‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 242 sur 275 · Bciil, Journ. Iiell. stud. VI, 1885. p · texte numérisé non relu

Bciil, Journ. Iiell. stud. VI, 1885. p

— 3 (ionzalvo y Taiiu, Op. cit. p. 502-503, pl. xxx.

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de puits qui partent d'une couche supérieure, la traversent de part en part, s’arrêtent à la couche suivante, donnent accès sur des tronçons de galeries qui finissent en impasse, ne peuvent être considérés que comme des sondages qui n’ont pas abouti *. Un exemple très net de ce mode de recherche nous est fourni par une mine romaine d’Espagne (fig. 4993) située dans la province d'Huelva, au lieu dit Las Cabezas de los Pastos 2. Plusieurs affleurements ferrugineux apparaissent à la surface du sol : ici comme dans le reste de la province, ils sont l'indice de filons de pyrite de cuivre qui se trouvent recouverts par ces chapeaux de fer. Les mineurs anciens ont percé chacun d’eux pour reconnaître en profondeur la présence du minerai qui les attirait. Puis, comme dans la plupart des autres gîtes du pays la pyrite de cuivre a souterrainement plus de développement et de continuité qu’à fleur de terre, ils ont pensé qu’il en était de même dans le coin qu’ils exploraient. De là, ces nombreux puits jumeaux, disposés symétriquement et creusés en dehors des affleurements ferrugineux. Malheureusement pour eux, l’allure des filons était ici anormale et ne correspondait point à ce qu’ils avaient observé ailleurs : aussi leurs sondages n’ont-ils pas eu de succès, et la petite quantité de déblais et de scories qu’on rencontre sur les lieux prouve que l’exploitation n alla pas très longtemps.

Mais dans beaucoup de cas plus favorables, l’effort

sagace des anciens était couronné de succès. Sur le plan de la mine étrusque représentée par la figure -4994, on voit avec quelle précision les puits jalonnent les contours d’un grand filon de cuivre, évitent les parties stériles et délimitent exactement les parties dignes d’être travaillées 3. Le plan d’une mine du Laurion manifeste encore plus clairement la connaissance très réelle que les Athéniens avaient de la nature de certains gisements de ce domaine si habilement exploité 4.

Telles sont les diverses méthodes employées par les Grecs et les Romains pour découvrir les gîtes métalli- - fères, et ouvrir de nouvelles mines. C’est ce genre de travaux que les Grecs désignaient sous le nom de xouvoTO|xtix, xaivov p.sTocXXov 3. Lorsqu ils se bornaient au contraire à reprendre une exploitation déjà entamée, ils désignaient la mine par le terme àvaaâ^gov géxaXXov 6.

Exploitation et Abatage. — A la recherche, succédait l’abatage des minerais. Suivant la forme infiniment variable des gîtes métallifères, les anciens employaient les procédés les mieux appropriés. Lorsqu’ils avaient reconnu la présence d’un puissant amas de minerai, ils établissaient un ou plusieurs étages d’exploitation, dont chacun avait son réseau de galeries et comprenait un

1 Ardaillon, Laurion , p. 38-41. — 2 Gonzalvo y Tarin, Op. cit. p. 527-528, pl. xjxvi.— * Simonin, Ann. des Mines , 1858, p. 582,pl.ix, fig. 1. — 4 Ardaillon, Op. cit. p. 41-42, pl. n. — 5 Xen. De vect. IV, 27 sq. ; Hyper. ProEuxen. Col. XLV (<^d. Blass) ; Suid. s. v. ’Ay^àoou [xeTàVXou Scxtj ; Corp. inscr. att. H, 780, G. 6 Ibid. II7 7^0, 78 1 *, cff Arist. Rep. Ath. 47. — 7 Ardaillon, O.c. p. 46. — 8 Simonin, Ann.

certain nombre de chantiers. On trouve de« nv mines a deux etages au Laurion 7; chez les fq,. 6 « l’exploitation prenait quelquefois une réS"'*! presque classique. Divers plans ou niveaux comm • quaient entre eux, et de l’un à l’autre des ouvertur'' verticales permettaient de sortir le minerai jlis, T** jour 8 ». En Espagne, à Rio Tinto (province de Hu'E les grandes excavations modernes ont mis à jour 1,^ travaux romains, et l’on y peut distinguer, comme sur une coupe naturelle, sept ou huit étages différents3 il est vrai que ces étages, là comme dans la plupart des mines antiques, ne sont pas parfaitement horizontaux parce que les mineurs portaient à bras le minerai et n’avaient pas besoin de galeries horizontales de roulage Dans chaque chantier, l’abatage des masses étendues de minerai se pratiquait généralement chez les anciens par le procédé que l’on désigne sous le nom de grandes tailles par gradins droits l0. Sur le front du massif à débiter, on ménage des parallélipipèdes de dimensions variables, que l’on abat successivement sur toute leur longueur et de manière à donner à l’ensemble du chantier la disposition en gradins. La partie haute du minerai est abattue par un premier groupe d’ouvriers, qui a derrière lui, à des niveaux plus bas et à des distances croissantes, ceux qui ont pour tâche d’attaquer les parties moyennes et inférieures du gîte.

Cette méthode a l’avantage de permettre l’emploi d’un grand nombre d’hommes et de dépouiller complètement le filon ou l’amas. C’est de la sorte quelesGrecs et les Romains sont parvenus à vider des cavités immenses. Au Laurion, certaines d’entre elles devaient contenir plus de 100 000 mètres cubes de minerai11. En Espagne, aux mines de Rio Tinto, les Romains ont laissé des vides qui ont 50 mètres de longueur, sur plus de 30 mètres de largeur, avec 15 à 20 mètres de hauteur12. La figure 4995 donne le plan de cavités faites par les Étrusques dans la mine de Campiglia (Toscane,

(10 millimètres = 80 mètres) permet déjuger de portance de ces travaux i3. On voit sur la ligm coupe de vastes chambres analogues creusées dans ■ filon Saint-Denis aux mines de Pontgibaud (Puy-M

l’échelle du dessin im-1

On voit sur la figure 4996 la

Dôme)11.

Il arrivait souvent que la teneur du minerai.

dans toute

l'étendue du gîte, n’était pas partout la même : le rai par place est riche ou pauvre. D’autre par ,

vent

silé d’éviter des éboulements là même où 1< s

oitc u. c vitcu . couve

doivent devenir très considérables s imposai ^

aux mineurs. Aussi, pour l’une ou 1 autre ® C ,,abatage les voit-on employer fréquemment la 1 tiellement dite par piliers et galeries. Elle consis e e^ ^ minerai à ménager de distance en distance des pin s cavitM qui, massifs et trapus, soutiennent le toi

des Mines, 1858, p. 570 ; voir sq. — 10 Burat, Tr

570; vo.r pl. vin, fig- *■ - — . m£}ra»x

i-aité du gisement et de l expt° .v0 « Tarin, Ope

Paris, 1859, 11, p. 101. - fl Ardaillon, O. c. p. 139. ^ ^ ^ inn Uin 1

p 321-322. — 13 Simonin, Ibid. p. 568, pl. vin, ’g- 1892, p. 442, pl. xix.

9 Gonzalvo y

Tarin, Op- «<• P\

utiles.

,desM‘neS’ 1

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ilplir en atleinl souvent 8 et JO mètres. Il va sans

I 9 {l cil* I v Ol

ci le minerai était de bonne teneur, les anciens

dire (| ne» 1 j

bornaient à laisser en place le nombre de piliers C il lement indispensables, et les taillaient de préférence j! ies parties les plus pauvres du gisement. Ce sont

ces piliers que les anciens désignaient sous le nom de pjoxpivsïî ou opgot, foi'tiices1. Les Romains, aussi bien que les Grecs au Laurion 2 et les Étrusques 3, ont appliqué ce système dans leurs mines d’Espagne 4 et de Gaule. La figure 4997 représente le plan d’une grande galerie des mines d’Alloue (Charente), exploitées pour la

galène argentifère 5 : on y voit le dessin des piliers laissés par les mineurs pour soutenir le toit de leur galerie; ils sont ici très irrégulièrement répartis et les dimensions en sont très variables.

Mais les gîtes se présentent fréquemment sous forme de veines minces 6 d’épaisseur très inégale et de direction très changeante. Les anciens les poursuivaient dans tous les sens par des galeries étroites, qui vont et viennent à droite ou à gauche, montent et descendent au gré des mille plissements du terrain et des caprices des liions. On a alors des mines à plan extrêmement confus, de véritables labyrinthes, sans étages déterminés, dont les corridors tortueux (nXctyiaç xx'c <tx&Xixç otaotjcretç) prennent exactement les proportions de la veine minéralisée, et changentàchaque instant de grandeur et d’orientation 1 .

Les mineurs antiques ont également pratiqué l’exploitation par remblais et par éboulements. Le premier procédé était fréquemment employé au Laurion, en Espagne, en Gaule 8. 11 consistait, dans les grands amas attaqués par leur partie inférieure, à entasser sous les pieds des ouvriers les déblais stériles, de manière à surélever progressivement le sol et à leur permettre d’atteindre le minerai placé au-dessus de leur tête. Souvent aussi, dans les gîtes minces interstratifiés, ces

Fig. 4997. — Mine avec piliers de soutien.

remblais étaient déposés dans les galeries abandonnées pour soutenir le toit de la mine. Le second système nous est décrit par Pline comme l’un des moyens usités dans les mines d’or d’Espagne 9, et les exploitations conduites de la sorte portaient le nom d 'arrugiae. Les mineurs creusaient de longues galeries, qu’ils étayaient pardespiliers laissés déplacé en place (furnices). Lorsque le travail était suffisamment avancé, on procédait à 1 abatage des piliers en commençant par les plus éloignés de 1 orifice de la mine ( ab ultimo caedunt ), et l’on provoquait ainsi des effondrements successifs dans le gisement. \1 aide de plusieurs étages de galeries, on pouvait ainsi amener l’effondrement de collines entières. 11 restait ensuite à extraire le minerai par des moyens particuliers, (lue nous expliquerons plus loin. En résumé, Grecs et Itomains avaient imaginé la plupart des méthodes dont ea trouve aujourd’hui la description dans les traités f 1 M'Ioitation des mines, et il est curieux de constater *lue les différences, que l’on pourrait relever entre les an,iens et les modernes, sont le plus souvent peu '^portantes ,0.

gitans tous ces travaux, qu’il s’agît de forer un puits, Cleuser une galerie, d’abattre du minerai, les ouvriers

antiques se servaient de la pointerolle, de la masse, du pic. Dans les roches dures, ils essayaient de profiter des cassures naturelles pour y enfoncer la pointe de leurs outils, et briser l’obstacle plus facilement. Le front de taille était-il compact et sans lignes de délit, ils s’y prenaient d’une autre manière : ils pratiquaient ce qu’on appelle des rigoles d'isolement, c’est-à-dire des entailles horizontales ou verticales, larges et profondes de 10 à 12 centimètres ; ces rainures faites, il était aisé de faire tomber à coups de pointerolle la roche qui se présentait alors en saillie. Les vestiges de ces rigoles se voient encore dans beaucoup de galeries inachevées du Laurion 1 1 . Lorsque la roche avait une résistance particulière, comme les filons de quartz ou certains granits par exemple, les anciens usaient de moyens plus puissants pour en venir à bout. Pline nous dit que les Romains en Espagne attaquaient les fronts de taille à coup de béliers armés de 150 livres de fer (49 kilos environ12). Ils employaient également le feu. On sait qu’en chauffant vivement la surface d'une roche, et en faisant arriver dessus, brusquement, un courant d’eau froide, on arrive par ce refroidissement subit à provoquer une désagrégation des molécules. Le marteau et le pic en ont ensuite aisément raison. On a

Vf/ 87 ; Vil, 98 ; Bekker, Anecd.gr., I, p. 205 ; Pbot. s. v Mi«o>;iveî; ;

Sj"f' oraL D/c. 34; plin. XXXIII, 70. — i Ardaillon, O. c. p. 54-55. Manè("""n'"’ °P- cit- P- 570. — 4 Cf. Plin. XXXIII, 70 sq. - 3 De Cressac et "“llimcli',.1” CleS ^*l>es' *830, I, p. 174, pl. iv. L'échelle du dessin est d'environ 1 ou , -1' jUr * mêtre' Uaubrée, lien. arch. 1881, I, p. 207. — 6 C’étaient les

Lucr, V| p venae : Xen. Vect. 1,5; Diod. 11,30; V, 37; Hesych. s. i>. ;

V, 36, 5 A d ;. GiC’ IVat' de°r' n’ 60’ 151 ’ Pün-XXXm, 68. — 7 Diod. III, 12, 5;

ai 'on> c. p. 47 ; cf. de Crcssac et Manës, Ann. des Mines , 1830, I,

pl. v ; dessin de galeries antiques; Daubrée, O. c. p. 263, 273-274. — 8 Gonzalvo y Tarin, O. c. p. 41 ; Ardaillou, p. 45 ; Daubrée, L. c. — 9 pljn. XXXIII, 70 sq. Les anciens distinguaient ces mines proprement dites (Zfu<nüjuytT*, aurifodinac ) des lavages d'alluvions aurifères (xçuiroicWffw) : Strab. 111, 2, 8-10; Plin. XXXIII. 66. — 10 Cf. par ex. le texle de Pline, XXXUI, 70 sq. avec Durai, Op. cit. Il, p. 96, et ce que nous savons des mines antiques avec la description des mines d'Espagne donnée par Pernollet, Ann. des Mines, 1846, IX, p. 35 sq. ; 1840, X, p. 317, 333, etc. — U Ardaillon, laurion, p. 24-25. — 12 Plin. XXXIII, 71.

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trouvé au Laurion des traces de ce procédé 1 ; Diodore dit qu'il était pratiqué en Égypte, et Pline en fait mention à propos des mines d'Espagne 2. Dans un grand nombre de mines des Gaules, on a signalé les traces évidentes de l’abatage par le feu 3. Pline ajoute que les mineurs faisaient aussi usage du vinaigre : silices igni et acelo rumpunt. S'il est certain que le vinaigre attaque les roches calcaires, et que les anciens savaient profiter de ces réactions chimiques d’ailleurs très lentes, c’était surtout l'action réfrigérante du liquide versé sur la pierre incandescente qui en déterminait la désagrégation4.

Les Romains avaient enfin imaginé l’exploitation hydraulique pour extraire l'or aussi bien des masses dont ils avaient provoqué l’éboulement que des alluvions aurifères (iLiggoç -/pucrtTK, arena aurifera) \ Pline la décrit avec beaucoup de précision 6. Il s’agit d’amener sur les amas plus ou moins meubles que l’on a préparés des jets d'eau très puissants, dont l’action mécanique entraîne pierres, sables, argiles et met à nu les pépites du précieux métal. On recueillait l'eau sur des points élevés : sur le sommet des montagnes, on creusait des réservoirs ( piscinae ) de deux cents pieds de longueur et de largeur, sur dix pieds de profondeur (59 mètres sur 3 mètres), qui avaient une capacité de plus de 10000 mètres cubes. On y ménageait cinq trous d’échappement, de 80 centimètres carrés de section, et chaque fois que le réservoir était plein, on faisait sauter les bondes ( excussis obturamentis), et le torrent d’eau s’échappait avec force. Pour l'amener sur les lieux, on établissait sur de très longues distances des canaux appelés corrugia ' . Un point capital consistait à ménager partout à l’eau une pente régulière et continue, assez rapide pour que 1 eau se précipitât plutôt qu elle ne coulât. Il fallait aussi veiller à ce que l’eau fût pure ; pour cela, on la filtrait en la faisant passer à travers des graviers, sans doute avant de l’admettre dans les réservoirs. Le torrent ainsi conduit arrive avec une force telle qu’il déplace les blocs de rochers et a vite fait de déblayer les amas sur lesquels on le dirige à volonté. Mais si le labeur nécessaire pour conduire l’eau aux mines d’or est considérable, il ne l’est pas moins, lorsqu’il s’agit d’assurer l’écoulement de cette eau, avec les matières solides et les parcelles d or qu’elle entraîne. On creusait de nouveaux canaux [agogae) qu’il fallait amener jusqu’à la mer ou à un cours d’eau : de distance en distance on les barrait avec des fascines d’ulex, sorte de genêt épineux qui ralentissait le courant et retenait les paillettes d'or. On reconnaîtra aisément dans ces procédés le système d’exploitation hydraulique employé de nos jours en Californie, et qui a fait 1 admiration des observateurs par la puissance des effets qu elle peut produire. Les expressions de Pline n ont rien d'exagéré, quand il dit que ce sont des collines entières que les mineurs arrivent araser en quelques instants 8.

Soutènement . — Dans tous les travaux de mines, les éboulements sont à craindre, elles anciens avaient a s en préoccuper. Ils les évitaient d’abord en donnant a leuis galeries et à leurs puits de très petites sections. Mais

1 Ardaillon, O. c. p. 48. - 2 Diod. III, 12 4; Plin. XXXUI, 71. - 3 Daubrée, /lev. arcli. 1881 , 1, p. 207, 212,214, 267 ; 27 1 , cf. Léger, Travaux publiés au temps des Romains, p.693. — 4 Berthelot, Chimie au moyen Age, I, p. 370-380. J Herod. 111. 102; Poil. III, 87; VII, 97; Plin. IV, H 5. Le minerai aurifère se sedit iné/jw, ■(¥„ teîlus àurosa : Plat. Rep. III, p. 415 E; Plin. XXXIII, 67. -6 Plin. XXXIII, 74-77 ; cf Strab. III, 2, 8-0. — 7 Des restes d'aqueducs romains destinés à cet usage subsistent sur plus de deux lieues à Ablaneda, près Oviedo (Asturies), « tous trois ad-

dans les vastes amas minéralisés, qu'ils étaient ■

vider, il fallait d’autres précautions. Nous — <Un<'nés à

8 avons vu

qu'ils

parer avaux do, ce

Fig. 4998. — Bois de soutènement.

ménageaient, pour soutenir le toitdes cavités, depuis* piliers dans les parties les plus pauvres du’ minerlni8 recouraient encore soit à des muraillements en sèche, soit à un véritable boisage. Le premier pS consistait à élever avec les fragments les plus gros de déblais, tantôt des piliers qui étayaient le toit du gi J tantôt des murs épais qui retenaient en place les ’ ments des filons. On voit fréquemment des tr genre dans les mines antiques 9. Le second procédé était plus coûteux et par suite plus rarement employé. On a retrouvé dans des galeries du Laurion des fragments de bois (fig. 4998) qui ont manifestement servi à boiser des passages dangereux 10. Deux montants solides s’ajustaient en queue d’aronde avec le chapeau ou linteau du cadre. Les pièces ainsi assemblées étaient calées dans des entailles de la roche, et maintenaient à la fois le toit et les parements des galeries. On peut voir la disposition de ces cadres de bois dans une galerie romaine d’Espagne11 que représente la figure 5000. Des traces de boisage ont été également relevés en Ëtrurie, en Gaule12. Ce sontles piliers de bois (ligneae columnae) dont parle Pline13.

Aérage. — Il est clair que dans les mines antiques, avec leurs puits profonds, avec leurs galeries étroites et tortueuses, la respiration des hommes, la fumée cl la chaleur des lampes, l’abatage par le feu, les poussières de minerai avaient vite fait de vicier 1 air qui pouvait y i pénétrer par les orifices de la surface : de là nécessite d un aérage artificiel. Pline dit que lorsqu on creuse un puits, l’air devient malsain par le seul fait de la profondeur, etj qu’on remédie à cet inconvénient par une ventilation que l'on produit en agitant continuellement des linges u. Mais nous ignorons les dispositions de détail pUsi I,,U1S dans ce cas par les anciens. Au Laurion, ils établissait n dans certains puits une cloison verticale qui les " lial en deux parties égales de haut en bas; la cloison e ai percée à sa partie inférieure : de la sorte, e Pji dessinait les deux branches d’un siphon, dont i e facile d’allonger une des extrémités par une c îei supplémentaire15. Pour arriver à un résu ta an/* 0 . on forait des puits jumeaux, dont la paroi nu * ^

était percée à hauteur convenable de trous « e nication : il suffisait d’allumer un feu dans un pour déterminer dans celui-ci une ascension ‘ et dans le puits voisin un appel d’am fr°' • système, assez rare au Laurion, que les 1 us ^

Romains ont suivi de préférence, comme on c |&

ment sur les plans de mines dont on. ‘1^ on egsayait

C’est ce et les

représentation. Pour l’ensemble delà mine, ' Afférents d’établir les puits à des niveaux sensl en“ ne sUffisait afin d’obtenir un courant d’air naturel, fc i ce c anUiné point, on avait recours au tirage loice.

mirablcmenl tracés et souvent taillés dans un gramt U e*dl(l g cf la description de Bull. Soc. géol. France, 1849-1850,2' série, , P- • des Mines, I8’"' .

Pline avec celle de Sauvage, Exploit, hydraulique de < . Q e. p. *U : J

p. 1 — 9 Simonin, Ann. des Mines, 1858, Ann. * *

Haillon, Op. cil. p. 55. - « Ardaillon, O c. P- «• 404.__ t2 Simon*, ^

nés, 1846, IX, p. 67-68 et notesiSiret AnrtiopJ - -P 0. c. P-

p. 569. - 13 Plin. XXXUI, 68. - « Id. XXXI, 49.

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Les roues élévatoires [machina] étaient encore plus efficaces. Les figures 5000 et 5001 montrent le plan et la coupe de deux paires de roues trouvées en place à Tliarsis (province d’ifuelva, Espagne), et dans la même galerie il y avait encore trois autres paires 7 . Chacune d’elles avait 4 m. 28 de diamètre, et entre chaque couple une différence de niveau de 3 m. 20. Aux mines de San Domingo (Portugal), on en a découvert quatorze paires qui relevaient l’eau à une hauteur totale de 44 mètres8. On voit aux figures 5002 et 5003 les détails de structure et de montage de ces roues. Entièrement construites en bois, elles sont du second type de tympanum décrit par Vitruve 9. Les auges ou godets ( modioli ), au nombre de vingt-deux, sontplacées sur la circonférence de la roue, qui tournait (fig. 500-4) dans le sens des aiguilles d’une montre. A la hauteur du tiers supérieur, on plaçait un caniveau dans lequel chaque godet déversait l’eau, lorsqu’il était parvenu au haut de sa course, par suite de l’inclinaison de quelques degrés donnée au plan vertical de l’appareil. Roues et vis d’Archimède étaient mus à la main par des ouvriers qui les faisaient tourner jour et nuit l0. On amenait ainsi les eaux des étages inférieurs dans des galeries d'écoulement, qui par une pente bien ménagée les conduisaient au dehors de la mine. On a souvent retrouvé ces galeries, dont quelquesunes ont une très grande longueur".

Triage et extraction. — Le minerai abattu dans les

chantiers étaitrecueilli par les ouvriers. Avant d’être transporté à la surface , il était soumis à un premier triage ; tous les morceaux de minerai trop pauvre, les débris de roche et de gangue étaient laissés dans la mine pour divers besoins de l’exploitation (remblayage, soutènement, aérage). Le reste , ra massé dans

des paniers, était porté au dehors de la mine par les galeries et les puits. L’extraction se faisait soit à dos d’homme*2, soit au moyen de légères machines éléva-

|(| du puits dont l’orifice était à la plus haute altial1 ' .,[ | irai t l’air qui pénétrait par les puits à cote plus tut*e’ * * 3 passe. Au moyen de portes appelées <Ja>ya- TT ii yiiycx1, qu’on laissait ouvertes ou fermées, on dirigeait l’air dans le circuit voulu. On avait soin de boucher avec des déblais les galeries inutiles2. Mais il n’est pas [douteux qu’en dépit de ces dispositions variées, de la multiplicité des puits, l’aérage des mines antiques restait très défectueux, et les auteurs l’affirment à maintes reprises 3.

Épuisement des eaux. — Les mineurs avaient encore à redouter des venues d’eau qui inondaient leurs travaux : si elles étaient peu abondantes, on pouvait les épuiser au moyen de vases en terre cuite qu’on se passait demain en main, comme cela se pratique encore de nos jours en Sicile, ou de paniers

en sparte goudronnés, d’une contenance de 100 à 150 litres, comme ceux que l’on a retrouvés à Carthagène Mais il y avait lieu souvent d’employer des appareils beaucoup plus puissants, et l’on a découvert dans des mines romaines d’Espagne des machines Fig. 4999.— vis d’épuisement fort ingénieuses : ce sont soit dA"1""1 jeg vjg d’Archimède (xoyXia, coc/itea), soit des roues élévatoires ( lympanum , rota). La vis d’Archimède, que représente la figure 4999, a été trouvée dans la provinced’Huelva, aux mines de la Coronada, avec deux autres semblables5.

Elles avaient

3 m. GO de

longueur sur

0 m. 48 de diamètre intérieur, et le conduit spiraloïde par °ù s’élevait 'eau avait 0 m. 13 de largeur et de Profondeur : elles étaient ^0nc capablesde débi-

&6r Une assez grande quantité d’eau. Placés les uns

essus des autres, ces trois appareils élevaient l’eau

| 111 hauteur de 10 mètres environ [cochlea] 6.

22. 2 g!' !<jn' -4 ! Anecd. gr . ; Bekker, I, p. 307; Etym. Magn. p. 819,

Plut, (’0m) l0n'11’ c* P- 570; Ardaillon, L. c. — 3 Xen. Comm. IM, 0, 12; fiev. . Nlc‘ Crass- < ; Lucr. VI, 808 ; Lucan. IV, 298. — «■ Daubrée, Ï Tarin o ’ a<! Launay, Ann. des Mines , 1899, p. 22. — 3 Gonzalvo

® (d'am,! n *' ^ °* P*' 11 > CL Siret, Antlirop. 1892, p. 404. — 9 Strab. III, ’s osl|Tonius) ; Diod. I, 34 ; V, 37 ; Vitr. X, G ; cf. Blümner, Technol. IV,

p. 123 sq. — 7 Gonzalvo y Tarin, Op. cil. p. 331-333, pi. m-v. — 8 Daubrée, Rev. arc h. 1868, I, p. 299. L une de ces roues figure au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris. - 9 Vitr. X, 4, 3. —10 Pliu. XXXUI, 97. - 11 Schulz et Paillette, Bull. Soc. gêol. France , 1849-1850, p. 19; Daubrée, Bev. arch. 18G8, I, p. 302: 1881, p. 216 ; Gonzalvo y Tarin, O. c. p. 267, 351, 393, etc. — 12 Diod. III, 13; Plin.’ XXXIII, 71 ; Poil. VU, 100 ; X, 149.

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toires, qui faisaient monter et descendre des bennes. On peut s'en faire une idée par un bas-relief représentant les travaux de dessèchement du lac Fucin1. Le premier moyen était certainement le plus répandu. Le second n'est pas mentionné par les textes, mais on a relevé des indices

sions d’admiration de Posidonius, de Diodor Pline3. ' 011 tle

Carrières , MéxaÀXa, metalla fi, Xaxojju'ai 1

j • n "xt . ' i m

i - , XtOoTOUltKj 8

lapicidinae 9. — Nous avons déjà vu mip w 1 .’ ’

a -.ni - , . 1 e les anciens

donnaient a leurs carrières le meme nom qu’’ \

certains de son emploi en diverses mines2.

Telles sont dans leurs traits es sentis les méthodes d’ex ploitation des mines grecques et romaines. Il reste à dire que l’ensemble de ces travaux miniers est très considérable, et quelques chiffres en donneront une idée.

Au Laurion, les Athéniens ont foré plus de deux mille puits, et l’on y connaît environ 120 à 150 kilomètres de galeries anciennes. En Espa

Fig. 5002. FiS- 5003-

Détails de la machine à épuiser l'eau.

m>nes, et ils avaientL raison. En effet, ils I exploitaient le mar- I bre et le calcaire, le ] granit, le porphyre I ou le tuf, en suivant les mêmes méthodes I que dans la poursuite des minerais : c’était soit par grandes excavations à ciel ou- ; vert, soit par galeries et piliers.

Le plus bel exem- !

pie que l’on puisse citer de carrières à ciel ouvert est celui des carrières du mont Pentélique, en Attique. Il y a là, étagées sur le flanc sud-ouest de la montagne, jus-

gne, dans la province de Huelva, on a compté aux mines de Larza, huit cents puits jumeaux, d une profondeur de 20 à 100 mètres, et mesuré une galerie de 1 800 mètres de longueur. Aux mines de Rio linto, les treize galeries principales ont un

qu’à 1 000 mètres environ d’altitude, vingt-cinq carrières antiques. Ce sont de grandes excavations entaillées verticalement dans les bancs de marbre, et le front de taille y atteint jusqu’à 30 mètres de hauteur. Elles s’ouvrent

toutes du même côté, sur

développement total de 7 kilomètres et l’une d’elles à elle seule mesure plus de 2 kilomètres ; il y a là un millier de puits3.

C’est par millions de mètres cubes qu’il faut compter la quantité de minerai que les Romains ont extraite de leurs exploitations dans ce groupe minier. A la mine de Tharsis, on estime, d'après le cube des scories trouvées sur le terrain, à 165 000 mètres cubes de cuivre pur la masse de métal obtenue par les anciens.

Une exploitation d’étain d’Asturie dénote un cubage de plus de 4 mil-

la route dallée ou chemin j

de glissage qui descendait

vers le dème Pentélé. On estime à plus de 100 000 mètres cubes la quantité de marbre extraite de ces belles exploitations 10l Celles, non moins célèbres, de Carystos en Eubée, de Crocées en Laconie, de Syracuse :

Simittu (Chemtou) en Tunisie, de Luna en Italie, de Synnada en Phrygi®, du Mons Claudianus en Égypte, avaient en tou ou en partie le même as-' pect général. Mais > avait aussi des carne

souterraines, de venta

mines par conséquent, »

lions de mètres cubes de matières extraites . Et si Ion songe aux centaines de gisements exploités par les Grecs et par les Romains, on ne s’étonnera plus des expres-

Fig. 500t. — Fonctionnement de la roue à auges.

Paros, à Gortyne, à Chemtou, etc. Dans 1 de pan

la montaene de Marpessa, s’ouvrent es 0 g de

sont les entrées des exp

l Geffroy, Rev. arc/i. 1878, 2, pl. mi; machina, fig. 4750. — * Daubrée, L. I. et 1881, 1, p. 207, 210 ; Ardaillon, Laurion , p. 57. — 3 Gonzalvo y Tarin, O. c. p. 267 sq. ; 393-394. — 4 Schulz et Paillette, L. c. — 5 Posid. ap. Slrab. III, 2, 9 ; Plin. XXXill, 70; Diod. V, 36. — 6 Strab. IX, t, 23 ; Stat. Silv. 1,5,36; 11,1, 83. — 7 plat. Epist. 2, p. 314E; Slrab. IV, 1, 6; VIII, 5, 7, etc.; Athen. 1, p 6 F; Anth. Palat. XI, 253 ; 2; C. mscr. gr. 5033. On trouve aussi X«opîa : Strab. V, 3, 10 ; X, 1 , 6, etc. ; C. ». gr. 2032, 2043. - » Herod. II, 8 et 124, clc. ; Xcn Uell. 1, 2, 14; Theop. Lap. 6; Ael. Var. Hisl. XII, 44; Paus. 1, 18, 9.

et des Nymphes : ce

I aussi : Plaut. 1

formes lapidicidinae, lapidicinac se rencon ie ^ g#

, I, 13, 23; Plin. III, 30; XXXVI, 57; Vite. II, 7» * • . 7ÎÎ;

Innidariae : Plaut. Poen. 817, C ,

— 9 Les Cic. Div,

encore lautumiae , latomiae lapidariae

lius et de Waclismulh sur Athènes.

plaut. Cepl- !,ii’ On trouve

Cic. Yerr.

.817; o«F“ ' Marmoli

V, 57 ; Liv. XXVI, 27.- 1« Ross, Das Pentelikon bex^^h allé Theilejfl bruche , Kunstblatt, 1837, n- 2-4 (Berlm); Griech. Marm»rstM\

Kônigreichs Griechenland, I, p. 29 sq. , • • ]3-l4. Ouvrage5 < 1

Abhandl. d. Akad. d.Wissenscliaften zu ^a(lt Syrakus , P- 3i sq'

MET

MET

C’est ici que l’on coupait le marbre Lychnitis, bancs ont de 2 à 4 mètres de puissance. Ces

inclinées en moyenne de 30° vers je la montagne. Les galeries, qui ont leurs 200 mètres d’altitude, les poursuivent en pro-

fcarbre '• dont les couches sont l’intérieur^

0l ll|' ni jusqu’à 140 ou 120 mètres au-dessus du niveau 1 ' |i((ir gjjeg s’élargissent en grandes chambres, dont ^ [oil'cst soutenu par des piliers taillés dans la roche , °'> ^ur ies parois, se voient encore les petites niches nUvriers plaçaient les lampes qui les éclairaient °emluit leur travail 2. Les carrières de Gortyne ont un P and développement [labyrintiius] : elles s’ouvrent au sommet d’une colline, dont les bancs plon-

très gr

presque

»entde quelques degrés vers l’intérieur. Le plan en est jrès compliqué, comme on peut le voir par le relevé de Sieber. Chambres et galeries sont protégées contre les Roulements par de larges piliers laissés en place dans le calcaire 3. De même, les carrières de Chemtou se composent d’une série de salles et de galeries creusées dans le massif même et recevant le jour par des ouvertures pratiquées soit dans les voûtes, soit dans les parois 4.

Les procédés d’abatage différaient un peu de ceux que l’on employait dans les mines, parce qu’il s’agissait d’obtenir de grands blocs de pierre au lieu de menus fragments. Dans les carrières de marbre comme dans celles de granit ou de porphyre, les anciens procédaient par tailles en gradins, et ces gradins étaient droits ou inclinés selon la position naturelle des bancs. Mais dans les marbres, le travail était plus facile, parce que cette roche a un plan de stratification, suivant lequel il est aisé de fendre les bancs, et aussi offre souvent des lignes de cassures perpendiculaires au plan de stratification. Aussi, lorsque les carriers avaient mis à nu le banc qu’ils reconnaissaient propre à fournir de beaux blocs, ils isolaient le morceau qu’ils voulaient abattre au moyen de trois entailles. L’une est parallèle à la face antérieure du banc, lesdeuxautres limitentles petits côtés dubloc. Elles étaient creusées au pic ou au ciseau, et au fond de ces rigoles, un certain nombre de trous étaient préparés pour recevoir des coins. Puis par des efforts simultanés, en agissant sur tous les coins à la fois, on arrivait à détacher les trois faces adhérentes. Dans les roches éruptives, sans stratification, sans cassures, il fallait en outre creuser une rigole selon la face inférieure, et la besogne était beaucoup plus rude. C’est par cette méthode, dite méthode à la trace, dont les vestiges évidents se montrent Pans lfl plupart des carrières antiques, que les Grecs et les Romains parvenaient à extraire les immenses pierres h appareil ou les monolithes dont on admire encore les énormes dimensions 3. Quelquefois ils profitaient de la “oindre résistance des roches qui supportaient le banc à 1 er Pour creuser en dessous et le mettre en sur- J°mb; be détachement des blocs était par là même faci- • 1 est ce que l’on observe aux carrières de Scyros6.

Tous les voyageurs ont constaté que Jes anciens ne se contentaient pas d’extraire de leurs carrières des blocs bruts, mais qu’ils préparaient dans l’abatage la forme générale des colonnes, des tambours de colonnes, des chapiteaux, voire même des statues. De pareils morceaux se retrouvent partout abandonnés. L’Apollon colossal de Naxos git encore près des bancs dont il fut extrait 7. Au Mons Claudinnus , en Égypte, on voit une colonne de 18 mètres de longueur, avecun diamètre de 2 m. 00, et d’autres de fi, 8 et 9 mètres 8. Ainsi à l’extraction des blocs s’ajoutait le travail de dégrossissement. Celui-ci se faisait non seulement au ciseau et au marteau, mais encore à la scie. Cet instrument dut être employé de bonne heure pour couper à la longueur voulue les grands morceaux de marbre et plus tard on s’en servit pour débiter des tablettes qui servaient à l’ornement des murs. La scie (XiOoirpfarr-q; Trpiwv, serra) 9 n’était pas une scie à dents, car celle-ci ne fut jamais employée que pour couper des roches très tendres comme les tufs10. Pour les marbres comme pour le granit et le porphyre, la scie était une lame longue et fine, qui, selon la remarque de Pline, n’entamait pas par elle-même la roche, mais l’usait par le frottement incessant des grains de sable qu’elle déplaçait dans la rainure à chacun de ses mouvements 11 Dans les carrières du Felsberg, on en a retrouvé une qui avait 4 m. oOde longueur et 4 millimètres d’épaisseur12. Le sable préféré était le sable d’Éthiopie ( arena aethiopica ); celui de Naxos, c’est-à-dire l’émeri, avait le défaut de faire une tranche trop raboteuse, de même que le sable de Coptos et le sable indien13.

L’enlèvement et le transport des blocs nécessitaient des dispositions que les anciens savaient prendre avec beaucoup d’habileté. Leurs exploitations étaient généralement établies sur le flanc d’escarpements. Ils ménageaient des rampes et des plans inclinés, dont les traces sont visibles en beaucoup d’endroits u. On a retrouvé, par exemple, dans des carrières de Sardaigne, des colonnes de granit prêtes à rouler sur des plans inclinés qui conduisaient au bord de la mer, retenues par des pieux en fer profondément fichés dans le sol13. Les blocs étaient déplacés sur des rouleaux de bois, soulevés par des machines (piTjyocvr, ÀiOaywyôç) IS, retenus par des câbles s’enroulant autour de pieux ou de piliers de roches laissés en place17, placés enfin sur des chars spéciaux18 dont les roues traçaient à la longue de profondes ornières.

Tels sont les principaux procédés spéciaux à l’art d’exploiter les carrières (XiOoupytx-q) *9, où les Grecs et les Romains étaient passés maîtres. Chacune d’elles constituait donc un organe assez compliqué : chez les Romains, chacune comprenait un certain nombre de chantiers [ offi cinae ), qui se subdivisaient eux-mêmes en sections ( loci ou brachia ) ; les officinae avaient un nom propre qui les distinguait les unes des autres; les brachia avaient un

Itcri- ^'^elreisen, I, p. 50 ; Ficdler, Op. cit. II, p. 184 sq.; Bruzza,

P- M8 sM <k|" marm* 9rezzi (Ann. d. Inst, di corr. arch. 1870, XLII, P- 4SI , 1 Lepsius, Op. cit. p. 44; cf. Bursian, Geogr. von Griechcnland, II, jHcchiJi ' 'llmncri Teclinol. III, p. 72: Philippson, Beitnige zur Kenntnis der B0ni 7,lse/!«* (Pet. Mitth. Ergheft , n« 134, 1901, p. 09). — 2 De là le Alhcn V ( U( marbre (Xugvt-rviç, XtOo;) : Plin. XXXVI, ii (d’après Vairon);

^btnàeh' Hcsi'ch- s- v ■ Aujpuoç ; cf. Bliimncr, III, p. 33.— 3 Sieber,

II, p. y s 11 ,llsel Kreta, I, p. 510 ; Hoecli, Krcta, 1, p. 447 sq. : Spratt, Travels, Cri ;C| | ' ' ' * r‘frot, lie de Crète , p. 98; Raulin, Bcscr. physique de Vile de ^6 L !;,,/• ** s“ — 4 Ch. Tissot, Géogr. de l'Afrique romaine, II, p. 278. "lci Descr. de l'Égypte, III, p. 442 (Paris, 1821); Schweinfurth,

Die Steinbrüclie am Afons Claudianus ( Zeitsch . Ges. fur Erdkunde zu Berlin, XXXII, 1897, p. 1-22); Fiedler-Lepsius, L. c. ; Ch. Tissot, Op. cit. I, p. 266 ; Léger, Trav. publics des Bomains, p. 704 sq. ; Blümner, Technol. 111, p. 74 sq. — 6 Ficdler, Op. cit. il, p. 74 sq. ; Bruzza, Op. cit. p. 151 sq. — 7 Ross, Inselreisen, I, p. 34 sq. ; Lepsius, O. c. p. 52. — 8 Schweinfurth, Op. cit. p. 16-19. — 9 Poil. X, 148. — 10 Vitr. Il, 7, 1 ; Pliu. XXXVI, 159. — n Plin. XXXVI, 51 sq. — 12 A. v. Cohausen et E. Woerucr, Boni. Steinbrüche auf dem Felsberg a. d. Bergstrasse, Darmstadt, 1876, p. 31, fig. 11-16; cf. Forrcr, Anthrop. 1899, p. 339.— 13 Plin. L. c. — 14 Lepsius, Op. cit. p. 1 3 ; Schweinfurth! Op. cit. p. 20. — is Léger, Op.cit. p. 704. — 16 Poil. X, 148. — 17 Schweinfurth, L. c. — 13 Vitr. X 5 sq.; cf. Bliimner, III, p. 129 sq. — 19 Suid. s. v. AtOou^ncj.

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numéro d’ordre1. Le personnel, nous le verrons plus loin, était également divisé en plusieurs catégories.

Traitement métallurgique des minerais. — Il nous reste à indiquer brièvement, car nous ne savons que peu de chose sur ce sujet, comment les anciens traitaient les divers minerais pour en extraire le métal brut. Les diverses opérations métallurgiques se faisaient dans des usines ou ateliers (Ipyaimfipia, of(icinae) 2 situés généralement dans le voisinage immédiat des mines, comme le prouvent les amas de scories que l’on retrouve partout sur le terrain des exploitations.

Le travail, pour tous les minerais, se divise en deux séries d’opérations : d’une part, le broyage et le lavage ; d autre part, la fusion. Les morceaux de minerai, recueillis dans la mine, sont accompagnés de substances étrangères qui empêchent de les porter immédiatement aux fouis de fusion. Il fallait donc leur faire subir une certaine préparation. On y parvient d abord par un broyage approprié à chaque nature de minerai : les uns étaient réduits en graviers, les autres en poudre fine. Un lavage bien conduit, grâce au poids différent de chaque corps, permet ensuite de chasser les matières impures, plus légères que les parcelles métalliques. Telles sont les opérations énumérées par les textes : quod effossum est tunditur , molitur in farinam, lavatur , uritur 3.

Grecs et Romains se servaient pour le broyage des

minerais de mortiers et de meules. Les mortiers (àyysîa Xt'Giva, oXfAoi Ae'Gtvot) *, en forme d’auges ou Me dés à coudre, ont des parois épaisses, un fond arrondi, et sont taillés dans des roches très dures 8 (fig. 5005 6). Le pilon (üîrepoç) était généralement en fer

La meule (p.uÀoç, mola) res-

Fig. 5003. - Mortier à broyage. semble aux meules à farine

retrouvées à Pompéi : elle se compose d’un noyau central en forme de tronc de cône, fixe, autour duquel vient tourner à distance variable un anneau de pierre, mobile, évasé en forme d’entonnoir. Des barres (xoj7tat) permettaient de mettre l’anneau en mouvement :

le frottement de l’anneau contre le noyau réduit le minerai en poussière de la grosseur voulue. La figure 5006 reproduit une meule du Laurion 8, et la figure 5007 représente le fond d’une meule plus petite trouvée dans une mine romaine de 1 Aude \ Ces meules étaient, comme les mor-

\ Monceaux, Butl- Soc. Antigu. France, 1900, p. 325 sq. (Bibliographie).

— Dcmostb. XXXVII, 4 et 25 ; Aeseh. I, 101, I21;Vitr. VII, 8, 2; Plin. XXXIV,

l2vv?,wü' Strab' 2' 8; Di0d- ln- 12 : «fat..», «vjltiv ; Plin.

Theoph Lap. XIII, 58; Diod. III, 13. — 5 Daubrée, lieu. arch. 1881, I, p. 212. — d Ardaillon, Laurion, p.6l. — 7 Diod. III, 13. — 8 Ardaillon,

Op. cit. p. 61-62. — 9 Daubrée, Op. cit. p. 271, fig. 15. — 10 [d. Ibid. p. 269,

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tiers, taillées dans les roches les nh.« ,i vait rencontrer, granit, tachyte quarllT <IUel’0n poncesdeux appareils, le minerai étai rédui u " Avec

i (y> v â vdonté à la

gner de

grosseur d’un grain de millet (xÉY/Pù- 1 habitude de désisous le nom xey/pEibv l’endroit où l’on manœuvrait pilons et mortiers et par suite l’atelier tout entier11. Agatharchide dit que dans les mines d’or d’Égypte on commençait par piler les quartz aurifères à la grosseur d’un grain de vesce ôpdSou t b (zsysG o;) et

et de

« était

venue

500C, — Meule à broyer.

Fig. 50ü7. — Meule romaine.

Fig. 5008. — Laverie du Laurium.

qu’on les pulvérisait ensuite à la meule comme une t une de froment (et; <7£p.i8xXsoi; Tp^ov) 12.

Le minerai ainsi préparé passait au lavage

wXw«“, lav<*re“). Les appareils de lavage ne sont biel connus qu’au Laurion, où l’on a retrouvé par centaines les lavelies antiques (xeyypeciv, xocGotpto-xViptov) u. La figure’ 5008 représente le plan et les coupes d’un appareil de ce genre18, qui se compose d’un réservoir, d’une aire inclinée, d’un circuit de canaux et de bassins de décantation, et d’une aire de séchage. Le réservoir, surélevé au-dessus de tout le reste, laisse échapper par quelques petits orifices l’eau qui vient arroser faire inclinée ou table de lavage, sur laquelle on a préalablement étendu le minerai broyé. L’eau s’y étale et se jette dans un canal en entraînant avec elle toutes les particules légères, graviers, sables, etc., passe ensuite par une série

de bassins pour s’y décanter, avant d’être reprise et rejetée dans le réservoir. Dans cette opération, la plus grande partiedu minerai (parcelles lourdes) demeure sur la table de lavage. On recueille d’ailleurs - les boues qui se sont déposées dans les canaux et dans les bassins, pour les relaver de nouveau : c’étaient ces .

boues que les Romains désignaient

Pour arriver à un meillem

Bekker, AnecÀ

Je

nom de rutramina 11

sous

ir résul

271, 273, etc. — U Demoslh. XXXVII, 28; Harpocr. s. v. K.yjcffa*. - ^ -

gr. p. 271 ; Poil. VII, 90. — 12 Agatli. Geog. gracci min. Muller , P- - ^ Diod. III, 13 ; cf. Plin. XXXIII, 69 ; in farinam molitur. — 13 ‘ l0Cjj) ^ ^ ,|p Corp. inscr. lat. 11,2, 5181, 1. 48; Plin. L. c. - H Voir textes i t e ^ ^ J — Ardaillon, Laurion, p. 63, fig. 20. — 16 C. i. I. II, -■ 8I81, ' p u(i.

lait avecuno espèce de pelle, appelée rutrum : Agricola, De i e nu ta

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anCiens passaient au crible (™X a;, xôaxivoç) 1 Ut’ 11 " ■ tie la table de lavage les minerais pilés et 11111,1 ""ri renouvelaient cinq fois l’opération coml,r0-’ j g laveries, suivant les éfTets que les métalpkt0 ' s " voulaient obtenir, étaient construites sur des lurg'^ . è variables : les unes ont 20 mètres de ■ rl d’autres de 4 à 5 mètres. Le réservoir, les orifices écoulement y sont placés plus ou moins haut au-dessus

de la table de lavage, dont l’inclinaison change aussi de l’une à l’autre. On remarque que dans les ateliers du Laurion, il y a toujours à côté l’une de 1 autre deux ou trois laveries destinées chacune à laver un minerai de grosseur différente. Chaque groupe a ses citernes où 1 on recueillait l’eau nécessaire au travail. Laveries et citernes sont de préférence installées dans les vallées et dans les ravins, c’est-à-dire sur les points où les eaux de pluie se

Citerne a murs

réunissent naturellement; de là, de longues fdes d’ateliers qui ont plusieurs centaines de mètres de développement, comme on peut le voir sur la figure 5009 3.

En Italie, en Sardaigne, en Espagne, les vestiges de semblables ateliers sont très rares: cela tient à ce qu ils ont été depuis des siècles recouverts par un manteau (faillirions, de déblais, de scories, que les ouvriers laissaient sur place Les anciens avaient imaginé d’autres appareils. Diodore rapporte, d’après Agatharchide, que

G? ^ ^ ^ H3 cr3-

< ■ • ........ . . — ^ ,r,z/cc.4- ... ; ... ...... ........... »*'!>

Fig. 5010. — * Table à lavage.

tas ouvriers des mines d’Égypte étendaient le minerai broyé et moulu sur des planches larges et un peu inclinées, qu'ils y faisaient arriver un courant d’eau qui entraînait les matières terreuses, tandis que l’or plus pesant reste B. Ce sont là de véritables tables dormantes : ta figure 5010 représente un appareil de cette espèce, renconlré dans les mines antiques de Seix (Ariège) : « C’est nne charpente en madriers de chêne très épais, de 4 mètres de longueur sur 1 m. 10 de largeur0. »

Le minerai, ainsi enrichi par le lavage, était ensuite tandu pour produire le métal brut. Pour tous les métaux, ^opérations métallurgiques étaient àpeu près les mêmes. n Couvera à l’article ferrum de nombreux renseigne¬

J( l’“11- Vll> 97 ; X, 149.— 2 Strab. III, 2, 10. — 3 Ardaillon, Op. cit. p. G8-74. il,, | im°nin’ ^ nn ■ des Mines, 1858, p. 573-575; Daubrée, Op. cit. p. 273, 333 cj( "a""ay. Ann. des Mines, 1892, p. 519. — 5 Diod. III, 14. — « Daubrée, Op. ; •p.2Gi).'î Herod. I, 93 ; III, 94, etc.; Strab. III, 2, 8 ; IV, 6,12; Plin. XXXIII, I-c mot 4-^naTa désignait aussi des lingots, par ex. dans l’inventaire du

ments sur la métallurgie du fer. Nous signalerons ici les particularités de la métallurgie des autres métaux.

L’or natif, trouvé sous forme de pépites (7cxXat ,palagae, palaccirnae , ^-qYptava, baluces ) \ n’était pas fondu. Mais on le rencontrait souvent sous forme de veines et de veinules dans le quartz et d’autres roches ( aurum canalicium , canaliense ) 8. Celui-là avait besoin d’être broyé, moulu, lavé, fondu. On le fondait même deux fois (l’-j/eiv, à<pé(j/6tv, coquere , conflare) 9. La première fusion était faite au feu de paille, dans un four dont nous ignorons les dispositions10. La seconde opération. était une coupellation, exécutée dans des creusets de terre, dite lasconium 11 , et destinée à séparer de l'or les corps étrangers qui l’accompagnaient. Dans cette fusion, on mêlait à 1 or pour le purifier du plomb, de l’alun, selon un procédé dont Diodore fait mention '2. On obtenait ainsi de l’or dit ypusiov oëpuÇov, a7tetp0ov, àx'/jpaxov, t lUt'Utn obrusatuni , obrussa , c’est-à-dire de l’or pur et sans alliage13. Les anciens semblent avoir connu également le traitement de l’or par le mercure, ou amalgamation. Pline le décrit en ces termes : « Toutes les matières surnagent dans le mercure, excepté l’or qui est le seul corps qu’il attire à soi ; aussi est-il excellent pour l’isoler. On le secoue vivement dans des vases de terre avec ce métal, et il en rejette toutes les impuretés. Pour le séparer lui-même de l’or, on le verse dans des sacs de peau souple : le mercure passe à travers les pores du cuir, et laisse l’or dans toute

trésor sacré de Délos : Bull. corr. hell. VI, p. 38. — 8 plin, XXXIII, 68. — 9 Strab. IV, 6, 12; Virg. Aen. VIII, 624. — 10 Strab. III, 2, 8 ; Plin. XXXIII, 60 et 94. — il Plin. Ibid. 69. — 12 Diod. 14; Plin. XXXIII, 60; XXXV, 183. — 13 Herod. 1, 50; II, 44; Thuc. Il, 13 et Schol . ; Poil. VII, 97; Plin. L. c. ; Suet. Ner. 44; cf. Blümncr, IV, p. 130 sq. ; Babçlon, Traité des monnaies r/r. et rom. I, p. 883 sq.

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sa pureté » Il y a loin de ce procédé primitif à l’opération moderne de l’amalgamation, mais le principe était le meme. Les anciens ont dû l’employer rarement, étant donnée la rareté relative du mercure 2.

Le plomb argentifère passait par deux opérations. La première lusion du minerai se faisait dans des fours (jfôavoç, xotjttvoç, fornax, caminus) 3 dont on a retrouvé des vestiges en plus d’un endroit. Au Laurion, c’étaient des fours à manche très peu élevés, de forme ronde et d’environ un mètre de diamètre ; ils étaient construits avec des roches réfractaires et peu fusibles, micaschistes et trachytes 4. On en a découvert d’autres de type analogue en Angleterre, en France, en Sardaigne6. En Espagne, au Rio Tinto (province d’Huelva), on apercevait au X' ii siècle de nombreuses ruines de fours, qui pouvaient contenir une assez forte quantité de minerai 6. Strabon nous apprend qu’on leur donnait une grande élévation, pour que la fumée, qui se dégage et qui de sa nature est lourde et délétère, se puisse dissiper plus aisément '. Au sortir de ces fours, on retirait le plomb d’œuvre qui contenait encore l’argent. La coupellation avait pour objet de séparer les deux métaux. On se servait pour cela de véritables coupelles, qui absorbaient l’oxyde de plomb (litharge) et laissaient l’argent libre 8. La litharge revivifiée, passée au four avec du charbon, donnait le plomb marchand (plumbum nigrum)9.

Les minerais de cuivre étaient traités de la même

manière que la galène argentifère. La pyrite était fondue dans des fours analogues à celui que représentent les

Fig. 5012. — Coupe du four.

ligures 5011 et 5012 et qui a été retrouvé en Espagne, aux mines de Tharsis10. En Élrurie, on rencontre encore çàet là, sous les scories, des débris de pierres réfractaires .qui composaient les fourneaux1*. Le résultat de cette première fonte était non du cuivre pur, mais un métal contenant

MET

qui le rendaient cassant. On procédait * h lusion, et pour rendre la coulée plus farill Seconde minerai du plomb métallique en prono, V- 11 mêlait au La métallurgie de l’étain était encore ! T* dC“'inies’ Pline la décrit ainsi : « Le minerai e t p USv SlraPlen. de terre, de couleur noire;... les minei * à fleur et calcinent le dépôt dans nn fourneau 72

suffit de le réduire par une calcination avec du ch n dans le four le plus grossier -harbon

On voit que toutes ces opérations métall„rgiques se

ressemblaient beaucoup pour tous les métaux. Les fours étaient presque toujours construits sur l’un des types décrits à l’article ferrum. On les flanquait de tuyères en terre cuite (fig. 5013) 1 \ pour produire par une ventilation artificielle une oxydation dans la masse en fusion. Le combustible employé pour le cuivre, pour le fer, pour le plomb, était de préférence le bois de pin, si commun sur les bords de la Méditerranée16, et l’on sait que les forêts de l’ile de Chypre avaient été détruites pour les besoins des fonderies de cuivre 16. En Ëtrurie, on employait le bois de chêne ou de châtaignier n. Enfin l’usage des fondants, c’est-à-dire des matières propres à faciliter la fusion, était répandu partout, àThasos, au Laurion, en Espagne18; nous avons cité plusieurs textes qui en font foi. * Les résultats de cette métallurgie étaient excellents, à en juger par l’analyse des scories. Mais il convient de distinguer ici les deux opérations de fusion qui se succédaient, car les anciens n’apportaient pas à l’une et à l’autre le même soin et la même attention. Pour le traitement du plomb argentifère, par exemple, on remarque au Laurion, en Sardaigne, en Espagne10, que les scories retiennent de 12 à 30 p. 100 de plomb métallique, soit un tiers de perte dans certains cas. Cela tenait sans doute à des procédés imparfaits, à une fusion incomplète, à un écumage trop hâtif des scories; mais il est légitime de penser que les métallurgistes grecs et romains agissaient ainsi à dessein. En effet, les opérations de coupellation étaient conduites avec une rare habileté, car les lingots ■ de plomb ne retiennent guère que de 1 à 19 grammes d’argent pour 100 kilogrammes de plomb, soit au maximum vingt cent-millièmes de perte. Il en était de même pour le cuivre20. Il est donc naturel de croire que c est plutôt par négligence volontaire que par manque de savoir-faire de la part des ouvriers, que les produits de la première fonte étaient aussi défectueux. La Prtine pourrait encore en être dans le fait que les mêmes métallurgistes, lorsque certains gisements sappmuMi*

1 Pim. XXXIII, 99 (trad. Littré). — 2 Blünmer, Teclin. IV, p. 133. — 3 lliad. XVIII, 470; Iles. Theor/. 803 ; Strab. III, 2, 10; Diosc. 111,84; Plin. VI, 119; XXXIII, 63; XXXV, 35 [caminus, founax], — 4 Cordella, Laurion, p. 98.

6 Blümner, I\, p. 151-152; de Launay, Ann. des Mines, 1892, p. 520 — 6De Launay, Ibid. 1889, XVI.p. 151-152. —7 Strab. III, 2, 8 ; cf. Xen. Comm. III,’ 6, 12 ; Plin. XXXIV, 167. — 8 Strab. m, 2, i0 . |,|in. XXXIII, 98 ; Ardaillon, Op. cit. p. 82; de Launay, ’bid. 1889, p. 152.— 9 Léger, Op. cit. p. C98 et 714 ; Ardaillon.

Ibid. p. 92. On a trouvé près d’Alméria (Espagne) cinquante-deux foui s de cou — 10 Gonzalvo y Tarin, Descr. de la prou. di /lue Ica, p. 40, pb ^ ^

Op. cit. p. 574-575 ; Léger, Op. cit. p. 7 19, et Atlas, pL vin, fig- - f, p||n

XXXIV, 95-96. — 13 Id. XXXIV. 57. — H Daubréc, Op. cit. p. 342, fig- 38.

XXXIII, 94. — 16 Strab. XIV, 6, 5. — 17 Simonin, Op. cit. p- 578. ^

Ann. des Mines , 1889, p. 152; Ardaillon, Laurion , p. 79. 19 al

p. 80-81 ; de Launay, Ibid. 1892, p. 520. — 20 Simonin, Op. cit. p- ’•

MET

saient,

scories

cesse

trouvaiei

3ni avantageux de traiter à nouveau les ,s izyZl on, ox<op(*, scoria) laissées par leurs prédéi . c’cst ce qui arriva au Laurion.

Les différents métaux obtenus à la sortie des fours étaient coulés en lingots ou saumons ( forma , lateres ), pour être livrés au commerce. Ces lingots ont été retrouvés en très grand nom-

rig. 5014. - Lingot de 1er.

bre dans tous

les districts miniers exploités par les an¬

ciens. Il y en a

de toutes les formes, de toutes les grandeurs. Les o-ss - - > saumons de

fig. 5015. — Lingot de plomb.

fer (fig.5014)2, de cuivre, de plomb, d’étain étaient en général plus gros que les lingots de métal pré cieux, or et argent. Les saumons de plomb du Laurion pesaient environ 15 kilogrammes, et chaque fabricant y

imprimait sa marque particulière (fig. 5015) 3. Ceux d’Espagne variaient de poids au gré des fabricants : un saumon de Cartulo pèse 24 livres 1/4 d'Espagne; des saumons de Carthagène pèsent 72 livres. Les uns portent une simple marque : caducée, cygne, dauphin, gouvernail; d’autres portent en outre des inscriptions 4. En Bretagne, on a trouvé entre autres un saumon de 127 livres 5. Les saumons de cuivre

sont plus rares. On en a rencontré en Sardaigne (fig. 5016), en Espagne, en Bretagne, en Ëtrurie6; ils portaient également des signes variés. On ne connaît qu’un petit nombre de saumons d’étain : on en a découvert en Cornouailles, et la figure 5017

Fig. 5017. — Lingot d'étain.

865 — MET

montre que, selon l’indication des anciens, on leur donnait une forme propre à en faciliter le transport à dos de cheval7.

Les lingots de métaux précieux, plus petits, se présentent en général sous forme de barres aplaties au marteau. La figure 5018 représente un lingot d’argent du Musée de Hanovre ; son poids est de 299 grammes environ, et sa longueur de 11 centimètres. « Sur la face antérieure, quatre estampilles : l’une représente la déesse Rome, entourée de la légende Urbs Borna ; la seconde figure trois bustes impériaux dontune impératrice....

La troisième porte cand. ( candidum argentum ) ; la quatrième

Paul. (. Paulus ou Paulinus ) 8. » Une monnaie de Damastium porte comme type de revers « un lingot quadrilatère d’argent muni d’une courroie pour être transporté à la main 9 » (fig. 5019); on peut en rapprocher la forme de celle du saumon de cuivre reproduit plus haut (fig. 5016). On en a découvert avec ou sans estampilles un peu partout, en Égypte, en Hanovre, en Angleterre'0.

Les lingots d’or ont aussi la forme de barres. La figure 5020 représente un lingot trouvé à Sirmium, avec quatorze autres, qui pesaient de 248 à 500 grammes.

« On y lit à gauche : Quirillus et Dionisus Sir(mienses) sig(navenail) ; à droite : Lucianus Obr(gsum) I {primas) sig(navit) 11 . Empreintes de trois bustes impériaux diadèmes, avec les lettres DDD NNN [Dominorum nostrorum ), qui sont les bustes de Gratien, Valentinien II et Valens. Empreinte d’une femme assise, tourelée, la Fortune, avec Sir(mium) en exergue, et dans le champ le monogramme du Christ12. »

Personnel. — Chez les Grecs, tous les ouvriers occu-

Fig. 5018. — Lingot d'argent.

Fig. 5019.

Lingot muni d'une courroie.

Fig. 5020. — Lingot d'or avec estampilles.

Pfs dans les mines portaient le nom de gsraXXsïç13. A l'bh de cette dénomination générale, il y avait des appel- 1 '°ns de sens plus limité, qui désignaient diverses ca égories d’ouvriers. Le mineur proprement dit s’appe-

ol'lu'^Y 1X,.1,23; A,'ist- Meteor. IV, 6, p. 383 B; Poil. VII, 99; Plin. XXXIII, G9 Ttchn’ol iv ' ’ e)c' lrouve aussi xtSSoî , tçù;, recrementum. Cf. Blümncr, (]g ,.. ' ' !’• Il®- — 2 Voir feruum, forma, i.ateres. — 3 Ardaillon, Op. cit. p. 118,

l'i'scr' ~ \ CorP-ins°r. lat. II, 3280 a; 3439; 6247; cf. Egger, C. rendus Acad. V|| '> P- 277; Ephem. Epigr. VIII, 1898, p. 480. — 5 C. i. I.

|) | Hübner, Hbein. Mus. 1857, XII, p. 347 sq. ; Corp. inscr. lat. VII,

hislur saumons d® plomb de la Gaule, voir Abbé Cochet, Seine-Inférieure

"h- p. 401 (Paris, 1806). — 6 Perrot et Chipier, Hist. de l'art , IV, p. 99,

lait : geTaXXsuT^ç ou StopÛTxwv ; les porteurs étaient des SuXaxotpôpot ; les fondeurs étaient les xtSowvsç, ou xtSotoXoî1 1. Au-dessus des ouvriers, il y avait des gardiens (tpûXaxei;) u, qui stimulaient les ouvriers paresseux, prévenaient

fig. 97, d'après Pais, Bull. arch. Sardo , 1884, p. 149. — 7 Diod. V, 38 ; cf. Hübner, C. i. I. Vil, p. 220. — 8 Babclon, Op. cit. I, p. 886-887, fig. 16. — 9 Ibid. p. 877, fig. 13. — *0 C. i. I. VII, 1196-1198. — 11 Voir plus haut, p. 1863, pour le sens du mot obryzum. — 12 Babelon, Op. cit. p. 882-884 tBibliographie). — 13 Plat. Leg. III, p. 678 D ; Poil. VII, 97 ; Harpocr. s. v. MiWMuùç. — 14 Poil . VII, 99 ; Ilarpocr. L. c. ; Comic. ait. Fragm. II, p. 53 (éd. Kock) ; Slrab. IX, 2, 18; Corp. inscr. att. Il, 3, 3260 6; Hesych. s. v. 0uXaxo*ôpoi ; Pliot. s. v. Ki68»vt;. — 15 Posid. ap. Allicn. VI, p. 272 e; Diod. III, 12, 3.

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émeutes et désertions. Les chefs d’ateliers étaient appelés £7rtaTàTat ou liurpoTtoi 1 : c’est tantôt un maître mineur, qui conduisait les recherches, l’abatage, l’extraction, b tov At'Qov oiaxpivwv ts/vit^ç 2 ; tantôt un maître fondeur, qui préside au lavage et règle la marche des fours : c’est l’7)Ysp.wv tou èpYaemrjptou ou Tàp£txap.tveurrçç3..

Liiez les Romains, les ouvriers des mines s’appelaien en général metallici \ metallarii-. La loi du Metallum Vipascense nous apprend qu’il y avait parmi eux des scaurarii et des /latores. Le scaurarius est en principe celui qui traite les seoriae , les scories, qui d’après la définition de Pline sont les impuretés à rejeter du four dans tout travail de fusion. Mais il est clair que dans le texte de l’inscription, le mot est pris dans un sens plus général; le scaurarius est celui qui est chargé des diverses opérations du triage, du broyage, du lavage, de la fonte : il traite le minerai proprement dit ( scauriae ), le menu ( pulverem ex scaureis ), les boues ou résidus de lavage { rutramina ). Les / latores sont spécialement chargés de la seconde fonte ou coupellation6.

Dans les carrières, le personnel technique se composait d’abord de la foule des ouvriers qui portaient le nom de Xa.Top.ot 1 ou XiOoToptot 8 C’étaient les artifices metallarii ou quadratorii, les lapicidinarii , les servi a lapiciclinis des Romains9. 11 y avait parmi eux des hommes spécialement chargés du déplacement et du transport des blocs : c’étaient les XtOayo oyot, les XtOouXxot 10 des scieurs (icpiarof11, sectores serrarii, serrarii Auguste 12). Au-dessus d’eux, se trouvent divers employés : 1° 1 ETnTpoTroç XotToutwv, OU 1 èpj£TzinTbtTy]i; tou Xaxop.too 13, qui avait pour fonction (sab cura ) de surveiller soit une carrière, soit un chantier u. Plus tard ils portèrent le nom de philosophie. D’autres étaient désignés pour diriger la taille des blocs ( caesura ) 16 ; 2° les ingénieurs chargés du service des machines de transport (àpytxéxTwv, àpyÎTsxToç, machinarius) 17 ; 3° les agents qui acceptaient ou refusaient les blocs {probatores) i8.

Le personnel des mines et des carrières appartenait essentiellement au monde servile, chez les Grecs comme chez les Romains. En Attique, les ouvriers étaient des esclaves, et les épistates étaient de même condition 19. Ces esclaves étaient soit la propriété des concessionnaires des mines, soit celle de particuliers qui les louaient à un concessionnaire. Ce n’est pas qu’il n’y ait eu au Laurion des hommes libres qui travaillaient de leurs propres mains dans leurs concessions, mais on ne trouve dans aucun texte trace de salariés20. Chez les Romains, à côté des esclaves, on employait des ouvriers libres et embauchés ( mercenarii )21 par des entrepreneurs, ou bien des condamnés22, voire même des soldats23. Pendant les

1 Xen. Oecon. VII, 183 ; XXI, 9; Arist. Oecon. I, 5; Poil. VII, 83; Galena. XIV, p. 7 (éd. Kiibn) : C. i. gr. 111, 4713. — 2 Diod. III, 12, 5.-3 Aescb.

I, 7 ; cf. Milth. Arch. Inst. At/ien, 1894, p. 243. — 4 Plin. XXXIV, 137 ; IH g. XL VIII, 19, 8, 8 ; Ibid. 36. — 6 Cod. Theod. X, 19, 15 ; Cod. Just. XI, 7, 7. — 6 C. i. ait. II, 2, 5181, 1. 46-48; 55-36. Comment, de Hübner, bibliographie. — 7 Mot très fréquent dans les inscriptions grecques; Poil. VII, 118 ; Ilesych. s. v. l.aTop.05. On trouve aussi Wùnot : Eust. Ad lliad. II, 319, p. 230, 3. — 8 Xen. Cyr. III, 2, 11; Poil. L. c. On rencontre encore c-*).r(çoupyot, : C. i.

gr. III, 4528 é, 4705 i, 4716 d. ■ — 9 Corp. inscr. lat. II, 2, 5181 ; Orelli, 2964, 3246. — 10 c. i. att. 1. 312, 331; IV, 1, 297 a. — U Theoph. ap. 5; Gloss. Philox. p. 116, Labb. : Xt6o*?taTr;ç. — 12 C. i. I. I, 1108 ; II, 1131 ; cf. Bruzza, p. 129. — 13 Ephem. epigr.M, p. 61, n» 160;Lebas, Inscr. 111, n» 209 1 . — 14 Corp. inscr. lat. VIII. 14566, 14571-14577; Bruzza, n° 221; cf. Monceaux, Bull. Soc. antiq. de Irance , 1900, p. 327. — 15 Passio Sanctorum IV coronntorum. éd. Wattenbach, dans Büdinger , Untersuch. sur Jlôm. Kaisergesch. , 1870, p. 324. Voir Benndorf. Ibid. p. 343. — 16 C, i. I. VIII, 14586, 14588; Ibid. III, 7029, 7031 sq.;

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persécutions, les chrétiens furent en.

travail forcé dans les „lilles ou Le nombre des ouvriers dans ces e\. i -, EmplI,e'2‘ extrêmement considérable. Au Laurion 4^°““ était Pendes, il y avait au moins 20000 mH,!’ °P°que d« les mines»*. D’après Polybe, il y avail £*£*»*«

romain, il n’y ait chiffres ne

aux mines de Carthagène 26 Ce sont , ' ^^ves

clés textes. Mais il „’L pas Unie des mines et carrières du monde roma? eu des centaines de milliers d’ouvriers. Ces sont pas pour nous étonner, puisque l’nK machines nécessitait l’emploi exclusif du f 1 homme. IJltls Je

Le travail dans les mines était organisé fie la • manière chez les Grecs el chez les Romains ■ n retait ni jour ni nuit. C’est du moins ce ni, Vu ' Diodore et Pline pour les mines d’Égypte el d’Èspagn" et il n y a pas de raison de penser qu’ailleurs il en fût autrement27. A la lumière des lampes, les équipes se succédaient, et c est la durée des lampes qui fixait celle des veilles 28. On peut conclure d’autres indices encore qu au Laurion les esclaves travaillaient dix heures de suite avant d’être relevés. Il est certain que le labeur était rude, et les auteurs nous font des tableaux lamentables de l’existence des ouvriers29. Ils étaient forcés de ramper à genoux ou à plat ventre dans beaucoup de galeries, où l’air irrespirable, la chaleur accablante avaient vite raison des plus robustes. Les coups et la mise aux fers”0 étaient fort usités pour réprimer la mauvaise volonté des uns, ou vaincre la paresse des autres. En dépit des précautions prises, de la sévérité des gardeschiourmes ou des soldats préposés31, des désertions en masse, des révoltes se produisaient de temps en temps, comme celles dont los textes font mention pour les esclaves du Laurion 32. Dans les carrières, le sort des esclaves et des condamnés n’était guère plus enviable: sous l’Empire, des postes militaires, commandés par des officiers, surveillaient les travailleurs 33. Au Mons Claudianus, il y avait un fort, où tenaient garnison un centurion et ses hommes 3L

Nous avons un petit nombre de monuments figurés qui représentent des scènes de travail dans des mines ou des carrières. Une plaque votive trouvée à Corinthe (fig. 5021) montre l’ouvrier à moitié nu frappant dune espèce de hache le front de taille qui se dresse devant lui et la veine de minerai35. On a déjà vu: sur une plaque semblable (fig. -1987) des ouvriers travaillant dans la mine 3C. On rencontre des scènesj analogues sur un bas-relief de Linarès (Espagne i , sur une intaille de la collection de Luynes au Cabinet des

cf. Monceaux, Op. cit. p. 327 et 329. — 47 Bruzza, p. 131 sq, 1 ' j '

Monceaux, L. c. — 19 Demoslh. XXXVII, 4-5; Xen. Mem. III- -■ ' " ^

16; Andoc. I, 38; C. i. att. 1104, f!22, 1123. Au litre d’esclaves, les nr‘s”'”"|< V|I) guerre travaillent dans les carrières : Tl 20-32. — 20 Dem. XLII, 20 ; Xen. Vect. i v, zz ; mcuj....

2, 5181, 1. 49. — 22 Diod. III, 12 sq. ; Jos. Bel. Jud. VI, 9, ï-Al'ls^ ^

(èd. Dindorf). - 23 Tac. Ann. XI, 20 ; C. i. gr. III, «16 d; - - J ’ gg 77, 78 ; Passio Sanct. IV Coron, (éd. Wattenbach). Ardai loin -o -q

20 Polyb. XXIV,9 =Strab. III, 2, 10. - -, . Aella„.

et 97. — 28 Plin, L. c. — 29 Diod. III, II-I3 ; V, 38 ; Tbeoph. Up. ■

Hist. car. XII, 44; Plut. Comp. Nie. Crass. i. - 30 Diod. III, ’ pÆ Op. cit. p. 94. - 31 Diod. L. c. - 32 Thuc. VU, 27; Atbeu. VI, P— 'umbcrtJ Or. V, 9. —33 Marquardt, Manuel Ant. Bom. -X, p- «• l ‘ c[(iu/li(int„, — 31 C. i. I. III, 25 ; Schweinfurtb, Die S tein bruche am Mon aC(fa,n. p. 3 sq. — 3b Gaz. arch. 1880, p. 105. — 36 Raye! et Collignon, « ^ ^ |5j.|

gr. p. 147 et 152. — 37 Daubrée. Bev. arch. 1882, X^IH- P- 1 ' '

27 Diod. V 8; f’iin.

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ll(,s i sur une miniature du Virgile du Vatican 2. 111111,1 IlÉCIME légal des mines et des carrières. — Le régime légal des mines et des carrières * . I„s |^tats grecs est fort peu connu. 11 n’y a guère

(|Ue pour les mines de l’Attique que nous possédions quelques données détaillées, et encore controversées.

La question de la propriété des mines et des carrières esl la première qui se pose. En principe, chez les Grecs, la propriété d’un terrain entraînait aussi bien la possession du dessous que celle du dessus, et « il fallait une disposition formelle pour qu’il en fût autrement. Dans les contrats de bail, il n’est pas rare qu’un propriétaire accorde à son fermier l’autorisation de faire des fouilles, d’exploiter les carrières et les gisements, de creuser des conduits souterrains. C’est donc qu’il avait qualité luimême pour exécuter tous ces travaux 3 ». A Héraclée, par exemple, dans la location des terrains sacrés de Dionysos, le contrat stipule formellement que le preneur « n’ouvrira point et ne laissera point ouvrir de carrières dans le terrain sacré4 ». De même dans une inscription d’Éphèse, on lit que la cité se réserve le droit, sur un terrain mis en location, d’ouvrir une carrière, s’il est nécessaire, pour la construction d’un rempart5.

Par suite, conformément à cette règle générale, il est légitime de penser que les carrières, chez les Grecs, pouvaient appartenir en toute propriété aux particuliers aussi bien qu’aux cités. Il convient d’ajouter que nous n avons, ni pour ni contre, aucune preuve formelle. Des indices seulement semblent confirmer cette manière de voir. Dans un certain nombre d’inscriptions, on relève des paiements effectués à des Xa-rogot pour des fourrures de pierres 6. A Delphes, les naopes versent lme première somme pour l’extraction de la pierre, une seconde pour le transport par mer de Léchaeon a Kirrha, une troisième pour le transport de Kirrha sanctuaire. Dans les comptes de construction de Asclépeion à Épidaure, on paie des carriers pour la 1 des pierres et pour leur transport 7. On a pensé que PU|^qu il ne s’agissait ici que de taille (TÉgvetv) et d’exïRction, c est que le prix de la pierre elle-même n’était P0|nt compris dans le versement, et que par consén. °carrier avait extrait la pierre d’une carrière qui 11 ' aPpartenait point. Cette hypothèse est confirmée

^ ï^übolù 11 Tvnit ' 1

p, 381 r aUe 1 es monna^s, I, p. 702. — 2 Voir dans le Dictionnaire, I,

i U JJ. 'l'ti-t O r, a a

- i jnsr)y \ Cuiraud, La propriété foncière en Grèce, p. 17 4-175.

h$t u ' 1 111 "tiques, X II, I, 1. 137-138. — 6 Benndorf, dans Mittlieil. arch.

' »» ipm ifton

-> 6 B0Urr, 1 P* Wilamowitz, dans Hermès, 1890, XXXIV, p. 200.

tfÉnW., ,8Uet’ DuU- corr. hell. 1898, XXII, p. 314. - 1 Cavvadias, Fouilles 93. 9 u -+1> L 5, G, 15, etc. — « Bourguet, Ibid. XX, 189G, p. 199, 1. 14,

; ancotte, L’industrie dans la Grèce ancienne , il, p. 178 sq.

par ce fait qu’à Delphes, par exemple, les XxToaot sont Corinthiens, Argiens, Béotiens, et que ces derniers ne pouvaient posséder de carrières sur le territoire de Corinthe, où ils prennent leurs pierres8. Ainsi les ouvriers ou entrepreneurs, qui travaillaient pour le compte du temple de Delphes ou d’Épidaure, et qui fournissaient du tuf de Corinthe, étaient autorisés à l’extraire d’une carrière appartenant au domaine public de Corinthe9. Des indications semblables ressortent d’inscriptions attiques relatives à des constructions d’Eleusis 10, ou d’inscriptions de Milet". Il était naturel que pour la construction de grands monuments, les cités n’aient pas songé à s’approvisionner ailleurs que dans les carrières qui leur appartenaient en propre 12, et elles se bornaient à payer le travail des ouvriers qui en extrayaient les blocs de marbre Cependant, on voit quelquefois sur les comptes apparaître le prix des pierres elles-mêmes. 11 est à croire, dans ce cas, que ces carriers étaient possesseurs de carrières, dont les produits avaient été demandés ou agréés par les architectes13. Mais il va sans dire que les édifices privés étaient construits avec des matériaux achetés à des carrières appartenant à des particuliers. En résumé, cités et citoyens avaient leurs carrières. Les villes, quand elles avaient besoin de pierres, les faisaient extraire par des Xa-rôgot qu’elles payaient pour la taille et pour le transport. Nous n’avons aucun indice qu’elles aient affermé des carrières, comme Athènes ses mines14.

Sur les mines grecques, en général, exception faite pour celles de l’Attique, nous sommes fort mal documentés. Nous savons qu’au vic siècle, le tyran Pisistrate possédait en Thrace, sur les bords du Strymon et au mont Pangée, des mines d’or dont il tirait de grands revenus15 : à quel titre et comment en était-il propriétaire, nous l’ignorons. A Thasos, au début du ve siècle, les mines d’or de Skapté-Ilvlé sur le continent rapportaient à la République 80 talents (472000 francs) par an, et celles de l’ile même un peu moins. Mais le produit total en était assez considérable pour que les Thasiens aient été exempts de l’impôt sur les produits de la terre 16. De même, à Siphnos, au vie siècle, les mines d’or et d’argent donnaient un très gros bénéfice, qui chaque année était partagé entre les citoyens n. Faut-il conclure de là que les mines, à Thasos et à Siphnos, faisaient partie du domaine public? Ce serait aller trop loin. Tout au plus pouvons-nous induire de ces textes que les deux cités prélevaient une redevance sur le produit des mines, et que c’est cette redevance qui dans un cas était partagée, dans l’autre était consacrée aux dépenses de l’État. Mais quel était le mode de perception et la valeur de cet impôt, c’est ce qu’il est impossible de dire. Lorsque Athènes se fut emparée de Thasos, de ses territoires, de ses gisements aurifères, il n’est pas douteux que les Athéniens n’aient tiré des ressources de ces mines, mais dans quelles conditions, nul ne le sait18. Thucydide nous apprend qu’il avait des mines d’or en Thrace19: d’où lui venaient-elles, d’un héritage, d’un mariage? l’historien ne le dit point20.

(Bruxelles, 1901). — 40 C. ?. att. IV, 1054 c, 1054 g. — Il B. Haussoullier, Rev. de Philol. 1898, p. 41 sq. — 12 Xen. Hell . I, 2, 14. — 13 Comptes d’Eleusis, C. i. att. V ; Comptes d’Epidaure : Cavvadias, Fouilles d' Épidaure, L. c. — 1* Cf. Boeckh, Staatsh. d. Ath. 1, 380 (éd. Fracukcl),

— 15 Hevod. I, 64; Arist. Ath. Resp. 15; cf. Thuc. VI, 54. — 16 Herod. XI, 40. — 11 ld. III, 57. — 18 Boeckh, Op. cit. p. 381. — 19 Thuc. IV, 150.

— 20 Boeckh, L. c.

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Pour les mines de l’Allique, fort heureusement, les renseignements sont plus abondants, au moins pour le ivc siècle. Un passage d’Aristote et quelques inscriptions prouvent que les mines faisaient, en principe, partie du domaine public. L’un dit, en effet, que les polètes, qui font toutes les adjudications de l’État, vendent et garantissent les mines, aussi bien celles qui sont en exploitation et vendues pour trois ans, que celles qui sont concédées et vendues pour dix ans '. Les autres sont précisément des fragments des tables des polètes, portant mention du nom et de la qualité des psxaÀXa : ce sont les S'.aypatpat, c’est-à-dire des actes d’enregistrement 2. Ces inscriptions datent de la seconde moitié du ive siècle. Il semble donc établi par ces documents que les mines du Laurion constituent une propriété perpétuelle et incessible de l’État. Les termes de vente et d’achat employés par Aristote n’en impliquent pas l’aliénation définitive, puisque les concessions reviennent à l’État après un laps de temps déterminé ; d’autre part, quoi qu’on en ait dit ■1, on ne relève nulle part l’indice que ces lots de mines pussent être vendus ou légués en héritage.

Cependant deux difficultés se présentent. On a prétendu que l’État athénien ne possédait en propre qu’un district minier délimité, en dehors duquel les citoyens pouvaient être les vrais propriétaires de mines particulières L Cette opinion s’appuie sur un texte d’Hypéride5, où il est dit qu’on avait dénoncé Épicratès de Pallène, comme coupable d’avoir dépassé les limites de sa concession (èvrbç tûv gÉxpojv TÉp/eiv), et que le tribunal avait reconnu qu’il n’en était rien, que la mine d’Épicratès était bien la sienne (’Éyvwaav ïotov eivou xb géxaXXov) : en conséquence, les juges l’avaient confirmé dans la jouissance de ses droits pour le temps qui lui restait. Si la mine avait été la propriété personnelle d’Épicratès, on ne voit pas pourquoi les juges confirmeraient Épicratès dans des droits qui lui auraient appartenu en principe. En outre, ni dans Xénophon, qui au chapitre iv des Revenus parle longuement des mines du Laurion, ni dans Aristote, nous ne voyons poindre une distinction entre des mines publiques et des mines privées6. Quant à faire intervenir dans le débat un autre texte de Démosthène concernant la vente d’un atelier (èpyaffxvjptov) 7 et à confondre mine et atelier, c’est vouloir compliquer la question 8 sans aucune raison sérieuse, et nier une distinction très nette dans tous les auteurs9.

Un autre point de controverse résulte d’une difficulté de lecture du texte de la IloXtxEi'oc : Aristote dit que les géxaXXa àvaaâ^tga sont loués pour trois ans, et que les xatvoxofjuott sont loués pour dix ans l0. Les premiers éditeurs du texte Ont lu : e!ç Y ext] 7rE7rpaa£va, OU s tç àst

l Arisl. Athen. Resp. 47; trad. de P. Foucart dans Revue de Philol. XIX, p. 251. — 2 C. i. att. II, 780, 780 6; IV, 2, 782 b ; II, 781, 782, 783. Cf. commentaire de Hansen, De mctallis atticis , Hambourg, 1885. — 3 Boeckh, Ueber die Laurischen Silberbergwerke in Attica , dans les Abhandl. d. Berliner Ahad. 1815, p. 85-140; Gesamm. Klein. Schriften , VI, p. 1 sq., 1 11—1 12; Staatsh. d. Ath. I, p. 378 ; cf. Ardaillon, Laurion , p. 170 sq. — 4 Lipsius, dans Y Attisehe Process de Meier et Schoemann, p. 1020-1023 ; dans les Griech. Alterthümer de Schoemann (4e edit.). I, p. 487 ; l’opinion de Lipsius a été adoptée par Busolt, Die Griech. Staats-und Rechtsaltertümer (2° éd.), p. 296 ( Handb . d. klass. Altertums Wissenschaft d’Iwan vou Muller); par Francottc, Industrie de la Grèce anc. II, p. 183. — 5 Hyper. Pro Euxcn. col. XL IV et XLV (éd. Blass). — 6 Ardaillon, Ibid. p. 172-173. — 7 Demosth. XXXVII, 22. — 8 Francotte, Op. cit. p. 185. — 9 Boeckh et Rangabé ne sont jamais tombés dans cette erreur: Boeckh, Laur. Silb. p. 121 ; Rangabé, Laurion (dans les Mém. prés, par divers savants à i Acad, lnscr. et Belles-Lettres , 1874, lre série, VIII, p. 297-3 46), p. 315; cf. Ardaillon, L. c . — 10 Voir plus haut la valeur de cette distinction. — H Arist. Ath. Resp. 47 : tl' v ervj, éd. Kenyon ; s!; éd. van Leeuwen. — 12 Blass, 2e éd. ;

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que la cefie notion

TTE7rpa|j.eva11 ; d autres ont lu e’l; { gT~ .2 .y , nière lecture, il y aurait bien xi eiç y gT' 8 unc derse dissimuler que, si tel est le texte d’ Arist - T ^ Pas contradiction avec les renseignements ^ ’* est etl dons par ailleurs14. Au contraire, s’il Jsl n°US possé' durée des mines xaivoxopuai est de dix ans s’accorde avec tout ce que nous savons1». ’

Les mines sont la propriété de l’État, et cela Pn d un droit régalien, puisque cette propriété ne VCrUl que le tréfonds et n'entraîne pas celle de la surfa”*? respondante du sol. Dans les ,„e „„uspo

dons on voit tndtquer la propriété de surface (Ï8„° oP le lot de mine se trouve situé •*. Au contraire, les 'us 2 et ateliers où se traitaient les minerais (âpyowxVjptoc) étaient propriétés privées, vendues et achetées sans intervention de l'État17, et la possession n’en est aucunement liée à celle du sous-sol. Comment et quand l’État athénien a-t-il établi son droit souverain sur le tréfonds, c’est ce qu’il est impossible de dire. Il est peu probable’ qu’il ait été à l’origine propriétaire de la surface, et qu’il s’en soit dessaisi, pour ne garder que le dessous. Tout ce que nous savons, c’est que très vraisemblablement dès le début du ve siècle le fait est accompli, puisque le Trésor, avant la bataille de Salaminc, avait trouvé dans les revenus du Laurion d’abondantes ressources18.

Les particuliers, qui voulaient louer des lots de mines avaient le choix entre deux classes de concessions : mines à ouvrir (xaivoxogiat) ; mines déjà ouvertes et précédemment exploitées (àvaax^iga gÉxxXXa). Chaque concession avait un nom particulier, des limites exactes, dont le bornage est défini dans l’acte de concession l9. Il yen avait de grandes et de petites, et par suite il était possible à de petits personnages, comme le charcutier d’Aristophane20, d’en louer à leur convenance, comme il était permis à de riches capitalistes de trouver dans des exploitations étendues l’emploi de leur fortune 2I. Aussi la liste des citoyens qui avaient des intérêts au Laurion présente-t-elle des noms qui appartenaient à toutes les classes de la société athénienne : Nicias, Callias et Ilipponicos 22, Antimachôs, fils du banquier Archestratos 23, et d’autres encore sont parmi les plus connus. Au contraire, un individu, dont il est question dans un plaidoyer de Démosthène 2\ travaille dans sa mine et de ses propres mains ; un autre n’a qu un esclave J L’État accordait non seulement aux citoyens, mais encore aux métèques isotèles le droit de louer des concessions 26. Nous savons qu’un certain Sosias de llnua payait à Nicias mille oboles par jour pour la location e mille esclaves qu i travaillaient dans sa mine au l.uu rion 21. Ainsi, de même qu’ils devenaient a Alleu

Foucart, Revue de Philol. 1895, p. 250. — 13 Ed. Willcken. 14 Euxen. col. XLIV (Blass); Dinarque, cité par Dcnys d HaUcanw ^

l’auteur d’un discours ptTaWixô; contre Micythos : Dion. liai. ^US — j a c.

13) ; cf. Hansen, De met. ait. p. 7. - >5 Ardaillon, O. cit. P- ‘ , Sunjum,

i. att. Il, 780, 1. 17-18; 782, 1. 18-9; cf. une inscription di . C i.

où il est question d’un don de terrain pour la construction ( n i.

att. IV, 2, 572 c, et Mitth. arch. Inst. Athen. 1894, p- - 1’ 22. Diod.

att. Il, 1122, 1 123. — i» Herod. VII, 144; Thuc. I, 14; A”st’ io Harp'. Suit). XI, 41 ; Plut. Them. 4; cf. Ardaillon, O. c. p. 137 et 175-1' • 3g {[;iass).|

Zon. a. n. A,«Tf«rt. - 20 Aristoph. Eq. 361; cf’ " 4 .’P|ul. A7r. ii — 2t Hyper. Pro Euxen. XIJV-XLV (Blass). — Xcn. ec > __ gt Dcmostlnl

Andoc. I, 130. —23 C. i.att. II, 7826, 1. 8 ; cf. Hansen, Op.cit. |2; IV, «il

XLII, 20. — 25 Andoc. I, 38 ; Aristoph. Equit. 361. — 2b Xen. • ^ ^ Rallgabé, cf. Clerc, Les métèques athéniens, p. 211 ; Boeckh, Laui ■ jggg, p. 2*0;

Laurion , p. 16. —27 Xcn. Vect. IV, 14; cf. BOrard, Bu ■ lon ,ain Aïolas O® Th. Reinach, Rev. des études gr. 1889, p. 94, au sujp Paphlagonie, jxexaXXeuTq; du Laurion.

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unis, armateurs ou artisans1, les étrangers

C '""lient aussi se lancer dans l’industrie minière. I’""'' s et métèques pouvaient s’associer pour exploiter

un lot de mines. Nous connaissons au

Citoyens Pn commun

, siècie la compagnie d’Hypéride, Eschylide et du (ils '! | |j,.aiocrate 2, celle de Philippe et Nausiclès, celle de Pallène et Cie 3. Il semble que dans ces

d^piuai^

sociétés,

Pun des membres fût considéré comme prin-

. J conCessionnaire et répondit pour les autres4.

* Sur la question de la redevance payée par les concesionnaires.au Trésor public, plusieurs hypothèses ont été soutenues. Boeckh et avec lui Rangabé considèrent que les lotsde mines étaient soumis à une redevance proportionnelle; mais Boeckh pense qu’il y avait en plus pour chaque concessionnaire une taxe fixe à acquitter; Rangabé est sur ce second point d’un avis contraire s. Les oiotypacpat portent mention d’une somme d’argent 0 : ce serait la taxe tixe. De plus, Suidas 7 dit ceci : « Ceux qui exploitaient les mines d’argent, lorsqu’ils voulaient en entamer une nouvelle, en faisaient la déclaration aux fonctionnaires chargés de ce soin par le peuple, et ils prenaient inscription. Ils payaient au fisc la vingt-quatrième partie du métal retiré 8. » Voilà la redevance proportionnelle. On se demande, à prendre à la lettre le texte du grammairien, si ce dernier impôt était prélevé sur le produit brut ou sur le produit net de la mine. Dans les deux cas, si l’État ne voulait pas être frustré et volé, il devait instituer un contrôle rigoureux et permanent; or, il n’en est jamais question dans aucun auteur. D’autre part, si l’État prélève vraiment la vingt-quatrième partie du revenu des concessionnaires, nous nous heurtons à de très graves objections d’ordre matériel. En 48-4, le revenu des mines est de 100 talents pour le Trésor public ; cela supposerait un gain total pour les entrepreneurs de 2 400 talents, soit 62000 kilogrammes d’argent extraits de 31 500 tonnes de plomb d’œuvre: c’est pour une année une production absolument invraisemblable pour le Laurion9. Enfin certains passages de Dérnosthène n’ont plus de sens dans cette hypothèse *°. Aussi une autre hypothèse a-t-elle été proposée, qui consiste à voir dans les sommes portées sur les SiocypoKpon le montant des fermages annuels que les concessionnaires s’engageaient à payer. Ce fermage est la vingt-quatrième partie du produit probable de la mine concédée, ou en d’autres termes de la valeur légale de la mme, valeur qui pouvait être aisément fixée à l’avance pour les lots déjà exploités, et aussi pour les lots vierges éc toute fouille11. Dès lors s’expliquent l’intérêt que les Athéniens portaient à l’ouverture de nouvelles mines12, interdiction que la loi opposait à la démolition des piliers de minerai (opgoi)13, le nombre des dénonciations oiûn les entrepreneurs de xatvoTogiat14.

Il est probable que si les choses se passaient de la sorte, lots de mines étaient mis en adjudication. Nous saxons qu un certain Moiroclès fut condamné à l’instiga- 1011 (' Éschine pour avoir extorqué 20 drachmes à

chaque concessionnaire : c’étaitsans doute un polèle l3. Le montant du fermage à payer était inscrit sur l’acte de concession. La perception en était confiée à des fermiers ; mais le chiffre de cet impôt était assez élevé pour qu’il fût nécessaire d’en diviser la ferme en plusieurs morceaux, dits à7tovof*xt l6, et les versements étaient faits à la neuvième prytanie, pendant laquelle l’État recueillait la majeure partie de ses recettes17. Ces revenus n’avaient pas de destination particulière. En 484, ils furent consacrés à la construction d’une flotte de guerre, sur la demande de Thémistocle 18.

En dehors de cette redevance, les concessionnaires du Laurion n’échappaient point à l’eisphora ni aux liturgies. Nicias, dont la fortune consistait principalement dans les gros bénéfices qu’il tirait du Laurion, a payé l'eisphora 1 *. De même à l’époque de Dérnosthène, un citoyen qui a fait sa fortune dans les mines, déclare qu'il est sur la liste des Trois cents20. D’autre part, Dérnosthène dit que lorsqu’il y avait lieu de faire un échange de fortune entre deux citoyens (àvri'8o<riç) on n’avait pas à tenir compte, dans l’estimation des biens, des intérêts de chacun dans les travaux des mines, attendu que les lois les exemptent de tout impôt (osa oi voptoi àxsX-q Treitoir^xzaiv)21 . Comment concilier ces renseignements contradictoires? On a émis l’hypothèse quel’àTEÀeta ne s’appliquait qu’au capital que le concessionnaire engageait dans son exploitation, et que le reste de sa fortune, provint-elle des revenus successifs qu’il lirait de sa mine, n’était pas exempt des charges extraordinaires22. Mais il n’y a aucun indice qui permette de voir en cette question la vérité.

Les droits de l’État et des concessionnaires étaient garantis par les polètes et par la loi. Les mines étaient d'abord protégées, comme le reste des domaines publics, contre les empiétements ou l’exploitation illégale. Tout citoyen pouvait dénoncer quiconque exploitait une concession non inscrite sur les tables des polètes, et lui intenter une action en justice : c’était l’i-ypâ^ou p.exiXXou Six?) 23. Si le prévenu était condamné, il devait payer une amende égale au prix ou au double du prix de la mine. Au contraire, si le délateur était convaincu de fausseté et n’obtenait pas le cinquième des suffrages, il était privé de ses droits civiques24. Si un concessionnaire n’acquittait pas sa redevance, il voyait sa dette envers le Trésor doublée 2 3, et était déclaré à-cigo? j usqu’à paiement complet.

Les conflits qui pouvaient s’élever entre les concessionnaires étaient réglés par la loi des mines, dite b jaetocàh xoç vôpoç 26. Cette loi permettait d’intenter une action pour troubles apportés à la jouissance d’une concession, dans le cas où un individu était dépossédé de ses chantiers par un autre, qu’il s’agit d’ailleurs d’une mine ou d’un atelier ; laisser la fumée envahir les galeries, s’introduire à main armée ou pratiquer indûment des fouilles dans l’étendue d’une concession, voilà encore des faits prévus par la loi 27. Ce dernier délit (t 6 £ittxaxaT£g.veiv tûv jjixpwv àvTÔç) 28 était très fréquent. Nous connaissons

C,t ■ P- 390 sq- — 2 C. i. ait. I, 782, 1. 12-14. - 3 Hyper. L. c. civils d j)1/' ’ HïPer- c • ; Demoslh. XL1I, 3 ; cf. R. Dareste, Plaidoyers

Silb f\y!n05thène’ ‘-P- l93> n. 4; Ardaillon, O. c. p. 186-187.- 5 Boeckh, Laur. d Mtl " SfP ’ ^‘e Staatsh. d. Ath. 1, p. 377 sq. et, d’après lui, Busolt, Lipsius, an ■ || laucotte, Op. dt. II, p. 192 sq. ; Rangabé, Laurion , p. 16 sq. — SC. i.

— 8 qra(| ’ ’ 1 el IP J 781, 1, 8 ; 782, 1. 6. — 7 Suid. s. V. ’Aypâçpou |*eïâVAou Stxïi-

- 10 Deil, ' Laurion , p. 18-19. — 9 Ardaillon, O. c. p. 190-191.

cf, fi, |, . ^XXYll, 22; ef. Ardaillon, Ibid. — U Ardaillon, O. c. p. 191 sq. ;

"arli, y/rr. i/es études gr. 1898, p. 424. — 12 Xcn. Yect. IV, passim ;

Dem. XL1I, passim; Hyper. Pro Euxen. XLV. — H VU. dec. Oral. Lyc. 34.

— n Hyper. L. c. — 1“ Demos th. XIX, 293. — 16 Harpoer. s. v. ’Anovonv Cf. Boeckh, Laur. Silb. p. 121 ; Rangabé, Op. cit. p. 19. — 17 Arist. Ath. Pesp. 47.

— 1» Herod. VII, 144; Arist. Op. cit. 22; Plut. Themist. 4. — 19 Plut. Nie. 3 ; Lys. XV111, 7. — 90 Demoslh. XL11, 3, 20, 23, etc. — 21 Demosth. XLH, 18.

— 22 Ardaillon, Op. cit. p. 199; cf. Thumser, üe civium Athenicnsium muneribus,

p, 131 S(J. — ^ Suid. S. V. A>oàçou Stxiq. — 24 Hyper. Pro Euxen. XLHI-

XL1V. — 2o Demosth. XXXVII, 22 ; cf. XLH, 3 et 32. — 26 Id. XXXVII, Argum. et 33-35. — 27 Id. XXX\ II, 25-28 et 33. — 28 Id. Ibid. 36, 38 ; Hyper Pro Euxen. XL1V.

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deux plaidoyers écrits pour des procès de cette nature Il y en avait encore un autre, que Démosthène n’énumère pas parmi les titres de la loi. C’était le crime qui consistait à abattre les piliers de minerai soutenant le toit des exploitations. Lycurgue lit condamner un certain Diphilos, qui s’était enrichi de cette manière2. Enfin la loi prévoyait les conflits d’intérêt qui pouvaient s’élever entre des concessionnaires associés3.

Telles étaient les matières des otxai gexaAXixaî 4. Ces actions étaient instruites par les archontes Thesmothètes 6 et ces magistrats en saisissaient un tribunal particulier, le gsraXXixbv BtxaTx-rjGtov 6. Il est probable que les causes devaientêtre entendues et jugées dans le délai d un mois 7. Les pénalités qui frappaient les coupables étaient variables. Pour les trois premiers délits prévus par la loi, on peut croire que le plaignant avait recours à diverses actions, en particulier à la Stxr, êl;ouX-y|<; 8. La violation des limites et la destruction des piliers de soutènement lésaient les intérêts de l’État et ceux des concessionnaires : aussi le châtiment de ces méfaits était-il plus rigoureux. Le premier était poursuivi par une action publique (<pâ<uç) 9 et le second était puni par la peine de mort et la confiscation des biens10. Ainsi, les mines, à Athènes, sauf sur les points que nous venons d’énumérer, ne faisaient point l’objet d’une législation particulière : ni pour leur adjudication, ni pour le mode de fermage, ni pour les garanties générales de l’État, elles n’étaient administrées d’une autre manière que les autres domaines publics de la République. On s’était borné à prendre, dans une loi spéciale, des mesures de protection ne pouvant s’appliquer qu’à des cas particuliers, qu’il était difficile aux autres lois de prévoir.

Régime légal des mines et carrières chez les Romains.

— A mesure que Rome étendit sa domination sur les pays riverains de la Méditerranée, l’État romain devint naturellement maître d’un nombre de plus en plus grand de mines et de carrières, soit qu’elles eussent appartenu à des rois, soit qu’elles aient fait partie de territoires conquis par la force des armes : les mines et les carrières constituèrent par leur annexion, comme les champs, les forêts et les pâturages, l’ ager publiais'1 . Une foule de gisements miniers, par droit de conquête, tombèrent ainsi, sous la République, dans le domaine public, en Espagne, en Gaule, en Italie, en Jllyrie, en Macédoine, en Asie, en Afrique. Une première conséquence de ces multiples acquisitions, fut qu’un sénatus-consulte interdit dans l’Italie l’exploitation des gîtes métallifères *2, nous ne savons à quelle époque précise, ni pour quelles raisons; mais il est vraisemblable de supposer que cette mesure date d’une époque où Rome pouvait déjà trouver dans les provinces la masse de métaux précieux ou usuels dont elle avait besoin. D’autre part, l’État se trouva si bien pourvu, qu’il ne crut pas nécessaire de conserver pour lui la propriété de toutes les mines, et qu’il en céda un grand nombre à des particuliers.

C’est ce que nous constatons en Espagne. Strabon,

l Hyper, lb. ; Dinarch. Fragm. 78, p. 452 (éd. Didot). — 2 Vit. dec. ürat. Lyc. 34. — 3 Demoslh. XXXVII, 38. — 4 Ibid. 2 ; Arist. Ath. Resp. 52; cf. Meier-Schoemann, Att.Process , p. 634 sq. (éd. Lipsius). — & Dem. L. c. ; Arist. lb. 59; Poil. VIII, 88. — 6 Dem. Ibid, et 33. — 7 Id. ; Arist. L. c. cf. emmekoi dirai. — 3 Poil. VII : 59 ; Harpocr. s. v. ’E^oûXr,; Stxyj ; Schol. Demosth. dans Bull, corr.hell. I, p. 14; voy. exoulè. — 9 Bekker, Anecd. gr. I, p. 315; Schol. Demosth. (éd. Didot), p. 736. Harpocr. s. v. 4>â?iç. — 10 Vit. dec.orat. Lyc. 34. — il Marquardt, Organ. financ. chez les Romains , p. 310.

— 12 plin. III, 138. — I3p0lyb. XXXIV, fr. 9 ; cf. Strab. II, 2, 10.111 en est probable-

d apres Polybe, dit que les mines de Carthaeènn toutes les autres mines de plomb argentifère de cessèrent d’appartenir à l’État nom- «... 1 ,bér>e,

particuliers 13 ; les mines d’ propriétés de l’État. Un passage de Diodow

Pour passer aux mains des pour la plupart, restèrent

renseignement. Lorsque les Romains eurent^

Par 11 ne tourbe

l’Ibérie, les mines furent envahies d’Italiens cupides qui se sont beaucoup enrichis'4 p certains cas, le Sénat laissa aux indigènes la dosspcÛ' ” île mines de fer et de cuivre : cela arriva en Macédoinèu Ainsi, sous la République, en vertu d’une décision formelle, les citoyens romains et les sujets provinciaux peuvent se trouver propriétaires déminés et de carrières Les mines d’or des environs d’Aquilée appartinrent longtemps aux Taurisques Noriques'6. Crassus avait de nombreuses mines d’argent en Espagne ». Quelques-unes de ces propriétés privées subsistèrent même jusqu’au premier siècle de l’Empire, témoin ce riche S. Marins mis à mort par Tibère, et dont les mines d’or et d’argent situées en Espagne, furent confisquées par l’empereur ">] Cependant l’État ne se démunit point complètement. Il garda pour lui la plupart des mines d’or, par exemple celles de Yerceil, dans la Gaule Transpadane celles de Macédoine, qui furent affermées en 159 2". 11 s’était réservé le monopole des exploitations de minium ou de cinabre de Sisapon en Bétique21, et aussi quelques mines de plomb argentifère ( Samariense metalliim , Antonianum metallum ) dans la même province22.

Les mines de l’État étaient affermées tous les cinq ans à des publicains par le soin des censeurs. On a fait remarquer avec raison qu’il ne s’agissait point, en matière de mines, de la ferme d’une simple redevance à lever sur des entrepreneurs quelconques, mais bien de la concession de l’exploitation même23. Strabon dit que les publicains avaient pris à l’entreprise les mines d’or du pays des Salasses (xoïc S-qgofftojvaiç xoï? épyoXaêvîoaffi xa ypuo-Eta) 24. Ils étaient alors conductores metallorum. Cela signifie-t-il que les publicains faisaient travailler pour leur propre compte des ouvriers qui extrayaient et traitaient le minerai, ou qu’ils percevaient les redevances de personnes qui sous leur contrôle faisaient office de mineurs ou de métallurgistes? L’expression de Strabon est si nette qu’il est difficile de rejeter la première manièie de voir28. Il n’est pas douteux que sous 1 Empiie, le second système ait été employé : nous le savons par la Lex metalli Vipascensis. Toujours est-il que ^ a République, les censeurs conservent la haute main hU1 l’flvniminimn • c est ce ci Gi îessoi t

de Yerceil

les conditions de l’exploilation : c’est ce qui

fait qu’ils interdirent aux publicains des mines

etdupays des Salasses d’employer dansleursti avaux i u de 5000 hommes 26. Ces conductores metallorum son général associés : c’est le cas de ceux qui avaient a e les mines de cinabre de Sisapon 2l. Ils paient a. - ^ redevances annuelles, dont le taux nous est inc nous savons cependant qu’en Espagne T^cs) et

nianum avait été loué 400 000 sesterces (

i xr 1® LiV. j

. „ , . YYY1V 91 14 Diod. V, 3o.

ment de même pour les mines de fer : Liv. aaai , • Ann. VI, 19: cl*

XLV, 18. - 16 Strab. IV, 6, 12. - 17 Plut- c rass • 2; “ ' r.ebiéte der rôm.

C. i. I. II, 3280 a et 6247. Voir Hirschfeld, Vntersuch.au! strab. |V, C.7-

Verwaltungsgesch. Berlin, 1876, I, p. 73. '9 et 52 ; XLV. 40. j

— 20 Cassiod. Chron. (éd. Mommsen), p. 610 ; cf. *'• ’ . w X, 396*-

— 21 plin. XXXIII, 118 ; Vitr. VII, 9, 4; Cic. Ph.il. H, • 24Slrab. lV,«-7j I

■ 23 Marquardt, Org. fin. p. 311, , p0|vb. V1-

20 Plin. XXXIII, /8; «b ■

— 22 Plin. XXXIV, 1 65.

— 25 Hirschfeld, Op. cit.

17, 2. — 27 Plin. XXXIII, 118

P' Voir la noie 26 de la page 1870.

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Ham Samariense avait passé (le 45000 deniers le'"(, (MK) deniers (3900Ü francs à 175000 francs) à 'U fini est des mines privées sous la République, liaient évidemment exploitées au gre de leurs proc"l> 'ii'i,s qUj acquittaient des redevances importantes, ^'ful'le cas en Espagne à partir de Caton 2 : les mines de ^ t d’argent rapportèrent des revenus considérables au f".' . en fut de même en Macédoine, bien que les . 'ns aient songé à réduire de moitié le montant des ^devances que les propriétaires payaient aux rois3, yous ignorons complètement la valeur de ces ressources.

g ou s l’Empire, les mines et carrières changent à la fois de' maîtres et de mode d’administration. On vit de bonne heure « s’opérer un mouvement continu de concentration lre ieg mains des empereurs4 ». TouL d’abord, ils rirent pour eux, à la place des censeurs, l’administration des biens du domaine public et en eurent la disposition. D’autre part, les confiscations, les achats, les successions firent passer la plupart des mines, autrefois possessions articulières, entre leurs mains 5. Les unes sont pour le fi sais, les autres pour le domaine privé du prince. C’est ainsi que les mines d’or des environs d’Aquilée furent enlevées aux TaurisquesNoriques ; c’est ainsi que Tibère

confisqua celles de S. Marins6. Aussi constatons- nous que dès le icr siècle, toutes les mines, toutes les carrières sont exploitées pour le compte de l’empereur, sauf de très rares exceptions1. Elles sont administrées par des procuratores, k'KixçoTzoï, choisis parmi les affranchis ou parmi les esclaves impériaux.

On a établi qu’il n’y avait pas pour les mines et les carrières d’administration centrale à Rome, dépendant d’un procurator metallorum qui aurait eu la gestion de toutes les affaires minières8. 11 ne parait pas non plus vraisemblable qu'il y ait eu un procurator chargé des mines d’une province9. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il est fait mention dans la Notitia dignitatum d’un cornes metallorum per Illyricum l0. Mais les procuratores pouvaient gérer dans une province entière et même dans deux provinces des mines d’une même espèce. Nous connaissons par exemple des procuratores aurariarum Dacicarum ferrariarum i2, et un procurator argentariarum Pannoniarum et Dalmatiarum'3. On a dans le même sens un procurator Augusti novarum Lapicaedinarum Aurelianarum en Numidie, un procurator Marmorum novorum... etc.14 Ces fonctionnaires, nécessairement très nombreux dans toute l’étendue de l’Empire, devaient relever tous du procurator patrimonii1* .

Les procuratores ont sous leurs ordres toute une série d employés, mentionnés par les inscriptions : 1° un subprocurator 16 ; 2° un secrétaire, comment ariensis 11 ; 3n un comptable, tabular tus ’8, ex ratione 19 ; 4° un caissier,

1 Clin. XXXIV, 165; cf. Dietrich, Beitr. zur Kenntniss des rôm. Staatspâchter- Uipz, 1877, p, 23. Le texle de Fline ne permet pas de déterminer la dale ccs redevances. — 2 Liv. XXXIV, 21 . — 3 Liv. XLII, 12 et 52; XJ.V, 29 cl 1 J. Flacli, La table de bronze d' Aljustrel ( Nouv . Ile v. hisl. du droit français |y | l("'!lcr, 1878, II, p. 274). — B 0io Cass. LU, 28 (éd. Boissevain). — B Strab.

’ ’ Cac. Ann. VI, 19. — 7 Des carrières de marbre du Pentélique étaient la H?* ** ^Crode Atlicus : Pans. I, 19, 7 ; VI, 21,2; X, 32, 1 ; Bruzza, lscrizioni, d'„. * ^‘Seste (XXVII, 9, 3) considère comme propriétés privées les mines u|Jn‘. et 1 empereur Valentinien, en 365, concède aux particuliers, moyennant Cf ° ,cllcvance> Ie droit de rechercher les mines d'or : Cod. Theod. X, 19, 12.

r,Uardt’ °P- cit- P- 3-7 : Hirschfeld, Op. cit. p. 73. - 8 Hirschfeld, p. 87. Lisd mmSen’ Ephem. epigr. III, p. 187, pense qu'il a pu exister un procurator lent ' °U ln<''IIH’ flispaniae. ïlübner, Marquardt, Plach sont d’un avis diffé-

to v, .em' EP'Vr- HI, p. 171 ; Org. financ. p. 331; Flacli, Op. cit. p. 647 'Jtitla d<gnit. Or. p. 42. — 11 C.

i. lat. III, 1297. — 12 lb. 3953, 4788, 4809,

’ 81(,‘ 13 lb. m, 6575 ; cf. Hirschfeld, O. cit. p. 86; Marquardt, O.

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arcarius 20, un intendant, dispensator ou villicus 21 . Il est probable que ce bureau n existait au complet que dans les centres miniers très importants.

Les procuratores , préposés à l’administration et a la surveillance des mines et carrières, pouvaient diriger eux-mêmes l’exploitation, ou l’affermer à un ou a plusieurs publicains ( conductores , p.iaOwTat). La l.ex metalli I ipascensis 22 nous fait connaître l’organisation d’une mine affermée, dans quelques-uns de ses détails, et cependant sur des points essentiels nous sommes réduits à ne pouvoir proposer que des hypothèses. Tout d abord il serait important de savoir si c'est à des individus isoles ou à des groupes de fermiers distincts les uns des autres ou à une même société que sont loués les différents monopoles dont il est question dans le texte21. On peut penser que la loi ne s’opposait, par elle-même, ni a 1 une ni à l’autre de ces combinaisons. Si le procurator trouvait preneur pour le tout ou pour partie de l’exploitation du metal/um , la loi ne lui défendait pas d accorder la ferme à un ou plusieurs conductores. Mais il offrait à ferme toute une série de monopoles distincts les uns des autres. Pour ce qui est des gisements métalliques, il affermait séparément les puits, et je suppose que par là il faut entendre toull’ensemble de l’abatage et de l’extraction des minerais, et les travaux métallurgiques de surface. Le premier lot est mentionné par le titre Usurpationes puteorum sive pittaciarum^ ; le second par le titre Scripturae scaurariorum et testariorum-* . Nous constatons que les fermiers ne dirigent par eux-mêmes ni les travaux de la mine ni ceux des ateliers métallurgiques : ce sont des entrepreneurs qui occupent puits et galeries; ce sont des entrepreneurs qui manipulent et fondent les minerais; ce sont des entrepreneurs qui en importent du dehors pour leur faire subir la préparation nécessaire, et ces diverses personnes doivent déclarer au conductor dans les trois jours ou dans les deux jours le nombre d’esclaves et d’ouvriers salariés qu'elles emploient, et payer les redevances fixées26. De même, c’est le procurator lui-même qui met les puits en vente, qu’il faille entendre par ces mots puteos vendel l’ouverture de nouvelles exploitations ou la reprise de chantiers abandonnés21. Mais l’acheteur dans ce cas paiera un centième du prix de la vente (faite aux enchères) d’abord au conductor des travaux de mine, ensuite au crieur public ou plutôt au conductor de la criée28. Il n'est pas douteux que la loi, dans la partie du texte qui nous manque, n’ait prévu et mentionné les règles de l'exploitation.

En outre, nous voyons que dans le metallum Vipascense le fisc mettait également en location les métiers que l’agglomération même des fonctionnaires, des soldats, des entrepreneurs, des ouvriers, des esclaves sur

p. 331 ; Flach, O. c. p. 647. — U C. i. I. VIII, 14551-14552, 14688 sq. ; Bruzza, p. 188, D° 224, etc. — 15 Marquardt, Op. cit. p. 331. — 16 C. i. I. III, 1088. — 17 lb. 1997. — 18 76. III, t-297, 1313 ; VI, 8484, 8485. — 19 Ibid. VIII, 14560-14563 ; Toutain, Mélanges de l'École de Rome, XIII, 1893, p. 433 sq. u0® 15 et 26, etc.; cf. Mor.ceaux, Op. cit. — 20 C. i. I. III, 3953. — 21 Ibid. III, 1997; 13239-13240. Ccs employés étaient cerlainement aussi des affranchis ou des esclaves impériaux : C.i. I. II, -, 5181, I. 23. — 22 lb. Nous la désignerons par Lex met. Vip. — 23 Hübner, Ephepigr. III, p. 174, croit à l’existence d'une seule société ; Flach est pour l'opinion opposée : Op. cit. p. 279. — 24 Lex. met. Vip. I. 58-60. — 25 lb.

1 . 46-56. — 26 Lee met . vip. L.c. — 27 four l'explication du mol pittaciarum, deux hypothèses : l une, de Mommsen, consiste à dire que ce mot désigne un droit de transcription- do la tablette ( pittaciuni ) qui marquait la prise de possession d'un puits : voir Ephem. epigr. III, p. 186 ; l'autre, de Willmanns (Zeitsch. f. Bergrecht, XIX, 2, p. 16), selon laquelle 1 e pittacium est une attestation du droit de l'acheteur : tant que celui-ci u a pas pris possession lu puits, il paie une taxe fixe ( pittaciarum ). Cf. ïlübner dans Corp. inscr. lat. Il, 2, p. 800. — 2» Lex met. Vip. 1. 3, 15-16.

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le territoire minier pouvait faire vivre. C’était la mine qu’était dû le groupement de la population : il paraissait juste que les professions qui venaient servir cette population payassent une redevance au fisc. Il faut de plus considérer que la ferme de ces monopoles, dont l’administration était contrôlée d’une façon permanente par le procurator , assurait à tout le monde la jouissance des objets ou des services indispensables, faute de quoi 1 exploitation des mines dans un pays difficile pouvait être rendue impossible '. Plus tard, en effet, au ive et au vc siècle, le gouvernement impérial fut obligé de retenir par la force les familles d’ouvriers libres occupés aux mines, et l’on peut croire qu’une des causes de ce manque de bras était précisément la difficulté des conditions d’existence sur les terrains miniers -. Aussi voyons-nous dans le metallum Vipascence le privilège de bains gratuits accordé aux affranchis et aux esclaves de César employés par le procurator , de même qu’aux soldats h Ainsi la préoccupation du législateur est de surveiller les conductores , tout en assurant le paiement des redevances, qui leur étaient dues, pour provoquer une prospérité croissante de l’exploitation et par suite 1 augmentation des bénéfices du fisc.

Le metallum Vipascense n’était pas le seul affermé de la sorte. Les metalla Antonianum et Samariense de la Bétique l’étaient, également \ comme les mines de cinabre de Sisapon 5, comme les mines de fer de la Narbonnaise 6, du Norique 7, comme les carrières de porphyre d’Ëgypte8, et bien d’autres encore. Il serait intéressant de connaître pour quelques-unes de ces mines ou carrières le montant des revenus qu’en tirait le fisc ou le patrimoine privé des empereurs; malheureusement nous n’avons point de données sur ce point9.

Dans d’autres cas, le procurator dirigeait lui-même l’exploitation des mines et des carrières ; c’est de lui que

dépendait alors le personnel technique dom parlé précédemment. 11 en était ains’i prind^* pour les carrières, par exemple en Nunûdh HGnt Coloma Numidica Simithu{ Chemtou)19 ,,, a..;’ „ans la

a Tralles et à Synnada", e» Grèce à Carvslos" 7“ plusieurs endroits encore. Faut-il voir dans pp les grandes carrières appartenaient non au //, J! ^ au patrimonium Caesaris , la raison d’être de’ “T’ exploitation directe t par les procuratores, sans ti°n de fermiers ? Il est permis de le nensP,. „ • constate que les mines d’or de la Dacie de là r?" ?" de la Dalmatie13, qui étaient propriétés de l'empereuro ’ de membres de la famille impériale », étaient de même dirigées par les procuratores , sans qu’on voie paraître dans les inscriptions qui les concernent le nom des con ' ductores. On voit même à plusieurs reprises des officiers" tribuns, centurions, décurions chargés en personne dé la direction de 1 exploitation de certaines carrières18 Ainsi il semble que le système qui consistait à afîermei les mines fût réservé à celles qui relevaient du fiscus c’étaient des mines d’argent, de cuivre, defer ; au contraire les mines dont les revenus tombaient dans la caisse par ticulière de l’empereur, et spécialement les mines d’or étaient exploitées directement par les procuratores ; il er était de même pour les carrières les plus importantes.

Les pénalités qui frappaient les fautes des employés de l’administration des mines sous l’Empire, nous sont inconnues, et il est à croire que l’empereur, sous l'approbation duquel étaient passés les fermages et dont relevaient tous les procuratores , était le seul juge des peines à infliger. La Lex metalli Vipascensis ne contient que des prescriptions touchant les amendes à payer par les entrepreneurs ou par les particuliers aux conductores , quand ils lèsent un monopole, ou par les conductores au procurator quand ils n’accomplissent pas toutes les

1 J. Flacli, Op. cit. p. 278-279, fait ressortir ce point avec force. Cf. Caillemer, Bev. critique, 1860, I, p. 185. — 2 Cod. Theod. X, 19, 5, 0, 7, 15 ; ilirschfeld, Op. cit. p. 90 ; Flacli, L. c. — 3 Lex met. Vip. I. 23-94. — 4 Plin. XXXI V, 165. — 5 Plin. XXXIII, 118 ; C. i. I. VI, 9634; X, 3964. — 6 C. i. I. XII, 4398. — ^ 1b. III, 4788, 4809, 5036; V, 810. — 8 C. i. gr. V, 4713; cf. Hirsclifeld, Op. cit. p. 82. — 9 Une allusion de la Lex met. Vip. 1. 34, laisse supposer qu’il y avait une loi spéciale pour les mines de fer ( ex lege f errariarum) . Cf. C. i. I. 111, 2, 5181, p. 794.

Mommsen a émis l'opinion d’après la ligne 59 (e lege metallis dicta) qu’il

y avait une loi générale sur les mines, dont les autres ne faisaient que compléter les prescriptions : Eph. epigr. III, p. 187 ; Hübner n'est pas de cet avis : 1b. p. 185. — 10 Résumé de ce que nous savons sur ce point, dans

Monceaux, Op. cit. p. 324 sq.— U Ephem. epigr. V, p. 61, n° 160 ; Ramsav, Mélanges

de l'Ecole de Home, 1882, p. 294; Monceaux, Op. cit. p. 328 sq. — 12 Bruzza, Op. cit. p. 172, n° 1. — 13 C. i. I. III, 213, 1297, 1307, 1311, 1313, 6575, 7127. — 14 Brandis, dans Pauly-Wissow a, Heal-Encycl. IV, 2, p. 1973, à l'art, dacia, suppose d'après l'inscription 1307 [C. i. I. III) que les mines d’or étaient la propriété de Lucilia, femme de Lucius Verus. — 13 C. i. I. III, 25 et 75 ; C. i. gr. 4713 ; cf. Bruzza, Op. cit. n° 237. — Bibliographie. Sur les mines de l’antiquité en général : Agricola, De re metallica, Bâle, 1757; Carvophilus, De antiquis auri, argenti, aeris, ferri plumbique fodinis opusculum, Vienne, 1757 ; Savot, Recherches sur la métallurgie des anciens, Paris, 1779; Reitemeier, Gcscliichte des Bergbaus und Hüttenwesens bei den alten Vôlkern, Goetling. 1785; Chassot de Florencourt, Ueber die Bergwerke der A lien, Goetting. 1785 ; Ameitlion, Sur la métallurgie des anciens cl l'exploitation des mines d'or (Mém. de littérature de l'Acad. lnscr. et Belles-Lettres, XLVI, 1793, p. 477 sq.); Launay, Die Minérale der Alten, Prague, 1799 ; Sabatier (J. et L.), Production de l'or, de l'argent et du cuivre chez les anciens, Saint-Pétersb. 1850 ; Zippe, Geschichte der Metalle, Vienne, 1857 ; Rossignol, Les métaux dans l’antiquité, Paris, 1863 ; A. Léger, Les travaux publics, les mines et la métallurgie au temps des Romains, Paris, 1875 ; Franlz, Bas Gold im Alterthume ( Berg - und Hüttcnmünnische Zeitung, 1880, XXXIX, p. 5 sq.) ; Bas Silber im-A Iterthume, Jbid. p. 173 ; Blet und Zinn im Allerthume, Ibid. p. 365 ; Hoffmann, Bas Blei bei den Vôlkern des Alterthums, Berlin, 1885 ; Bliimner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Künste, IV, Leipzig, 1886. [Voir la bibliographie, art. ferrim.) - Mines grecques en général : Bursian, Géographie der Griechenland, Leipzig, 1862-1868; Neumann et Partsch, Physikal. Géographie von Griechenland, Breslau, 1885; Boeckh, Staatshaushaltung der Athener (éd. Fraenkel), Berlin, 1886; Guiraud, La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne Grèce [Bibl.

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entatio de metalli fodinis antiquis Hispaniae, Goettinguc, . ^ ^ ^ ’ines et fonderies du midi de l'Espagne (Annales des ' çmnieM,

253) ; Roesinger, Ueber den Gold und Silberreichtbum < o 1877. ]||t

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étranger, 1878, H, p. 269 et 645); Hübner, Commentaire a » |yo y Ta,.iu, nsis, Corp . inscr. lat. II, 2, 5181 (bibiiographie spéciale] \,^ {Memjgapa escripcion fisica, geologica y minera de la prov incia i cuivre dans •ol. di Espan a), II, Madrid, 1888.; de Launay, Mém. sur Ivio « . région d'Huelva (Annales des Mines, 1889, p. 427). ^ an Qaule (i?eu. ai-cA-

storique sur l’exploitation des mines métalliques tans ^ la Gaide

, XVII, p. 298-313; 1881, XL1, p. 201, 261, 327); Desjar ms, • ■ Rmischt l,p. 409-430, Paris, 1876, — Grande-Bretagne .

1880 ; 11, p. 196) laeological omains, p.

naine

MET

. ju cahier des charges; il n’y est point fait con, "|"| ,.omme dans la loi des mines d’Athènes, de ^"'""•vltcignant ceux qui commettent des délits dans f "'ioiUition même des mines. E. Ardaillon.

U npine des mines ( darnnatio ad metalla ), pour la

• ei-nVITUS POENAE.

v0"rTA,X,KAI DIKAI [metalla p. 1869, 1870].

' fT'YTOR [CASTRORUM metator, metatum].

'\fTATUM. — On appelait ainsi ', chez les Romains, ,J.uf<re au logement imposée aux propriétaires, au Mules militaires, et de certains employés civils. Elle '"." niait sans doute de l’ancienne coutume, déjà en Mcur sous la République, d’obliger les villes alliées ou vlpelu,s à recevoir les envoyés du Sénat, les gouverneurs Mur escorte, et même de leur fournir des moyens de transport [corses publicus, provincia]. Dès les premiers , g ae l’Empire, on trouve dans les textes du Digeste la meuve que la charge de loger les troupes est imposée aux possessores de chaque cité à tour de rôle, comme attachée à la propriété ( muiius patrimonii) ; on l’appelle aussi mimas hospitis in domo recipiendi3 ou ÈTu<ri:a0p.t'av.

Elle s'appliquait au profit des magistrats romains, aux gouverneurs ( praetores , judices ), à leur escorte (' comitatus ), enfin aux soldats en marche5, et même aux auxiliaires barbares, foederati ou autres, faisant partie de l’armée. Dans certains cas une portion de fruits devait même

être prestée par les propriétaires ob transitum exercitus6. Les anciens ouvrages des agrimensores ou gromatici mentionnent aussi la charge de fournir l’impôt en nature ( annona publica ), soit à la troupe [milili praetereunti), soit aux compagnons du gouverneur, du magistrat ou du prince (comitatui)'’ . Des constitutions déterminent les cas où les cités doivent l’annone aux présidents et aux intendants et à leurs bêtes de somme 8 ; le tout sans préjudice des réquisitions extraordinaires [comparatio publica] 9. 11 ne faut pas confondre cette charge réelle du logement pesant sur les possesseurs avec la charge personnelle des xenuparochi lü des municipes, c’est-à-dire la surveillance des maisons municipales destinées aux hôtes de la cité, hospitalium domorum cura". Ceux qui faisaient usage de la poste publique, en vertu d’un permis du prince [evectio, cursus publicus], n’avaient pas droit à la nourriture dans les gîtes (rnansiones) , à moins que le diplôme (tracloriae) indiquant l'itinéraire ne leur concédât le viatique [ viaticum ), dont il déterminait l’étendue avec

le nom du titulaire12. Il était interdit du reste aux voyageurs ou fonctionnaires de distinction de s installer dans les palais impériaux qui se trouvaient dans un grand nombre de cités13, sauf exception pour les gouverneurs dans les villes éloignées des routes qui ne possèdent pas de prétoires (praetoria) 1 1 ; on défend aussi aux tribuns des légions et aux. comtes d exiger l’usage gratuit des bains des ciLés 1 °.

Les constitutions impériales défendaient aux soldats des troupes de passage d’exiger des provinciaux autre chose que le logement. Une lettre d’Aurélien ad vicarium suum interdit notamment aux soldats de réclamer de l’huile, du sel et du bois, et leur prescrit de se contenter del’annone fournie par l’État16 et de se conduire décemment dans leurs quartiers : in hospitiis caste se agant. Constance et Constant, en 340, renouvellent cette prohibition dans une constitution adressée aux provinciaux, et en 342, dans un rescritau préfet du prétoire Léontius1 '. Les abus se perpétuaient, car \alentinien, lhéodose et Arcadius, en 393, défendent encore de demander rien, à titre d’aliments ( salgami nomine), ni huile, ni bois, ni literie18, llonorius et Théodose appliquent la même règle en 416 à quiconque a droit au logement19.

Le logement était dû à une série d’officiers civils, d’abord à l’empereur et à sa suite, comitatui 20, et cela sans aucune exemption, puis aux gouverneurs de province, judices21. Le magister officiorum [officia] avait sous ses ordres le corps des metatores ou mensores 22 (ou maréchaux de logis), commandés par un primicerius ; ils étaient chargés de marquer les logements, en indiquant sur la porte de la maison le nom du destinataire ; il était interdit d’effacer ces marques sous peine de faux **. Les particuliers n’étaient d’ailleurs tenus que de mettre le tiers de leur maison àla dispositiondes hôtes ( hospites)r\ et la moitié pour un personnage de la classe des illustres, non compris les boutiques destinées au commerce Certaines maisons, exemptes pour la moitié ou les deux tiers, ne fournissaient que le tiers du surplus. Les ayants droit ne pouvaient convertir en argent la charge du logement; la vente de l’exemption était une fraude connue sous le nom cYepidemeticum et frappée d’exil et de confiscation26. La franchise du metatum était accordée à certains dignitaires pour une ou plusieurs de leurs maisons2', suivant lpur rang, aux médecins ( archiatri ) du palais de l’empereur et à ceux de la capitale, aux professeurs de belles lettres et de peinture28, aux maisons

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dm U Anaie^un9«n, IIP Abschnitt, Lieferungs undEinquartierungswesen bei m' Ar'neen in den letz. ahrhund. des occid. Kaiserreichs, et Ve Abschnitt,

291 ; Monceaux, Bull.

— Germanie : A. von Cohausen,

Breslau, 1844. — 2 Dig. De mimer. L, 4, fr. 6, §5 5 et 15 ; fr. 18, §§ 21 , 22, 25.

— 3 Dig. L, b, De vacat. et exc. fr. 11. — 4Cic. Ad Att. XIII, 52, 2; Polyb. XV, 24,

2, 3: Hesych. s. h. v. — 5 Kuhn, Die staedt. und bilrg. Verfass. p. 61.

— 0 Dig. De usuf. VII, 1, fr. 27, §3.-7 Sic. Flacc. De cond. agr. p. 165, éd. Lachmann. — » Cod. Theod. VIII, 5, 3, De cars u publico. — 9 Serrigny, O. I. I, n„ 410. — 10 Dig. L, 4, De mimer, fr. 18, § 10. — U Cod. Theod. XI, 16, c. 15. De extraord. sive sordid. XI, 16. — 12 Ibid. VIII, 6, De tractoriis et stativis, 1 el 2. 13 Ibid. VII, 10, 1 , Ne quis in palatio maneal. — *4 Ibid. eod. titul.

— 15 Ibid. VII, 11, Ne comit. et trib. lavacra praest.-.l et 2. — >6 Vopisc. Aurel. 7; Godefroid, Paratitl. ad Cod. Theod h VII, 1; De re mil. p. 251 el s.; Gaupp, German. Ansiedlung. p. 85-93. — U Cod. Theod. VII, 9, c. 1 et 2, 10, De salgamo hospit. non praeb.; Cod. Just. XII, 42. — 18 Cod. Th. VU, 9, 3.

— 19 Ibid. VII, 9, 4. — -b Ibid. VII, 8, 8, 14; Cod. Just. XII, 41, 4, De metatis ; Serrigny, Droit publ. rom. I, nos 120 à 130. — 21 Cod. Th. VU, 8, 6, 61 ; C. Just. XII, 41, 3. — 22 Cod. Th. VI, 34, 1, De mensor. ibique, Godefroid.

23 Cod. Th. Vil, 8, 4, 5 ; C. Just. XII, 41, 1, 2, De metatis. — Ce fut peut-être

l'origine du système adopté par les anciens foederati bourguignons et wisigolhs, quand ils imposèrent à leurs hôtes gaulois le partage de leurs terres. Voir Gaupp, Op. cit. sect. V; Léotard, Condit. des barbares, p. 100, Paris, 1873. — 25 Cod. Th. VU, 8, 5- 13, 16; C. Just. XII, 41,2. — 28 Cod. Just. XII, 41, 12, De mêlât. ; Serrigny, Op. cit, n«« 429-430. — 27 Cod. Just. XII, 41, 10; C. Th. VU, 8, 15, 16. — 28 C. Just. XII, 41. 8 ; C. Th} Xlll 3, 16, 18, De medicis; C. Theod. XIII, 5, 4, De excus. arlific.

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des employés des fabriques impériales {fabriccnses) Justinien, par sa Novelle 130 rendue en 5 43, réglementa à nouveau la matière du logement militaire. G. Humbert.

METAXA, MATAXA ((Asxa^a), lil, corde, écheveau. — Ce mot se rencontre anciennement sous la forme malaxa : désignant premièrement la corde à laquelle est suspendu un plomb de somj,e 1 ; deuxièmement, le lien qui assemble un faisceau destiné à faire des lattes de couverture; selon d’autres, ce faisceau même, dont les brins sont rangés sous le lien comme ceux d’un écheveau 2.

On ne trouve plus ensuite que la forme metaxa au Bas- Empire; c est alors le nom de la soie grège en écheveau ou, comme on dit encore, en tnatasse [serica], E. S.

METAXAR1US. — Ouvrier qui travaille la soie grège ou metaxa'.

METEOROLOGIA. — Les modernes comprennent d’ordinaire sous le nom de météorologie l'étude de tous les phénomènes qui se produisent dans 1 atmosphère. Les anciens attribuaient généralement un domaine plus vaste à la météorologie. Aristote a fait entrer dans le traité en quatre livres qui porte le titre de MeTewpXoytxà, l’explication de tous les phénomènes où figure l’un des quatre éléments, la terre (minéraux), le feu, l’air (gaz) et l’eau (liquides). Toutefois, Pollux' restreint considérablement ce domaine et le circonscrit dans un canton de l’astronomie.

Nous allons passer rapidement en revue les principaux points de la science météorologique, savoir la question de la foudre , celles des aurores boréales , des étoiles filantes , des aérolithes, de Y arc-en-ciel El des marées.

En ce qui concerne la foudre, qui a été le sujet d’un article spécial [fulmenJ, nous n’en dirons que peu de mots, à titre de complément. La philosophie hésita quelquefois à chercher la signification de la foudre. Socrate, cité par Xénophon 2, désapprouve cette recherche ; l’école pythagoricienne s’en abstient ; mais tous les philosophes naturalistes ont tenté d’expliquer ce phénomène. Suivant la plupart, au premier rang desquels se rencontre Aristote 3, la foudre est un souflle (Ttvsujjix, spiritus ), qui s’enflamme dans les nuages au moment de l’éclair ou, en d’autres termes, un jet de gaz enflammé1.

Une autre école, représentée par Démocrite, Épicure, Lucrèce et Galien, voulait que la foudre préexistât dans les nuages avant d’y apparaitre et. qu’elle fûL constituée par la réunion des germes ignés répandus partout, notamment dans les nuages, et par leur éruption brusquement effectuée. Toutefois, Épicure et Lucrèce, son fidèle représentant, admettent toute autre explication, pourvu qu’elle puisse concorder avec la théorie des atomes, fondement de leur doctrine scientifique.

Anaxagore, cité par Aristote et Sénèque, supposait que le feu de la foudre s’était formé dans l’éther, région supérieure à celle des nuées; Empédocle avait proposé une hypothèse analogue. L’astronome Cl. Ptolémée, au iC siècle de notre ère, et son commentateur Proclus, au

V° S1^cle> attribuaient aux planètes une influence dm nante sur la foudre; mais on trouve déjà uno Prn“' cette opinion dans l’explication de Sénèque •Ce <le

dant "c P“rail P»s admettre c,ue la régie,; Tl. Cep';n' gique soit très élevée. 8 nuteorolo-

U1 v U DCo

i. ont ete remplacées nar h notions vraiment scientifiques que dans , P dos

moitié du xviip siècle et, comme l’a dit Th H v,eCOlule sur ce chapitre « Descartes en savait moins que Sé!*1" S c f ‘ -7 ,ls ;'a™ient, pas plus le premier que L « le fil conducteur préparé par Otto de Guericke w n Hawkesby, Dufay, Wilcke, OEpinus, Richniann Jfv bard, Nollet, etc., et achevé par Franklin » ’

Parmi les phénomènes que les anciens rapprochaient de la foudre, nous citerons la trombe incendiaire o, prester (irp-^o), qui joue un grand rôle dans lamvthnlogie philosophique des néopythagoriciens6 ; le typhon (*cucpcjjv) ou trombe ordinaire, et l’ouragan {intmlJ L antiquité figurée nous a conservé sous plusieurs formes la représentation de la foudre [fulmen]. L’étude de ces types permet de constater que les Grecs, les Romains et les Étrusques ont une façon commune de représenter la foudre.

On a essayé de démontrer que les anciens avaient connu et pratiqué des procédés pour attirer ou plutôt pour produire la foudre à volonté. L’on a même avancé qu ils avaient eu des espècesde paratonnerres. M. Th. -H. Martin a fait justice de ces vaines tentatives, et sur cette

question, comme sur toute la météorologie antique, nous conclurons avec lui : « A chacun sa part légitime, mais unique ; aux anciens le mérite d’avoir fait les premiers pas dans le chemin de la science de l’électricité atmo¬

sphérique, au milieu de beaucoup de difficultés et de préjugés, avec les tâtonnements de l’inexpérience, avec les incertitudes d’une méthode non formée et avec la hâte de conclure d’après des données insuffisantes ; à eux l’honneur de s’être avancés cependant assez loin dans cette science pour n’y avoir été dépassés que depuis le milieu du siècle dernier. Aux modernes, depuis cette époque, le mérite de s’être avancés beaucoup plus loin et plus sûrement que les anciens en profitant des recherches, des vues et des fautes mêmes de leurs devanciers, mais surtout en pratiquant avec plus de fidélité et de persévérance la méthode d’observation et d’induction, et surtout la méthode d’expérimentation à l’aide d’instruments7. » Feu Saint-Elme 8 ; feu d'Hélène. — Les anciens avaient remarqué la lueur brillante qui se produit quelquefois la nuit à l’extrémité du mât des navires ou plus généralement de toute espèce de pointe métallique ou autre, et qui a reçu le nom de feu Saint-Elme. Ce phénomène n’a pas de nom particulier dans l’antiquité, mais les marins voyaient dans son apparition l’intervention de leurs divins protecteurs, les Dioscures, qu’il ne faut pas confondre ici avec la constellation de même nom ou des Gémeaux. Les armées romaines et même grecques

1 Cod. Theod. VII, 8, 8, De melatis. — Bibliographie. J. Godefroid, Comin. ad Cod. Theod. \ II, p. 256-261, éd. Hitler. Leipzig, 1755; Walter, Gesch. d. rom. Bechls. éd. Bonn, 1860, n» 418 ; Serrigny, Droit public romain , I, u°‘ 425 et s. Paris, 180-, Kuhn, Die stüdt. und àürgerl. Verfassung des rôm. Reichs, I, p. 49, 61,

65 et s. Leipz. 1865 ; Bouchard, Étude sur l’administr. des finances de L'Empire rom. dans tes derniers temps de son existence, 1871, p. 316; Willems, Droit public romain, 5' éd . p. 642.

MLTAXA, MATAXA. 1 Lucil. ap. Fest. s. v. Rodus, et ap. Isid. Or. XIX, 4, 10.

— 2 Vitruv. VII, 3, 2, avec les comment, de Philander, Budée, Turnèbe, etc. ; cl. Baldi, De verb, Vilruv. signif. p. 104; Du Cange, Gloss med. latin, s. v. Malaxa. I

METAXARIUS. 1 Cod. Just. VIII, 14, 27. -

METEOROLOGIA. 1 Onom. IV, 20. — 2 Memor. IV, § 8. - 3 Meteor. ,

— 4 Th. -H. Martin, La foudre, p. 245. — 6 La foudre, p. 131- — 6 ^anl IIeçi twï itpiûxmv 4p/ùlv, t. II, p. 125, Éd. Ruelle. " /oïd ,

— 8 Th.-H. Martin a établi (La foudre, p. 299) l'étymologie de cetlc ^

feu Saint-Elme (en allemand Elmsfeuer, eu italien fuoco di santé ^^.se

Ermo) où l’on a prétendu voir feu d'Hermès, par suite dune purement gratuite. Elmo est une abréviation populaire d Erasmo. l-al” marjn5 évéque et martyr syrien du in* siècle, fut pris pour patron par italiens.

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aussi (les exemples d’aigrettes lumineuses 0111 f0'" 'u1i les fers de lances et que l’on nommait étoiles, surinoi1 |‘ulreiigion r0maine en tirait des augures, auspislell,"‘.' minibus \ mais ce genre de phénomène n’est rl(l U, uS sans réserve par la critique moderne 2. paS aC "t an feu d’Hélène, espèce de météore qui se rap- QTl,eaucoup du bolide, il est souvent confondu chez pr°l " -ii ns avec le feu des Dioscures ; seulement son leSanC'v, narfois jusqu’à brûler ou submerger les •(,PS3 C’est la foudre en globe.

Aurore boréale. - Pour soupçonner les rapports qui A (int.re les phénomènes de l’aimant et les aurores lb ' '' leg Grecs et les Romains auraient eu besoin, b0rt'"Tue l’a remarqué Th.-H. Martin *, de plusieurs 'Innaissances qui leur ont fait défaut, notamment la ,rité des aimants, la direction de l’aiguille aimantée, P°;)larité magnétique du globe terrestre, l’agitation . primée par les aurores boréales à l’aiguille de la bous- ‘ |t, |a direction constante des arcs de l’aurore boréale d ar rapport au méridien magnétique, et les phénomènes lumineux produits par l’électricité dans l’air très raréfié d’un récipient où l’on a fait le vide. De plus, « les aurores boréales un peu intenses sont rares en Grèce et en Italie et devaient l'être dans l’antiquité ». Aristote3 consacre un cour! passage à ces météores, et parle de diverses apparitions observées pendant les nuits sereines, ressemblant à des gouffres béants, x<*< rga-ra, à des trous, poOuvoi, à des taches de couleur sanguinolente, alp-axwo^ xp^ga-ra. Il attribue la cause de ces phénomènes à une coloration de l’air produite sans combustion par la réfraction (wxkmï) de la lumière à travers un milieu plus ou moins dense. Quant à la cause de cette lumière nocturne, il ne la donne pas et ne pouvait la trouver, ignorant, ainsi rpie toute l’antiquité, la constitution magnétique du globe terrestre et l’orientation de 1 aiguille aimantée.

Sénèque semble avoir voulu parler G des aurores boréales, plutôt d’après les écrits des Grecs que d après ses propres observations. Il suppose que les goufïres (chasmata) et les trous ( bothynae ) sont des profondeurs lumineuses entrevues comme par une ouverture des parois du ciel. Pline l’Ancien 7, Tite-Live 8, Sénèque 9, Tacite10, n’ajoutent rien à la description d Aristote; ils mentionnent seulement quelques phénomènes dont l’observation a été recueillie soit en Italie, soit dans les expéditions des armées romaines. Dion Cassius est le seul auteur, chez les anciens, qui relate une apparition boréale comme s’étant produite au nord : « Un feu soudain fut vu pendant la nuit, dans 1 air, vers le nord , et si grand qu’il semblait aux uns que la ville entière, a

d autres que le ciel même brûlait*1. » Plutarque12 rapporte que dans la mer située au nord-ouest de 1 ile de Bretagne se trouvent d’autres îles dans lesquelles, pendant trente jours consécutifs, le soleil ne reste pas plus dune heure par jour au-dessous de 1 horizon. Il y a lieu de voir dans les détails positifs de cette description, entremêlée de merveilleux, les brillantes aurores boréales belles qu’en présentent les régions polaires.

Étoiles filantes. — Aristote13 prétend qu’elles se pro-

1 Oie. Divin. Il, 3G. — 2 Voir Th.-H. Martin, La foudre, p. 229. " 3 Plin. Hist. nat. Il, 37, 10t. — 1 Op. I. p. 85. — 3 Meteor. I, § 5. ' 6 (-'“«est. nat. I, 13. - ^ Hist. nat. Il, §§ 20, 33, 57. - 8 III, 5 et G XXXI, 13 ; XXXII, 9; XLllI, 15. - U. c. - « German. § 45. I 1 1**0 Cass. LXXV, § 4. — 12 De iis quae in luna vid. 20. — 13 Meteor.

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