‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 243 sur 275 · l|. h Quaest naL 1; n. lü Recherches sur les météores · texte numérisé non relu

l|. h Quaest naL 1; n. lü Recherches sur les météores

(luisent à peu de distance de la terre, et que leur dii action a lieu en diagonale. Il en attribue la cause a la double évaporation, l’une humide, l’autre sous forme d’air ou de gaz, qui se produit sous 1 influence du soleil, et qui, arrivée à une certaine hauteur dans 1 atmosphère, s’enflammerait par suite de la rapidité de son mouvement. La croyance populaire en faisait des astres, skiera. Sénèque paraît admettre11 que ces météores annoncent une tempête. Cette explication n a pas, évidemment, une bien grande valeur, mais il faut reconnaître que la science moderne serait fort en peine de la remplacer avec une parfaite certitude. Coulvier-Gravier, après avoir passé plus de cinquante années de son existence a observer ces météores, à étudier les lois qui les régissent, est mort avec la conviction qu’il les avait trouvées15, mais sans vouloir affirmer qu’il connaissait les éléments qui composent les étoiles filantes. Son gendre et continuateur, Chapelas-Coulvier, qui poursuivait les mêmes études, a gardé la même réserve.

Aérolithes. — Les auteurs anciens ont relaté plusieurs observations de pierres de foudre (xspaôvtov, xepauviVrg, ceraunia), tombées à la suite de brillants éclairs et d un violent coup de tonnerre. Th.-H. Martin a reproduit presque tous ces témoignages en les illustrant de son appréciation critique 16, d où il ressort que les Grecs et les Romains auraient connu les aérolithes proprement dits, lesquels avaient fait admettre dans les croyances populaires la pensée que la foudre était presque toujours accompagnée de pierres ou de soufre [argoi liteoi, baetxlia . Chez les Romains, l’usage était d’enfouir les pierres ou les objets frappés par la foudre afin de lui ôter son action. Cette pratique rentrait dans les attributions des aruspices, qui prenaient alors le nom de fulguratores [fulmen].

Au 111e siècle de notre ère, le grammairien Nonius Marcellus 11 distingue dans la foudre le trait, telum (péXoç, péXegvoç, ’Éyx0?)) fl111 est lancé, et le feu qui constitue l’éclair. De cette expression figurée est venu le terme de bélemnites, fossiles en forme de fer de lance axec lesquels on a souvent confondu les aérolithes.

Arc-en-ciel , ifiç, arcus pluvius. — Aristote a donné une description très détaillée de 1 arc-en-ciel 18 . 11

cherche à démontrer que l’iris ne peut être une circonférence entière, ni même comprendre plus d’une demicirconférence. Mais sa démonstration, traduite axec un grand soin par Barthélemy Saint-Hilaire, parut au savant traducteur empreinte d’une obscurité qu’il a proclamée à plusieurs reprises. Un commentateur byzantin du xive siècle, Georges Pachymère, a résolu quelques-unes des difficultés signalées par Barthélemy Saint-Hilaire, dans un chapitre de sa paraphrase aristotélique l9, œuvre inédite. Il est intéressant de mettre en parallèle les deux passages où Aristote traite de l'arc-en-ciel avec l'explication moderne du phénomène contenue dans le Cours complet de météorologie de L.-F. Kaemtz, traduit par Ch. Martins (1843), pages 440 et suivantes. Chez les Romains, Pline a consacré quelques lignes seulement à y arcus caelestis-0. Il cite Aristote, pour le contredire, lorsque celui-ci affirme que l’arc-en-ciel apparaît la

et sur les lois qui les régissent, Paris, 1802. — 16 La foudre, p. 175 et suiv n L. X, c. 33. — 18 Meteor. III, 5, p. 37 Bekker. — >9 C.-E. Ruelle, Deux morceaux inédits de Georges Pachymère sur l’arc-en-ciel ( Annuaire de l’Assoc. pour l’encouragement des études grecques, année 1873). Voir aussi Ch. Thurot, Oliserv. ci itiques sur les Meteorologica d’Aristote (Rev. arcli. 1809 et 1870). — 20 Hist. nat. U, 00; XXIV, 09.

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nuit; mais il ne nous semble pas l’avoir bien compris l.

Marées. — Les anciens, y compris Aristote lui-même2, n’ont pas expliqué le phénomène des marées, particulier aux mers occidentales et produit, comme on sait, parles positions respectives de la terre et de la lune par rapport au soleil. Toutefois Strabon, en plusieurs endroits de sa Géographie , décrit le mouvement de llux et de reflux de l’Atlantique et lui donne tour à tour les noms de Tt^-rjaYi, -TtX'q jxjxvj , ttXyj pt.pLupi'ç, TrXVjfjipujpa, mais surtout celui d ifj.7rco<7u; ou âfrjtamç, altération probable du mot aanxcodi? pour àv:x7mo<7iç qui exprime parfaitement le jeu des tlots retombant sans cesse les uns sur les autres. Toutefois 7tXY|ix[j.upt(; désigne plus particulièrement le flux et apurwaii; le reflux.

Chez les Romains, la marée est sommairement décrite par Pline 3, qui l’appelle aestûs reciprocatio, mais aucune explication scientifique de ce phénomène n’a été tentée. On sait la stupéfaction qu’il causa aux soldats qui composaient l’armée d’Alexandre, lorsqu’ils arrivèrent sur les bords de l’océan Indien, à Cilluta4. Ch. Em. Ruelle.

METOIKOI (M ÉTotxoi). — Aucun des lexicographes anciens ne nous donne une définition satisfaisante de ce que les Grecs entendaient par le mot de métèque. La meilleure est celle d’Aristophane de Byzance1, d’après lequel il fallait, pour être métèque, trois conditions : avoir fixé définitivement son domicile dans une ville, y être depuis un temps déterminé, et y contribuer à certaines charges publiques. Parmi ces charges, ce sont les charges financières qui ont particulièrement frappé les autres lexicographes 2, comme étant ce qui distinguait le mieux, à première vue, le métèque du' citoyen. C’est donc par là qu’il convient de commencer l’étude de la condition juridique des métèques. C’est pour Athènes seulement que nous avons des renseignements suffisants, mais on verra que la condition des métèques dans les autres cités grecques ne parait pas avoir différé sensiblement de ce qu’elle était à Athènes.

En fait d’impôts ordinaires, il suffira de dire que toutes les charges ordinaires des citoyens pesaient aussi sur les métèques3. Mais en plus, les métèques étaient soumis à la taxe des ijsvixâ, taxe imposée à tous les étrangers qui voulaient vendre sur l’agora d’Athènes4. Quant à la taxe du triobole dont parlent encore les lexicographes, elle ne frappait que les affranchis, au moment où, par le fait même de leur affranchissement, ils entraient dans la classe des métèques : c’était, non un véritable impôt, mais un droit d’inscription, attestant la condition libre de l’inscrit. Enfin les métèques étaient assujettis à un impôt spécial, qui était comme la marque même de leur condition, le gsToi'xt&v. C’était ce que nous appelons un impôt direct personnel, ou capitation. Le taux en était uniformément fixé à 12 drachmes par an pour les hommes, et à 6 pour les femmes, et seulement pour les femmes qui n’avaient ni

1 Ap. Aristot. Meteor. III, 2, p. 372 a. — 2 Meteor. II, 8. — 3 Hist. nat. IX, c. 8. — V Aman. Exped. Alex, vi, 18 ; Quint. Curt. ix, 919, 11. — Bibliographi . Aristotelis Meteor ologicorum lib. IV, éd. d’ideler, Berlin, 1834-1836; Aristote, Météorologie , Traité du ciel , trad. et comment, perpétuel de M. Barthélemy St-Hilaire, Paris, 1856 et 1866; Ideler, Meteorologia veterum Graecorum et Iiomanorum , Berlin, 1832 ; Coulvier-Gravier et Saigey, Introduction à l'histoire des étoiles filantes , 1840 ; Th. -II. Martin, La foudre , l’électricité et le magnétisme chez les anciens, Paris, 1866.

METOIKOI. l Edit. INauck, fr. 38. — 2 Harpocr. Suid. Hesych. s. v. MItoixoi; Bekker, Anecd. I, 281, 19 ; Ammon. s. v. ’I<roTe>.qç xcu jaét otxo; ; Poil. III, 55; Schol. Plat. Hep. 156, 29; Leg. 418, 14; Schol. Aristoph. Eq. 350; Pas, 363.

mari ni fils majeur3. Le metoikion est d comme l’ont remarqué les lexicographes h bien’ distingue essentiellement les métèques dTT* qui puisque l’impôt personnel était à Athènes cl, ye“S’ nue pour les citoyens, dont les biens' seu U T'*' la personne, pouvaient être imposés6 1,. ’ . 11011

n’était pas perçu directement par l’État m nV!? des «XfflvouL Tout métèque qui n’acquittait ZT î impôt encourait la perte de la liberté6. C’est pai?d J les pôle tes que comparaissait le métèque accusé i vsXûvou avaient le droit de le faire comparaître.’ q„ÏÏ a la forme que revêtait la procédure, on a supposé 3 tort une *pbç ttcoAt^ qui ne résulte nul

d’une correction de texte erronée3 : il ne pouvait y avoir! aucun point de droit à débattre, mais simplement pour! chaque espèce, une question de fait à trancher \\ semble y avoir disproportion entre la modicité de cet impôt et la sévérité de la peine qui frappait ceux qui s’v dérobaient : c’est que tout métèque en défaut pour le paiement du metoikion était par là même suspect de vouloir usurper le droit de cité.

Pour les impôts extraordinaires, les métèques y| étaient soumis comme les citoyens; mais ils formaient une catégorie à part de contribuables. Pour Yeisphora d’abord [eispuora], il faut admettre que les biens meubles: des métèques servaient de base à l’impôt, puisque, sauf exception, ils ne pouvaient posséder de biens-fonds. A part cela, les métèques étaient soumis aux eisphorai comme les citoyens10, et, après l’archontat de Nausinicos, ils furent comme eux répartis en symmories11. On a beaucoup discuté sur la question de savoir quel était le taux fixé pour les eisphorai des métèques; ils contribuent, dit Démosthène, pour un sixième, to êxrov pipoç12. Il est inadmissible qu’il s’agisse du sixième de leurs biens, sans aucune distinction de fortune entre eux; ce serait inconciliable avec le système des symmories. Il ne peut donc s’agir que de la sixième partie de chaque eisphora, et c’est bien ainsi qu’une inscription de découverte récente montre la chose13. Les « dix talents » dont parlent plusieurs inscriptions du ive siècle u| paraissent bien se référer à ces eisphorai des métèques,! et n’être que leur part dans les contributions extraordinaires nécessitées par la construction de 1 arsenal de| Philon et des loges pour les trières. j

Enfin, au ive siècle, les contribuables soumis a lcisphora s’acquittaient généralement de cet impôt au moyen d’une liturgie spéciale, la proeisphora, .enxeiluq de laquelle un certain nombre d’entre eux deviitn faire l’avance et la levée de cet impôt pour 1 État sous leur propre responsabilité. Ce système a fonclionn aussi bien pour les métèques que pour les citoyens

En dehors des contributions proprement dites, noua avons de nombreux exemples de dons volontaiies

la cité par des métèques pour parer a

des besoins publics

— 3 Thumser, De eivium Athen. muneribus, passim. — * j™jnse est absolue les métèques n’y sont pas formellement mentionnés, mais a^ ^ ^ XXII. 5*. pour tous les non-citoyens. — » Cf. les lexicographes, -• c fs.

— 1 Ps. Plut. Vit. Lycurg. 1 6 ; cf. Plut. Ftamimn ., 12. contra, Schcnkl,

Dem. XXV, 57.— 9 Meier-Schoemann, Der attisclie Proeess , . ^ ^ g6; LySt

De metoecis atticis , 184. — 10 Suid. s. v. ’E*wvX j c- *"s*' ' j, p0ll. Vil ! XII, 20; Dem. XXII, 54, 58; Is. V, 37; cf. C. i. ait. », ^ > «*

144; . ipx- 1900, P- 91 et suiv- ’ '• 25 1 0 ’p. 01 et sniv.l

imtmxikSv ffuppofîiiv. — 12 Dem. XXII, 61. — 13 nTje/sfurfien Mer atli,c,ieM 1. 19 : «ÎTaÊçeiv Si xal toù; pxToixous -rt ïktov * al |j’ jjq . I

Stuatsrecht und Urkundenwesen , p. 32. — 13 C. i. att. , •

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vuS ou pour lesquels les ressources régulières '"''Xr'insufnsantes (epidosis)1.

1,1,1 obligations militaires des métèques sont mal 1 II est certain, d’abord, qu’ils n’étaient point COn",U(lans lephébie 2. Par contre, il semble bien que

^' Tmnases publics leur fussent ouverts 3, sans d’ail-

les tA - ■ *

leurs 'P1

aucun d’eux leur fût spécialement réservé.

A la guerre,

ils servent comme hoplites pendant la

suer

ju Péloponnèse et jusqu’à la bataille de Chéro- H va de soi que seuls servaient ainsi ceux qui poun" s’armer à leurs frais; les autres servaient dans

des

va

légère et recrutaient aussi le corps

aient

l’infanterie

archers à pied, To^xat owW pans toutes les circonstances où l’on voit figurer les métèques à la guerre, il est à remarquer qu’ils jouent le , ||(1 , i’armée territoriale, consacrée exclusivement à la défense de l’Attique. Deux fois seulement on les voit faire campagne au dehors, et il ne s’agit que de courtes expéditions, et tout près des frontières de l’Attique. Il semble donc, à défaut de renseignements précis sur ce point, que le système de levées et les divisions établies pour les troupes composées de citoyens ne pussent leur être appliquées [exercitus, dilectus], et que, toutes les fois que l’on avait besoin des hoplites métèques, on les levait en masse, sans distinction de classes. La confection des rôles pour le service militaire, xaxiXoyot, reposant en dernière analyse sur le registre général des citoyens dressé et conservé dans chaque dème, Xr^tapytxôv Ypap.pmov, il ne pouvait en être autrement pour les métèques, et c’est par dèmes qu’ils devaient être enrôlés [démos]. Une fois à l’armée, les bataillons de métèques formaient des unités tactiques particulières, en dehors des dixxodUi'ç de citoyens. Par contre, le corps des cavaliers athéniens est toujours resté fermé aux métèques c, les cavaliers athéniens n’étant pas seulement un corps militaire, mais une véritable classe sociale privilégiée, ayant un rôle religieux fort important et même parfois un rôle politique [équités].

En somme, les Athéniens n’ont fait qu’un emploi très modéré des métèques pour leurs armées de terre : par contre, ils ont largement recruté parmi eux les équipages de leurs flottes. « Si, dit l’auteur de la République des Athéniens, nous avons accordé la même liberté de parole aux métèques qu’aux citoyens, c’est que la ville a besoin de métèques, et pour les métiers de tout genre, d pour la marine 7 . » Et en effet, dans la guerre du Péloponnèse, les matelots métèques ont joué un grand rôle : Périclès dit que citoyens et métèques suffiront, mtime si tous les matelots mercenaires désertent, pour tenir tête aux ennemis 8 ; et la flotte de cent navires TUU dans la quatrième année de la guerre, fîtunedémonshatiou sur les côtes du Péloponnèse, était montée par Athéniens des deux dernières classes et par des » ^tèques 9. Au iv° siècle, nous savons par Démosll ne‘" qu’en cas d’alerte on commençait par embarquer es métèques, et ensuite seulement les citoyens. C’est en 'Mite de rameurs que servaient les métèques sur les avec les thètes et les mercenaires recrutés à aux esclaves, ils n’étaient appelés,

trières,

'étranger. Quant

contrairement à ce qu’a cru Boeckh “, que dans les circonstances exceptionnelles, par exemple lors de la bataille des Arginuses12. Dans la première flotte de Sicile, qui comprenait cent trières athéniennes, les thètes avaient fourni sept cents épibates : il est impossible qu ils aient pu fournir encore à eux seuls les dix-sept mille matelots que devaient porter ces cent trières. C’est donc les métèques qui, au Ve siècle déjà, formaient le gros des matelots, comme au temps de Démosthène. Les officiers mariniers, nommés, non par l’État, mais par les triérarques, paraissent avoir été recrutés indifféremment parmi les citoyens et les métèques. Quant à la triérarchie, qui, si elle était une lourde charge, était en même temps une fonction entraînant un commandement, tout porte à croire qu’elle ne portait pas sur les métèques; peut-être seulement, dans des cas extraordinaires, confia-t-on, dans les symmories triérarchiques, les fonctions d’épimélètes à des métèques : c’est ce que semble prouver une inscription du temps de la guerre lamiaque 13.

Au point de vue du droit civil, la loi athénienne reconnaissait et protégeait la famille et la propriété des métèques comme celles des citoyens eux-mêmes : « Le polémarque instruit.. . les envois en possession de successions et de filles épiclères en faveur des métèques ; et généralement toutes les actions qui relèveraient de l’archonte, s’il s’agissait de citoyens, compétent au polémarque lorsqu’il s’agit de métèques u. » Il faut cependant ici faire une restriction : la propriété des métèques ne pouvait être qu’une propriété mobilière, et, pas plus que les étrangers, ils ne jouissaient de nyx-r^s'.; [egktésiSj.

Quantàla question de savoir s’il pourrait ou non y avoir mariage légal entre citoyens et métèques, question à laquelle on a répondu en général, j usqu’à présent, par la négative, elle est en réalité fort obscure ; et peut-être y a-t-il lieu, comme le veut M. Beauchet [matrimonilm, p. 1643 , de la résoudre au contraire par l’affirmative ; c’est d’ailleurs l’impression que donnent les comédies de Térence.

Les, actions civiles intentées à ou par des métèques ne différaient de celles entre citoyens que par la forme, en ce sens que le magistrat chargé d’instruire l’affaire et de l’introduire devant le tribunal n’était pas le même dans les deux cas. Plusieurs magistrats se partagent en effet la juridiction sur les citoyens : pour les métèques, c’est un magistrat unique, le polémarque [polémarcuos].

« Relèvent du polémarque, dit la Constitution des Athéniens 1S, toutes les affaires privées (ofxat ’toiai) concernant les métèques, les isotèles et les proxènes. Il fait de ces affaires dix lots qu’il répartit entre les dix tribus; les juges de chaque tribu les remettent aux arbitres publics. ■> En cas d’appel des sentences des arbitres, le polémarque présidait le tribunal d’héliastes qui décidait. Mais de plus, le polémarque instruisait toujours en personne certaines actions : d’abord les deux actions spéciales dites à7toffiaiTiou et iirpouTacrou, puis toutes celles que l’archonte instruirait s’il s’agissait d'un citoyen : il n’y a donc, pour connaître ces dernières, qu’à se reporter au passage où Aristote énumère les actions qu’instruit l'archonte 16. Seulement il faut faire une distinction : l’archonte est chargé des affaires publiques

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Î08 Ç0| cra- XXXIV, 39; Dem. XLV, 85 ; C. i. att. II, 187, 334, 380, 413; II, 2, lp . ,C' "S ’ — 2 Dinarch. Frag. 58. — 3 Aescliin. II, 138; cf. Dionys. De

Xc„: y ’ 43ï> 2 R- — 4 Time. II, 13 (et Diod. XII, 40); II, 31; IV, 90; cl' 2i 3; Lyc. C. Leocrat. IG. - S C. i. att. I, 44G. — G Xen.

Vect. II, 5; Hipparch. IX, G. — 7 [Xen.] Athen. Itesp. I, 13. — 8 Time. 1, 143. — 9 Thuc. III, 16. — 10 I, 13. — 11 Boeckli-Friinkel, I, 329.

— 12 Time. VI, 43. — 13 C. i. att. II, 270. — H Athen. polit. 57.

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et privées, le polémarque des actions privées seulement. Une seule action publique relevait du polémarque : la ypacp7] «npocxaffiou. Les quelques discours qui nous sont parvenus relatifs à des procès intéressant des métèques confirment ces données d’Aristote 1 .

Pour les affaires commerciales [emporikai dirai] nous possédons cinq plaidoyers où il est question de métèques -, et de tous il résulte qu’en fait d’affaires commerciales les métèques, au lieu de relever de la juridiction spéciale du polémarque, étaient soumis au droit commun. 11 en était de même pour la juridiction criminelle : toutes les actions criminelles, rentrant dans la catégorie des actions publiques, relevaient des mêmes magistrats pour les métèques que pour les citoyens 3. Mais la loi, qui distinguait, pour les citoyens, deux espèces de meurtre, prémédité et involontaire, ne faisait pas cette distinction pour les métèques. Et en même temps, elle n’assimilait jamais le meurtre d’un métèque qu’au meurtre involontaire commis sur un citoyen : le meurtrier était déféré au Palladion et non à l’Aréopage, c’est-à-dire qu’il ne pouvait être condamné à mort, mais seulement à l’exil A Donc, si la loi protégeait la vie des métèques, elle ne l’estimait pas cependant à la même valeur que celle des citoyens. Par contré, il y avait égalité devantles peines prononcées pour les attentats à la pudeur commis avec violence, quelle que fût la condition juridique de la victime B.

Nous manquons de renseignements sur la procédure suivie dans les affaires criminelles où se trouvaient impliqués des métèques. Cependant nous voyons qu’ils pouvaient être admis, au criminel comme au civil, à fournir caution G. Il semble qu’on ait pu les soumettre à la torture, mais qu’on l’ait fait bien rarement ‘.

Beaucoup de métèques étant d’origine non hellénique, il a fallu leur assurer le libre exercice de leurs cultes 8. Nous savons, par le célèbre décret relatif aux étrangers originaires de Kition, comment on procédait en ce cas a. Les sociétés pour l’exercice de ces cultes, formées librement en tant qu’associations [tiiiasos], avaient besoin, comme introduisant un culte étranger, de l’autorisation du conseil et du peuple; d’autant plus qu’il leur fallait acquérir un terrain pour y élever un temple. Il est évident que, si tous les étrangers de passage profitaient de ces temples, ce n’était qu’à des associations stables, c’est-à-dire formées de métèques, que l’on accordait cette autorisation. Sur ce point Athènes s'est montrée fort libérale, et le Pirée a vu s’élever plusieurs de ces temples, qui contribuaient à fixer en Attique nombre d’hommes originaires d’Égypte, de Syrie ou d’Asie Mineure [meilichios] 10.

Exclus, cela va sans dire, des sacerdoces, les métèques participaient aux cérémonies les plus importantes des cultes de la cité. Un décret du dème de Scambonides antérieur à 455, stipule que, lors du sacrifice en 1 honneur du héros Léon, chaque démote et chaque métèque du dème recevront une part de viande de la valeur de deux oboles. Une autre inscription, qui remonte aux dernières années de la guerre du Péloponnèse, indique

1 Aesch. I, 158; Ps. Déni. LIX, 66; XXXV, 51 ; I.IX, 16; Dcm. 45, 3, l.ys. XXXIII; Isocr. XVII, 12. — 2 Ps. Dcm. XXXII, XXXIII, XXXIV, XXXV, LVI.

— 3 Athen. polit. 57 ; 43. — 4 Dcm. XXIII, 45; Bekker, Anecd. II, 194, H.

— 8 Dem. XXI, 47; Aescli. I, 16.— 6 Antiph. V, 17. —7 Lys. III, 33; XVII, 25, 27. — » Lys. XIII, 54,— 9 C. i. att. II, 168; P. Foueart. Des assoc. relig. chez les Grecs, p. 128 et 187. — 1» Pour l’énumération de ces cultes en Attique, du ve au ni' siècle, voir P. Foueart, Op. I. et Clerc, Les Métèques athéniens, p. 127-146. Quant au prétendu culte de Zeus Meloikios,

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non moins nettement la participation des môU fête des uépuaisteia, où l’on devait donner aux 3?! 4 lil trois bœufs12. Il semble d’ailleurs qu’ils fussenu ^ autrement que les citoyens, qui recevaient individu!? ment leur part, tandis qu’eux la recevaient en bloc ü que fût leur nombre. De plus, cet exemple de p{lPljPtion des métèques au repas qui suivait le sacrifice ?? être unique: les Iléphaestia étaient une fête doli'/" récente ; et dans les fêtes vraiment antiques, comme 1? Panathénées, il n’en était pas de même: les métèqUe& Prenaient bien part à ces fêtes, mais non aux sacrifices Tous les lexicographes disent que les métèques prenaient! Part à la procession des grandes Panathénées j>ANA thenaea] : ils n’ont d’ailleurs pas compris le rôle qu’ils y jouaient, etontvu à tort une humiliation là où il y avait au contraire un privilège13. Dans le cortège, des métèques en tunique de pourpre portaient des hydries ou des

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Fig. 5022. — Les Métèques dans les Panathénées.

iassins (axaep-q) pour le sacrifice, et leurs femmes et eurs filles portaient, les unes des parasols, les autres es hydries (fig. 5022) Les lexicographes et Élien15 e sont figuré que ces parasols devaient protéger contre ardeur du soleil les femmes des citoyens, tandis qu’il ne 'agit que d’un rite religieux; le rôle donné aux hommes scaphéphorie) paraît même avoir constitué une liturgie16. ;n réalité, le seul fait que les métèques étaient admis aux ’anathénées suffirait pour prouver que les métèques liaient partie de la cité athénienne. Les métèques figuraient ncore à la procession des Bendidies [bendideia : maib la itoyens et métèques formaient deux pompes distinctes .

Pour ce qui est des jeux ou concours, autre partie issentielle de toute fête religieuse chez les Grecs, i emble, bien qu’on ne puisse l’affirmer d’une açon msitive, que les métèques y prenaient paît, soi tou ^ ,

encours d’un caractère collectif, comme ceux- de euavopia it de ZÙ oirXioc [EQUITES] b ces concours étant de cara<j ssentiellement militaire, les Athéniens axaiem i , y faire figurer, et par conséquent, a faire e\uc ^ nétèques; de sorte qu’il est bien Probable q des mtaillons d’étrangers dont il est question aux

heseia sont formés de métèques i8. 3 dra-

Les plus importants concours étaient es c ' ciale1

natiques, pour lesquels fonctionnait une 1 11 &

, | gj.q il ; a

jmniun à tous les métèques, dontj parle Boeckli, ^Pj d’un culte pM'1* ne méprise: les métèques n’avaient pas beso.n a Atl-èn^ ^ ^ . at,

ulier, la cité les admettant à ses eu es Harpocr. P|,oL

■f, 1, p. 4. - 12 C. i. ait. IV, 2, 35 b. - « ^ V De D>f

lies?cl‘’ *• ;• »ekkcrl Pagure a’ été gravée

. 75, éd. Valckenaer; Vorlog. ; Poil. III, •’ ■ holographie. — n> Var. hist. VI, L lep. 1, 1. — 18 C. i. att. Il, 444-448.

16 Bekker, Anecd ■ I, -80’ L

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,||()l.(^ie [cuoregia|. Pour une fête seulement les la.|'| ies y étaient soumis, ou, si l’on veut, y avaient puisqu’une liturgie est, en même temps qu’une un honneur et presque une magistrature : c’était lu'l'uc des Lénéennes [dionysia, p. 239] Nous n’avons pu'lleurs aucun renseignement sur la façon dont fonclionna.it cette chorégie ; on peut, de là même, inférer que l,'s choses se passaient comme pour celle des citoyens.

pour achever de caractériser la situation des métèques |.llH la cité, il faut ajouter que, exclus naturellement de tous les droits et de toutes les fonctions politiques, ils ' aient du moins remplir certaines fonctions, comme celles d’arbitre privé [diaitètai], ainsi que le montre le discours contre Phormion 2, et même celles d’ambassadeur : Lysias et Xénocrate furent chargés, l’un en 393, auprès de Denys de Syracuse, l’autre en 322, auprès d’Vntipater, d’une véritable mission diplomatique 3. lien était, enfin, de certains avantages matériels assurés aux citoyens comme des charges publiques: les métèques', d’une façon générale, en étaient exclus; ainsi ils ne prenaient part ni aux clérouehies, ni aux distributions de blé. Mais on voit des métèques médecins publics \ fermiers des impôts B, et même hérauts du conseil et du peuple G. On en voit souvent aussi figurer comme entrepreneurs, même pour les travaux faits au compte de la cité, sous la seule condition qu’ils fournissent la caution

d’un citoyen 7.

Nous n’avons pas de documents établissant de façon positive que les métèques athéniens, se trouvant à l’étranger, fussent reçus par les proxènes d’Athènes; mais nous savons que, d’une manière générale, elle veillait sur eux et sur leurs intérêts. Une ambassade va réclamer au tyran d’Héraclée du Pont les objets que ses sujets ont dérobés à un métèque 8. Et deux inscriptions bien connues montrent que parfois Athènes s’occupa même de ses métèques dans les autres cités, où elle leur faisait assurer certains droits particuliers. Ainsi àChalcis^ après la soumission de l’Eubée par Périclès en 445, les métèques athéniens fixés un certain temps pour leurs affaires à Chalcis furent soustraits à tout impôt envers cette ville 9. A Corésia, dans l’ile de Céos, il y a des métèques qui paient l’impôt, et d’autres qui en sont dispensés10 : ceux-ci sont des protégés athéniens pour qui Athènes impose cette condition, de même qu’elle miposa à la même cité, et vers le même temps, l’obligah°n de lui réserver le monopole du commerce de l’ocre rouge". Enfin, fait plus significatif peut-être encore, un decret du peuple de 322 montre le peuple athénien demandant aux dieux leur protection, non seulement pour los citoyens, leurs femmes et leurs enfants, mais pour les 'dangers fixés dans le pays, c’est-à-dire les métèques12.

^Ux métèques qui lui avaient rendu des services, -Mlunies accordait diverses récompenses, les unes d’ordre I)ni ornent honorifique, éloges et couronne 13, qui Paraissent d’ailleurs avoir été assez rares, les autres ^ 01 die positif. C’était d’abord le droit de propriété, ou |.r°l1 acquérir en Attique une terre ou une maison, ou

1111 1 autre à la fois14. C’était ensuite l’atélie, ou

exemption, partielle ou totale, des impôts qui pesaient sur les métèques [atéleia , soit du meloikion 1 ’, soit des liturgies soit même de Veisp/ioran ; cette dernière exemption est d’autant plus remarquable que, Démosthène l’affirme formellement, elle n’existait pas pour les citoyens [eishiora].

D’autres privilèges accordés à des métèques avaient pour résultat de les élever au-dessus de leur classe, et de les faire passer dans une autre. Le droit de cité était la récompense suprême, fort rarement accordée à Athènes. On le voit conféré dans des circonstances exceptionnelles, par exemple aux métèques qui s’armèrent et permirent ainsi d’équiper la Hotte qui vainquit aux Arginuses18, et à ceux qui prirent les armes après la défaite de Chéronée 19. Comme mesure individuelle, nous ne connaissons que l’exemple du médecin Evénor20, des deux banquiers célèbres Pasion et Phormion21, du grand marchand de salaisons Chaeréphilos et de ses trois (ils2-, et de deux banquiers encore, Epigénès et Conon 2:i.

En général, on n’accordait le droit de cité qu à des métèques qui avaient déjà reçu un privilège moins important, quoique fort recherché cependant, la proxénie [proxenia]. Au premier abord, il semble étrange qu on ait pu conférer la proxénie à des étrangers résidant à Athènes, puisqu’elle n’était pas seulement un honneur, mais une fonction. Et en effet, on paraît ne l’avoir décernée à des métèques qu’assez tard, lorsqu’on s’était habitué à la considérer surtout comme un honneur 21. Les exemples en sont d’ailleurs fort rares: nous n’en connaissons pas plus de trois certains2': cela se comprend, la proxénie donnée à un étranger lui conférant autant de charges que d’honneurs, tandis qu’aux métèques elle ne conférait que des privilèges.

Au-dessous des proxènes et au-dessus des simples métèques était la classe des Isotèles, pour laquelle nous nous bornerons à renvoyer à l’article isoteleia. On voit par tout ce qui précède que les métèques avaient dans la cité une place nettement déterminée, et que les plus méritants d’entre eux pouvaient par degrés s'élever jusqu’au rang de citoyen. Aussi serait-il bien surprenant que, dans la vie de tous les jours, ils eussent été mal vus des citoyens et mal traités par eux. C’est ce qu’ont pourtant affirmé quelques auteurs modernes, en se fondant sur des textes mal compris : il y a là une méprise analogue à celle que l’on a commise à propos de leur rôle aux Panathénées. Le seul de ces textes qui ait de l’importance est un passage de Xénophon où il parle de certaines choses qui semblent frapper les métèques d’une sorte de déshonneur sans aucun avantage pour la cité 26. Mais si l’on se reporte à un autre passage du même ouvrage27, on voit qu’il n’a en vue que la défense faite aux métèques de posséder des biens-fonds en Attique et d’entrer dans la classe des Cavaliers. En fait, non seulement les métèques ne se distinguaient en rien, dans la vie de tous les jours, des citoyens 28 ; non seulement il était défendu de les fi'apper29, mais ils jouissaient, comme les citoyens eux-mêmes, de la liberté pleine et entière de parole, de ce que l’auteur de la République des

cio,,’ ,]° ^‘opfc. Plut. 53. -2 Ps. Dem. XXXIV, 18. — 3 Lys. XIX, 19 ; Plut. Pho- -l’c ; V' i'att- b Add- «o«-256 6.-5 plut. A Ici b. 5.— «C. ». oU.II, 73.

- J h O, col. 1, 1. 47-48 ; c, col. 2,1. 18-19. — iAthen. Mitlh. VIII, 211.

- lj .j, "ll" b - 27 a. — 10 Dittenb. Sylloge 2, n» 522. — UC. /. ait. II, 510.

■ f|'t- &?7.. 1891, 92. — 13 C. i. ait. 11, Add nov. 250 b. — H C. i. att. 1 59.

- 15 C. i. att. 11,27, 121, 222, 224.— 10 Dem. XX, 18. —17 C. i. att. II, 86. — 18 Dioil. XIII, 97. —1» Lyc. C. Leocrat. il. — 20 C. i. ait. II, 187. — 2t Dem. XI.V, 34 ; Ps. Dem. L1X, 2. — 22 Dinarch. I, 43. — 23 Ibid. — 21 P. Monceaux, Les Prorénies grecques, 299 et suiv. — *0 Athcn. Mitth. VIII, 211; C. i. att. II, 186, 380.

— 20 Xcn. Vectiy. II, 2,-27 Jbid. II, 5.— 28 [Xen.] Athen. Itesp. I, 10. — 59 Ibid.

MET

athéniens appelle n<n,Yopfe. Tout ce que l’on exigeait

dws métè?ues’ nous dil Lysias, c’est qu’ils se montrassent convenables envers les citoyens, xoapioo; \ Et Aristophane nous dépeint, sous une forme pittoresque, la véritable situation des métèques vis-à-vis des citoyens, en les appelant le son de ceux-ci : il fait allusion'au pain mêle de farine et de son que l’on mangeait à Athènes et, par conséquent, veut dire que citoyens et métèques sont si intimement mêlés qu’ils ne font qu’un ».

On a longtemps admis sans discussion que les métèques ' ntJ [a,saienl Pas Parlie dt'S dèmes. Il .est pourtant impossible, o priori , qu’une population aussi nombreuse et aussi stable ait pu vivre en dehors de tous les cadres de la cité. En fait, les relations des métèques avec les différentes administrations de la cité, telles que nous venons de les décrire, ne peuvent s’expliquer que si entre elle et euxjl y a un intermédiaire, qui ne peut être que le deme . pour 1 établissement de leurs taxes, la levée de leur contingent militaire, leur participation aux cultes publics, il fallait qu’il y eût quelque part une liste officielle des métèques. Les lexicographes et scoliastes font allusion à ces listes, sans dire où on les conservait ». Mais la façon même dont on désigne les métèques sur les actes officiels suffit pour nous l’apprendre. Dans les inscriptions, en effet, les métèques sont toujours désignés par leur nom suivi du nom d’un dème précédé de iv : Teuxpoç Iv KuSa9r,vat(j) oixôiv. Ce ne peut être une simple indication de domicile, puisqu’il s’agit précisément d hommes qui ne pouvaient être propriétaires. De plus, cette formule n est jamais employée, pour désigner des métèques, que dans des documents officiels 4 : c’est donc la constatation d un état légal, et la preuve que les listes des métèques étaient dressées par dèmes, c’est-à-dire qu'ils faisaient partie des dèmes.

Nous ne savons rien sur la façon dont se faisait l'inscription sur le registre des métèques 6. La question la plus importante serait de savoir si cette inscription était facultative ou obligatoire. Deux textes permettent de la résoudre . la définition du métèque donnée par Aristophane de Byzance et le décret du peuple athénien relatif aux Sidoniens et à leur roi Straton. « Le métèque, dit Aristophane B, est celui qui vient de l’étranger habiter la ville, en payant une contribution pour certains besoins de la cité. Pendant un certain nombre de jours, il est appelé étranger de passage (mxpsTtfôTigoç), et jouit de l’immunité; s’il dépasse le temps fixé, il devient métèque et est soumis à l’impôt. » Si l’on rapproche de ce texte une inscription locrienne qui fixe à un mois le temps au bout duquel l’étranger devait cesser d etre un étranger proprement dit, pour être soumis à la justice locale 7, on sera convaincu qu’il y avait, à Athènes et partout, un délai légal, passé lequel les étrangers étaient inscrits d’office Sur la liste des métèques, et que ce délai devait être assez court. Et précisément la faveur accordée aux sujets du roi Straton consistait en ceci, que les négociants sidoniens venus à Athènes pour

MET

l Acharn. v. 502 et suiv. ; pour le vrai sens de ce passage, cf. Müller-StrUbing, Aristophanes und die histor. Kritik , p. 012 et suiv. — 2 Acharn. 502 sq. ; cf. Miiller- Strübing, l. c. — 3 Poil, ni, 57; SchoI. Arislopb. Au. v. 1669; Iian.v. 416. — 4 Ce sont les comptes des polètes (C. i. ait. I, 277, 1. 14), les comptes des épistales des constructions publiques (Ibid. I, 321, 324; II, 2, 829, 834, etc.), les inventaires des trésoriers d'Athéna (Ibid. H, 2, 652 b, I. 18 ; 660, 1. 47, etc.), les inventaires des épimélctes des arsenaux (Ibid. II, 2, 811 c, 1. 39). i Ces registres, à Pergamc, s appellent àaoyçaœaî (Frankel, Ins. von Per-

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Sur la situation des métèques dans , meli'1“« •

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que nous fournit le décret du dème de if * «W» nous avons vu qu'ils étaient admis à C„ T Mcs’ oi

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en étaient la suite, que ceux que non. '‘u"ues fl»i decret des Eleusiniens en faveur du méSLT"' » qui avait, lors de la fête des Dionvsies 1 “Msias. frais deux choeurs, l'un d'hommes, Vautre dvT * “* lui conféra, outre des éloges et une ™ '"ll5:™

pour lui et ses descendants, la ZZ TT/01' * l.’atélie dont il s'agit ne peut être „„c celle J "ia'e butions levées pour subvenir aux frais des f,u “",n'

11"!'': £ “étèc!ues donc soumis à tatet

charges des démoles, mais, comme eux

prenaient part

aux fetes et pouvaient y jouer un rôle actif. Paisanl partie des demes les métèques faisaient forcément parti! des tribus En effet, le polémarque faisaitdes procès des meteques dix lots qu il répartissait entre les dix tribus " et d ailleurs on sait que la chorégie s'acquiltailpar tribu] 8 il faut en croire les lexicographes et les scoliastes les meteques, dans toutes leurs relations avec la cité’ auraient eu besoin d’être assistés d’un intermédiaire’ leur prostate". En fait, les textes les plus anciens sur ce sujet ne remontent qu’au iv° siècle et n’apprennent rien sur ce prostate, si ce n’est que tout métèque devait

en avoir un13, sans quoi il s’exposait à une action

en

aprostasie, yp a<p*i àirpoaTettrtou 14. A part cela, il est im possible de saisir la moindre trace de l’activité du prostate, qu il s’agisse des affaires privées des métèques ou de leurs aflaires publiques. Des savants modernes, pour expliquer cette apparente contradiction, ont supposé que l’obligation du prostate, rigoureuse dans les temps anciens, avait fini par tomber en désuétude15. Cela ne peut être, puisque ce sont justement les auteurs relativement récents qui en parlent seuls. D’autres pensent que l’intervention du prostate était de pure forme, et ne servait qu’à présenter le métèque devant les tribunaux ou les magistrats, après quoi il agissait personnellement l6. C’eût été une formalité inutile, le polémarque étant déjà cet intermédiaire entre les organes de la cité et les métèques. En réalité, c’est de l’obligation pour tout métèque d’être inscrit sur le registre d’un dème que découle l’obligation d’avoir un prostate, et le rôle de celui-ci se bornait précisément à l’accomplissement de cette formalité : le protaste était le citoyen d’un dème qui présentait à ce dème le nouveau métèque etle faisait inscrire sur ses registres, après quoi ses fonctions cessaient, et le métèque était en possession de tous ses droits. Il n’y avait donc rien de commun entre le prostate ou patron du métèque et celui de l’affranchi, quoique le même mot désignât l’un et l’autre : l’affranchi avait enveis le sien diverses obligations, le métèque n’en avait aucune. De là vient aussi que, tandis que les plus favorises < es

gamon, 249). — 6 Aristoph. Byz. éd. Natick, fr. 38

8 C. i. att. 11,86. — 9 'Es Y|g. àPX. 1889, 71.— 10 Haussouliicr, L

7 Inscr. gr. antiqutss. i. — - Le dème d' Eleusis

il Arist. Athen. Polit. SS. — ®u‘^'

S. V. *Aicfr°

{Ann. Fac. Lettres de Bordeaux , VU, 232).

S. V. Nîjxeiv irpooràTVjv, et S. V. ' Aicpoorairtou

Scliol. Dem III, I ; Dem

VIII, 53. — i*lJoll. VIII, 35; Arisiot. Atnen. troi u.ov, ~ - -

— IB Schenkl, De metoecis atticis , 199. — 16 Thumscr, Info suc /

V TÏOOCTTWTTiy, x.1/ O. u. nftuuumw.vi, - - 1 » - • . . i /’,//(

m. C. Aristogil. I, 788, 5 ; Bckker, Anecd. I, 201, H- — ,s0C

n. XXV, 58; Ps. Dem. LIX, 37 ; Hyper. Orat. att.U,3SS,Prag. - ■ *

-14 Poil. VIII, 35; Aristot. Athen. Polit. 58; Bekker, Anec . , ^

. . . . rr, rrniersuehunaen,

Sboj; cf. Harpocr. ... - —P

13 Arislo 1. 1 0,ar, : Isocr.

sq.

MET

MET

étrangers.

les proxènes, n’ont accès direct devant le tri-

elle

proxé

Ain

compte

[P(ln polémarque qu’en vertu d’une clause spéciale 'iri i-cl leur conférant la proxénie, TtpoaoSo? 7cpbç xov ^ i les métèques ont ce droit, parce qu’ils ont

^■^•ésentés régulièrement une fois pour toutes à la cité. tl|( .l(jcun des décrets rendus en faveur de métèques ne '(,onfère-t-il la 7tpô<7ooo<;, et même cette clause est- * "! .^ente dans les décrets qui leur confèrent la nie, comme inutile.

. iilgj compris, le rôle du prostate permet de se rendre i de la vraie nature de l’action dite aprostasiou ni\ pile ne pouvait être intentée qu’au métèque qui n'avait pas de prostate, c’est-à-dire qui avait négligé de se faire inscrire sur la liste des métèques. Convaincu, le métèque était puni, d’après Suidas, de la peine de la confiscation 2, qui ne doit avoir été, comme d’habitude, qu’une peine accessoire, la peine principale étant la vente comme esclave 3. Et la sévérité de cette peine s’explique de [a même façon que pour celle qui frappait le métèque qui ne payait pas le metoikion : l’un et l’autre étaient soupçonnés de vouloir se dérober aux devoirs de leur condition légale, en se faisant passer pour citoyens.

Nous n’avons parlé jusqu’à présent que des métèques proprement dits, c’est-à-dire des étrangers d’origine libre, venus librement en Attique. Il faut ajouter que la classe des métèques ne comprenait pas que cet élément, mais, dans une proportion que nous ne pouvons déterminer, un élément d’origine servile, à savoir les affranchis. Il suffit, pour le prouver, de citer le passage où Harpocration dit qu’ils payaient le metoikion 4 : ce qui veut dire que, tout en dépendant de leur patron, ils avaient aussi des relations directes avec la cité. Il n’y avait donc, au point de vue du droit public, aucune différence entre affranchis et métèques. Mais l’affranchi avait des obligations privées que n’avait pas le métèque, et, à tout affranchi qui cherchait à les éluder, son patron pouvait intenter une action en apostasie [apostasiou dire et apéleutheroi] 5. C’est à des actions ds cette nature que se rapporte toute une catégorie d’inscriptions longtemps demeurées énigmatiques, les Catalogues des phiales d’argent offertes par les affranchis 6. Il s’y agit, dans les unes, d’affranchis à qui leurs patrons avaient intenté une action en apostasie d qui avaient gagné leur procès, dans les autres, d affranchis qui l’avaient perdu. Le gain d’un procès de ce genre, pour un affranchi, avait pour résultat de le délivrer de tout lien de patronage, et de ne plus lui laisser que des obligations envers l’État.

Telle nous apparaît, à partir du v» siècle, la condition des métèques à Athènes. Il est possible de re|racer, dans ses traits principaux, l’histoire de la formation et du développement de cette classe d’hommes, e' de se rendre compte de la politique suivie à cet égard pm Athènes. La plupart des hommes d’État d’Athènes, en ^ e ' '"h eu sur la conduite à tenir vis-à-vis des métèques es "'des très nettes, et les théoriciens eux-mêmes, Wniii". Platon et Xënophon, n’ont pas manqué d’exposer 1 Urst comme sur une chose fort importante pour la latun, qui, dans sa République idéale, n’admet

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3 Mcier-SchÔmann-Lipsius, — 5 Sur cette action, et jénéral, cf. G. Foucart, De libertorum con- Ullen- 1890. — 0 C. i. att. Il, 768-776; IV, 768-772. -7 Leg. 7 8 XI, 915 B, et 850 AC. — 9 Xen. Vecl. tout le cha-

!Hlr 'a question île savoir si les mœurs à Athènes étaient favorables

point d’étrangers, admet tacitement, dans les Lois, la présence des métèques \ Seulement, outre qu’il veut les confiner dans les métiers inférieurs, indignes des citoyens, et les empêcher de devenir riches, il les expulse au bout de vingt ans 8 : c’est dire qu’il rend leur présence dans la cité impossible. Ils sont pour lui comme un mal inévitable, qu’il tâche de réduire au minimum possible. En cela, Platon n’est que le représentant du parti aristocratique, qui voulait fermer la cité aux étrangers, comme le faisaient les Spartiates. Xénophon au contraire, écrivant au lendemain des désastres de la Guerre sociale, ne voit pas de meilleur moyen de relèvement pour Athènes que le développement de laclassedes métèques 9. Et pour cela il propose qu’on leur donne le droit de posséder des maisons et qu’on les admette dans le corps des Cavaliers. Quoique aucune de ces réformes n’ait été réalisée, il est visible que les idées de Xénophon sur ce sujet étaient les idées de ceux qui voulaient relever la puissance d’Athènes en développant son commerce et son industrie, comme l’avaient fait autrefois les chefs du parti démocratique, avec qui il se trouve d’accord sur ce point.

C’est, en effet, la politique qu’ont suivie tous les hommes d’État athéniens, depuis Solon jusqu’au temps de Démosthène et même au delà. D’abord, il est certain que la douceur de mœurs et le caractère hospitalier propres aux Athéniens ont dû, dès le début, assurer aux étrangers une situation meilleure à Athènes que partout ailleurs. Et de plus, tandis que beaucoup de cités méprisaient le travail manuel et le laissaient presque exclusivement aux esclaves et aux étrangers, de bonne heure les Athéniens s’y livrèrent : ils ne purent donc mépriser les étrangers qui à leurs côtés exerçaient les mêmes métiers,ü. Enlin une troisième cause a agi plus activement encore sur le développement de la classe des métèques, à savoir la transformation de la constitution dans le sens démocratique.

On ne peut se représenter la situation des métèques aux temps très anciens, dans la cité aristocratique, que comme résultant de rapports tout personnels entre l’étranger et un des citoyens, dont il est comme le client. Mais, dès le temps de Solon, on constate que les étrangers affluent en Attique, attirés par la sécurité dont ils y jouissaient11. Nous ne connaissons pourtant aucune mesure positive prise par lui en faveur des métèques 12 ; mais ses réformes dans leur ensemble, réformes qui faisaient prévaloir la fortune sur la naissance, étaient de nature à relever leur condition, comme celle des citoyens de basse naissance qui arriveraient à la fortune. Puis, sous Pisistratc, le grand développement des travaux d’utilité publique, qui exigea beaucoup d’ouvriers, du t attirer, comme plus tard les grands travaux de Périclès, beaucoup d’étrangers. La preuve en est dans la révision des listes civiques qui eut lieu après l’expulsion des tyrans, et qui permit de constater que beaucoup avaient usurpé le droit de cité : qui pouvait l’avoir fait, sinon des étrangers domiciliés depuis longtemps déjà en Attique et y vivant de la vie des citoyens 18 ?

C’est à partir de Clisthène que les métèques nous apparaissent comme ayant dans la cité leur place marquée

ou hostiles au travail manuel, question qui a donné lieu à des malentendus, voir l’article artifices; cf. Brants, De la condition du travailleur libre dans l'industrie athénienne (Dev. de l'instruct. publ . belge , XXXVI, p. 100 et suiv.); Clerc, Métèques athéniens, p. 320 et suiv. ; P. Guiraud, La main-d’œuvre industrielle, p. 37 et suiv. — H Plut. Sol. 22. — 12 L’assertion de Plutarque, Sol. 24, est une méprise, sans quoi la réforme de Clisthène n’aurait pas eu de raison d'être. — 13 Arist. Ath. Pol. 13.

MET

H leur droit bien défini. Une de ses réformes consista, à n’en pas douter, adonner le droit de cité à une partie des métèques; ce qui prouve une fois de plus que cette classe d hommes avait déjà pris une grande importance1. Et pour les autres, il faut bien admettre, quoique les auteurs ne le disent pas formellement, qu’il prit toute une série de mesures qui seules peuvent expliquer ce que nous savons de la condition légale des métèques au ve siècle, et que l'on ne peut rapporter à aucun autre que lui. De lui doit dater 1 inscription régulière de chaque métèque sur les registres d’un dème, c’est-à-dire la régularisation tle ses rapports avec la cité, substitués aux anciens rapports personnels avec un citoyen. C’est alors que le choix d un prostate devint une simple formalité, et que le nom dumétèque futrégulièrementsuivi, dansles actes officiels, du nom de son dème. Si l’on admet, avec Fustel de Coulanges, que la principale réforme de Solon eut pour but et pour résultat de délivrer les thètes de toute obligation personnelle envers un patron seul propriétaire de la terre, pour ne plus leui laisser de devoirs qu envers la cité attica respublica], on peut se représenter la réforme de Clisthène comme ayant eu le même résultat pour les métèques, autorisés désormais à avoir des relations avec l’État sans l'intermédiaire d’un citoyen, sauf au début etune fois pour toutes. Les hommes politiques du vc siècle ont tous suivi vis-à-vis des métèques la même politique que Clisthène, et, en favorisant le développement de cette classe d’hommes,

1 ont par là même attachée au régime nouveau, la démocratie. On a remarqué avec raison2 que ni la création de la flotte de guerre par Thémistocle, ni l’exploitation des mines du Laurion, ni le développement de la peinture sur vases à figures rouges, ne s’expliquent sans la participation de plus en plus grande des métèques à la vie de la cité. La création du Pirée surtout, qu’il fallait peupler de marins et d’artisans de toute sorte, amena forcément Thémistocle à toute une série de mesures auxquelles parait se rapporter un passage de Diodore 3 : Thémistocle, dit-il, aurait proposé de donner l’atélie aux métèques et artisans, de façon à peupler vite la nouvelle ville et à y assurer l’exercice de tous les métiers utiles. Sous Périclès, le célèbre décret de 451, qui stipulait que seuls jouiraient des droits civiques les fils de père et de mère {Doyens4, montre le rapide développement pris par l’élément étranger, et montre bien aussi la vraie politique des Athéniens sur ce point : favoriser l’élément étranger, mais à condition qu’il demeurât dans les cadres qu’on lui avait assignés. 11 est certain d’ailleurs que les grandes constructions d Athènes ne purent que l’augmenter, et le traité avec Chalcis dont nous avons parlé prouve que la sollicitude de Périclès s’étendait, pour les métèques athéniens, même en dehors des frontières de l’Attique. Le développement de la classe des métèques a donc coïncidé avec celui du régime démocratique : c’est dans l'intérêt de ce qui faisait le fondement de ce régime, à savoir la marine de guerre, la marine de commerce et 1 industrie, que les Athéniens ont appelé à eux et retenu par tous les moyens l’élément étranger, auquel ils ont fait dans leur cité une place suffisante.

Après la guerre du Péloponnèse et la chute d’Athènes, le gouvernement oligarchique inaugura contre les

Ariht. I ol. III, I, 10 : K7Et<j(>évrjç... kô/Aou? izuli-aum çévouç xetl So-jXouç pcTo.xou;, c est-à-dire des étrangers d'origine libre et d’origine servile; et Ath.

MET

neteques une véritable persécution : Athèno a 1 empire maritime, n’avait plus besoin h reno«Çant par conséquent, du concours des étrl marine- ni, métèques se rangèrent-ils du côté de ^rv les aider a restaurer le régime démocratique ® P°Ur fit promettre l’isotélieà ceux d’entre eux uni les armes, et un fragment de décret rend, Pf?draH sur la proposition d’Archinos, nous’ montré ^S“BeDl recompense donnée à des métècmes n„i . et celle à Fh* et » Munychie ».

dans le courant du ive siècle et h «fin, î ,• etrangers en faveur de certains

Corésia dont nous avons parlé prouvent quT'Cta ** années avant la Guerre sociale, les métènae’s S * dans les préoccupations des hommes d’Etat Iplace qu’au temps de Périclès. Par contre, ce, le fut, en cela comme en tontes choses, un véritable d!aS pour Athènes, isocrate déclare, l’année même où elle pr hn, que les meteques ont disparu •; et c’est alors L Aenophon veu t les ramener par toute une série de mesure que nous avons indiquées. Ces idées de Xénophon Lycurgue, après Chéronée, essaya d’en mettre en praliaue quelques-unes : c’est lui qui fit rendre le décret accordai aux marchands de Kition l’autorisation d’élever un temple au Pirée, lui encore qui lit récompenser Eudémos de Platées pour avoir contribué aux frais de la guerre et de la construction du théâtre et du stade 7.

Tantqu’Athènes et le Pirée gardèrent quelque indépendance, et surtout, quelque importance commerciale, les Athéniens usèrent vis-à-vis des étrangers domiciliés chez eux de la même politique. Après la guerre Lamiaque, on exempta du nietoikion les Thessaliens réfugiés à Athènes 8, et on récompensa deux métèques qui avaient rendu des services dans cette guerre 9. Plus lard encore, au temps de la guerre de Chrémonide, puis d’Aratos, des métèques participent à des epidoseis 10. Enfin, cinquante ans encore avant la réduction de la Grèce en province romaine, un décret récompense un métèque pour la part qu’il a prise à la guerre contre Philippe V de Macédoine11. A partir de ce moment, il n’est plus question à Athènes de métèques; il n’y a plus rien de commun entre eux et les nombreux étrangers qui, à l’époque romaine, habitent Athènes pour leur instruction ou leur plaisir. On peut dire, au résumé, qu’Athènes, tant qu’elle a été une cité indépendante, a eu et suivi avec une singulière persévérance vis-à-vis des métèques une politique bien définie.

On a souvent essayé de calculer le nombre des métèques, comme celui des citoyens, à Athènes. On ne peut arriver à un résultat satisfaisant en fait de nombres absolus, oj le peut au contraire jusqu’à un certain point, si 1 on ■ se contente de chiffres comparés. Pour le vc siècle, nous avons un document d’importance capitale, lenu I mération des forces militaires d’Athènes au d< but I de la guerre du Péloponnèse, d’après Thucydide ■ ,eS I forces comprenaient, en fait d’hoplites, 13 000 hoinmesj

plus 16 000 autres formant la réserve, et composes)

de vingt ans

de tous

Pol. ïl

• Toy; veciTCoÀÎTaç. - Wilamovvitz-Moellendorf, Untersuchunyen , p. 248.

d’une part, des citoyens au-dessous et au-dessus de soixante, et, d’autre part, ceux des métèques qui servaient comme |0P 1

Y VIH ->4 8 ^ Ul, I

— 3 XI, 43. — 4 Arist. Athen. Pol. 26. — « Athen. Mitth. - ■ __ |0C^

II, 176. — » Ibid. II, 222. — 9 Art-»»» à?Z- IS8'’

- H Ibid. II, 413, — l? II, 13, 7 ; cf. Il, 31.

- 7 C. i. a II, 334, 380.

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distinguer, dans ce dernier contingent, les mépour l 'L citoyens, il n’y a qu’une méthode possible : lèT" ^ )rendre pour point de départ le chiffre 13000 re- C<- 'entant le total des hoplites citoyens, et, au moyen ^'•'données modernes sur la durée moyenne de la vie ^ .lUic de reconstituer le total de chacune de ces trente 1111111 ' ,'t le chiffre des naissances annuelles. Or, d’après

lli" hMcs de mortalité, 13 000 hommes de vingt à cinn<\HU ans supposent 1003 éphèbes de dix-huit à vingt 3240 hommes de cinquante à soixante ans et un l'obi de”" naissances annuelles de 800. Il reste donc pour ]°s hoplites métèques un total de 11 750, et un total de naissances annuelles de 545. Quant à la force relative dis contingents autres que les hoplites, infanterie légère et équipages de la Hotte, il est impossible de la détermjner mais il est évident que les métèques de ces deux catégories étaient plus nombreux que les hoplites. Si l’on admet qu’il faut doubler le nombre des hoplites métèques pour avoir le total de la population métèque en hommes faits, et si l’on multiplie ce chiffre par quatre, proportion généralement admise pour le rapport entre les hommes en état de porter les armes et le reste de la population, on obtient un chiffre de près de 100 000 âmes pour l’ensemble de la population métèque au moment de la guerre du Péloponnèse. Comme il est généralement admis que les citoyens étaient alors au nombre de 120 üüO ', les métèques auraient été vis-à-vis des citoyens dans la proportion de 4 à 5. Et ce n’est que par l’hypothèse d’une très nombreuse population que l’on peut, en effet, s’expliquer et la double expédition de Sicile et la longue résistance d’Athènes dans la dernière partie de la guerre. Il faut ensuite descendre jusqu’à l’année 309, sous le gouvernement de Démétrios de Phalère, pour trouver un autre chiffre précis, provenant du recensement officiel faiL cette année-là, qui montra qu’il y avait en Attique 21000 citoyens et 10000 métèques 2, c'est-à-dire que les citoyens avaient diminué de près d’un tiers, et les métèques de plus delà moitié. Les inscriptions funéraires ne peuvent servir à contrôler ces données des auteurs, parce qu’on ne peut distinguer celles des métèques de celles des étrangers ou même des esclaves ; et d’ailleurs celles du v° siècle, c’està-dire de l’époque la plus importante, sont trop peu nombreuses. Par contre, ces inscriptions peuvent servir n nous renseigner sur l’origine des métèques. Dans le second volume du Corpus Attique , sur un total de MCJ inscriptions émanant d’étrangers, 78 seulement portent des noms barbares, de vingt contrées différentes ; les lr-l autres émanent de Grecs, de cent quatre-vingtflnq cdés différentes. C’est dire que les métèques, à Athènes, étaient des provenances les plus diverses, mais, en grande majorité, d’origine hellénique.

Cette population métèque parait s’ètre très inégalement répartie entre les différents dèmes de l’Attique.

'ente et un dèmes seulement sont représentés dans les nseriptions ; et là-dessus les dèmes urbains l’emportent f.|ll JIMUCOuP) Mélité et le Pirée venant en tête. Seul, en lalif '6 ^mes ruraLlx> Alopécé parait avoir eu une popu- 1111 métèque nombreuse : or c’était un des plus rap-

- 3 SyMs histor- Zeitschrift, XLVIII, 40. — î Athcu. VI, 272 B.

,| j r- EP'st ■ graeci, p. 83; cf. C. i. a. II, 2, 773. — 4 C. i. a. 1,321, etP 17 j K l’ S i elc'; P- Guiraud, Main-d'œuvre industrielle , p. 1 60 et suiv. *007 ,,| j, et Lys. XII, 19; Dem. XXXVI, 11. — 6 Scol. Aristoph. Vesp.

a ye t-Col lignon , Hist. de la céramique grecque. 205; K. Bottier, Rev.

proehés de la ville, un dème suburbain. Sur un total de 240 métèques dont le dème est connu, 459 habitaient la ville et le Pirée, les 87 autres se répartissant entre vingtsix dèmes différents. Cela s’explique par la nature des professions exercées par la plupart d’entre eux.

Tout d’abord, dans cet élément étranger se recrutaient, comme dans toutes les grandes villes, les professions douteuses ou inavouables : sycophantes, joueuses de llûte et de cithare, et, d’une façon générale, les courtisanes 3. Quant au gros de la population métèque, c est àl’industrie, surtout aux diverses industriesdu bâtiment, qu’elle se livrait. Dans les comptes de constructions du vu et du ive siècle, sur un total de 130 entrepreneurs ou simples ouvriers, figurent seulement 50 citoyens contre 80 métèques L Ce sont des entrepreneurs de maçonnerie, de décoration, de démolition et de transport des matériaux, etc., desfabricantsetfournisseursde matériaux de foute sorte, pierre, tuiles, cordes, outils, etc., enfin des artisans de tous les métiers, maçons, menuisiers, serruriers, et aussi des ornemanistes, sculpteurs, doreurs et peintres décorateurs. Les industries métallurgiques y sont aussi représentées par des fondeurs en plomb, en cuivre et en or; des fabricants d’objets en fer, et des fabricants d’armes, notamment de boucliers, industrie qui paraît avoir été des plus florissantes et qu’exercèrent le père de Lysias et le fameux banquier Pasion 5.

L’industrie céramique paraît en grande partie avoir été entre les mains des métèques : « Fabriquer des lampes, dit Andocide, c’est faire œuvre d’étranger et de barbare 6. » Et outre ces peintres de vases et les sculpteurs de l’Erechtheion, les inscriptions nous font connaître deux toreules métèques, dont l’un, le célèbre Mys, était isotèle 7. Tandis que l’agriculture a peu de représentants, la petite industrie fournit beaucoup de noms, corroyeurs, cordonniers, boulangers, cuisiniers, foulons, tisserands, coiffeurs, portefaix, etc. Les femmes exercent aussi de nombreux métiers, couturières, tisseuses de laine, et, surtout, nourrices.

Les négociants paraissent avoir été plus nombreux encore que les industriels. Ce sont, soit des marchands au détail ou revendeurs, scxirriXot, dont quelques-uns tenaient des spécialités, étoupe, encens, sésame, soit des marchands en gros, faisant le commerce par mer, le commerce d’importation, ’ÉgTcopot [mercator, negociator]. Le commerce des céréales surtout était en grande partie entre leurs mains 8. Enfin le plus fructueux de tous les commerces, le commerce de l’argent, était aussi pratiqué par eux, et les principaux banquiers, ou trapézites, que nous connaissons, sont des métèques, notamment Pasion et Phormion9 [trapezitai]. Outre ces banquiers, d’autres, des capitalistes, faisaient valoir leurs capitaux en les prêtant, surtout à la grosse aventure10. En un mot, les métèques occupaient dans le monde des affaires, à tous les degrés, une situation prépondérante, et c’est en grande partie grâce à eux qu’ Athènes et le Pirée ont dù d’être la première place de commerce et le centre financier du monde grec. Il résulte de cela que, contrairement à l’opinion de Boeckh M, s’il y avait beaucoup de métèques pauvres, il y en avait aussi beaucoup de riches. Outre les noms de

arc II. 1889, I, 35. — 7 C . i. a. Il, 2, add. 741. — 3 0. Perrot, Le commerce des céréales en Attique au iv* siècle avant notre ère (Rev. histor. IV, p. 1 et suiv.). — 9 G. Perrot, Le commerce de l'argent et le crédit à Athènes au iv« siècle avant notre ère (Mêm. d’archéol., d'êpigraphie et d'histoire , p. 337 et suiv.). — *9 Dem. XXXtV, 50. — Il Op. I. 1,025.

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grands négociants ou de particuliers qui ont argement contribué aux eisphorai et aux epidoseis , nous voyons des mctèques posséder des esclaves et des affranchis, et 1 un des poètes de la comédie nouvelle, Philippidès, se plaint de l'insolence des riches parvenus métèques ' Et la persécution dont ils furent l’objet sous les Trente montre bien qu il y avait là une source de richesses bien connue de tous les Athéniens.

Dans ce que nous appelons les professions libéra es, leur place n’est, guère moins considérable. Parmi les savants, les médecins Événor et Phidias 2, l’architecte du Pirée, Hippodamos de Milet 3, l’astronome

îaeinos, le maître de Méton 4, ont été des métèques. Aous ne savons pas d’une façon précise si les nombreux poètes et les nombreux philosophes qui ont vécu à Athènes y étaient comptés comme tels, bien que ce soit très probable : mais nous le savons positivement pour trois des orateurs du iv« siècle, Dinarque, Isée et Lysias5.

Favorisés par le gouvernement démocratique, les métèques, quoique soucieux avant tout delà paix intérieure et extérieure nécessaire àleur commerce et à leur industrie 6, ont eu, en général, une préférence marquée poulie régime auquel ils devaient leur prospérité, et ils l’ont montré lors de la chute des Trente et du rétablissement du gouvernement populaire. Avant même cette époque, on voit des métèques jouer un rôle, fort obscur à là M-rité, dans d autres affaires d’un caractère politique Dans les ténébreuses affaires des Mystères et des Ilermocopides, plusieurs métèques, notamment Teucros et Képhisodoros, figurent comme amis et compagnons habituels d Alcibiade 7, et il semble que ce dernier ait fait entrer dans l’espèce d’hétairie analogue aux hétairies aristocratiques qu il avait formée, non seulement des citoyens, mais des étrangers dévoués à sa fortune. En 411 encore! on voit des métèques jouer un rôle équivoque sous les Quatre-Cents, lors de l’assassinat de Phrynichos : les auteurs ou prétendus tels de cet assassinat, qui furent recompensés une fois la démocratie rétablie, étaient tous des métèques 8. Sous le gouvernement des Trente enfin, et lors de la restauration du régime démocratique, ce ne sont plus des individus isolés, c’est la classe entière des mctèques qui prit une part active aux luttes politiques, et, très nettement, pour le parti démocratique. Déjà, lors de la prétendue conspiration dans laquelle les oligarques impliquèrent, pour les perdre, les chefs du parti démocratique modéré, des métèques furent saisis et mis à mort 9. Lne fois les Trente au pouvoir, ils exercèrent contre tous les métèques une persécution systématique qui, du reste, contribua plus que tout à amener la rupture entre Critias et Théramène. Pison et Théognis tirent décider que chacun des Trente s’emparerait de la personne d’un métèque, le mettrait à mort et confisquerait ses biens. Xénophon et Lysias disent que c’était surtout pour se procurer de l’argent10. Mais en fait, parmi ceux qui furent arrêtés, figuraient deux pauvres!

v/ A !’ 277 ; les Catalo,Jues phiales d'argent, pas sim ; Athen.

« • a “ 2 C' 1 “• "■ I86' 187 ! lhid - ». Add. nov. 256 b. - 3 Schol Aristoph. Equit 327. 4 Theophr. De sign. tempes t. 4. 3 Voir G. Perrot,' éloquence politique et judiciaire à Athènes. - 6 Aristophane no manque eSp ,olgUrer parmi CCUX ‘‘ue 7ryeée appelle à la rescousse pour , v u“’ 297)'“ 7 And,’C■,' 277. — 8 Thuc.

9 f vm 5’ Ü C’ K “■ '■ 59 1 cf' Rôbl- L'J°™ [Hermes, XI, 378).

Il 3 40 1’ m T, Xen' Ihllen' 3’ 21 ; Lys- Xl11’ C’ 7‘ - 11 X™- Bell.

'' ~ bu: 2j' - 13 Athen. A/itth. XXIII, 24, n« 3. - H XXXI,

-9, el. Il, 00. - lo Plut. Arat. 36, 38, 45. - IC Le Uas-Foucart, Mégaride et

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et la mesure, due en réalité à Critia* autre portée : elle achevait l’œuvre ™ 1 Une bien

démolition des remparts et la destructT11^'1^6 Par la c esl-;\-dire l’anéa„tiSSement de ZI t Z '* <

force de la démocratie, empire extérieuï fail h

mer ce et industrie. Le résultat de qu avait prévu Théramène » • les JT f Ures ht ce

ennemis irréconciliables du nouveau rTo ‘V'n,'ent des ceux qui le purent s’enfuirent, comme f ' l°Us début, la petite armée de Thrasvbule ySlaS' Dès le ses rangs. 11 leur promit l’isotélie- Pi ^ ^ns tenue : un fragment de décret dû pràbablem^Tf fUt nos en fait foi 13. Et plus tard, Lysias put c\7 * Chi'

métèques cet éloge, que dons ces circonstatesT *" lis avaient fait tout leur devoir u. glaves-

En dehors d’Athènes, nous constatons l’existence h meteques dans 7! cités, réparties dans toutes les conT ' de la Grece indifféremment. Les traits généraux a ” . 8 tilution y apparaissent partout à peu près les ■ et il suffira de signaler quelques particularités Sj

1 va de soi qu il n y avait pas de métèques, du a 1 époque classique, en Laconie, où l’institution des

T T' I,r<Scisémenl de les empêcher

tabln . 1 ar contre, en Arcadie, notamment a Maninee e à Tegee, les métèques tiennent une place J

ante A Mantinee, en 227, Aratos leur donne le droit d,

cite L A Tegee, les métèques, au siècle avant notre ere, sont répartis entre les tribus, comme les citoyens eux-mêmes, et prennent part aux jeux publics u ; il est vrai que ces tribus ont un caractère territorial et ressemblent aux dèmes athéniens A Argos, les neSüjrvm que deux fragments d inscriptions montrent répartis en symmories sont certainement des métèques 1S. A Mégare, les métèques paient le metoikion , ont un prostate et peuvenL recevoir l’isotélie 19.

Dans la Grèce centrale, la plupart des villes de la Beotie ont des métèques (pixoïxot ou 7càpotxoi) et des isotèles 20 : le texte le plus intéressant est celui qui nous montre une femme affranchie, qui, aux termes de l’acte d affranchissement, se choisira le patron qu’elle voudra, c est-a-dire entrera dans la classe des métèques21.

En Phocide, les métèques, xafotxot ou aüvotxot, paraissent avoir été très nombreux à Delphes : ils y payaient des impôts et y étaient soumis à des liturgies, I notamment à la chorégie, à moins d’atélie, et n’y jouissaient pas de l’egktésis22. En Locride, dans les petites ’ cités maritimes de Chalion et d’OEanthéa, les métèques occupaient, dès les ve siècle, une place assez importante pour que, dans une convention entre ces deux villes, un paragraphe les concernât spécialement ; il y est dit que tout métèque originaire de l’une des deux cités contrac- . tantes sera jugé, en cas de litige, non par le tribunal des xénodiques, réservé pour les étrangers proprement dits, mais par les tribunaux ordinaires de la cité, mais qu’il ne pourra le faire que par l’intermédiaire de son I

Pélop. 338 b. — i7 Gilbert, Handbuch , II, 127. — l* Inscr. gr. antiq. 35, «ï | niSàf omoi est la transcription dorienne de pénuxot {iztHù = |aet4). — t9Dem. XXI\> ■ I Lyc. C. Leocrat. 21; Corp. inscr. gr. sept. 20. — 20 Acroephiae , C. ir'scr'^' 1 sept. 2712 ; Baliarte , Ibid. 2848 ; 2849 ; Orchomène, Ibid. 21 ; Oropos, bys. ’ I 9, et C. inscr. gr. sept. 237 à 401, 4258, 4260 à 4268; Platées , Ibid. 10 | fl Tanagra, Jbid. 504 à 509, 510 à 536; Thèbes, Diod. XVII, U, 2; C. inser. gr^ ■ sept. 2409; Thespies, Ibid. 1862, 1726; Thisbé, Ibid. 2223-2224. - 21 H>u ■ Dittenberger, Hermès, XXI, 633’; cf. Bull. corr. bell. XIX, 161, où lu» llül j même formule, i Orchomène. — 22 Dittenberger, Sylloge s, 485; Bull. cou.

V, 402 ; Vil, 417.

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Pr

oxène.

Il n'y avait donc pas dans ces villes de magis-

i malogue au polémarque d’Athènes. De plus, pour 11,1 ,(|jr être réputé métèque, il faut résider depuis plus Phi mois1. En Ëtolie, les métèques apparaissent nomir(,n\ au )i° siècle2; ils peuvent jouir d’un privilège -■lé ÊiriTig-*» qui paraît analogue à l’isotélie 3. A Tlier- ' ' on voit une affranchie devenir, en vertu de l’acte

, ^'affranchissement, xaxà xoùç AixwXwv vdgou; txûxsÀ-Ti

mémo

; ■;vT6taov 4 : ce qui veut dire que, l’isolëlie étant chose d’ordre public et non privé, l’esclave avait obtenu en même temps de son maître la liberté, et de la cité l’isotélie, ce que l’acte d’affranchissement rappelle.

Pour la Grèce du Nord, il faut citer, en Thessalie, [misa : un curieux document nous y montre le roi de Macédoine Philippe V ordonnant, sous forme de conseil, aux Lariséens de conférer le droit de cité à tous ceux de leurs métèques qui sont d’origine hellénique, parce que leur ville a besoin d’un plus grand nombre de citoyens. Les Lariséens ayant obéi d’abord, puis étant revenus sur celle mesure, Philippe leur enjoint de se conformer à ses ordres, et fait valoir à l’appui de sa demande la façon d'agir de Rome, très supérieure, dit-il, à celle des Grecs : Rome admet au droit de cité même les esclaves affranchis, quelle que soit leur origine, et c’est ainsi que les Romains augmentent la population de leur cité et qu’ils peuvent fonder des colonies 3. Dans une autre cité thessalienne, Pythion, il y a une magistrature spéciale, celle des xénodoques, chargés de veiller sur les affranchis et les métèques proprement dits0.

En lllyrie, Epidamne, à l’inverse de sa voisine Apollonie, qui pratique les xénélasies, laisse les étrangers

elle,

soit en passant, è7ttS7ip.£ïv, soit

s’établir chez

demeure, (aexoixeîv 1 . En Thrace, à Byzance, les métèques tiennent au ivc siècle une place fort importante : la ville, ayant besoin d’argent, non seulement leur emprunte sur hypothèque, fait anormal, puisque les métèques, ne pouvant posséder de biens-fonds, ne pouvaient pas non plus prendre hypothèque; mais ne pouvant ensuite se libérer, elle leur laisse les terres hypothéquées, contre abandon d’un tiers de l’argent avancé par eux 8. Les métèques de Byzance formaient donc une. classe opulente, grâce au commerce évidemment. Nombreux et riches, ils y constituaient des thiases et leur faisaient reconnaître par la cité le droit de posséder des biens-fonds9.

Les cités insulaires, cela va de soi, ont renfermé une nombreuse population métèque. A Égine, dans un ounhai livré en 388, les Ëginètes perdent 150 hommes, p us Pi K) étrangers, métèques et matelots10. Démostrim nous fait connaître un de ces métèques Ëginètes, mnpis, le plus riche armateur de toute la Grèce, qu’on cm» inpta du metoikion, sans toutefois lui donner le "Ml '*e c'té“. Nous avons déjà parlé de la condition inle faite à Corésia, dans l’ile de Céos, à certains m' toques, ceux que protégeait Athènes lors de la ^ "'T confédération maritime. Il esta remarquer que * ""'^Rues, privilégiés au point de vue de l’impôt, a étaient pas admis aux repas publics donnés "osion de certaines fêtes, faveur que la cité réser-

XI.HI 322. — 2 Le Bas-Waddington, Asie Mineure , 85; Arch. Zeit.

Syli0l/I, corr; hel1- V. 372, 373. -3 Bull. corr. hell. VII, 410. - 4 Diltenberger,

mrjlll Q * Ath.en.MUth. VII, 04; cf. Hennés, XVII, 477. - 6 Heuzey,

8 l's >JrPe et lAcarna»>e, ins. n» 4, et p. 32. — 7 Aelian. Hist. var. XIII, G.

Il II”' vIISt0t' Oec°nom. Il, 2, 3. — 9 Ibid. — 10 Xen. Hellen. V, I, 12 \ vin c> ■ < , , .

^ ~ Dillenberger, Sylloge 2, n° 522. — *3 Bull. corr. hell.

vait à ceux qui contribuaient à ses dépenses12. A Délos, étrangers de passage et étrangers domiciliés ont afflué de bonne heure; mais c’est surtout après la décadence d’Athènes et du Pirée qu’ils y ont pris une grande importance. Les inscriptions nous montrent que, pour les jeux, tandis que les citoyens se réservent la chorégie pour les Apollonia, ils la partagent, pour les Dionysia, avec les métèques13, sans doute parce que c’est un culte moins exclusivement délien. On les admet également aux adjudications pour les travaux du temple14, et ils peuvent prendre en location les maisons sacrées, à condition d’avoir pour caution un citoyen1". Parmi ces métèques, commerçants pour la plupart, la colonie la plus importante était la eolonie égyptienne, qui avait, importé avec elle ses dieux elles y adorait en toute sécurité10. Les Phéniciens de Syrie et de Chypre étaient nombreux aussi, et célébraient leur culle dans la même enceinte que celui d’Isis11. Dans la petite cité d’Arcésiné, dans File d’Amorgos, on voit au n* siècle les métèques, lors d’emprunts faits par la ville, servir de cautions comme les citoyens eux-mêmes : les prêteurs ont hypothèque non seulement sur les biens de la cité, mais siliceux des citoyens et sur ceux des métèques 1S. Il ne s’agit d’ailleurs, pour ces derniers, que de navires el de cargaisons ; mais cette solidarité montre en eux de véritables membres de la cité.

C’est à Rhodes que les métèques ont joué le plus grand rôle, au moins à partir du ive siècle. A la fin de ce siècle, les étrangers y sont assez nombreux pour fournir contre Démétrios Poliorcète 1 000 combattants, contre 6000 fournis par les citoyens19. Parmi ces métèques rhodiens, il y en a qui sont désignés par l’expression olç i kmôau.itt. oéooxai20, qui paraissent être analogues aux isotèles : souvent, en effet, leurs lils obtiennent le droit de cité 21 . Il faut encore signaler l’existence de cinq magistrats spéciaux, les litifi.eXT|xai tiov tjsvcov , quoique nous ne puissions discerner s'ils avaient charge des métèques ou seulement des étrangers proprement dits 22 [epimélètai, p. 676]. Mais ce sont les inscriptions des possessions rhodiennes qui fournissent les renseignements les plus intéressants. A Brykonte, dans File de Carpathos, les métèques apparaissent comme faisant partie des xxotvxi, qui sont des divisions territoriales, analogues sans doute aux dèmes de l’Attique. Ces petites communautés ont leurs assemblées, qui rendent des décrets, et leurs magistrats : or les métèques peuvent arriver aces charges23. À fortiori participaient-ils, comme à Délos, aux chorégies 21. Tous ces documents nous montrent dans ces métèques rhodiens des négociants, riches pour la plupart, et usant de leur fortune pour fonder et entretenir des associations religieuses23. D'autres exerçaient des professions libérales ; les artistes métèques ont certainement tenu une place fort importante dans l’école de sculpture qui a fleuri à Rhodes au 11e siècle avant notre ère. En somme, la place faite aux métèques dans les xxoïvxt, l’octroi de l’épidamia, bien plus fréquente que l’isotélie à Athènes, l’octroi du droit de cité qui en était souvent la, consé-

VII, 104 et suiv. — U Ibid. XIV, 393, 1. 44-82. — 13 Ibid. 1. IG-24; XIV, 437. n. 2.

l'i 1b. VI, 295 sq. ; XIII, 240. u Ib. VI, 4.0 sq. — 18 Uareste-Haussoullier- Reinach, Inscr. jurid. gr. XV A el B. — 19 Diod. XX, 84, 2. — 20 c. inscr. gr. insul. 317, 157. — 21 Jbid. 40, 43, 87. — 22 /*. 49. 23 /h. 1033, 157; DuU. corr. hell. X, 201. — 24 C. inscr. gr. insul. 702, 283 — 2, Jbid. 127, el Foueart, Assoc. religieuses , p. 1 10 et suiv.

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quence, tout cela révèle la politique suivie par Rhodes, comme autrefois par Athènes. Les raisons en sont les mêmes de part et d’autre : la nécessité, pour une cité devenue maritime et commerçante, de faire aux étrangers une place suffisante. Rhodes semble même être allée plus loin qu’Athènès dans cette voie, profitant peut-être de son exemple. Et c’est au moment où le port de Rhodes remplace pour le monde grec celui du Pirée que les métèques y prennent une grande importance '.

En Asie Mineure, les métèques des diverses cités jouent un rôle important lors du soulèvement et de la guerre de Mithridate. On voit partout les deux partis chercher a les gagner en leur promettant le droit de cité 2.

A Chalcédoine, il y a parmi eux de riches négociants dont 1 intervention est fort utile à la ville dans un besoin pressant d argent 3. A Abydos, ils forment une classe de capitalistes dont la cité ne peut non plus se passer, et sont les banquiers ordinaires des cultivateurs 4. Pergame nous fournit un détail intéressant, la mention formelle des listes ou registres sur lesquels étaient inscrits les métèques, at tcov 7tapotxwv a7ioypacpat s. A Téos, le droit d asile du temple de Dionysos protège aussi bien les métèques que les citoyens 6. A Éphèse, la population étrangère comprend cinq catégories de personnes : les esclaves publics, les affranchis, les esclaves du temple, les métèques et les isotèles, qui viennent en tête 7. A Milet, on a retrouvé un fragment d’une de ces à7toyfa<paî dont parle une inscription de Pergame 8. A lasos, des listes de contributions volontaires pour les fêtes de Dionysos, datées du 11e siècle, nous montrent les citoyens versant généralement 200 drachmes, et les métèques 100. Le total des citoyens s’y élève à 107, celui des métèques a 45, soit près de la moitié 9. Ces contributions sont d’ailleurs de véritables chorégies, et le titre de chorège est donné aussi bien aux métèques qu’aux citoyens. A Syllion, à l’époque romaine, les métèques ont part, après les citoyens, aux libéralités d’une grande famille du pays, et il semble qu’ils soient répartis, comme à Tégée, dans les tribus10.

En Cyrénaïque, lors de la guerre entre Rome et Mithridate, la population se répartit en quatre classes, dont les métèques forment la troisième, et une catégorie spéciale d’étrangers, les Juifs, la quatrième 11 . En Sicile enfin, quoique aucun texte ne mentionne formellement des métèques, il est certain qu'ils jouèrent un rôle important lors de la révolution qui remplaça l’oligarchie des gamores par la tyrannie 12.

On voit qu’en somme les traits généraux de l’institution sont à peu près les mêmes partout. Partout les métèques sont inscrits sur des registres spéciaux, par l’intermédiaire d'un prostate, et ils le sont d’office au bout d'un certain temps; ils sont soumis à une taxe spéciale et à certaines liturgies, et peuvent en être dispensés par faveur. Ils sont admis à certains des cultes de la

1 Bases de statues avec signatures de métèques, C. viser. %gr. insul. 40, 42, 43, 124, 812. — 2 App. De. bell. Mithrid. 48. — 3 ps. Arist. Oeconom. 11, 2, *0. — '* Jbid. II, 2, 18. — ° Frankel, Insch. von Pergamon, 240. — 6 Le Bas-Waddiugton, Asie Mineure, 61, 64, 66, 85. — " Jbid. 136 a. — 8 Haussoullier, Rev. de pliilol. XXXII, 80 et suiv. — 9 Le Bas-VVaddington, Asie Mineure, 252 à 238. — lu Bull. corr. hell. XIII, 486 et suiv. — H Joseph. Antiq. iud. XIV, 72 ; il manque dans le tente un mot après sirtufti ; ce ne peut être que çùX«t, ou, peut-être, viSUi;. — 12 Holm, Gcsch. Siciliens im Altherthum, I, 144 et suiv. — Bibliographie. G. de Sainte-Croix, Mémoire sur les métèques ou étrangers domiciliés à Athènes (Mém. Acad. Inscr. 1808, XLVIII, p. 176-207); Boeckh-Frünkel, Die Slaatshaushaltung der Athener, 1886 ; H.-M. Bruijn de Neve

de, ce qu. les différencie absolument des éir ds trouvent place dans les cadres de la cité i ^ el cadres ne sont plus exclusivement les vioiii ®queces génétiques. Si l’institution offre partout T, ‘ 1V,Si°ns caractères, c’est qu’apparemment elle rénon / u mi‘mes aux mêmes besoins. La question d’origine Z rien à voir là, puisque sur G9 dont nous onn- “’a

l’origine, 16 sont ioniennes, 23 éoliennes et 30

Quant à la forme de gouvernement, il est cert- " nnes’ d'une façon générale, les gouvernements démocntiiT’ ont été plus favorables aux métèques que les eotl!qUeS ments aristocraties; raais „ a\n £ ^

que, sur les 32 cités dont nous connaissons la consthu tion, les cites aristocratiques sont à peu près ■ •

nombreuses que les cités démocratiques (14 contre m' La vraie cause de la formation et du développement de a classe des métèques dans les cités grecques relève bien moins de la politique que de l’économie politique, En grande majorité négociants et industriels, les métèques ont suppléé à l’insufrisance des citoyens, et fait ce que ceux-ci ne pouvaient pas faire : ils ont ainsi, jusqu’à un certain point, joué le rôle de cette classe moyenne dont les anciens ne pouvaient se passer plus que nous, et qui chez les Romains était représentée par les affranchis. Là où le commerce et l’industrie ne se développèrent pas, ils furent inutiles, et l’on n’eut ni à les attirer ni à les retenir. Dans les centres industriels et commerciaux au contraire, ils affluèrent, et il fallut bien finir par régler leur situation. Et en effet, sur nos soixante et onze

villes, quarante et une sont des ports de mer, et les autres, comme Mantinée, Argos, Thèbes, Cyrène, etc., des cités importantes et populeuses, centres non seulement politiques, mais économiques de toute une région.

A ce point de vue, l’exemple d’Apollonie et d’Épidamne est des plus significatifs. Si, de ces deux villes, voisines et de la même origine, doriennes l’une et l’autre, l’une, Épidamne, a bien accueilli les étrangers, tandis que l’autre, Apollonie, ne voulait pas les laisser s’établir à demeure, c’est que la seconde, bien qu’assez florissante, n’a jamais été un centre d’échanges international, ce qu’a été Épidamne, intermédiaire entre la Grèce et l’Italie. Et c’est à Athènes d’abord et au Pirée, puis à Délos et à Rhodes, c’est-à-dire dans les ports les plus importants de la Grèce que les métèques onL tenu la place la plus considérable. M. Clerc.

METOPA (MsxÔTrq). Métope. — I. Panneau compris entre les triglyphes dans la frise de l’ordre dorique. L origine de la métope a été soumise aux mêmes discussions que celles de l’ordre dont elle fait partie. Vitruve, faisant dériver les formes de l’architecture en pierre de celles de l’architecture en bois, considère la métope connue étant originairement la maçonnerie servant à combler < vide qui se trouvait exister entre deux poutres du P ^ fond de l’entablement. Pour dissimuler 1 extrémité

oll, Disputatio literaria de peregrinorum apud Athenicnses . ordrechl, 1839; H. Schenkl, De metoecis atticis ( Wiener Stu te", ’ . 3

161-225); V. Thumser, (Jntersuchungen über die attischen Me a cen ^ ^ .

tudien, VII, 1885, p. 45-68); C. Welsing, De inquilinorum et peregr ,n0 ika

thenienses judiciis, Munster, 1887; U. von Wilamowilz-Moe en , \uchier

m Metoeken (Sennes, XX II, 1887, p, 107-128 et 211-259); Gilbert, t4

■iech. S taatsalterthümer 2, 1893, p. 195-202; Busolt, Gnech. AU* ^ (fer ' suiv., 137 et suiv. ( Sandbuch hvan Millier) ; Hermann-Thumser, 18M}

■iech; Staatsaltertli., 1892, p. 419-426; M. Clerc, Les métèques ai ^ ^

. Clerc, De la condition des étrangers domiciliés dans esn •ecques ( Revue des Universités du Midi, et tirage à part, 18 )

MET

MET

fpPS mli était d’un effet peu gracieux, on y clouait

ces pouue= i , . „ i . • . , n —

anchette cannelée, en forme de triglyphe que l’on

""l' v'éL de cire bleue1. On voit que le mot métope el" ", jiîe pas, selon Vitruve, l’idée d’un vide, mais l’idée 'V' , j , . ; n , puisqu’il ne fait nulle mention d’un temps llU|"M[il intervalle aurait été laissé libre. Ladéfinition est °U iiieurs conforme au sens le plus vraisemblable du

mot métope,

« entre les ouvertures»2, qui ne peut désigner plein. Mais entre quelles ouvertures? Les Grecs, (.J j| appellent oizxi les trous ménagés dans une maçon-

gui

il, appe nerie pour y

faire entrer les bouts des poutres, ce que les architectes latins appellent columbaria 3. L’intervalle coinpiTs entre deux ouai s’appelle donc très justement mft0pe. À cela, on a objecté qu’un état aussi transitoire ,g ja construction n’avait vraisemblablement pas pu servir à fixer la nomenclature de l’ordre D’autre part, Vitruve, après avoir imposé la théorie que nous venons

d'indiquer, ajoute : « /ta divisiones hgnorum teetae triglgphorum dispositionc intertignium et opatn habere in doricis operibus coeperünl ". » Les mots intertignium et o pu semblent à première vue de signification identique et ne désigner qu’un seul et même objet. Ilittorf 6 en a donné une explication ingénieuse et quelque peu subtile . il ne faut pas, dit-il, entendre ici par wrq une ouverture de part en part. Lorsqu’on plaçait les poutres du plafond de l’entablement, elles dépassaient le mur ou i<i poutre formant architrave. 11 était nécessaire d en couper l’extrémité saillante. Mais comme on y adaptait une plaque de bois sculptée, le Lriglyphe, il fallait ménager à cet ornement l’espace en retrait nécessaire pour qu il trouvât sa place sans déborder sur le nu du mur. Cette cavité est précisément une Il n’y a pas contradiction, ajoute Ilittorf, avec cet autre passage’, qui précède de quelques lignes celui que nous venons de citer : « I uni

Fig. 5028. — Dispositions dos métopes.

A, (rates, poutres; B, ligna, solives; C, intertignium, eulrevous; C’, métope; D, opa, cubilia, cavité; E, briques et planches; F, triglyphes et planches encastrés dans Topa; G, lriglyphe en pierre.

projecturas tignorum quantum eminebant, ad lineam et perpcndiculum parietum praesecuerunt », car il suffit de remarquer que ces mots font allusion à une époque antérieure, où la section rustique de la partie saillante nechoquait pas des yeux encore inexpérimentés. En conséquence, on n’avait pas besoin d’aménager cette section d une manière particulière pour y recevoir des triglyphes qui l’auraient cachée. Plus tard, au contraire, on pratique la section assez en dedans pour que le triglyphe puisse y trouver place. Ainsi se trouve expliquée l’opposition des mots intertignium et opa. Le premier désigne bien 1 emplacement de la métope, le second signifie, mais considéré à deux époques différentes, l’espace ménagé P°ur introduire la tête saillante de la solive et la cavité laissée par la section de celle-ci pour insérer le triglyphe. Le dernier passage cité fait allusion au temps où le mot ' lait pris dans le premier sens. Métope est donc syno-

m,Topa, i vitruv. IV, II, 2.-2 M. Perrot remarque que l'usage u’esl pas c °J0U,'S informe à la logique et à la réalité des choses, et il propose, à titre do tern ' IIIC’ conSKlérer le mot (lE-tom; comme un simple doublet de ptiwitov, front , 'le mvenl employé métaphoriquement en architecture pour désigner une lace cf- Choisy, Études sur l’arck. grecque ; I, l'Arsenal du Virée, Marché J'! Mention des travaux de l'Arsenal de Zéa au Tirée, 1. 23 du lexte épigraphique.

3 Y 1 1 ^ ’ '*• — '* f’errot et Chipiez, Hist. de l’art, t. VII, p 479.

fie 5'UUV- "L ”■ — 6 Hittorf, Antiqu. inéd. de l’Atlique, d où est tiré la

' ' p. 40, „. l. 7 Vitr. Ibid. - 8 Euripide, Iphig. Taur. v. 113-114 semble

nyme d’ intertignium fit Vitruve est partout conséquent avec lui-même (fig. 5023) 8.

Dans l’architecture en pierre, triglyphes et métopes ne sont plus qu’un simple motif de décoration (fig. 5021) rappelant, mais avec une grande liberté dans leur emploi, les nécessités de l’entablement en bois. En efiet, si 1 on examine la structure interne de l’entablement de pierre, on voit que métopes et triglyphes ne sont qu’une façade derrière laquelle s’élève parallèlement une seconde paroi, un mur, qui comme la frise supporte en partie le poids de la corniche et du fronton 10.

La métope est généralement un simple bloc de pierre entre les triglyphes. Mais parfois aussi, comme on le voit àSélinonte11 et ailleurs, la métope n’est qu’une épaisse plaque de marbre garnie de saillies latérales qui s’insèrent à gauche et à droite dans des feuillures pratiquées à cet effet dans les flancs des triglyphes. Cette disposition était

avoir connu des vieux temples où un vide exislait entre les triglyphes; Or. v. 1371-1372 ; Semper, Dcr Styl, II, 40G ; Winckclmann, Observ. sur l’architecture des anciens, t. III, p. 47 ; Beulé, Hist. de l'art grec av. Périclès, p. 21-22, et les objections de Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, VU. p. 480, n. 3 ; p. 481. — 9 Durai, Consecutive und polychrome Details der griech. Baukunst, 1880, pl. n; Perrot et Chipiez, t. VI, p. 127, fig. 316. Pour la filiation avec l'époque mycénienne, cf. Ibid, et Lecliat, Le Temple grec. p. 48, Paris, 1902. — 10 Perrot el Chipiez, t. VII, pl. xxu, fig. 3. — n Perrot et Chipiez, pl. xxxm, 10.

adoptée surtout pour les métopes sculptées. Elles étaient ainsi plus légères et d’un maniement plus facile pour la mise en place, et les figures couraient moins de risque.

l'ig. 5024. — Métopes et triglyphes.

Par exception, un seul bloc pouvait supporter à la fois un triglyphe et une métope1.

Nous n’aborderons pas ici la question de la répartition des métopes et des triglyphes le long de la frise. Problème auquel les architectes ont trouvé des solutions variées.

Les métopes, àl’exception des dernières, devaientêtre aussi hautes que larges 2. Cependant, dans des temples

très anciens, comme celui de Poséidon à Paestum, on trouve la forme barlongue 3. Cela s’explique parce que dans la charpente en bois, les intervalles entre les extrémités des poutres ne pouvaient manquer d’avoir plus de largeur que de hauteur (fîg. 5023). Il en est de même dans la frise d’albâtre de Tirynthe, dont la disposition annonce la frise de l’ordre dorique

MET

• m antis comme dans U.« i

la fnse du naos ne porte de tnglvp|los K'Msl.vl<'s,

que sur les laces antérieure et postérieur." meloP«s

disposition des poutres primitives 5 C’< ^ SUlvant U

et en quelque sorte par une fanhkio ^ excePli°n| l’architecte, que cette frise se

comme dans le trésor de Sicyone, à Olympie?1'' c6tés est pas de meme du portique. La frkp S . . ’ 11 11 en long des quatre côtés du ptérorna 7 ' ruPete tout au

Le triglyphe et la métope sont ‘une des tiques essentielles de l’ordre dorique. Iles i L f m' danf, et par exception, que cette frise fût empl^yéeT”' des monuments d’ordre ionique. Le petit TV * d’f mr*M* » Sélinonte, À offre un èxemï h® colonnes vonts’ammeissant, comme dans l'ordre dorii.!’ mais elles ont une base et une volute, selon le ,2 ionique. Les cannelures se rapprochent du dorique ainsi que 1 entablement, dont la frise porte des trigIy„he des motopes coloriés8. ’ ' ,s e

Les métopes offraient au sculpteur une succession de champs circonscrits et bien en vue qui devaient tenter le ciseau. Et en effet, de bonne heure, comme le montrent les motopes les plus archaïques de Sélinonte (fîg 509 p on les sculpta. Mais il s’en faut de beaucoup queues temples a métopes sculptées aient été les plus nombreux Très souvent on se contentait de les peindre en rouge’ ' tandis que les triglyphes l’étaient en bleu. Sans doute aussi y traça-L-on des figures et des ornements, mais rien ne subsiste de cette décoration s. Quant aux métopes sculptées, il n’y eut dans leur répartition aucune règle fixe. Tantôt il n’y eut de sculptures que sous le portique, à la frise du naos et à celle de 1 opisthodome 10 ; tantôt la frise extérieure est sculptée sur les deux faces antérieure et postérieure 11 ; ou bien quelques métopes sont, en outre, sculptées en retour sur les frises latérales, mais ne les remplissent

pas ; enfin, tout le pourtour du ptérorna peut être sculpté, comme au Parthénon, mais c’est le seul exemple que l’on connaisse12.

IL — Dans l’ordre ionique, on appelait aussi gerÔTr/i, la coupure des denticules 13. André Baudrillart.

METRAGYRTAE (MTjTpayépTai). — Agyrtes, prêtres mendiants de la Mère des dieux [cybèle, agyrtae, gallus, p. 1-456]. Le culte phrygien, dont ils étaient les ministres, après s’être répandu dans l’Asie Mineure, fût introduit à Athènes vers l’an 430 av. J.-C., à Rome en 204. Malgré le mépris dont ils étaient généralement l’objet, ils exercèrent leurs pratiques jusqu’à la fin de l’antiquité. E. S.

METRETA (Mexpr^ç). — Principale mesure pour les liquides dans le système attique des poids et mesures créé par Solon '.lia pour subdivisions : le youç, douzième, l vjpuy ooç, vingt-quatrième, la xoxuXr,, cent quarantequatrième, rvjgixoxûXtov, deux cent quatre-vingt-huitième, l’oijuêai pov, cinq cent soixante-seizième, et le xéaOoç, Luit cent soixante-quatrième du metreta. Il vaut environ

I Ainsi au Métroon d'Olympie. — 2 Vitruv. IV, 3 ; Canina, Arch. antica, t. VIII, p. 223, 224, pl. XXIII, xxvi, LXYH, f. 2, p. 104; cf. Perrot, I. Vil, p. 434 et pl. xxx.

- 3 Pprrot et Chipiez, l. Vil, fig. 205. - 4 Ibid. fig. 207; cf. t. VI, ch. vin, fig. 309, 310, 313, 316. — 3 Sélinonte, temples 1), U, S; temple de Zeus à Olympie. Voir aussi ANTAF; 7 Doerpfeld, Olympia, Baudenkmdler, Tafelband, I, pl. xxvm; Perrot et Chipiez, t. VII, pl. Xx. — 7 Sélinonte, temples K, S; le Parthénon, etc.

8 Hittorf et Zanlli. Arch. de la Sicile, lemple d’Empédocle. — 9 Perrot et Chipiez, I. Vil, p. 486. — 10 Sélinonte, lemple S; temple de Zeus à Ohmpie.

- n Sélinonle, temples C el S. - 12 Perrot cl Chipiez, t. VU, p) 486,

— U Vitruv, III, 3. — Bibliographie. C. Normand, Nouveau parallèle de v oi J d’architecture, 1819; Hitlorf, Antiquités inédites du l Attique, 183- . L’Architectura antica, 1844; Ch. Blanc, Grammaire des arts du i/i x.' i» -,ant|, Chipiez, Histoire critique des origines des ordres grecs, 1S7G, llillm Architecture antique de ta Sicile, 1870 ; Bcnndorf, Die Afetopen von Si ^ ^ Labrouste, Temples de Paestum, in-fol. 1877 ; Doerpfcld, Olympia , h''-1-, dans Dau/cunst der Griechen, 2» éd. 1893 ; Perrot et Chipiez, Hist. de l’antiquité, I. VI et VII.

METRETA. t Arislot. Alh.pol. 10,

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