Bekki
1 Aristog. A. p. 780; Pliot. s. v. ; Diod. Sic. XI, 14; cf. Macrob. I, 17, or, Anecdot. 299 ; Aristid. I, p. 23 et 26. — 16 Perdrizet, Mil. Peirot, jj,, , 1,1 (’aus' X, A, 9; A. Polias, Collitz, Dial. Insclir. 1523. - — 17 Paus. X, Dinl ai'S’ Platée, ^ ville et te temple d’ Athéna Jiranaia ; cf. à Stiris, Collitz, Il '(n ,nsc^r' *B39. — 18 Schol. Tzetz. Lycophr. 1 141 ; Paus. X, 38, 5. — 19 Paus. 8 in ' ^ ^ De Sacr. Troezen. — 20 Pans. II, 32, 1 ; 33, 1. — 21 II, 34,
29, 1. — 23 Corp. inscr. gr. P. 1013. — 24 Ibid. 1064, 1072. hid’ l073- — 20 Ibid. 1071. — 27 Petersen, Athen. Mitth. XI, p. 309 ; Corp. 1071 ^ ~ 28 Corp. inscr. gr. P. 1611. — 29 Ibid. 1075. — 30 Ibid.
!l Paus. II, 21, 3. — 32 11, 22, 10. — 33 Variante des mss. — 34 Paus.
Il, 24, 2
3l II, 24, 3; Hesych. s. u. ; Clem. Alex. Protr. 39 P. — 36 Callim. (Schol.),
Lav. Pall. 1 ; Paus. II, 23, 5. Le tombeau de la Gorgoue était sur l'agora d'Argos( Paus. Il, 21, 5). — 37 Paus. II, 36, 8. — 38 Id. II, 4, 1, 5. — 39 Etym. Magn. p. 332, 40, 42 ; Schol. Pind. 01. XIII, 56 ; Athen. 678 a, b\ Farnell. Cuits of the greek States, 1, p. 276. — 40 Balhgen. Beitr. z. sentit. Beligionsgesch. p. 59. Sur l'Athéna Hellolis et l’Hellotion d’Épacria, en Attique, voir .4m. Journ. X, 18-95, 210 -211. — 41 Voir Immerwahr, Iiulte Arkad. — 42 Paus. VIII, 23, 1. — 43 Ibid. VIH, 9, C. Tribu ’EW/.Éa (Foucart, Inscr. du Pélop. 352 p). C’est à tort que Keil a supposé, à Mantinée, l’existence d'un dème appelé Aléa [Nadir, d. Ges. d. Wiss. Gôtting. 1895, p. 359); cf. Fougères, Mantinée, p. 287 sq. Inscription du v* siècle relative à une affaire d’biérosylie dans le sanctuaire d'AIéa, et à une juridiction de la déesse (* 0so<), Ibid. p. 523 sq. Près de Mantinée, source d’Alalcoménia (Paus. VIH, 12, 7). Athéna entre Hébé et liera, par Praxitèle (VIII, 9, 13), réminiscence des cullcs argiens. Pyramide volivc représentant la déesse : Foucart, Inscr. du Pélop. 352 d. Athéna sur les monnaies : Gardner, Catal. of greek coins, Pelop. pi. xxxv, 1, 2,
4, 5, 6. A Mantinée, Athéna Aléa est, avec Poséidon Hippios, la principale divinité. — 44 Paus. VIII, 45, 3-4; 46, t ; 47, 1, 3, 4. — 46 Xen. Bell. VI, 5, 27; Paus. III, 19, 7. — 46 Herod. I, 66 ; IX, 70 ; Paus. VIH, 4, 8. — 47 Règlement religieux de la fin du v” siècle, Bérard, Bull. corr. hell. XIII, p. 281 sq. ; Meister. Ber. d. sâclts. Ges. d. Wiss. 1889, p. 71; Fougères, Mantinée, p. 292. — 48 Paus. Il, 17, 7; 111.
5, 6, 7, 9 ; Plut. Lys. 30. — 49 Herod. ap. St. Byz. a. v. ’Alia ; Etym. Magn. ’AXia ; O. Millier, Kl. Schr. H, 177; Klausen, Aeneas u. d. Penat. I, p. 369, n. 610; Immerwahr. Iiulte Arkad. p. 62; Fougères, Mantinée , p. 290. Sur les ai.eaia, Frankel, Inschrf. u. Pergam. 156; Corp. inscr. gr. P. 1136. — 50 Paus. VIII, 47, 4; 48, 7. Le sacerdoce d’Athéna Aléa, d’apres Pausanias. devait être confié à une vierge. Toutefois mention d’un prêtre éponyme dans quelques inscriptions (Foucart, Inscr. du Pélop. p. 185). Parmi les objets dédiés à la déesse, Pausanias mentionne un lit d’Athéna (pour quelque cérémonie analogue au lectisternium, Rückert, Dienst d. Ath. 151), un péplos offert par la reine de Chypre Laodicée (VIII, 5, 3), et les entraves qui avaient servi à enchaîner des prisonniers Spartiates (voir helotia). Tribu ’AOaviatt; (VIH, 53, 6) ou ’A9ecvaiàTir,.ou officiellement tu’ ’Aôavaîav (Foucart, Inscr. du Pélop. 338 4; cf. Corp. inscr. gr. 1513 ; Collitz, 1247). — - 51 Paus. VIH, 47, t ; Milchhôfer et Dfirpfeld, Ath. Mitth. V, 52; VIII, 274. Récemment fouillé par l’École française d Athènes, il a livré de nouveaux fragments des frontons.
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et entouré par Scopas d’un Asclépios et d'une Hygie *.
Il y avait aussi à Tégée un temple d’Athéna Poliatis 2 ou fx<7<7tu6 yoç \ Il ne s’ouvrait qu’une fois par an. Il renfermait l”spu[xa, talisman de la ville : c’était un cheveu de la Gorgone, otlert par la déesse à Képheus ; cette légende paraît être d’origine argienne 4.
Athéna Soteira était associée à Poseidon-Ulysse à Aléa °. A Teuthis une légende locale avait fait représenter la déesse avec une blessure à la cuisse, enveloppée d’une bande de pourpre 6. A Kleitor, une autre légende faisait d’Athéna Koria une fille de Zeus et de Koryphé 7 . A Phénéos, le culte d’Athéna Tritonia était associé à celui de Poseidon-Ulysse 8 ; à Aliphéra une légende locale faisait naître Athéna de Zeus Léchéatès, près d’une source Tritonis 9. A Mégalopolis, on adorait Athéna Poliatis, Ergané et Machanitis *°.
En Laconie", à Sparte, on adorait Athéna Agoraia avec Zeus Agoraios l2, Kéleutheia en rapport avec Ulysse 13 (au Ténare avec Poséidon u), Axiopoinos 1S, Amboulia l6, Poliachos et Khalkiœkos (fi g. 5052), cette dernière dans un temple très ancien et très vénéré’7, Ergané , Ophtalmitis ou Optiletis. (Voir plus haut). Le sens de l’épithète d’Athéna SuXXavix, mentionnée dans la Rhétra de Lycurgue, avec Zeus Syllanios, n’est pas fixé18.
En Messénie, le culte d’Athéna n’est ni très ancien ni très important19, non plus qu’en Élide 20 . En Achaïe, outre l'Athéna ilavayaiç, déesse fédérale à Patras21, il faut citer les cultes d’Athéna Triteia 22, et la légende de Triton, à Triteia, et celui de Pallène où était localisée une légende de la Gigantomachie 23.
Iles. — La Crète possédait sa légende locale de la naissance d’Athéna, à Thenæ, près Cnossos **, au bord d’une rivière Triton 25. Nous avons déjà parlé du culte d’Athéna à Lindos, à Pihodes, où on lui attribuait une origine égyptienne 26 ou phénicienne27. Athéna aurait appris
1 Paus. VIII, 46, 47, 1. — 2 Ibid. VIII, 47, 5. — 3 Corp. inscr. gr. 1520; Rôlil, Inscr. gr. ant. 90. — 4 Paus. VIII, 47, 5.-6 Id. VIII, 44, 4. A Pallanlion, la légende romaine mit en rapport Athéna avec Pallas, le héros éponyme de Pallanlion. Dion. Mal. I, 33, 68. — 6 Paus. VIII, 28, 5; Clem. Alex. Protr. p. 31.
— 7 Paus. VIII, 21, 3. — 8 Ibid. VIII, 14, 4. — 9 Ibid. VIII, 26, 6; Polyb. IV, 78. — 10 Paus. VIH, 26, 5. Tribu itavaSavoua (Loring, Gardner, etc. Excavat. at Aleqalop. p. 124). — il Voir les textes dans Sam Wide, Lakon. Kulte, p. 48-62.
— 12 Paus. III, 11, 9. — 13 111, 12, 4. C’est-à-dire protectrice des voyageurs (cf. Artémis 'Hye;j.dvrt ; Hermès, ôSaïo;). — 14 III, 12, 5. — 16 III, 15, 6. — 16 III, 13, 6.
— 17 III, 17, 2. L’épithète se rapporte aux revêtements de bronze des murs du temple, genre d’ornementation achéenne reconnaissable dans les ruines du palais de Tirynlhe. La fig. 5052 représente A. Khalkiœkos d’après un bronze de Sparte, du temps de Galiien. — 18 Plut. Lyc. 6. Dans le reste de la Laconie, on trouve : Athéna Pareia , sur la route d’Arcadie (Paus. III, 20, 8); Athéna Kyparissia à Asopos (III, 22, 9); Athéna Asia à Las'(IlI, 24, 7); Athéna Hippolaitis à Hippolas (III, 25, 9). — 19 Athéna NeSoum'a, sur le Nédon, près de Pherae (Strab. 360) [cf. à Céos, Strab. 360, 487]. A Coronê, Athéna était figurée avec une corneille (Paus. IV, 34, 5, 6); à Molhone, Athéna Anémôtis (Paus. IV, 35, 8); Koryphasia au Korvphasion (IV, 36, 2); Kyparissia à Kyparissia (IV, 36, 7). — 20 Athéna
(Paus. V, 3, 2); à Elis, statue chryséléphantine d’Athéna par Phidias d’après Pausanias (VI, 26, 3), par Colotès d’après Plin. ( Hist . nat. XXXV, 54) ; Athéna Kydunia à Pbrixa (VI, 21, 6); à Olympic, Athéna At;ïti; (Paus. V, 14, 4) et Athéna Ergané , à qui sacrifient les phaidrynles (Paus. V, 14, 5); Athéna Hippia à côté d’Arès Hippios (V, 15, 6) ; Athéna Narkaia (V, 16, 7), associée à Dionysos pomme déesse de la vigne qui produit l’ivresse (sans doute une ancienne divinité locale absorbée). — • 21 Paus. VII, 20, 2. — 22 Paus. VII, 22, 8, 9; cf. Farnell, Cuits of greek States, p. 26 9. — 23 VU, 27, 2; cf. l’anecdote racontée par Plutarque [Arat. 32) qui doit être probablement transférée de l’idole d’Artcmis à celle d’Athéna.
— 24 Callim. Hymn. I, 43. — 25 Diod. V, 72; cf. Scliol. Pind. Ol. VIL 66. Autres cultes d’Athéna en Crète : à Cnossos (Paus. IX, 40, 3; ; Athéna Polias et Oléria à Hierapvtna et Priansos (Corp. inscr. gr. 2555 et 2o56 ; St. Byz. s. v. "nkepo;) Athéna Salmonia ou Minois (Apoll. Rhod. Argon. IV, 1691); Athéna Iiorésia à
Fig. 5052. — Athéna Khalkiœkos.
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aux Héliades et aux Telchines le travail i Dans les îles, signalons Athéna Itonia et au • ,1Hnze28'
àAmorgos29 avec fêtes des ii’ONiA, Athéna )/„,/, '*** Polla*
Athéna Ergatü 4» Samoa»*,
Asie. Mineure ■ - E" le culte d-AthénaeS ::”’ répandu. Nous avons cité l’Athéna d’Érythræ 31 S’ *
aussi Athéna Polioukhos àChios35et à Phocéê 3 °nS
Assesia à Milel ; à T«os, il y avait un collège i p Ihénaïstes 37 ; Priènc38, Ephèse 39, Cyzique '■> ih p nasse 11 avaient des sanctuaires d’Athéna, et cel "T Cyzique passait pour être le plus ancien.
Dans quelle mesure le culte d’Athéna en Troade t 1 que le font connaître les poèmes homériques, est-il ind ! gène ou bien un reflet des cultes analogues de la Grèce! propre ? Nous avons déjà remarqué que la cérémonie de l’offrande du péplos à la déesse paraît être une réminis cence du culte athénien, introduite dans le poème par les recenseurs du temps de Pisistrate. Il est possible qu’il y ait eu à Troie un vieux culte palladien, assimilé par les Grecs au culte de leur Athéna*2. Il est souvent arrivé aux Grecs de convertir ainsi en divinités helléniques certains dieux barbares équivalents. La tradition épique servit de base au culte de la Nouvelle-Ilion, où furent instituées des Panathénées 43 (Voir plus loin).
L’Athéna d’Halicarnasse44 et celle de Laodicée de Syrie45 sont des déesses barbares hellénisées. De même 1 Athéna Magarsis de Cilicie. A Pergame, Athéna Polias et Niképhoros, associée à la Gigantomachie, prit une grande placé dans le culte, et suscita tout un ensemble de constructions et de sculptures qui compte parmi les plus importantes créations de l’époque hellénistique u.
Grande Grèce, etc. — Dans la Grande Grèce, plusieurs sanctuaires d’Athéna se reconnaissaient pour fondateurs des héros de la guerre de Troie : Ulysse à Capri ", Diomède à Lucéria48, Philoctète à Métaponte (Athéna Eilenia ) 49.
En Égypte, l’assimilation d’Athéna à la déesse Nit est attestée par des papyrus, des dédicaces et des monnaies "°. V. Légendes. — Nous avons signalé au passage les »
Korion (St. Byz. s. v. Kdçtov) ; Athéna Poliouchos à Dréros (Caucr, SyllA, 121). — 26 Herod. II, 182; Marm. Par. 16; Apollod. Il, 1, 10; cf. Callim. Fr. 10a; Diod. V, 58, et Pind. Ol. VII, 39-40. — 27 Diod. V, 58. — 28 Pind. Ol. Vil, aO; Diod. V, 55. Sur Athéna Telchinia, Nie. Dam. Fragm. hist. gr. III, 349; Kuckert, Dienst d. Athen. 162; Paus. IX, 19, 1. C’est de Lindos qu'est originaire le culte d’Athéna à Kamarina et Agrigcnte en Sicile (Polyb. IX, 27; Polyen. VI, >1 . 1 • XIII, 90). Cultes d’Athéna Polias à Idalion (Collitz, I, 60-62; Corp. inscr. gr. mM I et à Soloi, Ibid. Plut. Quaest. gr. 3). —29 Corp. inscr. gr. 2263 c ; Bull.corr. e . j XV, 582. - 30 Dittenberger, Syli.2, 617, 21. - 31 Hesych. s. v. - 32 Bull. coi . hell. 1892, p. 143, 27. - 33 Paus.VII, 5, 9. - 34 Herod. I, 160. - 35 Herod. 1, j Xen. Hell. I, 3, i ; Paus. II, 31, 6 ; Bull. corr. hell b WJ Pj 84’ Herod.
d’Athéna passa dans la colonie phocéenne de Marseille (Just. ALiii, , )■
I, 19; St. Byz. s. ». W,™*. -37 Corp. inscr. gr. 3073. La div.s.on de a pepu^ lation de Téos en r.jtjyn a pu donner naissance dans la colonie lêienno . ^
culte d’Athéna Epipyrgilis, Hesycli. s. v. — 38 Le temple a et i ^Bj)uer^ „r. j fouilles récentes des Allemands ( Jahrb . Anzeig. 189/, p. 180, en g. 1 882, J
29 04,. - 39 Strab. XIV, 634. - 40 Anth. Pal. VI 3«i LUoi
p. 613. —41 Dittenberger, 5ÿ».2, 11. — 42 Herod. VII, r ■ V, 93 ;
p. 680; Corp. inscr. gr. 3599 et 3601. Sur l’Alhénaion de V- ^ ()ans Alcae. fr. 32 (Bergk). Légendes postérieures sur Athéna, Arn0b.
Apollod. III, 12, 3; Cic. De nat. deor. III, 59; Clem. Alex, ro P n3; IV, 14, 16; Eust. Ad II. VI, »b 02; Tretz. ad Lycopbr. 3o5. humaines.
VIII, 104; Strab. IX, 611. - 45 On lui sacrifiait d abord I des w AUer.
Porphyr. De abst. II, 56. Athéna Magarsis (Appieq, Anab. , . P. Col|ig]10n et thûm. von Pergamon, II, 1885; Corp. inscr. gr. 3553, o J ■ > fiétique
Pontremoli, Pergame. — 47 Strab. I, 22; V, 2 w , c^- 1 ILn Eltsviz- Voir
(Strab. 111, 157). - 48 Strab. VI, 284. — 49 Etym. Magn. - ’ ' dc Siria,
Farnell. Cuits, p. 276; Lycopbr. 250. Sur le Palladion aux ye ^ ( jcophr. 978; près Métaponte, Arist. Mirab. ausc. 106; Strab. VI, u 01i Greek PapJr*' I
Athéna Polias à Herakleia (Inscr. gr. it. 645, 22j. Musée uré co-romain
p. 104, 110 lit, T. 643 sq.; Botti, Notice des monuments eu d'Alexandrie , 1883, p. 168, n» 2504; Rosclier, Lexicon, er ■.■su.
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s importantes légendes du cycle d’Athéna, à propos
P1' , „;nPc épithètes ou de certains cultes locaux de la
,|e c.erW1Hes
déesse.
Pour les autres, il nous suffira de renvoyer le
lecteur aux
articles où il en trouvera le résumé, avec les
férences aux textes. Les rapports d’Athéna avec Zens,
H eirticipation à la révolte des dieux contre son père
*,,1 signalés aux articles aegis et Jupiter ; sa lutte
\nlir les Géants à l'article gigantes ; ses rapports avec
i rm.crnne et les Euménides aux articles furiae, gorlaù°roul .
médusa, praxidikai. Un reviendra sur ses relations
’veC péphaistos et Poséidon aux articles vulcanus et
nepti’NUS. De même, les articles consacrés à chacun des
liéros bellerophon, ericutonios, hercules, orestes, pal-
s perseus, Ulysses, etc., nous dispensent d’insister ici
sur tous ces détails de la légende.
VI. Représentations artistiques. — Les représentations d’Athéna se répartissent en deux principales classes : l'Athéna guerrière et l’ Athéna pacifique. Il est difficile de spécifier quel est la plus ancienne des deux ; enfin, un Ivpe mixte est résulté de leur combinaison.
■ p Type assis. — Nous avons vu que la plus ancienne mention d’une statue d’Athéna, celle de l’Athéna Polias d’Ilion, décrite dans Y Iliade ', se référait à une statue assise, probablement conçue à l’instar de l’Athéna Polias d’Athènes. C’est au vi° siècle que ce type parait s’être constitué. Il personnifie la déesse dans ses rapports avec le sol où elle est installée et dans ses attributions pacifiques Pausanias2 signale sur l’Acropole d’Athènes, en
avant de l’Érechtheion, une statue d’Athéna assise, œuvre, dit-il, d’Endoios, sculpteur né à Athènes, élève et compagnon de Dédale en Crète. La statue avait été consacrée par Callias. Le même Endoios avait exécuté pour Érythræ une statue d’Athéna Polias-Ergané, en bois, représentant la déesse assise, couronnée du polos, et tenant un fuseau et une quenouille3 ; pour Tégée, une Athéna Aléa Fi. 1(1. Athéna <i Endoios. toute en ivoire qui fut enlevée
par Auguste4. On peut reconnaitre 1 Athéna assise d’Endoios dans une statue en
marbre fort mutilée du Musée de l’Acropole d’Athènes lüg- 5053) 6. La déesse est figurée assise sur un trône, a P°* lui ne couverte de l’égide et du Gorgoneion °. (jl Çpede 1 Athéna assise était assez répandu dans les colonies ioniennes d’Asie: Strabon le signale notamment
.li'i j) U’ 90 302 ’ ^ SU'ab- XIÜ’ P’ C01- 2 Pa“S- b 26> 4- V0il' la
, " rlc ce lexle par 11. Léchât, Au Musée de l'Acrop. d' Athènes,
WrihM'P ^ deS ét gr- V’ ,892’ P’ 385-402: VI, 1893, p. 23-33. L’ac- , V ‘ .nd°ios se placerait entre 520 et 475; la statue aurait été exécutée . I),1'1’ ct le donateur serait Callias, fils d’Hipponicos. —3 Paus. VII, 5,9. pi (i 46, 1 et 4. — 6 N° 625 ; cf. Le Bas-Reinach, Monum. figurés, p. 41,
•in ulnrr ' min-Bruckmanu, Denkm. [il. cxlv; lahn, De antiquiss. Minenae (Le B | ' atl‘c‘s’ P'- i, n, ni. — CA rapprocher de cette figure le n“ 620
(0*'™“acl1’ 0 1 P- 3. G Léchât, O. I. p. 439, fig. 46), le n°'OI8 (Léchât, Bue le i,“ i- ^0 BUL peut-être aussi, sont des Athénas, niais plus anciennes archéolo - XIII, p. 601. Il y en avait aussi à Rome (Ibid.). — 8 Les
tortwa/r* S°nt PartaS<!a ^ 06 Suiel- 'oir Ialm’ b i Gerhard, Ak. Abh. I, p. 255. assise • i),)1 (boscher, Lexikon , art. athénè, p. 689) se prononce pour une statue r®préscnl mCC' aU < 0n ' r;l ii('- reconnaît ce xoanon dans l'idole rigide et debout 107. p| m S.U1 uue métopc du Parthénon ( Jahrb . d. arch. fnstit . X, 1895, p. 93taf.2 • s'/ ’ f'i Michaélis> fier Parthénon, n»» 17-21). -9 Panofka, Berl. Terrakot. Zeit. 'i8ÿ*C ° Griïb. d. Hell. laf. 57 ; Gerhard, G es. Abliandl. pi. xxu ; Arch.
!'■ 363; Iahn, De antiqu. Minenae simulacris atticis , pi. i; lahn et
à Chios, à Phocée, dans la colonie phocéenne de Marseille7. Peut-êlre l'ancien 'ôxvov de la déesse, en bois d’olivier, appartenait-il à ce type 8? En tout cas, de nombreuses statuettes votives en terre cuite 0 provenant de l’Acropole d’Athènes et de'tombeaux attiques et quelques plaques votives en terre cuite10 représentent la déesse sans autres attributs que le polos, l’égide et le Gorgoneion. C’est là le type général de la divinité féminine protectrice, de la « Dame » du pays; plusieurs de ces statuettes pouvaient représenter différentes déesses au gré de l’artiste ; elles ne recevaient leur caractère spécial que par l’addition après coup de certains attributs significatifs. La figure 5054 reproduit une de ces Athénas assises provenant de l’Acropole d’Athènes11. De ce type primitif, librement interprété, dérive la jolie figure d’Athéna, représentée, sur une métope du temple d’Olympie, assise sur un rocher, dans une attitude pleine d’abandon et avec un costume agreste qui font plutôt ressembler 1a. déesse à quelque nymphe arcadienne 12.
Si ce type assis et sans armes n’était pas celui du xoanon attribué à Érichthonios, il était très probablement représenté sur l’Acropole par quelque idole archaïque, vénérée concurremment avec le type du Palladion debout et armé. De la fusion de ces deuxttypes, résulta un type mixte, où la déesse était figurée assise, mais pourvue d’attributs guerriers. On a voulu reconnaître en ce dernier la représentation primitive d’Athéna Niké, figurée, d’après Iléliodore13, par un ;ôavov tenant une grenade dans, la main droite et le casque dans la main gauche. Calamis en avait fait une copie offerte à Olympie par les Mantinéens ’b La figure 5055, empruntée à une hydrie à figures noires 13 du vie siècle, représente la déesse assise en costume ionien, sans égide, tête nue, tenant son casque de la main gauche et une patère de la main droite, devant un autel ionique et un temple dorique, près desquels se tient le bœuf du sacrifice.
2° Type debout : A. Palladia. — Le type le plus ancien de l’idole debout et armée est représenté par les Palladia mycéniens ou crétois, dont les bagues, gemmes et peintures de Mycènes, de Vaphio, de Cnossos et des îles présentent de nombreux spécimens, analogues à celui que reproduit la figure 5056 d’après le chaton d’une bague en
Michaélis, Arx Athen. pl. xxxvi (où l'identification de plusieurs des statuettes avec des Athénas est contestable); Arch. Anzeig. 1893, p. 140 sq. — 10 Hutton, Journ. Iiell. stud. XII, 1897, p. 306-318, pi. vu-vin. Quelques-unes des figures féminines assises de ces plaques sont évidemment des représentations d'Athéna Polias, reconnaissables à ses attributs. Mais les autres (femmes assises coiffées du cécryphale), identifiées par miss Hutton avec Athéna Ergané, semblent plutôt représenter Peitho ou Aphrodite (Pottier, Bull. corr. hell.XW, 1897, p. 497-509, pl.xu). — il Jahrb. d. arch. lnstit. Arch. Anzeig. 1893, p. 240 sq. 16; lahn et Michaélis, Arx Athen. pl. xxxvi, 7. — 12 Le morceau est au Musée du Louvre (Clarac, Mus. de sculpt. 195 bis, n» 211 B;. La métope complète représentait Hercule apportant à la déesse les oiseaux de Stymphale. - 13 Ap. Ilarpocr. s. v. ’aûi^î Nixr; ; cf. Benndorf Cultbild d. Athéna Nike, Wien. 1879. Furlwhngler signale ce type sur une oenochoé inédite d’Altenburghausen (Roscher, Lexikon, p. 089) : la déesse a le casque en tète et la grenade dans la main gauche cf. les Minerves assises dans Clarac, Mus. de sculpt. pl. cdlxviu (882), cdi.xxiv (891 et 892). — 14 pans. V, 26 6. - 13 Gerhard, Auserl. Vas. 242, 1, 2; cf. Reinach, Répert. des vases, II, p. 122,5; Ialm, Op. I. pl. i, 1; lahn ct Michaélis, Arx Athen. pl. xxxvn fig. 5.
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Fig. 5055. — Sacrifice à Alhéna.
considérés
or trouvée à Mycènes1. C’est une figuré de sexe indéterminé, armée de la lance et du bouclier double orbiculaire.
Ce type est une sorte de trophée anthropomorphique, peu à peu converti en xoanon vêtu d’un chilon ou d'un péplos, armé du casque, de la lance et du bouclier.
Une curieuse peinture sur tablette de chaux, trouvée à Mycènes, malheureusement trop mutilée pour être ici reproduite, représente un de ces Palladiatrophées, à côté d’un autel, entre deux dames vêtues de la robe mycénienne à volants, qui lui apportent des offrandes 2. Mais la figure 5057, empruntée à un vase â figures rouges de Mégare, représente un de ces trophées, comme une image de la déesse qui a donné la victoire (Athéna Nike) et à qui l’on offre un sacrifice ;i.
Diverses divinités, telles que Zeus, l’Apollon Amy-
cléen \ l’Aphrodite de Sparte 8 , Artémis, Héra, etc., furent adorées primitivement sous cette forme du xoanon armé. Mais à la longue ce type d'idole devint plus spécialement l’efligie de la Vierge guerrière {Pal las, Nike), de bonne heure identifiée à l’Athéna des acropoles ou Athéna Pallas Athéna ou d’Athéna Niké. Le Palladion du type mycénien n’est pas connu des poèmes homériques, puisque, nous l’avons vu, la statue, assise d’Athéna Polias à Ilion, d’après 1 Iliade, semble n’être qu’une réplique imaginaire d’une Athéna Polias attique du temps de Pisistrate. Mais il était, semble-t-il, assez répandu dans les acropoles préhistoriques de la Grèce achéenne ; la légende, telle qu’elle était fixée dans les poèmes post-homériques sur la prise de Troie, transporta aussi ce type sur l’acropole d Ilion, dont le Palladion, conçu comme un xoanon debout et armé, fut donné comme le prototype imaginaire des Palladia répandus dans toute la Grèce. La Nouvelle-Ilion fut une création artificielle d’origine littéraire, le symbole et le produit du folk-lore. Elle bénéficia naturellement de tout ce travail de l’imagination poétique et des légendes
1 C’est la petite figure que l’on aperçoit à gauche, au-dessus des têtes. Perrot et Chipiez, Hist. de l'art , VI, fig. 425; Schliemann, Mycènes , p. 437- 442; cf. Furtwangler, Anti/ce Genimen . Il, p. 9, n-> 20; 111, p. 38; Gardner, Journ. hell. stud. XIII, 1893, p. 21; Evaus, Ibid. XXI, 1901, p, 107, 170, 174; Milani, Studi e materiali di arch . e namism. 1, p. 91; Roscher, Lexik. s. v. Palladion (Sieveking). — 2 ’Ezr^i. bojv.ol. 1387, pl. x; Perrot-Chipiez, Hist. de l’art, VI, fig. 440. — 3 Iahn, De antiqu. Minerv. simul. pl. ni, 2. — 4 Paus. 111, 19, 2; Head, Hist. num. p. 364. - — 3 Paus. III. 15, 10. — 6 Apollod. III, 12, 3; Eustath. ap. 11. VI, 627. — 7 De Ridder, Bronzes d’ Athènes, II, 790; bronze de Cirra, en Phocide, au Musée du Louvre [Rev. arch. 1896, II, pl. ix). Voir S. Reinach, Répart, delà statuaire, II. p. 283,5; 284, 5 ; 286, 1 , 3 ; 287, 2, 3 ; cf. sur un vase peint, Arch. Anzeig. 1896, p. 33. — 8 Voir Chavanncs. De Palladii raptu. Monnaies
Ergané à la quenouille 6. Des
locales, et reçut son Palladion constitué de toutes ”
combinaison fantaisiste du xoanon armé et d/rü!?0®8’
i Alliéna
monuments assez nom 1;reux et assez concordants nous permettent de reconstituer l’évolution du type archaï- .
que du Palladion postmycénien dans les villes
grecques. La déesse était représentée debout, sur une base une stèle ou une colonne parfois assez élevée (prolongement du poteau du trophée primitif), les jambes emprisonnées comme en une gaine dans les plis d’un cliilon dorien ou ionien, la tète coiffée du casque corinthien, ou du polos en forme de calathos, le bouclier levé par l’avant-bras gauche, la poitrine couverte de l’égide, le bras droit tenant la lance obliquement de haut en bas, les pointes du péplos retombant symétriquement des deux bras. Quelques statuettes en bronze de l’Acropole d’Athènes et d’autres pays nous montrent la forme authentiquement archaïque de ce type 7. L’art hellénistique, la sculpture archaïsanle, ainsi que les gemmes, les monnaies et les
Fig. 505 G.
— Palladion mycénien.
Polias, sous le nom de
Fig. 5057. — Palladion eu forme de trophée.
vases peints représentant l’enlèvement du 1 troyen 3, ont fréquemment reproduit ce type av( c ou
sortes de variantes. , , p
Notre figure 5058 reproduit une monnaie do1' game 9, dont il est intéressant de rapprocher a statue archaïsanle récemment découveile <t .
ainsi que le type du Palladion de Né°- 10n une monnaie agrandie de cette ville ]&-
d’Argos; P. Gardner, Types, pl. vu., 35, 40; monnaie dejparte^
Athéna Khatkiœkos (fig. 5052) ; Imhoof-Gardner, A umisir . ]Jontmènti, VI.
Gennnae cael. pl. xx.x et xxxv; -es pe.nts^ ,|); reljef
\jahrb. d.arch-Instit.
gemmes : Stosch,
22 ; Millin. Peintures de vases, I, 25 (S. Reinach, de Mélos : Iahn, De antiqu. Minerv. simul. pl. i", 7, 3 III, p. 40
; cf. une gemme, Roscher, Lexikon, s. v. xxx.x, 3.
le verre antique, de Florence, Furtwangler, Ant pl. IV,
— 10 Rev. de l’art ancien et mod. 1902, 11, P- 31 > °‘ ' stmu2. pl. HL '3
p. 43; Arch. Anzeig. 1902.- 11 D’après Iahn, De antiqu. - ’ fj> fUstica,
La figure 5060 est tirée d’une plaque du Louvre, Campa , - ’ tw8ngier, Mas- I, 4; cf. un fragment de plaque semblable du Musée e terpieces, p. 202; Roscher, Lexikon s. v. Palladion. p. ■ J ■
1330, fig- 5- et
MIN
MIN
Nous tant un
rU rapprochons une plaque décorative, représen-
paiiadion entouré de deux hiérodules portant
coiffure en osier entrelacé (fig. 5060); on retrouve dans cette dernière composition comme un lointain souvenir de la plaque mycénienne signalée plus haut '.
B .Promachos. — Un premier progrès consista à donner au Palladion enfermé dans sa gaine une allure plus libre, en séparant les jambes, de façon à reproduire l’attitude réelle du guerrier qui combat. Ainsi se créa le type de l’Athéna. Promachos, représenté par le vase de Berlin reproduit (fig. 5061) 2, par des bronzes archaïques de
Fig. 5058. - Palladion, U’aprcs une monnaie de Pergaine.
l’Acropole d’Athènes (fig. 50(32) et d’autres endroits 3, par les figures des amphores panathénaïques 4 et par quelques statues du genre de l’Athéna d’Herculanum (fig. 5063) % et le torse de l’Athéna archaïstique de Dresde 6. De l’Athéna Promachos dérivent aussi les représentations de la déesse en lutte contre les Géants et terrassant Encelade 1 (voir aegis, fig. 142). On retrouve des variantes du même type dans la figure centrale d’un fronton d’Égine (fig. 5064) 8, où le mouvement du bras droit et la direction de la lance ne sont plus offensifs, et dans l’Athéna plantant sa lance dans le sol de l’Acropole, pour en faire jaillir l’olivier, attitude vulgarisée par le fronton occidental de
5039. — Palladion
de Néo-Ilion.
Fig. 5060. — Danse autour d’un Palladion.
I Acropole, autant qu’on en peut juger par le vase de
lerre cuile du Louvre; cf. hieroduli, p. 174, n. 9. — 2 Gerhard, Etrusk. u. ' u"pan . \asenb. pl. n; Duruy, Hist. des Grecs , I, p. 467. — 3 De Ridder, des bromes d'Ath. 789 sq. ; S. Reinach, Répert. de la stat., II, p. 283-287. Slô'ualer particulièrement les bronzes d'Athènes (’Eo. 1887, pl. vit et
x' Ce dernier reproduit par la ligure 5062), l’admirable bronze de Chantilly -Reinach, Répert. Il, p. 283, 1; Heuzey, Mon. Piot , IV, 1897, p. 5-14, "■ ^ le bronze de Krissa (Palladion d'Athéna à Cirra, dans Rev. arch. pl Y ISfl<’2’ 85-90). — 4 Voir amphoka, fig. 282. — B Clarac, Musée de sculpt.
1 ■ 848. Sur l'égide remplaçant le bouclier, voir aegis; cf. la statue de to°"'resi> Clarac, 471, 897. - G Jb. pl. 460, 855. - 7 Groupe en marbre du fron- I ancien Hécalompédon, reconstitué par Studniczka, Ath. Mitlh. XXI, 1896
Kertch reproduit plus haut. 11 est même probable que la légende de ce coup de lance a été suggérée par 1 attitude familière aux vieux Balladia pointant avec leur lance de haut en bas.
L’attitude de la Promachos est celle de l’hoplite de
première ligne qui, sans sortir du rang et ferme sur ses jambes écartées, jette sa lance en avant, en se protégeant du bouclier levé pour la parade (parfois remplacé pour Athéna par l’égide). Mais cette altitude se convertit en un mouvement de marche impétueuse dans les représentations d’Athéna, qui, à peine sortie de la tète de Jupiter, entraîne les guerriers au combat (Athéna ’AysXata, Sxparta) en poussant le cri de guerre. Telle était probablement l’allure de la déesse, assez semblable à une Iris ou à une Niké, dans le fronton oriental du Parthénon dont le putéal de Madrid, reproduit plus haut, nous donne une réplique 9 ; plusieurs statues, statuettes 10 et figures de monnaies attiques 11 dérivent visiblement de cet original (fig. 5065). Ce type trouve son expression la plus vigoureuse dans le morceau de la frise de Per game représentant Athéna en lutte contre les Géants [gigantes, fig. 3564] 12.
C. Athéna idéalisée. — L’évolution plastique qui avait émancipé, par une série de mouvements progressifs, le Palladium primitif de sa raideur hiératique, produisit, parallèlement à ces figures offensives de l’Athéna Promachos et de l’Athéna conductrice des guerriers, un type de la déesse debout et armée, mais reposée et comme détendue dans une attitude pacifique. Athéna Ergané réagit sur la Pallas guerrière
pl. in ; Schrader, Ibid. XXII, 1897, p. 59-112, pl. m-v ; S. Reinacli, Répert. 11, p. 800, 6. H. Léchât (Rev. des et. gr. XI, 1898, p. 185) suppose que ce groupe peut être) attribué à Boupalos ; cf. groupe du Musée Kircher (Reinach, Répert. 11, p. 297, 5). — 8 D'après le moulage de l’Ecole des Beaux-Arts. — 9 Six, Jahrb. IX, 1894, p. 83-87 ; Furtwangler Meisterw. p. 243.— 10 Voir Clarac, pl. 402 A, 858 A; 463, 865 ; 474. B, 697 A; S. Reinach, Répert. Il, p. 287 et 28S; 799, 4. — Il Imhoof-Blumer et Garduer, Num. comm. on Pans. pl. z, 8, 13 ; lahn et Michaelis, Arx Athen. pl. xxxv, 12 et 13. La figure 5065 reproduit une monnaie du temps de Commode. Athéna lient de la main droite un rameau de 1 olivier, en qualité d e!çt,vo©ôçoç ; cf. Reinach, Répert. des vases. I, 1 ; et une Athéna de la frise du trésor de Cnide à Delphes, debout à côté d’une autre Athéna qui relève des blessés (moulage au Louvre). — 12 Collignon, Pergam. pl. x.
Fig. 5062. — Athéna Promachos.
MIN
Fig. 5063.
- Minerve d’Hereulanum.
en la dépouillant, sinon de ses armes, du moins de ses
allures combatives. Plusieurs classes sont à distinguer dans cette lignée.
Dans la première, la déesse, dont le bras droit à demi levé a déjà, sur la figure d'Égine, cessé de pointer d’un geste menaçant, convertit définitivement cette attitude en repos : le bras est ^toujours levé, mais pour s’appuyer sur une lance inactive, dont la pointe est tournée en l’air; quant à la position du liras gauche, elle divise cette lignée en deux classes, suivant que le bras encore à demi levé et replié soutient le bouclier à mi-corps’,
ou que, presque complètement abaissé, il s’appuie sur le bouclier pacifiquement déposé à terre. C’est ainsi que se sont changés en une pose de repos majestueux et paisible le bras levé des Palladia et la direction plongeante de leur lance. Ce type devait être représenté sur l’Acropole par quelque original célèbre, peutêtre par la colossale statue d’airain, consacrée après les guerres médiques et attribuée à Phidias 2. Un texte, d’ailleurs assez suspect, de scoliaste désigne cette statue comme unenpôpayoç 3. Mais les détails que donne Pausanias indiquent que la pointe de la
lance, visible de loin, devait être dressée vers le ciel. C’est elle que représentent, semble-t-il, avec quelques variantes, plusieurs monnaies attiques en bronze K ; elle serait le prototype d’une nombreuse lignée d'imitations et d’adaptations postérieures plus ou moins libres5 : telle, l’Athéna de qui nous montre une inter-
Cassel, [aegis, fig. 144]
1 S. Reinach, Rèpert. II, 274, 10; 273, 1 ; 276, 2, 3, 5, 6 ; 277, 5, 8, 9 ; 290, 5; Clarac, 319, 846; 321, 863 ; 459, 856; 461, 857-861 ; 462 D, 858, 842 c; 463, 865; 465, 877; 466, 873; 469, 887, 889, 886; 472, 898 c. Il faut évidemment tenir compte de la fantaisie des restaurateurs dans la restitution et la position des attributs. Mais une monnaie d’Athènes reproduit exactement cette altitude (Imhoof et Gardner, Num. comm. pl.z, 1); cf. sarcophage, Monumenti , VI, 18.
— 5 Paus. 1, 28, 2; Demoslh. XIX, 272. Voiries autres textes dans Iahn et Michaelis, Arx Atli. p. 76. — 3 Schol. Demosth. XXII, 13; Corp. inscr. att. III, 638.
— 4 Lange, Arch. Zeit. 1881, p. 197; Furtwangler, Meisteric. p. 45 sq. ; Imhoof Blumer et Gardner, Num. comm. on Paus. pl. z, 1-7 ; Sybel, Ath. Mitth. V, p. 102, pl. v; Farnell {Cuits of greek States, I, p. 357 sq.) propose de reconnaître en celle statue une Athéna K7.eiSoï/oî (Plin. XXXIV, 54). Voir Imhoof et Gardner, pl. z, 18 ; cf. le bas-relief attique symbolisant l'alliance avec Corcyre (375 av. J.-C.) (Bull. corr. hell. 1878, pl. xi, xu), où le bouclier et la lance devaient être rendus en peinture; cf. aussi une gemme (Farnell, Cuits, XVIII 6) et un camée (Gaz. arch.
Fig. 5066. — Alhéna de la collection Hope.
spécimens remarquables.
version des attributs et des gestes des do ,
Les artistes furent conduits à supprimer 1 * T ‘'as' pour alléger la figure d’un ( Douclier
attribut encombrant, moins nécessaire à une déesse pacifique. Le bras gauche devenu libre fit le geste familier à nombre d’idoles archaïques : il tendit la main vide ou garnie d’une patère pour recevoir une offrande 7 ; la représentation de l’offrande reçue se convertit en représentation d’attribut, grenade, chouette, Victoire, etc. La lance passa du bras droit au bras gauche, et inversement l’offrande. De ce type, représenté par de nombreuses statues et statuettes 8, l’Athéna en bronze de Portici 9 et celles de la collection Ilope (fig. 5066) 10 sont des
De légères modifications dans le mouvement du bras gauche (dont beaucoup sans doute attribuables aux restaurateurs modernes) donnent à la déesse un geste oratoire, qui semble la transformer en àyopaïa ou en pouXatx. A ce type appartiennent la Minerve, coiffée d’un xuve-zj, de la villa Albani ”, la Pallas de Velletri (fig. 5067) 12 et de nombreuses répliques qui, sous des costumes divers, reproduisent la même attitude 13 .
Un autre type résulte d’une variante de ce mouvement : celui de la déesse représentée avec un bras sur la hanche, soit nu, soit enveloppé dans les plis de l’himalion. Ce
geste peut aussi être une adaptation du geste quelques figures archaïques où Athéna relevait e s0*\ bras libre les plis de sa robe **. Un petit bas-rehel
1886, pl. m, 1). Plusieurs auteurs ont voulu rattacher à ce (\pe le 319
... iv„in.i«. 1,..). - ■ f« ci"“-
869; 321, 870; 457, 845; 459, 849; 461, 862, etc. ; Reinach, Rèpe . - P ^
10 ; 276, 7, 8; 277, 1, 10 ; 278, 4, 5; 279, 5, 6, 7. — 6 Clara®’ ' g. ReinacU,
les offrandes déposées clans la main des statues : Aristop 1. l- 459,850;
Bépert. Il, p. 274, 3; 275, 7; 278, 7; 279, 9; 280 28. et 282 Clarac, ^ ( 462. 888 6; 470, 895; 473, 899 A. - 9 Farnell, Cuits on 9 A/J
pi. xx, v a; Lange, Ath. Mith. 1882, pl. ... - ’» Clarac, 459, 80O , Je ^ , Plot, III, 1896, pl. 11; cf. Furtwangler, Meisterw. p ■ " ’ cf )a Pallas
— il Clarac. Musée de sculpt. p. 472, 898 b. — 1 u • " ’ ,. pûma, X£V,
colossale de la place Sciarra, trouvée en 1897, Bull. d. comn ■ 462 c,
.897, pl. xv-xv,. - » Cf. Clarac. Ibid. p. 320, 878, 852; 458 8M A, ^ ^ 902 ; 462 D, 842 ; cf. le geste du vase d Amastns, Lenorman ^ Rcinac|1- Rèpert. H,
— 14 Bronze d’Athènes (de Iliddcr, Bronzes, H, >
\\cropole 1 représente ainsi la déesse dans une altitude msive, devant un pilier qui supportait peut-être la ciste \ reposait le petit Érichthonios. De nombreuses statues2, lêle desquelles se place la belle statue Campana5, id'hui à Saint-Pétersbourg, et qui semble dériver
MIN
inal du ive siècle \ de style praxitélien, se rap-
aiijourd • d’un oi’ig portent à ce type.
V De l’attitude primitive du bras demi-relevé, qui tenait le bouclier, dérive aussi le type quasi maternel d’Athéna, tenant dans un pli de son vêtement le petit Ërichthonios représenté sous sa forme humaine ou sous la forme d’un serpent. La déesse le contemple avec une expression de douceur et de sollicilude, le bras droit s’appuie sur la lance : ce type paraît avoir été popularisé par le groupe en bronze, attribué à Alcamène, d’Athéna Hephaistia et d’Héphaistos, dans le temple de ce dernier s. On reconnaît des répliques de l’Athéna Héphaistia dans la Minerve à la ciste du musée du Louvre 6, dans une statue de Cherchell 7, dans l’Athéna Glienicke 8, etc.
Plusieurs autres attitudes de l’Athéna pacifique, toujours dérivées des précédentes, sont encore à signaler :
1° Celle de la déesse coiffée d’un bandeau, tenant son casque d’une main, l’autre bras s’appuyant, soit sur la lance, soit sur la hanche. Telle serait l’attitude d’un petit bronze de l’Acropole d'Athènes 9 ; telle est celle d’Athéna, sur un basrelief d’Ëpidaure, où la déesse présente son casque à un autre dieu, probablement Asklépios 10, et sur un bas-relief de la collection Lansdowne Telle aurait été, d’après M. Furtwangler, l’attitude de l’Athéna Lemnia de Phidias, dont il a proposé, avec une statue de Dresde et une tête de Bologne, une restitution très discutable 12 ;
2° Athéna, en qualité de Suggayoç, donnant la main, sur des en-têtes de décrets attiques, à des personnifications de peuples amis d’Athènes 13, ou, en
Leel'at, Mon. Piot, III, 1996, pl. i; cf. camée du Cabinet des médailles, labouîliet, Catal. n» 36j Gaz. arch. pl. m, 1 ; Babelon, Cab. des antiq. p. 79-81, I1 • s*\i , l.echat, Rev. des ét. gr. X, 1897, p. 350. A rapprocher de ce mou|"«"1, p0ur 1 expression de la tête, la belle statue du Louvre, dite Minerva F™ir“ (Clarac, Musée, 320, 871 ; Farnell, Cuits , pl. xvn) ; cf. vase peint : I ein.i, h, /tépert. des vases, I, 3, et de celui-ci pour le costume et l'attitude, laille représentant Atbéna et Poséidon : imhoof et Gardner, Num . comm. P'Z,U- ~ 2 Clarac. 462 A, 824 a; 4G2 B, 888 c; 462 F, 848 c ; 464, 867;
Fig. 5068. — Parthénos (du Varvakeion).
j' Iieinach, /tépert. II, 275, 9; 277, 2, 4, 6 ; 278, 6 ; 279, 8; 284, 2, 4, (;87’K' J89’ *> 29°, 0; 292, 9; cf. une statuette de l’Acropole (’E®>-,p. in. ] ' VU1) et une peinture de vase (Peters. Rom Mitth. XII, 1897, p. 318-322). Ré ter ®as,s des Praxiteles aus Mantineia, p. 18, 4; S. Reinach,
flré / L cF Athéna de Florence (Amelung, O. I. p. 16, 2). — 4 peut-
(Pam lvr'°UPe d ^ara’ Athéna, Hébé sculpté par Praxitèle pour Mantinée? furhe 3 Paus. I, 14, 5; Corp. inscr. att. I, 318 sq. Sur ce groupe,
pl J. ! ' er’ Meisterw. p. 119 sq.; Reisch, Wien. Jahresheft, I, 1898, p. 53-93, ,f<«", \lxellbeie’ RÔm' Mitlh- Xlv' 1 S99, p. 114-118, pl. VI ; Gardner, Journ. hell. 1899 ’ h- P*- U Léchât, Rev. des ét. gr. VIII, 1895, p. 420 ; XII,
pl xu 11 1 '- ° ■,am°b A/on. grecs, H, n0! 21-22, 1893-1894, p. 17 sq.
Ï8( 5 . o ' Reisch. O. I. ; cf. Clarac, 462 c, 888 e; Reinach, Répcrt. Il, 278, 3 ; " 9 l oi ICI’ '3as"re*'c^ d'Épidaure. — 8 Müller-Wieseler, Denkm. II, 198 a.
a 1* niai, ' "SI ^eul< Plaques soudées, '£:. &çy. 1887, 4. Restauré avec le casque lalm et Michaclis, Arx Athen. pl. xxxvn, 3. — 10 Héphaistos, d'après
Fig. 5069. — Athéna Parthénos (Pallas Lenormant).
qualité de BouÀaia, ù la personnification de la Boulé u [boulé, fig. 872];
3° Athéna votant à l’Aréopage et s’apprêtant à déposer la fève dans l’urne 15, en faveur d’Oresle.
La célèbre statue chryséléphantine d’Athéna, dite Parthénos, exécutée par Phidias et installée au Parthénon en 438, est une adaptation du type de l’Athéna à l'offrande et de la grande Athéna de bronze : le bras gauche, allongé le long du corps, repose sur le bouclier posé à terre ; l’avant-bras droit soutient, en guise d’offrande, une statue en or de Niké portant une couronne; la lance est reportée à gauche, appuyée sur l’épaule de la déesse ; le serpent Érichthonios s’enroule dans l’orbe du bouclier ; une stèle soutient la main droite portant la Niké ,8.
Le colosse mesurait 26 coudées, au dire de Pline (environ 12 mètres sans le piédestal), et la Niké à elle seule était haute- de 4 coudées (1 m. 80) Le poids de l’or employé était de 40 talents (environ 4 millions de francs), divisés en pièces qu’on pouvait détacher pour en vérifier le poids. Le vêtement, une longue tunique talaire, et l’armure étaient en or ; les parties nues, en ivoire plaqué sur une armature de bois, le Gorgoneion en ivoire; les yeux en pierreries. Le casque était chargé d’ornements : un sphinx au milieu flanqué de griffons; la surface extérieure du bouclier, dont le centre était orné d’une tète de Méduse en argent doré, était décoré de bas-reliefs représentant un combat d’Athéniens et d’Amazones 18. Sur la surface interne du bouclier, était figurée une Gigantomachie ; sur la tranche de la semelle des Fi sandales était figuré un combat de Centaures et de Lapithes, et sur les faces du piédestal, la naissance de Pandore 19. Quelques monuments, complétés par les représentations des monnaies attiques, permettent de reconstituer dans
Furtwnngler, Münch. Sitgungsber. 1897, I, p. 289-292. — il Farnell, Culls-pl. xvi : la déesse, debout, auprès de sou bouclier posé à terre, devant une stèle surmontée d'une chouette et au pied de laquelle s'enroule le serpent Érichthonios, tient son casque du bras droit, le bras gauche appuyé sur la hanche. Le style et la draperie sont dans la manière de la frise du Parthénon. — 12 Meisterw. p. 4-36, pl. i, n, xxxu ; Rev. arch. 1896, I, p. 1-5 ; München. Sitzungsber. I. c. Restauration complète de la figure, lalm et Michaclis, Arx Ath. XXXVII, 11. Contre la théorie de Furtwangler, voir Jamot, Mon. grecs, II, p. 17-39; Rev. arch. 1895 II, p. 32; Weruicke, Arch. Anzeig. 1898, p. 177; Reisch. Wien. Jahresheft, I, 1898, p. 65, 3. — 13 Atkt. àç^aio).. 1688, p. 124 (alliance avec Samos, en 403-4(12) ; cf. Bull. corr. I. 187?; pl. xi, xu (alliance avec Corcyre, en 375); Arch. Zeit. 1877. pl. xv, 1, 2 (alliance avec l’Arcadie et l'Élide, en 362); Schfine, Gr. Bel. n» 48 (alliance avec Néapolis de Thrace ou de Pallène, personnifiée par la déesse Parthénos); n» 50, Athéna et Méthone (cf. n» 62). — H Schône Gr. Rel. 94; cf. n»* 81, 85 : Athéna couronnant un athlète et une jeune prêtresse. — 15 Reinach, Répcrt. II, 275, 3 [Bronze de Mandeure (Montbéliard) : Gaz. des Beaux-Arts, 1896, II, p. 321] ; cf. areopagus, fig. 491-493 - 16 Paus. 1, 24,5; Plin. XXXVI, 18; Plut. Pericl. 13 et les autres textes réunis dans lalm et Michaclis, Arx Athen. p. 55-60 et Michaelis, Parthénon. p. 268. — 17 Essai de calcul des proportions, par miss Perrv, Amer Journ XI, 1896, p. 335-346. - 18 Plut. Per. 31; Arch. Zeit. 1865, pl. excv, (bouclier Strangford) ; cf. fragment de bouclier du Vatican (Michaelis, Partlien. pi. x, 35) et les reliefs du bouclier de la Pallas Lenormant (voir plus bas). — 19 Cf. frise de Pergame, Jahrb. V, H4.
Athéna
Parthénos sur une monnaie d'Athènes.
MIN
MIN
son ensemble et dans certains détails l’œuvre de Phidias'. Signalons, parmi ces répliques pour la plupart d’époque
romaine, l’Athéna trouvée au Varvakeion, reproduite par la figure 5068 2, et l’Athéna Lenormant (fig. 5069). La figure 5070 reproduit une monnaie d’Athènes du ne siècle av. J.-C.3. L’expression de la tête et l’ornementation du casque nous sont connues par de nombreux monuments, tètes isolées 4 (fig. 5071), gemmes 5 (fig.
5072), monnaies G, médaillons d’or (fig. 5073) ou de terre cuite 1 dont les témoignages varient entre eux.
En dehors de tous ces types défi*. 5071. - Tête d’Athéna rivéS dU Originel, Signa-
Parthénos. Ions l’Athéna voilée, qui est évi¬
demment en rapport avec les rites des plynteria 8 ; l’Athéna ailée, qui résulte d’une fusion avec le type de Niké 9, l’Athéna en char ou montant en char, type inspiré par les concours de chars des Panathénées, et qui se réfère à l’épithète d’Athéna llippia 10.
Nous ne saurions relever ici les variantes du type d’Athéna sous le rapport du costume, de la forme du casque, de l’expression, etc. L’art s’est efforcé de dégager la figure idéale de la déesse de son appareil guerrier, pour mettre en pleine valeur la régularité de ses traits et la noblesse de son visage calme et arrondi 11 . Le casque, sauf de rares exceptions 12, n’a pas de garde-joues ou les a relevées, comme dans l’Athéna du Yarvakeion ; le casque rond à aigrette ou casque attique avec ou sans frontal, moins massif, et qui allonge moins la tète, est longtemps préféré au casque corinthien ou aulopis [Voir galea, fig. 3446, 3449, 3407, 3434 et 3435].
VIL La Minerve italique. — La déesse qui, en Italie, correspond à l’Athéna hellénique est Minerva, ou plus exactement, Mener va 13, avec les variantes étrusques Menrva, Menrfa , Meneruva , Menarva 1 \ Le nom, dont l’étymologie a été souvent discutée
Fig- 5072. — Gomme d’Aspasios.
i Voir en général Farnell, Cuits , l, p. 360 ; Lange, Ath. Alitt/i. VI, p. 56 sq. ; Gôtt. gel. An;. 1883, 10; Th. Schreiber, Sachs. Abh. VIII, 54 sq. ; Arch. Zeit. 1883, 103 sq. 277. ■ — ~ Brunn-Bruckmann, 39-40 ; Collignon, Hist. de la scutpt. tjT. I, fig. 273; cf. une réplique semblable : Athen. Mith. XXI, 1896, p. 365-286, pl. viu-ix et la « Minerve au collier » du Louvre, Clarac, Musée, 319, 816. Monnaies d’Athènes: Iinhoof et Gardner, Numism. Comment, pl. v, 18-25. Tessère en plomb : Zeitschr. f. Num. X, p. 152 — 3 Imhoof et Gardner, O. I. pl. v, 20; Duruy, Hist. des Grecs , II, p. 362. — 4 Pollak, Wien. Jahresh. IV, 1901, p. 144-150, pl. iv ; Michon, Mon. Piot, VU, 1900, p. 153-173, pl. xv (fig. 5071 : tête du Musée du Louvre). Tête de Berlin, Antike Denkm. 188G, pl. ni. — 6 Gemme d’Aspasios, Jahrb. d. le. Instit. pl. x, 10 (fig. 5072). — » Imhoof et Gardner, O. I. pl. y, 23-25. — 7 Médaillons de Panlicapée, Athen. Mitth. 1883, pl. xv, 1, 2, Jahrb. d. le. Inst. III, pl. xxiv b (fig. 5073 ; médaillon en or de Koul-Oba. Kondakof, Tolstoï, Reiuach, Antiq. de la Russie, fig. 207 ; Antiq. du Bosph. cimmérien , éd. Reinach, p. 63). — 8 Clarac, 457, 903 ; Xen. Hell. I, 4 ; Farnell, Cuits, p. 328. — 9 Arch. Zeit. 1851, pl. xxvu ; Annal. 1872, pl. n, 224e; Imhoof-Blumer, Flü- ■gelgestalten der Athene u. Nike (Num. Zeitschr. Huber. III, 1871, p. 5; Baudrillart, Représentations de la Victoire ; Savignoni, Rôm. Mitth. XII, 1897, p. 307- 217, pl. XII ; Reinach, Répertoire, II, 297, 2, 3; 800, 5; Polticr. Vases ant. du Louvre, pl. 87 , fjg. 380.). Athéna ailée sur un char traîné par quatre chevaux ailés, du
semble pouvoir e e" 8rec latjn
L origine du
pas au fonds
Fig. 5073. - Médaillon en or de Koul-Oba.
par les grammairiens latins 15 rattaché à la racine manas, mens l6.
1° La Minerve falisque et étrusque.
culte de Minerve est obscure. 11 n’appartient primitif de la religion romaine, car le nom de la déesse manque dans le rituel le plus ancien. Minerve est entrée à Rome, comme membre de cette triade gréco-étrusque Jupiter-Juno-Minerve, formée à l’imitation de la triade hellénique Zeus-Héra-Athéna florissante à Delphes13 et qui était installée sur le Quirinal, le Capitolium vêtus, avant la fondation du temple de Jupiter Capitolin18. Varron attribuait à ce culte une origine sabine19, parce qu’il y avait dans la ville d’Orvinium en Sabine un vieux sanctuaire de Minerva20. Mais il ne semble pas que, pas plus en Sabine que dans le Latium, le culte de Minerva soit très ancien21, de même que les sanctuaires de Minerve dans l'Italie méridionale dont la fondation était attribuée à Ulysse et qui sont d’importation grecque 22. Minerve Lient plus de place dans la religion et dans l’art étrusques. Là, de bonne heure, s’est faite l’assimilation entre l’Athéna hellénique et la Minerva italique. Dans les représentations des mythes grecs sur des miroirs ou des cistes gravés, la déesse grecque est constamment désignée par la légende Menerva. ■»« 1 - - — -
pruntée à une pierre gravée très ancienne, représente la Minerve étrusque avec une égide en forme de manteau long [aegis] 23 et la fig. 5075 une Minerva-Fortuna ailee, tenant la chouette sur une main, avec une égide portant le symbole de la lune en guise de Gorgoneion, un croissant et deux étoiles24. Certains érudits ont considère l’Ëtrurie comme le berceau du culte de Minerva2!,.| Mais l’origine italique du nom n’est pas favorable al cette théorie. Une tradition romaine faisait dériver le culte de Minerva de la ville de Faléries-Ü, où i esl
i il v Vr 1 1 1 1894»t£
fronlon ouest du trésor des Siphniens, à Delphes, Bull. cou . yus '
p. 190. — lOMüller-Wieseler, Denkm. II, 240, 240 a ; Schone, i • • peints : J
Barbon. VIII, pl. xiv ; Imhoof et Garduer, Num. Comment. AA— ■ ^ Je
Reinach, Répertoire des vases, 1, 98; 130,90. — 11 °‘r LS Mmzen,-.-
Hcuzey, Mon. Piot, IV, 1897, p. 8. Cf. Lermann, Athenatypen auf g ■ ^
1900, Munich.- 12 Rôm. Mitth. XII, 1897, pl. xn.— 13 Corp. mser. a . . ^ ■
3081, etc. —U Corsscn, Sprache d. Etrusk. I, 370. — lo Ç01’”"0' a*’’ — 3[ .
Cic. Oe n«*. «fcor. II, 67 ; Firm. Mat. Err. prof. rel. XVI , 3; p. 205. - 16 Curlius, Grundzùge, p. 312 ; Vamcek. Etym.^ oi ei U an, J j
(Stud.z. griech. Myth. U, p. 119) propose : ^ De lin(/. lat. U. 158.1
c’est-à-dire « die Mutter Erdc ». — ” Pans. X, 5, 1. . je Minerve*
— 19 Ibid. V, 74. — 20 Dion. Halic. Ant. R. I, 14. — ' ^ 9; glrab. V,
Terracine, en 588-166 av. J.-C. cité par Obsequ. 12. — -- j^'j 94.V, 3, I6S-Î 247 ; VI, 281; Senec. Epist. 77. 2; Stat. Silv. II, 2, - > ’ Ci. ClaH^B
— 23 Millin, Pierres gravées, pl. xm ; Wieseler, Denkm. II, P ■ XX| " __ 2i, gronzs-
457, 847, une Minerve étrusque de Vienne, conforme au Ù'pe c a[ ^ ^ p 294, j
du Museo gregoriano d’après Gerhard, Gottheit. d. Et) us jr» part, pl- ■)•
pl. xxxvn, t ; autre semblable, Koehl, Ges. Schrift. 22; ’ . j0Idan, ICrm-t
L 20 Mülîer-Deeke, Etrusker, II, 46 sq . - 26 Ovid. Fast. III, 843 sq. ,
IV, 243 sq.; Preller-Jordan, Rôm. Myth. I, 292, 2.
Fig. 5074. — Minerve étrusque. 1
La figure 5074, em-
MIN
MIN
! . ir des inscriptions archaïques Ce serait donc &[W> ' |||e des Falisques que les Étrusques, puis les Ro- ^ 'auraient reçu Minerve, déjà peut-être associée en nia'tlh’ 1 triade avec Jupiter et
Junon 2.
2° La Minerve romaine. — Après la prise de Faléries en 513-241, la Minerve falisque fut installée à Rome dans une chapelle ou Minervium au pied du mont Cœlius 3, sous le nom de Minerva Capta Mais il existait déjà à Rome un plus ancien sanctuaire de Minerve, celui de l’Aventin 5, dont l’anniversaire de consécration (19 mars) coïncidaitavec la grande fête de Mars, les quinquatrus c, qui devinrent une fête de Minerve7, sinon dans le culte officiel, tout au moins dans la pratique populaire.
Comme la Minerve romaine est essentiellement la protectrice du commerce et de l’industrie 8, la fête des quinquatrus réunissait toutes les corporations d’artisans reconnues par l’État 9. Ovide ,0 énumère les foulons, teinturiers, cordonniers, charpentiers, médecins, ciseleurs, peintres, sculpteurs, trompettes. Mais il y avait d'autres collèges participant au culte de Minerve : le droit d’offrande et l’accès au sanctuaire équivalaient, pour une corporation, à la reconnaissance officielle11. C’était aussi jours de fête pour les écoles, dont les élèves offraient à leurs maîtres un cadeau, le Minerval 12 ou Minervale mutins.
C’est probablement l’analogie de la Minerve romaine avec l’Athéna Ergané des Grecs qui a produit l’identification de Minerve avec Athéna. Peu à peu, les attributions multiples delà déesse hellénique, comme divinité poliade, guerrière, politique, se sont ajoutées au caractère primitif plus spécial et plus restreint de la déesse italique, mais cela plutôt dans la mythologie des lettrés que dans
le culte populaire. C’est ainsi que la Minerve de la triade du vieux Capitole, en s’hellénisant, prend le caractère de divinité poliade ( custos urbis)u ou Minerva custos'1. Auguste élève un temple à Minerva Chalcidica, le C/talcidicurn 16 voisin delà curie julienne, et Romitien en consacra un second dans le Champ de Mars16 et deux autres temples de Minerve, l’un près du temple des Dioscures 17 au nord-est du Palatin, 1 autre en HO sur le Forum transitorium qui fut achevé par Nerva 1 ne partie très mutilée de la frise de ce temple subsiste en place19; elle représente Minerve, tout à fait hellénisée, présidant aux divers métiers. C’est aussi sous l’influence grecque, et par analogie avec l’Athéna Pallas et l’Athéna Niké, que Minerve s’identifie avec nerio, la compagne de Mars dans la vieille religion romaine, et avec bellona20, et entre dans une triade avec mars et lua, divinités quitus spolia hoslium dicare jus fasque est2'. C’est aussi comme Athéna Niké que l’honora Cn. Pompée par la fondation d’un temple de manibiis22. Le culte de Minerva Medica peut s’expliquer par la participation, aux fêtes des quinquatrus, de la corporation des médecins dont Minerve est la patronne23 : il y avait un temple de Minerva Medica sur l’Esquilin2* et, aux environs de Plaisance, un temple fameux de Minerva Memor ou Minerva Medica Cabardiacensis 23 . C’est par assimilation avec Athéna Ergané que Minerve est qualifiée par les auteurs récents de dea lanificii 26, alors que, dans la littérature antérieure, elle reste étrangère au travail féminin27. Minerve parut pour la première fois au grand lectisternium de 537-217 av. J.-C., associée à Neptune àl’instar du couple hellénique Athéna-Poseidon28. Elle prit dès lors place dans le panthéon des douze dieux gréco-romains29. C’est vers la fin de la République que se répandit la légende du Palladium qui figurait dans le temple de Vesta parmi les pignora imperii 30 et que l’on identifiait avec le Palladium de Troie, censément rapporté à Rome par l’ancêtre de la gens Nautia, adoratrice de Minerve31. xMais c’est seulement sous Commode que la présence du Palladium fut officiellement constatée32. Toutefois, il n’est pas impossible qu’il y ait eu dès une haute antiquité une idole armée conservée avec les ancilia. Nous possédons une représentation du Palladium romain (fig. 5076) sur une base de Sorrente, du
1 Corp. inscr. lat. XI, 3078-3081; cf. Deeke, Ealisker, p. 89. — 2 Corp. inscr. lat. XI, 3078. — 3 Varr. De ling . lat. V, 47; Ovid. Fast. III, 835. Sur le site, voir Hom. Topogr. — 4 Ovid. Fast. 843. — 5 Voir Homo,
Topogr. rom. p. 607. — 6 Verr. Flacc. ap. Fest. p. 257 ; Gilbert, Topogr. II, -33; Jordan, Eph. epigr. I, 238 et Fasti Praen. La date est faussement indiquée dans les Fasti Esquilini et Amiternini et dans Ovide, Fast. VI, 728 (19 juin). W- Aust, De aedib. sacris , p. 42 sq. Cette seconde date coïncide probablement avec 1 anniversaire de la restauration du temple par Auguste ( Monum . Ancyr. IV, 6; ^ issowa, Anal. rom. topogr. p. 15). — 7 Corp. inscr. lat. t2, p. 280 et 312. Tout mois de Mars fut consacré àMinerve. — 8 Ovid. Fast. III, 821 ; Lact. Inst. I, 18, •’ - inscr. lat. III, 3136. — 9 Fast. Praen. : artificum dies (19 mars); Lieben,am ’ fibm. Vereinwes. p. 3. Cf. les proverbes ; Omnis A/inervae homo , invita Hneroa (Otto, Sprichwôrt. d. Rom. p.224). — 10 Fast. III, 821 sq. — H Tel fut le pour les scribae et histriones en 547-207 (Fest. p. 333; cf. Liv. XXVII, 37 ; 5 et “ ! hels, Sibyll. Blâtt. p. 90, 3), ce qui équivalait à la reconnaissance du collegium I Hlnrum ; ce fut une façon de récompenser les services rendus à la religion nationale k poète LiviusAndonicus, auteur d’un hymne sacré (Jahn, Ber. d.stichs. Gesellsch. Hi.jlSS‘ P’ SCI-)* ^ur ^es f°l^ons : Novius, Eragm. 95 ap. Non. 508; Plin. j n&t. XXXV, 143. Sur les médecins : Varr. Sut. AJen. Quinquatrus; Norden, J- /. philol. Suppl. XIX, 397. Sur la participation du collegium tibicinum aux ' "7 vatrus minusculae le 13 juin (ce n’est pas une l’ôte de Minerve) : Corp.
lat. VI, 240, 1054, 2191, 3696, 3877, 3877a; Varr. De ling. lat. VI, 17; Fest. 691 .T °Vid' FasL VI> 693- — 12 Varr- De re ru5t ■ ni. 2. 18; Plaut. Mil. glor. £'iù/ ,ldUd ^ 6 1® ! Hieronym. In Eph. VI, 4 ; Macr. Sat. I, 12, 7 ; cf. Hor.
^ à -i 197 ; Juven. X, 115; Symm, Epist, V, 85, — 13 Gic . De domo , 144; cf,
De leg. II, 42; Epist. XII, 25, I ; Plut. Cic. 31 ; Dio Cass. XXXVIII, 17, 5; XLV, 17,
3. — 14 Corp. inscr. lat. VI, 529. — 13 Dio Cass. LI, 22 ; Mon. Ancyr. IV, 1 ; Mommsen, Des gest. d. Ang. p. 79; cf. Val. Max. I, 17, 1. — 16 Notit. reg. 9. Mommsen, Chron. minora , I, 146; cf. Quintil. X, 1, 91 ; Suet. Dom. 15; Dio Cass; LXVII, 1, 2; 16, 1. Mart. VI, 10, 9 ; VIII, 1, 4; IX, 3, 10, etc., parlent de la dévotion particulière de Domilien pour la déesse dont il se prétendait le fds (Pl)ilostr. Vit. Apol. VI, 24). — n Mommsen, Chron. min. I, 146 ; Curios. reg. 8 ; Ephem. epigr. V,p. 656; Henzen, Actg.fr. Arc. p. 55; Martial. IV, 53, 1. — 18 Martial. I, 2, 8; Aur. Vict. Caes. XII, 2 ; Corp. inscr. lat. VI, 953 ; cf. Homo, Top. p. 606 ; Jordan, Top.
I, 2, p. 449. — 19 Mon. d. lnstit. X, 40-41 a ; cf. Blümner, Ann. d. Inst. 1877, p. 5 sq. ; Petersen, Rom. Mitth. IV, 88. — 20 Lyd. De mens. IV, 42 ; Augusl. Civ. dei. VI, 10; Varr. Sat. men. 506. — 21 Liv. XLV, 33, 2 ; cf. Ovid. East. 111, 681 sq. ; Porpliyr. ad Horat. Epist. II, 2, 209. — 22 Plin. Hist. nat. VU 97. — 23 Cic. De div. Il, 123. 11 ne semble pas nécessaire d'invoquer ici l'iDfluence de l'Athéna Hygieia. Cf. Bruchmanu, De Apolline et graec. Minerva deis medicis, Brcslau, 1885, p. 75. — 24 Notit. reg. 5; Corp. inscr. lat. VI, 10133 ; Bail. arch. comm. XV, 1887, p. 154 sq., 107 ; XVI, 1888, 125 sq. — 25 Corp. inscr. lat. XI, 1292-1310 ; Bull. d. Inst. 1807, p. 219, 237. — 26 Scrv. Ad Aen. V, 284 ; VU, 805 ; Tertull. De pall. 3 ; Arnob. 111, 21 ; V, 45. — 27 Ovid. Fast. 815 sq. De même c'est sous l'inlluence des idées attiques que Varron attribue à Minerve la protection des oliviers [De rerust. 1, 1, 6). — 28 Liv. XXI 1, 10, 9. — 29 Ennius, Ann. fr. 679 ; Apul. De deo Socr. II, p. 7, 2. — 30 Cic. Pro Scauro, 47 ; Philippica , XI, 10, 24. — 31 Marquardl, Staatsverw. III, 351; Preller, DOm. Myth. I, p. 298 sq. ; Wissowa, Herm. XXII, p. 43; Chavannes, De Palladii raptu, p. 64; Preuner, Hestia- Vesta, p. 423, — 32 Herodian. I, 14, 4.
MIN
temps d’Auguste Une monnaie de Galba représente Yesta tenant le Palladium2.
Le culte de la Minerve romaine apparait répandu dans tout l’Empire, et, comme dans la capitale, surtout pratiqué par les corporations d’artisans et de commerçants. Les inscriptions signalent ce culte à Barium \ Corlone \ dans la région de Plaisance B, à Brixia s, Vérone \ etc.
Les dédicaces de collèges sont nombreuses 8 ; les musiciens de toutes sortes la reconnaissent comme leur patronne 9, ainsi que les scribes et instructeurs militaires l0. En plusieurs endroits, elle s’associe ou s’identifie avec des divinités indigènes ( Minerva Berecynthia, à Bénévent)11, en Gaule avec la déesse régionale du commerce et de l’industrie12; en Bretagne, avec la déesse des sources thermales de Bath ou Aquae Sulis13 (Dea Sul Minerva ) 14 ; de même, à Nîmes16, avec Mercure16, Neptune, Fortuna n, etc.
Les interprétations savantes du caractère de Minerve comme déesse de l’Éclair 18, summum aetheris cacumen 19, ou comme lima20, ou comme memoria 21, ou sapientia 22, tentées parles érudits latins, ne sont qu’une exégèse postérieure des caractères combinés de l’Athéna grecque et de la Minerve romaine. G. Fougères
MINISTERIALES DOMINE — Ce mot désigne au Bas- Empire les fonctionnaires du palais ( castrensiani ) spécialement chargés du service de la table impériale1. Ils avaient succédé aux esclaves et aux affranchis qui avaient eu ces attributions pendantle Haut-Empire2 [castrenses]. Ils relevaient du vir spectabilis castrensis3 . Une loi les exempte des obligations municipales au bout de quinze ans de service4. G. Lécrivain.
l Rôm. Mitth. 1889, pl. x e, 1894, p. 131; Petersen, Ara pacis Augustae. 1902, p. 70. — 2 Cohen, Med. imp. 1, p. 245, n° 243 ; cf. Preuner, Hestia-Vesta, p. 326.
3 Corp. inscr. lat. IX, 307. — 4 Ibid.. XI, 1906. — 6 Voir plus haut. — 6 Corp.
inscr. lat. V, 4273-4282. — 7 Ibid. 3270-3277. — 8 Ibid. VII, 1035; V, 801; VI, 268; I, 1046; XIV, 44; IX, 3148; III, 4498 ; VII, 11. — 9 III, suppl. 10997 ; VI, 524; Brambach, Corp. inscr. rhen. 1738. — 1° Domaszenski, Westd. Zeitschr. XIV, 29 sq.
il Corp. inscr. lat. IX, 1538-1542. — <2 Caes. Bell. Gall. VI, 17, 2. — 13 Solin.
XXII, 10. — U- Corp. inscr. lat. VII, 39, 42, 43; XII, 2974. — lô Ihm, Jahrb. d. Vereins von Allerth. im Rheinl. LX XXII 1 , 1887, p. 81 sq. — 16 Samter, Rôm Mitth. X, 1895, p. 93. — U Corp. inscr. lat. VI, 527; IX, 4674; XIV, 2867 ; Corp. inscr.
rhen. 975, 993. 18 Serv. Ad Aen. I, 42 ; XI, 259. — 19 Varr. ap. Macr. Sat. III,
4, 8 ; Serv. Ad Aen. II, 296. — 20 Opinion attribuée à Aristote par Arnobe, Adv. gent. III, 31 ; cf. Plut. De fig. Lun. p. 938 b. — 21 Arnob. III, 31 ; August. Civ. dei, VII, 16. — 22 Paul. p. 123. On attribuait aussi à Minerve l'invention des nombres mys iques cinq et sept (Serv. Ad Georg. 1, 277 ; Chalcid. ad Plat. Tim. 36, p. 102 ; Liv. VII, 3, 7).
Bibliographie. I. Athéna : 0. Muller, Alinervae Poliadis sacra, Gôtt. 1820 ;
Allg. Encycl. III, 10, 1838; Kleine Schrift. II, p. 134 sq. ; Rückert, Dienst der Athene nach seinen ôrtl. Verhâltn. Hildburgh, 1829 ; G. Herrmann, De graeca Alinerva, Leipz. 1837 ; Opusc. VII, p. 260 sq. ; Creuzer et Guigniaut, Relig. de lantig. t. U, 1849; Lauer, System der griech. Mythol. p. 311 sq. 1853 ; Gerhard, Griech. Mythol. I, p. 224 sq. 1854; Ueber d. Minervenidole Athens (Kl. Schrift. 1. p. 229) ; Welcker, Griech. Gôtterlchre, I, p. 298 sq. ; II, p. 778 sq. 1857 ; O. Jalin, De antiquiss. Minervae simulacris atticis , Bonn, 1868 ; Voigt, Beitr, z. Myth. d .
MIN
MlNOR. - I. Mineurs de vingt-cinq an , r moderne, le mineur est celui qui en ni -n , droik blesse de l’âge, est considéré comme incanàhl ,' r *a h[' ses droits civils. La majorité est fixée par là w à eXercer à vingt et un ans accomplis. « A cet âge dit p ,a"Çaise du Code civil, on est capable de tous les actesd^ M civile, sauf la restriction portée au titre d„ m, vie Rien de pareil à Rome, aux premiers siècles îy?' * la capacité juridique n’appartient qu’au citn™ rd Pmulim : le (ils de famille, quel que soit s0„ Z""' incapable ; la femme est en tutelle perpétuelle IV , paterfamilias devient capable d’exercer ses dr< h p le moment de la puberté, c’est-à-dire lorsqu’il est 1 , risé à revêtir la toge virile, vers l’âge de dix-sept 1°' Protégé jusque-là par son tuteur, il est désormais J1 sumé avoir la force et l’aptitude nécessaires pour a<L1 mstrer ses biens, défendre ses intérêts ou faire valoir! ses droits en justice.
Cet état du droit se conçoit aisément chez un peuple d’agriculteurs, alors que les rapports d’affaires sont très limités : il n’existe qu’un très petit nombre d’actes juridiques et ils exigent soit la présence de témoins solennels (mancipation, nexum , libération par l’airain et la balance) [mancipatio, nexum, liberatio], ou du magistrat [in jure cessio). Ce sont là des garanties suffisantes pour que tout se passe correctement. Il en fut autrement lorsque le commerce se développa, et que l’on sanctionna des formes d’actes plus simples comme celles de la stipulation ou de Yexpensilatio , ou même des actes sans formes, comme le prêt ( mutuurn )'. Ces actes qui peuvent se conclure sans témoins étaient dangereux pour les personnes qui n’étaient pas en état d’apprécier les conséquences d’une formule captieuse. Les usuriers les employèrent plus d’une fois pour circonvenir les jeunes Romains, maîtres de leur fortune. La loi dut intervenir pour réprimer les abus et protéger les jeunes gens contre leur inexpérience : ce fut la loi Plaetoria, rendue vers l’an 563 [lex plaetoria, t. III, p. 1158]. Elle fixa à vingtcinq ans la limite de sa protection; Plaute l’appelle lex quinavicenaria 2. On distingua dès lors les mineurs et les majeurs de vingt-cinq ans. Le mineur est le chef de famille pubère qui n’a pas encore vingt-cinq ans révolus. L’âge ( aetas légitima) se calcule de momento ad momentum 3, et non, comme d’ordinaire, de die ad dieux. La jurisprudence classique, qui a établi les règles sur le
.res u. d. Athéna (Leipz. Stud. IV, 1881, p. 239 sq.) ; Kral, Ueber die urspr. tedeutung der Gôttin Athéna, Listy filol. X, p. 1-17, 1883 (cf. Philo!. " ™ ■ 883, p. 973-975; Rev. des Rev. 1884, p. 164); Decharme, Myth. de la Grèce, P 3 J relier u. Robert, Griech. Myth. 1887, I, p. 184 sq. ; Harrisson and Verrait, Myt io 2 . Monuments of anc. Athens, 1890; Chavanncs, De Palladii raptu, 1891 , ,
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. Rômer, 1899 ; Wissowa, Relig. u. Cultus d. Rômer, 190-, P- .exik. d. Mythol. art. minerva (Wissowa). 4 35- Coripp-
MINISTERIALES DOMINE 1 Cod. Theod. 8, 7, 5; 6, 32, * » » ’ ' ' Q
, 84, 137 ; 3, 2.3. - 2 V. Alex. 41,3; V. Marc. 17,6. - 8 . XIV, p. 57 (éd. Bdcking). — 4 Cod. Theod. 8, 7, 5. — Bibi.iocrami ■ ^
.d Cod. Theod. 8, 7, 1 et 6, 32, 1 ; Bôcking, Notitià digmtatum, , P^ |a |oi MINOR. I Le prêt et la stipulation figuraient au nombre des ac pseud. 1, 3, 68. laetoria. Plaut. Pseud. I, 3, 68; Suet. ap. Priscianuin. a Zeitschrift
- 3 Ulp. 1 1 ad Ed. Dig. IV, 4, 3, 3 ; cf. sur l’aefas légitima. Bras ’er Savigny-Stiftung, Rôm. Abth. 1901, XXII, p. PL5-
MIN
d’une
de l’Empire,
I n| des délais, n’a pas cru pouvoir réduire même ca i |l0Ure le temps fixé par la loi Plaetoria. Au Ier siècle on était moins rigoureux ; d’après un •ms latin trouvé en Égypte on discutait au temps p'plaude la question de savoir si l’on devait inscrire les listes des cinq décuries de juges les mineurs de S,UI«ï-cinq ans. Dans une Oratio adressée au Sénat, l'Einpereur le permet, mais il défend de donner un mineur pour récupérateur avant l’âge de vingt-quatre Il est, dit-il, conforme à l’équité de réserver le soin de juger les causes de liberté et de servitude aux citoyens uj p0ur agir eux-mêmes en justice, n’ont pas besoin du secours de la loi Plaetoria. Le mineur n’était donc plus protégé dès qu’il atteignait l’âge de vingt-quatre ans C’est l’application de la règle : annus coeptus pro
pleno habetur.
Le mode de protection organisé par la loi Plaetoria est tout différent de celui du droit moderne. Le mineur de vingt-cinq ans reste capable, mais la loi édicte des pénalités contre ceux qui abusent de son inexpérience [circumscriptor, t. 1, p. 1186].
Le délit, prévu par la loi Plaetoria, est désigné par le mot circumscriptio'1. 11 comprend d’abord les actes dolosifs commis au préjudice du mineur. Cicéron fait remarquer que le clol n’était puni par la loi romaine que dans des cas exceptionnels, comme le fit la loi Plaetoria en faveur des mineurs de vingt-cinq ans; le préteur généralisa ces exceptions en créant l’action de dol. Mais le mot circumscriptio est plus large que le mot dol : il s’applique à des actes permis entre majeurs parce qu’ils ne contiennent pas un dol caractérisé. C’est ainsi que dans la vente et dans le louage il est permis de se circonvenir mutuellement3.
Les pénalités édictées par la loi Plaetoria ne sont pas connues : il est vraisemblable qu’ elles étaient pécuniaires et assez fortes pour qu’on en redoutât l’application. La condamnation entraînait comme peine accessoire l'infamie prétorienne4 et, depuis la loi municipale de J. César, l’exclusion du décurionat5. Divers textes font allusion aux poursuites autorisées par la loi ; mais la nature de l’action ne peut être définie avec certitude. D'après Cicéron, la loi Plaetoria donne lieu à un judicium publicumrei privatae 6,ce qui semble indiquer uneaction criminelle exceptionnellement autorisée dans une affaire qui concerne un intérêt privé. Mais, d’après un papyrus d Égypte récemment découvert, l’action de la loi Plaetoria est une action noxale, donc une action privée, servant à réprimer un délit7. 11 est possible que les deux actions se confondent et que la loi Plaetoria ait créé une action populaire que tout citoyen pouvait intenter si le
mineur négligeait de demander la répression du délit dont il avait été victime 8. Cependant certains auteurs pensent que la circumscriptio donnait lieu à une double poursuite, l’une intentée par le mineur, c est 1 action privée; l’autre, par tout citoyen, c’est 1 action publique 9. La première seule est noxale10; elle doit être exercée par le mineur au plus tard dans l’année qui suit sa majorité 1 1 [noxalis actio].
D’après le biographe de Marc-Aurèle, Capitolin, la loi Plaetoria contenait une autre disposition : elle autorisait le préteur à nommer au mineur un curateur pour des causes déterminées, faiblesse d’esprit ou démence. Ce curateur devait avoir pour mission d’administrer les biens du mineur : c’est la fonction normale des curateurs. On a soutenu que le curateur était chargé de conseiller le mineur, de lui donner son consentement toutes les fois qu’il avait une affaire à conclure. Mais il n’y a pas d’exemple de curateurs spéciaux sous la République. Puis la création d’un acte non formel, comme le consensus , ne convient pas au temps de la loi Plaetoria : c’est le droit classique qui a réagi contre le formalisme et qui a consacré la validité des actes non solennels 12. Le consensus du curateur n'apparaît qu’au 111e siècle.
La protection accordée aux mineurs a été élargie par le droit prétorien : il a créé à leur profit une exception pour les dispenser, lorsqu'ils ont été circonvenus, d exécuter leurs engagements {excep tiolegis Plaetoriae)n; puis il a promis de les restituer en entier contre tout acte qui leur est préjudiciable14. Le préteur n’exige plus dans ce dernier cas qu’il y ait circumscriptio'* , il suffit que le mineur ait agi par inexpérience ,r’, qu’il n’ait pas d'autre voie de recours17, qu’il ait subi une lésion. Cette lésion doit avoir une certaine importance18 : de minimis non curât praetor. Elle peut consister en un manque d'acquérir (répudiation d’une hérédité), aussi bien qu’en un appauvrissement19. La demande en restitution doit être formée dans le délai d’un an utile 20. Sous Constantin, le délai fut porté à trois ans, quatre ans ou cinq ans, suivant les régions21. Justinien a supprimé ces distinctions et fixé le délai uniformément à quatre années continues22 [restitl’tio in integrum].
L'in integrum restitutio était un mode de protection très efficace, mais les tiers, menacés pendant un an de voir rescinder l’acte conclu avec le mineur, préféraient s’abstenir de traiter avec lui. Marc-Aurèle jugea utile de généraliser l’usage des curateurs : il autorisa les magistrats à nommer un curateur à tout mineur qui en ferait la demande; aucune justification ne fut exigée23. Ce curateur est un curateur honoraire24; ses pouvoirs sont moins étendus que ceux des curateurs légitimes : il ne
eOyptische Urkunden aus den Museen zu Berlin, G. V. I, 611 ; cf. Mitteis, XXXII, 639 ; R. Dareste, Nouv. Rev. liist. de droit , 1898, t. XXII, p. 687.
1 je. Deo/f. III, — 3 Cf. Édouard Cn<[, lnstit . j ur . des Romains, t. II, p.50,n.7.
j acl>on delà loi Plaetoria était famosa; elle est citée dans la loi municipale de 1 ' i: i côté d autres actions qui, d’après Gaius (IV, 182), ont ce caractère. — 3 Cap. et 11' * 1 6 Cie. Z>e naZ. rfeor. 111,30. —1 Papyrus de Vienne (Rainer), éd. PfafT
,/,. j " ;lln’ Fraymentum de formula Fabiana, 1888, p. 5 ; Girard, Nouv. Rev. liist. lle i'011' *800’ P' — 8 R. von lliering, Geist des rôm. Rechts, Irad. de
dis” ' "aCle, P' 117' Voigt, Rôm. Rechtsgesch. t. I, p. 746, u. 12, fait
lcs' ” r lo 1ue 1® loi municipale de J. César range l’action de la loi Plaetoria parmi pubRCl'0nS Prlv®es au début du chap. vin, tandis qu’elle énumère les actions "K" s à la fin du chapitre; 2“ que le nom d’aclion publique est donné à une cf /' P°Pu'ajre fpostulatio suspecti) par Ulpien (35 ad Ed. Rig. XXVI, 10, 1,6; 19(i| ,S< * l-cncl ( Essai de reconstitution de l'édit perpétuel, trad. Peltier,
atec’ |, ' D P- 90) paraît aussi identifier le judicium publicum dont parle Cicéron acllon infamante mentionnée dans la loi de J. César. — 9 Karlowa, Rôm.
Rechtsgesch. t. Il, p. 307 ; Girard, Manuel, p. 227, n. I. — 10 D’après les auteurs cités à la note précédente, l’action privée serait une action en répétition. Mais on ne voit pas comment une action en répétition aurait un caractère pénal. Les actions de cette espèce sont fondées ex aequo et bono-, cf. Édouard Cuq, Op. cit. t. Il, p. 495, n. 2. — u Ulp. 13 ad Ed. Rig. IV, 4, 19 : Post annum vicesimum quinque habebit legitxmum tempus. On observait pour la concession de l’in integrum restitutio le délai fixé par la loi. — 12 Cf. Édouard Cuq, Institutions, t. II, p. 52, n. 8. — 13 Paul. 3 ad Plaut. Rig. XLIV, 1, 7, t. — 14 Ulp. 11 ad Ed. Rig. IV, 4, t, 1 ; 7 pr. ; cf. Édouard Cuq, Op. cit. t. II, p. 719. — 18 Diocl. Cod. Just. 11, 21, 5 pr. — 16 Ulp. Rig. IV, 4, 11, 4 et 5. — « Ulp. eod. 16 pr. — 18 Paul. 1 Sent. Diy. IV, 4, 24, 1.
— 19 Ulp. L. c. 7, 6 et 9. — 20 Just. Cod. Il, 52, 7 pr. ; cf. Alex. Sev. Ibid. 3.
— 21 Cod. Theod. II, 16, 2. — 22 Cod. Just. II, 57, 7. Sur la distinction des délais
utiles et des délais continus, cf. Éd. Cuq, Op. cit. t. II, p. 703, n. 6 ; p. 875, n. 3.
— 23 Capitol. Vita Marci Anton. 10. — 24 Au u" siècle, si le père nomme à
sou fils un curateur testamentaire, ce curateur doit être confirmé par le magistrat sans enquête. Papin. 5 Respons. Rig. XXVI, 3, G.
MIN
peut aliéner sans la volonté du mineur; il n’est pas vice domini. La présence d’un curateur était pour les tiers une garantie1 : la restitution en entier n’était possible que si le curateur avait mal administré 2.
Les empereurs du m° siècle allèrent plus loin: pour rassurer les tiers, ils leur permirent de forcer le mineur à demander un curateur pour certaines affaires : pour recevoir un paiement ou un compte de tutelle, pour défendre à un procès s. Dans ce dernier cas, le rôle du curateur consiste à conseiller le mineur: ici apparaît pour la première fois, d’une manière certaine, le consensus curaloris * . L’obligation d'obtenir le co/ise/isus d’uncurateur a été étendue aux mineurs qui veulentagir en justice 5.
Les mineurs sont dès lors considérés comme incapables de soutenir un procès. Leur situation ressemble, à cet égard, à celle des pupilles en tutelle ; le consensus du curateur produit le même effet que Vauctoritas du tuteur. L’assimilation de la curatelle à la tutelle a été admise dans le cas même où le mineur a un curateur permanent : celui-ci peut à son choix, comme le tuteur, plaider au nom du mineur ou le faire plaider avec son consentement 6. L'incapacité partielle des mineurs fut bientôt étendue : les mineurs pourvus d’un curateur ne peuvent rendre leur condition pire sans le consentement de leur curateur ; leur situation est, sous ce rapport, analogue à celle des pupilles en tutelle1.
Appliquée indistinctement à tous les mineurs pourvus d’un curateur, cette règle eût été excessive ; on admit un tempérament : les mineurs de vingt-cinq ans peuvent être relevés de leur incapacité partielle par la faveur du prince ; on leur accorde la venia aetatis 8. Grâce à ce bénéfice, ils sont traités comme des majeurs : ils n’ont plus le droit de demander l 'in integrum restitutio et peuvent conclure tous actes juridiques sans le consentement de leur curateur. La concession de ce bénéfice a été réglementée par Constantin; elle est subordonnée à deux conditions : l’âge de vingt ans pour les hommes, dix-huit ans pour les femmes ; la justification devant le magistrat de l’honorabilité du mineur et de son aptitude à gérer ses biens9. D’autre part, l’effet de la venia aetatis subit une restriction : le mineur reste soumis, pour l’aliénation des fonds ruraux et, depuis Justinien, pour la constitution d’une hypothèque, à l’obligation d’obtenir un décret du magistrat10. En cas de contravention, la nullité de l’acte peut être demandée pendant cinq ans pour les actes à titre onéreux, pendant dix ans pour les actes à titre gratuit entre présents; le délai est porté à vingt ans entre absents 11 .
IL Mineurs de dix-sept, vingt , trente ou soixante ans. — Indépendamment des mineurs de vingt-cinq ans, la loi romaine s’est occupée des mineurs de dix-sept
1 Paul. 9 Resp. Dig. XXVI, 7, 46 pr. — 2 Alex. Sev. Cod. Just. II, 25, 2. — 3 Anl. Carac. Cod. Just. V, 31, 1 ; UIp. 35 ad Ed. Dig. XXVI,
6, 1, 3. — 4 Le consensus du curateur est mentionné dans un texte
du il' siècle (Cels. Dig. XXIII, 3, 60), mais ce texte est interpolé. Voir les preuves dans Édouard Cuq, Institutions , t. II, p. 169, n. 6. — 8 Diocl. Cod. Just. III, 6, 2. — 6 Ulp. Dig. XXVI, 7, 1,4. — ^ Paul. 1 Sent. Dig. XXVI,
7, 24, I ; Modest. 4, de praescr. Dig. XLV, 1, 101. — 8 Sev. et Anton. Carac. ap. Ulp. Dig. IV, 4, 3 pr. — 9 Constantin. Cod. Just. II, 44, 2. — 10 Just. Cod. II, 44, 3. — Il Ibid. 4. — 12 Inst. I, 6, 7. — 13 Nov. CXIX, cap. 2. — lt Gaius, I, 73.
— 13 Ulp. Reg. XVI. — 16 Ulp. 26 ad Sab. Dig. I, 7, 15, 3. — n Gaius, I, 106; cf. Inst. I, 11,4. — 18 Dio Cass. LU, 20. — 19 Ulp. 11 ad. Ed. Dig. L. 4, 8.
— 20 Corp. inscr. lat. I, 198, I. 89. — 21 Cf. Mommsen, Rom. Staatsrecht, trad. t. II, p. 233. — 22 Hadrian, ap. Paul. 2 Decret. Dig. XXXVI, 1, 76, 1.- 23 Cf. d une part Ulp. Dig. L, 4, 8 et d’autre part Dig. IV, 4, 3, 3 ; Marc Aurèle et Caracalla, cités par Paul. toc. cit. — 2i Loi Julia judiciaria, ap. Callistr. 1 Ed. monit Dig. IV, 8, 41 ; Sueton. Aug. 32. Le texte d’Ulpieu (2 Disput. Dig. X L 1 1 , 1, 57),
a„s, de vingt ans de trente ans, de soixante a„s e, , frappés d incapacités diverses. el les a
Laloi Aelia Sentia de l’an 737 défend au maih de vingt ans, d’affranchir un de ses esclaves risation d’un conseil institué à cet effet [le\ " h aUto' t. III, P; 1127], Cette règle a été modifiée parJusTn^’ ! d a abaisse a chx-sept ans12, puis à quatorze ans18 lT : à partir duquel le maître peut librement affran r . 3 esclaves par testament. ' 11 “r ses
La même loi Aelia Sentia défend d’affranchir 1WW ! mineur de trente ans [t. III, p. 1128], sinon il n’a a„W liberté de fait: mais- “ elle lui facilite l’accès de la cité romaine lorsqu’il se marie et qu’il a un enfant d’un an Tant que l’enfant est minor anniculo , son père n’est pas admis à invoquer le bienfait de la loi (causae probatio)
Les lois caducaires exemptent des déchéances infligées * aux c.oelibes, les hommes mineurs de vingt-cinq ans oumajeursde soixante, les femmes mineures de vingt ans ou majeures de cinquante. Ils ont la solidi capacitas 16, mais non le droit de profiter des parts caduques [caducariaeleges].
D’après une règle établie par la jurisprudence pontificale, les mineurs de soixante ans ne peuvent adroger un enfant16. Au temps des Antonins, on discutait la question de savoir si un minor natu pouvait adopter ou adroger un majeur; elle a été résolue négativement au milieu du me siècle 11 [adoptio, t. I, p. 79, n. 49 à 52], ■
III. Les mineurs en droit public. — A l’exemple du droit privé, le droit public romain a fixé à vingt-cinq ans l’âge minimum requis pour avoir accès aux magistratures sénatoriales ordinaires, spécialement à la questure 18. Cette règle, introduite par Auguste, fut étendue aux magistratures municipales 19. Sous la République et encore au temps de J. César20, l’âge minimum était celui de trente ans [annales leges, t. I, p. 273], et en principe les trente années devaient être révolues21. Sous l’empire au contraire, l’année commencée est réputée accomplie 22, et cette faveur a été maintenue en droit public même à l’époque où elle a été écartée en droit privé-3.
Auguste modifia également l’âge requis pour être inscrit sur les listes déjugés. Il abaissa à vingt ans l’âge d'abord fixé à trente ans 28 ; mais on ne put être forcé de remplir les fonctions de juge avant vingt-cinq ans : celui qui avait témérairement accepté la mission de juger une affaire, pouvait, suivant l’opinion générale, demander à en être déchargé 26 .
L’âge est parfois une cause de dispense de 1 impôt personnel ( tributum capitis). En Syrie, sont exempts les majeurs de soixante-cinq ans, les hommes mineurs de quatorze ans et les femmes mineures de douze ans. L’âge s’apprécie à l’époque de la déclaration au cuis
Edouard Cuq-
. , i ? , nc Mitteis, H hpïiiCS
qui parle d'un juge mineur de dix-huit ans, parait îuterpo e , • |1271.
XXXII, 643, t. - 25 Loi Acilia repetund. 1. 13 [le* ac.ua U — 26 Callistr. loc. cit. —27 Ulp. 2 de cens, Dig. L. la, 3 P1- ^ Laetoria,
Breitspecker, De. origine curatelae minoris, 1764 ; Hoepfner, e g ^ gfilens, 1778; Nijkerk, De praecipuis modis prospiciendi minonbus , - > 3'30; Van
De lege Laetoria , 1828; Savigny, Vermischte Schriften, j- ^eji’schrift
Hall, Bijdragen tôt regtsgelecrdheid. 1835, t. IX, p- 1 • u[c vrimto
" "5- Costa, R avrw i
■ Bullettino deli' *w“
fur Rechtsgeschichte, 1878, t. XIII, p. 311; Emilio
Ronxano nette comedie di Plauto, 189 , §§ 40 et 41, ----- r F mlication
p. 72; J.-E. Labbé, Appendice alExp^ ^
historique des Instituts de Justinien, d Ortolan, 1- Œ ] ’ j^ÿm Rechts-
Accarias, Précis de droit romain, 1891, t. I, p. 443, Moiilz ®.\, jgga, t. II, geschichte, 1892, t. I, p. 744 et 802 ; Karlowa, Rôm. Rechtsgesc i ^ ^ Co8lJ p. 305; Girard, Manuel élémentaire de droit romain, 190 - P' V institution* Corso di storiadel diritto roma.no , 1901, 1. 1, p. 338 , Edouar b juridiques des Romains , 1902, t. I, p. 566; t. Il, p- 157 et
MIN
,0S [nAEDALUS, MINOTAURUS, THESEUS].
' voTAÜRUS (Mtvcixaupoî). — A la requête de Minos, ,iilait se prévaloir auprès des Crétois de la faveur ?ul. poseidon avait fait surgir des Ilots un taureau '•' " exceptionnelle beauté, à condition que l’animal
1 11111 ensuite offert en sacrilice. Mais le roi ne résista
lui serait ^
pas au désir de le
conserver parmi ses troupeaux, et lui
substitua une autre victime. Pour punir ce parjure, Posei- (lon rendit furieux i,. taureau divin et inspira à Pasiphaé,
l'épouse
de Minos,
.JT. «T-
ime passion monstrueuse pour lui :
Je ces amours na qpit le Minotaure, à tète de taureau, au corps humain.
Saisi d’horreur à sa vue, Minos le reléguadans le Labyrinthe. Plus tard, ayant réduit Athènes à sa merci, il imposa à la cité un tribut
annuel de sept jeunes gens et de sept jeunes filles qu’il jetait en pâture au Minotaure, jusqu’au jour où Thésée, qui faisait partie, comme victime volontaire, du second ou du troisième convoi, tua le monstre d’un coup d’épée
ou de massue
La fable dont nous nous bornons à esquisser ici les traits essentiels, paraît être, sous cette forme qui a prévalu, l’œuvre de la tradition athénienne opérant, dans un esprit d’hostilité contre Minos, sur des souvenirs de l’histoire Cretoise2. On sait aujourd’hui, depuis les remarquables découvertes deM. Evans à Cnossos, que ces vieux mythes, si singuliers et si longtemps inexpliqués, ont leur point de départ dans des réalités historiques désormais bien constatées. Le mystérieux Labyrinthe [labyrinthus] parait n’être pas autre chose que le palais de Minos récemment exhumé ; il tire son nom du nom carien de la hache, Xaêpuç, dont l’emblème se retrouve si souvent dans les ruines3; que si on l’a conçu plus tard comme un édifice tortueux et souterrain, c’est vraisemblablement par une confusion qui s’est faite dans la suite avec le labyrinthe égyptien du lac MœrisL Quant au Minotaure lui-même, c’est, entre plusieurs autres, une forme particulière des légendes qui se sont greffées sur f ancien culte du taureau, si familier à tout l’Orient
MINOTAURUS. 1 Pherecyd. in Scliol. Od. XI, 320; Isocr. Hel. 27 ; Plat. Phaed. L Apollod. lu, 1, 4; 15, g. Callim. Hymn. in Del. 310 el Scliol.; Paus. I, 21, 2:
9; U> 31, 1 ; Diod. IV, 77 ; Virg. Aen. VI, 21 sq. ; Catull. LXIV, 75 sq. ; Hyg. „ub‘ 3S. -10, 42; Ov. Met. VIII, 152 ; «f. 0. Millier, Die Dorier, 1, p. 211 sq. ; Ocpliani, DerKampf zwischen Theseus und Minotaurus, Leipzig, 1842; Wernickc, lie>sagen der Griec/ien , Verhandl. der 40. Philol.-Versamml. 1889, p. 280 sq. "T" H&1- Min. 12 et IG; Plut. Thés. 10;cf. Stephani, Op. cit. p. 28. —3 Evans, °urn- °f hell. stud. XXI, 1901, p. 109 sq. ; cf. contra, Rouse, Ibid. p. 209 sq.
Collier, Dec. de Paris, 1902, 1, p. 832. — 5 Perrot-Chipiez, Hist. de l'art, VI, [• 822, 832, 852, 933. — 6 Rev. de Paris, toc. cit. M. Pottier rapproche encore
"'.'Oie du géant d’airain, Talos, qui étouffe dans ses liras les étrangers jetés sur le I ' ’C Crète, variante et déformation du Minotaure; les offrandes d’ enfants s *a'les an Molocli de la Bible, au Saturne des Carthaginois. — 7 Cf. pour ces
Fig. 5077. — Naissance du Minotaure.
et à la civilisation mycénienne ’. On a rappelé fort a propos que Phalaris, tyran d Agrigente, jetait des victimes humaines dans les flancs rougis au leu d un taureau d’airain : il n’est pas difficile de supposer qu un supplice analogue a pu exister dans quelque ville du monde ancien, et que la légende athénienne, systématiquement hostile a Minos, s’est emparée de ce trait pour composer le Minotaure fl. Cette explication, très simple et très plausible, dispense de rappeler les autres essais d’interprétation qui ont été tentés de la même fable ’.
Le type du Minotaure n’a pas varié dans les nombreuses représentations qu’il a fournies à l’art antique. Conformément aux indications des mythographes 8, il est toujours constitué par le corps d’un homme et la tête du taureau9. C’est ainsi qu il figure sur beaucoup de monnaies crétoises, en particulier de Cnossos (fi g. 5078) 10 ; dans beaucoup d’exemplaires lient de la main droite ou des deux mains un disque ou un globe, que l’on interprète soit comme un disque ou un globe de planète, soit comme une pierre que le monstre aurait saisie danssalutte contre Thésée. On voit aussi une allusion à un ancien culte stellaire dans la série de petits cercles qui encadrent le haut de quelques-unes de ces monnaies 11 . On rappelle à ce propos que le Minotaure porte lui-même dans quelques récits le nom d’Astérion ou d’Astérios l2, et enfin que, sur quelques vases peints, il a le corps constellé d une multitude de petits points, formant comme un semis d’astres13.
Dans la légende du Minotaure, c’est surtout l’épisode de sa lutte contre Thésée qui a inspiré les artistes [theseus], ce motif revient assez souvent dans la peinture céramique, et notamment sur les vases à figures noires : d’ordinaire, Thésée maintient par une corne le monstre agenouillé ou debout et le perce de son épée (fig. 5079); ou bien il se dirige contre lui, l’arme à la
différentes exégèses, la bibliographie de Helbig, arl, Minotauros, dans le Lexikon de Roscher. — 8 Apollod. 111, 1, 4; Cat. LXIV, 111; Ov. Her. X, 102 et 107; Diod. IV, 77; Hvg. Fab. 40; Palaeph. Il; App. Karr. 55; Tzetz. Ad Lyc. 653; Luc. Ver. Hist. 11, 44. — 9 On cite une gemme, d’origine évidemment récente, oh il est représenté sous l'aspect d’un Centaure dans le Labyrinthe : Mus. Flor. II,
35, {. 10 Head, Hist. num. p. 383 et 389 ; Drit. Mus. Cat. of greele coins,
Crete, pl. vi, 32; Num. chron. 1884, pl. i, 11; Svoronos, Num. de ta Crète ancienne. — 11 Roscher, Lexikon, s. v. Minotauros, 3008, Gg. 4-- Friedlaender et Sallet, Berlin. Miinzkabinet, n. 40; Baumeister, Denkm. p. 936, fig. 101 i
12 Apoll. et Diod. L. c. ; cf. Roscher, Lexik. s. v. Asterios. — Gerhard,
Auserl. Vasenb. 160 = Mus. Greg. II, 57 ; Helbig, Guide, II, p. 307, n. 80; Reinach, Rép. des vases peints, II 1, n. 10; Baumeister, Denkm. p. 1789 sq., fig. 1873 sq. — U Gazette arcli. 1S84. pl. I.
Fig. 5078. — Monnaie de Crèle.
MIN
MIS
main, prêt à le frapper *. La ligure 4313 le montre traînant le corps du monstre hors du labyrinthe. Ce motif se retrouve sur une plaque d’or archaïque de Corinthe 2 et sur une cuirasse de bronze provenant d’Olympie3. Le
Fig. 5079. — Ariane, Thésée et le Minolaure.
combat est aussi le sujet d’une métope mutilée du Ihéseion i et d’une mosaïque romaine trouvée en Suisse, près de l'ancien Ascupicum b. 11 est traité encore, mais comme un corps à corps sans arme, dans des bronzes conservés au Musée de Berlin 6 et au Louvre 1 . Plusieurs .torses de Minolaure en marbre, dans différents Musées, proviennent de groupes analogues en ronde bosse8.
Les autres motifs empruntés à la même fable sont assez rares. Deux statuettes de bronze, trouvées en Crète et à Olympie, et ayant servi d’ornements à des trépieds, iigurent le Minotaure debout 9. Une urne étrusque représente (fig. 5077) la naissance du monstre sous la forme d’un enfant à tête taurine10. Un relief de marbre a pour sujet le Minotaure conduisant par la main, à l’autel, sept jeunes filles, ses victimes ". Sur quelques peintures murales de la Campanie, il gît, abattu aux pieds de 1 hésée vainqueur, qui est salué et embrassé par les jeunes gens qu’il a délivrés12. F. Durrbach.
MINUTIO CAP1TIS [caputj.
MISS ILIA. — Les cadeaux, de nature et de valeur très diverses, qu’en certaines circonstances solennelles de la vie romaine, spécialement à l’occasion des jeux du cirque, du théâtre et de l’amphithéâtre, les personnages qui présidaient la fête répandaient ou faisaient répandre parmi le public, s’appelaient d ordinaire missilia , quelquefois sparsio. Au propre, ce dernier substantif signifiait l’action de les répandre. Les missilia étaient donc une des multiples formes de la largitio. Mais cette espèce
l Gcrliard, Etr.u. camp. Xascnb. pl. xxm = Roselier, s. v. Alinotauros, 3006, fig. \ : Museo italiano, RI, 1890, pl. m = Roscher, 3007, fig. 3; /leu. de l’art ancien et moderne, IX, 1901, p. 3, fig. 1; el Reinach, Bép. des vases peints, l, 5i9 (cf. 530, 3; 53Î, 2); l>e Ridder, Vas. peints de la Bibliolh. nat. n. 1/2 cl 209. Pour les autres vases, presque tous à figures noires, d suffira do renvoyer à Reinach, Rép. I, 147, 3; 484, 1; 488, 11 ; 494, 3; 509, 5 ; 11, 82, 1 ; 117, 1 ; 118, 4; 119, 2; 153, 3 ; 183, 4 ; 255, 2; 271, 1; 285, 2; 302, 2; cf. encore Collignon et Couve, Calai, des vases peints d’Athènes, il»5 742, 7G0, 828, etc.; ( atul. Pourtalès, 213 et 227 ; Gaz. arch. 1875, pl. xxi. — 2 Arch. Zeit. 1884, pl. vm, 3, et p. 100 sq.; Roscher, L. I. 3007, fig. 2.-3 Olympia, IV ( Bronzen ), pl. v., et Text. p. 10, n. 30. — 4 Overheck, Griecli. Plastile, 14, p. 459; Roscher, L. I. 3009 fl°- 5; B. Sauer, Dus soyen. Theseion, p. 158 sq. elpt. v, 4. — 0 Mittheil. d Antiq. Gesellsch. in Zurich, XVI, pl. xxix. - » Conze, 3il» Winckelmannsprogr. pl. Roscher, L. I. 3009, fig. 0; Baumcister, Denkmaeler, 1790 sq. fig. 1875; Reinach, Rép. de la stat. II, 510, i. - 1 Reinach, Ibid. 510, 4. - s Athènes : Arch. Zeit. 18GG. pl. cevm, 4 = Reinach, L. I. 093, 2; Vatican : Braun, Zwôlf Reliefs, vignette du n- 5 = Monumenti Antichi, VII, pl. xui ; Ilelbig, 180 et Reiuach, Ibid. 093, 0; Musée des Thermes : Monument i antichi, VU, pl. x-xu — Reinach, Ibid. 094, 3 ; cf. 510, 2; Sarcophage h Cologne : Jahrbücher d. Altcrtumsfr. im Rheinl. Ilcft VII, pl. ni; Jahn, Arch. Beitr. p 270. — 9 Purgold, Annali, 1885, p. 105-187 et pl. b, 1 = Reinach, Ibid. 093, 5; Olympia, IV, Text, p. 87 sq. n. 010. — 10 Kôrlc, HisL u. phil. Aufsàtze z. Ehr. von E. Curtius, p. 199-, Roscher, art. cité, 3005 sq. fig. 3. Voy. aussi la peinture de vase, Gaz. arch. 1879, pl. 3, p. 33, plusieurs fois interprétée comme Pasiphaé avec le pelil Minolaure. - U Millin, Gai, Myth. LXX,
différait essentiellement de toutes les autre* r™*
l 'UNGIARIPji
DONAT1VUM, EPULUM, sportula, etc.] en ce que celle : allaient par portions déterminées à des personnes gnées, tandis qu’aucune partie des missilia n’étaiu^' destinée à aucun individu de la foule à laquelle la mass | était offerte1. Les missilia étaient en droit res derelictae et chacun devenait d’emblée propriétaire de tout re , avait la chance d’en recueillir2.
qu il
L’usage de répandre des présents aux réjouissances publiques se rencontre, au moins à l’état rudimentaire ' chez les Romains de l’époque républicaine et même chez les Grecs avant la conquête. Lorsqu’au Ier siècle de notre ère l’agonothète Épaminondas d’Acraephiae, entre autres largesses prodiguées aux spectateurs de ses jeux, répandit de magnifiques cadeaux, [7té][xp.afà [te] £7rorr,cev jjLsydcXa xoù 7toXux£)dri 3, on peut dire qu’il ne fit que suivre la mode romaine ; le mot îtéagaTa n'a évidemment pas ici son sens ordinaire de pâtisseries ; il dérive de non de 7r £7ttco , et traduit le latin missilia’1'. Mais plusieurs passages d’Aristophane5 nous apprennent que, de son temps, souvent les poètes faisaient jeter à l’assistance, pour se la rendre plus sympathique, des friandises (■cpay/ju-ocra, TpcoyâXta), telles que figues, noix, grains d’orge grillés. Peut-être faut-il voir dans cette coutume la survivance de quelque vieux rite ; mais peut-être aussi faut-il en expliquer plus simplement l’origine : en voyant beaucoup de spectateurs, pour tromper leur faim ou compliquer leur plaisir, grignoter de ces choses et d’autres pareilles (TpayTiptaxfÇetv) 6 apportées avec eu^ l’idée serait venue aux poètes de les leur offrir. En dehors de toute influence hellénique, comme aussi de toute intention religieuse, la même cause a pu produire à Rome le même effet. Voulant flatter la gourmandise grossière du plébéien « acheteur de noix et de pois chiches torréfiés », les présidents des jeux se seraient avisés de lui procurer gratis ces menus aliments. La coutume remonte, a coup sûr, très haut. Si l’on adopte pour un passage mutilé de Festus8, citant Sinnius Capito9, la restitution spécieuse de Scaliger, l’origine d’une locution proverbiale, par conséquent ancienne, y est expliquée par 1 usage de jetu au public, pendant les Cerealia , des noix entre autres présents. Le témoignage des scoliasles d Horace' et u Perse11 montre qu’ils jugent la coutume fort ancienne Le texte d'Horace : « In cicere alque faba bona tu H
i. — 12 Mus. Borb. X, 50; Baumcister, p. 1792, fig. 18'»; 0 Jl-’ |
mu. n. 1213, 1215; Arch. Zeit. 1873, pl. lxvii. . „,ur0
I11SS1LIA. 1 Par exemple, la différence spécifique est net craon ^ ,g . sparsio des missilia et la divisio des sport alae en nature dan , . ^ arsit et missilia variarumrerum et panama cumobsomo u „7i2 76. La
7,5, 1.-3 Corp. inser. gr. 1025, 55 = Corp-inscr. G, ^ litulion ne paraît pas douteuse. - Si les au cm ^ ^ pûl
lient connu ce texte, ils n'auraient sans doute pas me cou g62> y, )ir aussi
nais dériver de -* VeV. 58 ; Plut. 797 ; Nub. ^burg B.
seolies. Cf. Alb. Muller, Lehrb. d. gneeh. Bul‘n°'ial /g, 9. Le public
16, p. 303. - 0 Arislot. Eth. Nicom. X I. - « fricti ciceris et
,11c représentation dramatique est partagé ici en 1 eu. ^ ® p 177, ^ q Miillev : cis emptor s'oppose k quibus est equus et pater et res. ^ vjlliniu3 + aig»icces mitti in Cerialibus Capito Sinnius solitum esse d ^ ^ essctj plane
ire missilia Cerealibus 111 circo mitti, r,uo’ ra 0mnia alia missdia
urans a parte tôt uni designare , quia adeo di ig ^ 1 eg en ilaiif|i,es pro
le flamma cuin sunt u stac, quae spaiguntiu nt ^ jg pEmpiro; cf
•nnent de la restitution. - 2 Grammairien du comm i ^ /L rulll
uffel-Schwabe, Gcsch. d. rôm. Lit. I5, § - (P- y 177. pour lui l'usag
H. il l2 p- 340. — ,u Ad Sat. II, 3, 182. * mn;a seminasupe
lit une valeur rituelle : « ... q^“do terrae ludos eoleban^^^ ^ [)e m6me Paul p ulum spargebaut, ut tcllus veluli v.sceral.bus usilées Jans les noces
rc. p. 172 (0. Millier) k propos des V0"1®"* fi>| auspichnn »•
... ul. novae nuplac inlranti donuim no\ i ni el 1er- Jordan, Jiôm. Myth. IP, ]>• ^ 8fI*
MIS
MIS
Hicininù que si
à un auditeur fictif, édile ou préteur) perlupin* talus ut in circo spatiere », pourrait (t,,sll"< (|rC allSsi bien que d’une sparsio rnissilium , d’une SCn/l//o Mais tlans ccpli de PersG : K Cicer ingéré lixanti populo , nostra ul Floralia possint aprici ^ ■ lisse senes », le mot riæanti ne se conçoit bien i ies parts ne sont pas faites d’avance, s’il s’agit • 1 sparsio et non d’une divisio 2. Il est manifeste que l- n'n'sioa d’Horace, librement imitée par Perse, ne se d " nnc a une coutume nouvelle alors, c’est-à-dire ‘ ies premières années de 1 epoque impériale. Si nous 'Sidérons l’ensemble des témoignages, nous devons "l"l|(dre qu’elle n’était point particulière à certaines Qerectlia et Floralia , mais s’étendait à tous les x3 Lapremière sparsio rnissilium que nous puissions Ihler est celle d’Agrippa pendant l’édilité qu’il exerça étant déjà consulaire, en 721 de Rome = 33 av. J.-C. Elle est aussi n ce „.enre le premier exemple d’une variété somptueuse qui contraste avec la simplicité monotone de la coutume primitive. A la fin de ces jeux mémorables, Agrippa répandit du haut du cirque parmi le public des bons au porteur valables pour de l’argent monnayé, des aliments et d’autres objets4. En 38, à la auite de jeux gymniques, CaJigala fit, en bons aussi, une riche sparsio 5. Suétone en mentionne une autre du même prince, laquelle semble avoir été, avec une epulalio,V accessoire de jeux scéniques et se composait d’objets divers: sparsil I d missilia variarum rerum6. Flavius Josèphe ‘ nous apprend que le jour où Gaius fut assassiné, troisième et dernière journée des jeux célébrés au Palatin en mémoire d’Auguste, le spectacle (scénique) avait été précédé d’une sparsio qui consistait en une grande quantité de fruits et d’oiseaux rares. Par les deux auteurs nous savons que, quelque temps auparavant, du haut de la basilique Julienne, le même empereur avait plusieurs fois jeté à la foule une somme considérable en pièces d’or et d’argent 8. Aux jeux que Néron célébra après l’assassinat d’Agrippine, il jetait à profusion des tessères valables pour toute sorte de mets coûteux et d objets précieux ; à ceux qu’il donna pro aeternitate imper ii et qu’il présida e proscenii fastigio , tous les jours furent semés parmi le public des cadeaux très variés, sparsa populo missilia omnium rerum , un millier par |our d’oiseaux de toutes les espèces, des vivres divers en abondance, des tessères frumentaires, des vêtements, de l’orfèvrerie et de l’argenterie, des pierres précieuses et dos perles, des tableaux, des esclaves, des bêtes de somme, des animaux sauvages apprivoisés, à la fin des navires, des maisons de rapport, des domaines ruraux9. Lorsque Titus, en 80, inaugura ses thermes et le Colisée, au cours des spectacles qui durèrent cent jours, il répandit sur les assistants des tessères valables pour des comestibles, pour des vêtements, de l’argenterie, de l’orfèvrerie, des chevaux, des bêtes de somme, des têtes
de bétail, des esclaves '“.Domitien, après avoir, le premier jour du sacrum septimontiale , offert aux spectateurs une epulatio distribuée en panaria et sporlellac, le lendemain « omne genus rerum missilia sparsil », et, comme les cadeaux étaient tombés en majeure partie sur les gradins de la plèbe, il ordonna une sparsio supplémentaire de cinquante tessères par cuneus de senateuis et de chevaliers11. St) us le môme prince, à la fête des calendes de décembre 90, le spectacle fut précédé <1 une copieuse sparsio de fruits, gâteaux et autres friandises, et d’un epulum\ il fut suivi d’une nouvelle sparsio non moins abondante, mais celle-ci d oiseaux exotiques . Aux jeux d’Arruntius Stella pour le triomphe sarmatique de Domitien, en 93, il y eut chaque jour riche sparsio , les missilia furent tantôt des lasciva nomismata , c est-àdire sans doute des jetons à figures obscènes donnant accès gratuit dans les lieux de débauche, tantôt des tessères valables soit pour les fauves qui avaient parti sur l’arène, soit pour du gibier à plumes1'. Hadrien, en 119, pendant les fêtes de son anniversaire, lit des sparsiones par tessères au théâtre et au cirque, les unes pour les hommes, les autres pour les femmes u. Elagabal, monté sur de hautes tribunes construites exprès, jetait à la foule des coupes d’or et d’argent, des vêtements, du linge, des animaux domestiques et sauvages15. Les documents épigraphiques attestent que 1 usage des missilia n’existait pas seulement dans la capitale. Dan% maintes villes d’Italie ou de province quelque riche notable offre à ses concitoyens des sparsiones 10 ou des ludos cum missilibus 17 . En général, la nature de ces missilia n'est pas spécifiée. Cependant nous apprenons qu’un personnage de Bénévent répandit des tessères valables pour de l’or, de l’argent, de l’airain, du linge et d’autres objets' s. Deux inscriptions de Ferentinum mentionnent entre autres largesses (distributions d argent, de gâteaux, de vin doux) des sparsiones de noix, dont l’une de trente boisseaux, à l’intention des enfants, le tout pour commémorer chaque année la naissance du donateur19. Il y a tout lieu de croire que ces sparsiones de noix, à la mode antique, restèrent longtemps en honneur dans les fêtes de famille, surtout dans les mariages20. Dans les solennités publiques les missilia étaient une largesse normale21, et les exemples précis que nous avons pu citer ne doivent évidemment être regardés que comme des cas remarquables de la pratique courante. Quoique nous ayons très peu de ces exemples précis pour toute la période postérieure au milieu du 111e siècle22, nous sommes sûrs que la coutume se maintint, en Occident et en Orient, jusqu’à la fin des temps antiques.
Les sparsiones des empereurs furent en général les plus mémorables par la quantité ou la qualité des cadeaux. Mais il n’est pas douteux que les magistrats qui, aux divers moments de l’époque impériale, participèrent à la cura ludorum ,23 questeurs, édiles, préteurs, consuls, en
1 Opinion de Marquardt, Manuel d. ant. rom. irad. IV. XIII, 265, n. 4.
11 interprète de ni âme le texte do Perse. Voir aussi Friedliindcr, Sittengesch. ' ' p. 285. — 2 Voir le commentaire d’O. Jalin, p. 208. — 3 Sans parler ' solennité de la vie privée, comme les noces ; cf. le texte déjà cité de (“u1, lliac- et Virg. Bue. 8, 30 : Sparge, marite, nuces. Le cas de l’excenr"ll,c Tudilanus, « qui cum palla et cothurnis nummos populo de rostris 8!>'>rgere soldat » (Oie. Phil. 3, 6, 16) ne prouve pas qu’un tel usage ait existé D’Époque républicaine. — 4 Dio. Cass. 49, 43. — 5 Id. 59, 9.-6 Calig. )• — 1 Ant. Jud. 19, 1, 13. — 8 Jos. Ant. Jud. 19, l, 11; Suel. Calig.
- 9 Suet. Ner. il. Cp. Dio Cass. 61, 18. — 10 Dio. Cass. 60, 25. — U Suel. m- i- — 12 Stat. S(ic )3 Mart. 8, 78 (avec le commentaire de
Friedlander). Peut-être possédons-nous encore quelques échantillons de ces lasciva nomismata-, voir Eckliel, Doct. num. 8, 315. — 14 Dio. Cass. 69, 8.
lb Hcrod. 5, 6, 9 sq. — 16 Corp. inscr. lat. 9, 1655 ; 10, 5849, 5853. — 17 Ibid. 8,
6947-8, 6996 (en 210), 7095-8, 7122-3, 7137,7900, 7963, 7984, etc. Un autre personnage (Ibid. 895) olTre, en 239, une statue in compensations rnissilium. En général les jeux sont scéniques. — 18 Ibid. 9, 1635. — 19 Ibid. 10. 5853, 5819. — 20 Paul. Diac. L. c. ; Virg. L. c. — 21 Scn. Ep. 74, 6 sq. — 22 Amm. Marc. 27, 3, 6 (Lampadicus préteur; il est probable, mais non certain, qu’il s’agit d’une sparsio rnissilium) ; Ma! al a, 13, p. 322, Didot (Constantin); Coripp. De laud.Just. 4, 9 sq. (Justin le jeune).
| 23 Nov. 105. Allusion à ces largesses et autres dépenses du consulat, dans Hist.
Aug. Aurel. 15 : Factum est enim ut iam diviliarum sit, uon Uominum consulalus.
MIS
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faisaient normalement, eux aussi, à l'occasion de leurs jeux. Les textes, cités plus haut, d’Horace et de Perse, prouvent qu’en ceci la tradition de l’époque républicaine ne s’était point perdue aux premiers temps de l’Empire. Un passage altéré de Dion Cassius1 nous permet encore de deviner qu'il en fut de même pour les préteurs au moins jusqu’au début du ni0 siècle. Nous savons positivement que les consuls ont fait dés sparsiones jusqu’à la fin, non pourtant sans que l’usage ait eu à subir quelques interruptions 2. Les particuliers avaient-ils, en dehors des solennités privées, le même droit? Probablement non, du moins dans la capitale. Lorsque Arruntius Stella fêta par ses jeux avec missilia le triomphe de Domitien, il était sans doute préteur 3. Hors de la capitale, les riches particuliers pouvaient employer ce moyen de conquérir une popularité qui, étant toute locale, ne portait pas ombrage au maître Cependant, c’étaient naturellement les dignitaires municipaux, édiles, tresviri, quinquennales , etc., qui avaient surtout l’occasion d’en user. Notre énumération démontre, d’autre part, qu’à Rome ou en province la sparsio missilium ne fut presque toujours que l’accessoire d’une fête. On la trouve souvent associée avecVepulum, largesse analogue aux missilia de l’époque primitive, renforcement, ou dédoublement des cadeaux alimentaires motivé par la prolongation du spectacle 8. Comme de tout temps les empereurs avaient fait quelquefois des sparsiones indépendantes (Caligula, Elagabal), dans la basse époque les consuls en faisaient, non seulement à l’occasion des jeux, mais aussi à de certains jours solennels de leur charge, pendant leurs procès siones 6. Enfin, notre revue des sparsiones célèbres nous a permis de constater que si la variété des cadeaux répandus fut en somme très grande, parfois les missilia ne consistèrent qu’en aliments, et le plus souvent il y eut parmi les missilia des aliments. Ainsi 1 usage amplifié, transformé, gardait néanmoins sa marque originelle.
Tant que les missilia n’avaient consisté qu’en de grossières friandises, on avait offert directement au public l’objet lui-même, et cette procédure fut souvent encore employée à l’époque impériale pour les cadeaux de bouche, malgré le dommage que les mets plus délicats, usités alors, risquaient d’en éprouver. Mais souvent aussi l’objet fut remplacé par une tessère représentative. Quels que fussent les cadeaux, le souci d’en éviter la détérioration ou la destruction totale recommandait ce système 1 ; la nature de certains l’imposait absolument. L’emploi des bons au porteur est attesté pour plusieurs sparsiones , en commençant par celle d’ Agrippa; pour d’autres cas, il est probable ou sûr que nos auteurs, en parlant du jet des cadeaux eux-mêmes, se sont exprimés au figuré. Ainsi Néron, quoique semble en dire Suétone, n’a évidemment pas jeté à la foule des navires, des maisons et des champs. Les tessères de Titus, d’après Dion, étaient de petites boules de bois portant un signe, crtpaipi '% ï-iXtva tuxox <rûp.6oXo V ’É/ovtx, celles de Néron, (rcpatpta
1 78, 22. Est interdit, cil 217, x'o SwtSlSoffîal xiva lv xv.ï; x.~v nxjaxr.-piv xSv eàvu ôîatç, iOÿjv xîïiv xîj *î>/. w',ça X I X VJ |i.Év(uv (lacune après ce mot). \ oir le commentaire de Boisscvain. — 2 Cod. Just. 12, 3, 2; iVoB. 105, pr. — 3 Prosop. imp. rom, 1, p. 147. — 4 Le titulaire de Corp. inscr. lat. 8, 79G0, est un simple particulier. — ■> Mommsen et Marquardt, Man. des ant. rom. 13, p. 2G3 sq. ; Friedlander, Sittengesch. 23, p. 285. — 6 Noo. 1 U ». — 7 Sen. Ep. 74, 7 : (Juorum alia inter diripienlium manus scissa sunt...; Mart. 8, 78, Il sq. : Nunc implerc sinus securos gaudet et aljscns sortilur dominos, ne laceretur, avis. 8 Celles d’Hadrien, tryatjîa, — 9 Henzen, Ann. d. Inst, di corr. arch. 1848 5,
jjttxpa
que
soi
t yeypap.|ASva wç exa'jxx ë/ovxa 8. Mais il 4UC matière et la forme n’ont nas innin ' ' <e ,,,Jl memes. Nous possédons un assez grand c les tessères (fig. 8080, 8081 et 3082) 3 " "’e clc
que l’on peut avec vraisemblance regarder comme ayant servi à cet usage ou à l’usage analogue des loteries dont nous dirons un mot toutàl’heure. Elles sont en métal, en os ou en terre cuite; les unes Fi,, 5 reproduisent la forme de l’objet, les autres en portent simplement la figure. Les ob eti signifiés sont très divers : un lion, un cheval, un lièvre une tête de bélier, une oie déplumée, un poisson, une noix, un demi-melon, etc. Avec le signe de l’objet il y l
souvent un chiffre qui indique sans doute pour combien d’unités le bon était valable.
Il va de soi que la sparsio n’était pas toujours faite par le donateur lui-même ou par le donateur seul ; Dion parle d’agents, probablement esclaves dispensateurs, qui exécutèrent celle de Titus10.
Le jet à la*nain fut naturellement le procédé primitif, qui demeura jusqu’au bout en usage pour certaines catégories de missilia faciles Fis- 508--
à lancer de la sorte, par
exemple les pièces de monnaie et les tessères. A un moment donné on imagina un appareil qui s’appelait Une a et dont l’existence nous est révélée par deux témoins contemporains de Domitien. « L’opulente linea ne cesse de fonctionner, dit Martial11, et il en tombe sur le peuple un butin abondant. » Et Slace1- : « Les friandises pleuvaicnt de la linea. » Qu était-ce au juste que cet appareil? Il faut avouer que nous 1 ignorons. M. Friedlander 13 affirme qu’il s’agit d’une cordelette tendue à laquelle étaient attachés des cadeaux que lonj pouvait happer au bond. Or les textes contredisent son affirmation. Dans celui de Martial nous ne saurions prendre ncc linea clives cessât et et in populum mulia\ rapina cadit pour l’expression de deux choses distincte., d’une part la linea fonctionnant, d’autre part la sparsio ordinaire. Car, d’après Stace, c’est une pluie de cadeaux qui tombe de la linea, et il insiste longuement sur ceue image: Bellaria linea pluebant. Hune roi cm L,nij profudit eurus. Quidquid... largis gratuitum ta * rapinis... Non tantis Hgas inserena ntmbis < obruit autsoluta Plias, qualis per cune0* ue"l\,)Ua nos plebem grandine contudit serena. uca Iuppiter per orbem et latis pluvias minelur agr s,
XX, p. 283 sq. ; Mon. dell’ Inst. 4, tav. j2 sq. ; Hêltjia, llal ' Jllclangesl A. Blanchet, Ile v. arch. m» s. XIV, 1889, p. i :i s'l- ’ ‘ sq- et pl.
d'archêol. et d’hist. publ. par l'École franc, de Home , • ’ ilMV£ï
— 10 EsKijîa... tççc'uxtt... '4 &?ixà<rovxà5 x.va< £ “ «V* ”u? ' ’voil, [J. 57, 10- *«î /.«SxTv xo Itu^yçw'vov. Pour le sens du T ^né P, 19004. Bellarut est
- 1> S, 78, 7 sq. - *3 Silo. 1, 0, 9, éd. A'^^loU (Jeubner, ^ ^
une coiTcclion ancienne; les mss. ont oe aria. cerlains mss. (d aunes-
pas latin. Quant à la leçon linea, elle est attestée p< ^ ^ ^ à Martial, l- cohrea) et confirmée par le rapprochement avec Mar ia .
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au cadeaux
. joVis ht ferantur imbres1. Cette pluie, cette (,(1^e grêle s’accordent très bien avec in populum r°ï’1' ’ raplna cadit (mots de Martial auxquels corres- 1111 |(1|l| de façon frappante les mots de Stace largis P° in g uni cadit rapinis) et pas du tout avec le fonctionil1 ^ l’appareil auquel a songé M. Friedltinder. " que, si son explication, qui est fausse, était juste,
I lin pu aurait été l’instrument, non de la sparsio, mais largesse analogue, la complétant ou la remplaçant, 'comme le firent la direptio et la loterie.
\ngnste, ayant assisté aux exercices des éphèbes de Caprée, leur lit servir en sa présence un epulum et « permit nu mieux exigea, dit Suétone, qu’ils se livrassent badinage et pillassent des aliments et d’autres ». Non content de sa sparsio en bons au por- [eul. Agrippa exposa au milieu du cirque une masse de denrées que le public fut invité à mettre au pillage 3. Aux jeux de Néron pour l’éternité de l’empire, où il y enl des sparsiones pour les spectateurs, il y eutaussi une direptio pour les acteurs : après la représentation de 17 ncendium d’Afranius, le mobilier de la maison en flammes fut abandonné aux comédiens 4. Le futur empereur Gordien Ier, étant édile5, et après lui l’empereur Probus 6 plantèrent dans le cirque une forêt artificielle qu’ils remplirent de bêtes et d’oiseaux; puis la foule, lâchée sur le bosquet, fit la chasse à son gré et à son profit. Dans la direptio , non plus que dans la sparsio, il n’yaaucune part faite d’avance pour personne, à chacun appartient ce que lui procurent sa force, son adresse et la faveur du hasard. La différence n’est que dans la manière d’offrir les cadeaux : au lieu d’être sparsa , ils sont in medio posita. La direptio nous apparait comme une variété relativement récente de la sparsio.
De même la loterie présente le caractère spécifique des missilia. La ressemblance est frappante surtout entre elle dhsparsio en tessères. Mais dans ce cas même, outre la différence des procédés de distribution, le tirage et le jet, il y a celle-ci que le hasard seul fait les parts d’une loterie. C’est Elagabal qui passe pour avoir introduit ce mode de largesse dans les jeux publics. Ses billets gagnaient des lots de valeur très inégale : dix ours, dix loirs, dix laitues, cent écus d’or, une livre de viande de bœuf, des
chiens morts. La même fantaisie extravagante présidait à scs loteries de table où les convives tiraient des billets écrits sur des coquilles et valables pour dix chameaux 011 dix mouches, dix livres d’or ou de plomb, dix autruches ou dix œufs de poule 7. Au reste l’usage des sortes conviv aies n’était pas de son invention: les pittawiqui circulent dans une coupe au festin de Trimalcion assignent à chaque invité des apophoreta à surprises, ne sont pas autre chose 8. La direptio et la loterie appartenant à la même espèce que la sparsio , il ne serait Pas surprenant que le mot missilia , qui signifie au propre des cadeaux je tés, en fût venu par dérivation à signifier des cadeaux offerts. Du moins Suétone appelle-t-il missilia unr‘ partie dés objets livrés par Auguste à la direptio.
C usage des sparsiones avait pour les donateurs deux avantages, l’un plus ou moins durable, l’autre momen-
' c’ 3 3 Suct. Aùq. 98. — 3 Dio. Cass. 49, 43. — 4 Suet. Ner. 11. iiune * u(l- Gord, très , 3 : Hacc autem omnia populo rapienda concessit dio ycn 1S' ai|od sextum edebat (le C' mots de son (Milité). — 8 Ibid. Prob. 19 : mains i" ” *D C'rco araP'*ss‘mam dédit (à l'occasion de son triomphe sur les Gerra .|C 'cs Blcmmyi), ila ut populus cuncla diriperet... Immissideindc populares ;
1 puisque quod voluit. — 7 Ibid. Heliog. ï*. — 8 Pclron. Sat. 56. — 9 Hor.
tané : elles servaient, comme la largitio sous toutes ses formes, à leur concilier la faveur populaire 1 et ils y cherchaient un amusement. Gaïus, le jour où il périt, s’était fort égayé, dit-on lu, à voir la foule piller ses missilia. Soyons assurés que ce genre de plaisir, il ne le goûta pas seulement ce jour-là et ne fut pas seul a le goûter. En ces circonstances, le public romain, à qui l’on offrait tant de spectacles, était lui-même un spectacle. Sénèque, qui l’a vu plus d’une fois contre son gré, nous en a laissé une description saisissante" où il a noté le paroxysme des convoitises, l’impatience fiévreuse de l’attente, les regards fascinés et les vêlements déployés, puis la rapacité violente et l’égarement des pillards, l’incertitude des yeux et des pas, les mains brutales qui s’arrachent les objets et les mettent en morceaux, les déceptions, les bousculades, les coups. Aux pieds d’Elagabal beaucoup de gens périrent écrasés ou s’enferrèrent sur les armes des soldats de l’escorte12. Parfois c’étaient des batailles sanglantes où sévissaient les pierres, les bâtons et même les glaives13. Aussi les personnes les plus sages s’esquivaient-elles prudemment, dès qu’apparaissaient les missilia , sachant que dans ces mêlées on risquait de payer cher un maigre profit11.
Le droit de bénéficier des sparsiones, comme celui d’assister aux jeux publics, n’appartenait régulièrement qu’aux gens de condition libre. Mais, autorisées ou tolérées, la règle souffrait bien des exceptions. Non seulement Caligula avait admis les esclaves à ses jeux du Palatin, mais il avait voulu qu’ils pussent s’asseoir à n’importe quelle place13. Quinlilius Priscus de Ferentinum stipula qu’à ses sparsiones annuelles de noix participeraient les pueri plebeii sine distinctione libertatisiei. A une fête de Domilien, la sparsio du matin et l 'epulum ne furent que pour le public normal, mais un élément nouveau pénétra dans le cirque au moment de la sparsio du soir : les histrions, les musiciennes, les courtisanes, les marchands de soufre commun 11 . Les sparsiones avaient leurs professionnels qui opéraient par bandes, mais ne versaient pas toujours loyalement leur butin à la masse de l’association18. Les spéculateurs, qui achetaient, pour un prix fait d’avance, à ceux qui se jetaient dans la bagarre tout ce qu’ils auraient la chance d’attraper19, devaient aussi avoir du mal à se garder contre la duperie. Ces habitués, plus adroits et plus brutaux que les autres, avaient facilement la meilleure part. Du reste, même pour les plus favorisés d'entre eux, le profit n’était pas durable; ils dépensaient leur gain aux cabarets, ne rapportaient rien chez eux; bien plus, ils escomptaient le bénéfice des sparsiones à venir et s’endettaient20. L’abus des missilia avait un autre inconvénient que cette influence corruptrice sur les basses classes de la société : la dépense, onéreuse même pour le fisc impérial, devenait ruineuse pour les citoyens à qui elle incombait21. L’autorité souveraine intervint plus d’une fois afin de remédier au mal. En *217 furent supprimées les largesses des préteurs, sauf à la fête des Floralia 22 . Martien défendit aux consuls les sparsiones en espèces. Quelques autres princes, nous ne savons
L. c. : Laïus ul iu circo spalierc ; Pcrs. L. c. : Nostra ut Floralia possint aprici meminisse senes. — 10 Jos. Ant. Jud. 19, 1, 13. — 11 Ep. 74, 6 sq. ; cf. Pers. L. c. : rixanti populo; Stat. Silv. 1, 6, 66: sparsio quos agit tumultus. — 12 Herod. L. c.
— 13 JVov. 105, ch. u. — U Sen. L. c. 7. — 13 Jos. Ibid. — 16 Corp. inscr. lat. X, 5853. — u Slat. Ibid. 67 sq. — 18 Sen. Ibid. — 19 Dig. 18, 1, 8, I. — *0 Son. Ibid.
— 21 Hist. Auy. Aurel. L. c. — 22 Dio. Cass. 78, 22.
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lesquels, leur défendirent toute sorte de sparsiones 11 faut croire que ces prescriptions sévères ne tardèrent pas à tomber en désuétude, puisque Justinien crut devoir édicter une nouvelle réglementation. Moins absolu que certains de ses prédécesseurs, il n’interdisait pas les largesses aux consuls, sans leur en faire d’ailleurs une obligation. Mais il fixait, d’une part, le nombre des processiones consulaires et, conséquemment, celui des sparsiones , à sept; d’autre part, la valeur des pièces d’argent qui pourraient être jetées dans ces sparsiones , le jet des pièces d’or étant réservé à l’empereur2. Philippe Fabia.
MISSIO. — Libération du service militaire. On reconnaissait trois sortes de libérations 1 : Missionum generales caitsae sunt 1res, dit Marcien : honesta , causaria , ignominiosa ; honesta est quaetempore militiae impleto datar; causaria quum guis vitio animi vel corporis minus idoneus militiae renunt iatur : ignominiosa causa est quum quis propter delictum sacramento soluitur. Ulpien s’exprime à peu près de même2 : Multa généra sunt missionum. Est honesta quae emeritis stipendiis vel ante ab imperatore indulgetur. Est causaria quae propter valeludinem laboribus militiae solvit. Est ignominiosa....
De cette dernière, il a été question à l’article militum poenae.
La missio causaria, c'est la réforme, quand, au cours du service, on devenait infirme par suite de maladies ou de blessures; c’est aussi la dispense quand, au moment de l’enrôlement, on est reconnu impropre à l’état militaire [dilectus]. Les soldats réformés étaient dits causarii. Ils n’avaient pas droit aux mêmes avantages que ceux qui avaient accompli tout leur temps, et quelque faveur qu’on leur accordât, ce n’était jamais pour les égaler aux autres 3. On ne les appelait ou rappelait au service que dans des occasions tout à fait exceptionnelles1.
La missio honesta, comme le dit Ulpien, ne suppose pas absolument l’accomplissement du temps réglementaire; dans certains cas, en récompense de services exceptionnels, le soldat pouvait être libéré : dans un diplôme militaire de Vespasien 5, on cite des soldats qui ante emerita stipendia eo quod se in expeditione be/li fortiter industrieque gesserant exauctorati sunt. En général, pourtant, on ne l’accordait qu’après le temps de service légal accompli [diploma, stipendium], et souvent même, surtout au ier siècle de notre ère, on gardait les soldats sous les drapeaux plus longtemps que de raison 6. Même lorsqu’elle était octroyée au jour réglementaire, elle ne libérait pas immédiatement le soldat : on pouvait être retenu encore à l’armée, tout en étant missus \ Les difficultés pécuniaires au milieu desquelles se trouvait l’empereur l’obligeaient ainsi à retarder parfois le paiement de la retraite aux vétérans.
M. Mommsen a noté8, d’ailleurs, que, en règle générale, du moins au iic siècle, la missio s’accordait aux environs du 1er janvier, tandis que V exauctoratio ne partait que du 1er mars, début de l’année militaire ancienne.
i Cod. Just. 12, 3, 2; Nov. 10 5, pr. — 2 Nov. Ibid. ch. i cl n. Cette loi est tic 53G. Mesures analogues relatives aux sport ulae , Cod. Theod. 15, 9. — Bibliographie. R(cin), art. missilia, dans Pauly, lteal-EncycL. 5, 85 sq. (court, mais substantiel article contenant la liste des travaux antérieurs); Friedüindcr, Darstellungen aïs der Sittengeschichte lioms , 113, p. 275 sq. ; ld. dans Marquardt, Manuel des antiç. rom.: Le culte , t. Il, p. 264 de la trad. fr.
MISSIO. l Dig. XLIX, 16, 13, § 3. - 2 Ibid. III, 2, 2. — 3 Cod. Theod. VII, 20. 4: Cod. Just. V, 63, 1. Un libéré ex causa se nomme non pas missus, mais
A l’époque républicaine, le service ccss-.ii avait atteint l'âge fixé; on était alors rayé t J?nd °U seurs des rôles de l’armée active ». Sous pp ■ Cen" congé était concédé par l’empereur, chef Sll^"P1Pe’ lo troupes : il donnait lieu aune constitution nnn.v'T ^ pouvait comprendre soit tous les soldats libéral h ?' corps d’armée, soit une partie seulement d’entre c. *“
V honesta missio entraînait des avantages pécuni- ' ou autres, dont il est question ailleurs [diplom a m, U°S MILITIAE]. R. CaGNAT. L OMA,PRAEMla
MISSIO IS POSSESSIONEM. - L’envoi en possession est 1 autorisation donnée par le magistrat de prendre possession des biens d’autrui. Cette autorisation était donnée anciennement dans deux séries d’hypothèses •
1° lorsqu’une personne était appelée par le préteur à une succession 1 ; 2“ pour sauvegarder les droits de certains créanciers ou de certaines personnes qui, d’après le droit civil, avaient vocation à une hérédité. Sous l’Empire, ces 1 deux applications de la missio in possessionem ont reçu un caractère distinct : dans le premier cas, l’envoi en posses- 1 sion crée un droit nouveau; dans le second, il garantit un droit préexistant. Dès lors, la terminologie fut modifiée : l’expression in possessionem imMm>fiitréservéepoinle second cas ; dans le premier, il ne s’agit plus d’envoyer en possession, mais de bonorum possessionem dure 2. I Les missiones in possessionem du premier groupe ont été précédemment indiquées [bonorum possessio] ; on ne s'occupera ici que des missiones du second groupe.
L’envoi en possession a presque toujours pour objet un patrimoine. Dans deux cas cependant, il est restreint à une chose déterminée : 1° lorsque la personne contre laquelle on exerce une action en revendication est absente ou ne défend pas au procès, le magistrat permet au propriétaire de s’emparer de la chose qu’il revendique3; 2° lorsqu’une maison menace de s’écrouler sur le fonds voisin et que le propriétaire refuse de faire les réparations nécessaires ou de garantir le voisin contre le dooil I mage éventuel, le préteur rend un décret pour autoriser le voisin à prendre possession de la maison [damnum infectum]. A partees deux exceptions, la missio in possessionem est une missio in bona. C’est une mesure conservatoire dont on va indiquer les applications, les effets, la sanction.
1. Applications de l’envoi en possession* — a- Envoi en possession accordé aux créanciers. — 1° Contre un debiteur insolvable L L’envoi en possession est ici, engéneial, le préliminaire de la vente en masse des biens de 1 insolvable [bonorum emptio, t. I, p. 734]. Ces biens sont, saisis par les créanciers en attendant qu’ils soient vendus aux enchères à leur profit.
2° Contre un héritier suspect qui ne fournit pas , ,IU tion. On considère comme suspect celui dont la so vd 1 1 lité est douteuse. Le préteur peut, sur la demain e ej créanciers du défunt, le forcer à fournir des eau nj pour garantir le paiement des dettes de la sl" 1 1 ^
En cas de refus de l’héritier, le préteur enverra les cm ciers en possession des biens héréditaires •
missicius ( Corp . inscr. lat. III, 2037). - * Liv. VI, 6. - 6C“?'/ l'.fflîJ Dipl. VIII. — 6 Suet. Tib. 48. — 7 Tac. Ann. I, 17. — 8 Corp. vis ,. ■ ^ ^ 2023 .j
— 9 Mommsen. Droit public romain , IV, p. 89. 1 Corp. ^ yn yerr. 1,48,
MISSIO IN POSSESSIONEM. 1 Val. Max. VII, 7, 3 cl t, 1C’ ’ parCelsus i -23. - 2 Ulp. I Jîeg., Dig. II, 1, I. — 3 Celte reslriclion a e P ^ accordor (ap. Ulp. 59 ad Ed„ Dig. XI II, 4, 7 19). ^guHèremeuUe préte^ ^ ^ ^ ^ , une missio in bona. — Gains, 111, 78. — M. i ’ P XMI.5,31 pr., § 3.
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