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ïncore peul-il n'Être question que de fonderas e ' „ ,G5, loue l» rl
s. Var. IX, 31, p. .95. - 30 P, in. XXXIV 2.
ssc de l’Italie en cuivre : peut-être fait-d allusio B ,Ult;i. Ilin. 1, ’ ’
„ Solin. IV, ,. P. 5, | H M»»; „B. I, P. >"• »
Anfon. 80, 6. - 39 Voir de Launay, Ann.
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„nf> ncriode d’activité qui s’étendit sous l’Emi,di,T.u“ " ers la Un du IV siècle-, r -Danubiens. — La Germanie resta en dehors du ! W'j'.U’tivité des Romains; des alluvions aurifères C!ul'l, bords du Rhin5, des mines de fer dans le pays slir , ini 3’ yoilà tout ce que nous en signalent les deS-! V On' attribue cependant à l’antiquité quelques an< " destinés à l’extraction de minerai de cuivre eL de tr0'^V e )'on a découverts dans le domaine de la
pl",'v'ï et dans le massif schisteux rhénan.
Sa"| retour) lorsque Rome eut fait la conquête succes- • J' des pays Danubiens depuis le Norique jusqu’à la jjnsie et à la Dacie, il se développa dans ces provinces activité minière remarquable, que nous révèlent, à défaut de textes d’une autre nature, les inscriptions et 1^ monnaies. Le Norique et la Dalmatie, dès le f siècle, étaient connus pour leurs richesses en or 5 et en fer6. Sous les empereurs, voici quelles sont les mines que nous font connaître les monuments :
brique. — 1° Mines de fer sans emplacement déterminé : Ferrari ae Noric,ae\ Metalla Norica 8 ;
2» Mines de Noreia ( ferrariae ) 9 ;
3» Mines de Virunum ( ferrariae )10.
Dalmatie . — 1° Aurariae Delmaticae 11 ;
2° Anjentariae Delmaticae 12 ;
3° Sans dénomination spéciale, les Metalla Delmatica i3, les Metalla Ulpiana Dalmatien u.
Pannonie. — 1° Argentariae Pannoniae 13 ;
2° Ferrariae de Siscia ’6 ;
3° Sans dénomination spéciale : Metallum Ulpianum Pannonicum n, Metalla Pannonica 18.
Mæsie et Dardanie. — 1° Metalla Aeliana Pincensia 19 à Pincum (Gradiste) ;
2° Metalla Aureliana^l près Berza Palenka) ;
3° Metallum Ulpianum 21 à Ulpiana (Lipljan);
4“ Metallum Dardanicum 22 ( aurariae ) à Mous Aureus
(Slona).
Dacie. — 1° Aurariae d’ Àlburnus major 23 ;
2° Aurariae d’ Ampelum2i ;
3° Aurariae d'Apulum 28 .
Toutes ces mines, et il est clair que nous ne les connaissons pas toutes, furent exploitées sous l’Empire, et en particulier sous les Antonins: beaucoup de monnaies datent du 11e siècle. On ne peut douter qu’au 111e siècle, •industrie minière n’ait été encore très prospère en Dalmatie2*. Il y a lieu de supposer que les empereurs s attachèrent à retirer le plus longtemps possible de j'oaiix revenus de ces diverses exploitations. Un acte de 38b nous fait savoir qu’il y avait encore des procuratores ,n,‘tallorurn en Dacie méditerranéenne, en Mœsie-Dardanie< comme en Macédoine21.
Péninsule des Balkans. — Avec la Macédoine et la
Thrace, nous entrons dans le domaine des gîtes métallifères helléniques, dont les Grecs avaient en général tiré un si bon parti, qu’ils n’y laissèrent q.ue peu de chose à glaner aux Romains. Leur richesse principale consistait en métaux précieux. La Macédoine avait 1 or du mont Bermion58 et de la Piérie29 ; elle en possédait aussi dans la vallée du Strymon et jusqu’en Pæonie ". La Thrace, mieux dotée encore, outre les alluvions du fleuve Ilebros 31, avait offert aux anciens les nombreux filons aurifères du district du mont Langée. A côté des exploitations de la montagne même 32, il y avait une série de centres miniers un peu plus à l’est : c’étaient Daton 3,
Crenides34 {Philip pi), Asyla33, Skapté-Hylé :'6, et au delà de la mer, l’ile de Thasos possédait aussi ses filons aurifères de Kinyra et Aenyra 31 . L’argent ne manquait pas non plus dans le mont Pangée38. Cette riche région minière avait été découverte de très bonne heure, nous l'avons vu, et avait dû alimenter le commerce primitif de la mer Égée en métaux précieux. Les Phéniciens l’avaient largement mise à contribution, et après eux les Grecs. Au VIe siècle et au commencement du ve siècle, Thasos tirait de ses mines d’or de très beaux revenus. Au ive siècle, la Macédoine et la Thrace fournirent de très grosses ressources au roi Philippe et à Alexandre 39. Dès leur conquête, les Romains se hâtèrent de se mettre à l’ouvrage;
Pk/lî*' Tlie0d' X’ l! ' 6 et 9- — 2 Athcn. VI, p. 233 d. — 3 Tacit. Germ. 43 ; XXXI ' **’ 'J- ~ 4 Blümnev, Technol. IV, p. 67 el 91. — & Strab. V, 18; Plin. 53 j ’ l,7; S,al- Silv. IV, 7, 4; Flor. Il, 23. — 6 Slrab. V, 1, 8; Tôt. orb. Desc. naios "i ' r ll’ ^ss. Var. III, 23. — 7 C. i. I. V, 810. — 8 Six mon-
‘'low',1 m'nes portent cette mention : nous renvoyons au tableau dressé par jes ' l,v' nt«nism. XII, 1894, p. 412. L'article intitulé Éclaircissements sur
— 9 ni!nes. P- 373-413, est le plus complet des travaux sur la malière.
XXXIII ' '■ 1 Ml’ 503c- — 10 Ibid. III, 4788, 4809. — U Ibkl. III, 1997. CL Plin. 132W j”' ~ 12 Ib- III, 0575, 7127, 12733, 12730.— 13 lb. III, 12721,13239,
- H u °"ZC monna'os de mines avec cette mention : Mowat, Op. cit. p. 412.
de mines : Mowat’ L- c- — 18 c ■ 1 1- l!l> °573’ 7i27- ^ mines y y , 11 One monnaie de mines ; Mowat, L. c. — Deux monnaies
" . — 19 Cinq monnajes je n,ines : ibid. — 20 Quatre monnaies de
mines : Ibid. — 21 Cinq monnaies de mines : Ibid. — 22 Vingt-quatre monnaies de mines : Ibid. ; cf.Plin. XXXIII, 39. — 23 C. i. I 111,941, 1297, 1307, 1311. — 24 76irf. ,312. — 25 Ibid. 108 8. — 26 Mommsen, Bist. Rom. IX, p. 259 (trad. Cagnat-Toulain).
27 Cod. Theod. I, 32, 5. — 28 Slrab. XIV, 5 , 28. — 29 Ps. Arist. AJir. Ausc. 47,
p. 833 B, 18. — 30 Herod. I, 04; Slrab. VII, Fragm. 34; Ps. Arist. Al ir. Anse. 45, p. 83315, 0. — 31 Plin. XXXIII, 66. — 32 Herod. VII, 112; Arist. Athen. R. 15 Slrab. VII. Fragm. 34;X1V,5,28. — 33 Herod. IX, 73; Strab. Vil, Fragm. 33 et 39.
34 Strab. VII, Fragm. 34 ; Diod. XVI, 3 el 8 ; Plin. XXXVII, 57. — 33 Appian.
Bell. civ. IV, 100. — 36 Herod. VI, 46; Tliucyd. I, 100; IV, 105; Lucr. VI, 810; Plut. Cimon. 44 — 37 Herod. VI, 46-57 ; Strab. X, 5, 7 ; Pans. X, 28 ; cf. G. Perrot, Mém. sur Thasos, p. 12. — 33 Herod. VII, 112; Slrab. Fragm. 34 ; Liv. XLV, 29 ; Just. VIII, 3. — 39 Strab. VII, Fragm. 34; Diod. XVI, 3 et 8 ; Appian. Bell. civ. IV, 106 ; Liv. XXXIX, 24 ; Plin. XXXVII, .17.
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s'ils fermèrent jusqu’en 158 av. J.-C. les mines d’or et d’argent ils firent du moins exploiter le fer et le cuivre, et les métallo Macédonien, au temps de Tite-Live 2, donnaient d’abondants produits. En Épire, à l’époque d’Auguste, les mines d’argent de Damastion avaient leur importance 3. Nous n’avons pas de raison de penser qu’il y eut arrêt dans les travaux pendant l’époque impériale, et nous savons qu’à la fin du iv° siècle, l’administration des mines fonctionnait toujours en Macédoine 4.
Grèce et (les de la mer Égée. — Les gisements de la Grèce et des Cyclades furent beaucoup plus vite épuisés. Les mines d’or et d’argent de l ile de Siphnos avaient eu au vie siècle une belle période de prospérité 5, mais au
ve siècle elles étaient à peu près abandonnées, soit que les Siphniens, en poursuivant le minerai, aient atteint le niveau de la mer, soit qu’il y ait eu affaissement du sol qui amena l’inondation des galeries 6. Le cuivre avait fait de très bonne heure la réputation de l’Eubée : on l’exploitait ainsi que le fer, dans les environs de Chalcis et d’Aidipso, mais au temps où vivait Strabon, ces gisements étaient vidés 7. Les mines de plomb argentifère les plus célèbres de la Grèce eurent à peu près la même histoire : la découverte des gîtes de l’Attique, au Laurion, eut lieu à une époque reculée, nous l’avons déjà dit, et pour les gens du ive siècle, l’origine de leur exploitation se perdait dans la nuit des temps 8. Les grands amas de galène argentifère du district de Maronée furent attaqués dès le début du vc siècle, sous l’archontat de Nicomédès (484-483 av. J.-C.) 9. Après plusieurs siècles de travail plus ou moins actif, les gîtes s’appauvrirent : Strabon nous apprend que les derniers
l Liv. XLV, 18, 3 et 29, 11; Cassiod. Chron. p. 616 (éd. Mommsen). — 2 Liv. X L II, 12, 9; 52, 12; XLV, 40, 2. — 3 Strab. VII, 7, 8. —4 Cod. Theod. I, 32, 5. — 5 Herod. III, 57-58. — 6 Paus. X, H, 2; cf. Ardaillon, Laurion, p. 143; Th. Bent, On the Gold and Silver Mines of Siphnos { Journ . hell. stud. VI, 1885, p. 195 sq.). — 7 Strab. X, 1, 9; Stepli. Byz. s. v. Xa7»î;, AtSfJ/oî; Eust. Ad Dion. Per. 764; cf. Plut. Orac. Def. 43 On a dit qu'il n'y avait jamais eu de gîtes de cuivre exploités en Eubée, en dépit de l’affirmation des anciens. Le témoignage de Strabon est si net qu’il est difficile de n'y pas ajouter foi. Le fait que l'on n'a pas retrouvé la trace des mines de l'Eubée n'est pas une preuve suffisante. A Thasos, il est impossible de retrouver les vestiges des anciens travaux. Cf. Bérard, Phéniciens et Odyssée, 1, p. 437. — 8 Xenoph. De vectig. IV, 2. — 9 Arist. Athen. D. 22; cf. Ilerod. VII, 144; Thucyd. I, 14. — )0 Strab. IX, 1, 23. — lt Plut. Orac. Def. 43; Paus. I, 1; Pomp. Mêla, II, 3. — 1 2 Voir Ardaillon, Laurion, p. 126-165. — <3 Bursian , Geog . v. Griechenland, I et II passim. — 14 Ardaillon, Notes inédites. — 16 Strab. XII, 1,
mineurs avaient été obligés, pour vivre
refondre les scories laissées par leursnré 61 de
Plutarque et Pausanias confirment cette ,u/?SSeur®|i médiahle " ni mm „„ , aeCadence irrfti
0n dire que le
i're-‘ Laurion
v" siècle 12
médiable “, et tout au plus peutne fut pas complètement abandonné avant le Telles sont les mines que nous ont signalées les q„i 1 anciens. En outre, on aretrouvéles vestiges de nombre travaux antiques en plusieurs localités. Le pininb ' exploité parles Grecs dans les îles deSériphos et d’An' \ le cuivre à Sériphos ; le fer en Laconie (cap TénaT'i cap Malée), en Béotie, à Andros, à Céos, à Cythnos à! Mélos, Sériphos, Siphnos, Scyros, Syra et Gyaros'l peut-être aussi en Crète ‘A Mais nous ne savons rien dë précis sur l’importance et l’histoire de ces exploitations I
Asie. — Asie Mineure. — Les provinces du nord-ouest' Mysie, Troade et Lydie, on t passé par les mêmes phases que la Grèce. Après avoir longtemps fourni de métaux précieux Grecs et Asiatiques, elles virent leurs richesses s’épuiser et disparaître vers le Ier siècle avant l’ère chrétienne. Les mines d’or d’Astyra 1S, d’Atarnée 16, de Crémaste n, de Lampsaque ,8, dont quelques-unes « attestent parla masse de leurs déblais et la profondeur des excavations l’importance des exploitations anciennes », ne donnaient plus, au temps de Strabon, que quelque petit produit, ou étaient entièrement abandonnées 19. 11 en était de même en Lydie des alluvions aurifères du fleuve Ilermos et du Pactole 20, des mines d’or du mont Tmolos et du Sipylos 21, qui, après avoir fait de cette contrée un véritable Eldorado 22, avaient été réduites à rien. Les métaux plus communs semblent dans ces contrées avoir été l’objet de travaux plus durables. Auier siècle, on extrayait du plomb des gîtes d’Ergastiria23 (entre Pergame et Cyzique), du cuivre de ceux de Cisthène 24 en Mysie et de l’ile de Chalcitis 25 (îles des Princes), du fer de la célèbre mine d’Andeira 2G, et la Bithynie27 en produisait aussi.
Les provinces du sud, Cilicie 28 et Chypre, fournirent également des métaux, tels que le plomb, le fer, le cuivre. Ce dernier avait fait do l’ile de Chypre un des centres métallurgiques les plus importants de l’antiquité. Les fameuses mines de Temesa (Tamassos), dAmalhos, Soli, Tyrrhias, du cap Krommyon, de Zephynon \ eurent pendant toute l’antiquité une réputation si bien établie, que les Romains donnèrent au métal le nom' même de l’ile30. On a retrouvé les traces des anciens travaux de mines sur plusieurs points, et suitou d’immenses amas de scories, provenant dantiqms deries31. A côté du cuivre, Pile fournissait en .abondance toute une série de composés cuivreux . Ln euh ^ auteurs y mentionnent des gisements de pl°mJ a‘c' tifère33 et de fer34. L’exploitation minière commen dans Pile à une époque très reculée, et se prolongea pc
23. D’après Ilirscbfeld, Geog. Jahrbuch, XIV, p. 1", CalJut -, 834 A.
mines d’or d'Astyra. - « Strab. XIV, 5, 28 ; Ps. Anst. **. A ^ '__),S(rab. 23. - 17 Xen. Hell. V, 8, 37. - 1» Thcoph. Lap. 32 ; Phn. XI . - p|jn V) HO;
XIV. 5, 28. - 20 Herod. I, 93 ; Strab. XIII, L 5! At^“' V’ P'J 23 Herod. VII, 28;
XXXIII, 66. —21 Herod.V, 49; Strab. XIII, I, 23; X . 51 25 Tlicoph.
cf. Strab. L. c. — 23 Galcn. Med. IX, 3, 22. — -* '-tra ' $tepli. ’5' t’- Lap. 25 ; Slepli. Byz. s. v. xa>tin. — 20 Strab. . > ’ C’i]icie plin. XXXIV,
,..-27 ApoH. Rb. II, 141. - 2* Production de P^B«^ph. 25;
*Ay$eiça.
473; Diosc. V, 100. — 29 Arist. H Ut. nat. IV, 19, p- " ' 30 mün'ucr,
Strab. III, 4, 15 ; XIV, 6, 5 ; Plin. V, 89 ; VU, 195 ; Or* ‘ Met. ^ u(m. de
Technol. IV, p. 60. — 31 Gaudry, Géologie de l île - :<2Gaudry ,°P-Clt' la Soc. géologique de France, 2' série, VII, 1862, p. **■-' ‘ 34 glrab. XIV, -
p. 249 sq. - 33 Strab. XIV, 6, 5 ; Plin. XXXIV 10 «**'»■ îW et
7; Clem Alex. Strom. I, 16, 75, p. 362; cf. Landry, Op.
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i(l !a durée des temps classiques. Sous l’Empire, ""l vait donné les mines de cuivre à ferme au roi moyennant la moitié du bénéfice. Elles furent lk’rU'1'l,,,< plus tard pour le compte des empereurs 2.
et la Palestine étaient beaucoup moins bien la nature. On y a signalé cependant dans l’anll0l' lr lies mines de cuivre et de fer, soit en Phénicie
e,.,\ 3 dans le Liban 4, soit dans la Trachonitis 3 iSarepia L .
. . no). St St"' d't“u'es P0lnls .• .
! sommes fort mal renseignes sur les richesses
n.s des provinces du nord-est de l’Asie Mineure. A K'deg mines de fer de la Cappadoce \ des mines d’or l 'l’Arménie 8 (à Sambana en Syspiritide), il y avait dÜnsle Pont et dans la Paphlagonie, au dire des anciens, un centre minier et métallurgique fort important. C’étail le pays des Chalybes 9, spécialement adonnés au travail du fer l0. Des gîtes d’argent et de cuivre y étaient également exploités **. Plus loin, la Colchide, le Caucase, la Scvthie, constituaient de même un groupe de contrées qui avait passé pour très productif en métaux précieux. La Colchide avait encore au Ier siècle ses mines d’or, d’argent, de for13. Les torrents du pays des Soanes, dans le Caucase13, roulaient des paillettes d’or. En Scythie, l’or était aussi très abondant14, et en outre le cuivre se rencontrait dans le pays des Massagètes 18.
Enfin le commerce faisait affluer, en quantités difficiles à estimer, des métaux qui provenaient de régions beaucoup plus lointaines. On savait que le fleuve Oxus en Bactriane avait des alluvions aurifères 16, que la Caramanie, outre les mêmes alluvions, possédait des mines de plomb argentifère et de cuivre n. L'or en pépite ou en poudre se trouvait en Arabie chez les Debae18, chez les Nabatéens 19, chez les Gerrhéens20. Le Sinaï avait alimenté l’Égypte de cuivre depuis les premières dynasties 21. Les ports de la Gédrosie22 exportaient de for. L'Inde fournissait de l’or, de l’argent, du fer23. Ce dernier métal venait de plus loin encore, du pays des Sères 24. Strabon signale de l’étain dans la Drangiane 2S.
Afrique. — L’Égypte était le pays le plus réputé pour l'abondance de ses mines d’or. Lesanciens connaissaient 1 existence du précieux métal dans 1 île Méroé 26, mais surtout dans les montagnes de l’Etbaye (désert arabique) - et en Éthiopie 28. Le fer de Méroé et de Nubie est également mentionné29.
Carthage, de très bonne heure, avait fait le commerce de la poudre d’or sur la côte occidentale d’Afrique30, et il est très vraisemblable que les caravanes en apportaient aussi de 1 intérieur de laLybie. Lorsque les Romains se d'rent établis en Afrique, ils ne laissèrent pas inexploitées les richesses minières (or, plomb, cuivre et fer) de la Numidie et de l’Afrique propre. Les textes qui font mention de leurs travaux sont peu nombreux31, mais les
vestiges de leurs exploitations ont été signalés en plusieurs points32.
En résumé, les anciens ont su trouver dans la partie du monde qu’ils ont connue, la plupart des gites métallifères de quelque importance qui s’y rencontrent: c est de là qu’ils ont extrait la masse énorme de métaux que la civilisation grecque et romaine a consommée. <>n remarquera que d’une manière générale 1 Orient a été plus rapidement épuisé que l’Occident, soit que les gisements y aient été moins abondants, soit que 1 exploitation des richesses minérales y ail commencé plus tôt. Les Romains ont fait principalement appel aux mines des provinces de l’Europe occidentale et centrale (Espagne, Rrelagne et Gaule, pays Danubiens). C’est surtout pour le marbre [marmor], le granit et le porphyre qu’ils se sont adressés aux. pays helléniques [Voir plus loin Metalla , lapicidinae ].
Les Grecs et les Romains ont surtout recherché les métaux précieux ou usuels que nous venons d’examiner. Mais il convient de signaler un certain nombre de substances minérales qu’ils ont également employées et qu’ils extrayaient de la terre.
L’antimoine a été connu et utilisé dans l’antiquité. L’analyse d’un fragment de vase de Tello (Chaldée) a montréque ce vase était en antimoine pur33. Ona retrouvé également de l’antimoine dans une série de miroirs antiques, où ce métal était allié au cuivre etau plomb 34, et l’on a signalé en Asie Mineure, à Tchinly-Kaya (Lydie), une « importante mine d’antimoine dont les plus grandes galeries remontent à l’époque grecque 33 ». Le minerai qui le produisait était le sulfure d’antimoine ou stibine, que lesanciens appelaient stimmi, stibi, alabastrum, larbason 36 : Pline explique qu’il convient, en le brûlant, de le griller avec précaution pour ne pas le changer en plomb. M. Berthelot a fait précisément remarquer que « le grillage ménagé du sulfure d’antimoine, surtout en présence du charbon, peutaisément le ramener à l’état d’antimoine fusible et métallique, substance que Pline et ses contemporains confondaient, au même titre que tous les métaux noirs et fusibles, avec le plomb37».
Il ne semble pas que le zinc, en tant, que métal, ait été découvert et utilisé par les Grecs ou par les Romains. Les discussions sur ce point, en l’absence de textes suffisamment explicites, ne sauraient aboutir à une solution certaine38. En tous cas, l’exploitation des minerais de zinc, tels que la calamine ou la blende (carbonate et sulfure de zinc), n’a jamais été tentée dans l’antiquité : au Laurion, par exemple, les abondants gisements de ces minerais sont restés vierges.
Mais de leurs mines de cuivre, de plomb, de fer, les anciens retiraient de nombreux minerais simples ou mixtes qu’ils ne distinguaient que très imparfaitement
25' VMI "! ^ '^Vl, 4, 5. — 2 Galen. XIV, p. 7 (éd. Külin). — 3 Mos. XXXIII, __’fl ’ '■ — 4 lîuseb. Mart. Palaest. XIII, I.— 3 Id. Hist. Ecoles. VIII, 13, 5.
O . IiKimner, Teclwol. IV, p. 70. -- 7 Plin. XXXIV, 142. — 3 Strab. XI, 14, .; . Wh- Pr°m. 133 et 714 ; Eui’ip. Aie. 980; Xenopli. Anab. IV, 5, 34; 7, 15. date y. "0|li' V 5, *■ — 11 Strab. XII, 3, 10 et 23 ; cf. Tb. Reinacb, Mithri- MityiTUor' p- 220 s'l- - 12 Strab. I, 2, 39; Plin. XXXIII, 52; Appian. Bell. XI, s o ’r103' — l3Slrab- XI, 2, 19. — *4 Ibid. — 15 Herod. I, 213; Strab.
lions' " '■ rell'ouvé dans le bassin de Donetz les vestiges d'antiques exploita-
P- 8i) il'1'.' 1 0 1 V01r hd'au!1'0. Rech. anthropologiques dans le Caucase, 1,
9s. |# 1 s’ Mir. Ausc. 46, p. 833 B, 13. — 17 Strab. XV, 2, 14 ; Plin. VI,
4, 26. __ 20g“Ul' 05 ! üi<>d. II, 50 ; III, 44 et 47 ; Strab. XVI, 4, 18. - 19 Strab. XVI, f , ' 4al11' 90 et 102 ; Plin. VI, 150. — 21 Maspéro, Hist. anc. des peuples
wlf, j i\ 9 1^ p
' 1 ' S(I- i de Morgan, Jleck. sur les origines de l'Egypte, 1, p. 215 sq.
— 22 Anon. Per. mar . Erythr. 36. — 23 Herod. III, 102-106; Anon. Per. mar. Erythr. G et 63; Ctes. dans Pliot. Bibl. 72, p. 45-46 B; Arrian. Anab. V, 3, 5 ; Diod. Il, 36 ; Plin. VI, 67 ; Curt. IX, 8, I. — 24 Plin. XXXIV, 145. — 25 Strab. XV, 2, 10. — 20 Id. XVII, 2, 2; Diod. I, 33; Plin. XXXVII, 55; Athen. V, p. 201 A.
— 27 Agath. Per. mar. Hubr. 20 = Diod. III, Il sq. ; cf. Maspéro, Op. cit., I, p. 481 sq. — 20 llcrod. III, 114; Plin. VI, 189. — 29 Slrab. XVII, 2, 2; Diod. 1, 33. 30 Herod. IV, 196. — 31 Scvl. Per. III ; P toi. IV, 2, 17 ; Tertull. Apol. XII ; Cyprian. Epist. I.XXX, parle d'un metallum Siguense (cuivre) ; Vict. de Vila, De pers. Vand. V, 19. — 32 Ch. Tissol, Géographie comparée de la prov. rom. d'Afrique, I, p. 257-258. — 33 Berthelot, Alchimistes grecs , Inlrod. p. 223.
— 34 P. Gaudin, Bull. Soc. Antiq. de France , 1900, p. 144-147; Fuchs et de Launay, Traité des gîtes minéraux, II, p. 201. — 33 Ibid. — 36 plin. XXX11I, 101 ; Diosc, V, 99. — 37 Berthelot, Op. cit. p. 238. — 38 Blümncr, lechnol. IV, p. 91-97.
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les uns des autres. Les plus connus étaient la cadmie (xaop.ta Xt'Ooç, cadmea *), carbonate de cuivre et de zinc; le misy et le sory 2, sulfate de fer renfermant du sulfate de cuivre et résultant de la décomposition spontanée des pyrites; la chrysocolle 3, carbonate de cuivre vert; le cinabre (xtwàêapi, cinnabari), qui était un oxyde de mercure, et qui provenait des mines de Sisapon (Espagne), du Laurion, de Colchide et de Caramanie 4 ; le minium (iaiXtoç, minium), oxyde de plomb, confondu souvent avec le cinabre ou avec l'ocre 5; le s il ou ocre (wjrpa, s/7), oxyde de fer, exploité en Attique, à Samos, à Scyros, en Lydie, en Gaule 6, etc.
L’alun ( alumen ) a été exploité en beaucoup de lieux par les Romains ; au dire de Pline, les pays qui le produisaient de son temps étaient l'Espagne, l’Égypte, l’Arménie, la Macédoine, le Pont, l’Afrique, les îles de Sardaigne, de Mélos, de Lipari et de Strongyle (Stromboli) \ Cette substance (sulfate de potasse et d’alumine) se rencontre sous forme de veines dans des roches éruptives (trachytes), et servait chez les anciens comme fondant et purificateur des métaux8.
On prétend enfin que les Romains n’ont pas ignoré l'usage de la houille. Des amas de cendres de charbon de terre ont été signalés en Bretagne sur l’emplacement de stations romaines, et l'on a trouvé dans quelques-uns des monnaies romaines (Lancashire, Yorkshire, environs de Newcastle-upon-Tyne, comté de Durham, Shropshire, etc.)9. Quelques auteurs attribuent aux Romains des travaux de mines rencontrés dans une couche de houille de six pieds, un peu au nord de Wigan (Lancashire), et composés d'une série d’excavations polygonales, communiquant entre elles par de petites galeries10. Si ces preuves ne paraissent pas décisives, il n’y a là cependant rien qui puisse nous surprendre, car nous savons que l’exploitation des mines en Bretagne fut très active au temps de l’occupation romaine. D’autre part, les Grecs de leur côté connaissaient, sinon la houille, du moins le lignite, cette pierre noire qui brûlait comme du charbon, et que l’on recueillait en Élide et en Ligurie 1!.
On trouvera à l’article marmor, la liste des carrières de marbre, et à l’article lapis, celle des carrières de roches éruptives (granit, porphyre, basalte, etc.) exploitées par les Grecs et par les Romains.
111. Exploitation des mines et des carrières; traitement des minerais. — Instruments. — On a retrouvé dans les mines antiques un assez grand nombre d’instruments démineurs. lisse ramènent tous àquatre types principaux.
Le marteau ou masse (TU7ttç12, mal/eus) a tantôt une tête plate et une pointe, tantôt deux têtes plates. Il sert à frapper sur les coins et pointerolles, et aussi à briser la roche ou le minerai en fragments menus. La figure 4978 représente un marteau trouvé dans la mine romaine de la Baume 13, près Villefranche (Aveyron) : c’est à ce modèle que ressemblent les marteaux du Lau-
» Slrab. III, 4, 15; Plin. XXXIV, 100; Diosc. V, 84. — 2 Plin. XXXIV, 120, l2t;Diosc.V, 110 et 118. — 3 Theoph. Lap. 26 et 39 ; Ps.Arist.A7fV. Ausc. 58,
р. 834 B, 19; Plin. XXXIII, 86 sq. ; Vilruv. VII, 9, 6. — 4 Theoph. Lap. 58; Plin. XXXIII, 117. — 5 Theoph. Lap. 52; Vilruv. VII, 8; Plin. XXXIII, 118; on exploitait le niXxos à Céos, et Athènes se réserva longtemps le monopole de la vente. Cf. C. inscr. att. II, 546 et 834 B. — 6 Theoph. Lap. 51 et 63 ; Vitr. VII, 7 ; Diosc. V, 108 ; Plin. XXXIII, 158-159. — 1 Plin. XXXV, 184; Diosc. V, 122. Pour I’ile de Mélos et les anciens travaux, voir Sauvage, Ann. des Mines , 1846, X, p. 86-87 etpl. u. — 8 Fuchs et de Launay, Op. cit. I, p. 607 ; Berthelot, O.
с. p. 237. Pour tous ces corps, voir aussi les articles spéciaux du Dictionnaire. — 9 E. Hull, Cdal fields of Great Brilain, Londres, 1873, p. 16-20. — 10 E.
mse
, , \ ° . ic utîssin nnp
trouvée dans le gîte de Palmesalade. (Gard) h variait entre 2 et 4 kilogrammes et demi • je Jn f°lds
bois, mince, était très court. En Gaule et en 8en
en Étrurie19 et en Sardaigne”, on a découverîT’ nombre de ces instruments [malleus], t0n
Le coin ou pointerolle (Sotç, WF:Ç 18, runeus) ,.sl 1
Fig. 4978.
Fig. 4979.
Marteaux de mineurs.
Fig. 4980.
Lige ou lame assez épaisse, dont une extrémité est aiguisée, et qui fend la roche sous le coup du marteau, il" est j de forme arrondie ou prismatique. Au Laurion19, en I France20, on en a recueilli de nombreux échantillons, ainsi qu’en Sardaigne21, en Espagne22 (Huelva, Carthagène)!
Le pic des mineurs avait des formes diverses; tantôt c’est une lame plate mais épaisse, pointue en un bout, recourbée de l’autre pour s’emmancher par une douille
Fig. 4981.
Fig. 4982.
Pics de mineurs.
ronde ; tantôt c’est une lame droite, emmanchée en som milieu. Les figures 4984 et 4982 représentent deux i n.^tiu ments de ce type rencontrés dans le filon de la ^,l I drerie23 (ausutf de Villefranche, Aveyron). On en connai bien d’autres exemplaires au Laurion (fig. 49S.>; , en| Espagne25, en Sardaigne26, en France21. j
La sape est une pelle à manche recourbé, et était < e 1 tinée à ramasser le minerai et les déblais dans 1 paniers (fig. 4984) 28.
lui!, Ibid. p. 17. — U Theoph. Lap. 16; cf. Blümuer, Te^'10^ *„ j) 338,
- 12 Diod. III, 12, 5. — 13 Daubrée, Rev. arch. 1881, 1, P- - ■ ) p 318,
Ig. 21 ; p. 342, fig. 27; Ardaillon, Laurion , p. 21. -1* a“ ^ jinthropi ig. 32. — 15 De Launay, Ann. des Mines, 1889, P- ^ ° ' ’ ) i7 pe Launafij
892, p. 404. — 16 Simonin, Ann. des Mines, 1858, P- 563 * ^ !(rdamon,
’bid. 1892, p. 519. — ISHesych. s. v. «rfïi Diod. III, 12, 4. 1 350, fig 35’
>. 22, fig. 3. — 20 Daubrée, Rev. arch. 1868, I, p. 298 -, Ibid. ’ ’ 23 paubr®
- 21 De Launay, Ann. des Mines, 1892, p. 519. Siicl, • 22, fig1’
lev. arch, 1881. p. 205, fig. 2 ; p. 206, fig. 3. - 24 Ardaillon Lan, , P e,
- 25 Siret, L. c. - 26 De Launay, L. c. - " ' 22, fig-5'
teaupré, Bull. arch. 1901, p. 204-207. - 28 Ardaillon, Laur ,
MET
MET
I Ls outils étaient en fer, en acier, en général d’excel- I M ilité, et entamaient les roches les plus dures, sur ■Quelles on reconnaît souvent leurs traces b A une
Fig. 4983.
Sapes de mineurs.
époque antérieure, ils avaient été faits en bronze ou en cuivre 2. Dans certains gisements exploités très anciennement, on a même retrouvé des outils de pierre polie,
Fig. 4985.
Outils de pierre.
l?r exemple en Espagne 3, en Angleterre 4 et ailleurs (fig. 4985 et 4986). Mais les Grecs et les Romains Be semblent pas s’ètre servis d’une autre matière que le fer pour fabriquer leurs outils de mineur.
I Li s mineurs usaient de lampes à huile pour s’éclairer ians leurs travaux souterrains : ces lampes, quelquefois P plomb, étaient le plus souvent en terre cuite, à un ou i ^ lls'' urs ^ecs Dans les galeries fréquentées, on mé- ■ nageait de distance en distance des niches destinées à les lie ■ 11 S sacs ou paniers (QuXaxoç, <râXa?, 7r£pïoooç ’) IleU^' i ' ''O °U en cu‘r serva‘ent a transporter le minerai E es^' i)lais- Kahn des vases à eau, à huile, de formes et jes ‘''Iue diverses, ont été souvent retrouvés dans gUr " anliques 8. L’attirail du mineur est représenté | Plaq«ette en terre cuite de Corinthe 9 (fig. 4987).
I Lieni >eS ^ ^U*ts' — Des Grecs et les Romains exploim0Vi ! ^lse,nents métallifères soit à ciel ouvert, soit au [ travi i'i' | .Pll’ts et; galeries. Dans le premier cas, le h* il conduit comme dans une carrière, et nous
BCh Tissot Géo' C,l P’ 211, ’18 ’ de LaullaV' Ann ■ des Mines , 1889, p. 434; B Morgan, On “* 1“ Pr°V' romaine d'Afrique , I, p. 258. - 2 Berthelot, dans
B»er. delà m ‘ '. P'“7 ’ cf’ Much' Die Kupferzeit, p. 91. — 3 Gonzalvo y Tarin, p. 233 VVTîn Huelm' p' 1‘37 et pl- - 4 J - Evans, Stone imdans le C'a, UanS ll S mines de cuiv,'e du l,onelz : Chantre, Rech. ant esdefÊ Case' h P- ! dans les mines du Sinaï: de Morgan, Rech. sur
I fM- 9®-ïl, p P 222' ~ 6 Daubrée> °P- cit- P- 207, 208, <>; p. 345,
I48 1 Hesych. ~S. 'f,36; ArdaiMon Laur'0’K p. 22-23. - 7 Pollua, VII, 100; X,
f ûaillu-,.,
iïev .' ; Eliot. s. V. OÙA«*05; Arislopli. Schol. Plut. 08
'C '■ l868’ *> P- 298; Siret, Anlhrup. 1892, p. 404. — 8
cf.
Daubrée,
verrons plus loin comment ils procédaient. Dansle second cas, il y avait travail de mine proprement dit.
Les galeries (Cnvovopto;, oiôjpuç, 3tx5u<7tç, ôpûyp.xTa, ffupiyysç, cuniculii0) étaient creusées au moyen du pic, ou bien du marteau et de la pointerolle. Elles affectent des formes variées : leur section est parfois irrégulière, le plus souvent rectangulaire ou carrée, ou trapézoïdale 11 . Au Laurion, leur hauteur va deOm.GOàl mètre; leur largeur a à peu près les mêmes dimensions. Il en était de même en Espagne et en Gaule12. Cette petitesse ne doit pas nous étonner; elle est propre aux galeries forées en roche stérile. Si elle a le double inconvénient d’obliger le mineur à s’agenouiller ou à se coucher, et de s’opposer à l’aérage aisé de la mine, elle avait en retour l’avantage de ne demander qu’un minimum de travail, et d’éviter les frais de boisage. Dans les roches stériles, les galeries sont, en général, rectilignes ; dans les veines et les filons, elles suivent exactement les allures du minerai, montent ou descendent, tournent à droite ou à gauche, et peuvent dans les amas minéralisés acquérir de grandes dimensions. Les puits (cppéaxa, putei ,3) ont de même des formes et des proportions très variables. Au Laurion, ils sont tous à section rectangulaire ou carrée et leurs côtés ont de 1 m. 30 à 2 mètres en moyenne. La verticalité en est remarquable ; les parements en sont lisses; de loin en loin les mineurs de l’Attique taillaient sur les parois des mortaises destinées à supporter les échelles de montée et de descente. A côté des puits verticaux, dont la profondeur peut
Fig. 4937. — Mineurs grecs.
atteindre 120 mètres, il y a aussi des puits en tronçon reliés par des galeries, des puits inclinés avec gradins14. En Espagne 15, les puits romains ont à peine 1 mètre de diamètre et sont ronds ; ils descendent à plus de 100 mètres. En Sardaigne, ils sont si étroits qu’on a peine à y pénétrer, et ils ont jusqu’à 150 mètres de profondeur16. En France, dans la mine romaine de Saint- Laurent-le-Minier (Gard), les puits sont ronds; ils ont 1 m. 20 de diamètre et portent tous dans leurs parois des
Rev. arch. 1881, I, p. 205, fig. 1; p. 206, fig. 4, p. 349, fig. 33. — 9 Antike Denkmàler, pl. vin, fig. 7 ; Rayet-Collignon, Hist. céram. gr. p. 147 et 152. — 10 Xen. De Vict. IV, 26; Uiiiarch. Fragm. 120; Diod. III, 12, 6; Strab III » 9 ; V, 2, 6 ; XIV, 5, 28 ; Pollux, VU, 98 ; Plia. XXXIII, 70 ; XXXV, 174, etc. -’l 1 Voir dos sections de galeries à l'article cumcm.ua. — 12 Daubrée, Rev. arch. 1881 I p Ul 210, 263, 291 ; de Launay, Ann. des Mines, 1889, p. 433 ; 1892, p. 518; Ardailion’ Laurion, p. 24; Bleicher et Beaupré, Bull. arch. 1901, p. 205. 13 Strab. III, 2 8- Plin. XXXIII, 66, 08 ; Corp. inscr. lat. Il, 2, 5181. - 14 Ardailion, Laurion' n.’ ±7- 33. - 15 De Launay, Ann. des Mines, 1889, p. 433. — 16 De Launay, Ibid 189* p. 517.
MET
entailles régulièrement espacées qui servaient évidemment à loger les pieds et les mains quand on montait ou que l'on descendait. Ces entailles sont disposées de telle façon que l’ascension y est relativement commode1. A
Fig. 4989. Fig. 4990.
Puits de mines.
Villefranche (Aveyron), on a trouvé des escaliers inclinés à marches très hautes et si étroites qu’on pouvait à peine y maintenir son pied 2. Les figures 4988, 4989, 4990 donnent les coupes et le plan d’un puits à encoches de la mine de Blatcouzel (Gard) 3.
Travaux de recherches. — C’est au moyen de ces puits et de ces galeries que les anciens recherchaient et exploitaient les gisements métallifères qu'ils savaient découvrir. L'existence de ces gîtes leur était révélée par des indices qu'une longue expérience leur avait appris à connaître. Far exemple, Pline 4 nous dit que les minerais de fer se décèlent sans difficulté par leur couleur. Or, la teinte rouge des oxydes de fer dénote la présence, non seulement des minerais de fer, mais encore d’un bon nombre d’autres minerais. Au Laurion, la galène argentifère est accompagnée de pyrite de fer qui se décompose rapidement aux affleurements. En Espagne, les aflleurements des pyrites de cuivre sont de même signalés par un chapeau de fer. C’est là un indice extrêmement fréquent des gîtes métallifères 5, et nul doute que les anciens ne l’aient parfaitement connu. Pour s’en convaincre, il suffit de voir avec quel flair les Romains ont su repérer dans la province d’Huelva (Espagne) tous les filons de cuivre de quelque importance 6. Il suffisait ensuite de prélever des échantillons et de s’assurer de leur teneur en métal avant de commencer les travaux. « Les chercheurs d’or, rapporte Pline, commencent par enlever le segutilum , c’est-à-dire un échantillon ( indi cium ) : on en soumet le sable au lavage, et le résidu en indique la teneur approximative. » Nul doute que, pour les autres minerais, méthode semblable ne fût suivie pour apprécier la valeur des gisements 1 ■
Les Grecs et les Romains ont employé deux méthodes
d’exploitation : l’exploitation à ciel ouvert, l’exploitation par puits et galeries. Il est difficile de dire par quelle évolution passa l’art des mines à ses débuts. Sans doute les premiers travaux de mines consistèrent à creuser des tranchées, des cavités, sans plan et sans régularité, sur les surfaces où filons et gîtes apparaissent à fleur de
1 Daubrée, Rev. arch. 4881, !, p. 216. — 2 Ibid. p. 206. — 3 Ibid. P 918. — 4 Plin. XXXIV, 142. — 6 A. von Groddeck, Traité des gîtes métallif. (trad. Kuis), p. 105. — 6 Gonzalvo y Tarin, Descr. de la provincia di Huelva , p. 263 sq. — 7 XXXIII, 67. — 8 Ardaillon, Laurion, p. 34. — 9 Boule, Comptes rendus Acad. Sciences, nov. 1883 ; Nature, 18 juin 1887 ; Guide du Cantal, p. 76- 77; cf. de Nadaillac, Mœurs et monum. des peuples préhistoriques, Paris, 1888,
sol 8. Mais galeries et puits apparurent de très h0 ] heure, s’il est vrai que dès la période riéolithifmM? | hommes savaient les creuser en Angleterre, en Bel /’ * * en France pour extraire les silex dont ils avaient besoin' •’ i Toujours est-il que les deux modes de recherche et d’attaque furent concurremment employés à iyM)0 , ! historique, chez tous les peuples de l’antiquité. I
Au premier type (excavation à ciel ouvert) se rapportent | de nombreux travaux de mines du Laurion, de l’Espagne I de l’Étrurie10. Dans le massif central (Haute-Vienne et! Lozère) on a signalé depuis longtemps beaucoup de fouilles de surface, qui avaient pour objet l’exploitation de filons stannifères. A Montebras et à Millemilange (Creuse), ces fouilles, dont la profondeur maximum est actuellement de 8 à 20 mètres, sont ouvertes dans des schistes ou dans des granulites décomposés. Elles forment des séries de fosses alignées suivant des directions déterminées, espacées sur des longueurs de 200 à 500 mètres (fîg. 4991). En faisant ces trous, les mineurs rejetaient les déblais en butte sur les côtés, et maintenaient les talus au moyen de placages en pierre. Le volume de ces déblais est parfois considérable 11 .
Les alluvions aurifères étaient travaillées selon le même procédé 12. En
Fie
499 1 . — Milles à ciel ouvert.
romains sur
les
Dacie, on retrouve les grands travaux î affleurements des filons aurifères (au noid e ■ d ® ’ en Transylvanie) 13. Les grands gîtes de fei de i e ont été également exploités à ciel ouvert put ques et par les Romains, comme ils le sont enco jourd’hui 14 ; il en est enfin de même pour un 1res - '
nombre de carrières. • trd
L’emploi de la galerie et du puits a t ® . ent
général dans l’antiquité. Lorsque la nature ^ g ^
et les dispositions du terrain le tant du
attaquaient les gîtes au moyen d une gâter f jour et poursuivant le minerai aussi oin^ pn certains sible (galerie à l’affleurement). niveaux, de
cas, en creuser plusieurs à. d dw0itation
manière à constituer une série d’étages ft u„e
superposés. Mais dès que la ga o-auche des
certaine distance, et lancé à droite et a gau ^ ^
p. 73. 10 Gonzalvo y Tarin, Op. cit. p. 31, 33, ^pë^en Asttries : Sc^*
1858, p. 561 ; voir surtout pour mines d étain de c H ,9 sq. il DauM*
Paillette, Bull. Soc. géol. France, l8«M850,-j ^ „ Rli„. XXX »
Z. c. p. 274 sq.; de Launay, Anthrop. 19C G, p. __ H Simon»*. L- ■