‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 239 sur 275 · MES · texte numérisé non relu

MES

priétaires do biens indivis appelés Kuô-^pia 1 ? C’est le dernier sens qui parait le plus probable. Cn.. Lécrivain.

MESEGCYEMA (Msffeyyu^ixa). — Dans la législation attique, ce mot désigne la forme de dépôt qui correspond au séquestre moderne. Effectuer le dépôt se dit: jjLs<7EyYu“v ou ÈTuoiaTtOîffOat 1 ; convenir du dépôt, p.s'7EyYux<70at ou fjLE<7£YYuo°ff0ai2 ; l’objet déposé se nomme xb ;i.s<7eyyuwÛ£vi le dépositaire jj.e(7Éyyuoç 3. Il s’agit donc du dépôt d’une chose litigieuse qui doit être remise au gagnant. Ce séquestre est en général conventionnel; les deux parties déposent l’objet litigieux entre les mains d’un tiers qui s’engage à le rendre à la partie victorieuse4. Le droit attique admettait-il le séquestre judiciaire pour la protection de l’objet litigieux? Nous ne savons pas sile texte de Platon qu’on cite à ce sujet correspondait à une institution réelle5. Platon veut que, si l’objet litigieux n’a pas été inscrit sur les inventaires des biens des parties, il soit remis sous séquestre à trois des magistrats les plus âgés jusqu'au jugement qui doit avoir lieu dans les trois jours ; s’il s’agit d’un animal, le perdant doit rembourser les frais de nourriture.

Nous trouvons une application spéciale du contrat de séquestre lorsqu’on déposait une somme entre les mains d'un tiers, à titre de garantie, pour la rémunération de certains services futurs, surtout naturellement de services illégaux, pour le payement desquels il n’aurait pu y avoir d'action en justice6. Nous avons plusieurs exemples de cette convention plus ou moins licite; ainsi, dans un discours de Lysias il y a un dépôt de trois talents qui doit être remis aux orateurs s’ils n’accusent pas ou s’ils sauvent le déposant1. On promet ainsi des subsides à des hommes politiques 8. Dans un discours de Démosthène9, une des parties se fait ainsi promettre une certaine somme pour refuser le serment devant le tribunal.

Nous n'avons aucun renseignement sur les actions qui naissent du séquestre. Il est probable que si le dépositaire refusait de restituer la chose, il y avait contre lui la même action que contre le dépositaire infidèle10. Ou. Lécrivain.

MESIDIOSARCHON(Me<»3Loçàpx<«>v). — D’après Aristote1, à certaines époques, dans des villes grecques de constitution aristocratique, les nobles, par défiance pour le peuple, auraient confié la garde de la ville à des soldats et à un médiateur pris pour chef apycov (is<rt8toç, et celui-ci plus d’une fois serait devenu leur maître ; il en aurait été ains.i en Thessalie à Larissa, au moment du gouvernement de l’Aleuade Simos2, et à Abydos, àl époque du pouvoir des sociétés dites hétairies. Cn. Lécrivain.

MESOSTROPHONIAI (Mc«ro«Po.<ovfcl Wûa,)

'ï T ooE Afl Cf 11 î j>t n 1 t l’« * 1 » ' * V / *

de Lesbos, qui était l’occasion d’un st

sacrifice publie l1 • Duruhach.

t'èle

META. — Nom commun h toutes sortes d’obiet. j ! forme conique, à base plus large que le somme, „ désigne notamment : I- une borne, et paniculiè’J celle des courses dans un cirque [cmcus,p. 1190 et s •

2» une des parties du moulin à blé [mola] ; 3» taine en forme de borne [fons, p. 1235]

METAGEITNIA (Mst«Y6(tvi«). - Fê^e en l’honneur d’Apollon, surnommé M£TaTsèrvio;, célébrée à Athènes pendant le second mois de l’année (août-septembre), quj i pour cette raison portait le nom de Metageitnion 1 I Le sens précis de. l’épithète Met«ye1tvioç (de ^ et j YêÎtwv, voisin) appliquée à Apollon, et par suite l’origine et la signification même de la fête des Metageitnia sont fort obscurs. Suivant les uns, cette fête avait été instituée en souvenir de la transmigration des habitants du quartier athénien de Melitè dans celui de Diomeia2; suivant d’autres, elle commémorait les changements introduits par Thésée dans l’organisation politique de F Attique3. Cette seconde tradition repose sur une confusion entre la fête des Metageitnia et celle des synoikia ou Metoikia qui se célébrait à Athènes, en souvenir du <ruvoixnr[i.<lç de Thésée, le seizième jour du premier mois de l’année (Ilécatombaion)1* . L’une el l’autre de ces traditions sont d’ailleurs contredites par les découvertes récentes de l’épigraphie. En effet, on trouve un mois Metageitnion dans les calendriers de Délos, de Samos, d’Éphèse, de Léros, de Priène, et sous la forme Petageitnios ou Pedageitnios dans ceux de Côs, de Callatis, de Calchédôn, de Calymnos et de 1 Rhodes8. On ne saurait donc assigner à la fête des Meta¬

geitnia une origine purement athénienne, et il semble bien qu’il faille plutôt la rattacher d’une façon générale, à Athènes comme ailleurs, au culte d’Apollon colonisateur et conducteur de peuples6. D après une autre hypothèse, la fête se rattacherait aux voyages et migrations que la légende attribue à Apollon 7. On a également essayé, mais sans fondement suffisamment sérieux, e faire des Metageitnia une fête cn 1 honneur d IR

Nous ne connaissons absolument rien de la 1 a e exacte de la solennité, ni des cérémonies qui . . 11

pagnaient. C. Gaspar. ,

METALLA (MÉxocXAa), mines et carrières. — Ç metallum , p.ÉxaXXov, a désigné la mine chez ^ chez les Romains, et par extension lacarnèie

1 Diltenbergcr, Z. c.

MESEGGYEMA. * Poil. 8, 28 ; Harpocr. Suid. s. v. Iict$ta-ct6£<r0at. 2 Dcm. o9, 3. — 3 Pial. Leg. H, 914 D; Poil. 8, 28. — 4 Bekkcr, Aneccl. 1. 191, 14; 279, 13; Harpocr. Suid. L. c. ; Harpocr. s. v. pLE«yïu>ipa. — 0 Leg. U, 914 D. 0 Bckker, Anecd. 1, 279, 3; Suid. s. v. — 7 29, 6. 8 Plut. Arat. 19 ; Aeschin.

3, 125. 9 39, 3. Autres exemples : Isocr. 13, 5 ; 12, 13. Dans un texte d Anliphon,

6, 50, le sens des mois <n pemyïur.iTàiir.oi n est pas clair. 10 Voir Caillemei , ai t. depositom, p. 104. — Bibliographie. Platncr, Der Process und die Klagen bei den Attikem, Darmstadt, 1824-25, II, 364; Caillcmcr, Le contrat de dépôt (Afém. de l’Acad. de Caen, 1876, p. 524); Meier-Schfimann-Lipsius, Der attische Process, Berlin, 1883-1887, 11, p. 711-712 et note 659; Beauchcl, Bist. du droit privé de la Itépublique athénienne, Paris, 1897, IV, p. 337-340.

MES1DIOS ARCIION. 1 Pol. 5, 5, 9 (éd. Didot). — 2 Gilbert ( Handbuch der oriechischen Staatsalterthümer, II, p. 11) identifie ce Simos avec le Simos cité dans Dcm. 18, 48, et Aleuade d'après Harpocr. s. h. v.

MESOSTROPHONIAI. 1 Hesych. s. v.

METAGEITNIA. 1 Lysimacbides ap. Harpocr. s. v. M ETayEtrvtwy ; Suid. s. v.

2 Plut. De exil. 6 ; cf. C. Wachsmutli, Die Stadt A then im Alterthum, I, p. 353 ;

Atig. Mommsen, Deortologie, p. 205. — 3 Scliol. Tliucyd. Il, 15; Pliotius, s. v. MiTajciTvniv ; cf. Waclismulli, Dp. I. I, p. 45», n. 2. — 4 Tliucvd. Il, 15, 2; Scliol.

iloph. Pax, 1019; Plut. Thés. 24; cf. Aug. Mommsen, Feste ' de- 1 '^ il)Ug Alterthum, p. 35. - 3 E.-F. Bischolî, Dr fasUs P- ^

■pziger Studien, VH, p. 313 et s.) ; Preller-Hobert, Gneci C G Bisc|lotr). ;. — C Cf. Schoemann-Lipsius, Griecli. Altertli. , P- staltt Athen

r C. Robert, Dermes, XXI, p. 107. - « Aug. Mommsen, Leste de,

Aller tum, p. 160. ]es poèmes homériques,

IETALLA. 1 Le mot hémcXXov ne se trome P tenips la Grèce

- veut pas dire qu'il n'y eût pas de n est cmpl„yé pour U îérique ; on y trouve le verbe pETa/Aav, cliercnc . . ent le minerai ou

aiière fois par Hérodote, IV, 185. MeteeXXeTov 'Signe - n'apparait 'l,,c

u étal brui. SI.t«üc« signifie le travail des mines . etu » (8| Lcs Romain»

i tard.: Diod. Sic. V, 37. Metallum apparaît dans Lucrè , • ^ ^ métal :

souvent usé du mot fodina, généralement accomp g ,x g, 3 :

ifodina, argentifodina. Pour le sens de carrière, onl été propos*»

Lnda,; ^eeXXee; Slat. 5.7c. .,5, 36. Fius.eurs %. 551,eslponr

r expliquer l’origine du mot |«-T«XXov :Curtius, > «• 7^ jn(,;(|l,e une rac|n»

fine indogermanique; Renan, Dist. lang. ■ ml • i'une el l'autre liyp°lllè®*’ (itique (matai). Scbrader, Sprachvergl. p. 232, rejette l une e ^ p 5, 103- Blümner, Technol. d. Gewerbe und Kunst, HI, P-

MET

MET

même*

c hointûes.

qui extrayaient le minerai des amas et s qipliquaienL aussi à le traiter pour en retirer le • 'l'kiil’ Ie mineur et le métallurgiste ne faisaient 111 ■ ' -TaXXeûç) *• L’art des mines et la métallurgie ont ''"""une commune origine. Nous étudierons successi- I'0ll ,ni • 1° l'origine de l’art des mines et de la métal- Ve • chez les Grecs et chez les Romains ; 2° la répartition domines et carrières dans le monde gréco-romain ; 3» l’exploitation des mines et des carrières ; 4° le régime légal des mines et des carrières.

P] Origine de la métallurgie. — Les Grecs et les Romains, dès le début des temps historiques, connaissaient et employaient le cuivre et le bronze, l’or et l’argent, le plomb et le fer. Les Grecs n’ont pas eu l’idée qu’à une époque très reculée leurs ancêtres n’avaient pas eu le métal à leur service. L’âge de pierre, précédant celui des métaux, est resté pour eux lettre morte2. Les légendes relatives aux héros métallurges, Dactyles, Cabires, Telchines, ne contredisent point cette manière devoir, car elles n’ont rapport qu’à la métallurgie du fer, comme nous le verrons plus loin. Chez les Romains, Lucrèce3 est le seul à dire que les hommes ont dû tout d’abord user du bois, de la pierre pour fabriquer leurs armes et leurs outils. Nous ne savons pas si, en parlant ainsi, il évoquait des légendes populaires, ou s’il imaginait de lui-même les stades de la civilisation. Grecs et Romains, en effet, avaient reçu le précieux héritage des métaux des populations qui les avaient précédés sur le sol hellénique ou latin. Dans les pays riverains de la mer Égée, les peuples de culture mycénienne, dès le xvc siècle avant notre ère, avaient à leur disposition de l’or, de l’argent, du plomb, du cuivre, du bronze*. A une époque plus reculée encore, les hommes s’étaient servis de métaux. Dans les couches les plus profondes de la colline d Ilissarlik (première ville de Schliemann), on a trouvé des débris d'objets en cuivre, en plomb, en argent, mêlés à des outils et à des armes de pierre 5. A Théra (Santorin), sous les cendres d’une éruption que l’on place vers l’an -(J|)0, on a découvert, avec divers objets en pierre, une scie de cuivre et des anneaux d’or G. A Chypre, les tombes des temps primitifs ont livré des objets de cuivre 7. Ainsi 1 est certain que les peuples les plus anciens dont on aiL reliouvé les traces sur les bords de la mer Égée, et qne ' 011 daigne aujourd’hui sous le nom d 'Égéens, n honoraient pas l’usage des métaux.

c 11 avons pas ici à entrer dans la question si °mp exe et si controversée de l’origine des métaux, esU^ * * e ^anS S°n ensemble. Le problème qui se pose QS 6 bavo*r S1 les Égéens8 ont inventé par eux-mêmes J ?,nt emPrunté à d’autres civilisations la métallurgie

d’envi' 'U CU*vre’ brome. Tout d’abord, il convient 'H-A'i le cas de chaque métal en particulier, parce

que rien ne prouve que l’histoire du cuivre soit la même que celle de l’or ou du bronze.

C’est une opinion généralement admise 9 de dire que l’or a été le premier métal que l’homme ait pu et su se procurer. On a fait remarquer qu’il est le plus répandu de tous à l’état natif et se présente souvent à la surface du sol. A l’état natif, il n’exige pas de métallurgie savante pour être utilisable ; à la surface du sol, son éclat brillant attire l’œil, et pour le recueillir il n’est point besoin d’un travail d’extraction. Tel se présente l’or dans les alluvions aurifères. « Sur les terres arrosées d’eau courante, on voit de prime abord reluire la paillette d’or lu. » De plus ses qualités physiques, poids et malléabilité, ont dû retenir aisément l’attention de l’homme peu civilisé. Sous le marteau, il s’étale et se ploie sans difficulté11 : lames et feuilles d’or ont été les premières parures de métal. Enfin, il apparaît dans les fouilles les plus anciennes12. Ce seraiL la métallurgie de l’or, a-t-on dit, qui aurait ouvert la voie à celle du cuivre 13, et les premiers mineurs auraient été des orpailleurs. Si vraisemblable qu’elle soit, cette opinion n’est qu’une hypothèse, beaucoup de minerais, par leur éclat, leurs couleurs, leur poids, peuvent être distingués sans difficulté, même par un sauvage, des pierres communes. On les trouve aux affleurements des gisements, sur les pentes, dans les alluvions. De plus il est très rare, en Orient au moins, que l’or apparaisse seul parmi les débris des premières industries humaines. Mais ce qui est plus important, c’est que ce métal, par suite de ses qualités, a pu être connu et recueilli par des peuples différents, en des régions fort éloignées les unes des autres, sans intervention d’un peuple initiateur1*. La chronologie absolue de l’or fût-elle même exactement établie, il ne résulterait pas nécessairement d’une succession de dates qu’il y ait eu transmission de découverte d’un pays à l’autre. II est fort probable que l’or a été trouvé en Asie Mineure (Troade, Phrygie, Lydie), en Thrace, en Macédoine15, à Siphnos 10 ; est-il nécessaire de lui attribuer une origine unique, orientale par exemple, et de le faire venir de l’Égypte ou de la Chaldée? Tout pays de provenance peut être considéré comme pays de découverte pour l’or, plus que pour tout autre métal. Les Égéens recevaient l’or de toutes les contrées voisines qui en possédaient, et si l’or d’ Ilissarlik provient de la Troade ou de la Lydie voisine, celui de Chypre peut venir d’Égypte.

La même conclusion s'impose, semble-t-il, pour le cuivre. C’est un des résultats les plus intéressants des recherches archéologiques, que de constater que le cuivre a joué dans les sociétés primitives un rôle de premier ordre. L’or, l’argent, sont restés métaux précieux : c'est avec l’emploi du cuivre dans la fabrication des armes, des instruments et des outils que s’est ouverte véritable-

I1' HL - î Pe°* T"8 ?e,l*re,v*,iîtToir Poil. VII, 97; cf. Ardaillon, Mines du l.auric «0-453, rapporte Cl.CllipieZ’ fJisL de l’art> VI> P- 1 12. Cependant Escl.ylo, Pro tami» nj ]e p . ' t|U fut un temps où les hommes ne savaient pas employer

brique ni le Jjqj - - I

fourmis, sous l • *'°"t cons**‘u‘re leurs demeures, et où ils habitaient, comme t ~ 8 SclilicmanT' 7, 3 Lucr' V’ 1282’ — 4 Perrot, Hist. de l'Art, VI, p. 951-9:

ms, p. 312-317. — 0 Eouqué, Santorin, p. 105 et 1;

'-lOlu [ | . Jllos> p.

Voirpour lVnurné'0'^01'’ da'1S Zeitschrif‘ für Ethnologie , 1899, XXXI, p. 2 , tù1"1-' 1 ion et le commentaire de ces trouvailles dans le monde grec

orienta) • nonl

foutf and Slcaii l"''' ^^,rono^°S,e der âltesten Bronzezeit in Nora 1011 toMiog h!”?!6”’ Archiv f“r Anthropologie, 1898-1900, XXV foulons pas ar(.C UG complète. — 8 11 est clair que par ce mot d 'Égéens n ““ "W'ncar JW. ^ )erl existence d’une unité ethnique. — 9 Fournet, De l'influt ' pl'0,-lrès de la civilisation, Lyon, 1801, p. 112; Hidgeway, :

origin o( metallic currencg and weight standards, Cambridge, 1892, p. 58; Berthelot, Chimie au mogen Age, p. 359, Paris, 1893; cf. S. Reiuach, Croissants d'or irlandais {Bev. Celtique, 1900, p. 100 sq.). — 10 Strab. 111, 2, 8. — 11 pijn XXXIII, 19. — 12 Monlelius, Op. cit. passim. — 13 S. Ueinach, Op. cit. p. 168. — il M. S. Ueinach, en France, s’est le premier élevé contre les théories monogénistes, en faveur ou non de l'Orient, qui veulent à tout prix simplifier le problème des origines de la civilisation. Voir Bev. archéol., Bev. celtique, Anthropologie, où ce savant a publié de très nombreux articles, cités plus bas. — 15 De Thasos, il est dit par Hérodote que ce sont les Phéniciens qui en découvrirent les mines d’or : IMTo.Ua àv.OTpov (v. 47). - 10 En admettant pour le mot Siphnos une racine sémitique (Bérard, Topologie et toponymie antiques, Bev. archéol. 1901, I, p. 221) et une colonisation phénicienne, on ne s’engage pas nécessairement à croire’ que les mines d’or ne, furent exploitées dans cette île qu’à l’époque phénicienne.

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ment l’ère de la métallurgie. Il y a eu un âge du cuivre pur en Chaldée comme en Égypte, à Chypre comme en Troade, dans l'Italie du Nord comme en Espagne, en Gaule, en Bretagne et dans les pays danubiens *. Cette remarquable uniformité des débuts de la métallurgie proprement dite dans presque toute l’Europe, en Égypte et dans l’Asie antérieure, indique-t-elle que l’art de travailler le cuivre ait pris naissance ici plutôt que là? On nous assure que 1’ « origine de cet art doit être cherchée à Chypre, non seulement pour les pays avoisinants, mais même pour l’Europe occidentale et septentrionale. Les populations néolithiques ont reçu de Chypre les premiers instruments de ce métal et avec eux la culture chypriote de l'âge du cuivre. Ce n’est qu’après coup qu’elles se sont mises à rechercher et à exploiter le précieux métal sur leur propre territoire 2 ». On est parfois moins précis:

« La découverte du cuivre est une découverte orientale: elle a été faite sans doute en Asie antérieure, vers le Sud- Ouest, dans les domaines des antiques civilisations de la Babylonie 3. » En vérité, nul ne sait par qui et où le cuivre fut inventé ; la métallurgie a pu prendre naissance partout où il existait des minerais de ce métal, et dans plusieurs pays, d’une manière tout à fait indépendante. « Les minerais de cuivre purs et mélangés sont fort répandus dans le monde : ils attirent l’attention par leurs couleurs tranchées, vertes, jaunes, noires ou bleues ; il suffit de les chauffer sans grande précaution, avec un combustible tel que le bois ou le charbon, pour voir se séparer le métal à l’état fondu et avec son éclat caractéristique.... C’est dans les cendres des foyers mêlées par hasard ou par intention avec des minerais de cuivre ou de plomb, que ces métaux ont dû être découverts tout d’abord; puis l’industrie humaine a étudié et précisé empiriquement les conditions exactes de leur réduction 4. » Ainsi, pour ce qui est de la Méditerranée orientale, il est possible que Chypre, l’Égypte, la Chaldée, aussi bien que les pays danubiens 5, aient été des pays de production première, comme ils ont été des centres de diffusion et d’exportation du cuivre. Dans la Méditerranée occidentale, l’Étrurie, l’Espagne, la Gaule ont les mêmes titres à revendiquer le même honneur. Il semble que certaines légendes, que nous rapportent quelques auteurs de l’antiquité, soient l’écho d’une tradition en harmonie avec cette manière de voir. On disait que les métaux auraient été aperçus pour la première fois pendant l’incendie des forêts, coulant en ruisseaux brûlants 6. Comme on l’a dit, ce récit « paraît avoir été imaginé, en raison de sa conformité avec les faits naturels qui ont dû conduire les hommes à la découverte des métaux 7 ».

Le bronze (alliage de cuivre et d’étain) n’apparaît qu après un usage plus ou moins prolongé du cuivre

1 Voir les faits réunis par Montelius, Op.cit. p. 905 sq. ; cf. Much, Die Kup fer zeit in Europa , 2e éd. Iéna, 1893; J. Hampel, Neuere Studien über die Kupferzeit [Zeitsch. fur Ethnologie , 1890, fasc. 2). Voir aussi Anthropologie, 1896, p. 579-583 ; Rev. ar chiot. 1897, I, p. 126- 127 ; S. Reinach dans Bev. celtique, 1900, p. 170. — 2 Ohnc falsch-Richter, dans Anthropologie, 1899, p. 708-712. — 3 Montelius, Op. cit. p. 969.

— Berthelot, Chimie au moyen âge, I, p. 360-361. — & Chalcis, en Eubée, doit être laissée de côté : voir plus loin, II. Gisements métallifères. — 6 Diod. Sic. V, 35;Strab. III, 2,9, tous deux d’après Posidonius ; cf. Lucr.V, 1250-1260. — 7 Berthelot, Ibid. p. 361. — ^Montelius, Arch. fur Anthrop. XXVI, 1899-1900, p. 1-40; 459-511 ; 905-1012; cf. Anthropol. 1901, p. 609-623. — 9 Montelius, Ibid. — 1° Berthelot, Op. cit. p. 362-363 ; Montelius, Op. cit. p. 971; cf. Anthropol. 1897, p. 693-694.

— il Voir les témoignages recueillis par G. Bapst, Comptes rendus Acad. Inscriptions, 1886, p. 247-255; Chantre, Jlech. anthropol. dans le Caucase, I, p. 81. Les progrès de nos connaissances géologiques dans la région caucasienne et en Arménie Russe laissent peu d’espoir pour une trouvaille à venir. — 12 Strabon XIV, 2, 10,

pur : c’est un fait constaté partout sur les

Méditerranée, aussi bien que dans

bords de

On a tenté d’établir les dates de l’appar

Europe centrale 8

la

*rition du bronze

dans ces diverses contrées 9. Mais il n’y a nas , les pays où le bronze a été découvert, à tirer ’ "UClant

d’une chronologie relative ou absolue. Le bronze

‘ d’argument

tous les alliages du cuivre, si fréquents dans' l’a’ C°mme

était susceptible d’être préparé dans tous les pays m ’ rencontrent les minerais de cuivre et d’étain « [ a f.j' ^ cation du bronze n’est pas plus difficile, en fait que'Jll' du cuivre pur. On peut la réaliser aisément soit ’en I alliant les deux métaux purs et isolés à l'avance comme 1 le font d’ordinaire les modernes; soit en mélangeant leurs minerais dans des proportions convenables, avant I de les soumettre à l’action réductrice du feu. Ce dernier • procédé a dû être employé de préférence par les populations primitives l0. »

Mais l’étain est rare, et particulièrement dans les contrées qui avoisinent la Méditerranée orientale. Dans les montagnes du Caucase, il n’y en a pas*1. L’existence des gisements du Khorassan, en dépit d’un texte de Strabon et quoi qu’on en ait dit, n’est pas encore démontrée12. Les points les plus rapprochés de la Méditerranée orientale, où l’étain ait été authentiquement rencontré,, sont l’Étrurie et l’ile d’Elbe19; encore les gisements très pauvres de l’ile d’Elbe n’ont-ils pas été exploités par les anciens : du moins rien ne l'indique11. On sait de façon certaine que l’étain se trouve en Espagne, en Gaule, en Cornouailles (îles Cassitérides), en Saxe et en Bohême16. Que l’on admette ou non que c’est sur un ou plusieurs de ces points que le premier alliage de cuivre et d’étain a été obtenu, il n’en est pas moins certain que de très bonne heure le bronze a été connu et employé sur les bords de la mer Égée, et que par conséquent il y a eu transport et commerce de bronze ou d’étain entre les centres métallifères et le Levant, (.est le moment de constater qu’un autre corps, 1 ambre, originaire des bords de la Baltique, est parvenu à; une époque extrêmement ancienne dans les conliéesl égéennes et en Égypte. On en trouve les perles dans des tombes égyptiennes des premières dynasties1 , « s il nyl en a pas trace à Troie, il se trouve déjà à Mycènes, tan®| les tombes de l’Acropole, ainsi qu à Ménidi, en piossesi perles qui ont dû faire partie de colliers. Dana y® chimique a démontré que cet ambre était de am re baltique 17 ». On a déjà fait remarquer qu’au ve stec^e ^ commerce de l’étain était associé à celui de 1 mun 1 les fouilles archéologiques prouvent qu il en e a bien des siècles avant Hérodote. Nous sommes à concevoir l’existence de relations commer al| .paraissent fort éloignées, plus a

ainsi amenés entre contrées qui nous

Archio far Anthrop- ‘«Mjj

parle d’étain dans le pays des Dranges ; cf. Baer. Anciens, p- -*“■

p. 265 ; Bapst, Op. cit. p. 248 ; Berthelot, Introd. a ta Ch m i d ^ ^ Ni le.

Chimie au moyen âge, I, p. 364; Bérard, Bev. a,ci, c ' ’ pa’riSj i#9i-1895), m explorations de De Morgan (Mission eeientifique en ErgansungsW

celles de Slahl (Géologie von Persien, Geog. Mitth. ne nous révildj ,

n» 122, 1897), ou de Radde ( Nord- Khorassan , Un ■ »° - ’ 1( n0 saurait |'lus

la présence de gisements d’étain dans les montagnes 1 ?i,eidans Anthro-

êlrc question de l’étain de Malacca : voir S. Reinach, <- Ues minéraux et

pologie , 1892, p. 275-281. - *3 Fucl.s et de Launay, » ^ métaUurgis ça

métallifères, II, p. 150. - 14 Simonin, Exploit, de ^ série, XIV, H»». Toscane pendant V antiquité et le moyen âge (Ami. IG

p. 557 sq.). — 15 Voir plus loin,

II. Gisements “^““^chipie*, #•»*■ * Hist. anc. des peuples de l’Orient, \, p- Anthropologie 8893> p‘ 57°j

l'art, VI, p. 947. — 18 S. Reinach, Mirage or llcrod. 111, 115.

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[ ’iècles avant l’ère chrétienne Elles avaient com- Vllli" . ,ii'.s l’âge dn cuivre pur : elles se multiplient et "ii'iU'id dès le début de l’âge du bronze [mercatuiia]. * ^lu'cls étaient les navigateurs primitifs de cette navi- : tj0a préhistorique? Nombre d’indices tendent à faire «al!üU ,, (}e très bonne heure, sur les bords de l’Égée, \sh> Mineure, en Grèce, dans les îles, il s’était établi ? ■ I, titillations offrant une réelle unité de culture1. Ce , , crulemcnt l’emploi simultané de la pierre et du cuivre qui caractérisé cette culture, mais encore 1 analo- '-des formes de tombes, la ressemblance des armes et des outils, celle des amulettes, des bijoux, des poter|cs 2 A défaut de dénomination plus précise, on a proposé le nom d 'Égéens pour désigner ces premiers habitants de l’Archipel, qui sans doute appartenaient à des races différentes. Ce seraient là ces mystérieux peuples 'd’au delà des mers, Iiaoui-nibou, dont parlent les monuments égyptiens 3. Aux premiers Égéens succèdent les Mycéniens : leurs thalassocraties, Ithodienne, Phrygienne,, Crétoise 4, développent les échanges, multiplient les connnunication's et les rapports de peuple à peuple, p’autres navigateurs, Cariens et Phéniciens, se mêlent à ces marins et leurs pirateries amènent une répression sévère 5. Il est difficile, en effet, de s’imaginer que les maîtres d’ilios, de Tyrinthe et de Mycènes, de Cnossos et de Phaistos, aient été dépourvus d’une marine puissante, et que toutes ces cités aient dépendu uniquement de marins étrangers, pour se procurer les produits et les matières premières nécessaires à leurs industries.

Aquelleépoqueles Phéniciens arrivèrent-ilsàune situation prépondérante dans la mer Égée ? Pour les uns, dès le xvi' siècle av. J.-C., au début des conquêtes égyptiennes, ils auraient été possesseurs des routes de la mer ; dès le xiv' siècle, ils seraient arrivés sur les côtes de Sardaigne G. Pour d’autres, et cette opinion paraît beaucoup plus vraisemblable, « ce serait vers les environs de l’an 1000 ou un peu plus tôt que se serait opérée cette substitution dune thalassocratie à une autre, à une période de grands troubles politiques et sociaux 1 ». S’il en est ainsi, les Phéniciens n’auraient été les pourvoyeurs en métaux des cités mycéniennes que pendant la dernière phase de leur civilisation. Toujours est-il qu’à l’époque des invasions doriennes et pendant quelques siècles, les Phéniciens occupent beaucoup d’iles de la mer Égée, et parmi ellesChypre, riche en mines de cuivre, Thasos et Siphnos aux Ullnes d or. Ils apparaissent alors comme les maîtres 11 commerce des métaux. Leurs voyages en Espagne les 'ootti.nL en possession des richesses minières si considé- ' ef ce pays ; ils vont chercher l’étain au fond de , ' 1 iotique 8,vers l’embouchure du Rhône 9, àGadès10,

, M ds s aventurent en Gaule d’abord, en Bretagne ^suile, xers ces mystérieuses îles Cassitérides, d’oq . ain Ll1 ait son nom, et dont d’autres navigateurs avaient pS( ' 0u*-e connu la route avant eux11.

Ul "n dire, d’autre part, que ce soient les Phéniciens

qui aient ouvert et exploité les premiers les gisements métallifères du monde hellénique? Nous n’en avons ni preuves ni indices, si ce n’est peut-être pour Thasos, dont les mines, au dire d’Hérodote ,2, furent découvertes par les Phéniciens (gÉTacXXoc àveüpov). 11 est au contraire très vraisemblable qu’avant l’ère de leur suprématie commerciale dans la mer Égée, les populations indigènes avaient mis en exploitation les mines d’or du mont Pangée, celles de la Troade et de la Lydie, comme aussi celles du Laurion et de Siphnos. Pour le Laurion, les trouvailles de Thoricos 13, la présence en plusieurs points sur les gisements de belles constructions mycéniennes semblent prouver l’activité directe des maîtres du pays u, et l’occupation permanente d’unecontrée, qui est pourtant sans ressources agricoles d’aucune sorte. Le récit de Diodore, touchant le commerce des métaux des Phéniciens en Espagne, tend également à démontrer qu’ils n’eurent qu’à échanger leur pacotille contre l’argent que les indigènes avaient déjà en leur possession15 ; ils n’y apparaissent point comme les maîtres en métallurgie des peuples qu’ils visitent.

Pendant très longtemps, le fer [ferrum] n’a aucune place importante dans la civilisation des peuples de la mer Égée. Ce métal ne se rencontre àHissarlik que dans les couches de la troisième ville, contemporaine de Mycènes. A Mycènes « il n’apparaît qu’à la fin de la période mycénienne et il semble que ce ne soit alors qu’un métal de luxe : on en fait des anneaux qu’on dépose dans les lombes avec les anneaux d’or16 ». 11 est plus abondant dans les couches profondes d’Olympie, et fréquent enfin dans celles du Dipylon. Ce retard dans l’emploi du fer n’a rien qui puisse étonner. « Si les minerais ferrugineux sont partout répandus, l’extraction du métal libre est une opération difficile, compliquée, et qui n’a pu être exécutée qu’à une époque où les industries et la science pratique des hommes avaient atteint déjà un certain degré marqué d avancement 1 '. » Aussi les légendes relatives aux Dactyles, aux Cabires, aux Corybantes, que nous ont transmises les auteurs anciens, ont-elles trait à la métallurgie du fer, ce qui ne veut point dire à son invention : il était naturel que l’habileté des ouvriers fût considérée comme capi tale dans le travail du fer, et regardée comme un don quasi divin. La Grèce n’est pas riche en minerais de fer de bonne qualité, et les Cyclades ne le sont pas davantage. Il est à croire que pendant longtemps elle reçut du dehors le métal dont elle avait besoin. Quels furent les importateurs du fer chez les populations mycéniennes et helléniques? Selon les uns, ce seraient les Phéniciens; selon d’autres, « les armes de fer sont l’apport de bandes guerrières, d’origine celto-germanique, les Achéens, qui établirent leur autorité sur les Mycéniens18 ». Pour d’autres enfin, c’est avec les invasions doriennes que l’emploi du fer aurait commencé à se répandre en Grèce. Il est difficile de se prononcer. Remarquons cependant que les populations qui, vers le

flcuiliip y a"lcUrs alll'ib»ent à la môme civilisation une aire beaucoup pl

1 Cirtai

duo. Voir AP. j. ~ . ~ . . . . . . ——......p t

- 3 pWrol c,vans> d après S. Reinach, Anthropol. 189G, p. 68G-G

Mîtsq 3 « llipi°Z’ V1’ P' 471-«2; E. Meyer, Gescli. d. Alterth.

€ s ■ Reinach Am*™’ °P~ '' P' 391 Ct nole 3' — 4 Euseb- Chron- b P- 2

«os. g p ' ’,0P ‘ 1899, p. 397-409. — G Thucyd. I, 4-8 : Thalassocratie

Mro pol. MeyCr’ °P- cit- b P- 230. 235; II, p. 142. - 7 S. Rcinac

R. p. 9g, __ j J P’ j Scymm. Ch. 391-393 ; cf. Bérard, Rev. arch. 19C

-» Herod. ni ' m’ 2’ Di°d‘ Sic’ V’ 22 ct 38’ ~ 16 Ezechiel, XXVII, 1

1 "0; Strab. 111, 5-11 ; cf. S. Reinach, L'étain celtiqi

Anthropol. 1892, p. 277-280; Un nouveau texte sur l'origine du commerce de l'étain, Ibid. 1899, p. 397-409. — 12 Herod. V, 47 13 Staïs

’E?np. ’Afx«uA. 1895, p. 221-234. — H Ardaillon, Mines du Laurion dans l'antiquité, p. 127. J’ai soutenu dans ce travail l'hypothèse d’une occupation et d’une exploitation phéniciennes : je crois aujourd’hui être allé beaucoup trop loin, et sans preuve positive. — 15 Diod. Sic. V, 35. — 16 per rot ct Chipiez, VI, p. 953-954. - n Berlhelot, Chimie 'au moyen agi 1, p. 359. — 18 Ridgewav, d’après S. Âeinach, Rev. critique , 1902 1,’ p. 173.

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\c siècle, descendirent de la péninsule des Balkans vers les rivages de l’Égée, devaient apporter avec eux la culture de la période hallstatienne (premier âge du fer, vers le v siècle av. J.-C.), développée dans les pays danubiens. D autre part, il est à constater que les génies métallurges des Grecs sont tous, au dire des auteurs anciens, originaires de la Phrygie. Or l’on sait que de très bonne heure la Phrygie fut occupée par des tribus parties de la Thrace, et restées en rapport avec la Tlirace Ces peuples possédaient peut-être, par suite, des connaissances métallurgiques touchant le fer, plus avancées que celles des Mycéniens. L Arménie et le Pontr pays des Chalybes, furent vers les mêmes temps envahis par des bandes de même origine. Ainsi inductions de l’archéologie et textes anciens s’accorderaient aisément. Car il ne saurait être tenu compte de l’objecLion que, selon des auteurs de 1 antiquité, la Crète fut le foyer le plus important de la métallurgie du fer : pour que ce fût possible, il aurait fallu à la Crète des gisements de fer nombreux et de bonne qualité. De récentes études démontrent qu’elle n en possède point. Aussi bien, à une date très rapprochée de celle de ces invasions, les Phéniciens ont pu aller chercher sur les bords du Pont-Euxin, dans le Pont habité par les Chalybes « ouvriers du fer » 2, comme sur les côtes de la mer Ionienne, un métal qui devait, parles progrès de sa technique, prendre une place de plus en plus grande à l’époque historique [ferrum].

Résumons les conclusions qui paraissent le plus vraisemblables touchant l’origine de la métallurgie et de l’art des mines dans les pays helléniques :

1° Il est impossible de dire si l’or, d’une manière absolue, a précédé le cuivre. Ces deux métaux apparaissent à une date très reculée, dès la fin de la période néolithique. Leur métallurgie a eu pour pays d’origine les contrées riches en gisements métallifères, qui ont été, chacune dans leur sphère, des centres de diffusion. Dès l’âge du cuivre pur, on constate l’existence d’un com- ‘merce qui a fourni des outils, des armes, des parures à des peuples qui n’avaient pas le moyen de s’en procurer autrement que par échange.

2° Le bronze est probablement originaire des pays, beaucoup moins nombreux, où se rencontrent simultanément les minerais de cuivre et ceux d'étain (Europe occidentale). De très bonne heure aussi, bronze, étain, ambre sont arrivés dans le bassin oriental de la Méditerranée. Dans la mer Égée, le commerce des métaux se développe rapidement et est le fait d’une navigation indigène. Plusieurs thalassocraties se sont succédé sans doute avant celle des Phéniciens.

3° Les Phéniciens ont naturellement hérité de ce commerce des métaux, qu’ils ont répandus partout en abondance, à mesure que les gisements exploités devenaient plus nombreux. Ce n’est pas cependant que l’ouverture des mines, dans les contrées helléniques, soit postérieure à l’arrivée des Phéniciens.

4° Le fer est le dernier venu des métaux dans les applications industrielles. Il s’est probablement répandu en Grèce sous la double influence dépopulations étrangères venues du Nord, et du commerce phénicien.

1 Herod. VI, 45 ; VII, 73; VIII, 138; Xanlhos ap. Slrab. XII, 8, 3; XIV, 5, 29; cf. E. Meyer, Gssch. d. Alterth. I, p. 299; II, p. 41. — 2 Acsch. Prom. 133 et 714. — 3 Montelius, Arcft. für Anthrop. 1900, XXVI, p. 9G2-964. — 4 Helbig, Die Itciliktr in (Jer Poebene, Leipz. 1879, p. 18 \ Epopée homérique,

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En Italie, les origines et les progrès de I, -, semblent avoir suivi à peu près la même é T Ullur8'l dans les pays helléniques. Tout d’abord H ,Uon 'l«e pur y a été constaté. Les tombes de Hemedell , CUivH Marco, de Santa Cristfna (province de Bresci-o’ 7 gnano (province de Modène), de Monlesemw SavU d’Ancône), de Sgurgola au sud-est de Ce ( In H des armes et des outils de cuivre. On „ ’ , lvré lations primitives de l’Italie avaient le cuivre 'n" P°f‘ position dès le troisième millénaire avant „otr Dans les villages sur pilotis de la vallée du Pô (Z ' mares), on voit apparaître le bronze, mais ri Z objets tels que les haches et les pointes de lance se f?8 saient encore en pierre L Dans les tombes à po.rJl Bolonais et de la Toscane, le mobilier se compose d bronzes, de morceaux d’ambre, parfois de quelque biiou en métal précieux L Mais les auteurs de ces sépultures étaient encore pauvres en métaux. « Ils n’ont presque pas d’or, ni d’argent, ni de fer. Le bronze constitue à peu près a lui seul leur fond métallurgique. En bronze, ils ont quelques vases, des pièces d’armure ou d’équipement, des armes (haches, épées, couteaux, tètes de lance) et divers accessoires de parure ou de toilette ; en fer, ils ont quelques rares épées d’un type analogue à celui des épées de bronze R. » Puis, dans une nouvelle période, le bronze devient de plus en plus abondant; le fer se multiplie, et arrive un moment où il remplace le bronze dans la fabrication des épées, des couteaux, des hachettes, des mors de cheval ; en bronze, il ne reste plus guère que les objets de toilette et les vases. L’or et l’argent sont toujours rares 7. Tel est le développement de la métallurgie dans les plaines du Pô et au nord de l’Apennin. En Toscane, dans les tombes à fossa , en Italie centrale et dans le Latium, il en est de même dans cette période nouvelle : mais ici, d’une façon générale, on constate la présence d’une masse beaucoup plus considérable de bronze et de fer, d’or et d’argent, ce qui prouve que par leurs propres ressources et par des relations commerciales plus étendues, les habitants de ces contrées arrivaient à se procurer une quantité plus grande de métaux.

Ainsi l’ordre d’apparition des métaux est le même en Italie qu’en Grèce. Mais ce qui est caractéristique en Italie, c’est que le fer y a très rapidement pris une grande place. « Nous y trouvons une civilisation du premier âge du fer, très intense, qui remonte au xii® et auxmc siècle: avant notre ère, faisant suite à une très courte période où le cuivre et le bronze étaient seuls connus » Com ment expliquer ces particularités, abondance p us, grande des métaux au sud de l’Apennin, appandon emploi précoce du fer dans l’Italie du Nord et du Centre! Les causes en sont multiples. Tout d abord, c est un capital pour l’histoire de la métallurgie en bu 1 l’existence des gisements métallifères de la .

de l’ile d’Elbe. Cette région produit encore aujouri le fer, le cuivre, l’étain, le plomb argentifère, cure 9. Des restes très importants de travaux < < anciens ont été relevés dans l’ile d Elbe, et SUI le continent, à Campiglia, à Montieri, à Ma&sa ^ flU à Itocca Tederighi, à Monte Catini, près 4° h '

p. 103.- B Martha, Art étrusque, p. 37. - c Ibid- ] P" 58 J? "go. - » ^"rl,S sq. - 8 A. Bertrand et S. Roinach, Celtes dans lavalUc dit .P- ^ p 149) 23*, et de Launay, Traité des g il es minéraux et métallifères, , P- 559, 697.

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— ms —

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)rd de Eucq,,es

Bien que l’on n’ait pas signalé dans bronze, il y a cepen-

" nines d’outils de pierre ou de I ces |r.,ie raison de penser que la première exploita- ?" ( (>s gîtes remonte à un âge très reculé. Un texte ti0fl ' ,'lil que dans l’ile d’Elbe « on extrayait jadis le 1,u"7 ivre lequel les Étrusques fabriquaient tous leurs Cl" " èi qu’ensuite on n’en trouva plus. Plus tard, on ol'! on retirer du fer 2 ». En effet, on a découvert, à ■ de ce renseignement, des scories de cuivre entre '^[o'Verrajo et Marciana 3. Le fait même que les 0 , , j’BU)e s’attaquèrent d’abord aux minerais de

1111111:11 , non ^ ceux de fer qui constituent la véritable

.• -hesse de File, indique, semble-t-il, qu ils ne connais-

• a ms encore la valeur de ce dernier métal. On est sairni pu» ' ........

ind amené à penser que cette extraction du minerai cuivreux date au moins de l’époque du bronze (exclusif). N’est-il pas aussi croyable qu’à peu de distance de l’ile, les gîtes de cuivre plus riches du Campigliais furent également découverts et travaillés vers le même temps? Plus tard les Étrusques développèrent ces travaux, qui au Ve siècle étaient en pleine activité 4. II est possible encore que les filons et les alluvions d’étain aient été exploités de très bonne heure. Aussi est-il naturel d’attribuerà la présence de ces gisements au sud de l’Apennin la grande quantité de bronze découvert dans les sépul¬

tures de l’Étrurie et de l’Italie centrale.

Pour le fer, il en est de même. Les masses de minerais si facilement exploitables de l’ile d’Elbe, leur grande valeur et l’excellence de leur qualité expliquent le développementdelaproduction du fer dans les mêmes régions. Mais avec ce que nous savons des difficultés de la métallurgie du fer, la seule présence de gîtes abondants ne suffit pas à faire comprendre les progrès rapides de l'emploi de ce métal au nord comme au sud de l’Apennin. Il semble qu'il faille faire intervenir une autre cause. Il y a eu, précisément au moment où commence à s’accuser cette utilisation étendue du fer, des mouvements importants de populations dans la péninsule; telle est du moins la conclusion que l’on peut tirer des transformations du mode d’ensevelissement, du passage de l’incinération à 1 inhumation. Quelles étaient et d’où provenaient les

populations apportant avec elles ces usages nouveaux? Sans vouloir entrer dans un débat riche en discussions et en hypothèses ïï, si l’on constate que l'usage du fer devient prédominant vers cette époque, n’est-on pas en droil de supposer que les mêmes populations avaient une Science métallurgique du fer plus avancée, et qu’elles venaient, comme d’autres indices le font penser, des pays an "b ions , où le fer fut de très bonne heure habilement ra,\nillé? C’est avec l’occupation de l’Italie du Nord e (,e*dre par ces peuples, qu’aurait commencé PXP‘oitation active des mines de la Toscane et de ‘de d’Elbe.

atE |S| ^ m®me A un aPPorI do l’étranger que l’on peut mél U<1 ay mo‘ns pour une part l’accroissement de x Précieux que l’on observe dans les sépultures

le.

Simonin i/- , »

1858, XIV 1 • >neS 6 * des Etrusques dans Annales des Mines

Bonin " On P‘ 337'587' — 2 f’s. Aristot. Mir. Ausc. 93, p. 837. — 3 Si

Mines, Si-

Cesob. d 7/ P' 3l’7' — 4 Martha, Art étrusque, p . 499. — SE. Meyer, l’ethnoera V *’ .**1 p. 488-510 ; bibliographie de ces questions complexes Us Celles wUC de l ltalie. Voir aussi Al. Bertrand et S. Rcinacli,

U I “ » VU IAXIOOX ill ■ UV1 V. UUU VV k/» ItVIUUUIl,

P. vaMe du Pô et du Danube ; Marllia, L'art étrusque,

W. I80fi> „ ,^erer’ ®P. C‘L n, p. 501-502. — 7 S. Keinach, Anthro-

Si >1 . rom | , !' >i“' 8 Marllia, Art étrusque, p. 105 sq

■ ‘i 193 sq. - -

9 Mommsen,

10 lies. Op. et Dies, 120, 140, 157. — il Grote, Hist.of

de l’Italie occidentale. Pour l’argent, les gisements de plomb argentifère de la Toscane ont pu en fournir une certaine quantité. Mais c’est à un commerce avec des centres plus productifs d’or et d’argent que les habitants de l’Italie ont dû demander principalement la matière de leurs bijoux et de leurs parures. S'il est vrai que dès le xiic siècle, des Étrusques aient fait partie de ces peuples de la mer qui allaient exercer leurs pirateries sur les côtes de l’Égypte, et que ce soient des Étrusques qui se sont établis à Lemnos et à Imbros fi, on pourrait voir dans ces navigations la preuve de relations très anciennes entre l’Italie occidentale et le bassin de la mer Égée. A une date antérieure, peut-être, des rapports s’étaient établis entre les cités mycéniennes de la Crète et le sud de l’Italie7. Les Grecs arrivèrent en tout cas de bonne heure dans les parages Italiques, et les traces de leur influence en Italie sont trop nombreuses et trop nettes pour qu’on puisse en douter 8. A leur tour les Carthaginois jouèrent un rôle important dans le commerce étrusque, et la marine étrusque elle-même put, dès le vuc ou le vie siècle, alimenter de métaux précieux l’industrie des peuples italiens 9.

On voit quelle part considérable d’hypothèse entre dans l’étude des origines de l’art des mines et de la métallurgie, en dépit des recherches de l'histoire et de la philologie, en dépit des découvertes de l’archéologie. 11 est difficile d’accorder avec ces données les textes antiques relatifs aux âges des métaux et aux inventeurs de la métallurgie. Le poète des Œuvres et des Jours parle d’un âge d’or, qui aurait été suivi d’un âge d’argent, d’un âge de bronze, d’un âge héroïque, d’un âge du fer10. La mention d’un âge héroïque, intercalé entre deux âges différents, indique assez combien les données du poète sont symboliques et sans valeur positive11. Aratus, Ovide 12, à leur tour, dépeignent les mêmes âges. Seul Lucrèce semble indiquer une succession réelle et concrète des âges de pierre, de bronze, de fer: mais il est difficile de dire si c’est là une pure invention de poète, ou s’il a suivi une tradition13.

Certains écrivains nous ont laissé des listes d’inventions et le nom de leurs auteurs11. Voici, pour les métaux, les principaux renseignements qu’ils nous fournissent :

Or : inventé au mont Pangée, parCadmus le Phénicien ou son frère Thasos 15 ; par Éaque, fils de Jupiter, en Panchaïe16; par Sol, fils d’Oceanus17.

A rgent : inventé par Indus, roi de Scyfhie18; par Erichthonius à Athènes; par Éaque19.

Cuivre : inventé par Cinyras, fils d'Agriopas, à Chypre 20 ; par Ionos, roi de Thessalie21; métallurgie du cuivre attribuée aux Cyclopes, aux Dactyles 22, aux Noropes (. Norici)23 , àCadmus24, à Skythès le Lydien, à Délas le Phrygiep 23.

Fer: inventé par Dactyles Idéens en Phrygie26, en Crète27, à Chypre28; métallurgie du fer attribuée aux Cyclopes29, aux Noropes30.

Grcece, I, p. 66. — <2 Arat .Phaen. 107; Ov. Met. 89-144; cf. Scrv. Ad Aen. XII, 87. — 13 Lucr. V, 1282 sq, — 14 Voir Kremmer, De catalogis Heurematum, Leipzig, 1890. — 15 Plin. VII, 197; Clem. Alex. Strom. 1, 74; Hyg. Fab. 274. — 16 Plin. Vil, 197; Hyg. Fab. 274. — 17 Pliu. VII, 197. — 18 Hyg. Fab. 274; Cass. Var. IV, 34. — 19 Pliu. VII, 197. — 20 ld. VII, 195. — 21 Cass. Var. III, 31. - 22 Plin. Vil, 197. — 23 Clem. Alex. Strom. I, 74-76. — 24 Hyg. Fab. 274. — 26 Plin. VII, 197. - 26 Slrab. X, 3 , 22. — 27 plin. VU, 197; Clem. Alex. Strom. 74-76; cf. Strab. XIV, 2, 7. — 28 Ibid. — 29 plin. VU, 197. — 30 Clem. Alex. Strom. 74-76.

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Plomb: apporté par Midacritus de l'ile Cassitéride1 ; par le roi Midas de Phrygie2.

Bronze : alliage inventé par Skylhès le Lydien ou par Délas de Phrygie s.

Comme on le voit, l’accord est loin d’être parfait. Cependant on a essayé de tirer le meilleur parti possible de ces textes. Le Phénicien Cadmus a été cité par tous les partisans d'une civilisation phénicienne, qui aurait tout apporté à la Grèce 4. Cinyras a eu la même fortune1. Midacritus et Midas de Phrygie sont invoqués tour à tour à l'appui d’hypothèses opposées6. Si ingénieuses que soient les théories proposées, elles reposent sur des bases bien fragiles et il faudrait avoir les écrits authentiques des auteurs classiques, où les compilateurs des èuo7]uaTa ont puisé leurs citations, pour pouvoir en tirer

quelque profit réel. On est obligé, sur

ces (l '‘estions

difliciles, de se contenter de peu, et il est imi "J. que, sur le problème des origines de la métaiw"1?* les anciens, l’avenir nous apporte une solution délh t % II. Répartition des mines et carrières. — R p ve‘ !es gîtes métallifères qui, sur les territoires de PE S°nt romain, ont échappé aux recherches des ancien.^1!" 6 Grecs et les Romains en ont découvert et exploii,-, ^ nombre considérable, et nous sommes loin de V("n dresser la liste complète de leurs travaux de Voici les groupes principaux de ceux qui nous SJ] connus, soit par des textes antiques, soit par des observations faites sur le terrain. La carte ci-jointe (fjg .49741 en montre la répartition géographique d’ensemble. 1 Europe. — Bretagne. — Les richesses minières de la

Ch.Bonnesseur

Fig. 4974.

Bretagne, si l’on fait exception de l’étain, ne furent connues qu’à partir du Ier siècle avant notre ère. C’est Jules César qui en fait mention le premier. Mais elles ne prirent d’importance pour les Romains que sous l’Empire, à partir de Claude (43 ap. J. C.). On exploita des mines d’or dans le sud du pays de Galles8 ; des mines de cuivre, dont on a retrouvé l’emplacement dans la même région 'J. Mais, au dire de César, les Bretons se servaient aussi de bronze importé de l’étranger. Les mines de fer 10 ne

1 Plin. VU, 197. — 2 Hyg. Fab. 274; Cass. Var. 111, 31. — 3 Clem. Alex. Loc. cit . ; Plin. VU, 197. — 4 Movers, Die Phônizier, I, p. 21; E. Meyer, Gesch. d. Alterth. Il, p. 150, et bien d’autres. — 8 V. Bérard, Phéniciens et Odyssée , 1, p. 447. — 6 s. Reinach, Un nouv. texte sur orig. du commerce de l'étain , Anthrop. 1899, p. 401 sq. — 7 Blümner, Technol. IV, p. 12-100, a donné un tableau des gisements, métal par métal ; c'est le travail capital en cette matière. — 8 Strab. IV, 5, 2 ; Tac. Agric. 12. Cf. llübner, dans sou corn-

’urent pas délaissées. La production principale si ivoir été celle du plomb et de l’argent". P inedl 1 I e plomb était si abondant en Bretagne qiu a . imiter la fabrication 12 ; cela donne a Pen^ ' '1 ç \a ivant la conquête définitive d’Agricola {‘ at J 'exploitation des mines était déjà prospéré. o nents de plomb argentifère se trouvaient dans ■ h les Briguâtes (Cumberland et Norlhuiniti ' . ,3]

à sans doute qu’il faut placer les Metalla Lutudensia

2a0. BMd.ogra-l

nen taire aux inscriptions du Corp. inscr. lut. MI, 11 . j'or en Irlamlc à

iliie : Daubrée, Rev. arch. 1808, I, p. 300; sur XXI. P-

me époque antérieure, voir S. Reinach, Rev. cc "7‘ ’ 10 Cacs. Bt J

66-173. - 9 Cacs. Dell. Gatl. V, 12;cf. Hhhncr, P- - ^ . Aethic. «M rail. V, 12; Strab. IV, 5, 2. - U Strab. IV, 3, - , Tac- J )2l4| 1213,

1 2G. - 12 Plin. XXXIV, 164. - I3 Corp. inscr. lat ■ •

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l0 nom est conservé sur plusieurs saumons de “°" , j ’gtain de Bretagne 1 et des îles Cassitérides 2 P".| (|ne réputation bien plus ancienne. Hérodote sait '' |vi;iin provient de ces îles fameuses, et nous avons 1IK , je commerce de ce métal datait d’une époque très ||(,(. |,.s gisements d’étain de la Cornouailles et du nevonsliire sont repérés 3 et l’on y a trouvé des saumons jVl iin de l’antiquité 4. Sur la situation des îles Cassitérides on a beaucoup discuté. On les reconnaît de préférence dans les petites îles qui bordent le littoral rocheux je la Manche, entre le cap Land’s End et Falmouth 5. Au «siècle, l’étain s’embarquait à l'ile de Wight (Ictis) pour

débarquer en

Gaule et aboutir à Marseille ou à Narbonne

Gaule. — - Le groupe des mines gauloises a été très important avant comme après la conquête romaine. Le témoignage de César est formel : il dit que les Bituriges, qui ont de grandes mines de fer, connaissaient fort bien l’art de pratiquer toute espèce de galeries 7 ; il parle à peu près dans les mêmes termes des Aquitains \ Des inscriptions et les trouvailles faites dans des travaux anciens prouvent que l’activité minière ne se ralentissait pas sous l’Empire. Les anciens sont unanimes à dire que le pays des Gaulois était riche en or, au moins au temps qui a précédé la conquête. Alluvions et mines fournissaient alors une grande quanti té de métal précieux. 11 est naturel que les gisements aurifères aient été, comme en tous pays, les premiers épuisés, de telle sorte qu’à l’époque romaine la production en était réduite à peu de chose. Les fleuves et rivières avaient leurs orpailleurs 8. Il y avait des mines d’or en exploitation au temps de Strabon, chez les Tectosages et chez les Tarbelli , ainsi que dans les Cévennes ,0. On a retrouvé des traces de travaux pour l’extraction de l’or dans le Limousin (Vaulry), dans. l’Oisans (Auris) 11 . Nous ne savons pas où pouvait être situé le rnetallum Albucrarense , dont parle Pline l’Ancien, et qui donnait de l’or avec une faible quantité d’argent12. Pour le plomb argentifère, il était

extrait, selon Strabon, des mines des Ruteni (llouergue) et des Gabali (Gévaudan) 13. On a en effet découvert des mines anciennes de galène argentifère dans l’Aveyron, eux environs de Villefranche, et dans le Tarn, comme (bns la Lozère, 1 Ardèche et le Gard. Des travaux analogues ont été relevés dans l’Hérault, l’Ariège, le Puy-debôme, les Deux-Sèvres, le Cher, la Charente, la Loire, la ■avoie, les Hautes-Alpes, la Moselle u. Le cuivre était «ninu en Aquitaine16 ; Pline fait mention d’un rnetallum ulluxiianum1* dans le pays des Centrones (Alpes), et 011 signale une officina Aemiliana 17 près de Sarrelouis

(Moselle). Nous ignorons la situation du rnetallum Livianum in O al lia 18 cité par Pline. Des exploitations antiques ont été vues dans de nombreux départements : Ariège, Aude, Isère, Gard, Aveyron, Cher, Pyrénées- Orientales, Haute-Savoie et Savoie19. Les auteurs anciens n’ont jamais fait allusion à la présence de gisements d’étain dans la Gaule : on en connaît cependant qui ont été exploités dans l’antiquité, dans la Haute-Vienne et l’Ailier, dans la Creuse et dans la Dordogne, dans le Morbihan et la Loire-Inférieure*0. Il y a peut-être lieu de conclure du silence des textes à ce sujet qu’à l'époque classique, le travail y avait été abandonné. Le fer a été un des métaux les plus activement exploités en Gaule. César et Strabon en signalent des exploitations chez les Bituriges (Berri) et chez les Petrocorii (Périgord)21. Effectivement on sait que dans le département du Cher, comme dans le Périgord et dans le Rouergue, il y avait des travaux de mines, où de nombreux vestiges romains ont été découverts22. Des inscriptions nous révèlent l’existence d’exploitations importantes : l’une se trouvait sur la rive droite du Rhône (. Ripae dextrae) ’23, sans doute dans l’Ardèche ou le Gard; une autre du me siècle était Memmia Sosandris , et son centre d’opérations était à Lyon 24. C’était dans cette ville que résidaient le procurator et les comptables des mines de fer 26. Dans la Haute-Loire et dans la Côte-d’Or, dans le Maine-et-Loire, la Vendée, la Loire-Inférieure, l’Indre, les Pyrénées- Orientales, le Var, on a enregistré les signes indubitables des travaux romains'26.

Espagne. — Les anciens sont unanimes à vanter les richesses minières de toute sorte que recelait la péninsule Ibérique27, et l’on sait que c’est là que la légende, aussi bien qu’en Gaule, plaçait le site de ces incendies de forêts qui faisaient couler des ruisseaux d’argent28. Le Douro29 et le Tage30, ainsi que leurs affluents, étaient renommés pour leurs alluvions aurifères. Le métal précieux était obtenu aussi dans les mines de la Galice 31 , des Asturies32, de la Lusitanie 33, de la Bétique34, du pays des Oretani 3S. Mais ce furent surtout le plomb argentifère et le cuivre qui firent la réputation de la contrée, exactement comme aujourd’hui. Là et ailleurs, en effet, les modernes n’ont fait que reprendre et poursuivre les travaux des anciens. Le plomb argentifère provenait principalement de la zone minéralisée qui traverse l’Espagne depuis Carthagène et Alméria jusqu’à Iluelva, en passant par la Sierra Morena. C’est là que se trouvaient les mines de Carthagène36 et de Baebulo37, de Caslulo ( Mons Arggrus) avec son rnetallum Samariense et son rnetallum Antonia-

111 uT' ld!\ GaH' V’ 12 ; Slrab' Hl> 2> 9 I I)iod- v- - 2 Herod. 159 ; Pomp jn 37’ 3; Strab- “b 5> 11 ; Di«d- V, 38; Plia. XXXIV,

P- *12-127 ' /* ,l1’ 6' ~ 3 Puchs el de Launay, Cites métallifères, II,

Sioloÿir' i llGbuel’’ CorP- inscr. lat. VII, 1221 ; cf. Lyell, Princ. de

huSiArcÀ/u fr a ’ Desiardins’ Géog. Gaule romaine, I, p. 427; Monterai» cel/i ntl,roP- xxvh 1900, p. 981. — 3 Article essentiel ; S. Reinacli, •11,2,9 J <892, p. 275 sq.). - 6 Diod. V, 22 ; V, 38 ; cf. Strab.

Auion. Vos uT’ DdL GaU' VI1’ 22' - 8 Ibid- IH> 21.— 9 Diod. V, 27; P- 4811 ; Des' T°’ ^ Ameilbon’ Mém- de Littér. Acad. Inscript. 1793, XLVI, I1- 203-ïo 4 G<l'de romaine , p. 427 sq. ; Daubrée, Rev. arch. 1881, I,

••‘d'esses mét „■ Slrab' IJI’ 2’ 8 ; 'V- b <3 ; IV, 2, 1 ; cf. Caes. Bell. GaH. III, 21. hilin.xxxi'l 3.TeS 'leS Tectosa§:es : Strab. IV, 1, 13; Dio Cass. Fragm. 93 ;

. i868( , ’ ; Clc- De na-t. deor. III, 30 ; Pomp. Mêla, II, 5. — n Daubrée, Rev. ^0SWag, L'ar , jl )’ (‘ar^a^laci Or f/aulois , Rev. d’Anthrop. IV, 1889, p. 273; "P.ciLpVr el l°r' p- 103 s‘l- - 12 PUu- XXXIII, 80; cf. Desjardins! "’i;cr,Tac |„ n |,eul ••r® Gaule ou Galice dans le tente de Pline. — 13 Slrab. IV, •-1» 2GU2G9 • cf 1 n*1’ 19 ’ Daubrée, Rev. arch. 1881, I, p. 204-

esjardins, Gaule romaine, I, p. 424-427. — 15 Lacs. Bell. Gall.

III, 21. — 16 Plin. XXXIV, 3; cf. Chabrand, Anlhrop. 1894, p. 208. — 17 Daubrée, Rev. arch. 1868, I, p. 304, n. 1; cf. Desjardins, Op. cit. p. 77, n. 2; p. 418 sq.

— 13 Plin. XXXIV, 3. — 19 Daubrée, Rev. arch. 1881, 1, p. 270-274. — 20 ld. Ibid. p. 274-284; 327-336; cf. de Lauuay, Anthrop. 1901, p. 495-496. Le village de Pênes tin, à l'embouchure de la Vilaine (Morbihan), dans le pays des Vénètes, est indiqué comme un point d'cmbarqnement de l'étain. Daubrée, Ibid. p. 332; S. Reinach Anthrop. 1892, p. 277. — 21 Caes. Bell. Gall. VII, 22 ; Strab. IV, 2, 2. — 22 Daubrée, Op. cit. p. 336-352. — 23 C. fuser, lat. XII, 4398 ; cf. Desjardins, Op. cit. p. 415.

— 24 Desjardins, Ibid. p. 416 ; cf. C. i. I. Vil, 3336. — 25 De Boissieu, Inscr. ant. de Lyon, p. 246 et 276; cf. Desjardins, Op. cit. p. 416, n. 2 — 26 Daubréc, L. c. — 21 Strab. III, 2, 8 ; Diod. V, 36; Plin. III, 30 ; IV, 112; Sil. Ital. XV, 50; Pomp. Mêla, II, 6. — 28 Diod. V, 35 ; Ps. Arist. Mir. Ausc. 88, p. 1157; Posidonius dans Athen. Deipn. VI, 4. — 29 Sil. liai. 1, 2 3 4. — 30 Catull. XXIX, 19; Strab. III, 3, 4; Ovid. Amor. I, 15, 34; Plin. IV, 115; XXXIII, 66. — 31 Lucan.

IV, 298 ; Sil. liai. I, 231. Richesses du pays des Arlabres signalées par Strab. III 3, 5. — 32 Plin. XXXIII, 78. — 33 Ibid. - 34 Strab. III, 2, 8. Mines de Cotinae : Strab. III, 2, 2 ; Sil. Ital. III, 401. — 35 Strab. III, 4, 2. — 36 Polyb. '.XXXIV, 9, 8, 41 = Strab. 111, 2, 11 ; C. i. I. III, 62 47 (3 , 4, 6). — 37 Plin. XXXIII, 97.’

MET

MET

num 1 ; celles aussi de Carteia 2, d'Ilipa et de Sisapon 3. En Lusitanie l, dans le pays des Cantabres à Ovetum, dans l'ile de Capraria (Baléares) % il y avait également des gisements exploités. 11 en était de même pour le cuivre, activement extrait des mines de Cotinae 8 et des Montes Mariani \ comme de celles du pays de Tartessos (province d'Huelva et Rio-Tinto). La Tarragonaise avait entre autres son metallum A/bocolense 8 ; la Lusitanie, son metallum Vipascense 9, célèbre par le texte de

loi qu’on y a découvert en 1876. Dans un grand nombre de provinces, on a retrouvé les travaux de mines de l’époque carthaginoise et de l’époque romaine : leur étendue, leur importance témoignent, non moins que les récits des anciens, de l’extraordinaire activité minière de l’Espagne antique10. L’étain y attira de très bonne heure l’attention. Le pays de Tartessos (Tharsis) fut dès une époque reculée considéré comme un lieu de provenance de ce métal, qui y était apporté soit du nord de l’Espagne, soit delà Gaule et de l’Angleterre 11 . On le rencontrait et on l’exploitait aussi dans le pays des Artabres, en Galice, en Lusitanie12 et dans la Tarragonaise 13, soit sous forme d’alluvions, soit dans les liions. Le fer n’était pas inconnu dans la péninsule. Les anciens en signalent la présence en Bétique (Turdétanie) u, en Tarragonaise16 (mines de Dianum18 et au nord de l’Èbre) 17, en Cantabrie18. Enfin, c’était à Sisapon (Almaden) que se trouvaient les seules mines de mercure (vif-argent) connues des anciens19, car celles d’Idria (Carniole) n’ont été découvertes qu’au moyen âge, en 1490 20. Ces ressources considérables en métaux de toute espèce furent l’objet d’exploitation dès lage préhistorique et au temps

des Phéniciens. Le poète homérique en a sentendu parler 21. Les Carthaginois ne les laisser (1°Ute tomber dans l’oubli, loin delà; et quand Diodo^r! P3S toutes les mines ont été ouvertes par la cupidité , h,' 'IU6 Lhaginois, à l’époque où ils étaient maîtres de I’IIhv' il faut comprendre sans doute qu’ils multiplié, ||"i’ nombre des centres d’extraction. Le même auieui'1. 6 porte que, lorsque les Romains eurent fait lu conquè?~ du pays (ir s. av. J.-C.), cet Eldorado fut envahi p;u uni multitude d’Italiens, qui s’y enrichirent: il y eut là de ces poussées d’aventuriers et de chercheurs, analoe I au rush qui s’est produit de notre temps vers la Cal I fornie, l’Australie ou l’Alaska. A l’époque impériale 2 l’activité des travaux ne se ralentit point: nous en avons! la preuve dans les nombreux lingots estampillés par les I procuratores des empereurs23 et dans les monnaies recueillies sur place, qui vont jusqu’à Honorius.

Italie. — L’Italie était beaucoup moins favorisée que l’Espagne, en dépit de l’affirmation contraire de Pline'24. - En effet, en dehors de la région toscane, la péninsule n’a jamais eu de richesses minières de premier ordre. On recueillait l’or dans les alluvions du Pô23 et dans les 1 mines de la Doire Baltée (pays des Salasses)20: encore ces dernières étaient-elles en décadence au temps de Strabon. Le même auteur fait mention de mines d’or qui auraient été anciennement exploitées par lesÉrétriensdans l’ile de Prochyté (Pythécuses, dans le golfe de Cumes)21.! Le Bruttium aussi aurait eu quelques gisements auri- ' fères28. Seule la Gaule Transpadane avait des alluvions et des mines d’or de quelque importance ; celles de Yerceil, jadis très prospères 29, étaient abandonnées au temps d’Auguste30; mais les exploitations des environs d’Aquilée, •• chez les Taurisques Noriques, ouvertes au temps de Polybe, avaient encore au 1er siècle une grande activité31.! Le groupe des mines tyrrhéniennes contenait surtout du cuivre, du plomb argentifère, du fer: il comprenait les! exploitations du continent en Étrurie, et celles de 1 il® d’Elbe. Très nombreux et très productifs à l’époque des Étrusques, les travaux en Étrurie ont sans doute cessé! sous la République32 et ne furent jamais repris parles Romains: seuls les gisements de fer de l’ile d ElbeeUuenl exploités au début de l’Empire, et les minerais étaienj traités à Populonia33. Les anciens font encore menfioj de mines de cuivre en Campanie 3 ", dans le kiultuina (mines de Temesa) 33, dans le territoire de Bergamc .

L’ile de Sardaigne avait, elle aussi, attiré te (01

heure les Phéniciens, puis les Carthaginois. jl 1 1 minier d’Iglesias, au sud-ouest, offre des gisunen^ ^ galène argentifère qui ont été connus des a,icl® ’. même que des gîtes de fer. L’une des vi es <portait le nom significatif de Metalla e , !lr0UVés 39 celui de Plumhea. Les travaux qu’on y a re

I Strab. III, 2, 11 ; f'lin. XXXIV, 165 ; C. i. I. 3283, C247 (2). — 2 Liv.

XXVIII, 3. — 3 Strab. III, 2, 2. En général, voir Diod. V, 36-38.

— 4 Plumbarii de Merobriga : Plin. IV, 118. — 6 pljn. XXXIV, 158 et 164.

— G Strab. III, 2, 2, 8 et 9. — 7 Plin. XXXIV, 4; C. i. I. II, 1179. — 8 Ibid. II, 2598. — 9 Hjiii. II, 5181 = Ephem. Epigr. 1877, III, p. 165. — 10 Voir en particulier Gonzalvo y Tarin, Peser. provincia de Uuelva, 1888, t. 111, p. 1-57, dans les Memor. Comision del mapa geolog. de Espaiïa. — n Ezéchiel, XXVII, 12; Scymn. Ch. 164-166; Steph. Byz. s. V. TajT r.nvrd;. Cf. Reinach, Étain celtique, Anthrop. 1892, p. 275. — 12 Strab. III, 2, 9; Diod. V, 38 ; Plin. XXXIV, 156. 13 plin. IV, 112. — H Strab. III, 2, 8. — « Plin. IV, 112. — 10 Strab. III, 4, fl. 17 Calo ap. Gell. II, 22, 29; Liv. XXXIV, 21. — 1» Plin. XXXIV, 149.

19 Id. XXXIII, 99. — 20 Fuchs et de Launay, Gîtes métallifères , II, p. 686.

21 Th. Reinach, Bev. celtique, XV, 1894, p 209-215. — 22 Diod. V, 38.

, si Plin. XXXIII, 78. |

23 C. i. I. II, 956, 1179, 2598, 6247, etc. y 28 CassiodJ

26 Id. XXXIII, 66. — 20 Strab. IV, 6, 7. — 27 M,'a ’ ’ ’ 1899, p. 138. i

r. IX, 31, p. 195; cf. Toutain, Bail. Soc. Antxq. de ■ 1 y, 10 : Slrab.j 29 Plin. XXXIII, 78. — 30 strab. V, 1, 12. - 8énatus-con»iil

Plin. XXXIII, 78. - 30 Strab. V, i, i- - •> , sélialuB-con!un‘

13. - 32 Plin. III, 188; XXXIII, 78 : J ,, 6 ; Diod. V,; t’J défend l'exploitation des mines en Italie. — 33 '. | sl’ tfir. A use. «

:. En. X, 178; Plin. III, 81; XXXIV, U2 ; c . • u pl;„. XXXlV,

37 B 26. Voir Simoniu, Ann. des Mines , 1858, p- •» • * gtl>ab. VI, *»'/

. /> 1 An PU ivre. . I., ri-

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