G0 — MOL
ÉTTtfxûXiov a) était faite de deux
Fig. 5102. — Moulin romain.
àXÉTMV
d’entonnoirs opposés blier
cavités en forme
l’un à l’autre à la facon fl, La partie inférieure s’emboîtait sur ]a d
sa-
grain versé dans la partie supérieure élain,!*^’ et le ‘ " - dU 1)1 °ye parle
frottement entre le catillus et la meta. Celle être creusée, comme on le verra, de sillon, dirigeant la farine qui était recueillie dans
'C1 Pouvait 1 allons obliqUes I
creusé autour de la base sur laquelle les mluW.!?1 posées. Tous ces détails sont clairement visible* . la figure 5102, qui représente un moulin trouvé?! sud de Philippeville9; d’autres semblables ont été ^ contrés en Algérie10 et ailleurs. Il en existe à P0i2 I dans plusieurs maisons (voir fig. 1056) ; celles de la nia' I son d’un boulanger, décrit Mazois, qui assistait à ladé-l couverte, avaient tous leurs ferrements, permettant de! se rendre compte du mécanisme de la meule. « La meule mobile était garnie, dit-il, à son étranglement interne d’une espèce de moyeu en fer qui tournait sur un pivot scellé dans la meule fixe. Le grain passait dans quatre trous ménagés dans le moyeu, et cette armature se rat-1 tachait par des liens de fer aux bras à l’aide desquels on mettait le moulin en mouvement 1 1 . » On reconnaît, dans la figure 5102, des oreilles carrées à ouverture rectangulaire] j ménagées à la partie étroite du catillus ; elles étaient destinées à recevoir des barres de bois (xXdnuxi12) qui servaient à le faire mouvoir, soit à force de bras, soit par la traction animale. Les œillets percés sur les côtés devaient recevoir des chevilles qui maintenaient les barres u.
On distinguait plusieurs sortes de moulins : le moulin à bras {mola tru-
satilis 1
( mola \ manua-
lis I0, manuana' versatilis n, yst pop.iîXYj 1 8, y stpop-uXwv19) était petit, relativement léger. Celui-ci a dû être de bonne heure en usage20. Il
Moulin à bras.
/ait dans les
Fig. 5103.
était au besoin transportable ; on s en sen armées21 ; plusieurs que l’on peut voir dans les l,l,istes furent, à ce que l’on suppose, employés par des légionnaires romains. Celui que représente la figure olü.3 cow servé au Musée de Nantes, est en grès vert22 : on faisait tourner la meule à l’aide d’une tige servant < < P"1^ ’
dans un récipient muni d’une ouverture en me, pat
'écouler. Des moulins à bras ont été Suisse, ou d’autres pays, des vestiges d’habitations entièrement à ceux de
la farine pouvait s rencontrés en France, en presque partout où subsistent antiques23. Ils ne ressemblent pas
Reinacl),
rieure de la meule. — 8 Deuter. XXIV, 6. 9 A )l '[^jwtrand, ConstantiueÆ
arch. du comité des travaux hist. 1893, p. 149, P ' ’ . rom. d’Afriq^<]<
XXVIII, 1893, p. 359. - 10 Tissot, Géographe de la p XVI1I.X1X. - '2 ScMj p. 313 sq. - n Mazois, Ruines de Pompéi, t. H, P- ", Carnavalet à T'aris 1
in Theocr. IV, 58. - 13 On en peut voir de semblabbîs ^ to, etc. ]
et au Musée d’Amiens. — 14 Aul. Gell. 3, 3, f. e au - , 0. Chr. n.
— 15 Calp. Ec. 3, 85. — 16 Dig. 33, 7, 26: Hieron. j 19 D;osc. V, 103- J 17 Plin. Hist. nat. 36, 29, 1. - 'a Xen. Cyr , ’ jions préhistoriques dej
20 Des meules en lave ont été trouvées dans les const 9^ ^ Les pre.
Santoriu, Fouqué, Santorin et ses éruptions Pa^ naJ. XXXVI, 13. 9 PJj mières en Italie auraient été faites, selon. Pline ( t. ^ JH, 10, 10; W-1 avec la pierre volcanique de Volsime. - « Xen. A. ^ Jarchéol. ie^W I Liv. XXVIII, 45 ; Plut. Auton. 45. — 22 Catal. r Ouest, 1843, p- 3 ’
époque rom. n. 98, dans les Hém. de la Soc. des an iq^ Caumont, O1*
d autres sont faites en lave du Ganta plus lég e- £. <■ P- '
d’antiquités, II, p. 217; Helbig, AnnaU d InsL «8*. ^ xV, p. 54 : la figur £ et s. ; J. Keller, Mittheil. d. antiq. GeseUsch. n Z Aéra* G P' 1
Urée de la pl. ,, n. 18. Voir pour l'Orient Tournent, Voyag
MOL
MOL
lige i
l’enflée
Fi». 5104. — Moulin à liras.
.j nj à celui d’Afrique dont il a été parlé plus haut, . | j gont construits d’après le même principe: les m "S| s sont aplaties, et le catillus a une cavité peu pro- '!" ]a meta une convexité peu saillante. Dans l’exemple " ",Mi par la figure 5104, on remarquera au centre une ^'traversant les deux pierres. Cette lige était souvent à sa base, de façon que son diamètre à son point de scellement fût supérieur à celui de la traverse, et que les deux meules fussent écartées l’une de l’autre' ; près de cet axe on voit les ouvertures pratiquées pour le passage du grain. Deux barres droites, plantées dans des anneaux sur deux points opposés du catillus , servaient à le mettre en mouvement. Une seule personne y pouvait suffire quand le moulin était de très petites dimensions; il en fallait deux s’il était plus grand. Cette opération se faisait alors, non pas en tirant sur les barres transversales, mais en les poussant, comme on peut le voir (fig. 5105) sur un sarcophage du Musée de Latran , qui reproduit tou tes les opérations nécessaires à la production du pain, depuis le labourage jusqu’à
la cuisson 2.
L’opération pénible de la mouture était, chez les Grecs primitifs, confiée aux femmes : cinquante chez Alcinoüs 3, douze danslepalaisd’Ulysse 4 y étaient employées. Il en fut longtemps ainsi s. Les Égyptiens, les Juifs faisaient de même 6. Ces femmes étaient généralement des esclaves. Toutefois, des hommes de condition libre, on en cite dans une haute situation, se seraient livrés à ce labeur, soit par simplicité, soit à titre d’exercice corporel.
* Épunénide, lit-on dans Plutarque 7, fait sagement de ne pas travailler à moudre et à pétrir comme fait Pittacus.
J ai moi-même entendu dans l’ile de Lesbos une esclave Grangère qui chantait en tournant le moulin : « Moulez,
" meules, moulez, car Pittacus, le roi de la grande Mity-
* lène, se plaît aussi à moudre. » Il semble qu’à Rome c,,lte tâche ait été plutôt réservée à des esclaves du sexe masculin. De pauvres gens louaient aussi leurs bras pour Cf travail. On sait que Plaute tournait la meule et com- P°sail ses comédies dans les intervalles de repos 8. En la'SOn de l’effort exigé et du caractère abrutissant d’un
labeur, envoyer les esclaves au moulin était parfois
|. ç L L l • p. 30. — 2 Jalii), dans Gerhard, Arch. Zeit. 1861, n» 148, pl. cxlvui, Od vYr U CC ' ’ ^l<s- Lat. lav. 32; Benndorf et Schône, Mus. Lat. n. 488. — 3 Hoin.
P Un r'1 ^ Ibid.. XX, 105. — 3 Plut. Symp. XLV ; Brunck, Analect. gr. t. II,
i^’ ‘P,rJr ■ Antip. et Jacobs, Anthol. gr. II, p. 105, n» 39. — 6 Exod. XI, v. — 9 î/1 1 ’ — 7 Pmi. Loc. cit. — * Aul. Gell. 111, 3; Uieron. Loc. cil.
|, Igj61' ^n<^r- b 3, 25-26. — 10 Plaut. Pers. 21-22; Pseud. 522 ; Apul. Met. IX,
11 Sulp. Sev. Hist. eccl. I, 52. — 12 Apul. Loc. cit. — 13 Cat. 1t. rust.
ÇZ
Fig. 5105. — Moulin à bras.
un châtiment9. Ils travaillaient quelquefois enchaînés On employait aussi des criminels, les yeux crevas La condition de tous était des plus misérables12.
Les moulins à traction animale étaient également très employés. On faisait usage d’ânes 13 ou de chevaux14, d’où les noms de mola asinaria'*, mola jumentaria 16, par opposition aux moulins à bras dont nous avons énuméré les dénominations. Ces moulins étaient de dimensions plus considérables, et garnis d’une lourde armature en bois, comme on peut le voir d’après les bas-reliefs assez nombreux qui les représentent17. L’animal était attelé par des chaînes à cette armature, et le collier spécial qu’il portait était appelé molile '8. Pour le cheval comme prmr l’homme, cette besogne était considérée comme la plus dégradante 19. Pour éviter qu’ils ne fussent étourdis par la continuité de leur marche circulaire, on leur bandait les yeux avec des œillères de cuir, comme le dit Apulée20 et comme on le voit fidèlement indiqué (fig. 5106) sur un sarcophage du Vatican 21. On remarque au-dessus du ca-
Fig. 5106. — Moulin à traction animale.
tillus une boîte conique qui doit être un engraineur, fermé par une soupape que l’on soulevait à l’aide d’une corde.
Le moulin à eau ( mola aquciria , hydromula 22, hydraletes 23 , ùopaAér/iç 24) était fort employé aussi dans l’antiquité. Le plus ancien dont il soit fait mention est celui qui existait dans le palais de Mithridate, roi de Pont25. Une épigramme attribuée à Antipater de Thessalonique, qui vivait au icr siècle, semble indiquer qu’ils ne se répandirent que lentement, tout au moins en Asie Mineure. Il célèbre en ces termes ce qu’évidemment il considère comme une invention nouvelle : « Ne mettez plus la main au moulin, ô femmes qui tournez la meule. Dormez longtemps, quoique le chant du coq annonce l’aurore, car Cérès a chargé les nymphes du travail qui occupait vos bras. Celles-ci s’élancent sur la sommité d’une roue, font tourner son axe, qui, au moyen de rayons mobiles, met en mouvement la pesanteur de quatre meules concaves26. » Toutefois, à la même époque, les moulins à eau
XI, 4; Ov. Fast. VI, 318. — 14 Juv. Sat. VIII, 66. — 13 Cat. P. rust. X, 4; XI, 4. — 16 Dig. XXXIII, 7, 26. — 17 Jahn, Berichte der scichs. Gesellsch., 1861, p. 340-348, pi. xi, xu. — 18 Cat. R. rust. XI, 4. — 19 Juv. Sat. VIII, v. 66. — 20 Apul. Met. IX, p. 184. — 21 Jabn, Loc. cit. pl. xu, 2 ; Pislolesi, Vatic.
descr. IV, 46. — 22 Vitruv. X, 5 ; Pallad. I, 42. — 23 Vitruv. 11. 21 Strab. XII,
3, 30. — 25 Id. — 26 Brunck, Anal. gr. t. H, p. 119; Jacobs, Anthol. gr. II, p 105, n° 39.
étaient, au témoignage de Pline, universellement répandus en Italie et Vilruve en donne la description sans faire entendre le moins du monde que ce mécanisme fût nouveau ou peu connu. Après avoir décrit diverses machines mises en mouvement au moyen de l’eau, il ajoute : « Les moulins à eau, que le même mécanisme met en mouvement, sont faits de la même manière, avec cette différence pourtant, que l’extrémité de l’essieu traverse un rouet, qui, posé à plomb, perpendiculairement, tourne avec la roue. Auprès du rouet s’en trouve un autre plus petit, dentelé aussi et placé horizontalement; au milieu de ce petit rouet s’élève un essieu à l’extrémité supérieure duquel se trouve un fer en forme de hache qui l’affermit dans la meule. Ainsi les alichons du grand rouet qui termine l’essieu et la roue, s’engrenant avec ceux du petit qui est placé horizontalement, font tourner la roue au-dessus de laquelle est suspendue la trémie qui laisse tomber le blé eulre les meules, où il est converti en farine par le même mouvement de rotation2. » Palladius, au ive siècle, recommande l’usage des moulins à eau pour économiser l’effort des hommes et des animaux 3. Ausone nous apprend qu’ils étaient connus jusqu’aux extrémités de l’Empire 4.
Les moulins à eau paraissent avoir été nombreux à Rome. Bien que le forum pistorium fût de l’autre côté du Tibre, le centre de la fabrication du pain était la région du Janicule. Un arrêté de Dynamius, préfet de la ville en 490, prescrit l’établissement de balances publiques pour prévenir les fraudes reprochées aux meuniers de cette région et d’ailleurs ( taux in Janiculo quam per diversa) 5. L’eau était fournie par les aqueducs, et au Janicule en particulier, celle qui mettait en mouvement les moulins de la pistrina venait de la prise d’eau qui, tirée des environs du lacus Sabatinus , remontait la pente de cette colline pour redescendre sur l’autre versant. Les riverains ne se faisaient pas faute de détourner irrégulièrement l’eau des aqueducs pour leurs usages particuliers. Cet abus fut plusieurs fois réprimé, et en particulier par Théodoric6.
Lors du siège de Rome par les Goths en 536, les aqueducs étant coupés, les moulins se trouvèrent dans l’impossibilité de fonctionner. Pour y suppléer, Bélisaire établit sur le Tibre des bateaux-moulins , actionnés par le courant du fleuve, et qui demeurèrent en usage'.
C’est alors qu’apparaissent les mots molitores , molendarii, meuniers, qui semblent désigner les gérants de ces
n’étaient point séparées. ‘ )0ulangerie
La pierre dont on faisait une meule devail ‘i et à gros grains, pour avoir plus de prise u.
Cette double condition était plus nécessaire ‘encore ^ *' les moulins à huile, l’olive étant plus grossp P° P°ur
résistante10. On se servait souvent de pierres mm P US venant du Vésuve". P^rres ponces pro.
P°ur les olives, Columelle recommande l’usaee a ! meules de préférence à d’autres engins, parce Von pouvait les remonter ou les baisser suivant la quantité d’olives qu’on aurait à mettre dessous, pour éviter de briser les noyaux qui gâteraient le goût de l’huile. Il ne dit pas par quel procédé12.
Le jour de la fête de Vesta, que célébraient les boulangers, au mois de juin, la meule était couronnée de fleurs, et les ànesses du moulin portaient des colliers de pain et des guirlandes de violettes [vestalia]13.
11 existait aussi de petits moulins en buis pour le poivre [buxea mola) u.
Mola salsa (xptô'rj ir£cppaYp.évT|). — Grains de blé torréfiés et broyés à la meule que l’on offrait dans les sacrifices ou que l’on jetait avec le sel sur les entrailles des victimes13. André Baudrillart.
MOLEIA (MwXsioc). — Fête arcadienne commémorative du duel mythique d’Aréïthoos et de Lycurgue, fils d’Aléos et roi de Tégée1. Dans ce combat singulier, Aréïthoos, surnommé le Korynète , parce qu’il avait pour arme une massue ferrée, fut surpris par son adversaire dans un chemin étroit (<rreivcü7raj âv ôScp) 2 et tué d’un coup de lance. En souvenir de ce combat (poXo;), le lieu reçut le nom de MwXuyiov3. C’est là sans doute qu’était célébrée la fête des Moleia. Ce lieu et cette fête doivent être localisés sur le territoire de Mantinée, à l’endroit où Pausanias signale une route très resserrée et un tumulus que les gens du pays désignaient sous le nom de tombeau d’ Aréïthoos \ La légende mantinéenne du duel d’Aréïthoos et de Lycurgue semble être une adaptation locale de mythes béotiens importés en Arcadie. En effet, le héros Aréïthoos était un héros minyen, originaire de la ville béotienne d’Arné3, où il apparaît comme une hypostase de 1 Arès béotien 6. Or, en Arcadie, l’Arès béotien s identifie avec le dieu indigène Poséidon Ilippios, père du cheval de guerre Aréion 7, et dont la naissance était localisée auprès de la source Arné, voisine de Mantinée8. Il en résulte qu’en Arcadie Aréïthoos s’est lui-même transformé en
i PI in. Hist. nat. XVIII, 23, Major pars ltaliae rtudo utitur pilo, rôtis etiam quas aqua verset obiter et far violât. — 2 Vitruv. X, 5. — 3 Pallad. Loc. cit. — 4 Auson. Mos. 361. — 3 Corp. inscr. lat. VI, 1711; Prud. C. Sym. Il, 950; Procop. Del. Gai. 1,9; cf. Becker, Topogr. p. 706. — 6 Cod. Theod. XIV, 13,4; Cassiod. Var. XXXI, 2, lettre de Théodose au Sénat romain. — 7 Procop. Del. Gai. 1, 96-97. — 8 Dig. XXXIII, 7, 12. - 9 Ov. Fast. VI, 470; De med. fac.
58. 10 Varr. II. rust. I, 55, moine oteariae duro et aspero lapide. — H Ov.
De med. fac. 72; Fast. VI, 318. — 12 Col. II. rust. XII, 52, 6; Pallad. XII, 17, 1. — 13 Ov. Fast. VI, v. 303, 310, 469. — 14 Petron. Frag. trag. 74 (Burman) : « Mola buxea piper trivil — 15 Virg. Ecl. VIII, 82; Cic. De divin. II, 16;Mart. Epigr. 7, 54; Tibul. I, 5, 14; Senec. Thyest. 688; Plin. Hist. nat. XVIII, 2, 2; Val. Max. Il, 5, 5. — Bibliographie. Gfitzius, De pistrinis veterum , Cvgneae, 1730; Bliimner, Technologie, t. I, p. 1-88; Beckmann, Deitrâge sur Gesch. der Erfindungen, II, p. 3; Mongez, Mém. de l'Institut, nouv. sér. III, 1818, p. 441 sip ; Mazois, Raines de Pompéi, t. Il, p. 57-59, pl. xvm, xix; Grivaud de la Vincelle, Arts et métiers des anciens ; Overbeck, Pompei, 4e éd. p. 384-393 ; O. Jahn, dans Gerhard, Denkmâler und Forschungcn , 1861, n° 148. pi. cxlwii, 1, et Derichte der sàchs. Gesellschaft der Wiss. 1861, p. 340-348 ; Annali dell' Inst. X, p. 231 sq. et Mon. dell’ Inst. II, 58; Marquardt, Vie privée (trad. fr.) II, 43-45; Lindet, Origines du moulin à grains, Rev. archéol. 1899, t. Il, p. 413 et 1900, t. I, p. 17 ; Id. Dali, de la Soc. d'encouragement pour l’industrie nat. août 1900.
MOLEIA. 1 Schol. Apoll. IUiod. I, 164, p. 313, 30, éd. Keil (cf. Fragm. hist. gr.
, p. 336) : uyETcti MAI. UfT*i i «pi ’Apiimv,
;t,v [«v]trt£v ’EçeuDakc'wva . M5ko< Si H| H-àpi- La mention d Ereuthahon, ,
versaire de Lycurgue, est évidemment une méprise du scoliaste. an unérique du combat (11. VII, 132-156), il est dit que l'armure dAr J -le jrynète, qu'il tenait d'Arès, avait été donnée par Lycurgue a ..^1 •euthalion, sou écuyer, lequel en fut à son tour déporn^ ^ |+3; la suite d’un combat singulier sur les bords du Jardanos. ■ v’5jus,
. Pans. VIII, 4, 7. - 3 Hesyeli. s.v. L'ordre alphabétique, ridGntl(ica-|
manderait plutôt l’orthographe — '* Paus. \ > ; ' 1 . . TOir
» *> «u. •*- ™ '• --'c? rïtîlïï.< —
mgères, Mantinée , p. 108 et la carte. • » 1 j h 'h f kl.
re de Ménesthios, dont la résidence était à Arné. Wenlze mantinéenne;
91, p. 385) croit à tort que les termes d’Homère désignen ^ ^ ^ armur»
Ue-ci n’est pas une ville, mais une simple source. -- 1 n'anrès Phérécyde
Arès (II. VII, 146) ; son nom est un composé de celui d Ar s. V ^ g7)j qlIi SyroB (ap. Schol. Hom. II. VII, 9 ; Eragm. hist. gr. b P- . )a ,ête lalait la légende arcadienne, Aréïthoos aurait e"vaUl dans l'Ar-
armée béotienne. Cetle théorie dune immigia ion nll’0n rencontre
‘ , béotiens qu
lie centrale est confirmée par les nombreux souvenirs îs la mythologie et la toponymie 209 sq.)
nombreux souvenirs neouc^ u» ^
de cette partie de 1 Arcadie ( ou
Paus. —
7 Paus. VIII, 25, 5; Antim. Fr. 28, ap
MON
MON
hvposts
Iage Je Poséidon Hippios, dieu des sources et eaux
qui entretiennent la végétation et favorisent
terrestres
,.|(,v.,:re du cheval de guerre. Il tient donc de ce dieu et ^Antécédents béotiens un caractère à la fois silveslre crrier. A Mantinée, le Korynète personnifie le bois je Aliènes appelé Pélagos , dans lequel Poséidon Hippios srdait un abaton très ancien et très vénéré Ce bois, rétréci par les promontoires rocheux qui étranglent la I ;ne mantinéenne, a donné naissance au mythe de la Vnvwiwç oooç, où était localisé le combat du Korynète, héros posidonien et chthonien, et de Lycurgue, béros solaire, hypostase de Zeus Lykaios — Lykaon 2. Ce mythe était un symbole de la lutte entre l’élément posidonien et l’élément solaire, entre l’élément humide et l’élément sec, entre la terre cultivable et le sol aride, dont les légendes des plaines fermées de l’Arcadie nous offrent plusieurs variantes 3. L’épopée fixa ce mythe naturiste sous la forme d’un récit de bataille. L’étymologie du nom d’Aréïthoos, les démêlés séculaires de Tégée et de Mantinée contribuèrent à déformer dans ce sens le caractère primitivement rural de la fête des Moleia *. La locution homé¬
rique p.wXo; wAp7jo; qui désigne ce combat 5, la personnification du combat en MêoXoç, fils d’Arès 6, autorisent à penser que lé nom de cette solennité finit par prendre, chez les Mantinéens, une signification surtout guerrière
et nationale7. G. Fougères.
MOLOCHEVA (MoXdy ivot). — La fibre delamauve (Malva silvestris Linn.) a été employée à faire de fins tissus. Ils paraissent avoir été importés de l’Inde1; il n’est pas prouvé que l'on en ait fabriqué en Grèce, mais ils furent sans doute connus des Grecs, comme ils le furent des Romains2. Plaute mentionne des molochinarii 3. E. Saglio.
MONARCHOS. — Titre du magistrat éponyme de File de Cos F On ne le trouve que dans ce pays. 11 figure dans des inscriptions de Calymna, du temps où cette ville était sous la dépendance de Cos 2. Le monarchos (govapyo?) a dît être, à l’époque primitive, le principal magistrat de Cos; à l’époque historique, il paraît encore avoir des fondions religieuses, reste de ses anciennes attributions3. Ch. Lécrivain.
MONETA. — L’étude des signes d’échange métalliques de la valeur des choses, chez les anciens, constitue l’objet d’une branche spéciale de la science des antiquités, désignée depuis le xvie siècle, où l’on a commencé à s’en occuper, sous le nom de Numismatique.
1° Noms génériques de la monnaie dans l’antiquité. — Les. principales de ces appellations sont, chez les Grecs, àpydpcov, ^prqxaTa, vopuaga, et chez les Romains, aes) pecunia, moneta, nummus et nomisma. ’Apyûpiov
dérive d'àoyupoç, « argent », comme ypvfftov et yxXxtov, désignations spéciales des monnaies d’or et de bronze, de zp offôç etyaXxôî, et ce nom s’était de fort bonne heure appliqué à toute espèce de monnaie, parce que la masse principale de la circulation métallique chez les Grecs consistait en argent, de même que chez les Romains on continuait à dire aes , dans un sens générique, alors que l’on frappait de l’or, de l'argent et du bronze, en souvenir du temps où la République ne connaissait que le monnayage du bronze [as]. L’expression de ypr^cczx indiquait simplement la monnaie comme la représentation de la valeur des choses; pecunia se rapporte à la même origine, et dérive de pecus , « le bétail » ; chez tous les peuples primitifs, avant l’adoption du signe métallique, le bétail a servi et sert encore d’étalon à la valeur des échanges [pecunia]. Noji.iffg.-x vient de vég.w et de vôp.o;, comme le démontre ce passage d’Aristote 1 : « La monnaie est devenue un objet d’échange ; aussi l’appelle-t-on vogioga, son existence étant, non le produit de la nature, mais l’œuvre de la loi (vôpoç), ce qui fait qu’il dépend de nous de la modifier ou de la décrier. » Au lieu de vogidg-x, les Doriens disaient voùg.g.oç, mot qui sort incontestablement de la même origine, et ce mot, transmis aux Latins, avec l’usage même de la monnaie, parles colonies grecques de la Sicile et de l’Italie méridionale, y produisit les expressions nummus ou numus. Nummus désignait la monnaie courante, tandis que nomisma , reproduction du terme grec le plus usité, dont les poètes se servirent d’abord seuls à Rome, s’appliquait aux pièces anciennes ou de coin étrangerqu’on rassemblait à titre de collection précieuse. On en a la preuve par un
passage d’Ulpien 2 : Fig. 5I07. — Junon Moneta.
« Dans les cas de
legs d'or ou d’argent monnayé, il faut que les objets soient désignés d’une manière expresse, par exemple que le testateur dise si ce sont des philippes , des nomismata (c’est-à-dire des médailles), etc., qu’il entend léguer. » Un autre jurisconsulte romain, Paul 3, mentionne les nomismata antiques d’or ou d’argent don ton se servait en guise de bijoux, usage qui s'est conservé parmi les femmes de l’Orient. Quant à moneta , l’origine de cette expression vient de ce que, primitivement à Rome, l’atelier de fabrication des monnaies fut établi sur le Capitole, dans les dépendances du temple de Junon Moneta 4, Junon « l’avertisseuse », élevé sur l’emplace-
1 1 aus. VIII, 10. — 2 Wilamovvilz, Homer. Untersuch. p. 285. Un aulre Koryncle, le "■'garni Périphétès, adversaire de Thésée, est donné comme filssoitdc Poséidon, soit 'feNyclimos, l'antithèse de Lycaon. — 3 Cf. le niyllie mautinéen d'Æpylas, symbole <*c “""dagne, aveuglé par la source de Poséidon Hippios (Paus. Vlü, 10, 2), et le l',e hlgéatc de la lutte de Sképhros et de Leimon {Ibid. VIII, 48, 4). — 4 Jl . 11 - ; cf. Schol. Apoll. Rhod. I, 164; Hesych. s. v. pùXov et pS).o<
I ""gères, O. I. p, 259. Peut-être doit-on rattacher à cette fête certaines tralll0ns mantinéennes relatives à la danse armée ; Gruppe, Griecll. Mxjth. 1, p. 199 ; ""gères, 0. I. p. 349. 6 Apollod. I, 7, 7 ; cf. les moles Martis dans A. Gel!. 4 ’ 23 (22). 1. - 7 11 est à remarquer que la victoire du héros tégéate est pré- SU|I"- comme un résultat de la ruse et de la surprise (vôv Awoopy^ Ë’nsçvt 80A01, oûri yi, II. Vil, 142). Les textes ultérieurs (Schol. Hom. 11. Vil, 9; Schol. Apoll. p]0' ' ' parlent d'embuscade (î.oy.o» xaS'ac*;, ; cf. les termes de
^ "as (Mil, 4, 7) : 567üi xal oO aùv -roi Sixaito xtefvaç. Cette insistance è présen- S0US un jour défavorable la victoire de l'ennemi est certainement un Irai! de
11 ^'gcnde
I ^ mantinéenne, la revanche de l'amour-propre national contre la sincérité " du mythe naturiste, interprète fidèle des conditions réelles de la nature
locale
'IU1 assuraient l’avantage à Tégée sur sa voisine. C'est ainsi que le mythe,
primitivement symbole d'une antinomie naturelle, est devenu le symbole des querelles de ville à ville et des haines de race. Aussi comporte-t-il une double interprétation.
MOLOCI1INA. • Arr. Per. mar. Erythr. §§ 7, 48 et 49 : poko/iva, ap.Sdvi; n»Acjrivat. — 2 Caccil. ap Non. p. 548, 1 4; Novius, Ib. p. 539, 20, et 540, 23; Isid. Or. XIX, 22, 12 : « Molochinia quae malvarum staminé conficitur, quant alii molocinum, alii malvellam vocant ». — 3 Aul. 514. — Bibliographie. Yales, Tcxtrinum antiquorum , Londres, 1843, p. 296 sq. ; H. Blümner, Technologie d. Gewcrbe und Künste bei Griech. und Rômer., 1, p. 189.
MONARCHOS. l Ditlenberger, Syll. inscript, graec. 2»éd. n05 598, 1. 1, 13, 16 - 369, 1. 5; 614; 616, 1. 4; 735, 1. 1.— 2 /bid. 865, 1. I, 6; 866, 1. t ; 867, 1. 1 ; 868', 1. 1, 4, 8, 17, 20; 869, 1. 1, 9; Palon et Hicks, Inscript. Cos, p. 352. — 3 R offre un sacrifice à Esculape, à l’Isthme ( Annuaire de l’Association pour l'encouragement des études grecques, 1875, p. 321, n> 11). La fête des Movoçyfou à Calymna avait sans doute quelque rapport avec les Monarchoi (Ditlenberger, L. c. 864).
MONETA. 1 Et hic. V, 5. — 2 Dig. XXXIV, 2, 27. — 3 Dig. Vil, 1,28. - 4 Tit. Liv. VI, 20 ; Suid. s. t’. Mov»;x«.
MON
ment de la maison de Manlius, à l’endroit d’où il avait entendu les Gaulois monter à l’assaut du Capitole Un denier d’argent de la famille Carisia représente (fig.5107) la tète de Junon Moneta, avec son nom moneta, et au revers les instruments du monnayage 2.
2° Origine et propagation de l'nsage de la monnaie.
— Lorsque des relations d’échanges un peu suivies commencèrent à s’établir entre les différents peuples dont la famille humaine avait couvert les territoires du monde ancien, les qualités propres des métaux précieux, leur densité et leur solidité, les firent au bout de peu de temps adopter comme instruments communs des transactions, comme le moyen d’échanges le plus commode et le plus sûr. Mais on s’en servit, pendant bien des siècles, purement et simplement comme de toute autre marchandise, c’est-à-dire en les pesant à chaque fois et en les conservant, soit en lingots irréguliers, soit sous forme de bijoux ou d’ustensiles. De grands et florissants empires, comme ceux de l’Égypte, de la Chaldée et de l’Assyrie 3, ont traversé des milliers d’années d’existence dans la richesse et la prospérité, avec des relations commerciales aussi étendues qu’ont jamais pu l'être • celles d’aucun peuple de l’antiquité, en se servant constamment de's métaux précieux dans les affaires de négoce, mais en ignorant absolument l'usage de la monnaie. Les habitants de ces empires se servaient, dans leurs échanges, de lingots de métal irréguliers comme forme et comme poids, sans marque qui en assurât la valeur au nom d une autorité publique, et l’on pesait ces lingots à chaque transaction. La monnaie proprement dite, avec un poids et une forme déterminés, et une empreinte qui en garantit officiellement la valeur, est une invention des Grecs.
Les Grecs ont prétendu que l’invention de la monnaie eut lieu à Égine et qu’elle était due à Phidon, roi d’Argos, qui vivait dans le milieu du vne siècle av. J.-C. 4. Nous ne connaissons, en effet, aucune monnaie que l’on puisse faire remonter au delà du vne siècle avant notre ère ; les plus anciennes que l’on possède sont de la Grèce propre, des cités grecques de l'Asie Mineure ou de certains Etats de cette dernière contrée qui de très bonne heure furent pénétrés par l'influence hellénique. Les Lydiens seuls pouvaient, avec des titres d'une sérieuse valeur, disputer aux Éginètes l’honneur de l’invention de la monnaie, et c’est ce qu’ils faisaient effectivement s. Cependant, si la monnaie, en Asie Mineure, a été certainement fabriquée longtemps avant Crésus, il ne paraît pas que cet usage puisse être considéré comme ayant existé à Sardes dès l’avènement de la dynastie royale dont le chef fut Gygès. D’ailleurs, quelques indices manifestes d’une très haute antiquité que portent en ellesmêmes les pièces d’électrum des villes de la côte d Asie Mineure soumises aux rois de Lydie, pièces antérieures aux émissions de Crésus, l’aspect, la nature du travail, l'irrégularité du lingot, qui a encore la forme allongée désignée par les Grecs sous le nom d’oSeXiaxoi;, révèlent
l Tit. Liv. VU, 28 ; Ovid. Fast. VI, 183. — 2 Cohen, Descr. gén. des méd. consul, pl. x, Carisia , n° 7. [E. Babelou, AJonn. de la Républ. rom. I. I, p. 314; et Traité des monrt. gr. et rom. t. I, p. 901.] 3 De Long-
périer. Les Assyriens ont-ils fait usage de monnaies ? dans la Rev. numism. 1863, p. 180-185. [E. Babelon, Les orig. de la monn. p. 55 sq.]
4 Strab. VIII, p. 549; Alarm. Par 1. 45 et 46; Pollux, IX, 83 ; Etym. magn.
s. v. ’OSeXtV/o; ; Isidor. Orig. XV I, 24; cf. Ottfr. Millier, Aeginetica , p. 57. [Sur la date probable de phidon, V. Th. Reinach, L’hist. par les monn. p. 35; Svoronos, Rev.
comme encore plus antiques certaines monnaie- r
d’Égine, dont nous donnons un échantillon j8 6nt
uuns la
figure 5108. Or, la tradition qui fait de l’Ai-i l’inventeur de la monnaie, place à Égine son '.“Tl atelier de fabrication. Nous adoptons donc la tradi? plus généralement répandue parmi les Greo'-' '°n la gine helienique de la monnaie G.
Il nous parait ressortir de la comparaison des dates et des monuments numismatiques eux-mêmes, que cet usage in venté par un roi d’Argos et pratiqué pour la première’ fois par ses ordres dans l’atelier d’Égine, passabientôt de Grèce
dans les villes de la côte d’Ionie incorporées à l’empire de
Lydie à une époque où les souverains de ce dernier pays subissaient, dans une très large mesure, l’influence grecque ; que si Égine frappa les premières monnaies d’argent, les villes d’Ionie soumises aux rois de Lydie frappèrent, à une époque presque contemporaine, les premières monnaies d’électrum, et plus tard, sous Crésus, Sardes vit naître les premières monnaies d’or pur. C’est des rois lydiens , qu’ils venaienL de détrôner, que les Perses Achéménides prirent le modèle de leurs dariques [daricus], dont l’emploi ne se propagea que fort lentement dans les provinces intérieures de l’empire et paraît avoir été d’abord confiné aux régions qui entretenaient avec les Grecs des rapports journaliers. Les Phéniciens et l’Égypte n’eurent pas de monnaies avant la domination des Perses Achéménides7.
En Italie, ce fut aussi l'influence des Grecs et de leurs nombreux établissements, qui fit connaître et adopter par les peuples indigènes l’emploi du signe monétaire dans leurs opérations de négoce. Les Romains puisèrent cet usage à la source que nous indiquons. Quant aux Étrusques, la monnaie d’argent ne commença chez eux que peu après leur collision avec la flotte syracusaine, sous Hiéron 1er ; leur monnaie de bronze, probablement postérieure, fut une imitation de celle des Romains, qui déjà, dans la fabrication de l’«es grave , avaient imité les modèles qui leur étaient fournis par les art istesl grecs [as]. [La tradition romaine attribuait l’inventionj de Yaes grave au roi Servius Tullius
Les colonies grecques portèrent jusqu au
fond de la
mer Noire l’usage de la monnaie , mais il ne paraît pas s’être jamais beaucoup généralisé parmi les PeaP esj barbares de la contrée.
Les Carthaginois commencèrent seulement à avon une monnaie lorsqu’ils se trouvèrent en contact a\ei Grecs de la Sicile. L’Espagne, la Gaule connurent monnaie par les colonies grecques et, paimi h s Gu de la Gaule proprement dite et de la Pannonie, ^ monétaire ne se développa cju après leui exPt Grèce, sous Antigone Gonatas. ,
A l’orient et au sud de l’Asie, dans la Bac m j
du iy 83 ’ Euslatü.
numism. 1902, p. 339.] - & Herodot. 1, 94; Xen. ap. To . , p e, et
Dionys. Perieg. v. 840. — e Mommsen, Gesch. des roem. ; eucore Barclay Rawliuson, Uerodotus, p. 683-690 sont de l'avis contraire. . ism. orieA
V. Head, The comage of Lydia and Persia, dans The tn «"» ■ p 2od
tal. Lond. 1877 ; ld. Hist. numorum, Oxford, 1877 ; [E. Ba e on, ^ ^ ,pUn ffist! — 1 E. Babelon, Les Perses Achéménides. Introd. P- LV “j" . detrol. 2‘ éd nat. XXXU1, 43; XVIli, 12; Cassiod. Var. Vil, 22 ; c . p. 524; E. Babelon, Les orig. p. 189. J
MON
MON
l’Inde, les conquêtes d’Alexandre portèrenl, avec là ''iHsation grecque, l’usage de la monnaie;, nulle trace cn seInblable procédé ne se révèle dans ces pays avant , des Grecs, et les monnaies nationales se ratta-
'arriver
!|( nl j)ar des signes incontestables aux modèles que les ■listes grecs avaient laissés. La monarchie des Séleucides et son influence propagèrent l’art monétaire dans p Characène, dans une portion de l’Arabie et dans tout des Parthes. Les Sassanides, qui succédèrent à
entèrent à leur tour leur monnaie sur celles
fempire ces derniers
jL.s Parthes. Les Hébreux, du temps des Asmonéens, subirent l’impulsion commune, tout en accommodant les types à leurs préceptes religieux; ils avaient peutclre du reste, commencé à frapper des monnaies à l’imitation de leurs voisins de Phénicie, sous la domina¬
tion des derniers rois Achéménides.
L’inlluence romaine étendit l’usage de la monnaie à des pays où les Grecs ne l’avaient pas propagé et prépara de cette manière le monnayage des peuples modernes.
3° Matières monnayées par les anciens. — Dans l'antiquité, comme de nos jours , les trois métaux adoptés parLout, d’un commun accord, comme instrument principal des échanges et signe représentatif de la valeur des denrées, étaient l’or, l’argent et le cuivre. Aussi les magistrats monétaires étaient-ils, à Rome, désignés par le titre de triumvir auro , argento , aere 1 jlanilo, feriundo , titre indiqué constamment sur les monnaies et dans les inscriptions par les abréviations II1V1R.A.A.A.F.F. 2. De là aussi le type des trois Monnaies, personnifiées par trois femmes, tenant chacune la corne d’abondance d’une main et une balance de l’autre,
chacune ayant à ses pieds un monceau de métal, type qui avec la légende tnoneta ou aequitas Augusti (fl g. 5109) se reproduit sous presque tous les empereurs romains, à partir du règne de Commode 3. L’argent, plus répandu que l’or et formant la masse principale de la circulation monétaire dans le monde antique, moins encombrant que I le bronze et pouvant représenter une plus grande I valeur sous un volume et un poids beaucoup moins I considérables, était chez les Grecs, comme chez la plupart I des peuples modernes, le véritable étalon monétaire.
Le rapport de la valeur de l’or à celle de l’argent était, I dans l’empire des Perses, de 13 à 1 4, et dans le monde §rec> il semble avoir principalement flotté entre 12,50 I d 1, proportion qui était admise dans l’Égypte des I Lagides !>, dans la Syrie des Séleucides, et en général dans toute l’Asie après Alexandre, 12 à 1 6 et 10 à 1 L I Lotte dernière proportion paraît avoir été la plus habi- Icolle dans la Grèce proprement dite 8. Par excep-
Fig. 5100.
Les Trois Monnaies.
lion, au Rosphore Cimmérien, le grand marché de l’or apporté des mines de l’Oural, ce métal n’y valait que sept fois le prix de l’argent, ainsi qu'il résulte egalement du poids des statères de Panticapée, compares aux pièces d’argent de la même ville 9, et du chiflre de 28 drachmes attiques [dkachma], donné par Démosthène'0 pour le cours du cyzicène de 10 gr. 000 d’or au Bosphor. [cyziceni]. Quant à la relation de la valeur du cuivre à l’argent, elle était très variable dans le monde hellénique ; ainsi, tandis qu’en Sicile l’argent valait 250 fois ou même 314 fois son poids de cuivre 11 litra, dans l’Égypte des Ptolémées l’argent était au cuivre : : GO : 1 ce qui, avec le rapport entre l’or et 1 argent tel que nous venons de l’indiquer, mettait la valeur de l’or en regard de celle du cuivre : : 750 : 1 ,3. Il est presque impossible de déterminer la proportion exacte de la valeur de l’argent et du cuivre dans la plupart des contrées helléniques ; cependant, la proportion soixantième parait avoir été la plus habituelle14. Au reste, comme la monnaie de cuivre, qui ne commença à être usitée qu’assez longtemps après les deux autres, comme la monnaie de cuivre n’était employée chez les Grecs qu’en qualité de monnaie d’appoint, on attachait une importance minime à la coupe et au poids de cette monnaie, et presque nulle part sa valeur réelle ne correspondait à sa valeur nominale.
Liiez les Romains, dès que l'introduction du monnayage de l’argent, cinq ans avant la première guerre punique I3, eut fait abandonner l’babitude, incommode pour les usages de la vie et pour le commerce, de se servir exclusivement de cuivre circulant pour la valeur de son poids réel, l’argent devint, comme chez les Grecs, le véritable étalon monétaire. Au commencement du ve siècle de Rome et antérieurement, la proportion moyenne de la valeur commerciale de l'or à l’argent était en Italie : : 12 : 1 ou : : 11,91 : 1 16. Mais à Rome même, dans le courant du ve siècle, il en était autrement. Les monnaies d’or frappées à Capoue pour le compte des Romains, avant que ceux-ci n’eussent commencé à monnayer eux-mêmes argent et or [denarius], portent des marques numérales qui indiquent le nombre d'as pour lesquels elles circulaient à Rome et dans le territoire romain n. Il en résulte qu’elles avaient été frappées sur le pied d’une valeur de l’or par rapport au cuivre : : 1 800 : 1 ; l’argent valant encore à ce moment à Rome 250 fois son poids de cuivre, nous tirons de là une proportion : : 7,20 : 1 entre l’or et l’argent 18. L'écart entre les deux métaux est presque aussi faible qu’à Panticapée, moindre que partout ailleurs dans le monde antique ; si donc l’argent était encore à cette époque peu commun dans cette cité reine, l’or n’y était pas beaucoup plus rare. Au commencement du vc siècle de Rome, la quantité d’or qui se trouvait dans la circulation commerciale de la ville était assez abondante déjà pour que l'on pùt
] 1 Uc. Epist. ad fam. VII, 18; De leg. III, ut, 7. — 2 Eckhel, Doctr.
ret' (• V, p. 61, Mommsen, Op. I. p. 366 ; [E. Babelon, Traité I Tr- et rom. t. I, p. 847], — 3 Voir Rasclie, Lexicon rei nummariae,
> P- 794 sq. ; [Froehner, Les médaillons de l’Empire rom. Introd. p. xiv, q 32 ’ Babel°n, Traité, l. I, p. 974]. — 4 Herod. III, 95; cf. Vasquez e^J1’ ^,SS(U sur les systèmes métr. et monét. des anc. peuples, t. I, p. 299 (fin, °m"’sen> n. b P- 22-24. — 6 Lctronne, Récompense promise, annonce conÿ. ' 'l"ns un papyrus grec, p. U et 13 ; Mommsen, O. I. p. 43. — 6 Plat. ,X^ 231- D; cf. Vasquez Queipo, t. I, p. 171. — 7 Menand ap. Poil,
p ^ XXII, 15, 8; Tit. Liv. XXXV1I1, 11; cf. Ch. Lenormant, dans
formant, Monn. des Lagides, p. 123-140. — 8 Bocckli, Staatshauskalt
d. Athen. 2' éd. I 1, p. 42. [Th. Reiuacli, L'hist. par les monn. p. 41 ; Rev. numism. 1902, p. 06.] — B Ch. Lenormant, Op. I. p. 133. — 10 Pro Phorm. p. 914, éd. Reiske. — n Mommsen, O. I. p. 80. [Th. Reinach, Op. cit. p. 77.] — 12 Lctronne, Récompense promise, p. 11. — 13 Mommsen, O. /. p. 43. [Les comptes renfermés dans les papyrus et les ostraca récemment découverts et publiés, témoignent de la grande variabilité de cès rapports eu Egyple, sous les Lagides et à l’époque romaine ; U. Wilcken, Griech. Ostralca aus Aegypten, t. I, p. 718 ; Grenfell and Hunt, The Oxyrhynchus papyri , Londres, 1899, passim .] — 14 Plin. [List. nat. XXI, 34. — 15 Plin. XXXIII, 3, 44; Tit. Liv. Epit. XV; cf. Mommsen, O. I. p. 300. ■ — 16 Id. p. 402. — 17 Id. p. 214 sq. — 18 F. Lenormant, Essai sur l’organ. polit, et écon. de la monn. dans l’ant. p. 122.
MON
établir sur l’affranchissement des esclaves un droit de 5 p. 100, qui se payait en or [aurum vicesimarium] Le produit de ce droit formait dans le trésor une réserve pour les besoins les plus urgents, réserve qui montait pendant la première guerre punique à 4 000 livres pesant 2.
Les conquêtes de Tarenle et de l’Illyrie, la sujétion d une partie de la Sicile eurent pour résultat d’augmenter énormément la proportion de l’argent dans la masse circulante à Rome, tandis que la proportion de l’or restait environ la même. 11 en résulta que le premier or monnayé à Rome même, en vertu de la loi Flaminia, le fut sur le pied d’un rapport de 17,143 à 1 entre l’or et l’argent \ Abaissé subitement au commencement du viie siècle de Rome, par suite de la découverte des mines du Norique 4, le même rapport était de 11 19/21 à 1 au temps de la dictature de Sylla5. Il se maintint ainsi sous Jules César 6, pour les espèces monnayées, car la grande quantité d’or en lingots, rapportée par César de sa guerre des Gaules, fit un moment tomber d’une telle façon le prix de l’or, qu’il ne valait plus que 8,93 fois son poids d’argent7. Auguste fixa la proportion monétaire de l’argent au taux : : 11,91 : 1 8, lequel devint : : 10,31 : 1 sous Néron et : : 9,375 : 1 sous Trajan9. A partir du règne de Seplime Sévère, l’altération extraordinaire qu’éprouva le titre des monnaies d’argent, tandis que celui de l’or restait le même [aureus], détruisit cette proportion, fit disparaître en grande partie la masse d’or en circulation dans l’empire romain et dut amener un très grand écart entre les deux métaux. Nous manquons de documents pour apprécier jusqu’où alla cet écart vers les règnes de Valérien et de Gallien, sous lesquels eut lieu la plus grande altération des monnaies d’argent ; mais sous Dioclétien et Constantin, époque où l’on recommença à frapper de l’argent assez pur, il était de 13 8/9 à 1 10 [solidus]. Il ne s’arrêta pas à ce point, car sous Julien, l’or s’échangeait contre 14,4 fois son poids en argent". Un rescrit de Théodose le Jeune, de l’an 422, prouve que, sous cet empereur, la relation de valeur de l’or à l’argent était : : 18 : 1 ,2. Nous remarquerons cependant que ce dernier écart, qui était énorme, ne fut que temporaire, car un siècle après, sous Justinien, la proportion des deux métaux redevint quinzième 13.
Le rapport du bronze à l'argent éprouva, sous la République romaine, des variations très considérables. Lorsque le monnayage de l’argent fut introduit à Rome, le denier, qui valait alors 10 as ", pesait 1/72 de livre " [denarius]. Or, à cette époque, l’as avait été déjà réduit à ne plus avoir comme poids que le tiers de la livre de cuivre 16 [as]. Le rapport du bronze à l’argent était donc de 1 à 240, écart déjà plus faible que celui qui avait existé au temps de la fixation de 17/s libralis, deux siècles auparavant : : 1 : 250 17, pareil au rapport primitif
i Tit. Liv. vil, IC, 7 ; XXVII, 10, 1 1. — 2 Id. XXVII, 10, 11 ; Mommsen, p. 401.
— 3 Plin. Hist. nat. XXXI11, 3, 47; voir Mommsen, p. 405. — 4 Strab. IV, 6, 12.
— 3 Mommsen, p. 402. — 6 Id.p. 407.— 7 Suel. Caes. 54.-8 Mommsen, p. 760.
— 9 Id. p. 767. — 10 Id. p. 833. — H Amm. Marc. XX, 4, 18. — 12 Cod. Tlieod. VU!, 4, 27. — 13 Lctronne, Considér. sur l'éveil, des monn. p. 111 ; Mommsen, p. 833. — 14 Plin. Hist. nat. XXXIII, 3, 44; Fest. Excerpt. p. 98 et 347 ; Apul. ap. Prise, lnstit. VI, 12, 66 ; Volus. Maec. 46. — 1» Rorghesi, Osservazioni numismatiche. décade 17, dans le Giornale arcadico, t. LXXX1V, p. 9; Mommsen, O. I. p. 297; Hultscli, Griech. und rôm. Métrologie , p. 202; F. Lenormant, Essai sur l'org. de la monn. dans l'ant. p. 123. — Mommsen, p. 348; Fr. Lenormant, Org. de la monn. p. 117. — 17 Mommsen, p. 196-207.
18 Id. p. 80 ; F. Lenormant, Org. de la monn. p. 90. — 10 Varr De re rust. I.
MON
des deux métaux à Syracuse et à Tarente 18 r prouve combien encore, au me siècle avant UTR^' 11 l’argent était rare et le bronze abondant à R0 n°U’e èl'e> toute l’Italie centrale et septentrionale I M "'f 6t dans deux métaux allèrent d’ailleurs en se ranJ "T des rapidement. Vers la fin de la première guerr dT ^ le poids de l’as ayant été abaissé au sixième de 1 '' r"qUe’ comme le poids du denier d’argent avait été en ‘LT’ temps réduiU 1/84 de la livre taux auquel il de”,”' depuis lors definitivement fixé, nous devons en cône que l’écart des deux métaux n’était plus que de 1 à En 217 av. J.-C., dans un moment de grande détresse lorsque Ilannibal était le plus menaçant, on décida m la loi Flaminia, la réduction du taux de toutes les monnaies21. Le poids de l’as fut établi à une once, c’est à I dire au douzième de la livre, et en même temps on réglait que le denier, dont le poids demeurait le même vaudrait désormais 16 as au lieu de 10. Ces dispositions de la loi Flaminia prouvent, au moment où elle fut rendue, une proportion de 1 à 112 entre l’argent et le bronze. On se rapprochait ainsi par degrés de l’état où se trouvaient les choses en Grèce, c'est-à-dire de la proportion soixantième. La distance qui restait fut franchie en cent vingt-huit ans, car la loi Papiria, rendue vers 89 avant notre ère, ayant réduit encore l’as de moitié22, fixa le rapport des deux métaux de 1 à 56 23 [denarius].
La réforme monétaire d’Auguste [aureus], établissant, à côté du denier d’argent de 1/84 à la livre et de l’aureus de 1/40 à la livre, des serterces et des dupondü de laiton pesant 1 once et 1/2 once, puis des as de cuivre rouge, sans alliage, pesant 1/3 once24, constate entre les différents métaux les rapports suivants25 :
Or.
Argent.
Laiton.
Cuivre.
GGG,GG
Sous Néron 26, les poids respectifs des différentes monnaies établissent les valeurs :
Or.
Argent.
Laiton.
SGG, GG 35,55
Cuivre.
Enfin, sous Trajan nous constatons1
Or.
Argent.
Laiton.
Cuivre.
La valeur monélaire du laiton, constamment doubh e celle du cuivre pur, est d’accord avec ce que 1 1711 sai d’ailleurs sur le prix attaché à ce métal artificit 1 chalcum]. Aussi trouvait-on un avantage dans la la 11
10, 2; Verr. Flacc. ap. Paul. p. 98; Plin. XXXIII, 3, '°" M° 990.—
p. 29L - 20 P,in. XXXIII, 3, 132 ; Cel, V, 17, I ; cf. “ ’^’^pti, 21 Plin. XXXIII, 3, 45; Fest. p. 347; cf. Mommsen, , p. ' pvaL des
XXXIII, 3, 45 ; voir Mommsen, p.. 384 et 418. - Cavedoni,
monn. p. 18. - 24 Borghesi, dans la Numismatica > »7 s(|.
p. 111-136; Mommsen, O. I. p. 763; F. Lenormant, rg. e iadeua moneta - 25 Mommsen, O. L p. 766. [Eltore Gabriel, Contnbuto a J( 1893);le
romana, p. 2 (Extr. de» Atti d. Accad. di archeol. di Napoli, ■ ■ dJnsla Retw
même, Rivista ital di numisth. t. X, 1897, p. 309 sq.] ' / Dg 'aedi/ic. I, 2 i
numism. 1898, p. 660 srp - 27 Mommsen, p. 167. - vli, 24 et 25 ;
Diocl. Edict. de prêt. rer. v en. (dans le l. III du orp. ms . Gaj,rjcj, O. G H. Willers, Num. Zeitschrift , devienne, t.XXXIV, 1902, p.
MON
que l
de (lupondii de laiton fourrés *, avec une âme
de fer ou de laiton.
\ partir de Septime Sévère, dans toute la grande crise les monnaies pendant le mc siècle [aureus], il est imposllilede suivre également avec certitude les fluctuations, , i durent être considérables et nombreuses, dans la aleur respective des métaux, particulièrement dans le
p0rt du cuivre et du laiton àd’argent. Ce que l’on sait seulement de positif, c’est que la monnaie de cuivre resta jusqu’à un certain point étrangère aux crises de l’argent, parce que la fabrication s’en trouvait confiée à d’autres mains [voir plus loin, p. 1970] ; ensuite, altération continue de l’argent finit par donner au a et au cuivre un prix qui leur faisait presque jouer le rôle d’une monnaie émise à sa valeur métallique. Et cutle valeur commerciale était alors pour le laiton 1/60 de celle du même poids d'argent, et pour le cuivre i/p20 -, Le rapport monétaire du cuivre aux autres métaux était certainement, comme dans les espèces des Lagides, basé sur une valeur conventionnelle donnée à la monnaie d’appoint et bien plus forte que la valeur commerciale du cuivre, depuis qu’on avait établi la proportion soixantième entre ce métal et le cuivre dans le numéraire officiellement monnayé. Quand, au me siècle, par suite de l'altération de l’argent, la monnaie de cuivre eut recommencé à passer pour sa valeur intrinsèque, tandis que la prétendue monnaie d’argent, en réalité de billon, puis de cuivre saucé, n’était plus qu’un numéraire conventionnel, une sorte d’assignat décrié, ce fut la première qu’on enfouit dans les moments de danger, plutôt que la seconde 3.
Quant au rôle des trois métaux comme régulateurs du système monétaire, on peut le résumer en quelques mots. Les Grecs adoptèrent dès le début et gardèrent constamment l’étalon d’argent [dracuma]. En Asie Mineure, dansles débuts du monnayage, ce fut l’or et l’électrumqui jouèrent le rôle d’étalon ; mais dans cette contrée même on revint bientôt aux mêmes données que dans les autres pays helléniques. Chez les Romains et chez les Italiotes, jusqu’au consulat de A. Ogulnius et C. Fabius (185 de Rome, 269 av. J. C.), l’étalon fut de cuivre [as] ; à dater de ce moment jusqu’à la fin de la République on adopta l’étalon d’argent [denarius], et enfin sous 1 Empire l’étalon d’or [aureus].
Après avoir parlé du rapport des métaux, il faut aussi dire quelques mots de leurs alliages habituels et de leur pins ou moins grande pureté suivant les pays et les Roques. En général, dans tout le monde hellénique, la monnaie d’or et d’argent se montre à nous avec un litre 1(,marquablement pur. Presque partout l’or y est sans alliage,, l’analyse y révèle à peine 3 centièmes de matières étrangères 4; c’est la plus grande pureté à laquelle on Pul atteindre avec les procédés d’affinage dont disposaient es anciens. L’argent aussi n’est généralement uni à duciln alliage, ou quand on en constate un, il se main¬
tient dans des proportions peu considérables, bien inferieures à celles qu’ont admises les peuples modernes. On ne trouve guère d’altération sérieuse du titre des pièces d’argent que dans les espèces royales des Achéménides, pendant la période de décadence de l’Empire perse.
Cependant certaines séries de monnaies, très nettement déterminées et appartenant toujours à l’Asie Mineure, tranchent sur le reste du monnayage grec, en ce qu’elles sont fabriquées, non plus en or pur, mais avec un métal extrêmement pâle, d’aspect particulier, lequel est un or allié dans des proportions, énormes d’argent et même de cuivre. C’est ce que les numismates ont pris l’habitude d’appeler, avec juste raisonnes monnaies d’électrum. Les anciens avaient reconnu que certains minerais d’or sont naturellement alliés d’argent3, dans une proportion qui va quelquefois jusqu’à 38,74 pour 100 G ; le métal qu’on tirait des lavages du Pactole parait avoir été dans ce cas 1 . Dès l’âge homérique 8 les Grecs distinguaient ces alliages naturels de l’or pur comme un métal particulier, ayant une valeur propre et désigné sous le nom d’ELECtrum ; ils l’employaient à part ou bien ils l’affinaient pour en extraire l’or. Plus tard, ils se mirent à fabriquer de l’électrum artificiel9, à l’imitation de celui que la nature avait donné, en alliant à l’or 20 pour 100 10, 23 pour 100 11 et jusqu’à 30 pour 100 d’argent18. 11 est évident que dans les premiers temps du monnayage de l’Asie Mineure, lorsqu’en Lydie 13 etdans certaines cités de l’Ionie 11 on frappait simultanément des pièces d’or pur et des monnaies d’or allié d’argent c’est-à-dire d’électrum, soit naturel, soit artificiel, c’était en considérant ces deux métaux comme distincts et ayant des valeurs monétaires qui ne se confondaient pas. M. Brandis13 a essayé d’établir, par des arguments très ingénieux, que le rapport de valeur courante entre l’électrum et l’or, dans ces émissions primitives de l’Asie Mineure, était : : 3 : 4, ce qui suppose que l’on admettait comme proportion normale de l’alliage naturel de 23 à 30 pour 100. Plus tard, après une assez longue interruption, dans l’intervalle entre la guerre du Péloponèse et Philippe de Macédoine, nous voyons reprendre dans certaines cités de l’Asie Mineure, principalement àCyzique et à Phocée, des émissions extrêmement abondantes de statères et d’hectés d’électrum 16 [cyziceni, puocaïdes]. Ces deux cités profitaient ainsi, pour une opération fort lucrative mais peu loyale, de ce qu’à ce moment leurs négociants s’étaient assurés du monopole du marché de l’or à Panticapée, et de ce qu’aucune autre ville grecque à la même époque ne fabriquait de monnaie d’or, si ce n’est Lampsaque,oùon frappait quelques rares statèresde métal pur.
Où nous avons encore une vraie fabrication de monnaie d’électrum, frappée avec intention en même temps que de la monnaie d’or pur, avec une valeur différente et conforme aux proportions de l’alliage, dans des temps bien postérieurs à ceux des anciennes émissions de l’Asie Mineure, c’est dans le monnayage des Romains en
1 Eckliel, Doclr. num.
' 200; La Si
t. I, p. CXVI ; Neumann, Pop. et reg. num. vet .
l“. lien.
Won,,, ;
aussaye, Numism. de la Gaule Narbonnaise, p- 156. [M. Sornumism. 1898, p. 231.] — 2 Mommsen, p. 769. — 3 kl. Hist. de la
les n ’>om' llaa- franc, t. III, p. 111-139, joignant an texte de l'auteur allemand fias 1/ * ae ^‘fte. — 1 Letronne, Éval. des monn. p. 108; Brandis,
L «3 "n~ ‘'^ass" und Gewichtswesen in Vorderasien, p. 244. — 3 pijn. XXXIII, maiit /( Rammelsberg, Handbuch der Mineralchemie, p. 8; cf. Cli. Lenor- IV 73 ev' numism- 1856, p. 96. — 7 Sophocl. Antig. 1037. — 8 Odyss. dans |cs ^ ’ ’ ^' ai> 296; voir Bultmann, Ueber das Elektron ,
Méni. de l'Acad. de Berlin pour 1818. [W. Ilelbig, L’épopée homé¬
rique, Irad. Traxvinski, p. 131.] — 9 Paus. V. 12, 6 ; Euslatli. ad Dionys. Perieges.
V. 293 ; Hcsych. Phot. et Suid. s. v. Voir Brandis, Das Miinz- Mass- und Gewichtswesen in Vorderasien, p. 165 sq. — 10 Plin. XXXIII, 4, 23. — il Serv. ad Aen. VIII, 402; Isid. Orig. XVI, 24. — 12 Stein, sur Herod. III, 115 ; Brandis, üp. cit. p. 167. — 13 Id. p. 386 sq. — 14 Id. p. 388, 393, 395, 396, 401. —15 P. 167. — 16 Ch. Lenormant, Ile r. numism. 1856, p. 89 ; Brandis, p. 259. [K. B. Hoffmann, Num. Zcit. de Vienne, 1884, p. 33; Greenwcll, The electrum coinage of Cyzicus, p. 15; B. Head, Jonia [Calai, of yreelc Coins), Introd. p. XXVI; le même, dans Num. citron. 1887, p. 298; Fr. Hullsch, Zeit. für Num. t. XI, 1884, p. 161;
W. Ridgcway, Num. citron. 1895, p. 104; E. Babclon, Traité, I, p. 356.]
MON
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Campanie, avant qu'on n’eût encore commencé à frapper la monnaie d'argent à Rome même [as]. On y a des pièces d'or de 6, 4 et 3 scrupules et des pièces d’électrum à la proportion de 20 pour 100 d’alliage, lesquelles pèsent 2 1/2 scrupules, mais circulaient certainement pour une valeur de 2 scrupules d'or Klaproth, Gœbel, Phillips ont analysé des pièces de bronze d’Alexandre, des Ptolémées, d’Athènes, d’Olbia sur le Pont-Euxin et d’IIiéron, roi de Syracuse2. Ils y ont trouvé des proportions variables, mais toujours très fortes, d’étain alliées au cuivre ; dans les bronzes des Ptolémées, elles vont jusqu’à 16 pour 100. Jamais le plomb n’entre dans la composition du bronze monnayé des temps purement grecs; il ne commence à s’y montrer que sous l’influence prépondérante des Romains, dans des pièces de Philippe Y de Macédoine, des Mamertins de Sicile, de Centuripae et de Syracuse. En effet, l’idée de mêler au bronze du plomb, et cela dans une proportion plus forte que l’étain, paraît avoir été une invention propre aux Romains3, et depuis la première fabrication de l'aes grave jusqu’après la mort de César, leurs monnaies' de ce métal offrent toujours la même composition. L’alliage en contient 5 à 8 pour 100 d’étain et 16 à 29 pour 100 de plomb \ Quant à l’argent de la République, il est toujours d’un titre excellent, qui varie de 0 gr. 993 à 0 gr. 965 suivant Darcet 5, de 0 gr. 998 à 0 gr. 902 suivant Thompson et Fabbroni G. L’altération des monnaies à cette époque, qui fut souvent considérable, ne consistaitpas à augmenter l’alliage de l’argent, mais à mêler à toutes les émissions monétaires un certain nombre de pièces fourrées. Il n’y a que dans de rares exceptions, à l’époque des guerres civiles, par exemple dans les deniers légionnaires de Marc-Antoine, que l’on constate un abaissement sérieux du titre des monnaies d’argent. Quant à l'or républicain, aux différents moments où l’on en a frappé, il est toujours parfaitement pur. Une loi de Sylla défendait d’introduire un alliage dans l’or, même dans celui qui restait dans le commerce à l’état de lingots 7.
Dans la réforme monétaire d’Auguste [aureus], l’or était au tiLre de 0 gr. 998 de fin 8 et la loi Julia sur le péculat faisait de son altération un crime d’État0 ; l’argent n’admet également que 1 ou 2 pour 100 au plus d’alliage10, le laiton des sesterces et des dupondii se compose de 4/5 de cuivre et de 1/5 de zinc, sans aucun mélange d’étain ni de plomb, en même temps que le cuivre des as est absolument pur" ; la loi Julia défendait même d’une manière absolue d’introduire aucun alliage dans ces dernières pièces12.
L’or impérial demeure jusqu'à Vespasien d’une excellente qualité comme métal, sans que son titre descende au-dessous de 0 gr. 991 de fin13. Mais après Vespasien, l’analyse ne fournit plus que 0,938*'% etle titre s’abaisse encore notablement vers le temps de Septime Sévère. Pourtant il reste encore remarquablement bon, par
comparaison avec celui des autres métaux plus fort de la grande crise monétaire du aU
dant ce temps, chez les rois du Bosphore seuls de leurs vassaux auxquels les emnercm.* ’ ®S permis de faire de la monnaie d’or, le métal f GUSSent bon dans le début, n’est déjà plus, en 200 de’not" ^ qu’un électrum très fortement mêlé d’argent rv ^ ' après, le titre tombe tellement bas que nl°l
d’Alexandre Sévère, ces prétendues pièces d’or ^ même pas la valeur d’une pièce d’argent de bon alops En 265 on n’y trouve plus que 1,33 pour 100 d’or mm ' 15,94 d’argent et 82,73 de cuivre; en 267 c’est une pièce simplement dorée, dont l’analyse donne 17,28 d'argent! 82,07 de cuivre et 0,65 d’étain ; à partir de 268, il n’".’ même plus d’argent, mais seulement du cuivre doré ^
Nous renverrons le lecteur à l’article aureus pour ce qui est du titre des monnaies d’argent, de l’Empire et de l’altération prodigieusement rapide de leur titre. On y trouvera une série d’analyses qui permettent de suivre l’augmentation de la proportion de l’alliage à partir du règne de Néron, jusqu’au moment où, dans le cours du me siècle, la monnaie qui avait été d’abord d’argent n’est plus qu’un billon, lequel ne contient quelquefois que 2 pour 100 d’argent, contre 82 de cuivre et 16 de plomb et d’étain, et même un simple cuivre, de mauvaise qualité, saucé d’argent. A partir du règne de Dioclétien, quand on recommença à faire de la monnaie d’argent, elle fut de bonne qualité comme métal.
Dès le temps de Tibère, l’administration impériale avait fait frapper, au lieu d’argent, dans l’atelier monétaire d’Alexandrie et pour l’usage spécial de la province d’Égypte, des pièces debillon, combinées de telle manière qu’avec le poids de quatre deniers romains (qualifiés alors à Alexandrie de drachmes) 10 elles eussent comme valeur 1/25 de Yaureus n. C’est là ce que les numismates onL pris l’habiLude d’appeler le potin d’Alexandrie, dési¬
gnation inexacte et qu’il faut remplacer par celle de billon ; carie nom de potin suppose un alliage où le plomb entrerait pour une forte part, et on n en trouve que des traces presque insensibles dans les pièces impériales d’Alexandrie. Celles-ci ont d abord contenu 1/5 d’argent, titre parfaitement loyal, et qui faisait correspondre très exactement leur valeur intrinsèque avec leur valeur de circulation. Mais plus tard, dans le IIIe siècle, elles descendent jusqu’à ne plus donner a l’analyse que 1,81 d’argent, 91,38 de cuivre, 2,89 de zinc, 3,85 d’étain et des vestiges de plomb'8. Il n’y a de potin proprement dit que dans le monnayage de *1 u< 1 * 11 tribus gauloises, aux derniers temps de leur 'nL LPen^ dance; et ces monnaies de potin de la Gaule son <
jours coulées, prodigieusement grossières, ol i an leur fabrication tous les indices de circonstances
pénurie et de nécessité pressante. ,
Les prescriptions d’Auguste pour le maintien 0 taines qualités de métal dans la monnaie e e
l Mommsen, p. 213; E. Lenormant, Organ. de la monn. p. 121. t Sabatier, Production de l'or , de l'argent et du cuivre chez les anc. (Saint-Pélersb. 1850), p. 2; Mommsen, O. I. p. 762. - 3 Id. Ibid. p. 762. — 4 Pliilipps, London
Chem. soc. Journ. t. IV, p . 265 sq. ; Woehler, Ann. der. Chem. t. LXXXI,
p. 206 sq. ; Goebel, Ueber den Einfluss der Chemie auf die Ermitte.lung der Voelker, p. 29; Mommsen, p. 191. — 5 Lclronne, Év al. des monn. p, 84, — G Scbiassi, Monete di Kadriano, p. 33; voir Mommsen, p. 385. 7 Dig. XLVIII, 10, 9. — 8 Eetronne, O. I. p. 84. — 9 Dig. XLVUl, 13, 1.
10 Akcrinan, Catal. of roman coins I. 1 p. XIV sq. ; Mommsen, p. 756.
. rv n «65 SCI • Woehler, Ann.
Il Phillips, London Chem. soc. Journ. t. >v< P- J2 D|V XLVIII, 13, <•
r Chemie, l. LXXXI, p. 206 sq. ; Mommsen, p. 763 sq. - /)ISCJ
der Chemie, t. LXXXI, p. 206 sq. ; Mommsen, p. ■ V. des Insc,
13 Letronne, Éval. des monn. p. 84; Mongez, l m- ' 17 et 41
nouv. sér. t. IX, p. 203 ; Dureau de La Malle, Econ. po ■
— IV Id. Ibid. 1. 1, p. 17 ; F. Lenormant, Orig. de la monn. p- ■ __ )e Anonyni
Musée du grince Kotchoubty, t. II, p- 4,0 stP ’ Mommsen,! rfi». sav ■ à
Alcxandr., dans Vincent, Recherches sur Héron : ven ^ Sabalier,
.. . , , r i c iv n oio __ 17 Mommsen, p- <—
l Acad. des Inscr. sér. 1, t. IV, p.
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cl pour l’interdiction de tout alliage d’étain on ’p ne furent pas observées plus exactement que par lesquelles il avait cru mettre l’or et l’argent à ( |,i'i des altérations. On trouvera dans l’article aureus *|'JicurS analyses de monnaies de bronze du 111e siècle, r j‘(,n font connaître la composition.
1 Outre l’or, l’argent et le bronze, qui constituaient la lt, monnaie réelle, ayant une valeur propre comme b r|iandise, les peuples anciens marquèrent aussi queliiefois des empreintes monétaires sur d’autres matières métalliques et même non métalliques. Les espèces de culte nature étaient alors de simples monnaies d’appoint, des monnaies de compte à valeur purement conventionnelle représentant de très petites sommes facilement échangeables contre de l’argent, et pour la représentation desquelles il n’était pas nécessaire que le signe eût un prix comme marchandise en rapport avec la valeur nominale qu’on y assignait.
C’est ainsi que plus d’un auteur mentionne des monnaies de plomb 1 et qu’à côté de nombreuses pièces de plomb antiques semblables à des monnaies, avec lesquelles on les a souvent confondues, mais qui ne sont que des tessères [tesserae], il est parvenu jusqu’à nous quelques monnaies véritables de ce métal, portant ins¬
crite l’indication de leur valeur 2. On connaît trois séries principales de ces plombs monétaires, qui jouaient le rôle de véritables assignats dont la circulation devait être, bien évidemment, toute locale. L’une a été fabriquée en Égypte, sous la domination des empereurs et, suivant toutes les apparences, dans le ne ou le me siècle de notre ère 3. Le type constant y est, sur le droit, la ligure du dieu Nil ; le type du revers, toujours mythologique, varie, sans doute suivant les villes où ces espèces ont été émises. Mais la majeure partie des pièces ont été émises à Memphis, dont elles portent le nom, MGM^IC ; celles-ci ont toujours au revers le bœuf Apis, seul ou accompagné de la déesse Isis. La seconde série a eu la Gaule romaine pour patrie, vers la fin du 1er siècle ou le cours du ne. Elle offre constamment d’un côté l’image de Mercure tenant le caducée et la bourse, tandis que le nom du lieu d’émission est sur l’autre face, accompagnant le plus souvent un rameau 4. Ces plombs moné¬
taires de la Gaule paraissent avoir été destinés à circuler exclusivement dans les localités mêmes dont ils portent le nom. Aussi celui qui a la légende alisiens a été trouvé dans les ruines mêmes d’Alise, celui qui a perte à Perlhes auprès de Vitry-le-François, enfin les différents plombs ou on lit mediol dans la ville antique du Mont-
Berny, près de Compiègne, laquelle paraît s’être appelée Mediolanum. Enfin l'on trouve en très grande abondance dos pièces de plomb des rois de Numidie, aux mêmes types exactement que leurs pièces de cuivre 5 et ayant eu certainement un cours de monnaies. Il est probable (Il|e parmi les plombs antiques il en est encore un assez
1 1 Kink, De veteris numismatis, potentia et quali taie, p. 34. — 2 Longnumism. 1861, p. 407, pl. xvm, n» 1 . — 3 JJ. Ibid. p. 407tardent, Collect. Giovanni di Demetrio , Egypte ancienne, Domina j(, P* 333-335. — 4 Longpéricr, L. I. 18GI, p. 253-256 ; 1867, p. 1-8;
1 ^fiucoupi, ftev. numism. 1862, p. 167-170. — o Garrucci, Rev. Numism.
P* ^12-416 ; L. Muller, Nurn. de Varie. Afrique , t. III, p. 19 et 31. ^ °*r Garrucci, Rev. num. 1862, p. 402-425 ; E. Babelon, Traité , t. I, p. 371, (j, ~~ VII, 106. — 8 Cf. Plut. Lycurg. p. 44. [U. kcihlcr, dans les Mittheil.
y " s’ 1 ^ H» 1882, p. 377 ; A. Engel, Rev. numism. 1885, p. 13, n. 23 ; Babelon, J^té> L !. P- 374.] — 9 Oeconom. II, 2. — 10 L, c. — ü X, 79. - 12 X, 48. ongpérier, Rev. num. 1861, p. 412 sq. ; Feuardent, Op. L p. 334 et 336 ; Babc-
grand nombre que l'on devra ranger aussi plus tard dans la classe de ceux qui onL servi de monnaies6.
D’autres matières ont servi à faire des monnaies fiduciaires analogues, des espèces d’assignats de confiance ou de nécessité, émis pour une valeur nominale sans rapport avec leur valeur réelle de métal. Follux ' mentionne des monnaies de fer chez les Lacédémoniens s et les habitants de Byzance, et Aristote9 un monnayage du même genre à Clazomène dans une circonstance de détresse toute particulière. Aristote10 et Pollux' ‘disent aussi que Denys, tyran de Syracuse, frappa de 1 étain pour la circulation commerciale dans ses États, et le Digeste12 mentionne également des monnaies d’étain, mais celte fois à titre de fausse monnaie. De très rares monuments numismaliques de fer ou d’étain ont été préservés jusqu’à nous, et cela ne doit pas surprendre, à ' cause de la facilité avec laquelle ces deux métaux se détruisent par l’oxydation dans le sein même de la terre. En revanche, nous possédons des preuves irréfragables de l’usage de monnaies de terre émaillée et de verre en Égypte dès le temps des Lagides et du Haut-Empire13, usage qui se conserva dans le même pays sous les Byzantins u, puis sous les Arabes 15. C’est principalement sous les khalifes Fatimites que l’Égypte vit fabriquer le plus grand nombre de ces assignats de verre, portant 1 indication d’une valeur de monnaie. Les Arabes de Sicile en firent aussi, à l’imitation de ceux d’Égypte16.
Quant aux monnaies de cuir que Sénèque17 et Isidore de Séville18 signalent chez les Carthaginois, aux monnaies de bois dont se seraient servis les premiers Romains, d’après Cédrénus, elles doivent être probablement reléguées dans le domaine des fables 19, comme la monnaie romaine de terre cuite mentionnée par Suidas 20. Il est cependant possible que ces diverses indications se rapportent encore à des espèces d’assignats momentanément en usage. On trouve fréquemment à Athènes des moulages en terre cuite de monnaies d’argent ou d'or de différentes contrées, qui n’ont pas dû servir de monnaies, mais de tessères21. Une riche collection de ces singulières reproductions de monnaies en terre cuite est au Musée d’Athènes. On peut aussi conjecturer que ces pseudo-monnaies de terre cuite, moulées sur des espèces existantes, ont dû avoir une circulation fiduciaire, mais d’un caractère tout privé, comme celle des billets de crédit dont la loi autorise dans certains pays l’émission par des institutions particulières.
4° Procédés de fabrication de monnaies chez les anciens. — Deux procédés peuvent être employés pour la fabrication de la, monnaie : couler le métal en fusion dans des moules composés de deux pièces en pierre ou en terre cuite [forma, p. 1247]; les énormes dimensions des pièces de bronze de Rome et de l’Italie primitive [as] n’eussent pas permis l’emploi d'un autre procédé; ou frapper entre deux coins de métal gravés une len-
lon, Traité, t, I, p. 377. — 14 Longpérier, L. I. p. 413. — 13 Assemani, Mus. cuf. Nan. ï° part. p. 121, pl. vm; Adler, Mus. cuf. Bory. Velitr. p. 77, pl. vi, n** 57 sij. ; 01. Gerh. Tychsoo, Introd. ad rem num. Moham. p. 149, pl. ni, «• 38 ; l)c Sacy, Magasin encyclopéd. t. 111, p. 59 ; Pielraszewsky, Num. Moham. p. 97 ; Sawaskiewicz, Le génie de l'Orient commenté par les mon. monét. pl. 96; pl. i, n»s 5-10 ; Froehn, llecens. num. mohamm. Acad. Petrop. p. 621 ; Mus. Munterianum. part. III, p. 160 ; Edw. Thomas, Numism. chron. 1872, | p. 199 sq. — 16 Torremuzza, Ant. inscris, di Palermo, p. 410. — 17 De benef. V, 14. — 13 Orly. XVI, 17. — 19 Voir Eckhel, Docir. num. 1. 1, p. XX. — 20 s, y. à<T<râ? tsv. — 21 G. Fougères, Mantinêe , p. 530-534; Babelon, Traité, t. I, | p. 377.