denkm. art. homa, p. 1495; Jordan, Topogr. d. Stadt Rom, II, p. 529; Eph. epigr. III, 6, 9 ; C. iuscr. lat. I, p. 393. — U T. Liv. Il, 27. — 12 Cohen, Méd. imp. III, p. 54. — 13 Nardini, Rom. ant. VII, 3, mais cf. Hülsen, Rôm. Mitth. 1894, p. 96. — U Près du temple ou d’un des passages de Janus, Fest. p. 161. — 13 Fesl. p. 297. Plus

MER

encore retrouvé de vagues restes 13 D’au U dont nous entrevoyons l’existence éhi, sancLuaircs simples chapelles. Il est possible que ch u, , ?euUêtre Jo marchande ait eu la sienne où le dieu Un IJe“

particulier. C est ainsi qu’on l’appelait malevolus dans un emplacement 14 où il se trouvait tourner le dos aux boutiques-, sohrius dans un autre où il n’y avait pas de tavernes (à moins que ce ne fût parce que là on lui offrait des libations non de vin, mais de lait16). La consécration du temple de l’Aventin avait eu lieu aux ides de mai 1G.

C’est en raison de ce fait que les marchands cél4 braient Mercure à cette date ” C’est peut-être pour 1 même raison que l’on s’avisa de le faire fils de Mau, qui lui créait une analogie fortuite mais frappante avec l’Hermès grec [maia, p. 1554]. Quoi qu’il en soit, on consacra le temple à Maia et Mercure qui, dit-on, avaient déjà un culte commun en quelque autre point du Latium18. Mercure a été dès l’origine un dieu de confrérie :

les marchands 19, les revendeurs 20, les changeurs21, formèrent sa clientèle première qui s’accrut non seulement de campagnards22 et d’artisans, tels que les pêcheurs23, mais, comme on le verra, d’hommes appartenant à des catégories sociales très diverses24. Des dénominations symbolisant des pouvoirs très étendus lui seront attribuées,

mais Celles de LuCri COnseriHltor 23, Fig. 4959. —Mercure romain.

potens , repertor 26, Negotiator ou Nundinator , dieu du marché21, l’ont été avec une persistance toute particulière.

3° Art et littérature : association de caractères helléniques et romains. — Les artistes qui voulurent représenter en pied le dieu romain du lucre n’empruntèrent pas seulement, comme ceux qui avaient travaillé pour les magistrats monétaires, le type hellénique du ivc siècle, figure imberbe et pétase ailé. Comme marque spéciale du caractère exprimé par le nom même de Mercurius, ih mirent à la main un sac à argent, une bourse (fig-

uuun surnom

■d nous lui trouverons le surnom tout contraire d Epulo, organisatcui t . rp. iriser, lat. VI, 514, 9714 ; Poinssot, Bull. d'Oran , 1884, p. - > c • l j0jj

1212. — 16 T. Liv. II, 21, 7; Fest. p. 148; Ovid. Fast. v’ ' ’ d. De mens. IV, 52; Plut. Quaest. rom. 86; cf. Preller, , ■

17 Fest. p. 148 ; Mart. XII, 67. Ovide, Fast. V, 103, «“«S1™3 ^ p|ul rcure qui a donné au mois son nom en 1 honneur de ta ™c p £0[ m. 19. — tx Censorin. De die natal. 22, 12; cf. Roschei, c ren(leri )4.i9 Plaut. Op. L; Ov. Fast. V, 675; guicumque suas prof e J

rces-, Corp. inscr. lat. IX, 1707, 1710. Cf. notre fig. 4961, ™Fésc“ (fcJ

uc formant une pièce d’un ustensile de commerce , C. ri°pace Sat. Il» 3»

t. de la Bibt. nat. pl. xxxix. — 20 Ephem. epigr. M» 3-- .. °^jre' des achats 26, attribue le coynomen Mercuriale à un homme qui sai 153I|

mtageux. — 21 Corp. inscr'. lat. ; IX, 1707; Mommsen, R y^ 514-519» 22 Ibid. VI, 9483. — 23 Ephem. epigr. L. 1 — 24 Corp. inscr. « • » j

plus loin, p. 1820. — 23 Cf. Hor. Sat. II, 6, 5 ; Ibid. 3, 68. Mercu nt le dieu des aubaines comme dans Lucien 1 Hermès «p ’ XII, 3687 cr. lat. V, 6594-6; VI, 520 ; Orelli-Henzen, 4329. — 21 tor/l','“^‘de ces mois est .■lii-Henzen, 1410, mais la première lettre seule de lun ou ou i ^ II,

hic. Cf. Brambach, Corp. inscr. rhen. 1508, et Preller- ou an-

ÎJQ'J n I Qolirvl nrl Pn-ff V 111.

ILb. * '

,rc v est sinip'0"; 26 Col-p •

MER

MER

, I l’aspect romanisé de nombreuses statues du

^ tS] a unes où il est, comme en Grèce, nu ou ù

dieu,

pe

une

vêtu

de la légère chlamyde (fig.

les autres

ni’iiula plus ou moins ample tombe en grands plis

ml lil a

let derrière lui 2. Souvent, au lieu du pétase ailé,

l.|l',1"|lX petites ailes qui sortent de la chevelure même 3.

ÜVnoi’ppment il est debout, mais on le trouve assis4. Orciunu11 ,, . ,

, , , q f o i s il élève orgueilleusement en iair le sac

jurent qui proclame sa qualité de Romain et d’enri¬

chisseur K, exprimée d’ailleurs non moins clairement par son association avec la Fortune sur une fresque de Pompéi (fig. 4960) 6.

Il est arrivé que les poètes, eux aussi, dans le portrait qu’ils traçaient du dieu, réalisaient une sorte de compromis entre la conception grecque et la romaine. Ainsi Horace et Ovide. Le premier, qui se plaisait à esquisser d’après les lyriques grecs le portrait moral d’Hermès 1 en y glissant quelques traits de l’époque alexandrine 8, s’adresse aussi, dans les satires, au lucrorum conservator 9 qu’il s’amuse à prendre pour son dieu spécialement tutélaire. Le second mêle hardiment tous ces différents caractères, au risque de les faire se heurter 10. Il esquive, en l’enclavant dans les mots où il évoque le dieu inventeur de la lyre, sa fâcheuse spécialité de voleur 11 comme s’il en était gêné. Les Romains prenaient les affaires d’argent fort au sérieux, et ne se prêtaient pas comme les Grecs au jeu qui eût fait du dieu des gains commerciaux celui du vol.

Quant aux artistes de Rome, leur propension à compliquer de plus en plus la représentation des dieux a fait due, pour caractériser Mercure, la bourse ne leur a pas suffi Ils ont recherché pour lui des attributs grecs sans rapport avec ses attributions romaines ; ils lui en ont inventé de nouveaux. Au caducée ils ont ajouté une paire fi ailes tantôt au-dessus, tantôt au-dessous des deux ser¬

pents [agyieus, lig. 41921. Ce symbole n’a pas d’ailleurs, chez les Romains, passé de l’art dans la vie pratique : les féciaux qui portaient aux peuples la paix et la guerre n’ont jamais échangé contre le caducée les brins de verveine et les sagmina [fetialis]. Le bouc et le bélier grecs (ainsi que le veau 13 et le porc) accompagnent souvent la représentation de Mercure, non pas sans doute qu’on sût la tradition de ses lointaines origines, mais parce que ces animaux étaient communément ses victimes14. La tortue qu’il a souvent à la main ou à ses pieds 15 s’explique par la légende grecque ci-dessus rapportée (p. 1809) et cependant est plus fréquente dans l’art romain qu’elle n’a été en Grèce. Le coq16 est tout à fait romain et d’époque tardive. On n’a pas été en peine pour l’expliquer ingénieusement17, mais sans doute il a simplement été attribué â Mercure par la piété d’adorateurs qui le voyaient à d’autres dieux. Un de ces coqs joints â Mercure est gigantesque, un autre a dans le bec un épi de blé18. Les Romains ont aimé à multiplier auprès de Mercure les figures d’animaux. On voit encore avec lui un sphinx et un scorpion qui restent inexpliqués. A sa main se trouvent la patère 13 ou le rameau magique 20 (retour à l’origine du caducée), qui sont des emprunts

grecs. La corne d’abondance est assez rare, étant plutôt l’attribut de la Fortune. Presque tous ces attributs sont réunis au fronton du temple de Mercure représenté sur une monnaie déjà citée (fig. 4958) 21 et autour du dieu, sur une assiette d’argent trouvée en Normandie, mais œuvre d'un artiste romain ou d’un grec d’Alexandrie (fig. 4961) 22.

Slaluette de bronze, FurlwSngler Meisterwerke , p. 427 (on notera le torques °'lr llu cou) ; cf. Clarac, Musées, n°* 1509-13, 1515-17, 1524, 1526-29 ; 1531; Mus. Y|0I' 'h 2 (Reinach, Répertoire, II, p. 154,8) ; Itoux et Barré, Herculanum, ) ' " (Reinach, Ibid. 155, 5); Louvre, sans n° ( Id. Ibid. 156, 3) ; Campana, 163 (Id. Ibid. 156, 0); Roux et Barré, VI, 49, 2 ; 50, 2 (Id. Ibid. j,.’,1' 1,l®> *)i Louvre, 233 (Id. Ibid. 159, 9) ; Muller-Wieseler, Ant. Denkm. XXIX, lihii |' ^ ’ I?urI'v<'ngler, Meisterw. p. 113 (Id. Ibid. 160, 4); Babelon et m*inp‘el’ /lr°n~es de la Bibl- NaL n" 3 15-328, 330-333. Ces statuettes sont d'un )Uji|J j10» sauf 'lue les unes ont les ailerons dans les cheveux, les autres au pétase ;

icseler, Ant. Denkm. Il, 330, où Mercure remet la bourse sur les genoux do 1Cij Mabel on, Op. I. 838 (Reinach, Ibid. 1G4, 5); Louvre, 229 (Id. Ibid.

jA ; mc°Uni, III, 76, pl. vil (Id. Ibid. 165, 6); Roux-Barré, VI, 5 (Id. Ibid. 165, ' • «iclon, Op. I. 340-347. — 3 Babelon, Ibid, n»1 317, 322-25, 333, 316. — 4 Id. pl n ' 0/* b Clarac, Ibid, n08 1512, 1518. — 6 Museo Dorbonico , VI, ' ~ 1 Hor. Carm. I, 10; III, 11, vers 1-2. — 8 Id. Ibid. I, 10, vers 2-3.

— 9 Hor. Sut. II, 6, vers 5, 13-15. — R* Ovid. Fast. V, 663-692. — n Id. Ibid. vers 103, 691. — 12 C’est une question de savoir s’ils l’ont imaginée ou empruntée à de rares représentations grecques. Ou la trouve sur une tessère grecque d’un greffier de la Biu4f„ Bull. corr. hell. VIH, pl. i, u, p. 5. Le Turms étrusque ne Va pas. Furtwangler, Berlin. Phil. Wochcnsclir., pense que Schrciber a tort ( Alexandrin . Toreut. I, 187) do la rattacher à l'art alexandrin. Cf. Schol. ad l'ers. VI, 62 cl Roscher, I, p. 2426. — I3 Corp.inscr. lat. XII, 1316. — 14 Ibid. VI, 512, 515, 1310; VIII, 8246 ; XII, 3091 ; Arnob. 7, 21 ; cf. Roscher, Lexikon, I, col. 2397, 2399, 2401.

15 Reinach, Répertoire, p. 156, 3, Louvre ; Corp. inscr. lat. XII, 3090. — 16 Corp.

inscr. lat. XII, 3090, 4136, 5693, 13616; Arch. Zcit. 1847, p. 10. — 17 Mait. Cap. II, 177. — 18 Montfaucon, Antiq. expliquée, vol. I, pl. i.xxi, 5. — 19 Corp. inscr. lat. XII, 1316; Clarac, Musées, IV, 1519, I), E. — 20 Montfaucon, L. I. pl. i.xxn, 1; i.xxiii, 6 ; Eckhel, Doctr. mtmm. IV, p. 68; cf. Apul. Mctam. X, 30 ; XL

10. si Cohen, Monn. imp. 111, p. 54; Eckhel, Doctr. numm. VII, 60. — 22 Jour», of

hell. stud. 1882, pl. xxn, Bibl. nat. ; cf. Babelon, Guide au cab. des Méd. p. 344.5.

mi: r

En somme, le Mercure romain n’a plus le fin sourire de son prototype grec, ses altitudes sont marquées pins complaisamment, son équipement, sa parure, les marques de sa personnalité ont quelque chose de plus

compliqué. Ce caractère est exagéré encore dans les Mercures-panthées où on s'est efforcé de fondre en sa nature celle d’un ou plusieurs dieux. On connaît plusieurs Mercures- Apollon \ et un curieux buste, qui a été un ex-voto muni de tintinnabula , est encadré non seulement par des cornes d'abondance, mais par des figurines des dieux du Capitole, Jupiter, Junon et Minerve (fig.

4962) 2 ; cet ex-voto est une imitation de la pièce fondue en forme de Mercure par laquelle les marchands du temps de l’Empire tenaient leur balance suspendue pour la pesée des marchandises [libra]

Mais, d’autre part, souvent aussi les artistes romains, épris de simplicité grecque, se sont contentés de reproduire d’aussi près qu’ils le pouvaient, malgré le progrès pes temps, les Hermès de Polyclète, de Praxitèle, de Scopas, de Lysippe, etc. 3 De même, les poètes- se sont le plus souvent attachés à la conception grecque du dieu qui chez eux n’a de romain que le nom. Ainsi fait à peu près Horace dans l’ode imitée d'Alcée. Il se plaît à évoquer la figure du psychopompe 4 que les Latins ne se sont jamais appropriée 8. Ainsi fait encore Virgile dans l'Enéide quand il confie à Mercure des messages pour ses héros. Par une inconsciente préoccupation de couleur locale grecque, il néglige complètement la tradition populaire romaine pour laquelle le messager est avant tout un protecteur du commerce. De même Properce, Lucain,etc.° Plaute, qui dans le prologue de Y Amphitryon ébauchait un compromis entre le Mercure romain et le dieu hellénique, dessine dans la pièce même une caricature7 du messager des dieux, mais une caricature purement grecque.

4° Extension des attributions et du culte de Mercure. — La Iradilion populaire elle-même a le sentiment de

i Babclon et Blancbet, Bronzes delà Bill. nos 35C-300 (n«3fil : Mercure, Bacclius); cf. Id. Guide aucab. des Méd. p. 334*. — 2 Babclon el Blancbet, O. c. n° 303 ; Guide , p. ü20.— 3 Par ex. Millier- Wiesclcr, Op. I. 11,311, où le dieu jeune a des volumina aux mains; Id. Ibid. 318 (Mercure Ludovisi), 322, 333, nu, louchant le sein d’une déesse assise ; Bayet, Monum. ant. Il, pl. lxix, i.xx (statue de Cléomène) ; Gaz. aveh. 1870, p. 55; Baumcistcr, Op. I. 738 ; Antic/i. d’Ercolano , VI, 29 et Miiller-Wieseler, Op. /.Il, 309 (bronze assis de Naples), etc. D’autre part les Romains plaçaient dans leurs temples des Hermès apportés de Grèce : Plin. Hist. nat. XXXIV, 8, 89. — 4 Uor. Carm. I, 10, vers 17-20. — o Cf. de La Ville de Mirmont, Afyth. dans Apollonius , p. 55G. — 6 prop. III, 30, 6; Lucan. IX, v. 0G1. — 7 Cf. caricature peinte ap. Baumcistcr, Op. I. pl. supplémentaire, t. III. — 9 Servius, Ad Aen. IV, 842, çst le reflet de celte tradition vague, mi-populaire, mi-érudite. — 9 Corp. inscr. Uit. IX, 3307, testament d’un tribun praefectus fabrum, quinquevir ; cf. Mommsen, Inscr. Neap. 198. — 10 Avec celui de la Fortune. Voir la pyramide d’Igel décrite cj, pliquée par Goethe, Campagne in Frankreich, 23 Aug. Corp. inscr. lat. VI, 514. -- Il Cf. Roschcr, Lex. II, col. 2823. Babclon, Op. I. I, p. G0, n° 44, montre le type le plus ancien que nous ayons de monnaies à tète de Mercure dans différentes villes d'Italie. — 12 C. inscr. lat. XIV, 2878, ancien collège de marchands à Pr(*neslc. - *3 Voir plus haut, p. 1 8 1 G. — 1'» C. i. I. X, 3822. — I5 Ibid. IX

MER

'ampleur de la conception

^uiiLcpuon grecque ou il

dieu, el développe la sienne jusqu’à préi™ de

pouvoirs el des fondions que sa nalure AJ?*™**

nature commpMi.,!.

rter 8. D’abord sa clientèle ' ' ne colley ium des Mercuriales reçoit des membres h Le

» • ^ n°noraires

semblait pas comporter colley ium des Mercuria

qui ne font nullement profession de

une 13 1 ont peu t- ’ î la Sabine15 !

CATOB, p. 1740]. Des magütri d'autres “dèmaf J*"la, res de différentes fondions, des tribuns militai"!' des personnages consulaires lui prouvent iem. naissance par des autels. Hors d’Italie, ce sont suZ les légionnaires qui ont propagé son culte ■» En i même, nous le voyons répandu dans toutes lès réc-in de la péninsule11. Le Latium12 et FÉtr»™ “ être connu avant Rome. La Campanie le Samnium 16, l’Apulie17, la Lucanie13, " Calabre12 et même l’angle extrême du Bruttium20 ont, suivi L’extension de ses pouvoirs nous est attestée par des ex-voto où il est appelé Félix*1, Custos, Calestù Fa ta lis**, Consentions, Conservator*3, Precum minuter™, Sanctus, Finitimus *\ Revenant à ses origines, il est le patron des voyageurs 26, il assure leur bon retour! c’est lui qui a inventé les routes27. Il favorise la construction d’un aqueduc28. Pour un de ses fidèles, imbu d’idées grecques, il est dieu de la joie, roi des festins20. Il est revêtu enfin de fonctions plus sérieuses, plus « augustes », et cette dernière épithète lui est attribuée30. Il assure le salut des hommes en danger31 et on lui demande celui de l’empereur32. Il est le génie de la Paix et de la Concorde33. Il amène la vicloire30 : il est invictus 3B. Il préside aux choses de l’État, par exemple au cens. Il est appelé deus aeternus 36 et n’est pas beaucoup moins révéré que les divinités du Capitole, si bien qu’à partir de l’époque d’Auguste il a un caractère de gravité tout nouveau. Dans la célèbre ode politique qu’llorace termine en cherchant quel dieu, adroitement invoqué, viendra soutenir la République penchant vers sa ruine, après VesLa, Apollon, Vénus et Mars37, il nomme en dernier Mercure. Et, ce qui surprend encore plus, il feint de croire que c’est ce dieu qui s’est fait homme sous la figure d’Octave, pour venger César et sauver les Romains18. 1 Fantaisie de poète assurément, mais qu’autorisaient cer-l tains courants d’idées contemporains. Outre les épithètes politiques de Mercure ci-dessus mentionnées, onl en voit un indice dans le fait que les mêmes hommes, I d’assez basse extraction d’ailleurs, figuraient dans u collège des Augustales et dans celui des Mercui uih s comme membres ou comme magistri 19 et que nu un , a Nola et à Pompéi ces deux collèges n’en faisaient qu an,

3307, 4773. — 10 Ibid. IX, 072, 070, 1707. — 17 Ihtd. ; /Mrf. |

— 18 Ibid. X, 205, 232, 3 10, 483, 8342 «. — ,a Ibid. IX, 23, 54- , - '• |(|,

X, G. - 21 Ibid. VI, n» 521. - 22 Ibid. IV, 812, inscription peinte. ^ j

398 ; VIII, 51 ; Orelli-Henzen, 1403 ; Eckliel, Doctnnanum. \U, < ^ ,(W). ,

imp. V, 401. — 24 Dans une inscription d’un Grec : Kaibel, Epigu 01 ■ j xil,

nr. 5933; C.. i. I. VI, 520. — 23 Une seule fois el hors d’Itaie, • • ’ ^ ^ U

— 20 Ibid. III, 5190; V, 4240 ; VI, 3703; VII, 271, elc. Il est i H Ibid.

— 27 Ibid. VII, 771 : -vias el semilas commentes (est). — 28 ' >u ■ ’ , ‘ Louvrc, ,

VI, no 522 : EPVLONI MERCVRIO EVPHROSYNO, sur un autel du ^ ^ p ,ÎU orné d'une (Iule et du simpulum à libations; Froebner, dVoOce i c ^ ij.i, etc.

n° 202. — 30 c. i. I. IX, 3307. — 3' Ibid. III, 1*35, 1508, a,,- : , J’ £{abc|0„, ^

— 32 Ibid. II, 180 ; Ephem. epirjr. V, 1212. - 33 0re11,^Ie^)CI’’Q3 g, ' ’as0, etc. I

Mann, de la Ilêp. I, p. 352; Cohen, Monn. imp. I» 0, 30, ' j p. 280, j

Ovid. Fast. V, 005; Metam. XIV, 291. -31 Babclon, - '■ JgB1, n» 3313,

400. — 55 Mommsen, Inscr. Neap. 700, 4140. — •1(’ i l(‘ * '' cst ici dans la

p. 543.-3- Hor. Carm. I, 2, v. 25-40.- 38 |d. Ibid v. *!-« • accomplit Pour pure tradition homérique. Le dieu qu il invoque cest I ^ p £o9 ; Moni|,,stn' I ses protégés les Lâches les plus difficiles. 21 f • ^ ’

MER

MER

dont 1

il'lice

; était d’honorer la personne d’Auguste *. Un

autel trouve

niagister

à Rome porte la dédicace à Mercure du • d’un deces collèges2. Etenfin des statuettes, qui

ae3. En vertu de ce précédent, on mêlera encore lalité du dieu à celle de divers autres empe-

i ( name des illustrations du texte d’Horace, nous ,ut(.nt l’empereur Auguste avec les attributs romains

de Mercui’f la personna

\vec le progrès des temps et par le travail des ,jis jqercüre en est donc venu à exprimer le ca- ^clcre'du peuple romain à la fois sous ses deux grandes j/c(ig . je côté égoïstement pratique et le côté politique d autorité et d’habileté gouvernementale.

5° Mercure transalpin. — Les provinces paraissent,

dès le Ier siècle avant l’ère chrétienne, avoir connu et rapidement adopté cette conception religieuse. Toutefois l’enthousiasme ne fut pas le même partout. Si les traces d’un culte de Mercure sont très nombreuses dans la région du haut Danube et du Rhin, dans la Narbonaise, dans la Gaule centrale4, elles le sont moins en Espagne et en Afrique et elles sont fort rares dans la partie orientale de l’Empire6 qui, au reste, avait gardé la tradition altérée mais ininterrompue d’IIermès. Le Mercure italien a circulé surtout au delà des Alpes. César et Tacite le trouvent l’un chez les Gaulois, l’autre chez les Germains °, constatations qui n’en font guère qu’une, si on songe que Tacite a connu surtout les parties de la Germanie voisines du Rhin. « Ce dieu, disent-ils l’un et l’autre, est chez ces peuples le premier en importance. » Nul doute que Mercurius n’y soit la dénomination nouvelle et la transformation d’un dieu barbare des régions gauloise et germaine. Mais la transfusion était chose faite et achevée dès l’époque où César a connu la Gaule, au moins pour la partie qu’il en a connue.

Nous avons un grand nombre de noms de dieux gaulois et de surnoms de Mercure gallo-romains entre lesquels il n’est pas aisé de reconnaître l’ancien Mercure, d’autant que cet ancêtre n’a pas été nécessairement le même dans toutes les civitates \ Sans parler de Teutatès8, nous pouvons croire que Dumias, Moccus 9, Arcecius 10, Alaunus, Cissonius, Tourenus, Atusmerios 11 , Arvernus, Visucius12, etc. sont des surnoms gallo-romains du dieu. D autre part, Lucien nous fait connaître un Ogmios, dieu gaulois fort étrange, vieillard disgracieux et trapu, éloquent et savant, et l’étude des textes gaéliques a révélé 1 existence d’un dieu Lug dont le culte aurait été fort répandu, rien qu’à en juger par le nombre de noms de lieux qui paraissent formés de cette racine 13 . Or il faut bien (lue le prédécesseur de Mercure ait été, plus ou moins, un dieu panceltique et un dieu des arts pacifiques. « Les Gaulois ne seraient pas arrivés à la conception ou à

Collège de N0la et Pompéi. — 2 Rôm. Mitth. VIIII1893), p. 222. Monument datant I xii'1 ll ,r s*^c'e av- et représentant peut-être Mercure etMaia. Cf. C. i. I.

. M, 2221. — 3 ReV' arch. 1875, pl. xxxvi, p. 133; Duruy, Hist. des Rom. IV, — ; d ’ ^aiac’ Musées, V, 2473 ; Babclon, Guide au cab. des méd. p. 327, no8 834-837. fum des monuments et souvenirs de Mercure en France (notamment dans de

d reUï noras do lieux) dans Rev. arch. XXXV, p. 241 sq. — s Roscher, Lexi/c.

H, n, 9090 en

Tacil De ~~ Caes* DelL fjalL V1, 17 ; cf' BeVm CelL 1V’ P‘ l4; XI’ P' 224î humain ^ ^erman% D’après lui, ce dieu recevait des Germains des sacrifices

civilisé * CC *n^*<®ue suPerposilion à un dieu primitif et sanguinaire du dieu 1407 * ^ ^e‘nach, Rev. celt. XVIII, 1897, p. 149. — # Orclli-Henzcu,

Poil0 n C°rp. inscr. lat. III, n» 5768. — 10 Espérandieu, Épigraphie du (hev n\'ri ' ^ 11 -DwwmVw, nom sous lequel il était adoré au Puy-de-Dôme

p- 332 ^ cclL »• 420)-

<2 Robert-Cagnat, Epigra-

grailj —“'i p. 59. — >3 On croit retrouver le nom de ce Mercure dans un

ainsi Z, i ,C d aPPe"ations géographiques en Gaule ou dans les pays limitrophes,

ten,„|„ / unum< Lu gi-solium = Luxeuil, Lüg en Suisse, Locarno, et, plus près du i t ni’VGrnp |

’ ,es noms de la Loire, Liqer et du Lignon ; cf. P. Monceaux, Rev.

l'acceptation d’une divinité générale et à forme de Mercure, si leurs croyances nationales ne les y avaient point prédisposés14. » Ces exigences se trouvent toutes satisfaites par diverses observations sur les noms et types divers ci-dessus indiqués. L’érudition celtique a reconnu que Visucius vient d’un mot qui veut dire savant15 et n’est pas différent d’Ogmios16. D’autre part, le batailleur Ogmios, qui devient protecteur de la paix, se laisse identifier avec Lug qui semble bien être le grand dieu Arverne17. Lug, « prince aux sciences multiples », a commencé par combattre et vaincre le dieu malfaisant Cernunnos, et lui arracher sa corne. Il lui a pris sa compagne Rosmerta18 et l’afaite sienne. Puis il est devenu pacifique et, du temple que les Arvernes lui ont bâti sur le Puy de Dôme19, il a rayonné plus ou moins dans toutes les directions où s’étendaient la race celtique 20 et vers quelques rameaux germaniques. C’est à lui (et sans doute aussi à quelques dieux locaux qui lui ressemblaient) que les gens venus de Rome ont aisément fait accepter le nom de leur Mercure 21 . Une autre théorie, hypothétique comme la précédente, veut que Teutatès lui-même, dieu d’Etat, dieu de la vie guerrière, soit devenu le dieu apaisé qui se prêtait à l’identification avec le porteur du caducée. Il aurait laissé derrière lui une hypostase, une dépouille divine à laquelle convenait le nom de Mars et qui l’a reçu22. L’une ou l’autre hypothèse sont vraisemblables dans leur ensemble. Des populations qui ont passé de l’expansion guerrière et de l’offensive continuelle à 1’acc.eptation des civilisations voisines ont dû avoir toujours un dieu principal façonné à leur image, sauvage d’abord et ensuite humanisé, soit qu’il y ait eu transformation ou subtitution du vainqueur pacifique au farouche vaincu. Le texte de César sur le Mercure celte est remarquable en ce qu’il énonce seulement en troisième lieu la qualification qui convient au dieu mercantile de Rome : ad quaestus pecuniae mercaturasque... vis maxima. Il a tout d’abord remarqué dans le dieu gaulois « un inventeur de tous les arts et un créateur des voies de communication »23, c’est-à-dire la conception alexandrine et hellénique. Ce n’est pas le seul indice que la transformation du Lug ou du Teutatès adouci a dû se faire premièrement par des influences grecques24 et égyptiennes plutôt qu’italiennes. S. Reinach a montré comment, par la mer, par la Province et par le commerce, dès longtemps ces influences pénétraient peu à peu25. Le type figuré qui provient d’Alexandrie (fig. 4955), avec la plume d’ibis ou la feuille de lotus, nous sera offert fort exactement par certaines statuettes dites gallo-romaines 2C.

Une preuve plus frappante encore de la docilité avec laquelle les Gaulois ont fini par accepter sous leur aspect

histor. XXXVI, L. I. — >4 C. Jullian, Rev. des études anciennes , Bordeaux, 1902, p. 219. — D’ Arbois de Jubainville, Rev. celt. IV, p. U, n. 5 : Rev. arch. 1873, XXVI, p 94 . « Visucius est dérivé de la racine vid, savoir. Il parait un synonyme d'Ogmias, nom de l'éloquence. Ogma est, d'après la légende irlandaise, inventeur de l'écriture. Le sens propre du mot est savant. Zeuss l'établit par le gaélique et le gallois. » — lii Zeuss, Grammatica celtica, p. 2. — n Rev. arch. t. XIII, 1866, p. 411 et P. Monceaux, Ibid. XXXVI, p. 1-8. Sur cette question et snr tous scs alentours, cf. Rev. histor. XXXV, p. 223-262 ; XXXVI, p. 1-28, 241-278. — 18 Bertrand, Rev. arch. 1884, pl. ix-x. — 19 Greg. Turon. Hist. Franc. 1, 30 ; cf. Rev. arch. XXIX, p. 175, 325 ; XXX, p. 359 ; Rev. celt. IV, 14 ; Rev. épigr. du Midi, 1891, n" 61 ; C. Rendus de l'Acad. des Inscr. 1902, p. 471. — 20 D’Arbois de Jubainville, Cours de litt. celt. Il, p. 381 : Desjardins, Gaule rom. 111, p. 295; Rev. celt. X,p. 238; XI, p. 236 ; Brambach, Corp. inscr. rhen. n°‘ 256, 593, 1741, 2029. — 21 Rev. celt. IV, 15. — 22 C. Jullian, Rev. des études anciennes, Bordeaux, 4* série, 1902, p. 107-114, 217-221. — 23 Caes, t. c. — 2V Atlienaeum, 16 juill. 1887. — 25 s. Reinach, Bronzes figurés de Saint- Germain, Introd. p. 11-13. — 26 Voir p. 1822, noto 10, el Longpérier, Bronzes ant. du Louvre, il" 223.

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classique les dieux des civilisations hellénisées est fournie par l’autel de Reims où, de chaque côté d’un dieu barbare, aux formes étranges, accroupi et faisant tomber des graines d’un sac qu'il lient contre lui, on voit deux

Fig. 4983. — Dieu gaulois entre Apollon et Mercure

divinités à la figure régulière et douce : ce sont tout à fait les types gréco-romains d’Apollon à gauche, de Mercure à droite (fig. 4903) 1 2.

En conséquence, le nom romain a été universellement imposé au dieu gaulois ; c'est à celui-ci qu’appartenaient plusieurs des épithètes latines qui nous ont semblé étendre les pouvoirs du dieu des marchands. Les inscriptions de ce genre sont sorties du sol par centaines en France et dans la région rhénane. Elles attestent de très nombreux sanctuaires du dieu et de sa parèdre Rosmerta3, sans doute confondue avec Maia [maia]. A certains d’entre eux appartenaient de véritables trésors d’ex-voto en orfè-

1 Cf. Rev. arch. 1879, I, pl. xxxv, un menhir où est sculptée la figure d’Hermès- Mercurc. — 2 Duruy, Hist. des Rom. IV, p. 31 ; cf. Rev. arch. 1880, I, p. 339, pi. xi ; cf. Robert et Cagnat, Epigraphie de la Moselle, p. fil. — 3 Cf. Robert et Cagnat, O. I. p. 05-88. — '* Babelon, Cab. des antiq. p.54, pl. xiv, xvu, xxiv, xxxvm» xi. i, li. Beaucoup de ces ex-voto viennenl d’un même personnage T. Domitius Tutus : Chabouillet, Catalogue, ü 01-6; Journ. hell. studAW, 1882, pl. xxn. — 5 Sur les fouilles récentes voy. C. r. de V Acad, des friser. 1902, p. 409. — 6Greg. Turon. Z. ; Rev. arch. XXIX, p. 175, 325; XXX, p. 359; cf. Jullian, Rev. histor. 1893, p. 322. — ' par ex. les statues de Mercure et de sa compagne (Rosmerta?) de Néris (Rev. arch. 1880, II, p. 15) ; Reinach, Réperl. des statues, II, p. 167, no 7; cf. Ibid. n® 6 et Bull, du Comité des travaux arch. 1891, pl. xxv, une statue en pierre du Puyde-Dôme ; Jahrb. d. Inst. Anzciger, 1897, p. 16, un Mercure vêtu d’un loug sarrau.

— 8 Babelon-Blanchct, Bronzes de la Bibl. nat. n» 362 ; Babelon, Guide, p. 334. La filiation avec Mercure est indiquée par les deux ailerons placés sur une des têtes et par la bourse tenue dans la main. Deux têtes sont imberbes et deux barbues. Le caducée, tenu d’une main, a disparu. — '9 S. Reinach, Musée de Saint-Germain, Bronzes, 50, 51, 52, 53 (type barbu), 54, 59, 01, 02. — 10 Jd. Ibid. n°48 ; cf. n°* 49, 55, 56, 57, 58, 63. — H Euripid. Fragm. Aleleagr. p. 748, Didot; fr. 537, Nauck. — 12 Reinach, Ibid. n° 67 ; Rev. arch. 1881, II, pl. xvi, p. 72 ; 1888, 1, pl. i; Journal de la Société d’arch. lorraine , 1889, pl. x. — 13 S. Reinach, Musée de Saint- Germain, Bronzes, p. 80, n° 68; cf. Bullel. monum. 1875, p. 575; p. 18703, 38 ; Rev. arch. 1883, II, p. 388. — 14 Plin. Bist. nat. XXXIV, 45.

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2e éd. Paris, 1885; Preller-Robert, Griech. Mythologie , 4e éd. p. 385-422,

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vrerie artistique, comme celui des soixante r argent offerts près de Rernay en Normandie' en

Canetonensis \ dans un petit temple détruit? TUrius du ni8 siècle, comme l’a été le grand «mn . ecour» de Dôme -, par une invasion d’Alaman" 7 du P»* statuettes du dieu lui-même, celles qui sont e • aUX qui perpétuent le souvenir de la vieille divin il/'?0 61 sous sa forme rude et sauvage * sont assez breuses. Mais le nombre considérable et qui n°in' toujours, des bronzes atteste la popularité du m“"°! gallo-roma.n. Exceptionnellement, ils représentent ™? rajeunissant une ligure très antique du dieu cell exemple qui lui attribuait trois ou quatre tète? (fig. 4964). Même ceux dont le style grossier dénote? artisan indigène, représentent le type romain avec h bourse et plusieurs animaux maladroitement ri„UI,(N par exemple une statuette toute réaliste de la rhénane où le dieu, figuré d’ailleurs à la giecque, a les proportions faussées et une expression idiote, et d’autres où il est nu aussi, mais barbu 9. C’est un artiste gaulois qui, sans traditions et sans principes, s'est attaqué a 1 imitation d’un modèle venu du dehors. Le travail soigné de quelques autres bronzes dénote un artiste formé dans les ateliers gréco-romains. Parmi ceux-ci, notons le Mercure de Saint-Révérien, qui a la grande plume ou feuille entre les deux ailerons10, et une sandale au pied gauche seulement (vieille coutume que les Pélasgcs Étoliens avaient adoptée pour être plus vites à la course)11. On connaît plusieurs répliques de ce typp égyptien. Parmi ces bronzes il en est qui reproduisent visiblement d’aussi près que possible le type de Praxitèle12. Dans les figurines grossières comme dans celles de travail soigné, à côté du type debout qui est de beaucoup le plus fréquent, on trouve le type assis 13 (nu, la bourse àla main, les ailerons sortant des cheveux) qui paraît avoir été celui du Mercure colossal sculpté par Zénodore sous Néron pour le grand temple panceltique du Puy de Dôme u.

Berlin, 1887; Preller-Jordan, Rom. Mythologie , 3' AI. p. 239-231, Berlin, 1883; Ploix, La nature des dieux, p. 170-211, Paris, 1888; V. Bérard, Ouy. el cultes arcadiens , p. 251-315, Paris, 1891; Roschcr's Lexikon der ynec . und rôm. Mythologie, art. hermes (Rosclicr et Chr. Scherer), I. P- J 2132; art. maia (R. Peter), II, p. 2231-2210; art. mercurius (St*l,d'"*’- ’

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Germain, Bronzes figurés de la Gaule , inlr°d. p*

-x-y Fig. 4904. — Mercure gaulois.

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online, Mercure est devenu en Gaule un dieucom- ' " I parce qu’il l’était à Home, mais sa conception |U" „ /Unit celle d’un dieu savant et bienfaisant. Elle

1111 i urique peu façonnée par des influences hellénis- V'V'rt alexandrines et, même dans le type artistique romain du ior siècle, ces influences ont laissé cer- . i,..,pps Adrien Legband.

Unies traces. , ,, ....

IF REND A. — Nom ancien 1 d un repas ou collation

Romains prenaient dans la journée, quand le U’àvail était terminé. Un auteur du 11e siècle ap- J.C., pilpurnius2, en précise l’heure, qui était la neuvième, ce qui correspond pour nous environ à quaire heures de l’après-midi; il parle des ouvriers des champs et témoigne ainsi que la coutume n’avait pas changé pour jc son temps. Mais à la ville la distribution des heures n’était plus la même : vers la neuvième commençait déjà le diner, la coena 3, et le mot merenda désignait alors un repas léger pris à une heure quelconque *. Festus en fait un prandium, c’est-à-dire un déjeuner, tout en le plaçant au milieu de la journée 3. E. Saglio.

MERETRICES. — Nous n’avons pas voulu ici faire l’histoire des courtisanes dans l’antiquité. On a vu plus haut la vie des femmes libres et honnêtes, de la jeune

tille, de la mère de famille [educatio, gynaeceum]. Notre tâche est de présenter la contre-partie, de tracer dans une esquisse rapide la physionomie d’une classe féminine qui, plus encore que l’autre, a occupé une place importante dans l’histoire des mœurs antiques, etsur laquelle, en tout cas, nous possédons des renseignements plus nombreux

1. Grèce. — En grec, deux mots, itdfv-q et éxaipa, sont également usités pour désigner les courtisanes. Le mot itôpvTj signifie une prostituée. Le terme éxcupa est un euphémisme, inventé, disait-on par les Athéniens1, et analogue au mot arnica des Latins.

De toutes les villes de la Grèce, la plus renommée pour le nombre, la beauté et le luxe de ses courtisanes était Corinthe2. Grâce à sa situation sur l’isthme, entre deux mers, avec ses deux ports où se faisaient la rencontre et l’échange des produits de l’Orient et de l’Occident, l’opulente Corinthe (àtpveio;), comme l’appelaient les poètes, était un rendez-vous ou, du moins, un lieu de passage pour une foule d’étrangers3. Beaucoup de ces étrangers, marchands et navigateurs, étaient riches et dépensaient largement ; de là l’affluence des courtisanes, de la aussi leurs exigences. Aristophane fait déjà allusion à la cherté des courtisanes de Corinthe 4, et on con¬

fiait le proverbe: où TTXvcbç àvopbi éç KdpivQov esO b iùoùç0. La plus fameuse, dont la réputation a éclipsé toutes les autres, fut Laïs. Mais ce qu’il importe surtout de signaler comme particulier à Corinthe, c’est l’exislcnce, à côté des courtisanes ordinaires et profanes, de co u r tisanes sacrées ou hiérodules : le temple d’Aphrodite y Possédait, dit Strabon, plus de dix mille hétaïres, qui '"aient été consacrées à la déesse par ses adorateurs, hommes ou femmes 6. On a vu ailleurs [uieroduloIj que la Prostitution sacrée autour de certains temples était une pi atique fréquente en Orient, surtout en Phénicie, Syrie, Sle Mineure. En revanche, elle est fort rare en Grèce, et

1 VDAé 1 ^'origine du nom fut de bonne heure perdue. Voir les étymologi “ Ul cherche Isidore, Or. XX, 2, 3 et 12. — 2 Ecl. V, 00. — 3 Non. p. S Srar I0nt' M. Caes. IV, 0, p. 00 Naber. — 0 Paul. Diac. s. v. — BiBuocnArn y Conjectanea ad Varron. De re rust. p. 247, éd. St. ; Marquardt, Manu

màT 'leS Timu P- 315 de latrad.fr.

fiOUClis. i Atlien. XIII, 572 A. — 2 Zeuob. V, 37. — 3 Slrab. VIII, 0, S

on doit l’y considérer, partout où on la rencontre, comme une importation étrangère. En ce qui concerne particulièrement Corinthe, cette importation peut s’expliquer assez facilement par l’intensité des rapports commerciaux de ce marché cosmopolite avec les cités de l’Orient. Il est probable qu’à Corinthe, comme ailleurs, les produits de la prostitution sacrée venaient s’ajouter aux revenus du sanctuaire. Les textes nous montrent les courtisanes corinthiennes, associées, dans les circonstances les plus solennelles, aux actes du culte. C’était l’usage, lorsque l’État avait des vœux à adresser à Aphrodite sur quelque affaire importante, de les lui faire présenter par des courtisanes, réunies en aussi grand nombre que possible ; on esLimait sans doute que nulle intercession ne pouvait être plus agréable à la déesse. Les vœux une fois accomplis, les courtisanes étaient également admises au sacrifice d’action de grâces 7. C’est ce qui se passa en particulier quand les Perses envahirent la Grèce8; ce furent les courtisanes de Corinthe qui, au nom de tous les Grecs, implorèrent d’Aphrodite le salut commun. Et, après la victoire, les Corinthienfs consacrèrent dans le temple un tableau, où chacune de ces femmes était représentée, accompagné d’une épigramme de Simonide qu’Athénée nous a conservée. Le même usage était suivi aussi à l’occasion par les particuliers. C’est ainsi, par exemple, que Xénophon de Corinthe, vainqueur à la course du stade et au pentathle9, avait promis à Aphrodite d’amener à son temple une troupe de cent courtisanes. 11 tint sa promesse, comme nous l’apprend un curieux fragment du scolion, écrit par Pindare pour le repas de fête, et où le poète appelle ces hétaïres « jeunes filles hospitalières, prêtresses de la déesse Peillio dans l’opulente Corinthe 10 ».

Toutefois les courtisanes d’Athènes sont les plus célèbres et les mieux connues. La liaison publique de plusieurs d’entre elles avec des hommes politiques, des artistes, des poètes, des philosophes, les a associées en quelque mesure à la renommée de leurs amants 1 D’autre part, la légende qui, dès la basse antiquité, mais surtout dans les temps modernes, s’est formée autour du nom d’Aspasie, n’a pas peu contribué à donner un éclat immérité à toute la corporation 12. Se fondant uniquement, à ce qu’il semble, sur un passage d’Aristophane mal interprété13, Athénée avait dit qu’ « Aspasie importa dans la Grèce une foule de jeunes beautés, et que la Grèee se trouva remplie de courtisanes, sorties de sa maison14». Brodant sur ce thème, plusieurs écrivains modernes ont imaginé qu’Aspasie avait fondé à Athènes une véritable école, un institut d’hétaïres. L’un d’eux est même allé jusqu’à dire qu’Aspasie, par son exemple et ses leçons, avait élevé à la hauteur d’un art libéral la profession d’hétaïre, et que, comme un maître de la peinture, par exemple, transmet son esprit à ses disciples, de même l’influence d’Aspasie s’était étendue à tontes les courtisanes d’Athènes13. Ce principe posé, on a libéralement attribué à celles-ci toutes les qualités éminentes de leur modèle : beauté, esprit, savoir 16. Ce sont là de pures

4 Arislopli. Plut. 149 et la scolie. — 5 Slrab. L. I. — 6 Ibid. — 7 Atlien.

XIII 573 C. — 8 Tbeopomp. et Tira. cités par Alhen. L. I. — 9 Piiul. Olymp. XIII.

îo Atlien. XIII, 573 E. — U Voir p. 1825, n. 4 à 8. — 12 Cf. Jacobs, Verni.

Schrift. IV, p. 337, n. 4. — 13 Acharn. 527. — 14 XIII, 5G9 F. — 15 Fr. Sclilcgcl, Grtech. und Rnin. I. p. 2G3. — K> Voir par exemple Prcller, art. t t k T p u t dans la Realencxjcl. de Pauly.

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imaginations, auxquelles l’élude attentive et impartiale des faits inflige, nous le verrons, le plus complet démenti. Itien n'est plus faux, par exemple, que de prêter aux courtisanes d’Athènes une puissance de séduction particulière, due à leur esprit et à leur culture En réalité, toute leur séduction (il suffit, pour s’en convaincre, de lire dans Xénophon l’entretien de Socrate avec la courtisane Théodota 2, ou les Dialogues des courtisanes de Lucien) se réduisait à ces artifices de coquetterie vulgaire, communs aux filles galantes de tout temps et de tout pays 3. Leur culture intellectuelle était à peu près nulle : on ne peut évidemment donner ce nom aux arts d’agrément, danse, chant, musique, sous le couvert desquels un grand nombre de courtisanes voilaient l’odieux de leur métier L A la vérité, il semble bien que quelques hétaïres du ivc siècle aient suivi, accidentellement et par mode, les cours des philosophes : de ce nombre, selon Alciphron, était Thaïs 5. Mais tout à fait exceptionnel, et sans doute unique, est le cas de l’amie et disciple d’Épicure, Léontion, qui avait poussé assez avant ses éludes de philosophie pour écrire elle-même un traité de polémique contre Théophraste, où l’on trouvait, selon Cicéron, une grâce d’atticisme inconnue à Épicure G. Enfin la réputation d’esprit des hétaïres athéniennes n’est pas plus méritée : malheureusement pour elles, Athénée nous en a transmis un très grand nombre de spécimens, empruntés principalement à Phrynè, Gnathaena, Gnathaenion, Lamia, Mania 7. Parmi ces jeux d’esprit il s’en trouve assurément quelques-uns de piquants, mais la plupart ne sont que cynisme et ordure.

Quoi qu’il en soit, le renom des hétaïres grecques et surtout athéniennes a été cause que, dans l’antiquité déjà, un certain nombre d’érudits s’étaient occupés de réunir les éléments de leur biographie : Athénée cite en ce genre les compilations d’Aristophane de Byzance \ d’Apollodore de Caryste 0, d’Ammonios t0, d’Antiphane le Jeune11, de Gorgias d’Athènes12, de Callistratos13, intitulées 7t£pt ÉTatpwv ou uept tiuv ’AO/jv-qacv Éxatpiotov. Le premier de ces érudits avait réuni cent trente-cinq noms, Apollodore un plus grand nombre, et Gorgias davantage encore. Un autre ouvrage qui contenait certainement sur le même sujet nombre de détails était celui d’Hérodicos Sur les personnages tnis en scène dans la comédie (Ivwp.ojooû[Aevot) u. Aucune catégorie de personnes, en effet, ne tient plus de place dans la comédie que les hétaïres. Déjà Aristophane nomme, en passant, les plus connues de son temps : Cynna15, Salabaccho 16, Cyrénè n, Nausimachè18, Laïs *9, et on voit que les faits et gestes de ces créatures étaient dès cette époque le point de mire de tous les regards20. Mais c’est surtout dans la comédie nouvelle que les allusions aux courtisanes abondent21. Elles y jouent tout naturellement le même rôle que dans la vie réelle, dont ces comédies sont l’image. Dans presque toutes les pièces de ce temps (nous pouvons encore en juger par les adaptations latines de Plaute et de Térence) la courtisane est le personnage essentiel autour

l Déjà Alhen. XIII, 583 F. — 2 Mem. III, il. — 3 Cf. Jacobs, Verm. Schrift. IV, p. 313. — '* Voir p. 1826. — 5 1, 34 ; Alhen. XIII, 683 F. — 6 Alhen. XIII, 588 B ; Cic.Z>e nat. deor. 1, 33 ; cf. Jacobs, O. I. IV, p. 356, n. 18. — 7 Àthen. XIII, passim- — 8 XIII, 567 A, 583 D. - 9 XIII, 567 A, 586 A. — *0 XIII, 567 A. — H XIII, 507 A, 586 B et F, 587 B ; cf. Harpocr. s. u. N&wtov. —12 XIII, 567 A, 583 D, 596 F. —13X1 II, 591 d — 14 XIII, 586 A, 591 C ; cf. Harpocr. e. v. Sivuicq. — 15 Equit. 765. — lfi Ibid. et Thesm. 804-5.— *7 Thesm. 96; Kan. 1327.— 18 Thesm. 804-805. — 19 Plut. 179,

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duquel gravite l’intrigue. Maintes comédies taient en scène une courtisane réelle sou ■ ^ mel'

nom : par exemple, la Thalatta du’ poète ? r°pre Coryannô de Phérécratès, VAnteia d’F„ • Dl0Cès’la Philyllios), .a Thaï, ïa ^

VOpora d’Alexis, la CUptyira d'Eaboulos» “

d autres31. Entin, dans un ouvrage intitulé Xco,. t . "

alexandrin Maclion avait colligé et versifié ' " '

d anecdotes et traits d'esprit, “lus ou tiques, dont la tradition faisait honneur aux court sanes2L C’est de tous ces écrits, et d’autres encore cur nous ne connaissons plus, qu’Athénée a tiré la eomni lation très riche, mais fort peu critique, qui forme son treizième livre. Ce livre XIII d’Athénée est, par suite actuellement, avec les comédies grecques de piaule e[ de Térence, la principale source d’information sur notre sujet. 11 faut y joindre les Lettres d’Alciphron, celles de son imitateur Aristénète, et les Dialogues des courtisanes de Lucien. Dans le recueil d’Alciphron figurent nombre de lettres d’amour, adressées à des courtisanes ou par des courtisanes ; le plus souvent elles reprennent telle ou telle scène connue des comédies de Diphile, de Ménandre, de Pliilémon ; d’aulres développent quelque incident réel de la vie amoureuse de ces poètes. Alciphron avait étudié avec beaucoup de soin la vie épicurienne et galante du iv° siècle, et son œuvre nous en rend une image fidèle23. Les Lettres d’ Aristénète ont le même intérêt, mais à un degré bien moindre : car il n’a ni l’information précise, ni le goût de vérité de son modèle. Très précieux au contraire sont les Dialogues de Lucien. Ces petits tableaux sont d’une vérité criante; ici la comédie nouvelle n’a guère fourni que les sujets et le cadre; tout le reste est bien le fruit d’une observation personnelle et pénétrante de la vie quotidienne.

La fin du ve siècle inaugure à Athènes le règne des courtisanes. Il se produit à ce moment une véritable crise du mariage. Considéré jusqu’alors comme un devoir civique et le fondement même de la société, le mariage est désormais ouvertement attaqué. La comédie de ce temps, interprète de l’opinion, l’accable de ses épigrammes: Athénée nous a conservé, à ce sujet, plusieurs extraits significatifs d’Alexis, Xénarque, Philétaeros, Amphis, Euboulos, Aristophon, Antiphane, Ménandie Le plus net peut-être est celui où Amphis, compaiant l’amour des courtisanes avec l’état de mariage, donne sans hésiter sa préférence au premier : « Lue maihesse n’est-elle pas toujours un être plus aimable q11 nne femme légitime? Assurément, et il y a de cela une 1 -im n- Si déplaisante que soit l’épouse, la loi vous obligé garder chez vous. La maîtresse, au contraire, sait '1 1

iree d’attentions, et que sans

ne s’attache un amant qu’à fore- - ^

cela il lui faudra en chercher un autre-'. » Bien ‘‘J1 ristique aussi est le mot que Térence, se boman ^ ^ doute à traduire Ménandre, a mis dans la ,011 ,Qn Micion dans les Adelphes : « Pour moi, cho^i

pris

femme28

iuiLiULi Uciiis les t . : ornfljS

regarde généralement comme un bonheur, je n a . ^

Et le commentaire qui sui < 1

.— 20 J tan. 1327; Plut. 302.- 21 Ov. Trist. Il, 309 : fabuU jucundi amorc Mcnandri. — 22 Alhen. XIII, 567 C. 23 I ai CXC^'P ’ ^ niaia du iu6|nc el (Alh. XIV, 642 C), l'Archistrata d’Antiphane (VII, 322 ), de Tinio^69

une pièce du même nom d'Alexis (111, 127 B, C ; XV, 690 . ), vent cilèes ]>ar

(XIII, 501 D, 567 E), etc. — 21 Des Chries de Maclion son je la MW- F’

Athénée, par exemple XIII, 577 D et 578 B. — Alf. Crolse ’ __ V) 43,

t.V, p. 610-018 (2B éd.). - 26 Athen. XIII, 558-9. - 2< o59 A.

MER

. on préférait à cette époque le célibat: c’était Pour<I”°>r les charges, la contrainte, les inquiétudes P0l"LÏ„«ffe *. L’état des mœurs contemporaines se dU] '^Sèment dans la législation idéale, que vers le refU i.unps imagine Platon pour régler les relations BU‘®L les deux sexes. Après avoir proposé d’abord un enl1' 'texte très radical, interdisant aux citoyens tout preffiHi ^ec une femme autre que leur légitime

C0"1'!!r1 il reconnaît vite qu’une telle loi aurait peu de Tances d’être observée et, eu égard à la corruption des cl s se contente d’une formule beaucoup plus indul- 'Tite qui tolère les unions illégitimes à la seule condifion qu’elles se cachent et ne causent point scandale 2. Une pareille concession, faite parun législateur théorique, démontre la gravité du mal. Et, de fait, nous constatons tue la plupart des littérateurs et des artistes de cette époque, au lieu de se marier, ont vécu dans une liaison plus ou moins durable avec unecourtisane 3. On connaît les relations de Praxitèle avec Phrynè \ d’Aristippe avec Laïs6, de Glycère avec Ménandre6, de Gnathaena avec Diphile \ de Léontion avecÉpicure 8, etc. Tous ces personnages sont, d’instinct ou par principe, des égoïstes et des voluptueux. Chez les philosophes cyrénaïques et épicuriens en particulier, la répugnance au mariage est une application de la morale du plaisir, une forme de leur renoncement aux charges et aux devoirs delà vie civique.

Les courtisanes grecques peuvent se répartir en plusieurs

catégories. La dernière, c’est-à-dire la plus vile et la plus dégradée, est celle des femmes qui vivaient dans les lieux de prostitution officielle. L’institution de ces maisons remontait à Solon. Dans sa pensée, c’avait été une mesure de bon ordre et de moralité publique, destinée, tout en donnant satisfaction aux appétits de la jeunesse, a garantir les honnêtes femmes d’outrages trop fréquents 9. Le poète Philémon, à qui nous devons ce renseignement, y joint d’autres détails : « Elles se tiennent debout, sans voiles; pas de surprise possible; on peut tout voir.... La porte est ouverte : une obole suffit, entre. Ici pas de façons, pas de vain bavardage, pas de résistance. Tout de suite, si Ton veut, et de la façon qu’on veut. Dès que lu seras dehors, bonsoir la belle, tu n’as plus rien a démêler avec elle10. » Le prix d’entrée dans ces maisons

était naturellement très modique : une obole en général n. Ces établissements s’appelaient noivsïa 12, oixvj gava 1,1 , Epywx^pia u, Ttaioiaxsïa u, xaaaupEta IC. La situation des femmes qui y habitaient était désignée par la formule E7t otxr1p.aToç11 (parfois è%’ Ipyourrr^i'ou ls) xaOŸprOat.

Outre ces établissements officiels, il y en avait nombre <1 autres, tenus par des particuliers, hommes ou femmes, étrangers, métèques, ou affranchis (itopvopooxoi 10). Les femmes entretenues dans ces maisons étaient la propriété

du patron. La plupart sans doute étaient d’origine ser- 'Ce, et avaient été destinées dès l’enfance à cet infâme

métier20. Mais un certain nombre, nées libres, étaient tombées dans l’esclavage par suite de quelqu’un de ces. accidents si fréquents dans la société antique. Ou bien elles avaient, à leur naissance, été exposées par leurs , parents, sort souvent réservé dans les familles déjà nombreuses aux enfants du sexe féminin21. Ou bien elles avaient été ravies à leur famille par un esclave fugitif, ou par des pirates, et vendues ensuite à un prostitueur 22. Malgré leur communauté d’infamie, ces femmes étaient pour la plupart d’un ordre plus relevé,que celles qui peuplaient les maisons officielles. La beauté était la première condition de leur métier. De plus, on prenait souvent soin de leur apprendre quelque art, la danse, le chant, le jeu de la flûte ou de la cithare 20. La toilette aussi ajoutait à leurs charmes : « Depuis l’aurore, dit l’une d’elles, nous n’avons eu d’autre occupation, ma sœur et moi, que de nous laver, de nous frotter, de nous essuyer, de nous parer, de nous polir et repolir, de nous farder, de nous attifer ; et nous avions encore avec nous, chacune, deux servantes qui nous aidaient dans tous ces soins de toilette et de propreté, sans compter deux hommes que nous avons lassés à nous apporter de l’eau24. » Toutefois il y a lieu, ce semble, de distinguer dans ces maisons deux classes de pensionnaires. Les unes, dont nous venons de parler, vivaient, selon le mot du prostitueur Ballio chez Plaute, « dans l’élégance, la mollesse, la volupté » (in munditiis , mollitiis, deliciisque 23), recherchées par les grands personnages 26, gens riches de la ville21, négociants étrangers de passage28, militaires en congé qui revenaient d’une expédition la bourse bien garnie29. Souvent quelque adorateur, voulant s’assurer la jouissance exclusive d’une de ces femmes, la louait au leno pour une durée déterminée, moyennant un prix convenu : dans ce cas il pouvait à son gré emmener avec lui sa maîtresse, ou la laisser en pension chez le leno. Rien de plus fréquent dans la comédie que ces marchés : c’est ainsi que, dans YAsinaire de Plaute, la lena Cleaereta reçoit de Diabolus, lils de Glaucus, par contrat en bonne et due forme, une somme de vingt mines d’argent, sous condition que la courtisane Philénium appartiendra à Diabolus, les jours et les nuits, pendant une année entière (ut secum esset nocles et dies hune annum totum 30). La comédie, sur ce point, n’était que l’image des mœurs; il est question, en ellet, aussi dans les plaidoyers attiques, de contrats de ce genre : preuve qu’ils étaient fréquents et reconnus par la loi31. D’autres fois, l’amant ne se contentait pas de louer sa maîtresse pour une certaine durée, il l’achetait d’une façon définitive. Les prix d’achat varient entre 20, 30 et 40 mines. La courtisane devenait alors la propriété de son amant, mais dans la plupart des cas celui-ci l'affranchissait32. C’était là, du reste, le rêve et l’ambition de la plupart de ces malheureuses : rencontrer un amant assez riche et

tas libertés, que le môme Micion laisse à son fils adoptif Eschinc, prouvent assez ' l' Iibal, à ses yeux, comporte des compensations, — 2 Deg. \ 1U, 841 A-h. ~ Fr. Sclilegel, Gricch. und Rom. p. 261. — 4 Paus. I, 20, 1; Allien. XIII, A-- 4 Atlien. XII, 544 I); XIII, 588 C, 589 B. — «Suid. s. ». SUvavSjo?; jl|'|lllr- *•> 3 et 4. — 7 Allien. XIII, 579 F,, 583 F. — 8 O. I. 588 B. — 9 Atlien.

’ 369 Ü, qui cite lc 3. |;vrc jes KoXoïwviaxà de Nicandrc et les Adelplies de ôtai . .’ cf- HarPOcr. s. ». MvSnpo, •Aî?i8;rr,. — «> Athen. L. I. Ces paroles Uni lloscs vraisemblablement dans la bouche d'un iîoovoSoitxôç ; cf. une dcscrip- Sti) \°"^e seni^table dans un fragment du Pentattllos de Xénarque (Ath. XIII, Aiji - 11 Athen. XIII, 509 D; Diog. Lacet. VI, 1, 4. — '2 Antiph. JJ; i"0"* 14i Aristoph. Vesp. 1283 ; Ran. 113. — 13 Herod. I, 121, 126. jy . mG Adü. A ’caer. 67. — 13 Allien. X, 437 F. — 16 Aristoph. Equit. 1282. 'na,c^* Adv. Dem. 23. On dit aussi lu' oly^ptaTi xa0f;<j0e/.t (Plat. Cliarm

103 B) ou tv otxiipuTi (lsae. De hered. Philoct. 19). — 18 [Dem.], A de. Neaer. 67; Alcipltr. 111, 27. — 19 [Dem.], O. I. 30; Aescli. Adn. Timarch. 188; Anlh. Pal. VU, 403. — SO [Dem.], O. I. 18. — 21 Plaut. Cislell.v. 168 sq. ; Poen. 83 sq.; Pers. 151 378, 518, 740. Curcul. 631 ; Terent. Heautont. 62 sq. — *2 Plaut. Itud. 40 . Ter. Eunuch. 107. — 2) plaut. Rud. 43; Ter. Phorm. 80; Adelpli. 389; voyez fig. 2600 et 49 67 — 2V Plaut. Poen. 217 sq. — 25 Pseud .194 sq.— 26 Ibid. — 27 Pers.

500 sq. 28 poen. 174, 597 sq. 634 sq. ; Menaech. 328; Terent. Hecyr. 195. —

2.i Terent Heautont. 363; cf. tous les personnages de soldat fanfaron. — 30 Asin. 751 sq.Dc même dans les Racchides du même auteur une courtisane s'engage avec un militaire moyennant 20 mines (v. 1 140). — 31 [Dem.], Adv. Neaer. 26. Le contrat dont il s'agit dans ce plaidoyer a ceci de particulier que la courtisane est louée conjointement par deux amants. — 32 Plaut. Pseud. 75; Poen. 102, 357 ; Curent. 350; Mostell. 21 1, 622 ; Rud. 45; [Dem], Adv. Neaer. 29 -, Adv. Olymp. 53; Atlien. XIII, 590 D.

MEK

assez épris, pour les racheter et les rendre à la liberté. Mais à côté de ces pensionnaires privilégiées, il existait aussi dans les maisons des 7ropvoSocxot, comme dans les uopvsta officiels, de misérables créatures livrées aux caprices des passants. C’est ce que prouvent les menaces qu'adresse le prostilueur Bail io à quelques-unes de ses pensionnaires, les plus élégantes et les plus huppées : « Faites en sorte qu’aujourd’hui les cadeaux de vos amants m’arrivent en abondance; car, si je ne recueille en cejour la moisson d’une année, demain je vous prostitue à tout venant ( cras prostituant vos) 1 . » Comme on le voit par ces paroles mêmes, il n’y avait point toutefois entre ces deux catégories de femmes de barrière infranchissable : au gré du patron, et selon la mesure de leurs succès, elles passaient de l’une dans l’autre. La clientèle de ces établissements était, comme de juste, très considérable et fort mêlée : « Ici, dit un personnage de comédie, on rencontre des gens de tout acabit : on s’y croirait sur les bords de l’Achéron. Gens à cheval et à pied, affranchis, voleurs, esclaves en fuite,... tout ce qui a figure d’homme et de quoi payer est reçu ici *. » Ce qui contribuait encore à attirer les gens dans ces maisons, c’est qu’elles étaient, en même temps 'que des lieux de débauche, des sortes d’hôtelleries. On y servait à. boire et à manger ( bibitur , eslur quasi in popina ) 3. Il s’y trouvait même des salles de bains4. Dans un temps où les auberges étaient rares, c’était là souvent que descendaient les étrangers : ils y trouvaient le souper, le gîte et le reste 5. Les gens de la ville s’y rendaient également en parties fines 11 . Le nombre des chambres y était considérable : ce n’était partout que retraites et recoins sombres (in lotis aedibus tenebrae , latebrae)1. Naturellement le calme ne régnait pas toujours à l’intérieur, ni autour de ces maisons. Les amoureux ne se contentaient pas seulement de charbonner sur la porte ou les murs l’éloge de leur belle 8. Souvent aussi, quand ils avaient à se plaindre du leno, ils faisaient tapage devant sa porte (occentare ostium) 9. Ils se portaient même, à l’occasion, à des excès plus graves. Quand un jeune homme désespérait d’obtenir du leno la jeune fille qu’il aimait, il n’hésitait pas à pénétrer avec effraction - dans l’établissement : soutenu par une bande de camarades, il brisait les portes ou y mettait le feu, rouait de coups le patron et ses serviteurs, et enlevait de vive force, et sans bourse délier, sa maîtresse10. Le leno, étant d’ordinaire homme libre, aurait pu à la rigueur, comme fait le Battaros d’Hérondas “, réclamer en justice réparation de ces sévices et de ces dommages. Mais le plus souvent il se résignait à passer ces accidents au compte des profits et pertes de sa profession12. C’était, en effet, une profession aussi lucrative que déshonorante. Les TCopvoSocxot étaient les plus méprisés des hommes : on se diffamait, rien qu’en leur adressant publiquement la parole. Êtres sans pudeur et sans foi, plus répugnants que les victimes qu’ils exploitaient, « perdition de la

1 Plant. Pseud. 198 sq. Un peu plus bas le môme personnage s’adressant eu particulier à la jeune courtisane Phoenicium : « Cras... iuvises pergulam » (24 6) ;pergula = oî’xti^.a* — 2 Poen. 829 sq. — 3 O. Z. 659, 834. — 4 Ibid. C99 sq. — 5 Ibid. 174, 597 sq.654 sq. — 6 plaut. Pers. 562. — 7 Plaut. Poen. 833-4. — 8 Plaut. Alereat. 402. — 3 O. I. 401 ; Pars. 563. — 10 Herond. Mim. 2; Ter. Adclp/x. 89sq. — 11 L. I. — 12 Ter. Addpfi. 207-8 : « Verum cogito id quod rcs est : quando eum quaestum occcperis, | accipiunda et niussitanda injuria adolescenlium’sL ». — I3 Plaut. Ilud. 1 2G, 317-8; Ter. Adclph. 189 : « Leno sum, faleor, pernicics communis adolcscenliuni ». — 14 J *lau t. Pseud. 225 : quibus (lenonibus) ut scrviant suus cogit

Fig. 4965. — Joueuses de llùle et de crotales.

■byu-nï.Sù

cependant étaient forcés de les ménager •* \. le vice leur formaient même une cour dMW?8'011011 parmi ces amants, qui, dans l'emportement dehr 61 les maltraitaient et les battaient, plus d’un 1, d Ureur’ cédemment implorés à genoux et les larmes Une classe particulière et très nombreuse T’ d hétaïres «tait formée par les danseuses (ôP ? et les musiciennes, joueuses de flûte (aéWosQ Vu de harpe et de sambuque (xi0aP{<rrPt« ’,U) ' ' ’ aagêuxîcTfiou). Tout repas de fête, en Grèce, setemhS’ comme on sait, par une longue buverie

égayée de danses et de musique pour lesquelles la présence de ces femmes était indispensable18. Mais à ce métier elles joignaient la plupartdu temps, par uneliaison naturelle, celui de courtisanes. C’est dans ce double emploi que nous les montrent la comédie11 et les monuments figurés (fig. 49G5) 18. En général, ces artistes étaient la propriété il’un maître qui les avait fait instruire et qui les louait à des particuliers et touchait leur salaire 1 . ; D’autres cependant avaient été affranchies et conlinuaiei pour leur propre compte leur double métier-0. A un degré plus bas il nous faut ranger encore dans la meme classe les joueuses de crotales, les femmes qui dansaient nues en faisant des exercices d’acrobates Fceuniu^ i

(fig. 49G6 ; voy. aussi 1324-4328), etc.

Reste enfin la foule des courtisanes, qui, étant de condition libre, vivaient seules et indépendantes. C’etaien des affranchies, ou des étrangères, beaucoup phm iaie ment des citoyennes. Le nombre des aflianclii» s. livrant à ce métier était surLout considérable. <ùinn aux étrangères, ce qui les attirait dans les 'hits i Pa ticulièrement à Athènes, c’étaient les facilites p<> grandes qu’offrait la ville pour l’exercice de hm n et aussi l’espoir de profits plus grands. QUI ^

cependant y étaient venues avec des 11 jeg honnêtes; mais la misère, 1 isolement, oecas avaient nerdues 22. Telle est 1 histoire d(

’Andrienne

, U j. pini . Convd'- 1

or. — 15 Plaut. Pers. G51. — ,f’ Xcn. Conviv. ■, > plaut.

otaq. 347 C. — « Aristoph. Nul). 99G; Vesp. 13ol . ’ ,es 0l,ondciili

; Pseud. 494, 541 ; cf. Atlicn. XIII, 007 C. — c . ym. - 1®

1g. 4967 est tirée de Millingen, Vases del a colt, j7 ‘'0 ' p|aut Epid. '»7': U. meretr. 15, 2 ; cf. Aristoph. Vesp. 13)‘ Sq] , jne mdna <|»i f»1’10'

lus jam sum libéra quinquennium » (cf. v. 1 '■ | 22 II s a,,n

Comptes rendus de la commiss. archéol., 18 • l1’ ' d courlisa'>cS

^ ■ affrancliisscnienis

liait chaque jour par suite des nombreux

MER

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des amant

racontée par Térence : « Il y a trois ans une \ntlros vint s’établir ici dans notre voisinage, air le dénuement et l’indifférence de sa famille. P011^1^ ;i ]a fleur de l’âge et dans tout l’éclat de sa 1,11 Y Dans les premiers temps elle mena sagement ^ vie" pauvre et paisible, gagnant son pain à filer et UllC ulleï* la laine. Mais ensuite se présentèrent " '' jts, un d’abord, puis un autre, argent en main.

La nature humaine étant plus portée au plaisir qu’à la peine, elle finit par accepter leurs propositions et faire argent de ses charmes *. » Relativement peu nombreuses au contraire devaient être les courtisanes, nées de père et mère citoyens. En tout cas, celles-là ne se recrutaient guère que dans le bas peuple, et il fallait des circonstances exceptionnelles, le vice ou l’absolue misère, pour leur faire accepter

Fig. 4960. — Femme acrobate. ^ ^ ^ mé

lier. H y a à ce sujet un très curieux et très instructif dialogue de Lucien. On y voit une mère, restée veuve et sans ressources, qui pousse elle-même à la galanterie sa fdle : « Nous n’avons plus d’autre moyen de subsister, mon enfant. Depuis deux ans que ton pauvre père est mort, je me demande comment nous avons vécu, tant qu’il vivait, nous ne manquions de rien : c’était un forgeron dont le renom était bien établi au Pirée.... Après sa mort, il me fallut d’abord vendre ses tenailles, son enclume, son marteau ; j’en trouvai deux mines dont nous vécûmes. Ensuite je travaillai, et tantôt poussant la navette, tantôt tournant le fuseau, je me procurai a grand’peine de quoi vivre. Mais je t’élevais, ma fille, comme notre unique espérance... J’ai pensé qu’a 1 âge

où te voilà à présent, tu pourrais me nourrir et te procurer à toi-même parures, richesses, robes de pourpre et esclaves2. » La jeune fille comprend, pleure quelque peu, mais se résigne. Voilà un petit drame intime, comme il a dû sans doute s’en passer maintes fois dans les pauvres ménages athéniens. Du reste, la plupart des jeunes courtisanes débutaient sous la direction d une mère expérimentée, qui, avant que l’àge ne la mit a la retraite, avait exercé le même métier 3. D’ordinaire, celle-

ci avait longuement préparé sa fille à sa future professi°n \ Elle avait pris soin de cultiver sa beauté, et, au besoin, d’en corriger les défauts par de savants artifices". Elle n’avait pas manqué, en outre, de lui faire apprendre ces arts d’agrément, danse, chant, musique, qui composaient le fonds de l’éducation des courtisanes (fig. 2606) c. nrfois même elle avait poussé le raffinement jusqu’à 1 élever dans une sagesse et une décence relatives ( beneet P'iflice) , qui devaient, au jour du sacrifice, élever singu¬

lièrement le prix de ses faveurs7. Quand enfin la jeune fille entrait dans la carrière, sa mère ne la quittait pas. Femme de tête, expérimentée et pratique, c'est elle d’abord qui guidait la débutante dans le choix d'un amant. Chez une jeune courtisane, le cœur est resté sensible, tout prêta s’enflammer pour quelque jouvenceau de jolie figure, mais sans fortune. C est a la mère qu il appartenait de désigner parmi les prétendants le protecteur sérieux, riche, dont les libéralités feraient régner dans la maison l’abondanceetle luxe 'fig. 4967)*. C’est elle ensuite qui tenait lescomptes de la maison, traitant avec les galants les questions délicates de paiement, d’entretien , de cadeaux9. A elle encore revenait la mission pénible

de'congédier l’amant ruiné, dont il n’y avait plus rien a tirer ; elle s’en acquittait impitoyablement l0. En revanche c’est à elle aussi que l’amant en titre, quand il avait a se plaindre de quelque mauvais procédé de sa maîtresse, confiait ses doléances : elle se chargeait de chapitrer la cruelle et de la ramener à de meilleurs sentiments 11 . Comme on le voit, ce type de « mère de courtisane » est de tous les temps. A défaut de la mère, c était souvent une servante d'âge mur, ancienne courtisane elle-même, qui en remplissait l’emploi, tenant la maison, et recevant ou éconduisant les amants12. Parfois même une vieille courtisane se procurait un enfant d emprunt (généralement un enfant exposé par sa famille), qu elle élexait pour en faire une hétaïre et assurer par ce moyen le pain de ses vieux jours 13.

Très divers naturellement étaient les lieux et les occasions où l’on rencontrait à Athènes les hétaïres. Aristophane, dans l'Assemblée des femmes , nous montre deux femmes aguichant de leur fenêtre les passants : « Comment, il ne vient pas d’hommes! U serait bien temps : c’est donc pour rien que me voici debout, fardée de céruse, parée d’une robe couleur de safran, chantant par désœuvrement entre mes dents et faisant des grâces pour attirer quelque passant 14 ! » Bien que les femmes

" — 2 Lue. Dial, meretr. C, l stj. ; cf. Haut. Cistell. 42:

eS° liane superbiae causa j repuli ad moretricium quacslum, nisi r. "C csur'rcm », dit une mère. — 3 F.x. Cleaereta, mère de Philenium, dans C\2m'" lie Plaille’ et lcs "'ères do Gymnasium et de Silenium dans la r;: !l v- 40 : « Et t.g0 et tua mater, ambae | meretrices fuimus ». Cf. Luc.

" ; m'retr- 7- - 4 Luc, (). I. 6, 1 fin. — li Atlien. XIII, 568 A-E (fragm. du c°niifjue Amphis, cité plus bas) ; Ter. Eunuch. 313 sq. — « Luc. O. I. 3, 2 ;

cf. Gerhard, Antilce Bildxrcrlcc , pi. 60. — ' Haut. Cuicui. 526, 702; Cistell. 174,.g 8 piaut. Asin. 503 sq. ; Luc. Dial, meretr. 7. La figure est tirée d'une coupe d’Eupbronios ; Klein, Euphronios, 2' édit. p. 98. — 9 Plant. Asin. 153 sq. ; Luc O. /. 7. — 19 Haut. L. I. ; cf. dans le Trueulentas le rôle d'Astapliium, vieille servante qui joue auprès de Phrouésium le rôle de mère (acte I. sc. 2). — H Luc. Dial, meretr. 3. — ,2 Plant. Trucul. 99 sq. ; Mostell. 188 sq. — '3 plant. 1 Cistell. 135 sq. ; 168 sq. — >4 877 sq.

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dont il s’agit ici ne soient pas des prostituées de métier, il n’est pas douteux que les façons que leur prête le poète ne soient empruntées directement aux habitudes

Fig. 4968. — Chaussure de courtisane.

de ces créatures. Mais celles-ci ne se bornaient point d ordinaire à attendre ainsi le passage des clients. Elles sortaient et se montraient librement dans la rue, ce qui n était guère permis aux honnêtes femmes 1 ; et là leurs allures, certains détails de leur toilette indiquaient immé-

d.atement leur métier h Elles portaient Dnp „ . chaussures, dont les clous imprimaient s„ U,"lple’ des invitation amoureuse, telle que àxoXoüO, (t\ So1 Une

les passants savaient à qui ils avaient affairMt; '"T1 Parmi les différentes façons dont les soun' ’8’ ?

raient leur amour à la beauté qui en était 12 'JfCla' sont à peu près les mêmes de tout temns ’ e qm mérite d’être rappelée, parce qu’elle est n"' S6ule mœurs an tiques, c’est le jet d’une pomme, g/oSoLv-T rencontrait aussi généralement les hétaïres dans u ' i lieux de réunion, dans les festins », au théâtre' temple d’Aphrodite \ leur patronne, envers laquelle du avaient une dévotion particulière. Enfin certaines avaie t coutume d’envoyer, chaque jour, au port, quelque sel viteur de confiance pour savoir s’il était arrivé quelque vaisseau étranger, en aborder le propriétaire, et, s’il

avait lien, le leur amener 3. Ces étrangers étaient, nous l’avons vu, la plupart du temps de riches commerçants, payant largement. Pour beaucoup, l’hospitalité d’une hétaïre tenait lieu d’hôtellerie.

Les clients ordinaires des courtisanes étaient les jeunes gens riches 9 (fig. 496910). Depuisl’âgeéphébiquejusqu’au mariage, il y avait dans la vie de presque tout Athénien riche plusieurs années qui appartenaient à la dissipation et au désordre. Certains modernes se sont fait étrangement illusion sur la nature et les effets de ces liaisons. Ils se sont représenté la plupart de ces courtisanes belles, distinguées, instruites, tenant salon en quélque sorte, et, dans un temps où les rapports de société entre hommes et honnêtes femmes étaient à peu près nuis, initiant les jeunes gens au ton, aux manières et aux sentiments du monde. Il y a loin, certes, de ces couleurs idéales à la vérité crue, telle que nous la révèlent

1 Cf. O. Navarre, Utrum mulier. athen. scaenic. ludos spectaverint neene , p. 28 sq. — 2 Voir plus bas ce qui est dit de leur costume. — 3 Voyez dans Mèm. de la Soc. des antiquaires de Fr., VIII, 1877, p. 94, le commentaire de M. Heuzey sur le vase, en forme de chaussure, d’où est tirée noire figure, ainsi que le texte de Clément d’Alexandrie, Paedag. XI, 11. — 4 Arisloph. Nub. 996; Luc. Dial, meretr. 12, 1. — 6 Luc. Dial, meretr. 3, 1; Plaut. Mostell. A. II, sc. 1. — 6 0. Navarre, O. I. p. 18. — 7 Athen. XIII, 581 A.

les témoignages contempoi’ains, et en particulier la comédie. En réalité, rien de plus vulgaire que la vie menée par les éphèbes et leurs maîtresses. Le programme en était à peu près le même il y a deux mille ans qu’aujourd’hui, et les Latins l’avaient résumé très exactement en ce seul mot : pergraecari, mener la vie îles Grecs. En quoi consistait cette vie, c est ce que nous apprend, dans la Mostellaria de Plaute, un honnête esclave: « Va, dit-il à un de ses compagnons, penertis le fils de notre maître, autrefois si sage ; buvez ensembe les jours et les nuits, menez joyeuse vi e(pergraeca»u>ii), achetez des courtisanes, affranchissez-les, entretenez i es parasites, faites bombance11. » Les soupers, telle t aI donc la grande affaire. Ils se donnaient le plus "lM ^ chez la courtisane12, quelquefois aussi chez 1< J homme (mais pour cela il fallait que son père ^ll ^

cédé, ou absent 13), d’autres fois chez un traiteur

— 8 Plaut. Menaechm. 328 sq. — 9 Comme preuves, U suffit dy envop^ ^ manière générale au théâtre de Plaute et de Térence et ans ^si„née Hiéroo tisanes de Lucien. - 10 La .fig. 4909 est une peinture de .coupe,

C Wiener Vorelegeblàtter, C, pl. 5). Elle représente des jeunes gen ^ ■

une hétaïre : l’un tient une bourse, 1 autre une fleur, le Lois rper

ronne. — H 21-23; cf. 940-8. — 12 tue. Dial, meretr. !•',

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