‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 244 sur 275 · MIC · texte numérisé non relu

MIC

iStfi plus tard, dans le nouveau système qui 38 ''' juji, en Grèce vers le m° siècle av. .I.-C., le metreta s'n1"" jron 39 Ut. 30. Comme nouvelles subdivisions V * 11 0 r-yiu-t/.00*’ et la xotûV/], il y a l’v)gtva, qui vaut Cl11" ..ihps et le çérr tt,ç, qui vaut neuf cyathes ou buv cotyles- Ch. Lécrivain.

*\ll TliOlVO.VlOI ( M et po v o [xo t ) . — Magistrats athéniens, lV lient la surveillance des poids et des mesures et l'aient à ce point de vue les opérations des marl"" ','is1 A l’époque d’Aristote il y en avait dix, tirés clu,;irli cinq pour la ville, cinq pour le Pirée. Ils avaient n'iibablement comme aides les TrpogsxpTprat2. Ils figurent

ut-être SOUS le nom de ap^ovxsç stzi ttjv or^omw TpaTveQav une loi de la fin du icr siècle av. J.-C., où ces perçages paraissent être chargés concurremment avec le Si'-nat «le réprimer les fraudes en matière de poids et mesures et où il est enjoint à tous les marchands de ne se servir que de poids et mesures contrôlés 3. Cri. Lécrivain.

UMTHOOI THEOI (M-qxpwot ôeotj. — Xénophon nomme ,jeux fois les g-qxpwoi 9soi ou dieux maternels, en même temps que les uaxpwoi Qsot ou dieux paternels1. Ils sont encore mentionnés sur une inscription, trouvée près d’Athènes, à Képhisia, qui porte ces simples mots : Mrxséwv 0swv 2 . Malgré l’extrême rareté des documents, on' ne saurait mettre en doute l’existence d’un culte rendu à ces dieux maternels, au moins en Attique. L’un

des passages de Xénophon est, à ce point de vue, fort important. Après le combat livré par Thrasybule aux Trente Tyrans et qui se termina par leur défaite, Cléocrilos, le héraut des mystes, prêcha la réconciliation de tous les Athéniens, au nom des dieux paternels et maternels, des liens de parenté, de mariage, d’amitié qui existaient entre les adversaires3. L’invocation aux (ho! a»]Toipoi est ici placée par l’auteur dans la bouche d un personnage religieux. D’autre part, l’inscription de Képhisia prouve que dans la pratique on rendait à ces dieux maternels un culte spécial, distinct de celui des dieux paternels.

Celle constatation pose un problème intéressant et assez grave. S’il y avait chez les Athéniens des Oeo! g^xoffioi, que l’on honorait et que l’on invoquait, c’est donc que l'épouse, la mère de famille, n’avait pas, comme on l’a cm pendant longtemps, abandonné pour jamais les dieux pelle révérait avant son mariage. Énée, raconte Xéno-

phon , après avoir sauvé tou; TOXTpioou; xai g-rjTpiooui ; •h™;, sauva son père. Suivant toute apparence, Xénophon ne fait ici qu’attribuer à Énée les dieux domestiques des Athé nions de son temps; or ces dieux domestiques appartiennent à deux séries, forment deux groupes, le troupe paternel et le groupe maternel. Il y a donc lieu de ne pas accepter sans réserve les conclusions absolues (lue Fustel de Coulanges a formulées sur la situation reli¬

gieuse de la femme grecque : « Qu’elle n espère pas rester fidèle au dieu de son enfance en honorant le dieu de son nouvel époux : car dans cette religion c’est un principe immuable qu’une même personne ne peut pas invoquer deux foyers ni deux séries d’ancêtres — On ne peut appartenir ni à deux familles ni à deux religions domestiques : la femme est tout entière dans la famille et dans la religion de son mari — Son fils n’a rien de commun avec la famille où elle est née “. » Déjà M. L. Beauchet a montré, dans son livre sur le Droit privé de la République athénienne qu’il convenait d’atténuer la rigueur de cette théorie; mais, parmi ses arguments, ne figure pas la mention des g^rptyot Qeof. L’existence de ces dieux maternels donne une force de plus à l’opinion de M. Beauchet. J. Toutain.

METUS. — Expression technique du droit romain pour désigner la contrainte morale appliquée à une personne, afin de lui faire faire un certain acte, en la menaçant d’un mal imminent. Cicéron1 la définit : opinio impendentis mali , quod intolerabile esse videalur ; et Ulpien-: instantis vel futuri periculi causa mentis trepidationem. Elle doit être de nature à faire impression sur un homme raisonnable, non quemlibet timorem , sed majoris mali3. Gaius va même plus loin et veut metum non vani hominis , sed qui merito et in hominem constantissimum codât 4.

L. Octavius, préteur en 79 av. J.-C., introduisit l’action Quod. metus causa et probablement aussi l’exception, qui fut conçue en ces termes : Si in ea re nihil metus causa factum est6. Quant à l’action, qui fut nommée Octaviana formula6 , les termes de l’édit qui 1 introduisirent étaient ceux-ci : quod vi metusve causa gestum erit ratum non habebo. On supprima plus tard comme superflue la mention de la violence1. L’exception s’appliquait en général aux promesses, l’action aux actes consommés. Lorsque le condamné ue restituait pas de bon gré et sur l’ordre du juge, il était condamné au quadruple8. On poursuivait aussi les héritiers et les tiers, mais seulement jusqu’à concurrence de ce dont ils s’étaient enrichis. L’action Quod metus causa était personnelle et arbitraire9; celui qui avait aliéné par suite de violence pouvait aussi obtenir une restitutio in integrum ou une action prétorienne réelle ou fictive10. Enfin s’il avait gardé la possession de la chose aliénée metu, il pouvait se protéger par l’exception de dol ou l’exception metus ; cette dernière était préférable en ce qu’elle pouvait être opposée à toute personne même étrangère à la violence. Celui qui avait perdu la possession par violence, était maître de recourir à une interdiction. F. Baudry.

MICATIO *. — Jeu usité encore aujourd’hui en Italie sous le nom de morra (la mourre ). Deux joueurs, placés face à face, lèvent les doigts de la main droite ( micare

1 0 api’ès Diippfcld [Mittheil. d. deutsch. arch. Instit. in Athen. VU, Beitrdge 'lfl ,lnMten Métrologie, I), le pied attique aurait exactement 0 m. 2953 : il en résullr|nl pour le metreta une valeur de 38 lit. 79. Les amphores panalhénaïques ont 1111 (ontenu moyen de 39 litres. — Bibliographie. Bôckh, Metrologische flntersu- ' "U"i ilfter Gewichte, Milnzfiisse und M nasse des AUertums, Berlin, 1838; ' b Ortcch. und rômische Métrologie , 2° éd. Berl. 1882 ; Nisscn, Griech. und

‘^''O'ologie (Miilicr's Handbuch der klass. AUertums Wissenschaft, 1886,

s;'II1r«NOMO,. i Aristot. Atli. pol. 51, 2; Harpocr. Suid. Phol. s. h. v. ; Lex. 1 ■ ' - ^ Harpocr. Suid. s. h. v.; Lex. Seg. 290, 34. — 3 Corp. inscr. ait.

’ l7li

île

"CTliooi TlliiOi. i Xen. Hellen. Il,

’■ — 8 Xen. Hellen. loc. rit.

"'langes, /.a cité antique, p. 42, 47, 58-59.

§ 21 ; Ci/n. I, 15. — 2 Corp. inscr. att. a Xen. Cyn. loc. cit. — ■’ Fustel 6 T. I, p. 227, 301, etc.

METUS. 1 Tusc. 111, 4, 7. — 2 L. 1, Quod met. caus. IV, Dig. 2. — 3 L. 5, eod.

4 L. 6, eod. — 8 L. 4, § 33, De dol. mal. et metus exceptions , XLIV, D. 4.

— 0 Cic. In Verr. III, 63. — 7 L. I, Quod met. caus. D. IV, 2. — 8 IV, Inst. Just. 6, §§ 25, 27. — 9 4, Inst. Just. IV, 6, 27. — 10 Paul. Hcc. sent. 1, 7, § 4; LIp. fr. 9, §§ 3 et 6; Dig. Quod met. IV, 2. — Bibliographie. Schilling, Lehrbucli für Instit. Leipzig, 1834-46, 11, p. 2GI, 427 et s. ; Bôcking, Pandekt. Leipzig, 1853, p. 292 et s.; RudorfT, in Zeitschrift für Gesch. Rechtswiss. XII, p. 131-170; Rudorff, Rôm. Rechtsgesch. Leipz. 1853-9, II, p. 126, 153, note 39, 170 et 364, 109; De Fresquet, Traité élémentaire de droit romain, Paris, 1855, p. 346 et suiv.; Ortolan, Explic. hist. des Inst. G* éd. Paris, 1858, 11!, n»’ 2131-2134, 2260; Du Caurroy, Inst, expliquées, 8S éd. Paris, l85l,II,n°‘ 1 197, 1243, 1244,1323,

MICATIO. 1 Loexve et Goelz, Corp. gloss, lat. Il, p. 339, 2; 493, 12; 519, 35 : 541, 5; 553, 39; 587, 35; cl'. 111, 436, 25 ; 485, 39 et 59.

(figitis), en variant a chaque coup le nombre de ceux qu ils laissent baissés ; ils doivent en même temps énoncer à haute voix le nombre total des doigts levés par I un et par l’autre ; celui qui tombe juste a gagné. Pour que le jeu soit loyal il faut que le geste et la parolesoient absolument simultanés et les coups doivent se succéder ayec une extrême rapidité, de manière que les joueurs n’aient pas le temps de faire mentalement la somme.

Les Égyptiens ont pratiqué ce jeu dès la plus haute

antiquité' et il est représenté sur des monuments grecs de bonne époque (fig. 5026 2 et 5027 3). On peut donc s étonner qu’il n’en soit pas question dans la littérature des Grecs avant la fin de l’Empire 4 et que nous ignorions même le nom par lequel ils le désignaient : Aaygoç xÀTipoç Sia oaxxuXwv 6 paraissent être des équivalents, plutôt que des expressions usuelles et précises. La morra est

encore représentée sur un des beaux stucs de la Farnésine à Rome (fig. 5828) \ Il est probable que les joueurs, comme ils le font encore aujourd’hui , marquaient les points en levant successive ment les doigts de la main gauche à chaque coup gagné. Mais on ne peut déterminer avec certitude à quoi servait la longue baguette représentée sur nos monuments. Les uns pensent qu’elle maintenait les distances entre les deux adversaires, empêchant les mains gauches d’intervenir dans l’animation de la partie8: les autres,

Page 1